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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 19:03

 

Texte ecrit en qwerty

Toutes les tables de La Scala ont de grand verre de biere mais sur la notre trone la bouteille de vin chilien. Il est la pour trois raisons : la forte presence catholique ¬ le vin s appelle missiones ¬ l intervention de la France par les vignerons bordelais, et la force commerciale des chiliens. Le marche interieur doit prendre peu de la production dont la meilleure est au sud. Un serveur de restaurant  nous a indique avec humour : au nord ils font surtout du pisco ¬de l alcool¬. En fait au nord c est plutot la biere car nous sommes le plus au nord du pays a Arica. Jean paul damaggio

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:14

Si en France, je suis peu porté sur la lecture des quotidiens, à l’étranger c’est l’inverse car il me semble indispensable de savoir où on met les pieds. Aussi je me souviens de l’ami Jacques Desmarais nous accueillant à Montréal en m’offrant Le Devoir. Au Venezuela j’avais découvert, après plusieurs essais, Ultimas Noticias. Pour l’Algérie je savais où irait ma préférence : Le Soir d’Algérie. ET pour le Mexique, quel bonheur avec Por esto ! et La Jornada.

 

Mais à Santiago ?

 

Voilà que j’apprends la mort du quotidien La Nación, mort en sa version papier depuis 2010 et que, comme promis, le président vient de faire fermer définitivement. Ce quotidien est né comme journal du pouvoir de la volonté du dictateur Ibáñez, en 1927, son ancien propriétaire le libéral de droite, Eliodoro Yánez, n’ayant jamais été indemnisé. Bref, un journal pour que chaque gouvernement fasse sa propre propagande !

En 1973 Pinochet le rebaptise La Patria et c’est en l’an 2000 que le quotidien reprend son titre ancien.

 

La promesse accomplie du président de droite montre qu’à présent les quotidiens chiliens ne servent plus pour la bataille des idées, mais seulement pour capter la manne publicitaire.

Tout comme Sarkozy supprima une part de la pub sur la télé publique pour le bonheur de ses amis de TF1, à Santiago le président n’a pas seulement supprimé la pub de La Nación, mais le journal lui-même, à la grande joie des deux autres concurrents EL Mercurio / La Tercera, quotidiens dont les propriétaires sont Agustín Edwards et Álvaro Saieh.

 

Cette absence d’un quotidien authentique, qui a été une des raisons de la chute d’Allende, est donc encore plus pesante. Il existe toujours l’hebdomadaire du parti communiste El Siglo mais je n’ai pas été convaincu par sa lecture sur internet malgré sa grande qualité technique. Parmi les nombreux blogs, certains sont plus riches que d’autres, mais le blog c’est la dispersion, alors qu’un quotidien reste au contraire un repère.

 

Bon, nous verrons. JPD

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 17:50

Nous sommes en pleine élections municipales chiliennes et il est temps que je me mette à comprendre. Je sais qu’il existe deux blocs, la droite et la gauche (avec les communistes qui sont entrés dans ce bloc). Mais il existe aussi depuis 2009 le Parti progressiste. Ce parti autour de Marco Enríquez ne devait tenir que le temps d’une élection présidentielle car issu de la gauche du parti socialiste, ses positions étaient fragiles. En effet, au nom de la rénovation de la politique, en 2009, Marco Enríquez, le candidat de ce parti, n’a donné aucune consigne de vote au second tour, entre la droite, et la démocratie chrétienne qui représentait la gauche. Parti jeune, reprenant des thèmes écolos, ceux de la démocratie participative, les municipales sont un casse-tête pour ce parti car comment prôner la démocratie à la base et ne pas y être présent ? Pour coupler influence nationale réelle et présence locale minime, le Parti progressiste a décidé d’accompagner son projet municipal d’une grande campagne pour demander une nouvelle constitution, son thème de la prochaine présidentielle.

Le parti a réussi à présenter des candidats et y compris ici même à Iquique : Cristian Jamett Pizarro mais sans doute pour un tout petit résultat. La maire "indépendante", mais soutenue par la droite, Myrta Dubos se représente. Le PS accepte de ne pas conduire un candidat commun de la Concertation devenue l’Opposition. C’est un membre du PPP (Parti pour la démocratie) qui jouera ce rôle : Prieto Henríquez mais à l’influence minime semble-t-il.

L’originalité tourne autour du cas de Jorge Soria Quiroga qui, si j’ai bien compris, est une sorte de cacique local, régionaliste (El "Choro"). Ne pouvant se présenter en 2008, il laissa sa place à son fils mais il a été détrôné par Myrta. Il espère prendre sa revanche.

 

Comme partout les municipales suscitent peu de passion dans les médias même si dans les communes la bataille est plus vive. D’autant qu’il y a un nouveau système avec inscription obligatoire sur les listes électorales donc on espère une plus forte participation, mais qui restera sans doute de l’ordre de 50%. Les sondages donnent le nombre de ceux qui pensent voter nul, et c’est le troisième parti !

Comme partout, les observateurs considèrent qu’à cette élection, on vote plus pour une personne que pour un parti. Mes informations ne vont pas très loin. Je vais essayer de faire mieux. On relève seulement que le nord garde une personnalité à part.

Jean-Paul Damaggio

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 17:46

La présentation faite par Wikipédia ne vaut pas mieux que celle du grand Larousse. En effet, on a l’impression que les parlementaires qui conduisirent la guerre civile de huit mois en 1891, le firent pour la démocratie et contre le dictateur Balmaceda. Or l’histoire est inverse ! Les parlementaires représentaient les caciques qui ne souhaitaient plus que le président fasse une politique laïque. Ils n’eurent même pas la patience d’attendre qu’il finisse son mandat pour l’écraser. Il s’agissait d’un libéral plus soucieux du peuple que l’adversaire conservateur. Mariage civil obligatoire, cimetière ouvert à tous, éducation des enfants… ce n’était pas la révolution mais trop pour l’Ordre. C’est la Marine qui a conduit l’offensive contre le président élu. Ce n'est pas son "clan" qui a perdu mais le peuple. J P Damaggio

 

 

Sur Wikipédia

« José Manuel Balmaceda Fernández (Hacienda Bucalemu ; 19 juillet 1840 - † Santiago, 19 septembre 1891) fut président du Chili entre 1886 et 1891. Il se suicida à l'issue de la Guerre civile chilienne de 1891 que son clan perdit face à la Junte parlementaire d'Iquique.

 

Biographie

Fils du sénateur Manuel José de Balmaceda et d'Encarnación Fernàndez, José Manuel Balmaceda Fernández fait ses études au Collège Sagrados Corazones de los padres franceses à Santiago du Chili et au Seminario Conciliar, lieu où se développe une vocation au mysticisme, qu'il va abandonner peu de temps après mais sans devenir anti- religieux.

En 1865, il est désigné secrétaire de Manuel Montt Torres au Congrès Américain de Lima. L'ex-président marque fortement Balmaceda spécialement par sa force morale, sa capacité organisatrice et l'énergie créatrice. Il est le co-fondateur du journal La Libertad et orateur du Club de la réforme. Entre 1870 et 1882, il est élu en quatre occasions consécutives député pour Carelmapu.

En 1878, le président Anbal Pinto le nomme ministre plénipotentiaire auprès du gouvernement argentin, Il réussit à ce que les autorités transandines se mettent à respecter la neutralité durant la Guerre du Pacifique. Cette gestion lui permet d'avoir le soutien de Domingo Santa Maria, qui le désigne Chancelier lors de son premier cabinet en 1881. Il devient ensuite ministre de l'Intérieur.

Santa Maria le choisit comme successeur, il est désigné dans une convention libéral-nationale comme candidat à la présidence de la république. Son possible rival José Francisco Vergara, retire sa candidature et Balmaceda est élu président de la république par 324 électeurs sur 330.

 

Programme politique

Les principaux thèmes de Balmaceda à sa prise du pouvoir sont :

Développement économique du pays par le biais de travaux publics, incluant les chemins de fer, écoles, chemins, hôpitaux, prisons...

Terminer avec le monopole du Salpêtre, en devenant une richesse stable (selon son plan en dotant le pays d'équipements et en éduquant la population)

Harmonie entre l'Eglise et le gouvernement, en terminer avec les luttes théologiques.

Enfin unir le libéralisme en une seule grande famille (jusque là divisée en dissidents et radicaux) »

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 17:43

lettre-marty-a-jean-1938.jpg

Source 46 J 14 archives du Lot et Garonne

  Voici une lettre parmi beaucoup d’autres que Marty a envoyée à Renaud Jean. JPD

 

 

Chambre des députés  le 15 septembre 1938

Camarade RENAUD JEAN

Mon cher Camarade,

Bien reçu hier ta lettre du 12. Comme tu ne m'enguelle pas je te réponds quand même

C'est volontairement que je n'ai pas dit à ta mère qui j'étais,  effet, dans ce cas elle aurait absolument voulu me garder et j'étais très pressé dans ma route pour Barcelone.

D'autre part, l'endroit où tu te trouvais me paraissait très loin et je n'étais pas sûr de te rencontrer. C'est pour cela que j'ai continué sur la frontière espagnole. Je suis venu dans une voiture que le Parti avait mise à ma disposition. Tu me dis toi-même que tu étais à Bordeaux, donc je ne t'aurais pas rencontré. Or, il était absolument urgent que je sois le plus vite possible à Barcelone. Je revenais de l'endroit d'où j'ai porté une pierre à ta femme (1). Cela t'explique la raison de mon impatience à poursuivre rapidement ma route.

Jacques DUCLOS m'avait dit qu'il t'envoyait une dépêche à Samazan, t'annonçant son arrivée (pour ne pas mettre mon nom). A la réflexion, quand j'ai été chez toi, il eut été plus facile de téléphoner de Paris à la Mairie.

La gravité de la situation internationale fait d’ailleurs que je te verrais peut-être un de ces jours.

Je tenais à te voir pour t'expliquer la situation afin qu'une aide puissante et rapide du côté ravitaillement vienne le plus vite possible. La question du blé français est une des plus essentielles.

Je ne doute pas que tu ne la suivras de près et rappelleras au Secrétariat les interventions nécessaires et très urgentes.

Tu me parles de ton activité. Ma foi je crois qu'elle est comme toujours très importante et extrêmement utile. A première vue la tache parait petite, mais dans l’ensemble c’est de ce travail permanent, incessant, organisé que résulte l'influence de notre PARTI et la vie du Front populaire. La preuve en est dans les résultats dont tu me parles en ce qui concerne ton action pour l’Espagne.

 

J’étais avant-hier au front où arrive du côté ennemi en grande quantité un énorme matériel de guerre de toutes sortes qui fait présager une nouvelle attaque. C’est là qu’on est saisi de rage en pensant à cette politique canaille dénommée « non-intervention ». Le moral est cependant magnifique et n’a jamais été si haut.

Nous suivons ici pas à pas, les nouvelles terribles sur la Tchécoslovaquie et sur l’attitude de Paris et de Londres. Inutile de te dire combien, elles sont commentées ici. A te voir bientôt, je l’espère, à ta femme et à toi de tout cœur.

André.

Toujours même adresse

Note JPD : (1) Sans doute langage codé

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 13:15

La découverte du nouveau monde s’étant faite pour les Espagnols au prix des plus folles aventures, au prix des exploits les plus inouïs, il fallait que la récompense soit à la hauteur et ce fut l’Eldorado, le pays des Amazones, l’Atlantide et même la vallée du paradis, car le Chili du bout du monde valait bien ce sommet de la satisfaction humaine.

 

Valparaiso, après tout les déserts traversés par les hommes venus du nord, après toutes les guerres conduites contre des autochtones belliqueux, est donc devenu le symbole du rêve enfin atteint.

Ce nouveau monde rêvé a continué d’accompagner des Européens, ceux qui y partaient comme ceux qui restaient, et au sein de la gauche le rêve ne fut pas moins fort qu’au sein de la droite. Par une idiote répartition des rôles, à la gauche l’Amérique dite latine et à la droite l’Amérique de Tocqueville. L’illusion des uns a toujours été aussi ridicule que celle des autres pour un vieux monde fait d'autres os, et seul un accident de la vie m’a empêché de tomber dans l’une ou l’autre (j’ai cependant eu quelques illusions "compensatrices").

 

Bref, pour le Chili nous allons découvrir une preuve de cette illusion à partir d’un propos de Marcel Niedergang, grand reporter, et témoin privilégié des Amériques qui a publié en 1962 un livre chez Plon : Les 20 Amériques latines. Il termine ainsi le texte sur le Chili :

« Dans toutes les organisations internationales et spécialement au sein de l’organisation des Etats américains, la voix du Chili est écoutée, appréciée, recherchée et parfois déterminante. Le Chili n’est pourtant pas un colosse. Ce n’est pas un pays de masse comme le Brésil, l’Argentine ou même le Mexique. Son économie est fragile. L’équilibre de ses finances est instable. Son audience sans rapport avec sa puissance réelle s’explique donc d’abord par cette tradition démocratique brillante, solide et envié par les nations sud-américaines qui ne sont pas encore sorties de l’âge des pronunciamientos

 

Dix ans plus tard quand des pays voisins sortaient de l’âge des pronunciamientos, le Chili à la solide démocratie tombait dans l’ère Pinochet et l’opération Condor ! En une nuit, toute la démonstration de Niedergang est tombée à l’eau (sa conclusion était le résumé de l’essentiel de son texte) or, à bien regarder l’histoire du pays et celle des Amériques, ce ne fut qu’une demie surprise.

 

Pour aujourd’hui, je m’en tiens à ce contraste entre un rêve et une réalité. Mais peut-être fallait-il au Niedergang de 1962 ce rêve pour calmer les douleurs causées par tant de dures réalités, un peu partout sur le continent ? Oui le Chili d’alors paraissait une vallée du paradis mais du paraître à l’être….

Jean-Paul Damaggio

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 16:10

le-salpetre.jpg

 

Nous redescendons déjà vers le sud (4 heures de bus), vers Iquique et au croisement de la panaméricaine et de la route vers la petite ville (150 000 habitants) des travailleurs ont réussi à conserver un monument à la gloire de leur quête du salpêtre. Comme au musée d’Arica, une belle brochure est donnée au visiteur pour mieux comprendre les lieux. Il existe même une traduction machine faite en français : une traduction machine c’est la traduction automatique qui se reconnaît car pueblo est toujours traduit ville ou village mais jamais peuple.

 

Vous devinez tout de suite ma préoccupation : y parle-t-on du syndicalisme ? Le hasard fait que cette usine, Humberstone, a connu une lutte si historique au Chili qu’elle ne pouvait passer inaperçue : 2000 morts et autant de blessés le 21 décembre 1907. Totalement incroyable !

 

La visite de l’usine Humberstone aujourd’hui, permet de comprendre la modeste revendication. En fait d’usine, il s’agissait d’une ville en plein désert où les familles étaient là à demeure, et en guise de salaire les ouvriers étaient payés d’une monnaie seulement utilisable dans l’enceinte de l’usine, las Fichas. Le document distribué aux touristes indique :

« Nous devons ajouter que le système de « fichas » a constitué le pas le plus avancé de l’exploitation de l’homme par l’homme et il a donné naissance aux premières luttes sociales qui ont provoqué de fortes répressions atroces comme les meurtres dans les usines « Ramirez » et « La Coruna » et le tristement fameux meurtre de l’Ecole Sainte Marie d’Iquique, le 21 décembre 1907 où environ 2000 personnes, des hommes, des femmes, des enfants, d’après les calculs les plus sérieux, sont morts criblés de balles des soldats de l’armée. La quantité de personnes blessées fut équivalente. »

 

Si la Guerre du Pacifique est assez connue, la guerre civile qui s’en suivit l’est moins or elle est encore plus parlante : elle a opposé en 1891 le camp à la solde des grosses entreprises (les vainqueurs) et les autres.

Ils étaient 40 000 à travailler pour le salpêtre dont 13 000 venaient du Pérou et de Bolivie sans doute pour faire les travaux les plus pénibles.

Le 10 décembre, après la décision d’une grève générale, avec des drapeaux chiliens, péruviens, boliviens et argentins des milliers d’ouvriers sont arrivés à Iquique pour demander à être entendu. Ils venaient de la pampa et on les appelait los pampinos.

Les revendications étaient nombreuses :

- être payé en monnaie du pays

- avoir des commerces concurrents dans l’usine

- sur les conditions de sécurité

- des locaux gratuits pour créer une école du soir à destination des ouvriers

- interdiction de licencier les grévistes

- obligation d’un délai de 15 jours avant tout licenciement.

 

Cette action dure faisait suite à des pétitions sans réponse faites depuis 1901.

Aussitôt le gouvernement décida d’envoyer dans la ville trois régiments pour aider les deux qui étaient dans la ville et surtout, la marine avec des troupes de débarquement.

 

La grève ne faisait que s’étendre et le 21 décembre ils étaient entre 10 000 et 12 000 ouvriers en grève occupant Iquique.

Comme toujours les patrons anglais n’acceptaient de négocier que si les ouvriers reprenaient le travail…

 

Dès le 20 décembre, l’état de siège étant décrété, 6 ouvriers furent abattus.

Le lendemain le général Roberto Silva Renard, et le colonel Ledesma, eurent l’ordre de déloger les travailleurs en grève qui étaient dans l’Ecole Santa Maria. L’ordre a été donné à 14h. 30, aux dirigeants du comité que s’ils ne sortaient pas, ils ouvriraient le feu. La menace fut répétée à 15 h. 30. Seul un petit groupe de travailleurs est sorti. Les soldats ont tiré. Les ouvriers ont tenté de fuir. Ils ont été pourchassés.

Dans un premier temps le général parla de 140 morts. Tous les historiens s’accordent sur environ 2 200 morts ! Ils furent enterrés dans une fosse commune jusqu’en 1940 quand les restes furent exhumés et enterrés correctement. C’est seulement en 1920 que des lois sociales permirent enfin un salaire en argent.

Sans entrer plus dans le détail, il n’est pas inutile d’observer que dans le monde, 1905-1910 et l’année 1920 furent celles des plus grandes luttes sociales du début du siècle. Pendant longtemps, les mouvements sociaux sur la base de raisons locales, entraient dans un mouvement international. En 1938 le Frente popular gagne… au Chili !

Jean-Paul Damaggio

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 20:11

les-momies.jpg

 

Tout séjour aux Amériques impose un détour par les peuples autochtones, ceux-là même qui virent arriver au Chili Diego de Almagro en 1536 et Pedro de Valdivia en 1540 presue un siècle après le grand Colon.

La géographie a imposé trois types de peuplement, les Aymaras sur l’altiplano, les Quechuas dans les montagnes et les Changos sur la côte, les moins connu aujourd’hui mais pas moins méritants. Ces types de peuplement se croisaient suivant les rigueurs du climat. Des Aymaras venaient jusque sur la côte cultiver de la coca, des Quechuas conduisaient parfois leurs troupeaux sur l’altiplano et les Changos plus pécheurs avaient aussi des cultures dans la sierra.

Pour la période la plus ancienne, de 8000 à 1000 avant Jésus-Christ, se développa à Arica la culture Chinchorro et le vestige majeur de cette culture a été découvert seulement en 1983 au pied de la colline de la ville. Pour le découvrir il faut faire quelques kilomètres dans l’émouvante vallée verte d’Azapa. Vous prenez un désert plus de l’eau et vous avez une oasis et une oasis c’est aussitôt grandiose. C’est là que nous découvrons le Musée arquéologique San Miguel de Azapa où trônent deux momies, les premières momies découvertes sur la planète. Pourquoi momifier si ce n’est pour se donner une chance d’échapper à la mort ?

Pour atteindre le succès dans la conservation, les Changos enlevaient tout l’intérieur du mourant, ils mettaient la peau de côté, ils renforçaient le squelette puis replaçaient la peau pour la peindre avec du manganèse noir et de l’oxyde de fer rouge !

 

Le musée concerne les trois cultures donc nous avons aussi tous les mérites des Quechuas et d’Aymaras qui sont encore aujourd’hui fortement présents au Pérou et en Bolivie. Ils apportent le tissage, l’agriculture, les outils qui vont avec…

 

Un musée c’est toujours un bourrage de crâne mais celui-ci est bien fait avec un catalogue qui accompagne et une présentation idéale. Je retiens seulement que les mystères des peuples autochtones nous renvoient à nos propres origines comme si déjà au départ, l’humain était PARTOUT soumis à la même exigence : vaincre la peur de mourir.

 

La route pour venir jusqu’à ce musée est une route de jardins… et de géoglyphes. Là encore un désir de traverser les âges mais cette fois par une tracé. Cette région qui va de Nazca à Antofagasta est plein de géoglyphes qui se présentent sous trois forme : des lignes géométriques, des représentations d’animaux et des représentations qui mêlent hommes et animaux. Sur cette route d’Aria à San Miguel de Azapa, la première se trouve au kilomètre 6 à la Aldea Cerro sombrero. Deux kilomètres plus loin ce sont des camélidés. Puis un kilomètre plus c’est l’immense llama de Cerro sagrado. On va essayer de le voir de deux kilomètres plus loin, au point de vue de las llosyas. C’est au bout de 23 km qu’on arrive au musée.

 

Côté agriculture nous sommes au cœur des oliviers de Azapa.

 

Arica a troqué le salpêtre pour le tourisme et demain quand le prix des carburants va augmenter et les revenus des éventuels touristes baisser, il faudra sans doute inventer autre chose. Aux Amériques ils ne connaissent que ça depuis 1600, les mutations capables d’effacer l’histoire et pourtant les momies elles, sont toujours là.

Jean-Paul Damaggio

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 12:27

arica.jpg

Je suis au sommet du clocher de la modeste cathédrale San Marcos à Arica face aux palmiers de la place Colon. Détruite en 1868 par un tremblement de terre elle a été reconstruite à l’aide de Gustave Eiffel et inaugurée en 1876. Préfabriquée intégralement en fer, elle n’a que la porte en bois. Et le surprenant c’est que quand je regarde de là-haut, j’ai à ma gauche l’ancienne maison du gouvernement sortie elle aussi des mêmes ateliers et inaugurée la même année et à ma droite pour clôturer le tableau, un autre bâtiment devenu la maison de la culture après avoir été la maison de la douane et qui pour l’essentiel est encore l’œuvre de Eiffel.

 

Mais pourquoi donc, après le tremblement de terre, la ville est allée jusqu’à s’offrir les services de la grande compagnie française ? Pour le dire autrement, d’où provenait sa richesse ? La réponse est simple même si elle semble ridicule aujourd’hui : le salpêtre (1) ! Et pour preuve de l’importance de ce salpêtre, Arica qui était péruvienne, passera chilienne !

Oui, seulement quatre ans après l’inauguration de la cathédrale, une bataille célèbre va avoir lieu pour prendre la colline que je vois très bien à ma gauche, el morro d’Arica.

Pour ceux qui voudraient l’oublier les guerres ont souvent des enjeux économiques plus ou moins masqués, plus ou moins visibles. En cette affaire de la guerre du pacifique le Manuel d’histoire du Pérou indique clairement les trois causes de la guerre :

« - La haine ancestrale du Chili envers le Pérou, alimentée par ses diplomates et sa presse dès les premiers jours de l’émancipation

- Le salpêtre de Tarapaca, une très riche source de revenus

- Le futile et vain prétexte d’une alliance défensive secrète avec la Bolivie. » (2)

 

Sur quels faits s’appuie l’historien ?

Le 14 février 1878 le Congrès de Bolivie promulgue une loi qui donne son accord à la transaction effectuée entre le pouvoir exécutif et la Compagnie anonyme des salpêtres et des voies ferrées d’Antofagasta à condition que la Compagnie paie 10 centimes par quintaux de salpêtre exporté. Immédiatement la Compagnie appelle au secours le gouvernement chilien et le 14 février 1879, sans déclaration de guerre, le Chili occupe Antofagasta qui était alors une ville bolivienne. Le Chili demande au Pérou de rester neutre et devant le refus c’est aussi la guerre avec le Pérou, guerre qui conduira les armées chiliennes jusqu’à l’occupation de la capitale Lima, un accord de paix étant conclu le 20 octobre 1883 avec les pertes territoriales des deux pays perdants, dont Arica la péruvienne.

 

La bourgeoisie péruvienne avait les yeux tournés vers la France, tandis que celle du Chili pensait plutôt aux Allemands, aux Anglais et aux Etasuniens. Le fer de Eiffel servait à construire des monuments et celui des Anglais, des voies ferrées. La guerre du pacifique a fait de John Thomas North arrivé au Chili à 24 ans, en 1866, le roi du salpêtre. En effet, pendant la guerre, il a acheté à bas prix les entreprises des Péruviens qui entre 1880 et 1881 avaient abandonnés Tarapaca et à la fin de la guerre, le gouvernement chilien reconnaissant ces droits de propriété, il débute une carrière d’empereur économique qu’il conduira en complicité avec la Bourse de Londres. A la fin de sa vie, sachant que le salpêtre aurait une fin aussi, il avait déjà reconverti ses avoirs dans les mines d’or et d’argent du Congo.

 

Il est déjà temps que je descende de mon clocher de la cathédrale pour aller retrouver les nouvelles de ce jour, 21 septembre 2012. Sur l’Estrella d’Arica ils relaient l’annonce de quelques scientifiques qui prévoient un méga tremblement de terre pour la mi-octobre. D’autres répondent qu’on ne peut rien prévoir à l’avance. Réponse le 15 octobre. JPD

 

(1)   Le salpêtre c’est du nitrate de sodium qui décomposé par ébullition avec du chlorure de potassium donne en refroidissant du nitrate de potassium utile pour faire de la poudre, et engrais et autres produits stratégiques.

(2)  (2) E. Ortega y Otros Manuel de Historia general del Peru, Indeart p. 515

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 18:06

couv 101 femmes

 

Dans mon livre sur les 101 femmes il n’y a pas Caroline Fourest mais une Tunisienne qui l’a accompagnée à la Fête de l’Huma et dont le nom n’apparaît nulle part : Nadia El Fani. Ceux qui auront lu le livre comprendront pourquoi, le but de cet article étant de revenir sur le cas d’une femme qui y est également présente, Jeanne d’Arc.

Comme tout auteur, j’apprécie les remarques sur mes écrits, favorables ou défavorables, aussi j’ai été très heureux qu’un ami m’interpelle en me disant que jamais il n’y aurait mis Jeanne d’Arc. Cet historien des luttes populaires considère que cette femme n’a jamais eu l’histoire qu’on lui a collé à la peau après la guerre de 1870 quand la Troisième république a souhaité se fabriquer des héros nationaux. Ah ! si Jeanne d’Arc pouvait revenir pour jeter hors d’Alsace, les Allemands…

 En fait sa colère contre ce mythe ne lui a pas permis de bien saisir par quel chemin j’en suis arrivé à Jeanne d’Arc, chemin que le lecteur de ce blog peut comprendre s’il tape le nom de l’héroïne sur le moteur de recherche du blog.

 

La discussion en serait restée là si le soir même, lisant mes vieux dossiers je n’étais tombé sur un entretien avec Pier Paolo Pasolini qui se termine ainsi :

« Mon idéal esthétique est franc, massif, statique. Ce n'est pas un monde moderne et élégant. Je crois en la violence de la forme, à l'attaque directe de ce qui constitue l'essence de l'idée (c'est pourquoi Dreyer et surtout Jeanne d'Arc m'ont tellement influencé). »

 

Grâce à l’ami René Merle j’apprends que le Jeanne d’Arc en question est un film de Carl Theodor Dreyer. Voici ce que dit Wikipédia :

« C’est pourtant grâce au franc succès public de l’une de ces comédies, Le Maître du logis (1925), que Dreyer fut invité à venir travailler en France. Il se vit alors confier par le vice-président de la Société Générale de films, le duc d’Ayen, un manuscrit composé par l’écrivain Joseph Delteil, qu’il remania pour en faire le scénario de La Passion de Jeanne d'Arc (1928)1. Dreyer s’intéressait à la vie de Jeanne d’Arc depuis la canonisation de celle-ci, en 1924. Son ambition n’était pas de tourner un simple film d’époque, bien qu’il ait étudié de manière approfondie les documents relatifs au procès de réhabilitation : il voulait « interpréter un hymne au triomphe de l’âme sur la vie »2. Restait à trouver la comédienne capable d’incarner la martyre : Lillian Gish, Madeleine Renaud furent un temps pressenties. Mais c’est sur Renée Falconetti, une vedette du théâtre de boulevard, que son choix se porta finalement. La rencontre fut déterminante : au cours du premier essai, Dreyer crut voir aux petites rides, aux marques de son visage que cette femme avait dû connaître « bien des épreuves, bien des souffrances ». Ce visage de douleur devint le sujet même du film, la surface sur laquelle Dreyer pouvait faire apparaître la Passion de la Jeanne d’Arc historique, mais aussi le vrai visage de l’humanité souffrante. »

 

Voilà comment on arrive à Joseph Delteil ! Je ne suis un admirateur amusé de cet écrivain…

 

Mais puisque j’ai cité l’entretien de Pier Paolo Pasolini interrogé par Gidéon Bachman je note cette observation de l’auteur de l’entretien : « Pasoloni se considère comme un marxiste, et singulièrement comme un disciple de Gramsci qu’il cite sans discontinuer. »

Parfois certains pensent que je me disperse... Jean-Paul Damaggio

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