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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 14:24

Je ne sais ce qu’il en est en Italie ou en Allemagne mais en France la fabrique, à gauche, de «Régis Debray» se renouvelle à chaque période. Faute de réussir chez nous une révolution, les Amériques restent l’Eldorado de compensation au prix de l’oubli et d’une torsion grave de la réalité. Je ne sais où était Jean-Luc Mélenchon du temps du castrisme, du sandinisme ou même du temps où le PT brésilien avait fait de Porto Alegre la vitrine de la démocratie participative. Sans vouloir le froisser, entre la social-démocratie d’Allende et celle de Lula j’ai peur que l’écart soit immense, Lula qui en sont temps signa sur Libération une tribune commune… avec Sarkozy !
Le tournant du 11 septembre 1973
Dès l’élection d’Allende, Nixon en personne organisa son assassinat (je renvoie aux documents devenus publics de la CIA). Le même homme tendit les bras à la Chine communiste trop heureuse de se distinguer de l’URSS et de ses voisins vietnamiens. Nixon préparait déjà les suites de la défaite vietnamienne pour en faire une révolution du système impérialiste ! Le 11 septembre 1973 l’ambassade de Chine à Santiago resta « neutre » si bien que le succès économique de la Chine d’aujourd’hui est aussi un enfant de l’assassinat de l’expérience chilienne, dans le cadre d’une nouvelle division internationale du travail.
Les hasards de la vie ont fait que j’ai débarqué pour deux ans aux USA juste après la chute de Nixon à cause du Watergate qui démontra que les médias n’étaient plus le quatrième pouvoir mais bien le premier. Nixon tombait sous l’effet de sa propre stratégie ! En effet les USA de l’époque avaient déjà compris, dans la foulée d’IBM, que le contrôle du futur ne tiendrait pas entre les mains du capitalisme industriel (celui de General Motors) mais entre les seigneurs de la communication, grâce à une révolution informationnelle sans précédent. Aux Chinois les "basses" tâches matérielles et aux USA l’autre matière, la matière grise, celle du VIRTUEL., un virtuel qui, peut-être de manière imprévue, redonnait aux banques le pouvoir sur les industriels!
Oui l’Amérique latine est un champ d’expérience des USA qui peut tant et tant nous apprendre mais à condition d’éviter le piège des amazones, des vallées du paradis, de l’Atlantide et j’en passe…
La misère recule ?
Mais oui camarades, la misère recule au Venezuela, au Brésil, et alors ? Si je peux me réjouir que la spirale néolibérale faisant de l’enrichissement des uns (la minorité) l’appauvrissement des autres (la grande majorité) soit stoppée, je suis cependant obligée de vérifier par quoi elle est remplacée. La particularité de l’Amérique latine c’est qu’elle est le lieu au monde où les inégalités sont les plus immenses dans des proportions énormes. Un économiste me donnera peut-être les chiffres que je n’ai pas sous la main. J’ai touché du doigt le phénomène quand après quatre jours dans la Quito populaire, le Guide du Routard m’envoya dans un autre quartier pour y utiliser la carte bancaire. C’était la nuit et le jour ! C’était un peu comme si à Paris on avait construit le quartier de La Défense alors que nous aurions encore le XX ème arrondissement comme il était en 1950. Dernièrement, au guichet de l’embarquement pour le Chili, l’employé découvrant que nous allions à Santiago nous invita alors à aller à Las Condes, Providencia, pour y découvrir le Santiago moderne dont il est fier. A Valparaiso vous pouvez sur le marché croiser un paysan avec un âne qui tire la remorque de ses récoltes, à côté des instruments les plus modernes de communication. Si Cuba tient la distance c’est uniquement parce que cet écart de revenus n’y existe pas et que dans ces conditions la misère est plutôt une pauvreté et les quelques dignités qui vont avec.
Les conséquences des énormes inégalités
Quand des miséreux sortent la tête de l’eau et qu’ils voient à côté les gratte-ciels infinies alors ils sont parfois mûrs pour un autre avenir, ils se sentent assez forts, surtout s’ils sont jeunes, pour rejoindre les sangsues qui pullulent à très grande vitesse. Des sangsues qui pourtant se font la guerre mais l’épidémie est plus forte que les effets collatéraux ! Des parasites qui donnent la main sans gêne à nos parasites fiscaux que le vocabulaire de la classe dominante appelle « paradis fiscaux ». La nouveauté venue des Amériques actuelles, c’est le crime organisé qui bénéficie de la « sortie » du néolibéralisme.
En effet, dans la nouvelle division internationale du travail si les USA ne sont plus les méchants exploiteurs, les Bourgeoisies nationales appuyées parfois sur l’inévitable Chine se lancent dans l’exploitation de nouvelles sources de matière première. Mais dans des écosystèmes fragiles ça soulève des révoltes aussi bien en Bolivie qu’au Chili. Je connais un peu le cas de Cajamarca au Pérou où le pouvoir d’Humala, élu par la gauche, a tiré sur la foule des manifestants refusant une nouvelle mine. Le problème crucial dans toutes ces zones, c’est le pouvoir sur l’eau. Les industriels en font une consommation qui fait peur, à juste titre, aux populations. Quant au sympathique Correa qui lui, est resté fidèle à la gauche, il a mis en place une Constitution qu’il refuse d’appliquer quand il faut demander à des populations autochtones ce qu’elles pensent d’un mégaprojet sous contrôle équatorien-chinois. Il peut dénoncer les USA et garder comme monnaie nationale… le dollar !
D’anecdotiques présidents de la république
Face au crime organisé tous les présidents sont démunis, tous tentent des politiques sans résultats, tous en sont réduits à des promesses sans lendemain. Il n’y a plus de gauche ou de droite, il y a le besoin d’une reconstruction des Etats. Tous les présidents savent qu’autour d’eux règnent les corrupteurs (même à Cuba il a fallu être sans pitié) et le capitalisme dans tout ça ? L’inconvénient des parasites c’est qu’ils détournent à leurs profits une part de la richesse produite mais voilà qu’ils la réinjectent dans le système bancaire et y compris dans des politiques sociales substitutives des défaillances de l’Etat !
Oui, le néo-libéralisme cher à Reagan n’est plus qu’un mauvais souvenir mais pour y mettre quoi à la place ? L’homme le plus riche du monde est périodiquement un Mexicain roi de la communication car d’un côté il y a les nouveaux seigneurs qui après IBM on grandit chez Microsoft, Appel, Facebook, Google et autres, et qui regardent avec amusement la guerre autour des productions industrielles en quête permanente de paradis d’exploitation. Même Nike qu’on pourrait croire producteur industriel n’est en fait qu’un titre virtuel !
Au début des années 80 Paul Boccara attira l’attention des dirigeants du PCF sur la mutation en cours qui faisait passer le capitalisme de la révolution scientifique et technique à la révolution informationnelle et à ma grande surprise les dirigeants politiques qui connaissaient pourtant son immense compétence lui expliquèrent que l’informatique n’était qu’une variante de la révolution scientifique et technique. Aujourd’hui c’est en regardant le ciel qu’on comprend mieux la naissance de la terre. C’est aussi en regardant le ciel des satellites qu’on comprend mieux qu’en tapant Google sur mon ordinateur je conforte le capitalisme nord-américain dans ses succès. Comme j’ai avec moi des restes de marxisme je me dis que la production matérielle finira par prendre sa revanche sur les industries de la communication, que les tuyaux se révolteront contre le message mais faut-il encore appeler de ses vœux cette révolution !
Salvador Allende a failli troubler cette histoire. Voyant qu’il était au cœur de la lutte finale, il pensa se sauver en nommant comme ministre de la défense un certain Pinochet, donnant enfin à ses adversaires le chef qui leur manquait ! Dans un coup d’Etat, le plus dur c’est de trouver le chef, en conséquence, le nouveau système n’a plus à se chercher des chefs, il roule dans la clandestinité qui avait auparavant été si souvent révolutionnaire. Hillary Clinton l’a dit : les révolutionnaires d’aujourd’hui ce sont les armées du crime organisée, alors pensez, avec ça on va aller vers le socialisme… de je ne sais plus quel siècle.
Jean-Paul Damaggio

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 14:28

 9 octobre 2012, 15 h 30.

 

Nous venons de quitter l'oasis de Pica, dans un bus ce qu’il y a de plus populaire, courants d’air garantis, suspension à zéro, fauteuils en piètre état, mais voilà c’est celui-là qui s’est présenté…
Juste après le village, il y a une autre oasis, Matilla (1160m). Comme Pica, le lieu est devenu plus pauvre depuis que les sources d’eau ont été détournées, en 1912, au profit des grands industriels d’Iquique. Auparavant des familles de Pica avaient transporté là leur art de la vigne (ils en ont fait un modeste musée pour garder le souvenir). Les tremblements de terre détruisirent une première fois l’église en 1880 et se contentèrent de la fissurer le 13 juin 2005. C’est là qu’on trouve des traces de dinosaures (un stégosaure), ce qui explique la présence d’un parc pour gamins avec la reproduction de tels animaux. Si nous étions descendus du bus nous en aurions profité pour acheter des alfajores qui sont une variété de macarons réputés mais nous ne faisions que passer...

Dans la rue, une jeune femme se met à courir en voyant le bus, elle ne veut pas le rater même si le suivant est peut-être meilleur, et peut-être dans 30 minutes.
Le chauffeur s’arrête, descend et en fait, il profite du dernier commerçant du coin de la rue pour aller manger une glace, ce qui pousse la jeune femme à faire de même. Les voyageurs attendent sagement puis au bout de cinq minutes le bus redémarre et là, surprise : la jeune femme ne sacrifie pas aux classiques habitudes latino-américaines qui font du bus, le lieu idéal du sommeil.
Après avoir posé sa veste en jeans sur le siège à ses côtés, elle sort de son sac ordinaire un micro-ordinateur portable, l’ouvre, l’allume et se met à travailler avec l’appareil sur les genoux. Elle semble lire un cours. Dans ce bus ! En sortant d’un village plutôt pauvre !

Les surprises sont toujours amusantes ; cette fois le bus fonce dans le désert jusqu’à La Huaica. En fait nous avons les yeux braqués sur l’horizon dans l’attente d’une anomalie qui n’a pas pu nous échapper à l’aller. Dans la ville commerçante, Pozo Almonte, une femme totalement voilée est montée dans le bus avec trois enfants, la petite fille de 5 ans étant presque autant voilée que sa mère, et son mari fermant le groupe, bonnet blanc, barbiche, tenue classique du 7 ème siècle. Les liens avec l’Iran c’est pour Chavez et Moralès. Les liens avec l’Arabie Saoudite c’est donc bon pour le Chili.
Un voile noir laissant un trait pour les yeux, en ce désert chilien ! Le Guide du Routard nous avait avertis : à la sortie de La Tirana une mosquée vient de sortir de terre avec son minaret et tout ce qu’il faut pour le lieu de prière. Mais lire une phrase, (comme celle que j’écris), et voir sa traduction dans la réalité, c’est changer de planète. D’où le fait qu’on ne cesse jamais d’apprendre à lire !

A l’horizon, le minaret commence à faire son apparition, il est bien là même si cette fois le bus ne s’arrête pas pour laisser descendre ceux qui l’habitent ! Il est bien là et aussitôt arrive cette étrange ville de La Tirana. Pendant 18 kilomètres exactement nous suivrons un chemin de croix qui sert pour les imposantes manifestations religieuses animant cette ville une fois par an avec danses infinies jusqu’à la transe.

Est-ce la religiosité très forte à La Tirana qui a incité les autorités d’Arabie Saoudite à installer ici une mosquée ? Nous ne le saurons sans doute jamais, mais il paraît que de prêcher dans le désert …

Finalement, la jeune femme courageuse s’est laissé prendre par le naturel : elle s’est endormie sur son ordinateur qui risque de lui tombe des genoux, mais consciente de son état elle le ferme et le range. Plus tard elle sortira aussi de son sac le téléphone portable Sansung qui fait fureur dans le pays. Bien sûr, il ne faut pas confondre les mœurs des classes aisées avec les mœurs générales : il existe encore beaucoup de « centre de llamadas » à savoir des lieux où on peut téléphoner, se connecter à internet, faire des photocopies, pour les gens qui n’ont pas encore accédé aux merveilles de la haute technologie.
JP et MF

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 14:26

Pendant notre séjour chilien nous avons pu suivre l’élection présidentielle du Venezuela. Dans un hôtel avec télé, nous avons vu sur CNN Chile, juste avant les élections, de nombreux reportages équilibrés sur la question. Autant de temps pour Capriles que pour Chavez ! La dernière conférence de presse du président (la campagne étant close le candidat Chavez ne pouvait s’exprimer) fut retransmise en entier. Il s’agissait de parler de questions générales et à la journaliste espagnole Chavez demande : « D’où vous êtes en Espagne ? » « Du nord » dit-elle, ce qui incite Chavez à ce commentaire : « Donc vous êtes proche des Pyrénées… » Même Chavez ne peut tout connaître et il a beau citer Heidegger, rappeler qu’aux USA il voterait Obama, il bavarde surtout.
La gauche chilienne soutenait largement Chavez et je vais prendre le cas du mensuel El Ciudadano qui se réjouit de la victoire mais… en toute lucidité. D’où le paragraphe sur l’insécurité montante au Venezuela… avec des chiffres. En 1990 le taux était de 6 morts par assassinat pour 100 000 habitants. En l’an 2000, il était de 37 et en 2009 de 44. Pour 2011, ce sont 19 336 personnes assassinées ce qui fait un taux de 60, toujours pour 100 000 habitants.
Débarquant en France j’entends Mélenchon répondre sur le sujet : « C’est un problème général, voyez au Mexique et même en France. Quand nous serons au pouvoir notre premier adversaire, ce seront les cartels de la drogue. »
Cette question du crime organisé est soit négligée, soit détournée, soit manipulée et toute pirouette en guise de réponse est une faute politique, car la question n’est pas technique, policière, ou pire inévitable.

Nature de l’insécurité
Chavez est un militaire au pouvoir depuis quatorze ans et en effet il a accédé aux affaires au moment de la montée générale du crime organisé aux Amériques. La première leçon c’est que même en tant que militaire, même avec des politiques sociales, le pays n’a pas pu échapper à la tendance générale. J’étais au Venezuela en 2005 et c’est dans le camp Chavez que les critiques montaient déjà sur ce point, pour, en résumé, constater : les politiques sociales qui devaient automatiquement faire reculer la criminalité furent sans effet sur ce point.
A ce moment là, j’ai découvert pour la première fois à la télé, un certain Mélenchon qui sur la chaîne communautaire Vive Télé s’exprimait comme un président de la république française. Il voulait seulement évoquer les succès en matière de santé et de lutte contre la pauvreté et laisser aux adversaires les critiques sur l’insécurité montante… qui allait finir par descendre.
Bien sûr que l’adversaire manipule la question, mais soit il est idiot et il invente le problème, soit il est intelligent et appuie sa manipulation sur des réalités. Mais quelles réalités ?
Au Brésil, au Mexique, en Colombie, au Nicaragua comme au Venezuela, le crime organisé est un problème surtout pour les pauvres. Les riches se paient des protections conséquentes qui parfois, certes, ne suffisent pas. Au Brésil, la guerre militaire, dans les quartiers de Rio est conduite au cœur des bidonvilles, pas dans les quartiers « exclusifs ». Une politique sociale c’est donc une politique qui mesure l’importance de l’insécurité. En fait le crime organisé c’est donner aux jeunes le moyen de gagner en une heure, ce que leurs parents gagnent en une année de dur travail. Qui peut résister ?

Succomber au féodalisme
Qu’il soit capitaliste ou socialiste du XXI ème siècle, le féodalisme est la tendance profonde de toutes nos sociétés, et c’est ce problème qu’il faut analyser. Du moins c’est à ça que je me consacre depuis presque dix ans. Le cas du Venezuela est une chance plus qu’un handicap. En effet, dans le cas du crime organisé, l’insécurité n’est pas une question d’insécurité, mais d’injustice. Si vous êtes agressé et si vous pensez que la justice fera son chemin, alors l’agression est moins dramatique. Si par contre vous savez que l’impunité est presque la règle, et que l’agression va conduire à plus d’agressions encore, alors c’est la spirale infernale qui a comme donnée de base, l’absence d’Etat. Or au Venezuela nous sommes dans le cas si différent du Mexique où l’Etat, symbolisée par un militaire, reste au cœur de l’édifice. D’où ce constat crucial : si même là, la mafia s’impose, alors où va-t-on ?

Le cas du Mexique
Quand, à parler du Venezuela, Mélenchon nous renvoie au Mexique, il triche (pour rester poli). Le Mexique est l’antithèse du Venezuela. Son crime organisé s’appuie sur un facteur clef : la longue frontière avec les USA qui a conduit à un accord de libre-commerce faisant du pays un des piliers du néolibéralisme. Le Venezuela possède une rente pétrolière colossale et même avant Chavez n’est pas entré dans cette phase néolibérale source de misère et donc de crise. La comparaison devrait plutôt se faire avec le Brésil, ainsi nous constaterions que l’avancée de la criminalité n’est pas proportionnelle à la montée de la misère (la misère a aussi reculée au Brésil) mais est une question globale. Chavez va-t-il devoir envoyer l’armée dans les bidonvilles ? Il vient de nommer comme ministre de l’intérieur Nestor Reverol Torres, un militaire dont le journal Le Ciudadano pense qu’il va se lancer dans une rénovation de la police. Comme si cet objectif n’avait pas déjà été tenté dans un pays où il est vrai, la police n’est pas aussi nationale que chez nous ! Quand des jeunes pensent qu’il vaut mieux mourir à 30 ans, mais vivre « intensément », que vivre vieux avec un boulot trop dur, la police aussi compétente soit-elle, ne peut rien ! Il est préférable qu’elle soit compétente, il vaut mieux que la justice soit efficace, mais à un moment, la révolution est ailleurs : est-ce que la vie, c’est le luxe ?

Que proposer ?
1 ) Ne pas fuir la réalité, ne pas se dispenser de son analyse, ne pas privilégier le bavardage.
2 ) Repenser les fondements d’une nouvelle révolution pour qui le social est seulement une donnée, et non une clef. Le socialisme reste accroché d’abord au social : à partir de là, les droits des femmes, les droits des victimes et tant d’autres droits devaient être automatiquement acquis. Les leçons de l’expérience soviétique sont claires : vivre en bonne santé, c’est bien, mais pourquoi vivre ?
La victoire du capitalisme, y compris dans les pays des Amériques qui veulent s’émanciper des USA, tient au mode de consommation et de là aux modes d’être. Si l’argent ne fait pas le bonheur des pauvres, le bonheur n’est pas seulement une question d’argent. Aux USA j’ai toujours été frappé par cette question naturelle qui vient sur la bouche de chacun : « Combien tu gagnes ? » En France, ce n’est pas mieux, l’hypocrisie rend cette question indiscrète. En fait, « qu’est-ce que les sociétés vont gagner ? » sans course au profit ? L’insécurité au Venezuela touche à la nature de la révolution capable de renverser le capitalisme. Voilà pourquoi elle ne peut se contenter de formules à l’emporte-pièce.
Jean-Paul Damaggio

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 14:24

 20 octobre, toute la journée

 

Nous quittons Valparaison à 9h 45 ce qui nous a laissé le temps de passer d’abord au marché tout proche du terminal de bus, pour acheter de quoi manger à Isla Negra. Un marché superbe avec des tonnes de légumes : montagnes d’artichauts, d’oignons… Seul le pain manque à l’appel car il arrive rarement avant 9 heures. Sur la route, le bus se remplit, en ce jour de congé. Une famille avec trois enfants monte, le plus grand devait attendre cette journée de villégiature avec impatience car il fit le signe de la croix à l’arrivée du bus. Peu après, un type de voyageur nouveau monte à son tour : un contrôleur. Il constate que la famille n’a pas payé le prix. Négligence ou complicité du chauffeur ? L’homme se savait en faute car dès l’apparition du contrôleur il a préparé un billet de 5000 pesos qu’il a demandé à sa femme. Nous ne sommes plus dans le désert : toute l’agriculture défile sous nos yeux avec des prairies, des vignes etc.

Nous approchons d’Algarobo, cette station balnéaire qui plaisait tant à Salvador Allende. En 1958, on l’accusa d’y posséder un yacht de luxe, aussi il fit transporter sa modeste barque dans un bassin de Santiago au cours de son dernier meeting, pour que chacun puisse juger. Allende aimait le sport, tous les sports et aussi celui de la navigation… mais pas le luxe.
Isla Negra c’est un peu après Algarrobo. Le chauffeur nous annonce l’arrêt et en descendant, comme toujours on demande les conditions du retour : « attendre un bus un peu plus loin, là où il y a écrit Pulman ».

En marchant, nous passons devant une boulangerie ce qui va compléter parfaitement notre pique-nique. Nous constatons l’absence de tout car et de toute voiture sur le parking, ce qui nous conforte dans notre idée d’arriver à l’ouverture, pour éviter la foule, mais en descendant la rue, vers la maison de Neruda, surprise : par un autre chemin c’est tout un car de jeunes qui défile, et peut-être même deux, et en fait la foule est déjà au rendez-vous !
Nous entrons et la billetterie est vide pour une simple et bonne raison : il n’y a plus la moindre place à vendre ! Nous affichons notre déception à l’employée. Une Chilienne est dans notre cas, mais les règles sont simples : les pièces de la maison sont petites donc pas plus de neuf personnes par groupe et quand un bus arrive avec 70 personnes, les entrées sont vite pleines ! Pour tout dire, l’employée nous précise que les réservations font que toutes les visites sont vendues pour les deux mois qui viennent !

Devant notre déception, elle propose une visite des extérieurs et se dirige alors vers un des bureaux. Nous la suivons et là une directrice nous confirme qu’elle peut, avec un petit groupe de six personnes, nous faire visiter les extérieurs dans les minutes qui suivent, en guise de consolation. Nous aurons donc une vue de l’ensemble, une vue de la tombe et de ce qui ressemble à une locomotive. Par une fenêtre nous découvrons la collection de bouteilles, et ces poutres où Pablo inscrivait le nom de ses amis poètes qui mourraient (le dernier nom c’est Elsa Triolet). La directrice est très sympathique et ma foi, faute de grives on aura des merles ! D’ailleurs, comme on est Français, elle nous prend en amitié et nous propose d’assister dans quelques instants à une rencontre avec le maçon de Neruda, qu’un chercheur se propose d’interroger dans son bureau.
Pour attendre ce moment nous profitons du film qui montre Neruda dans sa maison. Une autre compensation à nos déboires. Le temps passe ; nous décidons d’acheter quelques souvenirs avant d’aller pique-niquer sur la plage, face à la maison. Dans la boutique, Marie-France repère quelques cartes postales et Jean-Paul un livre sur l’enterrement de Neruda. Là, l’employée de la caisse vient nous informer qu’un groupe s’est désisté et que si nous voulons passer, nous pouvons acheter deux billets ! Magnifique renversement de situation ! Nous croisons à nouveau la directrice, nous lui montrons nos billets, elle en est heureuse et nous rappelle qu’elle nous attend après la visite dans son bureau.

Cette maison de Neruda nous replonge dans l’ambiance des deux autres maisons avec en plus le point de vue sur la mer. Rien de spacieux, rien de luxueux, mais tout un univers d’objets, de passages minuscules, de références à l’enfance, de collections diverses… et surtout la vue sur le Pacifique qu’on soit dans la salle à manger, dans le bureau, dans la chambre ou ailleurs. C’est en arrivant dans la chambre avec le lit disposé face aux vagues que l’émotion est la plus intense car on y débouche par un petit escalier, un petit escalier qu’un colonel emprunta un peu après le 11 septembre 1973. Il était arrivé dans la maison avec une brigade en quête d’armes car une œuvre d’intoxication avait fait croire que les communistes avaient rassemblé des tonnes d’armes et cachaient même des centaines de soldats cubains. Il a été facile de vérifier que la maison ne contenait rien de répréhensible mais le colonel ne savait où était le poète qui était alité. Il entra enfin dans la chambre, le vit allongé car malade, le vit totalement inoffensif… et s’excusa du dérangement. Il repartit aussitôt et la maison, protégée par un marin, n’eut à subir aucune des dégradations imposées aux deux autres maisons de Neruda.

Que retenir de cet univers si particulier ? Nous faisons la visite avec les audio-guides qui laissent peu de temps à la respiration de chacun. C’est en français et ça aide bien mais le contenu du musée défile sans pause si bien qu’à la fin on se demande que retenir. Jean-Paul a noté la forte présence de la France en voyant quelques numéros des Lettres Françaises. Dans la maison précédente, la bibliothèque contenait la collection d’une revue qui éclaira le début de sa jeunesse : Historia. Neruda avait une collection jusqu’à 1972. La France c’est aussi Baudelaire et Rimbaud. L’audio-guide ne mentionne pas Victor Hugo dont pourtant nous voyons un portrait. Collections de papillons, de figures de proue, de légendes, de contes, de masques… Immense mappe monde et ce cheval en carton qui a Temuco avait tant plu au jeune Pablo qu’il décida d’aller l’acheter le jour où il apprit que le magasin dont le cheval servait d’outil publicitaire avait brûlé. Il aimait recevoir des amis mais combien pouvait-il en accueillir en des maisons aux pièces si minuscules.
La maison est une maison-musée et elle est donc aseptisée pour les besoins de sa nouvelle fonction. Il n’en demeure pas moins vrai que l’on a la sensation d’y embarquer dans un monde lyrique.
A la sortie nous retrouvons notre chère directrice qui va nous faire vivre un autre aspect de la maison. Dans son bureau, elle attend le maçon de Neruda car avec un ami elle veut qu’on récolte aussi la mémoire des habitants d’Isla Negra qui ont connu le poète. Sur les murs, une très belle photo de Mathilde, la dernière épouse de Pablo. C’est le centième anniversaire de sa naissance. La directrice indique seulement : « Ce fut une folkloriste mais on ne connaît aucune chanson d’elle… ».
Il y a des lithographies du poète Rafael Alberti qui est passé par Isla Negra. Elle se lance alors dans la consultation des registres qui contiennent des photos des célébrités ayant honoré les lieux de leur présence, en quête du passage d’Alberti. Nous découvrons Chavez et Jack Lang, Danielle Mitterrand et Felipe Gonzalez, des rois aussi d’Espagne et de Suède. Jean Paul pose alors la question qui lui brûle les lèvres : « Et Vazquez Montalban est-il passé à Isla Negra ? » La dame qui parle un bon français pour avoir vécu en Belgique, réfléchit un peu et se souvient que l’écrivain catalan est venu sur la tombe du poète avec José Donoso, mais sans visiter la maison.

Finalement, après une attente au café le Rincon des poètes face à la mer, le maçon ne sera pas au rendez-vous (il a oublié) et nous pouvons alors nous diriger vers la plage pour le pique-nique historique. Nous en avons plusieurs à notre actif, de Chichen Hitza à Tulum, mais celui-ci, vu les péripéties de notre visite sera plus inoubliable que les précédents. Du jambon, l’inévitable avocat, de l’eau, une tomate pour Marie-France, la frugalité totale mais entre Pacifique et maison de Neruda ! Ensuite nous décidons de longer la plage chargée en algues immenses. Des fleurs de printemps rendent le site magnifique. Marie-France n’hésite pas à gravir quelques rochers, Jean-Paul suit avec quelques craintes, le chemin débouche sur une petite plage plus grande et plus belle que celle devant Isla Negra mais si la maison avait été là, elle aurait été plus éloignée de la mer. Le temps d’une pause. Des jeunes se prélassent. Difficile de se baigner mais le plaisir n’en est pas moins grand d’être là au milieu des oiseaux et des bruits de l’océan.

Il faut penser au retour, à la remontée vers les hauteurs de la colline et ça sera chose faite assez rapidement d’autant que finalement en retrouvant la route nous ne sommes pas loin de l’arrêt du bus. Par contre le bus qui doit nous ramener est sans doute encore loin car il faudra attendre une heure. Nous en profitons pour bavarder avec une autre personne qui attend, une jeune brésilienne qui nous encourage à visiter son pays nous démontrant qu’entre l’espagnol et le portugais la différence est mince.

18 h retour à Valparaiso pour une journée bien remplie. Le bus urbain nous ramène place Annibal Pinto et Jean-Paul propose de prendre un jus de fruit dans un des bistrots avant d’aller se reposer dans la chambre. Si autour de la Place Victoria il semblait y avoir foule, le reste de la ville, le samedi est vide. Nous sommes deux tables au bistrot où surprise, nous découvrons qu’il y a un panneau avec le poème du jour. En fait, dans le bistrot, il y a une statue de Neruda attablée avec Gabriela Mistral ! Neruda nous poursuivait mais au Chili il est partout et ça lui est facile de poursuivre chacun. Le « Chilien le plus universel » n’a pas raté sa triste sortie…
JP et MF

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 19:03

 

Texte ecrit en qwerty

Toutes les tables de La Scala ont de grand verre de biere mais sur la notre trone la bouteille de vin chilien. Il est la pour trois raisons : la forte presence catholique ¬ le vin s appelle missiones ¬ l intervention de la France par les vignerons bordelais, et la force commerciale des chiliens. Le marche interieur doit prendre peu de la production dont la meilleure est au sud. Un serveur de restaurant  nous a indique avec humour : au nord ils font surtout du pisco ¬de l alcool¬. En fait au nord c est plutot la biere car nous sommes le plus au nord du pays a Arica. Jean paul damaggio

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 17:14

Si en France, je suis peu porté sur la lecture des quotidiens, à l’étranger c’est l’inverse car il me semble indispensable de savoir où on met les pieds. Aussi je me souviens de l’ami Jacques Desmarais nous accueillant à Montréal en m’offrant Le Devoir. Au Venezuela j’avais découvert, après plusieurs essais, Ultimas Noticias. Pour l’Algérie je savais où irait ma préférence : Le Soir d’Algérie. ET pour le Mexique, quel bonheur avec Por esto ! et La Jornada.

 

Mais à Santiago ?

 

Voilà que j’apprends la mort du quotidien La Nación, mort en sa version papier depuis 2010 et que, comme promis, le président vient de faire fermer définitivement. Ce quotidien est né comme journal du pouvoir de la volonté du dictateur Ibáñez, en 1927, son ancien propriétaire le libéral de droite, Eliodoro Yánez, n’ayant jamais été indemnisé. Bref, un journal pour que chaque gouvernement fasse sa propre propagande !

En 1973 Pinochet le rebaptise La Patria et c’est en l’an 2000 que le quotidien reprend son titre ancien.

 

La promesse accomplie du président de droite montre qu’à présent les quotidiens chiliens ne servent plus pour la bataille des idées, mais seulement pour capter la manne publicitaire.

Tout comme Sarkozy supprima une part de la pub sur la télé publique pour le bonheur de ses amis de TF1, à Santiago le président n’a pas seulement supprimé la pub de La Nación, mais le journal lui-même, à la grande joie des deux autres concurrents EL Mercurio / La Tercera, quotidiens dont les propriétaires sont Agustín Edwards et Álvaro Saieh.

 

Cette absence d’un quotidien authentique, qui a été une des raisons de la chute d’Allende, est donc encore plus pesante. Il existe toujours l’hebdomadaire du parti communiste El Siglo mais je n’ai pas été convaincu par sa lecture sur internet malgré sa grande qualité technique. Parmi les nombreux blogs, certains sont plus riches que d’autres, mais le blog c’est la dispersion, alors qu’un quotidien reste au contraire un repère.

 

Bon, nous verrons. JPD

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 17:50

Nous sommes en pleine élections municipales chiliennes et il est temps que je me mette à comprendre. Je sais qu’il existe deux blocs, la droite et la gauche (avec les communistes qui sont entrés dans ce bloc). Mais il existe aussi depuis 2009 le Parti progressiste. Ce parti autour de Marco Enríquez ne devait tenir que le temps d’une élection présidentielle car issu de la gauche du parti socialiste, ses positions étaient fragiles. En effet, au nom de la rénovation de la politique, en 2009, Marco Enríquez, le candidat de ce parti, n’a donné aucune consigne de vote au second tour, entre la droite, et la démocratie chrétienne qui représentait la gauche. Parti jeune, reprenant des thèmes écolos, ceux de la démocratie participative, les municipales sont un casse-tête pour ce parti car comment prôner la démocratie à la base et ne pas y être présent ? Pour coupler influence nationale réelle et présence locale minime, le Parti progressiste a décidé d’accompagner son projet municipal d’une grande campagne pour demander une nouvelle constitution, son thème de la prochaine présidentielle.

Le parti a réussi à présenter des candidats et y compris ici même à Iquique : Cristian Jamett Pizarro mais sans doute pour un tout petit résultat. La maire "indépendante", mais soutenue par la droite, Myrta Dubos se représente. Le PS accepte de ne pas conduire un candidat commun de la Concertation devenue l’Opposition. C’est un membre du PPP (Parti pour la démocratie) qui jouera ce rôle : Prieto Henríquez mais à l’influence minime semble-t-il.

L’originalité tourne autour du cas de Jorge Soria Quiroga qui, si j’ai bien compris, est une sorte de cacique local, régionaliste (El "Choro"). Ne pouvant se présenter en 2008, il laissa sa place à son fils mais il a été détrôné par Myrta. Il espère prendre sa revanche.

 

Comme partout les municipales suscitent peu de passion dans les médias même si dans les communes la bataille est plus vive. D’autant qu’il y a un nouveau système avec inscription obligatoire sur les listes électorales donc on espère une plus forte participation, mais qui restera sans doute de l’ordre de 50%. Les sondages donnent le nombre de ceux qui pensent voter nul, et c’est le troisième parti !

Comme partout, les observateurs considèrent qu’à cette élection, on vote plus pour une personne que pour un parti. Mes informations ne vont pas très loin. Je vais essayer de faire mieux. On relève seulement que le nord garde une personnalité à part.

Jean-Paul Damaggio

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 17:46

La présentation faite par Wikipédia ne vaut pas mieux que celle du grand Larousse. En effet, on a l’impression que les parlementaires qui conduisirent la guerre civile de huit mois en 1891, le firent pour la démocratie et contre le dictateur Balmaceda. Or l’histoire est inverse ! Les parlementaires représentaient les caciques qui ne souhaitaient plus que le président fasse une politique laïque. Ils n’eurent même pas la patience d’attendre qu’il finisse son mandat pour l’écraser. Il s’agissait d’un libéral plus soucieux du peuple que l’adversaire conservateur. Mariage civil obligatoire, cimetière ouvert à tous, éducation des enfants… ce n’était pas la révolution mais trop pour l’Ordre. C’est la Marine qui a conduit l’offensive contre le président élu. Ce n'est pas son "clan" qui a perdu mais le peuple. J P Damaggio

 

 

Sur Wikipédia

« José Manuel Balmaceda Fernández (Hacienda Bucalemu ; 19 juillet 1840 - † Santiago, 19 septembre 1891) fut président du Chili entre 1886 et 1891. Il se suicida à l'issue de la Guerre civile chilienne de 1891 que son clan perdit face à la Junte parlementaire d'Iquique.

 

Biographie

Fils du sénateur Manuel José de Balmaceda et d'Encarnación Fernàndez, José Manuel Balmaceda Fernández fait ses études au Collège Sagrados Corazones de los padres franceses à Santiago du Chili et au Seminario Conciliar, lieu où se développe une vocation au mysticisme, qu'il va abandonner peu de temps après mais sans devenir anti- religieux.

En 1865, il est désigné secrétaire de Manuel Montt Torres au Congrès Américain de Lima. L'ex-président marque fortement Balmaceda spécialement par sa force morale, sa capacité organisatrice et l'énergie créatrice. Il est le co-fondateur du journal La Libertad et orateur du Club de la réforme. Entre 1870 et 1882, il est élu en quatre occasions consécutives député pour Carelmapu.

En 1878, le président Anbal Pinto le nomme ministre plénipotentiaire auprès du gouvernement argentin, Il réussit à ce que les autorités transandines se mettent à respecter la neutralité durant la Guerre du Pacifique. Cette gestion lui permet d'avoir le soutien de Domingo Santa Maria, qui le désigne Chancelier lors de son premier cabinet en 1881. Il devient ensuite ministre de l'Intérieur.

Santa Maria le choisit comme successeur, il est désigné dans une convention libéral-nationale comme candidat à la présidence de la république. Son possible rival José Francisco Vergara, retire sa candidature et Balmaceda est élu président de la république par 324 électeurs sur 330.

 

Programme politique

Les principaux thèmes de Balmaceda à sa prise du pouvoir sont :

Développement économique du pays par le biais de travaux publics, incluant les chemins de fer, écoles, chemins, hôpitaux, prisons...

Terminer avec le monopole du Salpêtre, en devenant une richesse stable (selon son plan en dotant le pays d'équipements et en éduquant la population)

Harmonie entre l'Eglise et le gouvernement, en terminer avec les luttes théologiques.

Enfin unir le libéralisme en une seule grande famille (jusque là divisée en dissidents et radicaux) »

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 17:43

lettre-marty-a-jean-1938.jpg

Source 46 J 14 archives du Lot et Garonne

  Voici une lettre parmi beaucoup d’autres que Marty a envoyée à Renaud Jean. JPD

 

 

Chambre des députés  le 15 septembre 1938

Camarade RENAUD JEAN

Mon cher Camarade,

Bien reçu hier ta lettre du 12. Comme tu ne m'enguelle pas je te réponds quand même

C'est volontairement que je n'ai pas dit à ta mère qui j'étais,  effet, dans ce cas elle aurait absolument voulu me garder et j'étais très pressé dans ma route pour Barcelone.

D'autre part, l'endroit où tu te trouvais me paraissait très loin et je n'étais pas sûr de te rencontrer. C'est pour cela que j'ai continué sur la frontière espagnole. Je suis venu dans une voiture que le Parti avait mise à ma disposition. Tu me dis toi-même que tu étais à Bordeaux, donc je ne t'aurais pas rencontré. Or, il était absolument urgent que je sois le plus vite possible à Barcelone. Je revenais de l'endroit d'où j'ai porté une pierre à ta femme (1). Cela t'explique la raison de mon impatience à poursuivre rapidement ma route.

Jacques DUCLOS m'avait dit qu'il t'envoyait une dépêche à Samazan, t'annonçant son arrivée (pour ne pas mettre mon nom). A la réflexion, quand j'ai été chez toi, il eut été plus facile de téléphoner de Paris à la Mairie.

La gravité de la situation internationale fait d’ailleurs que je te verrais peut-être un de ces jours.

Je tenais à te voir pour t'expliquer la situation afin qu'une aide puissante et rapide du côté ravitaillement vienne le plus vite possible. La question du blé français est une des plus essentielles.

Je ne doute pas que tu ne la suivras de près et rappelleras au Secrétariat les interventions nécessaires et très urgentes.

Tu me parles de ton activité. Ma foi je crois qu'elle est comme toujours très importante et extrêmement utile. A première vue la tache parait petite, mais dans l’ensemble c’est de ce travail permanent, incessant, organisé que résulte l'influence de notre PARTI et la vie du Front populaire. La preuve en est dans les résultats dont tu me parles en ce qui concerne ton action pour l’Espagne.

 

J’étais avant-hier au front où arrive du côté ennemi en grande quantité un énorme matériel de guerre de toutes sortes qui fait présager une nouvelle attaque. C’est là qu’on est saisi de rage en pensant à cette politique canaille dénommée « non-intervention ». Le moral est cependant magnifique et n’a jamais été si haut.

Nous suivons ici pas à pas, les nouvelles terribles sur la Tchécoslovaquie et sur l’attitude de Paris et de Londres. Inutile de te dire combien, elles sont commentées ici. A te voir bientôt, je l’espère, à ta femme et à toi de tout cœur.

André.

Toujours même adresse

Note JPD : (1) Sans doute langage codé

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 13:15

La découverte du nouveau monde s’étant faite pour les Espagnols au prix des plus folles aventures, au prix des exploits les plus inouïs, il fallait que la récompense soit à la hauteur et ce fut l’Eldorado, le pays des Amazones, l’Atlantide et même la vallée du paradis, car le Chili du bout du monde valait bien ce sommet de la satisfaction humaine.

 

Valparaiso, après tout les déserts traversés par les hommes venus du nord, après toutes les guerres conduites contre des autochtones belliqueux, est donc devenu le symbole du rêve enfin atteint.

Ce nouveau monde rêvé a continué d’accompagner des Européens, ceux qui y partaient comme ceux qui restaient, et au sein de la gauche le rêve ne fut pas moins fort qu’au sein de la droite. Par une idiote répartition des rôles, à la gauche l’Amérique dite latine et à la droite l’Amérique de Tocqueville. L’illusion des uns a toujours été aussi ridicule que celle des autres pour un vieux monde fait d'autres os, et seul un accident de la vie m’a empêché de tomber dans l’une ou l’autre (j’ai cependant eu quelques illusions "compensatrices").

 

Bref, pour le Chili nous allons découvrir une preuve de cette illusion à partir d’un propos de Marcel Niedergang, grand reporter, et témoin privilégié des Amériques qui a publié en 1962 un livre chez Plon : Les 20 Amériques latines. Il termine ainsi le texte sur le Chili :

« Dans toutes les organisations internationales et spécialement au sein de l’organisation des Etats américains, la voix du Chili est écoutée, appréciée, recherchée et parfois déterminante. Le Chili n’est pourtant pas un colosse. Ce n’est pas un pays de masse comme le Brésil, l’Argentine ou même le Mexique. Son économie est fragile. L’équilibre de ses finances est instable. Son audience sans rapport avec sa puissance réelle s’explique donc d’abord par cette tradition démocratique brillante, solide et envié par les nations sud-américaines qui ne sont pas encore sorties de l’âge des pronunciamientos

 

Dix ans plus tard quand des pays voisins sortaient de l’âge des pronunciamientos, le Chili à la solide démocratie tombait dans l’ère Pinochet et l’opération Condor ! En une nuit, toute la démonstration de Niedergang est tombée à l’eau (sa conclusion était le résumé de l’essentiel de son texte) or, à bien regarder l’histoire du pays et celle des Amériques, ce ne fut qu’une demie surprise.

 

Pour aujourd’hui, je m’en tiens à ce contraste entre un rêve et une réalité. Mais peut-être fallait-il au Niedergang de 1962 ce rêve pour calmer les douleurs causées par tant de dures réalités, un peu partout sur le continent ? Oui le Chili d’alors paraissait une vallée du paradis mais du paraître à l’être….

Jean-Paul Damaggio

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