La Brochure : 64 pages, 5 euros
Pour avoir un avant-goût de la présentation de ces deux personnages le 15 mai à Castelsarrasin, voici deux faits extraits de la brochure qui reprend un certain nombre de documets les concernant :
Candidat au poste de sénateur à plusieurs reprises, Camille Delthil (1835-1902) indique son programme très à gauche en 1897 :
« Il faut donc réviser la Constitution dans un sens nettement démocratique et arriver soit à la suppression du Sénat, soit à sa nomination par le suffrage universel direct.
La deuxième réforme réclamée par la Démocratie française c’est l’impôt sur le Revenu.
L’impôt actuel est injustement réparti et, par certains côtés, il est même d’une iniquité révoltante. Nous devons sans tarder davantage, en corriger les défauts en en appliquant l'IMPOT PROGRESSIF SUR LE REVENU.
Ce mot de progressif, nous le savons, sonne mal aux oreilles de quelques privilégiés de la fortune, et cependant, ne l’avons-nous pas la progression ?... Si nous l'avons, mais à rebours ! Elle est en faveur des gros contre les petits, et ne serait-ce pas un acte de justice sociale de l'établir à l'inverse de ce qu'elle est : car, selon le mot du marquis de Mirabeau : « les grandes fortunes sont dans un Etat ce que les brochets sont dans un étang. »
Dans une Société bien organisée, celui qui possède beaucoup doit payer beaucoup et celui qui a peu payer peu.
Voilà les deux principales réformes de notre programme, que nous complétons par le scrutin de liste, la loi sur les associations, la réforme administrative et le crédit agricole. »
Demander la suppression du sénat pour un candidat aux sénatoriales c’est une audace qui depuis n’a pas été atteinte. Remercions de Gaulle pour avoir osé faire la moitié du chemin en mettant le sénat à la remorque de l’assemblée nationale !
De son côté, Pierre Flamens (1825-1893) propose cet amendement au Conseil général du 82 en 1883 :
M. Flamens dépose l'amendement suivant :
« Le soussigné,
«Vu la nécessité de munir les 24 bibliothèques cantonales pédagogiques des livres indispensables aux instituteurs ;
« Vu le défaut de justification et même d'allégation d'insuffisance de revenus fait pour la maîtrise de la cathédrale et pour l'évêché,
« Demande la suppression de la somme de 5,000 francs portée au budget des cultes, sous-chapitre VIII, article 2 :
Art. 2. — Secours pour concourir aux frais du culte. :.. 4,000 F
Art. 3. — Secours à la maîtrise de la cathédrale 1,000 F
Total 5,000 F
et d'affecter cette somme aux besoins de bibliothèques pédagogiques cantonales, en l'inscrivant à ce titre au budget de 1883.
« Signé : P. FLAMENS. »
L'amendement de M. Flamens est mis aux voix et n'est pas adopté. »
Nous étions trente ans avant la loi de séparation des églises et de l’Etat que Flamens demandait déjà avec énergie.
Une question surgit : comment et pourquoi deux hommes faisant partie de la classe sociale la plus riche de Moissac et Castelsarrasin pouvaient-ils se placer aussi clairement du côté de la classe pauvre ?
Une question fondamentale pour comprendre la Troisième République et qui sera abordée plus tard. JPD
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