Quantcast

nos livres édités

Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 14:11

                                              couv-flamens-blog.jpg

 La Brochure : 64 pages, 5 euros

Pour avoir un avant-goût de la présentation de ces deux personnages le 15 mai à Castelsarrasin, voici deux faits extraits de la brochure qui reprend un certain nombre de documets les concernant :

 Candidat au poste de sénateur à plusieurs reprises, Camille Delthil (1835-1902) indique son programme très à gauche en 1897 :

« Il faut donc réviser la Constitution dans un sens nettement démocratique et arriver soit à la suppression du Sénat, soit à sa nomination par le suffrage universel direct.

La deuxième réforme réclamée par la Démocratie française c’est l’impôt sur le Revenu.

L’impôt actuel est injustement réparti et, par certains côtés, il est même d’une iniquité révoltante. Nous devons sans tarder davantage, en corriger les défauts en en appliquant l'IMPOT PROGRESSIF SUR LE REVENU.

Ce mot de progressif, nous le savons, sonne mal aux oreilles de quelques privilégiés de la fortune, et cependant, ne l’avons-nous pas la progression ?... Si nous l'avons, mais à rebours ! Elle est en faveur des gros contre les petits, et ne serait-ce pas un acte de justice sociale de l'établir à l'inverse de ce qu'elle est : car, selon le mot du marquis de Mirabeau : « les grandes fortunes sont dans un Etat ce que les brochets sont dans un étang. »

Dans une Société bien organisée, celui qui possède beaucoup doit payer beaucoup et celui qui a peu payer peu.

Voilà les deux principales réformes de notre programme, que nous complétons par le scrutin de liste, la loi sur les associations, la réforme administrative et le crédit agricole. »

Demander la suppression du sénat pour un candidat aux sénatoriales c’est une audace qui depuis n’a pas été atteinte. Remercions de Gaulle pour avoir osé faire la moitié du chemin en mettant le sénat à la remorque de l’assemblée nationale !

 

De son côté, Pierre Flamens (1825-1893) propose cet amendement au Conseil général du 82 en 1883 :

M. Flamens dépose l'amendement suivant :

« Le soussigné,

«Vu la nécessité de munir les 24 bibliothèques cantonales pédagogiques des livres indispensables aux instituteurs ;

« Vu le défaut de justification et même d'allégation d'insuffisance de revenus fait pour la maîtrise de la cathédrale et pour l'évêché,

« Demande la suppression de la somme de 5,000 francs portée au budget des cultes, sous-chapitre VIII, article 2 :

Art. 2. — Secours pour concourir aux frais du culte. :.. 4,000 F

Art. 3. — Secours à la maîtrise de la cathédrale          1,000 F

Total                                                                     5,000 F

et d'affecter cette somme aux besoins de bibliothèques pédagogiques cantonales, en l'inscrivant à ce titre au budget de 1883.

« Signé : P. FLAMENS. »

L'amendement de M. Flamens est mis aux voix et n'est pas adopté. »

 

Nous étions trente ans avant la loi de séparation des églises et de l’Etat que Flamens demandait déjà avec énergie.

 Une question surgit : comment et pourquoi deux hommes faisant partie de la classe sociale la plus riche de Moissac et Castelsarrasin pouvaient-ils se placer aussi clairement du côté de la classe pauvre ?

Une question fondamentale pour comprendre la Troisième République et qui sera abordée plus tard. JPD

 

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : environs de Toulouse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 13:11

                                                P1090229.JPG  

Voici un autre élément sur le débat à la Librairie Deloche :

l’engagement citoyen.

 

Comment ne pas admirer cet outil internet qui d’un clic vous permet d’entrer en communication orale et visuelle, et pour de peu de frais, avec n’importe qui sur la planète ? Et comment ne pas noter que le « vivre ensemble » entre voisins « matériels » est de plus en plus difficile ? Abolir les distances n’est pas à ce jour le signe d’une avancée de la fraternité. Et poser cette question vous classe aussitôt dans l’univers des esprits retardataires incapables de saisir les chances du monde moderne ! Question dont pourtant l’école témoigne fortement d’où les réflexions suivantes.

 Pour tout enseignement c’est une vieille histoire que celle de l’entrée des nouvelles technologies à l’école. Il était donc inévitable que le débat porte aussi sur ce point quand internet devient le mot magique.

 Quand j’ai vu arriver les ordinateurs à l’école, j'ai saisi cette mutation grâce à un parent d’élève, cadre à la poste, qui a suscité dans l’école où j’étais directeur une rencontre entre parents-enseignants-et informatique (1984). L’institution sur ce point a été en dessous de tout sauf à dénigrer ceux qui ne pouvaient avancer seuls, et à profiter de ceux qui se formaient à l’extérieur. Sur un point opposé, il y a eu des stages de trois mois offerts à des personnes qui aussitôt après allaient souvent offrir leurs services au privé où ils pouvaient gagner beaucoup plus, d’autant que dans l’éducation nationale la formation acquise était de peu d’efficacité.

 Depuis on ne cesse d’observer que l’imposition technologique est de l’ordre du fait accompli mais pas de l’ordre de la réflexion. Ceux qui veulent réfléchir sont des mauvais joueurs ! L’idée finale c’est bien sûr de remplacer l’enseignant par des programmes d’ordinateur ! L’économie serait énorme !

 Or dans l’apprentissage le lien humain restera toujours colossal ! Et sur deux points. Les enfants entre eux apprennent énormément en cour de récréation. Les enfants entre eux apprennent énormément grâce au maître qui guide. Je prétends par exemple que quand le maître répète à l’enfant qui ne suit pas, celui qui en profite le plus, c’est celui qui suit car ainsi il consolide son savoir, il prend plaisir à revivre le chemin par lequel il a trimé.

Voilà pourquoi j’émets des doutes immenses sur l’enseignement individualisé. Bien sûr, quand un problème est cerné, quand il faut faire face à un impératif, des enseignants formés pour, sont précieux. Mais la classe reste le lieu de la validation du mouvement vers le savoir.

Face au travail de fourmi qui se fait à l’école, les médias viennent brusquer la construction de la fourmilière car ils stipulent que d’un clip tu accèdes à une fable de La Fontaine. Et mémoriser une telle fable, c’est quoi ? Je parle de la fable comme d’autre chose, je parle de mémoriser car apprendre, sauf à se moquer du monde, c’est mémoriser ! L’immédiat qu’imposent les médias balaye d’un mot cet effort vital pour tout humain. La plupart des adultes d’aujourd’hui utilisent la puissance d’internet avec les connaissances apprises hier, mais les enfants d’aujourd’hui risquent fort d’être de plus en plus prisonniers d’un labyrinthe.

 Face à l’effort de structuration de la pensée, de construction du raisonnement, l’écran n’offre qu’un pâle reflet. Faites l’expérience : tapez votre nom sur internet et généralement, à votre insu il en sort quelque chose, quelques fragments qui ne correspondent pas à ce que vous êtes, mais nous savons que c’est un geste que fait tout employeur avant l’embauche… Je lis un journal sur internet et c’est pratique car c’est rapide, on peut y faire des recherches dans les archives… on peut prendre un journal de n’importe quel pays etc. Mais l’écran ne dira jamais combien de pages, comment est structuré la présentation etc. Il est cent fois préférable d’avoir eu entre les mains une version papier pour échapper à la dictature du fragment. Pour l’école, le rêve des économistes c’est bien sûr d’avoir le manuel scolaire sur l’écran : pour le bien des arbres ! Je suis 100% d’accord avec l’idée d’encyclopédies sur internet mais pour les manuels scolaires la version papier est un complément à la version écran (d’autant qu’avec le numérique les frais d’impression sont fortement divisés). Et encore, pas n’importe quelle version écran !

 Dans la librairie j’ai croisé une très ancienne passionnée de l’enseignement de la lecture pour qui, il devait être lié à l’apprentissage de l’écriture. Peut-on en finir avec l’écriture manuelle au nom de la force de frappe de l’écriture sur clavier ?

 Toute l’évolution sociale, technique, psychologique imposerait des débats de fond sur l’appropriation des enjeux scolaires par la société. Mais les médias ne peuvent être friands de cette recherche car ils imposent la surface des réalités comme seul horizon de nos regards. Une fois de plus, j’en entends qui vont réagir ainsi : « en voilà un qui ne mesure pas la chance que représente internet » car justement l’ordre consensuel renvoie l’esprit critique dans les marges des marges. Vous refusez le nucléaire, alors cous voulez la bougie et la messe est dite. Et cette dictature me semble même néfaste aux défenseurs du nucléaire !

 Je termine par une expérience qui m’a marqué à jamais. Avec des collègues nous sommes arrivés un lundi matin dans l’école de Faudoas dirigée alors par M. Fieldès. Tous les enseignants étaient partis en stage. A la récréation nous avons vu les enfants se diriger vers des gros tonneaux agricoles en tôle où ils montaient debout et qu’ils faisaient avancer et reculer comme nous pouvons le voir au cirque. Danger maximum s’ils tombaient sur un petit qui passait par là. Danger maximum pour tout le monde. Pas du tout, au fil des ans les enfants maitrisaient l’ensemble de l’activité avec plaisir, nous les avons laissé jouer comme d'habitude. Aucun inspecteur n’aurait pu admettre cette « compétence » enfantine auto-apprise par les gamins et qui démontre qu'en nous sous-estimons ce que les circonstances peuvent créer d’intelligence collective, chez les enseignants comme chez les enfants. D’où la question qui n’a pas le mérite d’être une proposition : comment nous libérer des chaînes qui nous lient. ? JP D.

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : environs de Toulouse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 13:05

            P1090228.JPG

Librairie Deloche

Suite au débat sur les livres de Jean-Pierre Frutos (au milieu) et de François Schachli à gauche

Pas à pas le terme de «gouvernance» s’est imposé dans la bouche des hommes politiques au pouvoir (presque comme une évidence). Je ne vais pas ici entrer dans le détail pour dire seulement ceci : il vient du management, il vient d’une pente glissante où la politique étant ramenée à la gestion, la gestion est réduite au modèle de l’entreprise. Loin de moi l’idée que le système de l’entreprise serait le mal, et que le bien serait du côté du service public. Au contraire, je pense que les améliorations dans la gestion d’une entreprise devraient bénéficier à tous mais sans s’imposer comme critère de LA POLITIQUE. Voici un élément du livre de François Schalchli sur la gouvernance qu’il évoque au moment où il est question du conflit nécessaire à la démocratie, conflit que la gouvernance doit évacuer :

 « Ces analyses concordent entre elles pour faire du conflit le point central et permanent de la démocratie. Elles peuvent diverger ensuite sur le niveau et genre de risque à prendre en matière de rupture, de menace d’éclatement d'une communauté politique en conséquence ou suite à un conflit ; sur le fait d'instituer des limites de l'extérieur ou de parier sur une auto-organisation collective. C'est là matières à débats, mais aucune ne prend la stabilité comme horizon.

    d) le contre-modèle de la gouvernance : quand conflit et pouvoir se dissolvent

Tout cela ne se met bien évidemment pas en place sans problème, car la stratégie de  tout pouvoir face à cette possibilité du conflit, sous les deux formes que nous avons analysées, s'affirme dans une logique constante d'extension et de monopolisation de ses prérogatives : il cherche à cette fin  en  général  à réduire, minimiser, voire masquer les conflits.

Dans l'actualité, nous sommes amenés, à côté de la montée de formes autoritaires, à voir se développer des pratiques de gouvernance suffisamment « intégratrices » des différents acteurs-partenaires pour empêcher les authentiques clivages et conflits.

Le concept de gouvernance remplace celui de pouvoir gouvernant ou de gouvernement : toutes les parties prenantes sont rassemblées dans une supposée égalité pour concourir à la conduite d'une action dans une orientation donnée. Toutes concourent et tout concourt « finalement » vers celle-ci, après concertation et dans une harmonieuse complémentarité ! Il y a au mieux à « s'ajuster » !

En conséquence, avec la gouvernance, on ne sait plus identifier le pouvoir : il n'est plus localisable, visible. »

 L’école de la bonne gouvernance c’est donc l’école où il faut masquer les conflits… au moment où les conflits s’imposent avec plus de force !

Le conflit, parents-enseignants ? Il est là d’évidence par le simple fait que le parent regarde son enfant (c’est normal) quand l’enseignant travaille avec le collectif groupe classe (qui change d’ailleurs chaque enfant !). La reconnaissance de ce conflit est la seule base permettant un travail fructueux entre parents et enseignants, car conflit ne signifie pas que toute collaboration est impossible. Chacun étant à sa place et la respectant, chacun peut s’épauler ! L’idée de la co-éducation de la FCPE entre dans l’idée de la bonne gouvernance. Travaillons ensemble et ceux qui ne veulent pas travailler ensemble sont les archaïques. Quand Sarkozy supprime toute formation pour les enseignants il confirme que ce n’est pas un métier et qu’en fait tout le monde est plus ou moins instituteur ce qui est un massacre non d’une compétence « enseignant » ou d’une technique pédagogique, mais d’un « savoir » car tout métier est source de savoir.

Le conflit enseignants-enfants ? Il est là d’évidence par le simple fait que l’enfant (même à 6 ans) a déjà une explication sur tout, explication qu’il va devoir remettre en cause pour accéder à la connaissance… et à ce cri joyeux du Euréka quand enfin après épreuves, il recolle les morceaux d’un savoir qu’il n’imaginait pas. Suis-je en train d’écrire que rien ne vient sans sueurs au front ? Conflit entre principe de réalité et principe de plaisir ? Bien sûr qu’on peut apprendre en s’amusant à condition d’admettre que s’amuser s’apprend aussi ! Si c’est dur d’apprendre, tout n’est pas dur tout le temps ! Y compris au sein même d’une journée. Comme l’indiquait très bien pour autre chose François Schalchli, aujourd’hui chacun vise le plaisir immédiat et refuse l’idée : « souffre pendant dix ans et après tu pourras profiter ! »

Le conflit enseignants-inspecteurs car dans l’institution éducation nationale, comme le releva quelqu’un, qui est légitime pour exercer le pouvoir ? Que dire d’enseignants qui en 2008 doivent expliquer aux parents que la suppression du mercredi matin c’est bon pour leurs enfants et qui cinq ans après doivent expliquer le contraire ? Dans le secteur privé la légitimité est plus simple à mesurer dans les comptes d’exploitation. Dans le monde du politique, gérer l’éducation en bilan comptable annuel c’est tuer le fondement du métier : bien des effets sont à long terme et doivent donc s’étudier avec des outils appropriés. Jean-Pierre Frutos insista sur le long terme. Ce conflit est plus admis que les autres car on sait qu’il y a d’un côté une « bonne parole » celle de la hiérarchie, et une autre disqualifiée, celle des enseignants. Je peux témoigner pour le peu de temps où j’ai été délégué du personnel, du mépris que la hiérarchie éprouve envers ceux qui sont sous ses ordres, mépris d’autant plus grand que finalement d’ordres ils ne peuvent qu’en donner très peu !

Et le conflit école-société qui est dans le titre et le livre de Jean-Pierre Frutos ? Comment ne pas admettre que la société impose ses règles à l’école ce qui fait que quand la gouvernance devient le masque du gouvernement, il devient aussi le masque de l’école ? J’ai évoqué le modèle inavoué des USA (dans d’autres domaines il est plus avoué) où j’ai travaillé deux ans, et on m’a dit après le débat que j’exagérais. La réponse mériterait un livre mais trois évolutions sont incontestables :

- le quantitatif prenant tout le pouvoir sur le qualitatif. Exemple : un prof d’université doit produire chaque année une quantité définie d’articles, de livres, la quantité servant de critère de l’importance de son travail.

- la violence sociale marquant des points comme jamais chez les enfants (par chance nos sociétés n’admettent pas encore que le port d’arme est gage de liberté)

- les mépris général envers le corps enseignant qui aux USA a toujours été moins considéré que l’ouvrier ce qui est bien pour ce dernier mais ne règle pas le problème. Bien sûr, il y a des filières d’excellences…

 Bref, un ministre avant de se lancer dans « l’inévitable réforme » preuve de son agitation, pourrait non pas lancer un grand débat-déballage mais affronter les conflits pour ce qu’ils sont, sans discourir sur le fait qu’il a la charge des enfants… Le pauvre ! JP Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : Résistance 2007
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 avril 2013 5 12 /04 /Avr /2013 17:50

couv-jaures-blog.jpg

190 pages, 15 euros ISBN : 978-2-917154-88-5

Ce livre est un quasi point final au travail des éditions La Brochure. En 190 pages les textes de Jaurès rassemblent ce que nous avons cherché à faire vivre : la lutte pour la révolution sociale et démocratique.

En choisissant l’année 1906 nous avons choisi un moment historique où la contre-révolution cléricale s’affronte à l’offensive de la révolution sociale. Rappelons les grands événements de l’année qui prouvent contrairement à quelques lieux communs que l’histoire ne s’accélère pas aujourd’hui :

7 janvier : Elections sénatoriales.

Janvier : Campagne pour les retraites ouvrières.

1er février : Affrontement crucial au sujet des Inventaires à Sainte-Clothilde Paris car il donne le départ de la révolte cléricale.

18 février : A. Fallières prend ses fonctions de nouveau Président de la République.

11 février : Encyclique du pape Pie X : Vehementer nos

24 février : Loi sur les retraites ouvrières votée à l’Assemblée mais le Sénat la refusera.

10 mars : Catastrophe de Courrières (plus de 1000 morts).

14 mars : Pour remplacer le Ministère Rouvier, Ministère Sarrien avec Clemenceau à l’Intérieur et Briand à l’Instruction publique et aux Cultes.

8 avril : Fin de la Conférence d’Algésiras sur le Maroc.

1er mai : Echec de la Grève générale : répression féroce de Clemenceau.

6 mai : Premier tour des élections législatives.

20 mai : Deuxième tour, Jaurès est élu de justesse avec 51,1%.

30 mai : Première assemblée des évêques de France.

9 juillet : Décès de la mère de Jaurès qui ne peut être présent à l’enterrement.

12 juillet : Dreyfus est réhabilité et réintégré dans l’armée.

13 juillet : Loi sur le repos hebdomadaire débutant le 31 août.

10 août : Encyclique du pape Pie X : Gravissimo officii

25 octobre : Début des négociations pour le Ministère Clemenceau.

1 4 novembre : Congrès d’Amiens de la CGT avec la rédaction de la fameuse Charte.

2 janvier 1907 : Nouvelle loi sur l’exercice public des cultes.

6 janvier : Encyclique du pape Pie X : Une fois encore.

 

La Charte d’Amiens, les premières législatives du Parti socialiste nouveau car unifié, les débuts des lois sur les retraites et sur la limitation du temps de travail et en même temps, contre la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’offensive papale.

L’année où le parti radical-socialiste cumule tous les pouvoirs et s’en sert pour massacrer les ouvriers en lutte. Sur le plan international, les suites de la Révolution russe de 1905.

Que pouvait dire Jaurès ?

Il joue la modération et la fermeté, la critique et la proposition, le témoignage et l’histoire. Et au total une clairvoyance impressionnante !

22 janvier : « Le suffrage universel n’aura qu’à souffler sur cette bande vacillante. » Et en effet les élections législatives suivantes même difficiles confortent son parti.

13 février : « Ô travailleurs, si vous aviez seulement le sentiment de votre force, si vous saviez vous unir et appliquer résolument vos volontés concordantes, à un plan de réformes conduisant à la propriété collective, la race humaine s’élèverait d’un mouvement rapide et certain dans la lumière et la justice. » Toujours la réforme… pour faire la révolution !

Jaurès contre l’emprunt russe, pour le droit de vote des femmes, et pour remettre à leur place les Eglises. Jaurès sur tous les terrains avec détermination mais avec patience. Cette patience m’impressionne à toutes les pages, et ne pourrait fonctionner aujourd’hui où l’Internet permet (et impose parfois) une réaction immédiate parfois superficielle.

Cette patience était possible car le cap était clair : réformes sociales, réformes sociales et encore réformes sociales.

Jean-Paul Damaggio

P.S. Notre catégorie Jaurès de ce blog est enfin honorée d'un livre.

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : Le Sarmiento
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 avril 2013 4 11 /04 /Avr /2013 16:48

couv-marx-blog.jpg

 158 pages, format A5, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-87-8

En rééditant le court texte de Marx où il présente Simon Bolivar nous avons souhaité l’accompagner des diverses interprétations auxquelles l'action de cet homme a donné lieu.

De Mussolini à Franco en passant par Chavez et tant d’autres, les combats de Bolivar ont été mis à toutes les sauces. Après Washington pour le Nord, Bolivar pour le Sud ? Deux libérateurs du continent américain ? Sauf que Washington a gagné avec l’appui des Français et Bolivar avec celui des Anglais. Dans les deux cas, un appui extérieur qu’il n’est pas bon de rappeler pour la gloire des deux militaires. Et pourtant…

Bolivar a laissé une œuvre inachevée que la gauche latino-américaine doit reprendre ? Un Bolivar qui aurait eu comme adversaire inévitable les USA, pourtant très heureux de voir les Espagnols chassés de « leur » continent ?

Qu’est-ce que la liberté en 1815 ? La liberté des Bourgeois contre les féodaux ? Marx plaide pour une autre révolution, celle de la classe ouvrière qui est enfantée par la Bourgeoisie comme la Féodalité a enfanté la dite Bourgeoisie. Pour Marx, le cas Bolivar le renvoie à cette vision du futur explicité dans Luttes des classes en France :

« La révolution sociale du XIXème siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complètement toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution sociale du XIXème siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois la phrase débordait le contenu, maintenant [avec la révolution sociale], c’est le contenu qui déborde la phrase. »

 Que dirait Marx quand aujourd’hui encore la révolution sociale prétend s’appuyer sur des réminiscences historiques ? Quand la phrase "révolutionnaire" déborde si souvent le contenu ! La vision de Marx est toujours une vision historique CONTRE toutes les visions abstraites qui traitent de la liberté, de la guerre, de la dictature etc. comme des entités en soi. La révolution elle-même ne peut pas être entendue comme la répétition des révolutions passées. Pourquoi ? Parce qu’avant celle de la classe ouvrière la révolution se faisait pour des intérêts particuliers qui devaient être masqués sous le voile de l’intérêt général. Avec la révolution sociale, la classe ouvrière ouvre l’ère d’une révolution qui en faisant le bien pour le travail ouvrier fait le bien pour toute la société. La guerre contre les illusions qui pouvaient être néfastes en 1789 quand il fallait trouver tous les moyens pour en finir avec l’aristocratie, devient une guerre salutaire pour construire l’avenir. Bolivar devient sous la plume de Marx, l’archétype de l’illusion néfaste !

Si je partage ce point de vue de Marx, je conteste le suivant qui lui fait penser qu’à construire un Etat impossible, Bolivar aurait joué la comédie du pouvoir, à l’heure où l’Etat est sans avenir. Pour Marx l’heure est à l’internationalisme –une des forces de la classe ouvrière – et Bolivar aurait pu trouver grâce à ses yeux puisqu’il veut construire un vaste Etat contre les divisions nationalistes de l’Hispano-Amérique. En fait Marx est enfermé dans sa propre théorie juste économiquement, mais bancale politiquement. Oui, le capital s’est internationalisé et a pris les commandes sur toute la planète mais la révolution ne pouvait faire de même !

Contre Bolivar, les nationalismes de l’Hispano-Amérique vont fleurir et qui peut s’en étonner quand on pense à l’écart entre le paysan des Andes péruviennes et celui des llanos vénézuéliens. Aujourd’hui encore, contre toute attente, les Nations Unis enregistrent un nombre toujours plus grand d’Etats ! Si ces Etats s’appuient parfois sur des replis nationalistes, ce n’est pas toujours le cas et le démantèlement de l’URSS est source d’interrogations.

Le cas de Bolivar continue et continuera d’être source de réflexions… pour qui veut faire reculer le mythe au profit de l’histoire. Aujourd’hui, il arrive souvent qu’au nom des transformations technologiques on veuille effacer l’histoire et au nom du libéralisme, effacer la société, mais dans les deux cas, c’est peine perdue. L’histoire humaine revient par la fenêtre quand on la chasse par la porte.

J-P Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : Le Sarmiento
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 3 avril 2013 3 03 /04 /Avr /2013 18:05

                        couv-balafre-blog.jpg

66 pages, 5 euros, format A5, brochure

Les promoteurs et concepteurs de la ligne à grande vitesse n'ont que faire de la vie sur le tracé. Alors pour les éclairer à la vitesse d'une tortue...

JP Damaggio

 

 

Sommaire :

 Dunes : Le pont romain, Pont du Diable ?

Donzac : La sociabilité des cornières

Saint-Loup : L’astronome Perrotin (1845-1904)

Saint-Cirice : La cloche d’une église (1523)

Auvillar : Marcabrun, un des premiers troubadours

Saint-Michel : Une église phénoménale

Merles : Le chêne de Henri IV

Le Pin : Le Château Saint Roch

Saint-Nicolas : La voiture Cadillac n’est pas pour Vitalis

Caumont : La Blonde d’Aquitaine

Castelmayran : Une merveille du futur ?

Angeville : Un nom de rêve

Saint-Aignan : Le royaume du peuplier

Castelferrus : Tour de l’horloge extraordinaire

Garganvillar : Une merveille d’instituteur

Cordes-Tolosannes : Belleperche

Castelsarrasin : L’usine inoubliable

Saint-Porquier : La beauté du canal latéral

Escatalens : Plaine, ma plaine…

La Villedieu du Temple : A l’heure des oiseleurs

Lacourt Saint-Pierre : Un lavoir sur le canal

Montbeton : Adeline Lombrail (1858-1891)

Bressols : Pigeonnier comme patrimoine

Montauban : Une gare historique

Labastide-Saint-Pierre : Le plaisir de l’histoire

Montbartier : Grand Sud Logistique

Campsas : Etienne Salers, l’art du vin

Canals : Une héroïne de la Résistance

Fabas : Un sénateur-maire

Grisolles : Le génie de la fabrication des balais

Pompignan : Le château de la famille Pompignan

Dieupentale : L’amour pour une gare

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : environs de Toulouse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 17:33

                                                  couv-rollinat.jpg

En ce 8 mars 2013 nous avons eu une pensée active pour Judith Cladel pour l'année de son 140 anniversaire. En publiant son premier livre sous forme de brochure nous pouvons la lire enfin.

Pour ce portrait du poète Rollinat Maurice (1846-1903), la jeune Judith Cladel (1873-1958) s’appuie sur des souvenirs d’enfance.

Elle témoigne d’une époque fin de siècle quand le satanisme, les névroses occupaient des esprits qui avaient osé s’affranchir de la tutelle religieuse.

 Rollinat, en pleine gloire parisienne décida de revenir vers sa Creuse natale où il avait acquis le prénom de Maurice sur demande de George Sand. Rollinat devient alors le poète des paysans.

 Grâce à Judith Cladel le personnage lui-même se fait œuvre !

Les deux études complémentaires donnent deux visions contradictoires du personnage.

La  brochure : 50 pages, 5 euros.

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : Le Sarmiento
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 5 mars 2013 2 05 /03 /Mars /2013 21:11

 

hommage-razoua-blog.jpg

Brochure de 50 pages, 5 euros.

Voici Razoua vu par un anti-communard

Le pilori des communeux Henry Morel 1871

 RAZOUA

Tony Révillon, flânant au café de Madrid, découvrit un jour dans un coin de la petite salle réservée au « monde littéraire » ... un homme caché par l'abondante fumée produite par la pipe, qu'il fumait lentement.

Ce personnage mystérieux était de taille moyenne. On devinait à ses brusques façons qu'il avait été militaire ; son teint bruni, ses cheveux en brosse, sa longue barbe, indiquaient aux regards de l'observateur qu'il avait servi dans les régiments d'Afrique.

C'était Eugène Razoua.

Révillon causa quelques instants avec ce soldat. Les mots de révolution, socialisme, république, dont celui-ci émaillait ses discours, lui valurent l'amitié du chroniqueur de la Petite Presse.

Le journalisme est une chose contagieuse. La fréquentation continuelle des gens de lettres dont Tony-Révillon était entouré donnèrent au spahi retraité, la pensée de prendre la plume pour livrer à la publicité ses impressions et souvenirs (1).

C'est alors qu'il publia à la librairie Achille Faure un superbe volume, à couverture rouge, sous le titre de Souvenirs d'un spahi.

Ce volume, tiré à quinze cents exemplaires, quatorze cent vingt de trop, disait l'éditeur, éleva Razoua au rang des habitués du café de Madrid, son domicile régulier.

Chaque jour, de quatre à sept heures, l'auteur des Souvenirs d'un spahi venait s'asseoir dans la petite salle réservée, faisant de la politique avec Delescluze, Ranc, Révillon, etc, etc., s'interrompant de cinq minutes en cinq minutes pour absorber lentement une gorgée d'absinthe savamment préparée.

En 1867, Razoua publia dans le Pilori de Victor .Noir quelques articles violents, parmi lesquels nous citerons l'Homme aux quatre femmes.

Puis Delescluze le prit avec lui au Réveil, où il affirma ses opinions révolutionnaires.

Au mois de février enfin, l'élève surpassant le maître, Eugène Razoua fut élu membre de l'Assemblée nationale par les électeurs de Paris, qui n'accordèrent à Réveillon qu'un nombre de voix insuffisant.

Après avoir siégé, sans bruit, aux séances de Bordeaux, Razoua donna sa démission de député pour accepter, à l'instar de son ami Delescluze, le mandat de conseiller communal.

Le rôle de Razoua sous la Commune est presque un rôle de comparse.

Nommé gouverneur de l'Ecole-Militaire, il invita ses amis à déjeûner et à dîner à l'hôtel du Champ-de-Mars, où il leur fit servir les mets les plus exquis par des valets en habit noir, gants et cravate blanche.

C'est là ce qu'il fit de plus marquant, je crois.

Toutefois, les hautes fonctions que remplit l'ex-spahi ne lui firent pas rompre ses vieilles habitudes avec le café de Madrid.

Il y vint chaque jour, comme à son ordinaire ; seulement il y vint à cheval et suivi d'une ordonnance qui, pendant une, deux, quelque fois trois heures, gardait sa monture. Malheureuse ordonnance !

 

(1) Note JPD. Dès 1863 La Petite revue publie :

UN SPAHIS. — Tour à tour marin et spahis, après avoir fait le tour du monde et séjourné dix ans en Afrique, Ernest Razoua est venu planter sa tente à Paris, jeune encore. Il a publié sous ce pseudonyme, et sous son nom au Jockey, une série d articles militaires très-originale et fort remarquée. (Dans le numéro suivant la revue rectifiera : Eugène Razoua)

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 13 février 2013 3 13 /02 /Fév /2013 18:30

couv-ducoudrayjpg.jpg

Ducoudray-Holstein est un militaire atypique !

     Acteur de la Révolution française, il se retrouve à Caracas.

     Il quittera les armes pour devenir professeur !

     Et qui plus est, professeur de piano.

     Aussi son livre est atypique !

     Il est écrit en anglais, du vivant de Bolivar en 1828.

     Il a été traduit en français et complété en 1831.

     Il sera traduit en espagnol seulement en 2010 !

     Il est absent des bibliographies.

     Or il sert de base à la bio de Bolivar présentée par Marx !

     En fait ce texte descend Bolivar de son piédestal !

     Cependant ce n’est pas un pamphlet mais une étude.

     A l’heure du « bolivarisme » il mérite le détour.

     Pour réfléchir y compris au culte de la personnalité.

     En Amérique latine on dirait plutôt au caudillo !

 

Ci-dessus le dos de couverture du livre : 212 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-86-1

 Il était indispensable de rééditer ce livre avant de reprendre et commenter le texte de Marx sur Bolivar. A suivre.

Ci-dessous la présentation de l'auteur. 

 Ducoudray-Holstein effacé de l’histoire

 Henri Louis Ducoudray Holstein (Heinrich Ludwig Villaume) est né en Allemagne le 23 septembre 1772 (ou en 1763 disent d’autres sources), à Holstein, colonie allemande, disputée pendant les années 1800 entre Autriche, Prusse et Danemark. Son père Peter Villaume (1746-1825) serait un réfugié français protestant.

 Avec son livre “Mémoires de Gilbert M. Lafayette”, nous apprenons qu’il s’est fait passer pour un noble danois sous le nom de Baron Peter Feldmann, pour aider Lafayette à s’échapper de la prison d’Olmutz en Autriche.

En 1793 il rentre dans l’armée de Napoléon. En 1811, il est dans l’état-major du militaire français Etienne Jacques MacDonald. En 1813 il est fait prisonnier par les Espagnols à Cádiz mais deux mois après grâce à l’aide d’un officiel espagnol et d’amis mexicains il part pour Philadelphie où on lui refuse l’entre dans l’armée des USA..

Il embarque alors pour Cartagena, Nouvelle Grenade (Colombie actuelle), où il devient commandant du fort de Boca Chica. Il raconte cette partie de sa vie qui l’unit à celle de Bolivar jusqu’en 1816 quand il demande de quitter cette armée.

Il s’installe à Los Cayos, Haití puis à Curazao, avec son épouse originaire de Nouvelle Grenade, Maria del Carmen Gravette (1800 - 1855 Albany, NY) où il devient professeur de piano. Il a eu deux enfants.

Sa passion militaire n’était cependant pas éteinte. A la fin de 1821 il est incité à participer à la révolution à Puerto-Rico. Il refuse puis finalement accepte. Il constitue sa troupe aux USA et en route vers Puerto Rico il est obligé à cause d’une tempête de se réfugier à Curazao. Mais l’ile est neutre aussi il est arrêté et condamnée à mort mais gracié par le roi de Hollande.

En 1823 il peut s’installer avec son épouse à New-York puis à Albany, où il devient professeur de lettres modernes. En 1824 il va recevoir son ami Lafayette. Il se met à écrire des textes en français et il édite même un journal : le Zodiac. C’est à Boston qu’en 1828 est publié son livre sur Bolivar et les guerres d’indépendance puis en 1834, celui sur Lafayette.

Il est mort en 1839.

 Dans le livre Simon Bolivar, le Libertador de Gilette Saurat publié chez Grasset, il y a une importante bibliographie mais pas le livre de Ducoudray sur Bolivar et dans le livre lui-même y compris à un moment clef, quand Bolivar prend le commandement en chef à Haïti, la biographe ne mentionne pas la présence pourtant importante de Ducoudray.

 J’en ai déduit alors que le livre de Ducoudray n’existait pas en français. Par bonheur, l’ami René Merle m’a donné la version en anglais du texte de Marx sur Bolivar qui lui mentionne, avec titre en français, le livre de Ducoudray.

 Sa lecture m’a incité à rééditer au moins le premier tome.

Ce travail n’est pas un pamphlet contre Bolivar mais bien une étude colossale, avec certes quelques erreurs factuelles mais pas sur le fond.

31-01-2013 Jean-Paul Damaggio

 

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : Le Sarmiento
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 janvier 2013 7 13 /01 /Jan /2013 16:03

 

frutos blog

En choisissant « Le maître » comme titre de sa chronique, Michel Veyres a ainsi pointé ce qui fait le cœur du livre et qui peut renvoyer à de la nostalgie, celle de l’école de la république dont les mérites avaient aussi des limites. Et qui plus est, Michel Veyres termine également d'un mot très juste  "la passion" de Jean-Pierre Frutos pour son métier. JPD

 Le maître

Jean-Pierre FRUTOS, instituteur à Montauban comme l'indique le sous-titre de son ouvrage (1), préféré à celui de « professeur des écoles » est arrivé non loin du terme de sa carrière. Un choix du mot qui n'est pas sans signification quant au sens et qui a toute sa résonance à travers ce journal d'une année de classe. A travers ce dernier, nous sommes invités à tenir compagnie, à participer à la vie de l'entité classe, à celle de l'école, à partager le questionnement de l'auteur.

Voici donc un certain nombre de réflexions au-delà de la mise en bouche provocatrice, jaillie de l'arc de la pensée tendue : sur l'individualisme, la chose publique (« en pleine implosion), sur la nouvelle féodalité, l'identité, la culture, le naufrage de l'école républicaine qui nous conduit à ce « nous sommes tous responsables » (vraiment ?). Mais ce sont aussi le savoir, un projet de société commune des pays du sud autour de la Méditerranée (l'auteur est fils de réfugié espagnol de la guerre franquiste),... la dette souveraine à laquelle répond « l'emprunt et la dette ne sont- ils pas à la base du mouvement économique ? ».

Et puis, il y a des responsables comme « ces néo-seigneurs féodaux... uniquement animés par la quête éternelle du profit », les enfants de familles modestes placés dans les écoles privées, révélateurs « d'une suspicion à l'encontre de la chose publique »... « La chose publique », préoccupation lancinante de notre enseignant. Après une éruption non exhaustive de questions vient le journal de l'année : la quotidienneté des tâches, des observations, donne à penser sur les enfants turbulents, l'institution, les parents, le travail... L'objectif (« l'enfant au centre du dispositif ») donne lieu à discussion, après chahut l'annulation de l'atelier d'art dramatique pose question. Un problème récurrent, c'est le bruit : « un rien et c'est l'explosion sonore ». Mais peut-on enseigner dans le vacarme, le chahut ?

La vie de la classe, de l'école, du quartier est en lien avec ce qui se passe ailleurs : celui-ci est large et embrasse le monde (la dette grecque, l'affaire Karachi, la Libye...) sans oublier le fonctionnement administratif, les évaluations, le programme cité à titre d'exemple en ses différentes matières... Concentrer les élèves, l'unité classe sur son travail n'est pas chose facile.

Cependant il y a des satisfactions à découvrir même si la République d'aujourd'hui s'avère de plus en plus frileuse Il est un lien qui apparaît très fort : école et république. N'y a- t-il pas alors la nécessité d'une refondation comme le laisse entendre le titre : une république de progrès avec une école porteuse d'avenir ?

Jean-Pierre FRUTOS nous offre là, à travers ce témoignage, un ouvrage original : celui du vécu au long de l'année d'un instituteur soucieux de la chose publique. Avec passion Un maître et ses élèves, au bout l'école...

Michel VEYRES

(1) « Refondation : école ou société ? Journal 2011-2012 d'un instituteur à Montauban » Essai de Jean-Pierre FRUTOS — Ed. La Brochure — 2012 (276 p. — 20 euros)

Jean-Pierre Frutos

Refondation : école ou société ? Journal 2011-2012 d'un instituteur à Montauban

 

 

Par éditions la brochure - Publié dans : nos livres édités - Communauté : environs de Toulouse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés