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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:27

Dans le secteur, le principe « non à la LGV, oui aux lignes existantes » avait été présenté à partir de divers diaporamas dans trois communes. A Grisolles, Ivan Jacquemard avait proposé d’inscrire la LGV dans l’histoire de la SNCF, puis de RFF. A Lacourt Saint Pierre les amis du Lot et Garonne avait apporté leur grande connaissance du dossier. A Campsas, le diaporama était celui du Collectif puis à Pompignan, Manuel Clemente ayant travaillé à sa façon, a présenté le sien. De l’expérience il ressort pour certains observateurs que celui présenté à Campsas (réalisé par Pascal Martin) est plus vif, plus tranchant et plus direct. Il a l’avantage de se dérouler en mettant face à face les arguments de RFF et ceux que nous défendons. En même temps, Manuel, a ajouté la question du PPP, a apporté des informations peu connues : la commune de Commentry, pour que le train puisse s’arrêter, doit payer jusqu’à 450 mille euros ! Voilà une phrase saignante qui vaut bien des discours. C’est un constat que je me fais à moi-même : comment condenser l’information pour susciter l’intérêt ? Je vais essayer de mettre à l’épreuve cette idée pour la suite de ce compte-rendu sous la forme question, réponse.

1 )Quand l’asso des élus du Lot et Garonne va-t-elle avoir l’étude indépendante ?

En décembre, un temps un peu long pour être plus fiable.

N’est-ce pas trop tard ?

Non, vu que le débat sur l’utilité publique du projet c’est en 2013.

2 ) Que fait l’asso des élus des 31 communes ?

Réponse : Ils ont claqué la porte au dernier COTER.

3 ) Quel est cet éventuel financement communal pour la LGV évoqué dans une réunion d’officiels à Campsas ?

Un participant à cette réunion indiqua : si des personnes qui pourraient être expropriées veulent prendre le risque de rester près de la voie ferrée trois ans, il s’agirait de les aider financièrement.

4 ) Quels sont les collectivités qui paient Bordeaux-Tours en Midi-Pyrénées, à ce jour ?

Conseil régional, Conseil général du 31, Communauté Urbaine de Toulouse, Conseil général du Gers, Communauté d’agglomération de Montauban, communauté des communes de Pamiers. (La liste des 15 qui refusent de payer serait trop longue).

5 ) Les avantages du Partenariat Public privé ?

Les bénéfices financiers seront pour Vinci et les pertes pour les collectivités publiques.

6 ) Comment Vinci va se payer ?

En encaissant les péages dont le prix est inclus dans le prix du billet (il représenterait 30% du prix sur LGV alors qu’il est bien moindre sur les autres lignes).

7 ) Bordeaux-Tours étant sur l’axe atlantique qui va en Espagne n’est-il pas finalement utile ?

Si la LGV Bordeaux-Tours est utile pour aller en Espagne, alors il faudrait la LGV Bordeaux-Hendaye et comme elle a un tronc commune avec Bordeaux-Toulouse comment se priver de Bordeaux-Toulouse ? C’est GPSO qui a lié tous les dossiers, donc Bordeaux-Toulouse étant inutile, dans l’état, Bordeaux-Tours l’est tout autant.

8 ) Et la concurrence de l’avion ?

La LGV concurrence l’avion sur les vols intérieurs qui représentent la plus petite partie du trafic aérien voyageur. De toute façon les compagnies aériennes réagissent et baissent les prix en réduisant leurs coûts, alors que le prix du billet TGV sur LGV ne peut qu’augmenter.

9 ) Pourquoi un contrat de 50 ans pour Bordeaux-Tours ?

Au bout de 30 ans il faut entamer d’importantes rénovations d’une ligne qui s’use vite, donc après 50 ans, RFF récupère la ligne mais dans quel état ? Le contrat de concession dit qu’elle doit être comme neuve mais qui peut le croire ?

10 ) Et quelles actions vous préconisez ?

Nous ne comptons plus les débats, tracts, journaux, affiches que nous avons organisés mais nous observons l’évolution des partis politiques : Europe Ecologie qui finit par voter contre la convention Bordeaux-Tours, le Front de Gauche qui évolue jusqu’à s’abstenir, le Conseil général du Tarn-et-Garonne qui accepte d’être cohérent en ne votant pas Bordeaux-Tours par souci de la défense des futurs riverains… Nos blogs sont lus largement en Midi-Pyrénées car les lecteurs savent que nous ne faisons pas une fixation sur la seule question du tracé ainsi ils ont contribué a un numéro spécial de L’Express, sur Toulouse, en octobre 2010 qui a ouvert les yeux de pas mal de monde.

 

Sur la ligne on se fatigue à lutter, mais quand on découvre qu’en Midi-Pyrénées, 15 collectivités et non des moindres refusent de payer pour le moment, on se dit que c’est non seulement le tracé de RFF sur Pompignan qui est revenu à la case départ, mais le projet lui-même qui doit changer de voie, et se tourner vers les magnifiques lignes historiques qui ont tant à nous donner encore.

11-05-2010 Jean-Paul Damaggio

 

P.S. Nous remercions la mairie de Pompignan pour son accueil rapide et efficace, ainsi que les deux quotidiens départementaux qui ont annoncé la réunion. Nos remerciements vont à l’organisateur qui a souhaité apporter sa pierre à l’édifice et qui a prouvé qu’à une personne, on peut permettre une rencontre remuant nos méninges. En plus des membres du collectif nous avons noté la présence de deux membres de TEG 82, de TGV en Albret et de l’USV.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 20:58

Dans une lettre à Gill, de mi-juin 1872, Jules Vallès donne son opinion sur La Fête vôtive de Saint Barthomée porte-glaive, le roman de Cladel qui vient de paraître. Vallès après avoir incendié Gill, il incendie Cladel. Je traite avec précaution les lettres mais si je publie celle-ci c’est qu’ayant été, des années durant, à l’association de Amis de Vallès j’ai demandé sans succès une confrontation des deux démarches. Je comprends pourquoi à présent, ils préfèrent ignorer Cladel. JPD

 

Mon cher ami,

Je pensais avoir des nouvelles de vous par Le Peuple souverain dont vous m'aviez promis les numéros illustrés. Je n'ai pas reçu de journal : je ne vois que par hasard, de loin en loin, une caricature de vous. Est-ce que l'abonnement au Peuple souverain est bien cher ? Mais pourquoi parler « abonnement » quand je tiens simplement aux dessins que vous signez ! Envoyez-les moi — Envoyez aussi ceux de L'Éclipse. Ce n'est pas le diable et ce sera pour moi un grand plaisir de vous suivre.

J'ai sur ma table votre pièce en vers. Je trouve cela indigne ! indigne de vous, de nous ! Ce n'est pas de Gill, ce n'est point d'un homme, ce n'est de personne ! et il y aura peut-être succès. J'en serai désespéré ! désespéré ! parce que je vous aime beaucoup ; je sais ce que vous pouvez rendre et, fichtre, je tiendrais à ne pas vous voir ciseler ces crottes odorantes ! Mais, mon cher, c'est du Coppée ou du Mendès, ce n'est pas à vous de tomber dans cette pommade — c'est de la pommade : quoique vous y versiez du vermillon pour faire croire que c'est du sang. Voilà mon opinion sur L'Étoile[i], et j'ai essayé d'être modéré. Une comédie de vous, avec un rire long comme un sabre !

Je vais vous dire maintenant ce que je pense du livre de Cladel. Je ne le connais pas et ne l'aime point assez familièrement pour lui faire savoir à lui-même, en toute conscience, l'impression que son bouquin m'a produite. Mais je suis sorti de cette lecture avec une envie de rire qui dure encore. Quoi, il a passé peut-être trois semaines, peut-être trois mois, peut-être trois ans à essayer d'imiter Rabelais, Barbey d'Aurevilly, etc, etc, etc, etc, etc. ; à imiter sans le savoir Bernardin de Saint-Pierre, Madamee de Genlis, etc, etc, etc, etc., c'est le sentimentalisme solennio-pleurnichard de la fin du 18e siècle, l'invocation hypocrite et glacée du Jean Jacques, — vernis froid, mosaïque pâle — et l'ostentation de l'énergie ! et les nom de Dieu par-ci, et les coïone par-là ; et patati et patata ! C'est rapporté, plaqué, collé, cloué ; la bondieuserie d'un réalisme sans conviction, tout le vague et le pathos d'un romantisme sans verdeur, c'est l'œuvre d'un émasculé qui veut essayer de se refaire des couilles et qui prend pour cela la peau des autres, et il sacre et il jure en recousant cette foutue peau ! Il finit par se figurer qu'il a des bourses à lui entre les jambes : c'est l'argent des autres ! Qu’est-ce que cela nous ferait, un mauvais bouquin de plus ou de moins ? mais c'est le spectacle donné par l'auteur, le couseur — qui vous fait souffrir pour lui, et on pleurerait de sa peine si on ne riait de sa naïveté ! Quelle torture ! A-t-il dû s'embêter! Au lieu d'aller tranquillement manger des omelettes, et boire du petit vin, et d'écrire, un jour de belle humeur ou d'émotion dure, sans se démener ni se crisper, ni regarder Hugo, Quasimodo, L'Église, la Bataille, d'écrire une page franche. Il veut avoir du TALENT ! !

Aie donc des sensations, malheureux !

N'allez pas dire à Cladel ce que j'écris là. Ce serait une douleur pour lui, et il ne se convertirait pas ! Puis mon opinion n'est qu'à moi seul, et vous trouverez peut-être que celui qui a si mal jugé L'Etoile est aussi incapable de juger bien Bartholomée ! En tout cas, voilà comme je vois — N'en parlons plus ! Si ! Parlons-en ! Est-ce que vous n'êtes pas de mon avis ? Il y a quelques lignes, dix ou quinze qui ne sont pas de la singerie ; ou plutôt qui n'ont pas l'air de sortir du même moule creux, faux, verni, fêlé ; ce sont les lignes que cite Veuillot ! Mais c'est, à rebours, du La Bruyère parlé par un perroquet partout, même dans l'acceptable, absence criminelle et cornique de personnalité! Bartholomée-porte-glaive pue l'élève et le pédant. C'est une composition de collège, le livre d'un professeur de rhétorique de province. J'en sais de meilleurs qui n'ont été que médiocrement goûtés (pour parler la langue que Cladel parle sans s'en douter) oui, que médiocrement goûtés par les plus malins de la localité. Je suis en veine de causer comme lui, et j'y vais. Eh bien ! ce sont des gens qui croient qu'ils aiment la campagne et se figurent nous le faire croire en s'attachant avec des ficelles une motte de terre au trou du cul. Ils [la] détachent quelquefois pour la baiser comme une hostie, et ils crient — Oh ! les champs ! Mes paysans ! —Sainte Nature ! — Le père d'Aristide Froissart[ii] parlait aussi de la nature. Ils sont plus bêtes que lui !

J'ai lu quarante lignes de Richepin sur le cimetière des fusillés qui sont bien, très bien, aussi bien que quarante lignes d'un nommé Gill, éparses de-ci, de-là, comme des fleurs qui ont une odeur navrante. Quel malheur que deux misérables aient emprunté les noms de Gill et de Richepin pour donner goût de laurier à une piéciculette qui s'appelle L'Étoile !

Vous êtes dans le faux, mon cher; vous dépenserez à embaumer des riens, à enguirlander du vent, à ficeler des soupirs, du temps et du talent. Venez sur votre terrain, la vie vraie, en prose, la vie saignante pour tout de bon, avec l'ironie héroïque pour femelle et pour muse !

 



[i] Acte en vers écrit par Richepin et Gill

[ii] Roman de Léon Gozlan, paru en 1844 et régulièrement réédité tout au long du XIXè siècle

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:54

 

En Midi-Pyrénées, pour le moment 15 collectivités sur 21 refusent de payer le financement de Bordeaux-Tours. Le préfet de Région est en colère et pond communiqués sur communiqués. Il a un argument des plus frappants : si vous ne payez pas, le gouvernement pourrait faire passer d’autres projets de LGV avant celui du Sud-Ouest. Dans Le Figaro (article sur le très bon site LGV s’abstenir) qui a été le premier à relater le fait, le journaliste a précisé que jamais le préfet ne donne d’exemple de LGV qui pourrait passer avant… et pour cause !!!

Tous les dossiers pataugent. Celui le plus en pointe est Rennes-le Mans qui vient d’être attribué à Eiffage. Comment passerait-il avant ?

L’autre dossier chaud est le contournement de Montpellier et Nîmes : depuis des mois RFF attend une avancée minuscule sur ce dossier !

La LGV PACA semble se noyer dans la Méditerranée et Mariani qui est de là-bas, s’il veut s’assurer un avenir politique (et son ambition n’est pas mince) se doit de manier le dossier avec des pincettes.

Monsieur le Préfet de Région ne jouez pas au poker-menteur : avancez vos cartes et nous pourrons tous vérifier que vous n’avez rien dans votre jeu.

 

Pour se faire mieux entendre, il a appelé à l’aide celle qui défend le projet avec le plus d’ardeur : la première à avoir payé Bordeaux-Tours, la présidente du Grand Montauban. Dans le Petit Journal (7 mai),  se rend-t-elle compte du ridicule de ses propos ? Elle prétend qu’à la région Midi-Pyrénées, en volant au secours de Malvy, son groupe a sauvé le projet. Nous l’avons démontré (nous étions à la séance) le vote des élus PS seul suffisait largement au vote du financement. Nous lisons son article : « les élus d’opposition ont sauvé ce projet pour lui éviter la déroute programmée par une iconoclaste alliance entre les élus d’extrême-gauche, écologistes et radicaux de gauche ». Appeler le Front de gauche, extrême-gauche, n’est pas digne d’une députée, mais il y a bien pire : confondre le vote NON des éclos et l’abstention du Front de gauche et des Radicaux c’est tromper les lecteurs. L’abstention n’est pas le vote NON !

C’est pas tout : les présidents de conseils généraux de gauche sont montrés du doigt sans rien dire du seul président de droite de Midi-Pyrénées qui a annoncé publiquement au Conseil régional et qui a ensuite maintenu son vote NON ! Son intelligence n’est peut-être pas sans lien avec son maintien au pouvoir en Aveyron !

Enfin le bouquet pour la fin : « Comment expliquer par exemple l’attitude Jean-Michel Baylet dont le département sera certainement un des grands bénéficiaires de l’arrivée de la LGV grâce à laquelle Montauban sera à moins de 3 heures de Paris ? » Or la réponse de Jean-Michel Baylet est connue et répétée depuis plus d’un an : il souhaite un tracé le moins impactant possible ! Brigitte Barèges n’ira pas devant les électeurs et les électrices de la circonscription de Castelsarrasin dans un an, mais son collègue de droite verra les conséquences de ses propos : elle se moque des mécontents du tracé jusqu’à faire comme s’ils n’existaient pas ! Faut le faire !

 

Pour moi, ce tracé indigeste rend la LGV elle-même plus nuisible encore que ce qu’elle est en son principe. Désolé mais Montauban à moins de 3 h de Paris c’est là encore une donnée mensongère : seuls les directs Toulouse-Paris feront peut-être 3 heures 07 si après Bordeaux-Tours, les autorités font Bordeaux-Toulouse (et les difficultés de l’un augure mal de la suite). Si le TGV s’arrête à Montauban, il s’arrêtera aussi ailleurs et mettra au mieux 3 h 30 pour aller à Paris ! (faut-il rappeler les retards chroniques sur Tours-Paris ?)

Je comprends tout à fait qu’on défende le projet de LGV mais quand on utilise des arguments farfelus alors c’est qu’on est prêt à tout sauf à étudier le dossier.

7-05-2011 Jean-Paul Damaggio

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 21:46

Le vendredi je me plonge dans le tri des vieux journaux et aujourd’hui j’ai vidé l’année 2002. J’ai retrouvé les sondages de l’époque qui, quarante jours avant le scrutin, donnaient 9% à Arlette Laguiller. Elle a fait seulement 5%.Besancenot qui était à 2% lui en a pris 2% et est arrivé à 4%. Tout le monde retient de cette élection l’arrivée en deuxième position de Le Pen et oublie que l’extrême-gauche a fait 10% quand Jospin arrivait à 16% et le PCF à 3%. Il  n’y avait pas besoin de sondages pour savoir que la politique de la « gauche plurielle » serait fortement sanctionnée, mais la campagne a montré une évolution dans le choix d’un vote de gauche qui évite les partis au pourvoir (PS-PCF et Verts). Il y eut d’abord l’effet Chevènement qui, plus il a rappelé qu’il pouvait être au second tour (les sondages lui ont donné jusqu’à 18%), plus il est tombé dans les opinions favorables, car comment prétendre battre Chirac au second tour quand on est le président d’un parti sans presque aucun député !

Donc, après Chevènement c’est Arlette qui a récupéré la colère d’une grande partie de l’électorat de gauche, colère qui s’est donc reportée en partie sur le jeune, nouveau et surprenant facteur.

Les résultats du premier tour (deux jours avant les résultats les Renseignements Généraux donnaient Jospin battu) démontrent que si Jospin avait fait 1% de plus au premier tour il aurait facilement gagné au second tour, et le PS en aurait déduit que les électeurs avaient été contents du bilan de la gauche plurielle ! En 2002, le succès de la gauche n’a jamais été aussi grand ! Est-ce donc la dispersion qui a fait perdre le PS ? Il est trop facile d’accuser les autres quand on a toutes les cartes en main, mais c’est là une attitude classique du parti hégémonique ! J’ai pu maintes fois en vérifier la tenace absurdité.

 

En 2012, il n’y a pas besoin de sondages pour savoir que les électeurs veulent sanctionner la droite, une droite qui se divise, qui porte un bilan désastreux sur tous les plans et qui a un porte-drapeau usé avant l’âge. Les amis d’hier du président (Nicolas Hulot, Borloo, ou Tapie) veulent tenter leur propre chance. Des sondages apparaissent qui donnent des tendances. Rappelons que l’électorat flottant n’est pas du côté des points fixes comme le FN ou l’extrême-gauche (sauf que la décision de Besancenot de ne pas se représenter induit une incertitude). En 2002,  le 16% de Le Pen était réduit du score de Bruno Megret or à présent le FN sort d’une mutation plus uni que jamais. Pour rappel j’indique qu’en 2002 Marine Le Pen n’a pas été retenue par les militants pour entrer dans la direction du parti : c’est son père qui l’a repêchée.

 

Les sondages, c’est comme les propos des hommes politiques, il n’est pas bon de les prendre au premier degré, mais ils sont là pour valider le marketing politique.

6-05-2011 Jean-Paul Damaggio

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 21:44

 

Ce village est marqué par les voies de communication. Nationale 20 (déclassée à présent), puis canal et voie ferrée viennent s’appuyer sur la colline qui impose sa géographie. La construction de l’autoroute a permis de capter une partie du trafic de la Nationale, aussi quand est arrivée l’idée d’un LGV chacun a pensé qu’il pouvait en être de même vis-à-vis de la voie ferrée existante,  surtout si son tracé passait près de l’autoroute. Malheureusement le projet de RFF impactait autrement le cite, aussi une lutte s’est aussitôt engagée pour déplacer le tracé. A ce moment là, RFF, conscient de l’enjeu particulier de l’endroit, a diffusé sa propagande.

Quatre voix ?

Si la LGV empruntait la ligne existante, le village se retrouverait avec quatre voix, en conséquence il fallait doubler la voie existante. Or, le Bureau d’Etudes Clarenco qui a par ailleurs travaillé pour le changement du tracé sur le secteur, a indiqué en réunion publique à Saint Jory que la voie existante pouvait recevoir l’augmentation du trafic. Quatre voix c’était du bluff mais les nuisances nouvelles sur la ligne existante pour les habitants du village restent présentes.

Les nuisances de la voie existante

Dans les documents de 2005 RFF a annoncé pour la LGV un trafic de 20 trains par jour dans un sens et autant dans l’autre. Une catastrophe pour les riverains de la ligne actuelle ! Sauf que depuis dans un document de décembre 2010, en réponse aux défenseurs de la ligne existante, RFF ne programme plus que 15 trains allers et 15 retours. Une chute de 10 trains par jour ! C’est pas mal mais le mal est toujours là. Sauf que le TGV passe déjà sur la voie et en conséquence il s’agit de soustraire des 30 trains les 14 trains en activité, en moyenne. Il en reste encore tout de même 16 en plus ! C’est sans compter avec le fait que le trafic de la nouvelle LGV inclut les trains qui vont à Paris par Limoges et qui n’auront plus le droit d’exister, cette voie devenant une voie TER comme c’est le cas chaque fois qu’un LGV s’impose. En réalité, au total, il s’agit d’après les estimations de RFF d’une ligne nouvelle pour trois trains de plus par jour dans un sens et dans l’autre ! Donc l’essentiel n’est pas l’augmentation du nombre de trains mais l’augmentation de la vitesse qui doit entraîner une augmentation de passagers réelle mais pas mirobolante (d’autant que les TGV peuvent avoir deux étages). Quand RFF indique que la nouvelle gare de Bressols va accueillir 800 000 voyageurs par an, elle ne dit pas combien représente le transfert venant de la gare Villebourbon ! Le TGV fait d’abord concurrence au Corail et au TEOZ !

Des nuisances tout de même

Inutile de le nier, entre les trains perdus sur la voie de Pompignan car déplacés sur la LGV et les trains en plus, l’augmentation de la nuisance est de toute façon au rendez-vous, pour les riverains, si le projet de LGV est abandonné. Ce point de vue suppose qu’il est impossible d’installer des protections phoniques or avec l’argent économisé sur une LGV inutile comment ne pas penser que des moyens luttent contre le bruit ? Bien sûr, un mur en terre ou en ciment n’est pas envisageable mais chacun a pu observer sur des rocades l’installation de protections en plexiglas dont je ne prétends pas qu’elles soient la solution car je ne suis pas technicien, mais qui doivent inciter à la réflexion. Les nuisances du train sont aussi les vibrations produites aussi un matériau résistant  peut être difficile à trouver. Pour Pompignan comme ailleurs, si l’investissement pour améliorer la vie autour des lignes existantes était aussi important que pour chercher de la vitesse, je ne doute pas un instant que des solutions émergeraient, mais toute la stratégie de RFF a été de laisser se dégrader les vieilles voies ferrées bonnes pour la casse. Dans la région Centre pour que le Conseil régional accepte de payer Bordeaux-Tours, l’Etat paie en retour le prix de l’élimination d’une barrière. Pour Bordeaux-Toulouse un programme d’élimination des barrières avait été mis en place mais il a été abandonné pour porter l’effort sur la LGV.

La question de la vitesse

Quelle est la situation actuelle avec le TGV existant ? Il y a plus d’une heure d’écart entre le train le plus rapide (celui du 9h 22 met 5 h 18) et celui le moins rapide (6 h 28). Quant au train direct, Toulouse-Paris, il en existe un et il met 6 h 06. On constate que les facteurs de la vitesse ne tiennent pas seulement à la ligne. Et avec des lignes existantes rénovées, il y a de quoi faire ! Avec le Tours-Bordeaux une LGV très courte et pourtant les retards sont nombreux !

 

En conclusion, à Pompignan la situation spécifique porte les habitants vers le souhait d’une nouvelle ligne près de l’autoroute, ceci n’empêche pas de réfléchir aux enjeux touchant à l’ensemble du projet d’autant que le tracé souhaité reste loin du tracé que RFF veut approfondir.

06-05-2011 Jean-Paul Damaggio

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:12

 

En 2008 dans le livre, "J’ai eu quinze ans", j’ai fait parler quelques adolescents marquants du Tarn et Garonne. Le livre étant épuisé et Adèle-Athénaïs me tenant à cœur, voici le gtexte de ce que je lui ai fait dire. JPD

 

Quinze ans en 1842

Née en 1826 à Montauban, je me prénomme Adèle-Athénaïs. Mon père que je viens de perdre a été planteur, ma mère s’occupe du foyer. J’ai quinze ans et je suis en pension chez les Dames de Nevers, en face de la Préfecture, après avoir été quelques mois à la Maison royale d’éducation chez les Dames de Saint-Maur situées Faubourg du Moustier, une école que j’ai dû quitter car elle ne préparait pas au Brevet supérieur. Dans ma profonde solitude, je rêve de devenir institutrice.

Je me considère Montalbanaise mais mon père fut tout sauf un homme accroché à sa ville. C’est par les voyages qu’il découvrit ma mère en Louisiane, une jeune élève de quatorze ans qui tomba subitement amoureuse de son professeur âgé de trente ans de plus qu’elle. Mon père dut être charmé par ses yeux pâle d’un bleu unique et par sa figure très belle et sévère. Les filles qui suivaient des cours étaient forcément les filles des riches, ce qui permit à mon père de faire un mariage bien doté financièrement. Malheureusement, il n’avait pas été formé à la gestion d’une plantation et très vite la fortune commença à s’effriter ce qui lui donna envie de revenir dans sa ville natale.

Deux enfants ont connus les USA : ma sœur de six ans mon aînée et mon premier frère qui arriva trois ans après. J’ai été la première enfant née en France, au moment où mes parents étaient pris par les travaux d’installation en France. Je suis donc apparue comme une lourde charge si bien que j’ai été « oubliée » quatre ans chez une nourrice.

Ma mère étant une femme distante, j’ai reporté tout mon amour sur mon père qui deviendra mon professeur pendant plusieurs années, jusqu’à ce jour fatal où il m’accompagna chez les Dames de Saint-Maur (moins fatal que celui de sa mort tout de même). J’avais fait ma première communion et la vie à la maison ne me permettait plus de progresser dans mes études en conséquence, mon père lui-même, me livra à sœur Clémence. Mes débuts à la pension furent très durs.

De ce premier mars 1838, je conserve tous les détails en ma mémoire. Les bons et les mauvais. Les bons, c’était la malle contenant mon trousseau qui m’accompagnait comme un royaume aux mille trésors. Les mauvais, c’était l’univers sombre, froid, triste que je découvrais. Pour surmonter ces deux sentiments, j’avais chevillé à mon corps une folle envie, celle d’étudier tant et plus afin d’être la première de ma classe, pour faire le bonheur de mon père. Le travail allait me soutenir en faisant des livres, mes meilleurs amis. Par chance, ma maîtresse sut être tout aussi pédagogue que mon père. Elle était douce, dotée d’un accent angélique et d’un pâle visage de madone. Ceci étant, comme avec ma mère, je suis restée à distance de cette femme, préférant me replier en moi-même, ce qui explique sans doute mon désir d’écrire que je savoure en remplissant ces quelques lignes.

 

Quand, un mois après mon entrée à la pension, je suis revenue chez moi, j’ai découvert brusquement que je n’y avais déjà presque plus de place, je m’y suis sentie comme en visite d’autant que mon père ne pouvait que manifester une faible présence vu la maladie qui le tenait au lit. Comme par mimétisme, je me suis sentie également malade, non malade de rentrer à la pension – ça devenait presque un soulagement vu l’ambiance familiale – mais malade de tristesse. Dans l’école, pas l’ombre du jardin qui faisait ma joie dans notre maison des Chapitoulas, nom que mon père avait ramené des Amériques, comme l’architecture du bâtiment qu’il avait fait construire. Il voulait essayer de faire oublier l’exil qu’il imposa à son amour de femme créole.

A quinze ans, la question centrale, même en pension, nous renvoie aux frères et sœurs quand, comme moi, on en a plusieurs. Plus particulièrement à mon petit frère. Ma sœur aîné Sélima avait capté tout l’amour de ma mère voilà pourquoi, à la naissance de mon petit frère, je me suis sentie enfin une responsabilité dans la famille. Nous ne mangions pas à table avec nos parents sauf justement les deux aînés, et c’est une domestique qui nous soignait à part, favorisant mes deux autres frères. Cette femme, comme d’autres à Montauban, avait été surprise par l’arrivée de ma mère, habillée à la mode des Amériques et non à celle de la ville. Son apparence, son air de timidité, sa jeunesse, tournaient la tête de bien des promeneurs. Je fus la gardienne et la maman de mon jeune frère qui, par chance, avait eu la même nourrice que moi, cette paysanne d’Ardus qui, sans le vouloir, nous apprenait le patois avant le français.

Ce jeune frère fut cause d’une grande douleur qui me pique la mémoire de temps en temps. Je devais le surveiller mais c’était pas facile car il ne cessait de bouger et de partir vers le jardin. Si je dis qu’il y avait un étang à côté du jardin, vous devinez déjà le drame, d’autant plus grave si je vous dis que nous étions en hiver. Sur l’étang glacé, la coutume voulait qu’on s’y amuse à glisser. Mais un jour, la glace étant plus fragile, mon petit frère qui m’avait échappé, se retrouva bloqué dans l’eau, par le froid. Quand je l’ai trouvé, je n’ai pu que crier et par chance j’ai été entendue par une paysanne de nos voisines qui a réussi à prendre l’enfant dans ses bras (il était sur le bord), à l’amener chez elle pour le réchauffer près d’un grand feu et sous beaucoup de couvertures. Après d’interminables minutes, il a recommencé à bouger.

 

Des anecdotes familiales, je peux en remplir des pages mais il est mieux que je passe à la vie environnante, à ce patois que j’ai aimé et aux foires qui feront toujours un moment majeur de la vie montalbanaise.

Le patois est une langue qui forme l’oreille à jamais car, à deux pas de distance, on entend comme une différence entre la façon de parler de deux familles. D’une langue grave à une langue douce je me régale et me régalerai longtemps à écouter le patois. Mes parents ne pouvaient me comprendre. Quand, pour nous punir, avec mon petit frère, ils nous envoyaient chez la nourrice paysanne, nous avions du mal à cacher notre joie. Nous préférions travailler dans les champs à étudier le pelage des vaches, que suivre les dures leçons d’histoire de mon père ! Et le patois, c’est ce chant éternel, Le bouvier. Je l’ai dans la tête comme un chant qui prend tout le corps. Pas pour la danse, pour la vie.

La foire, on y pense beaucoup avant d’y aller car elle est toujours au cœur de ces mille conversations qu’enfant nous entendons et qui alimentent nos rêves. Aussi, à la date fixée, quand la fête va devenir réalité, chacun ouvre grand ses oreilles, ses yeux et sa mémoire. J’ai d’abord enregistré cette masse incalculable de marchands pour tous, grands et petits. Des bazars, des boutiques et des gens partout qui, surtout pour les enfants, sont un écran entre le marchand et le client. J’essayais d’échapper à la domestique pour me faufiler au premier rang des attroupements mais je savais que c’était dangereux, que je risquais de me perdre. J’avais des yeux pour les sifflets à deux sous, les lits de poupée, les jouets en tout genre, tous dans un beau bois de sapin récupéré par les bergers en montagne. Et surtout, de cette première visite à la foire j’ai retenu que nous étions à nouveau chez les paysans, ceux que j’avais connus avec ma nourrice.

Concluons par la description de ma maison. A quinze ans, on devine qu’à un moment ou un autre, on quittera son nid pour s’envoler et c’est peut-être pour ça que je veux dire un mot de ce lieu, situé sur la route de Léojac, qui surplombe un peu Montauban. La maison a un seul étage avec une véranda. Mon père avait son bureau dans la partie qui regardait le plus souvent le soleil, ma mère, et nous les enfants, nous étions côté nord-est. Mais l’essentiel de la maison c’était la verdure environnante : les buissons d’églantiers et d’aubépine, un étang et tant d’autres arbres, acacias, lauriers roses, ormes, cyprès et chênes. Bien sûr, une ferme touchait notre habitation où les paysans étaient des métayers, c’est-à-dire des personnes qui travaillaient à moitié pour nous, qui leur donnions la terre à cultiver.

Je serai une femme libre et fragile. Demain il fera PEUPLE. J-P Damaggio

 

Note de l’éditeur : Informations issues de

Mémoires d’une enfant, livre écrit par Adèle-Athénaïs Mialaret.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:06

 brochure-renaud-jean.jpg

Publicité dans l'Humanité du 9 novembre 1922.

RENAUD JEAN

LE COMMUNISME ET LES PAYSANS

Qu'est-ce qu'une révolution ?

Pourquoi nous sommes révolutionnaires ?

Comment nous sommes révolutionnaires. ?

Avec le programme agraire du Parti communiste.

L'exemplaire 0 30. Franco

 

ENTRE PAYSANS

Commentaire du programme agraire du Parti communistes

L'exemplaire 0.30. Franco 0 35.

 

Renaud Jean n’était pas le seul sur la question puisqu’il y a deux autres brochures :

Paul Vaillant-Couturier : A Ceux des Champs

Victor Dumas : Paysans, Défendons-nous !

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 21:04

 Je ne sais plus comment j’ai connu Pierre Mercier. Je me souviens seulement de son intervention à la tribune de l’Ancien collège à Montauban et j’avais été fasciné par sa passion cladélienne. Il n’est sans doute pas étranger à ma décision de prendre la plume et à la forme prise par mes deux premières publications. En conséquence je lui ai envoyé la première, le « Cri-Cladel » et le manuscrit de la deuxième : « Qui a tué Léon Cladel ? ». Il avait répondu en m’envoyant quelques documents datant de 1979 quand dans une revue de Sèvres il avait présenté Cladel : « Léon Cladel, nomarque des lettres » et il expliquait aussitôt : nomarque c'est dans l’ancienne Egypte, chef d’une province. Il m’a même envoyé le recensement de 1886 de Sèvres pour le n°9 de la rue Brongniart :

Cladel Léon Alphonse – 50 ans – français – homme de lettres

Cladel/Mullem Julia – 40 ans – française – épouse – musicienne

Cladel Judith – 13 ans – écolière – fille

Cladel Rachel Louise – 7 ans – écolière – fille

Cladel Esther Pierrine – 5 ans – écolière – fille

Cladel Marius Jean-Pierre – 3 ans – écolier – fils

Caujol Marie – 47 ans – domestique/servante

 

Il me donnait aussi la date et lieu de décès de Marius : le 8 janvier 1948 à Paris 1er arrondissement.

Pour Eve Rose elle serait décédée dans les Yvelines en 1946 mais en même temps une inscription sur l’Etat civil indique Moissac le 11 mai 1964 ! Et enfin voici les témoins au mariage de Cladel : Jules Claretie – Armand Silvestre – Paul Arène – Arthur d’Echerac / Adrien Hébard – Alphonse Lemerre – Etienne Carjat – Louis Mullen. Adrien Hébrard est le sénateur du Tarn et Garonne, qui, une nuit de 1880, proposa un amendement à une loi qui permit l’amnistie des Communards.

 

Bref, il était temps que je rende hommage à cet ami que j’aurai dû rencontrer aux Cabannes lieu que j’ai connu quand j’étais en colonie de vacances au château tout proche, le château de Gudanes. Je dormais à côté d’un copain que j’aimais bien et le soir on bavardait un peu, jusqu’au jour oùn le surveillant s’avançant sans qu’on l’entende, il nous envoie une paire de claques surprise. 5-05-2011 Jean-Paul Damaggio

 

 

M. Pierre MERCIER

09310 LES CABANNES

 

13 août 1990

 

à M. Jean-Paul DAMAGGIO

Ecole maternelle de Pomponne

82000 MONTAUBAN

 

Cher Monsieur,

 

Merci, un grand merci pour votre charmant envoi. J'y suis sensible, plus que vous ne pouvez le croire : non seulement parce que tout ce qui concerne Cladel m'intéresse, mais que votre lettre me prouve que vous ne m'avez pas oublié ! Après tout, rien ne vous obligeait à m'écrire !

Assez bavardé, seulement pour vous dire que vos photocopies m'apprennent l'existence de lettres de (ou à) Cladel : mais je savais que j'étais loin de connaître tout.

Votre brochure, "Le Cri-Cladel" est originale et curieuse. Son titre m'a d'abord intrigué. Et puis, votre "Avertissement" est très spirituel. Si un jour j'écris "quelque chose", je serais tenté de reprendre votre formule : ce livre est une erreur, mais si on ne le lit pas, c'est une faute!!! Non, pas de plaggiat!!!

En tout cas, mettre une histoire du temps présent sur les pages paires, et une histoire du temps passé sur les pages impaires (ou vice versa), c'est encore une trouvaille.

Si vous publiez quoi que ce soit sur Cladel, prévenez-moi.

Cladel étant mort à Sèvres, j'ai demandé à la municipalité de cette ville d'envisager de faire en 1992 (pour le centenaire) une exposition sur Cladel.

Pour le moment, je n'ai pas de réponse officielle. Mais je sais que la bibliothèque de Sèvres (qui dépend de la ville) y est favorable. Une confidence, ou plutôt un avis personnel : Cladel peut être classé parmi les écrivains d'avant-garde, presque libertaire, socialisant (Le PS l'a commémoré avant la guerre). Et la municipalité de Sèvres (que je ne critique pas) est de centre droit...

Enfin, nous verrons. Il est possible que la Bibliothèque Nationale fasse une Exposition??? J'ai travaillé à la BN en tant que documentaliste et j'ai gardé des contacts. Enfin, nous verrons.

Cher Monsieur, croyez en mes sentiments amicaux.

Pierre MERCIER

 

 

à M. Jean-Paul DAMAGGIO

 

 

Jeudi 30 août 1990

 

Cher Cladelien,

 

J'ai bien reçu en son temps votre livre, mais je n'ai pu le lire que ces jours-ci : c'est formidable, cela m'a enthousiasmé à un point que vous ne pouvez deviner. Contrairement à ce que vous supposez, je ne connais guère l’œuvre de Cladel. Maintenant, grâce à vous, je sens que je vais m'y plonger.

Votre titre est "accrocheur". Et vous écrivez rudement bien. J'espère vous rencontrer un jour, mais si vous passez sur la RN 20, ma femme et moi nous vous recevrons avec plaisir : nous sommes juste à l'entrée des Cabannes, tout près de la route, derrière les Pompiers.

Je me demande s'il ne serait pas possible de trouver un éditeur pour votre projet. Je sais que cela est dur, mais votre texte est si intéressant que je me demande s'il ne faut pas le proposer à plusieurs éditeurs : ceux, par exemple, qui ont édité ces dernières années des romans de Cladel ???

Donc, je n'ai rien trouvé d'anormal ou d'erroné sur les renseignements concernant la vie ou l'œuvre de Léon Cladel.

Pages 55-56, vous donnez des chiffres sur la souscription. Pour mémoire (mais ne rajoutez rien pour ne pas démolir la mise en pages), je vous signale que le conseil municipal de Sèvres, le 15 mai 1893, dès la première séance où un nouveau maire est élu, vote 100 F pour « souscription de la ville pour l'érection d'un monument à Léon Clade!, à Montauban, sa ville natale ».

Ne m'en voulez pas j'ai été correcteur à l'Imprimerie Nationale : je n'ai pu m'empêcher de corriger AU CRAYON les coquilles relevées : un certain nombre peuvent être laissées (refaire le texte, entraîne des remaniements et de nouvelles coquilles). Pour d'autres, voyez vous-même s'il convient bien de rectifier.

J'ai essayé hier mercredi et surtout avant-hier mardi de vous téléphoner mais vous étiez absent.

En attendant le plaisir de vous acheter votre livre lors de sa parution, croyez à toute ma sympathie.

 

MERCIER

 

P.S. Le conseil municipal de Sèvres a donné le 19/2/1911 le nom de Cladel à l’ancienne rue des Charbonniers.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 20:16

Voici la fin de Verfeuil dans l'Humanité, Verfeuil qui meurt en 1927 de la tuberculose, continuera d'inventer l'impossible qui, des années après, s'appelera un temps, le P.S.U. (même si les conditions étaient totalement différentes). JPD

 

Humanité 13 novembre 1922

 

Le cas Verfeuil

Marrane présente ensuite la résolution suivante :

Le Congrès fédéral de la Seine propose au Congrès national la résolution suivante :

Le Congrès national :

1.Considère que Verfeuil a mené une série de campagnes anticommunistes. Après Tours, il a attaqué le principe même de la création de la Troisième Internationale et de la création du Parti communiste français, en prêchant le retour à l'unité d'organisation avec les dissidents. Il s'est élevé contre la nécessité de la violence révolutionnaire, qui est l'un des traits essentiels de la doctrine marxiste, en critiquant le militarisme, quelle qu'en soit les couleurs. Sous l'apparence de défendre les droits des minorités dans le parti, il a soutenu, sous le nom de liberté d'opinion, le droit de miner les partis communistes par la propagande des idées anti-communistes. Sous prétexte de défendre l'autonomie des partis nationaux, il a, en réalité, défendu leur droit 'à l'indépendance complète vis-à-vis de l'Internationale et de sa direction responsable.

2.Constate que Verfeuil a mené publiquement cette série de campagnes l'an dernier, dans le Journal du Peuple et n'a cessé sa collaboration politique, après l'exclusion de ce journal, qu'après y avoir publié un article de rébellion contre la décision régulière de l'exclusion de Fabre, prise par l'Exécutif de l'Internationale et ratifiée par le Comité directeur.

3. Estime que l'influence qu'a pu conquérir Verfeuil dans le Parti, a sa source dans le fait qu'au mépris de la charte de Tours, Verfeuil exposait à sa façon ses désaccords avec le Parti dans le Journal du Peuple. L'Humanité se taisant sur ces désaccords, Verfeuil jouissait par là même d'un véritable privilège exploité par lui contre le communisme.

4. Constate que la politique de Verfeuil a trouvé son couronnement dans la tentative de celui-ci de former au sein du Parti une fraction anticommuniste qui, si elle se développait, mènerait le Parti soit à une scission, soit au rétablissement de l'unité dans la confusion d'avant Tours,

5. Estime intolérable que, sous prétexte de présenter une thèse au Congrès national Verfeuil puisse essayer de donner à cette fraction anticommuniste un programme d'attaque contre l'Internationale communiste, ne se distinguant en rien des polémiques dirigées par le Journal du Peuple contre l'Internationale communiste et les militants qui jouissent de sa confiance.

Le Congrès national constate en outre que, depuis la décision d'exclusion prise à l'unanimité par le Comité fédéral de la Seine, Verfeuil persévère dans son attitude et renforce, par tous les moyens en son pouvoir, l'organisation de sa fraction et la résistance au travail communiste du Parti.

Le Congrès national, affirmant à nouveau le droit des minorités qui se placent sur le terrain communiste de lutter pour leurs idées dans l'intérieur du Parti, mais résolu à combattre sans merci tous les éléments rompant délibérément avec les principes fondamentaux du communisme :

Ratifie la décision d'exclusion du Comité fédéral de la Seine qui décide d'exclure les camarades qui se sont solidarisés ou se solidariseraient-avec Verfeuil., et invite le futur Comité Directeur à ne tolérer aucune manifestation anticommuniste au sein du Parti
Auclair estime que l'Exécutif de 1'I. C. ayant exclu définitivement Verfeuil, la question ne se pose plus.

H. Sellier regrette le manque, de sincérité avec lequel on traite cette question. Métayer (14e) lit une motion de sa section repoussant l'exclusion de Verfeuil. On vote par appel nominal des sections, chaque délégué prenant la responsabilité de son vote. La proposition du Comité fédéral est adoptée par 131 délégués contre 25 et 33 abstentions.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 20:13

 

Loin du poète naïf de 1906, voici le dirigeant du PCF face à une manœuvre de la direction pour le discréditer. Il sera exclu suite aux événements que relatent les deux articles de l’Humanité repris ci-dessous. JPD

 

 

Humanité 16 septembre 1922

LA VIE DU PARTI

Le cas Verfeuil

Dans sa séance de jeudi, le Comité Directeur a voté l'ordre du jour suivant :

« Le Comité Directeur après avoir pris connaissance de la circulaire adressée par le citoyen Verfeuil à un certain nombre de membres du Parti et dont le texte a paru dans un journal bourgeois du matin, enregistra que cette circulaire, dans l'esprit du camarade Verfeuil, revêtait le caractère d'une lettre privée et que c'est contre le gré de son auteur dont la responsabilité doit être sur ce point dégagée que de la publicité lui a été donnée.

Il ne conteste pas, dans la situation actuelle du Parti et à l'approche du congrès, le droit du citoyen Verfeuil de convier à un échange de vues les camarades qu'il croit en accord de pensée avec lui il estime au contraire que le Parti sortira heureusement de la crise qu'il traverse si, une bonne fois pour toutes, le congrès est placé en face d'attitudes nettes, d'affirmations claires entre lesquelles il choisira dans sa souveraineté.

Cependant il constate que la lettre de Verfeuil est devenue un document public sur le fond duquel il a le devoir de se prononcer, Il en résulte que le camarade Verfeuil travaille à organiser dans le Parti, un groupement de résistance à l'Internationale Communiste dont il dénonce l'Inquisition. Les arguments qu'invoque le citoyen Verfeuil à l’appui de la campagne qu'il a entreprise reposent sur une interprétation inexacte des décisions de l'Exécutif. Ils parlent en réalité contre la Charte de Tours, devenue la loi du Parti ; si le congrès les admettait, il ne pourrait leur donner d'autre sanction que la rupture avec l'Internationale Communiste. Il est hors de doute que l'attitude de Verfeuil, et l'acte qu'il vient de commettre ne sauraient être tolérés par le Parti. Ils constituent l'infraction la plus grave aux règles élémentaires de la discipline communiste et ils sont incompatibles avec la qualité dont Verfeuil semble vouloir qu'on le prive de membre de l'organisation communiste.

Le Comité Directeur serait fondé à demander à la commission des conflits de le signifier au camarade Verfeuil. A un mois du congrès, il estime que c'est devant le Parti tout entier que la question doit être posée. Il défère donc le citoyen Verfeuil au Congrès national. Il se propose d'agir de même à l'égard de tous ceux qui se solidariseront avec lui. Il compte que le congrès, avec une autorité décisive, prendra les mesures capables de soustraire le Parti à l'activité de tous ceux qui, à l'exemple de Verfeuil, prétendraient le ramener en deçà du congrès de Tours, à l'unité d'impuissance et d'abdication heureusement disparue. »

Ont voté pour Frossard, Ker, Bestel, Servantier, Soutif Rappoport, Renoult, Méric, Cachin, Paquereaux, Gourdeaux, Dondicol, Auclair, Paul-Louis, Garchery.

Voici le texte de la déclaration déposée par Dunois :

La minorité du Comité Directeur estimant que le citoyen Verfeuil, absolument étranger aux doctrines qui sont à la base du Parti Communiste, n'est pas et n'a jamais été à sa place dans ce parti, considère que Verfeuil s'est mis définitivement hors du Parti par la lettre au moyen de laquelle, en des termes qui veulent être une condamnation de l'Internationale il a tenté de créer une fraction anti-communiste au sein de l'organisation.

Ont voté pour Dunois, Bouthonnier, Laporte, Péri.

Abstention Lucie Colliard.

 

Voici d'autre part les explications qu'a fournies par lettre au CD. le citoyen Verfeuil :

Paris, le 14 septembre

Mon cher Frossard,

Tu as bien voulu m'informer que le citoyen Bouthonnier t'avait saisi d'une demande d'exclusion contre moi pour la lettre que j'ai adressée à un certain nombre de camarades et qui, à ma grande stupéfaction, a été reproduite dans le Matin.

Comme je ne puis assister à la réunion de ce soir, je t'envoie par écrit les déclarations que j'aurais faites oralement si j'avais été présent.

1. Je ne pense pas qu'on puisse supposer un instant que j'ai moi-même communiqué ma lettre au Matin. Tous ceux qui me connaissent savent que je n'ai pas recours à ces procédés qui relèvent de la basse police.

2. Il conviendrait peut-être de chercher l'auteur de la divulgation du côté' qui a été indiqué à Frossard il y a quelques mois. Il a été signalé en effet au secrétaire du Parti que le Matin avait un informateur appointé dans les organismes centraux du Parti ou de la Fédération de la Seine, et Frossard a vu le texte manuscrit d'un: compte rendu envoyé par cet informateur audit journal. Je demande qu'une enquête soit faite pour découvrir et - exécuter -  cet individu.

3. Je rappelle que d'autres divulgations se sont déjà produites (rapport moral de Pioch. séance de la commission des conflits, où fut jugée l'affaire de Pavillons-sous-Bois): Au profit d'un autre journal, Ernest Lafont a lui aussi, été victime du même procédé que moi.

4. J'ai le droit, comme tout membre du Parti, de constituer un groupement de tendance, qui ne vient d'ailleurs que le cinquième et dernier en date, quatre autres étant déjà formés ou en formation. Le secrétaire du Parti lui-même a pris une initiative identique à la mienne.

5. J'ai le droit, dans une lettre privée, adressée exclusivement à des membres du Parti, d'exprimer telles opinions qui .me conviennent et d'employer tels termes qu'il me plait d'employer.

6. Si sévères que puissent paraître certains de ces termes à l'égard de l'Exécutif, je ne sache pas que l'Exécutif soit une institution sacro-sainte, à laquelle il est défendu de toucher sous peine d'être livré aux flammes purificatrices du bûcher. Il ne m'apparaît pas, du reste, que j'ai été, en l'espèce, moins respectueux à l'égard de l'Exécutif que le directeur du « Bulletin Communiste l'égard du Parti français, injurié « publiquement par lui dans sa majorité. Or, le citoyen Bouthonnier n'a pas encore demandé, me semble-t-il, l'exclusion du citoyen Souvarine.

7. Je prends l'entière responsabilité de ma lettre.

8. Prennent aussi cette responsabilité un certain nombre de camarades, dont je tiens les noms à la disposition du Comité directeur. Fraternellement.

Raoul Verfeuil.

 

Compte-rendu de l’intervention de Verfeuil au Congrès de la Seine telle que l’Humanité l’a publiée le 9 novembre 1922

 

Verfeuil

Verfeuil prend donc la parole. Il tient d'abord à protester contre les procédés, qu'il estime inqualifiables, employés contre lui et ses amis. Ces procédés, ce sont, pour Verfeuil d'abord la décision prise récemment par la majorité du Comité directeur, sur la proposition de Frossard, le déférant devant le Congrès national aux fins d'exclusion, ce qui disqualifiait par avance la motion présentée par lui au Congrès National, faisant peser une menace d'exclusion non seulement sur ceux qui la signeraient, mais même sur ceux qui la voteraient ensuite l'exclusion votée par le Comité fédéral sans l'avoir entendu ni même convoqué.

Verfeuil ne veut pas qu'on mette en doute son attachement aux thèses et à la doctrine de la Troisième Internationale. Elles sont, dit-il, la base éternelle du socialisme. Ce n'est pas là-dessus que portaient les réserves faites à Tours, mais sur des détails de structure que le Parti dut, du reste, d'accord avec l'Internationale, modifier.

On demande mon exclusion, ajoute-t-il, et pourtant, étrange paradoxe, nous avons accepté, dès le début, le front unique tel que le réclamait l'Internationale communiste.

On nous présente comme des adversaires de l'Internationale, parce que nous avons combattu l'Exécutif, mais l'Exécutif n'est pas plus l'Internationale que le Comité directeur n'est le parti, ou le comité fédéral la fédération de la Seine.

L'Exécutif, dit Verfeuil, a commis des abus de pouvoir dans la réintégration des démissionnaires de Marseille, dans l'application de l'article 9, dans une politique systématique d'exclusions.

« On ne peut relever contre nous aucun acte d'indiscipline. C'est l'Exécutif qui a fait acte d'indiscipline en s'insurgeant contre les statuts internationaux. »

Si vous nous chassez, conclut Verfeuil, je souhaite que grand bien en soit pour le Parti. Mais si vous nous gardez, qu'il soit bien entendu que ce sera avec l'intégralité de notre pensée vous ne nous domestiquerez pas

Une partie du Congrès applaudit Verfeuil.

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