Lundi 30 janvier 2012
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Tout le monde connaît le dessin animé Persépolis. La chaîne de Télévision ‘’Nessma’’ à Tunis a décidé de le diffuser. Horreur,
la petite fille imagine Dieu et la dessinatrice lui donne un visage. Sacrilège ! Le directeur fai amende honorable : il ne savait pas ! mais il est conduit devant les tribunaux. Des laïques
manifestent et qe font taper dessus sans réaction de la police. Le gouvernement explique : il est pour la liberté d’expression mais tout de même il y a valeurs sacrées… Voici le dossier d’après
le journal Le Temps du 26 janvier. JPD
Première conférence de presse du gouvernement Jebali
Samir Dilou porte-parole officiel
«Le gouvernement soutient la liberté d’expression. Mais sur le principe, il refuse qu’on porte atteinte aux croyances sacrées, et la personnification de l’essence
divine est contraire à ces croyances sacrées ». Mr Samir Dilou, ministre des Droits de l’homme et de la justice transitionnelle et porte-parole officiel du gouvernement, a réitéré l’attachement
du gouvernement à la voie du dialogue et de la persuasion dans le traitement des mouvements de protestation et de contestation anarchiques, tout en veillant à l’application de la loi lorsque la
situation l’exige.
Lors d’un point de presse tenu, ce mercredi 25 janvier au palais du gouvernement à la Kasbah, Mr Dilou a rejeté les accusations de relâchement et de négligence
portées, à ce sujet, contre le gouvernement face aux formes illégales de revendications et de contestations, insistant sur le souci du gouvernement de tenir compte de la situation sensible et
fragile par laquelle passe le pays.
Samir Dilou a abordé la position du gouvernement à l’égard des récents développements de la scène nationale, notamment les évènements ayant été entaché de violence,
comme les événements survenus au foyer et au restaurant universitaires de Sousse, ou encore les évènements ayant émaillé le procès du directeur de la chaîne de Télévision ‘’Nessma’’ à Tunis [dzns
les deux cas les attaques physuquyes des salafistes]. Il a affirmé que le gouvernement ne se contente pas de dénoncer la violence, et que les mesures nécessaires seront pises, alors que des
affaires judiciaires sont en cours. Des poursuites seront engagées contre les auteurs d’actes de violence commis à l’encontre des journalistes, des avocats, et des tribunaux.
Sur le plan du principe, cependant, a indiqué Mr Samir Dilou, le gouvernement refuse qu’on porte atteinte aux croyances sacrées de la société tunisienne et du
peuple tunisien, notant que ces croyances sacrées sont déterminées par la société elle-même, la loi et la Constitution. Tous les pays du monde et toutes les sociétés possèdent et prônent des
croyances sacrées et refusent qu’on leur porte atteinte. Or, la personnification de l’essence divine est contraire aux croyances sacrées des Tunisiens, au moment où le directeur de la chaîne «
Nessma » a reconnu que le film incriminé diffusé par la chaîne « Nessma » contenait une séquence qui personnifie l’essence divine, et ce même directeur de « Nessma » a dit avoir été indigné
lorsqu’il s’en était aperçu, par la suite.
Justice : Les agressions lors du procès de Nessma, qui en est responsable ?
Ce qui s’est passé devant le palais de Justice, à l’occasion du procès Nessma, ne peut que confirmer la menace qu’il y a sur la liberté d’expression. Cela est
d’autant plus vrai que, les agressions dont ont été l’objet certains journalistes, sont restées impunies, pour la bonne raison qu’il n’y a eu aucune intervention de la part des responsables, que
ce soit avant, au moment ou après les faits. Les agents de l’ordre étaient –ils en grève ou en congé ? Ni l’un ni l’autre, mais il y avait une passivité
certaine de leur part et en tous les cas il y a eu une absence totale de sécurité, dans les parages du palais de Justice. En fait ce sont les troupes
Salafistes qui ont remplacé les agents de l’ordre, pour brandir des pancartes comportant des versets coraniques sortis complètement de leur contexte, car ils avaient été révélés au Prophète lors
des agressions dont les musulmans ont subies de la part les mécréants.
Outre les agressions physiques, les slogans lancés par ces « troupes » constituaient des agressions verbales dont l’effet était plus grave, car incitant à la haine
et à la discorde.
La raison ? Eh bien à cause d’un film où la Divinité était représentée, selon l’imaginaire d’une fillette. Certes Allah ne peut être représenté, mais dans certains
versets du Saint Coran, il existe une certaine représentation selon l’imaginaire humain. Il est en effet question dans ces versets de « mains de Dieu » du Trône Divin ou de la parole Divine. On
peut donc tolérer qu’une fille puisse imaginer Dieu d’une certaine façon. Il n’y aucune attitude blasphématoire.
En réalité la raison profonde est une menace sur la liberté d’expression que les Salafistes veulent anéantir par tous les moyens. Rien qu’à voir la réaction de
Sadok Chourou contre les Sit-inners pour en juger. Ce membre de la constituante, enfonce le clou en appelant à la crucifixion de ces derniers, comme s’ils étaient des mécréants. Or le sit-in tout
comme la grève est un moyen d’expression pour exprimer des revendications et demander des droits.
Chokri Belaïd porte plainte contre le ministre de l’Intérieur pour «manquement à ses obligations professionnelles»
Le secrétaire général du Mouvement des Patriotes Démocrates (MOPAD /ou Al-Watad) , Chokri Belaïd, a déposé, hier, une plainte auprès du procureur de la République
contre Ali Laârayedh, ministre de l’Intérieur.
Avocat de profession, Me Belaïd accuse le ministre de l’Intérieur de « négligence et de manquement à ses obligations professionnelles et lui fait assumer « la
responsabilité des agressions commises lundi par des salafistes contre des journalistes, des avocats et des intellectuels », devant le Palais de Justice de Tunis, à l’occasion du procès de la
chaîne privée Nessma TV. « Le ministre de l’Intérieur savait pertinemment qu’un groupe de fondamentalistes a préparé et planifié ces agressions puisque des appels à la violence ont été lancés sur
Facebook. Il n’a pas, pourtant, prévu la mise en place d’un dispositif sécuritaire devant le Tribunal de Première instance de Tunis », affirme Me
Belaïd. Le plaignant indique également qu’il a tenté, en vain, avec plusieurs autres avocats, dont le bâtonnier, Me Chawki Tabib, de joindre Ali Laârayedh
sur son téléphone durant plus de quatre heures. « Cela montre que le ministre de l’Intérieur a manqué à son devoir de protéger des citoyens dont la vie était en danger d’autant plus que des
appels au meurtre ont été lancés devant le tribunal», souligne Me Belaïd, indiquant que le ministre a «cautionné ainsi les agissements des fondamentalistes».
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