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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 12:43

Il manque ici la fin de cet article rare en France, sur Gramsci (je vais tenter de retrouver l’ensemble du texte). On a le plaisir d’y apprendre qu’un livre de l’auteur italien va sortir aux Editions sociales mais je n’en ai jamais vu trace.  JPD

 

Lettres Françaises, 6-13 août 1953

La pensée d’un homme d’action :

Les « Cahiers de la prison » de Gramsci

Par Marc Soriano

LES Éditions Einaudi, de Turin, ont publié, en sept volumes, de 1944 à 1952 une œuvre bouleversante d'humanité et d'une immense portée, celle d'Antonio Gramsci, secrétaire général du Parti Communiste Italien, qui a payé de sa liberté et de sa vie sa lutte courageuse contre le fascisme.

Le premier tome de cette œuvre contient des lettres de prison. C'est un document humain d'une telle qualité qui elle a forcé le respect de tous et a obtenu, en 1945 le grand prix Viareggio, la plus haute distinction littéraire italienne. L'ouvrage, traduit par Jean Noaro va prochainement paraître aux Editions Sociales, et les Lettres françaises en reparleront. Les six autres volumes, à l'exception du tome VI (Littérature et Vie Nationale) qui contient la chronique théâtrale tenue de 1916 à 1920 par Gramsci dans le journal l'Avanti, rassemblent, dans un classement judicieux et clair, inspiré des indications de l'auteur, les essais, notes, références réunis dans les trois mille pages des trente-deux cahiers que Gramsci couvrit de son écriture petite et dense dans sa prison, de 1929 à 1935. La préface du VIIe volume annonce la publication prochaine des écrits politiques parus dans divers journaux et revues entre 1916 et 1926, et en particulier l'admirable texte « La question méridionale », qui, interrompu par l'arrestation de l'auteur, a été publié dès 1931 et introduit clandestinement dans les milieux antifascistes et qui, en 1949, a constitué le tome I de la collection « Culture Nouvelle ».

 

D'innombrables articles et essais, collationnés par Giuseppe Carbone dans la revue Società (mars 1951) attestent à quel point cette œuvre riche et profonde nourrit la vie intellectuelle italienne et à quel point aussi elle arme les intellectuels dans leur lutte contre le retour du fascisme et pour l'unité. De plus, deux études plus vastes essaient déjà de faire le point, de mesurer cet apport et cette influence : La Vie de Gramsci (1951. Edition de Culture Sociale, Borne), par Lombardo Radice et Giuseppe Carbone, qui dirigent la Fondation Gramsci, à Rome, et ont assuré, avec beaucoup de soin et d'intelligence, l'édition de ses œuvres et le Gramsci » de Palmiro Togliatti (Milan-Soir-1949) qui réunit trois textes de l'ami et du disciple de Gramsci (1)

 

LA vie d'Antonio Gramsci est celle d'un homme complètement dévoué à son peuple et à la classe ouvrière. Né en 1891, cinquième d'une famille de sept enfants qui vit misérablement sur le salaire d'un petit fonctionnaire sarde, Antonio est débile et affligé d'une difformité physique. Il est bossu. Mais ses qualités humaines, son cœur, son intelligence exceptionnelle font de lui, dès l'enfance, un être profondément attirant, un centre de pensée et d'action. Très tôt, il regarde avec des yeux lucides la misère qui l'entoure. La Sardaigne qui, dans l'antiquité, était, au même titre que la Sicile, un des greniers du monde méditerranéen, est maintenant une terre pauvre et arriérée. Comment est-ce possible ? La réponse à cette question ne lui apparaîtra clairement qu'après 1911, à l'université de Turin, lorsqu'il prendra contact avec le prolétariat de la ville, le parti socialiste et son ami Togliatti. Il dépassera sans difficulté le provincialisme et apercevra, que le « problème du Midi » est en fait celui de l'Italie entière et que la solution, c'est l'alliance entre les ouvriers du Nord et les paysans du Sud.

A Turin, l'adolescent s'était abandonné à sa soif de comprendre et d’apprendre. Le professeur Bartoli voyait en lui le grand espoir de la linguistique italienne et lui prédisait le plus bel avenir, « Même s'il s'était consacré à l'histoire des mots — écrit Togliatti — (pour Gramsci) l'histoire de chaque mot et même de chaque syllabe serait inévitablement devenue histoire de la pensée, de le réalité ». Comment le jeune Gramsci aurait-il pu s'accommoder de la philosophie ambiante, se cantonner dans sa « spécialité » ? En 1910, le positivisme qui, en Italie comme en France, avait servi de succédané au matérialisme et avait, malgré tout, présenté quelques aspects qui n'étaient pas réactionnaires, cède la place à l'idéalisme de Gentile et de Croce. C'est le « retour à Hegel », non pas au véritable Hegel qui a constitué historiquement une étape importante vers le marxisme et dont Marx a « remis sur ses pieds » la méthode dialectique, mal un Hegel fossilisé, transformé en dogme : le mouvement et les luttes de l'histoire sont présentés comme un processus tout intellectuel, engendrés par un «Esprit » abstrait. Ainsi, « l'histoire devient une histoire formelle, une histoire de concepts, et en dernière analyse une histoire des intellectuels comme mouches du coche » (cité par Radice et Carbone, p. 21).

Une partie importante des cahiers de prison sera consacrée à l'étude et à la critique de cette idéologie, celle de Croce en particulier, qui, désarmant les intellectuels dans la lutte contre le fascisme, peut être considérée comme une philosophie préfasciste.

 

C'EST l'époque où, tard venue dans la course, la bourgeoisie italienne veut offrir à son prolétariat le mirage d'un empire colonial. Gramsci, dirigeant local, comprend que, dans le contexte italien, la seule politique possible est celle de l'unité et prépare par des actions politiques concrètes et hardies, la solidarité des ouvriers et des paysans. Sous son influence, lorsque la guerre éclate et que la IIe Internationale craque, les ouvriers italiens se prononcent pour la neutralité absolue. Il joue un rôle éminent dans les luttes ouvrières de l'époque et contre les sociaux-démocrates fonde « l'Ordre nouveau » où se regroupent les principaux dirigeants d'un parti de type nouveau qui pourra réaliser le front populaire contre l'offensive proche de la réaction. Togliatti et lui saluent avec enthousiasme la révolution d'octobre et sont portés par les ouvriers à la tête du parti communiste italien. Mais déjà naît le fascisme : les groupes les plus chauvins du capital financier s'allient à ceux du capital industriel, de la grande Propriété foncière. Avec « l'aide et la bénédiction de la social-démocratie », la bourgeoisie met en place le dispositif de sa dictature de classe, qui va bientôt éclater de façon ouverte et brutale.

Contre cette montée du danger, le 12 février 1924, naît l'Unita, quotidien du parti communiste italien. Gramsci, de Vienne où il se trouve, suggère le titre et l'explique ainsi :

« La classe ouvrière, le parti de la classe ouvrière ne pourront remplir le rôle historique qui leur est proposé — ne réussiront à frapper à mort le fascisme, ne pourront édifier un ordre social nouveau, un Etat ouvrier, que s'ils savent conquérir et conserver, comme leur bien suprême, l'unité. Unité de toute la classe ouvrière autour du parti, unité des ouvriers et des paysans, unité du Nord et du Midi, unité de tout le peuple italien dans la lutte contre le fascisme. »

L'Unité aura deux ans et demi de vie légale, mais ce sont des années qui comptent. Togliatti y voit les « origines du prestige dont le parti jouit dans les masses italiennes ». Années de luttes héroïques du parti communiste contre un fascisme brutal, recherche des alliances sans cesse trahies par les dirigeants sociaux-démocrates.

Gramsci est arrêté en 1926. Après un simulacre de jugement où le dirigeant ouvrier mène le procès de ses juges et ridiculise les faux témoins de l'accusation, le ministère public requiert contre lui avec ces mots qui sont restés tristement célèbres : « C'est un homme dangereux par son intelligence et son fanatisme... Pendant vingt ans, nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner ». Mais rien n'a pu empêcher ce grand esprit, ce cœur magnifique, de servir encore son peuple, son parti : ni la cellule infecte, ni l'insomnie savamment organisée, ni la surveillance, ni les provocations, ni la maladie. En vain la censure fasciste explore, tourne et retourne tout ce que Gramsci écrit. Il faudrait une autre intelligence que celle des gardes-chiourme pour comprendre la manière dont Gramsci a décidé de servir son pays. Le temps passe. Tous les esprits libres de l'époque, alertés par Gorki, Barbusse, Romain Rolland, participent à une campagne pour sa libération.

Marc Soriano

 

(1) Le troisième do ces textes Vient d'être traduit par Jean Noavro [pour une fois ce n’est pas moi qui fait la faute quand on compare au nom dans le texte Noaro], dans le numéro 46 de la Pensée.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 12:40

Le 2 septembre 2004 je pose cette question bateau à Jacques Desmarais :

Qu'est-ce que l'Amérique?

 

Réponse :

D'abord une immensité comme une autre planète.

D'ailleurs, le 12 octobre 1492, on ne sait pas l'heure, Christophe Colomb se fait chercheur d'épices et d'Asie et devient par méprise «découvreur» du Nouveau monde.

L'Amérique est d'abord un accident de parcours, une méprise, une vue de l'esprit, un rêve de passage vers l'Asie avec ses promesses de richesse, d'or et d'épices, de jolies filles de Chine, rêve qui se frappe la coque aux rochers escarpés, se transforme en cauchemar de glace, en scorbut, en flèches ennemies... Mais la religion aidant, on finira par s'installer dans les grands espaces, par siphonner les ressources naturelles, par exterminer les sauvages et les bisons qu'on remplacera massivement par l'importation d'esclaves. Le rêve est devenu en peu de temps un rêve américain, C'est dire que beaucoup d'habitants des Amériques se font voler tout rond.

Mais cela est dit rapidement, les Amériques étant aussi un réservoir de résistance. C'est dire que malgré les spécificités des continents Nord et Sud, le refus de la violence est le signe de la dignité des hommes. En ce sens, il y a résistance, comme en ce moment au Venezuela, comme je l'ai vu au Massachusetts le mois dernier pendant la convention Démocrate.

Mais je reviens au début «officiel» de l'Amérique pour rappeler quelques dates épiques:

1497, John Cabot, un Italien, débarque à Terre-Neuve. 100 ans plus tard, les Anglais se serviront de ce voyage et essaimeront tout le continent.

1515, François 1er, dit le roi chevalier, dit le «père» de la Nouvelle-France; une nouvelle mode fait rage dans les mondanités Parisienne : tâter du Sauvage qu'on a ramené en France pour passer les vacances;

1534, Jacques Cartier, en bon chrétien, décide de faire le tour de la Gaspésie ; comme c'est un marin et qu'il n'a pas de tente, et qu'il ne peut pas rester là à rien faire, il décide de planter une croix à Gaspé et déclame dans la langue de Villon, mais sans blasphémer :

« Et icelle croix plantâmes sur ladite pointe devant eux [les Indiens], lesquels la regardaient faire et planter. Et après qu'elle fut élevée en l'air, nous mîmes tous à genoux, les mains jointes, en adorant celle devant eux, et leur fîmes signe, regardant et leur montrant le ciel, que par icelle était notre rédemption, de quoi ils firent plusieurs admirations, en tournant et regardant icelle croix.»

Plus tard, Cartier descendit en ville à Montréal, qui s'appelait alors Hochelaga. La bourgade. La sauvage.

1603, Samuel de Champlain, une Acadien entreprenant, commence au fond à crinquer la mémoire de Zacharie Richard. En tous cas, en août 1604, les premières graines de l'Acadie américaine sont semées. C'est un peu tard pour semer en août car l'automne vient vite malgré les bontés de la mer. Je le sais parce pas plus tard qu'en août 2004, les Acadiens de partout, car ils sont de nulle part, incluant Zacharie, ont fêté leur 400e anniversaire. C'est vieux pour un jeune peuple américain. On ne peut pas tous être vieux comme la terre. En tous cas, les Acadiens sont plus vieux que les Québécois. Québec n'ayant été fondé qu'en 1608, par Champlain, toujours.

Ce cher Champlain, Il me faisait tripper à l'école, à cause de la grande maison qu'il a érigée sur le Cap Diamant, l'Habitation, un fort qui a l'air d'une grande auberge.

En fait, soyons clair, sans Champlain et ses énormes qualités d'administrateurs, de navigateur, de dessinateur, de diplomate (entre les hurons et les Iroquois), je ne crois pas que l'Amérique française aurait pu persister. Le premier hiver fut désastreux : huit survivants sur 28 hommes. Vingt ans plus tard, il n'y avait toujours que 5 familles installées entre les sapins et les crève- la-faim

 

Un dernier mot sur Champlain. Il partage avec Diderot le sort suivant : on n’a aucune idée de l’endroit où l'on a déposé sa sépulture. Un grand lac qui coule aussi au Vermont porte son nom. C'est peut-être plus voyageur qu'une pierre portant la fin du permis de séjour ici bas.

Enfin, l'entonnoir d'un continent va jusque-là où vous êtes né. C'est bien mon cas. Malgré la crise d'identité de ma nation, je suis bien né en Amérique du nord. Je peux même reconduire une prise de vue de la vieille maison qui n'est pas l'Habitation. Et aussi le petit cimetière baptiste oublié, perdu entre ma terre et celle du voisin. Si jamais on voulait m'enterrer là, je pourrais faire inscrire sur ma pierre tombale pour des voyageurs éventuels :

«Mon âme aussi repose sur cette terre que j'ai aimée et mes amours me survivront».

Jacques Desmarais

 

Note Jean-Paul Damaggio : J’ai repris cet texte car le vieux français de Champlain me permet de comprendre pourquoi en cette langue, Richard Desjardins a écrit une ode à Aliénor d'Aquitaine, un très beau texte.

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 12:38

Castelsarrasin a connu son Festival Louisiane où Zachary Richard fit un passage, d’où ce texte que je retrouve. JPD

 

Zachary n'oublia pas Richard

Sur la scène du festival de Castelsarrasin,

Zachary entra avec trois autres musiciens.

Il n'oublia pas le lac bijou, les hirondelles et le gumbo.

Il n'oublia pas l'Acadie, la côte nord du Québec et les aligators.

Il ne pouvait rien oublier.

Il n'oublia ni son père ni son grand-père, ni sa vie ni sa culture.

Il n'oublia ni le français ni l'anglais.

Il ne pouvait rien oublier.

Il n'oublia pas le Zydéco moins ancien qu'on ne le croit

Il n'oublia pas les écrevisses qu'il garda pour la fin.

Zachary n'oublia pas Richard et pourtant

Zachary est guitariste sur toute la ligne, sur toutes les cordes.

Son prof Richard lui ouvrit toutes les portes, toutes les caisses.

Zachary joue du clavier sur son synthé.

Son prof Richard lui joua toutes les gammes qui sont des jeux en anglais.

Et ton accordéon Zachary Richard?

Il dormit longtemps près de la grosse caisse.

Il était petit mais l’écran nous aidait à le repérer (involontairement).

Et alors ton accordéon Zachary Richard ?

Tu le pris une fois en guise de décoration.

Tu en jouas une autre fois pour un final endiablé.

Peut-être en a-t-il toujours été ainsi dans tes spectacles ?

Peut-être en sera-t-il toujours ainsi ?

Un jour un tube «travailler c'est trop dur»

Toujours un tube pour que jouer soit moins dur.

Il n'oublia ni l'amour, ni le blues

Il n'oublia ni la cuisine ni les histoires.

Il ne pouvait rien oublier.

jean paul damaggio

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 12:37

Le journal de la Confédération paysanne qui vient de paraître (l’Echo paysan n°122) nous explique comment Philippe de Vergnette a quitté la présidence de la SAFER (82-47-24). Nous avions eu l’information début juillet en rencontrant les amis anti-LGV du Lot et Garonne mais sans rien connaître de l’événement. Le 13 juin nous sortions d’une campagne électorale où Philippe de Vergnette avait représenté l’UMP et s’était prononcé clairement pour une alternative à la LGV. L’Action Agricole du TetG a-t-elle donné sa version des faits ? A suivre. JPD

 

 

Une sortie remarquée...

En arrivant à l'assemblée générale de « la SAFER Garonne-Périgord » le 13 juin à 11h, pour une table ronde " installations agricoles : mission première de la «SAFER Garonne Périgord», je suis surpris et étonné de voir repartir Mr de Vergnette dans sa voiture...

Dès mon arrivée j'essaie de comprendre. Tout le monde attend (nous sommes nombreux), certains sont absents. Le Conseil d'Administration a dû se réunir après l'AG statutaire pour prendre des décisions...

J'apprends que Mr de Vergnette avait annoncé son départ de la présidence et que un agriculteur de la Dordogne était pressenti pour le remplacer (la SAFER Garonne Périgord étant sur plusieurs départements, il est d'usage de " tourner " à chaque changement). Mais au dernier moment : Mr de Vergnette avait changé d'avis et faisait connaître son souhait de conserver son poste.

Ce revirement a semé le trouble à la fin de l'AG statutaire et plusieurs personnes ont dit leur désaccord dune manière assez nette et forte. Ce désaveu de l'assistance a mis Mr de Vergnette très en colère s'en prenant notamment à Mme la Directrice de la SAFER, allant même jusqu'à la menacer de licenciement pour faute professionnelle, mais que pour faire l'économie des frais que ce licenciement allait entraîner : il se retirait...

Un ancien responsable de la SAFER (sans doute doyen de l'assistance) me disait qu'il n'avait jamais vu pareille mascarade et qu'il déplorait cette attitude irresponsable. Cet avis était largement partagé dans l'assistance.

Avec 45 minutes de retard la table ronde a eu lieu, fort intéressante, sur ce thème qui nous tient à cœur : l'installation. Pendant la table ronde certains membres du CA ont rejoint la salle et notamment Fabien Joffre, nouveau Président. Il est agriculteur en Dordogne, a 35 ans et est responsable des J.A. 24.

Nous souhaitons la bienvenue à Fabien Joffre et l'encourageons à continuer à considérer que la SAFER peut-être un formidable " outil " pour de nombreuses installations en agriculture.

Bernard Bouyssou

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 11:14

Voici un article du journal mexicain la Jornada pour suivre la lutte des étudiants chiliens. JPD

 

Des dizaines de jeunes arrêtés par la police militarisée

Environ 150 000 étudiants chiliens ont manifesté pour une éducation de qualité

ENRIQUE GUTIÉRREZ Santiago, le 28 août.

Des dizaines de milliers d'étudiants et d'enseignants ont participé mardi à des marches de massives dans le Centre de Santiago et d'autres villes chiliennes comme Valparaíso et Concepción, lors d'une nouvelle manifestation réclamant des réformes dans le système éducatif, et cherchant à affirmer la cohésion des mouvements sociaux sur ce sujet.

La mobilisation a abouti à des affrontements entre les adolescents et les policiers ce qui a donné des dizaines d’arrestations.

Environ 150 000 étudiants du secondaire et de l’université, les professeurs et les dirigeants syndicaux se sont réunis dans la matinée à proximité de l'Université de Santiago, en une manifestation compacte et colorée, qui rendit petite l'emblématique avenue Bernardo o 'Higgins.

La matche s’est déroulée paisiblement pendant une grande partie de son itinéraire, les étudiants mettant même une note créative avec les costumes, les filles avec la peinture du corps et des danses au rythme de petites bandes formées autour de percussions.

A la clôture de la manifestation, la Vice Présidente de la Fédération des étudiants du Chili, Camila Vallejo, a souligné que « aujourd'hui, il y a une majorité de la population qui se bat pour un objectif commun : récupérer notre droit à la liberté de l'enseignement public et la qualité pour tous les Chiliens ».

La dirigeante étudiante a ajouté qu’ « il existe beaucoup de gens qui luttent pour récupérer d'autres droits; » « la lutte n'est pas limitée à l'éducation, mais vise à retrouver la démocratie au Chili »,

La Professeure Barbara Figueroa, présidente élu de la Confédération du travail (CUT), a déclaré que « désormais la CUT marchera avec les étudiants ainsi qu’avec les citoyens car c’est ainsi que le Chili grandira » et a ajouté que 200 000 personnes dans les rues « c’est ici qu’est la force de la majorité ».

Peu de temps avant, José Ancalao, président des étudiants Mapuche Fédération, a averti que « c'est la génération qui va changer le pays, qu’ils tremblent les occupants de La Moneda ! » et il a appelé à un soutien pour le groupe mapuche, installé au siège local de l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, en signe de protestation de brutalité policière dans ses communautés du Sud.

Peu de temps après midi, la marche étudiante arriva à sa fin et après les discours de clôture, dans les rues Blanco Encalada et l'Avenue Espagne, un groupe de 200 hommes masqués ont affronté la police militarisée des carabiniers. Les agents, qui avaient eu une présence discrète jusqu’à cet instant, suite à la plainte internationale concernant leur brutalité et les abus contre les étudiants, a attaqué avec leurs camions lance eau et les gaz lacrymogènes.

Les hommes masqués, principalement des mineurs de 15ans ont érigé des barricades de feu et détruit le mobilier urbain, donc les policiers se sont déployés sur plusieurs rues de la zone ouest. Quelques dizaines de jeunes gens ont été arrêtés, et comme d'habitude en ces occasions, le président du Chili, Sebastián Piñera, n’était pas à Santiago.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 14:10

L’ami René Merle m’oriente vers une nouvelle source accessible sur internet : une partie de la presse régionale à la BM de Toulouse. Je suis allé aussitôt voir le Midi socialiste que j’ai tant et tant étudié au moment d’une étude sur le cas des grèves de Castelsarrasin avant 1914. Je voulais y retrouver l’homme qui ne me quitte pas, Raoul Verfeuil, et les résultats ne manquent pas. Aujourd’hui le texte de Frossard sur la mort du Montalbanais. Je rappelle que le « boulet de la victoire » c’était pour dire que la victoire de 1918 avec les conditions imposées à l’Allemagne ne pouvait que revenir en pleine figure de la France…. Ce texte est précieux par beaucoup de point. J-P D.

 

Midi Socialiste 3 novembre 1927

Raoul Verfeuil

Il est mort l'autre nuit, dans un sanatorium des Landes, après une longue agonie de plus d'un an. Nous étions tous sans nouvelles de lui depuis des mois. Il m’avait écrit au début de l'année, coup sur coup, deux lettres pleines d'humour et comme l'un de nous, notre ami R.-G, Réa, qui le savait presque dans la gêne, s'était préoccupé de lui assurer au moins un minimum de sécurité matérielle, m’avait prié, avec un émouvant et farouche souci de ce qu’il croyait être sa dignité, de dire qu’il n'accepterait point qu'on lui vint en aide. Sur tout ce qui le concernait, il était d'une discrétion ombrageuse. Il ne livrait jamais rien de sa vie intime et pourtant il n'avait rien à cacher. Nous le plaisantions parfois. Ce doux poète aux yeux candides, qui avait dévoué au socialisme un cœur d'une admirable richesse, cet idéaliste ingénu, passionné accueillait nos railleries avec un bon sourire et les désarmait à force de généreuse indulgence.

Il était venu au socialisme très jeune, par instinct plus que par raison, à la recherche d'une mystique comme tant d'autres. Dans son département d'origine, le Tarn-et-Garonne, il lui fallut livrer de dures batailles pour que le parti de Jaurès eût enfin droit de cité. C'est là-bas qu’en 1914 il fit ses premières armes. Candidat socialiste dans une circonscription où il n'y avait que des coups à recevoir, il se dépensa sans compter, tenant tête avec un beau courage à la meute de ses adversaires. Puis il vint à Paris. La guerre en quelque sorte le révéla à lui-même. Tout de suite, il la dénonça comme le Crime des crimes, et il se mit à la haïr d’une haine exaspérée. Lorsque Maurice Delépine racontera l'histoire du mouvement minoritaire qu'il connaît mieux que personne, il nous montrera Verfeuil assidu aux réunions de son Grenier et plein d'une sombre ardeur pour la paix. Hélas ! nous n'étions pas nombreux à rester maîtres de nos nerfs dans l’effroyable tourmente.

Nous avions pris au sérieux les enseignements de nos chefs et les résolutions viriles de nos Congrès. Le mensonge de la guerre du Droit, de la guerre pour tuer la guerre, soulevait nos consciences. Mais autour de nous, par un phénomène de folie ou d'aberration collective, les plus fermes, les plus clairvoyants, les plus justement écoutés et réputés réprouvaient nos scrupules et nous donnaient tort d'avoir raison.

Raoul Verfeuil était certes, dans notre petit groupe, l'un des plus décidés. Il n’admettait pas leurs hésitations. Il méprisait les petites habiletés de la politique. Il allait toujours jusqu'au bout de sa pensée qui était simple et droite, et il nous proposait toujours, à notre grand désespoir, les formules les plus audacieuses et les initiatives les plus risquées. Un jour, dans un congrès, à la veille des élections bleu horizon de 1919, il eut un mot qui lui valut une notoriété que nos candidats jugèrent fâcheuse : il parla du  « boulet de la Victoire ». Quelle tempête dans les encriers du Bloc National ! Je ne suis pas sûr que ses amis ne lui reprochèrent point avec une affectueuse sévérité, cette audace oratoire. L'avons-nous assez traîné depuis dix ans bientôt, le «boulet» du pauvre Verfeuil !

La Révolution russe exerça sur son esprit un puissant attrait. Mais, il n'adhéra au communisme que par discipline. Il rompit avec Moscou quelques semaines avant moi. Lorsqu'à mon tour je repris ma liberté, il m'écrivit : « Enfin, je te retrouve !... » Et, dans les heures difficiles que je vécus alors, sous les outrages des hommes dont je m'étais séparé, sa chaude et fidèle amitié me fut un réconfort quotidien.

Dès lors, c'est à la reconstitution de l'unité ouvrière qu'il se consacra tout entier. A la mort de Pierre Brizon, il avait repris La Vague qu'il rédigeait presque seul, dans un bureau voisin du mien, rue Saint-André des-Arts. Avant que ses forces ne le trahissent, il nous donna un beau roman, d'une solide facture « L'Apostolat », qui était le récit des années terribles et l’histoire un peu amère de nos espérances et de nos déceptions. Mais déjà il souffrait des premières atteintes du mal implacable qui devait l'emporter.

Nous lui reprochions, nous qui ne savions pas, de manquer de ressort ; il était malade et ne l’avouait point. Nous ne le reverrons plus.

Dans nos réunions et à la tribune des assemblées populaires, nous ne l'entendrons plus de sa voix chantante, que relevait une pointe d'accent méridional, exalter l'idéal dans lequel il avait trouvé le maximum de poésie. Le socialisme perd en lui un militant d'une rare sincérité, Nous perdons un ami sûr, l’ami des mauvais jours, cœur  d'or, d'une exquise délicatesse, compagnon charmant et modeste qui ne voulut jamais faire de peine à personne autour de lui. Sur sa tombe, au bord de l'océan, l’on pourrait graver cette inscription : « Ici repose un socialiste qui fut le meilleur des hommes ! »

L.-O. FROSSARD

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:56

Au salon du livre de Monclar, j’ai eu du temps pour lire et je me suis replongé dans Saggi su Gramsci de Norberto Bobbio. Une saine lecture qui m’a fait me demander ce que l’Humanité avait pu écrire à la mort du philosophe italien. Le mêem jour les trois articles suivants. Marcel Cachin sera le seul à parler du savant. Togliatti qui a sans doute été à l’origine de la déclaration de l’Internationale communiste avait eu cette lettre de Gramsci dès 1926 : « Aujourd’hui, c’est-à-dire neuf ans après octobre 17, ce n’est plus le fait de la prise du pouvoir par les bolcheviks qui peut révolutionner les masses parce qu’il s’agit d’une situation déjà advenue et qui a produit tous ses effets ; aujourd’hui ce qui a un impact idéologique et politique c’est cette conviction (si elle existe) que le prolétariat, une fois au pouvoir peut construire le socialisme. »

JPD

 PS : Je prends conscience que Gramsci meurt en même temps que Guernica.


L'Humanité. 1937/04/30-1937/05/01.

Soyons dignes de Gramsci

NOTRE grand camarade Antonio Gramsci, qui était détenu en prison depuis près de neuf années, avait été condamné le 5 juin 1928 avec dix-huit de ses camarades communistes à vingt ans de réclusion par les tribunaux d'exception du fascisme italien. Comme il était déjà dès ce moment-là, de santé très compromise, ses amis de l'Internationale communiste multiplièrent leurs efforts et leurs protestations pour faire accorder au prisonnier d'Etat un traitement humain et les soins que réclamait son état précaire. Longtemps, les fascistes italiens sont restés sourds à ces appels répétés. Il y a deux ans, les bourreaux ont eu quelque honte de leur conduite. Ils firent fléchir quelque peu les rigueurs de l'emprisonnement.

Mais c'était trop tard d'ailleurs, ils gardèrent Gramsci dans leurs geôles. Et notre malheureux ami vient d'y achever sa longue agonie, tué à petit feu par la barbarie mussolinienne.

C'était un philologue émérite ; c'était un savant de la plus vaste culture ; c’était aussi une âme ardente et passionnée qui se jeta sans réserve à la pointe du combat prolétarien et révolutionnaire. Il avait été l'éducateur de centaines de militants du communisme italien, qui lui doivent leur formation marxiste et leur foi en notre Internationale.

Nous nous étions souvent rencontrés dans nos congrès avec ce camarade exemplaire et avec ceux qui le considéraient avec raison comme le directeur de leur conscience. Et maintenant qu'il nous est enlevé, notre pensée va à ces disciples dignes de lui, à ceux qui furent enfermés comme lui dans les basses-fosses des Chemises noires et qui y sont encore torturés.

Nous pensons, en particulier, à Parodi, nous pensons à Terracini, eux aussi de santé chétive, détenus depuis plus de dix années et menacés d'être envoyés aux îles.

A ces victimes et à toutes celles sur lesquelles se sont closes les lourdes portes des bagnes de Santo-Stefano, de Porto-Longone, d'Omeglia, de Volterra, vont en cette veille du 1er Mai nos fraternels sentiments d'admiration et de solidarité.

Nous n'oublions pas Rakosy dans sa prison de Budapest. Nous n'oublions pas Prestes, le héros que menace la violence brutale du fascisme brésilien. Nous n'oublions pas notre Ernst Thaelmann.

Les communistes français saluent tous ces frères de lutte emprisonnés et tués par la sauvagerie fasciste.

Gloire à ces lutteurs admirables qui souffrent et qui meurent pour la libération de l'humanité ! Marcel CACHIN.

 

Une adresse du Parti communiste français

au Parti communiste italien

« Dans cette heure douloureuse où vous venez de perdre Antonio Gramsci, fondateur de votre parti et un des meilleurs fils du peuple italien, nous vous exprimons, au nom de notre Parti communiste français, les sentiments de notre ardente solidarité.

Gramsci est pour nous, pour tous les démocrates et républicains de France, le symbole du peuple frère d'Italie, opprimé, brimé par la dictature barbare du fascisme de Mussolini.

Les souffrances, le lent assassinat qu'il a subi, sont semblables aux souffrances et au long martyr subis par le peuple italien que la politique du fascisme entraîne d'aventure en aventure, de guerre en guerre.

Devant la mémoire de ce grand chef de votre parti, nous jurons de redoubler nos efforts pour préserver notre peuple et notre pays de la menace du fascisme, de renforcer notre solidarité agissante pour assurer la victoire du peuple espagnol sur Hitler et Mussolini, les bourreaux de Thaelmann et de Gramsci, notre travail patient en vue d'unir les forces de paix et de démocratie dans notre pays et dans le monde.

Nous sommes sûrs que la mort de Gramsci. saura stimuler des milliers et dizaines de milliers d'Italiens à imiter son exemple de dévouement à la cause du peuple et qu'avec eux vous saurez faire de l'Italie, sœur latine de la France, un pays de liberté, marchant à nouveau à la tête des nations qui apportent la culture et le progrès au monde. »

Le Comité central du Parti communiste français.

 

LE COMITÉ ÉXÉCUTIF DE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE

REND HOMMAGE A LA MÉMOIRE D'ANTONIO GRAMSCI

Un nouvel anneau s'ajoute à la chaîne des crimes du fascisme contre la classe ouvrière, contre les masses travailleuses, contre l'humanité.  Le 27avril est mort, à Rome entre les mains des bourreaux fascistes, le camarade Antonio Gramsci, chef de la classe ouvrière et du Parti communiste d'Italie. Le camarade Gramsci, arrêté par les fascistes, en octobre 1926, est resté plus de dix ans en prison. Sa peine avait expiré le 21 avril 1937. Il est mort en prison, malgré l’expiration de sa peine, il est mort au moment où sa famille, ses camarades, tous les ouvriers d'Italie pouvaient espérer qu'une fois en liberté il aurait la possibilité de rétablir sa santé détruite par dix années de prison.

Gramsci a été tué par le fascisme. Il est mort sous les tortures du fascisme italien, qui avait tué Matteotti et des centaines des meilleurs fils de la classe ouvrière d'Italie, Il a été tué par les bourreaux fascistes qui ont anéanti la liberté du peuple italien, et qui maintenant, suspendent sur les peuples du monde entier une menace de guerre sanglante. Gramsci a été tué par les criminels dont les avions de bombardement exterminent et mutilent la population pacifique, les femmes, les enfants innocents d'Espagne.

La classe ouvrière italienne et le prolétariat mondial perdent en la personne de Gramsci un de leurs meilleurs chefs, un des combattants les plus dévoués à la libération de l'humanité du joug et de l'exploitation capitalistes, à la cause de la paix et de la liberté, à la cause du socialisme.

Fils du peuple, étroitement lié avec la classe ouvrière, un des dirigeants de l'aile gauche révolutionnaire du mouvement ouvrier italien avant et pendant la guerre, connaissant profondément l'histoire de son peuple et du marxisme, Antonio Gramsci fut un des fondateurs du Parti communiste italien. Il fut le premier en Italie à apprécier la portée historique mondiale de la grande révolution socialiste d'Octobre. Il fut le premier à populariser dans les masses italiennes, les principes de la révolution victorieuse d’Octobre, de la doctrine de Lénine, Immédiatement après la guerre, il se mit à la tête de l’avant-garde révolutionnaire du prolétariat italien, et s'efforça de diriger sa lutte dans la voie de la conquête du pouvoir par les soviets et l’instauration de la dictature du prolétariat.

Instruit par la défaite du mouvement révolutionnaire italien en 1920, s'éduquant dans les rangs de l'Internationale communiste à l’école du parti de Lénine et de Staline, Antonio Gramsci consacra toutes ses forces, à la création d'un parti de masse de la classe ouvrière, travaillant à chasser des rangs de la classe ouvrière les valets de la bourgeoisie.

Sous la direction de l'Internationale Communiste, il lutta pour liquider l'opportunisme et le sectarisme dans les rangs du Parti communiste d'Italie, pour en faire un vrai parti bolchevik.

Dès l'apparition du mouvement fasciste, Gramsci fut à la tête de la lutte des travailleurs italiens pour la défense de leurs intérêts de classe et les libertés démocratiques, Profondément haï par la bourgeoisie réactionnaire, il s'efforça de montrer au prolétariat la voie qui lui permettrait, par l'alliance avec les grandes masses paysannes et avec la petite bourgeoisie progressiste de développer la lutte victorieuse et renverser le régime sanglant des chemises noires.

Etroitement lié aux massée, capable de s'instruire auprès d'elles, sachant comprendre tous les aspects de la vie sociale, révolutionnaire inflexible, fidèle jusqu'à son dernier souffle à l'internationale communiste et à son parti.

Gramsci nous laisse le souvenir d'un des meilleurs représentants de la génération de bolcheviks qui, dans les rangs de l'Internationale communiste, fut éduquée dans l'esprit de la grande doctrine de Marx. Engels, Lénine, Staline, dans l'esprit du bolchevisme,

Les étrangleurs du peuple italien, les bourreaux qui, pendant dix ans, ont tenu en prison cet homme de santé faible, dans la conviction de ne rendre ensuite que son cadavre au prolétariat italien, devront répondre devant le prolétariat mondial de cet assassinat.

Le nom de Gramsci sera écrit en lettres d'or sur la bannière de la classe ouvrière et des travailleurs qui, en Italie, en Espagne, en France et dans le monde entier, luttent- pour repousser l'infâme fascisme et le faire disparaître de la surface de la terre.

Le nom de Grarnsci restera a jamais gravé dans la mémoire de tous ceux qui aiment la liberté et la paix, L'exemple de sa vie de combat inspirera, des millions d'hommes dans la lutte pour la cause invincible de la classe ouvrière et du socialisme.

Le Comité exécutif de l’Internationale communiste Dimitrov, Ercoli, Manouilski, Pieck, Kusinen, Marty,  Gottwald, Moskvine, Florine, Van Min, Kolarov, Okano, Bronkovaki, Lospvski, Raymond Guyot, Tuominen.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:52

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Sur la photo, quelques auteurs du salon.

 

Comme tout salon c’est un lieu de rencontres vivantes avec des lecteurs, des passants, des auteurs etc.

Premier débat à la vue de mon livre sur la LGV : elle est du Lot et Garonne, de Moirax, et s’étonne que les autorités en soient encore à proposer cette LGV inutile.

Deuxième débat sur la question de l’Ecole normale : une prof de math a assisté à l’immense immonde bricolage qui s’est appelé la création des IUFM. Depuis, malgré une lutte très dure Sarkozy e, a fini avec de tels établissements. A l’heure du rôle fondamental de la formation les formateurs que sont les enseignants… n’ont pas besoin de formation. Mais si, mais si va me répondre une autorité malhonnête : et les stages organisés par les dites autorités ! Comment le formateur de stage peut-il être à la fois juge et partie ? Juge car il juge les enseignants, et partie puisqu’il prétend les former ! L’Ecole normale puis les IUFM étaient constitués de formateurs indépendants des autorités administratives et pouvaient donner ainsi à leurs étudiants, un goût indispensable à la réflexion autonome. Mais bon je ne vais pas refaire le livre…

Un instit qui lui est passé par la formation plus tard que moi, en 1984, me fait observer une donnée que je n’avais pas prise en compte : les instits sortis de l’E.N. en 1970 pouvaient encore bénéficier de promotions (PEGC et toutes les variantes de l’enseignement spécialisé) or ensuite, le niveau de formation va fortement monter et les possibilités de promotion fortement diminuer ! Une incohérence de plus de cette course folle au passage par l’université…

Plusieurs débats sur la brochure de Slimane Azem qui, suite au passage sur Télérama, a bénéficié d’un peu de notoriété. Un homme modeste, effacé qui sans doute à Moissac devait se faire oublier, m’indique une personne qui l’a bien connu. Un homme qui a souffert du régime algérien. Je rêve encore et toujours d’une grande confrontation des souvenirs autour de cet homme extraordinaire.

On m'indique que je suis cité dans un B.D. sur Olympe de Gouges.

Dans un livre sur Simon de Montauban je découvre une nouvelle de Cladel (j’y reviendrai).

Je retrouve quelques connaissances, nous prenons des nouvelles de la santé de chacun et juste avant de partir une belle nouvelle : une dame porteuse d’un manuscrit, que j’avais vu en décembre, a finalement opté pour l’auto-édition et elle a le livre à présent. JPD

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:50

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Courageuse entreprise que cette pièce de théâtre d’Annie Vergne et Clarissa Palmer, avec Gislain Geiger, Juliette Stevez et Annie Vergne.

Courageuse par la confrontation des deux éléments du titre : « Olympe de Gouges » et « porteuse d’espoir ». Olympe, la femme de théâtre, dont la vie même fut un grand théâtre, et le monde actuel pour découvrir encore et encore, l’actualité d’une œuvre trop méconnue.

C’est vrai, je n’ai pas vu la pièce pour le moment mais elle semble bâtie sur une réflexion (culturelle, sociale et politique) qui vient de si loin que j’imagine déjà les émotions qui peuvent surgir. Même la musique est originale dans le cadre d’un projet global. Tout a commencé (si début il y a) par Clarissa Palmer qui a soutenu en novembre 2010 une thèse en biographie (mention très bien) consacrée à Malesherbes et Olympe de Gouges à l’université de Buckingham. Avec sa complice et amie de toujours, Annie Vergne, les écrits d’Olympe sont confrontés par l’intermédiaire d’une jeune personnage, aux questions d’aujourd’hui.

J’encourage les lecteurs de ce blog qui sont dans la région parisienne à aller voir la pièce et à proposer si ça les chante, leur compte-rendu. JPD

Contact diffusion : Julien Séchaud/ Annie Vergne Théâtre le Guichet Montparnasse 15 rue du Maine 75014 Paris leguichetmontparnasse@orange.fr Tel 09 75 75 18 18

Du 6 septembre au 22 décembre les jeudis et samedis à 19 h 00.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 09:37

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Franchement, je n’oublie pas la Tunisie. Marie-France suit les évolutions par la presse et notre inquiétude est grande. Un si beau pays ! Pour vous aujourd’hui deux articles de 2001 qui nous rappellent que des Français n’ont pas attendu 2011 pour évoquer la dictature de Ben Ali. Mais voilà, ceux qui font l’information et qui, donc, courtisaient Ben Ali, sont les mêmes qui ensuite ont imposé leur version de l’histoire : Ben Ali, membre de l’Internationale socialiste était un rempart contre l’intégrisme alors on a fait silence. Déjà en 2001 Guy Sitbon parla de la révolution des jasmins… .Parfois des articles de journaux vieillissent très bien !:Comme le vin, ce sont les meilleurs ! JPD

 

Le dessous des cartes Par Martine Gozlan (Marianne 30 juillet 2001)

Quand la Tunisie s'éveillera...

La Tunisie est une dictature. Proche, familière, fréquentable pour la bronzette et le jasmin à des tarifs défiant toute concurrence. Mais une dictature quand même. Il y vit un peuple charmant, hospitalier, festif, rationaliste, qui pourrait être le plus sûr rempart contre la tentation intégriste. Mais un mot de trop, un mot banal, un mot de simple justice, et les plus brillants des fils et des filles de ce peuple sont jetés en prison. Sihem Bensedrine, journaliste, ex-présidente de la Ligue tunisienne des droits de l'homme : au cachot pour avoir dénoncé la corruption d'un magistrat. Avant de l'incarcérer, et dans des conditions dégradantes, les sbires de la sécurité l'avaient tabassée par deux fois. Moncef Marzouki, médecin, harcelé depuis des années pour avoir fondé contre l'arbitraire le CNLT (Conseil national pour les libertés en Tunisie): menacé d'une nouvelle arrestation. Sadri Khiari, syndicaliste, cofondateur de la même organisation : en grève de la faim pour protester contre une interdiction de quitter le territoire. « Outre la répression contre les étudiants, l'étau se resserre sur l'association des femmes démocrates, des jeunes avocats », dénonce un ancien député, contraint à l'exil, Khemais Chammari. «Contre les faucons du palais de Carthage, véritable Byzance de courtisans musclés et kleptomanes », cet imprécateur ne voit d'issue que dans «une citoyenneté souveraine». La Tunisie se risque depuis peu à dire qu'elle est une dictature. Son statut d'oasis préservée du chaos, en lisière de l'Algérie en éruption, assurait le président Ben Ali d'une impunité totale.

C'est le journaliste et poète Taoufik Ben Brik qui s'offrit le luxe de briser ce silence en jeûnant jusqu'au bout de ses forces en avril 2000. L'exceptionnel tempérament de ce rebelle parvint à ressusciter une opposition anesthésiée. Plus d'un an après, une nouvelle figure galvanise la contestation. Celle du juge MokhtarYahyaoui. Cet inconnu vient de se rendre célèbre en publiant une lettre ouverte à Ben Ali. Il y dénonce la mainmise absolue du régime sur la justice. Ben Ali entend pérenniser ces pratiques en s'attribuant un quatrième mandat en 2004. Avec cette sourde angoisse : quand la Tunisie se réveillera... n

 

 

TUNISIE : LA RÉVOLITION DES JASMINS

Comment se débarrasser d'un tyran? Cette question classique se trouve posée à la Tunisie, l'un de nos voisins les plus proches, et par la géographie et par le cœur. Comment, lorsque le murmure le plus innocent est réprimé comme crime contre la sûreté de l'Etat ? Comment, si le premier magistrat du pays n'a pas la moindre idée de ce qu'est la justice et ignore même le sens du mot droit ? Nous avons pourtant été un certain nombre à tenter de le lui expliquer avec les repères de son entendement. Monsieur Ben Ali, un droit, c'est comme votre maison. Vous l'habitez, vous en êtes propriétaire. Quiconque s'y introduit sans votre consentement, ou pire, vous en dépouille, commet un crime. Il devra en répondre devant les tribunaux. Travailler, entreprendre, parler librement et publiquement, posséder des biens, se déplacer où on l'entend, se réunir avec qui l'on veut, ce ne sont pas des privilèges octroyés par la justice, ce sont autant de propriétés privées, melk, dirons-nous en arabe. La police n'est pas appointée par la collectivité pour anéantir ces droits ; son rôle est au contraire de les préserver, d'en assurer l'exercice et de poursuivre ceux qui cherchent à en priver les gens. Pas un seul Tunisien ne doute de ces principes.

Au bord de la Méditerranée, à la latitude de Tunis, il y a vingt-cinq siècles, Platon et Aristote enseignaient : ou bien l'homme accepte le jeu indéfini de la violence et le règne de l'injustice ou bien il cherche à pacifier son existence par les moyens de ce qui le distingue des autres animaux, la parole et le dialogue. Plus tard, au XIVe siècle, à Tunis, un Tunisien dont la statue se dresse au centre de la ville, Ibn Khaldoun, exprimait exactement la même pensée. Au long des siècles, ces valeurs ont pénétré la conscience de chacun et de tous. Le dernier des paysans illettrés sait qu'il possède des droits de droit divin.

Mais voila qu'un seul homme, qui a osé prétendre avoir été élu avec 99,99 % des voix (négation du dialogue), qui a spolié tous ses concitoyens, jusqu'aux ministres, de leurs libertés élémentaires, voilà que cet homme l’entend autrement. Selon lui, l'Etat est une propriété privée : la sienne. Les hurlements d'un peuple bâillonné lui crient : «Va-t'en !» Il répond, en substance : «Je ne partirai que par la force des armes.» En somme, un appel à la guerre civile lancé par le chef de l'Etat.

Et c'est là que le miracle se produit. Sereinement, les Tunisiens opposent le droit à la violence, avec tous les risques qu'on devine. Un opposant, Ben Faddel, élève la voix. On lui loge deux balles dans la peau, il y survit d'un cheveu. Assez pour faire taire tout le monde ? Quelque temps plus tard, 93 Ben Faddel puis 220 autres, bientôt peut-être des milliers, de Charfi, de Merzouki, exposent leur vie par une simple signature. Au pays de Ben Brick, sans l'ombre d'un spectacle mais dans une forêt de symboles, la révolution des Jasmins chemine irrésistiblement. Elle ne progresse pas par le sang, mais par le parfum du droit. La Tunisie, ce petit pays tranquille, est bien en train de nous donner la plus éloquente leçon de civilisation.

Par Guy Sitbon, Journaliste.

Marianne / 2 au 8 avril 2001

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