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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:56

Au salon du livre de Monclar, j’ai eu du temps pour lire et je me suis replongé dans Saggi su Gramsci de Norberto Bobbio. Une saine lecture qui m’a fait me demander ce que l’Humanité avait pu écrire à la mort du philosophe italien. Le mêem jour les trois articles suivants. Marcel Cachin sera le seul à parler du savant. Togliatti qui a sans doute été à l’origine de la déclaration de l’Internationale communiste avait eu cette lettre de Gramsci dès 1926 : « Aujourd’hui, c’est-à-dire neuf ans après octobre 17, ce n’est plus le fait de la prise du pouvoir par les bolcheviks qui peut révolutionner les masses parce qu’il s’agit d’une situation déjà advenue et qui a produit tous ses effets ; aujourd’hui ce qui a un impact idéologique et politique c’est cette conviction (si elle existe) que le prolétariat, une fois au pouvoir peut construire le socialisme. »

JPD

 PS : Je prends conscience que Gramsci meurt en même temps que Guernica.


L'Humanité. 1937/04/30-1937/05/01.

Soyons dignes de Gramsci

NOTRE grand camarade Antonio Gramsci, qui était détenu en prison depuis près de neuf années, avait été condamné le 5 juin 1928 avec dix-huit de ses camarades communistes à vingt ans de réclusion par les tribunaux d'exception du fascisme italien. Comme il était déjà dès ce moment-là, de santé très compromise, ses amis de l'Internationale communiste multiplièrent leurs efforts et leurs protestations pour faire accorder au prisonnier d'Etat un traitement humain et les soins que réclamait son état précaire. Longtemps, les fascistes italiens sont restés sourds à ces appels répétés. Il y a deux ans, les bourreaux ont eu quelque honte de leur conduite. Ils firent fléchir quelque peu les rigueurs de l'emprisonnement.

Mais c'était trop tard d'ailleurs, ils gardèrent Gramsci dans leurs geôles. Et notre malheureux ami vient d'y achever sa longue agonie, tué à petit feu par la barbarie mussolinienne.

C'était un philologue émérite ; c'était un savant de la plus vaste culture ; c’était aussi une âme ardente et passionnée qui se jeta sans réserve à la pointe du combat prolétarien et révolutionnaire. Il avait été l'éducateur de centaines de militants du communisme italien, qui lui doivent leur formation marxiste et leur foi en notre Internationale.

Nous nous étions souvent rencontrés dans nos congrès avec ce camarade exemplaire et avec ceux qui le considéraient avec raison comme le directeur de leur conscience. Et maintenant qu'il nous est enlevé, notre pensée va à ces disciples dignes de lui, à ceux qui furent enfermés comme lui dans les basses-fosses des Chemises noires et qui y sont encore torturés.

Nous pensons, en particulier, à Parodi, nous pensons à Terracini, eux aussi de santé chétive, détenus depuis plus de dix années et menacés d'être envoyés aux îles.

A ces victimes et à toutes celles sur lesquelles se sont closes les lourdes portes des bagnes de Santo-Stefano, de Porto-Longone, d'Omeglia, de Volterra, vont en cette veille du 1er Mai nos fraternels sentiments d'admiration et de solidarité.

Nous n'oublions pas Rakosy dans sa prison de Budapest. Nous n'oublions pas Prestes, le héros que menace la violence brutale du fascisme brésilien. Nous n'oublions pas notre Ernst Thaelmann.

Les communistes français saluent tous ces frères de lutte emprisonnés et tués par la sauvagerie fasciste.

Gloire à ces lutteurs admirables qui souffrent et qui meurent pour la libération de l'humanité ! Marcel CACHIN.

 

Une adresse du Parti communiste français

au Parti communiste italien

« Dans cette heure douloureuse où vous venez de perdre Antonio Gramsci, fondateur de votre parti et un des meilleurs fils du peuple italien, nous vous exprimons, au nom de notre Parti communiste français, les sentiments de notre ardente solidarité.

Gramsci est pour nous, pour tous les démocrates et républicains de France, le symbole du peuple frère d'Italie, opprimé, brimé par la dictature barbare du fascisme de Mussolini.

Les souffrances, le lent assassinat qu'il a subi, sont semblables aux souffrances et au long martyr subis par le peuple italien que la politique du fascisme entraîne d'aventure en aventure, de guerre en guerre.

Devant la mémoire de ce grand chef de votre parti, nous jurons de redoubler nos efforts pour préserver notre peuple et notre pays de la menace du fascisme, de renforcer notre solidarité agissante pour assurer la victoire du peuple espagnol sur Hitler et Mussolini, les bourreaux de Thaelmann et de Gramsci, notre travail patient en vue d'unir les forces de paix et de démocratie dans notre pays et dans le monde.

Nous sommes sûrs que la mort de Gramsci. saura stimuler des milliers et dizaines de milliers d'Italiens à imiter son exemple de dévouement à la cause du peuple et qu'avec eux vous saurez faire de l'Italie, sœur latine de la France, un pays de liberté, marchant à nouveau à la tête des nations qui apportent la culture et le progrès au monde. »

Le Comité central du Parti communiste français.

 

LE COMITÉ ÉXÉCUTIF DE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE

REND HOMMAGE A LA MÉMOIRE D'ANTONIO GRAMSCI

Un nouvel anneau s'ajoute à la chaîne des crimes du fascisme contre la classe ouvrière, contre les masses travailleuses, contre l'humanité.  Le 27avril est mort, à Rome entre les mains des bourreaux fascistes, le camarade Antonio Gramsci, chef de la classe ouvrière et du Parti communiste d'Italie. Le camarade Gramsci, arrêté par les fascistes, en octobre 1926, est resté plus de dix ans en prison. Sa peine avait expiré le 21 avril 1937. Il est mort en prison, malgré l’expiration de sa peine, il est mort au moment où sa famille, ses camarades, tous les ouvriers d'Italie pouvaient espérer qu'une fois en liberté il aurait la possibilité de rétablir sa santé détruite par dix années de prison.

Gramsci a été tué par le fascisme. Il est mort sous les tortures du fascisme italien, qui avait tué Matteotti et des centaines des meilleurs fils de la classe ouvrière d'Italie, Il a été tué par les bourreaux fascistes qui ont anéanti la liberté du peuple italien, et qui maintenant, suspendent sur les peuples du monde entier une menace de guerre sanglante. Gramsci a été tué par les criminels dont les avions de bombardement exterminent et mutilent la population pacifique, les femmes, les enfants innocents d'Espagne.

La classe ouvrière italienne et le prolétariat mondial perdent en la personne de Gramsci un de leurs meilleurs chefs, un des combattants les plus dévoués à la libération de l'humanité du joug et de l'exploitation capitalistes, à la cause de la paix et de la liberté, à la cause du socialisme.

Fils du peuple, étroitement lié avec la classe ouvrière, un des dirigeants de l'aile gauche révolutionnaire du mouvement ouvrier italien avant et pendant la guerre, connaissant profondément l'histoire de son peuple et du marxisme, Antonio Gramsci fut un des fondateurs du Parti communiste italien. Il fut le premier en Italie à apprécier la portée historique mondiale de la grande révolution socialiste d'Octobre. Il fut le premier à populariser dans les masses italiennes, les principes de la révolution victorieuse d’Octobre, de la doctrine de Lénine, Immédiatement après la guerre, il se mit à la tête de l’avant-garde révolutionnaire du prolétariat italien, et s'efforça de diriger sa lutte dans la voie de la conquête du pouvoir par les soviets et l’instauration de la dictature du prolétariat.

Instruit par la défaite du mouvement révolutionnaire italien en 1920, s'éduquant dans les rangs de l'Internationale communiste à l’école du parti de Lénine et de Staline, Antonio Gramsci consacra toutes ses forces, à la création d'un parti de masse de la classe ouvrière, travaillant à chasser des rangs de la classe ouvrière les valets de la bourgeoisie.

Sous la direction de l'Internationale Communiste, il lutta pour liquider l'opportunisme et le sectarisme dans les rangs du Parti communiste d'Italie, pour en faire un vrai parti bolchevik.

Dès l'apparition du mouvement fasciste, Gramsci fut à la tête de la lutte des travailleurs italiens pour la défense de leurs intérêts de classe et les libertés démocratiques, Profondément haï par la bourgeoisie réactionnaire, il s'efforça de montrer au prolétariat la voie qui lui permettrait, par l'alliance avec les grandes masses paysannes et avec la petite bourgeoisie progressiste de développer la lutte victorieuse et renverser le régime sanglant des chemises noires.

Etroitement lié aux massée, capable de s'instruire auprès d'elles, sachant comprendre tous les aspects de la vie sociale, révolutionnaire inflexible, fidèle jusqu'à son dernier souffle à l'internationale communiste et à son parti.

Gramsci nous laisse le souvenir d'un des meilleurs représentants de la génération de bolcheviks qui, dans les rangs de l'Internationale communiste, fut éduquée dans l'esprit de la grande doctrine de Marx. Engels, Lénine, Staline, dans l'esprit du bolchevisme,

Les étrangleurs du peuple italien, les bourreaux qui, pendant dix ans, ont tenu en prison cet homme de santé faible, dans la conviction de ne rendre ensuite que son cadavre au prolétariat italien, devront répondre devant le prolétariat mondial de cet assassinat.

Le nom de Gramsci sera écrit en lettres d'or sur la bannière de la classe ouvrière et des travailleurs qui, en Italie, en Espagne, en France et dans le monde entier, luttent- pour repousser l'infâme fascisme et le faire disparaître de la surface de la terre.

Le nom de Grarnsci restera a jamais gravé dans la mémoire de tous ceux qui aiment la liberté et la paix, L'exemple de sa vie de combat inspirera, des millions d'hommes dans la lutte pour la cause invincible de la classe ouvrière et du socialisme.

Le Comité exécutif de l’Internationale communiste Dimitrov, Ercoli, Manouilski, Pieck, Kusinen, Marty,  Gottwald, Moskvine, Florine, Van Min, Kolarov, Okano, Bronkovaki, Lospvski, Raymond Guyot, Tuominen.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:52

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Sur la photo, quelques auteurs du salon.

 

Comme tout salon c’est un lieu de rencontres vivantes avec des lecteurs, des passants, des auteurs etc.

Premier débat à la vue de mon livre sur la LGV : elle est du Lot et Garonne, de Moirax, et s’étonne que les autorités en soient encore à proposer cette LGV inutile.

Deuxième débat sur la question de l’Ecole normale : une prof de math a assisté à l’immense immonde bricolage qui s’est appelé la création des IUFM. Depuis, malgré une lutte très dure Sarkozy e, a fini avec de tels établissements. A l’heure du rôle fondamental de la formation les formateurs que sont les enseignants… n’ont pas besoin de formation. Mais si, mais si va me répondre une autorité malhonnête : et les stages organisés par les dites autorités ! Comment le formateur de stage peut-il être à la fois juge et partie ? Juge car il juge les enseignants, et partie puisqu’il prétend les former ! L’Ecole normale puis les IUFM étaient constitués de formateurs indépendants des autorités administratives et pouvaient donner ainsi à leurs étudiants, un goût indispensable à la réflexion autonome. Mais bon je ne vais pas refaire le livre…

Un instit qui lui est passé par la formation plus tard que moi, en 1984, me fait observer une donnée que je n’avais pas prise en compte : les instits sortis de l’E.N. en 1970 pouvaient encore bénéficier de promotions (PEGC et toutes les variantes de l’enseignement spécialisé) or ensuite, le niveau de formation va fortement monter et les possibilités de promotion fortement diminuer ! Une incohérence de plus de cette course folle au passage par l’université…

Plusieurs débats sur la brochure de Slimane Azem qui, suite au passage sur Télérama, a bénéficié d’un peu de notoriété. Un homme modeste, effacé qui sans doute à Moissac devait se faire oublier, m’indique une personne qui l’a bien connu. Un homme qui a souffert du régime algérien. Je rêve encore et toujours d’une grande confrontation des souvenirs autour de cet homme extraordinaire.

On m'indique que je suis cité dans un B.D. sur Olympe de Gouges.

Dans un livre sur Simon de Montauban je découvre une nouvelle de Cladel (j’y reviendrai).

Je retrouve quelques connaissances, nous prenons des nouvelles de la santé de chacun et juste avant de partir une belle nouvelle : une dame porteuse d’un manuscrit, que j’avais vu en décembre, a finalement opté pour l’auto-édition et elle a le livre à présent. JPD

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 15:50

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Courageuse entreprise que cette pièce de théâtre d’Annie Vergne et Clarissa Palmer, avec Gislain Geiger, Juliette Stevez et Annie Vergne.

Courageuse par la confrontation des deux éléments du titre : « Olympe de Gouges » et « porteuse d’espoir ». Olympe, la femme de théâtre, dont la vie même fut un grand théâtre, et le monde actuel pour découvrir encore et encore, l’actualité d’une œuvre trop méconnue.

C’est vrai, je n’ai pas vu la pièce pour le moment mais elle semble bâtie sur une réflexion (culturelle, sociale et politique) qui vient de si loin que j’imagine déjà les émotions qui peuvent surgir. Même la musique est originale dans le cadre d’un projet global. Tout a commencé (si début il y a) par Clarissa Palmer qui a soutenu en novembre 2010 une thèse en biographie (mention très bien) consacrée à Malesherbes et Olympe de Gouges à l’université de Buckingham. Avec sa complice et amie de toujours, Annie Vergne, les écrits d’Olympe sont confrontés par l’intermédiaire d’une jeune personnage, aux questions d’aujourd’hui.

J’encourage les lecteurs de ce blog qui sont dans la région parisienne à aller voir la pièce et à proposer si ça les chante, leur compte-rendu. JPD

Contact diffusion : Julien Séchaud/ Annie Vergne Théâtre le Guichet Montparnasse 15 rue du Maine 75014 Paris leguichetmontparnasse@orange.fr Tel 09 75 75 18 18

Du 6 septembre au 22 décembre les jeudis et samedis à 19 h 00.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 09:37

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Franchement, je n’oublie pas la Tunisie. Marie-France suit les évolutions par la presse et notre inquiétude est grande. Un si beau pays ! Pour vous aujourd’hui deux articles de 2001 qui nous rappellent que des Français n’ont pas attendu 2011 pour évoquer la dictature de Ben Ali. Mais voilà, ceux qui font l’information et qui, donc, courtisaient Ben Ali, sont les mêmes qui ensuite ont imposé leur version de l’histoire : Ben Ali, membre de l’Internationale socialiste était un rempart contre l’intégrisme alors on a fait silence. Déjà en 2001 Guy Sitbon parla de la révolution des jasmins… .Parfois des articles de journaux vieillissent très bien !:Comme le vin, ce sont les meilleurs ! JPD

 

Le dessous des cartes Par Martine Gozlan (Marianne 30 juillet 2001)

Quand la Tunisie s'éveillera...

La Tunisie est une dictature. Proche, familière, fréquentable pour la bronzette et le jasmin à des tarifs défiant toute concurrence. Mais une dictature quand même. Il y vit un peuple charmant, hospitalier, festif, rationaliste, qui pourrait être le plus sûr rempart contre la tentation intégriste. Mais un mot de trop, un mot banal, un mot de simple justice, et les plus brillants des fils et des filles de ce peuple sont jetés en prison. Sihem Bensedrine, journaliste, ex-présidente de la Ligue tunisienne des droits de l'homme : au cachot pour avoir dénoncé la corruption d'un magistrat. Avant de l'incarcérer, et dans des conditions dégradantes, les sbires de la sécurité l'avaient tabassée par deux fois. Moncef Marzouki, médecin, harcelé depuis des années pour avoir fondé contre l'arbitraire le CNLT (Conseil national pour les libertés en Tunisie): menacé d'une nouvelle arrestation. Sadri Khiari, syndicaliste, cofondateur de la même organisation : en grève de la faim pour protester contre une interdiction de quitter le territoire. « Outre la répression contre les étudiants, l'étau se resserre sur l'association des femmes démocrates, des jeunes avocats », dénonce un ancien député, contraint à l'exil, Khemais Chammari. «Contre les faucons du palais de Carthage, véritable Byzance de courtisans musclés et kleptomanes », cet imprécateur ne voit d'issue que dans «une citoyenneté souveraine». La Tunisie se risque depuis peu à dire qu'elle est une dictature. Son statut d'oasis préservée du chaos, en lisière de l'Algérie en éruption, assurait le président Ben Ali d'une impunité totale.

C'est le journaliste et poète Taoufik Ben Brik qui s'offrit le luxe de briser ce silence en jeûnant jusqu'au bout de ses forces en avril 2000. L'exceptionnel tempérament de ce rebelle parvint à ressusciter une opposition anesthésiée. Plus d'un an après, une nouvelle figure galvanise la contestation. Celle du juge MokhtarYahyaoui. Cet inconnu vient de se rendre célèbre en publiant une lettre ouverte à Ben Ali. Il y dénonce la mainmise absolue du régime sur la justice. Ben Ali entend pérenniser ces pratiques en s'attribuant un quatrième mandat en 2004. Avec cette sourde angoisse : quand la Tunisie se réveillera... n

 

 

TUNISIE : LA RÉVOLITION DES JASMINS

Comment se débarrasser d'un tyran? Cette question classique se trouve posée à la Tunisie, l'un de nos voisins les plus proches, et par la géographie et par le cœur. Comment, lorsque le murmure le plus innocent est réprimé comme crime contre la sûreté de l'Etat ? Comment, si le premier magistrat du pays n'a pas la moindre idée de ce qu'est la justice et ignore même le sens du mot droit ? Nous avons pourtant été un certain nombre à tenter de le lui expliquer avec les repères de son entendement. Monsieur Ben Ali, un droit, c'est comme votre maison. Vous l'habitez, vous en êtes propriétaire. Quiconque s'y introduit sans votre consentement, ou pire, vous en dépouille, commet un crime. Il devra en répondre devant les tribunaux. Travailler, entreprendre, parler librement et publiquement, posséder des biens, se déplacer où on l'entend, se réunir avec qui l'on veut, ce ne sont pas des privilèges octroyés par la justice, ce sont autant de propriétés privées, melk, dirons-nous en arabe. La police n'est pas appointée par la collectivité pour anéantir ces droits ; son rôle est au contraire de les préserver, d'en assurer l'exercice et de poursuivre ceux qui cherchent à en priver les gens. Pas un seul Tunisien ne doute de ces principes.

Au bord de la Méditerranée, à la latitude de Tunis, il y a vingt-cinq siècles, Platon et Aristote enseignaient : ou bien l'homme accepte le jeu indéfini de la violence et le règne de l'injustice ou bien il cherche à pacifier son existence par les moyens de ce qui le distingue des autres animaux, la parole et le dialogue. Plus tard, au XIVe siècle, à Tunis, un Tunisien dont la statue se dresse au centre de la ville, Ibn Khaldoun, exprimait exactement la même pensée. Au long des siècles, ces valeurs ont pénétré la conscience de chacun et de tous. Le dernier des paysans illettrés sait qu'il possède des droits de droit divin.

Mais voila qu'un seul homme, qui a osé prétendre avoir été élu avec 99,99 % des voix (négation du dialogue), qui a spolié tous ses concitoyens, jusqu'aux ministres, de leurs libertés élémentaires, voilà que cet homme l’entend autrement. Selon lui, l'Etat est une propriété privée : la sienne. Les hurlements d'un peuple bâillonné lui crient : «Va-t'en !» Il répond, en substance : «Je ne partirai que par la force des armes.» En somme, un appel à la guerre civile lancé par le chef de l'Etat.

Et c'est là que le miracle se produit. Sereinement, les Tunisiens opposent le droit à la violence, avec tous les risques qu'on devine. Un opposant, Ben Faddel, élève la voix. On lui loge deux balles dans la peau, il y survit d'un cheveu. Assez pour faire taire tout le monde ? Quelque temps plus tard, 93 Ben Faddel puis 220 autres, bientôt peut-être des milliers, de Charfi, de Merzouki, exposent leur vie par une simple signature. Au pays de Ben Brick, sans l'ombre d'un spectacle mais dans une forêt de symboles, la révolution des Jasmins chemine irrésistiblement. Elle ne progresse pas par le sang, mais par le parfum du droit. La Tunisie, ce petit pays tranquille, est bien en train de nous donner la plus éloquente leçon de civilisation.

Par Guy Sitbon, Journaliste.

Marianne / 2 au 8 avril 2001

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 09:34

Dans tous les journaux il y a des journalistes que j’admire et d’autres que je déteste. Dans Marianne j’ai eu un faible pour Alexis Liebaert et Martine Gozlan. Dans le Nouvel Observateur pour René Backman ou Marcelle Padovani. Dans le Monde Diplomatique pour Maurice Lemoine. Dans l’Humanité pour Hassane Zerouky. Dans ces mêmes journaux je vous dispense de la liste trop longue de ceux que je déteste (sauf pour le cas de Patrick Besson qui tenait chronique juste à côté de l’article ci-dessous et j’ai eu le déplaisir de croiser partout de l’Humanité au Figaro). Aujourd’hui qu’ici ou là on parle de la mort de Gore Vidal il n’est pas inutile de retrouver cet entretien de 2006. JPD

 

Gore Vidal : Je suis un populiste, Marianne 26 août 2006

Une suite au Plaza Athénée. Un homme élégant, polo noir, costume gris, sur une chaise roulante (problèmes de genoux) Bien qu'il flirte avec les 80 ans, l'écrivain Gore Vidai est tel qu'en lui-même : sûr de lui et, pour tout dire, un rien arrogant. Et le vieil animal politique (il fut un proche de J. F. Ken- nedy) qui sommeille depuis toujours en lui a conservé toutes ses dents. Dans le collimateur, cette fois, George W. Bush, dont il demande la destitution.

  Marianne : Pour quelle raison un écrivain écrit-il ses Mémoires? Pour l'édification des jeunes générations ou pour régler quelques comptes en suspens ?  

Gore Vidal: Il faut savoir que, si je suis inconnu en France, je suis très connu dans le reste du monde, et il y a eu au moins une dizaine de livres écrits sur moi, presque tous bourrés d'erreurs. Alors j'ai pensé que le temps était venu de corriger ces erreurs.

  Vous êtes, dans ces Mémoires, souvent cruel avec les gens célèbres, notamment à l'égard de Truman Capote. N'est-ce pas un peu injuste ?  

G.V. C'était un personnage horrible. Il cherchait des histoires à tout le monde. C'était un menteur pathologique. La presse le savait, et la presse l'adorait. Avez-vous vu le film qui lui est consacré ? Le film est réellement bon, bien meilleur que Capote ne l'était. C'est très courageux de la part du réalisateur d'être resté aussi près que possible de la réalité plutôt que de l'enjoliver pour faire plaisir au public.

  Vous avez dit un jour : « Je suis l'un des derniers intellectuels américains »  

G.V.: Non je n'ai jamais dit cela. Comment le pourrais-je ? Si vous l'avez lu sous la plume d'un journaliste, c'est qu'il écrit n'importe quoi.

  Mais quel regard portez-vous sur le débat intellectuel aux Etats-Unis ?  

G.V.: Ecoutez, nous avons un «coup d'Etat» sur les bras. L'establishment et le gouvernement des Etats-Unis sont aujourd'hui totalement militarisés, avec un œil sur l'Iran et l'autre sur différents pays à envahir. C'est cela que les écrivains devraient dire. Ils devraient être cruels et critiques comme moi. Je n'en vois pas beaucoup qui le sont. Ils pensent qu'il suffit de signer un bout de papier qui dit «je suis contre la guerre ». Mais je suppose que c'est mieux que rien.

  Etes- vous préoccupé par l'influence des « néocons » sur la politique américaine ?  

G.V. : Oui, très. Regardez-les. La plupart d'entre eux n'ont jamais travaillé, sauf dans des universités. Aucun n'a écrit de livre d'une quelconque importance, la plupart d'entre eux sont simplement des critiques littéraires spécialisés dans les essais. Leur seule manière d'obtenir leur nom dans des journaux est d'attaquer Edward Said ou Gore Vidal. C'est la première fois que les Etats-Unis sont sous la coupe de critiques littéraires, à tous les niveaux. Les grandes entreprises les ont réunis dans des groupes de réflexion et les ont envoyés travailler pour le gouvernement. C'est comme cela que nous avons la guerre en Irak. Imaginez ce qui passerait en France si vous leur offriez le contrôle de l'Elysée... En fait, notre Constitution a été jetée à la poubelle par Bush. C'est pour cela qu'il ne cesse de répéter comme un perroquet: «Je suis un président de temps de guerre, je suis un président de temps de guerre... » Mais il ne l'est pas. Il n'y a pas vraiment de guerre. Il ne peut pas y avoir de guerre sans l'accord du pays. Et il ne peut pas y avoir de guerre sans qu'elle soit déclarée par le Congrès, c'est contre la Constitution. En fait en s'abritant derrière son «je suis un président de temps de guerre », Bush tente, après avoir déchiré la Constitution, de s'arroger un pouvoir dictatorial.

  Vous avez, vous-même, fait de la politique...  

G.V. : Oui, j'ai été deux fois candidat au congrès du Parti démocrate. Et, pendant les six derniers mois, j'ai fait campagne, en Californie surtout, pour les candidats du Parti démocrate aux prochaines élections, parce que c'est seulement à la Chambre des représentants que l'on peut lancer une procédure de destitution (impeachment) du président. Mais, au fond, moi, je suis un populiste.

  C'est un mot qui n'a pas très bonne presse en France. Comment définiriez-vous le populisme américain ?  

G.V. : Progressiste, en faveur des droits des minorités, même quand la majorité n'aime pas la minorité, comme c'est le cas avec les Noirs aux Etats-Unis. Il suffit pour s'en convaincre de regarder ce qui s'est passé à La Nouvelle-Orléans au moment du cyclone Katrina. Mais le pays est devenu si obsédé par l'argent que si quelqu'un agit en fonction de principes moraux on le considère comme fou. Alors, au fond, nous avons un seul parti, le parti du profit américain. Et ils achètent les élections pour les gens qu'ils choisissent. Ce parti a deux ailes droites l'une appelée «républicains », l'autre «démocrates ». Suis-je vraiment un démocrate ? Non, mais, encore une fois, je dois voter pour des gens qui pourraient lancer une procédure de destitution du président.

  Et vous pensez vraiment que George Bush peut être destitué ?  

G. V. Pour le moment, non, puisqu'il dispose de la majorité. Mais, si par miracle les démocrates avaient en novembre la majorité à la Chambre des représentants, alors là oui, je crois qu'il sera destitué...

Propos recueillis par Alexis Liebaert

Palimpseste, de Gore Vidal, Galaade Editions, 637p., 25€.

A lire également, deux romans de Gore Vidal, Julien et Kaiki qui viennent de paraître chez le même éditeur.

 

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 16:54

Quelle plus belle transition que de passer de Nougaro dans l’Huma en 1977 à Desjardins dans l’Huma en 2012. J’entends bien que le français de Desjardins est parfois difficile à comprendre mais parce qu’en France l’information sur le Québec est très faible. De ce fait, je crains que les lecteurs du journal n’aient pas pu tout suivre de cet entretien. D’abord des expressions contradictoires sur la question de la langue « ressent-on la nécessité de défendre la langue? » Richard Desjardins. « Je ne crois pas. Mais s’il n’y a pas de coup de barre actuellement… » Toute la réponse  montre qu’il faut défendre la langue donc le « je ne crois pas » deviens énigmatique. Et comment comprendre que l’art actuel vienne de « l’isolement » conçu souvent comme l’appauvrissement assuré… ? Que ce soit le jazz, la salsa, ou la musique au Québec, l’art vient de peuples en survie… Que dire d’une question comme : « Cette question de l’environnement semble parfois en opposition avec celle du travail? » ? Est-ce la caractéristique méfiance communiste envers l’écologie ? La question de l’écologie est au cœur même du travail, si on en a une vision globale ! Que sur l'Huma on ne pose pas de question à Richard Desjardins sur Québec solidaire, le parti politique qu'il soutient, qu'à la fin on oublie -comme j'ai failli le faire - la présence de ce parti au grand débat télé, c'est un peu regrettable.  L’entretien me paraît très utile mais si vaste qu’à trop effleurer on embrasse mal… JPD

 

22 Août 2012  Québec

Richard Desjardins "Un doute s’est installé dans la conscience collective"

Les Québécois voteront le 4septembre prochain pour des élections générales. Richard Desjardins, chanteur et homme engagé, livre son regard sur la Belle Province, la question de la langue, de l’environnement, de la politique, après que les étudiants ont dénoncé les politiques menées par le premier ministre sortant.

 

Richard Desjardins est un auteur compositeur québécois. En 2004, il reçoit le grand prix du disque, décerné par l’académie Charles-Cros, pour son album Kanasuta. Mais cet amoureux de la nature, ce passionné de l’histoire du Québec sort, aussi, du cadre de la chanson pour prendre la parole: il est, en outre, documentariste et vice-président de l’Action boréale.

 

Le Québec fait preuve d’une véritable richesse musicale, créative. D’où vient, à votre avis, cette passion pour la musique?

 

Richard Desjardins. De l’isolement et du fait que nous, les Québécois, ayons été sans relation avec la France, pendant cent ans, entre1760 et1860. Sans aucun système d’éducation francophone. La transmission du français, de cette culture, se passait donc le soir à la maison, et le principal vecteur était les contes et les chansons. C’est resté! Il ne s’agit pas d’écriture, mais bien d’oral. J’ai l’impression qu’à la longue, ça s’est arrimé en nous. Jusqu’à aujourd’hui… Chez nous, par exemple, ça chantait tout le temps. En plus, ma mère était très bonne musicienne, mon père chantait en permanence. Nous avons gardé cette passion de la chanson.

 

La langue que vous utilisez, à accent, avec des mots particuliers… n’est pas toujours évidente pour un Français.

 

Richard Desjardins. Pas évidente du tout! Même chez moi. Au début, il y a vingt ou trente ans, plus j’allais chanter vers l’est, et plus les difficultés de compréhension apparaissaient. La langue que j’utilise est vraiment une langue de frontière. L’Ontario (anglophone – NDLR) n’est qu’à 20kilomètres. D’ailleurs, c’était toujours dans des villes frontières comme Gattineau ou Sherbrook que j’ai rencontré les premiers succès importants. Mais j’arrive toujours à me faire comprendre même si, c’est sûr, c’est un frein pour le public français. Si c’était en anglais, beaucoup ne se poseraient peut-être même pas la question. Mais, comme c’est en français, ils vont tendre l’oreille.

 

Quand on est québécois, vivant entouré de 300millions d’anglophones, ressent-on la nécessité de défendre la langue?

 

Richard Desjardins. Je ne crois pas. Mais s’il n’y a pas de coup de barre actuellement… Quand je voyage à travers le Canada, de Vancouver aux Maritimes, je vois l’assimilation galopante. À partir du moment où même des universités francophones donnent des cours en anglais, c’est inquiétant. Puis le gouvernement en place fait semblant de ne rien voir car il pense son bassin d’électeurs assuré.

 

En plus, vous inventez des mots! Que signifie le titre de votre album, l’Existoire?

 

Richard Desjardins. C’est sûr qu’en tapant le mot sur un ordinateur, un petit surlignage rouge apparaît! Je ne sais pas, en tout cas, ce que ça veut dire; d’ailleurs, dans le spectacle, je demande aux gens de laisser à l’entrée une définition de l’existoire. C’est un beau jeu. Dedans, il y a existence, histoire, ex. Une fois l’album sorti, j’ai reçu un courrier et un livre envoyés par une dame. C’étaient des contes pour enfants, de 1990: les 1001 Existoires d’une petite fille. En fait, le mot existait, je ne le savais pas. À sa sortie, Gilles Vigneault m’a dit: «Je suis jaloux de ton titre.» On est là pour ça. Poser un peu d’irréel, ça fait du bien…

 

L’une des chansons, Développement durable, évoque un homme «  fier d’être ignorant», prêt à sacrifier les ressources naturelles…

 

Richard Desjardins. C’est un personnage extrêmement commun sur le territoire au Québec. Des barjots, des chasseurs… ils sont pénétrés de la vieille mentalité selon laquelle les ressources sont inépuisables. Souvent, des moteurs à 3 temps leur tiennent lieu de cerveau. Vous avez le pendant en France: Chasse, pêche, nature et tradition. En France, quand on veut aller se promener en forêt, tout est privé! Les espaces publics sont restreints. Et puis, les fins de semaine, c’est dangereux de se promener en forêt. Au Québec, lors de la chasse à l’orignal, tu ne te promènes pas dans le bois non plus!

 

Cette question de l’environnement semble parfois en opposition avec celle du travail?

 

Richard Desjardins. Il faut qu’il y ait une mutation du travail. Au Québec, les emplois créés ces trente dernières années l’ont été dans des cellules d’une trentaine de personnes. Avec l’hyperindustrialisation, le bassin d’emploi diminue alors que la production augmente. Il faut aujourd’hui, dans les «techno-mines», dix fois moins d’hommes qu’il y a cinquante ans pour extraire le même volume de minerai. Les machines pour le bois fonctionnent elles aussi avec beaucoup moins d’hommes. Tout cela crée du chômage. Mais c’est la catastrophe assurée! En outre, nous ne produisons plus que des solives, du «2 × 4» pour la construction, très peu transformées; les camions que l’on voit sur la route transportent des arbres d’un diamètre de plus en plus petit. En 2004, une commission d’enquête publique portant sur la gestion forestière a confirmé ce fait. On y apprenait au passage que les subventions accordées aux sociétés forestières dépassaient les revenus qu’on en tirait. D’ailleurs, quand est arrivée la crise de l’immobilier, en 2007-2008, aux États-Unis, les prix se sont effondrés. Au Québec nous avons les plus grandes forêts naturelles du monde. En forêt boréale, de 300 à 400 produits naturels pourraient être transformés. Rien n’est fait! Tout cela risque d’engendrer des pertes d’emplois.

 

Vous avez écrit les Yankees, qui évoque le rapport avec les Indiens. Les Américains ont-ils conquis le Québec?

 

Richard Desjardins. Économiquement, oui. Il y a une usine de pompage d’eau à côté de chez moi en Abitibi. Ça ne demande pas de haute technologie, d’autant que l’eau s’en va directement dans la bouteille, sans filtrage: elle est filtrée depuis trois mille ans grâce à une formation géologique, une esker. On a réussi à la vendre à une compagnie américaine, JP Morgan, une compagnie de finances. Au Québec, les ressources naturelles ont été bradées. Alors ils n’ont pas eu besoin d’envoyer d’armée. Mais je suis chanceux. À l’époque, en 1969, si j’avais été américain, je partais au Vietnam. Nous allons cultiver la différence!

 

Le plan Grand Nord, mis en place par le premier ministre Jean Charest, en 2011, pour faciliter l’exploitation des ressources naturelles au nord du 49e parallèle, va encore dans le sens d’une conquête, et de privatisations…

 

C’est un pur ballon électoral. Les gisements sont déjà trouvés, essentiellement un gisement de nickel, énorme, un gisement de fer. Pendant cent cinquante ans, il sera possible de creuser dans ces gisements. Encore une fois, nous avons réussi à donner un gisement à une compagnie chinoise et à une autre de l’Inde. Incroyable! Les redevances vont être calculées non pas en fonction du minerai, mais des profits qui seront quasiment inexistants à partir du moment où les comptables auront fait preuve de leurs talents mystifiants. Pourquoi ne les exploitons-nous pas nous-mêmes? Charest veut même fournir l’électricité à des prix presque déficitaires, construire, dans ces grands espaces de toundra québécoise, des chemins de fer, des aéroports, des ports en eaux profondes, de nouveaux barrages pour desservir deux énormes gisements de fer et de nickel déjà trouvés. Pour amener un minerai en vrac qui partira en Chine, en Inde… C’est stupide! Pourquoi ne nationalisent-ils pas? Le gisement est là, c’est nous-mêmes qui en assurons le maintien. Le ministre dit non: ce n’est pas dans notre idéologie de promouvoir une collectivisation de ce bien. L’affaire cocasse, c’est que la compagnie chinoise est une compagnie d’État qui vient chercher le minerai! Alors que nous sommes déjà endettés de 300milliards à l’échelle du Québec et à 600milliards à celle fédérale, le gouvernement s’apprête à engager des dizaines de milliards sur un projet aux retombées hypothétiques. C’est, en tout cas, ce que disent les analystes indépendants.

 

Et au même moment, il a été demandé aux étudiants de payer plus en droits de scolarité. Les manifestations ne sont-elles qu’une goutte d’eau de l’insatisfaction collective?

 

Richard Desjardins. Mon sentiment est que l’étudiant sait qu’il est endetté; déjà, la moyenne des étudiants sortent des études avec une dette personnelle de 20000dollars. S’ajoute la dette publique du Québec et celle du fédéral. L’étudiant, au terme de ses études, doit 100000dollars. Je pense que le premier ministre avait oublié cela. Et quand il a rencontré les étudiants, pour leur demander cette hausse des frais d’admission, il a dit: nous allons nous réajuster avec la moyenne nord-américaine, ce qui vous coûtera 1dollar de plus par jour. Ce à quoi les étudiants ont répondu: si ce n’est qu’un dollar de plus par jour, pourquoi ne le payez-vous pas? En outre, l’opinion publique a été très choquée par une série d’anomalies qui n’ont pas toutefois de rapport entre elles: il y a quelques années, quand les explorateurs de gaz de schiste sont arrivés dans la vallée du Saint-Laurent, ils sont arrivés sans explication, brutalement, parfois ils étaient même représentés par des anciens hauts fonctionnaires ou des hommes politiques. Ou encore, les Québécois ont appris que la construction d’une route coûte 30% de plus sur leur territoire qu’en Ontario! Alors, ce plan Grand Nord déficitaire qui arrive comme ça… Les premières banderoles au début des manifestations évoquaient souvent la braderie des ressources naturelles. Alors que le gouvernement Charest sabrait dans les budgets de la santé, de l’éducation, exigeait des hausses des frais de scolarité, déclarant aux étudiants que c’est «leur juste part», la réponse a été manifestations, casseroles…

 

La population est divisée sur le soutien aux étudiants mais est contre la loi 78…

 

Richard Desjardins. La population semble de plus en plus contre les étudiants. Et Charest mise là-dessus pour se faire réélire. Pour occulter tout son bilan, calamiteux d’ailleurs. Il mise là-dessus: c’est moi l’homme fort; toujours le mythe du chef – très persistant au Québec.

 

Le fait d’avoir vécu à proximité des Indiens vous a-t-il permis de relativiser cette notion du chef?

 

Richard Desjardins. Les chefs n’existaient pas chez les Indiens. C’est une création de l’État fédéral. Quand il les a mis en réserve, il a dit :«élisez-vous un chef car nous ne voulons parler qu’à une seule personne.» Mais, chez eux, le chef n’existait pas, excepté peut-être chez les Iroquois qui contrôlaient les Grands Lacs. Chez les Algonquins, le chef était celui qui savait où était la viande! Ils se réunissaient l’été autour du lac poissonneux, passaient leurs étés ensemble, se réunissaient, se mariaient; ils se divisaient les rivières, savaient où était le gibier. Tout était organisé en fonction des mois d’hiver. La seule punition de mort qui existait, c’était quand tu allais voler l’orignal de l’autre. Chaque animal était discuté. Ils savaient exactement où ils étaient. Encore aujourd’hui. Les 11communautés algonquines de mon territoire ne sont pas fédérées: elles préfèrent mourir.

 

Dans cette crise aujourd’hui, au Québec, y a-t-il une volonté de dépasser le libéralisme? les structures hiérarchiques telles qu’elles sont établies?

 

Richard Desjardins. Oui. Le mouvement – celui-ci tel qu’il se dessine – n’ira pas forcément loin. Il m’apparaît comme un gros Occupy Wall Street, car je ne sens pas qu’au sein de ce mouvement se développe une ossature politique. Mais il est important pour ce qu’il signifie. Un doute s’est installé dans la conscience collective. Le Québec s’est peut-être souvenu que 90% de son territoire est de propriété publique – une proportion complètement inverse de celle en Europe – et que le plus humble des Québécois en est le légataire. L’avenir nous le dira, mais je crois que la révolte au Québec a pris racine, en bonne partie, en réaction à cette calamiteuse gestion du territoire.

 

Les étudiants au cœur du scrutin Les élections anticipées prévues le 4septembre font suite à la dissolution, le 1eraoût, du Parlement de la Belle Province par le premier ministre Jean Charest, acculé à prendre cette décision. Depuis plusieurs mois, la lutte contre la hausse des droits de scolarité, décidée par le gouvernement libéral fédéraliste sortant, mobilise les étudiants. En outre, la question de l’indépendance du Québec est revenue sur le devant de la scène politique. Enfin, le plan Grand Nord est contesté par la population. Ces questions ont été au cœur du premier débat télévisé qui s’est déroulé le 20août entre le dirigeant du Parti libéral (PLQ) Jean Charest et la chef du Parti québécois (PQ, indépendantistes). Et aujourd’hui, les étudiants doivent de nouveau descendre dans les rues de Montréal.

 

Entretien réalisé par Fabien Perrier

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 18:58

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Pour cause de quelques soucis j’ai l’impression que l’été 2012 est déjà passé depuis quelques semaines. Alors je suis allé voir loin dans le temps, voici 35 ans, quand mon été se termina devant une scène où il y avait un samedi à 16 h Luis Llach, à 16 h 30 Mercedes Sosa, à 17 h les Quilapayun et à 17 h 30 Claude Nougaro. Pour moi, je ne connais de plus belle programmation. D’autant qu’à 18 h j’écoutais Jacques Arnault discutant avec Yves Berger. Les initiés auront reconnu un programme seulement possible dans le cadre d’une fête de l’Huma. Quel est le refrain de l’été 2012 ? La chanson s’est envolée mais je dois me tromper. En guise de nostalgie cet entretien avec l’immense Claude Nougaro photographié par Christian Vioujard. JPD

 

L’Humanité Dimanche 9 février 1977

Dans la chanson que vous faites, Claude Nougaro, vous utilisez le mot comme un son, vous soignez le texte. Mais la musique aussi est privilégiée, et puis vous ne craignez pas de danser quand l'envie vous en prend. Expliquez-nous tout ça.

J'ai découvert la magie verbale avec Victor Hugo, Beaudelaire, Rimbaud, qui projetaient sur l'écran du papier le film de leur âme, dont le mot était l'acteur, le danseur prodigieux. Grâce à eux, j'ai compris que les mots faisaient l'amour entre eux pour engendrer l'action, des images étonnantes de vigueur et de précision. Je croyais véritablement à mes débuts avoir une vocation, sinon d'écrivain, de poète. J'avais, d'une façon charnelle, partie liée avec ma langue. Comme au XIXe siècle qui m'a donc longtemps hanté, je suis venu à Paris pour rencontrer des poètes. Paris était pour moi le phare, où je pourrais rencontrer mes « frères de race ». Mais Paris n'a pas été le tableau succulent que je m'en étais tracé. Il a fallu gagner sa vie.

 

Voilà pour les mots. Et la musique ?

Mon père était un grand chanteur d'opéra. J'ai vécu dans toute cette mythologie du théâtre lyrique, italien et français, aux passions gigantesques qui se rencontrent pour se fracasser. Tout cela m'a totalement investi. Plus tard, il y a eu le jazz. Le jazz, c'était le rythme, pour moi. Peut-être existait-il aussi en moi, je ne sais quel écho de mes origines biologiques : vous savez que le sud de la France a longtemps été occupé par les Sarrazins, il se peut qu'il y ait dans mon arbre généalogique quelques branches crépues ayant donné naissance à cet appel du rythme... Quand j'étais enfant, je voulais être danseur. La musique qui s'exprimait par le corps avait donc une énorme importance. Et puis je suis arrivé à Paris, j'adorais Edith Piaf, Montand. S'est produite ensuite l'éclosion Brassens Brel, Béart, Gainsbourg. La chanson me plaisait parce que c'était un art populaire. J'ai trouvé qu'elle rassemblait mes dispositions et mes goûts pour l'écriture et la musique. Alors j'ai commencé à faire mes premières gammes en écrivant des chansons pour les autres. Un jour, j'ai décidé de chanter mon propre monde, ma propre « subjectivité ». Et j'ai pu faire gambader toutes mes pulsions.

 

Après votre « venue au monde » de la chanson, qui ne passe pas inaperçue, c'était l'époque de Don Juan, d'Une petite fille en pleurs; vous avez traversé un certain désert. Vous vous êtes considéré alors en ségrégation ?

Il est vrai que Don Juan ou La petite fille ont eu un retentissement public, c'était des chansons nouvelles, un peu néo-réalistes, et chacun pouvait éventuellement se reconnaître dans l'histoire de cet homme malheureux en amour qui court dans la nuit de Paris après la femme qu'il aime. J'aurais pu continuer à employer les mêmes thèmes. Mais je voyais vite poindre la recette. J'ai donc cherché plus loin, j'ai voulu davantage. En 1965 est survenue la mort d'Audiberti, qui fut pour moi bouleversante, et m'a fait reconsidérer la chanson avec plus d'exigence. Je me suis dit : le poète que tu voulais être, sois-le à travers la chanson, va davantage plus profond dans ton terroir. Et là j'ai écrit des choses qui m'ont valu un abandon de la part du public, et surtout des media, de ceux qui font la loi dans ce métier, ceux qui programment, etc. Je me suis senti seul, avec un petit public fidèle, une sorte de chapelle. J'ai tenu parce que de toute façon, pour moi, c'était ça ou rien. Et j'avais la chance d'avoir des musiciens qui me suivent contre vents et marées, grâce à l'estime réciproque que nous nous portons. Enfin, depuis trois ou quatre ans, la situation s'est éclaircie, tout un jeune public est venu à ma rencontre. Je n'ai plus l'angoisse de voir, avant le spectacle, par l'entrebâillement d'un rideau, une salle à moitié vide, ou à moitié pleine... Aujourd'hui, ça va. Ça va.

 

Cette adhésion du public éclaircit les rapports que l'artiste est obligé souvent d’entretenir avec le show business ?

Quand j'ai obéi à certaines exigences personnelles de création, on n'a plus voulu me considérer capable pendant un temps de toucher une large audience. On m'a marginalisé. Au départ, je m'étais promené dans les couloirs de ce milieu du spectacle, ébloui comme un enfant, après des années de grisaille et de solitude. J'en ai été vite las, j'en ai vite perçu la pauvreté profonde. On n'y parlait pas d'art, d'expression, de beauté, de passion, mais de chiffres, de chiffres. Et puis toujours l'obligation de pointer à l'usine du succès. Comme je ne suis pas un vendeur de bibelots, « d'inanités sonores » comme disait Mallarmé, je me suis écarté royalement de ce milieu mercantile. On s'étonne que je ne passe pas plus souvent à la télévision : c'est parce que la télévision est complètement liée au show business. Ce qu'on y appelle les « variétés » ne m'intéressent pas. La création française, française dite sans cocarderie, n'y est pas aidée. On nous inonde de feuilletons.

 

Quelques personnes «arrivées» me déclaraient récemment ne pas croire au «génie méconnu». L'affirmation, confortable, est agaçante et inexacte. Et vous, qu'en pensez-vous ?

Je pense qu'il y a toujours eu des génies méconnus. II y a certainement des types qui ont un talent et n'ont pas la « chance », ou n'obtiennent pas l'accumulation de ces détails qui construisent précisément une réussite, si tant est que cela existe, puisque c'est toujours remis en question. S'il y a des talents méconnus (et inconnus), c'est la faute de la société actuelle. Comme ce fut la faute de toutes les sociétés de rejeter certains visages de l'expression qui les incommodaient et dérangeaient sa paresse, son confort.

 

Revenons à vous, et pour conclure: certains thèmes de vos chansons semblent esquisser un Nougaro plutôt mystique. L'êtes-vous ?

Oui. Je ne suis pas à proprement parler religieux, mais plutôt agnostique. Et quelque part je sens, je pressens une autre réalité que celle de l'homme, mais dans laquelle l'homme baigne, de toutes parts.

 

 

Toujours en quête d’absolu, ClaudeNougaro a choisi de renforcer son expression en présentant à l'Olympia (22 février - 20 mars) un spectacle en partie audio-visuel : des toiles du jeune peintre Daniel Estrade seront projetées en diapositives en contrepoint d'un poème chanté « Victor », tiré d'un conte d'Alphonse Daudet, « L'Homme à la cervelle d'or ». En première partie, deux chanteurs brésiliens travestis, « Le Etoiles ».

Propos recueillis par Candida Foti

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 17:56

Avec Jacques Gebelin, c'est le quarantième auteur qui entre à La Brochure :

 

Les auteurs de La Brochure

 

(en rouge les rééditions)

 

Auclert Hubertine

Bassène Akandijack

Biro Max

Blanc Eléonore

Caors Pierre

Chavez Hugo

Chevallier Henry

Cladel Léon

Colet Marie-José

Damaggio Jean-Paul 

Dedaj Viktor

Delthil Camille

Démocrite (Maximilien alias)

Desmarais Jacques,

Durand Marie-France

Forestié Edouard

Gebelin Jacques

Griffuelhes Victor

Grousset Paschal

Harari Clément

Hugo Victor

Huiban Lagrois Jacques

Laban André

Lapauze Henry

Lefranc de Pompignan Jean-Georges

Mariet Alain

Mary-Lafon

Merle René

Olympe de Gouges

Ouardes Bernard

Pautal René

Quiriny-Duckerts Geneviève

Rosselli Carlo

Rossignol Claude

Saintigny Marie-José

Schalchli François

Vasilières Paul

Verfeuil Raoul

Vidaillac Yves

Vivas Maxime

 

40 auteurs dont 14 qui sont réédités.

40 auteurs dont seulement 7 auteures.

40 auteurs dont 3 étrangers.

40 auteurs dont 1 préfacier et 3 livres à deux mains.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 16:47

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Jacques Gebelin 1848-1898.

       Natif de Nîmes, mort à Réalville.

       Professeur d’histoire et géographie à la Faculté de Bordeaux.

       Personnage oublié comme son fils François Gebelin qui fut pourtant un grand historien (voir sur ce blog).

       Son gendre était le peintre Jean-Gabriel Goulinat (voir sur ce blog).

       Nous reprenons ici une biographie et un article sur un sujet dont il note lui-même qu’il est peu étudié, et ça n’a pas changé depuis. Un article donc unique qui traite de l'industrie du chapeau de paille surtout à Septfonds et avec des éléments ouvrant sur les données internationales car Gebelin était surtout un géographe du monde plus que de la France.

       Après nous, d’autres publieront un hommage plus conséquent à la gloire de cet homme.

       Il le mérite cent fois.

 

La brochure : 50 pages, 5 euros ISBN : 978-2-917154-80-9

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 16:42

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Nous sommes le 9 mars 2000, à un moment où le PCF s’interroge sur lui-même, Robert Hue ayant quelques vagues propositions de changement de nom. Juste à côté de la tribune libre d’Herrero il y a la chronique de Clémentine Autain qui, sous le titre Start Up ! évoque ces jeunes qui partent aider les entreprises plutôt que les partis politiques. Un côte à côte assez étrange. Un mois après la parole est donné à Daniel Bensaïd le trotskiste. La vie ne serait-elle pas qu’étrange ? Toujours est-il le PCF s'est ragé à l'idée d'Herrero, il n'a pas changé de nom, ce qu'à fait  la LCR devenue NPA avec l'insccuès que l'on sait. JPD

 

 

"A mes yeux, il ne peut pas y avoir d'aventure démocratique dans la société française sans un parti structuré autour des idées qu'historiquement le Parti communiste a défendues dans le siècle : à savoir une répartition plus équitable des biens produits par l'humanité, ou encore une préoccupation permanente quant à la défense de celles et de ceux qui ont le plus de difficultés dans le monde actuel. Ce parti me paraît être bien plus qu'un « aiguillon»: il légitime une action gouvernementale, en même temps qu'il est porteur d'une dynamique nettement orientée du côté du partage, de l'égalitaire, du fraternel. Il reste que, dans l'histoire contemporaine, le Parti communiste français, qui fut comme les autres partis communistes d'Occident, incontestablement branché sur l'Union soviétique, est resté scotché sur une manière de concevoir et de percevoir la politique que j'estime régressive, fossilisante... qui plus est, aveugle et hypocrite à certains moments, ce qui a terni ce que j'appellerais la noblesse humaniste, le pouvoir rebelle du dit « parti communiste». Une part importante de l'essence même de ce parti s'est trouvée ainsi altérée par des connexions équivoques, quand elles n'étaient pas simplement absurdes et destructrices : de Budapest à l'Afghanistan, en passant par Ceausescu ou le culte de la personnalité, jusque dans notre pays...

Pourtant, cette richesse et le dynamisme culturel de ce parti dans l'émergence d'une politique plus solidaire, demeurent indispensables, dans des formes à renouveler. La presque totalité des partis communistes d'Occident ont changé de nom : la volonté de tirer un trait sur un certain passé, peut-être aussi un peu la soumission à l'autorité du marketing et de la communication... Moi, je trouve beau le mot de «communisme », je trouve son histoire riche et douloureuse à la fois, je suis de ceux qui pensent que ce parti doit continuer à s'appeler «Parti communiste », et que les hommes et les femmes qui sont aujourd'hui de ce courant-là soient porteurs de son évolution. De même, j'ai la conviction que ce parti est légitimement un parti de pouvoir, et pas seulement un parti d'opposition, comme je l'ai cru moi-même pendant très longtemps. La présence au gouvernement de ministres communistes de la qualité de ceux que nous avons est à la fois recevable et révélatrice de l'une des richesses de la politique française. Ce qui n'empêche pas, bien au contraire, de souhaiter de la part de ce parti davantage de dynamisme, de rébellion, d'impertinence, vis-à-vis du libéralisme excessif et du capitalisme générateur d'égoïsme et de cupidité...

J'insiste d'autant plus sur ce point que nous vivons une époque charnière, avec des générations qui ont un vécu un siècle, et d'autres qui en vivent un autre: actuellement, il y a une anomalie, que je qualifierais de «structurelle» : le Parti communiste n'est pas un parti de jeunes... Je ne suis pas de ceux qui pensent que la jeunesse est égoïste, rétractée, régressive et narcisse—comme je l'entends, malheureusement, trop souvent. Bien au contraire... Le Parti communiste avec ce mot, oui, de «communiste»—doit être un parti de jeunesse, si tant est que le sens qu'il porte est proche des valeurs que la jeunesse peut aujourd'hui véhiculer. Or, il ne l'est pas: c'est l'une de mes douleurs.

Sans doute que, dans cette voie-là, le Parti communiste doit s'améliorer, se bonifier. Les jeunes sont à l'écoute des douleurs et des souffrances du monde. Je les sais tout autant citoyens que l'ont été les générations de la seconde partie du XXe siècle — les fameuses «trente glorieuses» ou les héros de la Résistance. Nul ne peut rester insensible à la mobilité du monde et aux incroyables soubresauts qui l'agitent, surtout pas les communistes d'aujourd'hui... Mais la toute-puissance de l'image ou les effets de mode ne transforment pas la réalité. Il reste nécessaire de combattre les criardes et douloureuses inégalités et donner l'espoir pour tous d'une vie passée à autre chose que tenir debout."

Daniel Herrero

(*) Ancien international de rugby; auteur de Petites Histoires racontées à un jeune du Front national

(Éditions du Rocher, 7997)•

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