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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 21:08

 L’affaire du Wateau déjà abordée sur le blog est ici présentée par le quotidien L’Humanité qui enprofote pour glisser quelques revendications. JPD

 

 

L’Humanité 19 août 1939

 

Si «L’indifférent » était une œuvre  marchande sa dépréciation serait considérable »

Déclare l’expert Goulinat après avoir examiné le Watteau

 

« Bog » le voleur était aussi un vandale ! Telle est la triste nouvelle que portait hier au juge d'instruction l'expert Goulinat après avoir examiné l'Indifférent.

Hélas oui, « l'ardent artiste » qu'était Bogouslavsky n'a, en fait de « restauration », qu'abimé le Watteau Et les déprédations qu'a subies l'œuvre sont considérables.

Voilà à quoi a abouti l'inqualifiable geste de ce demi-fou guidé par un orgueil et une bêtise immenses. L'Indiffèrent a été lavé, affadi, délayé et recouvert d'un gros vernis industriel. M. Goulinat a observé des modifications de détails dans les cheveux, les mains, la toque, le bras et la cuisse gauche. A l'arrière-plan, le ciel est éprouvé. Dans le pourtour du tableau la peinture est partie.

En conclusion, M. Goulinat a déclaré :

« L'ignorance et la témérité de Bogouslavsky lui ont fait commettre de graves erreurs. »

S'il S'AGISSAIT D'UNE VALEUR MARCHANDE SA DÉPRÉCIATION SERAIT CONSIDÉRABLE. Mais en l'espèce, on ne peut chiffrer cette dépréciation.

Malgré la gravité de l'état du tableau, M. Goulinat le croit malgré tout sauvable.

"Voilà ce qu'on a fait de l'Indifférent. Et si, écoutant notre camarade Berlioz, rapporteur du budget des Beaux-Arts, on avait depuis longtemps doté le Louvre d'une équipe nombreuse de gardiens au lieu d'en diminuer l'effectif, ONN'AURAIT PAS aujourd'hui A ENREGISTRER CET ACTE DE VANDALISME.

Voilà ou a conduit la politique de restrictions de M. Paul Reynaud et de son Comité de la Hache.

 

A quelles louches combinaisons a donné lieu le vol du « Watteau»

Et la comédie continue.

Richard Desprès en connaît sur l'affaire certainement plus long qu'il ne le prétend.

Pour l'instant, ce cabotin palabre fait des confidences aux journalistes, parle à la radio, etc.

Il a même confié au micro, en constatant avec satisfaction qu'il n'était pas arrêté.

- On m'avait dit de préparer mes petits bagages. Et je suis toujours là, vous voyez. Mais, je ne sais pas si ça durera.

Nous ne le pensons pas non plus, car à jouer au plus malin et à se contredire continuellement comme il le fait, M. Desprès risque tout simplement d'aller rejoindre l'ami Bog à la Santé.

La position des avocats non plus n'est pas très claire. Desprès affirmait que c'était lui qui avait avisé la presse le 14 août. Or il est de notoriété publique que c'est Me Mouraud, avocat de Bogouslavsky qui prévint les journaux.

Pourquoi donc cette dérobade ?

Beaucoup de points restent obscurs dans cette affaire.

Quelle est cette mystérieuse femme qui se promena le jour du vol avec Bogouslavsky, au bois de Boulogne ? Est-ce la même que celle qui vint au Louvre à diverses reprises avec « Bog avant le vol ?

Et puis le fameux livre « Comment j'ai «emprunté » l'Indifférent » est tapé en plusieurs exemplaires à la machine à écrire. Or, ni Desprès qui doit pourtant le savoir ni le voleur du Watteau, ne veulent dire qui a effectué ce travail. Est-ce donc si mystérieux que cela ?

De même, ce livre est accompagné de plusieurs photos, représentant le tableau aux divers stages de la « restauration » par « Bog ». Or ces photos sont trop bien tirées pour être le fait d'un amateur. Qui les a donc faites ?

Autant de points dont la mise au clair pourrait réserver des surprises.

 

Une perquisition

Une perquisition a eu lieu, hier matin au Rancy, 31, avenue du Chemin de Fer, domicile natal de Denise Nuzillard.

Si l'on n'a pu saisir grand'chose d'intéressant, on a acquis la certitude que Després venait la voir souvent à cette adresse, or, le comédien avait prétendu qu'il n'avait était lié à Denise Nuzillard qu'après son divorce d'avec Serge Bogouslavsky. Donc, nouveau mensonge.

De plus, on a appris que Denise, avant d'être actrice avait été dactylo. Est-ce elle qui aurait alors tapé le manuscrit de son ex-mari ? On va s'efforcer d'élucider cette question.

Quant à Desprès qui devait être entendu hier par le juge, son audition a été reportée à mardi prochain.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:56

Voici un article de La Dépêche concernant Goulinat et une initiative prise le 11 octobre 2005. JPD

 

 

Publié le 11/10/2005 09:11 | La Dépêche du Midi

Montauban (82) - Quand le musée Ingres protégeait La Joconde

 

Aujourd'hui à 15h30, l'Université du troisième âge propose une conférence sur un fait remontant à 1940 et qui est encore dans des milliers de mémoires Montalbanaises.

Il y a soixante-cinq ans en effet, au premier jour de l'automne, apparut, dans la rue de l'Hôtel-de-Ville, une étrange caravane de trente-sept camions venant du Louvre. Ils avaient pour mission de déposer dans le musée Ingres les 3 170 tableaux les plus précieux de notre patrimoine national fuyant les risques de bombardements sur Paris.

Responsable du convoi, Jean-Gabriel Goulinat, créateur des Ateliers de restauration des musées nationaux, fut accueilli par son ami, M. Bouisset, à l'époque conservateur du musée. Tous deux avaient examiné, un an plus tôt, le projet du «repli» sur Montauban. Mais cette proposition fut rejetée par le ministre des Beaux-Arts qui préféra Chambord. Ensuite, en raison de l'humidité solognote, il fallut abandonner le beau château aux cent cheminées pour, enfin, admettre les arguments de Jean-Gabriel Goulinat en faveur de la cité d'Ingres. L'installation commença par un premier tableau amené avec mille précautions dans un bureau de la tour Sud-Est: c'était «La Joconde»! L'histoire du «refuge» sera émaillée d'épisodes cocasses ou inquiétants, comme les risques de spoliations provenant de convoitises adverses (vite mises en échec sous prétexte de restaurations). Épisodes dignes d'être inscrits, ainsi que la fin soudaine du statut de zone libre suivi par le déplacement conseillé par les alliés.

Jean-Gabrial Goulinat proposa alors la deuxième partie de son plan de sauvegarde en direction du Lot. D'autres incidents se produiront jusqu'à l'épilogue du retour sain et sauf vers Paris. Après ses persévérantes restaurations dans son atelier de l'Institut Calvin, il retrouva le laboratoire qu'il avait créé en 1935, au Louvre. D'importantes expositions montrèrent aux Parisiens les sites de Montauban peints par notre ami.

Il retrouva ses interventions d'expert auprès de la cour d'appel de Paris, fut nommé à la présidence de la Société des artistes français et fut élevé à la dignité de commandeur de la Légion d'honneur.

Il disparut à 89 ans.

Il y a vingt-cinq ans, les Montalbanais organisèrent un hommage à sa mémoire, suivi d'une exposition des œuvres à la Galerie du Moustier, soutenue par le journal «La Dépêche du Midi» et cinq parrains, conservateurs du Louvre. Une belle histoire...

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 21:05

Pour avoir une idée de la vie de Goulinat :

http://maison.payrol.free.fr/linked/biographie%20jean%20gabriel%20goulinat.pdf

Voici à présent un article de l’Art et les Artistes pour approcher le phénomène Goulinat. JPD

 

L'ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ

LES ESQUISSES DE J.-E. DE TROY POUR « L'HISTOIRE D'ESTHER »

 

Au moment où Jean-François de Troy reçut du Roi la commande des cartons devant servir à la Manufacture des Gobelins pour la Tenture de l'Histoire d'Esther, le peintre était en pleine possession de son talent.

Les Salons de l'époque eurent, entre 1737 et 1742, la primeur de ces grandes compositions, et ces envois successifs « trouvés très dignes de la réputation de l'auteur », ainsi que le signale le Mercure de France, contribuèrent à augmenter sa gloire. Aussi, à la mort du peintre, le chevalier de Valory s'étend-il, dans son Eloge prononcé à l'Académie, sur la « belle suite de l'Histoire d'Esther, qui suffirait à elle seule pour faire une grande réputation ».

Un peu plus tard, Caffiéri, magnifiant l'art avec lequel de Troy sait rendre « la vérité des caractères et des passions » ajoute aussitôt : « Et qui est-ce qui en doutera, en voyant la suite d'Esther ? »

Ce succès ne se ralentit pas au cours du siècle. Les tapisseries exécutées d'après les cartons sont souvent remises sur le métier, tandis que, pour consacrer la célébrité de ces grandes compositions, les graveurs de l'époque en multiplient les épreuves, qui se répandent dans l'Europe entière.

Aujourd'hui, nous pouvons admirer au Louvre et au Musée des Arts décoratifs ces œuvres où s'affirment la science d'un technicien et d'un vrai compositeur.

Mais un régal très rare nous est actuellement offert par l'intéressante .exposition des esquisses de J.-F. de Troy, exécutées en 1736, et d'après lesquelles il peignit son Histoire d'Esther.

Trop souvent les projets des tableaux de maîtres n'arrivent pas jusqu'à nous ; toute trace en étant perdue, nous devons renoncer à la joie de saisir l'inspiration de l'artiste à son éveil, et de connaître l'expression directe et véritablement spontanée de son génie.

Les esquisses de l'Histoire d'Esther, peut-être à cause du renom qui ne cessa de s'attacher aux œuvres dont elles représentaient la première pensée, furent au contraire, et par bonheur, soigneusement conservées. Nous savons que, dans la première partie du XIXe siècle, elles appartenaient à là collection Marcille, et qu'elles passèrent en vente en 1857. Nous avons le privilège de pouvoir les étudier aujourd'hui dans la galerie de M. Paul Cailleux.

En nous plaçant sur le terrain purement pictural, nous sommes particulièrement attirés par ces pages brillantes d'un peintre que nous considérons comme un précurseur. D'une facture alerte, ces compositions sont brossées sur des toiles fortement enduites et recouvertes d'une préparation rosée. Les tons ocrés représentent la dominante harmonique. Le pinceau court, tantôt léger, tantôt posant de violents empâtements. Ici et là, discrètes, des notes rouges, bleues, vert de gris suffisent, avec quelques blancs magnifiques, à nous donner l'impression de couleurs ardentes, tandis que le peintre s'est volontairement tenu près de la grisaille.

Rubens ne procédait pas autrement dans sa première pensée du Martyre de Sainte Ursule.

Ce nom revient sous notre plume à propos de J.-F. de Troy, aussi naturellement que nous l'évoquons en pensant à Watteau, dont le génie présente tant d'analogies avec celui du maître d'Anvers. Mais Watteau, s'il subit cette influence, crée ensuite des œuvres avec une telle puissance de personnalité qu'il s'impose à ses disciples directs au point d'empêcher ceux-ci de se dégager de l'empreinte reçue. Aussi, Watteau reste-t-il unique et ne peut-il que s'amoindrir dans ses élèves.

De Troy, par contre, dont l'art offre un lien naturel entre la technique des Flamands et celle des Français, ouvre des horizons plus directs à Boucher et à son école. Devant les esquisses de l'Histoire d'Esther, — comme devant celles dont s'enorgueillit la galerie Wallace : Le Repas de chasse et la Mort du sanglier, auxquelles la facture de la série qui nous occupe s'apparente si heureusement, — nous ne pouvons pas ne pas penser à tant de pages exquises de spontanéité, de souplesse et de légèreté, nées de l'impulsion donnée par J.-F. de Troy. Ce peintre crée une forme d'art essentiellement française et les esquisses que nous voyons ici en sont le résumé le plus parfait.

J.-G. GOULINAT.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 17:28

En même temps que son père, une coïncidence place Melle Goulinat à la Une du journal : une de ses pièces avait été jouée par un complice du vol du Watteau ! JPD

L'affaire est à cette adresse :

http://la-brochure.over-blog.com/article-goulinat-a-la-une-du-matin-104462268.html

 

 

Le Matin, Samedi 19 août 1939

Quand Richard Desprès, sa femme et Mlle Mauricette Jac jouaient

les pièces de Mlle Goulinat, fille de l'expert commis par le juge

 

 

Mme Madeleine Desprès, femme du jeune acteur, dont nous avions annoncé le désir de divorcer, a bien voulu nous faire quelques confidences. C'est une femme assez grande, dont le visage aux yeux expressifs s'auréole d'une abondante chevelure noire.

- Ce qu'on a imprime concernant notre divorce, dit-elle, n'est pas absolument exact, si ce n'est que je veux effectivement rendre légale une séparation qui remonte, non pas à quatre mois, mais à près de quatre ans. Veuillez préciser que je n'ai pas d'enfant, que je ne réclame aucune pension alimentaire et que le divorce sera demandé aux torts réciproques, puisque Richard et moi nous nous sommes quittés d'un commun accord.

Notre mariage ? poursuivit Mme Madeleine Després, comme cela remonte loin déjà Richard m'a épousée au mois d'août 1932. J'avais vingt ans, il n'en avait pas encore dix-neuf. C'était un garçon incontestablement intelligent et doué. D'ailleurs, il suffit de relire les critiques dont il fut l'objet pour s'en convaincre. Notre existence fut celle des artistes la bohème, évidemment. Et je me rappelle que Richard, à une époque où nous ne nous nourrissions que de poésie et de métaphysique, tenait pour normal que tel ami, à qui il avait prêté nos trois sous, vint en taxi pour nous voir, sans jamais nous rembourser.

D'une voix douce, mais qui n'exclut pas la force vocale nécessaire à une tragédienne  car telle est Madeleine Desprès elle continua, sans prononcer la moindre parole acerbe contre son mari, le récit de leur existence commune. Tous les gens dont j'ai vu les noms dans les journaux, depuis le début de cette affaire, ne me sont pas inconnus. Je vais, d'ailleurs, vous conter une anecdote assez curieuse je n'ose pas dire amusante, rien ne prêtant à rire dans cette stupide histoire de l'Indifférent.

En 1934, Richard Desprès, Mauricette Jac - Mauricette Blum alors - et moi-même avons joué, au théâtre Albert- 1er , une pièce : la Chaîne rompue. Richard était Eros, j'étais Artémise, Mauricette Jac était la nymphe.

Et la pièce, d'ailleurs délicieuse, était une des œuvres de Mlle Anne-Marie Goulinat, fille de l'expert qui vient d'être commis pour examiner le Watteau.

Avant de partir, nous demandons une précision à Mme Desprès Avez-vous connu Serge Bougousslavskv ?

Pas du tout. J'ai toujours ignoré son existence, comme celle, d'ailleurs, de sa femme, à qui l'on fait porter, parfois, le nom qui est le mien. Mme Desprès, pour l'instant, c'est moi.

Et notre Interlocutrice conclut, non sans ironie sans doute :

- Il vaut mieux ne pas nous confondre, car, elle, joue les ingénues.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 17:22

l-affaire-du-wateau.jpg

 

Voici un premier article qui relate le vol d'un Wateau au Louvre, la restitution par le voleur qui voulait écrire un livre sur le vol, l'étrange complice Desprès, le rôle surprenant d'une femme et l'art de Goulinat pour analyser les dégâts/ JPD

 

Le Matin, Samedi 19 août 1939

 

« L’indifférent » a été nettoyé PAR M. GABRIELGOULINAT

« J'avais préparé mon vernis avec du cognac, avait affirmé Bogousslavsky

Mais dans son rapport, l'expert constate qu'il ne s'agit que d'un simple vernis pour carrosserie

 

L'AUDITION DE M. DESPRES EST RENVOYEE A MARDI

Pour la première fois depuis le début de la semaine, marqué, comme on le sait, par la mise en scène de la restitution du Watteau, le Palais de justice a retrouvé un peu de calme. Et, jusqu'au procès, on peut penser que la fébrile agitation des enquêteurs n'y régnera plus car ces quelques jours ont suffi pour que magistrat et policiers soient édifiés sur les mobiles auxquels le vandale Serge Bogousslavsky et ceux qui prétendent avoir cru à son art ont obéi.

L'invraisemblable histoire de L'Indifférent est bien simple. Il s'agit d'un vol, vol qui serait banal s'il ne s'agissait de celui d'un chef-d'œuvre dont l'auteur et ses soutiens espérèrent tirer un bénéfice en publiant le fameux manuscrit.

 

On avait pu croire que le peintre fût doué pour la restauration. On sait aujourd'hui qu'il se livra sur le Watteau à un « travail » si grossier qu'il faillit le détruire.

Dans le cabinet de M. Marchat, juge d'instruction, une scène capitale avait eu lieu, lors de l'ouverture du scellé qui précéda la remise de l'œuvre à M. Gabriel Goulinat, l'expert commis.

M. Goulinat, auprès de qui se trouvaient MM. Verne, directeur, et Jaujard, sous-directeur des musées nationaux, demanda, supplia Serge Bog de révéler la méthode qu'il avait employée pour vernir l'Indifférent et la composition du vernis.

 

Vernis ancien ?

Sans sourire, mais avec cette suffisance agaçante dont il ne se départ pas, l'inculpé donna sa recette tout comme un secret d'alchimiste.

- Chez moi, dit-il, je possède une toile d'un maître florentin. C'est un tableau magnifique du vernis duquel j'avais remarque la pureté. Pour revernir le Watteau, j'ai gratté le vernis de la toile italienne et j'ai dilué la poudre dans de la vieille fine.

MM. Verne, Jaujart et Goulinat eurent un même mouvement de révolte.

- De la fine ! Du cognac ! Malheureux ! Mais c'est de l'alcool la peinture va être perdue.

L'éminent expert, l'un de nos muséographes les plus distingués, demanda que l'Indifférent lui soit remis au plus tôt.

Dura lex. Il fallait - c'est ainsi que - le voleur consentit à ce que l'œuvre soit confiée à l'expert. Inconscient ou fou, il résista assez longuement à la pression du magistrat.

Il entendait sans doute qu'un réactif savamment appliqué ne détruisit pas en une heure «l'effort de sa vie ». Toutefois, sur les instances de ses défenseurs, Serge Bogousslavsky donna « son » autorisation.

 

non, vulgaire vernis à carrosserie

Tandis qu'il regagnait la Santé, M. Goulinat, suivit de MM. Verne et Joujart, couraient au laboratoire du Louvre où l'indifférent allait être sauvé comme le serait dans un hôpital un blessé admis dans un état désespéré.

Bog, c'est heureux, avait menti. En effet, il n'y avait pas de fine dans son produit. Avec une infinie précaution, on passa le réactif sur un tout petit coin et le vernis disparut.

On put ainsi laver toute la surface. Le restaurateur-voleur ne connaissant rien à la chimie contrairement à ce que dit son ami Desprès s'était contenté de barbouiller, de badigeonner le Watteau avec un vulgaire vernis pour carrosserie automobile.

Le tableau, aujourd'hui, est rangé dans un coffre jusqu'à l'issue du procès, il ne sera pas touché. C'est ensuite seulement qu'il sera restauré par les professionnels cette fois et rendu aux regards des visiteurs du Louvre.

 

Les dégâts subis par le chef-d'oeuvre

Hier après-midi, M. Goulinat, qui devait repartir le soir même pour la campagne, son séjour ayant été brusquement interrompu, est venu remettre son rapport à M. Marchat. M. Goulinat qui a accompli son travail avec une rapidité remarquable - il a passé toute sa nuit à examiner l'Indifférent - a conclu que le tableau rapporté lundi dernier est bien l'œuvre de Watteau.

Mais, hélas les retouches que lui a fait subir Bogousslavsky ont causé des dommages fort importants.

L'expert indique que le tableau est lavé, affadi, délayé et qu'il porte une épaisse couche de vernis à base d'essence et d'huile, probablement un gros vernis pour carrosserie.

Certains détails, ajoute M. Goulinat, certains glacis se sont évanouis, notamment dans les mains et les cheveux de l'Indifférent. Des pâtes légères ont été attaquées au bras gauche, à la cuisse gauche, à la toque et dans une zone importante du paysage au second plan.

Le ciel a été éprouvé et sur le pourtour la peinture est à peu près partie. En ce qui concerne la question de savoir si le tableau a perdu de sa valeur l'expert indique que l'ignorance et la témérité de Bog lui a fait commettre des erreurs graves mais qu'on peut espérer que seuls les points les plus élevés de la pâte ont été atteints et qu'en conséquence le tableau pourra être utilement réparé. Enfin l'expert répond à la question relative à la dépréciation de la valeur de l'œuvre et il conclut que s'il s'agissait d'une œuvre pouvant être vendue commercialement elle aurait subi à n'en pas douter une dépréciation considérable. Mais comme il s'agit d'une œuvre qui est hors du commerce il est difficile d'évaluer le préjudice.

Quant à l'opinion personnelle que M. Goulinat garde du triste héros de cette histoire, après examen de sa prétendue restauration, elle se résume en ces mots « C'est un rude imbécile »

 

M. Desprès sera entendu une nouvelle fois mardi

Le juge avait convoqué M. Richard Desprès, hier, pour 18 heures. Le témoin vint deux heures plus tôt pour apporter le manuscrit de son ami Bog « Pourquoi j'ai emprunté l'Indifférent », que M. Marchat avait réclamé. Le jeune comédien pensait que, après la mise sous scellés de l'ouvrage dactylographié, son audition pourrait avoir lieu. Mais il quittait le Palais de justice vingt minutes plus tard et déclara que le magistrat ne l'entendrait plus que mardi. Ce jour-là, M. Marchat entendra également Serge Bog et Denise Nusillard. Une confrontation entre les trois personnages suivra très vraisemblablement.

En quittant le Palais, M. Desprès fut encore entouré par les journalistes. Il leur précisa dans quelles conditions il avait écrit à M. Cassou, conservateur du musée du Luxembourg, pour tenter la restitution de l'Indifférent sans le moindre ennui.

- J'ai bien connu M. Cassou, nous dit-il, et je sais que je pouvais compter sur sa discrétion. Je lui ai écrit pour obtenir un rendez-vous. Je voulais lui demander qu'elles formalités il y aurait à remplir pour rendre le Watteau et si nous pouvions être assurés du maximum de sécurité.

Ce jour-là, Serge Bogousslavsky et son ami espéraient sans doute les palmes académiques pour service exceptionnel rendu à l'art français.

 

Perquisition au Raincy chez les beaux-parents de Bogousslavsky

Tandis que le juge entend les témoins, les inspecteurs de M. Roches, chef de la brigade spéciale de la préfecture de police, agissant sur commission rogatoire, font de nombreuses opérations, de nombreuses vérifications. C'est ainsi que, assisté de l'inspecteur principal Cosquer, de la première brigade mobile, l'inspecteur Vercul a fait, hier matin, une perquisition 31, avenue du Chemin de Fer, au Raincy, au domicile des époux Nusillard beaux-parents de Bogousslavsky. Les investigations de la veille, rue Mazarina et rue Damrémont, n'ayant pas permis au magistrat instructeur de découvrir les débris du cadre de l'Indifférent que Bogousslavsky prétend avoir brisé, ni le matériel indispensable à la prétendue restauration de l'œuvre, il importait pour M. Marchat de savoir si les « travaux » du voleur n'avaient pas eu lieu chez ses beaux-parents. C'est la raison pour laquelle le juge délivra un mandat de perquisition aux deux policiers ces derniers ont minutieusement visité la deuxième pièce de l'appartement situé au troisième étage, mais n'ont rien découvert qui semble susceptible d'apporter à l'enquête des éléments nouveaux.

Au cours de l'après-midi, les inspecteurs ont longuement entendu le père de Denise Nuzillard et le grand-père maternel de celle-ci, M. Lecus après avoir affirmé qu'ils ignoraient tout du vol, les témoins ont tracé de la jeune actrice et surtout de son mari un portrait peu flatteur.

Ajoutons que M. Desprès, entendu par nous, affirmait hier, contrairement à ce qui fut dit, qu'il n'alla jamais au Raincy, chez les parents de son amie.

 

Le cadre

Maintenant, les efforts de la police vont porter sur les recherches entreprises pour retrouver intact ou en morceaux le cadre du Watteau. Il faisait partie du lot offert aux musées nationaux par M. Strauss et, d'après l'expertise de M. Goulinat, pouvait valoir de trois mille à cinq mille francs. Le vol et la restitution de l'Indifférent n'étant qu'une combinaison commerciale personne n'en doute les enquêteurs sont persuadés que ce cadre, comme dit M. Goulinat, n'est pas perdu pour tout le monde. Et l'on pense que Serge Bog, s'il Ya cédé à quelque brocanteur receleur, n'en aura pas obtenu plus de trois ou quatre cents francs.

Maintenant, Serge Bogousslavsky et Richard Desprès n'ont plus qu'à dire la vérité. Il appartiendra encore de connaître le rôle de la mystérieuse femme blonde et, après quelques mois, ce sera le procès dont on parlera d'ici trente ans comme du vol de la Joconde.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 17:14

 goulinat-livre-copie-1.jpg

Dans le livre, sur son père, Anne-Marie Goulinat consacre, avec son talent de poète, un chapitre à une affaire qui marqua les esprits. Voici le chapitre en question que je vais compléter par les échos de la presse (une affaire totalement rocambolesque). Nous entrons ainsi dans la vie d’un autre personnage à qui je souhaite rendre hommage. JPD

 

 

En 1914, à la veille de la grande guerre, le vol de « la Joconde », récupérée intacte, avait rempli les colonnes des journaux. En 1939, un scandale proche parent précéda la nouvelle catastrophe.

Le dimanche 11 juin, un jeune aventurier, Serge Bogousslawsky, s'empara de « L'Indifférent » à la salle Lacaze, au musée du Louvre. Deux mois plus tard, le 14 août, il se présentait au Palais de Justice, accompagné de son avocat. L'air triomphant, il restituait le tableau volé au juge d'instruction. Dès ce moment-là, comme toujours par la suite, il prétendit avoir agi par «enthousiasme artistique», afin de pouvoir enlever des repeints, des retouches qui gâtaient le chef-d'œuvre. Or « l'Indifférent » comptait parmi les tableaux qui avaient le moins souffert.

Evidemment la célèbre toile était invendable, mais l'effronté espérait un gros succès d'édition en publiant son manuscrit : « Pourquoi j'ai emprunté « l'Indifférent » de Watteau ». En attendant, on lui fit prendre le chemin de St-Lazare, tandis que J.-G. Goulinat, en train de peindre à Uzès, était rappelé d'urgence à Paris au titre d'expert.

Deux questions se posaient. Primo, s'agissait-il bien de « l'Indifférent » ? Secundo, que valait la pseudo-restauration ?

Justement, J.-G. Goulinat avait une prédilection particulière pour ce Watteau. « Ce qui est exquis dans « l'Indifférent », avait-il écrit dans « La Technique des Peintres », c'est que précisément il n'y a pas de métier, ou pour être plus exact, la technique est tellement prodigieuse qu'on ne saurait trouver la trace d'un effort ».

Quelle fut la consternation de J.-G. Goulinat, au lever des scellés, devant le tableau massacré ! Il eut une seconde d'hésitation. « Cependant, devait-il dire dans son rapport, c'est bien malheureusement l'original de Watteau qui est rapporté : peinture lavée, affadie, délayée et recouverte d'une couche énorme de vernis... Une sorte de voile blanchâtre se promenait inégalement sur toute la surface du tableau et particulièrement sur le personnage...

Bogousslawsky interrogé donna sur son intervention des détails fantaisistes et contradictoires. Qu'importe, il fallait sans perdre une minute enlever ce gros vernis industriel pour l'empêcher d'adhérer trop fortement, les jours passant, à la pellicule picturale déjà si malmenée. J.-G. Goulinat réclamait un nettoyage immédiat. On conçoit combien l'exaspérèrent les chinoiseries de la justice. « Il faut c'est la loi — dit le juge, demander la permission de l'inculpé. Il nous rapporte un objet que je mets sous scellés. On n'a le droit d'y toucher... qu'avec son autorisation ».

Et le plus ahurissant, c'est que Serge Bog fit des difficultés ! On dut insister auprès de lui, convaincre ses avocats, leur faire promettre qu'ils ne se serviraient pas, pour leur défense, de cette « modification » d'un objet saisi...

«Mais alors, il faut que ce soit M. Goulinat qui fasse le travail » finit par dire le voleur. Malgré la sévérité de l'expert à son égard, il affichait pour lui la plus grande admiration. Or l'expert ne pouvait être en quelque sorte juge et partie.

On s'en tira par un compromis. L'opération d'urgence fut pratiquée par Longa, l'un des restaurateurs agréés du Louvre, sous la surveillance de J.-G. Goulinat qui passa la nuit à rédiger un rapport de cinq pages dactylographiées.

«Débarrassé de cette sorte de glace visqueuse et luisante comme du miel qui gênait la visibilité, nous pouvons enfin voir « l'Indifférent » et juger plus sainement de l'étendue des dégâts... Nous sommes en face d'un tableau très atteint. Du moins y a-t-il encore ce souffle de vie qui vient de ce que, malgré tous les outrages, les œuvres de génie triomphent quand même ».

Le 18 août, avant de reprendre le train pour Uzès, J.-G. Goulinat remettait son rapport au juge d'instruction et rappelait aux journalistes cette phrase d'Eugénie de Guérin qui s'appliquait si bien à Bogousslawsky :

«Monté sur l'orgueil, il touche aux plus hautes choses et regarde, à sa portée, ce qu'il devrait contempler à genoux ».

Un peu plus tard, J.-G. Goujinat fit un autre rapport accablant après avoir lu le manuscrit que Serge Bog renonça d'ailleurs à publier. Appelé comme témoin en octobre, au moment du procès, il renouvela ses diatribes. Le délinquant avait perdu sa superbe et déplorait amèrement de s'être lancé dans une « folle aventure », mais il fut condamné à deux ans de prison sans sursis, 300 F d'amende et cinq ans d'interdiction de séjour.

Au cours de toute cette affaire, J.-G. Goulinat reçut des centaines de coupures de presse, venant parfois de l'étranger. Pour alimenter la curiosité du public, il y avait au sujet de Serge Bog des histoires de copains, de femmes... et naturellement des questions d'argent.

Cependant, avant même le dénouement, des événements très graves prenaient la vedette dans les journaux. Anne Marie Goulinat

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 18:41

Voici la présentation faite par l’Indépendant, hebdo radical du Tarn-et-Garonne, de la mort de Marcel Lenoir. Etrangement, Marcel Lenoir a beaucoup peint pour les églises et ses obsèques sont civiles. JPD

Montricoux, Le Peintre Marcel Lenoir

Un grand artiste vient de disparaître après une longue maladie qu’il comptait vaincre par la volonté et le travail.
Marcel Lenoir s’est éteint doucement à Montricoux (Tarn-et-Garonne), dimanche 6 septembre à 15 heures. Né à Montauban il n’était âgé que de 58 ans.
Ce deuil sera vivement ressenti par tous ceux qui s’intéressent à l’art, car Marcel Lenoir a été un dessinateur et un peintre puissant et original, pour tous ceux qui l’ont connu, car c’était une belle âme généreuse et sincère.
Montricoux et ses beaux paysages l’avaient toujours attiré, il en aimait les lignes fortes et simples, les lointaines perspectives sur les rochers et les bois qui se reflètent dans l’eau calme de la rivière. Jeune encore il était venu chercher l’inspiration. Tout de suite, il y avait trouvé des sympathies et des amitiés qui lui sont restées fidèles.
Presque tous les étés, il venait s’y retremper et y enrichir son œuvre d’études et de belles toiles ; puis l'hiver, il regagnait son vaste atelier parisien que connaissent bien les amateurs d’art et les collectionneurs.
Un de ses regrets a été de laisser son œuvre inachevée, mais Toulouse conserve de lui une immense fresque « Le couronnement de la Vierge qui décore une des grandes salles de l'Université catholique et qui, indestructible, portera sa gloire à la postérité.
Le musée Marcel Lenoir, tout plein de ses tableaux, conservé avec soin par la municipalité, existe à Ribeauvillé (Haut-Rhin) pays natal de sa femme.
Montricoux conserve de lui une belle fresque « L’Annonciation », qui, par les soins du Conseil municipal, fut placée dans le chœur de l’église ; bien des touristes s’arrêtent pour l’admirer ; elle perpétuera à Montricoux, où tout le monde l’aimait, le souvenir de cette belle figure au regard si doux et si pénétrant à la fois.
Comme pour marquer son attachement à la cité, c’est là que, se sentant faiblir, il est venu chercher le suprême repos. Sa volonté a été, en effet, de se résorber « dans le Grand-Tout », dans ce petit cimetière de Pechcausen, si proche de son atelier montricounais.
Ses obsèques civiles ont eu lieu mercredi, toutes simples comme il a toujours voulu vivre, loin des honneurs officiels. Ses amis lui ont fait un pieux cortège.
Puissent les marques des sympathies qui viendront rendre hommage à l’homme er à l’artiste que fut Marcel Lenoir, adoucir la douleur de sa veuve, à qui « l’Indépendant » présente ses condoléances émues.
Gandil

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:54

L'Art et les artistes. 1931/10-1932/02.

MARCEL-LENOIR

A TRAVERSces pensées que Marcel-Lenoir écrivait avec « l'espoir, disait-il, que j'arriverai à débarrasser ma cervelle de tout l'inutile qui l'encombre », on peut lire celle-ci : « Dormir, dormir!... Oh! mort, seule salvatrice de la douleur, me berceras-tu quand sonnera l'Angelus au crépuscule de mon ultime souffrir ? J'aurai tant besoin de repos ».

Puis quelques pages plus loin : « Quelle sera donc la dernière pensée que j'écrirai ? Je me souhaite qu'elle soit la joie de vivre ».

Souffrance et joie, toute la vie de Marcel-Lenoir, sa vie de peintre, sa vie d'homme, sa vie de père, sa vie physique comme sa vie morale, fut partagée entre l'une et l'autre. Mais c’est lui aussi qui ,parlant du chant, semblable à celui de la terre natale dont on aime se souvenir mais contraire, celui du lieu futur, répliquait :« l'hosanna de la mort ». Il a entendu cet hosanna l'accueillir, cet été, dans le petit village de Montricoux où il prenait ses vacances.

Sa vie ne fut guère qu'une suite de batailles. Bataille d'abord contre la misère lorsque, jeune provincial tombé à Paris, il passait des journées à copier les primitifs au Louvre, ou lorsque sur le boulevard Saint-Michel il vendait lui-même ses dessins. Batailles ensuite picturales et spirituelles : il s'acharnait dans la défense de ses convictions ; il exigeait constamment de lui et de tous ceux qui essayaient de le suivre une discipline tenace, quelquefois désespérante ; il refusait les chemins aisés et préférait s'épuiser, victorieusement d'ailleurs, à la solution de difficiles problèmes.

Une des plus fécondes batailles qu'il gagna fut celle de la rénovation de la fresque dont il alla rechercher les éléments chez les maçons eux-mêmes. Et un des plus grands problèmes qu'il résolut fut celui du but supérieur de la peinture qui était, comme le résuma ici M. Stanislas-.

Fumet, « de dire dans un langage concret des vérités universelles, sans les traduire, mais en les situant plastiquement, solidement dans l’espace .».

C'est sans doute à cette bataille continuelle que Marcel-Lenoir acquit cette originalité véhémente et absolue de caractère, à laquelle il dut en grande partie d'être à demi méconnu ;

mais son talent et son travail si puissants et personnels commençaient à lui ouvrir l'audience du public ; il faut souhaiter que dans un proche avenir celui-ci puisse comprendre pleinement la valeur du grand artiste de la Crucifixion aux Masques et de Jeunesse, et qu'une large manifestation lui fasse mieux connaître ces richesses restées trop longtemps cachées en haut d'un atelier difficilement franchissable.

Sur l'œuvre du maître du Couronnement de la Vierge, nous ne pouvons mieux faire aujourd'hui que renvoyer nos lecteurs aux articles et aux notes que depuis vingt ans l'Art et les Artistes lui a consacrés. Marcel-Lenoir laisse inachevée une formidable fresque à laquelle il travaillait depuis longtemps, et qu'il intitulait A la gloire de Dieu ; elle devait se développer en plein air sur un espace de 600 m2 dans un immense cadre architectural conçu par lui-même. Il en reste heureusement de nombreuses études qui seront pieusement recueillies.

 

 

Dans le même numéro on mentionne Cladel pour le salon d’automne :

LA SCULPTURE

Maillol dominé toute cette intéressante section par son ample figure méditative, lourde de pensées. D'autres figures très remarquables l'entourent : celle d'H. Parayre, la Femme à la draperie de Guénot, noble et fier marbre à la grâce sereine ; la Jeune Femme accoudée de G. Contesse dont le style est pur ; le frêle nu de Cazaubon ; la Femme se coiffant, largement traitée, d'Hubert-Yencesse ; le nu de Popineau, qui cependant a moins de charme que les précédents ; la Figure allongée de Cladel…

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 11:26

tableau-ramey.jpg

 

Autre article de La Dépêche sur l'expo Ramey en 68, à Bruniquel. Toujours sans signatdure. JPD 

 

Dans sa « Chronique de l'Ours » de 1922 Maximilien Gauthier écrivait :

« J'ai songé souvent, devant certains Renoir, et, aujourd'hui, devant la « Nature morte au bal masqué » de Henri Rarney, que certains yeux humains avaient gardé comme un souvenir des suaves matérialités du paradis perdu. »

Et cette même année, René Jean, dans « Comoedia », notait :

« Ramey ne se préoccupe que de montrer ce qu'il voit, mais comme. il le voit, avec toute la tendresse qu'il porte aux choses formes humaines ou végétales qui viennent peupler l'architecture des sites divers devant lesquels il s'arrête. il est sincère, Il est ému…. »

Ramey n'a pas changé. Près d'un demi-siècle après que ces lignes aient été écrites, on pourrait les reprendre sans en changer un mot, Il a, comme par miracle, sorti ses modèles du temps et l'on pourrait de ses œuvres illustrer Fabliaux du Moyen-Age ou « Les Nouvelles » de Giono.

C'est qu'ils évoluent dans le même univers où les éléments — l'eau, l'air, la terre, le feu — déterminent les êtres et les choses. Ils sont, à leur manière, engagés parce qu'ils ont pris parti pour l'homme. Comment vieilliraient-ils ?

 

Henry Ramey rajeunit. Pour recréer son vieux Bruniquel, il a fermé les yeux et lui sont apparus les étroites ruelles de sa jeunesse, le petit train auréolé de fumée, les porteuses d'eau, les troupeaux, le bal autour de l’arbre, la procession de saint Roch, un coin de l'âtre familial .,,

Le grand tableau est ainsi né, qui sera, dimanche, au centre de ses œuvres récentes pour le vernissage de sa nouvelle exposition.

On y trouvera également beaucoup de toiles, de dessins, d'aquarelles plus anciens qui sont un peu « les géorgiques » d'Henry Ramey : Chants rudes de la nature et de ses hôtes, paysans et villageois aux visages sévères, aux regards indéfinissables, aux gestes rituels, ainsi cette autre peinture dont les personnages sont autant le verte, la pipe, le pain, les œufs que l'homme. la femme et l’enfant.

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 11:23

 delmas-ramey.JPG

 

Je reprends ci-dessous un article de La Dépêche qui en septembre 68 frend compte du vernissage d'une expo Ramey sans signature su journaliste. La photo xde Ramey (avec les lunettes) et de Louis Delmas me rappele que Louis Delmas était encore jeune en 68. JPD

 

 

« L’oustal Biel » demeure d’Henry Ramey, sert traditionnellement de cadre pour l’exposition de ses toiles. Toujours aussi attaché à son « vieux Bruniquel » Ramey ne saurait trouver de meilleur lieu que cette vieille demeure qu’il a su restaurer en laissant intacte toute sa valeur historique, et artistique. De quelques côtés que vous tourniez vos regards, les murs, les cheminées, l’encadrement des fenêtres profondes, les lourdes portes de bois, ont conservé leur inimitable cachet.

 

C’est déjà séduit par l’atmosphère que dégage cette maison ancienne que vous abordez les œuvres d’Henry Ramey, dont c’était dimanche le vernissage. Auprès de plusieurs toiles connues et pourtant revues avec joie, car on ne se lasse pas de les retrouver, le peintre nous a réservé plusieurs nouveautés dans lesquelles son talent, sa vigueur, sa sensibilité nous sont transmis.

 

Toujours fidèlement, Bruniquel et ses environs lui ont inspirés maints paysages où se conjuguent son amour du soleil, des vieilles pierres, des jeux d’ombres et de lumière, le tout dans une douceur de tons qui témoigne de sa tendresse envers notre contrée qu’il aime. Ces toiles expriment la paix, la quiétude et la sérénité. Quelques portraits aussi, comme cette « Jeune fille aux fleurs » et ces vieilles Bruniquelaises paisibles.

Il ne faudrait pas pour autant en déduire que Ramey soit un peintre uniquement préoccupé de transmettre la douceur de vivre au travers de ses couleurs et de ses formes, en cachant ainsi les dures réalités de l’existence et de ses problèmes fondamentaux. Il est riche d’une sensibilité profonde et sait la traduire dans tout ce qui est paisible et serein.

 

Cette sensibilité ne serait pas complète sans quelques sursauts de révolte et même d'angoisse. Ainsi est née sa grande fresque intitulée « Vingt Siècles de massacre » et ses tout récents dessins « Cataclysme », « Jugement dernier » qui traduisent plus une crainte subconsciente, qu'un état d'âme. Profondément respectueux de la vie et de la destinée de l'Homme, Ramey s'angoisse de tout ce qui peut la mettre en Péril. Ces toiles peuvent être comprises comme un message et un avertissement lucide.

A ce vernissage, parmi tous les amis que recevait le peintre, nous avons remarqué à l’heure où nous y sommes allés, la présence de MM. Delmas, maire de Montauban, Juge, adjoint, Godeau président des « Amis du Musée Ingres », Talamoni et Mme Marquès représentant le maire de Bruniquel qui s’était fait excuser. M Fleury président du Conseil général, s’était également excusé, ainsi que M. le préfet du département.

 

Nous ne pouvons pas terminer sans souligner l’accueil que réservait à tous l’épouse du peintre, la charmante Mme Ramey. Débordante de gentillesse, elle allait de l’un à l’autre, s’inquiétant de tout. Elle fut pour beaucoup dans cette atmosphère de chaude intimité qui émanait cet après-midi là de « l’Oustal Biel ».

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