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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 16:58

Je ne souviens pas si à l’important colloque sur Renaud Jean, le mot occitan a été prononcé. Le député communiste de 1920 parlait parfaitement la langue d’oc et dans un document peu ordinaire, j’ai découvert il y a longtemps qu’il lui arrivait de l’écrire.
Le 12 juin 1940 il était prisonnier à l’île d’Yeu, désespéré, et il tentait de survivre en écrivant chaque jour à sa femme (d'où mon livre épuisé : Ma bien chère belle).

Ce jour là il décida de transcrire en occitan une histoire classique. Son écriture n’est pas orthodoxe mais témoigne à la fois d’une attention à la culture populaire et de la fonction de l’humour pour lutter contre la morosité. Dans le docu-roman Ma bien chère Belle, j’ai seulement donné une traduction mais aujourd’hui j’offre la version occitane. Dans la campagne des présidentielles, les positions de Mélenchon sur les langues régionales ont suscité quelques polémiques. Pas plus que ne je partage les positions en question, je ne défends le point de vue d’occitanistes qui brandissent le drapeau d’une langue située en dehors du temps présent. En conséquence des positions s’affrontent au sein du Front de Gauche sans pour autant chercher l’essentiel. Comprendre le rapport de Renaud Jean et de l’occitan serait un chantier qui permettrait d’aller au cœur de la question. JPD



Lou pescaïre de Bénerquo


Salut à la coumpagnio ! Je vous présente en ma personne, le Bernât de Sen Miquel dit «Pescofi » un amourous de la pesque à la ligne. Eh oui, je suis pêcheur et je m'en bante. Moun cousi l0 Jousépou dé Cardéno me disio cado joun :
 - Oh moun pouro Bernai ! n'as qu'un endret en France oun s'atrapa de péis et cet endroit, il est à Bénerque le Vernet ! Bénerque le Vernet al coustat de Pinsaguel, c'est le rendez-vous, la réunion, la Méco des pescaïres toulousis !
Et me disioi :
- Moun paoure Bernat t’y cal anar

Un dimanche mati de la semano passado, armat de mas pus finas canebières, de mouns inquets lous mai afisourlats, d'un sac de vers - oh ! moun amic, qu’unis vers, on aurait dit di bermiceli –m’en baou à quatro horos del mati à la gare Matabiau per prendre la tren ! De cade constat de la gare coumo d'alumaïross de réverbères, los pescaïres arribaboun. La gare ére negra, marchaban sous asticots. M’approchi del guichet :
- Pardon monsieur, un aller et retour pour Benerque lou Vernet !
Arribi sul quai et mounti dins un coumpartiment. Yabi0, naon pescaïres et 59 canabières. Dins lo compartiment un moussu, lo sul qu'éro pas un pescaïre, avec un complet à carreau, me demande :
 -Pardon môssieu, vous ne pourriez pas dire à moi ce que c'était que tous ces gentelman avec ces longues bâtons ?
Ero un Inglès ! Coumo connaissi la politesso, li respoundi en francès
- Ce sont, monsieur, des pêcheurs qui vont à Benerque pesquer le grougno
- A oh ! me respound l’Inglès, ils vont fesé la pêche à la ligne !
Aqueste cop per li faï. bésè guéri pas le premi bengut li respoundi en inglès :
- Yes ! miladi !
L'estrangé n'en badato couma un barbeladou !
Coumo lo tren partissio, pendent que legi lo jornal, Beubremol à coustat de you se regalabo d'une ruelle de salsissot présé al constat del sac dé vers !

Enfin, un ralantisement de machine nous aprèn qu'arriban. Benerque le Vernet. Vingt cinq minutes d'arrêt. Buffet. Pissoir pour dames Descenden toutes del coumpartiment et entounens los cants patrioticos : Aniran toutis à Pinsaguel ... etc...

La journado s’annonçabo magnifique : mas noun de diou ! costo cado remal, costo cade roco y abio, un dus, tres persaïres. Me disi :
 - Te cal anar, al ramié (Le ramier c'est un coin qui a une réputation européenne). Es aquiou que ban pesta Fallières et Rotschild.
Oh ! bonheur un coin à l'ombre. Biste me débarassi de mon fourniment et harnachi ma banco ! Car bouli vous dire que per pesca mai leu, abio inventât un truc, uno banco de quatre peses ! Oh milodiou, trobi pas lo 4 ème pé, aquel putanié d'Inglès me l’abio panat dins le coumpartiment ! Enfin, avec le choul d'une bieillo canabiero retablissi l’équilibro e coummenci à pesca ! Lous rabastos me chapabon les vers et atrapabi pas rés ! Al constat de you impayro un escoupiat que pescabo avec un broc d'une ficelle. Bous lebabo de brèmes grosses coume de batéjous.
Tout d'un coup, il me crie :
- Moussu la puisette, la puisette !
Sa canebière toute entière éro din l’aïgo ! M'acabi per li fa passa la puisette. La banco mal harnachado se capebe et me fouti dins l’aïgo ! Comme je peux, je regagne le bord. Fri tout ragen ! Hurousoment que le souleil picotejabo. M'enlebi lou veston, lou gilet lou pantaloun, la camise et me laissi pas sus la bourre que la pipe et le scapulaire ! Las mouscos me chapabon las paterlos ! Arribo un estudiant de Galabot, d’aquelés que la coudeno lour y peta :
- Pardon monsieur, me dit-il c'est vous le maître baigneur de l'établissement ?
- Eh ! nani, qu'y respoundi. Je me baigne pas, pesqui !
- Vous êtes pêcheur ? Mais alors vous devez savoir ce qu'est une ligne ?
Y respoundi coumo cal.
- Nanni, que respound lo freluquet une ligne monsieur, c'est un bâton avec un asticot à un bout et un âne à l’autre.

Milodius, dejous l’insulto le sang me fasquet qu'un tour. L’atuqui me pensi. Me précipiti, trabuqui countro uno turno et me fouti par terre. Lo freluquet n'en proufito per me pana mes fardes. De loin, il me crie
- Si vous voulez vos vêtements, sacripant, vous viendrez les chercher au restaurant où je déjeune avec des amies. Ça vous apprendra à vous truffer de la jeunesse des écoles.
Fri fès, tout nut coumo un ver pelat ! Ramassi les débrits de moun fourniment, las canabières per danier, le paraplèje dubert per daban et la fiolo de l’oli entre les fesses. M'en baou per le billatge. Las aouquas et les drolles me seguission. Per lous escapa m'en beau sous le porchi de la gleyzé. L'houra ère mal caousido. Sourtission de la gran messo ! Besetz d’aïsiou lou tableou. Les coungraganistas n'en rougission. La suisso s'approcheou de you et me dits :
- Pardon, monsieur, si vous venez pour distribuer le pain béni, bous poudetz tourna, la messe est finie, ite, missa est.
N'ero negro de hounto ! Aquelo sceno abio trop durat Tout aco m’abio foutus un besoun de caga. Per me soulagea m'en baou dins una pourcantiero. Seulement le garde-champêtre prevengut arribo per counstata l0 délit.
- bougre de cochon, qu'il me dit, bous bous croyez au Sénégal, animal ! Je vais vous foutre un berbal !
Et me foutèt un berbal lo putanié ! M’amenet al posta de pouliso et me gardet jusqu’à un hora del matin après m’abé baillat mas fardos.

Partiri à la gare per prendre lou tren. Justo coumo arrababi lou tren partissio. Fusqueri obligeat de rentrer à Toulouse à patos Vingt cinq kilomètres. Arriberi chez you à siès houros del matin et trouberi chez you, la Mariounil. Counnaissès pas la Mariounil ma légitime épouse ? Ero dans les bras del Pierrou lou poumpié da coustat
- Elle s'a trouvé mal, me dit-il et je la ranimai !
Le fait est que la troubèri toute despapachado et que paressabo pla agitado.
Yey reflechit dempuèi : bèlou bè qu’éri cournat ! Enfin, bal millou estre cournat qu'abuglo. Et coumo toute histoire mérite sa mouralo aquiou la mio :
Se bous boulèts pesca, bous cal resta al ramié del Castel Aquiou pescarès belou de peillots mais n'atrapérès pas coumo you, un berbal une fluxion de poitrine et un parel de cornos
Salut à la coumpagnio. Renaud Jean

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 16:54

Voici des éléments de l’émission radio pour qui souhaite les retrouver à l’écrit.
Il n’y a pas tout et en particulier la partie musicale mise en place aimablement par Joan Pericas. A suivre, la semaine prochaine avec Paul Darasse. JPD

Emission du 29/03/2012 : http://cfmradio.fr/podcast/jules-fourrier-depute-du-front-populaire-a-30-ans/

Carte d’identité :
Né le 17 août 1906 à Angrie (Maine-et-Loire), mort le 31 juillet 1999 à Toulouse (Haute-Garonne) ; ouvrier du bâtiment ; syndicaliste CGTU ; député communiste du XVe arr. de Paris de 1936 à la guerre ; résistant, déporté ; militant de la Nouvelle gauche, de l’UGS, du PSU, puis de la Ligue communiste.

Introduction
A Cazals, à deux pas de la mairie, a vécu un ancien député, un ancien déporté, un ancien qui resta toujours jeune. Pour ma part, je l’ai croisé la première fois lors d’une réunion pour les élections cantonales de 1982, à une époque où encore les élections cantonales mobilisaient les citoyens. Il y avait bien une vingtaine de personnes et au moment des questions-réponses, un homme tranquille prend la parole et je devine aussitôt qu’il s’agit de Jules Fourrier.

Je n’avais eu de lui qu’un portrait très négatif quand il apparut dans le paysage politique du Tarn et Garonne en tant que suppléant LCR aux législatives de 1981. Pensez donc, en 1940, après avoir quitté le parti communiste, dont il était le député depuis 1936, il a voté les pleins pouvoirs à Pétain ! Lui, comme tout individu était un homme entier et le découper en tranches en ne retenant que cette erreur, c’était le dénaturer totalement. Il l’a écrit de sa main, dans sa biographie, ce fut une erreur :
« Tout militant dans sa vie a fait des erreurs. Guidé seulement par la situation dans laquelle se trouvait le pays, sans aucune illusion, et surtout sans aucune sympathie pour le gouvernement, j’ai fait une grosse erreur ce jour-là en votant oui, sans mesurer la responsabilité que je prenais de donner tout pouvoir à ce nouveau Bazaine, à celui qui allait violer tous ses engagements après s’être présenté comme le sauveur. J’ai crié à la fin du vote : « Vive la République quand même ! » »

Bien sûr, le PCF se servira de ce vote pour le déconsidérer mais Jules observe : « Au même moment le PCF demandait l’autorisation de faire reparaître l’Humanité à la Propagandastaffel. » Une erreur que le PCF a eu du mal à reconnaître !
La suite de l’histoire confirmera que chez Jules, ce vote fut une erreur et le pacte germano-soviétique une obsession. A Cazals, le hasard a voulu que celui qui avait un petit jardin mitoyen du sien, soit un communiste. Dans ce petit bout de terrain, un peu à l'écart du village, les deux hommes s'y retrouvaient pour partager leur passion commune du jardinage. C’était le grand-père de Jean-Marie Courtot qui lui a raconté qu'ils y passaient beaucoup de temps. Jules avait un abri avec un banc et ils s'y asseyaient pour discuter après leur travail. Ils parlaient du passé, et n'étaient pas souvent d'accord et l’un des sujets de divergence était le pacte germano-soviétique. L’historien Claude Pennetier qui l’a souvent hébergé à Paris me disait qu’il avait gardé une grande sympathie pour les communistes.

La vie de Jules
Fils d’un ouvrier carrier et d’une blanchisseuse, Jules Fourrier vécut une enfance de misère, dans ce pays de contraste qu’est le Maine et Loire où se côtoient châteaux et mines d’ardoises. Nous sommes en Bretagne, à mi chemin entre Angers et Châteaubriant. Jules Fourrier avait trois ans quand il perdit son père, quatorze à la mort de sa mère. Élevé par une grand-tante dans l’esprit de la Révolution française, il fut très tôt conscient de l’injustice d’une société qui, en Anjou, gardait à cette époque bien des traits de l’Ancien Régime. Écolier jusqu’à quatorze ans, il travaillait également dans une corderie, pendant ses loisirs.
À la mort de sa mère, il quitte son village pour Segré (la proche sous-préfecture). Apprenti peintre, il trouva immédiatement un emploi dans une petite entreprise. À seize ans, invité par un ami cheminot, il assista pour la première fois à un meeting du Parti communiste. À partir de la fin de 1922, il participa régulièrement à des réunions syndicales sans être toutefois adhérent.
En janvier 1923, Jules Fourrier partit travailler à Nantes. Spécialiste de cross-country, il était membre de l’Association sportive ouvrière nantaise, club affilié à la Fédération sportive du travail. Il adhéra alors au syndicat du Bâtiment de Nantes (CGT-SR), de tendance anarcho-syndicaliste, parce qu’il comptait les meilleurs militants. Pourtant Jules Fourrier se considérait déjà comme proche du PC et de la CGTU.
En janvier 1925, Jules Fourrier quitte Nantes pour Paris et adhère aussitôt au Parti communiste dont il devient le député en 1936.

L’année 1936
L’action de cette année 1936, nous avons pu la détailler avec Jules au cours d’une rencontre dont le compte-rendu a été publié dans un numéro spécial du journal Point Gauche ! C’était en août 1996 donc peu après son 90 ème anniversaire - ce qui nous donna l'occasion de boire une coupe de Champagne pour le fêter - Jules FOURRIER et sa femme Petra nous ont reçus, chez eux à Cazals et nous avons découvert une mémoire intarissable : mémoire des noms, des lieux, des dates, des événements.
Il avait eu un premier lien avec le TetG en 1936, quand il est venu à Lexos en Juillet, avec Couchet, le dirigeant montalbanais du PCF, pour tenter de mettre en grève les cimentiers. Une façon d’entrer de plein pied dans le sujet que nous voulions traiter avec lui.
Cette année 1936 fut une année de gloire pour le PCF et Jules d’expliquer ainsi ce succès :
« En 1934, en prenant en main la direction de la lutte contre le fascisme en France, le PCF a pu pénétrer dans des couches nouvelles (les paysans en particulier) et on dira ce qu'on voudra mais le PCF a su forger ses militants dans la lutte sur le terrain contre le capitalisme. Il apparaissait le seul et unique défenseur des travailleurs. Contre la guerre en Espagne, il fut aussi en pointe. »
Et Jules d’expliquer que le terme même de Front populaire a été repris à la droite qui par la bouche de Doumergue avait appelé à un Front populaire contre les métèques et les salopards en casquettes. Ce à quoi, en 35, à la salle Bullier, Maurice Thorez avait répondu : « La droite fasciste sort le mot Front populaire contre les métèques et les salopards en casquettes. Nous communistes nous lançons le thème du Front populaire du pain, de la paix et de la liberté. »

Pour témoigner concrètement de cette victoire du PCF Jules mentionne alors une belle réunion dans un gros chef-lieu de canton du département de la Manche, Sourdeval. Un lieu avec des petites fonderies où on fait des pelles, des pioches, des faux. Il y a fait une réunion enthousiaste or c'était la première fois que le PC en faisait une là. Les petits patrons était venus or l'un d’eux avait été poursuivi pour des assurances sociales impayées, on lui en avait apporté les preuves avant la réunion et quand il demanda : « Qu’est-ce vous allez faire de nous ? » Jules a répondu : « C'est pas difficile, pour vous on vous laissera les deux mains pour travailler et les deux yeux pour pleurer ».

Dans cette action communiste Jules Fourrier a rencontré tous les grands noms, Boukharine, Clara Zetkin, la femme de Chang Kai-Chek, La Pasionaria, Cachin, Paul Vaillant-Couturier, Togliatti. Dans son livre, Jules raconte comment il conduisit Togliatti qu’on appelait alors Ercoli, jusqu’en Espagne en 1937. Car en effet Jules a été aussi au cœur de cet événement pendant lequel il croisa sa deuxième épouse, Petra.

En bavardant avec Jules au sujet de 1936, sa femme lui demanda quelles étaient les chansons de référence à ce moment là et Jules répondit : « On chantait l'Internationale et la Marseillaise : La Marseillaise, chant révolutionnaire des sans-culottes et l'Internationale, chant des travailleurs du monde entier. On chantait la Marseillaise pour dire à la droite : "elle ne vous appartient pas." On faisait ainsi revivre cette histoire. Dans les grandes villes de France il n'y a presque pas de rue nommée Maximilien Robespierre. Celle de Toulouse est petite, elle est derrière la prison. A Paris, pas de Boulevard avec ce nom. Vaillant-Couturier a même dit à la chambre : « Les communistes, nous sommes les descendants de Jeanne d'Arc, des sans-culottes, des fédérés de la Commune, des spartakistes et ainsi de suite… » »

Et Petra Murillo, militante du PCE exclue à cause de sa sympathie pour le POUM, apporta alors un commentaire qui m’a surpris : « En Espagne, c'était la Marseillaise. La révolution espagnole s'est faite avec la Marseillaise. » Il me semble que c’est un témoignage rare et je regrette depuis, de ne pas avoir programmé avec un elle un entretien sur la guerre d’Espagne.

La guerre d'Espagne a finalement été au cœur de l’histoire de Jules. Il pense que quand ils ont essayé de rendre l'école laïque, la réaction blanche a réagi avec l'armée, contre la République. En 1936 le gouvernement français pratiquait la non-intervention pour laisser les massacreurs massacrer la République espagnole. Jules assurait le transport du courrier de l'Internationale Communiste de Paris à Albacete, à l'État-Major où André Marty était, dit Jules, « le grand manitou » habitué de cette formule : " Nous nous sommes connus, Fourrier et moi, dans une maison où le concierge voulait bien nous laisser entrer, mais ne nous laissait pas sortir. Cette maison se trouve au 42, rue de la Santé. » C’est exact Jules a été à un moment enfermé pour des raisons politiques à la maison de la Santé avec Marty.

Son entrée dans la Résistance se fera donc sans liens avec le PCF mais grâce aux liens qu’il avait, depuis la Guerre d’Espagne, avec des Républicains de ce pays. Il va pouvoir organiser des groupes. Il est arrêté le 11 janvier 1944. Direction Buchenwald. Puis Mauthausen et le quartier proche de Gusen.

Le texte de Jules Fourrier
L’insurrection à Gusen, une partie du camp de concentration de Mauthausen où est Jules Fourrier en mai 1945 :

"Dans la nuit du 5 au 6 mai 1945, l’état-major ordonne que tous les dépotrés de Gusen soient gazés dns les fameuses usines Steyr. Les triangles verts et les SS se postent à l'entrée de chaque tunnel, et nous forcent à entrer dans le souterrain.
Nous avons compris ! Pas question d'y aller. C'est la rébellion et, tout d'un coup, ils sont impuissants devant la masse, commencent à se débander, et nous les voyons prendre le large par camions entiers. Avec une vingtaine de copains de la FAI, et quelques camarades français, nous sommes rapidement maîtres d'une partie du camp. Ce sont les anarchistes espagnols qui ont fait le gros du travail car, bien organisés dès les premières heures (certains d'entre eux sont là depuis 1940 et leur spécialisation de cuisiniers leur a permis de survivre), ils ont pris d'assaut les miradors et récupéré la mitrailleuse qui s'y trouve. Ils dirigent le bagne fin avril.
A nos côtés, les staliniens sont bien décidés à prendre la direction du camp pour y faire appliquer leur politique. Mais nous n'avons pas l'intention de nous faire marcher sur les pieds et nous nous regroupons pour nous opposer à leur pression, avec les copains espagnols, quelques gaullistes et des trotskystes belges.
Par les micros, on demande à tous les camarades disponibles de se réunir sur la place d'appel pour qu'on leur donne des chaussures et des armes. On me donne une belle paire de souliers des SS, une espèce de pardessus, une ceinture pour tenir ma culotte, une mitraillette, un revolver et des balles. Le copain communiste qui dirige la distribution, futur responsable de l'Amicale de Mauthausen, me lance brutalement « Toi, Jules, tu vas rendre ça — Non, mon pote, trop tard maintenant ! C'est à moi et je le garde. »
Des affrontements sporadiques ont encore lieu avec des nazis et nous en profitons pour régler leur compte à plusieurs dizaines de SS et à leurs valets, pour les milliers de crimes qu'ils ont sur la conscience. On découvre dans le transformateur de Gusen I le commandant SS qui portait beau. Il est aussitôt exécuté à coups de pied et de poing par les camarades. Nous l'exposons dans la cour.
Au plus fort de la bataille, nous nous découvrons aussi des alliés inconnus de la plupart, des communistes allemands infiltrés de longue date parmi les SS. Ils avaient été d'une aide précieuse pour certains malades du camp ; maintenant, ils peuvent jouer à visage découvert un rôle prépondérant dans l'insurrection. Lorsque nous sommes maîtres de Mauthausen et de ses dépendances, la lutte n'est pas encore terminée. En effet, si la plupart des SS ont pris la fuite, plusieurs divisions sont encore de l'autre côté du Danube, à quelques kilomètres à vol d'oiseau.
Une incroyable attente commence. Les bagnards se sont jetés comme des fauves sur les restes de la nourriture des nazis. Fayots, lentilles, tout y passe, ce qui nous fait plus de mal que de bien, accentuant les diarrhées et la dysenterie. Parmi nous, depuis quelques jours, il y a des femmes, rapatriées d'autres camps en grand nombre. Je m'en aperçois tout à coup quand, en train de me laver à un robinet lors de la toilette du matin, je me retrouve nez à nez avec l'une d'entre elles. A poil, nous nous ignorons complètement, tant la souffrance de ces longs mois a anéanti toute pulsion sexuelle, tout désir. Nous sommes devenus des passoires, dans la digestion comme dans les sentiments. Il faut se rappeler que, parmi les victimes de l'univers concentrationnaire, les femmes ont le plus souffert physiquement des privations. Certaines ne retrouveront jamais leurs règles et pour toutes les risques de maladie seront plus nombreux à l'avenir. »
Après Gusen I libéré c’est Mauthausen libéré.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 10:27

Voici trois liens que me communique sur la question mon ami Jacques Desmarais :

http://jack-jackyboy.blogspot.ca/2012/03/la-manifestation-du-22-mars-en-photos.html


Pour l'ambiance de la manif du 22 mars, il y a cette vidéo montée je crois par des étudiants de l'univ. (anglo) Concordia :


http://www.youtube.com/watch?v=6Oe7wx7HuK4&feature=player_embedded

 

Aussi, ce très jouissif papier de Nadeau dans Le Devoir du 23 mars :


http://www.ledevoir.com/societe/education/345738/emporte-par-la-foule


L'association étudiante la plus militante s'appelle La Classe :


http://www.bloquonslahausse.com/

 

Bon voyage. JPD

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 10:19

Sur ce blog, depuis plus d’un an, nous annonçons qu’une base travaux se fera sur Castelsarrasin à l’intersection de la ligne Beaumont-Castelsarrasin et la future LGV. Vu les principes de construction d'une LGV, ce site est le plus évident.
Pour faire avaler la pilule RFF avance masqué (comme d'habitude) si bien que ce n’est qu’aujourd’hui que des personnes qui se croyaient à l’abri de la tornade se découvrent concernées. En conséquence l’association de Bénis qui avait été à la pointe, au début, pour dénoncer globalement le projet, se contente à présent de la pétition ci-dessous. Cette pétition fait comme si le projet était devenu inévitable et après avoir tenté d’envoyer chez le voisin le tracé, ils veulent envoyer chez le voisin la base travaux. L’envie de défendre des intérêts personnels est tout à fait louable mais la fonction d’une association c’est d’inciter à voir plus loin. En la matière nous faisons confiance à Bernard Dagen pour obtenir sur sa commune une base travaux source d’un développement économique temporaire. Sur Tours-Bordeaux les élus ont été heureux d’avoir sur leur commune les deux bases travaux en espérant qu’ensuite les entreprises présentes s’installeront définitivement. Or, les nuisances sont sans nom mais, disons-le une fois de plus, des nuisances pour un projet utile, il faut les supporter, par contre des nuisances pour un projet INUTILE et même NUISIBLE c’est de la folie. Une telle pétition nous incite encore plus à expliquer que ce n’est pas la base travaux qu’il faut refuser mais la LGV.

Notez la stratégie RFF qui annonce d'abord deux lieux pour ensuite diviser les opposants le jour où les raisons "techniques" feront que c'est un lieu, et pas l'autre (là où il y aura un soulagement !). Ils savent très bien où ils la feront !

JPD

 

 

SAUVEGARDE DE BENIS
Chez M. Patrick AIMAR 79, chemin de Nauguilles

82100 CASTELSARRASIN


N/réf. L201203-001
Objet : Refus de céder ou de mettre à disposition des biens bâtis ou non bâtis pour l'installation d'une zone potentielle de travaux sur Castelsarrasin.

 

Madame, Monsieur,
Vous avez pu lire dans la presse qu'un projet de construction d'une Ligne à Grande Vitesse est prévu dans notre département. Le tracé définitif retenu par Réseau Ferré de France (R.F.F.) est celui référencé sous le numéro 243, traversant notamment le secteur de Bénis à CASTELSARRASIN,
Afin de stocker les matériaux nécessaires pour la réalisation de ce projet, R.F.F. envisage d'installer une base de travaux sur une cinquantaine d'hectares. A ce jour, trois emplacements sont susceptibles de leur convenir dont deux situés sur la commune de Castelsarrasin et un près de la base logistique à Montbartier.
Conformément aux informations directement transmises par R.F.F., les lieux-dits concernés par les bases de travaux sur Castelsarrasin sont les suivants
•    Base de travaux potentielle à l'est de Castelsarrasin :
Lieu-dit Pommes,
Lieu-dit Lamour,
Lieu-dit Merdaillou,
Lieu-dit Capette.
•    Base de travaux potentielle dans la Vallée de la Garonne au sud de Castelsarrasin : Lieu-dit Sagnas,
Lieu-dit La longe,
Lieu-dit Les parcs nord,
Lieu-dit Gayte.
Une base de travaux sur Castelsarrasin engendrerait la construction d'une troisième voie ferrée dans la Vallée de la Garonne pour ravitailler la future LGV en matériaux, venant ainsi alourdir l'impact auprès des riverains. Cela obligerait ainsi certains exploitants à reconsidérer leur avenir professionnel à cause des amputations de leur outil de travail.
Afin de remédier à cette éventualité, nous vous demandons par la présente de bien vouloir vous engager à ne pas céder vos biens bâtis et non bâtis ou à ne pas les mettre à la disposition de R.F.F. ou de tout autre organisme impliqué dans le projet de réalisation de la future L.G.V.
Ainsi, par la signature de ce courrier établi en deux exemplaires originaux, nous pourrons demander à Monsieur Bernard DAGEN, Maire de Castelsarrasin, de mettre aux voies une délibération auprès  du Conseil Municipal, afin que ce dernier s'oppose à l'installation de toute base de travaux sur la commune de Castelsarrasin.

 

ENGAGEMENT
Après lecture de ce courrier, je soussigné, M.   confirme mon engagement à ne pas céder mes biens bâtis et non bâtis et à ne pas les mettre à la disposition  de R.F.F. ou de tout autre organisme impliqué dans le projet de réalisation de la future L.G.V.
Par ailleurs, je confirme avoir eu accès aux informations communiquées sur la carte G.P.S.O. fournie par R.F.F. auprès de l'association Sauvegarde de Bénis. Je m'engage dans cette démarche de solidarité de mon plein gré et je soutiens ainsi les habitants concernés par le projet de construction de la LGV.
Dater et faire précéder votre signature de la mention « lu et approuvé ».
Remis en deux exemplaires originaux (un pour l'association, l'autre pour le signataire).

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 17:49

 

 

mapa--478x400.jpg

Voilà une carte plus simple qu'une précédente que j'avais publié qui relativise la grande vitesse espagnole.

Pour Madrid-Lisbonne le tarif avait été annoncé : 120 euros comme le Madrid-Barcelone.

 

 

En 2009 le gouvernement portugais signe un contrat avec ACS pour la construction d’une partie de la LGV Madrid-Lisbonne qui fait 167 km pour le prix de 1651 millions d’euros. Première surprise pour un Français : nous sommes à 10 millions d’euros le km et non à 25 comme le disent les chiffres actuels de RFF ! S’agit de LGV au rabais, sans fibre optique, sans grillage tout le long ? Peut-être quelqu’un à la réponse (il s’agit peut-être de la seule dépense côté collectivités publiques). Ce qui est sûr c’est que ça reste une double voix car c’est seulement en 2011 que pour arrêter le souhait portugais d’en finir avec la LGV il a été proposé de la réduire à une seule voix sur pression de Bruxelles, de Madrid et de Paris. Ce qui est sûr, c’est que le temps de trajet, moins de trois heures, en fait une LGV authentique.
Il y avait dans le projet la construction d’une gare et ACS avait pendant quarante ans l’exploitation de la ligne. ACS est un consortium qui regroupe Dragados Abertis et le Portugais Brisa qui construit des autoroutes aux péages prohibitifs.
La question est la suivante : comment un gouvernement peut-il rompre un contrat signé ? ACS demande déjà un dédommagement de 260 millions d’euros car en fait je lis par ailleurs que le coût total serait de 7 milliards si on prend la ligne dans son ensemble. Il s’agissait d’une ligne où les trains devaient aller à 350 km/h (souvent en Espagne on appelle grande vitesse à partir de 220 km/h).
Bien sûr, les avocats de tous les bords sont sur les dents. En fait le gouvernement avait pris la décision, les constructeurs se sont tournés du côté des tribunaux et c’est le tribunal qui a déclaré illégaux les contrats qui avaient été signés !
C’est une LGV qui devait ouvrir début 2011…

Bref, même une LGV en construction peut s'arrêter aussi quand on nous dit que pour Bordeaux-Toulouse, il n'y a plus rien à faire car tout est bouclé...

28 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 17:02

Le Mexique est en pleine campagne électorale. Le 1er juin, le pays va changer de face, c’est sûr, et le Pape n’y sera pour rien. A-t-il fait le voyage pour sauver le parti du président sortant, le PAN ? On peut le penser car, entre l’ancien parti le PRI, largement favori des sondages, et l’église catholique, ce ne fut jamais le grand amour, si bien que même le PAN n’a pu remettre en cause des principes laïques de ce pays. Malgré le cas Florence, qui sait en France que là-bas la bataille politique fait rage ? Que le sort de Florence est soumis, depuis le début, aux aléas de la vie politique du Mexique ?

Je l’ai déjà écrit, et les événements ne font que me confirmer dans cette idée - même si le Mexique n’est pas à la Une des grands esprits de gauche qui rêvent sans cesse en un Eldorado aux Amériques : quand Mexico aura parlé, les rêves de gauche seront renvoyés une fois de plus aux calendes grecques.

Etrange Mexique où en l’an 2000, le PAN très à droite a réussi à mettre fin à une domination phénoménale du PRI, sans pour autant abattre ce parti, comme ce fut le cas dans d’autres pays des Amériques. Non seulement le PRI a su garder la tête hors de l’eau mais il a su se renouveler comme je l’avais vérifié au Yucatan, un Etat ou le PAN avait été en pointe mais où le PRI a, ces dernières années, repris le dessus.
Des observateurs avaient pensé qu’après le PRI puis le PAN, le parti de gauche PRD verrait enfin son heure arriver, d’autant que par une opération « savante » le choix du candidat unique de ce parti s’est fait, contre toute attente, dans le consensus. Quelle opération ? Si des primaires ont été organisées dans le PAN, pour le PRD on a confié le choix du candidat le meilleur, à deux ou trois agences de sondages ! Et c’est le candidat battu de 2006 qui est sorti du chapeau à savoir Andres Manuel Lopez-Obrador (AMLO) un homme qui depuis cette date n’a pas cessé de sillonner le pays pour défendre la gauche.

Il vient de proposer sa conception de la lutte contre le crime organisé : réduction des inégalités, création d’une police d’Etat moralisée qui remplacera l’armée et la marine dans l’action actuelle. Rien d’original si ce n’est une fermeté politique peu fréquente.
Mais pourquoi AMLO décida d’assister à la messe du pape à Guanajuato, pour s’agenouiller là où le peuple s’est mis à genoux ? Alors que le pays en en pleine discussion autour de l’article 24 de la Constitution qui fait du pays un pays laïque ? Parce qu’il faudrait que la gauche, avec la droite du PAN, contribue à la réconciliation du peuple catholique et du peuple politique, leur désunion ayant été à la base d’un affaiblissement du pays ? Voilà une idée qui court, qui fait même « moderne » afin d’en finir avec les querelles d’hier. Et pas à pas s’approchent les arguments habituels : le christianisme est un défenseur de la justice sociale, de la paix sociale, de la démocratie, du progrès, la tolérance, l’honnêteté, en un mot il est du côté despauvres. On en arrive à se demander comment un pays aussi catholique peut vivre sous le pouvoir des mafieux ! Mais voilà que je fais la mauvaise tête !

Et je lis : « les mérites de cette citation évangélique : “dar a Dios lo que es de Dios y al césar lo que es del césar” (donner à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César), une formule adéquate que nous ne pouvons oublier » or je ne trouve aucun mérite à cette citation !

Il se trouve qu’au Mexique comme au Sénégal ou même en France, l’élection du président reste un épisode secondaire dans le processus électoral. Il reste ensuite l’essentiel : la majorité parlementaire avec des députés dignes de ce nom. Or on découvre, sur ce point, un Mexique qui s’effondre ! Des nombreux candidats refusés par un parti passent au suivant dans une course au sauve qui peut qui tend à démontrer qu’à présent le besoin de pouvoir importe plus que le sens du pouvoir. Gonzalo Martínez Corbalá indique dans La Jornada du 26 mars : « sur ce point on en a vu de toutes les couleurs ». Son étude est totalement inquiétante. Si j’évoque la référence fait dans l’article, au livre de Norberto Bobbio, Droite et gauche, on découvre que nous sommes en paysage connu ! Avec la présidentielle j’ai évoqué des positionnements de droite, de gauche, et leur ambigüité quand il s’agit de parler du religieux, mais quand on passe aux législatives ou aux sénatoriales, les positions s’estompent, l’habitude ayant été prise dans de telles institutions de rayer des débats les oppositions claires. La Pape n’y peut rien, c’est magouilles et compagnie et en matière de magouilles, vu les révélations venues dernièrement du Vatican, tout le monde nage dans la boue.
Est-ce à dire qu’il y aurait un fossé entre cette classe politique sans repère et le peuple qui garderait une plus grande conscience du phénomène crucial de la politique. En France, avec les primaires socialistes, les observateurs ont été surpris par le phénomène Montebourg, surprise redoublée ensuite quand le même personnage se rallia à Hollande. N’est-ce pas cet effet surprise du peuple qui se reconnaît à présent dans le candidat Mélenchon ? Un peuple français qui ne veut pas lâcher son histoire ? Comme le peuple mexicain ne veut pas lâcher la sienne ?
Toujours est-il, pour le Mexique, malgré la crise, malgré le voyage du pape, malgré le crime organisé, le peuple de gauche n’arrive pas à se retrouver dans une stratégie claire pourtant indispensable pour sortir du trou noir dans lequel plonge le pays. Dernièrement j’ai découvert que 90% des coupes de bois étaient illégales et renflouaient les caisses des mafias en tout genre sans un sou de taxes pour l’Etat bien sûr. A suivre.
27 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 11:10

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Hier soir, en lisant le journal mexicain La Jornada, j’ai appris le décès du grand Antonio que j’ai beaucoup fréquenté voici dix ans, que j’e n’ai pas oublié ensuite car il m’a tant appris. Pour moi Tabucchi, c’est à jamais Sostiene Pereira, un roman avec lequel j’ai appris l’italien. J’ai lu ensuite plusieurs autres ouvrages comme le très court Les trois derniers jours de Fernando Pessoa un délire mais j’en suis resté à l’histoire fatidique. « je pense que jamais une longue mémoire n’a été aussi nécessaire à l’homme qu’en cette fin de millénaire… ». Qui peut imaginer un grand débat entre Tabucchi et Montalban ? Dans la dérive droitière de son cher pays, Tabucchi est resté debout du moins à lire quelques-uns de ces derniers articles car l’histoire va parfois si vite…
Tabucchi est mort à Lisbonne d’un cancer à l’âge de 68 ans. Lui qui était la langue italienne faite homme, il observait le monde de ce point éloigné qu’est Lisbonne le lien de son amour, comme Vargas Llosa le fait de Londres. Eloigné car le Portugal c’est l’Atlantique quand l’Italie c’est la Méditerranée.
Tabucchi avait la plume romancière mais aussi journalistique. Pourquoi n’ai-je pas à ce jour vu le film réalisé à partir de Sostiene Pereira ? Car Tabucchi comme tant d’autres écrivains italiens c’est d’abord le cinéma. La télé va-t-elle lui rendre hommage par la projection d’un des films issus de ses romans ? Oui, je rêve, un hommage à Tabucchi en France… Peut-être à Lisbonne. Il a commencé sa vie littéraire en racontant à ses jeune copains le film qu’ils venaient de voir, tout en jouant au billard. Raconter un film n’est-ce pas un bel exercice ?
Et tout commence par La dolce vita… Et Antonioni lui donnera le désir définitif d’écrire.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 11:08

Sur ce site nous avons suivie l’extraordinaire lutte des étudiants chiliens. Mon ami Jacques Desmarais m’informe que le Québec n’est pas en reste. Il n’est pas surprenant que l’école soit au centre des débats de toutes les sociétés. Par son existence, elle est un défi aux volontés capitalistes actuelles. Donc à suivre. JPD


http://www.pressegauche.org/spip.php?article9780


Le printemps politique des étudiants québécois, un mouvement social en phase avec son temps

-* « Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, ils n’empêcheront pas la venue du printemps. »   Proverbe afghan

Après un hiver plus chaud que d’habitude, voilà la société québécoise qui se met en mouvement. Ce mouvement en effet est l’œuvre des associations étudiantes qui organisent, depuis plusieurs semaines déjà, des activités originales et créatives contre le gouvernement libéral du Québec qui veut poursuivre le « dégel » des frais de scolarité commencé en 2006.

Si le gel permettait à la majorité d’accéder à une éducation supérieure de qualité, le dégel des libéraux favorisera les mieux nantis, ce qui aura pour effet de faire reculer le Québec en le ramenant à l’époque où seule une élite accédait à l’université, s’appropriait les emplois prestigieux et le pouvoir politique. Dans ce texte, nous tenterons d’expliquer les raisons derrière le succès retentissant du « printemps » politique des étudiants québécois.

De l’organisation méthodique d’un printemps politique intempestif

Ce qui honore premièrement les étudiants de la nouvelle génération, c’est qu’ils ont su utiliser l’ambiance générale pour planifier une vague progressive de manifestations. Ils ont senti le vent et en tirent profit. Contrairement à leurs aînés qui devaient créer un climat politique d’exception, les étudiants actuels profitent de la mode de l’indignation mondiale, d’un gouvernement usé par le pouvoir, de leurs réseaux sociaux et d’une température extérieure plus chaude que la normale. Porté par une vague de chaleur sans précédent – il fera plus de 20 degrés Celsius pendant cette semaine cruciale de manifestations –, presque tout concours à la réussite de leur printemps intempestif, si on fait fi des casseurs et des bloqueurs qui profitent de toutes les manifestations pour s’assurer d’un chaos minimal. Or si on entend par printemps politique le réchauffement organisé du climat politique, la « grève » de 2012 est marquante parce qu’elle est en phase avec la météorologie politique. Elle est peut-être l’expression d’un moment charnière de l’histoire du Québec. Pensé depuis l’été, le mouvement a semé en automne. Patient, il a prévu le « printemps » durant l’hiver et il récolte aujourd’hui un réchauffement politique qui, dépassant les seuls étudiants, englobe la société. Il est si fort qu’il échappe aux médias, lesquels défendent un statu quo et un immobilisme qu’ils appellent à tort « objectivité ». De l’indignation du monde - du printemps arabe, de la Puerta del sol, des mouvements d’occupation jusqu’aux étudiants québécois engagés envers leur avenir -, les médias ne retiennent que la protestation et le dérangement dans la normalité, couvrant la manifestation familiale de dimanche dernier de la même manière que la fermeture d’une grosse usine. Par leur refus de couvrir toute action concertée, les médias montrent leurs limites. Le printemps intempestif des étudiants déroute les politiciens ainsi que les médias nationaux parce que ceux-ci, habitués à décider seuls de l’agenda politique et des nouvelles qui devront masquer les enjeux vitaux d’une population affaiblie par l’asphyxie médiatique, refusent de reconnaître par principe tout mouvement collectif créatif.

Un gouvernement usé par le pouvoir et la corruption

La seconde condition du succès des étudiants est l’attitude de fermeture d’un gouvernement qui gouverne pour ses amis. Pour les libéraux, il faut imposer aux étudiants une hausse progressive des frais de scolarité et ce, sans discussion. Si le budget le prévoit, c’est donc bon. Le slogan des libéraux est que tous, y compris les étudiants – qui sont les plus vulnérables et endettés de la population – doivent faire leur « juste part » dans le resserrement des finances publiques. Ce que les libéraux ne disent pas, c’est qu’au moment même où ils imposent l’augmentation des frais de scolarité, le gouvernement augmente ses propres dépenses. Ce que le Premier ministre Charest et la ministre de l’Éducation Beauchamps semblent ignorer, c’est que l’éducation est un bien collectif. Si le règne libéral est celui de la collusion et de la corruption, tous ne sont pas obligés de le partager, la collusion n’étant pas un bien. Pendant le règne libéral, redisons-le, jamais a-t-on vu autant de scandales financiers et politiques. La population a demandé pendant une année complète une commission d’enquête pour faire la lumière sur la corruption dans le monde de la construction, alors que le gouvernement faisait la sourde oreille. Contraint par des sondages traduisant l’insatisfaction de la population, le gouvernement a dû, contre son gré, mettre sur pieds une commission qui, sans surprise, tarde à trouver des coupables. C’est dans ce climat général de suspicion et de méfiance que, à bout de nerf, désillusionnée sans doute de toute politique partisane, la population se range toujours plus derrière les étudiants arborant le carré rouge de la résistance.

Les enjeux derrière la hausse imposée des frais de scolarité 

La troisième condition de réussite du printemps intempestif des associations étudiantes qui, soit dit en passant, sont disciplinées, organisées et calmes, est la défense de la cause elle-même. Pendant que le gouvernement peine à administrer la province, les associations étudiantes défendent des principes et veillent à leurs affaires. Elle se documentent et étudient le procès. Elles sont en mouvement et refusent d’utiliser l’arme du gouvernement, c’est-à-dire la force brute. En remettant en question la dialectique ami/ennemi par l’audace, la créativité et l’originalité, elles font la preuve que, en démocratie, le gouvernement aurait intérêt à écouter et à apprendre au lieu de refuser la discussion. Le rôle d’un gouvernement n’est pas d’imposer, mais de convaincre et gouverner pour tous.

Par la voix de leurs jeunes leaders, les associations étudiantes ont montré que la hausse des frais concerne l’avenir. Elles ne veulent pas voir les frais de scolarité augmenter de 75% sur cinq ans parce que, comme le montrent les sondages, le coût est un facteur non négligeable dans la réussite scolaire. Elles rappellent plusieurs points décisifs, entre autres que, après avoir augmenté les frais de scolarité de plus de 30% en cinq ans, voilà maintenant que le gouvernement libéral passera à l’étape suivante : à l’automne 2012, c’est plus de 325$ par année qui seront ajoutés à la facture des étudiants. En 2016-2017, il en coûtera 3793 $ par semestre, ce qui représente une hausse de 127 % par rapport aux coûts de 2007. Elles affirment que le gouvernement prévoit augmenter sa contribution nette (après l’inflation des coûts du système) de 224 millions $ d’ici 2016-2017. Cela représente une augmentation de 7,2 % de la contribution gouvernementale. Elle est, en terme absolu, de 35 % inférieure à celle exigée aux étudiants. Elles dénoncent la transformation, par les libéraux, des bourses en prêts. Elles précisent que le Québec ne doit pas seulement se comparer avec le reste du Canada ou les Etats-Unis, où il en coûte plus cher pour étudier, mais aussi avec les pays d’Europe où, en général, les études universitaires sont presque gratuites. Le Québec figure bien dans le palmarès de l’OCDE, nous devons en être fiers, mais pour combien de temps encore ? Elles rappellent encore que ce n’est pas aux étudiants seulement à résoudre le problème chronique du sous-financement des universités québécoises lesquelles, il faut bien le dire, ont montré d’énormes difficultés à gérer leur budget, se lançant souvent en d’absurdes projets immobiliers ou en récompensant à même le trésor public, donc indécemment, leurs recteurs et administrateurs. Les étudiants pensent que cette hausse, bref, est injuste.

Dépasser les grèves classiques par l’action originale et concertée La quatrième raison du succès de ce printemps étudiant est la concertation et l’originalité des moyens de pression déployés par ces étudiants. Contre les forces de l’ordre, ils ont manifesté en jouant afin que l’indignation serve à quelque chose. Au lieu de répondre à la force par la force et de se voir transformés par les médias en protestataires, ils ont choisi de jouer et de créer des « performances » afin de montrer, dans une démocratie en crise, la vanité de l’État policier. Avant d’entrer dans l’action collective par le parlement et trouver sa réalisation dans des politiques respectueuses des biens communs, l’indignation étudiante doit être l’occasion de redécouvrir les vertus de la collectivité, de l’association libre et de la coopération. Voilà pourquoi, parmi les moyens les plus originaux de contester la hausse des frais de scolarité, les étudiants en théâtre de l’Université du Québec à Montréal ont inventé la Ligne Rouge. Habillés de rouge, les étudiants se déplacent pacifiquement tous les matins d’une station à l’autre sur la ligne orange du métro de Montréal, mais également sur la ligne bleue, afin de sensibiliser les voyageurs ainsi que les étudiants de l’Université de Montréal à la hausse. La « chorale » contre la hausse chante aussi dans le métro afin d’encourager les étudiants. Le « cortège funèbre », quant à lui, est une marche funèbre visant à souligner la mort de l’accessibilité aux études supérieures et à une éducation de qualité. Cette marche, tenue à Québec, a été suivie d’une cérémonie d’enterrement. Le noir et les vestons ont été de mise pour cette occasion unique. Comble de jeu, de dérision er d’ironie enfin, certains étudiants ont décidé de procéder à « l’inauguration de l’Ilot Voyageur », qui était un projet d’agrandissement de l’Université du Québec à Montréal qui n’a pas été mené à bien en raison d’une mauvaise gestion par l’université. Comme on peut le voir par ces exemples symboliques, lesquels accompagnent les grandes marches dans les villes québécoises, les étudiants - ces hirondelles arborant le carré rouge - enseignent bien là quelque chose de très important aux politiciens épris de pouvoir : l’avenir n’est pas à chercher dans l’imposition, la privatisation et la force, mais bien plutôt dans l’intelligence, la créativité et la coopération.

Un peu d’espoir

Si le gouvernement actuel est usé par le pouvoir, corrompu et déconnecté des besoins réels de la société, et que les vagues d’indignation déferlent encore dans le monde - ce qui crée un macro-climat favorable aux manifestations -, l’originalité et la créativité des moyens mis en œuvre par les étudiants suscitent l’admiration. Non seulement ce mouvement de résistance est-il exemplaire et contagieux – les parents et les professeurs accompagnent désormais les étudiants dans leur lutte – mais ce mouvement, en phase parfaite avec un printemps qui arrive très tôt cette année au Québec, redonne espoir à tous ceux qui défendent aujourd’hui encore l’universalité et l’accessibilité de l’éducation. Puisse ce « printemps étudiant » devenir un grand moment de l’histoire du Québec post-libérale.

Dominic Desroches Professeur de philosophie Collège Ahuntsic

Chronique à paraître sous peu dans Sens Public – revue web internationale

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 11:03

En janvier nous avons eu droit à quelque agitation sur le sujet du vote du financement de la LGV dans quelques conseils généraux. A l’heure de passer aux actes où en sommes-nous ?

Difficile de savoir. Allez consulter les sites de ces grandes institutions que sont les Conseils généraux et vous découvrirez des comportements divers qui frisent tous plus ou moins la propagande. Je crois que celui du Gers tient le pompon. Impossible même d’y lire la propagande sur le sujet budget ! Donc le CG a voté ou pas le financement de Bordeaux-Tours ? Envoyez un message pour poser la question, vous verrez bien…


Côté Lot et Garonne, l’autre département qui s’est distingué, le président avait été plus sérieux et le site de son institution est en effet plus sérieux. Nous y découvrons donc quelques données sur le budget et le texte de la présentation. C’est là que nous apprenons que le grand débat du Conseil général sur le sujet c’est pour le 25 juin 2012, après la période électorale.
Pour le CG du Tarn et Garonne nous avons pu publier la pensée de J-M Baylet, une pensée cependant difficile à trouver sur le site !
Bref, on sent qu’après les agitations de janvier, tout le monde retient son souffle en attendant les élections. Les rumeurs vont bon « train » c’est le cas de le dire quand du côté d’Urgence Polt des élus annoncent que la LGV Bordeaux-Toulouse est renvoyé à beaucoup plus tard celle dite POCL (paris Orléans Clermond-Ferrand) devenant prioritaire. A suivre. JPD

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 11:35

Dans un article précédent j’évoquais la coïncidence du film La désintégration et les événements de Montauban puis Toulouse. En pointant un écart : le fou de dieu réel venait des beaux quartiers et non des « cités ». Depuis nous savons qu’en fait il était issu d’un quartier populaire mais, comme son frère, avait pu en sortir. Pour expliquer son standing sans rapport avec son RSA, il a été répété qu’il bénéficiait de l’argent de quelques mauvais coups. Des cambriolages audacieux qui lui ont permis d’acheter une panoplie d’armes impressionnante ! Pas question de réfléchir à un éventuel soutien de l’internationale islamiste, tout comme les commentateurs hésitent à rappeler que dans les élections tunisiennes les islamistes ont bénéficié de soutiens internationaux.

C’est alors que je me suis interrogé sur le titre du film La désintégration, et sur le cri de douleur de la mère à la fin : « ils me l’ont tué. ». Qui ils ? Ceux qui ont bloqué le processus d’intégration, ou ceux qui ont attiré le jeune dans la spirale fondamentaliste ? Dialectique oblige, les deux phénomènes s’épaulent l’un l’autre mais ce n’est pas une raison pour tout confondre.

Les personnes tuées par le terroriste avaient-elles une quelconque responsabilité dans l’injustice sociale dont il a été victime ? Les anarchistes ont utilisé aussi un temps la stratégie de l’attentat mais en le dirigeant vers les responsables et ils ont pu vérifier que ça ne changeait pas la face du monde. Le terroriste, pour faire plus d’effet, tue n’importe qui car en fait nous serions tous coupables, tous responsables ! La terreur, c’est de se dire qu’à l’injustice, des individus peuvent répondre par l’injustice. Et qu’elle est alors leur justification ? Après le premier crime, le tueur a dit à un ami : « Je suis devenu un ange. »
Pour poursuivre une gamine, l’attraper par les cheveux et lui envoyer une balle dans la tête, il faut être fanatisé. Fanatisme possible que si on croit en un Dieu qui vous assure le paradis pour l’éternité. Au départ j’ai cru qu’il s’agissait d’un fou mais l’homme n’était pas fou quand on vérifie l’ensemble de sa planification. Un fou de dieu, c’est celui qui pense qu’un dieu le pousse à cette planification.

Ce qui m’apparaît important dans le film La désintégration, comme dans la vie, c’est le fait que les marches sont gravies petit à petit pour devenir un fou de dieu. Non l’expression « fou de dieu » n’est pas une atteinte aux religions ! Comme si les fous de dieu n’étaient pas présents depuis la nuit des temps et dans toutes les religions ! Comme si le monde d’aujourd’hui pouvait être épargné par cette barbarie historique qui a obligé Galilée à se renier ! Quand j’avais vingt ans, la religion en marche s’appelait plutôt la théologie de la libération côté catholique, car nous étions dans une phase historique où les courants démocratiques étaient partout à l’offensive.
Les rapports internes aux religions sont l’effet des rapports internes aux sociétés : quand la démocratie recule les extrémismes s’aiguisent. Et la démocratie recule quand elle baisse les bras devant les extrémismes ou quand elle croit que la seule réponse c’est celle de Bush-Sarkozy.

La désintégration est double (et peut-être est-elle forcément double ?) quand des religieux veulent dire la loi et quand la loi se plie devant les religieux. La réponse doit donc être double : aux religions de relancer leur laïcisation et aux laïques de relancer la démocratie. Je crains que ça ne s’appelle une révolution dans la révolution.
24 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

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