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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 17:48

Noël Pour Victor Jara ?

 

La Semana est un hebdo colombien fondé par Garcia Marquez (si je me souviens bien). Je cherchais des informations sur un certain Ducoudray fâcheusement oublié, quand je suis tombé sur cette info incroyable que je me suis empressé de traduire plus ou moins bien. Le vais aller vérifier dans la presse chilienne. JPD

 

Le Temps de la justice pour Victor Jara  Par Germán Uribe

La Semana

La justice chilienne a ordonné l'arrestation de huit ex-officiers de l'armée pour le meurtre de l'auteur-compositeur-interprète.

Grâce à la pression exercée par de nombreux groupes d'artistes comme Illapu, Inti Illimani, Conmoción, Sol y Lluvia, Preludio, Francesca Ancarola et José Seves, entre autres, un juge chilien, vient d’ouvrir une enquête judiciaire largement attendue, réactivée en 2005 et concernant le crime sur le chanteur chilien Victor Jara, tué le 16 septembre 1973 dans un stade de Santiago où il a été emprisonné comme 5 000 personnes, suite à la répression de la dictature militaire d’Augusto Pinochet qui venait de renverser le gouvernement de Salvador Allende cinq jours auparavant.

Apparemment, et selon des témoins, un officier de l'armée, surnommé "Le Prince", après l’avoir torturé lui aurait donné la mort. Toutefois, pendant toutes ces années on ne savait pas avec certitude l'identité des soldats qui ont participé à ce carnage brutal d’humains, mais tous les Chiliens savent aujourd'hui, que le nom actuel du stade où Victor a été tué, porte son nom. Et que, finalement, grâce à une nouvelle action de la Justice, ses assassins militaires, qui sont la honte de l'humanité, ont également un nom.

Quant à ses mains, qui, après sa mort, sont devenues une légende, il y a deux versions. D'un côté, ceux qui prétendent qu’après avoir reçu des coups lourds et résisté aux diverses méthodes de torture, ces mains qui jouaient joyeusement de la guitare pour faire oublier la peur alors que le mécontentement était général, ont été écrasées avec les crosses des fusils jusqu’à les défaire ; d'un autre côté, ceux qui s'aventurent à assurer qu’il en a été amputé. La vérité est que, immédiatement après, que la Commission vérité et réconciliation a été créée en 1990, son corps a été retrouvé dans des buissons près du cimetière métropolitain et il a pris le chemin de la morgue où il a été reconnu par son épouse, la danseuse anglaise Joan Turner :

« Il avait les yeux ouverts et semblait regarder en face avec intensité et provocation, malgré une blessure à la tête et de terribles ecchymoses sur la joue. Il avait la poitrine criblée de balles et une blessure à l'abdomen ; ses mains semblaient s’accrocher au bras en un angle bizarre, comme s’il avait eu les poignets cassés ; mais c’était Victor, mon mari, mon amour. »

Mais voyons qui était Victor Jara, le jeune paysan qui savait répéter que son chant était « une chaîne sans commencement ni fin » et qui, cependant, a fini par composer à partir de ses tripes sanglantes, un hymne au sacrifice pour défendre la démocratie et résister au fascisme.

Référence incontestée de la musique rebelle de l'Amérique latine et vrai témoignage artistique de la culture populaire de la révolte, il est né le 28 septembre 1932. Musicien, auteur-compositeur et metteur en scène, il était le fils de Manuel Jara, un « journalier », et d’Amanda Martínez, blanchisseuse, guitariste et chanteuse dont il a hérité sa passion pour la musique, ce qui l’a déterminé à accomplir la tâche de compilation et d'interprétation folkloriques qu'elle assumait et qui, à cause de la relation difficile avec son père, est devenu la force motrice de sa vocation.

En 1944, il quitta sa ville natale pour Santiago. Là, il a étudié la comptabilité ; dévasté par la mort de sa mère il a rejoint le séminaire et puis a accompli le service militaire obligatoire. En 1953, il fait partie du chœur de l'Université du Chili puis s'intéressa au métier d’acteur et à la mise en scène, à l'école d'art dramatique de la même université. Grâce à la critique spécialisée, à plusieurs prix et a un public qui faisait son éloge, il devient rapidement une figure exceptionnelle de la scène chilienne, considéré au cours des années 1960 comme l'un des plus importants directeurs du théâtre chilien de son temps.

Dans le même temps, et conscient que la musique est l'essence même de son existence sociale, il participe au groupe Cuncumén, et il est le directeur artistique de l'ensemble des Quilapayún. Il collabore avec Inti Illimani et fait partie de la célèbre Peña de Parra. Lui et eux, sont marqués par le contenu culturel et politique de leur activité artistique.

Soliste et compositeur, ses chansons se répandent rapidement dans le sud du continent, où il a bénéficié d'une discographie considérable. Souvent les artistes de la stature de Serrat, Sabina, Silvio Rodríguez et Victor Manuel témoignèrent avec leurs voix de sa présence au-delà du temps.

En tout cas, je pense que la meilleure façon de se souvenir de Victor Jara - maintenant que nous savons que la justice chilienne semble avoir trouvé le moyen d'appliquer des sanctions, et de nous éclairer sur la vérité définitive de ce crime, en ordonnant la détention par homicide de huit ex-officiers de l'armée, sous l'accusation d'en être les auteurs ou les complices - c’est de revenir aux belles paroles que lui écrivit Angel Parra en 1987 de Paris :

"Cher Victor:...Je me souviens parfaitement de ta clarté et sécurité dans tes étapes, tes aventures et tes destinations... Je me souviens que Viola (Violeta Parra) m'a dit : apprends, apprends. J'espère avoir appris quelque chose. Par exemple, l’humilité, l’héroïsme ne se vendent ni ne s’achètent, que l’amitié est l'amour en développement, que les hommes sont libres seulement quand ils chantent, font la cour à une femme ou travaillent, jouent le dimanche avec la balle ou prennent leur vin le soir, changent les couches des bébés, distinguent les orties de la coriandre, quand ils prient en silence parce qu'ils croient et son éternellement fidèles à leur peuple comme toi... Aussi je tiens à te dire avant de te quitter que Paris est beau en cet hiver, que mon pays natal je le contiens en une larme, que je viendrai te rendre visite au printemps, que tu salues mes parents quand tu le peux, que j'ai le souvenir de l'histoire et que tout crime qui a été commis doit être jugé sans retard, que la dignité est essentielle pour les humains, que l’année qui vient sera pleine d'émotions, d'espoirs et de travail surtout pour toi, Victor Jara, qui sème le blé et la paix dans nos champs. »

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