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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 21:04

Pour des raisons indépendantes de ma volonté je cherchais des infos sur le frère d'Antonio, celui qui fut un heureux franquiste, aussi, pour me soulager j'ai récupéré ces deux articles sur la mort du grand poète. JPD

 Le Populaire 24 février 1939

Antonio Machado est mort

Les triomphes de la force sont les défaites de l'esprit. Le plus grand poète de l'Espagne contemporaine, Antonio Machado est mort à 63 ans, à Collioure, où, fuyant les hordes italo-franquistes, cet homme de rêve et qui, jamais ne tourna le dos à l'action avait trouvé un refuge très cher. Il en trouve un autre, mais celui- là définitif dans la mort. Il aimait la France, où longtemps il avait vécu, comme une seconde patrie. Ce qu'on appelle à l'étranger les idées françaises l'avait imprégné jusqu'au cœur. Républicain sous la monarchie, il l'était resté sous la République. Il avait été pour son peuple, le compagnon des bons et des mauvais jours. Il en avait partagé le destin tragique, à Madrid d'abord - ! Madrid qu'il n'avait voulu quitter que sur l'ordre formel du général Miaja - à Barcelone ensuite. Attaché corps et âme à l'idéal de liberté et de justice sociale pour lequel des centaines de milliers d'hommes ont combattu et sont tombés, il n'a pu leur survivre. Mais il est mort sans désespérer. Son nom vivra encore quand depuis longtemps ceux de MM. Daladier. Bonnet et Bérard seront justement oubliés.

 L'Humanité 24 février 1939

Le grand poète espagnol Antonio MACHADO est mort à Collioure

Collioure, 23 février. Le grand poète espagnol Antonio Machado y Ruiz est mort aujourd'hui à Collioure. Agé de 63 ans et de santé délicate, il n'avait pu résister aux souffrances de l'exode et de l'évacuation en France. La nouvelle a provoqué une vive impression dans les milieux littéraires français et espagnols. Antonio Machado était considéré comme formant, avec Juan Ramon Jimenez et Miguel de Unanumo, la « trilogie » poétique de l'Espagne contemporaine. M. Azana, président de la République espagnole, a envoyé un télégramme de condoléances à la famille du disparu. Une couronne a été envoyée par l'ambassade d'Espagne à Paris.

 

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 21:14

neofato.JPG

Nous avons déjà souvent évoqué la question : voir ICI.

Une question qu'il ne faut pas simplifier.

Mais ceux qui hier semblaient une minorité, voilà que l'abdication du roi fait refleurir plus massivement le drapeau aux trois couleurs. Même le journal mexicain La Jornada évoque le phénomène que vous pouvez croiser en photos sur le site de l'ami de Huesca Carlos :Les trois couleurs espagnoles

 

Des photos qui évoquant la manif du 2 juin à Huesca. J-P Damaggio

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:25

 

 lorca.jpg

A Grenade ou le PP a refusé pendant des années de retirer un monolithe à la gloire de Primo de Rivera vient de s'emparer de Lorca assassiné par les Franquistes, dans le cadre de la campagne des européennes. C'était à l'occasion d'une intervention, Place de la Romanilla, au centre Lorca. Il est exact qu'Aznar a contribué à la création de ce lieu hommage à Lorca (la droite espagnole a parfois été plus audacieuse sur ce point que le PSOE) mais Sebastián Pérez se distingue trop, depuis des années comme usant de la mémoire de Lorca à son profit.

 

Ce centre devait ouvrir en 2010 mais l'Europe retira son aide financière à un projet qui est passé de 18 à 23 millions d'euros. Voir ici. JPD

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:54

Negrin-gonzalez.JPG

Comme chaque année, Mars est un grand moment de rencontre de la mémoire républicaine espagnole, à la gare de Borredon. Ce lieu fédérateur d’initiatives multiples pour étudier ce passé, a cette année bénéficié de la présence de la petite-fille de Juan Negrín (sur la photo).

"Juan Negrín (Las Palmas de Gran Canaria, 3 février 1892 - Paris, 12 novembre 1956) est un physiologue et homme politique espagnol. De 1937 à 1945, il fut chef du gouvernement de la Seconde République espagnole, puis du gouvernement en exil. Son parcours fut atypique. Il entra tardivement en politique et ce après une carrière de chercheur et de professeur de physiologie. Il s'affilia au PSOE en 1929 et abandonna la recherche. Il parlait plusieurs langues étrangères, ce qui est assez inhabituel pour un homme politique espagnol." (pour reprendre le début de la présentation de Wikipédia)

Aux Canaries, un grand centre vient d'ouvrir avec des milliers de documents conservés par cet homme politique, inauguration à laquelle ont participé les animateurs de MER 82 et donc en retour sa petite fille, au coeur de cet effort, était à Borredon. Inutile de dire l'émotion qui s'est ainsi ajoutée à tant d'autres prouvant que le souvenir de la Guerre d'Espagne n'est pas mort.

 Parmi les émotions, je note la présence de l’association qui s’occupe du camp du Vernet qui veut également sauver la gare qui a accueilli et vu partir tant de victimes du fascisme. Quand j’entends le mot Vernet je repense immanquablement à ce que le communiste Alain Guerin écrivait en dans le livre les Gens de la CIA.

En effet, peut-être qu’au Vernet s’est joué la première étape d’une histoire dramatique des lendemains de la guerre !

Parmi les républicains espagnols internés dans ce camp il y avait Laszlo Rajk qui comme son nom l’indique n’était pas Espagnol mais un Brigadiste international qui n’avait pas quitté l’Espagne au moment du grand départ de ce corps de volontaires. Donc, avec la Retirada, il a subi le sort commun de ses camarades.

Comme beaucoup de Brigadistes, de retour dans son pays, la Hongrie, il va accéder aux plus hautes responsabilités politiques : ministre de l’Intérieur puis ministres des Affaires étrangères et secrétaire général adjoint du Parti communiste. Puis il est dénoncé comme agent de l’étranger et son procès s’ouvre le 16 septembre 1949. C’est le début de procès qui concerneront, dans les pays de l’Est, beaucoup de brigadistes, procès basés sur des aveux forcés ce qui fait qu’après 1956 toutes les victimes seront réhabilités.

 Voici l’aveu de Rajk : « Au camp d’internement[1] du Vernet, un citoyen américain nommé Field, qui, à ma connaissance, était le chef du service de renseignement américain pour l’Europe centrale et orientale, vint me voir après la fin de la guerre civile. Il se référa aux instructions venues de Washington, selon lesquelles il se devait se mettre en liaison avec moi et m’aider à sortir du camp pour rentrer en Hongrie. Il ajouta qu’on voulait me faire parvenir en Hongrie pour que je puisse, en tant que provocateur non démasqué et en travaillant à l’intérieur du Parti, selon les instructions reçues des Américains, chercher à désagréger le parti, m’emparant, si possible, de la direction du Parti. »

 Le dénommé Field sera aussi au cœur de l’Affaire Arthur London. Arrêté ensuite, puis libéré par la déstalinisation, il finira sa vie en URSS sans jamais éclairer de son point de vue la question. Il semble, d’après Alain Guerin, que les services soviétiques furent manipulés et intoxiqués par des faux documents de la CIA, pour ainsi provoquer des divisions, divisions envoyant à la mort des éléments particulièrement efficaces de l’histoire communiste !

 Il est sûr que cette élimination quasi systématique des anciens d’Espagne revenus dans les Pays de l’Est demeure une énigme pas encore totalement élucidée. Elle a eu ses conséquences en France avec l’Affaire André Marty qui a fonctionné presque de la même manière : dénigrer un militant dénoncé comme agent de l’adversaire. Jean-Paul Damaggio

 



[1]Il faudrait vérifier si dans le propos en langue hongroise il s’agissait du terme camp d’internement ou camp de concentration.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 13:33

   René Merle propose un petit bijou Hemingway ayant vu Mussolini. J'ai repensé à ce texte de Lapauze ayant rencontré Primo de Rivera, le fasciste espagnol oublié alors que dès le départ on retrouve autour de lui des personnages du franquisme. Ce texte a été publié dans un livre d'écrits d'Henry Lapauze qui fut d'abord un ami de Cladel, un républicain de choc puis petit à petit il est devenu un grand personnage de la vie culturelle et à la fin, un défenseur du fascisme naissant. Dans ce texte on apprend comment après une rencontre de travail, Henry Lapauze découvre avec satisfaction le nouveau maître de l'Espagne. En 1923 le roi de ce pays accepte le coup d'Etat de Primo de Rivera qui remplace le parlement par un directoire de militaires et de techniciens. Cette dictature durera jusqu'en janvier 1930, date de la démission de ce premier caudillo.

Confronté aux articles précédents [du livre publié], la lecture de l'article d'Henry Lapauze montre parfaitement bien comment évoluent des consciences de l'époque (et nous savons à présent le rôle de l'Italie et de l'Espagne dans la question fasciste). Là encore, le souvenir de la guerre 14-18 est important. La Renaissance [hebdo culturel dirigé par Lapauze] s'engagea en faveur de Gallieni et travaille en lien avec plusieurs généraux, des généraux qui montrent en Espagne le «rôle positif» qu'ils peuvent jouer pour le développement du pays. Henry Lapauze décède un an après, en conséquence nous ne pouvons savoir jusqu'à quel point, ce démocrate authentique aurait suivi l'histoire fasciste. JP Damaggio

 

10 mai 1924

Henry Lapauze : Chez Primo de Rivera

Madrid Avril 1924

L'ambassadeur de France, M. de Fontenay, prend la peine de m'informer que je serai reçu par le général Primo de Rivera, à 4 heures et demie. C'est au ministère de la Guerre. Je traverse les jardins de la salle Alcala où se dresse le Palais du dictateur, et je demande au portier :

— Le Président ?

Je ne sais pas un mot d'espagnol. Personne dans tout le Palais, n'entend le français. Mais il suffit de demander, « le Président » pour que chacun comprenne.

Je gravis de hauts escaliers et je suis introduit auprès du secrétaire... C'est bien plus une antichambre qu'un cabinet. Il y a là une quinzaine de personnes parmi lesquelles, le général Sanjurjo, un des chefs de la Révolution qui commande à Saragosse, et dont j'ai fait la connaissance la veille. Pas d'uniformes. Aucun protocole spécial. Chacun entre à son tour : le secrétaire fait office d'introducteur.

Le Président a sous les yeux les noms des visiteurs :

— Vous êtes monsieur Henry Lapauze, n'est-ce pas ?

— Parfaitement.

— Eh bien, je suis à votre entière disposition ajoute le Dictateur avec une cordialité qui vous met à l'aise, tout de suite.

J'explique donc l'objet de ma visite. La Ville de Paris prépare pour le printemps de 1925, dans son Petit Palais, une Exposition du Paysage français, de Poussin à Corot. Il s'agit pour elle d'obtenir que le Musée du Prado, contrairement aux usages établis, consente le prêt de deux tableaux de Poussin, deux tableaux de Claude Lorrain et deux tableaux de Watteau autant de chefs-d'œuvre.

 Si je suis venu les demander au Président du Directoire, c'est qu'il a des pouvoirs discrétionnaires et que devant sa décision tout le monde s'inclinera, la direction du Prado et le Comité de patronage qui a le duc d'Albe à sa tête, et dont la bienveillance m'est assurée.

— Vous avez toute satisfaction, me déclare le Président, en fort bon français. Les tableaux seront mis à votre disposition, quand le moment viendra de les envoyer en France. Et il ajoute:

— Je vous prie de dire à la Ville de Paris, que je suis heureux de lui donner par là, une marque de ma profonde sympathie.

Je prends acte de cette nette déclaration du Président que je remercie de mon mieux. Paris, appréciera ce geste amical du Directoire.

— Ne me remerciez pas... J'aime beaucoup la France et Paris. Souvent, il m'est arrivé de faire des projets de voyage à Bruxelles, à Berlin. Mais arrivé à Paris je ne me décidais pas à aller plus loin : je consacrais à Paris, tout ce que j'avais de temps et d'argent.

Cette première partie de l'audience est terminée. Alors je ne cache pas au Président que je serais heureux d'avoir pour mes lecteurs de La Renaissance des déclarations sur la politique du Directoire.

— Mais très volontiers.

Il faut bien le dire, le général Primo de Rivera ne cherche pas longtemps ses mots. Il va droit au but, répondant aux questions avec une rapidité singulière, et, semble-t-il, la plus grande franchise :

— Comment nous avons fait la révolution ? C'est bien simple. Depuis longtemps, nous avions plus qu'assez de la politique qui nous conduisait aux abîmes. L'armée était écœurée. Je n'ai pas d'autre mérite que d'avoir saisi l'heure propice, en conformité absolue avec l'esprit public. C'est parce que l'esprit public était avec nous qu'il a suffi d'un geste pour réussir l'opération sans mouvement de troupes et, dites-le bien, sans effusion de sang. Il n'a pas été tiré un coup de fusil. Il n'y a pas eu de représailles contre les personnes. Nous n'avons eu qu'à prendre quelques mesures de précaution et de sagesse, comme l'établissement de la censure, pour que tout rentre dans l'ordre.

Et encore la censure ne s'exerce-t-elle qu'avec modération. Notre politique veut, avant tout, être nationale. Nous ne cherchons pas autre chose que ceci : l'unité de plus on plus complète, de plus en plus parfaite de la nation espagnole. Vous savez ce qui se passait en Catalogne : tous les jours des troubles, des violences et, puisqu'il faut tout dire, une volonté de séparatisme qui exaspérait le reste du pays. Cela nous ne pouvions pas le tolérer. En quelques semaines, la Catalogne est redevenue tranquille. On n'y constate plus rien d'anormal.

— Et vos rapports avec le dehors ?

— J'ai la satisfaction de dire qu'ils sont excellents. La France surtout... Votre Ambassadeur M. de Fontenay, dont j'apprécie hautement l'esprit de décision, et la parfaite bonne grâce si courtoise, si essentiellement française, est mon ami. Nulle part, nous n'avons de points de friction, pas même au Maroc, insiste le Président. Je dis, pas même au Maroc, où la France et nous, sommes aux prises avec les mêmes difficultés. Notre situation budgétaire s'améliore tous les jours. Au lieu du milliard de déficit que j'ai trouvé en septembre, nous n'avons plus que six cent millions de francs et j'ai confiance que nous allons vers une amélioration constante de nos finances.

— Vous aviez l'intention de remettre, le pouvoir en d'autres mains, je crois ?

— Oui, je pensais que nous pourrions nous retirer après quelques mois consacrés à détruire ce qu'il y avait de mauvais et de pire dans le régime tel que l'avaient fait mes prédécesseurs. Mais on nous demande à reconstruire, et c'est à quoi nous nous employons en ce moment.

 Quelle est la situation du Directoire dans le pays et quelles conséquences immédiates eut son avènement ? On m'avait dit : « Vous allez trouver une Espagne secouée ». Je n'ai rien vu de semblable. Madrid est en plein travail. La ville est sillonnée de tramways. Son métro fonctionne admirablement. Autobus, autos, fiacres contribuent à l'animation formidable de -la cité. Autrefois, c'était un pêle-mêle invraisemblable, chacun allant suivant sa fantaisie. Le général Primo de Rivera a ordonné de prendre la droite : on a obéi. Jusque-là, aucun règlement n'avait eu raison de l'obstination individuelle. Dans les administrations, le Président a exigé d'abord que chacun soit à son poste à l'heure. Il a fallu s'exécuter.

Des fonctions inutiles ont été supprimées. Il y avait partout comme une volonté de ne rien faire à laquelle on substitue une volonté contraire. Et on a le sentiment que tout marche parfaitement. Il y a bien encore quelques mendiants dans les rues, mais très peu. Les soldats ont bonne tenue et les gardes civils sont de plus en plus magnifiques. La façade a donc fort bon aspect. Je n'ai pu voir que la façade en si peu de temps.

 Pour le peuple vis-à-vis du Directoire, voici : j'ai assisté à une course de taureaux, à Madrid même, avec mon ami Gabion, directeur général de l'Agence Radio, et qui est un hispanisant de longue date. Il connaît tout le monde ici. Il y avait longtemps qu'on n'avait vu à Madrid, une journée semblable : les trois matadors rivalisaient d'élégance et de courage. Or, l'un d'eux, s'avisa de dédier la mort du taureau à un personnage que nul ne voyait. La foule demande à voir et le personnage se dressa : c'était Primo de Rivera. Spontanément, cette foule de quinze mille spectateurs se leva et poussa de longues acclamations ; ce fut un mouvement pareil, avec les mêmes acclamations lorsque le taureau fut mis à mort.

 Pas un sifflet. L'unanimité ! C'est bien quelque chose. Cela montre à tout le moins, le peuple espagnol en coquetterie avec le Directoire.

Je ne voudrais pas quitter Madrid sans parler de notre ambassadeur. Je lui dois cette audience qui fut si heureuse pour la Ville de Paris : on ne comprendrait pas que je ne lui en exprime pas ma gratitude. Le général Primo de Rivera en faisant son éloge savait bien qu'il toucherait mon cœur de Français. Je connais depuis longtemps M. de Fontenay qui fut en Hongrie un vaillant propagandiste, puis en Serbie et, au Danemark, où il rendit tant de services. En Serbie, le nom de Fontenay n'est prononcé qu'avec une respectueuse, émotion. Le ministre de Serbie en Espagne, M. Nastassiyevitch me disait que dans les écoles de son pays on apprenait à vénérer ce nom comme celui d'un ami fidèle, à l'égal du maréchal Franchet d'Espérey.

L'ambassade de France est ouverte à tous les Français. J'y ai rencontré M. Théodore Reinach qui fait applaudir ses conférences à l'Institut français. Et M. Albert Thomas, venu en Espagne pour la première fois, y dînait l'autre soir. L'élégance gracieuse de Mme de Fontenay, se devine dans la maison, qu'elle a mise sur un grand pied. Cette noble mère deux fois douloureuse n'assiste à aucune manifestation extérieure. Mais ici, elle sait que c'est au nom de la France qu'elle agit - et elle agit avec tout son cœur. La colonie française y est chez elle. C'est la colonie que l'Ambassadeur recevait, dès son arrivée, avant tout contact avec les autres ambassades. J'y ai vu le grand sculpteur espagnol Benliure. Les Espagnols amis de la France, y sont accueillis avec joie. L'Ambassade de France c'est vraiment la Maison française et on a plaisir à le souligner, pour l'honneur même de celui qui la dirige avec tant de tact, et une si haute dignité. Henry Lapauze

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 20:16

 Le journal L'Indépendant offre un film tourné il y a 75 ans.

Des images exceptionnelles. JPD

 

http://www.lindependant.fr/2013/02/22/fevrier-1939-le-film-de-l-exode-d-un-peuple,1730042.php

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 20:52

un-intervenant-copie-1.JPGles-chanteurs.JPGla-tribune.JPGla-plaque.JPGFarreny.JPG

 

Aujourd'hui 8 janvier, à côté de la gare, la municipalité de Caussade a invité la population à honorer les républicains espagnols par l'installation d'une plaque de rue et par une stèle.

Vous avez juste droit à un reportage photo avec la tribune, le public, un intervenant à l'écharpe rouge (Monsieur Parent), Henry Farreny en conversation et la plaque de rue décorée de belle manière sans oublier les inévitables chanteurs pour un moment bien agréable. JPD


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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 20:08

Montseny.png

 Toulousaine, catalane, anarcho-syndicaliste, j'ai cru comprendre que lors de son premier voyage à Paris, Vazquez Montalban est passé par Toulouse pour rencontrer Federica. A cette époque là, en train, Barcelone-Paris passait par Toulouse. Aujourd'hui c'est par Lyon. La Dépêche du Midi vient de publier ce coup de chapeau. Je me contente  de le reprendre. JPD

  

Federica Montseny, la mère de l'IVG en Espagne repose à Saint-Cyprien

Publié le 14/01/2014

Federica Montseny avait fait légaliser l'avortement en Catalogne dès 1936... le projet ne sera appliqué que 50 ans plus tard.

Il y a 20 ans aujourd’hui, Federica Montseny s’éteignait à Toulouse. Cette anarcho-syndicaliste avait porté un projet de loi sur l’avortement en Espagne dès 1936…

L’Histoire a parfois de drôles de raccourcis. Et un goût amer. Alors que l’Espagne est en train de remettre sur le tapis l’interdiction de l’avortement, on célèbre aujourd’hui même les 20 ans de la mort de Federica Montseny. Vous ne connaissez sans doute pas cette héroïne de la République espagnole, aujourd’hui tombée dans l’oubli, qui repose pourtant au cimetière Saint-Cyprien. C’est le maire de Toulouse, Pierre Cohen, qui a convoqué sa mémoire, lors la cérémonie des vœux aux personnalités toulousaines, pour rappeler que la Ville rose où elle a terminé sa vie, est une terre d’hospitalité, d’engagement et de courage. Federica Montseny était une femme d’exception. Militante anarcho-syndicaliste, elle fut la première femme à devenir ministre en Espagne, sous la Seconde République espagnole, pendant la guerre civile déclenchée par l’armée. En charge de la Santé entre 1936 et 1937, la jeune ministre demande au docteur Félix Martí Ibáñez de rédiger le premier projet de loi en faveur de l’interruption volontaire de grossesse. Il publie la «Réforme eugénique de l’avortement», un décret rendant l’avortement sur demande, légal en Catalogne. Mais ce texte ne sera jamais appliqué. Il a été abandonné face à l’opposition de plusieurs ministres du gouvernement, pourtant de gauche. Federica ne restera que six mois à son ministère, contrainte de quitter ses responsabilités à la suite des événements de mai 1937. Le droit à l’avortement ne sera reconnu en Espagne que cinquante ans plus tard. Et ses autres projets pour les orphelins, les femmes enceintes ou les prostituées ne pourront être développés. Vinrent ensuite l’exil, les persécutions nazies et franquistes, la liberté surveillée jusqu’à la libération de la France en 1944. Federica ne sera jamais extradée et dirigera à Toulouse des périodiques anarchistes de la CNT. En 1977, la démocratie revenue, elle pourra enfin rentrer en Espagne. Sans jamais abandonner son combat politique. L’Histoire a parfois des amnésies coupables.

Le chiffre : 10 %

Toulousains > Origines espagnoles. Voilà longtemps que l’Espagne pousse en nous sa corne, comme disait Claude Nougaro. On estime à 10 % le nombre de personnes qui ont des ascendances ibériques dans la Ville rose.

L'icône toulousaine des républicains

Ce cliché de Marina Ginestà a été pris à l’été 36 sur la terrasse de l’hôtel Colon, à Barcelone, par le photographe Juan Guzmàn. La jeune femme, une Toulousaine à peine âgée de 17 ans, croit à la révolution. Elle a grandi jusqu’à l'âge de 11 ans dans la Ville rose avant que ses parents partent s’installer en Catalogne.

Avec cette photo, la jeune républicaine est devenue l’icône des républicains.

«On me dit que j’ai un regard orgueilleux. C’est possible. Nous nagions alors dans la mystique de la révolution prolétarienne et les images de Hollywood, de Greta Garbo et Gary Cooper», racontait-elle dans un entretien qu’elle a accordé à l’agence Efe en 2008. Marina vit les débuts exaltants de la IIe République, milite encore adolescente au Parti socialiste unifié de Catalogne (Psuc, affilié au parti communiste espagnol) et, se retrouve dans les rangs républicains où elle va travailler comme traductrice et journaliste.

Blessée à la fin de la guerre, elle a été soignée à Montpellier avant l’exil en République dominicaine, qu’elle devra fuir en 1946, poursuivie par le dictateur Rafael Trujillo. «Nous pensions que nous étions dans le bon camp, celui de la raison et que nous finirions par gagner la guerre, nous n’avions jamais imaginé que nous terminerions nos vies à l’étranger», disait-elle. Marina Ginestà est morte mardi dernier, à Paris, à l’âge de 94 ans.

Gilles-R. Souillés

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 21:23

le-drapeau.jpg

Les rues de Huesca aux couleurs républicaines

 

Pour la troisième fois nous étions à Huesca aux côtés du drapeau aux trois couleurs qui n’est pas en Espagne en odeur de sainteté, si vous me permettez cette expression.

Les organisations républicaines avaient décidé d’occuper la rue en décembre et elles sont là au centre ville, dans la rue aux arcades, après un parcours venant du monument à la gloire de Fermín Galán, qui refusa de fuir et du capitaine mitrailleur Ángel García, les deux étant, alors en ce jour de décembre, il y a 83 ans, fusillés pour arrêter le soulèvement de Jaca. Mais quatre mois après, la République s'imposera en Espagne. En 1931 Manuel Azaña devient ministre de la guerre puis la République virera à droite en enfin le Front populaire en 1936. Ci-dessous le court texte d'un écrivain qui se rappelle son enfance républicaine et qui insiste sur les contradictions de l'histoire. A un moment c'est le drapeau républicain que Franco a servi ! JPD

 

Le blog du cercle républicain de Huesca

 

Le drapeau sous le traversin

Extrait du livre d’Eduardo Haro Tecglen : El ni ño republicano

 

Le 14 avril ma mère sortit de sous le traversin le drapeau qu’elle avait cousu. C’est le drapeau qu’aujourd’hui nous appelons républicain car il remplaça celui de la monarchie ; il incorpora le violet des Comuneros (1) de Castille – tant de siècles à les attendre du haut de l’échafaud ; aujourd’hui ils ont à Madrid des noms de rues où on marche sans savoir  Juan Bravo Maldonado ou Padilla – aux couleurs rouge et jaune traditionnelles. Il est inutile de cacher que plus ou moins, elle fut le drapeau national d’avril 1931 et jusqu’à une période qui se termina pour les uns en juillet 1936 et pour d’autres le 1er avril 1939. Ce fut ainsi : un morceau d’histoire, avec son hymne. Ensuite sont venus les solennités musicales meilleures comme l’Internationale, la Varsovienne ou los Segadores. Tous les Espagnols ne la reconnurent pas pleinement mais tous l’acceptèrent jusqu’à un moment donné : Franco, Sanjurjo et Mola ont défilé sous ce drapeau et se sont battus sous ce drapeau – au cours des révolutions de 1934 – et sous ce drapeau ils firent jurer les cadets et les soldats. Mais c’est étrange et légèrement comique quand on veut interdire le passé : une paranoïa qui a mobilisé les grands efforts de la censure et de la répression pour y réussir. Le passé peut être critiqué – et une de celles émises le plus fréquemment, du point de vie de l’histoire de la politique et de la société c’est de savoir si la République a bien fait de changer de drapeau et d’hymne – mais son occultation est malhonnête. Depuis ce que nous appelons liberté, sont apparus de grotesques censeurs honteux, qui parfois sont les mêmes que les précédents, qui ont considéré comme étant leur le drapeau tricolore.

Pour beaucoup il a une valeur sentimentale et elle est liée à leur biographie – à ce morceau de biographie. Avoir de la pudeur ou de la peur devant le souvenir de ces couleurs est un grave symptôme d’un état de mauvaise conscience : y compris pour le parti qui aida à le lever le 14 avril.

(1) soulèvement populaire

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:56

 

Il a fallu que le jour même où je passais les Pyrénées le président centriste de la Généralité de Catalogne, Arturo Mas, avec l’appui de la Gauche Républicaine catalane (ERC) mais aussi d’Iniciativa et de la CUP (deux autres forces de gauche) fasse faire un pas de plus à son discours indépendantiste en annonçant la tenue d’un référendum le 9 novembre 2014 avec cette double question : « Voulez-vous que Catalogne soit un Etat ? Voulez-vous qu’il soit indépendant ? » Autant dire que les journaux, les infos télés et même la rue se sont tous lancés dans les commentaires les plus divers.

 L’écran de fumée ?

Dans le monde d’aujourd’hui, ce qui se passe à Barcelone est un élément de ce qui se passe dans le vaste monde, à savoir la mutation d’un capitalisme cherchant à s’auto-dépasser pour mieux se survivre. Dans un tel contexte de régressions multiples (ce capitalisme féodal veut effacer tous les acquis sociaux), pour éviter les vraies révoltes les divers pouvoirs pratiquent sans cesse la fabrication d’écrans de fumée. Et cette situation s’appelle à Barcelone, pour des raisons historiques et sociales, le drapeau de l’indépendance. Attention, je ne viens pas d’écrire que ce drapeau est seulement le moyen d’une manipulation : il existe de sincères motivations pour croire aux bienfaits sociaux d’une future indépendance, d’ailleurs sans cette toile de fond, ce ne serait pas un tel écran de fumée qui serait brandi car, faut-il le rappeler, la classe au pouvoir possède des moyens immenses pour agir avec intelligence.

 Pousser le bouchon trop loin ?

Dans la population le sentiment indépendantiste progresse fortement aussi Arturo Mas veut surfer sur cette vague pour conserver le pouvoir, car il ne peut rien espérer de la défense de son bilan social qui a mis en berne les vraies revendications populaires. Sauf que, comme partout, les citoyens préfèrent « l’original » à « la copie » et en matière « d’original » c’est le parti de gauche ERC qui détient le label. En conséquence à vouloir pousser le bouchon trop loin, le parti centriste (Convergencia i Union) risque de faire le jeu de son allié-adversaire.

 Le pouvoir est à Madrid ?

Le référendum sur l’indépendance a déjà été évoqué sans succès par les Basques car l’Espagne a une Constitution et, aussi bien la droite du PP que le PSOE, tient à son application qui rend illégal tout référendum avec la question proposée par Mas et ses alliés. Ce à quoi Mas a déjà répondu qu’il n’a pas l’intention de choisir l’illégalité, espérant seulement que le bon sens du Parlement permettra un tel vote sinon la menace est simple : élections anticipées. Elections anticipées qui en effet apporteront un soutien clair et net aux partis indépendantistes dont ERC qui devient un favori, ERC qui pas plus que Mas ne pourra ensuite sortir de l’impasse.

 Beaucoup d’agitation pour rien ?

Mas a été débordé par la pression civique qu’il a créée. Dans l’accord avec ERC il a déjà dû s’incliner face aux exigences de ce parti qui tenait absolument à ce que la question de l’indépendance soit dans le référendum. A force de conduire les mouvements citoyens vers des impasses, de telles forces politiques ne vont-elles pas être, à leur tour, dépassées ? Comme je l’ai indiqué, l’écran de fumée n’existe pas en dehors des réalités (celles qu’il veut cacher et celles qui peuvent lui échapper) et ces réalités risquent de revenir en pleine figure de ceux qui pensent rester maîtres du jeu. Mais, et c’est là toute la difficulté du projet progressiste actuel, l’éventuel succès de Mas et ses alliés tout comme leur échec, sont de nature à faire reculer la quête d’une alternative sociale ! L’adversaire de classe peut perdre ou gagner… de toute façon il gagne ! Tel est le monde dans lequel nous évoluons !

 La position d’Izquierda Unida (IU)

Après le PP et le PSOE, la Gauche Unie est le troisième parti du pays et son embarras témoigne parfaitement de l’embrouille que je viens de pointer. En Catalogne l’allié d’IU est Iniciativa dirigée à présent par Joan Herrera qui était sur la photo de présentation du projet de Mas qu’il appuie. Sauf que la question catalane dans IU a été résolue ainsi : « Défendre un Etat fédéral solidaire et républicain mais pas un Etat indépendant en Catalogne ». En conséquence Iniciativa vote OUI sans problème à la première question : créer un Etat mais devrait dépondre NON à la deuxième question sauf que le parti de Herrera se refuse de répondre pour le moment ! Notons que la référence à la République me paraît plus une formule de principe car jusqu’à présent IU n’a rien fait de sérieux pour condamner la monarchie. Comme est une simple formule « le droit à l’autodétermination » qui devrait être « naturel » mais qui n’est pas souhaité par IU qui préfère un Etat fédéral.

Ce simple exemple montre que le débat catalan n’est pas aussi évident que l’affiche les titres des journaux et d’ailleurs les sondages démontrent qu’entre le souhait d’indépendance et la volonté d’indépendance il y a dans la société un écart considérable ! Le journal El pais qui veut jouer la conciliation a donc proposé un sondage en trois question :

Indépendance : 31%

Statut actuel : 17%

Un Etat avec de nouvelles compétences : 40%.

 

La marche vers la démocratie

La démocratie est par principe inachevée : elle n’est rien d’autre que la marche vers plus de démocratie et vers des conditions nouvelles de la démocratie. Une avancée démocratique dans la constitution espagnole est nécessaire mais focaliser sur la question territoriale quand la question sociale est celle de millions d’habitants en détresse, ça risque d’aggraver la colère des couches délaissées par la politique sans permettre la moindre avancée progressiste. Telle est ma crainte qui est bien sûr discutable.

Jean-Paul Damaggio

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