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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 13:59

C’est Le Petit Journal qui rend compte du COTER tenu à Toulouse (réunion des élus qui ont validé le tracé). On y apprend que Mme Barèges a plaidé pour un nouvel échangeur à Montech, échangeur programmé dès 2005 dans le projet de LGV Toulouse-Bordeaux !

Elle a aussi plaidé pour un viaduc à la place d’un remblais de 12 m (le maximum pour un remblais) sur le secteur de Bressols, Montbeton et Lacourt Saint-Pierre. Et l’article se conclut : « Mme Barèges s’est félicité d’avoir d’ores et déjà été soutenue par l’ensemble des élus sur ces points-là. » Des élus, et elle en premier, qui devraient s’adresser à la population au cours de réunions publiques pour faire avaler un tracé « à approfondir ». JPD

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 13:56

Le PCF a fait voter ses membres, dans notre région, en décembre 2003, en janvier 2004, en décembre 2010 et donc en juin 2011. J’avais publié un premier article sur la sujet.

http://la-brochure.over-blog.com/article-evolution-du-pcf-en-midi-pyrenees-40731178.html

 

Dans les trois premiers cas il s’agissait de déterminer la stratégie aux régionales. Aujourd’hui il s’agit de choisir un candidat à la présidentielle. Les scrutins ne sont donc pas de même nature.

 

 

Inscrits

Exprimés

 

2003

2004

2009

2011

2003

2004

2009

2011

Aveyron

416

414

384

377

204

233

281

237

Ariège

466

473

318

309

271

278

250

246

Gers

521

521

350

339

254

294

134

220

Haute Garonne

2540

2540

1245

1280

908

1073

950

1015

Hautes Pyrénées

988

988

767

742

536

612

397

390

Lot

342

342

292

368

228

195

197

248

Tarn

630

627

577

583

398

417

331

332

Tarn-et-Garonne

441

481

267

255

222

276

201

165

 

6344

6386

4200

4253

3010

3321

2741

2853

 

Je laisse à chacun le soin de lire ces données issues du PCF lui-même et qui sont donc une forme de transparence assez rare dans les organisations (étant entendu que les inscrits sont moins cruciaux que les exprimés). JPD

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:38

 

Le grand historien de la Révolution français Albert Mathiez (1874-1932) est passé par le lycée Ingres à Montauban. J’ai évoqué l’événement dans mon livre sur Léon Cladel en 1991 car j’y parle de l’Affaire Dreyfus telle qu’elle fut vécu dans la ville. Au cœur de cette affaire (qui concernait Cladel indirectement car il est décédé en 1892 donc avant les faits), il y a l’Affaire Mathiez. En juin 1899, Mathiez a 25 ans et au Lycée il apprend qu’un prof, M. Castex, a dit du bien d’un adversaire de Dreyfus, M. Cristiani. Il contre-attaque. Les deux professeurs devront quitter Montauban. Le journal La Tribune indique :

« Aujourd’hui que cette enquête est terminée et que les conclusions en sont des plus favorables à M. Castex, nous ne nous croyons plus tenu au silence. Il est donc faux que ce distingué professeur, reconnu d’ailleurs et très estimé à Montauban, ait fait l’apologie de l’attentat plus stupide encore qu’odieux du comte de Cristiani. L’honorable M. Castex, comme tous les bons universitaires de son époque et de son école, n’est point de ceux qui introduisent la politique dans les cours littéraires… »

L’adversaire est nommé par une périphrase : « le lâche imposteur qui avait échafaudé l’affaire de toute pièce ».

Mathiez défenseur de Dreyfus ne fera qu’un passage court à Montauban, ce qui suffira pour marquer à jamais un futur historien, son élève Edmond Campagnac.

 

C’est dans un article de la revue d’Alphonse Aulard, La Révolution française (15-12-1903), où il va intervenir souvent que Campagnac confie dans cette note au sujet de son article sur Petit-Jean, un curé communiste :

« (1) Puis-je passer sous silence la part prise à la rédaction de cet article par M. Mathiez, mon maître au lycée de Montauban et durant longtemps mon seul conseiller depuis ma sortie du lycée ? C'est avec l'aide de ses conseils que j'ai écrit cette courte étude, dans laquelle j'ai exprimé plusieurs idées qui sont les siennes. Qu'il veuille bien accepter ici mes remerciements, en même temps que l'expression de ma reconnaissance pour tout ce que je lui dois. Il a déjà été parlé du curé Petit-Jean par M. de Robillard de Beaurepaire dans son livre la Justice révolutionnaire à Bourges, mais sans impartialité et trop succinctement, et par M. Lemas dans ses intéressantes Éludes sur le Cher pendant la Révolution; mais celui-ci s'est attaché à narrer simplement l'émeute suscitée par Petit-Jean, sans étudier d'une façon particulière les idées de ce prêtre communiste. »

 

Il a sans doute participé à la revue de Mathiez, La Société d’études robespierristes mais je n’ai pu la consulter. En 1902 Campagnac est indiqué licencié d’histoire et répétiteur au Lycée de Bourges. Son passage dans le Cher le conduira à choisir son sujet de thèse (à moins qu’il n’ait demandé ce département justement pour sa thèse) sur le conventionnel Laplanche.

Dans un autre article de la revue La Révolution française, au sujet de la langue française enseignée en Alsace,  il est présenté ainsi :

« En remplissant pendant les étés 1917 et 1918 une mission dans le coin d'Alsace qui avait été recouvré par la France dès les premiers jours d'août 1914, j'eus le plaisir d'y trouver sous l'habit bleu-horizon, au nombre des professeurs de l'École primaire supérieure de Masevaux, M. Edmond Campagnac. Ses titres l'avaient désigné pour l'enseignement de l'histoire. Il est en effet licencié d'histoire, et un excellent mémoire, soutenu en Sorbonne sur la mission du représentant Laplanche dans le Cher, lui a valu le diplôme d'études supérieures. Oh quels éminents services ont rendus à la France les poilus qui ont enseigné pendant la guerre dans les vallées de la Doller et de la Thur et qu'assistaient dans les écoles de filles quelques institutrices et les vaillantes sœurs de Ribeauvillé. Les enfants s'appliquaient bien afin d'apprendre notre langue et récitaient le plus gentiment du monde des fables de La Fontaine. Après la classe, les garçons entouraient les soldats et la leçon continuait. Au moment où fut signée l'armistice, cette génération de petits Alsaciens qui s'élevait parlait le français de façon courante, avec un petit accent marseillais, puisqu'assez longtemps le XVe corps avait campé en ces parages. S'il avait été possible d'user de pareille méthode dans le reste de l'Alsace, on n'oserait plus y parler de la Muttersprache.

M. Campagnac, en bon historien, a voulu connaître le passé de la région de Masevaux et surtout il s'est demandé comment jadis y était organisé l'enseignement primaire. Par bonne fortune il a mis la main sur les papiers d'une famille dont les membres ont formé une véritable dynastie de maîtres d'école ou, comme on dira depuis le décret du 29 frimaire an II, d'instituteurs. Les Graff enseignent à Masevaux en 1760 ils y enseignent encore en 1821, serviteurs de tous les régimes qui se sont succédé monarchie absolue, révolution, empire, restauration et c'est en réalité l'histoire de l'enseignement en Alsace pendant près de soixante ans que M. Campagnac nous retrace car les choses se sont passées dans toutes les petites villes alsaciennes comme à Masevaux. Sous l'ancien régime, l'État ne se soucie nullement ni des écoles ni de la propagation de la langue française ce sont les seigneuries ou, pour mieux dire, ce sont, dans l'intérieur de ces seigneuries, les villes qui ont la haute main sur ces écoles école allemande où l'enfant apprend à lire et à écrire l'allemand parfois, comme à Masevaux, école française, entièrement distincte de l'autre et qui passait pour plus distinguée et d'un degré supérieur parfois même école latine. Le décret de la Convention du 29 frimaire an II (19 décembre 1793) veut organiser en Alsace dont les seigneuries ont disparu, comme dans le reste de la France, une école d'État, ayant à sa tête « un instituteur de langue française » nommé par les représentants en mission elle devait d'ailleurs coexister avec l'école locale allemande. L'année suivante, il n'est plus question que d'une seule école dans les villes et villages, l'enseignement y doit être donné en langue française l'idiome du pays ne sera employé que comme un moyen auxiliaire.

C'était la sagesse même mais les hommes et l'argent manquèrent. Sous le Consulat et l'Empire le maître d'école est sans traitement fixe il est nommé directement par le sous-préfet, instrument docile du maire, du curé ou du pasteur, et sa situation n'est guère relevée avec la création de l'enseignement mutuel sous la Restauration. M. Campagnac nous donne un exemple concret qui permet de bien suivre cette évolution. Nous devons le remercier de cette très intéressante étude. » Christian Pfister. (Août 1926 Nouvelle revue)

 

Il reste des trous à combler avant de comprendre comment s’enchaîne l’histoire des historiens.18-06-2011 Jean-Paul Damaggio

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:36

 La Dépêche nous informe d’une pétition d’Urgence POLT en faveur du POLT. Malvy pourrait nous donner les résultats de sa pétition bien plus ancienne en faveur de la LGV. Au même moment les amis de TEG 82 expliquent une juste position au responsable d’Urgence POLT. POCL, c’est la ligne en projet Paris-Orléans-Clermond-Ferrand qui devrait doubler la LGV Paris-Lyon. Deux documents pour votre information. JPD

 

Publié le 17/06/2011 07:55 | LaDepeche.fr

Une pétition de soutien à la ligne Paris-Limoges-Toulouse transport

 

L'association « Urgence ligne Polt » milite plus que jamais pour la réhabilitation de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse laissée pour compte, selon elle. « Nous avons besoin d'une ligne modernisée dans ses matériels et ses infrastructures. Cette ligne concerne 5 millions d'habitants », souligne l'association qui vient de lancer une pétition en ligne (www.urgencelignepolt.info).

L'association demande, entre autres doléances : une modernisation conséquente et rapide ; des dessertes utiles et efficaces des territoires ruraux et urbains, un raccordement à la future LGV et l'inscription au Schéma National des Infrastructures de Transport, avec un calendrier de mise en œuvre et le respect du Grenelle de l'Environnement

 

 

Association Tous ensemble pour les Gares du Tarn et Garonne – TEG 82

9, rue de la République 82300 CAUSSADE

bataildurail-caussade@club-internet.fr

http://TEG82000.free.fr

 

Objet :

Journée du 17 juin 2011

 

Caussade, le 14 juin 2011

 

Monsieur le Président d’Urgence ligne POLT,

J. C. SANDRIER

Et les Membres du  Conseil d’Administration 

 

Mesdames et Messieurs,

 

TEG 82 ne participera pas à l’initiative menée par Urgence ligne POLT dont elle est adhérente pour les raisons suivantes.

 

D’une part, les administrateur-trice-s de TEG ne comprennent pas l’appui que représenterait la ligne POCL pour la modernisation de la grande ligne nationale POLT. Ils pensent au contraire que POCL permettra le démantèlement  de la grande ligne POLT. En effet  la mise en LGV du tronçon Paris-Vierzon permettra de faire une correspondance pour Limoges en TER, ou au mieux, de faire descendre jusqu’à Limoges des rames. A ce moment-là Limoges devient la gare collectrice des TER qui desservent toute la portion sud de l’actuelle ligne POLT : Brive, Souillac, Gourdon, Cahors, Caussade, Montauban et Toulouse.

De toute façon le tronçon Paris-Vierzon met en concurrence POLT avec la LGV. Donc dans le système actuel c’est l’assurance du démantèlement de POLT.

 

D’autre part, les administrateur-trice-s de TEG ne comprennent pas comment ils peuvent avoir décidé d’être signataires de la Charte d’Hendaye et simultanément de participer à un mouvement de soutien à la mise en place de POCL comme doublement de la première ligne TGV en France (Paris-Lyon).

 

Avec nos salutations citoyennes. Pour TEG 82, la Présidente : Brigitte DUCLOZ

 

Une copie de ce courrier est adressée  à la FNAUT Midi-Pyrénées, M. BERTHOUMIEU

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:08

 Je remercie l’ami René Merle pour m’avoir communiqué cet article sur le cas du Var. Je reste abasourdi par le fait que la création des nouvelles cartes départementales se fasse avec si peu de vagues. Mais voilà, les préfets rigolent, ils auront le dernier mot en décembre… Et pendant ce temps les citoyens n’y comprennent rien et l’article en question n’est pas de nature à les éclairer, sauf à leur rappeler que la politique devient seulement un combat des chefs. A suivre. JPD

 

Ils sont contre, à l'unanimité. Hier, les conseillers généraux ont, par délibération, demandé au préfet de retirer son projet d'intercommunalité afin de leur laisser le temps de la concertation. Majorité, opposition de gauche et opposant Front national ont, certes, dit non dans un même élan. Mais pas forcément d'une même voix. Ouvrant par là le débat public, qui semblait jusqu'à présent faire défaut dans ce dossier engageant durablement l'avenir du département.

Il aura toutefois fallu patienter jusqu'à la fin de la séance pour entrer dans le vif du sujet. Introduit par le président Horace Lanfranchi, qui a donc proposé « de demander au préfet de retirer son projet et de maintenir le statu quo en matière d'intercommunalité, afin de permettre aux collectivités de conduire la concertation et les études préalables indispensables à l'obtention du consensus nécessaire ».

« Oui mais »

Le sénateur Pierre-Yves Collombat n'a pas fait durer le suspense et a expliqué tout de suite la position du groupe de gauche. « Parce que nous ne pensons pas que l'intercommunalité XXL proposée par le préfet corresponde à l'attente des communes et des EPCI existants, parce que nous pensons que l'intercommunalité, c'est d'abord l'affaire des communes et parce que nous pensons que les décisions des élus doivent être éclairées par des études préalables sérieuses, nous voterons cette délibération de bon sens. »

Du côté de la majorité départementale, Ferdinand Bernhard a fait entendre sa différence. Son « oui mais ». Oui, le maire de Sanary votera la délibération, mais l'intercommunalité, il n'y croit pas. « Deux présidents de la Cour des comptes et des ministres de l'Intérieur ont affirmé à plusieurs reprises que l'intercommunalité coûtait plus cher aux contribuables. Nos aînés ont toujours su s'unir quand il le fallait en créant des syndicats intercommunaux, qui ne coûtaient pas cher. Et ceux qui nous répètent qu'il y a trop d'échelons administratifs sont les mêmes que ceux qui nous en rajoutent ! »

Jean-Louis Masson aussi a exprimé son opinion. « Le "communard" que je suis s'inquiète. Même si Nicolas Sarkozy nous a dit que les communes conserveraient les compétences générales, je crains, comme Ferdinand Bernhard, qu'à terme, on supprime les communes ! D'ailleurs, le projet socialiste parle de les intégrer dans les agglos. »

Calendrier trop court

Le député Philippe Vitel avait aussi son mot à dire. Tout en approuvant la simplification qu'apportera la nouvelle loi - qu'il a d'ailleurs votée -, il déplore le calendrier trop court. « Le président de la République s'est engagé à le revoir. Et il y a des points qui n'ont jamais eu mon adhésion. Par exemple, la métropole ne me semble pas la solution idéale pour le Var. Et n'est pas en harmonie avec la mise en place des conseillers territoriaux.»

Dialogue

De quoi faire réagir le sénateur Collombat. « Les métropoles ne sont pas qu'une simple forme d'intercommunalité, mais une structure qui vampirise les départements. Mais cette loi, je ne l'ai pas votée, moi. J'ai même déposé des amendements contre ! » Et une fois n'est pas coutume le socialiste s'est félicité du « débat exceptionnel qui s'est déroulé dans l'assemblée au lieu des discours parallèles que nous entendons d'habitude » !

« Je voulais qu'on discute aujourd'hui et je souhaite rencontrer le plus de monde possible pour continuer le dialogue », a conclu Horace Lanfranchi qui va se lancer dans une tournée des territoires.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:02

 

Que Vinci ait gagné n’est pas une surprise mais les actions depuis juin dernier, pour dénoncer la convention de financement, et le contrat de concession qui finira par paraître au Journal officiel, quand tout sera bouclé, ont pu révéler bien des aspects de la méthode (c'était leur but essentiel). Voici deux mois, le préfet de Région à Toulouse levait les bras au ciel (avec d’autres) pour dire que sans le versement du Conseil Général du TetG, le projet pouvait s’effondrer. Ce versement, comme celui d’une quinzaine d’autres collectivités de Midi-Pyrénées, n’est pas arrivé mais qu’importe, le projet est bouclé ! Pourquoi ?

 

Dire que Vinci (ou ses équivalents) est le maître du gouvernement peut paraître trop facile. Or le dossier démontre que telle est la situation. Au bout d’un moment, le gouvernement est mis en demeure de payer et il paie. Il a suffi que Vinci menace d’une rallonge de 60 millions d’euros (qui peut dire ce qu’elle est devenue ?) et l’accélération a fait qu’en juin c’est la conclusion. Pour l’avoir dit en coordination régionale à Langon avant les cantonales, je ne suis pas surpris par cette accélération, mais je reste plus sidéré qu’auparavant par la lâcheté de la haute classe politique, ce qui peut nous laisser craindre le pire pour la suite.

 

Personne ne peut reprocher à un mastodonte du bâtiment de défendre ses intérêts. Personne ne peut reprocher à un gouvernement de droite de s’incliner même s’il est arrivé et s’il arrive parfois à des éléments de la droite de relever la tête. Nous sommes dans un certain ordre des choses. Par contre, tout le monde doit s’inquiéter du fait que le PS et le reste de la gauche se préparent officiellement à faire de même sur les LGVs ! Le fait n’est pas nouveau : il devient affiché ! Donc seuls les citoyens de tous bords politiques, conscients des enjeux spécifiques, peuvent et doivent d’autant plus s’unir pour arrêter la machine car ils sont les derniers remparts face à la folie de la course au fric.

 

Certains politiques laissent entendre, en Lot et Garonne, que de toute façon Bordeaux-Toulouse ne se fera pas. Au vu du dossier j’ai tendance, depuis des mois, à abonder dans ce sens, mais au vu du règlement de Bordeaux-Tours, je réponds qu’elle ne se fera pas que si la colère grimpe de plusieurs crans, car pour Bordeaux-Toulouse, le plus dur est fait : fabriquer un tracé.

J’ajoute même que la concession sera octroyée à Bouygues (après Vinci pour Bordeaux-Tours et Eiffage pour Le Mans Rennes), une entreprise dont il faudrait analyser les derniers achats de carrière le long du tracé (nous en connaissons deux en TetG)… Bordeaux-Toulouse est en fait beaucoup plus avancé que RFF ne  le laisse croire, comme était beaucoup plus avancé Bordeaux-Tours qu’on ne le pensait.

 

Aussi quand des élus du Lot et Garonne pensent que de toute façon le projet va tomber à l’eau, ils oublient que ce département n’est en rien décisif[1] ! Bordeaux-Toulouse ne se fait pas pour Agen mais pour Toulouse ! Or que révèle le cas Bordeaux-Tours : que Malvy-Cohen-Izard sont prêts à tout pour arriver à leurs fins ! Malvy avait fait voter un article 2 à la convention de financement comme quoi si Poitou-Charentes était remboursé il fallait faire de même pour Midi-Pyrénées. Connaissez-vous un élu de la Région qui ait rappelé à l’ordre le président sur ce point ? Silence radio car le PS est aux manettes partout, et s’il laisse parfois quelques marges de manœuvre, pour l’essentiel il met tout le monde au pli ! Imaginez si demain le PS est à l’Elysée….

C’est au Conseil régional de Toulouse que la question se joue. A Bordeaux ils ont besoin, pour la rentabilité de Bordeaux-Tours, de détourner tout le trafic voyageur par leur gare, donc ils vont soutenir. En conséquence, les « défenseurs » institutionnels du POLT vont doubler leurs discours hypocrites pour mieux masquer leur soutien inconditionnel à Bordeaux-Toulouse. Avec l’avancée du nouveau projet qui doit doubler le Paris Lyon (le POCL : Paris-Orléans-Clermond-Ferrand), l’embrouille sera au rendez-vous.

 

Parmi les opposants à la LGV, la dispersion géographique est la règle. Quand le Conseil général du Lot ou de l’Aveyron refuse de financer, ils appuient les opposants mais seulement de manière partielle. Il s’agit d’un réconfort formel pour le Non à la LGV. A ce titre, on ne peut le négliger. Mais rappelons que les projets Bordeaux-Toulouse, Bordeaux-Hendaye et Bordeaux-Tours sont parfaitement imbriqués, aussi, quand le financement est tombé pour l’un, ça signifie globalement qu’il va tomber pour les autres, d’autant que ce financement sera plus simple à boucler car il concerne beaucoup moins de collectivités ! L’étroite classe dirigeante politico-économique, nous le savons avec la Grèce, est prête à tout… puisque de toute façon elle pense rester à jamais la classe dirigeante. Aussi pour arrêter la machine, soit l’union des victimes marquera des points dans les prochains mois, soit le chantier s’ouvrira en 2020 juste après la fin de Bordeaux-Tours. 20-06-2011 JPD



[1] Depuis la réunion à Montauban des opposants à la LGV, en avril 2010, je constate que Midi-Pyrénées compte pour peu de choses dans la réflexion générale, dans les médias, dans les discussions. Or je pense que politiquement Bordeaux-Toulouse est en pointe par rapport à Bordeaux-Bayonne : de toute façon les voyageurs de Bayonne passeront par Bordeaux tandis que vers Toulouse, il faut assassiner la ligne POLT et la ville de Toulouse pèse plus que celle de Bayonne.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 10:19

 Downs-justicia.jpg

Mercredi 15 juin, 20h, le soleil est impeccable sur la Prairie des Filtres à Toulouse, le concert de Lila Downs peut commencer. Nous sommes en plein air, les gens vont et viennent, téléphonent, mangent, parlent, ils sont de plus en plus nombreux et loin sur la scène la « diva » danse de tout son corps et chante de toutes ses voix. Elle n’est plus la femme svelte d’il y a dix ans mais qu’importe les rondeurs elle porte en elle une énergie à faire bouger la condition humaine. Elle peut jouer la chère « palomba » mexicaine (elle cherche la traduction qui pourrait être le vulgaire pigeon mais qui devient la belle colombe) ou le simple poulet, chaque chanson est un spectacle en soi et je pense par bien des côtés à Juliette qui pousse plus loin ses projets : c’est tout le spectacle qui est conçu comme une chanson !

Lila Downs porte toujours ses bottes de cow boy que les caméras montrent parfois avec précision sur le grand écran bien pratique en la circonstance et comme la plupart des chanteurs des Amériques elle offre un répertoire reprenant des classiques de la chanson mexicaine, et ses créations personnelles. Les musiciens chantent avec elle. De toute la programmation sur cette scène du Rio Loco elle est la seule femme comme Nathalie Natiembé (de la réunion) est la seule femme sur la scène village. Là comme ailleurs la place faite aux femmes est minime, ce qui fait que les femmes sont rares à se lancer dans une pareille folie, donc on ne peut que leur faire une place minime… Parmi les musiciens de Lila, une femme, l’accordéoniste qui, autant que la harpe ou le cajon, apporte un son mexicain.

Quand on ne connaît pas un répertoire, il est difficile de tout suivre aussi je vais m’en tenir au moment où elle se met la casquette nord-américaine et prend en partie le ton du rap ou du slam pour chanter Justicia, un morceau que vous découvrirez sur internet sous mille formes.

Comme avant chaque morceau, Lila Downs s’empare d’un signe distinctif, un châle, une bouteille de mezcla en l’honneur de sa région d’Oaxaca et cette fois elle met la casquette typiquement nord-américaine. Une musique réduite à quelques coups secs de batterie, une voix de rap mais là aussi c’est le mélange, le métissage, au bout d’un moment revient la douce mélodie, la subtilité d’une voix qui n’est plus martelée un peu comme si à la dureté de la révolte il fallait ajouter mes merveilles de l’espoir.

Justicia est le moment le plus politique de la soirée et comme pout les autres chansons le texte n’est pas linéaire avec le rythme classique couplet, refrain. Comme avec tant d’autres artistes des Amériques, les mélodies prennent le pas sur les textes aux refrains répétés à haute dose. Son interpellation de la Justice, comme Eluard interpella la Liberté dans un poème fameux, déroute l’auditeur. On comprend quand arrive une sorte de refrain : « ¡Justicia! / Te busqué en la calle, / te busqué en el diario, / la televisión, / en las voces sordas de los tribunales. » (Justice ! je t’ai cherché dans la rue, sur le journal, à la télévision, dans les voix sourdes des tribunaux.). Mais on a l’impression qu’il y en a un autre : « Sigo creyendo, que lo malo acaba, / que lo bueno viene, / la conciencia te llama. » (je continue de croire en la fin de mal, et en l’arrivée du bien, et que la conscience fait appel à toi. » ; un peu comme si le texte était double avec d’un côté le rapport de la chanteuse à la quête de justice et de l’autre le fait des autorités qui refusent la justice.

Le 16 octobre 2009 dans sa ville de Tlaxiaco qui avait décidé de lui rendre un vibrant hommage, la version de Justicia est différente car la chanson peut évoluer, se donner un couplet de plus et au Mexique le cajon n’est pas le seul élément sud-américain de la batterie. Mais, dans la bouche de l’artiste, la même rage, le même corps en mouvement, et la même espérance en de rêves de justice.

Que l’évocation de ce moment du concert n’efface pas le reste et que l’artiste n’efface pas la qualité de ses cinq musiciens, du Venezuela, Chili, Mexique qui à chaque moment ont fait cœur avec la chanteuse.

17-06-2011 Jean-Paul Damaggio

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:53

 

Les télés françaises, qui devraient être là pour nous éclairer, ont répété que les Non avaient gagné en Italie et montraient des journaux qui titraient : « Victoire du Oui ». Un détail de la vie ? Bien sûr que non car il s’agissait ainsi de cacher ceux qui ont obtenu l’organisation du référendum. Il fallait placer le téléspectateur français dans la situation qu’il connait : c’est le gouvernement qui propose un référendum et c’est le peuple qui dit NON car que  sait dire d’autre le peuple ?!

En Italie, grâce à une loi démocratique, la situation peut s’inverser. Le peuple dit OUI à un référendum qu’il propose lui-même, et le pouvoir dit : NE VOTEZ PAS ! pour invalider son résultat (en effet, s’il n’y a pas 50% de participation, le résultat du référendum n’est pas validé).

Donc si on met le doigt sur la victoire du OUI, ça suppose d’aller à la rencontre des militants qui ont réussi, après l’obtention de milliers et de milliers de signatures et après décision de la Cour constitutionnelle pour bien valider la forme des questions, à imposer leurs vues… pour cinq ans. Même ce jour là Berlusconi est encore sur le devant de la scène !



Les télés et autres médias préfèreront, pour leur propre gloire, et comme c’est la mode, dire qu’en fait c’est la victoire d’internet, afin, une fois de plus, de confondre le média et le message, le média faisant le message ! Il serait déplacé d’évoquer des comités, des mouvements concrets, qui utilisent internet c’est vrai, mais seulement après s’être donné la peine de construire une argumentation, de rassembler des adresses, etc.

Tout comme il faudrait prendre l’effet pour la cause, il faudrait prendre le tuyau pour le contenu. Même si je reconnais aux bouteilles de vin quelque originalité, je préfère le contenu au contenant.

Aussi, pour avoir un peu de contenu de cette bataille référendaire italienne, voici un entretien bref et direct avec Antonio Di Pietro, l’ancien juge devenu animateur d’un parti politique (Italia dei Valori) qui a été au cœur de l’action, et dont les réponses expriment à la fois une grande sagesse et une grande détermination. Bersani, le dirigeant du PD [le parti de gauche] qui a peu fait pour cette bataille arrive ensuite, avec des propos plus radicaux, en demandant la démission de Berlusconi. Car pour lui, comme pour les autres partis, seules valent les élections où on obtient des postes, et non les élections où on se bat pour des idées.

 A mes yeux, la victoire du OUI en Italie confirme non seulement le fossé existant entre les citoyens et la droite, mais aussi celui existant entre les citoyens et la gauche, d’où l’observation prudente de Di Pietro : dans des législatives, pour le moment, personne ne peut prévoir le gagnant. Cette prudence lui vient sans doute de son combat judiciaire des années 90 contre les magouilles (et pire) de la Démocratie Chrétienne et du Parti Socialiste italien (le secrétaire général de ce parti, Craxi, était parti se réfugier chez son ami Ben Ali où il est décédé) qui n’ont pas abouti à la victoire de la gauche mais à l’arrivée sur la scène politique de Berlusconi, un personnage plus corrompu encore que ceux qui venaient de tomber ! JPD

  

 

Voici un entretien avec le président Antonio Di Pietro (du parti Italia dei Valori), publiée le soir du référendum dans «Le Fait du jour ».

 

A sept heures du soir Di Pietro est encore le champagne à la main. Grande joie chez ses partisans. Nous nous rencontrons, il sourit, est clairement heureux. Ensuite, il s'excuse: «Attendez une minute." Il part voir les titres des TG3 [la chaîne un peu à gauce], et Antonio Di Pietro veut  les voir à nouveau pour vérifier ses déclarations ...

 

[Q] Etes-vous satisfait de ce qui est dit?

"Oui, oui, ça va ..."

 

[Q] Pourtant Bersani a fait plus que vous : il a exigé la démission du Premier ministre ?

"Le jour où Berlusconi a menacé, Piazza Navona, c'était moi, vous étiez là, et beaucoup d'autres personnes, à dire que ce pays ne mérite pas un tel gouvernement."

 

[Q] Mais aujourd'hui ...

"Aujourd'hui, nous sommes heureux d’être si nombreux et j’ai une conscience claire de ceux qui ont fait leur devoir."

 

[Q] Mais Bersani l’a entendu ?

"Oui, et nous nous sommes complimentés."

 

[Q] Et vous ne voulez pas de la démission de Berlusconi ?

"Vous voyez, le vote a été un référendum, et je pense qu'il est juste de respecter les électeurs, de droite, du centre et de gauche qui sont allés aux urnes."

 

[Q] Pragmatique ?

"Non, je pense que les mathématiques n e sont pas une opinion sur le vote général : la majorité des électeurs est allée voter et 95 pour cent ont dit« oui ». Dans le cas de consultations nationales il n'est pas dit que ce 95% ne devienne automatiquement un vote pour le centre gauche. Ce sont deux questions distinctes. "

 

[Q] Démission mise à part, demain que se passera-t-il ?

"Je travaille sur une nouvelle forme du parti Italia dei Valori.

 

[Q] Traduisez ?

"Je travaille à une reconstruction du pays qui passe par une alternative crédible. Berlusconi, laissons le à son sort. "

 

[Q] A quel moment vous vous êtes vous dit : « nous pouvons y arriver » ?

"Vous ne me croirez pas, mais je l'ai dit dès que nous avons commencé la collecte de signatures [500 000]. J'ai dit : «Nous devons faire quelque chose pour le pays, nous ne pouvons pas être le parti qui est né après le« Mains propres et ne rien faire » .

 

[Q] Donc, c'est le plus beau jour depuis que vous faites de la politique ?

"Vous voyez, quand ils ont arrêté Mario Chiesa [début de l’opération Main propres], tout le monde a sous-estimé l'aventure. Au lieu de cela, je me suis rappelé les paroles de ma sœur qui m'a dit : « Fais ton devoir et ils en paieront les conséquences ». Nous nous sommes battus, mais à présent, je suis heureux de ce que j'ai fait, comme le résultat d’aujourd'hui. "

 

[Q] Quand vous avez rencontré vos militants ils vous ont accueilli avec Bella Ciao. Vous l’avez chantez aussi ?

" Bien sûr, c'est une chanson qui exalte le désir de liberté, le désir de libération. Je me retrouve dans ce que nous vivons dans notre pays. "

 

 

 

 

 "

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:46

 dussoubs.JPG

Ma compagne me ramène de Paris la photo de cette plaque de rue au moment où je découvre à la fin des Grands Jours de la République de Razoua ce testament d’un transporté qui termine le livre. JPD

 

Testament d'un Transporté. (FÉVRIER 1852)

I

UN MATIN DE DÉCEMBRE.

En rade de Brest, à bord du Duguesclin, 20 février 1852.

 

A ma femme, à mon fils.

 

Ceci est mon testament. Quand ces quelques lignes, que j'écris dans un coin de la batterie et que ma main tremblante a peine à tracer, te parviendront, ma bonne Louise, ton Olivier sera mort.

Dans quelques heures le canot va me transporter, avec dix de mes compagnons, à l'hôpital militaire.

Les médecins m'ont abandonné, condamné. Je sens qu'ils ont raison : je n'en sortirai pas vivant. Ne pleure pas trop, mon enfant. Je meurs comme j'ai vécu, en homme. Il n'est pas donné à tous de mourir pour la Justice et le Droit. Ton cœur de femme et de mère saignera sans doute ; mais mon nom fera longtemps tressaillir d'orgueil ton âme républicaine.

………………………….

Te rappelles-tu la matinée du 3 décembre ? Le temps était sombre, pluvieux. Je te vois encore au coin du feu, allaitant notre enfant. Cher enfant, blanc et rose dans sa petite chemisette, il s'agitait joyeux sur tes genoux et me souriait pendant que j'épinglais près de la fenêtre les cheminées de mon fusil ; je sentais ton regard peser sur moi et n'osais pas te regarder. Lorsque j'eus achevé de charger les deux canons, je m'approchai les yeux baissés, — j'avais peur de faiblir, — et je t'embrassai longuement. Comme ton cœur battait, ma bonne Louise, et comme l'émotion me serrait la gorge ! Tu me tendis l'enfant, je couvris de baisers son frais petit visage et je sortis sans retourner la tête. Nous ne devions plus nous revoir.

Je m'arrêtai dans la rue et tendis l'oreille ; un bruit de fusillade, interrompu de temps en temps par le ronflement sourd du canon, arriva jusqu'à moi. Je me dirigeai vers la rue Saint-Denis.

Au point où la rue décrit une courbe, se dressait une haute barricade, formée d'une masse de pavés et construite dans toutes les règles; elle paraissait d'une solidité à toute épreuve et s'élevait jusqu'au troisième étage.

J'y étais parvenu par un passage qui mettait ses défenseurs en communication avec leurs amis de garde aux barricades de la rue Saint-Martin.

Une fonderie de balles et une ambulance étaient établies là. Au sommet de la barricade, flottait au vent un drapeau tricolore, le drapeau du poste des Arts-et-Métiers enlevé quelques heures auparavant.

Cent quarante à cent cinquante hommes étaient là debout, le fusil à la main.

Le combat s'engageait comme je sortais du passage. Je fus reçu avec acclamation. Tous les camarades d'atelier, Michel Rochon, Neyraud, David, nos amis enfin, étaient au rendez-vous... En batterie, sur la chaussée du boulevard, quatre pièces de canon, tirant sans relâche à obus et à boulets, couvraient la barricade de débris. Un régiment de ligne, le 72e, hors de portée de fusil et l'arme au pied, attendait que l'artillerie eût ouvert la brèche pour monter à l'assaut. Assis ou couchés derrière la barricade, le fusil sous la main, nous attendions, nous aussi.

Nous n'attendîmes pas longtemps. Le canon s'était tu. Il se fit un grand silence. Des commandements à voix étouffée, puis un bruit sourd de pas et d'armes arrivèrent à notre oreille.

— A la barricade les enfants ! dit Michel Rochon en retirant sa tête d'une espèce d'embrasure pratiquée entre deux pavés, voilà les lignards.... Tirons bas, et que chacun vise bien son homme !

II

MICHEL ROCHON.

Tu seras peut-être étonnée, ma bonne Louise, de rencontrer là notre ami Michel, le blondin à figure de jeune fille, si timide et si doux; c'est qu'il est des côtés de son caractère et de sa vie que tu ignores. Michel était l'âme de nos sociétés secrètes. Un cœur de lion battait sous cette frêle enveloppe, et on le savait si bien parmi ceux qui se trouvaient à la barricade, qu'on lui avait confié d'une voix unanime la direction de l'attaque et de la défense. En escaladant les monceaux de pavé qui roulaient sous nos pieds, nous voyions ses yeux bleus lancer des éclairs.

— La moitié sur la barricade, la moitié derrière, commanda-t-il d'une voix brève, il faut que le feu alterne sans interruption. Après chaque décharge, les fusils vidés seront remplacés par les fusils chargés. Reste près de moi, Olivier. Ah ! ah ! les voilà à une bonne portée. Pas de balles perdues, les enfants, et de préférence aux épaulettes, Joue ! feu !

On n'entendit qu'un coup.

Lorsque la fumée se fut dissipée, nous vîmes du haut de la barricade, tout en rechargeant nos fusils, une trentaine de soldats étendus sur le pavé. Le régiment avait fait halte, on relevait les blessés, et les premiers rangs se reformaient en silence. Les officiers supérieurs étaient descendus de cheval et avaient mis l'épée à la main.

— A la baïonnette, mes garçons, commanda le colonel d'une voix tonnante, et balayez-moi cette...

Il n'acheva pas. La balle de Rochon lui coupa la parole. A partir de ce moment, la barricade disparut dans le feu et la fumée. Ah ! il n'y avait plus personne derrière, nous étions là debout, tous, les lèvres noires de poudre, les canons brûlant les mains, les pavés croulant sous les pieds. On ne voyait plus, on n'entendait plus, ou n'avait plus qu'une pensée : Tuer et mourir ! Tuer des soldats ! Mourir pour la République !

Notre dernière décharge était restée sans riposte.

Une rafale de vent s'engouffra dans la rue et balaya la fumée. Les derniers « pantalons rouges » tournaient l'angle de la rue jonchée de cadavres, et nous tous, la tête nue, les bras au ciel, nous saluions leur défaite d'un immense cri de: Vive la République !

Il n'y avait pourtant pas d'illusion à se faire. Nous écoutions en ce moment l'effroyable canonnade des boulevards, nous voyions bien que nous avions affaire à un ennemi sans scrupule ni pitié. Si les soldats s'étaient repliés, c'est qu'ils ne se sentaient pas en force; ils étaient allés chercher du renfort et ne pouvaient tarder à revenir. Envahis, une heure après, par les rues latérales, pris entre deux feux, nous opérâmes notre retraite par le passage, sous une grêle de balles. Vingt de nous tombèrent là, Il était cinq heures du soir.

Rochon avait quitté la barricade le dernier. Un éclat de pavé lui avait coupé le visage. Cette coupure large et profonde balafrait la joue du haut en bas et saignait. Il s'essuyait de temps en temps d'un revers de main ou avec le pan de sa blouse.

Dans le passage, nous nous étions groupés autour de lui.

— S'il en est parmi vous qui veuillent s'enterrer avec la République, et il n'y a guère autre chose à faire à présent, ils n'ont qu'à me suivre, dit-il d'une voix sourde. Mais ni moi ni personne, ici ou ailleurs, nous ne blâmerons d'abandonner une défense inutile, ceux qu'une mère, une sœur, une femme ou des enfants attachent à la vie ; — il me regardait en disant cela. — Moi, je suis seul.

Un vieux tout gris fendit le groupe.

— J'ai cinquante ans et encore du cœur à l'ouvrage. Ma fille et mon gendre sont morts. J'ai une petite-fille de quatorze ans, belle comme les amours ; si je meurs, je la laisse dans la rue.

— Sauve ta fille ! dit Rochon.

Un jeune homme reprit la parole :

— J'ai une mère Vieille, infirme, mon marteau la fait vivre, elle mourra si je meurs.

— Travaille pour ta mère ! dit-il.

Un robuste ouvrier, à la moustache noire, à la tête énergique, s'avança à son tour. Un violent combat se livrait en lui ; la pâleur et la rougeur se disputaient son visage, il restait appuyé sur son fusil, les yeux baissés...

— Michel ! murmura-t-il, tu sais que je suis un homme : si ma mort est inutile à la cause, ma vie est utile à mes quatre enfants. Que faire ?

— Vivre ! dit aussitôt Michel en lui serrant la main.

L'homme s'éloigna. Nous le suivîmes des yeux :

— Olivier, va-t'en, dit Rochon en me prenant les deux mains.

— T'en irais-tu ? lui répondis-je en plongeant mes yeux dans les siens. Jure sur l'honneur qu'à ma place tu t'en irais, et je pars.

Il baissa la tête.

— Marchons ! dit-il.

III

UN CABARET DE LA RUE MONTORGUEIL.

A l'angle de la rue des Vinaigriers s'élevait une formidable barricade. Battue en brèche depuis deux heures par l'artillerie, elle résistait. Un homme en uniforme de lieutenant de l'ancienne Garde républicaine, debout sur les pavés du faîte, faisait cible aux balles des chasseurs de Vincennes : l'épée d'une main, le revolver de l'autre, il dirigeait la défense avec un sang-froid terrible.

— Voilà le lieutenant Luneau, dit Rochon ; avec lui, si on n'est pas sûr de vaincre, on est toujours sûr de mourir.

Deux heures ! deux heures de mitraille ! Lorsque le canon se taisait, soldats de la ligne et chasseurs de Vincennes, ivres de sang et de vin, se ruaient sur nous et nous chargeaient à la baïonnette comme des bêtes fauves. Quelle fièvre ! À sept heures, dans la fumée, dans le feu, dans la nuit, eut lieu le dernier craquement, la dernière étreinte. Je tombai, étourdi par un coup de crosse en plein crâne, et je vis, comme à travers un nuage, Michel Rochon, poignardant, avec la baïonnette qu'il lui avait arrachée, le chasseur de Vincennes qui venait de m'assommer... Puis je ne vis plus rien...

Lorsque je revins à moi, j'étais couché sur la table d'un marchand de vin de la rue Montorgueil, et Michel me frottait les tempes avec de l'eau-de-vie. En ce moment, un homme entra dans la salle ; ses mains et son visage étaient noirs de poudre ; son écharpe de représentant du peuple soutenait une paire de pistolets ; quelques hommes, le fusil à la main, le suivaient.

C'était Denis Dussoubs. Il avait pris l'écharpe de son frère Gaston, le représentant montagnard, cloué sur son lit par la maladie, et depuis deux jours il combattait sans relâche.

— Je crois que l'heure de mourir pour Marianne est venue, dit-il à Rochon en lui tendant la main; en es-tu ?

— J'en suis, répondit Michel.

— Eh bien alors, à la barricade ! dit Dussoubs qui tendait l'oreille, j'entends le pas des soldats.

Ils s'élancèrent tous vers la porte. Appuyé sur mon fusil, désobéissant à Michel, je me traînai péniblement dans la rue.  La nuit était noire et les hommes qui s'agitaient sur la barricade, dressée à quelques pas de la porte du marchand de vin, passaient comme des ombres devant mes yeux troublés. En ce moment, une voix vibrante, poignante d'expression douloureuse, dominait le bruit des hommes et des armes.

C'était la voix de Denis Dussoubs ; seul, désarmé, il s'était avancé vers les troupes qui marchaient vers la barricade.

— Malheureux soldats ! disait-il, vous devez être désespérés des crimes que l'on vous fait commettre. Venez à nous ! à nous qui sommes vos frères !

De ma vie, je n'ai entendu d'accents plus lamentables ni éprouvé pareil frisson.

Il parlait encore, lorsqu'il tomba sous les balles.

De ce moment la tuerie commença. J'avais en vain essayé d'escalader la barricade. Je sentais mes genoux fléchir, je voyais tout tourner autour de moi.

Je regagnai, en me traînant sur les mains et les genoux, la salle du marchand de vin. Du seuil de la porte, je vis deux hommes en bourgeron bleu qui déposaient sur une table le cadavre de Dussoubs, pendant que trois ou quatre blessés, étendus sur le plancher, râlaient leur agonie..

Tout à coup, une douzaine d'insurgés roulèrent pêle-mêle avec des soldats dans la salle comme une avalanche. Plus de fusils, plus de baïonnettes : les ongles et les dents.

Rochon, couvert de sang, se débattait sous l'étreinte d'un sergent au poil roux, aux épaules d'hercule ; je rampai vers Michel et lui tendis mon couteau. Le sergent ouvrit les bras et tomba à la renverse, comme une masse :

Mein Gott ! (mon Dieu!) dit-il en tombant.

La lutte se prolongea quelque temps encore ; mais les soldats succédaient aux soldats. Rochon, cloué au mur d'un coup de baïonnette dans l'épaule, avait été garrotté.

Un caporal m'avait attaché les mains derrière le dos avec la bretelle de son fusil. Nous deux, des douze ou quinze insurgés refoulés dans la salle, étions seuls encore vivants.

Un capitaine, jeune encore, aux joues creuses, aux moustaches coupées en brosse, fendit le groupe des soldats.

— Fusillez-moi ces deux bandits-là contre le mur.

On nous poussa au fond de la salle.

— A genoux, brigands !... dit-il en s'avançant vers nous, l'œil hagard, le poing tendu.

— Lâche ! dit Rochon en lui crachant au visage.

L'officier bondit en arrière comme si un fer rouge l'eût brûlé.

— Feu !... feu donc ! hurla-t-il d'une voix rauque.

Les canons s'abaissèrent. Ton doux visage, celui de l'enfant passèrent comme un éclair devant mes yeux. La détonation coupa en deux notre cri de Vive la République ! et je tombai foudroyé sur le corps de Rochon...

………………………….

En revenant à la vie, je me trouvai couché dans un lit d'hôpital et emmailloté de bandelettes comme une momie égyptienne. On répondit à mes questions qu'une vieille femme m'avait trouvé, le matin du 5 décembre, respirant encore, malgré mes huit blessures, dans le charnier de la rue Montorgueil, et que les sapeurs-pompiers du poste voisin, avertis par elle, m'avaient apporté là. Mes blessures n'étaient pas mortelles ; on espérait me sauver. J'étais un cas rare, un sujet précieux.

M. Velpeau s'intéressait à moi particulièrement.

On me fit même entendre qu'on n'avait rien à me refuser, une chose exceptée pourtant, toute espèce de communication avec le dehors. J'étais sous la surveillance de la police, et, malgré tous mes efforts, mes tentatives réitérées, je ne pus parvenir à te faire savoir que j'étais encore vivant.

Un mois et demi après, mes blessures à peine fermées, par une froide matinée de janvier, on me fit monter dans une voiture cellulaire entre deux argousins. J'étais condamné à la déportation. La frégate le Canada devait me transporter, avec le convoi dont je faisais partie, du Havre à Brest, où nous attendait le ponton le Duguesclin. De là, à Cayenne.

………………………………..

Je m'arrête, ma bonne Louise, ma main tremble mes yeux se voilent. J'aurais voulu te raconter jour par jour, heure par heure, minute par minute, et mon martyre et celui de mes compagnons. Mais la mort me tient, je ne le puis. Un de nous, un jour, un survivant, écrira cette lugubre histoire des pontons.

De l'hôpital à la Galèrienne, de la Galérienne au wagon, du wagon à la frégate, de la frégate au ponton et du ponton au lit d'hôpital, où il va mourir, la voie a été, pour le compagnon de ta vie, la voie douloureuse. Tout ce qu'il y a d'humain en moi a saigné goutte à goutte. Mais répète-toi bien, et ce sera pour toi la consolation suprême, que ton Olivier est mort en homme libre et en républicain, sans peur et sans reproche.

Quand notre petit Maxime sera un homme, et élevé par toi il le sera, tu lui liras le testament de son père mort à l'hôpital militaire de Brest, et, l'occasion échéant, lui non plus, je l'espère, ne faillira pas au plus sacré, au plus saint, des devoirs. Eugène Razoua

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 13:42

Intercommunalité, le maire de Moissac reçoit le Front de Gauche

 

Le 9 juin  2011

 

Suite au tract polémiste du PCF/Front de Gauche, le Front de Gauche Castelsarrasin-Moissac a été reçu à la demande du Maire de Moissac, Mr Nunzi. La délégation, composée de deux membres du PCF, Michel Bonnet et Maximilien Reynès-Dupleix, et de deux sympathisants du Front de Gauche, Daniel Van Hamme et Françoise Tardin (élue municipale de Castelsarrasin), avait pour objectif, d’une part, de démêler les informations relatives au conflit intercommunal qui bloque le fonctionnement de notre communauté,(cf comptes rendus dans la presse locale) et d’autre part, de proposer des pistes pour améliorer les conditions de fonctionnement démocratique de cette structure.

Nous avons rappelé notre souci constant de voir notre communauté Castelsarrasin-Moissac trouver un fonctionnement normal, une atmosphère sereine qui permette aux délégués qui la composent de s’écouter, de discuter et de trouver solution dans l’intérêt de la population des deux communes. Nous nous sommes étonnés de l’attitude de repli de M. Empociello qui semble s’être désolidarisé de ce dossier. Nous avons entendu de la part de M. Nunzi des explications qui nous semblent recevables. Tandis que M. Dagen dénonce le préjudice qu’aurait à subir Castel en acceptant la TPU, M. Nunzi affirme qu’à partir de la TPU commune reçue, chaque commune reçoit une part correspondant à la valeur de la taxe de l’année précédente ; ainsi chacune rentre dans ses fonds propres avec les différences dues aux implantations industrielles et commerciales du départ. A cela s’ajoute la part communautaire plus élevée qu’en l’état actuel ; c’est ainsi que M. Nunzi estime que depuis dix ans nous avons laissé passer une manne de l’ordre de 8 millions d’euros…

De quoi se payer une piscine couverte intercommunale…

Quant aux griefs concernant l’implantation de zones commerciales concurrentes, la délégation a affirmé que l’intérêt des habitants du bassin ne se trouve pas là. Il y a mieux à faire que de multiplier les grandes surfaces. La population a besoin d’équipements collectifs pour le quotidien, les loisirs, les soins…La communauté de communes doit avoir pour objectif de favoriser la réalisation de ces équipements en mettant en commun budget, gestion et entretien dans un esprit de solidarité et non de compétition.

Ainsi, nous avons regretté que le conseil communautaire Castel-Moissac ne soit constitué que de délégués des majorités de chaque commune, ce qui exclut de fait les oppositions. Ce système est vraiment loin d’être démocratique et ne peut conduire qu’à la sclérose, ou à un affrontement insoluble.

Une autre observation : la campagne électorale pour les municipales est axée sur la commune mais n’envisage jamais le lien avec la structure communautaire, donc aucun projet n’est initialement proposé aux électeurs.

Nous étions aussi porteurs de  l’idée de créer un conseil citoyen consultatif qui permettrait de rencontrer la population régulièrement pour mieux connaître ses attentes et d’en rapporter les conclusions au Conseil Communautaire.

Avec en perspective la mise en œuvre ou non de la réforme territoriale (que nous combattons avec nos élus par ailleurs), nous nous engageons à porter le débat sur la place publique pour amener les citoyens à réfléchir et à faire des propositions et ainsi parvenir à mettre en place un véritable dispositif démocratique de gestion des territoires.

 

Les membres de la délégation

 

Note La Brochure : Nous transmettons ce communiqué qui a été proposé à la diffusion. Une observation : pour la représentation de la diversité du FdeG, n'yaurait-il pas, dans le secteur, de membres du PG et de GU ?

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