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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 15:53

C'est un personnage peu connu de la littérature latino-américaine pourtant ses multiples activités politiques, culturelles et journalistiques en font un homme charnière. JPD

 

Le Monde diplomatique Mars 1997

AGUIRRE, COLÈRE DE DIEU

Le pouvoir, la folie et la mort

LE CHEMIN DE L'ELDORADO, d'Arturo Uslar Pietri, traduit de l'espagnol par Philippe Dessommes-Flùrez, Critérion, Paris, 1997, 340 pages, 139 F.

LE rêve héroïque et brutal d'un conquistador lancé à la recherche de l'Eldorado avec une poignée de soldats, tel est le thème de ce roman qui réunit tous les éléments d'une grande aventure de la forêt de l'Amazonie, où vivent des Indiens cannibales ; le fleuve et ses rapides, sur lesquels se lance la petite troupe à bord de frêles radeaux ; les personnages, Espagnols aventuriers et féroces. Leur chef, Lope de Aguirre, s'est rebellé contre son roi Philippe II et les entraîne dans la folle poursuite de son rêve. La fièvre de l'or l'habite et, plus encore, une volonté de puissance qui ne connaît pas de limites. Il sera décapité.

On a, dans les premières pages, la sensation de partager un contact physique, une vibration tactile avec un personnage d'épopée, un décor, un paysage. La périlleuse navigation commence. Apparemment, sur les rives, nulle vie autre que végétale. Le cri perçant d'un oiseau traverse l'espace, puis le hurlement d'un singe et, soudain, c'est l'immense enchaînement de bruits entremêlés, de trilles et de vociférations qui constitue le réveil brutal de la forêt. Nous sommes en plein dans le "réel merveilleux", mouvement littéraire créé dans les années 20 à Paris par le Cubain Alejo Carpentier, le Guatémaltèque Miguel Angel Asturias et précisément le Vénézuélien Arturo Uslar Pietri ; ce qui, plus tard, s'appellera le "réalisme magique".

La fantaisie est constamment sollicitée par la splendeur des descriptions, mais chez Uslar Pietri l'esprit reste disponible pour une analyse. Ecrivain, humaniste et homme politique, il tente de concilier dans ses œuvres deux tendances qui s'opposent littérature contre économie. L'histoire républicaine du Venezuela n'a été, selon lui, qu'une longue chaîne d'erreurs ayant pour origine la violence engendrée par le divorce constant entre des propositions doctrinaires et la réalité, tant socio-économique que culturelle ou politique.

Son livre s'inscrit dans une longue série de films et romans qui évoquent la figure historique de Lope de Aguirre. Les quelques soldats qui se perdent au cours d'une expédition comptent peu. Chaque auteur s'est servi d'eux pour exorciser ses démons. L'Espagnol Ramun Sender a mis dans L'Aventure équinoxiale de Lope de Aguirre son mépris pour l'entourage de l'homme (une catégorie de républicains espagnols exilés en Amérique latine ?) et sa haine envers l'Inquisition. Le cinéaste allemand Werner Herzog a peut-être évoqué dans Aguirre, la colère de Dieu le passé de son pays.

USLAR PIETRI situe l'épopée d'Aguirre dans sa recherche des mythes fondateurs de lâ nation vénézuélienne et découpe son récit en tableaux qui cassent l'action au profit d'une allégorie de l'histoire nationale : « Voir ce que nous avons été, ce que nous sommes, ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons être. »

C'est un autre écrivain vénézuélien, Miguel Otero Silva, qui a le plus stimulé Uslar Pietri. Concernant Aguirre, Otero Silva répond en 1979 au despote d'Uslar Pietri par son roman Aguirre, prince de la liberté; où le héros est le précurseur de Bolivar et de la geste de Che Guevara.

Si l'on veut situer Lope de Aguirre dans le contexte vénézuélien, il faut lire ce livre superbe, mais aussi celui de Miguel Otero Silva ; et si l'on veut comprendre l'histoire politique et culturelle des quarante dernières années de ce pays, rien de mieux que de se plonger dans les œuvres parallèles de ces deux grands écrivains.

 

RAMON CHAO.

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 10:32

 

 nuit-de-la-cucaracha.jpg

Elles sont deux sur scène pour proposer une comédie révolutionnaire en musique avec 48 balles de ping pong. Avouez que le genre est peu fréquent ! A lire la présentation on reconnaît le mot "révolutionnaire" dans le choix des titres de chansons latinos qui sont au programme. Pour la musique c'est encore plus clair : le piano de l'affiche est explicatif. Mais "comédie", pourquoi ?

Le spectacle est passé par Marseille et plus exactement au Parvis des Arts.

Le Théâtre de la Luna qui à Avignon accueille la pièce indique : "Cette inoubliable Nuit de la Cucaracha raconte la naissance d’une amitié, et rend un vibrant hommage aux plus belles chansons révolutionnaires d’Amérique du Sud : Hasta Siempre, El pueblo unido, Gracias a la vida, No pasaran, Dos Gardenias

Extraits de presse lors de la création du spectacle au Luxembourg au Théâtre du Centaure :

« Une performance pleine de fougue qui fait vibrer la salle »

« Deux demoiselles de Rochefort version commando »

« Quel beau duo, quel tempérament »

« On sort de la Nuit de la Cucaracha vivifié, inspiré et plein d’entrain » "

 Il est rare de pouvoir confirmer un texte publicitaire comme celui qui annonce qu'on sort vivifié, inspiré et plein d'entrain de ce spectacle. Mais je confirme totalement.

 La mise en scène est de Marja-Leena Junker avec les deux comédiennes : Anne Cadilhac au chant et Dilia Gavarrete-Lhardit au piano et au chant.

coproduction : Théâtre du Centaure Luxembourg, La Compagnie Meninas

Mais pourquoi un auteur : Roberto Lana ?

Car il ne s'agit pas d'un simple tour de chant mais d'une mise en contexte. Une femme du Nicaragua réfugiée en France croise par hasard sa voisine désespérée car son mari, champion de ping pong est parti avec une autre. Elle va lui rappeler les chansons de son père qui avait dû aller à Managua soutenir les Sandinistes. Une femme du peuple croise une bourgeoise. Cet artifice peut gêner plus d'un puriste attaché seulement à la beauté des chansons. Quelques autres puristes peuvent mal digérer le comique de la formation révolutionnaire qui sert de toile de fond à la comédie. Bref, en principe comédie et révolution ne sont pas là pour faire bon ménage or c'est ainsi que la vie habite le spectacle.

 A l'entrée pour faciliter la compréhension le titre de toutes les chansons est donné avec la traduction du thème essentiel, tout comme pendant le spectacle des textes sont repris parfois et en partie, en français.

 L'originalité de l'heure passée ensemble est inoubliable et nous rappelle un passé proche et pourtant fini, celui de la chanson d'Amérique latine représentant parfaitement l'univers de lutte de années 1950-1980. Un peu comme si la victoire des sandinistes (au moment de la victoire des islamistes en Iran) avait paradoxalement tourné la page d'un héroïsme qui n'était pas qu'un héroïsme. Or, cette page tournée n'est pas celle des injustices devenues encore plus profondes ! Jean-Paul Damaggio

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 14:24

 

 NicaraguaCanal140613.png

Ce canal est un serpent de mer pour faire se rejoindre le Pacifique et l’Atlantique. L’idée en est née avant même le Canal de Panama. Puis des intérêts internationaux ont enterré un projet qui vient de renaître pour de bon aujourd’hui, toujours en lien avec des intérêts internationaux.

La Chine est prête à engager 40 milliards de dollars pour la construction de cette infrastructure. Les Russes apporteraient leur caution et trois sous en plus (voir article ci-dessous de La Voix de la Russie).

Un canal plus large, plus profond, plus adapté au monde d’aujourd’hui et qui serait indépendant des USA.

Wikipédia indique : "Le 14 juin 2013, l'Assemblée Nationale du Nicaragua a approuvé la proposition chinoise, émise par le consortium chinois HK Nicaragua Canal Development, par 61 voix contre 28. Cette loi donne une concession pour une durée renouvelable de cinquante ans au consortium chinois pour la construction, le développement et la gestion du canal. Les coûts estimés sont de 40 milliards de dollars, ou 30 milliards d'euros, alors que le temps de construction nécessaire est estimé à près d'une décennie. Toutefois, ladite loi ne précise en aucun cas le tracé du canal, ni les détails de son financement ou même sa viabilité économique. Le projet devrait d'ailleurs comprendre à la fois un canal maritime reliant l'Atlantique au Pacifique, mais également un canal ferroviaire."

 

Donc l’avenir c’est à des bateaux plus gros, pour un commerce international plus considérable ?

Et le Nicaragua devrait trouver là une source de croissance de plus de 10% par an de son PIB. Daniel Ortega est aux anges.

Une fois de plus je ne veux pas négliger, par quelques questions, les mérites de ce projet d’infrastructure mais pour qui connaît un peu ce pays misérable elles s’imposent :

-              Les dégâts écologiques sont-ils pris en compte ?

-              Avec 40 milliards de dollars n’y a-t-il pas mieux à faire ?

-              Jusqu’à quel point les habitants sont favorables ?

J’ai écouté plusieurs débats contradictoires mais qui ont évité de telles questions. Or le canal va par exemple utiliser (même si le tracé n'est pas public) un lac magnifique avec sans nul doute des conséquences diverses.

Ce PIB en plus va-t-il tomber dans les caisses de la famille Ortega ou vaz-t-il permettre un développement sérieux de l’agriculture du pays, source de richesse centrale des habitants réels ?

Pou me faire une opinion j’attends donc des éclaircissements sur le sujet.

Jean-Paul Damaggio

 

Article du Monde du 7 juin 2012 (nous sommes donc deux ans après)

Article du Figaro du 26 juin 2013

Article du Parisien du 12 janvier 2014 (avec vidéo du canal !)

Article favorable au canal dont vous avez la conclusion ci-dessous (21 janvier 2014) :

"On peut sans risque pronostiquer que la dernière bataille impérialiste contre le nouveau canal sera le fait  d’ ONG écologistes étasuniennes ou de  leurs relais sur place ou au Costa Rica voisin  sous la forme d’une campagne internationale pour dénoncer les dangers pour l’environnement de la construction ce nouveau canal. Routine impérialiste  où la sensibilité écologiste à géométrie variable s’émousse lorsque les armées étasuniennes détruisent et polluent pour des décennies un pays entier (Vietnam, Irak…)."

 

Opinion de National Geographic (en anglais)

 

Point de vue du pouvoir du Venezuela (en espagnol)

 

MOSCOU, 17 mai - RIA Novosti/La Voix de la Russie Moscou prendra la décision définitive concernant sa participation à la construction d'un canal interocéanique au Nicaragua approximativement en juin, après avoir examiné l'étude de faisabilité de ce projet, a indiqué samedi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview à la chaîne de télévision Rossiya 1.

"L'étude de faisabilité est en cours de préparation. Ce travail doit s'achever en juin. Nos sociétés et administrations publiques analyseront ce document pour savoir si la Russie a intérêt à s'associer aux négociations engagées par des entreprises de certains pays", a déclaré le ministre.

Censé relier l'Atlantique à l'océan Pacifique, le canal du Nicaragua doit passer par le fleuve San Juan et le lac Nicaragua. Conçue pour constituer une alternative au canal de Panama, cette artère sera plus large et plus profonde que ce dernier afin de pouvoir laisser passer les navires contemporains de gros tonnage.

Les autorités nicaraguayennes envisagent de lancer la construction à la fin de 2014. Le coût du projet étant évalué à 40 milliards de dollars, le gros de ce montant sera fourni par le groupe chinois HKND.

Le directeur général de l'Agence de promotion des investissements du Nicaragua Laureano Ortega a auparavant annoncé que la Russie participerait également aux travaux de construction.

 

Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_05_17/Canal-du-Nicaragua-Moscou-prendra-la-decision-en-juin-0765/

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 14:15

Jaime-Roldos.jpg

"Né à Guayaquil, Aguilera était un réformateur, et sa politique à l'égard des compagnies pétrolières américaines lui attirèrent nombre d'ennemis en particulier en 1981, où il présenta au congrès équatorien sa nouvelle loi sur les hydrocarbures. Roldós et sa femme fondèrent Partido Pueblo, Cambio y Democracia. Il fut président de l'Équateur de 1979 à 1981 pendant un bref affrontement militaire qui opposait son pays au Pérou en 1981. Il est mort dans le crash d'un avion en 1981 près de la frontière péruvienne. Les huit autres passagers sont morts également dans le crash." Wikipédia France

 Comme chaque année, nous publions ici un écho du festival de cinéma latino-américain qui se tient à Toulouse[1] avec un coup de projecteur sur le magnifique documentaire concernant la mort de Jaime Roldós qui nous raconte en réalité deux morts étranges : celle de l’accident d’avion du président de l’Equateur et celle du mésusage ensuite de son nom dans la politique de ce pays.

Cet accident intervenu le 24 mai 1981 a pu passer inaperçu en France, le pays étant pris par sa propre actualité, en conséquence le documentaire permet de revisiter une histoire méconnue. Nous quittons ainsi le cas Pinochet ausculté sous tous les angles pour le modeste Equateur où la politique est finalement une question familiale.

 L’histoire

Au tournant des années 78, Carter ayant assis sa présidence, la politique des USA change et les dictatures des Amériques vont peu à peu disparaître. L’Equateur sera pionnier en la matière grâce à des divisions importantes dans l’armée, divisions provoquées par les luttes populaires. Une partie de l’armée ne veut plus servir d’armée de répression. Mais une autre partie se fait le relais de l’opération Condor et il n’est donc pas surprenant d’apprendre que la première mort violente du court mandat de Roldós est celle d’un militaire loyaliste.

Jaime Roldós est présenté dans le film, avec documents à l’appui, comme un adversaire déterminé des dictateurs et tout indique que sa mort a été commanditée par les maîtres de l’opération Condor conduite par l’union Pinochet-Viola (dictateur argentin) mais le grand mérite du film n’est pas de chercher des coupables mais seulement de remettre le président dans une histoire plus large.

Cette histoire a été masquée et l’intérêt du film c’est d’abord les secousses qu’il produit là où les événements se sont produits. Avec le parti politique né après la mort de Jaime, le Parti Roaldiste ce fut un hold-up organisé par le beau-frère pour attirer sur lui la popularité du jeune disparu. Un hold-up qui a masqué à la fois le combat de Roldós et les raisons de sa mort.

Comprendre

A chercher des coupables tout porte à désigner des responsables or pour le réalisateur, l’essentiel c’est de comprendre l’enchaînement des faits ce qui donne au documentaire un suspens plus global qu’un film ordinaire. Chaque morceau du puzzle se met en place non pour une lecture univoque, mais pour au contraire une approche aux multiples entrées. C’est exactement comme l’introduction hésitante pour désigner le point de départ de la mort. Voilà une œuvre d’art qui réussit l’exploit de rendre simple un enchaînement, sans en masquer à aucun moment la complexité ! Un pari gagné sans doute parce que les réalisateurs Manolo Sarmiento et Lisandra Rivera débutèrent les recherches en 2006, pour le 25 ème anniversaire de la mort de Jaime Roldós et le terminèrent seulement en 2013 !

Je ne sais si je vais être capable de rendre cette complexité mais je tiens à essayer.

Nous ne sommes pas face à un système mais face à des contradictions au sein de l’armée, au sein de l’appareil d’Etat, au sein du peuple, au sein des partis, au sein de chaque individu.

Nous ne sommes pas face à un système qui élimine l’action des individus même si finalement l’action des individus peut être broyée par un système.

Dans un entretien sans complaisance avec le réalisateur j’ai relevé quelques éléments qui vont éclairer mon propos.

 La parole au réalisateur

Jaime Roldós a été remplacé par son suppléant Osvaldo Hurtado toujours vivant. Pourquoi n’est-il pas interrogé ?

Le réalisateur considère que ce qui compte ce sont les faits, les actes, en conséquence, Hurtado, en nommant ensuite comme ministre de la défense l’Amiral Sorroza (représentant de forces conservatrices que Jaime voulait révoquer), en acceptant la version de la mort fournie par les militaires (un simple accident), a eu une position claire. Seule l’histoire compte, pas les propos qu’ensuite cet homme pourrait tenir sur l’histoire.

Les personnes interrogées appartiennent aux éléments périphériques.

Même question pour le fameux Sorroza et même réponse : d’une part il semble qu’il soit mort et d’autre part, le fait historique c’est ce qu’il a dit à la commission d’enquête en 1982.

 Oui mais pourquoi ne pas avoir donné la parole à Jaime Galarza Zavala, l’homme qui a écrit un livre sur le sujet, livre évoqué par un des personnages dans le film[2] ?

Et en effet, le spectateur imagine, quand ce livre apparaît, qu’ensuite nous aurons la version de ce chercheur, mais ce n’est pas le cas et ce n’est pas le cas dans la réponse du réalisateur à la question posée :

« - Nous avons bien sûr rencontré Jaime Galarza et nous l’avons interrogé. Il a beaucoup d’informations. C’est une source secondaire comme tant d’autres témoignages que nous n’avons pas pu mettre dans le documentaire final. Notre film n’a pas les mêmes objectifs que son libre. Il prend une autre direction mais cependant nous respectons ses critères et nous reconnaissons son rôle important pour la remise en cause de la vérité officielle. »

 J’en suis réduit à soupçonner que Galarza avait pour but d’établir une nouvelle vérité face à la vérité officielle alors que pour le film, l’objectif est moins la quête de vérité que le développement de la capacité à mettre en relation des événements. Le film dure deux heures, une heure pour éclairer (et non résoudre) l’accident mortel, et une heure pour étudier aussi la deuxième mort qui, sans doute, dans le livre de Galarza doit être absente (mais bien sûr j’aimerai vérifier).

 Le film est interdit en Equateur dans les salles possédées par Supercines dont le propriétaire est israélien (30% des places dans le pays) : les dirigeants demandèrent de voir le film avant de le projeter ! Or dans le film est reprise la dénonciation féroce par Roldos de León Febres Cordero lié à l’industrie militaire israélienne dont l’Equateur a acheté des K-fir[3]. Y-a-t-il un lien entre les deux faits ?

Par cette question et cette réponse on vérifie le souci professionnel de Sarmiento qui répond seulement : « Je ne sais pas. » Quand il ne sait pas, il ne fait pas d’hypothèses, de bavardages, il ne sait pas, et point à la ligne.

 Autre exemple avec cette question posée : est-ce que la mort en six mois et toujours par accident d’avion du président du Panama Omar Torrijos, du président de l’Equateur, du Ministre de la défense du Pérou Miguel Hoyos et de deux ministres de la défense de l’Equateur fut une coïncidence ? Impossible de donner une réponse.

 Les enfants du président

Le président meurt avec son épouse et ils laissent trois orphelins : deux filles et un garçon qui témoignent pour le présent. Un fille qui vit au Mexique pense plus à sa thèse sur l’évolution du salaire des ouvriers mexicains qu’à l’histoire de son père. L’autre montre de la bibliothèque familiale les œuvres complètes de Bolivar. En fait une des figures du film, c’est le fils destiné à être l’héritier et qui s’est destiné au rôle de comédien, un comédien qui se moque du pouvoir alors qu’il avait tout pour accéder au pouvoir comme le fera son oncle, un frère de sa mère, qui va créer un parti du nom de Roldos !

C’est ainsi que le documentaire est plein d’humanité, de sensibilité et en même temps d’information historique majeure. Le beau-frère Abdala Bucaram (qui sera peu de temps président) prétend connaître les responsables de la mort et s’insurge qu’on ne soit pas venu l’interroger. Une fois de plus il aurait voulu utiliser le cas Roldos au profit de sa propre image qui, le film le montre dans une séquence est l’inverse de celle de Jaime. Magnifique ce film car il lutte contre les bavards : les images suffisent quand, après des années de recherches elles sont choisies au millimètre

Jean-Paul Damaggio



[1]Nous avons déjà évoqué deux films sur le chili qui vont passer à Caussade : unet deux

[2] Richelieu Levoyer, commandant général de l’Armée dans le gouvernement de Roldós. Il évoque la possibilité d’un attentat.

[3]En 1981 Le Pérou envahit l’Equateur et aussitôt l’Equateur est obligé d’acheter des armes pour se défendre. Reagan devenu président autorise aussitôt l’achat d’avions israéliens ce qui entraîne des dépenses qui ne permettent plus les mesures sociales d’où les grèves qui vont se produire… Dans le film Raúl Falconí, ambassadeur d’Equateur à l’OEA pour le gouvernement de Roldós pense que cet affrontement a été fabriqué et il montre les contradictions mêmes au sein de l’équipe du président, le ministre des affaires étrangère lui donnant des ordres opposés à ceux de Jaime.

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 13:15

Un ami du Nicaragua vient de nous pousser à utiliser skype pour bavarder avec lui et c'est en effet un outil fabuleux. Je suis alors allé visiter le site de Envio une revue de référence pour ce petit pays et j'y trouve un bilan très bien présenté du narco-trafic aux Amériques sous la plume de Ricardo Soberón Garrido.

 Rappelons le double contexte :

- d'un côté des écarts de revenus sans précédents qui rend la misère ambiante plus misérable

- de l'autre un accès du plus plus possible à "l'argent facile".

Bilan : développement du crime organisé qui n'est pas une classique exploitation de la misère comme certains pourraient le croire. On parle en France de plus en plus des cambriolages (faits moins importants que les violences internes aux familles) mais tous les truands ne sont pas de même nature face au crime organisé.

D'où ces quelques données qui suivent…

 Détruire la marchandise ?

La lutte constante et très chère contre le crime organisé qui est en place depuis plus de trente ans est un échec cuisant à cause d'un certain nombre de paradoxes.

La destruction de la production peut présenter de bons résultats (70% en 2010) mais ce qui reste est largement suffisant pour développer le marché de la drogue d'autant que la cocaïne est ensuite coupée avec d'autres produits pour doubler la vente à près de 20 millions de consommateurs.

Les 25 milliards de dollars dépensés par les USA sont donc d'une efficacité très faible à l'heure de la quête de productivité.

 Sur un marché libre ?

Le libre-échange a comme effet sur ce point de faciliter la circulation de la drogue d'autant que les personnes disponibles pour cette activité sont de plus en plus nombreuses. En conséquence, plus la répression est féroce et plus le nombre de personnes impliques dans le trafic augmente car il faut remplacer ceux qui sont en prison.

Organisé signifie sur ce point que les tâches sont parcellisées de façon à ce que quand une branche tombe l'arbre n'est pas affecté.

Et le libre commerce facilite également le blanchiment de l'argent à savoir des sommes telles que du simple citoyen à la banque puissante ont le regarde avec envie quand on a les estimations suivantes : 2 à 3 trillons de dollars le trillon étant en anglais 1012.

 La mort des Etats

Pas à pas nous avons des territoires "libérés" de l'autorité étatique et nous voyons pour quel autre type d'autorité ! Sur ce point aussi se développe en même temps le crime organisé et le libéralisme qui veulent en finir pour des raisons différentes des frontières. La frontière la plus mise à mal est de ce fait celle entre légalité et illégalité.

Et cette mort de Etats se note aisément dans leurs dépenses contre le crime, dépenses qui sont en chute libre au même titre que celles pour les services publics alors que dans l'échange asymétrique les produits du "sud" sont plus que jamais bradés interdisant ainsi tout espoir de cultures alternatives à la drogue.

 Une guerre qui ne va nulle part

Le principe de la guerre comme solution a totalement échoué en conséquence il faut repenser toute la lutte contre le crime organisé. Aux Amériques comme chez nous. Et cet effort de réflexion peut conduire à repenser totalement la société à laquelle des progressistes peuvent aspirer. Tuer le blanchiment d'argent c'est obliger à une refonte des systèmes bancaires par exemple.

 Un système global

L'étude se penche seulement sur le narco-trafic sans pointer le fait qu'il se diversifie et le jour où la cocaïne sera légalisée, il aura de toute façon d'autres terrains d'action.

En conséquence aucun des débats n'est à éviter (rôle de la légalisation, de la répression, des cultures alternatives…) mais aucun n'est la solution sans des mesures d'ensemble, sociales, politiques, économiques et culturelles. Les événements actuels au Venezuela ne sont pas seulement l'effet de l'adversaire classique du bolivarisme mais l'effet aussi d'une insécurité croissante qui frappe les plus pauvres et qui nous révèle que les mesures sociales seules ne suffisent pas. Sans apriori toutes les actions tentées contre le crime organisée devraient être mises sur la table pour relancer une autre perspective. L'action du PAN au Mexique, l'action contre le Sentier lumineux au Pérou, la légalisation actuelle en Uruguay, les batailles de rue conduites par l'armée à Rio, les contrôles minutieux au Chili, les mesures sociales au Venezuela, autant d'approches à passer au peigne fin de l'analyse. Approches à compléter par les avantages et inconvénients que les USA tirent de cette situation. J-P Damaggio

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 15:31

neruda.JPG

 

L'Amérique latine chère à Rosendo a pris place dans la Mairie de Tournefeuille (31). On y retrouve les portraits de bien des personnages de son continent avec surtout les deux immenses toiles qui présentent Allende et Neruda. Sobriété du trait cher à l'artiste pour le poète au visage frappé de marques rouges. Débordement de couleurs pour le président qui efface, dans un coin, le visage de son assassin.

A suivre chaque visage, l'humanité de chaque visage, toute une histoire défile de Tupac Amaru à Mario Benedetti, le portrait que je préfère mais j'ai déjà dû l'écrire.

Et le tout dans le cadre du festival : Cuba Hoy.

Il reste quelques jours aux retardataires pour prendre le chemin de cette banlieue toulousaine où, devant la mairie, le parvis a été refait à neuf comme tant d'autres parvis et il est doté des immanquables jets d'eau qui sortent de terre (14). Et l'expo c'est aussi à la médiathèque pour ceux qui arrivent à l'heure !

 

JPD

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 21:44

susana-baca_small.jpg

 

Après Buena Vista Social Club qui retraçait le parcours de musiciens cubains, après le film sur Violeta Parra voici un documentaire qui présente la musique populaire péruvienne. Ma culture musicale est très réduite mais au cours de mon premier voyage au Pérou, un frère de Rosendo Li m'amena voir Pepe Vasquez et j'ai alors découvert la musique afro-péruvienne que je n'imaginais pas. Par la suite nous avons eu à Montauban Susana Baca autre figure de cette même musique (voir photo) et tout aussi prenante que Pepe Vasquez sauf que ce dernier n'ayant jamais voulu quitter son pays, il n'a pas eu le succès à l'extérieur de Susana.

Ma lecture de l'écrivain péruvien J-M Arguedas m'a convaincu de l'importance de cet art populaire.

Toujours est-il, dans Sigo siendo, leuir art est à l'honneur à côté des autres éléments de ce pays à venir.

L'ami René Merle présente une belle série de musiciens.

Ce titre de film vient d'un mot quechua : Kachkaniraqmi. Etrangement nous retrouvons là le slogan préféré des zapatistes du Mexique : aquí estamos, pour dire au bout du compte, nous sommes toujours là, nous sommes encore vivants, nous continuons, nous existons.

Par ce film, le réalisateur Javier Corcuera célèbre un retour à sa propre histoire. Jean-Paul Damaggio

 

http://sigosiendo.pe/

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 14:28

abortotambalea.jpg

 Des femmes en colère au parlement équatorien : en fond on reconnaît des peintures de Guyasamin.

En Equateur, comme partout en Amérique latine, le nombre d'avortements clandestins va croissant et les législations sont plus restrictives. L'OMS parle de 125 000 par an.

L'Assemblée nationale ayant a discuter du nouveau code pénal dont un article concerne l'avortement, des députées ont tenté de faire changer la situation. Si elles l'ont fait c'est en lien avec une lutte continuelle et profonde dans la société, nous dirons une lutte citoyenne. Mais dans la révolution citoyenne chère au président Correa, tous les citoyens ne le sont pas au même degré.

L'opposition aidée par des membres du parti au pouvoir Alianza PAIS ont failli obtenir une évolution positive mais le président a rappelé à l'ordre ses députés : promesse avait été faite de ne rien modifier en matière d'avortement donc il fallait s'y tenir sinon il démissionnait ! Alors le députés "traîtres" de son parti se sont inclinés et trois furent sanctionnées pour leur comportement bine qu'elles aient retiré l'amendement : Gina Godoy, Paola Pabón, et Soledad Buendía

Pour s'expliquer Correa insistera sur la forme prise par l'amendement des députés de son parti ne respectant par les règles de discipline, et évacuera ainsi le problème réel : l'injustice faite aux femmes dont certaines entrèrent dans le parlement et se dévêtirent pour dire leur colère. Pour le président, la pilule du lendemain est suffisante.

Notons que la réclamation était minime : obtenir une dépénalisation en cas de viol. Pour le moment elle existe seulement pour les femmes handicapées qui sont violées.

La loi actuelle punit les médecins pratiquant l’avortement d’une peine de six ans de prison, tandis que le nouveau Code pénal prévoit de l’étendre à 16 ans de réclusion en cas de décès de la patiente.

Ainsi la vie des femmes est protégée...

Jean-Paul Damaggio

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 14:24

                                                equateur01.jpg 

Personne n’imagine jusqu’à quel point nos petits outils de communication ont engendré une relance du marché des matières premières. Pour le pétrole, c’est son augmentation de prix qui a relancé les recherches car un pétrole trop cher à exploiter hier, devient « rentable » aujourd’hui.

Cette explosion en besoin de matières premières fait le bonheur et le malheur des Amériques.

Pays de tradition minière, ils ont les moyens de répondre aux besoins industriels et c’est dans ce cadre que le président d’Equateur a décidé de relancer les puits de pétrole… pour le bien de son peuple et non pour le bien des multinationales donc, que lui répondre ?

Dans un premier article j’ai présenté les différentes positions en présence. Depuis la bataille fait rage en Equateur (un sondage donne 56% de gens favorables  la décision de Correa).

Dans le camp du président Corea on affirme haut et fort que dans le monde seulement trois pays, Venezuela, Bolivie et Equateur montrent méchamment du doigt le pouvoir capitaliste. Même si le Nicaragua est dans l’ALBA je ne suis pas surpris qu’il soit oublié…

Donc ne nous trompons pas de cible : l’adversaire, c’est le système capitaliste qui l’oblige à exploiter le pétrole dans un parc national reconnu comme élément du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Il existe trois modestes raffineries Esmeraldas, La Libertad, Amazonas, mais le pays doit importer pour 3 milliards de dollars annuels de carburant pour sa consommation nationale. Depuis trois jours on apprend qu’une nouvelle raffinerie devrait voir le jour grâce à une union Chine-Venezuela. Les autorités prétendent que si autrefois 80% du pétrole brut quittait le pays c’est à présent seulement 20%. J'en doute. De toute façon, pour ce pays comme pour tous les autres du continent latino (sauf le Brésil et le Mexique) la priorité devrait être donnée à la production de valeur ajoutée et non à l'extraction ! Pour le pétrole l’extraction ne crée presque pas d’emplois mais peut en effet susciter de la redistribution qui n’est rien d’autre que de l’assistanat.

Quand les Bolivariens gouvernent depuis 20 ans et qu’ils n’ont toujours pas d’agriculture digne de ce nom, car il est plus facile de vivre avec la rente pétrolière, il y a de quoi réfléchir. D’autant que le pétrole qui n’est pas extrait à présent vaudra bien plus cher demain quand il manquera encore plus ! Et dire que sans le pétrole, le pays risque de tomber dans la misère, alors que dire de tant de pays sans pétrole ?

La leçon de l’Equateur n’est pas équatorienne car le problème est partout. Dans les Andes a été inventé une bonne part de l’agriculture mondiale et souvent on a l’impression que les paysans sont sans « valeur marchande » !

 

Je n’affirme rien de sûr mais j’ai la conviction que pour ne pas aller dans le sens du système en place, il faut penser autrement l’équilibre économique d’un pays. L’URSS croyait battre les USA sur le terrain de la bataille industrielle et ce fut l’échec. Alors, que ceux qui sont aux commandes en Bolivie, Venezuela et Equateur réfléchissent. Sinon j'ai l'impression que c'est comme au Chili !

JP Damaggio

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 15:56

Voici d’abord quelques faits de référence qui vont servir de toile de fond à la décision de Correa.

30 juillet : sommet de l’ALBA à Quito.

3 août : Discours de Correa contre Chevron.

11 août : confirmation de la condamnation du député Pachakutik Pepe Acacho et son compagnon de lutte Pedro Mashiant a 12 ans de prison pour sabotage et terrorisme.

15 août Correa annonce l’exploitation du pétrole en Amazonie.

 Décision du gouvernement le 15 août

L’affaire dure depuis 2007 quand Rafael Correa a lancé du haut de la tribune de l’ONU, une initiative pour protéger le parc Yasuni, mais les sommes promises par la communauté internationale n'ont pas été versées. Dans le cadre de cet accord, l'Equateur renonçait à exploiter le parc Yasuni, dont les réserves sont estimées à 800 millions de barils de brut, ce qui représente environ 7,2 milliards de dollars (d’autres disent aujourd’hui, 18 milliards). Le but était de préserver la grande diversité de cette forêt et les populations indigènes. Le parc fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

En contrepartie, le gouvernement devait recevoir près de 3,6 milliards de dollars, en 12 ans, de la communauté internationale, soit environ la moitié de ce qui lui aurait rapporté l'extraction du pétrole suivant l’estimation de l’époque, via le fonds administré par les Nations Unies (PNUD).

Le président équatorien vient de préciser qu'à l'heure actuelle le fonds n'a été doté que de 18,3 millions de dollars (0,3%) donnés par la Belgique, le Chili, la France, l’Italie, l’Espagne et l’Indonésie. Dans un discours télévisé il a indiqué :

« C’est avec une profonde tristesse, mais aussi avec une absolue responsabilité envers notre peuple et notre histoire, que j’ai tenu à prendre la décision la plus difficile de mon gouvernement en mettant fin à l’initiative qui devait éviter l’exploitation ».

« Cette décision nous désillusionne tous mais elle est nécessaire. Nous ne pouvons attendre plus longtemps, sans de graves conséquences pour le bien-être de notre peuple. L’histoire nous jugera. »

La Constitution impose normalement de demander l’avis aux populations mais pour des raisons d’intérêt national, ce référendum n’aura pas lieu.

Après les impôts, les bénéfices du pétrole constituent la deuxième entrée financière du budget et pour le président cette source risque, d’ici 10 ans, de manquer, d’autant que les autres explorations pétrolifères n’ont rien donné. Pour rassurer les populations, il est annoncé que les méthodes d’exploitation seront faites avec les technologies les plus propres, celles utilisées sur l’exploitation offshore du pétrole. Le premier exploitant serait l’entreprise d’Etat Petroamazonas mais en fait depuis le 28 novembre 2012, c’est un appel à concessions (21) qui a été lancé à toutes les grandes compagnies qui ont un an pour se manifester.

 Préparation de la décision

1 ) Campagne publicitaire : le slogan phare depuis des années est le suivant : « Le pétrole donne vie à l’Amazonie ».

2 ) La juste dénonciation de Chevron-Texaco pour les dégâts commis entre 1964 et 1992. Le 10 août 2013, le site le Grand soir, reprend l’argumentation d’une déclaration de Correa du 3 août : Chevron-Texaco : une firme toxique. Action utile… si on a en vu le débat global.

3 ) Le soutien de l’ALBA. A en croire J-L Mélenchon présent à la rencontre de l’ALBA (voir son blog), le texte primitif n’était pas aux yeux de Correa assez dur, et il fut réécrit pour arriver à ce point traduit dans l’article du Grand soir :

« Nous assistons actuellement à l’apparition de nouvelles formes d’exploitation, tels que les traités bilatéraux de protection des investissements et le fonctionnement d’instances d’arbitrage internationales comme le CIADI, outils qui placent les intérêts du capital avant ceux de la société, de la nature et de l’institutionnalisation démocratique elle-même, dans le contexte de la prolifération de Traités de Libre Échange (TLC). C’est par ces nouveaux mécanismes de domination que la stabilité de nos pays est mise en danger -même leur solvabilité économique - par des processus juridiques clairement entachés de nullité par l’abus et collusion d’intérêts. Sans aucun doute, les affaires d’Oxy et Chevron en Équateur constituent des exemples patents de ces pratiques et c’est pour cela que nous exprimons notre soutien à ce pays-frère lésé par ces affaires qui s’étendent à d’autres pays avec des magnitudes différentes. Tout cela n’implique pas le refus catégorique de l’Investissement Étranger Direct mais plutôt une relation intelligente avec celui-ci, de telle façon qu’il puisse être utilisé au bénéfice des nations et non optimisé à leurs dépends. Pour cela, un mécanisme d’intégration comme l’ALBA est indispensable. En tant que bloc nous pouvons imposer les conditions afin d’éviter que les intérêts du capital priment sur ceux de la population”

 4 ) La mise en place de la répression. Ni les uns, ni les autres ne vous parleront de Pepe Acacho et son ami Pedro Mashiant. http://www.conaie.org/

En 2009, ces deux hommes participèrent, avec d’autres, au nom de la CONAIE, l’organisation des indigènes, à une lutte contre une loi sur l’eau qui visait sa privatisation (depuis cette loi est toujours en attente) et un homme est mort. Les deux condamnés sont accusés du meurtre alors qu’eux prétendent que c’est une bavure de la police. Le procès a traîné, mais le 11 août la sentence est tombée : 12 ans de prison. Pepe Acacho est depuis devenu député du parti indigène Pachakutik et bénéficie de l’immunité parlementaire mais les faits étant antérieurs, elle ne compte pas.

En Equateur la CONAIE a participé à d’immenses luttes faisant tomber deux présidents de la république et défendant à chaque fois les intérêts du peuple tout entier, pourtant c’est la première condamnation à la prison.

 Le point de vue des opposants

Ce contexte vise à détruire par avance l’action des opposants qui s’appuie sur divers arguments :

1 ) Sept tribus amérindiennes sont propriétaires légales et légitimes de ces terres (elles possèdent des titres fonciers officiellement reconnus). Et paradoxe de l’histoire : l’Etat veut vendre quatre millions des hectares en question, aux pétroliers !

D’un côté, grâce à Correa, l’Equateur a été le premier pays à inclure dans sa Constitution « les droits de la terre mère » et de l’autre, voilà des terres vendues sans l’autorisation des propriétaires.

2 ) En juin dernier, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a jugé l'État coupable d'enfreindre les droits fondamentaux des peuples autochtones par l'octroi de concessions pétrolières sur leurs terres.

3 ) C’est la meilleure biodiversité au kilomètre carré de toute l’Amazonie. Et vivent là 11 000 indigènes quechuas et waranis qui ne pourront plus vivre car la pollution les empêchera d’organiser leurs activités. Les dégâts causés par Chevron qui a été condamné, vont se répéter.

4 ) Les opposants bénéficient d’un soutien populaire réel :

http://ecuadorsinpetroleo.blogspot.com/

 Conclusion :

Ce problème n’a rien d’original en Amérique latine et il en recoupe bien d’autres luttes. En son cœur, la bataille pour l’eau car les conditions d’extraction nécessitent aujourd’hui beaucoup d’eau. En conséquence toute la question et celle de la répartition de l’eau. Pour l’extraction afin d’obtenir des revenus redistribués avec plus de justice, ou pour l’agriculture qui fait vivre les populations locales ? La différence entre un puits de pétrole et l’agriculture c’est que l’un s’épuise (et pour preuve l’argument comme quoi l’Equateur va manquer de pétrole) et l’autre se renouvèle. Pour Correa, le refus du pétrole, c’est un enfantillage. Pour les opposants c’est s’obliger à chercher une autre forme de développement.

16 août 2013 Jean-Paul Damaggio

 

Alliance Bolivarienne des Amériques : Cuba, Venezuela, Bolivie, Nicaragua, Equateur et peut-être deux autres petits pays.

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