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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 17:48

Demain samedi 8 septembre, à Lafrançaise (82), les Ex-Agacés présentent un spectacle sur Boris Vian, spectacle déjà joué deux fois à Montauban et aussi à Limoges. En hommage à cet effort voici un article de l’Humanité du 19 février 2000.JPD

 

Testament philosophique de Boris Vian

 

Boris Vian, dit un de ses biographes, Noël Arnaud (1), fut élevé «dans le complet mépris de La Trinité sociale: armée, église, argent. Cette éducation lui parut excellente ». L'homme révolté, un des auteurs les plus lus quarante ans après sa mort, vécut comme un météore les années d'après-guerre, manifestement hors du temps, décalé, dirait-on aujourd'hui. Touche-à-tout de génie, il faisait gravement des choses légères et légèrement des choses considérées comme graves. Il fut évidemment la cible de toutes les attaques et pas seulement des gardiens d'un ordre moral dont on a peine de nos jours à imaginer les ignominies. Vian dérangeait la République des partis, des lettres et des arts. Ses bisbilles avec «Jean-Sol Partre », le scandale de J'irai cracher sur vos tombes, les passions déchaînées autour de ses prestations de jazz, «musique de sauvages», n'ont jamais entamé ses convictions. Car Boris Vian était bien plus qu'un artiste provocateur, il n'a cessé de dénoncer les injustices, la violence, les va-t-en-guerre. Son Traité de civisme qu'il avait conçu en 1950 était ni plus ni moins que l'édification d'une nouvelle conception de la société, une nouvelle conception de l'être social. Vian ne terminera pas le Traité, malgré la somme des notes de lectures et des esquisses qu'il avait accumulées.

Avec ce matériau brut, inutilisable en l'état, un universitaire, Guy Laforêt, a bâti une thèse en 1976 qu'il a ensuite remaniée pour publication. La version parue en Livre de poche nous fait découvrir un auteur trop lucide sur son époque, aux analyses d'une modernité prémonitoire sur des événements qui allaient bouleverser la France à la fin des années soixante. Il est difficile d'extraire des passages de cet embryon de philosophie politique que Guy Laforêt s'est efforcé de mettre en perspective avec l'ensemble de l'œuvre. Vian s'intéresse d'abord à l'homme, le citoyen écrasé par un système d'aliénation, par le travail, la politique, la religion. Sa réflexion sur le travail, l'une des plus avancées, écrite dans les années cinquante, est étonnement actuelle: «Le but ultime étant naturellement la suppression totale ou tout au moins presque totale du caractère obligatoire du travail en générai et des travaux dits «serviles» eux-mêmes en particulier (mineur de fond, dockers, etc.) au profit des activités créatrices de l'es prit ou du corps, et, en fin de compte, de la liberté individuelle.» L'individualisme philosophique de Boris Vian préfigure la société que nous vivons, inaugurée en 1968 et dont les dérives, dopées par un capitalisme au meilleur de sa forme, sont au centre de toutes les questions politiques du jour.

L'intérêt du livre de Guy Laforêt est de nous dévoiler un penseur, loin de l'image d'anarchiste de droite véhiculée par quelques-uns de ses adversaires. Son texte est ardu parce qu'il a gardé la structure originelle d'une thèse. Mais le matériau utilisé, notes, réflexions et citations, était trop sommaire pour être livré en l'état, qui plus est agrémenté de nombreuses corrections au gré des expériences et des lectures de Boris Vian. Il laisse quelques bribes de phrases, genèses de développement futur jamais entrepris, qui ont conservé une apparence d'aphorismes. Par exemple sur la communication: « Communication: nécessité de s'exprimer avec des mots vagues.» Sur l'engagement: «S'engager est une belle chose ; mais il faut lire le formulaire avant que d'y apposer sa signature...» Sur la politique: «Nous ne saurions nous accommoder de rien moins que d'une proposition de récréation d'un monde...» Ce qui compte, écrit Vian dans l'Ecume des jours, «ce n'est pas le bonheur de tout le monde, c'est le bonheur de chacun». Les jeunes générations redécouvrent Vian, faut-il s'en étonner ?

JACOUES MORAN

Boris Vian: Traité de civisme. Livre de poche, 350 pages, 40francs; les Fourmis, 224 pages, 29francs.

À signaler aussi le superbe album paru aux éditions du Chêne, textes et photos magnifiques. 774 pages.

 

1 ) Note JPD : Si j’ai retenu cet article c’est à cause de la référence à Noël Arnaud dont je rappelle que la tombe est au cimetière de Montauban. J’aurai voulu faire plus à la mémoire de cet homme et faire ainsi plus pour l’histoire de la France contemporaine mais pour le moment aux éditions La Brochure nous avons selon un jeu littéraire signé Léon Dunara : Le Tarn-et-Garonne

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:22

Voici la biographie de Guy Catusse en accès libre sur le Maitron - le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - (elle correspond à la fiche le concernant à la direction du PCF). J’ai ajouté l’article de Nouvelles. JPD

 

 

Sur le Maitron : CATUSSE Guy, Robert, Henri

Né le 2 mars 1940 à Decazeville (Aveyron), marié ; professeur ; militant syndicaliste et communiste dans le Tarn-et-Garonne.

Fils d’un mineur, Guy Catusse obtint une licence de lettres. Il s’était marié en mars 1963 avec Hélène Marroze-Lauga, fille d’une institutrice, professeur, membre du Parti communiste français. Ils divorcèrent en 1984.

 

Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire depuis 1963, Catusse, professeur de lettres au collège de Castelsarrazin, était le secrétaire de la section syndicale de son établissement. Il fut nommé à la fin des années 1960 au collège d’enseignement secondaire Ingres à Montauban. Il devint membre du bureau de la section départementale du SNES au début des années 1970.

 

Membre du PCF depuis 1964, Catusse, rédacteur du mensuel communiste Les Nouvelles, entra au comité de la fédération communiste en 1965. Il devint responsable fédéral à l’éducation à partir de 1970, puis quatrième secrétaire fédéral en 1971. Troisième secrétaire fédéral en 1972, il devint aussi responsable de la propagande. Membre du secrétariat jusqu’en 1979, puis du bureau fédéral jusqu’en 1985, il avait suivi les cours de l’école centrale du PCF d’un mois en juillet 1971.

 

Lors des élections législatives de 1973, Catusse, candidat communiste dans la première circonscription (Montauban), obtint 5 169 voix (troisième position) sur 56 470 inscrits. À nouveau candidat aux élections législatives en 1978, il arrivait à nouveau en troisième position avec 8 084 voix sur 65 248 inscrits. Il fut également candidat au conseil général dans le canton de Montauban Sud-Est en 1973 (628 voix, 4e) et en 1979 (786 voix, 4e).

 

En 1985, Catusse obtint sa mutation professionnelle pour Paris.

Jacques Girault

 

CATUSSE Guy, Robert, Henri

Les Nouvelles du Tarn et Garonne n°404 29 août 2012

EN MÉMOIRE DE GUY CATUSSE

Guy Catusse qui fut l'un des responsables communiste en Tarn-et-Garonne jusqu'au tout début des années 80 est décédé à l'âge de 72 ans à Toulouse le vendredi 10 août dernier. Ses obsèques se sont déroulées au cimetière de Nabirat en Dordogne.

Au début des années 60, il prend part aux actions de l'Union des étudiants communistes pour s'opposer à la guerre d'Algérie. Nommé professeur de lettres au collège Ingres, il s'engage syndicalement au sein du SNES. Très vite, il devient l'un des dirigeants départementaux du PCF. Avant la loi de décentralisation de 1982, il occupa un temps le mandat de conseiller régional.

Ses qualités et son autorité largement reconnues et appréciées bien au delà de son organisation politique, il fut candidat communiste aux élections législatives de 1973 et 1978. Certains à Montauban se souviennent encore d'un face à face public mémorable avec le député de droite sortant, au marché gare de Montauban, devant plus d'un millier de personnes.

Au milieu des années 80, Guy Catusse quitte Montauban pour Paris où il se consacre à ses passions pour l'histoire de la littérature et le baroque. Il participe notamment à un groupe de recherche, le GRIHL, sur le baroque littéraire dans le cadre des activités de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Jean-Pierre Cavaillé et Christian Jouhaud, responsables de recherche et universitaires, ont lors des obsèques souligné la richesse de la contribution de Guy jusqu'à ces derniers temps. Guy Catusse est toujours resté solidement attaché aux valeurs progressistes, et pleinement solidaire du monde ouvrier. De ce monde ouvrier dont il était originaire avec son père mineur à Carmaux qu'il respectait tant. Alain Raynal lui a rendu hommage au cimetière à Nabirat.

«II est une qualité qui résume Guy Catusse, devait-il souligner, c'est l'élégance. L'élégance du personnage, de sa personnalité. Une personnalité aussi discrète qu'exigeante, et tout aussi chaleureuse et solide dans l'amitié. »

Au nom de la Fédération du PCF, Marie-Claude Manéra a transmis un chaleureux et fraternel message à Jean-Philippe son fils, son épouse Nadine, à sa mère, son frère et ses soeurs. « Membre de notre direction, il fut un débatteur redouté, un fin politique, apprécié de ses camarades », est-il rappelé. « Nous gardons de lui le souvenir d'un homme de conviction, d'un intellectuel rigoureux et d'un militant engagé. C'était la période du programme commun, de la recherche d'un nouveau modèle de société (...) Quelques souvenirs nous reviennent en mémoire : les événements de « 68 »et les débats qu'il a animés avec fougue et pertinence. Comment ne pas souligner aussi l'élégance, la prestance de Guy... ».

Les communistes de Tarn-et-Garonne assurent sa famille de leurs fraternels sentiments et saluent avec respect la mémoire de Guy.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 20:52

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Après son exclusion du PCF, André Marty aura les honneurs de Paris-Match à trois reprises, trois numéros du journal qui ont été précieusement conservés par Renaud Jean qui jugea utile de les placer dans ses archives destinées à l’histoire. JPD

 

La légende de la photo (Paris-Match 11 avril 1953) :

Depuis trois semaines, André Marty a pris sa retraite politique à Cattlar, petit village des Pyrénées-Orientales, dans la maison de M. et Mme Villa, amis de son frère, le docteur Jean Marty. Portant le béret noir des Catalans, le vieux chef communiste promène les enfants et les neveux de ses hôtes. Marty se lève tôt. Il va souvent à pied jusqu’à Prades, chercher les journaux de Paris. Mais il n’entre jamais au café. Ses distractions favorites : la cueillette des fleurs et la pèche à la truite. C’est souvent lui qui va faire, le panier au bras, le marché de toute la maison. La cellule du parti communiste de Prades a reçu de Paris sa consigne : « Défiez-vous de Marty, le policier.» Mais c’est un vieil homme las qui parcourt les collines à quelques kilomètres de cette Espagne brûlante où se déroula, il y a quinze ans, le chapitre le plus violent de sa carrière.

Reportage Philippe Giacobbi-Michel Descamps

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 11:31

je reprends avec émotion ce texte (long pour un blog) pour donner chair à l'hommage que je veux rendre à son auteur. JPD

 

28-29 | 2002 : Le baroque, pour quoi faire ?

Lecture de Pour une théorie baroque de l'action politique de Louis Marin par Guy Catusse

 

1 - À partir des années 1950, l'historiographie française s'est trouvée confrontée à l'usage proliférant de la notion de baroque comme instrument d'exploration du XVIIe siècle. On connaît les réserves d'une large partie de la communauté savante devant le recours abusif à une notion jugée trop incertaine pour pouvoir prétendre au statut de concept opératoire. Notre échange sur « Inventions et usages du XVIIe siècle » m'a paru un lieu tout désigné pour poser la question : le baroque, pour quoi faire ? ou, pour le dire dans les termes de nos journées d'étude : quel XVIIe siècle « invente » le baroque ? Telle est la question que je me propose de poser à l'essai de Louis Marin Pour une théorie baroque de l'action politique publié en 1988, en introduction à son édition des Considérations politiques sur les coups d'État de Gabriel Naudé (1).

 

2- Le choix de ce texte peut étonner. La plupart des commentateurs de l'œuvre de Louis Marin l'ignorent et, parmi ceux qui en soulignent l'intérêt, aucun n'accorde vraiment d'importance à la référence baroque (2). Doit-on en conclure qu'ils considèrent ce recours à un terme à la mode comme une simple facilité de langage ? Ce serait alors tenir pour négligeable le témoignage de Louis Marin lui-même qui déclarait quatre ans après avoir publié son texte, à l'occasion d'un colloque sur « L'homme baroque » :

 « Dans le cadre de ce colloque consacré à l'homme baroque, je voudrais vous présenter quelques éléments d'une recherche ouverte il y a quelques années déjà, et toujours en cours sur l'émergence dans l'Europe baroque (de la fin du XVIe et du premier tiers du XVIIe siècle) du sujet-de-pouvoir ou du sujet politique comme sujet de représentation. Ce dossier fut essentiellement configuré autour de l'ouvrage de Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d'État […]. En le republiant en 1989 (3) je l'introduisis par des réflexions sur une théorie baroque de la décision politique, la « théorie » du coup d'État du Prince, l'acteur politique baroque par excellence (4). »

 

3 - On voit que loin de considérer la référence à la notion de baroque comme une concession au goût du temps, Louis Marin la présentait au contraire comme l'indice d'un renouvellement significatif et durable de sa réflexion sur le pouvoir politique au XVIIe siècle telle qu'il l'avait exposée, sept ans auparavant, dans Le portrait du roi (5). De 1988 à 1992, date de sa disparition, Louis Marin se référera à plusieurs reprises à son essai sur Naudé et à la théorie de l'action politique qu'il y développe ; jamais il ne remettra en cause le qualificatif de « baroque » par lequel il la caractérise (6).

 

4- Mon propos n'est pas de juger de la pertinence du recours à la notion de baroque pour caractériser la pratique du pouvoir politique dans les années 1630, mais de m'interroger sur l'usage qu'en fait Louis Marin dans sa «lecture» de l'ouvrage de Gabriel Naudé.

 

5 - Ma première remarque sera pour constater qu'en dépit de l'importance prise par la référence baroque, à aucun moment Louis Marin ne procède à un éclaircissement théorique de ce terme qu'il emploie tantôt entre guillemets, tantôt sans guillemets, et dont il reconnaît lui-même le caractère « très galvaudé » (p. 66) (7). Rien de comparable chez lui à l'effort de réflexion de Gilles Deleuze dans Le pli. Leibniz et le Baroque – paru la même année que Pour une théorie baroque de l'action politique – pour penser le concept de « Baroque » et lui donner un contenu (8). Louis Marin semble au contraire se résigner à la part d'approximation de cette notion à partir de laquelle il fonde pourtant toute sa théorie du pouvoir politique dans les premières décennies du XVIIe siècle. Faut-il voir dans cette attitude au premier abord assez désinvolte, autre chose qu'un clin d'œil entendu au lecteur prévenu contre l'usage d'un terme soupçonné d'ouvrir les portes à toutes les dérives épistémologiques ? Et s'il s'agissait de la revendication clairement assumée d'une certaine façon de penser l'histoire et de lui donner du sens, de l'« inventer » ? Avant d'essayer de répondre à cette question, voyons l'usage que Louis Marin fait de cet outil heuristique passablement déprécié.

 

6 - Des problématiques les plus communément admises par l'historiographie française, il reprend d'abord l'idée d'un XVIIe siècle partagé entre un premier moment baroque et un deuxième classique avec, de l'un à l'autre, une période de transition au cours de laquelle les valeurs classiques s'affirment et finissent par supplanter les traits baroques qui leur ont donné naissance. Écoutons-le, par exemple, parler de Gabriel Naudé, théoricien du politique :

« Pour l'esprit baroque, il ne s'agira pas, comme chez le penseur classique, d'éliminer confusion et obscurité pour trouver le point « cartésien » à partir duquel l'objet révèle au sujet théorique la vérité de sa structure intelligible (p. 37). »

 

7-C'est bien d'une opposition entre deux façons de penser dont il est ici question : celle de l'« esprit baroque » qui s'accommode d'une certaine part d'ombre et d'incertitude d'une part, celle toute de clarté et de rigueur du « penseur classique » de l'autre. Naudé, à l'image de ses contemporains ferait-il partie de ces « esprits » dont les théories folâtres relèvent de la pensée baroque ? Ce serait fâcheux pour l'image de celui que Louis Marin nous présente comme l'auteur d'un :

« […] livre clef qui doit nous ouvrir les secrets et les mystères de la science politique dans le premier tiers du XVIIe siècle […] » (p. 11).

 

8-Fort opportunément, la notion de transition sauve Gabriel Naudé des dérives baroques et lui permet de rejoindre à grandes enjambées le socle épistémologique stable du classicisme «cartésien» :

 

9 - C'est ainsi que Naudé signe son ouvrage : « Gabriel Naudé, Parisien ».

« Il y a chez le Parisien (9) marchant d'un si bon pas dans le labyrinthe romain, quelque chose du cavalier cartésien, qui, loin de s'abandonner au vertige baroque, postule, alors même qu'il est plongé dans le flux des formes et des figures en changement, un fondement stable de la connaissance et un ordre des sciences. […] Naudé politique, en transit entre baroque et classicisme […], » (p. 37-38).

 

9-La cause semble entendue : il n'est de vrai théoricien que classique ou sur le point de le devenir. Louis Marin reprend ici à son compte, sans davantage en discuter le fondement, la conception conventionnelle du classicisme comme dépassement et accomplissement du baroque. Reconnaître la spécificité historique d'un moment baroque durant le premier tiers du XVIIe siècle est une chose, faire de la notion de baroque l'instrument d'une remise en cause de la suprématie du classicisme en est une autre.

 

10-Plus personnelle et plus nuancée est la façon dont Louis Marin traite un autre topos baroque : le théâtre comme représentation et métaphore du monde, le theatrum mundi. Il trouve exprimée dans l'ouvrage de Naudé l'analogie entre la scène théâtrale et la scène politique. Pour l'auteur des Considérations…, le prince est « ce fort esprit » qui :

«  […] envisage d'un œil ferme et assuré, et quasi comme étant sur le donjon de quelque haute tour, tout ce monde, se le représentant comme un théâtre assez mal ordonné, et rempli de beaucoup de confusion, où les uns jouent la comédie, les autres la tragédie, et où il lui est permis d'intervenir comme quelque divinité qui sort d'une machine, toutefois quand il en aura la volonté ou que les diverses occasions lui pourront persuader de ce faire » (10).

 

11-Louis Marin reprend ces lignes, les explicite, les développe et les incorpore à sa réflexion. La pratique baroque de la politique relève de l'art de la scène avec ses acteurs et ses spectateurs, son lieu scénique et son décor, ses coulisses, ses cintres enfin d'où jaillit, au moment opportun, tel un deus ex machina, l'acteur politique venu mettre de l'ordre dans ce monde « mal ordonné et rempli de beaucoup de confusion ». L'action politique baroque se déploie selon la dramaturgie des « pièces à machines » et des « caprices »11, formes théâtrales baroques s'il en est.

 

12-C'est ce même rapprochement analogique entre la pratique théâtrale et l'action politique baroques que Louis Marin reprend et réaffirme, quelques années plus tard, dans l'ouvrage collectif Le Pouvoir de la raison d'État où dans sa contribution sur « Théâtralité et pouvoir » il évoque :

«  […] cette imagination scénographique et scénique politico-théâtrale qui fournira dans la première moitié du XVIIe siècle aux discours philosophique et politique quelques-unes des formules les plus prégnantes du monde baroque » (12).

 

À quoi font écho ces lignes qui figurent dans son analyse de la tragédie de Corneille La Mort de Pompée qu'il rédige dans le même temps :

 « […] cette scène, avec ses coulisses, ses cintres et sa fosse, cette salle, avec la hiérarchie de ses places et de ses regards, reproduisent, jusque dans le détail, la grande théâtralité de la politique « baroque » »(13).

Quant à sa contribution au colloque de Prague elle est tout entière consacrée à l'analyse de :

«  […] la théâtralité baroque sacrée du pouvoir, de la prise de pouvoir, de sa production et de sa conservation» (14).

 

13-Théâtre, théâtral, théâtralité : au fil des textes et des analogies, Louis Marin glisse d'un terme vers l'autre et les confond dans une même notion générale qu'il propose de nommer « le théâtrique » (15). C'est alors moins de pratique théâtrale au sens courant du terme que de cérémonial de cour, d'exhibition ostentatoire du pouvoir dont il est question.

 

14 -Ni « théâtralité » ni « théâtral » ne figurent dans Pour une théorie baroque de l'action politique. Y figurent en revanche, et de façon réitérée, les termes « ostentatoire » et « ostentation » que la critique littéraire et artistique associe fréquemment aux formes d'expression baroques et dont le paon est, depuis Jean Rousset, la figure hautement symbolique (16). Dans la théorie marinienne du pouvoir comme représentation, l'ostentation est la posture privilégiée du prince qui exhibe :

« […] des signes de la force […] suffisamment expressifs et explicites pour qu'étant vus la force qu'ils signifient (représentent) soit crue » (p. 20).

 

15-Tel est, selon Louis Marin, l'idéal de puissance dont rêvera, à l'époque « classique », le monarque absolu. Pour l'heure – et on retrouve ici cette conception d'un moment « baroque » évoluant vers son accomplissement « classique » – cette intervention de pure représentation n'est qu'une des deux faces de l'action politique du prince. L'autre, que Louis Marin présente comme la forme d'intervention propre à l'acteur politique baroque, c'est le coup d'État : « L'essence « baroque » de l'acte politique est le coup d'État du prince », (p. 19).

 

16 -Cette intervention brutale du prince sur la scène politique se déroule, elle aussi, sous le signe de la théâtralisation du geste, mais ici l'ostentation ne doit plus rien aux mises en scène des cérémonies curiales au cours desquelles un roi de représentation exhibe les fastes de sa puissance. L'éclat ostentatoire qui accompagne le coup d'État vise à sidérer le regard et non à le séduire. L'image symbolique qui s'impose ici, ce n'est pas l'aimable figure du paon mais le terrifiant visage de Méduse. Le qualificatif « baroque » cesse alors d'évoquer l'envol gracieux des anges ou les afféteries du ballet de cour pour nous renvoyer à l'« incroyable violence » d'un temps que Louis Marin nous dit précisément avoir « essayé de pointer avec le terme « baroque » pourtant très galvaudé », (p. 66).

 

17- Cette violence exhibée dans l'action ne doit cependant son efficacité que d'avoir été préparée dans l'ombre du secret. Pour rendre compte de cette face obscure de l'action politique, Louis Marin emprunte un autre thème récurrent des problématiques baroques : la métamorphose. Après le Paon, Circé. Ou plutôt Protée, « ce magicien de soi-même » (17) dont Louis Marin rencontre la figure dans les Considérations politiques sur les coups d'État où elle symbolise la prudence (18), cette vertu cardinale de l'action politique au nom de laquelle Gabriel Naudé justifie toutes les formes du déguisement de soi : la dissimulation, la tromperie, l'équivoque, la duplicité…

 

18 -Dans Le Portrait du roi, Louis Marin avait présenté Louis XIV comme un monarque dont le rêve de pouvoir absolu s'épuisait dans le « désir de l'homogène »19 et l'illusion « de l'absolue sphéricité du pouvoir absolu » (20).

À l'inverse de cet être de clôture, immuable et figé dans sa représentation, l'acteur politique baroque est un Protée, un être de métamorphose et de mouvement qui se construit à travers une suite dynamique de scissions et de dédoublements. À l'image de la pratique du pouvoir qu'il est contraint de conduire sur les deux fronts opposés de la représentation et de la violence l'acteur politique baroque est un être double (21), « scindé entre le prince et son ministre » (p. 58).

 

19-Dans la lecture que Louis Marin fait des Considérations politiques sur les coups d'État, c'est ce dédoublement et la présence du ministre-conseiller au cœur même du dispositif étatique qui caractérisent le pouvoir politique de l'époque baroque. À partir de 1660, avec Louis XIV, le pouvoir absolu se rêvera « sans reste, sans extériorité » (22).

 

20- Mais, dans ce premier tiers du XVIIe siècle, c'est le regard excentré du conseiller qui révèle le prince à lui-même et le constitue en acteur politique capable d'intervenir efficacement sur le double terrain de l'action et de la représentation :

« Le conseiller fait naître l'absolu politique à la volonté et à la représentation et fournit au pouvoir d'État les conditions de son exercice effectif »(p. 57).

 

21-Pour rendre compte du fonctionnement de ce pouvoir à deux têtes, Louis Marin fait appel à la figure éminemment baroque de l'anamorphose dont il relève la présence dans le texte de Naudé lui-même (23). Pour Louis Marin lecteur de Naudé, le pouvoir politique baroque se constitue dans un glissement permanent, de type anamorphotique, entre le prince et son conseiller : selon l'angle sous lequel on les regarde, c'est tantôt le prince qui apparaît – comme porteur des valeurs politiques qui lui ont été révélées par son conseiller – tantôt le conseiller – comme pure représentation du pouvoir du prince. Ainsi se construit, à travers le dynamisme d'un dispositif d'échanges et de métamorphoses, l'unité contradictoire d'un pouvoir absolu partagé, le pouvoir politique de l'époque baroque tels que l'incarnent, dans la France du premier dix-septième siècle, Louis XIII et Richelieu (24).

 

22-Louis Marin a encore recours au principe de l'anamorphose pour caractériser la façon dont Gabriel Naudé détourne le sens que la tradition donne aux vertus de la force, de la justice et de la prudence et les fait glisser du monde idéal de l'éthique vers celui essentiellement pragmatique de la politique. Après quoi il conclut :

« Anamorphoses du prince et du ministre dans la sphère de l'absolu politique, anamorphose des vertus éthiques et des qualités politiques, telle est la manière baroque dont Naudé joue avec la relation de maîtrise et de servitude » (p. 60).

 

23-Ici, on quitte l'analyse de l'action politique pour celle des conditions de son énonciation. À la figure politique du conseiller s'est substituée celle du théoricien du politique. C'est Gabriel Naudé et sa « manière baroque » d'entrer dans le jeu par une réflexion toute théorique qui sont désormais au centre de la lecture de Louis Marin.

 

24-J'ai déjà évoqué la façon conventionnelle dont Louis Marin oppose l'« esprit baroque » au « penseur classique » et présente Gabriel Naudé comme le théoricien héroïque du politique parti à la conquête de la rationalité classique. Je n'y reviens pas.

 

25-Plus personnelle est sa manière d'analyser le fonctionnement discursif des Considérations sur les coups d'État. L'originalité de la lecture consiste à retrouver dans le dispositif d'énonciation du discours de Naudé, les caractères mêmes de la théorie que ce discours énonce et à montrer comment :

« […] le Parisien secrétaire bibliothécaire […] en simulant en quelque façon les relations du prince et du conseiller secret dans la sphère du pouvoir d'État, [définit] l'espace « baroque » où une théorie de l'action politique [trouve] ses conditions de possibilité […] » (p. 61).

 

26-Comme le prince baroque dont il dresse le portrait, le théoricien du politique est « un fort esprit » qui se tient au-dessus de la scène politique, observe l'agitation confuse des protagonistes, prépare ses « coups d'écrits » et intervient, le moment venu, tel un deus ex machina pour révéler la vérité de la politique : le coup d'État et son secret. Même posture héroïque, même façon brutale d'intervenir sur la scène politique et de révéler à travers cette intervention l'origine violente du pouvoir, même prudence dans la préparation du « coup », même maîtrise de l'art de simuler et de se dissimuler : le comportement du théoricien baroque est en tous points comparable à celui de l'acteur politique baroque dont il fait la théorie. Pour Naudé, théoricien du politique, publier les Considération sur les coups d'État relève de l'action : son « coup d'écrit » simule et dissimule le coup d'État dont il fait la théorie (25).

 

27-C'est dans cette suite de glissements et de métamorphoses entre le prince et son conseiller, le conseiller et Gabriel Naudé, Naudé et son maître le cardinal Bagni d'une part, l'action et le discours, l'énoncé et l'énonciation de l'autre, que Louis Marin croit reconnaître « les vertiges et les fascinations de l'art baroque » (p. 25).

 

28 - On voit ici poindre le reproche : comme tous ceux qui se réfèrent sans plus d'examen critique à la notion incertaine de « baroque », Louis Marin cède aux facilités de la pensée analogique et aux tentations d'une certaine virtuosité rhétorique qui s'encombre peu de rigueur scientifique. Ici, le logos créateur de l'écrivain-philosophe soucieux avant tout de créer ce que Roland Barthes appelle une « cohérence de signes » – à quoi se réduit, selon lui, toute vérité critique (26) – semble l'emporter sur la vigilance de l'historien.

 

29-Dans un petit livre interrompu par la mort et qui fait figure de testament méthodologique, De l'entretien, Louis Marin s'est expliqué sur sa méthode d'analyse et de construction du sens. Ce qu'il dit de son approche de la peinture éclaire, me semble-t-il, sa lecture les Considérations.

« Je n'ai pas de système d'analyse dont je serais l'architecte, le mécanicien, et l'instance de contrôle. Je dirais plutôt l'inverse : écrivain écrivant, poussant par hasard et nécessité sa plume sur la page comme besogneux vilain son araire dans son champ, je suis saisi par ce processus à mon corps défendant et entraîné par lui – hasard et nécessité – à écrire. Processus de prolifération ou d'infinitisation du sens qui se configure dans l'écriture en « structure » abyssale […] » (27).

 

30 - À la croisée des chemins entre histoire et philosophie (28), Louis Marin, comme tout producteur de discours, – et l'historiographe est de ceux-là – » invente » son objet dans une quête du sens qui relève de la dynamique de l'écriture au moins autant que du savoir historique. Doit-on lui en faire le reproche ?

 

Notes

1  Louis Marin, « Pour une théorie baroque de l'action politique, Lecture des Considérations politiques sur les coups d'État de Gabriel Naudé », in Considérations politiques sur les coups d'État, Paris, éd. de Paris, 1988.

2  Jean-Pierre Cavaillé, Dis/simulations, religion, morale et politique au xviie siècle, Paris, Champion, 2000 ; Hélène Merlin, L'Absolutisme dans les lettres et la théorie des deux corps. Passions et politique, Paris, Honoré Champion, 2000 ; Gérald Sfez, Les Doctrines de la raison d'État, Paris, Armand Colin, 2000.

3  Louis Marin fait erreur : la publication de ce texte date de 1988.

4  Louis Marin, « L'homme baroque », texte inédit. Les actes du colloque sur « L'homme baroque » qui s'est tenu à Prague en 1991 n'ont pas, à ce jour, été publiés. Louis Marin, malade, avait dû renoncer à s'y rendre. Il avait envoyé une communication écrite intitulée « L'homme baroque » dont j'extrais ici quelques lignes. Ce texte devrait faire l'objet d'une prochaine publication dans un volume qui rassemblera les écrits politiques de Louis Marin.

5  Après avoir évoqué « L'hypothèse de recherche qui, depuis deux ou trois ans, déplace le modèle que j'avais essayé de mettre au point dans mon livre Le Portrait du roi », Louis Marin précise : « Le déplacement du modèle consiste en ceci : mettre au centre de la problématique baroque du politique, la question de la mise en œuvre du gouvernement. », Ibid.

6  Louis Marin, « Théâtralité et pouvoir. Magie, machine, machination : Médée de Corneille », in Christian Lazzeri et Dominique Reynié (éd.), Le Pouvoir de la raison d'État, Paris, PUF, 1992 ; Des pouvoirs de l'image, gloses, Paris, Seuil, 1993 ; Philippe de Champaigne ou la présence cachée, Paris, Hazan, 1995. Ce dernier ouvrage, publié à titre posthume, est particulièrement intéressant pour notre propos, dans la mesure où Louis Marin recourt à la notion de baroque pour caractériser à la fois le pouvoir politique sous Louis XIII et une certaine façon de peindre ou de sculpter.

7  Pour éviter d'alourdir les notes, je citerai entre parenthèses, dans le corps du texte, les pages qui renvoient à « Pour une théorie baroque de l'action politique », op. cit.

8  « Pour nous, en effet, le critère ou le concept opératoire du Baroque est le Pli dans toute sa compréhension et son extension : pli selon pli », Gilles Deleuze, Le Pli. Leibniz et le Baroque, Paris, Les Éditions de Minuit, 1998, p. 47. Dans les années 1980, on assiste à un regain d'intérêt pour la notion de baroque durement malmenée par les critiques et les reniements des années 1960-1970. Dans le chapitre introductif à son essai, Louis Marin rend hommage « au grand volume collectif » : L'État baroque. 1610-1652, textes réunis sous la direction d'Henri Méchoulan, Paris, Vrin, 1985. Signalons plus particulièrement la réflexion philosophique de Christine Buci-Gluksmann, parue deux ans avant l'essai de Louis Marin : Christine Buci-Gluksmann, De la Folie du voir. De l'esthétique baroque, Paris, Éditions Galilée, 1986.

9  C'est ainsi que Naudé signe son ouvrage : « Gabriel Naudé, Parisien ».

10  Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d'État, op. cit., p. 81.

11  « Cette notion de « caprice » est essentielle pour pénétrer la nature « baroque » du politique comme mélange des divers genres dramatiques, de la tragédie à la farce […] » ; Louis Marin, « Pour une théorie baroque de l'action politique », op. cit., p. 47, note 6.

12  Louis Marin, « Théâtralité et pouvoir… », op. cit., p. 236-237.

13  Louis Marin, Des Pouvoirs de l'image, gloses, Paris, Seuil, 1993, p. 143.

14  Louis Marin, « L'acteur politique baroque », op. cit.

15  « Si le théâtre (sans doute faudrait-il dire le théâtral, voire le théâtrique) a une telle valeur paradigmatique pour le politique… », in « Théâtralité et pouvoir », op. cit., p. 234.

16  Jean Rousset, La Littérature de l'âge baroque en France. Circé et le paon, Paris, José Corti, 1954.

17  Jean Rousset, La Littérature de l'âge baroque…, op. cit., p. 22.

18  « Cette prudence politique est semblable au Protée, duquel il nous est impossible d'avoir aucune connaissance certaine, qu'après être descendus in secreta senis, dans les secrets de ce vieillard, et avoir contemplé d'un œil fixe et assuré, tous ses divers mouvements, figures et métamorphoses », Gabriel Naudé, op. cit., p. 75.

19  Louis Marin, Le Portrait du roi, op. cit., p. 247.

20  Ibid., p. 87.

21  Sur l'importance de la thématique baroque des « êtres doubles ou dédoublés, ces personnages qui se muent en leur reflet ou engendrent leur contraire », voir Jean Rousset, La Littérature de l'âge baroque, op. cit., p. 24-26.

22  Louis Marin, Le Portrait du roi, op. cit., p. 87.

23  « Il faudrait ici insister sur l'importance conceptuelle du principe d'« anamorphose » dans la théorie « baroque » de la représentation, du pouvoir et de l'action politique. Au chapitre III (p. 107) des Considérations, Naudé, […] évoque « ces médailles de l'invention des Hérétiques qui portent la face d'un pape et d'un diable sous mêmes contours et linéaments ou bien comme ces tableaux qui représentent la mort et la vie suivant qu'on les regarde d'un côté ou d'un autre » ». « Pour une théorie baroque de l'action politique », op. cit., note 33, p. 63. Sur « l'œil baroque comme regard anamorphique », voir Christine Buci-Gluksmann, op. cit., p. 41.

24  Dans son commentaire des portraits de Louis XIII et de Richelieu peints par Philippe de Champaigne en 1639 pour le grand cabinet de l'hôtel particulier de Louis Phélypeaulx de la Vrillière, Louis Marin reprend cette analyse du double pouvoir et renvoie à son essai sur Naudé. « Le dyptique de l'hôtel de La Vrillière donne à voir la dualité « baroque » du pouvoir d'État, le prince et son « conseiller » en miroir jusqu'au point où on ne saura plus qui détient réellement le pouvoir », Louis Marin, Philippe de Champaigne, op. cit., p 149.

25  Louis Marin, « Pour une théorie baroque », op. cit., p 44-45.

26  Roland Barthes, Critique et vérité, Paris, Seuil, 1966, p. 64.

27  Louis Marin, De l'entretien, Paris, Les Éditions de Minuit, 1997, p. 50-51.

28  « Louis Marin, philosophe et historien de la pensée théologique et politique du xviie siècle », peut-on lire en quatrième page de couverture des Considérations.

 

Guy Catusse, « Le baroque, pour quoi faire ? », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques [En ligne], 28-29 | 2002, mis en ligne le 22 novembre 2008, consulté le 05 septembre 2012. URL : http://ccrh.revues.org/1092 ; DOI : 10.4000/ccrh.1092

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 08:53

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Aujourd’hui, à lire le nouveau numéro des Nouvelles du Tarn-et-Garonne (journal du PCF 82), j’ai eu un choc en apprenant le décès du flamboyant Guy Catusse. J’ai quitté le PCF en 1987 mais je n’ai pas pour autant oublié les immenses dettes que je dois à quelques membres de ce parti. Et en première ligne se trouve Guy Catusse. Je me souviens parfaitement de notre première rencontre au cours d’une Assemblée générale de la F.E.N. qui se tenait sans doute à la rentrée 1971 ou du moins au cours de cette année scolaire 71-72. Je dois avoir les éléments quelque part dans mes archives. Monsieur Mariet (nous préparons l’édition d’une deuxième brochure de son fils Alain) présidait avec sa bonhommie habituelle. Il fallait élire un secrétaire et Guy Catusse, heureux de voir là une  bonne dizaine de Normaliens proposa un jeune… et je me suis retrouvé à la modeste tribune.

 

Peut-être l’ai-je aperçu ici ou là entre 1972 et la fête du PCF à Réalville en 1974 (bien sûr au grand débat de 1973 face à Jean Bonhomme - j'ai un doute, c'était peut-être en 1978) mais j’ai eu la surprise de le retrouver surtout en 1977 pour la préparation des municipales de Monclar où j’étais un nouvel arrivé. C’est lui qui incita la cellule du PCF à sauver le Radical dit de gauche, Rignac, qui avait été mis en difficulté au premier tour. Je me suis retrouvé sur la liste du maire sortant, et il a été sauvé de quelques voix, mais son adversaire, le fils du notaire, n’aura eu que quelques années pour prendre son mal en patience, et inaugurer un nouveau règne local. Un ancien membre du PCF m’avait mis en garde, un menuisier d’autrefois quand leurs ateliers servaient de lieu de débat démocratique : « Tu sauves Rignac pour qu’en échange Guy Catusse soit conseiller régional. » Et il avait raison (à cette époque là c’était le Conseil général qui désignait les conseillers régionaux). J’avais été manipulé (car Rignac n'avait rien de gauche mais pour sauver son poste il accepta un communiste) mais je pensais encore que la raison du Parti valait autant que la raison d’Etat et j’ai conservé à Guy Catusse toute mon admiration.

 

Le dernier souvenir politique est aussi clair que le premier : en réunion de comité fédéral, au moment de faire le bilan des élections législatives de 1981, il avait piqué une colère contre la présentation de la profession de foi où il y avait des passages soulignés, comme on ferait pour un enfant afin qu’il retienne bien la leçon.

Alors « élégance » comme l’indique Alain Raynal dans l’article des Nouvelles ? Elégance allant avec le désir de charmer, de la part d’un homme combattif et généreux.

Avant de quitter le Tarn-et-Garonne il m’avait proposé, en 1982, de gravir un échelon de plus et d’entrer au Bureau fédéral au moment où j’avais décidé au contraire de quitter le comité fédéral pour revenir à la « base ». C’est lui qui, en 1977, me poussa vers l’école centrale du PCF.

J’ai revu ensuite Guy Catusse en deux occasions, aux journées de Larrazet, et je m’étais fait cette réflexion : « En voilà un qui ne change pas, exactement le même sourire, la même jovialité. » Et voilà que trois ans après, il disparaît à jamais.

Dès 1983, il était à Paris et il était devenu un passionné du baroque ce qui lui faisait un lien avec Félix Castan. A Larrazet j’aurais aimé discuter longuement avec lui pour savoir les leçons tirées de ces vingt ans passés, les raisons qui l’avaient poussé vers le baroque.

 

Guy Catusse n’aura pas laissé que des bons souvenirs en Tarn-et-Garonne mais au-delà des anecdotes diverses j’aurais aimé lire beaucoup plus ses analyses, ses pensées et l’œuvre qui habitait sa vie. Car j’ai toujours pensé qu’une œuvre habitait sa vie mais que la vie ne lui permettait pas, pour diverses raisons de nous en offrir la substance. En conséquence, je reprends un de ses articles qui me touche beaucoup, une lecture d’un livre sur les coups d’état, thème charnière de mes travaux, sauf qu’en fait, ce qu’il évoque, ce sont les révolutions de palais mais bon il faudrait pouvoir en débattre, cher Guy... JP Damaggio

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 08:49

Je remercie Jacques Desmarais pour cette présentation à chaud. Le Québec n'ayant pas besoin d'un président, l'important c'est le nombre de députés. Et quand le député Charest est battu son parti perd un chef ce qui n'est pas négligeable. Après Duplessis, Lévêque et Charest est-ce que le Québec entre dans une ère Pauline Marois ? Je vais faire suivre mes propres commentaires. JPD

 

 

 

Un attentat au Métropolis où se réunissaient les partisans du PQ venus célébrer leur victoire a fait un mort et un blessé grièvement atteint.  Le forcené gueulait : « les Anglais se réveillent! ».  Cet événement tragique a fait basculer la soirée dans le drame.

 

Le PQ gagne avec 32 % et 54 sièges (gouvernement minoritaire). Pauline Marois devient la première femme au Québec à accéder au poste de Première ministre.

Le PLQ [parti sortant] : 31 % et 50 députés.  Jean Charest est battu dans Sherbrooke !

La CAQ [nouveau parti très à droite] : 27 %, 19 élus.

QS [Québec solidaire à gauche] : 6 %, 2 élus! (Amir (un sortant) et Mme Françoise David dans Gouin).

 

Dans mon comté, Crémazie, on a doublé notre appui avec 11,6% des voix.  Le PQ a gagné avec 38,6 % .

Sur l'Île de Montréal :

PLQ - 20 élus, 44.88 %

PQ -     6 élus, 28.8 %

QS -     2 élus,11,95 %

 

En gros : le PLQ reste assez fort malgré la crise sociale du printemps.  Comme son Chef n'est pas élu, il devra se reconstruire et n'aura pas intérêt à faire tomber le gouvernement rapidement, Le PQ l'emporte à l'arraché. La CAQ doit être déçue des résultats [les derniers sondages le placé avant le PLQ], mais il reste que le vote à droite est majoritaire.  QS n'a pas la balance du pouvoir (ex, si le PQ avait eu 61 députés /sur 125 au total, les 2 députés QS auraient eu un rapport de force plus grand).  Le PQ pour se maintenir devra restreindre son programme et gouverner à droite.

 

C'est tout de même une avancée de QS  qui double son pourcentage et envoie à l'Assemblé nationale aux côtés d'Amir une très forte députée en la personne de Mme David.  Malgré tout le poids de l'argument du vote stratégique claironné par le PQ, QS a démontré que la gauche pouvait être autonome.  Dans le contexte québécois, ce parcours est important puisque depuis 40 ans, la gauche s'est excusée d'exister pour ne pas nuire à la marche vers l'indépendance. La présente élection marque une rupture à ce égard.

Jacques Desmarais

PS : Entre crochets ce sont mes précisions, JPD

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 22:23

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L’Université du Québec à Chicoutimi publie des versions électroniques des livres de Gramsci accessibles gratuitement sur votre ordinateur. Dont les fameuses Lettres de prison publiées autrefois aux Editions sociales, livre qui m’avait échappé et dont j’ai publié la présentation sur ce blog. Le monde nous réserve parfois de grandes surprises. Bravo à l’UQAC !

Jean-Paul Damaggio

 

http://classiques.uqac.ca/classiques/gramsci_antonio/lettres_de_prison/lettres_de_prison.html

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:51

La Petite Gironde comme son nom l’indique est plus un journal de Bordeaux que de Toulouse donc je n’ai jamais eu l’occasion de le consulter (sauf peut-être aux archives d’Agen). En achetant onze exemplaires sur le vide-grenier d’Angeville je suis tombé sur celui du 12 juin 1935 avec en Une Mussolini et en page Montauban, une référence à Cladel. En fait, sans doute sans le savoir, le rédacteur montalbanais parle comme Mussolini ! Il célèbre des valeurs qui sont celles de fascistes sous prétexte d’un hommage au révolutionnaire Cladel ! Les Compagnons, témoins d’une vieille France en perdition depuis longtemps, sont, sous la plume de Cladel, tout autre chose que la présentation de cet article, à la gloire certes d’une belle tradition, mais comment en écarter le politique ? Léon Cladel était un compagnon-écrivain mais qui visait une république démocratique et sociale. Cet article comme celui de Mussolini fossilise le passé comme pour arrêter le temps or le temps par définition ne s’arrête pas. JPD

 La Petite Gironde mercredi 12 juin 1935

CHEZ LES COMPAGNONS

Le centenaire de Léon Cladel

Dimanche prochain 16 juin, les Compagnons montalbanais du Tour de France sortiront de leur réserve habituelle. Pour fêter dignement Léon Cladel, fils du compagnon «Montauban-tu-ne-le-sauras-pas», petit-fils d'un autre compagnon, «Quercy-la-Clef-des-Cœurs», ils feront une démonstration publique, d'autant plus intéressante qu'elle sera exceptionnelle.

On pourra les voir, au cours des diverses manifestations de la journée. Ils porteront, sans ostentation, mais avec légitime fierté, les couleurs et insignes qui, depuis les temps les plus reculés, sont des emblèmes distinctifs de leurs corporations.

Ils représenteront l'Union Compagnonique du Tour de France, vaste groupement national, dont les buts ne sont pas assez connus du grand public.

Sans vouloir dévoiler le secret de ses rites, sans vouloir expliquer des mots comme : Devoirs, Mère, Salomon, Maître Jacques, Père Soubise, etc., si expressifs pour les initiés, il est permis de dire que l'Union Compagnonique du Tour de France est une vaste association philanthropique, formée par des conditions d'affiliation traditionnelles, mais de caractère absolument corporatif, sans préoccupations politiques ou religieuses.

L'admission d'un aspirant est toujours précédée d'une enquête approfondie sur sa vie et ses antécédents. En même temps qu'un casier judiciaire vierge, il doit produire le «Chef-d'œuvre» garantissant la solidité des connaissances professionnelles acquises pendant son Tour de France. On nous assure même qu'il doit prêter serment d'honnêteté, de probité et d'entraide, et que tout parjure est impitoyablement rejeté.

Une section locale, comme celle de Montauban, est une Société de secours mutuels dans le sens le plus large. Elle reçoit les compagnons qui «roulent» pour leur Tour, et qui doivent se présenter à elle dans la tenue la plus décente. Elle leur procure gîte, couvert, emploi et assistance, comme elle le ferait pour ses membres locaux, allant jusqu'à prendre à sa charge l'éducation des orphelins.

A Montauban, ce sont les Compagnons qui, de leurs propres ressources, fondèrent l'Ecole des apprentis, subventionnée plus tard par la municipalité et devenue aujourd'hui l'Ecole officielle d'enseignement technique.

Les Compagnons sont, pour la plupart, des artisans. Ils ont l'amour de leur métier et le connaissent bien. En dépit des mœurs du jour, ils conservent les meilleures traditions de conscience professionnelle, et leur titre, acquis par le mérite, est une référence qui ne saurait tromper.

Les nombreux spectateurs qui, dimanche prochain, seront intéressés par les Compagnons en tenue d'apparat, pourront se dire qu'ils ont vu ce qu'on appelle simplement des hommes.

 

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 20:46

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On ne peut pas dire qu’en 1935 les responsables de la Petite Gironde (journal de droite) ignoraient le fascisme de Mussolini. Malgré les crimes de ce dirigeant, il se trouve en Une du journal pour y jouer l’intellectuel savant sur le thème de l’empire perdu, l’empire romain. Quand il parle d’intérêt supérieur à tout, on croit poindre ses souvenirs de marxiste. Quand il parle de race, on mesure sa prudence par rapport au discours d’Hitler au même moment. A le lire on comprend mieux sa rage à être présent en Espagne de 1936 à 1939. Bref, y compris dans la presse régionale française de 1935, le fascisme de Mussolini était très présentable. JPD

 

La Petite Gironde mercredi 12 juin 1935

La Latinité par Benito Mussolini

Le 7 janvier, un accord entre la France et l'Italie a été conclu à Rome - accord qui met fin à une longue période qui a parfois vu des controverses aiguës — et les manifestations qui en sont résultées ont remis à l'ordre du jour, d'une manière tout à fait particulière, le mot « latinité».

On parle à nouveau des sœurs latines ; les civilisations latines sont une fois de plus exaltées.

A quoi correspond aujourd'hui le mot latinité ?

Qu'y a-t-il à présent derrière ce mot ?

Est-ce une réalité ou seulement une tendance littéraire historique ?

La latinité est-elle toujours une puissance dans le monde contemporain, ou une simple réminiscence sentimentale ?

Avant de répondre à de telles questions, il est opportun d'énumérer les Etats qui peuvent être considérés comme latins.

Ce sont les Italiens, les Français, les Espagnols, les Portugais et les Roumains.

D'autres nations, comme la Belgique, la Suisse, ont des provinces que l’on pourrait appeler latines. De mêmes les nations sud-américaines peuvent être considérées comme latines.

Une affirmation que l'on peut faire, lorsqu'on examine l'histoire et la structure de ces nations, c'est que la Latinité y existe ; en d'autres termes, ce sont des pays où l'impression laissée par la civilisation romaine se révèle et reste continue d'une manière unique.

Ces nations ont des traits communs qui les caractérisent et les distinguent nettement des autres.

Ces caractères particuliers sont la race, la langue, la religion, les usages, le type mental et les relations historiques.

Il est difficile de définir avec précision la race latine, mais il est hors de doute que les Italiens, les Portugais, les Espagnols, les Français et les Roumains « moyens », présentent des caractères physiques communs, en ce qui concerne par exemple la taille, le teint et la couleur des cheveux.

Ce type physique les différencie des Anglo-Saxons, des Allemands et des Slaves.

Il existe de plus profondes affinités encore, parmi les peuples latins, quant à la langue.

Le français, l'espagnol, le portugais, l'italien et le roumain sont similaires et présentent une commune origine : le latin, que l'on a appelé « castrense verbum ». C'était la langue parlée par les légionnaires et les gens du peuple.

Au point de vue religion, les nations latines sont en majorité catholiques, à l'exception de la Roumanie. C'est un catholicisme vrai, et non pas seulement latin, car certains pays germaniques, comme l'Autriche, ou slaves, comme la Pologne, sont également catholiques, mais le véritable bloc catholique important est constitué par l'Italie, la France, l'Espagne, le Portugal et les nations sud- américaines.

Indéniables aussi sont les affinités habitudes au point de vue « manière de vivre », et quant au point de vue intellectuel, il existe une indiscutable empreinte du génie latin  — clarté, équilibre, réalisme — que l'on peut nettement discerner parmi les peuples qui descendent de la civilisation romaine.

Comme de juste, les invasions des races étrangères, telles que celle des arabes en Espagne, les contacts avec les autres peuples ont introduit des éléments modificateurs dans les caractéristiques spirituelles des populations latines; mais la base reste latine.

L'Italie offre des exemples typiques de cette assimilation des éléments étrangers.

Les Lombards, par exemple, race allemande, ont oublié leur propre langue et ont adopté, en prose comme en poésie, le latin, langue qui a permis la transmission de la gloire de l’empire romain. Quelques siècles plus tard, les Souabes de Naples s'assimilaient définitivement, eux aussi, à la langue latine et contribuaient à sa suprématie.

Il en a été de même à l'égard de 1'interprétation des littératures, des philosophies et des arts, surtout à l'époque de la Renaissance, que l'on peut situer historiquement de Dante jusqu'à Machiavel.

Les relations politiques entre ces peuples occupent dix siècles de l'histoire, en comportant des noms d'empereurs, de rois, de princes, de reines et d'hommes d'Etat.

Les Italiens, par exemple, sont profondément intégrés dans l'histoire de France, par Catherine de Médicis, par Gambetta, par Mazarin, qui garantit la paix sur le Rhin pendant deux siècles ; par Gallieni, qui sauva Paris en 1914, et surtout par Napoléon, que Louis Madelin, de l'Académie française, dans son récent ouvrage, considère comme Italien pur sang.

De ce rapide résumé, on peut conclure qu'il n'est nullement absurde de parler de « peuples latins ».

Ce dénominateur commun « latinité » existe parmi ces nations, et cela depuis des siècles, même si, de temps à autre, quelque littérateur déclare qu'il est regrettable que la domination romaine ait empêché les civilisations autonomes de s'affirmer, regrets d’ailleurs entièrement superflus, car, si certaines civilisations autonomes ont disparu, il est évident que c'est parce qu'elles étaient inférieures à celle de Rome.

D'autre part, les peuples « latinisé » étaient fiers de vivre sous les lois romaines et, aux moments critiques, se montraient les défenseurs les plus acharnés de l'unité de l'empire auquel ils ont donné des empereurs, des philosophes, des poètes et des généraux.

Si l’on considère démontré que la latinité existe réellement, il reste à savoir si un système d'action politique peut être basé sur elle ?

C'est un problème d'une importance capitale, mais la réponse ne peut être que négative.

Différents développements politiques parmi les nations latines, leur situation géographique et démographique, leur ligne de conduite quant à leur politique étrangère ne peuvent être unifiée.

Il pourrait devenir dangereux de pousser la discussion sur le terrain sentimental.

L'entente entre la France et l'Italie parait certaine ; demain, une entente relative à la Méditerranée occidentale entre l'Espagne, l'Italie et la France pourra être réalisée, mais le bloc politique des Latins sera difficile à constituer, parce que les intérêts pour pourraient s'opposer au moment de créer cette «identité» qui impliquerait une unité d'action.

On s'en est rendu compte lors de la guerre mondiale, car l'Espagne est restée neutre, non pas par peur de la guerre, car les Espagnols sont de vaillants soldats, mais en raison d'intérêts espagnols indirectement en jeu.

Depuis que le monde existe, les intérêts fondamentaux des peuples sont ceux qui déterminent leur politique étrangère, et ces intérêts, à leur tour, sont les conséquences de leur situation géographique et démographique.

Certaines guerres semblent avoir résulté de questions de successions dynastiques mais en réalité, les hommes se sont toujours entre-tués pour la possession de territoires adossés à des fleuves, pour celle des transports fluviaux vers la mer, pour la conquête de cimes montagneuses protégeant leurs frontières ou pour celles de plaines fertiles.

Ce sont ces intérêts qui deviennent des forces puissantes, développées par le dynamisme des peuples, en raison de certaines conditions géographiques et numériques.

Dans un but de paix et de collaboration européenne, il est indiscutable que l'entente entre la France et l’Italie avec leurs 80 millions d'habitants, est un élément de stabilité et d'équilibre.

Cette «latinité», concrète et armée représente une somme incalculable de valeurs historiques, spirituelles et politiques, pour la défense, non seulement de son existence, mais de son avenir, et aussi pour la défense de l'existence et de l'avenir de la civilisation occidentale, cette glorieuse civilisation qui ne peut mourir. Benito Mussolini

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 17:33

Duclos accuse réception de la lettre sans écrire le nom de Marty comme il n’écrira qu’une fois ou deux le nom de Renaud Jean dans les divers tomes de ses mémoires. JPD

 

J’ai bien reçu ta lettre du 5 courant et je te remercie de nous avoir tenus au courant de tes récentes correspondances.

Nous sommes persuadés que les informations que tu as pu lire depuis cette date dans notre « Humanité » t’apporteront des précisions quant à la sincérité de certaines promesses qui t’avaient été faites.

Je te remercie de ton invitation à me rendre chez toi à l’occasion d’un de mes voyages chez ma mère, et, avec l’espoir de te rencontrer lors d’un prochain passage, je t’adresse, Cher camarade, mes bien fraternelles salutations.

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