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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 23:11

curzio.jpgfurfaro.jpgforenza

 

Il s'appellent, Marco Furfaro, Eleonora Forenza et Curzio Maltese, deux hommes et une femme. Curzio Maltese est le plus connu car c'est une plume du grand quotidien La Reppublica.

En ce 25 mai au soir, ils ont les regards fixés sur les résultats électoraux. Avant eux, il y a eu La Gauche arc-en-ciel puis la Révolution citoyenne et chaque fois, ce fut le fiasco. Vont-ils cette fois sauver la gauche radicale avec le Grec Tsipras en vedette ?

Depuis le mois de janvier sept intellectuels avec l'aide de la revue Micro-Mega ont décidé d'entrer dans la campagne des élections européennes sur la base d'un nouveau projet : pour une autre Europe avec Tsipras. La crise de nerf a commencé par la nécessaire récolte des signatures pouvant autoriser leur candidature (220 000 dans toute l'Italie). L'objectif a finalement était atteint (non seulement le total mais aussi les 30 000 minimum dans chaque région), donc quelle suite ?

Pas un sou dans les caisses, pas de grands noms de la politique (malgré les soutiens de Refondation communiste et du SEL - Gauche Liberté Ecologie et des Verts du Haut Adige !), juste l'enthousiasme.

Même le site internet est finalement minime.

Pour sortir du noir, il faut passer la barre des 4% et le soir du 25 mai les informations disent un fois au-dessus et une fois en dessous.

L'Italie comme la France est divisée en grandes régions. Curzio est le candidat pour le Piémont, la Lombardie, la Ligurie et le Val d'Aoste. Il est le plus optimiste. Mais faut-il encore, vu la loi proportionnelle nationale, passer la fameuse barre.

Quant à la région centre, elle devrait élire Marco Furfaro.

Eleonora Forenza est secrétaire nationale de Rifondazione communista, un nom qui n'apparaît même pas sur la liste Nord Ouest du site internet !

Toutes les projecteurs sont braqués sur les trois géants : le parti du premier ministre qui fait un tabac avec 40,8%, le parti du second qui pensait arriver en tête, les 5 étoiles, 21,1% et enfin Berlusconi en panne sèche avec 16,8%.

Mais l'autre Europe que va-t-elle réussir ?

Oui, elle a passé la barre : 4,03% et trois élus presque autant que le Front de Gauche en France, qu'ils vont rejoindre dans un même groupe mais avec des objectifs assez différents (voir programme sur le site internet).

Et le premier des soucis c'est l'organisation à construire.

Comment prolonger l'effort de la campagne par une organisation durable ?

Surtout quand on sait qu'au même moment les deux partis SEL et Rifondazione participent à des listes communesa avec le parti de Renzi, dans des élections locales qui se sont tenues le même jour !

Dans la même mouvance l'Italie des Valeurs a enregistré un échec complet : 0,6%. A suivre.

 

Jean-Paul Damaggio

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 19:35

 

 centenario.jpg

Avec ce centenaire, je me sens mal. Alors qu’il s’agit d’une guerre mondiale je vois poindre une commémoration franco-française ! (je ne parle de l’oubli des pacifistes…).

Le hasard fait que mes liens avec le Trentino m’apportent un point de vue autre, le point de vue italien qui dans ce cas est même le point de vue d’une région.

Tout simplement parce que l’essentiel de cette grande boucherie, c’est le redécoupage des frontières. On parle souvent des frontières d’Afrique découpées à l’emporte-pièce comme si les frontières des pays d’Europe étaient là depuis l’éternité.

Bref, ma grand-mère est née en 1901 autrichienne, en 1918 elle est devenue italienne et en 1930 elle aspirait à devenir française, nationalité qu’elle a obtenue en 1939 environ.

C’est en partie le redécoupage de 1918 qui contient les germes de la guerre de 1939 !

 Donc rappel historique simplifié : en 1914 l’Italie, après quelques hésitations, est dans le camp de la France contre l’Allemagne et elle va donc profiter de la victoire et du démantèlement de l’Autriche-Hongrie. Elle gagne la province de Trento qui contient aussi le Haut-Adige avec un statut particulier. Un débat est intervenu au sujet du cas de Trieste et le patriotisme a fait le reste… ou du moins une partie.

 Pour suivre notons en conséquence que dès la déclaration de la guerre les habitants de Trento et sa région sont sollicités pour se battre aux côtés de l’Autriche-Hongrie et ils vont donc avoir contre eux leurs voisins italiens quand ils entrent dans la guerre le 23 mai 1915 (auparavant le pouvoir était neutre).

 Donc sur les monuments aux morts italiens où placer les habitants du Trentino tués dans le camp autrichien ?

Jean-Paul Damaggio

 

 autriche-hongrie.jpg

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 21:38

le-gouvernement-italien.jpg

 

Avril 2013 les urnes ne donnent pas de majorité claire. Ils sont trois partis en pointe : PD, PL et M5S de Beppe Grillo. Enrico Letta membre de la droite du PD arrive à mettre au point un gouvernement avec l'accord de Berlusconi.

Le pays continue de s'enfoncer dans la crise.

Septembre 2013 : Berlusconi veut faire tomber le gouvernement. Son bras droit lui fait faux bond et reste avec Lette. Il s'appelle Angelino Alfano.

Un nouveau secrétaire s'empare du PD : Renzi Matteo.

Février 2014 : Au sein même de son parti, sans passer par le Parlement, Renzi décrète que Letta doit partir. Auparavant il s'est entendu avec Berlusconi.

 

Aujourd'hui voici le nouveau gouvernement dont sur la photo j'ai retenu l'aspect féminin.

Graziano Delrio Sottosegretario alla Presidenza del Consiglio

Federica Mogherini ministro degli Esteri

Angelino Alfano ministro dell’Interno

Andrea Orlando ministro della Giustizia

Roberta Pinotti ministro della Difesa

Pier Carlo Padoan ministro dell’Economia e delle Finanze

Federica Guidi ministro dello Sviluppo economico

Maurizio Martina ministro delle Politiche agricole, alimentari e forestali

Gianluca Galletti ministro dell’Ambiente e tutela territorio e mare

Maurizio Lupi ministro delle Infrastrutture e trasporti

Giuliano Poletti ministro del Lavoro e Politiche Sociali

Stefania Giannini ministro dell’Istruzione, Università e Ricerca

Dario Franceschini ministro dei Beni e attività culturali e turismo

Beatrice Lorenzin ministro della Salute

 

Senza portafoglio:

 

Maria Elena Boschi ministro delle Riforme Costituzionali e rapporti con Parlamento

Marianna Madia ministro della Semplificazione e Pubblica Amministrazione

Maria Carmela Lanzetta ministro per gli Affari Regionali

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 20:20

Chaque fois que je lis le nom de Mariátegui, je suis saisi par l’émotion et le texte que vient de reprendre René Merle avec une belle photo, ne pouvait que la redoubler.

Par un hasard inoubliable j’ai pu passer deux heures à la bibliothèque de l’université de Cajamarca et en cherchant dans le fichier au nom de Mariátegui je suis tombé sur un livre où le philosophe rassemble des lettres d’amour à l’Italie et son Italo-française. Et j’ai retenu l’anecdote que j’ai reprise sans détailler, dans un manuscrit de 250 pages que je traîne depuis vingt ans.

Voici le paragraphe qui va paraître énigmatique en dehors du contexte mais de toute façon comment Mariátegui ne serait-il pas une énigme ? Jean-Paul Damaggio

 

Dans un livre à quatre jeunes « héros » péruviens, immigrés en France, mais devant revenir au Pérou pour y trouver la recette d’une quête d’une soupe, en septembre 1968 - Manuel, César, Alfredo, Mario – voici ce que dit, au début, César à Alfredo. César (homme du peuple) veut convaincre Alfredo (homme de la bonne bourgeoisie) d’entreprendre le voyage.

 

« Alfredo, ne fais pas la moue ! Parce que je vis avec une Française de Marseille, je n’aurais rien à dire sur le sens de l’amour ? Tu connais le plus beau des Péruviens ? Pauvre Alfredo ; il faudrait que je te raconte la plus belle histoire d’amour de tous les temps et je vais même le faire sans attendre. Tant pis pour Son Altesse.

Il était né à Moquega en 1894 et toi le liménien, je me demande si tu situes seulement ce lieu. A huit ans, atteint de tuberculose osseuse appelée aussi «tumeur blanche» il riposte à la maladie par un effort intellectuel exemplaire. Pauvre Alfredo, tu te dis qu’en conséquence on reste bien loin de l’amour. Tu sais que tu es pénible, Alfredo ! Dès 1909 le héros commence à écrire des articles de journaux, activité qui ne le quittera plus. Alfredo, tu remarques qu’il n’avait que quinze ans ? Après la première guerre mondiale direction la France où il connaît Bourdelle puis comme toi, il part pour l’Italie et, à Sienne, il rencontre Anna Chiappe, le communisme, l’enthousiasme, le soulagement, la paix, la délivrance, le futur, la culture, l’art, la volonté, la volupté, un regard, le plaisir, la fraternité, le savoir, les pâtes et tous les espoirs possibles, impossibles, imaginaires, réfléchis et saisissables. Il se marie l’année de naissance du petit Parti communiste italien. Alfredo, tu remarques qu’il avait déjà 28 ans ? Il participe même, à Libourne, au Congrès fondateur de ce parti. Il rencontre Gramsci. Lui, Mariátegui l’exilé, le malade voire même l’épuisé, lui le moribond permanent, il va avoir des enfants. Mais toi, Alfredo, tu sais ce que ça veut dire le désir d’avoir des enfants (1) ? Et tout ça à Sienne ! Puisque vous semblez peu enthousiasmé par le projet de retour au Pérou, demain je vous emmène à Sienne, cette ville avec une place fantastique en pente vers son âme. Oui, je sais, «âme» me sert chaque fois que je manque de mots pour dire le bonheur d’échapper à une cage. Je donnerai tant pour revoir la place de Sienne ! Mais j’ai le sens des responsabilités et quand on me fait une proposition fabuleuse je ne renvoie pas l’ascenseur.

En 1923, Mariátegui retrouve Lima pour y continuer son immense histoire d’amour, une histoire débutant par l’amour d’une femme, pour grandir par l’amour de tous ses pays et s’enraciner dans l’amour des Indiens, avec enfin un envol vers l’amour du combat politique qui s’articule encore et toujours sur des articles de revues. Par cette dimension immense que je crois unique au monde, son amour se termine à partir de 1929 dans la douleur infernale. Depuis sa création, il dirige le Parti Socialiste du Pérou (en fait communiste), et voilà que tombe son exclusion dont profitent les autorités pour supprimer sa revue, Amauta, dont Arguedas était friand. La maladie empirera jusqu’à l’empêcher de s’exiler au Chili ce qui l’oblige à mourir à Lima en 1930, le 16 avril pour laisser la date du quinze à un autre grand Péruvien. Je le préfère mort au Pérou pour mieux faire honte à son pays ! et honte à toi Alfredo, qui croit que seuls les sentimentaux de ton genre, peuvent parler d’amour. »

 

Ce livre s'ouvre par cette citation :

« Je suis une âme moribonde. Il y a quelques années, j’aurais écrit que j’ambitionnais seulement de réaliser ma personnalité. Maintenant je préfère dire que je n’ambitionne que d’accomplir mon destin … Ce qui m’a toujours terrifié est de se trahir soi-même. Ma sincérité est l’unique chose à laquelle je n’ai jamais renoncé. »

José Carlos Mariátegui (1894-1930)

 

(1) Avec Anna, Jose Carlos a eu quatre enfants dont un est devenu trois mois ministre des affaires étrangères (l'aîné, né le 9 décembre 1921, exactement trente ans avant moi…) et l'autre un très grand psychiatre. Vous pouvez voir la famille sur Photos de famille

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 22:54

galilee.jpeg

 

Né le 15 février 1564 le célèbre italien aurait 450 ans.

Des savants aux USA (Université de New York) viennent d'expliquer une des intuitions du scientifique : de deux objets qui ont même dimension, celui qui est blanc sur fond noir apparaît plus grand que celui qui est noir sur fond blanc.

Mais bon, Galilée est connu pour autre chose…

Pour penser à lui cinq minutes. : ici

J-P Damaggio

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 18:39

histoire-intime-de-l-italie.jpg

 

L'ami Jacques Desmarais attire mon attention sur un livre qui vient de paraître et dont je n'avais pas connaissance, l'auteur étant passé aujourd'hui sur Radio Canada, livre qui? à ma connaissance? n'a été évoqué en France que par Le Figaro.

Il sait toute l'attention que je porte à la question du fascisme italien et le livre peut en effet aider à son approfondissement. Pour le moment je me contente d'observer que la traduction du titre en français est un parti pris douteux mais sans nul doute significatif de l'opinion que l'éditeur a des lecteurs potentiels. Ils y ont cru : une histoire intime de l'Italie de Mussolini (Flammarion) par l'historien britannique Christopher Duggan. Entre "voix fascistes" (version du livre en anglais) et "ils y ont cru" je considère que l'écart n'est pas mince car toutes les voix fascistes n'étaient pas forcément celles de gens qui y croyaient, mais qui avaient parfois juste un besoin alimentaire à satisfaire, ou une croyance en un sauveur à exprimer.

S'il s'agit de remettre en cause l'historiographie communiste n'ayant braqué le projecteur que sur l'héroïque résistance, l'étude est méritante et concerne aussi la France de Pétain. Mais attention, la dite historiographie communiste ne peut pas non plus être schématisée. Je pense qu'il a toujours été entendu que le fascisme a eu un soutien populaire, un soutien d'autant plus visible que des milliers d'opposants avaient été contraints de fuir ou de se taire. Le roman majeur pour appréhender toute cette histoire me semble être Canal Mussolini d'Antonio Pennacchi.

A faire l'histoire des insurgés, chacun sait que l'historie se heurte à des sources qui manquent et à une idéologie dominante qui veut tuer deux fois les porteurs d'émancipation. Mais cette histoire ne s'oppose pas à la version inverse, celle de la soumission, celle des ombres et des noirceurs.

 Le Figaro loin de l'énorme ils y ont cru rappelle ceci : "Comme Duggan le reconnaît, la tâche est ardue, car même les sources privées doivent être exploitées avec précaution. Face à un régime totalitaire, doté d'une immense machine de propagande et d'oppression, les individus peuvent être incités à la prudence, et rien n'assure que même leurs écrits les plus privés soient totalement sincères."

 Que la traduction de ce livre arrive sur nos étagères au moment où un semi coup d'Etat à la sauce actuelle vient de secouer l'Italie est aussi une coïncidence à prendre en compte. Après le succès phénoménal de Beppe Grillo aux dernières élections, la réflexion ne manque pas de matière pour prolonger l'étude du fascisme italien.

L'ami Jacques me renvoie à 1900 le film de Bertolucci pour comprendre comment dans la réalité de la vie, le fascisme fait son nid. Et c'est là aussi un approche cruciale.

Bref, encore un outil utile au travail que j'ai engagé depuis longtemps pour creuser toujours plus comment le fascisme s'installe dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui. J-P Damaggio

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 14:57

san-valentino-renzi-letta.jpg

 

Fabuleux de constater comment la crise gouvernementale italienne s'est réglée d'un twitt ! Chacun y est allé de sa phrase et je ne retiens ici que la version un peu plus longue de Nicki Vendola (diregeant du SEL : gauche écologique et liberté) plus occupé à préparer les élections européennes avec une "vieille" connaissance à lui, Alexis Tsipras (me Grec de la nouvelle gauche) qu'à se plonger dans les affres de la politique italienne. Il écrit ceci :

"13 Février 2014, 22:51

Manœuvre de palais

J'éprouve un sentiment de malaise pour la façon, et pas seulement à la substance, de ce qui se passe. Nous avons vu mourir la première République dans la douleur, donnant naissance à une deuxième qui nous a fait regretter la précédente. Si aujourd'hui on passe de la deuxième à la troisième République, j'espère que demain on ne regrettera pas la deuxième.

J'ai écouté très attentivement le rapport court et rapide de Matteo Renzi avec laquelle il a rejeté, sans aucune analyse de fond, l'expérience de gouvernement de Letta, en évoquant un changement qui n'a aucun rapport avec les raisons de la crise sociale qui existe à l'extérieur du Palais, et je persiste à croire que ce qui se passe est une manœuvre typique des palais avec un script même très triste du point de vue des relations humaines. La politique, pour moi c'est aussi la forme, c'est aussi le style. D'un style et d'une forme aussi violents, je ne pense pas qu'il puisse sortir quelque chose de bon. J'espère être démenti."

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 14:11

La politique italienne est un laboratoire pour les défenseurs du système. C’est là-bas (plus exactement en Sicile) qu’a été découverte la fameuse phrase : tout changer pour que rien ne change. Depuis 1945 ce pays n’a été rien d’autre, pour les USA, que le Mexique de l’Europe. Mais n’entrons pas dans les généralités pour nous pencher sur un seul point, le financement des partis politiques par le budget public.

 Les années 90 lancent le financement public des partis

Au tournant des années 1990 le gouvernement italien, en réponse à des phénomènes de corruption sans précédent, a décidé que les partis politiques recevraient de l’Etat les moyens de leur survie. Cette idée a ensuite été reprise dans des tas de pays sous diverses formes, à diverses époques et je serais heureux si quelqu’un m’indiquait une étude générale sur ce phénomène[1]. Malheureusement l’argent et la politique ne font pas bon ménage et les études manquent sur le sujet[2].

Bref, quand les comptes de la campagne de Sarkozy font que l’UMP est obligée de payer 10 millions d’euros à l'Etat, les journalistes ne se bousculent pas pour rappeler qu’en fait, c’est seulement 4 millions d’euros que l’Etat récupère, puisque par ailleurs il rembourse aux généreux donateurs 60% de la somme versée (pour eux comme pour tous les partis bien sûr et pour les syndicalistes aussi). Ces déductions fiscales s’ajoutent aux sommes versées en fonction des voix acquises aux législatives pour les partis dépassant un certain seuil.

Quand l’Italie décida qu’une part d’argent public irait aux partis je me suis demandé s’il s’agissait d’une bonne mesure. Quand aux législatives de 1993 les partis français ont bénéficié du même système, je me suis encore interrogé. Et j’ai eu une réponse, mais brève, quand la commission de contrôle du financement des partis[3] a publié le nom des donateurs aux divers candidats surtout PS et RPR. Ce document reste si édifiant dans l’histoire politique de notre pays qu’il ne se renouvela jamais : la loi changea très vite pour éviter ce type de transparence. La liste des donateurs était telle qu’elle supposait un échange de services !

 Les années 2010 en finissent avec le financement public des partis ?

Aujourd’hui le gouvernement italien vient de décider d’une marche arrière. Petit à petit, d’ici 2017, tout financement va cesser de la part de l’Etat et en faveur des partis[4]. Le risque de corruption s’est-il envolé ? Pas le moins du monde bien sûr et d’ailleurs il n’a pas été modifié par la loi. Il se trouve seulement qu’un candidat, Beppe Grillo, a fait campagne avec grand succès sur ce thème (en autres) : «Je prouve qu’on peut faire de la politique avec 0 euros ! » Sa campagne spartiate faite de grands rendez-vous sur des places publiques n’avait pas besoin en effet de budgets énormes mais ceci étant, en tant que dirigeant de son Mouvement 5 étoiles il n’oublia pas d’inclure dans la charte des candidats que les élus devraient reverser une part importante de leur salaire au parti en question !

Mais ne soyons pas mesquins, il ne s’agit là que de broutilles ! La nouveauté avec Beppe Grillo, c’est son blog ! Vu qu’il s’agit d’un des blogs les plus consultés d’Italie, les rentrées financières doivent être conséquentes. Et c’est peut-être là qu’une loi devrait intervenir si le laboratoire veut jouer tout son rôle ! Que tous les blogs à usage politique soient tenus à publier chaque année les rentrées financières induites pour son propriétaire.

Car Beppe Grillo peut faire le clown, tout militant politique sait qu’une organisation a besoin de budgets conséquents pour faire vivre son parti, pour en diffuser les idées, pour mieux étudier la réalité etc. Et là je renvoie en France aux comptes obligatoirement publics des partis politiques que chacun peut consulter (avec amusement car ils paraissent très incomplets) sur les documents de la commission de contrôle du financement public, car ils montrent clairement que le nerf de la guerre, ça reste l’argent.

Donc que dire du blog de Beppe Grillo ? Qu’il s’agit là d’une somme énorme qu’une seule personne peut contrôler (Grillo et son webmaster Casaleggio). Le financement n’a plus besoin d’être public, il se fait par la publicité (même sans publicité sur le blog !), terme qui ne contient le mot public qu’à des fins commerciales.

Le financement public devait garder les partis sur le terrain de l’intérêt public. Mais la politique étant devenue une marchandise, la publicité en est devenue la maîtresse permanente. En France le blog de Jean-Luc Mélenchon est beaucoup plus consulté que le blog de son propre parti[5] !

 Conclusion

Cette question du financement des partis n'est qu'un des symptômes de la mort du politique en tant qu'outil d'intervention sociale. On ne peut être ni pour ni contre tant qu'il sert à masquer la réalité : les grandes entreprises, en seigneurs des temps modernes, décident de tout à Rome comme à Partis et ailleurs !

 4-01-2014 Jean-Paul Damaggio



[1]Pour la Grèce Le parlement grec a voté aux premières heures de mercredi une disposition sur le financement des partis politiques qui aboutit à priver de fonds publics le parti d'extrême-droite Aube dorée dont six membres ont été mis en examen suite au meurtre du militant antifasciste, Pavlos Fissas le 17 septembre dernier.

[2]Je peux conseiller une étude québécoise qui est d'ordre général et très instructive : http://www.electionsquebec.qc.ca/documents/pdf/D-6350.11(12-09)_versionPDF_1.pdf

[3]Le travail de cette commission sert rarement de références : http://www.cnccfp.fr/

[4] Jusqu'à présent, un montant était alloué aux partis en fonction de leurs résultats électoraux. En vertu du texte adopté vendredi, dès 2014, ils ne percevront que 60% de ce montant, puis 50% en 2015, 40% en 2016 et rien l'année suivante. Le précédent gouvernement de Mario Monti avait déjà amputé de moitié le financement des partis politiques en juillet 2012, le faisant passer de 182 millions d'euros à 91 millions d'euros en 2013

[5] Valeur estimée pour le site PG 16 757,93 € et pour le blog Mélenchon : 66 087,04 € (vérifiable sur l'URL espion de votre choix)

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 22:40

Je vous retransmerts les bons voeux du Gramsci de 1916 quand Mussolini était encore un socialiste...JPD

Une autre perspective

Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante.Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant.

(Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier

sources

http://dormirajamais.org/gramsci/

 

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/01/01/je-hais-le-nouvel-an-par-antonio-gramsci/

 

http://verslarevolution.hautetfort.com/tag/antonio+gramsci

 

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 22:41

Venu de Sicile où il est né en 2012, un mouvement social s'est mis en marche dans toute l'Italie, pour exprimer la colère de couches les plus diverses de la société. Il ne faut cependant pas confondre toutes les manifestations : celle des étudiants à Turin tenait à se distinguer de celles des Forconi.

Ce mouvement s'est structuré dans un comité du 9 décembre animé par Mariano Ferro, un agriculteur sicilien et ancien fidèle de Berlusconi. Dès le début novembre, la date du 9 décembre a été retenue pour un immense blocage du pays et ce fut une réussite.

Mais une division vient de se produire dans ce comité qui a refusé majoritairement de soutenir le courant animé par Danilo Calvani, agriculteur de la région de Rome dont les médias ont retenu qu'il roule en jaguar, et qu'il est désigné comme proche de la Scientologie. Ce dernier a proposé d'occuper la piazza del Popolo à Rome ce 18 décembre. La majorité du comité du 9 décembre craint que des infiltrés ne viennent détourner le mouvement en suscitant une violence pouvant bénéficier à une certaine droite. Surtout n'appellez pas l'action : la marche sur Rome… di Mariano Ferro.

 Cette manif d'aujourd'hui à Rome a été un échec avec seulement 3000 manifestants et une présence forte de l'extrême-droite alors que 15 000 personnes étaient attendues. Tout en ayant refusé de participer, Ferro pensait même qu'il y aurait 300 000 personnes (entretien La Reppublica). Mais ce revers ne signifie pas un essoufflement du mouvement qui continue dans beaucoup de villes.

 Le troisième dirigeant, Lucio Chiavegato, indépendantiste vénitien ajoute à la diversité des approches et les médias jouent un rôle clair en faisant apparaître des chefs pour les jouer les uns contre les autres.

 Mais si l'Histoire revient toujours sur les lieux de son crime alors Rome qui fut le lieu d'un traité historique, fondateur de l'Europe économique, risque de devenir le lieu des fossoyeurs de cette Europe des marchands, car d'une façon ou d'une autre, le mouvement dénonce Bruxelles, alors que l'Italie avait été jusqu'à présent, pour des raisons historiques, quasi unanimement pro-européenne.

 Pour jeter un œil sur la presse française (pour ma part mes sources c'est il fatto quotidiano, et il manifesto mais faiblement en accès libre) j'offre l'article de l'Humanité. Il dit bien l'écart entre une vie politique qui continue "paisible" alors qu'en face le pays est en chambardement. Mais pourquoi retenir comme nom de leader Danilo Calvani alors qu'il a été mis en minorité et qu'en fait d'agriculteur c'est un affairiste. Et surtout pourquoi limiter le mouvement au refus de l'impôt ?

Quoiqu'il arrive, nous savons que comme Beppe Grillo, le mouvement vient de loin et que le manque d'analyse risque de provoquer des lendemains surprenants. J-P Damaggio

 

L'Humanité : le 12 Décembre 2013

 

 Violente révolte antifiscale en Italie

Le gouvernement a obtenu la confiance des députés hier, dans un climat de violences.

Enrico Letta, président du Conseil italien, a remporté hier le vote de confiance à la Chambre des députés, deux semaines après le départ de Silvio Berlusconi de sa majorité. En amont, depuis lundi, des rassemblements anti-taxes étaient organisés. Une centaine de villes ont connu, à ce moment-là, des rassemblements. À Turin, Milan, Rome, des violences ont été observées, obligeant les commerçants à baisser leur rideau. À Gênes, la gare a été bloquée. À Turin, le marché de gros a été occupé, bloquant les livraisons dans la ville. Il a fallu un blitz de policiers, hier matin, pour le rouvrir.

Le Mouvement des « forconi » (les porteurs de fourches) est à l’origine des manifestations. Celui-ci a été créé par des agriculteurs en 2012 pour organiser le blocage, pendant cinq jours, de la Sicile, pour protester contre la hausse des prix du carburant.

« Equitalia (l’organisme de lutte contre la fraude fiscale – NDLR) doit être fermée », a déclaré Danilo Calvani, agriculteur du Latium et porte-parole du mouvement. « Si la confiance au gouvernement est votée et les politiques ne restent pas à la maison, nous organiserons (…) une manifestation à Rome qui ramènera des millions de personnes », avait-il prévenu.

 Des organisations de routiers, mais aussi fascistes, comme Casapound et Forza nuova, se sont jointes au mouvement, lui imprimant des accents antiparlementaristes. Le populiste Beppe Grillo, chef du Mouvement cinq étoiles, qui a pesé 25% lors des élections d’avril, cherche à récupérer cette mobilisation qu’il ne contrôle pas. Il a écrit aux chefs de l’armée, de la police et de la gendarmerie pour leur demander de ne pas placer leurs hommes « devant les palais du pouvoir souillé par la corruption» et de ne «plus protéger cette classe politique ».

 Gaël De Santis

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