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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 15:40

Sur le blog j’analyse quelques résultats électoraux pour avoir au moins une photo, certes déformée, de la réalité. Mais je suis beaucoup plus passionné par les luttes sociales d’autant que, si je me souviens bien, des manifestations et non des élections ont fait tomber des régimes largement élus, avant-hier en Pologne (puis le bloc soviétique a suivi) et hier en Tunisie avec les suites que l’on connaît. Je me dois donc de porter un regard sur l’immense manifestation de Barcelone en faveur de l’indépendance de la Catalogne qui marque un tournant de l’histoire régionale espagnole.

 

La nouveauté ?

Jusqu’à présent les chantres de l’indépendance en Espagne étaient les Basques, les Catalans préférant jouer la carte plus modérée de la revendication autonomiste. Or d’une part, l’E.T.A. ayant tourné la page, et d’autre part, la crise économique faisant rage, la manifestation pour l’indépendance prend une nouvelle fonction. Il s’agit clairement d’une nouveauté par l’ampleur énorme de la manifestation et par l’unanimisme qui en ressort, unanimisme qui est beaucoup plus sous la coupe de la bourgeoisie locale que du mouvement citoyen, Exquerra Republicana (le parti catalaniste de gauche) étant là pour brouiller les cartes. Bref, un Etat de plus en Europe, qu’en penser ?

 

Les nations dégénérées

Le premier féodalisme fut un tremplin vers une construction nationale plus vaste qui, sous la forme française ou étasunienne, a donné les Etats modernes actuels. Depuis les années 80 nous assistons à l’émergence d’un nouveau féodalisme qui a une fonction inverse, détruire les nations pour en revenir aux marquis, barons et autres seigneurs locaux (l’histoire se répétant comme comédie ?). C’est ce que j’appelle les « nations dégénérées » du capitalisme féodal. J’ai déjà posé la question : comment expliquer qu’économiquement les pouvoirs se concentrent, et que politiquement les Etats se décentralisent ? Comment expliquer qu’on nous répète que les nations, c’est ringard, et que dans le même temps le nombre de pays qui siègent à l’ONU est en forte augmentation ?

 

Les nations sans avenir

Je ne vais pas me lancer ici dans l’exercice impossible consistant à définir une nation car les définitions sont fortement variables mais pointer seulement une donnée : la nation est une construction qu’une bourgeoisie révolutionnaire utilise à partir d’un univers hétérogène. Par l’hétérogène, l’émulation permettait de bousculer le vieux monde. Aujourd’hui, il faudrait en revenir à une nation homogène, presque ethnique qui ne serait que l’enfermement dans un passé mythique. Ce qui est ringard, c’est ce repli, surtout que rien dans les nations existantes n’empêche une construction plus large (européenne pour nous). Pourquoi a-t-il fallu que la Slovaquie se sépare de la Tchéquie pour se retrouver ensemble dans l’Union européenne ? Les nations sans avenir sont toutes celles qui s’imaginent mortes, ou celles dont la nouveauté (la récente naissance) est archaïque. La France peut encore devenir la France, dans une Europe à construire.

 

Retour à Barcelone

Ne tournons pas autour du pot : les forces progressistes se doivent de prendre une position claire. Nous savons que trois tendances vont se dessiner :

Celle qui pense que de l’intérieur du futur Etat on va pouvoir mieux faire avancer la démocratie sociale

Celle qui pense qu’il faut garder un Etat central au risque de passer pour nationaliste

Celle qui va vouloir ménager la chèvre et le chou.

En politique, l’heure étant à jouer à cache-cache, cette solution va dominer.

Par exemple :quelle va être la position du Front de Gauche ? La France étant doublement concernée (les Catalanistes n’hésitent pas à intégrer le Roussillon dans leurs cartes, même s’ils savent que s’est sans suite) donc un langage clair s’impose. Or une fois de plus les forces démocratiques vont tenter de faire plaisir à tout le monde ce qui fait le bonheur des maîtres réels, la bourgeoisie locale.

Pour ma part, je le dis sans détour, la démocratie sociale vers laquelle il faut tendre, a besoin de lutter contre le centralisme mais pour une centralisation démocratique (seul moyen d’affronter les géants de l’économie) donc la piste de l’indépendance de la Catalogne est une façon d’autodétruire les acquis démocratiques existants. Qu’il y ait un million de personnes dans la rue, qui ont leurs justes raisons, ça ne m’oblige pas à penser comme eux ! Surtout que l’Espagne connaît à l’heure actuelle un fort mouvement contre l’austérité qui a besoin de rester national, s’il ne veut pas se diviser inutilement.

Ceci ne m’empêche pas de penser, de dire, et même de vivre, avec une culture catalane riche, féconde, combative et novatrice. J’en reste à la position de Vazquez Montalban qui, dans L’homme de ma vie, nous révèle un Pepe Carvalho manipulé à la fois par les cercles néo-libéraux du Mont Pèlerin et les cercles catalanistes, des sectes prémonitoires car, que personne ne se fasse d’illusions, à l’heure de l’indépendance, ce sont les pouvoirs économiques qui seront efficaces. Il ne s’agit pas d’un pessimisme injuste quand on connaît l’histoire riche des mouvements sociaux en Catalogne, mais d’une prise en compte de l’état du monde où, tous les jours, on assassine le politique pour le grand plaisir des rois du fric.

Je considère par contre que l’aspiration à l’indépendance du Québec n’entre pas dans cette logique macabre car aux Amériques le rapport aux nations est différent. S’il a toujours été frappant de constater que la rébellion au Chiapas a revendiqué sans cesse en faveur de l’unité du Mexique (pour peser face aux USA), le Québec indépendant pourrait jouer un rôle authentique même si le pouvoir des USA veillerait au grain.

Mais, ça supposerait quelques développements pour être plus explicite.

Jean-Paul Damaggio

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 13:42

Je reprends cet article qui témoigne de la lutte contre le phylloxéra. JPD

 

Association française pour l'avancement des sciences. Groupe.... 1893/01/02.

Sur La revue géographique de Bordeaux

 

La reconstitution de la vigne dans le Tarn-et-Garonne.

Le Tarn-et-Garonne compte aujourd'hui environ 8,000 hectares de vignes reconstituées, dont une bonne moitié est déjà en état de production. Des pépinières ou vignes expérimentales, établies sur plusieurs points du département, dans des sols de natures différentes, fournissent aux viticulteurs de chaque localité des moyens de comparaisons et d'études sur les divers cépages qui y sont cultivés. Elles contribuent également à vulgariser l'opération du greffage. Bien peu de vignerons conservent aujourd'hui quelques doutes sur la possibilité de replanter leurs vignes. Ils savent qu'avec des soins spéciaux, de bonnes cultures et des insecticides judicieusement choisis, ils pourront maintenir longtemps les souches en bon état de production.

Eh 1891, le Comité central de défense contre le phylloxéra a distribué, par portions de 100 kilog. et au-dessous, environ 3 000 kilog. de sulfocarbonate de potassium. C'est surtout pour la défense des chasselas que cet insecticide a été plus particulièrement employé aux environs de Montauban. Quant au sulfure de carbone, la distribution n'a pas atteint 1 000 kilogrammes. Mais il importe de tenir compte que bon nombre de propriétaires, après avoir profité déjà des libéralités du Département, en sont arrivés à se suffire à eux-mêmes. Les vignes américaines font d'ailleurs une rude concurrence aux insecticides.

Aujourd'hui, l'élan est définitivement donné; les moyens de reconstitution sont à peu de chose près connus et assurés ; aussi les replantations marchent-elles à grands pas. C'est ainsi qu'on peut évaluer à environ 2 000 hectares l'étendue des vignes établies en 1891.

Au point de vue de la production vinicole, le département n'a pas été favorisé. La récolte de 1892 est très ordinaire, eu égard à la quantité et à la qualité (1). La quantité obtenue est d'environ un tiers au-dessous de celle de 1891, malgré les forts produits des vignes nouvellement reconstituées. Cependant, certains vignobles sont encore en bon rapport. La. Vigne-Ecole de Montauban, entre autres, a produit plus de trente barriques à l'hectare. D'après des expériences faites à la pépinière de la Lande, on a constaté que ce sont les greffes sur York qui sont arrivées en tête en ce qui touche la quantité de raisins produite. Venaient ensuite, par rangs de poids obtenu, les greffes sur Riparia, sur Jacquez, sur Clinton, sur Taylor, sur Rupestris, sur Solonis, sur Viala.

Quant à la qualité, elle offre de grandes différences déterminées par la nature du sol, les expositions et les cépages. Les vins sont, en général, secs et durs, conséquence d'une fermentation trop rapide sous une haute température. Ils manquent d'alcool, surtout ceux des vignes greffées sur porte-greffes, dont les raisins, volumineux et aqueux, étaient peu sucrés.

A ce point de vue, on serait tenté de croire que les insecticides employés pour maintenir les souches en bon état ont. enrayé la maturité et conséquemment réagi contre la formation du sucre.

Le raisin était, en effet, plutôt disposé à se pourrir qu'à mûrir. Malgré cette fâcheuse situation, des ventes se sont faites avec entrain. Les plus beaux produits ont été expédiés à Bordeaux, à Paris, en Bretagne,, etc. ,

Mais.il ne,faut pas que le travailleur du sol se décourage. Il est indispensable qu'il lutte encore contre les obstacles, sans cesse renaissants que lui oppose la nature. Le rétablissement de l'aisance, le retour de la richesse dans nos contrées par la reconstitution de nos vignobles sont à ce prix ! Plaise au Ciel, ô génie des bons vins !

P. LESTRADE,

Décembre 1892. Instituteur, membre correspondant.

(1).Les évaluations du Ministère des finances, tout récemment publiées, indiquent 230 000 hectolitres pour la production vinicole du Tarn-et-Garonne en 1892.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 11:33

A chaque fois que l’extrême-droite marque des points on assiste à un emballement médiatique, mais quand vient l’heure de l’échec de ce courant, tous les regards sont braqués sur autre chose. Donc arrêtons-nous un instant sur l’échec de l’extrême-droite aux dernières élections néerlandaises.

 

Rappelons d’abord que cette extrême-droite (PVV) fut si forte qu’elle a permis la mise en place d’un gouvernement de droite (VVD) (soutien sans participation) et que c’est elle qui a provoqué les élections en cessant son soutien, ce dont ses électeurs ne l’a pas félicité. En effet, le succès de la droite n’est rien d’autre que l’échec de l’extrême-droite ! Le PVV perd 9 sièges et le VVD en gagne 10 !

 

Or ce phénomène s’est déjà produit en Autriche où là l’extrême-droite (FPÖ) avait même obtenu des ministres en l’an 2000. Résultat, aux élections suivantes le FPÖ est passé de 26% à 10%, la droite étant passé inversement de 26% à 42%. Un peu comme si une partie importante de l’électorat d’extrême-droite se ravisait quand il découvrait que son parti est trop puissant.

 

En France, l’extrême-droite a gagné des municipalités et est intervenue dans l’élection de présidents de trois régions entre 1995 et l’an 1998. Ni les maires, ni les conseillers régionaux ayant conclu des alliances avec la droite ne furent des tremplins vers l’avenir, pour le Front national. Au contraire, en 1999, ce fut l’échec.

 

Ces échecs électoraux ne signifient en aucun cas, un recul des idées d’extrême-droite. La droite, en se radicalisant, récupère une bonne part des thématiques. Et par ailleurs en France comme en Autriche l’extrême-droite a entrepris une stratégie de reconquête.

 

La place et le rôle de l’extrême-droite ne peuvent pas s’analyser sans rapport avec la présence d’une alternative ou pas, proposée par la gauche.

 

Le cas des Pays-Bas comme celui de l’Autriche permet de relativer l’équation classique : crise économique = montée de l’extrême-droite. En 1999 quand le FPÖ a obtenu à Vienne 26% des voix, le chômage était presque inexistant ! Et les Pays-Bas sont aussi connus pour être en situation bien meilleure que l’Espagne ou même la France.

Par rapport à l’Autriche, les Pays-Bas offrent un élément supplémentaire à la réflexion : il y existe un parti de gauche extérieur à la social-démocratie. En Autriche on a souvent expliqué le vote FPÖ par la collusion permanente entre droite et sociaux-démocrates et par l’absence de toute alternative autre que l’extrême-droite.

 

Il se trouve que les dernières élections néerlandaises, contrairement à quelques sondages, ont laissé le PSP (un parti socialiste sur les positions du Front de Gauche en France mais antérieur à ce front, et constitué d’un seul parti) avec quasiment le même résultat (de 15 à 16 sièges). Il peut se consoler en devenant le troisième parti du pays puisqu’il passe devant l’extrême-droite et les chrétiens démocrates. Sauf que ce parti ne récupère pas l’échec de la gauche verte qui tombe à 3 députés après en avoir eu 10.

Les mécontents de l’Europe pouvaient donc abandonner leur soutien à l’extrême-droite pour se tourner en partie, vers le PSP, geste qui pouvaient également tenter des électeurs sociaux-démocrates dans ce pays qui avait voté non au Traité européen en 2005. Il n’en a rien été.

 

Bilan : en pleine crise de l’Europe et de l’Euro, les électeurs des Pays-Bas ont préféré appuyer essentiellement les partis traditionnels. Il n’y a donc, là non plus, aucune équation du genre : crise économique = montée de la gauche.

 

En 2013 le cas italien va nous permettre de refaire un point essentiel sur ce tgerrain.

Jean-Paul Damaggio

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 20:46

hotel-castelsarrasin.jpg

 

Nouvelle brochure :

 

Pour ce travail autour de l’hôtel Marceillac de Castelsarrasin, les Editions La Brochure n’ont servi que d’appui technique pour l’impression. La préparation et la maquette ont été réalisées par l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de Castelsarrasin et les services des archives départementales avec le soutien financier des institutions dont la mairie de la ville.

Sur papier luxe, tout en couleur, format 21/11, 24 pages, 2 euros, ISBN 978-2-917154-83-0

 

La raison de ce travail repose sur un élément surprenant pour le Sud-Ouest, la présence d’un style art nouveau voulu la le propriétaire, quand il y a cent ans, après un séjour à Vienne, il fit construire cet hôtel.

 

Et comme l’hôtel est resté dans la famille, une famille qui a décidé de rester fidèle à l’initiateur de cette richesse artistique, nous avons donc la surprise encore en 2012 de pousser la porte d’une demeure fabuleuse. J-P Damaggio

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 20:06

porte-hotel-marceillac.JPG

 

Il y a sans doute mieux comme photo d’inauguration d’une expo mais elle reflète, par ce détail, toute la raison d’être de cet événement. Les propos de Bernard Ouardes, de la propriétaire des lieux, du maire ou de la sous-préfète ont appuyé le détail en question mais malgré les belles paroles, on peut encore pousser la porte de l’hôtel sans se rendre compte de cette graphie des initiales de l’Hôtel Marceillac, symbolique de tout un choix architectural, le choix art nouveau. On nous a indiqué qu’il existe aujourd’hui une police de caractère art nouveau. C’est cette graphie qui a été reprise en titre de la plaquette.

J’insiste sur ce point car j’avais cru qu’elle était le fruit des recherches de la réalisatrice de la brochure qui montre ainsi qu’elle a eu le sens de l’observation minutieuse.

 

Pour ceux qui n’entreront pas dans l’hôtel le signe distinctif est sur la façade avec les feuilles et fruits du pittosporum. Une fantaisie asiatique comme bien des fantaisies art nouveau.

 

La présence de « Vienne » au cœur de Castelsarrasin a de quoi étonner le voyageur plus habitué aujourd’hui aux hôtels standardisés qu’à de telles demeures de centre-ville.

A présent il est plus facile de comprendre le discours émouvant de la propriétaire des lieux qui a su avec une immense poésie fait sentir toute l’originalité de cette ambiance.

 

Nous reviendrons plus en détail sur l’ensemble des éléments de l’exposition. JP Damaggio

 

Sur la photo à l'heure du partage du gâteau d'anniversaire la famille Marceillac de dos et en face Madame Ouardes.

la-famille-marceillac.JPG


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 20:03

piments.JPG

 

Dans les légumes ce qui me passionne le plus ce sont leurs odeurs. Vous me direz que les fruits, c’est pareil, sauf que les fruits c’est moins varié. Gamin j’ai grandi dans les odeurs de légumes sans m’en rendre compte, tellement elles étaient quotidiennes. Et puis, aujourd’hui encore, je n’ai pas de mots pour désigner l’odeur des haricots verts, ou celle des poivrons.

 

Depuis trois ou quatre ans déjà, sous une petite serre je me livre au jardinage du dimanche. A ce jour, je cumule des petits carrés de poivrons, aubergines, tomates, salades, haricots verts, oignons divers, cèleri en branche, blettes, fenouil, poireaux et betteraves rouges. Avec quelques fraises pour tout l’été. Bien sûr, un peu de basilic, de piments, d’origan et de verveine complètent ce minuscule paysage. Pour l’extérieur, vu la place occupée par ces deux plantes, j’ai deux pieds de concombre et deux de courgettes. De quoi bien manger tout l’été.

 

L’odeur que je trouve la plus surprenante et celle de la rouquette : vous secouez les branches et vous en avez plein les narines. Elle n’a rien à voir mais, moi qui n’ai jamais fumé, je reste nostalgique d’une autre odeur où il suffisait de remuer les feuilles : celle du tabac associée au mois de septembre.

 

Bien sûr, vous passez dans un rayon de supermarché et vous risquez de rater les odeurs en question. A moins que j’y prête moins d’attention qu’aux légumes que je ramasse sur pied.

 

J’ai dit que les fruits ont moins de variété mais il est fort possible que je trompe. Dans mon jardin, des cerises aux figues, ils défilent tout l’été. Après le fruit rouge, c’est le fruit jaune-orange avec les abricots, puis viennent les prunes reine claude, fragiles, les mirabelles et le premier chasselas précoce délicieux. Une vingtaine de poires pour arriver aux figues finales.

 

Avec un tel jardin si minuscule, ce n’est pas ce qu’on gagne qui compte, c’est ce qu’on vit. Pas simplement le souvenir en ce qui me concerne, mais la capacité à être ailleurs. Pas du tout le lien maintenu avec la nature, mais le lien avec le temps. Voir pousser des salades ou des radis, c’est comme l’abonnement à un mensuel. Par contre, attendre le chasselas c’est le retour des anniversaires. Comme je ne mets aucun produit de traitement vu que je n’attends aucun rendement, parfois d’une année sur l’autre, la maladie marque des points. Cette année c’est le manque de soleil du début juillet qui a assuré pas mal de retard.

 

Ensuite, des fruits et des légumes avec bocaux et congélateur, on est muni pour l’année.

Au-delà de l’odeur un point pour le fenouil qui n’en manque pas : ses feuilles extrêmement délicates sont toujours une surprise.

 

Et tout ceci représente du temps…. JPD

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 19:56

En 1989, j’étudiais une fête de Cladel, de juin 1935, qui a fait deux chapitres de mon livre : »Qui a tué Léon Cladel ? » Je retrouve aujourd’hui cet article qui me remet sur la piste de Cayla… A tout hasard je vous informe que le tueur de Cayla sera acquitté en 1937 !

Dorgères, inventeur des chemises vertes, organisateur d’un fascisme rural, est passé par Montauban et ces deux brèves du journal le plus à gauche du département à ce moment-là, témoignent d’un moment de la vie locale. JPD

 

 

Le Républicain 2-11-1935

Moissac : Sur les exploits des fascistes. En juin dernier, les Croix de feu assassinaient Cayla. Dimanche dernier, à Bressols, un de nos camarades socialistes a été victime des troupes de Dorgères. Ainsi, à quatre mois d’intervalle, les fascistes ont l’audace de revenir répéter dans le département leurs sinistres exploits.

 

Quoi d’étonnant à cela ? La justice prompte à sévir pour condamner à la prison les grévistes de Brest, de Toulon ou de Perpignan, use d’une complaisante lenteur et d’une excessive indulgence quand il s’agit de régler le sort des Croix de feu à Moissac.

 

Mais le temps s’écoulera en vain. Les Socialistes, dans leurs réunions de propagande qu’ils vont reprendre sous peu flétriront publiquement les actes criminels des ennemis du peuple.

La foule n’oubliera pas Cayla, ni ses assassins. XXX

 

Garganvillar

A propos de Dorgères

Il y a progrès à Garganvillar. A Revel : le maire, l’adjoint, presque tous les conseillers municipaux et 20 agriculteurs écoutèrent Dorgères. A Montauban : le maire, l’adjoint, trois ou quatre conseillers municipaux, et c’est tout. Il y a progrès… Les chefs marchent toujours, les troupes ne marchent plus. Mais que penser de notre maire, soi-disant gouvernemental qui va « bader » ce Dorgères qui a osé publiquement accuser à faux le préfet de Tarn et Garonne, ce Dorgères qui n’accepte même pas la contradiction ?

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 19:53

Cette fête de Cladel, ça fait deux chapitres de mon livre : »Qui a tué Léon Cladel ? » Je retrouve aujourd’hui cet article qui apporte des compléments avec le discours entier de Pouvillon. Le journal de droite n’a pas aimé le texte de Clovis Hugues, une poésie où au contraire, j’avais repris de larges passages… JPD

 

L’Express du Midi 6 août 1894

Paris 5 août 1894 Madame Veuve Léon Cladel obtient un bureau de tabac

 

Au même moment sur le même journal :

 

L'Inauguration du Monument Cladel à Montauban

De nos correspondants à Montauban

 Montauban, 5 août.

Il faut bien le dire, cette fête a bien peu remué la population montalbanaise. Elle est restée froide et si ce n'étaient les quelques mâts, supportant des faisceaux de drapeaux faisant flotter au vent les oriflammes nationales qui entourent le square de la Préfecture, rien n'indique que la ville soit en fête. Disons même que les habitués du square, ne sont qu'à moitié satisfaits ; pas moyen d'y pénétrer depuis quelques jours, et aujourd'hui, seuls, les invités y pénètrent. Dieu sait en quel état ils laisseront pelouses, bordures et corbeilles !

Au-dessus de ces petites merveilles florales et horticoles, l'estrade officielle est dressée, la fontaine monumentale est arrêtée et dans son bassin on a placé des chaises; les corbeilles sont encadrées de bancs, faible barrière contre le flot envahisseur.

La grande tribune est recouverte d'une toile immense que le plus léger coup de vent peut emporter, que la première averse peut crever, changeant la tribune en cascade.

Mais, le temps est superbe, le soleil radieux, la brise fraîche et tout fait augurer d'une journée sans nuages.

Avant de parler des cérémonies officielles, auxquelles nous n'avons pas été invités, et auxquelles, par conséquent, nous ne pouvons assister, personne n'y assistant sans des cartes rigoureusement personnelles, parlons de l'œuvre de l'artiste et de l'artiste lui-même.

Le buste se dresse à droite du promeneur, entrant dans le square, par la porte du côté de la préfecture, en face de celui entrant par la porte des allées Mortarieu, à gauche de celui venant de la rue de la République.

Pour la circonstance, il a été entouré d'une gracieuse garniture de fleurs disposée par MM. Castels père et fils.

L’œuvre de Bourdelle, nous l'avons déjà dit, et tout le monde le reconnaît, est fort belle.

Cladel, la tête baissée, profondément et énergiquement pensif, cherche sa phrase, son mot, son image qu'une plume, tenue d'une main fébrile va tracer sur le papier. Figure ascétique, émaciée, longue et lourde chevelure, barbe rare, en pointe, cravate négligeaient nouée et pendante, pardessus ample et flottant sur un thorax d'autant plus étroit que les bras se croisent sur lui, tout cela donne à l'œuvre un aspect fort sévère, dans lequel les saillies et les creux jouent l'effet des clairs et des ombres avec un rare bonheur.

L'œuvre artistique est réellement belle et bien placée dans le cadre qui l'entoure et l'entourera mieux encore les arbres grandissant.

Quels progrès a fait Bourdelle depuis que nous l'avons connu, dessinant à l'école de la rue de la Fantaisie ou sculptant chez son père, allées Mortarieu, au-dessous du Cercle de l'agriculture ?

Ses qualités, son talent naissant se firent bientôt remarquer et, en 1876, étant maire, M. Isidore Delbreil, père de M. Henri Delbreil, aujourd’hui maire, le conseil municipal lui vota une somme de 600 francs à l'Ecole des beaux-arts de Toulouse.

A ce propos, un de ses biographes, M. Charles Sauvier, nous dit :

« Mais le jeune Montalbanais, avec son Idéal d'art, ses conceptions précoces, son éducation formée par l'étude des vieilles et humaines images des cathédrales et la vue de quelques moulages et dessins de maîtres, ne fut guère apprécié dans cette école provinciale où est passé, il est vrai, un grand sculpteur, Falguière, mais d'où sont sortis tant de nullités tapageuses. Il n'obtint aucune récompense dans les divers concours. »

Bourdelle alla à Paris en 1885, entra à l'Ecole des beaux-arts et resta un an chez Falguière.

Mais bientôt il se créa un idéal artistique personnel, dans lequel idéal, le genre de Rodin se fait absolument sentir, et depuis l'on a cité de lui : Marsyas, la Première victoire d'Annibal, l'Amour agonise, Femme en pierre, le buste de Marais, médaillons de Michelet et d'Arago, qui devraient décorer deux pilastres de la grande porte du lycée et qui se morfondent dans notre lycée ; le buste de Mme la marquise de Mari, un Mécène pour Bourdelle ; un buste de M. Rousset, son ancien professeur; un buste de M. Nazon, superbe ; Paros, le buste de Coquelin cadet, une série de bustes fort appréciés, des cartons de dessins, de pastels, de peintures, très personnels ; un meuble en bois sculpté, portraits pour Coquelin cadet, etc.

Enfin, l'œuvre  que l'on inaugure aujourd'hui. En 1894, Bourdelle a été nommé secrétaire du jury du Salon du Champ-de Mars. C'est la carrière ouverte devant notre compatriote : il la parcourra sûrement, brillamment et sans forfanterie, car l'artiste est resté bon, simple, sans orgueil et accueillant à tous.

Son œuvre dernier né, Cladel, est de grandeur un tiers de plus que nature. Il est placé sur un piédestal en marbre de Carrare bleu turquin, d'un goût très sévère et fort approprié à l’œuvre.

Sur la face antérieure du socle, ces deux seuls mots : LÉON CLADEL en lettres d’or.

Signalons cette particularité que le comité a supprimée, cette lettre fort significative A, qui devait précéder les mots ci dessus.

Les fêtes, ou plutôt la fête, a commencé, hier matin, à 9 heures.

Le comité Cladel : MM. Pouvillon, Capdepic, Bourdelle, Lapauze, se sont rendus, en compagnie de MM. Catulle Mendès. Clovis Hugues, Maurice Rollinat, Ferdinand Fabié, Lafagette, X. de Ricard, Albinet, au musée de la ville pour lui offrir le portrait de Cladel, par Guth. M. Montastruc, oncle de Cladel, était présent.

Les honneurs de la maison ont été faits par M. E. Forestié, directeur du Courrier et du Quercy, secrétaire de la Société archéologique ; par M. Bouis, conservateur du musée, et par M. Marre, professeur municipal de dessin.

L'œuvre de Guth est un fort joli fusain, très vivant et qui doit être ressemblant, quoique cette tête nous paraisse singulière, à côté de celle de Bourdelle.

Ces messieurs ont ensuite admiré les chefs d'œuvre de notre musée, surtout les collections d'Ingres.

L'on est ensuite allé rendre visite à Mme Cladel et à ses enfants, qui sont descendus chez  M. Lugol, le traducteur de Carducci.

Le déjeuner de midi a donné à tout le monde les forces nécessaires pour la cérémonie du soir.

A cette heure, M. Armand Silvestre était arrivé.

De tous les invités dont on avait annoncé la venue, seuls, ceux que nous venons de nommer, ont répondu à l'invitation. MM. François Coppée, E. Zola, Aicard et tant d'autres sont absents.

 

2 heures précises, heure où devait commencer la cérémonie d'inauguration, il y avait bien trois cents personnes autour du square et cinquante à l'intérieur.

A 2 heures et demie, le cortège officiel arrive, précédé de quelques minutes par Mme Léon Cladel et ses enfants.

L'accueil est des plus froids. La préfecture, le monde militaire, la municipalité ne sont en rien représentés. Le monde gouvernemental s'est abstenu sur toute la ligne. Dans le square, très peu de monde ; même ceux qui ont des cartes ne sont pas venus. La Société chorale ouvre la fête en chantant un de ses meilleurs chœurs, les Paysans de Saintis, qu'accueillent quelques applaudissements.

Le voile recouvrant l'œuvre de Bourdelle tombe aussitôt, les applaudissements sont plus maigres encore et les discours commencent. Les portes du square sont alors grand' ouvertes au public qui se précipite sur les pelouses, les corbeilles sont peu respectées. Il y a bien 500 personnes qui veulent entendre et n'y réussissent point.

M. Pouvillon ouvre le feu par le discours que voici :

« Ceux d'entre vous, messieurs, qui n'avaient connu Léon Clade qu’en ses robustes années de jeunesse et d’apprentissage, s'étonneront peut-être devant le masque tourmenté, douloureux tragique presque, du Cladel vieilli avant l’âge que leur offre notre éloquent sculpteur, Emile Bourdelle. Ils s'étonneront moins s'ils veulent bien réfléchir à ce que fut le labeur du maître écrivain montalbanais.

La vie littéraire est dure à tout le monde, on le sait, et peut être ceux-là ne doivent-ils pas espérer de vivre intacts qui osent former le souhait de ne pas mourir tout entiers. Mais combien plus âpre, plus dévorante cette bataille pour les entêtés, pour les enragés de l'Idéal, pour ceux qui refusent de jeter en route comme un bagage inutile leur probité, leurs scrupules d'artiste.

Les témoins ne manquent pas ici— et je les remercie en votre nom d'être venus entendre notre fête de famille — les témoins ne manquent pas pour vous dire avec plus d'autorité que je ne puis le faire, l'effort opiniâtre, la montée ardente vers le mieux de l’auteur jamais satisfait de ses œuvres de pierre et d'airain qui s'appellent Ompdrailles ou la Fête votive de Saint-Bartholomé Porte-Glaive. Cette rare énergie, cette obstination à vouloir, je serais presque tenté d'en faire en partie l’honneur au sol natal. Au moins les retrouvons-nous chez un autre de nos concitoyens, chez ce peintre soucieux de la perfection, chez ce dessinateur acharné à poursuivre, à serrer les formes changeantes de la vie, chez cet artiste discuté et si glorifié de son vivant et que ne troublèrent jamais ni les attaques ni les louanges — chez Ingres de Montauban.

Ingres et Cladel ! Ce rapprochement n'était pas sans intérêt à noter. Il est vrai que, s'ils eurent tous les deux la même fidélité à leur Idéal, la même verdeur un peu âpre et intransigeante à le défendre, il faut bien reconnaître que leur idéal ne fut pas le même. Champion de l'autorité, pontife d'une religion dont Raphaël était le dieu unique Ingres ne cessa pas de se contraindre et surtout de contraindre les autres aux observances de ce culte officiel. Pour Cladel, au contraire, comme pour toute la génération romantique, la personnalité de l'écrivain est tout, l'art n'a pas d'autres lois, ne connaît pas d'autres limites que la puissance d'imaginer et d'exprimer.

Personne peut-être n'a poussé aussi avant que le romancier quercinois les conquêtes de cette esthétique; personne n'a demandé plus que lui à l'expression : personne ne lui a fait rendre davantage. Entre lui et le verbe, c'est un duel, un corps à corps de tous les instants. Ses outils en main, ses dictionnaires, ses lexiques, il forge, le bon ouvrier, il lime, il cisèle; harassé, supplicié, découragé jamais. Sa vision est devant lui ; coûte que coûte, il la mettra sur pied. Mais pour y arriver, quel effort ! Ce n'est pas assez des ressources de l'imagination, celle de Cladel, toujours cabrée, toujours haletante! — il y faut encore les finesses du praticien, les formules héritées des maîtres stylistes, l'art des cadences et des rythmes.

Et quand on croit que tout est fini, tout est à recommencer. Oh ! la noble inquiétude du mot répété, le scrupule excessif peut-être de l'hiatus entre deux phrases. Et ces phrases elles-mêmes ce n'est rien qu'elles vivent, si elles ne se soudent pas l'une à l'autre dans l'unité du chapitre, du livre. Alors, les ratures pleuvent, les pages succèdent aux pages, les épreuves aux éprouves : deux ans de travail pour la Fête votive, cinq pour l'Homme-de la-Croix -aux-bœufs, dix pour Crête-Bouge.

Ne soyons pas surpris, Messieurs, si dans cette lente manipulation, l'image rurale se déforme, agrandie par l'essor de la phrase. Cela n'est peut être pas plus mal ainsi. Tant pis pour la réalité si les inventions de l'artiste ne sont pas juste à sa taille. Et pourquoi, je vous prie, le poète ne disposerait-il pas à son gré de ce monde extérieur dont la science elle-même ne perçoit à prendre que de contestables apparences ?

Les paysages, l'homme, tout est héroïque, tout est épique chez Léon Cladel ; en bien comme en mal, ses paysans sont plus grands que nature, et sa nature elle-même est taillée à la mesure de ses songes.

Soit ! Prenons-le donc et goûter-le pour ce qu'il est. On peut sourire de l'histoire anecdotique et sentimentale accommodée à la façon des Trois Mousquetaires ; qui penserait à chicaner la géographie de la Légende des Siècles ?

Pour moi, Messieurs, je sais gré à Léon Cladel de m'avoir donné une image a ce point transformée de notre Quercy. C'est comme une seconde et plus grandiose patrie qu'il a littéralement ajoutée à la première, un endroit de rêves pour les âmes d'échapper aux réalités immédiates.

Idéaliste, notre concitoyen ne le fût pas seulement en littérature. Le révolté (illisible) dans une vision écarlate. Il eût vis-à-vis de la société les mêmes exigences, le même souhait de perfection qu'il avait avec ses phrases, il raturait, il biffait aussi impitoyablement que ses manuscrits, les consultations, les codes, les décalogues.

La matière seulement était plus résistante.

Vous n'attendez pas de moi, messieurs — nous ne sommes pas ici pour cela — que j'expose devant vous, pour les discuter ou les louer, les théories politiques et sociales de Léon Cladel. Théories d'ailleurs ne serait pas le vrai mot, aspirations plutôt, affirmations si vous aimez mieux ; de système arrêté, déterminé, je n'en vois pas trace dans l'œuvre de notre concitoyen. L'action d'ailleurs lui répugnait, trop inférieure à la pensée ; le silence des bois accompagnait mieux ses méditations que les discordances de la vie.

Ni tribun, ni Journaliste, Léon Cladel fût plutôt, en sa solitude de Sèvres, comme une sorte d'ermite de la Révolution, et, si la cloche de son ermitage sonna quelquefois le tocsin, au moins le sang des guerres civiles ne mouilla-t-il jamais les mains de l'ermite. Sa politique fut plutôt un mouvement de son cœur, qu'un calcul de son esprit.

Hélas ! Messieurs, la misère et la plainte de la race humaine sont l'une autant que l'autre éternelles. De siècle en siècle les littératures et les bibles se renvoient les échos de cette souffrance et de cette pitié, Léon Cladel fut un de ces échos les plus émus, les plus sonores.

Ce dur forgeron de vocables, ce sonneur à pleins poumons des agressives fanfares, s'attendrissait devant un chien battu, pleurait devant une enfance à l'abandon.

Et n'est-ce pas une déshéritée, encore une opprimée, celle qu'il a célébrée, qu'il a magnifiée en de si belles pages — les plus belles peut-être de son œuvre, cette patrie quercinoise, à laquelle il garda toute sa vie un si tendre attachement ?

Provincial de cœur, après trente ans d'exil, barbare mal apprivoisé, toujours défiant des coquetteries de la gloire parisienne, notre concitoyen ne cessa pas de protester contre la tyrannique suprématie de la Grande Ville, de la Villasse comme il l'appelait, parfois, en ses boutades ; il ne cessa pas de réclamer contre elle l'affranchissement, l'autonomie de la Province... »

 

MM. François Fabié, Delthil, Paul Estieu félibre, Clovis Hugues, Catulle Mendès, Lafagette, Quercy, de Ricard et Armand Silvestre lui succèdent.

Le temps et l'espace nous manquent pour rendre compte de ces œuvres oratoires, mais, MM. Clovis Hugues dans la fin de sa poésie, Xavier de Ricard dans toute son œuvre oratoire ont fait autre chose que travail littéraire.

Nous reviendrons sur ces prétendues manifestations littéraires.

A quatre heures moins le quart tout était fini, la foule s'écoule un peu désappointée.

On regarde très curieusement MM. A. Silvestre, Catulle, Mendès, Clovis Hugues. Avec leur tête de bons bourgeois, MM. Rollinat et Fabié passent plus inaperçus. Le public n'étudie pas assez la finesse du regard, miroir de l'intelligence, et se laisse griser par l'extérieur.

Et voilà la cérémonie terminée, plus rien, sauf le banquet. On doit paraît- il être chez soi a cette fête, tout aussi littéraire que celle de la journée.

Pendant que les cent dégusteront la fine cuisine de M. Rouquayrol, tout Montauban sera au Cours écoutant l'excellente musique du 20e. Cela vaudra sans doute autant.

(pas de signature)

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 20:44

femmes-en-noir.jpg

La Estrella d’Arica c’est le journal local de cette ville du nord du Chili où le printemps est éternel. En ce 12 septembre il consacre quelques lignes à une lutte qui ne fera jamais la Une des journaux du monde même si elle dure depuis 28 ans ! Vous imaginez, depuis 28 ans ces femmes en noir (ou femmes en deuil) viennent réclamer les disparus. Les Mères de la Place de Mai, d’Argentine ont franchi les limites du pays mais pas celles du Chili. Elles étaient une cinquantaine en ce 11 septembre, devant la Cathédrale San Marcos pour se rappeler au bon souvenir de quelques assassins. « Une exigence claire de vérité et de justice est demandée à l’Etat chilien » a dit Carolina Videla.

Le même jour dans la ville les gaz lacrymogènes ont encore frappé contre les étudiants…

JPD

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 20:40

Mussolini était à Genève du 1er au 31 mars 1904 sauf le 19-21 mars il il était au congrès de l’Union socialiste italienne à Zurich puis le 14 avril c’est son expulsion.

Pour la célébration de l’anniversaire de la Commune de Paris, Mussolini fera un discours à Genève, Lénine aussi mais sans qu’on soit sûr qu’ils aient été à la même réunion.

A la Bibliothèque de la ville Mussolini a laissé sa trace avec la liste des livres consultés ;

Stein, Voltaire, Labriola, Enrico Ferri, Nietzsche (deux livres), D’Annunzio (3 livres) Paul Bourget, Paul Renard, Henri Lichtenberger

Le Peuple de Genève du 26 mars 1904 écrivit : « Le discours italien fut prononcé par le camarade Mussolini qui en des termes fort éloquents a fait le procès des détracteurs de la Commune de Paris et tracé à la classe ouvrière le chemin à suivre pour s’assurer les libertés nécessaires à se pleine émancipation. »

 

De toute façon, dès cette époque les deux hommes devaient se connaître.

 

Dans les œuvres en 45 volumes de Lénine, d’après l’index, il n’a jamais évoqué Gramsci mais trois fois Mussolini. Le 9 janvier 1915 il traite Mussolini de social-chauvin puisqu’il souhaite que l’Italie entre dans la guerre. En 1918, dans Le socialisme et la guerre, nouvelle mention de Mussolini au sujet du parlementarisme. Et pour terminer dans le tome 45 sur la fin de sa vie, Lénine mentionne Mussolini quand, le 1er novembre 1922, une bande de fasciste attaque révolver au point, le service commercial de la Représentation de la RSFSR [URSS] en Italie. Ils vont abattre un des employés et c’est donc suite à ça que Lénine envoie cette lettre à Tchitchérine :

« Camarade Tchitchérine, ne devrions-nous pas chercher querelle à Mussolini et partir tous (Vorovski et tous les membres de la délégation) d’Italie, en commençant contre elle une guerre de harcèlement à cause des fascistes ? Nous ferons ainsi une démonstration à l’échelle internationale. Le prétexte à la querelle est commode : vous avez molesté nos compatriotes, vous êtes des sauvages, de Cents noirs, pire que ceux de Russie en 1905, etc., ect.

A mon avis, il faut le faire.

Ce sera une aide sérieuse de notre part au peuple d’Italie. Votre Lénine

 

Pourquoi cette question ? Nous verrons… Jean-Paul Damaggio

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