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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:25

LGV : La parole à l’USV

 

Dans un document de 18 pages fortement documenté, Thierry Fourcassier fait le point de la situation de la LGV Toulouse-Bordeaux. Il reprend soigneusement toutes les informations nouvelles et nous retenons ici les suites analysées d’une délibération la Commission européenne et les éléments financiers. JPD

 

 

« En termes de projet [de la commission européenne] est apparu le tronçon Bordeaux Toulouse à l'horizon 2030.

Mais nous ne constatons aucun écrit dans le document du RTE-T 2030 ne mentionnant

           ni le tronçon Toulouse Narbonne, tronçon pourtant primordial pour la viabilité du tronçon Bordeaux Toulouse,

           ni la TCP, Traversée Centrale des Pyrénées, maillage également complémentaire, projet pourtant plus avancé dont les études ont déjà été engagées et financées.

En terme de financement européen le tronçon Bordeaux Toulouse ne se situe qu'à l'horizon 2030 et ne se trouve qu'actuellement dans un processus de concertation. Ce dernier est uniquement destiné à attirer d'éventuels capitaux privés pour renouveler l'exemple d'un montage financier PPP établi pour Tours Bordeaux. Certes le PPP a montré son efficacité mais également ses limites avec les nombreux retards et désistements de plusieurs collectivités territoriales. A l'heure actuelle aucun indicateur ne permet la faisabilité d'un montage équivalent.

Il appartiendra aux États membres de soumettre des propositions détaillées à la Commission et ensuite un financement de base serait alloué. L'Union Européenne ne pourra pas financer la totalité des projets envisagés. Ainsi le niveau précis des fonds européens disponibles dépendra également des propositions nationales,

L'Union Européenne s'engage à cofinancer les travaux à hauteur de 20% du coût du projet, voire 40% s'il s'agit d'une infrastructure transfrontalière. Le maillage incomplet actuel car non transfrontalier entraine une baisse des subventions européennes.

Selon la Commission Européenne

«Pour la période 2014-2020 du financement une importance particulière est donnée au financement de projets transfrontaliers qui ont la plus haute valeur ajoutée européenne. »

«Toutefois, étant donné en particulier la période financière difficile. il est nécessaire de recentrer les dépenses européennes de transport à l’endroit où il donne le maximum de valeur ajoutée pour créer un réseau de base européenne solide. »

 

Aujourd'hui nous n'avons aucune garantie que l'Europe participera financièrement à ce projet de Bordeaux —Toulouse. Projet non situé dans les axes européens des transports définis par l'Union Européenne et projet sans aménagement prévu pour le fret et uniquement à vocation pour les voyageurs.

 

Décisions prises par le Portugal :

Juin 2010 : Lors de la Conférence sur les Réseaux Transeuropéens de Transport (RTE-T) Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports, José Lopez Blanco, Ministre espagnol et Antonio Mendoça, Ministre portugais des Transports signent une déclaration d'intention sur le projet prioritaire européen « Ligne à grande vitesse (LGV) du Sud-ouest de l'Europe »,

Juin 2011 : Devant le contexte financier, le gouvernement portugais se donne comme priorité de ramener le déficit public de 9,l°/ du PIB en 2010 à 3% en 2013. Le gouvernement a donc en conséquence décidé de « suspendre » la construction de la LGV Lisbonne-Madrid, dont l'achèvement était prévu pour 2013.

 

Décision de la Commission Européenne en octobre 2011

«Portugal: Inclusion of the core ports of Sines, Lisbon and Porto (Leixoes,).

Inclusion of major axis in the comprehensive and core network, notably Lisbon-Madrid and Porto- Valladolid. »

 

Financement national

[Le texte part du rapport Mariton]

 

« Le Snit qui fait la part belle au ferroviaire avec 145 milliards d'euros d'investissements (55,6% des dépenses totales) comporte pour 260 milliards de projets, dont 160 milliards de développement, « hors dépenses du Grand Paris », précise le député Mariton.

L'Etat devrait apporter 86 milliards, les collectivités territoriales 97 milliards, le solde serait financé par des concessionnaires ou d'autres partenaires privés, et par Réseau ferré de France (RFF) « dont la dette passerait alors de 28 à 35 milliards d'euros sur 15 ans ».

« Tous les projets ne sont pas finançables et l'Etat ne peut plus se défausser sur RFF »,

Seule « une part mineure pourra provenir des recettes d'exploitation », ii faudra donc mobiliser les fonds publics « à concurrence de 45% à 90?/o des investissements ». Hervé Mariton considère que l'Etat a tendance à surestimer les trafics attendus, et que même sur des lignes très fréquentées comme la LGV Paca, le taux de couverture des investissements par les recettes n'est que de 10%.

 

4 projets de LGV  sont déjà engagés; pour 17 milliards d'euros : Rhin-Rhône (Strasbourg-Lyon), Phase 2 du TGV Est, Bretagne-Pays de Loire et Tours-Bordeaux (par laquelle selon Hervé Mariton, de tous les exemples étudiés pour son rapport, cette LGV offre les meilleures perspectives de recettes (55% des investissements programmés). Et pourtant, le bouclage financier s'est révélé plus difficile à tenir que prévu et n'a pu se faire que grâce à l'Etat qui a dû payer pour les collectivités refusant de participer.

 

13 autres projets pour 86 milliards d'euros ce qui amène à s'interroger sur les 13 autres projets de LGV dont Bordeaux-Toulouse. Le gouvernement va devoir se prononcer sur la suite à donner à ces projets plus ou moins amorcés, dont le coût total est estimé à 86 milliards d'euros.

D'une manière générale, le rapport constate la « fragilité financière » du SNIT., dont le coût total est chiffré à 260 milliards d'euros sur vingt-cinq ans. Or « la dépense totale qui résulterait de la réalisation intégrale du schéma excède de très loin les moyens de financement actuellement mobilisés au regard de la situation très contrainte des finances publiques et de la dynamique de croissance actuelle », est il écrit. Par ailleurs, le député rappelle également que « les préoccupations environnementales ne doivent pas conduire à négliger l'entretien du réseau routier ».

M Henri Emmanuellti député PS

«ce schéma national n'est pas crédible ».

M François Goulard, député U.MP

« aucune priorité n'est définie, le financement n'est pas crédible »

M Daniel Paul, Gauche Démocrate et Républicaine :

« plusieurs projets envisagés ne verront pas le jour »

M Jean-Claude Sandrier, Député Gauche Démocrate et Républicaine :

« il faut faire un choix quant aux lignes à grande vitesse qui sont prévues, ne pas réaliser les lignes qui ne sont pas rentables »

Le groupe de réflexion TDIE (transport, développement, intermodalité, environnement), qui regroupe élus et professionnels :

« Certains projets risquent de ne pas être retenus malgré leur pertinence, parce qu'ils apparaissent infinançables » »

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:23

LGV : La parole à la maire de Campsas

 

Ce document recoupe d’autres observations d’élus sur la ligne LGV. La fonction des élus est en effet de défendre les intérêts des habitants si la construction de la ligne voyait le jour et ce texte permet d’entrer dans le détail des problèmes. A la différence de la délibération vague de la commune de Castelsarrasin quant aux informations et propositions, ce texte détaille les responsabilités.

Nous avions appris la création de l’association des 31 communes et nous nous étonnons qu’elle ne fédère pas les réclamations par une position clairement affichée.

Aux élus de continuer à travailler pour pointer les aberrations – et nous nous en ferons l’écho si nous les connaissons. Aux associations de fédérer ces réclamations pour rappeler qu’il est encore temps de dire NON à la LGV. La colère monte un peu partout, nous la relayons. JPD

 

 

 

Campsas, le 27 octobre 20

Madame le MAIRE de CAMPSAS

A Monsieur LE PREFET de la REGION MIDI PYRENEES

Monsieur le Préfet,

 

Vous demandez aux collectivités impactées par le projet de ligne à grande vitesse, de faire connaître individuellement leur avis sur le tracé du grand projet ferroviaire du sud-ouest.

Tout d'abord, je tiens à vous préciser que le centre bourg de Campsas se trouve très proche de la zone concernée par cet ouvrage et que l'impact sur l'environnement notamment sur les milieux humains et naturel sera inéluctable, ici plus qu'ailleurs. Je souhaite également vous exprimer le sentiment des élus locaux qui estiment avoir été grugés par RFF et qui considèrent que, contrairement à ce que déclare le maître d’ouvrage, aucune concertation n’a eu lieu. Je parlerai au mieux d’une information parfois même extirpée par les élus.

 

Selon les derniers éléments en notre possession, présentés au cours de la réunion du 19 septembre dernier, une situation nouvelle, encore plus préjudiciable, est apparue. Elle porte sur le tracé proprement dit ainsi que sur les incidences qui en découlent :

 

1 ) concernant le tracé : (cf profils en long et vue en plan) alors qu’un tracé – faisant figure de compromis aux dires de RFF – avait été acté par le comité de pilotage du 23 juin 2011, des modifications sont intervenues au cours de l’été, dans la traversée de la commune, sans qu’aucune information préalable n’ait été donnée aux élus concernés et je tiens à le souligner, ces modifications sont encore susceptibles d’évoluer.

Ces changements ont pour effet :

- d’éloigner la ligne à grande vitesse de l’autoroute, dénaturant encire plus le paysage, laissant des espaces importants enclavés entre les 2 ouvrages, espaces pour lesquels les élus ignorent quelle sera leur destinée et qui les gèrera,

- de prévoir des passages de la ligne en remblai alors qu'il avait été présenté, lors des différentes réunions, un passage en déblai sur une grande partie du territoire de la commune. Les derniers profils en long ainsi que la dernière proposition de tracé, communiqués tout dernièrement sur mon insistance, en témoignent.

 

2) concernant les aménagements paysagers et acoustiques : alors que la ligne traverse la commune sur une longueur de 3 kms 300, des protections sont prévues sur un linéaire maximum de 700 mètres, côté est, et de 200 mètres, à l’ouest.

 

3 ) concernant les rétablissements : comme je l’ai écrit plus haut, beaucoup de terrains dont certains à vocation agricole vont se retrouver enclavés entre l’autoroute A62 et la LGV. De même des accès à des propriétés privées ainsi que 3 voies de circulation et un ruisseau sont impactés.

 

4 ) concernant les acquisitions foncières : aux questions réitérées et précises des élus sur ce point, le maître d’ouvrage affirme aujourd’hui être dans l’incapacité d’apporter des réponse concrètes et se contente de répondre « ce sera au cas par cas ».

 

Devant toutes ces incertitudes et décisions arbitraires de RFF sans concertation préalable, le conseil municipal de Campsas au cours de sa séance du 25 octobre 2011, a émis un avis défavorable sur le projet et fait ressortir les exigences suivantes :

1 ) concernant le tracé : la position des élus de la commune qui, depuis le début, a été de plaider un passage au plus près de l’autoroute A 62, le plus possible jumelé au premier ouvrage, dans toute la traversée de la commune ainsi que la protection de la continuité des paysages par une tranchés couverte ou un passage en déblai offrant un impact visuel moindre, est réaffirmée.

2 ) concernant les aménagements paysagers et acoustiques : les élus demandent une explication plausible sur le choix arbitraire de RFF quant au positionnement des aménagements paysagers tels qu’ils figurent sur le dernier plan ainsi que la nature de ces aménagements, les boisements en pins n’étant pas adaptés. Ils préconisent que soient privilégiées les essences à racines profondes et à croissance rapide.

Pour la protection des nuisances sonores, les élus exigent la mise en place de protections acoustiques à la source, efficaces, de part et d’autre de la ligne dans toute la traversée de la commune ainsi que des composants de voies à faible émission sonore.

Par ailleurs, ils réitèrent leur demande pour que leur soient transmises les mesures d’intensité sonore réalisées, indiquant les fréquences, les lieux, les conditions météorologiques et l’enregistrement des variations du niveau sonore dans le temps.

3 ) concernant les rétablissements : les élus sollicitent le désenclavement de toutes les parcelles comprises entre l’autoroute et la LGV qui n’auront pas été expropriées, avec un rétablissement et un accès au plus près des parcelles.

A propos du rétablissement des voies de circulation, il a été demandé à RFF de :

- prévoir l’intégralité des rétablissements su suffisamment dimensionnés pour permettre le passage des engins agricoles

- prendre en compte pour le dimensionnement des ponts rail et ponts route, l'évolution immanquable du trafic routier à venir, engendrée par l'arrivée de la gare TGV à proximité et par le développement de la zone Grand Sud Logistique. De même il a été recommandé par les élus, d'intégrer des possibilités de cheminements doux tels que pressentis dans le schéma territorial de déplacements en projet sur le territoire, porté par la communauté de communes.

4) concernant les acquisitions financières : les élus réclament que soit proposée systématiquement l'acquisition de tous les biens (habitations, bâtiments, terrains) situés dans le fuseau d'étude et laissée à l'appréciation des propriétaires.

5) concernant la phase des travaux : aucune information n'ayant pu être obtenue à ce jour sur ce point, les élus souhaitent être informés dès à présent des mesures de prévention prises par RFF pour limiter les impacts temporaires liés au chantier de construction (nuisances sonores, impact sur l'environnement, déplacements des engins etc...)

Même si nous sommes conscients que le choix de Réseau Ferré de France, pour des raisons d'ordre économique, est d'éviter les propriétés bâties, nous ne pouvons accepter que ce choix se fasse au mépris du respect de l'environnement humain et naturel.

Je vous remercie par avance de l'intérêt que vous porterez à ce courrier et vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de ma très haute considération.

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:22

Michel Veyres a lu Les Maisons roses

 

Dans le dernier numéro des Nouvelles du Tarn et Garonne, Michel Veyres consacre sa chronique habituelle au livre de Jacky Lagrois. Bonne lecture. JPD

 

Au bout d’un chemin gris… le soleil ?

 

Un récit, particulièrement dense, c'est celui que nous offre Jacky LAGROIS qui vit à Montauban, le récit (1) d'une vie entre passé et futur. Un trait a été tiré, semble- t-il, avec l'écriture de celui-ci... Le hasard d'une rencontre à Montreuil, lors d'une fête, fait découvrir à l'auteur, avec la belle, 1'Occitanie. Il se sépare de la première comme il a quitté les précédentes et renoue avec le sud, autre hasard, à Moissac où le mène une invitation. Là, il y fait la découverte de Françoise... mais ce n'est pas facile pour un Parisien de quitter sa ville... Il y parvient et finit par s'installer « à Montauban à l'ombre d'Olympe de Gouges ».

Une entreprise d'ingénierie l'embauche à Toulouse. Le directeur général y fait la pluie et le beau temps s'exerçant pleinement à accomplir la seconde partie de son titre... L'auteur, délégué du personnel, va finir par démissionner. Il est devenu le mouton noir du patron dans l'univers de l'exploitation capitaliste : c'est la « descente en enfer » du salarié qui, par solidarité, défend les autres, autres n'est pas loin d'autrui et l'altruisme se porte mal dans ce monde-là. Vient la lente description de la « mise à mort et l'attitude du directeur lors du décès d'une salariée, l'inhumanité d'un « patron professant le libéralisme mais vivant.., des marchés d'État ». Jacky connaît alors l'angoisse à chaque moment passé dans l'entreprise, l'isolement «Il y avait une meute, et un chef » avec « le règne du chacun pour soi ». La déprime est au bout. On peut s'interroger à juste titre sur la validité de ce système qui écrase l'humain.

Françoise est là qui apporte ses mots, insuffle de l'avenir, compréhensive. Un jour de juin. c'est une sortie en vélo pour un tour à Verdun-sur-Garonne à la fête de l'Huma tarn-et­garonnaise, ses stands, la camaraderie retrouvée.., le tiroir des souvenirs s'ouvre à travers un aller et retour entre passé et présent. Nous découvrons une enfance dans un vieil immeuble du XIème à Paris, une sœur plus âgée, le père ouvrier dans une usine de Péchiney, la Résistance et son militantisme au P.C.F., plus tard l'H.L.M.. Le paradis ou presque mais va apparaître la crainte, l'angoisse des différents moments de la journée, la mère du matin et la mère du soir pour l'enfant « j'ai dix ans et je suis le fils d'un héros ». L'histoire du temps imprègne celui-ci avec la fin de la guerre d'Algérie et l'OAS, Charonne... Un temps où l'on souhaite que la vie ne soit faite que de samedis et de dimanches.., les drames familiaux, la découverte de la Corse avec les colos. La guerre du Vietnam crée les circonstances de l'adhésion aux Jeunesses Communistes et mai 68 apporte les rêves évanouis ; l'apprentissage dans une imprimerie en tandem avec l'école afférente... « Un jour le diable s'invite ».

Avec ce récit où se mêlent les joies et les bonheurs, la vie parisienne, les expériences libertaires, la découverte des autres et les voyages, les plongées dans les pays du Tiers- Monde, l'auteur « fait aussi de valeurs et de sentiments » trace un chemin où apparaît le soleil, au bout de la densité de l'écriture. De la vie.

Michel VEYRES

(1) « Les maisons roses » récit de Jacques HUIBAN LAGROIS. Ed. La Brochure. 2011 (287 p. — 19 €)

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:22

angela.jpg

 

Un nouveau mouvement social considérable traverse les USA. Il fait penser aux luttes des latinos d’avant l’arrivée au pouvoir d’Obama. Le port et la ville d’Oakland est devenu un des symboles très fort d’occupations ayant débutées à Wall Street. Les autorités ont décidées de siffler la fin de la « récréation » et peut-être qu’à l’heure où j’écris, le nettoyage aura été achevé.

 

Ils sont des milliers à demander des emplois, une meilleure éducation, un meilleur service de santé et c’est trop ! Protester pour des raisons aussi futiles, vous n’y pensez pas ! Les maîtres ont annoncé la couleur : nous avons compris le message et à présent ça suffit. Sans rien régler il faudrait revenir à la normalité après cinq semaines d’occupations diverses. La démocratie ça serait de vider son sac, puis, sans rien régler, de revenir au quotidien.

 

Cette action populaire prend diverses formes allant des occupations pacifiques au blocage par exemple du port d’Oakland. Les agitateurs de la nuit sont-ils là pour casser le mouvement global ? Ou expriment-ils vraiment une rage plus forte que les actions non violentes ? Comme toujours les médias se sont précipités sur les fumées des gaz lacrymogènes !

 

« Financez nos écoles et nos services, pas les banques » voilà une banderole à valeur internationale qui a été portée par des milliers de personnes et aussi des milliers de grévistes.

La place symbolique, Oscar Grant Plaza, a finalement été vidée de ses manifestants dans le cadre d’une opération de police (publiques et privées) la plus chère de l’histoire de la ville.

La grève générale avait été décrétée le 2 novembre : écoles, services, banques, commerces, une ville paralysée, les ouvriers du port ayant apporté leur part à l’action. Le cinquième port du pays, fermé ! Il y a là un des syndicats les plus progressistes du pays.

Le pique-nique de la grève aurait rassemblé 10 000 personnes (20 000 disent les organisateurs)  ! Le secteur en pointe fut celui des syndicats des écoles publiques.

 

La mémoire de César Chávez a été rallumée. Et Angela Davis était là pour un discours (voir photo). Le mouvement est pour la première fois celui de toutes les générations, de toutes les couleurs, de toutes les espérances, ce qui ne signifie pas sans conflits internes. Comment tenir, comment généraliser la mobilisation, l’organisation, la colère ? Beaucoup croient que de tels mouvements étant spontanés, ils s’éteignent aussi vite qu’ils s’allument. Aucune généralisation n’est bonne ni dans un sens (le spontané c’est nul) ni dans l’autre (le spontané c’est génial). Toutes les révoltes retrouvent l’histoire sociale et toutes se doivent de la dépasser puisque cette histoire n’a pas empêché la montée en puissance de la force financière.

 

Mais bon, les journalistes officiels ont autre chose à penser que la nature des dites révoltes. Alors j’ai écrit ce petit texte. En espagnol, en anglais, sur internet vous tapez occupa et s suivant la ville de votre choix l’action sociale prendra diverses formes.

A suivre. J-P Damaggio

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:11

Saint-Antonin : la grotte du Bosc

 

En 1936 des spéléologues locaux découvrent une grotte qui deviendra un des attraits touristiques de Saint-Antonin. Gamin, c’est par un voyage scolaire que j’ai découvert le lieu, que j’ai visité ensuite trois ou quatre fois.

Nous sommes là à la rencontre de personnes ayant des loisirs pour explorer (les spéléologues) qui ainsi, alimentent le besoin naissant de loisirs touristiques. Cette présentation de la découverte me semble au carrefour symbolique de plusieurs phénomènes. Surtout si j’ajoute qu’un instit est à la base de cette histoire. Je dédie cet article aux amoureux de Saint-Antonin. Jean Paul Damaggio

 

Articles de La Dépêche du Midi

 

Les premiers visiteurs

Dimanche dernier a eu lieu l’ouverture tant attendue de cette merveille du sous-sol. La journée avait été en quelque sorte réservée aux Saint-Antoninois et amis voisins ; tous ceux qui ont visité la grotte en sont revenus enthousiasmés, regrettant qu’elle ne fût plus longue. C’est, qu’à chaque pas, à chaque creux ou à chaque protubérance, il y a quelque chose à voir et que nous indiquerons ici dans quelques jours avec plus de détails.

La grotte de quelques centaines de mètres de long, est un ancien lit de ruisseau souterrain et est sèche, même en hiver. Les concrétions les plus diverses, les stalactites bizarres y foisonnent. Lentement, inconsciemment, chaque goutte en se figeant a modelé une forme inattendue, que l’abondante lumière électrique fait ressortir. Ainsi, en cheminant, on rencontre : des mamelles, des orgues, des singes, une tortue, un arbre de noël, un verrou, des robinets, etc.

On passe ainsi par dix-huit salles plus ou moins vastes, en attendant que cet été, les hardis explorateurs de la Société de spéléologie de Saint-Antonin, continuent l’exploration de cette merveille quercynoise, au cachet si particulier.

L’entrée, indépendante de la sortie, est à quelques mètres de l’église du Bosc de Lacalm. On y arrive en prenant à Saint-Antonin, la côte d’Espinas, du sommet de laquelle on jouit d’un magnifique coup d’œil. Des poteaux indiquent la direction, et d’ailleurs, c’est un itinéraire très simple et qui plaira à tous ceux qui profiteront de leurs loisirs pour aller voir cette région si pittoresque et si prenante.

 

La présentation de la grotte

La grotte du Bosc près de Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne), a été découverte à la date et dans les circonstances suivantes :

Le 2 septembre 1936, quelques-uns des membres prospecteurs de la Société S.S.A.T. de Saint-Antonin se rendaient au Bosc, commune de Saint-Antonin, dans le dessein d’explorer une excavation s’ouvrant dans une carrière abandonnée.

Un puits vertical, de 3 mètres environ, aboutissait à un plan incliné prolongé par une fissure. Une descente pratiquée à la corde conduisit à un cul-de-sac s’achevant à une profondeur de 5 mètres environ au-dessous du plan incliné. Ayant abattu à très grande peine (la calcite à très gros cristaux était sur ce point d’une exceptionnelle résistance) une partie de la paroi, les explorateurs pénétrèrent dans un boyau qui, l’élargissant aussitôt, se prolongeait horizontalement sur 200 mètres environ.

Cette grotte est un des lits primitifs, mort après des millénaires, de la rivière souterrain du Bosc, qui coule maintenant beaucoup plus bas.

La grotte est constituée par un long couloir, d’une largeur moyenne de 3 à 4 mètres et d’une hauteur de 4 à 8 mètres. Quelques évasements forment des salles.

Si cette grotte manque du grandiose qui caractérise les abîmes comme Dargilan ou Padirac, elle brille entre les plus belles par l’extraordinaire profusion et la diversité à peu près infinie de ses concrétions.

Elle se pare de toute la féerie de la flore pétrée des cavernes. En ce qui concerne les fantaisies, si paradoxales et encore inexpliquées de ces cristallisations souterraines de la calcite, elle offre des illustrations pour toutes les hypothèses et propose certainement de nouvelles énigmes. Nulle part ailleurs, même au Grand-Roc, ne se trouvent entassées et juxtaposées tant de formes, de consistances, de colorations, de transparences diverses de la calcite. Végétations arborescentes, stalagmites excentriques, remontantes, flexueuses, efflorescences terminales hérissant des bourgeonnements ou des pendeloques, épanouissements vermiculaires, échevèlements cendrés et lichenoïdes, épaississements et étranglements soudains dans les stalagmites verticales etc.

Ajoutons qu’un diverticule, débouchant directement dans le puits où s’opéra la première descente, a révélé l’existence d’un ossuaire présentant un vif intérêt paléontologique : un crâne d’auroch a déjà été déterminé, ainsi que la mandibule d’un grand félin disparu, probablement le lion des cavernes. Les fouilles et les déterminations se poursuivent.

Nous ajouterons que cette grotte dont l’aménagement est terminé, sera ouverte au public au printemps 1937 (vacances de Pentecôte).

M. Raoul Régy, président de la Société de spéléologie de Saint-Antonin donnera sur demande tous les renseignements aux savants et aux touristes.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:11

Révolution de palais à Rome

Avec Reagan est venue l’heure de la révolution… conservatrice. Peu après avec Gorbatchev est venue l’heure de la révolution… dans la révolution. Bilan : avec les années 90 même le PCF avait relégué au magasin d’antiquité toute référence à la révolution, les peuples des pays de l’Est ayant finalement tourné la page du socialisme réellement inexistant.

Chavez est arrivé, armé d’une révolution bolivarienne, et le mot révolution a continué d’être brouillé jusqu’aux mémorables « révolutions arabes » fruit d’un engagement populaire mémorable dans un contexte général où l’heure est aux pires conservatismes.

Avec la Grèce puis l’Italie d’aujourd’hui nous en revenons aux révolutions de palais chères aux régimes d’avant la révolution française, et à tous les régimes autoritaires qui lui ont succédé.

La chute de Berlusconi est bien sûr plus emblématique encore que celle de Papandréou.

Berlusconi lâché par ses amis

Si nous étions dans la logique démocratique, la chute de Berlusconi aurait dû susciter des scènes de liesse dans les rues de Rome. La fin d’un caïman qui a façonné le pays depuis des années, c’est tout de même un choc ! Nous ne le saurons pas en France mais la société italienne continue d’occuper la rue pour manifester comme elle l’a fait tout au long du berlusconisme, des manifestations qui prouvent à contrario que la question du pays n’est plus Berlusconi depuis des mois !

J’étais en Italie fin septembre juste au moment où la TVA augmentait de 1% (de 20 à 21%) en septembre la fin de Berlusconi  et Berlusconi continuait de plastronner en disant qu’il était là jusqu’aux prochaines élections en 2013. Or toute la presse indiquait qu’il avait perdu le soutien de l’église, du patronat, d’une partie de la ligue du nord et que sa chute était seulement conditionnée à un point : qui oserait le remplacer ?

« Bruxelles » s’est chargé de la succession à Athènes comme à Rome car la démocratie est devenue un vieux souvenir de notre vieille Europe. Nous le savions, et nous le vérifions. Or le cas italien est emblématique car de Craxi à Berlusconi en passant par Monti, c’est Milan qui dicte sa loi à Rome, autrement dit c’est l’économique qui commande au politique et nous savons à présent où conduit cette stratégie…

Mario Monti le fonctionnaire

Super Mario, terme en référence à un jeu bien connu, a été étudiant, professeur, recteur et enfin président de l’Université de Milan. Comme la plupart des intellectuels italiens il est un pro-européen convaincu si bien que le non de la France à l’Europe l’a fortement énervé bien qu’à l’époque il ait été contraint d’abandonner son poste à Bruxelles. Il a l’art d’inverser les rôles : il reproche aux gouvernements incapables d’assumer leurs responsabilités, de faire porter le chapeau à l’Europe peu responsable des dysfonctionnements nationaux. « L’Europe c’est le bouc émissaire. »

Voilà l’extraordinaire titre de gloire qu’il retient de son passage pendant dix ans à la commission de Bruxelles où il avait la responsabilité de la concurrence : « J’ai vu des pays comme l’Allemagne qui, après d’exténuante résistance, a dû abandonner un privilège vieux de cent ans, la garantie publique des banques. » ! N’est-ce pas génial dans le contexte actuel ? D’autres retiennent le demi-milliard d’euros d’amende imposé à Bill Gates.

Malgré l’avis favorable de Barroso, il a été remplace en 2004 par Buttiglione et la rumeur a couru que ce fut à la demande de la France et de l’Allemagne. Berlusconi lui a expliqué qu’il s’agissait d’équilibre interne à sa coalition… Bref, voilà donc un homme ni de droite ni de gauche qui va conduire l’Italie en expert…

Et la gauche ?

Pierluigui Bersani (du PD : Parti démocrate) a fait venir à Rome voici deux ou trois jours, François Hollande, pour participer à un immense meeting (avec bien d’autres vedettes internationales). Je doute que nous ayons droit à un juste retour des choses à Paris. Donc, à Paris, les médias donnent l’impression de ne rien connaître de la gauche tellement Berlusconi était une référence facile pour faire vendre du papier. Aujourd’hui à 12 h 30 France Culture se permet d’inviter « une députée européenne verte » qui est obligé tout d’abord de rappeler au journaliste qu’elle n’est plus euro député et que les Verts ne sont plus au parlement italien.

Bersani, comme je l’ai déjà indiqué dans un article suite au référendum de juin 2011 en juin les fourmis font tomber l’éléphant , veut s’orienter vers une coalition surtout tournée vers la gauche et au meeting de Rome il en a fait la claire confirmation. « Non, le premier parti du pays ne sera plus une roue de secours. » dit-il en référence aux alliances centristes précédentes, derrière une autre vedette venue de Bruxelles : Romano Prodi. Ou, aujourd’hui, à celle suscitée par d’autres derrière Casini. Il annonce donc des pas en avant dans la construction d’un projet alternatif avec le parti de Di Pietro et celui de Ventola, deux partis qui s’implantent fortement au sud où le PD disparaît plus ou moins. Aujourd’hui en Italie, tout le monde en est conscient : « Face à l’argent la démocratie est optionnelle. » En conséquence, le départ de Berlusconi pourrait bien être son triomphe !

C’est Nichi Vendola qui le dit le plus clairement : « Si Monti accepte les propositions de l’Europe avec l’appui du PD alors ça ne sera pas seulement la défaite de la gauche mais la défaite de l’Italie. » Il propose trois mesures immédiates : la réduction des dépenses militaires, la taxation des transactions financières, une autre fiscalité sur le patrimoine. Et en même temps des mesures sociales. J’admire sa formule : « la militarisation de la politique » pour cataloguer la classe politique qui se comporte comme un sage petit soldat aux ordres des banques. L’heure est grave. 12-11-2011 Jean-Paul Damaggio

P.S. Depuis l’article j’ai vu à la télé quelques personnes manifestant leur joie mais l’esprit est ailleurs.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

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Pour fêter le départ de Berlusconi (que je ne confonds pas avec la fin du berlusconisme) je me suis replongé dans les écrits de Pietro Ingrao, ce communiste italien à ce jour jamais traduit en France et pourtant si phénoménal.

 

En 1986 est né dans notre pays, sous les auspices du philosophe Henri Lefebvre la revue M, Mensuel, Marxisme, Mouvement à laquelle je me suis aussitôt abonné. En 1989 j’y ai découvert la traduction d’un article de Pietro Ingrao et c’est à partir de ce moment là que je me suis mis à l’italien pour essayer de découvrir cette planète si proche. Autant dire qu’Ingrao a changé ma vie aussi pas étonnant si lors de mon dernier voyage dans ce pays j’ai rapporté un livre d’Ingrao qui est cette fois non un livre de poésies mais un livre de mémoires, ou plutôt de reconstruction de sa mémoire comme il le dit si bien. Je ne savais pas alors qu’il avait publié une réponse au livre si fameux de Stéphane Hessel. Ingrao est né en 1915 donc autant dire que son parcours politique est aussi considérable et aussi instructif que celui du Français.

 

J’en reste donc au témoignage qu’il a intitulé Volevo la luna. Il y raconte son voyage à Moscou en janvier 1980. L’URSS avait envahi l’Afghanistan et les dirigeants communistes souhaitaient recevoir leurs homologues européens pour appuyer leur acte criminel. Berlinguer refusa pour éviter que la presse, à cause de ce voyage, n’évoque une éventuelle complicité entre le PCI et le PC d’URSS et proposa à Ingrao de le remplacer car, vu ses positions critiques vis-à-vis de l’URSS, il était sûr d’éviter l’accusation de rapprochement avec Moscou. Ingrao fit le voyage et raconte comment les Soviétiques organisèrent de multiples pressions pour que le PCI se soumette, mais en vain : le communiqué commun affichait pour la première fois des divergences claires et nettes entre les deux partis.

Je rappelle ce souvenir car au même moment Georges Marchais fit le voyage, et hasard de la vie, j’entendis sa déclaration de Moscou à la télévision au journal de 13 h sur un écran allumé dans un supermarché. A un an des présidentielles, au moment où le PCF désignait Mitterrand comme une variante des candidats de droite, cet alignement sur Moscou me stupéfia. Un mot entra dans le langage politique : « paltoquet » : c’est celui que Marchais avait décidé de choisir pour désigner le socialiste Pierre Joxe. C’était le 13 janvier 1980, Marchais se fit le petit soldat des mensonges de Brejnev !

Aujourd’hui nous savons que les stratégies différentes du PCI et du PCF n’ont aucune des deux permis la naissance d’un communisme adapté aux temps présents. Dans les deux cas le résultat est le même : la marginalisation d’un courant d’opinion qui avait pendant des décennies passé la barre des 20%.

 

Avec Ingrao nous retrouvons des événements internationaux communs et bien sûr le « printemps de Prague ». Quand je compare avec la biographie de Waldeck Rochet écrite par Jean Vigreux, je constate que si côté italien, le soutien à la Tchécoslovaquie de Dubeck était total, l’action concrète pour arrêter les tanks soviétiques semble moindre. Alors que le dirigeant français s’est dépensé sans compter pour arrêter l’histoire, Ingrao observe que les dirigeants communistes italiens semblaient rassurés quant aux intentions soviétiques, leur secrétaire général passant ses vacances en URSS comme d’habitude. Donc il écrit surtout sur les suites :

« Je me souviens comme si c’était maintenant –avec colère et amertume – de cet événement fatal qui provoqua une faille profonde dans mes convictions et ma vie de militant. J’étais alors en vacances dans ma région natale. J’étais revenu avec ma famille d’une longue journée à la mer, quand tout d’un coup sonna le téléphone : on m’appelait de Rome, de « l’Unita » (le journal du PCI). On m’informait que des dépêches d’agence parlaient d’une entrée des chars soviétiques à Prague. Je n’ai pas hésité une minute et je me suis mis en route vers la capitale, avec le cœur bouleversé. Je suis entré dans une Rome plongée dans le silence nocturne. A l’Unita j’ai trouvé les camarades journalistes fiévreux et avec eux Cossutta membre alors du secrétariat du Parti [un pro-soviétique]. A Prague nous avions beaucoup de camarades, parce que dans cette merveilleuse capitale s’étaient réfugiés des partisans de la lutte de libération... » Et Ingrao rappelle sa passion pour cette ville et la décision prise aussitôt de condamner l’invasion. Personne ne peut refaire l’histoire mais tout le monde à droit de rêver qu’elle aurait pu se dérouler autrement. Parce qu’aujourd’hui encore, le monde pourrait changer autrement qu’aux ordres des marchés.

Sidérant n’est-ce pas, le changement de contexte ? C’est sans honte, que tout un chacun reconnaît que le nouveau gouvernement italien doit naître avant l’ouverture de la Bourse, le lendemain ! Sous-entendu : l’essentiel c’est que ce gouvernement plaise « aux investisseurs ».

 

Je trouve Ingrao très beau quand il parle de la Sardaigne, de l’Italie méridionale, de cette marque dans le pied de la botte. Peut-être inconsciemment a-t-il plaisir à se retrouver du côté des vaincus ?

13-11-2011 Jean-Paul Damaggio

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

PG : Les langues régionales

 

Le Parti de Gauche vient étrangement d’animer les débats au sein des défenseurs des langues régionales. Vous trouverez ci-dessous la déclaration que je vais commenter.

1 ) « Le Parti de Gauche est interpellé… » : je suis bien lacé pour savoir que le parti de Gauche est interpelé sur la question des lignes à grande vitesse sans que son bureau national n’avance la moindre proposition claire. Le plus souvent le parti de Gauche s’en tient au « programme partagé » avec le PCF pour se montrer unitaire. Donc pourquoi tout d’un coup des positions de principe sur le sujet ?

2 ) « Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale. » Si un débat n’a strictement aucun lien avec le contexte d’offensive libérale, c’est bien celui-là ! La question des langues régionales est ancienne comme le rappelle le premier point de l’argumentaire. Sous-entendre que la mise en concurrence des territoires c’est nourrir les langues régionales, ça relève de la bouffonnerie.

3 ) « Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine. » Voilà les grandes déclarations ! Le PG s’il était cohérent, revendiquerait un enseignement public de l’arabe (afin de ne pas laisser ce travail aux religieux) et cet enseignement bénéficierait surtout aux enfants parlant en partie cette langue… Nous savions Mélenchon attaché à la république mais l’égalité n’est pas républicaine sinon je crains qu’au nom de cette république on refuse tout droit de vote aux immigrés puisque le vote est lié à la nationalité. Donc là aussi, attention, ne donnons pas un droit particulier, même si pour le moment les étrangers de la communauté européenne ont eux ce droit de vote…

4 ) « Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. » Si le français est en danger ce n’est pas sous la pression des langues régionales mais de l’anglais.

5 ) « C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues: par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité. » J’entends mes amis occitanistes crier : la langue régionale c’est du latin ! Cette phrase du Parti de Gauche confirme une incompréhension totale de l’enseignement des langues ! Je le redis : enseigner en France l’arabe ou le japonais ce n’est pas la même chose.

6 ) Quant aux principes et propositions, ils me rappellent que le PS finance très souvent l’enseignement privé au-delà même de la loi sans qu’une dénonciation claire provienne du B.N. du parti de Gauche.

Conclusion :

Les langues régionales sont en France au bord du gouffre du fait d’une transformation sociale telle (disparition des paysans et de la sociabilité qui va avec) que les locuteurs anciens ont été mis sur la touche avant de pouvoir (ou vouloir) transmettre leur culture. Elles n’ont jamais été un danger pour la république, pour l’égalité, sauf chez ceux qui ont du peuple une vision abstraite. Cette déclaration ne me surprend pas : elle a le triste mérite d’alimenter les incompréhensions, là où il aurait fallu avancer des constats ouverts à l’analyse. J’ai cru relire une déclaration du PCF au temps de sa plus grande gloire, un parti qui a fini par évoluer un peu sur la question.

J-P Damaggio

 

A propos des langues régionales et minoritaires

Le Parti de Gauche est parfois interpellé sur la question des langues régionales et/ou minoritaires et leur enseignement. Nous voulons, avec cet argumentaire, affirmer et préciser notre position de principe sur ce thème.

 

La France s'est dotée, depuis les années cinquante, d’un cadre législatif protecteur pour les  langues régionales.

L’apprentissage des langues régionales et minoritaires est possible dans l’enseignement public : basque, breton, catalan, occitan, corse, tahitien, ainsi que 4 langues mélanésiennes. Les langues régionales et minoritaires sont prises en compte pour l’obtention du bac. 

Rien donc n'empêche dans les textes la pratique des langues régionales pour celles et ceux qui le souhaitent.

 

Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale.

En particulier, la réforme des collectivités territoriales constitue l'un des dispositifs de ce projet de concentrations imposées, renforçant la concurrence et les inégalités entre les territoires et nourrissant les inégalités sociales. De plus, la question d'un acte III de la décentralisation est aujourd'hui ouverte dans le débat public. Cette contre-réforme et ces projets ne font qu’obéir aux directives européennes qui visent à transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée.

La droite mène cette offensive libérale, elle qui orchestre la grande braderie du service public de l'éducation nationale : suppressions de postes, marchandisation et mise en concurrence avec l'enseignement privé qui se voit accorder toujours plus de privilèges. Ainsi s'organise l'accès aux savoirs sous conditions de fortune, qui renforce les inégalités sociales devant l'accès au droit à l'éducation.

 

Les arguments qui sont avancés pour aller encore plus loin dans l'enseignement public des langues régionales ne sont pas recevables pour nous.

L'antagonisme entre les principes républicains et la prise en compte d'un patrimoine culturel et linguistique, avancé par certains, est factice : parce que nous sommes toutes et tous différents, tout en étant avant tout des semblables, nous avons besoin d’égalité. Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine.

Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays. Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. Le français doit être la langue de référence unique dans l'ensemble du service public d'éducation.

C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues : par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité.

 

Nos principes et propositions :

Le PG réaffirme son attachement aux principes républicains qui sont évidemment compatibles avec la valorisation de tout patrimoine culturel.

Le PG s'oppose au projet libéral de l'Europe des régions qui vise à la mise en concurrence des territoires et affaiblir le rôle régulateur des états. Pour le PG, l'Etat devrait d'ailleurs être un rempart contre la dérégulation néolibérale qui détruit les solidarités et les services publics.

Le PG rappelle son attachement à l’attribution exclusive des fonds publics à l’enseignement public.

Le PG réaffirme son attachement à l’apprentissage par toutes et tous de la langue française dès le plus jeune âge comme garantie de la cohésion nationale et s'oppose à l'institution de droits particuliers pour des groupes particuliers. Nous réaffirmons l'unité et l'indivisibilité de la République par la préservation d’un langage commun.

Le PG n'est pas pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires car elle impose d'introduire des droits particuliers pour une catégorie de citoyens.

Le PG est favorable à l’enseignement des langues minoritaires de manière optionnelle dans le cadre du service public d'éducation.

Le PG réaffirme que le français est la langue administrative et la langue véhiculaire commune.

Octobre 2011

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:07

1937 : A Toulouse, bagarres autour de Jeanne d’Arc

 

 

Avant la deuxième guerre mondiale, la fête en l’honneur de Jeanne d’Arc était une fête officielle en conséquence en mai 1937, les autorités du Front populaire célèbre l’héroïne d’autant plus facilement que l’interdiction des forces d’extrême-droite limite leur intervention. A Toulouse par contre, les bagarres vont être générales en ville. La Dépêche du Midi joue la carte de la modération dans son compte-rendu. Il n’en demeure pas moins que les bagarres traverseront toute la ville.

Après une belle cérémonie officielle à la gloire de Jeanne d’Arc, avec le préfet, l’archevêque, le général, les partis de droite etc. une autre manifestation s’est présenté devant le monument de Jeanne d’Arc situé Place Matabiau. Il s’en est suivi des affrontements qui se multiplièrent à travers tout le centre ville entre les tenants du fascisme et les démocrates. Voici un élément du compte-rendu.

« Entre-temps s’était formé place du Capitole un nouveau cortège aux chants de « La carmagnole » et de « L’internationale ». Par la rue Lafayette et la rue Alsace-Lorraine, les manifestants gagnèrent la Place Matabiau, « A bas le fascisme » « ‘Provocation » ou « A mort les factieux », tels étaient les cris entendus.

Le cortège était suivi par toute une foule anxieuse. La permanence de police, aussitôt alertée, envoya sur place des renforts de police. A la statue Jeanne d’Arc se produisit alors un incident fâcheux. Forçant un premier barrage d’agents de police placé là sous la direction de l’Inspecteur de la sûreté Leyda, les manifestants tentèrent de s’emparer des gerbes déposées par l’Action française et le parti social français. Il y eut encore de nombreuses bousculades entre plusieurs manifestants car, dès leur arrivé, les participants du premier cortège avaient suscité de vives protestations du public. Là encore on assista à diverses bagarres localisées notamment en face la pharmacie Blot, sur le terre-plein de la statue Jeanne d’Arc, et sur le boulevard de Strasbourg. Un jeune manifestant, entre-temps, avait réussi à s’emparer de la gerbe du parti social français mais il dut lâcher prise. Il avait cependant emporté le ruban tricolore portant l’inscription du parti. »

Il y eut des bagarres en face de la statue Jean-Jaurès, Rue de Metz, rue Alsace-Lorraine, Place Saint-Etienne, Place du Capitole, en face du siège de L’Action Française.

Voilà le témoignage d’une situation méconnue. JPD

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:06

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La chanson du bouvier

 

Alain Mariet a souhaité se pencher sur une des plus vieilles chansons occitanes et sans doute la plus répandue sur tout le vaste espace de cette langue, lo boier. Il a été attiré par une énigme : le refrain qui reprend les cinq voyelles.

Il compare alors les diverses hypothèses et laisse à chacun le soin de se faire sa propre idée.

Comme toute action, elle appelle des réactions. Et j’en donne déjà une.

L’histoire est simple : le bouvier rentre chez lui et trouve sa femme dans tous ses états.

Elle est tristo, descounsoulado (pour l’écrire avec graphie retenue par Alain Mariet).

Si l’auteur de la brochure se penche sur les variantes concernant d’autres mots, il ne dit rien de la femme inconsolable. Pourquoi est-elle inconsolable ? René Pautal a qui j’ai posé la question m’a évoqué deux autres mots : despapachado et pour Saint-Nicolas de la Grave : descordelado. Deux termes qui expliquent pourquoi elle est inconsolable !

Dans un premier cas elle a les seins à l’air, des seins retenus dans le second cas par des cordes. En fait la femme aurait été violée par des soldats de la croisade des albigeois. Voilà donc une hypothèse qui s’ajoute au texte d’Alain Mariet. 12-11-2011 J-P Damaggio

 

P.S. Voici la chanson dans la graphie qui, je le sais, fera crier quelques amis occitanistes, mais je respecte le choix d’Alain Mariet : pour moi les auteurs sont maîtres de leur œuvre à leur risques et périls.

 

Quand lo bouié ben de laura (bis) / Planto sou agulhado

A.E.I.O.U. / Planto sou agulhado

 

Trobo sa fenno al pé del foc (bis)/ Tristo, descounsoulado

A.E.I.O.U. / Tristo, descounsoulado

 

Se sios malauto dit nous oc (bis) / Ta ferem un poutatge

A.E.I.O.U. / Ta ferem un poutatge

Am uno rabo, am un caulet (bis) / Une lauzeto magre

A.E.I.O.U. / Une lauzeto magre

 

Quand sarei morto enterro me (bis) / Al pu foun de la cabo

A.E.I.O.U. / Al pu foun de la cabo

Met-me lous pès a la paret (bis) / Le cap sous la canèlo

A.E.I.O.U. / Le cap sous la canèlo

Et los roumieous que passaran (bis) / Pendran aigo senhado

A.E.I.O.U. / Pendran aigo senhado

 

Et diran qui es morto aqui ? (bis)  / Aco es la paouvro Joana

A.E.I.O.U. / Aco es la paouvro Joana

Sen es anabo en paradis (bis) / Al cèl ambe sus crabos

A.E.I.O.U. / Al cèl ambe sus crabos

 

(En résumé : le bouvier vient de travailler, il trouve sa femme triste, il lui propose de lui faire une soupe et elle répond en évoquant sa mort, son enterrement, les gens qui passeront devant sa tombe, et elle sera au paradis avec ses chèvres.

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