Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

Ingrao.jpg

 

Pour fêter le départ de Berlusconi (que je ne confonds pas avec la fin du berlusconisme) je me suis replongé dans les écrits de Pietro Ingrao, ce communiste italien à ce jour jamais traduit en France et pourtant si phénoménal.

 

En 1986 est né dans notre pays, sous les auspices du philosophe Henri Lefebvre la revue M, Mensuel, Marxisme, Mouvement à laquelle je me suis aussitôt abonné. En 1989 j’y ai découvert la traduction d’un article de Pietro Ingrao et c’est à partir de ce moment là que je me suis mis à l’italien pour essayer de découvrir cette planète si proche. Autant dire qu’Ingrao a changé ma vie aussi pas étonnant si lors de mon dernier voyage dans ce pays j’ai rapporté un livre d’Ingrao qui est cette fois non un livre de poésies mais un livre de mémoires, ou plutôt de reconstruction de sa mémoire comme il le dit si bien. Je ne savais pas alors qu’il avait publié une réponse au livre si fameux de Stéphane Hessel. Ingrao est né en 1915 donc autant dire que son parcours politique est aussi considérable et aussi instructif que celui du Français.

 

J’en reste donc au témoignage qu’il a intitulé Volevo la luna. Il y raconte son voyage à Moscou en janvier 1980. L’URSS avait envahi l’Afghanistan et les dirigeants communistes souhaitaient recevoir leurs homologues européens pour appuyer leur acte criminel. Berlinguer refusa pour éviter que la presse, à cause de ce voyage, n’évoque une éventuelle complicité entre le PCI et le PC d’URSS et proposa à Ingrao de le remplacer car, vu ses positions critiques vis-à-vis de l’URSS, il était sûr d’éviter l’accusation de rapprochement avec Moscou. Ingrao fit le voyage et raconte comment les Soviétiques organisèrent de multiples pressions pour que le PCI se soumette, mais en vain : le communiqué commun affichait pour la première fois des divergences claires et nettes entre les deux partis.

Je rappelle ce souvenir car au même moment Georges Marchais fit le voyage, et hasard de la vie, j’entendis sa déclaration de Moscou à la télévision au journal de 13 h sur un écran allumé dans un supermarché. A un an des présidentielles, au moment où le PCF désignait Mitterrand comme une variante des candidats de droite, cet alignement sur Moscou me stupéfia. Un mot entra dans le langage politique : « paltoquet » : c’est celui que Marchais avait décidé de choisir pour désigner le socialiste Pierre Joxe. C’était le 13 janvier 1980, Marchais se fit le petit soldat des mensonges de Brejnev !

Aujourd’hui nous savons que les stratégies différentes du PCI et du PCF n’ont aucune des deux permis la naissance d’un communisme adapté aux temps présents. Dans les deux cas le résultat est le même : la marginalisation d’un courant d’opinion qui avait pendant des décennies passé la barre des 20%.

 

Avec Ingrao nous retrouvons des événements internationaux communs et bien sûr le « printemps de Prague ». Quand je compare avec la biographie de Waldeck Rochet écrite par Jean Vigreux, je constate que si côté italien, le soutien à la Tchécoslovaquie de Dubeck était total, l’action concrète pour arrêter les tanks soviétiques semble moindre. Alors que le dirigeant français s’est dépensé sans compter pour arrêter l’histoire, Ingrao observe que les dirigeants communistes italiens semblaient rassurés quant aux intentions soviétiques, leur secrétaire général passant ses vacances en URSS comme d’habitude. Donc il écrit surtout sur les suites :

« Je me souviens comme si c’était maintenant –avec colère et amertume – de cet événement fatal qui provoqua une faille profonde dans mes convictions et ma vie de militant. J’étais alors en vacances dans ma région natale. J’étais revenu avec ma famille d’une longue journée à la mer, quand tout d’un coup sonna le téléphone : on m’appelait de Rome, de « l’Unita » (le journal du PCI). On m’informait que des dépêches d’agence parlaient d’une entrée des chars soviétiques à Prague. Je n’ai pas hésité une minute et je me suis mis en route vers la capitale, avec le cœur bouleversé. Je suis entré dans une Rome plongée dans le silence nocturne. A l’Unita j’ai trouvé les camarades journalistes fiévreux et avec eux Cossutta membre alors du secrétariat du Parti [un pro-soviétique]. A Prague nous avions beaucoup de camarades, parce que dans cette merveilleuse capitale s’étaient réfugiés des partisans de la lutte de libération... » Et Ingrao rappelle sa passion pour cette ville et la décision prise aussitôt de condamner l’invasion. Personne ne peut refaire l’histoire mais tout le monde à droit de rêver qu’elle aurait pu se dérouler autrement. Parce qu’aujourd’hui encore, le monde pourrait changer autrement qu’aux ordres des marchés.

Sidérant n’est-ce pas, le changement de contexte ? C’est sans honte, que tout un chacun reconnaît que le nouveau gouvernement italien doit naître avant l’ouverture de la Bourse, le lendemain ! Sous-entendu : l’essentiel c’est que ce gouvernement plaise « aux investisseurs ».

 

Je trouve Ingrao très beau quand il parle de la Sardaigne, de l’Italie méridionale, de cette marque dans le pied de la botte. Peut-être inconsciemment a-t-il plaisir à se retrouver du côté des vaincus ?

13-11-2011 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans italie
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

PG : Les langues régionales

 

Le Parti de Gauche vient étrangement d’animer les débats au sein des défenseurs des langues régionales. Vous trouverez ci-dessous la déclaration que je vais commenter.

1 ) « Le Parti de Gauche est interpellé… » : je suis bien lacé pour savoir que le parti de Gauche est interpelé sur la question des lignes à grande vitesse sans que son bureau national n’avance la moindre proposition claire. Le plus souvent le parti de Gauche s’en tient au « programme partagé » avec le PCF pour se montrer unitaire. Donc pourquoi tout d’un coup des positions de principe sur le sujet ?

2 ) « Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale. » Si un débat n’a strictement aucun lien avec le contexte d’offensive libérale, c’est bien celui-là ! La question des langues régionales est ancienne comme le rappelle le premier point de l’argumentaire. Sous-entendre que la mise en concurrence des territoires c’est nourrir les langues régionales, ça relève de la bouffonnerie.

3 ) « Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine. » Voilà les grandes déclarations ! Le PG s’il était cohérent, revendiquerait un enseignement public de l’arabe (afin de ne pas laisser ce travail aux religieux) et cet enseignement bénéficierait surtout aux enfants parlant en partie cette langue… Nous savions Mélenchon attaché à la république mais l’égalité n’est pas républicaine sinon je crains qu’au nom de cette république on refuse tout droit de vote aux immigrés puisque le vote est lié à la nationalité. Donc là aussi, attention, ne donnons pas un droit particulier, même si pour le moment les étrangers de la communauté européenne ont eux ce droit de vote…

4 ) « Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. » Si le français est en danger ce n’est pas sous la pression des langues régionales mais de l’anglais.

5 ) « C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues: par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité. » J’entends mes amis occitanistes crier : la langue régionale c’est du latin ! Cette phrase du Parti de Gauche confirme une incompréhension totale de l’enseignement des langues ! Je le redis : enseigner en France l’arabe ou le japonais ce n’est pas la même chose.

6 ) Quant aux principes et propositions, ils me rappellent que le PS finance très souvent l’enseignement privé au-delà même de la loi sans qu’une dénonciation claire provienne du B.N. du parti de Gauche.

Conclusion :

Les langues régionales sont en France au bord du gouffre du fait d’une transformation sociale telle (disparition des paysans et de la sociabilité qui va avec) que les locuteurs anciens ont été mis sur la touche avant de pouvoir (ou vouloir) transmettre leur culture. Elles n’ont jamais été un danger pour la république, pour l’égalité, sauf chez ceux qui ont du peuple une vision abstraite. Cette déclaration ne me surprend pas : elle a le triste mérite d’alimenter les incompréhensions, là où il aurait fallu avancer des constats ouverts à l’analyse. J’ai cru relire une déclaration du PCF au temps de sa plus grande gloire, un parti qui a fini par évoluer un peu sur la question.

J-P Damaggio

 

A propos des langues régionales et minoritaires

Le Parti de Gauche est parfois interpellé sur la question des langues régionales et/ou minoritaires et leur enseignement. Nous voulons, avec cet argumentaire, affirmer et préciser notre position de principe sur ce thème.

 

La France s'est dotée, depuis les années cinquante, d’un cadre législatif protecteur pour les  langues régionales.

L’apprentissage des langues régionales et minoritaires est possible dans l’enseignement public : basque, breton, catalan, occitan, corse, tahitien, ainsi que 4 langues mélanésiennes. Les langues régionales et minoritaires sont prises en compte pour l’obtention du bac. 

Rien donc n'empêche dans les textes la pratique des langues régionales pour celles et ceux qui le souhaitent.

 

Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale.

En particulier, la réforme des collectivités territoriales constitue l'un des dispositifs de ce projet de concentrations imposées, renforçant la concurrence et les inégalités entre les territoires et nourrissant les inégalités sociales. De plus, la question d'un acte III de la décentralisation est aujourd'hui ouverte dans le débat public. Cette contre-réforme et ces projets ne font qu’obéir aux directives européennes qui visent à transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée.

La droite mène cette offensive libérale, elle qui orchestre la grande braderie du service public de l'éducation nationale : suppressions de postes, marchandisation et mise en concurrence avec l'enseignement privé qui se voit accorder toujours plus de privilèges. Ainsi s'organise l'accès aux savoirs sous conditions de fortune, qui renforce les inégalités sociales devant l'accès au droit à l'éducation.

 

Les arguments qui sont avancés pour aller encore plus loin dans l'enseignement public des langues régionales ne sont pas recevables pour nous.

L'antagonisme entre les principes républicains et la prise en compte d'un patrimoine culturel et linguistique, avancé par certains, est factice : parce que nous sommes toutes et tous différents, tout en étant avant tout des semblables, nous avons besoin d’égalité. Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine.

Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays. Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. Le français doit être la langue de référence unique dans l'ensemble du service public d'éducation.

C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues : par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité.

 

Nos principes et propositions :

Le PG réaffirme son attachement aux principes républicains qui sont évidemment compatibles avec la valorisation de tout patrimoine culturel.

Le PG s'oppose au projet libéral de l'Europe des régions qui vise à la mise en concurrence des territoires et affaiblir le rôle régulateur des états. Pour le PG, l'Etat devrait d'ailleurs être un rempart contre la dérégulation néolibérale qui détruit les solidarités et les services publics.

Le PG rappelle son attachement à l’attribution exclusive des fonds publics à l’enseignement public.

Le PG réaffirme son attachement à l’apprentissage par toutes et tous de la langue française dès le plus jeune âge comme garantie de la cohésion nationale et s'oppose à l'institution de droits particuliers pour des groupes particuliers. Nous réaffirmons l'unité et l'indivisibilité de la République par la préservation d’un langage commun.

Le PG n'est pas pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires car elle impose d'introduire des droits particuliers pour une catégorie de citoyens.

Le PG est favorable à l’enseignement des langues minoritaires de manière optionnelle dans le cadre du service public d'éducation.

Le PG réaffirme que le français est la langue administrative et la langue véhiculaire commune.

Octobre 2011

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans occitanie
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:07

1937 : A Toulouse, bagarres autour de Jeanne d’Arc

 

 

Avant la deuxième guerre mondiale, la fête en l’honneur de Jeanne d’Arc était une fête officielle en conséquence en mai 1937, les autorités du Front populaire célèbre l’héroïne d’autant plus facilement que l’interdiction des forces d’extrême-droite limite leur intervention. A Toulouse par contre, les bagarres vont être générales en ville. La Dépêche du Midi joue la carte de la modération dans son compte-rendu. Il n’en demeure pas moins que les bagarres traverseront toute la ville.

Après une belle cérémonie officielle à la gloire de Jeanne d’Arc, avec le préfet, l’archevêque, le général, les partis de droite etc. une autre manifestation s’est présenté devant le monument de Jeanne d’Arc situé Place Matabiau. Il s’en est suivi des affrontements qui se multiplièrent à travers tout le centre ville entre les tenants du fascisme et les démocrates. Voici un élément du compte-rendu.

« Entre-temps s’était formé place du Capitole un nouveau cortège aux chants de « La carmagnole » et de « L’internationale ». Par la rue Lafayette et la rue Alsace-Lorraine, les manifestants gagnèrent la Place Matabiau, « A bas le fascisme » « ‘Provocation » ou « A mort les factieux », tels étaient les cris entendus.

Le cortège était suivi par toute une foule anxieuse. La permanence de police, aussitôt alertée, envoya sur place des renforts de police. A la statue Jeanne d’Arc se produisit alors un incident fâcheux. Forçant un premier barrage d’agents de police placé là sous la direction de l’Inspecteur de la sûreté Leyda, les manifestants tentèrent de s’emparer des gerbes déposées par l’Action française et le parti social français. Il y eut encore de nombreuses bousculades entre plusieurs manifestants car, dès leur arrivé, les participants du premier cortège avaient suscité de vives protestations du public. Là encore on assista à diverses bagarres localisées notamment en face la pharmacie Blot, sur le terre-plein de la statue Jeanne d’Arc, et sur le boulevard de Strasbourg. Un jeune manifestant, entre-temps, avait réussi à s’emparer de la gerbe du parti social français mais il dut lâcher prise. Il avait cependant emporté le ruban tricolore portant l’inscription du parti. »

Il y eut des bagarres en face de la statue Jean-Jaurès, Rue de Metz, rue Alsace-Lorraine, Place Saint-Etienne, Place du Capitole, en face du siège de L’Action Française.

Voilà le témoignage d’une situation méconnue. JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans hiistoire
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:06

bouvier.jpg

La chanson du bouvier

 

Alain Mariet a souhaité se pencher sur une des plus vieilles chansons occitanes et sans doute la plus répandue sur tout le vaste espace de cette langue, lo boier. Il a été attiré par une énigme : le refrain qui reprend les cinq voyelles.

Il compare alors les diverses hypothèses et laisse à chacun le soin de se faire sa propre idée.

Comme toute action, elle appelle des réactions. Et j’en donne déjà une.

L’histoire est simple : le bouvier rentre chez lui et trouve sa femme dans tous ses états.

Elle est tristo, descounsoulado (pour l’écrire avec graphie retenue par Alain Mariet).

Si l’auteur de la brochure se penche sur les variantes concernant d’autres mots, il ne dit rien de la femme inconsolable. Pourquoi est-elle inconsolable ? René Pautal a qui j’ai posé la question m’a évoqué deux autres mots : despapachado et pour Saint-Nicolas de la Grave : descordelado. Deux termes qui expliquent pourquoi elle est inconsolable !

Dans un premier cas elle a les seins à l’air, des seins retenus dans le second cas par des cordes. En fait la femme aurait été violée par des soldats de la croisade des albigeois. Voilà donc une hypothèse qui s’ajoute au texte d’Alain Mariet. 12-11-2011 J-P Damaggio

 

P.S. Voici la chanson dans la graphie qui, je le sais, fera crier quelques amis occitanistes, mais je respecte le choix d’Alain Mariet : pour moi les auteurs sont maîtres de leur œuvre à leur risques et périls.

 

Quand lo bouié ben de laura (bis) / Planto sou agulhado

A.E.I.O.U. / Planto sou agulhado

 

Trobo sa fenno al pé del foc (bis)/ Tristo, descounsoulado

A.E.I.O.U. / Tristo, descounsoulado

 

Se sios malauto dit nous oc (bis) / Ta ferem un poutatge

A.E.I.O.U. / Ta ferem un poutatge

Am uno rabo, am un caulet (bis) / Une lauzeto magre

A.E.I.O.U. / Une lauzeto magre

 

Quand sarei morto enterro me (bis) / Al pu foun de la cabo

A.E.I.O.U. / Al pu foun de la cabo

Met-me lous pès a la paret (bis) / Le cap sous la canèlo

A.E.I.O.U. / Le cap sous la canèlo

Et los roumieous que passaran (bis) / Pendran aigo senhado

A.E.I.O.U. / Pendran aigo senhado

 

Et diran qui es morto aqui ? (bis)  / Aco es la paouvro Joana

A.E.I.O.U. / Aco es la paouvro Joana

Sen es anabo en paradis (bis) / Al cèl ambe sus crabos

A.E.I.O.U. / Al cèl ambe sus crabos

 

(En résumé : le bouvier vient de travailler, il trouve sa femme triste, il lui propose de lui faire une soupe et elle répond en évoquant sa mort, son enterrement, les gens qui passeront devant sa tombe, et elle sera au paradis avec ses chèvres.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans occitanie
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:05

vidocq.jpgRajaud, à l’honneur

 

Après Vicien, où il est décédé, Maurice Rajaud vient d’être honoré ce 11 novembre à Caylus par un nom de rue. Moment émouvant qui après la cérémonie devant le monument aux morts s’est terminé comme d’habitude devant le monument honorant des résistants assassinés le jour de la libération de la cité. Ainsi la boucle était bouclée. Du jeune qui dès 1936 donne sa vie pour arrêter le fascisme montant, aux jeunes donnant la leur pour s’être trop vite précipités fêter la victoire, ce fut un moment de réflexion très utile.

 

Yves Vidaillac, José Gonzales, et Monsieur Maffre le maire du village se sont succédé pour évoquer chacun une part de l’histoire. Celle du jeune Rajaud pour l’un, celle des brigadistes ayant aidé l’Espagne et des Espagnols aidant la France à résister au fascisme pour le deuxième, celle des combats pour la liberté pour le dernier. Et la plaque a été découverte par les descendants de la famille, par des descendants de Maurice mort trop jeune pour avoir goûté aux joies de la vie, mais des neveux et nièces (tous sont sur la photo).

Le tout en musiques de la république espagnole à la Marseillaise française.

 

Pour être précis, la cérémonie avait commencé par la messe traditionnelle… où Jean Ferrat s’est fait entendre, une messe où fut rappelée que l’extrémisme combattu par Rajaud n’était pas définitivement mort (Monsieur le Curé nous rappela l’existence y compris de l’extrémisme religieux, par exemple celui de l’Opus dei qui nous ramène en Espagne et ailleurs).

 

Un rassemblement si réussi ne pouvait que susciter des projets nouveaux : un voyage en commun à Vicien et pourquoi pas un jumelage entre les deux cités ; des recherches nouvelles sur la vie de Rajaud en vu d’une publication etc. A suivre. J-P Damaggio

PS : sur le site Moissac au cœur une vidéo sur le sujet : La rue Rajaud

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Rajaud guerre d'espagne
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:04

LGV : Le cas Faucon-Lambert

 

A militer contre la LGV nous avons croisé voici longtemps un élu peu ordinaire, par sa franchise, sa connaissance du dossier, sa générosité. Monsieur Faucon-Lambert nous le savions seulement président de l’Intercommunalité du Val d’Albret dans un secteur fortement socialiste. Avec d’autres il a fortement contribué à la création d’une association d’élus opposés à la LGV et désireux d’imposer une étude alternative dont les donnée vont être présentées prochainement.

Il est venu apporter ses compétences à Valence d’Agen et à Grisolles donc dans un département où nous aurions aimé trouver des élus ayant sa démarche, car nous savons qu’elle a du poids. Preuve que le collectif Val de Garonne n’a aucune récrimination envers les élus en général mais seulement envers les élus qui refusent le débat.

La première surprise est venue quand le Conseil général du Lot et Garonne, contrairement à celui du Tarn-et-Garonne a accepté de voter le financement de Bordeaux-Tours. Vu l’imposante manifestation de Nérac, où nous étions une bonne centaine du Tarn-et-Garonne, nous pensions que le conseiller général du secteur aurait compris l’inutilité de la LGV Bordeaux-Toulouse, et plus encore le scandale visant à faire payer le Lot et Garonne pour celle de Tours-Bordeaux.

Et bien non ! Ce conseiller général PS a voté pour le financement pendant que son voisin de droite du canton de Casteljaloux refusait un tel vote.

En conséquence entre un conseiller général favorable à la LGV et, sur le même secteur, un président d’intercommunalité fermement opposé, il devait sans doute y avoir quelques étincelles car derrière la question de la LGV apparaît toute une conception du politique.

Et voilà qu’arrivent les sénatoriales où Faucon-Lambert est candidat au titre du Parti de Gauche dans le cadre d’une démarche Front de Gauche. A-t-il mesuré les conséquences de cette « intrusion » dans le cercle fermé de la Grande Politique ?

Il est possible que non, d’autant qu’à la même période il envoya une lettre sévère aux élus de l’intercommunalité, lettre qui allait servir de cheval de Troie pour son élimination.

Le 2 novembre il n’a pas obtenu la confiance des élus et il va donc démissionner.

Nous ne connaissons le dossier que par les nombreux articles de la presse locale qui ne permettent pas de savoir qui de la droite ou du PS est le plus satisfait de cette situation. Nous ne savons pas d’avantage la position du PCF.

Le fait est là, simple et fort : un élu qui n’est pas dans le moule est vite écarté. Quand on découvre au même moment que Sud-Ouest, qui jusqu’à présent avait informé clairement sur la LGV, a décidé de marginaliser la parole des opposants, on constate que le combat qui continue est difficile.

8-11-2011 JP Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans la LGV toulouse-bordeaux
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:03

Pédagogues mode d’emploi

Les Journées de Larrazet concernant l’école, viennent de me confirmer (le sujet s’y prêtait) que la parole de l’Expert renvoie le Pédagogue à la fonction d’expert parmi les experts, afin de le marginaliser, d’où ce dialogue.

 

Pédagogue : Comment l’expert tue-t-il le pédagogue ?

Expert : Voilà une question de pédagogue ! L’expert est indispensable aux pédagogues, aux journalistes, aux politiques. L’expert est une évidence, le pédagogue une hérésie.

Pédagogue : Si indispensable que je n’ai jamais vu un journaliste disant aux experts invité sur un plateau télé : « Dix ans après, vos prévisions sont ridiculisées par les faits. Qu’en pensez-vous ? » L’expert est incontestable ?

Expert : Les experts inexpérimentés disparaissent d’eux-mêmes, tandis que les pédagogues ne sont jamais pris en défaut par la réalité, puisque de réalités, ils ne veulent rien savoir !

Pédagogue : Je pense à l’expert Attali, il court, il court….

Expert : L’expert est le dernier utopiste, celui qui change le monde car il accepte de se prendre le monde en pleine figure…

Pédagogue : Oui, le présent ferait un futur d’où le poids du passé serait effacé !

Expert : Inversons les rôles ! Que dit le pédagogue des bienfaits de la connaissance historique ?

Pédagogue : N’inversons rien ! On n’inverse pas le mort que je suis ! Ta victoire c’est la victoire de l’économie sur le politique, je veux dire la victoire de l’économie actuelle sur les restes du politique.

Expert : De Marx à Hayek tous les économistes savent que l’économie commande le monde. Il est temps que chacun en revienne à cette première réalité.

Pédagogue : Sauf que, de l’économiste Marx à l’économiste Hayek, il y a plus qu’une différence, si on écoute le moindre des pédagogues !

Expert : L’économie a des lois, le marché des impératifs et ni Marx ni Hayek ne diront le contraire. Discutez de tout ce que vous voulez, nous les experts on expertise et plutôt que de dire « cette route est très fréquentée, nous disons, il y passe tant de voitures à tel moment etc. ». Alors discutez pour savoir si oui ou non, on supprime la voiture, ça c’est pas de notre compétence. Et d’ailleurs quelle est la compétence d’un pédagogue ?

Pédagogue : Le pédagogue part du principe qu’apprendre est douloureux pour tous ceux qui sont les plus éloignés du savoir. En conséquence, il s’active pour élargir le champ d’action des citoyens, champ d’action que l’expert réduit car son propos traite seulement de la fatalité. Il dit ce qui est « crédible » après avoir défini la crédibilité ! Tout expert est juge et partie !

Expert : Et toi tu dis le rêve, et je t’en laisse le droit. Nous ne sommes pas chacun dans un plateau de la balance où quand je monte, tu descends ! Fais ce que tu as à faire si tu bouges encore et je fais de même sans chzrcher à t’empêcher de bouger.

Pédagogue : Faire de la politique c’est être de gauche. Etre pédagogue c’est être de gauche. C’est croire au mieux impossible ! Irrémédiablement. Malheureusement des pédagogues pensent que la bonne volonté suffit pour élargir les champs d’action mais quand la politique se meurt, la bonne volonté devient criminelle. « Mettre l’enfant au cœur de l’école » c’est se fourvoyer deux fois car on laisse croire qu’il n’en a pas toujours été ainsi (enseigner c’est d’abord vivre avec les enfants) et on laisse croire que la bonne volonté est la solution. Tous les économistes ne tirent pas la corde dans le même sens et le pédagogue sait très bien que tous les pédagogues ne tirent pas la corde dans le même sens. Tandis que les experts…

Expert : Finalement, je suis d’accord avec toi, l’économie est au cœur de l’école. L’idéal, ce sera de remplacer les enseignants (pédagogues ou pas) par des machines inévitablement expertes !

Pédagogue : Pourquoi chercher un cœur ? La pédagogie est un chemin, et pas seulement celui des enseignants. Les médecins se doivent d’être pédagogues et plus encore les infirmiers ou infirmières. Toutes les relations humaines appellent la pédagogie…

Expert : Sauf les relations religieuses puisque Dieu explique tout. Les experts aussi sont des prêtres !

Pédagogue : Serais-tu un expert lucide ? Jusqu’à quel point un expert peut-il être lucide sur lui-même ?

Expert : Cher Pédagogue, il est temps de conclure (4000 signes espaces compris c’est suffisant). Tu ne m’as rien demandé au sujet du collège à côté de moi. Peut-être as-tu deviné qu’il était là pour t’expertiser ! Le résultat est simple : tes lamentations comme toutes les lamentations t’aveuglent ; loin de disparaître tu es partout sous la forme de mode d’emploi, de notice explicative, ou de menus quelconques ! Nous te souhaitons une belle vie !

Pédagogue : Vous réduisez le pédagogue à une technique, une recette, ça me semble cohérent ! Vous venez de m’évaluer sans rien connaître de l’évaluation, terme qu’il faut prononcer avec l’accent nord-américain comme jogging ou marketing, autant de termes qui ; dans la société étasunienne sont porteurs de sens, mais jamais dans leur traduction française. Je revendique mon appartenance à la vieille France !

Expert : Joue donc au pédagogue cinq minutes, puisque tu y tiens !

Pédagogue : A l’inverse de la vieille Europe, les USA se sont construits sur l’économie et loin du politique, en conséquence l’expertise y est fondamentale comme le cinéma y est crucial pour donner au pays une histoire. Et l’expertise, c’est la manie naturelle de l’évaluation. La pédagogie y est venue après, sous la forme d’une invention géniale, celle de Dewey. Tout tient ensuite à la transplantation de l’un comme de l’autre, dans notre contexte.

Expert : Le pédagogue serait-il le meilleur traducteur possible ?

Pédagogue : Par exemple !

11-11-2011 J-P Damaggio

P.S. Voilà une date qui imposait un grand texte….

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans hiistoire
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:02

Il ne fallait pas consentir

 

C'est Serge Klarsfeld, infatigable chercheur, qui a découvert un document qui était passé jusque là inaperçu, et qu’il reproduit largement dans son Calendrier de la Déportation p.200 et suivantes. Le 14 avril 1942 Darlan fait savoir à la Direction politique du ministère des Affaires Étrangères qu'il a décidé de transférer en Algérie un nombre important d'Israélites étrangers se trouvant actuellement en zone libre… dès à présent j'envisage le départ des israélites allemands, autrichiens, tchécoslovaques, hongrois, bulgares, roumains et réfugiés russes."

A cette date du 14 avril 1942 la situation politique de Darlan est très fragile, les Allemands exigeant son départ du gouvernement. Ce sera chose faite le 16, avec le retour de Laval qui nomme le 18 un nouveau Secrétaire général à la Police, René Bousquet. On n'entendra plus parler de ce plan de transfert des juifs étrangers en Algérie. S'il avait été mis à exécution ce sont quelque 60.000 juifs qui auraient de ce fait échappé à la Déportation et l'Extermination.

Les historiens peuvent se pencher sur cet enterrement de première classe de la décision du 14 avril 1942. Quels cercles du Gouvernement ou de l'Administration portent la responsabilité de cet "oubli" ? Pourquoi Darlan lui-même, qui restait Commandant en chef des Armées et dauphin du Maréchal et conservait à ce titre quelque influence, ne paraît-il pas être intervenu en faveur de la poursuite de son projet ?

En tout cas il demeure que même dans le cadre de la détestable politique de Vichy, de laquelle Darlan était solidaire à cette époque, il était possible de ne pas aller jusqu'au bout de la honte et que des mesures discriminatoires (doublement) à l'égard des "Israélites étrangers" pouvaient encore s'exercer tout en plaçant ceux-ci hors de portée de l'Ennemi.

René Bousquet, lui, n'eut pas les mêmes scrupules. En janvier 1943 on le voit, en compagnie des Autorités allemandes, assister ; dans son col de fourrure, la cigarette au bout des doigts, au départ des déportés de Marseille Pourtant les témoignages d' Oberg, le général SS, de Jacques Delarue, jeune policier résistant présent sur le quai de la gare maritime, confirment que Bousquet tenta de faire relâcher les juifs français présents dans un convoi de 1642 prétendus étrangers ou terroristes à destination de Compiègne. Profitant de l'absence d'Oberg, parti consulter Himmler sur cette demande (la réponse, du reste, sera "non"), Bousquet fit même descendre du train "un certain nombre de personnes" (30, dira Oberg, 120 à 130 selon Delarue). Cette séquence laisse penser que Bousquet n'était pas insensible au tragique de la situation et le vague sourire qu'on voit flotter sur ses lèvres cache peut-être son malaise. Mais l'essentiel à ses yeux restait que l'Administration française, son administration, ait montré par l'ensemble de cette opération marseillaise qu'il fallait compter avec elle.

Etrange et absolue perversion du concept de souveraineté de l'Etat. Qu'importe la nature de la besogne requise par l'Occupant, pourvu qu'elle ne se fasse pas en dehors de notre autorité. Périssent les hommes "puisqu'il faut en passer par là" - Eh bien non, précisément : il ne fallait pas consentir à en passer par là, la besogne eût été plus difficile pour l'Ennemi sans la participation de l'Etat français, de ses recensements, de sa police. Seulement voilà, pour le dit Etat français l'ennemi véritable, en tout cas le premier, c'était "l'ennemi intérieur", les juifs, les francs-maçons, les communistes, les gaullistes. Et ces priorités étaient devenues ipso facto celles du Grand commis qui ne distinguait plus entre Autorité de fait et Etat de droit. Comment en est-il arrivé là celui qui, moins de 13 ans plus tôt, avec Adolphe Poult, risquait sa vie des heures durant pour sauver les malheureux cernés par la montée furieuse des eaux du Tarn ?

Roger Akriche (extrait du spécial René Bouquet de Point Gauche !)

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans René Bousquet
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:00

1935 : Elie Cayla, assassiné à Moissac

 

Elie entra pour la dernière fois dans le cinéma le 13 juin 1935. Avec des amis communistes il avait répondu favorablement à une invitation peu ordinaire. Habitant de Moissac, ouvrier, marié, en ce jour de Juin 1935 ses deux fillettes de 6 et 10 ans allaient perdre leur père

Au cinéma aucun film n'était programmé ce jour-là puisque la salle avait été réservée par les Croix de Feu. Les responsables de la réunion avaient invités les quatre communistes à ce rendez-vous et ceux-ci décidèrent de répondre présent. C'était encore l'époque des réunions publiques et contradictoires.

L'histoire étant déjà très ancienne, des ombres manquent au tableau. Concernant les municipales de 1935 à Moissac par exemple. La bataille avait été rude mais le maire radical avait fini par l'emporter. Il ne voulait pas se laisser impressionner par les perdants qui menacèrent de faire, sans le bulletin de vote, la politique qu'ils souhaitaient. Dans cet état d'esprit, en ce 13 juin, le scénario du drame était en place.

 

L'entrée des orateurs se fit au pas cadencé «ce qui affirma une force et une volonté qui a produit sur la population une forte impression » dit l'Express du Midi. Aussitôt après, sur le «pick-up» les organisateurs lancèrent la Marseillaise. La salle se leva mais cinq récalcitrants restèrent assis. La provocation marchait à merveille pour les Croix de Feu. De la tribune, un officiel fit alors un signe à ses «gros bras» pour qu'ils fassent une démonstration de force. Les cinq hommes furent jetés dehors et l'Express du Midi put annoncer tranquillement que la réunion s'était ainsi terminée dans le calme. Mais de quel calme s'agissait-il ?

 

Quelques jours après Elie Cayla succombera à ses blessures ! En fait il y eut une bagarre telle, en ce 13 juin, que les Croix de Feu se payèrent même le luxe de frapper ... les policiers L'Express du Midi déplore cette mort car on est humain au journal et il affirme très haut que les responsables ne sont pas les Croix de Feu mais les politiciens qui n'assurent pas le maintien de l'ordre. Ces derniers veulent se servir de la mort de Cayla comme «réclame» électorale quand meurent pas dizaines ceux du Front national qui veulent exprimer leur pensée sans courir le risque de se voir inquiété et menacé dans leur vie.

 

L'union des fascistes s'appelait déjà le Front national, terme qui fut repris ensuite par la Résistance. Depuis, il est des coupables qui savent se présenter comme des victimes : c'est «le parler-vrai» de l'extrême-droite

On annonça suite à ces événements dramatiques la venue de Charles Maurras à Montauban pour le 30 juin 1935. Ce dimanche-là, vers 10h. treize cars arrivèrent en ville venant de Mazamet, du Gers, de Cahors., de Quilhan, de Carcassonne ... soit au total 2000 personnes. Tout s'est déroulé dans le calme et leur procès de la démocratie et de la république put se passer sans complexes. La Dépêche nous apprend : « A Midi et demi la caravane quitte Montauban pour aller déjeuner dans le parc du Château de Boutarv sur la commune de Montech ». La réunion, organisée par l’Action Française, donna le nom de roi au «sauveur » éventuel de la France. La réponse des démocrates se fera le 14 juillet 1935 dans le cadre d'un énorme rassemblement populaire unitaire à Montauban. La base de cette unité s'appelait la République. Toute ressemblance avec des événements actuels ne peut nous tromper sur leur nature : si le fascisme reste le même, les moyens de le combattre doivent évoluer. J.P. D.

 

(Cet article est la reprise d’un texte publié dans le spécial René Bouquet de Point gauche ! en 1994)

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 13:54

La parole à Maurice Rajaud

 

 

En nommant une rue Maurice Rajaud, la municipalité de Caylus a relancé les recherches et c’est bien la preuve que la reconnaissance officielle, ça compte !

Grâce à la nièce de Maurice Rajaud voici la dernière lettre du volontaire parti soutenir les républicains espagnols, une lettre exceptionnelle, immensément émouvante. En permettant sa diffusion, internet permet une revanche du vaincu sur les tueurs.

 

D’abord cette phrase politique :

« Car l’Espagne fasciste victorieuse c’est la guerre pour la France. »

Pourquoi la classe politique française dominante n’a pas eu une conscience de l’enjeu, aussi claire que celle de ce simple ouvrier de Caylus ? Parce que jusqu’au dernier moment il fallait tenter de privilégier la paix en se voilant la face ?

 

Et ce sens de la vie si simple, si naturelle :

Soigne bien le chien.

 

Ces quelques mots envoyés au frère montre un homme ordinaire, heureux de visiter Barcelone, quatre jours avant que la mort ne le frappe ! Une mort qui devient encore plus injuste car ces quelques mots nous permettent de sentir battre le cœur d’un citoyen qui devine que sa vie est en jeu pour défendre le pain ! Je considère que là commence toujours la poésie. Mille mercis à ceux qui ont conservé cette lettre, à ceux qui acceptent de la faire connaître, et j’espère qu’elle témoigne de la grandeur d’une jeunesse à jamais admirable. 6-11-2011 Jean-Paul Damaggio

 

 

Dernière lettre de Rajaud à son frère

              

   Barcelone, le 6 septembre 1936

 

Cher frère

 

 

Je viens par ces quelques mots te donner de mes nouvelles qui sont très bonnes. Ici tout va bien. Le commerce marche bien tout parait fier. Ce n’est pas ce que les journaux bourgeois nous disaient.

Enfin dis à Ponpon  et à Albert que s’ils veulent venir ils doivent pouvoir passer encore. Soigne-moi bien le chien. Car ensuite fini. Peut être que je reviendrais ?

Toujours de l’espoir ? N’oublie pas de faire voir la lettre à notre sœur et beau-frère. Sans oublier notre mère. Dis lui que c’est son pain que je défend. Car l’Espagne fasciste victorieuse c’est la guerre pour la France. Alors pense à moi comme moi je pense à vous tous. Chers frère sœur et mère et mes copains et copine. Alors adieu à tous car demain c’est dimanche et je veux voir la ville car déjà j’en connais un bon peu. adieu Reçois de ton cher frère mille baisers

                                 Maurice

Dis à la poste que l’on m’envoie les lettres à l’adresse que je donne.

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Rajaud guerre d'espagne
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche