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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 12:02

Dans La Dépêche d’aujourd’hui nous en savons un peu plus sur l’évolution de la situation en Lot et Garonne. Le Conseil Général maintient qu’il va payer pour Bordeaux-Tours en indiquant : « pas de remise en cause de cette participation du Lot-et-Garonne, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un engagement écrit. » Or cet engagement écrit a donc dû être le même pour le Conseil Général du Gers ou le Conseil régional de Malvy pourtant le Gers dit qu’il ne va plus payer et Malvy menace de ne plus payer. Qui dit la vérité ? Il est incroyable de nager dans la confusion. Camani fait donc une opération de communication puisque les sommes pour Bordeaux-Toulouse c’est pas pour demain… et il n’est pas convaincu par les arguments de la contre étude qui porte sur le fond du problème à savoir : la LGV est-elle utile ou non ? Camani continue de dire OUI à la LGV mais voilà on ne peut pas payer. 

Il se trouve que cette opération de communication est cependant très utile aux promoteurs de la rénovation des lignes existantes car elle met le sujet sur le devant de la scène alors que jusqu’à présent cette option était ridiculisée. Malvy en arrive à dire qu’il ne veut plus mettre l’argent sur Bordeaux-Tours puisque cet argent serait plus utile sur Bordeaux-Toulouse sauf que cette idée lui a été présentée par François Simon au moment du débat sur le Convention de financement et elle a été rejetée. La présentation de la contre étude à Lacourt Saint-Pierre le 28 février devient d’autant plus un moment clef du débat en Tarn et Garonne. L’article de La Dépêche dit bien que la forte présence à Casteljaloux a joué quant à la décision des élus du 47. A suivre. JPD


http://www.ladepeche.fr/article/2012/02/15/1284741-ligne-grande-vitesse-un-train-peut-en-cacher-un-autre.html



Le président du conseil général Pierre Camani a relancé le débat sur la ligne LGV en annonçant que l'assemblée départementale refuse de participer au financement des tronçons concernés. Les réactions s'enchaînent.
 
« J'ai eu l'occasion de critiquer le racket des collectivités locales par l'Etat, mais nous devons laisser de côté nos états d'âme et participer à la réalisation de cet équipement nécessaire à notre avenir, tout en conditionnant notre participation à la mise en place d'outils financiers spécifiques
 […] et à la recherche de financements européens complémentaires. » De ses états d'âme, Pierre Camani, qui s'exprimait déjà en novembre 2008 sur le financement de la LGV, est passé aux actes en annonçant lundi que l'assemblée départementale refuse désormais de participer au financement des tronçons Bordeaux-Toulouse et Bordeaux -Espagne (lire notre édition d'hier), soit une centaine de millions d'euros sur le devis. Tout nouveau président du conseil général depuis le printemps précédent, il ponctuait déjà d'un point d'interrogation le financement de la ligne à grande vitesse. Depuis 2010, « il aura fallu deux ans pour le convaincre », modère un militant de la cause anti-LGV. « Aujourd'hui, ce dossier est surtout politique avant d'être financier ou technique. Il ne faut pas faire d'erreur là-dessus. Ce sont les élus qu'il fallait et qu'il faut encore convaincre. Pierre Camani a su marquer sa différence et sa décision (1) plonge Jean Dionis dans l'embarras. »
Rendez-vous le 23 février
 
Le président de la CAA, qui a voté sa participation à la liaison Tours-Bordeaux à la fin juin 2011, a d'ailleurs un double rendez-vous le 23 février avec la Coordination 47 des associations d'opposants et Réseau ferré de France. Au menu, une confrontation en direct des arguments des uns et des autres. Le député-maire d'Agen en appelle au souci de « cohérence et d'intérêt » pour le Lot-et-Garonne. Le 30 juin dernier, la CAA a voté (30 pour, 20 contre) près de 10 millions d'euros de participation au financement du tronçon Tours-Bordeaux. L'enjeu pour l'agglo agenaise est aussi l'aménagement de la zone Agen Garonne à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, couplée avec la nouvelle gare LGV de la rive gauche.
 
Dès lundi, Raymond Girardi et Bernard Faucon-Lambert ont réagi à l'annonce de Pierre Camani. « On savait depuis l'exposé du cabinet Claracco devant le groupe majoritaire, puis devant la commission permanente, que les arguments forts en faveur de la rénovation de la ligne actuelle avaient ébranlé les convictions pro-LGV de nombreux élus », écrivent les deux coprésidents d'Alternatives LGV, l'association qui a porté cette contre-étude. « Par ailleurs, les salles archicombles à Casteljaloux et au Passage-d'Agen pour des présentations publiques ont fini de convaincre que la rénovation de la ligne actuelle est une alternative crédible à la LGV inutile et ruineuse pour les finances locales ». Le duo se projette déjà sur ce qui lui apparaît être l'étape suivante : « Le non-paiement, en 2012, des 6,7 millions du tronçon Tours-Bordeaux » sur un engagement financier global de 34 millions d'euros voté l'an dernier. Mais, sur ce point, Pierre Camani a été clair : pas de remise en cause de cette participation du Lot-et-Garonne, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un engagement écrit. « Ce tronçon permet de gagner une heure vers Paris, le département serait ainsi plus attractif », explique le président du conseil général, qui reste persuadé du bien-fondé de l'utilité de la LGV. Qui connaît aussi le poids électoral du dossier dans l'Agenais et dans l'Albret.
 
(1) Les quarante conseillers généraux doivent à nouveau débattre de la ligne à grande vitesse avant l'été.

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:23

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Dans le Guardian du 13 février Hollande a rassuré le lointain monde londonien de la finance…, mais si, vous savez bien, là où en Europe ils n’ont pas l’euro pour les rendre heureux !
Puis, il a rectifié son propos sur le fait qu’il n’y avait plus de communistes en France en disant qu’il avait été mal compris. Par contre en rappelant un fait bien connu : "La gauche a gouverné 15 ans pendant lesquels nous avons libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations..." il a bien fait comprendre qu’il allait continuer. Avec Jospin, les ministres communistes, et Mélenchon aussi, ont soutenu jusqu’au bout cette politique de nombreuses privatisations. En créant le Parti de Gauche, et par ses propos, Mélenchon s’est écarté de cette stratégie mais est-ce le cas du PCF ?

Voyons L’Humanité de ce jour :


« François Hollande fait son mea culpa auprès des communistes

 

En visite à Saint-Etienne (Loire) ce mardi, François Hollande a précisé ce qu'il entendait par "il n'y a plus de communistes en France". Par cette phrase, prononcée lors d'un entretien avec la presse anglaise, le candidat socialiste à la présidentielle voulait dire: "Oui, il y a des communistes, mais enfin, ils ne sont plus ce qu'ils étaient en 1981".
"En 1981, quand François Mitterrand a été élu, il était allié au Parti communiste qui représentait 20% des électeurs. Aujourd'hui, la situation est différente. C'est bien que le Parti communiste soit encore là. J'ai du respect pour les communistes, pour Le Front de gauche et pour cette candidature. Je souhaite le rassemblement de la gauche dans toutes ses sensibilités."
"La gauche, ce n'est pas ça"
Pas sûr que cette précision calme les très nombreuses réactions émanant ce mardi du Parti communiste français comme de ses partenaires du Front de gauche. "Il y a de la part de Francois Hollande une attitude hautaine à l'égard du reste de la gauche qui commence à être assez insupportable", a ainsi noté Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche.
Marie-George Buffet lie la prestation de François Hollande à celle de la star américaine Meryl Streep, qui campe l'ex-Premier ministre britannique conservateur Margaret Thatcher dans le film "La Dame de fer: "Ce n'est pas parce que Meryl Streep redore la beauté de Margaret Thatcher qu'il faut se laisser séduire par les sirènes du libéralisme. La gauche ce n'est pas ça", écrit-elle dans un communiqué. »

Pierre Laurent de son côté à parlé de « grosse bêtise » à propos de la phrase d'Hollande sur les communistes, et il a été rassuré par le mea culpa du candidat PS. Mais personne n’a relevé le point crucial à mes yeux, le bilan positif de Hollande au sujet des années de gauche plurielle.
Optimisme oblige, nous dirons que la gauche ça ne peut plus être ça… à savoir la gestion PS-PCF-Verts d’une société qui était déjà en crise. JPD

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:16


Akandijack Bassène a publié avec les Editions La Brochure le livre pour le moment épuisé, Histoire Authentique de la Casamance. Il a bien voulu nous donner son appréciation sur la situation au Sénégal aujourd’hui. Il ne s’agit pas de prendre parti pour tel ou tel mais de brosser un panorama plus complexe que celui des médias français, donc l'article peut sembler un peu long. Bonne lecture. Jean-Paul Damaggio



Sénégal : une révolution sans marabout est-elle possible ?

 

 

La validation de la candidature du président Abdoulaye Wade candidat à sa succession et le rejet de celle de Youssou Ndour, artiste de renommée internationale avec de nouvelles ambitions politiques, ont accru l’intérêt à l’échelle mondiale pour le bon déroulement de ces élections présidentielles sénégalaises. Pour cette nouvelle épreuve de la démocratie, l’actualité nationale comme internationale a fait cas d’une situation assez complexe où Wade serait à la recherche d’un mandat de trop, tandis que Youssou Ndour apparaissait comme celui qui faisait peur au régime qui serait  de connivence  avec le conseil Constitutionnel pour l’écarter.
Ainsi comme à la veille de chaque élection africaine le Sénégal offrait l’image d’une démocratie en difficulté avec à la loupe une opposition réunie pour contester la décision du Conseil Constitutionnel  et la candidature d’Abdoulaye Wade qui serait « un coup d’Etat constitutionnel ».


La propagande anti-Wade   
Sans nous attarder sur cette tactique d’une propagande anti-Wade qui consiste à défier  les institutions souveraines au nom de la démocratie, comme si celle-ci pouvait exister sans respect des dites institutions qui sont des outils perfectibles ! Nous pensons que le prétexte servi par l’opposition Sénégalaise foule aux pieds le droit universel au regard duquel les lois sont faites pour l’avenir et ne sauraient régir des situations antérieures à leur entrée en vigueur.
Car il se trouve que, si Abdoulaye Wade a effectivement fait deux mandats 2000-2007 et 2007-2012, cette addition simple reste pourtant fausse sous la logique de "l’arithmétique juridique" dont le processus de déduction n’implique aucune permanence de la quantité de mandats nécessaires pour cette opération.
Faut-il rappeler que la première charge élective d’Abdoulaye Wade en 2000 est liée à la constitution de 1963 sur laquelle il avait été élu avec l’absence d’une limitation du nombre de mandats présidentiels. En 2007, quand il remportait pour une seconde fois les élections, il prenait ses fonctions avec une nouvelle constitution référendaire qui par contre limitait la présidence à deux mandats consécutifs. Le résultat de l’addition des deux constitutions tombe sous la règle  du principe de la non- rétroactivité des lois qui néantise le mandat 2000-2007. Notre avis est que le droit constitutionnel a prévalu : quand bien même les nouvelles règles seraient concoctées sur mesure pour le futur candidat par les législateurs sénégalais, après que cette même opposition ait librement choisi de boycotter les législatives de 2007.


L’opposition
Ajoutons par ailleurs que dès le début du premier mandat d’Abdoulaye Wade sous la constitution référendaire (2001, consolidée en 2008), la coalition « Siggil Senegaal » de l’opposition tenait des assises nationales boycottées par les partis proches du pouvoir, entre juin 2008 et mai 2009. À la fin de ces différentes assemblées s’était dégagée une opposition légitime - pour la différencier de la « néo- opposition  parricidaire » - signataire de la charte  de gouvernance démocratique et au sein de laquelle devrait être choisi le chef de file pour une candidature unique aux élections présidentielles de 2012.
Ainsi, politiquement parlant, aux conclusions des assises, la création de la coalition «Benno Siggil Senegaal», la mise en place d’un projet de gouvernement commun, la perspective d’un candidat de l’unité et du rassemblement, tous ces actes  politiques posés par l’opposition concouraient à mettre en place le mécanisme nécessaire pour battre le candidat Abdoulaye Wade. L’absence même d’une interrogation sur la validité de la candidature de Wade pouvant aboutir à une réponse anticipée, claire et nette lors des dites assises, laissait aussi croire que subjectivement comme objectivement, l’opposition légitime n’avait pas besoin du Conseil Constitutionnel pour se fixer sur l’identité de leur adversaire.
Après l’échec du projet d’unité de l’opposition et avec un instinct de survie politique certain, qui avait permis d’augurer l’implosion de la coalition « Benno Siggil Senegaal », l'option d’interdire Wade de se représenter a pris forme. Opportunément, c’est le régime en place qui allait commettre l’erreur politique donnant ainsi du grain à moudre à l’opposition avec le projet de loi (16 juin 2011) modifiant l’article 26 de la constitution : « Le président de la République et le vice-président de la République sont élus pour la même durée au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours assorti d’un minimum bloquant de 25 % des suffrages exprimés. »
Par rapport à l’histoire électorale sénégalaise, faire élire dès le premier tour le président de la République avec 25 % des suffrages exprimés est une manière peu inspirée de supprimer le second tour des élections qui ne se tiendrait que dans les cas où aucun candidat n’aurait franchi la barre du ¼ des suffrages exprimés. D’où la réaction expédiente de l’opposition : « Touche pas à ma Constitution » ! C’est ainsi qu’aller naître une nouvelle unité dans une dynamique de contestation qui allait conduire à la descente dans la rue pour s’opposer à la modification de la Constitution devant l’Assemblée Nationale  le 23 juin 2011.


Le tournant du 23 juin 2011
Le Mouvement du 23 Juin ou le M23, est une nouvelle force politique très hétéroclite dans laquelle on retrouve la néo-opposition aux désirs "parricidaires" constituée par les anciens éléments du régime libéral et communément appelés les fils de Wade qui mènent le combat de la succession. En réussissant à se faire accepter au sein de l’opposition légitime, les anciens collaborateurs de Wade essaient avant tout de ne pas s’isoler par rapport à la dynamique qui a fait reculer le régime le 23 Juin avec la forte mobilisation de la jeunesse « y’en a marriste» (de «Y en a marre»). Cette néo-opposition "parricidaire" risque d’être le hasard, c’est-à-dire le destin donné d’avance à la lutte contre la candidature de Wade qu’ils ne mèneront pas jusqu’au bout.
L’opposition légitime ne devrait donc pouvoir compter que sur « Y’ en a marre», cette trouvaille de jeunes rappeurs dont les objectifs restent une compilation de revendications sans limites. On est ainsi passé de la problématique des coupures d’électricité, à celle de l’inconstitutionnalité de la candidature de Wade. Il ne faudrait pas s’étonner que demain à défaut d’un « occupy Wall-street », les « rebelles » de la place de l’obélisque s’attaque à la question de la légalisation de leur muse préférée, le « Yamba »( cannabis).
Le mouvement « Y’en a marre » - dont le nom est inspiré de la chanson du très engagé chanteur ivoirien de Reggae auteur par ailleurs de l’album "L'Africain" où il fit apparaitre, pour la petite information les Dozos, ces chasseurs traditionnels utilisés par la rébellion ivoirienne contre Laurent Gbagbo-; « Y’en a marre » disions-nous, est une "rébellion générationnelle" pilotée à vue et au grès des vicissitudes sociales. C’est en ce sens qu'il constitue un thermomètre social au service de la société civile sénégalaise et ses intellectuels politiques, ces mains plus expertes qui constituent le M23.
D’ailleurs si le M23 a su faire « la jonction entre les forces politiques, mouvements citoyens, mouvements de la société civile », il reste néanmoins vrai qu’à ses débuts, « Y’en a marre » avait snobé les élites politiques pour aller chez les imams ; cette autre société civile aux intellectuels arabisés dont on ne parle pas souvent.
Il faut reconnaître que quand on parle d’intellectuels et de société civile au Sénégal, on pense souvent à ceux qui ont été à l’école coloniale. Or, il s’avère qu’historiquement, le Sénégal a une grande expérience des révolutions sociales et ce depuis le 11e siècle. Une expérience qui a donné naissance, à la veille de l’impérialisme atlantique dans sa connotation esclavagiste, à une « société civile traditionnelle » garante de la stabilité sociopolitique. 
Mais nous allons mettre en sursis cette nouvelle question le temps d’approfondir notre propos sur l’action du M23 grâce à laquelle l’opposition tente de se reconstruire une image d’unité auprès des sénégalais avec de nouveaux arguments politiques aux objectifs très risqués : une présidentielle sans Abdoulaye Wade ou la révolution. Une situation somme toute ironique pour le Président Sénégalais ; car elle s’inspire des actions diplomatiques de Wade contre certains de ses pairs africains.


Une présidentielle sans Abdoulaye Wade ou la révolution ?
C’est ainsi que dans la lutte contre sa candidature validée par le Conseil Constitutionnel sénégalais les membres de l’institution sont désignés comme étant les 5 Yao Ndré, cet ex-président du conseil constitutionnel ivoirien qui a intronisé deux présidents pour la même élection. Abdoulaye Wade était ouvertement contre Laurent Gbagbo et avait démontré ses qualités de « tirailleur sénégalais des temps modernes», « ce mercenaire en cravate», en sapant les tentatives de médiation de l’union Africaine au bénéfice de l’ingérence internationale.
En plus, l’une des actions les plus flagrantes de mercenariat en cravate que joua Abdoulaye Wade est certainement celle de son engagement dans la crise Libyenne. Il s’était rendu en premier et avait été accueilli à Benghazi comme tout bon collaborateur en soutien à la rébellion libyenne du Conseil National de Transition (CNT). Là encore, le président du Sénégal a agi contre l’UA dont les émissaires ont été tutoyés comme si on avait à faire à une bande de sacripants. Le président Wade s’était alors permis de demander au Guide libyen « d’arrêter les tueries » allant jusqu’à le traiter de dictateur qui devrait se retirer : « Plutôt tu partiras, mieux ça vaudra ».
Conséquemment, aujourd’hui avec la multiplication des violences politiques qui ont occasionné des morts lors des manifestations pacifiques demandant le retrait de sa candidature, l’opposition en plus de lui prédire au mieux le destin de Gbagbo, lui augure au pire un destin semblable à celui de Kadhafi avec l’évocation de la mise en place d’un Conseil National de Transition du Sénégal. Autant de desseins politiques anti-Wade qui poussèrent ce dernier à réagir en faisant savoir que «ceux qui à l’étranger s’imaginent qu’ils peuvent encore venir nous dicter leurs lois : ils se trompent. Le Sénégal est devenu un beau pays que beaucoup veulent contrôler. Nous refusons cela au nom de notre indépendance et au nom de notre dignité ». N’est-ce pas le même discours que tenaient Gbagbo et Kadhafi ?
Nonobstant sa crainte qu’un projet du CNT prenne forme au Sénégal, il nous semble que l’idée d’une rébellion politique à l’image de ce qui arriva à Gbagbo ou à Kadhafi avec l’aide de la communauté dite internationale, est hautement hypothétique pour ne pas dire irréalisable dans un pays comme le Sénégal où la culture politique républicaine s’est manifestée à partir de 1848.
Certes, il est possible de soumettre au président candidat Sénégalais l’équation de ses turpitudes diplomatiques. Mais on voit mal où pourrait prendre forme une nouvelle rébellion au Sénégal quand on sait que le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) né en mars 1947 a été un instrument de lutte de l’opposant Wade contre le Président Abdou Diouf à l’époque.
La crise en Casamance est par ailleurs une question de lutte pour l’indépendance de la région. Toute ambition du MFDC au-delà de la Gambie risquerait d’aboutir en une sorte de guerre entre le sud contre le nord avec la Gambie au milieu de tout ceci. Une Gambie dont le président rêve plus d’un grand sud, le Pays Ajamaat plutôt que du Grand Djolof autour de la Sénégambie éponyme. Nous devons par ailleurs savoir que la culture du refus en Casamance est antagoniste avec les manœuvres politiciennes qui exploitent ce conflit où Wade semble avoir pris les devants en ayant ses propres milices si l’on en croit certaines indiscrétions des membres de son entourage.
Nous ne sommes pas en train de dire que l’opposition ne pourrait pas aussi utiliser la Casamance  et son histoire pour déstabiliser Wade sur le plan international. Seulement, nous croyons que l’idée d’un scénario tel qu’on le soupçonnerait à travers l’usage du sigle CNT nous parait mieux adaptée à la culture politique sénégalaise. On pourrait ainsi voir apparaître un organe institutionnel aux prérogatives exécutives qui gouvernerait parallèlement le Sénégal en attendant le départ de Wade par la force s’il le faut, avec un intense lobbying qui verrait ses avoirs et ceux de ses proches gelés.


Un détour par l’Histoire
Mais encore, pour que cela puisse se réaliser, il va falloir imaginer un Sénégal où la « société civile séculaire » dont nous parlions plus haut aurait abandonné la « République qui s’est agenouillée » devant elle. Car,  ce serait un gage de croire que la communauté internationale à elle seule peut aider un CNT sénégalais à prendre le pouvoir sans la bénédiction des familles religieuses. Le pouvoir des guides religieux constitue réellement cette « société civile traditionnelle » par excellence et grâce à laquelle le Sénégal est devenu le modèle de démocratie d’exception que nous avons. Aussi longtemps qu’elle sera respectée en tant qu’institution, le Sénégal restera un pays socialement stable.
Un détour historique s’impose pour expliquer rapidement comment les anciens intellectuels islamisés ont jeté les fondements de la société civile sénégalaise. Dans  « L’Histoire authentique de la Casamance », nous avions souligné la question de la survivance de certaines institutions anciennes (africaines) qu’il faut  impérativement prendre en compte si l’on veut aborder la question de la stabilité sociale. C’est ce qui nous permet de dire que dans la région du Grand Djolof les confréries religieuses et leurs chefs constituent le modèle de la société civile. Le plus grand souci du guide religieux, c’est la stabilité au sein de la communauté constituée par ses disciples dont la plupart sont ceux qui aspirent à occuper les plus hautes autorités au Sénégal.
 Aucun homme politique sénégalais, à l’exception de l’éphémère candidat d’origine Ajamaat, Robert Sagna pour ne pas le nommer, n’ose entreprendre une action politique sans solliciter la bénédiction de son marabout confrérique qui est par ailleurs son premier conseiller. Cette situation qui traduit l’exception démocratique sénégalaise est un acquis historique qui réside dans la reconnaissance et le respect tacite des institutions spirituelles et socioéconomiques traditionnelles encore vivaces au sein des communautés religieuses.  Parce que leurs fondateurs à l’image de Cheikh Ahmadou Bamba ou El –Hadj Malick Sy ont jeté les bases de leur légitimité de saints et celles d’une société civile qui ne dit pas son nom. C’est la seule capable de défendre les intérêts des populations face à une dérive étatique comme elle a su le faire jadis en tolérant la cohabitation pacifique avec les institutions coloniales dont ils n’étaient pourtant en rien redevables.
Or, la République du Sénégal moderne, qui n’est rien d’autre qu’un vestige sauvé des décombres d’une colonisation qui a entravé les institutions anciennes dont les élites administratrices sont elles–mêmes (comme nous le disions) les protégés des Marabouts qui ont favorisé leur autonomie dans les domaines socio-économiques et la gestion de l’Etat ; il ne peut y avoir de transformation sociale et institutionnelle sans l’aval des chefs religieux qui tiennent à garder une influence permanente sur elle.
La réponse à la question posée sous forme de titre nous parait assez claire. Mais pour ne pas insulter le futur malgré toutes nos certitudes et après avoir occulté de parler de l’obédience communiste d’une bonne partie des intellectuels et leaders du M23, nous préférons abandonner ce commentaire en évoquant l’expérience d’un ancien « marxiste athée » qui, avant de devenir président socialiste du Sénégal, a d’abord mis aux oubliettes sa réflexion critique sur l’Islam dans la société sénégalaise sous la République coloniale, puis procéda à une séance d’explications peu républicaines auprès des Califes généraux devenus incontournables dans la République indépendante du Sénégal. Il s’agit bien du président Abdou Diouf, actuel Secrétaire général de la Francophonie.
Akandijack Bassène

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:45

 Une élection présidentielle se gagne au centre dit la tradition et c’est d’une certaine façon ce qui fut la stratégie de Sarkozy mais après son élection de 2007 quand il instaura « l’ouverture ». Sur ce point comme sur tant d’autres ce fut l’échec : le PS devait être K.O. et il est devenu président du Sénat pour la première fois de l’histoire !

 

Le marketing politique
Depuis 20 ans, surtout pour un président sortant, les décisions sont celles de l’industrie du marketing politique dont personne ne parle alors qu’il peut inciter Hollande à maigrir, et Eva Joly à enlever ses lunettes, éléments dérisoires de stratégies plus cruciales. Un président a, avec lui, les instruments du pouvoir pour analyser la réalité, en plus du marketing industriel, et son opinion n’intervient qu’à la marge pour fixer une ligne. Depuis longtemps, je demande que la gauche propose une loi pour rendre obligatoire la publication de TOUS les sondages, pas seulement les dérisoires intentions de vote, mais l’ensemble de cette information qui aide à connaître l’évolution de la réalité pour se faire une opinion. Sur les routes, il existe des panneaux pour prévenir les automobilistes. En politique seuls les dirigeants connaissent les panneaux en question et nous laissent dans le brouillard. Autrefois, les repères politiques étaient historiques ; aujourd’hui le chamboulement des opinions est permanent. Nous avons des exemples qui montrent l’extrême rapidité de la montée du racisme en Italie ou en Espagne. Connaître la réalité, ce n’est pas pour s’y conformer : à présent PERSONNE n’est conservateur, tout le monde veut changer la dite réalité, d’où l’importance de ceux qui l’étudient !
Le marketing politique est donc là pour analyser la cible afin de l’adapter au produit qu’il juge nécessaire pour les consommateurs de demain. Aucune enquête d’opinion n’est neutre : on cherche quelque chose en fonction d’un objectif. Et le fonctionnement des médias est totalement construit sur la base des objectifs en question.
Bref, au vu des positions de Sarkozy et de notre propre connaissance de la réalité nous ne pouvons qu’imaginer la construction de sa stratégie, action nécessaire si on veut la combattre au lieu de combattre des moulins à vent.


La montée des références de droite
L’équipe à Sarkozy sait que l’élection présidentielle – sauf événement majeur d’ici deux mois – est perdue pour lui. Bien sûr, en 2002 Jospin était aux commandes et il était sûr de sa victoire…. Malheureusement, pour l’UMP, la défaite aux sénatoriales ce n’était pas il y a deux ans ! Le paradoxe pourtant c’est que cette défaite annoncée se produit dans un contexte européen de plus en plus favorable aux idées de droite. Le cas de l’élection espagnole est significatif malgré l’action des Indignés. Face à la crise en cours, les citoyens ne font aucune confiance aux partis de gauche ! On va me répondre que justement en Espagne la Gauche Unie a fait un bon en avant de 2 à 7% mais il se trouve qu’à présent deux députés de ce parti sont devant la justice pour des scandales que je ne veux pas développer ici (un des éléments des dérives de ce courant). En Grèce, les manifestants sont surtout écœurés par la politique sans se précipiter dans les bras des partis à la gauche du PS. Partout la gauche est en panne de projet vraiment alternatif. En conséquence, en France nous vérifions que si Hollande est annoncé comme futur gagnant, ce n’est pas, comme en 1936, dans le cadre d’une avancée forte sur sa gauche mais plutôt sur le centre (en 36 ce fut le contraire). Même si Mélenchon arrive à 10%, il ne fera pas mieux que l’addition des voix de la gauche de gauche en 2007. Le seul mérite sera de montrer une cohérence mais dans le cadre d’un écart tel avec le score du PS que le PS va apparaître plus dominant que jamais. Tous les journalistes posent d’ailleurs la même question à Poutou, Arthaud et Mélenchon : pourquoi dans cette situation de crise qui justifie vos discours n’arrivez-vous pas à faire mieux dans les sondages ? Les sondages n’étant que des sondages nous verrons à l’heure des résultats mais tous ces partis savent bien qu’ils n’enregistrent pas un courant d’adhérents nouveaux et de toute façon leur réponse n’est jamais convaincante. Il y a la réponse de l’optimisme style Mélenchon : « un surprise nous attend » ; celle de Poutou : « les gens sont sous influence » comme s’ils ne l’étaient pas quand Besancenot faisait 4% etc.


Préparer 2014
Il suffit de lire les propositions de François Hollande pour comprendre que s’il va pouvoir adoucir les drames, il ne va rien résoudre dans le fond, en conséquence les mécontents d’aujourd’hui qui veulent virer Sarko, vireront demain le PS, en 2014 (comme la défaite de 1981 a permis les victoires de la droite aux municipales de 1983) et c’est à ça qu’il faut se préparer, à une droite plus radicale pour mieux mettre au pas les esprits.
Et l’extrême-droite ?
Partout l’extrême-droite est prise en tenaille : ou elle se plie aux règles démocratiques en acceptant de devenir présentable pour le désistement à droite – et elle perd l’essentiel de son électorat – ou elle continue son voyage solitaire en espérant peser sur les décisions de l’extérieur du système. La droite peut se droitiser, il existera toujours une barrière entre droite et extrême-droite, une barrière qui ne porte pas sur les valeurs défendues mais sur le rapport aux institutions. Pour le moment, le FN c’est lui contre TOUS. La droite peut se droitiser sans que cette position change. Les fondements de l’extrême-droite sont opposés à deux tendances de fond du capitalisme actuel qui détruit l’Etat et les Nations. Comme tout fascisme le FN a besoin d’un Etat fort et d’une Europe défaite or la droite se doit de faire plaisir aux forces dominantes qui ne veulent plus de l’Etat et qui aiment l’Europe pour détruire les forces populaires incapables jusqu’à ce jour de se donner une histoire commune sur l’échelle du continent. Il est facile de vérifier que chaque extrême-droite dépend plus de l’histoire des pays que de principes européens. En Italie, Bossi veut le démantèlement du pays, en France le FN joue la carte nationaliste d’où le fait qu’en Italie Bossi a pu se lier un temps avec les forces capitalistes au pouvoir, mais depuis la chute de Berlusconi, il redevient le chef d’un parti contre TOUS les autres.


La perspective
J’ai entendu Mélenchon expliquer qu’une entreprise Renault à Tanger c’était bien à condition que les voitures produites en Afrique soient destinées à l’Afrique, et qu’à venir sur le territoire français, elles devraient être fortement taxées, pour ne pas concurrencer notre industrie. Cette stratégie est celle adoptée par les dirigeants du Brésil qui taxent à 30% toute voiture venant d’ailleurs. Le problème c’est que cette défense de l’industrie automobile française « prive » l’ensemble des plus pauvres de notre pays de l’accès à une voiture deux fois moins chère ! Ce à quoi on peut répondre que si la France n’a plus d’industrie, elle sera si pauvre que même les voitures à moitié prix seront inaccessibles donc l’usine de Tanger obsolète … Le deuxième problème c’est l’Europe : si tout le monde ne taxe pas, elles peuvent alors entrer en Italie et comment empêcher ensuite leur entrée en France vu le marché unique européen ?
Pour la Grèce Mélenchon a souvent pris l’exemple de l’Argentine qui, dit-on, n’a pas payé sa dette et est sortie de la crise. L’Argentine a fini aujourd’hui de payer sa dette aménagée et si elle est sortie de la crise ce n’est pas en brandissant la menace du refus de payer (même le Venezuela a payé sa dette) mais en rompant la parité de son peso avec le dollar, ce qui a engendré une dévaluation de 25% et un appauvrissement immense des classes moyennes. L’Argentine a retrouvé des taux de croissance de 7% mais son économie reste fragile car liée au prix international du soja. Le cas de la Grèce révèle un phénomène qui n’avait peut-être pas été prévu : l’euro est un carcan puisque le pays ne peut pas dévaluer sa monnaie. Si la Grèce imposait un aménagement de la dette en sortant de l’Euro, la chute des salaires serait en effet de 25% - comme les politiques viennent de le décider – mais avec un espoir de relance de la vie économique. L’argent donné à la Grèce n’est pas donné à la Grèce, il est donné à l’euro pour éviter une crise en cascade or l’Espagne est au bord du gouffre et là, aucune somme ne sera suffisante pour « sauver » l’euro. C’est à cet effondrement que les droites se préparent tandis que les gauches courent derrière l’actualité pour sauver les meubles. Je ne crois pas que le capitalisme soit en son stade ultime mais, qu’une fois de plus il prépare sa mutation, et les gauches qui autrefois avaient un horizon (les droites en avaient peur car elles pensaient que les gauches resteraient au pouvoir puisqu’elles allaient satisfaire les revendications du peuple) ne servent plus qu’à réaliser la sale besogne. Celui qui a été le plus clair est Luc Ferry quand il a dit sur France Inter en substance : « Pour 2012, c’est perdu, mais nous récupèrerons les commandes du pays après l’échec inévitable du PS. »
Or, il faut bien que le PS gagne mais en sachant qu’un succès électoral n’est la garantie de rien. Dès aujourd’hui, il faut poser les problèmes de manière franche et claire, aussi bien ceux de l’écologie que ceux du social et de l’économique. Et mes soucis sont les suivants : Oui, il faudra du protectionnisme mais lequel ? oui il faudra une sortie de l’Europe mais laquelle ? oui, la crise est devant nous mais laquelle ? L’étude de la droitisation de Sarkozy renvoie les gauches à leurs propres responsabilités. 15-02-2012 Jean-Paul Damaggio

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:39

Il y a quelque part un jeu de poker menteur.
 

 

a) Le Gers décide de ne pas payer Bordeaux-Tours, j'ai mis aussitôt l'info sur le blog avec cette question : est-ce possible ? quand on a signé une convention peut-on se retirer ?

http://la-brochure.over-blog.com/article-lgv-la-gifle-du-gers-a-malvy-98096388.html

 

b) Si le Conseil Général du Lot et Garonne ne veut pas payer Bordeaux-Toulouse, qu'il ne paie pas pour Tours-Bordeaux car là l'économie est directe vu que le paiement pour Bordeaux-Toulouse c'est au mieux pour dans huit ans !
 

 

c) Et Malvy qui s'agite (voir ci-dessous) mais par rapport au Lot et Garonne, sans avoir rien dit par rapport au Gers alors que le problème est plus immédiat ! Il menace à son tour de ne pas payer comme il l'a fait quand NKM a dit non à Toulouse-Bordeaux. Peut-il mettre à exécution une telle menace ? J'ai demandé depuis plusieurs semaines au Conseil régional le texte de la convention pour savoir comment juridiquement un accord avec un géant comme Vinci pouvait être mis par terre sans rétorsions phénoménales. Bien sûr je n'ai pas eu la réponse. Si les élus du Lot et Garonne voulait être utile aux anti-LGV ils leur donneraient une copie de cette convention qu'ils ont signé afin de parler à partir de documents précis.
Et enfin quand on note que tout ce petit monde est socialiste, ça augure bien mal des mésententes futures avec Hollande président. JPD


Voici l’annonce dans Sud-Ouest qui a suscité la colère de Malvy :
Le Conseil général de Lot-et-Garonne s'est réuni ce matin pour le débat d'orientations budgétaires 2012. A cette occasion, le président du Conseil général, Pierre Camani, a annoncé que le Département ne participerait pas au financement de la Ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse.

Voici la réponse de Malvy sur France 3 Aquitaine :
Malvy évoque un arrêt des fonds de Midi-Pyrénées à la LGV Tours-Bordeaux
Le président socialiste de Midi-Pyrénées Martin Malvy a ouvertement envisagé lundi une remise en cause de la participation des collectivités de sa région au financement de la ligne ferroviaire à grande vitesse Tours-Bordeaux. M. Malvy a ainsi réagi aux propos tenus le même jour par le président socialiste du conseil général du Lot-et-Garonne, Pierre Camani. Le Lot-et-Garonne, qui a pris part au financement de Tours-Bordeaux, ne participera pas en revanche au financement des deux tronçons qui prolongeront la ligne après Bordeaux, l'un vers l'Espagne, l'autre vers Toulouse, a annoncé M. Camani. Il a invoqué la nécessité pour le département de réduire ses dépenses et de conserver ses capacités d'investissement. Martin Malvy a dit comprendre que le gouvernement mettait les collectivités locales "dans une situation impossible". Mais les propos de M. Camani n'en ont pas moins des apparences d'une "rupture de contrat", a dit M. Malvy dans un communiqué. Les collectivités de Midi-Pyrénées ont en effet accepté de payer pour Tours-Bordeaux en comptant sur le fait que la ligne serait ultérieurement prolongée vers Toulouse; en retour, celles d'Aquitaine (dont le Lot-et-Garonne) participeraient à la construction de Bordeaux-Toulouse, a fait valoir M. Malvy. "Sil y a rupture du contrat (...) pourquoi celles-ci (les collectivités de Midi-Pyrénées) continueraient-elles à payer si déjà des collectivités locales dAquitaine engagées sur litinéraire font savoir quelles se retirent ?", a dit M. Malvy

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 13:32

EELV-2012.jpg


Comme nous l’avions noté
http://la-brochure.over-blog.com/article-candidats-eelv-aux-legislatives-en-tarn-et-garonne-98540064.html
les candidats EELV se renouvellent en Tarn et Garonne, aussi bien côté candidats que côté suppléants.
L’article de La Dépêche du 7 février confirme ce que nous disions le 3 mais cette fois avec les noms. Après les candidats du PS-PRG, les candidats du FdeG, les candidats UMP, et maintenant les candidats EELV nous connaissons l’essentiel du tableau local pour les législatives. Il reste les candidats du FN, ceux du NPA et les éventuels dissidents dont un est sûr, Jacques Briat pour la droite. JPD

Article de La Dépêche :

Les membres Tarn-et-Garonnais d'Europe Écologie - Les Verts (EELV) sont engagés pour les présidentielles derrière Eva Joly pour laquelle, sous la houlette d'Annie Bonnefont, ils ont bâti un comité de soutien. Profitant de la tribune qu'offre le débat national, ils ont lancé leur campagne en vue des élections législatives de juin prochain. Dans la première circonscription (Montauban), Jean-Jacques Boyer (responsable commercial) sera candidat, avec comme suppléante Roselyne Serra (retraitée de la fonction publique territoriale). Dans la circonscription de Castelsarrasin, sur fond d'accord, EELV épaulera un(e) candidat(e) du Parti occitan auquel il fournira la suppléante, en l'occurrence Joëlle Simonet (animatrice sociale). « Notre campagne repose sur 2 axes » commente Jean-Jacques Boyer. « La conversion économique de l'écologie et l'analyse écologique… ». Dans les mois prochains, il sera question de la transition énergétique, du véritable rôle du député, et plus localement de la LGV, de la Roseraie, du canal, des gravières et de l'agriculture, avec comme fil… vert, l'idée que l'écologie a sa place dans tous les débats. « Voilà pourquoi c'est le vote indispensable » avance même un de ses plus fervents porte-drapeaux, Alain Moles.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 18:48

La coïncidence a voulu qu’au moment où je faisais référence à Malon et Cladel, René Merle travaillait à mettre sur son blog la bio de Malon par Cladel. Pour pour ma part, c'est en travaillant sur Judith Cladel, grâce à l’ami Fabrice Michaux, que je suis tombé, sur la bibliothèque Marguerite Durand dont je ne connaissais pas le lien internet, ce qui m'a mis sur la piste du livre La morale sociale, et et rapport Jaurès, Cladel, Malon.
Quel plaisir, justement aujourd’hui, que de lire le texte de Cladel !
Le Cladel de l'affrontement, le Cladel de la langue, le Cladel du socialisme, le Cladel du peuple héroïque, le Cladel qui ne se le fait pas envoyé dire, et je pense que Jaurès, à lire cet homme d'un autre siècle, cette langue d'un autre peuple, a dû se poser quelques questions. Jean-Paul Damaggio

Voici les liens pour aller visiter ce Cladel de rêve !

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-malon-vu-par-cladel-itineraire-d-un-socialiste-99240251.html


http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-monument-a-benoit-malon-guesde-et-jaures-99242908.html


http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-malon-vu-par-cladel-itineraire-d-un-socialiste-2-99240850.html


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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:26

Je me suis depuis longtemps demandé si Jaurès avait eu connaissance de l’histoire de Cladel. Grâce à ce livre de Benoît Malon dont vous avez ci-dessous la critique, je découvre les deux hommes Jaurès et Cladel, ensemble pour défendre ce titre, La morale sociale. C’est une nouvelle édition (Cladel est décédé en 1892) et je ne sais si la préface de Jaurès était déjà sur la première mais je trouve heureuse cette coïncidence. La Revue socialiste a joué un grand rôle, pour le développement du socialisme en France, qui se confirme ici. Jean-Paul Damaggio



La REVUE SOCIALISTE , 1896


BENOIT MALON. — La Morale sociale. Nouvelle édition, ornée d'un portrait de l'auteur, d'une préface biographique par LÉON CLADEL, et d'une introduction par JEAN JAURÈS.— Paris, Giard et Brière éditeurs, 16, rue Soufflot et Librairie de la Revue Socialiste, 10, rue Chabanais. — Prix : 3 fr. 50.

Ce livre, qui est plus et mieux qu'un manuel, est aussi pédagogique et bien plus vrai, plus ému, plus consciencieux, plus humain au sens généreux du mot, partant plus éducatif que la plupart des manuels de morale qui sont entre les mains de la jeunesse des écoles.
C'est, écrit dans un style didactique, mais s'élevant, à certaines pages, jusqu'à l'éloquence, un exposé très clair, historique*et critique, de l'évolution des idées morales à travers les religions et les philosophies, c'est-à-dire de la lente formation de l'idéal socialiste de justice et de bonté par la diffusion progressive du savoir et la réflexion des meilleurs de l'humanité.
Selon sa méthode ordinaire de consultation historique, Malon s'est efforcé de saisir, aussi bien dans les conceptions sociologiques modernes et contemporaines que chez les penseurs des grandes religions et des grandes philosophies du passé, les divinations du caractère social de la morale, les traces d'appel à la sociabilité, à l'altruisme, au dévouement social, à la conscience des droits de l'espèce.
Aux cris de désarroi poussés par Alfred de Musset et tant d'autres, qui n'ont su qu'étendre et creuser le champ des impressionabilités douloureuses, Malon répond par l'affirmation d'une morale sociale, selon laquelle l'humanité, organisée en un tout solidaire, devient à la fois le principe et la fin de la conduite morale, bref, par l'évocation de l'amour dans la vie commune.
La terreur des dieux s'en est allée; le « chacun pour soi », honte éternelle de l'intellectualité bourgeoise, est le contraire d'un principe moral ; l'amour d'autrui est insuffisant, parce qu'encore trop individualiste; il n'est guères que le sentiment de la nécessité de la sociabilité, et ne vise pas au bonheur général de l'espèce humaine ; seul le socialisme, avec son principe général de la solidarité humaine, donne réponse à toutes les questions de la vie morale quotidienne, et satisfaction à toutes les généreuses aspirations vers le mieux-être et le bonheur. L'humanité florissante voilà le paradis qu'il faut gagner.
Cette réédition de la Morale sociale est précédée d'un portrait très ressemblant de l'auteur, d'une magnifique introduction de Jaurès, et de quelques pages de Léon Cladel, qui sont parmi les dernières qu'ait écrites le grand écrivain qui avait voulu se constituer le Plutarque de Malon.
Quant à l'introduction de Jaurès, c'est en quelque sorte l'explication du socialisme intégral, la conciliation de la grande découverte de Marx, que le fond tragique de l'histoire est rempli par les mouvements, manifestes ou latents, mais incessants, de la lutte des classes, avec la théorie des forces morales de Malon, —l'égoïsme du prolétariat étant un égoïsme impersonnel, qui s'oublie lui-même et s'emplit de générosité en s'ouvrant à l'espérance de l'affranchissement de l'humanité tout entière et de l'harmonie universelle.
ADRIEN VEBER.
La REVUE SOCIALISTE

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 14:17

 Plus le temps passe et plus la question de la nature du FdeG devient lancinante. Exceptionnellement une lettre d’Eric Coquerel aux dirigeants socialistes (voir ci-dessous) permet de mieux cerner le problème. Concernant les élections législatives le PS négocie avec le PCF et refuse de négocier avec le Parti de Gauche or, au nom du Front de Gauche, les deux partis devraient présenter, face au PS, un front uni. N’est-ce pas pour ça que le FdeG existe ? Reprocher au PS son refus de négocier avec le PG, sans s’étonner du sort particulier fait au PCF, c’est, pour le dirigeant PG Coquerel, un choix unitaire, mais qui ne change rien à la donne !


D’autant qu’à ce jour, tout le monde a pu observer que pour les élections sénatoriales de septembre 2011 le PCF a négocié avec le PS pour sauver ses sénateurs pendant que le PG marginalisé perdait les siens. Ce n’est pas là une spéculation, c’est une réalité et pour saisir la manœuvre il suffit d’étudier minutieusement le cas de l’Essonne, département cher à Mélenchon, département où l’élue PG n’a même pas pu être présente… sans que pour autant le PCF y gagne un élu en se plaçant quatrième sur la liste EELV-PS-PCF, conduite par le chouchou du PS, Jean-Vincent Placé !
D’autant qu’à ce jour, je n’ai pas eu de réponse claire sur un accord éventuel PCF-PS-EELV sur le sort réservé aux élus PCF sortants, si ce n’est qu’en effet Stéphane Gatignon a annoncé sa candidature EELV contre son ancien camarade François Asensi (communiste apparenté sortant) qui a comme suppléante la médiatique Clémentine Autain.
D’autant qu’à ce jour, tout le monde attend que le PCF affirme clairement qu’il ne gèrera pas avec François Hollande, ce qu’a affirmé Jean Luc Mélenchon.
Et les responsables du flou quant aux rapports futurs avec le PS, ne sont pas que du côté du PCF. Jean-Luc Mélenchon procède en tribun au-dessus des partis, il a à ce sujet des mérites incontestables mais une transformation politique ne se fait pas avec un tribun devant qui, au nom de ses intérêts de candidat à la présidentielle, masque les divisions au sujet des législatives. Coquerel qui a conduit la campagne Chevènement en 2002 a-t-il tiré les leçons du passé ?
Sur le point de la lettre Coquerel au PS, qui concerne le rapport avec le FN aux législatives – un sujet tactique qui n’est pas de première urgence et masque d’autres discussions possibles -, il est utile de rappeler que le PG ayant accepté (sauf exception) les circonscriptions où le PCF avait ses scores les plus bas, il est par avance marginalisé.
Je suis de ceux qui vont voter Mélenchon mais ça m’ennuierait qu’à l’heure du résultat les dirigeants du FdeG fassent comme s’il s’agissait d’un vote acquis aux idées défendues par Mélenchon. Comme en toute élection beaucoup prendront le bulletin FdeG par défaut. Et les législatives qui suivront, comme les élections qui suivirent la victoire du NON au référendum de 2005, risquent de démontrer qu’une fois de plus la gauche authentique continue de patauger dans les querelles. Jean Paul Damaggio



Lettre de Coquerel

 

A l’attention de Christophe Borgel, Secrétaire national du PS chargé des élections et des Fédérations
De Eric Coquerel – Parti de Gauche
Paris le 7 février
Cher camarade, Cher Christophe
Dans plusieurs circonscriptions, pèse un danger d’élimination de la gauche au premier tour au profit d’un duel FN/droite au second. Nous savons que des discussions existent avec d’autres partis. Le Parti de Gauche n’a jamais été pour la politique du pire face au FN. C'est pourquoi en novembre 2011 nous avions souhaité entamer une discussion avec vous. Nous vous avons dit publiquement notre disponibilité pour discuter d’un accord national de répartition de toute la gauche sur ces circonscriptions. Une première réunion de travail avait débouché sur la proposition d’échanger nos informations sur celles-ci. Vous avez pourtant décidé unilatéralement d’interrompre la discussion, Martine Aubry expliquant dans la presse ne plus vouloir discuter avec le PG. La raison alors invoquée était un trait d’esprit de Jean-Luc Mélenchon concernant François Hollande dans une interview. Cela nous a paru hors de proportion par rapport au danger invoqué.
Depuis la question est revenue localement dans plusieurs départements dont, dernier en date, le Vaucluse. A chaque fois il est proposé à nos camarades de retirer la candidature Front de Gauche au profit d’un socialiste. Comme nous vous l’avons expliqué nous n’accepterons pas d’accords locaux qui consistent en réalité à toujours se désister pour le candidat socialiste voire parfois un Europe Ecologie – Les Verts. On ne peut nous proposer ce type d’accord localement et dans le même temps refuser toute discussion nationale avec nous.
Nous souhaitons donc savoir si vous êtes toujours dans le même état d’esprit et si vous maintenez votre refus d’une discussion nationale sur ce sujet. Dans l’attente de votre retour,
Fraternellement  Eric Coquerel
Secrétaire national du PG chargé des relations unitaires et des élections

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 21:32

Renaud Jean vient de créer un journal avec ses amis du Lot et Garonne, il ne se doute pas que deux mois après, comme pour lui donner raison, il sera élu député communiste. Il témoigne dans cet article de sa volonté de dialogue, de sa passion pour l’histoire et de son optimisme. Oui, en 1919, la vague monte, en 1920 des grèves déferlent en France, et depuis ? A la fin de sa vie, Renaud Jean, toujours communiste, mais interdit de publication dans Le Travailleur, tirait un bilan sombre de tant d’années de militantisme. Alors la lutte continue. La quelle ? JPD



Reproduction fidèle d'un article du journal Le Travailleur du Samedi 11 Octobre 1919 N° 2

Grâce à André Larralde des Amis de Renaud Jean

La vague monte

 

Un ami, qui n'est pas encore socialiste, m'écrit : "Vous voulez enlever le capital à la minorité qui la possède et le donner à tous. Ne vois-tu donc pas qu'ainsi tu prépares la route à la Révolution, ou bien, te serais-tu laissé gangréner par la haine? Souhaiteriez-vous donc une guerre civile, la terreur, une édition française du bolchévisme ? ».
Non, mon ami, nous n'avons pas de haine, et cependant nous travaillons à La Révolution. Mais, pourquoi t'effrayer d'un mot? Ton journal te dit. "La Révolution, c'est la guerre civile! ", et, perroquet, tu le répètes!.
Tu devrais pourtant te méfier. Le même journal, autrefois, te fit voter pour les trois ans, toi qui sortais de la caserne, plus tard, lite fit croire aux beautés de la guerre et chanter les louanges de ceux qui te menèrent à Charleroi; il ouvrit ses colonnes au "rouleau compresseur ", poussa les cosaques aux portes de Berlin, les hissa aux sommet des Karpathes; il affama les Allemands dès Septembre 1914, les réduisit plus tard à manger la graisse de leurs morts; il tua le Kronprinz plusieurs fois. Enfin, de bourrage en bourrage, soutenant à la fois le moral de l'arrière et celui de l'avant, ton journal te permit, après quatre ans de guerre, de gagner la victoire. . . à la Pyrrhus. Et tu lui fais encore confiance....
Et lui, continue de te bourrer le crâne. li secoue devant toi l'épouvantail du bolchévisme. La bourgeoisie, que défend ton journal, aurait-elle oublié son origine, le 10 Août; les massacres de Septembre ,» la mort du roi, la reine, mère et femme, torturée puis tuée ? Aurait-elle oublié la mort de la Gironde, de Danton et Desmoulins; les exploits de Carrier, le soleil de thermidor consumant les derniers Montagnards? Aurait-elle oublié la banqueroute de l'an VI; et du bruit du canon qui, sans interruption, la berça durant vingt ans, et l'impérialisme de Danton et de Bonaparte semant chez tous les peuples la haine de la France, semence féconde dont nous venons encore de récolter la sanglante moisson?
La Révolution française aurait pu, sans doute, rester pure. Mais la bourgeoisie ne le voulut pas. Parce qu'elle avait peur du peuple, elle alluma la guerre en 1792.
La guerre entraina la défaite, la défaite entraina la Terreur; La Révolution bourgeoise revêtit les haillons des "Tricoteuses "; elle fût sanglante et grossière. Cet épouvantail que ton journal agite devant toi, c'est le spectre de la Révolution bourgeoise, et non le portrait de la Révolution sociale.
Une Révolution, ce n'est pas une guerre civile! Une Révolution, c'est un changement profond. C'est le renversement des institutions qui ont mis des siècles à s'enraciner dans le sol, c'est l'éclosion d'institutions nouvelles, meilleures, qui rayonneront sur les nations voisines.
Pendant des siècles, la monarchie française imposa son absolutisme politique, les privilèges de la noblesse et du clergé, les réglementations économiques. La bourgeoisie abritait sa jeunesse timide sous l'aile de l'absolutisme. elle courtisait le Roi-Soleil. Mais elle grandît vite en richesses, en savoir, en conscience de classe. La vapeur mettait à sa disposition une force jusqu'alors ignorée, une prospérité prodigieuse s'offrait.
Et soudain, la bourgeoisie se sentit paralysée par le vieux monde. La grande industrie, que les découvertes scientifiques rendaient possible, et qui en améliorant le sort de tous les hommes, allait centupler les fortunes bourgeoises, exigeait la disparition de l'absolutisme vieilli, incapable et tracassier, des privilèges du sang, des corporations.
La courtisane se révolta, et s'appuyant sur le peuple affamé, fît sa Révolution.
La bourgeoisie remplaça l'absolutisme par la monarchie constitutionnelle, puis par un Parlement, elle supprima les privilèges des nobles et des prêtres, proclama la liberté politique et l'égalité devant la loi, elle supprima les corporations et proclama la liberté industrielle et commerciale.
En un instant d'ivresse, le peuple crût s'être libéré de la bourgeoisie. Il s'aperçut bientôt qu'il avait seulement changé de maîtres. Le grand propriétaire bourgeois remplaçait le baron émigré. L'usinier écrasait ses ouvriers d'un pouvoir d'autant plus absolu qu'ils ne pouvaient plus s'unir pour résister. La liberté du commerce et de l'industrie devenait la liberté du vol. L'inégalité économique persistante anéantissait les bienfaits de la Révolution. La lutte formidable du capital et du travail commençait. En 1848, le travail faillit l'emporter, il fût battu, les paysans n'ayant pas compris. De leur triomphe d'un jour, les prolétaires ne conservaient qu'une arme bien faible: le suffrage universel. Mais plus tard, ils gagnaient le droit de grève, le droit syndical, et, organisés nationalement et internationalement contre la bourgeoisie, ils préparaient leur libération définitive, la libération économique.
Le Prolétariat était-il près de triompher en 1914 ? Sans doute, une organisation réelle donnait de la cohésion et de la puissance à son action ; mais la masse des travailleurs restait inerte. Le système capitaliste, avant la guerre, nourrissait tout le monde, bien ou mal. Il y avait bien des guerres coloniales, mais le pays ne sentait pas le mal qu'elles lui faisait ; il y avait bien les déficits budgétaires, mais, par des expédients, on les masquait ; il y avait bien des plaies sociales, l'alcoolisme par exemple, mais les ivrognes buvaient par plaisir et les autres en riaient ,» il y avait bien des ignorants, mais ils ignoraient leur ignorance ou la chérissaient même, le plus grand nombre des hommes était exploités, mais être mouton leur plaisait. Pas de mécontentement réel, rien d'analogue à ces révoltes de paysans qui bouleversèrent la France de 1780 à 1789. Pas d'esprit révolutionnaire. L'Etat bourgeois avait tout pour lui. argent, armée, police. Ces forces intactes semblaient lui assurer une vie calme et longue. Le régime pouvait durer des années, des siècles encore peut-être.
La guerre est venue. On a souffert, la souffrance a ouvert les yeux, l'indifférent a appris à penser, il se révolte contre le capitalisme dont hier il ne sentait pas le joug. Dans la tranchée, le poilu a compris que la guerre est le produit fatal de la concurrence capitaliste. Malgré l'aisance trompeuse dans laquelle on le maintient, le peuple entrevoit la catastrophe financière. La bourgeoisie sombre dans la guerre et dans la faillite. L'Etat bourgeois est aussi faible que le vieillard qui s'obstine à le gouverner. Les grèves se généralisent, les soldats se mutinent, les marins de la Mer Noire hissent le drapeau rouge, une foule jusqu'à présent inconsciente se précipite dans le Parti Socialiste et les syndicats. Comme la bourgeoisie en 1789, le prolétariat a acquis sa conscience de classe.
L'événement brutal a réveillé l'idée en lui, et maintenant il veut gouverner les événements par son idée. Le prolétariat tout entier se soulève contre le régime politique et économique qu'il subissait depuis cent ans. Monsieur VIVIANI le déclarait un jour à La Chambre .» « cette Révolution passera dans les faits ». La bourgeoisie le sait. Pour satisfaire ce besoin de changement et de progrès, elle vient d'inventer la 4ieme République. Il est trop tard. La Révolution vient. Nous pouvons la souhaiter ou la maudire, nous pouvons tout craindre ou tout espérer d'elle, elle sonne à notre porte, elle entrera !
Comme toi, mon ami, je redoute sa force aveugle. Elle peut tourner à la guerre civile, s'abimer dans une période de démolition confuse. Nous ne préparons pas cela, la bourgeoisie y suffit.
Le Socialisme seul est capable de diriger cette force, d'éviter (e désastre, la bourgeoisie ne sait que démolir. Nous préparons le socialisme.
Renaud JEAN

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