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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 18:40

A en croire La Dépêche de ce jour, l’élu socialiste Claude Mouchard n’est pas content du Partenariat Public Privé que Brigitte Barèges vient de mettre au point pour la gestion de la piscine. Il déclare : « Le recours au PPP pour la construction de la piscine va coûter cher à la commune, 3 fois l’investissement initial. »

Comme il a cent fois raison !

Sauf que…

Sauf qu’en tant que Conseil général il a voté sans état d’âme un PPP pour construire le pont de Verdun qui, après étude d’un économiste, va coûter 4 fois plus au Conseil général que s’il en avait assumé la mis en œuvre ! Bien sûr les gestionnaires précisent qu’ils ne font pas que construire mais pendant la durée de la concession ils entretiennent.

Quant au PPP pour la construction de la LGV Tours-Bordeaux les élus de tout bord, du PCF à la droite, ont dit oui.

 

Bref, un PPP Barèges c’est nul ; un PPP Baylet c’est bien !

La cohérence en politique a encore de gros progrès à faire. JPD

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 18:40

A en croire La Dépêche de ce jour, l’élu socialiste Claude Mouchard n’est pas content du Partenariat Public Privé que Brigitte Barèges vient de mettre au point pour la gestion de la piscine. Il déclare : « Le recours au PPP pour la construction de la piscine va coûter cher à la commune, 3 fois l’investissement initial. »

Comme il a cent fois raison !

Sauf que…

Sauf qu’en tant que Conseil général il a voté sans état d’âme un PPP pour construire le pont de Verdun qui, après étude d’un économiste, va coûter 4 fois plus au Conseil général que s’il en avait assumé la mis en œuvre ! Bien sûr les gestionnaires précisent qu’ils ne font pas que construire mais pendant la durée de la concession ils entretiennent.

Quant au PPP pour la construction de la LGV Tours-Bordeaux les élus de tout bord, du PCF à la droite, ont dit oui.

 

Bref, un PPP Barèges c’est nul ; un PPP Baylet c’est bien !

La cohérence en politique a encore de gros progrès à faire. JPD

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 14:01

Nous reprenons avec plaisir cet article de Libération sur une manifestation que nous défendons depuis… 25 ans ! JPD

 

Libération 13/03/2013 Ciné Latino souffle ses vingt cinq bougies

 

 CINÉMA. La fibre militante des débuts est toujours là. Du 15 au 24 mars le festival CinéLatino fêtera son 25e anniversaire avec un retour aux sources autour du thème «Cinéma et politique».

Un quart de siècle après son lancement par un collectif d’associations, ce panorama des cinémas et des documentaires d’Amérique latine est devenu une référence dans le circuit professionnel  tout en restant fidèle à ses engagements. La solidarité cinématographique initiée dans les années quatre vingt ne s’est jamais démentie. Hasta siempre (« pour toujours ») serait-on tenté d’affirmer.

 Autant connues en Amérique latine qu’en France ces Rencontres de Toulouse ont en effet permis à des cinéastes menacés dans leur propres pays (Argentine, Chili, Mexique, Uruguay, Colombie) de continuer à travailler et de construire une œuvre. 118 longs métrages, 42 courts métrages, 26 documentaires, pour la plupart inédits en France, sont au  programme de cette édition 2013 de CinéLatino dans laquelle LibeToulouse est allé se promener. 

« Calle Santé Fé»  le remarquable  documentaire  de Carmen Castillo  revient sur les années de plomb dans le Chili des années 1970. Comme bon nombre de cinéastes et de documentaristes sud-américains, cette réalisatrice chilienne s’inspire des dictatures militaires des années 1960 et 1970 en Amérique latine.

Réalisé en 2007, ce film sur l’engagement politique, s'arrête sur la mort de son compagnon Miquel Enriquez, chef du MIR, abattu le 5 octobre 1974 rue Santa Fe dans les faubourgs de Santiago du Chili lors d’un affrontement avec la Dina, la police militaire de Pinochet. Trente après, elle revient sur les lieux du drame et s’interroge sur la lutte armée. En valait-elle la peine ? Miquel et les autres résistants chiliens sont-ils morts pour rien ? Du passé au présent la quête de mémoire résonne avec les aspirations de la jeunesse chilienne d’aujourd’hui.

A voir ou à revoir, dans le même programme, les longs métrages Buenos Aires 1977 du réalisateur Adrian Caetano présenté à Cannes en 2006 et Garage Olimpo de l’argentin Marco Bechi. Ce dernier présentera aussi La terre des hommes rouges, une fiction sur la lutte des indiens Guaranis au Brésil pour récupérer les territoires dont ils on été spoliés.

Repéré dans cette édition 2013  le vidéaste mexicain Edgardo Aragon. Ce jeune artiste ultra réaliste présentera ses récits filmés de narco trafiquants  et d’échappés de pelotons d’exécutions dans l’auditorium des Abattoirs. A ne pas rater comme la totalité de ces Rencontres Ciné Latino.

 

J-M.E

Ciné Latino 25 emes rencontres de Toulouse du 15 au 24 mars.

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 13:43

Le propos qui va suivre s’appuie sur la lecture du livre qui me paraît fondamental pour prendre la mesure sur le long terme du phénomène Beppe Grillo : Il latto oscuro delle stelle, la dittatura digitale di Grillo e Casaleggio, Testimonianze, documenti e retroscena inediti, Federico Mello, janvier 2013, Imprimatur Editore. Ce livre publié avant les résultats spectaculaires des élections de février 2013 est l’œuvre d’un jeune journaliste qui travaille depuis longtemps sur les questions de la planète internet. Il est conçu en deux parties : une sur le fonctionnement du système internet et l’autre sur l’usage que Beppe Grillo et Casaleggio (le propriétaire de l’entreprise marketing qui contrôle son site) en font. Ce commentaire est le denrier sur ce livre.

 

 

1 - Beppe Grillo et le Mouvement des 5 étoiles (M5S) dénonce le système médiatique, le système des partis, le système capitaliste, l’Europe et, s’il lui arriva une fois de déclarer que la question des sans papiers est surtout posée pour nous écarter des grands enjeux de société, il a très vite évité le sujet par la suite. Comme des millions d’Italiens je partage pour l’essentiel ses dénonciations.

2 – Pour quelles alternatives ? Et c’est là tout de suite qu’on passe à la mauvaise question, une question classique pour tout parti politique, mais impossible pour un mouvement qui CONCRETEMENT n’est pas un parti. Le propos – que je ne partage pas - disant du FN qu’il pose les bonnes questions mais donne les mauvaises réponses, n’est pas de mise. Et quant à ceux qui utilisent les justes critiques qui je vais évoquer, pour des solutions plus à droite encore, ils sont la pire source de la catastrophe.

3 – Dénoncer le M5S pour ce qu’il n’est pas, c’est renforcer sa dynamique. A déclarer, pour prendre une parabole, que c’est un train avec des ailes, Beppe Grillo peut aisément démontrer qu’il est un train ordinaire, et il gagne en crédibilité.

4 – Beppe Grillo n’existe politiquement que grâce à une entreprise de marketing aux ordres de Gianroberto Casaleggio. La question n’est donc pas celle des alternatives mais celle du comment s’élaborent les alternatives. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer le fait que c’est un parti-entreprise, mais que c’est un parti-digital ! Le Front de Gauche est une marque déposée par un parti qui en est propriétaire, mais la «gestion» de cette marque n’appartient pas à une petite équipe de quatre ou cinq individus.

5 – Pour Beppe Grillo et son mentor, la seule alternative c’est internet, la seule victoire possible c’est la victoire d’internet, la seule démocratie possible, c’est internet etc. Son mouvement démontre qu’avec internet il est possible de cerner les maux de la société, qu’il est possible de les dénoncer clairement mais rien ne démontre jusqu’à ce jour, que le réseau peut se supplanter aux luttes politiques. Pour dénoncer, Beppe Grillo bénéficie de l’appui de personnalités reconnues comme Ricardo Petrella, Dario Fo, mais quand il s’agit de proposer c’est l’œuvre d’un homme Casaleggio !

6 – Beppe Grillo peut facilement me répondre que si quelqu’un a participé aux luttes sociales, c’est bien lui et son site, fait totalement incontestable qui est d’ailleurs la source majeure de sa popularité. Le problème c’est justement que, de ce rôle largement assumé, il n’est pas possible de passer mécaniquement à l’action politique ! Faire croire à un tel passage mécanique est une tartufferie très dangereuse. En politique, le M5S a beau être contre le système des partis, en participant aux élections il entre dans le système des partis ! Et s’il veut faire exploser le système, c’est bien pour installer un parti à sa place, le sien ! Or nous savons à présent qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions pour devenir un bon gestionnaire !

7 – Tout effort visant à contester les propositions alternatives du M5S détourne l’acteur social de la contestation majeure, celle qui touche au fonctionnement réel du mouvement. Sauf que depuis sa création de nombreux militants historiques du mouvement ont conduit cette contestation sans le moindre succès car ils sont minuscules par rapport à l’énorme machine marketing ! Comme dit Casaleggio a Dario Fo : « Ils n’ont pas été exclus car au M5S on ne peut exclure. Ils ont simplement perdu le droit d’utiliser le sigle pour ne pas avoir respecté le Non-statut du mouvement ! »

L’échec des contestataires est la justification du bien fondé de leur contestation. Sauf que, eux aussi, sont sans solution !

8 – Comme le courant communiste de 1945 qui pouvait exclure sans broncher, car il savait que chaque matin une vague nouvelle, sans mémoire, effacerait toutes les critiques, le développement sans précédent du M5S fait apparaître les esprits critiques comme des mauvais joueurs. D’autant que quand ils se tournent vers un regroupement comme Rivoluzione civile, ils échouent lamentablement.

9 – Le succès phénoménal du M5S impose donc aux démocrates des devoirs inédits. Tout démocrate basant la démocratie sur le système électoral apporte de l’eau au moulin du M5S car ce système est discrédité en tant que représentant de la démocratie. Il est impératif de retrouver des liens innovants entre mouvements sociaux et représentation politique. A conserver, à gauche, des candidats issus de la technocratie plutôt que de la lutte sociale, on continue d’aggraver la crise politique. La discussion sur le non-cumul des mandats par exemple a des mérites mais seulement techniques : si la même classe politique cesse de cumuler ça ne change pas mécaniquement le contenu de cette classe !

10 – Le fond du débat devient le suivant : comment empêcher que la politique devienne une marchandise ? comment empêcher que la propagande-marketing devienne le passage obligé du débat démocratique ? Le phénomène Beppe Grillo ne peut se répéter nulle part mais nous savons tous que déjà en 1981 beaucoup évoquèrent le rôle majeur de Seguela dans le succès de Mitterrand, et que depuis les conseillers en communication font plus directement la politique que les députés élus ! L’Italie est un verre grossissant de l’histoire européenne, sachons en tirer quelques enseignements. Jean-Paul Damaggio

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 11:49

                                         il latto

 

Pour le deuxième article sur ce livre je souhaite dire qu’il mériterait une traduction immédiate dans tous les pays du monde. Il faudrait quelques notes pour préciser le contexte italien en ce qui concerne la deuxième partie, mais dans l’ensemble son apport est fondamental. Je vais pointer encore un seul élément parmi cent qui en font la richesse.

L’Italie ne rime pas seulement avec Berlusconi. Pendant le règne de sa coalition de nombreux phénomènes se sont produits qui convergent aujourd’hui dans le succès du Mouvement 5 étoiles (M5S) mais qu’il faut saisir sur le long terme pour en mesurer le sens. Et l’un des phénomènes s’appelle Di Pietro.

Avant la création en 2009 du M5S, le juge anti mafia Di Pietro a créé l’Italie des Valeurs (IdV) un parti qui crée la surprise en 2007 en obtenant d’un coup 7% des voix, nettement plus que la Ligue du Nord pourtant fortement médiatisée. Avec le livre de Federico Mello, j’apprends que le lien Di Pietro-Grillo est quasi organique. Les deux s’appuient sur un blog qui est sous contrôle du même homme et son entreprise de marketing : Casaleggio ! Quand on demande à Grillo ce qu’il pense du fait que des vidéos peuvent se retrouver sur son blog et celui de Di Pietro en même temps, il botte en touche : la question n’est pas de sa compétence. Et pas n’importe quelles vidéos : celles de Marco Travaglio, Passaparola, qui ont un succès considérable (les droits sont vendus, par Casaleggio, à la télé satellitaire Current, pour 100 mille euros par an) question qui devrait nous renvoyer à ce quotidien étrange dont j’ai déjà parlé Il Fatto quotidiano. Mais pour le moment restons à Di Pietro. Dès 2006 il travaille avec le même Casaleggio qui prend en charge son blog pour le promouvoir mais pour des sommes qui défient l’entendement : 305 mille euros dans le bilan 2007, 469 mille l’année d’après, 539 mille en 2009. Or dans la philosophie de Casaleggio la politique doit se faire sans argent !

 Cette collaboration entre Di Pietro et Grillo va atteindre un sommet au moment des Européennes de 2009. Le M5S n’est pas encore né mais le combat de Grillo l’incite à obtenir des députés européens pour avoir quelqu’un dans la place, à Strasbourg, qui puisse l’aider à affiner son combat contre les mafias. Depuis 2008 l’idée est de présenter des candidats aux élections communales avec une apparition des 5 étoiles mais sans organisation cadenacée comme va l’être au fil des mois le M5S. Parmi les candidats Grillo met en valeur deux noms : Sonia Alfano fille du journaliste Beppe Alfano assassiné par la mafia au début des années 90 et Luigi de Magistris un avocat anti mafia célèbre (un de plus après Di Pietro et Ingroia). Ces deux personnes vont obtenir un succès majeur sur la liste par le système des préférences. Mais très vite les deux élus et Grillo vont se fâcher.

De Magistris va adhérer à l’IdV et en appelle à la création d’un regroupement plus large que les 5 Etoiles. On comprend qu’il devient une cheville ouvrière de ce qui finalement s’appellera Rivoluzione Civile dont l’échec électoral en 2013 sera sans appel.

Pour Sonia Alfano la coupure se produira quand elle refusera que Casaleggio prenne en charge son blog pour… 1 million d’euros !

 Luigi de Magistris deviendra maire de Naples mais pas plus lui que les dirigeants du Pd n’imagineront que Grillo puisse lancer son propre mouvement politique. Et ils imagineront encore moins que ce parti puisse devenir électoralement, en une élection, le premier parti d’Italie. Ils auraient pourtant pu regarder du côté de la naissance d’IdV et constater qu’en Italie, la situation était telle qu’un parti atypique peut émerger rapidement. Après la gestion Monti, Grillo a pourtant choisi un cheval de bataille qui, contrairement aux commentaires français, n’était pas populiste pour l’Italie. En appeler à la sortie de l’Euro, ça pouvait heurter une tradition pro-européenne profondé-ment ancrée dans le pays, à cause de son histoire propre. Bien sûr, à partir de 2010 il y a rupture entre Di Pietro et Grillo chacun défendant son parti.

 C’est une évidence aujourd’hui : ce qui a fait le succès du M5S peut demain en faire son tombeau. Tout dépendra de l’évolution de son électorat. Ce qui a fait son succès c’est la dictature interne mise en place qui a fait avancer le bulldozer le temps d’une bataille électorale. A l’heure de la gestion et de la durée politique, l’électorat peut se détourner d’un mouvement qui finalement n’aspire qu’à un pouvoir totalitaire où il serait seul à gouverner pour mettre en place des projets plutôt flous même s'ils sont généreux. Inversement, cet électorat peut considérer que la seule sortie possible de la crise passe par un pouvoir dictatorial ! Face à cette hésitation les autres forces politiques ont donc une responsabilité énorme : soit elles rejettent le M5S et justifient la fracture, soit elles mettent au pied du mur les élus qui, comme De Magistris et Sonia Alfano, peuvent alors considérer qu’il faut accepter la discussion avec les partenaires à gauche. Mais de tels élus savent qu’ils ne tiennent leur place que de la volonté du chef puisque les deux élus du parlement européen sont balayés sans le sigle M5S ! L’heure est grave pour l’Italie et dans la foulée pour l’Europe dans son ensemble.

Le chanteur Adriano Celentano qui soutient à la fois Grillo et la gauche a envoyé une lettre publique au dirigeant du Pd, Bersani, pour l’inciter à s’unir avec le M5S. Celui-ci a répondu dans le même journal une lettre très courte pour indiquer qu’en effet, il avait proposé un plan en huit points au M5S, à partir de positions acceptables pour les deux partis mais le M5S refuse tout pour le moment ! Casaleggio a averti : « S’il y a union avec un parti je quitte le M5S ! ». Le livre de Federico Mello le démontre de belle manière : dans le M5S le pouvoir est entre les mains de Casallegio, Grillo n’est que le faire valoir. Casaleggio est un illuminé prêt à tout pour imposer ses vues géniales sur l’avenir de la planète. Une troisième guerre mondiale ne lui fait pas peur : elle permettrait enfin la victoire totale d’Internet ! J-P Damaggio

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 18:45

 

Voici un article qui devrait en stupéfier plus d’un… JP D.

 

 

12/03/2013 La Presse de Tunisie

Assassinat de Chokri Belaïd

Polémique autour de révélations médiatiques

 Khadija Yahyaoui, auteure de l’article paru dimanche 10 mars dans le quotidien Echourouk, comparaîtra aujourd’hui devant le substitut du procureur de la République.     Contactée, la journaliste d’Echourouk confirme l’information : «J’ai bien reçu une convocation officielle à cet effet concernant l’article où je révèle l’arrestation du présumé assassin Kamel Gadhgadhi par l’Algérie qui l’a livré il y a six jours à la Tunisie.     Mais je donnerai la preuve de la véracité des informations que j’ai rapportées d’après des sources variées et authentifiées. Ce n’est pas la première fois que j’écris sur l’affaire Chokri Belaïd. Mais dans ce dernier papier, j’ai apporté des informations supplémentaires authentifiées et recoupées et je n’ai aucune raison de falsifier la vérité.    L’affaire Chokri Belaïd est très importante et je m’y suis intéressée dès le jour de l’assassinat. Et je n’ai pour autre objectif que d’accomplir mon travail de journaliste. Par ailleurs, étant évident que cette affaire n’est pas le fait de quatre ou cinq individus, mais plutôt planifiée par des parties importantes. Seuls les pouvoirs sécuritaires et judiciaires sont habilités à révéler la vérité».  

 

Son confrère Kamel Cherni, nous a déclaré que «sa collègue, qui est soutenue par toute la rédaction du journal, a affirmé n’avoir rien à se repprocher, qu’elle est sûre de ses sources et qu’elle est en possession d’autres informations qu’elle révélera ultérieurement». Et d’ajouter : «C’est une diplômée de l’Ipsi, professionnelle qui connaît son métier, nous avons discuté de son article et elle persiste et signe sur la véracité des informations qu’elle a rapportées. D’ailleurs, vous voyez bien, il n’y a pas eu de démenti officiel ni de la part des autorités algériennes, ni tunisiennes».    

 

«Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, a démenti l’information uniquement sur sa page Facebook. Ce qui n’engage personne, tout un chacun pouvant écrire ce qu’il veut. Aucun communiqué de la part des autorités n’a démenti des informations qu’elle a rapportées. En attendant, nous soutenons notre collègue», argue-t-il.         

En fait, Khaled Tarrouche a démenti l’information également sur la radio Mosaïque FM, qualifiant «ces informations d’invraisemblables et s’étonnant que la journaliste ne se soit pas référée aux sources sécuritaires et judiciaires pour confirmer les données en question».

Rappelons que la journaliste a révélé que les autorités algériennes ont arrêté l’assassin présumé de Chokri Belaïd grâce à une surveillance par satellite. «Le juge d’instruction chargé de l’affaire n’a pas été informé de l’arrestation, seuls quelques cadres du ministère de l’Intérieur et la brigade criminelle», affirme Khédija Yahyaoui, sont au courant». Elle a ajouté que «l’assassin présumé serait en danger de liquidation, ses déclarations à la brigade criminelle seraient ‘‘accablantes’’ pour certains ‘‘partis politiques’’ du pays».   

Selon notre correspondant au Kef, contacté par téléphone hier, Jamel Taïbi, «les zones frontalières avec l’Algérie, dans les montagnes du Kef sont encore encerclées par des agents de la sécurité nationale».     Six terroristes ont été arrêtés depuis le début de l’opération, dont deux la semaine dernière, dans les nuits de mardi à mercredi et de mercredi à jeudi. L’un d’eux était chargé d’approvisionner les terroristes en vivres.    «Les suspects arrêtés, dont deux à Fernana, dans une voiture qui avait à son bord des tenues militaires, des explosifs et des armes à feu et quatre au Kef ne sont pas interrogés par les services sécuritaires régionaux, mais sont ramenés directement à Tunis. Au vu de l’arrestation des suspects et de la mobilisation des forces de l’ordre et des patrouilles permanentes, tout porte à croire que le présumé meurtrier pourrait avoir été arrêté et qu’il a encore des complices cachés dans les régions forestières actuellement encerclées», poursuit encore notre collègue.

 

«El Watad» croit en la version d’Echourouk     De son côté, le parti El Watad ou Parti des  patriotes démocrates unifié estime crédible la version de la journaliste d’Echourouk révélant l’arrestation de l’assassin présumé, Kamel Gadhgadhi.     Mohamed Jmour, secrétaire adjoint d’El Watad, nous a indiqué:  «Que l’assassin présumé ait été arrêté ou pas, cela ne changera pas la position du parti. Estimant que l’enquête ne progresse pas du fait notamment qu’il existe un filtre entre le juge d’instruction et la commission rogatoire formée de la brigade criminelle. Autrement dit, toutes les informations qui parviennent à la police ne parviennent pas au juge d’instruction. Ce dernier ayant commis à mon avis une grave erreur pour avoir émis une commission rogatoire à la police judiciaire, acte par lequel le juge délègue certaines de ses attributions. C’est là une délégation de pouvoir et je ne comprends pas les raisons, surtout que le siège du juge se trouve à quelques kilomètres des lieux du crime. Généralement, on a recours à une commission rogatoire  pour des raisons d’efficacité quand le siège du juge est éloigné des lieux du crime. La brigade criminelle relevant du ministère de l’Intérieur, il est fort probable qu’elle soit soumise à des pressions, à la censure et à une volonté d’orienter l’enquête selon le bon vouloir du ministère de tutelle. De ce fait, le juge n’a pas accès à tous les résultats et données de l’enquête».    

Selon Mohamed Jmour, l’affaire Chokri Belaïd aurait dû être confiée à la brigade antiterroriste. Or elle l’a été à la brigade criminelle. «Ce paradoxe est dû, explique-t-il, à la volonté de filtrer les informations qui doivent parvenir au juge et de les contrôler par le ministère de tutelle qui n’a pas intérêt à voir la vérité dévoilée. Cela parce que l’assassinat de Chokri Belaïd est politique et que l’Etat assure une responsabilité morale et politique et j’ajoute qu’il y a plus d’un argument qui nous poussent à croire qu’il s’agit d’un crime d’Etat où est impliqué le ministère de l’Intérieur. Voilà qui nous a poussés dans une première étape à saisir le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. Et si la justice tunisienne se montre incapable de dévoiler la vérité, en raison des entraves à l’enquête, nous serons dans l’obligation de saisir les instances judiciaires internationales.    Enfin, je ne crois pas qu’une journaliste responsable et consciente du risque pénal qu’elle encourt va s’amuser à avancer des informations infondées. Il est donc très grave, si les révélations d’Echourouk s’avèrent vraies, que le principal suspect ne soit pas déféré aussitôt arrêté devant le juge d’instruction chargé de l’affaire du martyr Chokri Belaïd».    Auteur : Samira DAMI

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:26

Analyser le succès de Beppe Grillo pour ce qu’il n’est pas, me semblerait une erreur grave de conséquence, y compris pour notre analyse de l’évolution en France. Donc je me suis lancé dans la lecture de ce livre publié en janvier 2013 donc avant la surprise électorale, par un jeune journaliste qui en est tout de même à son quatrième livre, tous étant centrés sur l’étude des nouveaux moyens de communication. Rappelons que les sondages ont donné au maximum 20% au Mouvement 5 Etoiles, ce qui paraissait déjà énorme, et qu’il a fait 25% et est devenu le parti le plus voté d’Italie.

En guise de première lecture, je reviens sur la stratégie anti-télé et anti-média du duo Grillo-Casallegio qui déjà le 25 avril 2008 avait organisé une journée Vaffanculo [va te faire enculer] contre la presse. Grillo a déclaré en 2010 pendant une grève des journalistes :

« Pour publier un article dans un journal il faut mettre d’accord les intérêts des actionnaires qui expriment les lobby, le conseil d’administration, la direction, le comité de rédaction, le chef de la rédaction, et ensuite ont tape sur le clavier une nullité ou un texte promotionnel. Où est la liberté d’expression ? »

Dans l’Italie de Berlusconi où le géant de Médiaset vient de s’offrir une nouvelle chaîne, mais chez nous aussi, cette critique ne peut que passer aisément, même si elle semble un peu exagérée. Grillo précise cependant qu’il dénonce au même titre la presse de Berlusconi et celle des partis qui est soutenue par l’argent public.

 A la grande journée Vaffanculo (un grand rassemblement qui pour la deuxième fois se tenait à Turin) du 25 avril 2008 voici comme se présentait l’objectif de la journée ;

«Le V2 Day veut restituer l’information à ses légitimes propriétaires : aux citoyens italiens. Nos pères et grands-pères ont nettoyé l’Italie mais ils n’ont pas fini le travail. Le nouveau fascisme c’est le contrôle de l’information. Les nouveaux fascistes sont ceux qui contrôlent l’information. »

 Comme chacun sait, la critique est aisé mais l’art est difficile en conséquence à prendre pour argent comptant la critique, il reste tout de même à voir : quelle proposition alternative ? Toute la réponse tient en un mot : Internet. Et tout le livre de Federico Mello c’est pour analyser « internet » et y vérifier que le remède est peut-être pire que le mal !

Grillo dit : «Les journaux sont supplantés par le Réseau comme autre fois le pony express par le télégraphe.» Or si le télégraphe a changé les conditions techniques de la circulation de l’information, il n’a en rien changé les conditions sociales de la dite information. Il ne faut jamais confondre le tuyau et ce qui circule dedans. D’autant qu’à suivre l’argumentation de Grillo-Casaleggio on arrive à ce constat : la bonne information c’est sur le blog de Beppe Grillo, là où par ailleurs la contradiction n’est pas de saison !

Les journalistes la bête noire ? Car tous nous pouvons être journalistes ? Car journaliste ce n'est pas un métier ? Prendre une caméra, filmer une scène, ce n'est pas du journalise, c'est du témoignage. Tout le monde peut témoigner. Et ensuite... Qu'est-ce qui est le plus regardé sur le net ? Un film porno ou une enquête très étudée ? En tant que tel Internet est devenu une part de nous-mêmes (et le premier chapitre du livre le démontre à souhait) mais l'autre part, celle de l'invention d'un futur démocratique, reste face à des obstacles équivalents. La lutte continue. JPD 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:16

                                         il-latto.jpg

Il latto oscuro delle stelle, La dittatura digitale di Grillo Casaleggio, Testimonianze, documente, e retroscena inediti, 286 pages, 16 euros, Imprimatur editore

 

Voici la traduction de la conclusion du livre qui se lit facilement et qui dénonce Grillo pour ce qu’il est, avec des propositions qui tiennent en cette conclusion. Ne pas confondre le Grillo artiste et Grillo politique, et face au Grillo politique conserver tout son sens critique. A suivre. JPD

 

"En arrivant à la fin de ce parcours je dois faire une confession. Beppe Grillo me plaît. Sincèrement. Vraiment. Il me fait rire, et parfois, il me fait réfléchir. Sa présence m’est depuis toujours familière. Un de mes premiers souvenirs le concerne – c’est un souvenir (hélas) de télévision. J’étais encore un bambin, je devais avoir six ou sept ans, et dans un "Fantastico" ou une émission de ce genre je me souviens de Beppe qui marchait sur une... pizza. Oui, exactement ça ! Une énorme pizza longue au moins de cinq mètres et fumante. Il marchait dessus pied nus, comme il aurait pu le faire sur des charbons ardents. Les gens tout autour l’applaudissaient et l’encourageaient: «Gnam, gnam» scandait avec lui le public dans le studio.

 Et pas seulement ça. Quand je vois, je lis ou j’écoute Beppe Grillo, encore aujourd’hui je sens parfois qu’il exprime des concepts qui se partagent, qu’il se fait l’interprète de quelques batailles qui me sont chères. Tant qu'on n’arrive pas à l’insulte gratuite, l'humiliation de l'adversaire, ses suggestions stimulent, font réfléchir. Et on ne peut pas dire que son action, tant qu’elle est restée dans l’alvéole « culturelle" et sociale, n’a rien apporté de bon.

Si en Italie on a recommencé à parler d’honnêteté et de moralité en politique et dans la vie publique, de ce qui est imprésentable au Parlement, des gaspillages et des privilèges, on le doit aussi à ses campagnes. Un ami cher, historiquement de gauche, juste avant les élections de 2013 m’a fait une confidence : « Je voterai Pd, grâce à Grillo». Una phrase sibylline, qui en dit beaucoup : si le Mouvement 5 Etoiles ne s’était pas imposé à l'agenda médiatique avec ses classiques thèmes grillini, probablement toute la politique — et quelques partis comme celui de Bersani en particulier – n’auraient pas réussi à faire un pas en avant dans le sens d’une proposition "meilleure" à offrir aux citoyens.

 Et pas seulement ça : chez Beppe Grillo, j’ai toujours aimé la figure du "dissident". Le vocabulaire de Sabatini-Colletti explique que le "dissident" est celui qui «ne se laisse pas uniformiser aux idées et aux pratiques de la majorité, manifestant sa propre dissidence». Dans ce propos, j’ai toujours vu le sens de la modernité, d’un point de vue historique. Après la révolution française, un homme est libre quand il peut dire NON. Un homme est libre quand il peut exprimer ses idées sur un pouvoir qui l’opprime et voudrait uniformiser les personnes et les pensées ; il est libre quand il a la possibilité d’exposer ses critiques et ses doutes sur une proposition politique, sur un système de pouvoir ou sur un credo religieux. Là où un dissident peut dire ce qu’il pense, et se comporter en conséquence, sans prendre le risque d’être discrédité ou accusé, là on a la vraie démocratie. Ce n’est pas ainsi pour le Mouvement.

Sur le Réseau, nous l’avons compris, nous ne sommes pas tous égaux, nous n’avons pas tous la même visibilité, le même impact, la même occasion de dire son opinion. Voilà pourquoi il était juste qu’une « autre histoire » du Mouvement 5 étoiles soit racontée, et que les raisons des dissidents qui ne se sont pas uniformisés aux pratiques imposées par Gianroberto Casaleggio, viennent s’exposer dans un cadre général non soumis aux manipulations du blog.

La lutte entre le bien et le mal est et sera toujours à la base de l'existence des êtres humains. Il est ingénu de penser qu’un jour, sur cette terre, nous aboutirons à un monde nouveau, qui s’appellera Gaia ou Pandora, dans lequel nous vivrons tous en paix, dans la justice, dans lequel les conflits seront éliminés. La dialectique, la confrontation, les doutes c’est ce qui fait avancer l’humanité. Le raisonnement, l'approfondissement, l’échange des idées, c’est ce qui fait avancer. Les côtés obscurs, là où ils sont, seront toujours racontés.

 [L’auteur termine par une référence à la Guerre des Etoiles]. Toujours, quelque soit l’époque, des cavaliers Yedi seront nécessaires pour combattre tout côté obscur, partout où ils se cachent.

Federico Mello

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:04

Autant Chavez a joué la carte de la sincérité autant Lula est un pur produit marketing. Ses éloges de Chavez ne visent qu’à une chose : prendre une part du marché du soutien accordé à Chavez aux Amériques. Son texte n’est ni plus ni moins hypocrite que tous les autres car ça supposerait dans son effort de communication une part de morale. Depuis longtemps, Lula n’a que faire de la morale. Il a balayé toute la gauche de son parti pour gouverner avec une part du centre et de la droite (un assassinat en règle du phénomène Porto Alegre). Il s’est fait le VRP des industriels brésiliens comme Hollande est celui des grands groupes français. Il veut nous faire manger des OGM à tous les repas. Avec son armée, il est devenu le gendarme de l’occupation de Haïti (quel silence sur ce point !). Mais son image est là : l’ouvrier d’hier est entré dans la catégorie des grands de ce monde. Faire les éloges de Chavez consiste à peaufiner cette image au sein des Amériques, où il veut que son pays puisse se substituer aux USA dans le contrôle à opérer sur les grands flux financiers.

Parce que le Brésil peut ainsi faire de l’ombre aux USA, alors, vive Lula ?

Sur un autre point, nous savons, vu les confidences suite à l’élection du pape précédent (le terminator de la théologie de la libération), que Lula intrigue un maximum pour obtenir un pape brésilien qui serait la consécration de son règne (intriguer c’est faire pression sur l’Afrique et ses amis latinos).

Non, je ne veux pas caricaturer le personnage qui a su, dans la réalité, faire avancer la situation du peuple brésilien mais je ne veux pas non plus lui dire « merci monsieur » aussi j’offre à tous ceux qui l’auraient oublié le texte qu’il a signé en commun avec Sarkozy. Un bijou de rhétorique qu’à ce titre je refuse de balancer dans les poubelles de l’histoire car il annonce le développement de la politique du futur, la politique marketing, plus qu’il ne témoigne d’une erreur d’un moment. JPD

  

TRIBUNE COMMUNE DE M. NICOLAS SARKOZY PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUEET DE M. LUIS INACIO LULA DA SILVA

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRATIVE DU BRÉSIL

Publiée dans LIBERATION et FOLHA DE SÃO PAULO

Mardi 7 juillet 2009

« Une Alliance pour le changement »

Le prochain Sommet du G8, ainsi que celui du G8 + 5 (avec l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique, auxquels vient s’ajouter l’Égypte), qui se tiendra à L’Aquila (Italie), seront les premiers depuis que nous avons pris la mesure de la crise économique et financière qui nous frappe.

Cette crise montre combien nous sommes dépendants les uns des autres. Elle impose aux dirigeants politiques de promouvoir une réponse collective reposant sur des valeurs et des responsabilités communes. Elle nous oblige aussi à évaluer la performance de nos institutions internationales et à repenser la structure de la gouvernance mondiale.

La nécessité d’une réforme de la gouvernance mondiale n’est pas née avec la crise. Bien Avant son déclenchement, il y avait un déficit manifeste de représentativité et de cohérence dans le système multilatéral. La capacité des institutions internationales à relever les lourds défis auxquels est confronté notre monde doit être renforcée et leurs mandats doivent être redéfinis, et ce dans plusieurs domaines, de l’économie à la sécurité, de l’énergie à l’environnement. La crise a montré de manière éclatante que nous, dirigeants de nos pays, devons être à la pointe des réformes nécessaires pour bâtir un monde plus juste, plus développé et plus durable.

Nous ne partons pas de nulle part. Des progrès ont déjà été accomplis. Dans le domaine économique et financier, les sommets du G20 de Washington et de Londres ont contribué au renforcement du dialogue entre pays développés et en développement. C’est ensemble, parce que nous étions unis, que nous avons pu obtenir des résultats concrets. Les réunions entre les membres du G8 et les grands pays émergents sont une autre illustration de la nécessité d’associer les nouvelles puissances qui comptent aux discussions sur l’avenir de l’économie internationale et au traitement des grands défis mondiaux.

Les pays émergents représentent non seulement une part importante des territoires et de la population de la planète, mais aussi et de plus en plus, de la consommation et de la production mondiales. La coopération internationale n’a jamais été aussi nécessaire. Nous devons maintenant aller plus loin. Les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale doivent faire une place plus importante aux économies émergentes dynamiques dans leur processus de décision. Les décisions prises par le G20 pour améliorer la régulation et la supervision des finances internationales, enrayer la spéculation, agir contre les paradis fiscaux et les centres de blanchiment d’argent, et pour stimuler la croissance doivent être mises en œuvre. Avec la crise, la menace du protectionnisme se fait plus précise. Il est urgent de conclure le cycle de Doha à l’OMC pour parvenir à un accord ambitieux, équilibré et global, qui profite notamment aux pays en développement, en particulier les plus pauvres, et qui renforce le multilatéralisme en matière commerciale.

Mais si nous voulons tirer pleinement les leçons de la crise, nous devons étendre notre action au-delà de l’économie et du système financier.

Il ne saurait y avoir de paix sans développement économique et social, ni de prospérité durable sans stabilité et sécurité. Les conflits éclatent de plus en plus dans les pays économiquement et socialement fragiles. Pauvreté et exclusion sociale aggravent l’instabilité du système international. Le moment est venu d’accorder une attention prioritaire à la dimension sociale de la mondialisation. Partout dans le monde, les salariés, pris dans la tempête économique, demandent plus de justice et plus de sécurité. Ils doivent être entendus. Les organisations internationales doivent prendre en compte les effets sociaux de la crise actuelle. Le rôle de l’Organisation internationale du Travail dans la gouvernance économique mondiale doit être singulièrement renforcé.

Les instruments de la paix et de la sécurité collective doivent également faire l’objet d’adaptations majeures. Une réforme de grande ampleur du Conseil de sécurité des Nations Unies doit être menée à bien, afin d’édifier un ordre international plus équilibré et plus solidaire. Le Conseil, pour être efficace, doit refléter les réalités actuelles, en accordant notamment un rôle accru aux grands pays en développement de chaque région, comme le Brésil et l’Inde, et une représentation plus équitable de l’Afrique et des grands contributeurs au système des Nations Unies, tels que le Japon et l’Allemagne.

D’autres menaces pèsent aussi sur la paix et le développement. Le changement climatique représente un défi majeur pour la gouvernance mondiale. Nous devons parvenir à un résultat ambitieux à Copenhague en décembre prochain pour atteindre notre objectif commun, qui est de prévenir un changement climatique trop important et de limiter à 2°C l’augmentation de la température de la planète. Toutes les nations doivent réduire leurs émissions conformément aux recommandations du GIEC, en appliquant le principe de responsabilités communes mais différenciées. La criminalité transnationale organisée, le terrorisme, le trafic de drogue, la traite d’êtres humains, les pandémies et l’insécurité alimentaire sont d’autres enjeux internationaux. Notre réponse à ces menaces est souvent insuffisante du fait de la fragmentation des organisations internationales ou du chevauchement trop fréquent de leur action. Les mécanismes actuels de gouvernance mondiale ne permettent pas de gérer le caractère systémique et l’interdépendance des nombreux défis que nous devons relever. L’ampleur de la crise économique crée une opportunité unique, pour engager une réforme globale des institutions internationales.

Le Brésil et la France veulent proposer au monde leur vision commune d’un nouveau multilatéralisme adapté au monde multipolaire qui est le nôtre. Nous ne pouvons tout simplement plus traiter les problèmes du XXIème siècle avec des institutions internationales héritées du XXème siècle.

Avec d’autres chefs d’État et de gouvernement, nous devons former une « Alliance pour le changement », pour porter cette vision d’un ordre mondial plus démocratique, plus solidaire et plus juste. Dans cette entreprise indispensable, nous devons faire preuve d’ambition et d’audace. C’est ce qu’attendent de nous les citoyens du monde. Ce n’est qu’ainsi que nous serons à la hauteur des défis de notre siècle.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 11:03

Jean-Paul Damaggio a accepté de participer à l'émission de CFM Qui c'est celui-là ?

Il lui fallait apporter quatre chansons ou musiques et il a retenu :

Pauline Julien qui sur un texte de Boris Vian xchante Ne vous mariez pas les filles

Jacmelina qui sur un texte de Maurice Andrieu, chante Adios Chile, en occitan

Louis Sclavis qui joue la chanson populaire de Saint Antonin Jane D'Ayme

Susana Baca qui chante Maria Lando.

Ces choix ont été dictés par l'action à sacvoir la rencontre avec les Québécois en 1974, l'invitation de Jacmelina à Négrepelisse en 1979, l'invitation de Louis Sclavis à Saint Antonin en 1995, et l'entretien avec Susana Baca à Montauban autour de l'an 2000.

Ces choix ont été dictés pour franchir des frontières et en particulier celle entre culture populaire et culture savante.

Ces choix ont été dictés par la volonté de donner la parole à des femmes.

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