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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 14:28

A Caracas, les 14 avril, Maduro va être élu président de la République avec un score peut-être plus fort que celui de Chavez. Pour tenter de se défendre, l’opposition pointe le problème de la sécurité, ce à quoi Maduro répond que justement son intention est de mettre au premier plan la lutte contre l’insécurité.

En 2005, j’avais pu constater dans le pays, la gravité du problème mais, encore à ce moment là, la réponse gouvernementale était celle de l’angélisme européen : « Résolvons les problèmes sociaux et la criminalité va disparaître ».

Les efforts sociaux n’ont pas manqué au Venezuela depuis dix ans, et la criminalité a continué d’augmenter, situation qu’il est inutile de nier sous prétexte que l’opposition en fait son cheval de bataille.

Il suffit de répondre à la dite opposition que le problème est quasi général en Amérique latine avec des augmentations plus ou moins dramatiques (et toujours niées) et qu’en conséquence le gouvernement vénézuélien n’est pas le seul responsable. Au Venezuela comme ailleurs la crise sociale est d’ordre général et non local ! Elle s’exprime chez des jeunes par la formule classique : « Il vaut mieux flamber 30 ans que trimer 70 ans ! ». A l’âge de « l’argent facile » et de diverses impunités, le crime devient un sport ordinaire qu’il suffit d’aller sanctifier auprès de la vierge des tueurs comme l’explique à merveille Fernando Vallejo.

Le laboratoire de ce phénomène est au Mexique où le PRI à présent au pouvoir, aussi corrompu que le PAN, tente, pour une part, de sauver la face par la recherche de solutions.

L’article de la Jornada que je joins témoigne d’un état des lieux et nous rappelle que la question consiste, une fois de plus, à pouvoir surveiller « l’argent sale » dont les banques aiment souvent l’odeur. Avec cette question inévitable : Le crime organisé est-il la pointe avancée du capitalisme financier actuel ? Ou alors est-il la planche pourrie que ce capitalisme fabrique contre ses propres intérêts ?

Le combat des progressistes a toujours était de pouvoir légiférer, de pouvoir instaurer des lois : c’est à mes yeux ce qu’on appelle la république. Il n’y a de loi possible qu’avec un Etat présent. Les dites lois sont de moins en moins des lois comme si la légalité avait atteint ses limites aujourd’hui, légalité pourtant plus souvent favorable aux exploiteurs qu’aux exploités.

Bref  le capitalisme a-t-il besoin de la jungle comme phase vers sa reconstruction ?

Les forces progressistes ne peuvent ni s’activer ni se rassembler de la même façon dans un univers légal ou dans la jungle ?

A suivre. Jean-Paul Damaggio

 La Jornada 31 mars 2013 : Le pouvoir des narcos

C’est la cinquième source de main-d'œuvre dans le pays, d’après  le projet de réforme juridique. Les narcos occupent trois fois plus de personnel que la Pemex

Avocats de tueurs à gages, paysans, médecins, secrétaires..

Si on ne s’attaque pas à sa structure financière, toutes les tentatives pour freiner la criminalité seront vaines.

ROBERTO GARDUÑO

La prolifération de la criminalité au Mexique, concrètement le trafic de drogue, place cette activité illégale parmi les principales sources d'emploi. Le transit de stupéfiants a généré du travail, ces dernières années, pour des milliers de personnes, encore plus que Pemex et l'industrie forestière.

Le rapport sur l'initiative de la réforme des articles huit et neuf de la loi fédérale contre le crime organisé, promue par Ricardo Monreal Ávila et Ricardo Mejía Berdeja, révèle que les activités liées au trafic de drogues représentent "le cinquième plus grand employeur du pays."

« Les estimations récentes montrent qu'au Mexique, il y a 468 mille personnes engagées par les narcos. C'est cinq fois plus que le total des employés de l'industrie nationale du bois, et trois fois plus que le personnel de Pemex, la compagnie pétrolière qui a le plus grand nombre d'employés dans le monde. Agriculteurs, voyous, justicier, chefs, avocats, médecins, secrétaires ; le trafic de drogue a besoin de tout le monde. »

 

Les promoteurs de la réforme ont également estimé que face à la participation des réseaux du crime organisé à l'économie, il fallait  un changement substantiel dans les capacités du Ministère Public fédéral, par la création d'un organe technique de renseignement financier capable d'enquêter et de poursuivre les actes ou omissions reliés au blanchiment d'argent.

La réforme vise à endiguer le crime, qui, pendant les 35 dernières années, a multiplié ses efforts pour se soustraire à l'action de la justice.

« L'infiltration des structures gouvernementales est énorme. A cela il faut ajouter les niveaux élevés de l'impunité. La criminalité organisée a réussi à manipuler, par le biais de pots-de-vin, de chantage et de menaces, une grande partie du secteur public.

Cette pénétration du crime organisé en est arrivé à un tel point dans les structures des différents ordres de gouvernement, qu’il n’est plus rare de trouver parmi les diverses polices, des protecteurs des intérêts des criminels.»

Le document fait référence aux revenus provenant du trafic de drogues qui peuvent osciller entre 25 000 et 40 000 millions de dollars par an.

« Bien que les recettes estimées ne représentent pas un gros pourcentage du produit intérieur brut (PIB), cette situation prend une autre dimension lorsqu’on apprend suivant des spécialistes, qu’au Mexique, 78 % des secteurs économiques sont infiltrés par le trafic de drogue, même si le gouvernement ne signale aucun cas de démantèlement de patrimoine dans les secteurs concernés. »

Avec cette plate-forme financière, qui reste intouchable, le crime organisé a dépassé son influence locale pour devenir un dangereux phénomène transnational.

Avec leur capacité financière et criminelle, la pègre a perfectionné ses stratégies et ses mécanismes de transfert d'énormes envois d'armes, drogues et même de personnes.

« En sachant que les réseaux de corruption et d'infiltration se sont imposés sur une majeure partie du gouvernement de l'État mexicain, ils sont ainsi une incitation importante pour maintenir et reproduire l'activité du crime organisé, aussi il est clair que sans s’attaquer aux structures financières complexes, les tentatives pour arrêter ou réduire leur capacité à corrompre seront vaines. »

La proposition d'ajout à l'article huit, vise à ce que l'unité spécialisée dans l'étude et la poursuite des crimes commis par des membres du crime organisé, dépendant du Bureau du Procureur général (PGR), « possède en plus un organisme de contrôle technique sur le renseignement financier pour enquêter et poursuivre les actes ou omissions qui donnent lieu à des opérations de blanchiment d'argent. »

« Ce corps technique ne sera pas soumis à des restrictions concernant l'appel au secret bancaire dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions d'enquête, de poursuites ou de contrôle d'actes ou d'omissions constituant des opérations sur les ressources d'origine illicite ».

En ce qui concerne l'article 9, il est proposé d'établir que le Ministère Public fédéral puisse compter sur le personnel du corps technique de renseignements financiers pour l'enquête et la poursuite des infractions sur des ressources d'origine illicite.» 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 13:00

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Vendredi 26 avril et Samedi 27 avril 2013

à l’occasion de la San Jordi, fête de la librairie indépendante, deux journées d’animations avec les Editions La Brochure à La Librairie Deloche et sa Cave à Lire.

Jean-Paul Damaggio, éditeur et auteur, sera présent les deux jours et animera la table de ses éditions :

 

Vendredi :

Dédicace à partir de 16 h, avec Jean-Paul Damaggio

Puis débat à 18 h autour du livre : Jaurès en 1906

 

Samedi :

Dédicace de 11 h à 12 h avec Maximilien Reynès-Dupleix poète, blogueur, alias Démocrite

Dédicace à partir de 14 h 30 avec Bernard Ouardes

Chercheur à Castelsarrasin

15 h : débat entre L’instit et le philosophe

Jean-Pierre Frutos,

et François Schalchli :

L’engagement citoyen ?

17 h : Ils dédicacent leurs livres.

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 20:56

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La Dépêche du Midi Tarn-et-Garonne a décidé de mettre en bonne place les faits divers. Voici quelques exemples pour le mois de Mars.

Stratégie inquiétante. JPD

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 20:48

  La mort de Neruda 1

 La mort de Neruda 2

Le 8 avril le corps de Neruda sera exhumé pour savoir s’il est mort du cancer de la prostate ou s’il a été empoisonné. Moment important dans l’effort de mémoire au Chili. JPD

 

                                     neruda.jpg

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 16:58

 

Après le Festival de cinéma latino, l’Amérique du Sud s’installera à Toulouse en juin pour le Marathon des mots. L’Argentine sera à l’honneur et on retrouvera avec plaisir Alberto Manguel si souvent présent à Montauban.

Voici la présentation :

« Pour la première fois depuis sa création, le Marathon des mots passe l’Atlantique et s’aventure en terres sud américaines. On le sait, de Carlos Gardel à l’Aéropostale : les liens réels ou fantasmés qui unissent Toulouse et l’Argentine sont légion. Cette 9e édition du Marathon des mots sera l’occasion d’y revenir, de rendre hommage aux grands classiques de la littérature d’Argentine (Borges, Cortazar, Bioy Casarès, Sabato, Puig), de saluer l'œuvre de Saint-Exupéry (Courrier Sud), d’accueillir les Argentins de Paris (Martial di Fonzo Bo, Alfredo Arias, hommage à l’Académicien Hector Bianciotti) – et surtout d’inviter en Midi-Pyrénées les figures contemporaines de la littérature et de la culture argentines, celles qui font aujourd’hui de l’Argentine un pays d’une très grande vitalité culturelle. »

 

J’ai la confirmation que Roberto Arlt (celui que je préfère ça va de soi) n’est pas un classique argentin. J’espère tout de même qu’il aura droit à quelques honneurs. JP Damaggio

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 21:54

J'ai déjà évoqué à plusieurs reprises le cas de Camille Delthil, l'ami de Léon Cladel, le radical qui dès 1899 prône l'alliance avec les socialistes. Je ne connaissais pas cette Ligue occitane ni son opinion ici clairement exposé sur la langue d'oc. De quoi réfléchir ! Jean-Paul Damaggio

 

La Feuille villageoise, MOISSAC, LE 15 AVRIL 1899

LA LIGUE OCCITANE

La Ligue Occitane vient d'envoyer à tous les Conseils généraux des pays de langue d'oc la note suivante :

L'Enquête sur l’enseignement

La commission parlementaire d’enquête sur l’enseignement a décidé de faire parvenir à tous les conseils généraux de France un questionnaire dont nous détachons la phrase suivante : « Y aurait-il lieu de développer, de restreindre ou de modifier telle ou telle branche d'enseignement, afin de mieux répondre aux vœux et aux besoins de la région ? »

L’importance d'une pareille question ne saurait être niée à un moment où beaucoup de bons esprits croient à la nécessite d'une décentralisation sage et efficace.

Le comité d'action de la Ligue Occitane (ligue d'action méridionale) a l'honneur d'appeler l'attention de MM les conseillers généraux sur les points suivants de son programme qui lui paraissent fournir une réponse à la question transmise par M. le ministre de l’intérieur :

1° Enseignement de la géographie de la France et du Monde à l'aide de la géographie locale et régionale ;

2° Utilité morale et patriotique d'un enseignement historique, où serait marquée dans chaque région la part prise par cette région à l’histoire nationale ;

3° Utilisation des dialectes locaux partout où ils sont d'un usage courant, pour l'enseignement da la langue française (enseignement primaire) et des langues latines et néo-latines (enseignement secondaire), et aussi pour les comparaisons philologiques ;

4° Part facultative à faire à la littérature du midi de la France (au moyen âge et de nos jours).

Le Comité d'action rappelle que pour l'enseignement primaire de notables tentatives ont été déjà faites dans la voie qu'il indique ; que le Congrès des Sociétés savantes de 1896 a accueilli favorablement l'exposé d'une méthode d'enseignement du français à l'aide des dialectes locaux ; que des circulaires ministérielles ont recommandé l'adaptation régionale de l'enseignement agricole et géographique, et que M. le Recteur de l'Académie de Toulouse a obéi à des préoccupations du même ordre en organisant l'enseignement historique dans son Académie. Elle rappelle aussi que plusieurs universités, notamment celles de Montpellier, d'Aix et de Marseille, ont commencé à faire une part, dans leurs Programmes d'enseignement supérieur, à la littérature du midi de la France.

Le comité d'action :

J. Charles BRUN, agrège de lettres, professent au Collège libre des Sciences sociales ; — Emile ESCANDE, homme de lettres; Henri NER, licencié ès lettres, ancien professeur de rhétorique; — Johannes PLANTADIS, secrétaire général de la Ruche corrézienne ; — Paul REDONNEL, licencié ès sciences, secrétaire da la rédaction de la Revue la Plume.

 

Nous donnons notre approbation à ce programme, car nous sommes un décentralisateur pratiquant, ce qui est encore la meilleure manière d'être décentralisateur. Mais nous faisons quelques réserves relatives à l'utilisation des dialectes locaux.

 Ces dialectes sont-ils donc aujourd'hui d'une utilité réelle ? Ils sont si divers, dans notre Sud-Ouest surtout, qu'ils diffèrent d'une ville à l'autre ; le dialecte gascon, le dialecte languedocien, le dialecte quercynois, se heurtent, se mêlent, se confondent dans une sorte de patois mixte qui n'est ni l'un ni l'autre de ces dialectes.

Il faudrait d'abord une grammaire générale et vous voyez le travail.

Nous tenons, du reste, le patois pour une langue défunte que, malgré tout, l'on ne pourra jamais ressusciter. Les poètes que les difficultés attirent et que les nouveautés passionnent, ont chèrement embrassé cette morte qui, dans sa décomposition même, avait gardé des restes de beauté ; mais les accords de la lyre de ces modernes Orphée ne ramèneront pas cette Eurydice sur la terre des vivants.

Oui, le patois est une langue morte et nous défions bien qu'on puisse écrire en cette langue des ouvrages d'analyse psychologique, de philosophie ou de critique. Nous le répétons, seuls, quelques poètes l'ont employée avec succès, mais les poètes sont des charmeurs.

Bref, si l'on tient à conserver ce qui nous reste du patois, il faut se hâter de refaire les grammaires. Car, aujourd’hui, il est sans règles et, comme toutes les langues des vaincus, il a emprunté de nombreuses expressions aux vainqueurs.

Les poèmes de Jasmin fourmillent de mots francisés. Quant au vieux mot patois, il se fait rare et l'on a peine à le retrouver dans les profondeurs de ses décadences.

Le reste du programme a notre approbation complète. C. D.

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 21:51

Voici quelques années j’ai écouté tout Battiato et l’ami Merle en profita pour un clin d’œil dans un de ses polars.

Voilà que Le Monde consacre un très long article à cet artiste totalement atypique, à ce cantautore hors norme et je replonge ainsi dans quelques souvenirs.

Le hasard veut que ce soit au moment même où Beppe Grillo est à Londres… pour suivre un concert de Franco Battiato. Jusque là rien d’extraordinaire.

La suite, le titre de l’article vous aide à la deviner. Beppe Grillo va pouvoir parler politique avec Battiato qui vit à Milan et à travers le monde, mais qui n’oublie pas qu’il est Sicilien et ce retrouve responsable du tourisme de l’île ! Oui, je sais « ministre » c’est une exagération mais le fait est là : Battiato défend auprès de Grillo le modèle sicilien, c’est-à-dire l’alliance entre le M5S et la gauche. Sauf que le mentor de Grillo, Casaleggio, l’a dit clairement : s’il y a alliance, il quitte le M5S et comme il est le maître du système internet, il peut tout boucler.

 Oui mais qu’est ce que le modèle sicilien ? Le responsable M5S insiste pour dire qu’il n’y a pas de modèle sicilien, mais seulement une gauche qui accepte les bonnes idées du M5S. Le chef du groupe M5S sicilien Giancarlo Cancelleri, est celui qui a permis l’élection d’un président du Sénat. Mais personne ne connaît la suite... sauf que l’effondrement de l’Italie est en marche. La Grèce, c’est le département des Hauts de Seine, Chypre c’est le département de la Corrèze. Et demain ? J-P Damaggio

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 17:22

Les dernières événements italiens mettent Gramsci au coeur des débats.

En attendant de pouvoir revenir sur le sujet je renvoie à cet article de Moissac Au Coeur :

Gramsci

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 15:09

Il est frappant de constater que chez les grands commentateurs le Front de Gauche a disparu comme si c’était quantité négligeable.

Voici une phrase du communiqué des candidats FdeG, Pierre Ripart et Anthony Auger au sujet de leur score : « Dans ces conditions, le score en progrès du Front de Gauche apparaît comme le seul signe d’espoir. » Un optimisme raisonné ?

 Sur le site PG Midi-Pyrénées je trouve ENFIN les résultats de tous les partis donnés par Jacques Sérieys :

« Le Front de Gauche connaît une progression (de 5,25% à 6,64%) de même que la candidate de Lutte Ouvrière (de 0,73% à 1,57%). ».

Mais il faut observer que par rapport à 2012, il manque deux "petits" candidats écolos et un candidat d’extrême-gauche.

 Bref, au premier tour le PS perd 9% que le Front de Gauche ne récupère pas. Donc je suis d’accord avec l’analyse de Jacques Sérieys : « L’énorme abstention de l’électorat de gauche marque plus une profonde désillusion vis à vis de la politique menée par François Hollande et le gouvernement, qu’une politisation vers les solutions que nous proposons. »

 Donc que faire ? Les candidats FdeG répondent : on continue pareil...

 Or les résultats du second tour, une fois de plus, créent l’événement. Ni le candidat FdeG, ni la candidate socialiste n’ont voulu relayer l’appel national du PS à faire barrage au FN en votant UMP.

Martine Billard explique pour le PG : « Il est hors de question d’appeler nos électeurs à voter pour un candidat UMP qui en d’autres occasions (cantonales et régionales de 1998) n’a pas hésité à pratiquer des désistements réciproques avec le FN et qui a été condamné par la justice notamment pour conflits d’intérêts. »

De son côté le candidat FdeG a déclaré :

« Entre Jean-François Mancel, représentant d’une droite extrême et Florence Italiani de l’extrême droite, il n’y a aucun choix possible pour les électeurs de gauche. »

 Le candidat de l'UMP Jean-François Mancel a remporté la législative partielle dans la 2e circonscription de l'Oise avec 51,41% des voix, contre 48,59% pour la candidate FN Florence Italiani. Comment le FN passe de 26, 5% à 48,5% ? Ce qui correspond à une augmentation de 6000 voix !

Une analyse est proposée :

Que s’est-il passé dans la 2e circonscription de l’Oise ?

Je ne connais pas son auteur Joël Gombin qui vient par ailleurs de travailler au vote FN dans le Vaucluse. Après son étude minutieuse bureau par bureau et avec des instruments précis, j’en partage les conclusions, qui tiennent en ces deux phrases :

1 - « Entre 40 et 45 % des électeurs socialistes ont voté pour Florence Italiani – et il faut remarquer que cela semble se vérifier dans toutes les communes de la circonscription. Pour le reste, ces électeurs socialistes se sont répartis équitablement entre abstention, vote blanc ou nul et vote Mancel (environ 20 % pour chaque). »

 2 – Et il faut en effet tenir compte de cette autre donnée :

« À l’inverse, il convient de noter que Florence Italiani ne fixe qu’une part relativement médiocre de son électorat de premier tour au deuxième (environ 65 %). Pour le reste, les électeurs ayant choisi le FN au premier tour se sont notamment portés sur Jean-François Mancel (environ 1800 voix) : il s’agit sans doute là d’une fraction « radicalisée » de la droite qui a voulu donner un avertissement à l’UMP (et au gouvernement) au premier tour, mais a rejoint son candidat naturel au second tour. Toujours est-il que, si tous ses électeurs de premier tour l’avaient soutenue au second tour, Florence Italiani serait la nouvelle députée de la seconde circonscription de l’Oise… »

Ce phénomène était classique autrefois y compris au deuxième tour de la présidentielle Chirac/ Le Pen : au second tour des électeurs FN volent tout de même au secours de la droite tout comme à l’époque où les candidats PCF se maintenaient au second tour, 40% de leur électorat soutenait la gauche au second.

 Autant dire que cette situation du FN est inquiétante. Très rares sont les électeurs PS mécontents qui au premier tour se portent sur le FdG, et quand leur parti est absent alors c’est la dispersion totale vers les aventures !

Mélenchon semble vouloir résoudre le problème en durcissant le ton contre le PS. Mais faut-il alors être sûr d’apparaître comme une alternative, sinon c’est le FN qui tire les marrons du feu car lui, il joue électoralement dans la cour des grands !

Même s’il est impossible de tirer des leçons générales d’une élection partielle très particulière, il me semble urgent d’engager une réflexion autour des leviers disponibles pour sortir des impasses qui sont celles de TOUTE le gauche, les responsabilités étant différentes pour ceux qui sont au pouvoir et ceux qui sont sur le bord de la route. JP Damaggio

 PS Analyse d’avril 2011 ; La gauche vote FN

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 07:57

La Feuille Villageoise de Moissac du 24 août 1899 annonce en ces termes l’arrivée du confetto au Québec :

« D’après ce que disent les journaux canadiens, c’est le 24 juin dernier, jour de la Saint-Jean Baptiste, fête nationale des Canadiens français, que les colons du Nouveau-Monde ont vu apparaître les si désagréables petits bouts de papier nommés confetti. C’est Valleyfield, une toute petit ville, qui a vu ce progrès de civilisation la première.Les Canadiens non plus, n’y échapperont pas ! Quand ils rentreront chez eux, ils verront la mine de leurs femmes devenir maussades :

- Qu’est-ce que tu nous rapportes encore là ! Tu sais bien que ça se fourre partout, que c’est impossible à enlever !

Le progrès marche vite ! »

Le progrès marche d’autant plus vite que dès cette époque à Moissac comme à Castelsarrasin, « la bataille de confetti » est une des activités annoncées pour certaines fêtes.

 Un confetto, des confetti, comme on dit un spaghetto des spaghetti. Ainsi se marque le pluriel en italien car en effet qui dit confetti dit Italie.

 Cette petite anecdote glanée sur un journal de 1899 me renvoie à cette image «étrange» de l’Italie, le pays du rire, de la comédie, du carnaval.

 En France le nez rouge célèbre par excellence, s’appelle Achille (lire aquile) Zavatta né à la Goulette en Tunisie, de parents italiens.

Le comique par excellence s’appelle Coluche, né le 28 octobre 1944 dans le 14e arrondissement de Paris de Honorio Colucci (originaire d'un petit village italien de la région de Frosinone, Casalvieri) et de Simone Bouyer.

Fatalité du comique italien ? Permanence étrange à travers les siècles de la commedia dell arte ?

En Italie les Prix Nobel sont rares. 1997 : Dario Fo ; 1975 : Eugenio Montale ; 1959 : Salvatore Quasimodo ; 1934 : Luigi Pirandello ; 1926 : Grazia Deledda ; 1906 : Giosuè Carducci.

Le plus souvent les choix n’ont donné que peu de postérité à des tels écrivains. Leonardi est plus fort aujourd’hui que Carducci. Il semble que pour l’Italie le tragique de Primo Levi n’était pas de saison à l’heure du Prix Nobel. A moins que comme Pasolini, il ne soit mort trop vite ?

Le grand nom qui domine s’appelle Pirandello et pour aujourd’hui Dario Fo, deux auteurs de grandes comédies. Fatalité du comique italien ?

Comme nous aurions la fatalité du comique marseillais portée par Pagnol et Fernandel ? Fernandel qui fera une carrière marquante avec la série de films italiens où il joue DonCamillo ?

 Rien n’est aussi simple, pourtant le succès de Grillo relance les interrogations. L’Italie, destinée à ne pas se prendre au sérieux, face au sérieux qui prend de haut l’Allemagne ? Pas question ici d’énumérer des généralités sans intérêt, mais de pointer des contradictions à l’œuvre.

Jean-Paul Damaggio

P.S. Impossible de rêver que cet article ne se perde dans la mer d’internet

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