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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 15:48

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 158 pages, format A5, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-87-8

En rééditant le court texte de Marx où il présente Simon Bolivar nous avons souhaité l’accompagner des diverses interprétations auxquelles l'action de cet homme a donné lieu.

De Mussolini à Franco en passant par Chavez et tant d’autres, les combats de Bolivar ont été mis à toutes les sauces. Après Washington pour le Nord, Bolivar pour le Sud ? Deux libérateurs du continent américain ? Sauf que Washington a gagné avec l’appui des Français et Bolivar avec celui des Anglais. Dans les deux cas, un appui extérieur qu’il n’est pas bon de rappeler pour la gloire des deux militaires. Et pourtant…

Bolivar a laissé une œuvre inachevée que la gauche latino-américaine doit reprendre ? Un Bolivar qui aurait eu comme adversaire inévitable les USA, pourtant très heureux de voir les Espagnols chassés de « leur » continent ?

Qu’est-ce que la liberté en 1815 ? La liberté des Bourgeois contre les féodaux ? Marx plaide pour une autre révolution, celle de la classe ouvrière qui est enfantée par la Bourgeoisie comme la Féodalité a enfanté la dite Bourgeoisie. Pour Marx, le cas Bolivar le renvoie à cette vision du futur explicité dans Luttes des classes en France :

« La révolution sociale du XIXème siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complètement toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution sociale du XIXème siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois la phrase débordait le contenu, maintenant [avec la révolution sociale], c’est le contenu qui déborde la phrase. »

 Que dirait Marx quand aujourd’hui encore la révolution sociale prétend s’appuyer sur des réminiscences historiques ? Quand la phrase "révolutionnaire" déborde si souvent le contenu ! La vision de Marx est toujours une vision historique CONTRE toutes les visions abstraites qui traitent de la liberté, de la guerre, de la dictature etc. comme des entités en soi. La révolution elle-même ne peut pas être entendue comme la répétition des révolutions passées. Pourquoi ? Parce qu’avant celle de la classe ouvrière la révolution se faisait pour des intérêts particuliers qui devaient être masqués sous le voile de l’intérêt général. Avec la révolution sociale, la classe ouvrière ouvre l’ère d’une révolution qui en faisant le bien pour le travail ouvrier fait le bien pour toute la société. La guerre contre les illusions qui pouvaient être néfastes en 1789 quand il fallait trouver tous les moyens pour en finir avec l’aristocratie, devient une guerre salutaire pour construire l’avenir. Bolivar devient sous la plume de Marx, l’archétype de l’illusion néfaste !

Si je partage ce point de vue de Marx, je conteste le suivant qui lui fait penser qu’à construire un Etat impossible, Bolivar aurait joué la comédie du pouvoir, à l’heure où l’Etat est sans avenir. Pour Marx l’heure est à l’internationalisme –une des forces de la classe ouvrière – et Bolivar aurait pu trouver grâce à ses yeux puisqu’il veut construire un vaste Etat contre les divisions nationalistes de l’Hispano-Amérique. En fait Marx est enfermé dans sa propre théorie juste économiquement, mais bancale politiquement. Oui, le capital s’est internationalisé et a pris les commandes sur toute la planète mais la révolution ne pouvait faire de même !

Contre Bolivar, les nationalismes de l’Hispano-Amérique vont fleurir et qui peut s’en étonner quand on pense à l’écart entre le paysan des Andes péruviennes et celui des llanos vénézuéliens. Aujourd’hui encore, contre toute attente, les Nations Unis enregistrent un nombre toujours plus grand d’Etats ! Si ces Etats s’appuient parfois sur des replis nationalistes, ce n’est pas toujours le cas et le démantèlement de l’URSS est source d’interrogations.

Le cas de Bolivar continue et continuera d’être source de réflexions… pour qui veut faire reculer le mythe au profit de l’histoire. Aujourd’hui, il arrive souvent qu’au nom des transformations technologiques on veuille effacer l’histoire et au nom du libéralisme, effacer la société, mais dans les deux cas, c’est peine perdue. L’histoire humaine revient par la fenêtre quand on la chasse par la porte.

J-P Damaggio

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 11:21

Les Amis de Renaud JEANviennent de diffuser un nouvel article de Renaud Jean. Nous sommes en 1933, au cœur de la grande crise et la révolte gronde. Pour empêcher la résistance le gouvernement propose une loi contre l’organisation collective de la grève de l’impôt. Nous sommes à un moment où le PCF dénonce avec force le PS et Doriot est encore en première ligne. Nous savons qu’en peu de temps le paysage va changer après les émeutes de 1934.

Voici donc une « photo » d’un moment d’histoire qui nous rappelle que les riches fraudeurs sont des professionnels de ce gendre d’exploit ! J-P Damaggio

 

Reproduction fidèle d’un article du journal l’Humanité du 3 Mars 1933

Socialistes, soutanes et coffres-forts.

Nous avons raconté, il y a quelques semaines, de quelle manière la rédaction parlementaire du «Populaire», surmonte les difficultés qu’il éprouvait à expliquer à ses lecteurs le vote du groupe socialiste en faveur de l’article de la loi scélérate proposée par M. CHERON.

« La Chambre, se borna à écrire Mr P. LAINE, venait seulement d’en finir avec les dispositions concernant la répression des manœuvres contre le paiement de l’impôt, qui avaient provoqué une discussion de près de quatre heures, dispositions qui, par suite de la chute du gouvernement, se trouvent sans effet... ».

Dans ces quelques lignes, Mr P. LAINE battait tout les records d’escamotage. Il cachait à ses lecteurs la gravité du texte voté ! Il leur cachait aussi que ce texte était né de la collaboration de CHERON, BLUM, RENAUDEL et BONNEVAY. Il leur cachait enfin que la chute du gouvernement ne tranchait pas du tout la question, et qu’il était probable que le Sénat reviendrait à la charge. C’était tellement probable, que c’est, en effet, arrivé !

Et la résurrection du texte scélérat a permis de saisir, une fois de plus, sur le vif, l’étroite solidarité qui unit la politique du Parti Socialiste, les intérêts des puissances financières, et même à l’occasion, ceux de l’Eglise.

Nous le montrerons, très simplement, par un rappel des faits. Mais ces faits, nous demanderons à tous les lecteurs de l’Humanité de les soumettre à leurs camarades de travail socialistes.

En premier lieu, de quoi s’agissait-il ?

« Sera puni d’une peine de trois mois à trois ans de prison, et d’une amende de 1 000 à 20 000 frs quiconque, par voie de fait, menaces ou manœuvres concertées, aura organisé ou tenté d’organiser, le refus collectif de l’impôt ».

Telle est la signification de l’article 79 bis dont la commission et le gouvernement demandaient le vote à La Chambre. Nous rappelons plus haut que, ce texte est le résultat de la collaboration de Mr CHERON, qui prît l’initiative de leur demander des mesures d’exception contre les grévistes éventuels de l’impôt, et de Messieurs BLUM, RENAUDEL et BONNEVAY qui, au sein de la Commission des Finances, firent assaut de connaissances juridiques pour aboutir à «la meilleure formule». La paternité – partielle – de la loi scélérate ne saurait être reniée par le Parti Socialiste.

Contre qui ce texte était-il dirigé ?

Pas contre les fraudeurs de l’impôt ! Les clients des banques de Bâle restent en liberté ! Et cependant, l’importance des sommes dont ils ont frustré le Trésor est telle, que trois d’entre-eux, pour obtenir un non-lieu, auraient offert respectivement de rembourser 4, 5 et 25 millions de francs. Ces chiffres ont été donnés par l’Organisation Confédérée des Fonctionnaires. Nous les avons cités à La Chambre le 25 Février : le gouvernement n’a pas démenti...

D’autre part, chacun sait que les valeurs au porteur permettent, même sans l’interruption des banques suisses, des fraudes considérables. Récemment, Monsieur BERGERY évaluait, devant La Chambre, à 20 milliards le total des revenus de cette nature qui échappaient à l’impôt général.

Et cependant, contre cette fraude considérable qui est une des causes principales du déficit, et par conséquent des aggravations de charges que le gouvernement inflige à tous les travailleurs, contre cette fraude, le projet de douzième (augmentation des impôts) ne dressait pas le moindre obstacle. Et les socialistes, eux-mêmes, sacrifiant les intérêts des travailleurs au maintien de leurs alliances avec les partis bourgeois de « gauche », ont renoncé à la combattre par le titre à endos.

Par conséquent, l’article 79 bis n’est pas dirigé contre les fraudeurs. Il ne l’est pas davantage, contrairement aux affirmations du « Populaire », contre le baron d’ANTHOUARD, contre les chefs du Parti Agraire et autres politiciens qui tentent de mobiliser le mécontentement, cent fois justifié, des petits commerçants et des paysans travailleurs, au profit de leurs intérêts capitalistes et de leur politique fasciste.

Lorsque Monsieur le baron d’ANTHOUARD, ou Monsieur FLEURANT AGRICOLA, ou même Monsieur GUILLON – l’unique député agraire – seront enfermés à La Santé, ou dans quelques autres bâtiments hospitaliers de la Troisième République, vous nous le ferez savoir ... !

Le texte rédigé partiellement par les socialistes, voté par eux et par les «Gauches», menace uniquement les travailleurs. Supposons que demain, - l’hypothèse n’en est pas exclue -, le gouvernement songe à augmenter l’impôt sur les salaires, et que les ouvriers résistent : l’article de loi socialiste et radical jouera à plein contre eux !

En attendant, il peut jouer sans délai contre les vignerons champenois en difficultés avec le fisc. Sa menace plane aussi sur tous les paysans qui songent à la grève de l’impôt pour signifier leur colère à une organisation sociale qui les affame ou qui, plus simplement, ne paient pas l’impôt parce qu’ils ne peuvent pas payer.

On conçoit qu’une partie du groupe socialiste parlementaire se soit demandé, avec quelque inquiétude, si le vote d’un pareil texte ne constituerait pas un morceau un peu trop gros à avaler pour les bons bourgeois qui font confiance à la S.F.I.O. Cette inquiétude explique la diversion tentée par Monsieur BARTHELEMY, député socialiste de Puteaux.

Ici encore nous nous bornerons à résumer les faits :

Non contente de ne pas causer la moindre peine aux grands fraudeurs, la majorité «de gauche» accorde à l’Eglise catholique de singuliers privilèges fiscaux.

Des deux lettres lues à la tribune par le représentant du Parti Communiste, il résulte :

1°) Que le ministre des finances a dispensé les associations diocésaines de payer la contribution foncière et les taxes sur les biens de mainmorte, et que l’Etat se subsiste à ces associations pour payer aux communes la part de ces taxes leur revenant.

2°) Que lesdites associations ne font aucune difficulté pour recevoir de pareils cadeaux de l’Etat soi-disant laïque et même, par-dessus le marché, elles se proposent d’obtenir à brefs délais de pareilles exemptions pour les presbytères.

La lecture de la première de ces lettres, produisît sur l’Assemblée une impression telle, que l’abbé DESGRANGES et le ministre LAMOUREUX durent tour à tour donner des explications piteuses : « Il ne s’agit là que d’avantages momentanés », ergota péniblement le ministre du budget.

Et la situation était visiblement telle, que compte tenu d’une part, de l’absence dans l’article 79 bis de toute disposition contre les fraudeurs, d’autre part, du privilège fiscal accordé aux associations diocésaines, il devenait impossible à La Chambre le vote du texte frappant la grève de l’impôt. C’est ce moment précis que le socialiste BARTHELEMY, volant au secours du gouvernement, du coffre-fort et de la soutane, choisît pour tenter, en l’absence de notre camarade DORIOT, la misérable diversion que l’Humanité a rapporté.

Quelques heures plus tard, sous les rires des représentants de tous les partis – sauf ceux du Parti Socialiste qui faisait plutôt triste figure -, DORIOT, exécutait de mains de maître, le député de Puteaux.

Mais, le tour était joué. Le ministre LAMOUREUX demande le renvoi de la séance. Dans l’intervalle, les négociations marchèrent bon train. MARQUET, grand chef présent du groupe socialiste parlementaire, pût ramener dans le chemin de la discipline ses troupes en partie révoltées. Et à cinq heures, le gouvernement avait sa nouvelle loi scélérate.

Tels sont, rigoureusement exacts, les faits. Grâce aux socialistes, les grévistes de l’impôt iront en prison ! Grâce aux socialistes aussi, les curés continueront à ne pas payer, cependant que les fraudeurs resteront en liberté.

Renaud JEAN

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 15:16

Journal d'une semaine 

Le 5 avril, direction Toulouse puis Tarbes. Intervention à Tarbes puis direction Bagnères.

Le lendemain 6 avril, retour par le Gers, j’aime bien le Gers un département sans véritable capitale où chaque ville semble suivre son chemin avec le jazz à Marciac, les bandas à Condom, les latinos à Vic-Fezensac, la Country à Mirande et j’en passe. Un modèle de «république au village» suivant la formule de Maurice Agulhon.

Le 7 avril, avec Marie-France nous devons rapporter le rétroprojecteur qu’on nous avait prêté pour la présentation à Saint-Nicolas de La Grave donc direction Caussade.

Sympathique discussion puis quelques pas dans le centre ville. Des restaurations importantes. J’avais dû voir cent fois la maison du Caiffa sans mesurer son originalité. Il s'agissait d'une société ayant des points de vente un peu partout pour offrir du café et autres produits. Sur un carnet les acheteurs avaient des timbres à coller et le carnet une fois plein, ils gagnaient quelque chose.

Petit tour jusqu’à Septfonds pour découvrir au printemps le mémorial du Camp de Judes puis les restes du cimetière espagnol.

Le mémorial donne une toute petite idée de ce camp construit à la hâte pour recevoir des milliers et des milliers de réfugiés espagnols fuyant la guerre civile.

Au cimetière les noms des décédés de 1939-1940.

De là, direction Montpalach sur la commune de Saint-Antonin Noble Val. Un hameau qui domine le paysage. Le début du causse. Je me souviens de la quête de truffes juste à côté à Servanac mais je ne me souviens pas être passé jusqu’ici.

En descendant de voitures, je tombe sur un ancien collège sympathique. On parle cinq minutes de lieu, du patus communal, de la maison de Rolande Trempé une historienne que j’ai croisé quelque fois, avec qui j’ai correspondu une fois, mais avec qui je n’ai pas travaillé. Elle a vendu sa maison de Montpalach et vit, je crois, à Paris.

De là, nous passons chez mes parents pour un repas familial. Ils viennent de passer deux jours avec les enfants du docteur Urbac, un médecin juif que mon grand-père a caché avec sa famille, pendant l’Occupation.

Le 8 avril, aujourd’hui, je termine une lettre de la Brochure, je me prépare à porter le tirage de La Communication à Alain Mariet qui habite à Bourret, sur la route vers Verdun et Grenade sur Garonne destination de ma nouvelle intervention sur la LGV le soir même.

Les 9 et 10 avril je garde mes petits-enfants.

Le 11 avril on va penser aux cinémas russes mais avant j’ai une rencontre LGV…

Le 12 avril à Donzac à 18 h 30 Maurice Cuquel expose sur les Saharaouis et ensuite, conseil d’administration de l’association Alternative LGV.

Bref, un emploi du temps qui va me faire oublier le blog sauf à y présenter les dernières publications récupérées chez l’imprimeur le 5 avril.

Jean-Paul Damaggio

la-voiture-du-caiffa.jpg

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:32

Au moment où, dans les préfectures, il y a quelque agitation au sujet d'inondations possibles et graves en ce mois d'avril, La Brochure publie "Quête d'une tortue sur la balabre d'une LGV" où vous trouverez, au cas Escatalens, le portrait de la crue de 1875. Nous nous l'offrons ici.

J-P Damaggio

 

 

"Quand on passe sur la 113, juste après Saint-Porquier on arrive à Escatalens et dans aucun des deux cas on ne s’imagine si près de la Garonne. La plaine est magnifique et j’imagine que du point de vue de Cordes-Tolosannes le spectacle doit être imprenable. Sauf qu’une plaine si belle, ce sont des inondations assurées comme en témoigne la hauteur de la voie ferrée Castelsarrasin-Beaumont, quand elle l’a traverse. La LGV devrait faire de même ce qui projetterait encore plus haut la vieille ligne qui devra enjamber la nouvelle. Parmi les inondations, celle de 1875, est entrée dans l’histoire. Dans une riche brochure, Melle Pozzi nous présente la situation :

« La route départementale qui va de Montech à Castelsarrasin passe au bord de la dernière assise de la vallée. La Garonne arrivait jusqu'au pied des villages d'Escatalens, de Saint-Porquier et de Saint-Martin de Belcassé. On apercevait toute la plaine basse inondée entièrement. Quelques pans de murs émergeaient ça et là ; deux ou trois maisons paraissaient seules avoir résisté à l'effroyable désastre. Partout la tristesse et la désolation se lisaient sur tous les visages. Les malheureux inondés qui avaient pu être sauvés contemplaient dans une morne attitude ce spectacle navrant de leur ruine, ou s'efforçaient, à travers les arbres, d'apercevoir au loin ceux qu'ils savaient être en détresse. Partout, autant que possible, des barques montées par de hardis sauveteurs cherchaient, malgré les plus grands périls, à ramener quelques malheureux.

On signalait à la même heure une maison restée débout à cause de sa position relativement élevée, celle de M. Fontanié, dans la Rivière haute de Castelsarrasin, dans laquelle s'étaient réfugiées plus de cent personnes. Ajoutons que les vivres devaient leur faire défaut, car ce n'est que dans la soirée de jeudi qu'on a pu leur en expédier.

Le niveau de l'eau ayant considérablement baissé, il est à présumer que, grâce à ce secours, personne n'a péri ».

 Les tortues seraient allées de l’eau vers la terre mais sur terre elles finissent par craindre l’eau aussi les inondations sont souvent leurs cauchemars car comment résister ? Et celle de 1875, c’en est une parmi tant d’autres !"

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 16:47

A ce moment là Grousset est député socialiste. Ce texte témoigne parfaitement de l'engagement du personnage. Il a été publié, dix jours après, sur le journal de Camille Delthil, à Moissac. La Feuille villageoise a publié deux autres éléments sur Grousset en cette année 1893. JPD

 

UNE LETTRE DE PASCHAL GROUSSET

 

M. Paschal Grousset, député de la Seine, a adressé la lettre suivante à M. Dupuy, président du conseil, ministre de l’intérieur :

Lens, 30 octobre 1893

Monsieur le ministre

Je suis venu à Lens sur cette idée que quarante mille ouvriers n’arrêtent pas, sans de sérieux motifs, le travail d’où dépend la paix de leurs familles. Je n’ai pris à la grève aucune part directe ou indirecte. J’ai simplement voulu voir de mes yeux ce qui se passe ici, comme c’est mon droit de citoyen et peut-être mon devoir de député.

J’ai trouvé le bassin houiller militairement occupé, les soldats parcourant les rues le fusil en bandoulière, les officiers arpentant tristement le quai des gares, tout l’appareil de la guerre civile au sein de la population la plus calme, la plus sage et la plus douce qu'il m’ait jamais été donné d'approcher. J’ai vu un membre du Sénat, maire de la commune, brutalisé par un capitaine de dragons qui avait envahi, sans billet de logement, le domicile de son choix et s'y était installé. J’ai vu la force publique lacérer des affiches et interdisant des réunions civiques, au mépris du Code.

J'ai vu les tribunaux siégeant en permanence pour frapper de peines rigoureuses des délits de grève purement véniels, quand ils ne sont pas imaginaires. J'ai vu quatre témoins sommairement condamnés pour faux témoignage, parce que leur déposition se trouvait en désaccord, sur un détail sans importance, avec celle d'un seul agent de police. J'ai vu la gendarmerie procédant, avant le jour, à des tournées domiciliaires, pour exercer sur les grévistes une pression directe, en leur intimant, au nom de l'ingénieur, que les fosses allaient être fermées à six heures.

Et je me suis demandé pourquoi la liberté du travail est ainsi ouvertement violée au profit des sociétés minières ; pourquoi les pouvoirs publics semblent prendre à tâche de cultiver dans le Pas-de-Calais le mépris de la justice républicaine ; pourquoi ils assument la responsabilité des tragédies qui peuvent naître de ces provocations ; pourquoi ils laissent durer depuis sept semaines un état de choses qui menace pour tout l'hiver, au moins sous la forme de grèves partielles, la paix et la prospérité du pays ; pourquoi ils mettent en péril la défense nationale elle-même, s'il est vrai, (comme le gouvernement seul peut le vérifier par une inspection immédiate) que certaines compagnies de chemins de fer, pressées par la cherté croissante de la houille, aient déjà entamé leurs réserves de mobilisation.

En un mot, je me suis demandé pourquoi le gouvernement de la République ayant à sa disposition la loi sur l'arbitrage, n'a pas encore mis les parties face à face, pour les contraindre à s'expliquer de leur différend, ainsi qu'il l'a fait naguère, avec un plein succès, dans la grève de Carmaux et dans celle des Omnibus parisiens.

Monsieur le ministre, si la représentation nationale avait été associée par une session spéciale aux fêtes franco-russes, comme les convenances élémentaires l’exigeaient assurément, c'est à la tribune de la Chambre que j'apporterais aujourd'hui ces questions.

Dans le silence forcé où l’on persiste à tenir le Parlement, au cours d’une crise aussi redoutable, c’est à la presse que je dois avoir recours, pour vous les adresser publiquement.

Paschal Grousset, député

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 16:09

Avec d'autres nous avons essayé de faire revivre Paschal Grousset. Pour ceux qui le peuvent une émission télé pour aborder une part du personnage. Je propose rapidement un article de Grousset. JPD

Ci-dessous la présentation média de l'émission

 

France 3 Corse > Paschal Grousset Benedetti, itinéraire d'un oublié

 07/04/2013 à 08H55 sur France 3

Durée : 55min. ( 08H55 - 09H50 )

 Cryptage : En clair

 Genre : Docu-info - Société

 Réalisation : Dominique Maestrati

 RÉSUMÉ

Il naquit sur une île, fut déporté sur une seconde, se réfugia sur une troisième jusqu'où les îles le hantèrent pour qu'il écrive son roman : «Atlantis» ? Pourquoi cet «illustre inconnu» , au talent protéiforme, personnage éclectique, médecin devenu journaliste, écrivain aux multiples pseudos, qui écrivit 2 romans, signés ensuite par Jules Verne, Ministre de la Commune de Paris à 27 ans, déporté en Nouvelle Calédonie, évadé dans des conditions rocambolesques, traducteur de : «Lîle au Trésor», théoricien de l'Éducation Physique pour tous.

"Paschal Grousset Benedetti"

 Qui était l’homme qui fut le véritable inventeur des Jeux Olympiques modernes ? Celui qui eut dès 1888 et avant le Baron Pierre de Coubertin l’idée de recréer la fameuse compétition antique ? Paschal Grousset Benedetti est longtemps resté dans les oubliettes de l’Histoire de France. Ce film répare cette injustice en  dressant le portrait de ce personnage complexe, aux multiples facettes et pseudonymes, exemplaire de la fin d’un siècle fourmillant d’idées nouvelles et d’inventions. A la fois Corse de cœur et membre actif de la vie politique française, il fût en effet communard, bagnard en Nouvelle Calédonie, écrivain de science-fiction, collaborateur de Jules Verne, député socialiste, dreyfusard et enfin un précurseur et  un fervent défenseur de l’éducation physique et sportive.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:05

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66 pages, 5 euros, format A5, brochure

Les promoteurs et concepteurs de la ligne à grande vitesse n'ont que faire de la vie sur le tracé. Alors pour les éclairer à la vitesse d'une tortue...

JP Damaggio

 

 

Sommaire :

 Dunes : Le pont romain, Pont du Diable ?

Donzac : La sociabilité des cornières

Saint-Loup : L’astronome Perrotin (1845-1904)

Saint-Cirice : La cloche d’une église (1523)

Auvillar : Marcabrun, un des premiers troubadours

Saint-Michel : Une église phénoménale

Merles : Le chêne de Henri IV

Le Pin : Le Château Saint Roch

Saint-Nicolas : La voiture Cadillac n’est pas pour Vitalis

Caumont : La Blonde d’Aquitaine

Castelmayran : Une merveille du futur ?

Angeville : Un nom de rêve

Saint-Aignan : Le royaume du peuplier

Castelferrus : Tour de l’horloge extraordinaire

Garganvillar : Une merveille d’instituteur

Cordes-Tolosannes : Belleperche

Castelsarrasin : L’usine inoubliable

Saint-Porquier : La beauté du canal latéral

Escatalens : Plaine, ma plaine…

La Villedieu du Temple : A l’heure des oiseleurs

Lacourt Saint-Pierre : Un lavoir sur le canal

Montbeton : Adeline Lombrail (1858-1891)

Bressols : Pigeonnier comme patrimoine

Montauban : Une gare historique

Labastide-Saint-Pierre : Le plaisir de l’histoire

Montbartier : Grand Sud Logistique

Campsas : Etienne Salers, l’art du vin

Canals : Une héroïne de la Résistance

Fabas : Un sénateur-maire

Grisolles : Le génie de la fabrication des balais

Pompignan : Le château de la famille Pompignan

Dieupentale : L’amour pour une gare

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 16:05

Pour le plaisir des mots et de la vie il m’arrive d’aller sur le blog de La Frenière d’où je ramène cette histoire de cane et de poule d’un des plus grands écrivains du Quebéc. Bravo à eux et vous pouvez rejoindre son blog en cliquant sur le début de l’article. JP Damaggio

 

 

Quelle meilleure façon de vous souhaiter à tous de joyeuses pâques, même de renarde et de renard, que de vous raconter une histoire... vraie.

J'ai une cane dans ma ménagerie qui a perdu son chum [son amoureux]. L'envie de couver lui est venue; elle a pondu quelques oeufs et s'est mise dessus. Mais elle couvait pour rien, étant donné que ses oeufs n'avaient pas été fécondés. Je les lui ai donc enlevés et mis à leur place quelques oeufs de poule qui, eux, l'étaient, fécondés. La cane les a couvés durant 33 jours. Au matin de ce trente-troisième jour, un tout petit poussin est apparu de sous elle. La canne en a pris soin comme si c'était "son" vrai bebé. Assez amusant de voir le poussin la suivre partout. Assez fascinant de voir la cane lever l'une de ses ailes pour que bebé puisse se réfugier dessous. Le poussin a grandi. Moman et bebé étaient inséparables. Le soir, bebé se perchait sur le dos de Moman pour dormir. Aujourd'hui, bebé est une belle poule, mais elle se tient toujours avec Moman. Inséparables. Ce qui m'étonne le plus, c'est que toutes mes autres poules sont parfaitement blanches, de même que Popa coq. Mais bebé Poulette arbore un plumage du plus beau crème qui soit - en fait, son plumage a la même couleur que les coquilles des oeufs que pond Moman cane.

 

Victor-Levy Beaulieu

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:53

Ce jour là c'est fête à la cantine. Comme convenu le porc pour les uns et le poulet pour les autres. Une gamine s'insurge : le poulet n'est pas halal. Alors on lui a fait du poisson.

Un quotidien qu'il ne faut pas évoquer pour éviter de faire le jeu du FN ? Un système halal qui est surtout une "taxe" prélevée sur les produits par la Mosquée de Paris (qui reverserait une part de la taxe aux autres islams) dont il faudrait éviter de creuser les circuits ?

Les religions sont d'autant plus respectables que les religieux restent à leur place mais ce n'est plus la saison. JPD

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:51

Après l’Argentine, la Bolivie, le Costa Rica, le Chili, le Guatemala, le Salvador, le Mexique et le Pérou, l’Equateur va se doter d’une loi sur le féminicide. Décision du gouvernement qui fait suite à d’imposantes manifestations populaires suite à une série d’assassinats de jeunes femmes pour des raisons de violence sexuelle.

Tous les spécialistes savent, à la lumière de ce qui se passe dans les autres pays, que de telles lois ont une efficacité réduite même si ce crime est assimilé à la criminalité organisée avec une peine de 28 ans de prison.

Il s’agit en fait d’une banalisation générale du crime dont le meurtre de femmes pour violence sexuelle est l’indice le plus détestable car il ne s’agit ni de question de pouvoir, d’argent mais d’une conception de la femme comme simple objet.

Toutes les couches de la société sont concernées et au-delà de l’assassinat ce sont 60% des femmes d’Equateur qui disent être victimes de mauvais traitements de l’entourage.

Trop souvent les regards se portent sur les luttes politiques (au sens politicien) sans saisir que la politique n’est qu’un aspect marginal de la vie sociale. Les évolutions de fond qui s’agit ni de noircir ni d’occulter sont sur un autre registre. JPD

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