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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 20:53

C'est le quotidien socialiste qui, ici, donne la parole à Renaud Jean qui ne cesse pourtant de critiquer le PS ! Mais comme il s'agit d'une critique du PCF ! Le député y rappelle la ligne permanente de sa vie, étudier d'abord concrètement la situation concrète : " Quant à pouvoir connaître les grandes lignes de l'organisation économique du régime nouveau, le parti ne s'en préoccupe pas." Pour le reste, on le retrouve tel qu'il sera : opposé à la fois au sectarisme et à l'opportunisme ! JPD

 

Le Populaire 9 octobre 1922

 

NOS MOSCOVITES PEINTS PAR EUX-MÊMES

C'est-à-dire par le député Renaud Jean

"Les dirigeants du parti communiste, qui avaient pour mission d'organiser et de diriger l'éducation des masses, se heurtent en de stériles discussions théoriques, que peuvent suivre seulement quelques intellectuels. Sans programme positif, se livrant uniquement, dans tous les domaines, à une propagande de critique et parfois de démagogie, le parti communiste ne donne pas aux hésitants l'impression de savoir où il va. Une fraction du parti, sans d'ailleurs l'avouer publiquement, revient par la réforme, à l'électoralisme d'autrefois. Les dernières élections cantonales en fournirent de trop nombreux exemples. L'autre fraction, par la plate-forme et le front unique, prétend entraîner les masses à l'action révolutionnaire. Mais elle se soucie aussi peu que la première des lendemains de la prise du pouvoir. La Droite cherche des électeurs. La Gauche prépare des soldats. Quant à pouvoir connaître les grandes lignes de l'organisation économique du régime nouveau, le parti ne s'en préoccupe pas. Il ne recherche que la conquête du pouvoir. Dans le parti communiste, il n'y a que des appétits déchaînés, des groupements rivaux, des polémiques acerbes, des menaces d'exclusion. Sacrifiant l'intérêt réel du parti à des intérêts locaux et subalternes, et violant ainsi les décisions du Congrès de Marseille, le Comité directeur n'a pas mis debout les interfédérations destinées à développer la propagande en province, alors qu'il prélevait les cotisations augmentées dans ce but. Par contre, il maintenait l'Internationale, bien que ce journal eût épuisé les crédits alloués pour l'année entière. Pour conserver un journal du soir à Paris, il dépensait en six mois les sommes nécessaires ou fonctionnement pendant un an des interfédérations que le parti lui avait donné le mandat de créer. Cet abus de pouvoir a tari le recrutement en province, sans empêcher la dégringolade de la Fédération de la Seine. Le parti communiste n'apparaît pas aux hésitants comme supérieur à l'organisation capita- liste dont il dénonce les vices et qu'il veut renverser."

 

Qui a écrit ça ? Un des plus fameux hurleurs du parti communiste, nous voulons dire un de ceux qui hurlent le plus contre nous, socialistes, le tovaritch Renaud Jean, député du Lot-et-Garonne. Il a écrit ça dans une motion que sa fédération présente au congrès du 15-18 octobre. Et vous vous direz sans doute qu'en tapant si juste et si fort, Renaud Jean libère sa conscience ?... Voire !

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 18:46

carte-conseil-general.jpg

 

Cette nouvelle carte des quinze cantons n'a qu'UNE seule fonction : fabriquer des Conseillers départementaux qu'on appelait autrefois généraux ! Donc elle ne se regarde qu'avec la règle à calcul politicienne et rien d'autre !

Les cantons anciens avaient un chef-lieu où il y avait la gendarmerie, où les jeunes allaient passer le certificat d'études où... C'était ce qu'on appelait une entité politique. Quand le politique régresse à l'électoral comment s'étonner que le citoyen perde tout intérêt... pour le politique !

A partir du moment où seul l'électoral est la règle alors tout devient triste à mourir ! Bien sûr il y avait un écart considérable entre le petit canton et le gros canton donc il fallait harmoniser ! Pourquoi ne pas décider en cette occasion que la circonscription soit le département lui-même avec liste à la proportionnelle partielle comme pour les régionales et les municipales ?

Pourquoi ne pas décider en cette occasion de coupler la nouvelle carte cantonale et celle des intercommunalités pour donner plus de visibilité à cette institution fantôme ?

En fait on diminue de moitié le nombre de cantons pour permettre à des femmes d'être élues. Mais alors prenons le département comme référence !

Mais non, notre pays fait des réformes qui nous laissent au milieu d'un pont prêt à s'écrouler ! Alors un exemple de ce qui se passe maintenant que la carte est faite.

Montauban avait six cantons, il en reste trois.

Les sortants :

Ghislain DESCAZEAUX, Vice-Président

Roland GARRIGUES, Président de la Commission Éducation, sport et culture

José GONZALEZ, Vice-Président

Michel MARTY,

Claude MOUCHARD, Président de la Commission Environnement et aménagement rural

Jean-Pierre QUÉREILHAC

 Trois sortants vont devoir partir avant même l'élection, lesquels ? Les trois sortants socialistes ne peuvent espérer occuper toute la place car le PRG va demander le maintien de son sortant à moins qu'il ne présente Dominique Salomon avec un complément PS mais alors le PS devra présenter un complément PRG. Est-ce que d'autres partis vont pouvoir être associés à l'union ? Tout ça va se discuter en préparant les municipales d'où la pression du PRG ! Les candidatures dissidentes ne vont pas manquer. Bilan :

Garrigues, Mouchard, Gonzalez peuvent espérer atteindre la candidature avec des femmes inconnus comme compléments. Mais c'est un simple exemple du casse-tête... JPD

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 17:43

discoursle-ministre.jpgla-plaque.jpgla-plaque-bis.jpg


Une petite centaine de personnes devant la gare, des habitués de l’antiracisme, des citoyens difficilement informés, une plaque, une gerbe, des fleurs, des discours, une manifestation simple pour rappeler des faits, pour répéter que le racisme n’est pas une opinion mais un délit, pour marquer l’histoire.

Le ministre a osé pointer la lâcheté des voyageurs, lâcheté au moment du crime, lâcheté redoublée au moment du procès par honte sans doute de la lâcheté précédente donc, un employé de la SNCF et un seul passager contribuèrent à l’arrestation et à la condamnation des coupables. Il chiffre à 80 le nombre de personnes qui ont dû assister aux poursuites dans les couloirs. En effet, bien souvent les crimes fascistes sont impunis.

L’événement s’est produit au moment de la marche pour l’égalité et contre le racisme et des participants de cette marche étaient là pour la mémoire, pour le passé et le présent aussi. Emotions dans les voix.

Une musique entre le moment où  la plaque est dévoilée et celle où commence les discours. On aurait pu penser à une  musique algérienne… ce fut Schubert.

Et nous ne dirons rien des absents, je veux dire des autorités absentes. J-P Damaggio

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 14:28

abortotambalea.jpg

 Des femmes en colère au parlement équatorien : en fond on reconnaît des peintures de Guyasamin.

En Equateur, comme partout en Amérique latine, le nombre d'avortements clandestins va croissant et les législations sont plus restrictives. L'OMS parle de 125 000 par an.

L'Assemblée nationale ayant a discuter du nouveau code pénal dont un article concerne l'avortement, des députées ont tenté de faire changer la situation. Si elles l'ont fait c'est en lien avec une lutte continuelle et profonde dans la société, nous dirons une lutte citoyenne. Mais dans la révolution citoyenne chère au président Correa, tous les citoyens ne le sont pas au même degré.

L'opposition aidée par des membres du parti au pouvoir Alianza PAIS ont failli obtenir une évolution positive mais le président a rappelé à l'ordre ses députés : promesse avait été faite de ne rien modifier en matière d'avortement donc il fallait s'y tenir sinon il démissionnait ! Alors le députés "traîtres" de son parti se sont inclinés et trois furent sanctionnées pour leur comportement bine qu'elles aient retiré l'amendement : Gina Godoy, Paola Pabón, et Soledad Buendía

Pour s'expliquer Correa insistera sur la forme prise par l'amendement des députés de son parti ne respectant par les règles de discipline, et évacuera ainsi le problème réel : l'injustice faite aux femmes dont certaines entrèrent dans le parlement et se dévêtirent pour dire leur colère. Pour le président, la pilule du lendemain est suffisante.

Notons que la réclamation était minime : obtenir une dépénalisation en cas de viol. Pour le moment elle existe seulement pour les femmes handicapées qui sont violées.

La loi actuelle punit les médecins pratiquant l’avortement d’une peine de six ans de prison, tandis que le nouveau Code pénal prévoit de l’étendre à 16 ans de réclusion en cas de décès de la patiente.

Ainsi la vie des femmes est protégée...

Jean-Paul Damaggio

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 14:01

Cet article n'est pas sans rapport avec la révolte bretonne même si les contextes sont RADICALEMENT différents.

 En 1935 la CGT et la CGTU s’unirent mais pas le syndicat paysan CGPT, dirigé par Renaud Jean, et le syndicat dirigé par les socialistes, la Confédération Nationale des paysans. Pourquoi, vu que plus unitaire que Renaud Jean on ne trouvait pas au PCF ? En 1935 le député du Lot et Garonne participait à des réunions publiques communes avec le PS sans pouvoir faire avancer l’unité syndicale des paysans, car le PS l’accusait de vouloir s’allier avec… le fascisme paysan !

En effet, Renaud Jean défendait l’idée que l’union syndicale paysanne devait s’adresser aussi à Parti agraire. Il fit valider cette stratégie par le Congrès du PCF de Villeurbanne en 1936. Lui, l’antifasciste résolu voulait donc s’allier sur le plan paysan avec un parti en effet dirigé par des fascistes notoires ? J’étais intervenu au colloque de Marmande sur ce point, en apportant quelques éclaircissements que je complète aujourd’hui en découvrant sur le quotidien du Parti socialiste, Le Populaire l’argumentation de ce parti.

 Voici l’argumentation de Renaud Jean au 11 août 1935. Elle n’inclut pas la disposition pratique, s’adresser au Parti paysan ou Parti agraire, mais celle-ci est implicite : à partir du moment où il considère que ce Parti est hésitant s’adresser à lui, c'est pouvoir attirer la partie la plus républicaine des paysans, contre la direction de ce parti.

« L'organisation de l’anti fascisme à la campagne

Nous devons donc, sans perdre une minute, profiter du délai que nous procure l'inintelligence des commanditaires, des fascistes français pour organiser solidement l'anti fascisme à la campagne. J'étais chargé récemment, par la Confédération Générale des paysans travailleurs et par notre Parti communiste, de dire au rassemblement national antifasciste du 14 juillet la nécessité de constituer, dans le délai le plus bref, un Front paysan populaire anti fasciste. Mais comment constituer ce front ? Et autour de qui ce front se constituera-t-il ?

La Confédération générale des paysans travailleurs n’est pas capable de grouper autour d’elle la masse des paysans. Il est probable que si les crises qu’elle a subies depuis sa création en 1929 lui avaient été épargnées elle serait devenue une véritable organisation de masse. Aujourd’hui, il est trop tard. Depuis 1929, je l’ai indiquée, elle marque le pas. L'action qu'elle a menée et que j'ai résumée n'a en rien augmenté ses effectifs. Toute l'agitation menée par elle en février et en mars dernier dans la Gironde, le meeting de Sainte-Foy la Grande, qui groupa cependant 7.000 ou 8.000 manifestants, ne lui ont pas valu 50 adhérents. Le paysan approuve les mots d'ordre de la C.G.P.T., mais il n'y adhère pas, parce qu'il la considère comme une organisation communiste. Et rien ne nous permet d'espérer que cette situation puisse rapidement se modifier. Un nouveau congrès convoqué par la Confédération Générale des paysans travailleurs ne donnerait pas des résultats sensiblement supérieurs à ceux du congrès de mai 1934.

Plus jeune que la Confédération des paysans travailleurs, la Confédération Nationale des paysans, influencée par les socialistes, est dans une situation encore pire. Ses dirigeants n'ont en effet, aucune notion de l'action de masse. Ils n'ont même pas songé, comme la C.G.P.T. l'a fait, à s'opposer aux saisies et aux ventes. Ils n'ont rien fait pour mobiliser les paysans contre le brigandage du blé, Ils paraissent actuellement ignorer la gravité de la crise viticole, qui peut demain soulever dans le Midi des centaines de mille de vignerons. Ils n'ont qu'un souci : celui de diffuser le plan de rénovation agricole conçu par l'un d'entre eux. Et lorsque, fin 1934, la C.G:P.T. a engagé des pourparlers avec eux en vue de l'organisation en commun de l'action revendicative que les circonstances exigent, c'est de leur plan que les dirigeants de la C.N.P. nous ont parlé.

Quant aux organisations paysannes régionales, départementales ou locales, influencées par telle ou telle formation politique antifasciste ou par tel ou tel membre de ces formations politiques, il s'agit avant tout d'organisations à base commerciale. Ceux qui les dirigent ou les influencent n'en escomptent que quelques avantages d'ordre électoral.

Au total, à quelques exceptions près, même dans les départements où les paysans votent en majorité contre la réaction, il nous est impossible, dans les conditions actuelles, de mobiliser les masses paysannes pour l'action antifasciste.

Et cependant, nous devons tout tenter pour rendre cette mobilisation possible et prochaine. Nous y parviendrons si nous obtenons de tous ceux qui, parmi les antifascistes, organisations ou personnalités, ont de l’influence sur les paysans, qu'ils en prennent avec nous l'initiative.

La Confédération Générale des paysans travailleurs est prête à s'associer à tout rassemblement des masses paysannes contre le fascisme. Par ailleurs, les communistes dirigent un assez grand nombre d'organisations paysannes non adhérentes à la C.G.P.T. ou participent à leur direction. J'ai déjà dit que la C.N.P. est dirigée par des hommes appartenant ou ayant appartenu il y a peu de temps au Parti socialiste. D’autre part, plus encore que nos camarades communistes, les socialistes dirigent des organisations paysannes. Le camarade Thorez vous a dit quelle est l’étendue actuelle du front populaire anti fasciste. En dehors du parti communiste et du parti socialiste, il englobe non seulement les trois partis socialistes de France, Républicain socialiste et Socialiste français mais aussi une grande fraction du parti radical. De nombreux parlementaires radicaux ont participé aux rassemblements du 14 juillet, soit en province, soit à Paris. Or, le Parti radical reste le grand parti des paysans de France. En dehors de ces organisations ou fractions d'organisations, d'autres groupements plus faibles, bien que n'adhérant pas officiellement au Front populaire, exerçant dans les milieux paysans une influence dont nous devons tenir compte, peuvent aussi être conduits à se rallier au mouvement antifasciste.

Le total des paysans influencés par ces groupements n'est certainement pas inférieur à deux millions, peut-être même atteint-il trois millions. Si nous savons rapidement les rassembler, le fascisme ne passera pas à la campagne. Il ne s'agit pas de couper en deux le Front populaire, d'un côté les ouvriers, de l'autre les paysans mais de fournir au Front populaire actuellement constitué et qui reste presque exclusivement ouvrier et citadin la possibilité de s'étendre rapidement à la campagne. Pour obtenir ce résultat, notre Parti a lancé l'idée d'un congrès paysan national. Il a soumis cette idée aux représentants des partis ou fractions de partis adhérents au Front populaire. Aucune objection n'a été formulée par ceux à qui nous nous sommes adressés. Mais, jusqu'à ce jour, nous ne pouvons enregistrer aucun commencement de réalisation.

Le congrès paysan national grouperait les représentants des organisations paysannes déjà constituées, les représentants des paysans non organisés, les parlementaires antifascistes des arrondissements paysans, en un mot tous les antifascistes qui, à un titre quelconque, sont qualifiés pour parler au nom des paysans.

Le congrès paysan national aurait le double but:

1° Adopter un programme revendicatif qui deviendrait le programme paysan du Front populaire — aussi bien son programme d'agitation et de propagande qu'éventuellement son programme de gouvernement. Dans la discussion de ce programme les communistes défendraient les revendications de la conférence générale des travailleurs : réduction des baux à ferme; révision de la législation sur le métayage; interdiction des saisies et des ventes; crédits et allocations de crise. Mais ils ajouteraient, à propos de certains problèmes d'importance capitale et susceptibles de déterminer l'attitude des paysans à l'égard du fascisme et de l’antifascisme, comme les problèmes du blé et du vin, les formules positives tendant à l'organisation du marché en faveur des paysans travailleurs monopole d'Etat du commerce des blés, réglementation de la production du vin. Toutes les limitations et les restrictions supposées de ces mesures frappant les capitalistes de la terre. Une pareille plate-forme de revendications serait de nature de rallier au Front populaire non seulement les paysans influencés par les partis politiques antifascistes, mais même de nombreux paysans actuellement classés à droite. Le gouvernement du Front populaire qui entreprendrait la réalisation immédiate de ce programme pourrait compter sur l’appui des masses paysannes contre toutes les offensives du fascisme. Naturellement, les communistes participeraient à la discussion du programme avec l’esprit de conciliation et la volonté de réussir qu’ils ont manifestés dans la préparation du rassemblement du 14 juillet.

2° Des constituer à la tête l’organisme et de préparer à tous les degrés la constitution des organismes adhérents au Front populaire chargés de diriger la campagne de propagande et d'agitation en faveur de ce programme, d'assurer la coordination des efforts des organisations paysannes déjà existantes, de préparer le rassemblement de masses des paysans aussi bien pour l'action en faveur de leurs revendications que pour la lutte antifasciste.

La dispersion actuelle des personnes qualifiées pour provoquer la création de l'organisme qui convoquera le congrès fixera sans doute le renvoi au mois d'octobre des travaux préparatoires. Ce retard est d'autant plus fâcheux que les, événements risquent d'aller vite. Cependant, si en octobre, nous obtenons l'adhésion des personnalités sur lesquelles la composition du Front populaire nous permet de compter, si, comme elles l'ont fait pour le rassemblement du 14 juillet, ces personnalités utilisent, en faveur du congrès, les journaux dont elles disposent, comme nous utiliserons la presse communiste et l’organe de la Confédération Générale des paysans travailleurs, si elles obtiennent que les partis et les organisations auxquels elles appartiennent mettent au service de la préparation du congrès leur influence parmi les paysans, bientôt dans les campagnes de France, se dressera un barrage contre lequel viendront se briser toutes les espérances et tous les assauts du fascisme. Renaud Jean »

 

Au cours de mon intervention à Marmande je donnais des extraits du discours de Villeurbanne où Renaud Jean déclare : « Le devoir des communistes, n’est pas, dans tous les cas, dans toutes les circonstances, d’adhérer à la CGPT. Essayez de créer un syndicat adhérant à la CGPT dans une localité où les paysans sont déjà organisés, ce serait la division, mère de la faiblesse. (…) L’essentiel, le devoir principal n’est pas d’être à la CGPT c’est d’être là où se trouve la masse… »[1]

 Si Renaud Jean s’est fait bastonner à Yvetot par le fascisme, c’est qu’il fallait aller à la rencontre, non de personnes convaincus, mais à convaincre, car il avait l’optimisme de pouvoir les convaincre. Sa main tendue au Parti agraire n’est en rien un pacte avec le fascisme mais la volonté d’analyser la situation concrète (souvent la masse est au Parti agraire), d’en tirer les leçons et d’en déduire l’action à conduire c’est-à-dire mettre ce Parti dans l’obligation de choisir clairement pour y accroître les tensions internes.

 

L'argumentaire des socialistes : Le Populaire 12 septembre 1935

"Le Parti communiste, par la plume de ses représentants qualifiés Cachin et Duclos, et aussi par le truchement de la Confédération générale des paysans travailleurs, dont l'un des secrétaires n'est autre que Renaud Jean, député communiste, propose d'étendre l'unité d'action au Parti agraire. Un accord est intervenu dans l'Aube pour « une action commune » entre la Fédération du Parti agraire et les groupements départementaux de la. C. G. P. T.

Dans une réunion tenue à Troyes, il a-été décidé d'adresser un manifeste « à tous les paysans, sans distinction d'opinion ». Des pourparlers ont également eu lieu dans les Alpes-Maritimes et dans l'Yonne. Par ailleurs, l'Humanité a semblé se réjouir que, dans le Lot, l'Union de défense paysanne ait été « constituée en dehors de toute politique, avec aussi bien les amis de Dorgères que les paysans radicaux, socialistes ou communistes ». Ce n'est pas tout. Le Parti agraire a décidé d'organiser des manifestations dans toute la France, à la date du 21-septembre. La Confédération Générale des travailleurs paysans propose à M. Fleurant Agricola, président du Parti vert, « de collaborer loyalement avec le Parti agraire et ses fédérations en vue d'assurer le succès de la journée du 21 septembre ». Le Parti communiste espère ainsi "plumer" la volaille agraire. Il veut aussi, de très bonne foi, je n'en doute pas, empêcher les paysans de rejoindre les formations fascistes qui exploitent leur misère. Pour nous, socialistes, ce n'est pas en tendant la main, mais au contraire en «montrant le poing » (voilà du bon Cachin de derrière les fagots) aux ennemis des paysans, par conséquent en faisant notre propagande socialiste, dans le cadre du mouvement prolétarien, que nous amènerons les paysans dans la voie qui les conduira à leur affranchissement total. Tous nos militants connaissent de réputation le Parti agraire. Il compte à sa tête des hommes qui n'ont jamais tenu les mancherons de la charrue. L'un est un ancien journaliste, M.- Fleurant Agricola. Son secrétaire général, M. Casanova, et M. Noilhan, rédacteur de la Voix de la Terre, avocats tous les deux, n'ont jamais dû cultiver que des chicanes. Constitué pour détourner les paysans du socialisme, le Parti agraire ne veut ni plus ni moins, que l'organisation dirigée par Dorgères, avec laquelle, en la personne de son vice- président, M. Mathé, il fraternisait à Rouen, il y a quelques jours à peine.

Or, Dorgères c'est la grande banque, c'est le Comité des Forges, ce sont les grandes sociétés d'engrais, ce sont aussi les hobereaux et les faillis de la rue d'Athènes, de si fâcheuse réputation. Peut-être trouverait-on les mêmes organisation et les mêmes gens si l'on grattait le vernis du Parti agraire. Je n'insiste pas. Max Dormoy"

 

A chacun de confronter les deux arguementations. Jean-Paul Damaggio

 



[1]Renaud Jean La voix rouge des paysans, actes du colloque, p.243

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 19:20

J'avoue que c'est étrange. Sans un ami qui nous a averti, nous pouvions passer à côté de cet hommage. Voici la présentation sur le site du gouvernement :

"Déplacement à Castelsarrasin (82) - François Lamy, ministre délégué à la Ville se rendra vendredi 15 novembre 2013, à Castelsarrasin, pour rendre hommage à Habib Grimzi victime d’un crime raciste le 15 novembre 1983.

Habib Grimzi, touriste algérien de 26 ans, a été défenestré du train Bordeaux-Vintimille. Il est l’une des victimes des nombreux crimes racistes et xénophobes de cette période.

Cet hommage Républicain sera rendu en présence du Consul d’Algérie, d’anciens marcheurs pour l’égalité et contre le racisme, et de Mohamed Mechmache, Président de l’association ACLefeu."

Programme

15h : Hommage à Habib Grimzi, gare de Castelsarrasin."

 

Le Petit Journal a mentionné le fait aujourd'hui mais rien sur La Dépêche. Sans doute demain mais être averti demain matin pour un hommage à 15 heures...

Pour notre part nous avions déjà évoqué la question par ces deux liens.

 

poème de Maximilien Reynès-Dupleix

Le Tarn-et-Garonne sur Marianne

Nous ajoutons cet extrait du livre, J'ai vu mourir sa LGV, où un fana de LGV explique comment il a été pri par ce mal.

 

"Cette fois le train démarre enfin, donc Malin range sa page pliée en quatre dans sa poche pour se consacrer exclusivement aux plaisirs du train qui avance lentement mais dont on sent déjà toute la puissance qu’il garde en réserve. Il pense alors à cette question qu’il adresse à son compagnon de voyage :

– Pietro, tu peux me dire à présent pourquoi tu es devenu un obsédé de la grande vitesse ?

– A cause d’une expression qu’on trouvait sur tous les trains : e pericoloso sporgersi et que le TAGV a rendu inutile !

– Tu veux dire que tu as pris en grippe les fenêtres des trains que le voyageur pouvait ouvrir et auxquelles il pouvait se pencher à ses risques et périls ! Il doit y avoir une raison particulière ?

– Laisse les raisons particulières, nous pensons surtout à l’intérêt général ! Mais toi tu as peut-être des raisons particulières pour m’avoir suivi sur la même pente ?

– Ce ne sont pas les fenêtres qui me firent prendre en grippe les trains d’autrefois, ce sont les portes, des portes que quelqu’un pouvait ouvrir pour jeter dehors n’importe qui !

– Tu penses sans doute à un événement particulier ?

– Pas particulier, mais général puisque le fait divers a donné un film qui s’appelle train d’enfer ! Tu te souviens ?

Oui, l’histoire avait fait grand bruit à Montauban où la projection du film a été interdite pour ne pas nuire au procès. L’œuvre de Roger Hanin avec Jean Curtelin comme scénariste, raconte que lors d'une bagarre dans un bal, trois jeunes gens, Lacombe, Jouffroy et Le Goff sont arrêtés pour quelques instants. Libérés, ils partent en train et décident de passer leur colère en frappant un jeune Arabe dans le train Bordeaux-Vintimille, avant de le précipiter hors du wagon en marche.

Ce jour-là Malin était dans le train. Il n’a rien vu, rien entendu mais d’avoir, après coup, imaginé la mort de si près, lui a laissé une marque indélébile. La victime s’appelait Habib Ghemzi (et Malin répète trois fois le nom en racontant l’histoire), un jeune Algérien de 26 ans que les trois futurs légionnaires assassinent presque de leurs mains sans qu’il soit totalement mort quand ils ouvrent la porte pour se débarrasser du corps.

L’homme était en vacances en France depuis le 9 novembre 1983 et le 14 novembre, sa vie s’achève brutalement. On ne devrait jamais oublier ce train d’enfer. Les témoins, par crainte d’être accusés de non assistance à personne en danger, se firent rares.

Avec le TAGV, fenêtres et portes closes comme dans un avion ! Tout respire la sécurité, tout rend le train plus sympathique, conclut Malin secoué par le rappel de ce souvenir."

 TAGV : Train A Grande Vitesse à différencier de TGV qui est une marque déposée.

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 10:33

  

Paul Walder dans Punto Final fait un point sur la campagne électorale en pointant l'écart entre les positions de la classe politique et celles des citoyens si l'on en croit un sondage récent. En effet 74% sont favorables à une université gratuite, 63% à une dépénalisation de l'avortement, 45% à une Assemblée constituante, 40% à la légalisation du cannabis et surtout 83% sont favorables à ka nationalisation des entreprises extrayant le cuivre !

Deux des points ont fait l'objet de promesses : l'université et la constituante, mais pour le reste aucune des deux grandes candidates n'a rien avancé de neuf. L'originalité cependant c'est qu'il n'y a plus qu'une grande candidate, la droite subissant une défaite historique.

La télévision a donné la parole aux 9 candidats et 8 se prononcent pour sortir du modèle néolibéral, un discours politique peu courant sur le petit écran. Si le pays a le meilleur PIB d'Amérique latine, les inégalités n'en ont pas été réduites d'où les divers vents de protestations qui occupent la rue.

Est-ce que Bachelet, qui sera élue comme jamais aucun président du pays que l'a été, forte du consensus autour d'elle, réussira à inverser la tendance néolibérale ? Le point sur lequel elle devra faire la différence, c'est la réforme universitaire réclamée avec force par les étudiants depuis des années et qui doit passer d'une éducation sous contrôle du marché à une éducation sous contrôle social. Tous les pays d'Amérique latine vivent une crise éducative majeure et le nouveau gouvernement mexicain a tenté lui aussi de commencer par une réforme dans ce secteur sans convaincre la société et beaucoup d'enseignants (malgré le soutien du syndicat) du bien fondé de la loi nouvelle. Pour une réforme de fond il faut une nouvelle politique fiscale dont Bachelet annonce qu'elle ne concernera pas les bénéfices mais le capital lui-même des entreprises.

La nouvelle constitution devrait se fonder sur des valeurs comme la liberté, l'égalité, la solidarité, avec un système démocratique reconnaissant le pluralisme de la société.

La question c'est qu'il ne s'agissait pas seulement de défaire le système Pinochet mais tout autant le système qui a suivi et qui a été mis en place aussi par la présidente.... Bachelet en particulier s aloi sur l'éducation (LEGE) qui a sa part de responsabilité dans le délitement de l'université.

 

Qui finance les campagnes électorales ?

 Partout la question fondamentale reste la même : qui finance ? Et partout c'est la même réaction : le secret ! Le Chili n'échappe pas à ce constat. La Fondation Ciudadano Inteligente a essayé de creuser la question. Elle a eu des données sur les primaires qui sont obligatoires au Chili et le résultat est simple : la plupart des finances vient des entreprises mais pas des plus grandes. Ceci étant sans grande garantie de sérieux. Quand Bachelet prêtant avoir dépensé pour les primaires 215 millions de pesos rien n'est vérifiable.

Comme souvent aussi la loi est venu réglementer le financement des campagnes électorales : la Loi 19.884: signé en 2003 par Ricardo Lagos. Première condition : personne ne peut verser plus de 23 millions de pesos à un candidat. Pas plus de 20% des dépenses ne peuvent provenir de soutiens anonymes. Il y a un service qui sert d'intermédiaire : une personne reçoit un certificat de donation pour un candidat et le Servel fait l'intermédiaire pour que la somme arrive à destination. Et le reste ? Le financement public. Comme en France une somme est donnée pour chaque voix obtenue mais je ne sais pas si c'est les législatives ou la présidentielle qui sert de référence.

De toute façon cette somme est faible pout les partis majoritaires et tous les observateurs savent que des députés sont achetés suivant les lois à faire passer. La dernière en date est une loi de télévision totalement favorables aux propriétaires.

 En 2009-2010 les dépenses se montèrent à 33 milliards de pesos soit 10% de plus que les élections équivalentes précédentes. 57% furent des apports privés et 16% de l'Etat et le reste provient de crédits privés ou d'apports des candidats eux-mêmes. Pour 2013 qu'en sera-t-il ?

Jean-Paul Damaggio

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 17:32

Monument-Appilly-Oise.jpg

 

Cette autre statue de Marius Cladel est plus originale que celle de Negreplisse. Installée dans une commune de l'Oise on y voir une veuve et une orpheline devant la tombe du soldat absent. Elle entre donc dans la petite liste de statues au féminin pour les monuments aux morts. Il est évident que les sculpteurs étaient tenus à respecter les désirs des autorités. JPD

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 17:16

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Ce n'est qu'au détour d'une phrase d'une longue et utile présentation sur le site de la mairie que nous apprenons que le scultpteur est Marius Cladel, le fils de Léon Cladel. http://www.ville-negrepelisse.fr/fr/accueil/tourisme/patrimoine-historique/le-monument-aux-morts.html

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 17:08

    Nous apprenons qu'une plaque va être inaugurée à Castelsarrasin en l'honneur de cet Algérien. Nous offrons à cette occasion deux interventions de Jean Vignoboul à pararaître dans un livre retraçant ses écrits. JPD  

    Allocution prononcée lors de la réception à l’Ancien Collège des parents d’Habib Grimzi à l’occasion du procès  

Madame, Monsieur, nous avons tenu à vous recevoir pour vous exprimer notre sympathie, notre soutien, notre émotion, dans la dure épreuve que vous traversez. Nous, je veux dire par là, les organisations et associations qui luttent pour la dignité humaine ainsi que les différentes confessions qui, chacune dans leur domaine, apportent à cette cause le concours de leur autorité morale dans l’opinion, et qui sont ici ce soir représentées.

Nous devons vous dire que nous avons été bouleversés par le crime qui a coûté la vie à votre fils, bouleversés par le degré de violence et de brutalité avec lequel il a été commis et le choc qu’a reçu, à cette occasion, une large partie de la population locale, comme si nous était révélée une monstruosité jusque là ignorée et qui apparaissait tout à coup avec sa face hideuse, annonciatrice des périls qui menacent notre société, comme les violences nazies des années 30 annonçaient et portaient en elles les atrocités des camps d’extermination et les fumées sinistres des fours crématoires. En un mot ce drame nous a fait redécouvrir qu’une idéologie de discrimination et de haine, le racisme, n’était pas que des mots, des propos, une atmosphère, mais qu’elle sous-tendait des actes et quels actes ! en l’occurrence le crime dans toute son horreur. C’est pourquoi, dans les jours qui suivirent, à l’appel de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme, avec le concours des associations, syndicats, des partis politiques qui s’estimaient concernés et en présence des représentants de la municipalité et du Conseil général, une manifestation de protestation contre ce crime, contre le racisme se déroula Place des Martyrs de notre ville. Il faut vous dire que cette place, où l’occupant nazi pendit aux arbres quatre patriotes résistants en juillet 1944, est devenue comme un symbole où bat le cœur de la cité ; c’est là que s’expriment ses protestations, ses indignations, ses espoirs.

C’est donc là que nous avons manifesté notre émotion, là que nous avons pensé à vous, la famille d’Habib, à vous qui le saviez en France c’est-à-dire dans un pays considéré comme accueillant, loin des troubles de toutes sortes et, où vous ne pouviez imaginer qu’il puisse courir un risque de cette nature. Nous avons donc pensé à vous et à votre peuple, le peuple algérien, à cette amitié naissante entre nos deux pays, après la tourmente de la guerre d’indépendance, amitié à laquelle nous attachons beaucoup de prix, et c’était pour nous encore une raison de condamner cette horreur qui nous a fait prendre conscience que rien n’est définitivement acquis. Nous avons d’ailleurs, à ce moment, pris contact avec le consulat d’Algérie, à Toulouse, pour le prier de vous exprimer l’intensité de notre émotion et de notre peine devant ce malheur qui vous frappait.

Mais, Madame, Monsieur, si cela peut vous apporter quelque consolation ou tout au moins atténuer votre chagrin, sachez que cette épreuve, la mort de votre fils, nous voulons faire en sorte qu’elle soit pour les citoyens de ce pays, un avertissement, un signal pour une vigilance toujours plus attentive et une action toujours plus déterminée. Nous avons pris la résolution de mener une lutte sans défaillance contre le racisme, de le faire reculer pas à pas dans toutes ses manifestations. Le 15 novembre 1985 a été lancé au plan national un appel à la fraternité qui a eu chez nous une grande résonnance et qui a abouti à une conférence de presse qui réunissait pour la première fois les autorités morales parmi les plus respectées de notre département. Hier soir, s’est déroulée une manifestation silencieuse, dédiée à la mémoire de votre fils et exprimant notre condamnation du racisme. Nous avons dans notre ville, dans notre département, des hommes et des femmes venus des pays du Maghreb et dont nous savons les difficultés matérielles et morales, les comportements vexations ou discriminatoires qu’ils subissent en certaines occasions, les dangers qu’ils courent et nous voulons tout faire pour améliorer leur situation.

Ainsi dans votre épreuve, dans votre douleur, sachez que vous n’êtes pas seuls. Le drame que vous avez vécu, qui nous a émus, a tissé des liens entre nous. Nous voudrions que, de notre réunion de ce soir, vous emportiez le souvenir réconfortant d’amis qui participent à votre peine et vous expriment leur affection.

 

Train d'enfer, Une décision regrettable !

On nous prie d'insérer:  La Dépêche 29-01-1985

Ce communiqué n’est pas signé de Jean Vignoboul mais on reconnaît sa plume.

 La section de Montauban de la Ligue des Droits de l'Homme tient à exprimer son émotion au sujet de la décision de la société productrice du film Train d'enfer, de Roger Hanin, de renoncer à sa projection dans le ressort de la Cour d'Assises de Montauban, jusqu'à ce que celle-ci ait rendu son verdict dans l'affaire de l'assassinat du jeune Algérien Habib Grimzi dans le train Bordeaux-Vintimille, en novembre 1983.

Cette décision a été prise à la suite d'une action en référé des avocats de la défense arguant d'une prétendue violation de la loi sur la presse. Disons- le nettement, nous considérons cette action comme particulièrement contestable parce que préjudiciable à la fois au public et aux accusés et, par voie de conséquence, la non-projection du film comme précipitée et regrettable.

Outre que le film, même si ce drame est le point de départ de sa réalisation, vient à son heure pour aider à combattre le racisme et la violence, sa projection à l'heure actuelle dans notre département serait une heureuse contribution au développement de la réflexion collective sur un des aspects les plus graves des maux de notre société.

Certes, notre pays s'honore de protéger scrupuleusement les droits de la défense, mais dans le contexte qui nous occupe ici, il en est fait une utilisation abusive car, dans un crime aussi révoltant, la responsabilité de ses auteurs ne saurait être atténuée qu'en considération du climat de violence xénophobe que certaines forces se plaisent à entretenir et à développer. Dans la mesure où le film attire l'attention du public sur cette situation, il fait œuvre utile et ne saurait, en conséquence, porter atteinte ni à la sérénité du procès, ni à l'équité du verdict.

A moins qu'on ne veuille à tout prix évacuer la connotation raciste — évidente pour nous —de ce drame; ce qui entraînerait de notre part la plus énergique protestation.

Les péripéties qui précèdent ce procès - en ce moment-  autour du film de Roger Hanin mettent en lumière les contradictions qui agitent notre société dans la crise aux dimensions multiples qu'elle traverse. C'est pourquoi, nous appelons à une vigilance accrue dans la lutte de tous les jours pour la défense des libertés et des Droits de l'Homme.

La section Montauban de la LDH, maison de la culture, à Montauban.

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