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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:30

Débat à lalibrairie Deloche

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

Dans la salle elle dit être « maîtresse d’école » et s’interroge sur la « réussite » des enfants. Autrefois l’école était là pour permettre aux enfants de vivre mieux que leurs parents, le souhait premier de tout être humain. L’école s’inscrivait dans l’univers du « progrès » or ce discours ne tient plus et se remplace souvent par la réussite individuelle.

Nous sommes là en plein dans le thème « école et société ».

Qu’elle est la responsabilité des autorités ? Quelle est leur légitimité insiste l’un d’eux ?

 La fin du progrès ?

En 1970 mon prof d’histoire est parti à la retraite et comme souvent dans ce cas, il est remplacé par un jeune en attendant que le mouvement des enseignants remette de « l’ordre ». Ce jeune nous annonça tout de suite contre l’idéologie de l’ancien que la frise historique n’avais pas besoin de flèche au bout car l’enseignement de l’histoire n’a pas à passer par l’affirmation de principe d’un sens de l’histoire. Je ne sais pourquoi ce détail de ma vie scolaire m’a marqué mais je sais que de suite cette perte du sens m’est apparue monstrueuse. S’agissait-il d’une approche pédagogique (tout comme le recul de l’étude des dates) ou de l’affichage d’une réalité ? Bien sûr, l’infâme deuxième guerre mondiale avait démontré que le progrès n’est pas linéaire et qu’y compris,  là où la société était très évoluée le massacre pouvait s’imposer comme règle de vie.

Il existe cependant un fossé entre s’interroger sur la nature du progrès et sur l’absence de progrès. Le prof d’histoire devait-il présenter une neutralité sur le sujet, à charge au citoyen de se donner sa propre définition du progrès.

Sauf que la disparition de cette petite flèche reposait toute la question de la légitimité de l’institution scolaire !

 La légitimité de l’institution et donc de l’instituteur ?

Pas à pas, le projet social d’école devant promouvoir les talents de chacun est devenu le projet de chaque école sous le titre : projet d’école. Il n’y a plus eu l’école mais des écoles sauf que du temps de l’école « nationale » il n’y a jamais eu l’uniformisation que l’on suppose. Chaque école était déjà l’œuvre de l’instit de l’école, car comme il a été rappelé à l’école primaire chacun enseigne aussi ce qu’il est. Mais cette diversité s’inscrivait dans un moule appelé « école normale ». Aujourd’hui, cette diversité devient l’objectif comme si les écoles pouvaient être mises en concurrence pour en améliorer la qualité !

Ce système nouveau a sa hiérarchie qui a pour fonction de le développer. L’école a toujours été une hiérarchie mais une hiérarchie largement solidaire car elle aussi formée dans le même moule. Enseigner l’occitan n’était pas autorisé mais on n’a trouvé aucun inspecteur sanctionnant l’instituteur Perbosc grand utilisateur de l’occitan pour faire apprendre le français.

Donc à présent la hiérarchie face à la nouvelle situation se doit de faire passer des consignes car elle prône l’école des compétences sans pouvoir afficher sa propre compétence, talon d’Achille qu’elle compense par l’auto-affirmation de sa légitimité.

 La théorie et la pratique

En formation professionnelle à l’Ecole normale, il y avait des instituteurs remplaçants qui venaient se former après avoir « essuyé les plâtres » dans des classes et ceux qui venaient d’avoir un bac qui ne leur donnait aucune légitimité pour enseigner. Le discours classique de la pratique comme la théorie. Normalement la légitimité de l’inspecteur venait du fait qu’il avait été longtemps enseignant avant de gravir la marche. Mais quand l’école continue une histoire classique ce n’est pas comme quand l’inspecteur doit casser l’école de cette histoire là ! On assiste donc à cette mutation : hier des enseignants parlant souvent d’égal à égal avec des inspecteurs alors qu’ils avaient une formation de base limitée (le brevet) et aujourd’hui des supérieurs qui s’adressent à des enseignants beaucoup plus soumis alors qu’ils ont bac +5 ! Je parle en termes de tendances car ce qui fait toujours l’enseignement c’est que chacun est là avec sa propre vie. La mutation fait que si hier l’instit pouvait être un enfant de 6éme de transition réussissant à reprendre le dessus, aujourd’hui pour arriver à bac+5 « l’instit » devenu prof est beaucoup plus le porteur du chapeau « bon élève ».

Quelle est la part d’enfants du peuple qui peut choisir le métier d’instit ?

C’est clair tout a changé mais pour aller vers où ? Et les inspecteurs savent-ils la destination ?

 

Quand j’ai entendu un inspecteur d’académie me dire que, vu le travail à l’école maternelle, il n’y avait pas besoin d’y mettre un Bac+5, j’ai compris que la destination est assumée. Pour ma part je n’ai jamais revendiqué une formation de base Bac+5 pour les instits mais une formation de haut niveau pour enseigner y compris en maternelle, tâche très originale qui inquiète beaucoup un « maître » de CM2 comme est tout aussi vrai l’inverse. Le signe du massacre je l’ai vécu au jour le jour avec la détérioration de la formation continue des enseignants. Le monde est en mutation avec comme première règle : limitation des dépenses sociales en matière d’éducation pour les transvaser sur les citoyens eux-mêmes en cours du soir et écoles à tarifs prohibitifs suivant le principe que ce qui est gratuit est ridicule. Et o,n boucle la boucle du rapport école et société. JPD

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