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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:33

Les élections politiques italiennes de 2013 pour la Chambre des députés et le Sénat auront lieu le 24 et le 25 février suite à la dissolution de la chambre du 22 décembre 2012, quatre mois avant le terme normal de la législature. Il y aura en même temps l’élection des Conseils Régionaux de Lombardie, Molise et Rome et l’élection directe des présidents de ces régions. Ce sont 51 millions de votants appelés aux urnes : 24,5 millions d’hommes et 26, 5 millions de femmes. Comme il y a quinze partis en présence voici un tableau pour s’y retrouver dans les prochains jours. Les sondages donnés concernent la mi-janvier 2013

 Le centre-gauche « Italie Bien commun » coalition conduite par Pier Luigi Bersani (PD soit parti démocratique) suite à des primaires qui l'opposèrent d’abord à Laura Puppato (PD), Matteo Renzi (PD), Bruno Tabacci (porte-parole alors de l’ApI) et Nichi Vendola (SEL Gauche écologie et liberté). Cette coalition "Italie. Bien Comun" regroupe autour du Parti Démocratique, Gauche Ecologie et Liberté et Parti Socialiste Italien, le Centre Démocratique di Bruno Tabacci. Dans le Trentino-Alto Adige, le Parti Autonomiste Trentino Tyrol et le Südtiroler Volkspartei sont sur les listes du PD tandis que dans cette région les Verts seront sur les listes du SEL. Sondage : 33%

 Le parti Movimento 5 Stelle (Mouvement des 5 étoiles) du comique Beppe Grillo participera pour la première fois à de telles élections. Pour mesurer le poids de ce courant hors norme nous pouvons prendre le cas des dernières élections italiennes, les Régionales en Sicile du 28 octobre 2012. Le jeune géomètre Giancarlo Cancelleri, tête de liste, arrive en troisième position, 18,2%. Le mouvement obtient 15 sièges sur 90. Mais l’abstention était très forte puisque seulement 47% de votants se sont exprimés. Le programme est fortement dirigé contre la classe politique (pas de cumul etc.) et demande aussi l’interdiction des syndicats. Sondage : 16%

 La droite est en ébullition. Entre le 16 et le 20 décembre les députés du PdL (parti de Berlusconi) Ignazio La Russa, Giorgia Meloni et Guido Crosetto fondent Fratelli d'Italia – Centre-droit National, qui se veut un allié du PdL. Quant à l’alliance précédente entre le PdL et la Ligue du nord, elle a eu du mal à se mettre en place. Elle s’est cependant opérée le 7 janvier après que Berlusconi ait accepté de ne pas être le candidat au poste de premier ministre laissant cette fonction à Angelino Alfano tandis que Roberto Maroni pour la Ligue propose à ce poste Giulio Tremonti. Les discussions entre Ligue du nord et Pdl sont à relier aux élections régionales lombardes qui, pour la première fois, font suite à de nombreuses démissions (le 26 octobre 2012) et qui se tiendront avec un nouveau mode de scrutin. Tous les élus le seront dans les diverses circonscription à la proportionnelle au plus fort reste. Si les primaires au centre gauche, le 15 décembre 2012 ont pu aisément désigner le tête de liste l’avocat indépendant Umberto Ambrosoli tout n’est pas si simple à droite. Côté centre droit Gabriele Albertini, maire de Milan de 1997 à 2006, sera dans le camp Monti avec en face l’inévitable Roberto Maroni, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord qui aura l’appui de Berlusconi. Le Mouvement 5 étoiles est dans la course avec Silvana Carcano tout comme  Carlo Maria Pinardi pour le mouvement Fare per Fermare il declino. Même sans l’appui de Fini et malgré le bilan de Berlusconi ce courant est doté de 27% dans les sondages.

 Le centre-droit récupère Mario Monti qui le 25 décembre a quitté ses habits de « technicien » pour prendre ceux de tête d’une liste « Un choix civique - avec Monti pour l'Italie », formée de membres de la société civile avec l'Union des Démocrates Chrétiens et du Centre (UDC) de Cassini et Futur et Liberté pour l'Italie (FLI) de Fini. Alliance ne signifie pas liste commune pour la chambre (pour le Sénat oui à cause de la loi électorale[1]) donc il y aura des listes conduites par la société civile, d’autres par UDC et d’autres par FLI (rappelons que Fini est le président sortant de l’Assemblée nationale poste qu’il a occupé grâce à son alliance avec le parti de Berlusconi). Depuis le début de la campagne les liens entre le centre-droit et le centre-gauche se resserrent ce qui fait crier, dans le centre-gauche, l’aile gauche du SEL de Nicki Vendola. Un resserrement qui tient sans doute aux sondages : le camp Monti arrive à peine à 13 %, preuve que l’alternative « molle » à la droite n’est pas en place d’autant qu’entre les trois leaders l’entente n’est pas au beau fixe.

 Les nouveaux partis politiques

Le magistrat Antonio Ingroia dirige une liste "Rivoluzione civile" lancée le 29 décembre 2012, liste appuyée par le parti de l’ancien magistrat Di Pietro Italia dei Valori, le mouvement Arancione du maire de Naples Luigi De Magistris, les Verts et la Fédération de la gauche qui regroupe l’extrême gauche italienne et le légendaire maire de Palerme Leoluca Orlando. Cette alliance un peu hétéroclite fait cependant une percée dans les sondages avec 4 ou 5%. Le parti de Di Pietro allié au centre-gauche avait déjà réussi de bons scores auparavant.

 Le journaliste Oscar Giannino a posé sa candidature à la tête d’une autre formation "Fare per Fermare il Declino". (arrêter le déclin). Sondage : 2%

 Il y aurait aussi un Parti Pirate.

La distribution des postes

Après les élections la distribution des postes va aussi concerner celui de président-e de la république avec également en vue, pour 2013 celui de la Commission européennes où Barroso a fait son temps, poste qui intéresse Monti. Les négociations doivent aller bon train... J-P Damaggio

Pour avoir des élus la coalition gagnante se répartit à la proportionnelle 55% des sièges. Les perdants doivent passer la barre de 10% à la Chambre et 20% au Sénat. Ceux qui ne sont pas dans une coalition comme Rivoluzione civile doivent passer la barre de 4%. Si une coalition n’arrive pas à 10% les listes de la coalition n’ont d’élus que si elles passent la barre de 2%. Pour la coalition le vote est double : à la fois pour la coalition et en même temps pour la liste de la coalition.

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:25

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La foule était au rendez-vous. A Managua, partout, la foule était au rendez-vous. En ce 2 février 1933, le temps de la paix était enfin venu. Pas celle dont tu rêvais mais la paix tout de même.

Ce jour-là, tu faisais juste un petit tour dans la capitale avant de partir vers el rio Coco retrouver la passion de ta vie, le travail de paysan. Tu te savais légende et légende tu resterais, l’homme intègre qui venait pas son intelligence de mettre à genoux le pays le plus puissant de la région, celui des Yankees. Le Français Henri Barbusse t'avait baptisé "Le général des hommes libres".

Ton père avait accepté de te donner son nom, Sandino, mais tu étais resté du côté de ta mère qui avait choisi Augusto. Combien de fois, en ton Amérique, la femme a subi le sexe du maître ? Cher Sandino, en ta chère Amérique, aujourd’hui encore, le sexe de la femme ne lui appartient toujours pas et surtout en ton pays, le Nicaragua.

 La foule était au rendez-vous. A Managua, partout, la foule était au rendez-vous mais derrière elle, dans l’ombre de toujours, dans la noirceur des profondeurs, les Yankees préparaient encore leur revanche. Hier, 1er février, la garde prétorienne honorait l’actualité avec un nouveau chef. Pourquoi s’appelait-elle Garde nationale. « Nationale » ? Pour récupérer ce beau mot de nation - que tu avais arraché à la soumission ? Cette garde voulait ainsi masquer sa fonction. Tu connaissais parfaitement son nouveau chef, Anastasio Somoza. Combien de semaines te laisserait-il, avec tes amis, vivre dans la coopérative du Rio Coco ?

 Dans un an, je ne raconterai pas ton assassinat car c’est la vie que nous devons garder en mémoire et pas la mort. Nos adversaires, Sandino, nous poussent à braquer le projecteur sur la mort, car ils sont la mort et ainsi nous-mêmes, nous les mettons en pleine lumière ! Dénoncer le crime, c’est l’honorer un peu car le crime fait peur aux simples citoyens que nous sommes et il alimente la désespérance. Mais la vie, Sandino, la vie dans ta coopérative, la vie de l’exilé, la vie de tous les jours, la vie de tes écrits, voilà où est tout le mérite tout l'enjeu. Cent fois je l’ai vérifié, la référence à la monstruosité du crime – et ton assassinat a même fait l’objet d’un film – rend la vie négligeable. Il faudra quarante ans avant que tes écrits fassent livre !

 Cher Sandino le 2 février 1933 le crime était à la Une de la presse car un dénommé Hitler venait de dissoudre le parlement et il faudra un autre 2 février, en 1943 pour que l’histoire bascule, à Stalingrad. Mais pour toi, en ce 2 février, la foule partout au rendez-vous ne pouvait te faire oublier que dans quelques mois tu allais enfin devenir père. Le 2 juin 1933, ta femme va mourir en donnant naissance à ta fille ! Blanca Segovia Sandino est toujours vivante au Nicaragua, la vie simple d’une télégraphiste à la retraite !

 En France aucun journal n’évoquera cette victoire, cette paix, le dernier pas du soldat yankee sur le sol du petit Nicaragua. Ni Le temps, ni Le Matin, ni le journal communisteL’Humanité n’auront une ligne à consacrer à la question, par contre pour ton assassinat ils seront plus bavards. Tel est le drame de la presse qui s’appuie sur notre propre drame. En 1970 un responsable de l’Humanité l’avoua à un ami photographe qui lui présentait un cliché parlant d’un taudis vivant : « Si ce taudis s’enflamme alors ce sera une photo d’information ! ». Comme si, pour se sentir vivant il fallait lire seulement la liste des chats écrasés ! Mais est-ce la presse qui façonne les lecteurs ou les lecteurs qui imposent leur loi à la presse ? Tout directeur d’un journal a d’abord l’impératif besoin financier donc celui de capter des lecteurs, pour les captiver, les capturer, tâche plus simple pour celui qui a déjà l’argent de son existence.

 En ce mois de février 1933 en conversations avec Ramón de Belausteguigoitia tu lui disais cher Sandino une phrase qui nous concerne encore : “Ah, Napoleón ! Il a eu une immense force, mais il n’y avait en lui que de l’égoïsme. J’ai souvent tenté de lire sa vie mais le livre m’est tombé des mains. Par contre la lecture de la vie de Bolívar m’a toujours ému jusqu’à me faire pleurer.” Jean-Paul Damaggio

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:14

Ils avancent toujours masqués. Ils jouent sur les nerfs des citoyens. Par une croix définitive, ils effacent un grand Massif dont la centralité ne serait que sa désertification. Notre destin à tous, ce sont les métropoles qu’ils disent. Mais qui « ils » ? Une nébuleuse qui circule en avion d’une capitale à l’autre, qui siège là où ça compte de siéger, qui domine l’espace qu’il faut à nouveau rebaptiser territoire car ils font et défont les mots. Aujourd’hui ils inventent les TET : Trains d’Equilibre du Territoire. Demain, ah ! demain…

En fait, le Paris-Toulouse par Limoges c’est le Paris-Cerbère, la première voie ferrée qu’à l’âge de 6 ans il m’arriva d’utiliser ! Ma grand-mère italienne, veuve depuis longtemps, avait envie d’un prétexte pour aller à Perpignan voir son fils et quoi de plus généreux que d’emmener le petit-fils découvrir la mer ! A pied, à travers champs pour aller au plus court, nous sommes arrivés à la gare de Réalville aujourd’hui disparue, nous avons attendu puis nous sommes montés dans le train qui nous a laissé à Perpignan. Je me souviens seulement du voyage aller, de cette traversée des lacs après Narbonne, de la rencontre familiale à Perpignan et ensuite, par je ne sais quel moyen de transport, d’une autre rencontre avec des centaines d’habitants féroces occupant la plage de Saint Cyprien et appelés moustiques.

 Par le sud puis surtout par le nord j’ai pratiqué le Paris-Cerbère, Cerbère un nom qui me fait rêver comme Vintimille. Cette voie, véritable colonne vertébrale du pays, avec ses diverses transversales, avec ses multiples gares, est dans les gènes de tout habitant du Midi toulousain. Bien sûr, déjà à l’époque, elle avait pour fonction de pousser les gens vers les villes lumières et donc loin d’obscures campagnes. Je ne suis pas du genre à cautionner les fausses oppositions comme ville contre campagne, car je ne néglige ni les obscurités urbaines ni les lumières des champs, je sais seulement que la planète toute entière se métropolise dans les douleurs les plus infernales, notre « destin » étant celui de la promiscuité. Pas besoin de rallumer les étoiles comme on le répète depuis Jaurès, il suffit d’éteindre la lumière ! Les photos nocturnes de la planète démontrent clairement que la nuit recule.

Me suis-je éloigné du Paris-Cerbère ? Pas du tout : la photo nocturne montre justement l’obscurité du Massif central, preuve s’il en fallait une que dans le secteur ils ne méritent plus les grandes lignes…

 Or sur cette voie ferrée a circulé le travail des hommes et des femmes d’un territoire immense. A Montauban, non content d’avoir une belle gare, il a fallu construire un marché-gare. Y entrer à six heures du matin pour apporter des camionnettes de fruits au cours des années 60, c’était découvrir une activité intense. A Caussade, ils fabriquaient des chapeaux et les chapeaux partaient, avec ceux de la ville d’à côté, vers les élégances du monde. Cahors conserve son vin unique, trop souvent oublié mais toujours là. A Brive, quel membre de la nébuleuse aurait parié un kopeck sur la réussite d’un salon du livre dans cette ville destinée à mourir ? Dans le même coin, je pense à Tulle, au piano du pauvre dont la ville a su devenir la capitale. La France a aussi été faite par le musette venu de ce néant, de ce vide sidéral. Et la bataille des inattendus a fait que l’accordéon n’est plus cet instrument ringardisé par les nébuleux qui souhaitaient l’enfermer dans un genre… bassement populaire.

Vous continuez sur cette glorieuse voie ferrée et vous arrivez à Limoges, haut lieu de la porcelaine, haut lieu de ce luxe national, de ce fait haut lieu de luttes sociales inoubliables. Limoges qui a aussi donné à notre langue limoger et franchement, si la nébuleuse on pouvait la limoger, comme nous respirerions mieux !

Puis Châteauroux et Orléans encore deux villes magnifiques qui avec Vierzon apportent leur poids à cette grande ligne.

 Alors, faut-il tourner la page d’une histoire trop vieille, d’une voie ferrée trop vieille, d’une orientation politique trop vieille ? Soyons moderne qu’ils disent ! Oui mais voilà…

La nébuleuse se creuse la cervelle jusqu’à y faire des trous psychédéliques. Elle constate que les citoyens n’en veulent pas de cette orientation moderne visant à nous jeter tous dans les bras de l’urbain. Par cette orientation moderne, la mort du Sud-Ouest avait été décrétée et les habitants, ayant eux-mêmes intégrés cette décadence, ne vivaient plus que de pessimisme. « Montons à Paris » qu’ils chantaient tous car la nébuleuse l’avait dit : Paris ville lumière et la cambrouse c’est l’obscurité. Or, par le climat, l’infrastructure, l’histoire, toute la France est habitable et la nébuleuse ne peut créer les déserts qu’elle mijote à feu doux. Le Sud-ouest devient la région avec le plus de développement démographique !

Les gens ne mettent plus de chapeaux, les paysans ont du mal à cultiver des fruits et de toute façon pour les marchandises, la SNCF a pris les habits de Géodis. Malgré l'expansion démographique du Sud-ouest les pessimistes toujours là, disent que ça ne va pas durer. Or la tendance est profonde car elle a diverses causes et pas seulement Airbus pour Toulouse. Demain le centre de la France deviendra peut-être un autre El Dorado pour les amateurs de silence, d’espace et de douceur. Peut-être un autre vague d’Anglais, peut-être un retour en force de l’agriculture car na nourriture chimique touche à ses limites, peut-être... Le Paris-Cerbère c’est un train qui mérite encore beaucoup d’attentions. J-P Damaggio

P.S. Bien sûr cet article n’a rien à voir avec des propos encore entendus, d’énarques disant toujours le plus grand mépris pour une voie ferrée conduisant les Toulousains à Paris en 6 ou 7 heures, et ceux d’un maire embobiné parlant de la ligne TER….

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 16:08

Voici un article du Midi socialiste du 5 juillet 1914 qui évoque une grève à l'usine des métaux de la ville. Il m'est arrivé d'écrire un gros livre sur la question à une époque où il était plus difficile de recopier de tels documents. Cette grève a été effacé des mémoires par la guerre qui va suivre... et qui va faire le bonheur industriel de l'usine. JPD

Article de Marty-Rollan

Je relis la lettre que vient de m’envoyer un de mes amis du Comité de la grève des métallurgistes de Castelsarrasin :

«A l'heure où je t'écris, me dit-il, je peux t'annoncer une bataille entre gendarmes et grévistes. Commencée à 7 heures du soir, finie ce matin à 2 heures. Les gendarmes avec leur sabre, nous, derrière une barricade, nous servant de pavés, de chaises, de bâtons pour résister à leur assaut. Ils ont bien été obligés de nous laisser tranquilles. Mon cher Marty, ça a été comme un carnage des deux côtés. Les coups de sabre ne nous ont pas été épargnés. Le maire et le sous-préfet ont reçu une bonne tripotée dans la bagarre. A leur compte personnel, ils en ont pris pour leur grade. Deux des nôtres ont été arrêtés et leur arrestation maintenue. Les jaunes, le maire, le sous-préfet, les gendarmes, le capitaine, le commissaire, toute la gradaille en somme s’était réfugiée dans la poste. Nous les en avons délogés de la belle façon et des bris de carreaux s'en sont suivi, tu peux le penser !... »

 Et je pense, après avoir lu, que cette exaspération ouvrière est la cause de la dureté inqualifiable de la Compagnie française des métaux qui ne veut rien savoir, qui raisonne avec l'implacable logique patronale : «  Notre autorité d'abord, coûte que coûte, nos ouvriers ont été jusqu’ici des esclaves, incapables de se diriger, nous ne leur permettrons pas d'obéir à des influences étrangères, à des meneurs. Ils ont été soumis jusqu'ici, ils continueront de l’être. »

La grève entre dans sa septième semaine. Les dirigeants de la Compagnie avaient d'abord pensé qu'ils en auraient facilement raison. Des hommes nouvellement syndiqués, n’ayant jamais participé à aucune action syndicale, quelle force de résistance pourraient-ils offrir ?

Mais ce mois de grève a été un mois de parfaite éducation syndicaliste et la Compagnie, qui possède d'autres usines en France veut envoyer à Castelsarrasin des ouvriers de ses usines. Pour ce faire, elle tente l'aventure par de petits envois de jaunes. Si ceux-là passent sans protester elle continuera, s’imposant des dépenses exagérées, s’obligeant à payer des salaires beaucoup plus élevés que les salaires (3 fr.50) réclamés par les grévistes. Mais l'orgueil patronal est ainsi, que rien ne coûte pour abattre la dignité ouvrière, et maintenir le peuple dans l’esclavage et l’ignorance.

Et s'il en est ainsi, si malgré de nombreuses grèves, répétées tous les ans la puissance capitaliste peut encore émettre la prétention d'obliger des populations ouvrières à subir ces conditions c'est parce que les travailleurs ne viennent pas rapidement, avec unanimité, à l’organisation syndicale. La masse prolétarienne est loin d’être équilibrée. S'il y a conscience, éducation, instruction, organisation sur divers points, sur d'autres points, aussi, il y a brutalité, indifférence, ignorance, manque de tout groupement. Et encore aucune conscience n’est éclairée suffisamment, aucune éducation ne se complète en suivant les mouvements sociaux, aucune instruction ne se perfectionne à cause de la durée de l’effort physique que l'ouvrier est obligé d'accomplir, aucune organisation n'est à l'abri des doutes, des querelles, des divisions produits par le heurt des personnalités et le choc des idées passionnées.

Aussi les syndicats et les militants par l'exercice d'une solidarité avisée, pratique, constante, se dépensent dans des encouragements moraux et des appuis matériels en y ajoutant, s'il le faut et sans hésiter, lorsqu’il y a combat, l’exemple précieux du camarade qui se place en tête et qui entraîne ; syndicats et militants doivent défendre avec énergie des grèves, comme la grève présente de Castelsarrasin, et prouver au capitalisme insolent que les millions qu'ils possèdent –et comment ? - que la force armée, dont il dispose, ne lui serviront de rien devant l’union de tous les ouvriers qui approuvent et encouragent les grévistes et auxquels ils envoient et continueront d'envoyer leurs gros sous.

Cette grève de Castelsarrasin me ramène quelques années en arrière où le Midi prolétarien en lutte secouait énergiquement sa misère sociale [grève de Mazamet] et où de Mazamet, de Graulhet, d'Espéraza, de Salsigne, des milieux agricoles tels que Ginestas et Moussan partait une mention puissante par laquelle la propagande s'accentuait, l’énergie ouvrière se concentrait, la résistance s'organisait, les convictions s'affirmaient, la lutte se généralisaient et acquéraient plus d’ampleur en prenant plus d'ampleur. La lecture de la lettre de mon ami, le gréviste de Castelsarrasin, m'a fait revivre par la pensée ces grandes grèves de notre Midi, en 1900 et 1910. Je revoyais ces déplacements de militants, cette énergie dépensée, ces théories répandues, ces paroles de foi et d’entraînement que j’étais si fier et heureux de jeter, avec les camarades qui m'accompagnaient, aux foules attentives, dans les meetings de Toulouse, Lavelanet, Decazeville, Mazamet, Albi, Gaillac, Carmaux, Labassère, Graulhet, Saint-Sulpice, Carcassonne, Narbonne, La Nouvelle, Perpignan, Espéraza et toutes les communes des environs..., et dans tout le pays de Salsigne et Lastours, etc., etc.

Et je demande aux organisations, nous demandons à tous les militants à tous ceux qui nous liront de revivre par la pensée eux aussi, ces grands souvenirs et de mettre tout en œuvre pour que les grévistes de Castelsarrasin puissent, à leur tour vivre et résister jusqu'à complète satisfaction. La grève c’est la guerre. Et qui gagne la guerre, au combat ? C'est celui qui dure. Faire grève, poussé à bout par l'autorité injuste du patronat, par la misère grandissante causée par le chômage, les salaires insuffisants, les heures de travail trop longues ne consiste pas seulement à quitter l'usine, le chantier ou l’atelier. Les ouvriers et ouvrières qui assurent en temps normal la production à laquelle se réfère leur industrie ou leur métier ne doivent pas se figurer qu'ils sont grévistes parce qu’ils abandonneront seulement un travail trop ingrat. Il faut encore empêcher ce travail de se produire, malgré la grève. On fait grève pour diminuer la puissance mauvaise du capital.

On fait grève quand on a été amené par la force des choses, devant l'intransigeante patronale à ne pas accorder de légitimité aux revendications justifiées par le raisonnement et par les chiffres, à décréter la cessation de travail comme dernier argument.

Quand on est gréviste, on lutte contre toutes les puissances de domination établies. La grève n'est pas une affaire de sentiment, c'est une guerre.

En grève, il faut porter des coups au patronat. En grève, si la conciliation est reconnue impossible, on doit user de tous les moyens dans la défensive, car, en grève, l'ouvrier voulant améliorer ses conditions de labeur défend sa corporation, défend le travail qui est la seule propriété qu’il possède et dont il tire - avec quelles difficultés – les ressources journalières indispensables pour vivre et faire vivre sa famille.

Quand 0n est en grève on doit empêcher le travail de continuer.

Le patronat se rit des grévistes lorsque les grévistes laissent s’accomplir ces manœuvres ou combinaisons plus ou moins protégées par l'armée la police, la magistrature, par ce fonctionnarisme sans cœur, sans âme, au cerveau racorni qui a nom « gouvernement bourgeois », combinaisons qui ont pour but d'assurer la production quand même, en dépit des grévistes et malgré la grève déclarée.

La grève étant la guerre au patronat qui ne veut rien accorder et au Capital qui ne veut rien céder de ses privilèges, il faut frapper ce patronat et le Capital dans ce qui constitue la source de leurs bénéfices, de leurs revenus, c’est-à-dire frapper dans tout ce qui représente le travail. Les grévistes quels qu'ils soient œuvrent pour l’émancipation de tous les travailleurs. C’est pour cela que tous les travailleurs, comprenant avec leur conscience et leur rude bon sens que toute grève devient forcément un exemple et une leçon par l’entraînement qu’il provoque dans la classe ouvrière et le déclenchement produit dans la lourde masse prolétarienne d’une localité ou d’une région, aident moralement et matériellement les grévistes. Et qu’ils ont le devoir absolu de les aider.

Mais de cela même, pour donner raison en quelque sorte à la solidarité ouvrière et pour entretenir cette solidarité, les grévistes doivent accuser, dans leur grève un caractère remarquable de résistance, résistance qui doit être par tous les moyens, une vigoureuse offensive lorsque l’intransigeance patronale étant absolue et la conciliation étant impossible les grévistes sont forcés de se placer sur leur défensive.

En grève sans s'embarrasser de nombreuses considérations et de longs raisonnements, en examinant la question d'une façon brève, l'on trouve :

Du côté bourgeois, le patronat qui veut avec raison par la force.

Du côté prolétarien l'ouvrier le meilleur, le plus habile, le mieux payé à la tête de toutes les revendications et acceptant la direction et la responsabilité de tous les conflits.

Au point de vue économique, les localités, les régions, les pays où la classe ouvrière est organisée et où des grèves ont fait valoir les revendications de la classe ouvrière sont les localités, les régions, les pays les plus favorables pour l’intérêt des travailleurs et remarquables par leur développement industriel et commercial.

Quand on est gréviste, quand on a cessé le travail, on a constitué comme un champ de bataille sur lequel on doit rester et sur lequel on doit agir avec énergie, pour faire sentir au patronat qui ne veut rien savoir que l'on accule pas impunément à la misère d'une grève prolongée des ouvriers, des ouvrières qui déjà crevaient de faim en période normale de production.

Ouvriers de Castelsarrasin, vous êtes en grève, depuis plus d'un mois. Depuis des mois votre compagnie richissime vous fait attendre une réponse satisfaisante et croit qu’elle finira, par des atermoiements, à lasser votre légitime résistance. Résistez, camarades de Castelsarrasin, la solidarité ouvrière ne v0us fera pas défaut. MARTY-ROLLAN.

 De notre correspondant particulier

Castelsarrasin, 4 juillet

Les naïfs qui auraient pu croire que la Compagnie lésinait sur une question de gros sous doivent maintenant être fixés.

Refuser systématiquement d'accorder la minime augmentation demandée par des ouvriers qui ne gagnaient même pas de quoi vivre était déjà d’une belle rapacité. Mais il y avait mieux que cela dans les agissements de la Compagnie à l’égard de son personnel. Il y avait surtout le désir de briser l'organisation syndicale. Aujourd’hui les batteries patronales sont démasquées et les intentions apparaissent clairement.

On s'explique maintenant pourquoi quinze ouvriers qui selon les bruits mis en circulation, toucheraient un salaire supérieur à celui revendiqué par les grévistes - sont venus d'une usine du Nord.

On s’expliquera aussi fort bien que la Compagnie, si elle peut, remplace ainsi peu à peu la plus grande partie de son personnel.

Ce qu'on ne s'expliquerait pas, c’est qu'en présence d'une telle insolence et du mépris affiché dès le premier jour par la Compagnie pour tout ce qui touche aux droite d'organisation et de grève des ouvriers, l'autorité préfectorale ne prenne pas le parti de retirer toutes les troupes ou forces de police.

L'opinion publique, juge du conflit, continue à témoigner sa sympathie aux grévistes. Par contre, elle est très remontée contre la Compagnie.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 16:03

 

frutos blog

En choisissant « Le maître » comme titre de sa chronique, Michel Veyres a ainsi pointé ce qui fait le cœur du livre et qui peut renvoyer à de la nostalgie, celle de l’école de la république dont les mérites avaient aussi des limites. Et qui plus est, Michel Veyres termine également d'un mot très juste  "la passion" de Jean-Pierre Frutos pour son métier. JPD

 Le maître

Jean-Pierre FRUTOS, instituteur à Montauban comme l'indique le sous-titre de son ouvrage (1), préféré à celui de « professeur des écoles » est arrivé non loin du terme de sa carrière. Un choix du mot qui n'est pas sans signification quant au sens et qui a toute sa résonance à travers ce journal d'une année de classe. A travers ce dernier, nous sommes invités à tenir compagnie, à participer à la vie de l'entité classe, à celle de l'école, à partager le questionnement de l'auteur.

Voici donc un certain nombre de réflexions au-delà de la mise en bouche provocatrice, jaillie de l'arc de la pensée tendue : sur l'individualisme, la chose publique (« en pleine implosion), sur la nouvelle féodalité, l'identité, la culture, le naufrage de l'école républicaine qui nous conduit à ce « nous sommes tous responsables » (vraiment ?). Mais ce sont aussi le savoir, un projet de société commune des pays du sud autour de la Méditerranée (l'auteur est fils de réfugié espagnol de la guerre franquiste),... la dette souveraine à laquelle répond « l'emprunt et la dette ne sont- ils pas à la base du mouvement économique ? ».

Et puis, il y a des responsables comme « ces néo-seigneurs féodaux... uniquement animés par la quête éternelle du profit », les enfants de familles modestes placés dans les écoles privées, révélateurs « d'une suspicion à l'encontre de la chose publique »... « La chose publique », préoccupation lancinante de notre enseignant. Après une éruption non exhaustive de questions vient le journal de l'année : la quotidienneté des tâches, des observations, donne à penser sur les enfants turbulents, l'institution, les parents, le travail... L'objectif (« l'enfant au centre du dispositif ») donne lieu à discussion, après chahut l'annulation de l'atelier d'art dramatique pose question. Un problème récurrent, c'est le bruit : « un rien et c'est l'explosion sonore ». Mais peut-on enseigner dans le vacarme, le chahut ?

La vie de la classe, de l'école, du quartier est en lien avec ce qui se passe ailleurs : celui-ci est large et embrasse le monde (la dette grecque, l'affaire Karachi, la Libye...) sans oublier le fonctionnement administratif, les évaluations, le programme cité à titre d'exemple en ses différentes matières... Concentrer les élèves, l'unité classe sur son travail n'est pas chose facile.

Cependant il y a des satisfactions à découvrir même si la République d'aujourd'hui s'avère de plus en plus frileuse Il est un lien qui apparaît très fort : école et république. N'y a- t-il pas alors la nécessité d'une refondation comme le laisse entendre le titre : une république de progrès avec une école porteuse d'avenir ?

Jean-Pierre FRUTOS nous offre là, à travers ce témoignage, un ouvrage original : celui du vécu au long de l'année d'un instituteur soucieux de la chose publique. Avec passion Un maître et ses élèves, au bout l'école...

Michel VEYRES

(1) « Refondation : école ou société ? Journal 2011-2012 d'un instituteur à Montauban » Essai de Jean-Pierre FRUTOS — Ed. La Brochure — 2012 (276 p. — 20 euros)

Jean-Pierre Frutos

Refondation : école ou société ? Journal 2011-2012 d'un instituteur à Montauban

 

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 15:52

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Depuis longtemps je suis un admirateur de l’hebdo atypique de Villeune-sur-Lot, La Feuille (admirateur ne veut pas dire que je sois d’accord avec) aussi j’étais impatient de savoir comment sa directrice Anne Carpentier allait rendre compte de « l’affaire Cahuzac », l’homme de Villeneuve-sur-Lot. Et je n’ai pas été déçu.

Ce journal n’a jamais été du genre à vendre de la pommade, la directrice ne confondant pas, comme c’est souvent le cas dans la presse régionale actuelle, le métier de journaliste et celui de pharmacienne. Elle ouvre des plaies mais quand on parle en direct avec les malades, on le fait avec esprit de responsabilité. Anne Carpentier a été dès le début une abonnée de Médiapart, même si Edwy Plenel lui paraissait déjà douteux. Aujourd’hui elle est bien placée pour vérifier les méthodes louches du personnage.

Cahuzac n’est pas blanc comme neige et si quelqu’un le sait très bien c’est la Feuille qui en a parlé depuis longtemps. Mais pas pour organiser une chasse à l’homme !

La Feuille a défendu et défend encore dans ce numéro, le cas du journaliste Denis Robert qui après une enquête minutieuse a révélé l’affaire Clearstream. A l’époque ce courageux journaliste a essuyé les foudres d’Edwy Plenel et des foudres qui font mal. Il a fallu des années pour que justice lui soit rendue mais Edwy Plenel continue de le regarder avec suspicion. Edwy Plenel a en fait un seul souci : la notoriété d’Edwy Plenel et en l’affaire, la survie de Médiapart fortement soutenu par des groupes financiers mais jusqu’à un certain point. Plenel a même décrété qu’il n’avait pas besoin d’appliquer la loi en s’imposant une TVA à 2,1% alors qu’il devrait payer 19,6 ! Il est sûr que le fisc devrait agir…

La Feuille a donc décidé, en cette affaire, de proposer plus le procès de Médiapart que de Cahuzac. On peut dénoncer des malversations sans, par la méthode employée, la changer en chasse à l’homme. La méthode, c’est de distiller l’information, voire le manque d’information.

A.C. termine son article ainsi : « Nous pensons à Rémy Garnier, l’inspecteur injustement appelé « Columbo », qui a été manipulé et cramé par tout ce qui s’est abattu sur lui alors qu’il était déjà fragilisé par sa propre affaire. Pendant plus de dix ans, avec Sud-Ouest, nous avons écouté cet homme blessé dans son honneur. Plenel et sa bande se sont servis de lui et le lâcheront. En attendant il s’est coupé de ses amis. La presse, quand elle se fait cannibale ne pense pas à ces choses là. Nous si, parce qu’on peut tuer avec une plume et qu’on ne doit pas jouer avec cela. »

      Villeneuve-sur-Lot a, en plus, le très médiatique juge Bruguière pour corser l’ambiance ! A-t-il communiqué la cassette à Médiapart ? Un beau roman feuilleton qui va durer pendant que de grands drames sociaux se vivent, y compris à Villeneuve-sur-Lot.

      En fait pour Plenel, le journalisme est du spectacle. Le peuple est invité à compter les points au cours de règlement de compte entre les pouvoirs en place, et que Cahuzac soit condamné ou pas, ça ne fera pas avancer un brin la connaissance de notre société. Il s’agit là d’un leurre donné en pâture à la presse, aux citoyens, pendant que les scandales de fond de notre société sont oubliés. Comment fonctionne Véolia, Vinci, … ? Et je ne défends pas Cahuzac : il possède des secrets bien plus considérables que j’aimerais connaître ! JP Damaggio

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 16:44

Maximilien Reynès-Dupleix a des archives bien rangées si bien qu'après la référence au Bordeaux-Vintimille publiée sur ce blog, il a pu nous communiquer un de ses poèmes de l'époque, il y a 30 ans. JPD

 

Un train

Roule, roule, roule, dans la nuit

L’insulte suffisante

Des nervis, des barbares

Roule, roule, roule, dans la nuit

Et les coups, et l’indifférence

Roule, roule, coule, le sang

Le racisme dans la nuit

Roule, roule, coule, ton sang.

Un train

Que monte notre colère

Le cauchemar de l’innocence

L’infecte emprise de la force

Coule, coule, rouge et sang

Le crime, la haine

Pour ta couleur, toi, Habib

Bordeaux-Vintimille

L’horreur brise le rêve.

Coule, roule ton sang

ton corps sur le talus

coule, roule ton âme

et ta vie…Brisée.

Maximilien Reynès-Dupleix

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 13:06

Gérard Tartanac, paysan communiste de Sérignac (82) aimait l’écriture. Ici il raconte en vers, un match de rugby, du temps où le modeste club de Beaumont de Lomagne avait une équipe de premier plan et un demi de mêlée international (ah ! la famille Barrau !). Le rugby de « village » était la règle. Ce texte a été publié sur les Nouvelles du Tarn-et-Garonne, l’hebdo communiste, pour un spécial Beaumont de Lomagne. Je ne sais ce qu’en pensèrent les lecteurs mais je crains que beaucoup aient trouvé prétentieux de vouloir écrire en vers, et déplacé de le faire dans un hebdo dont la fonction était la politique. Souvent en France on aime que chacun reste à sa place… J’ai la sensation qu’aujourd’hui on a perdu bien des audaces d’hier… J-P Damaggio

 

Gérard Tartanac, poème repris dans le N° 66 23 décembre 1973.

 

Le match fut d'abord difficile

Les adversaires étaient habiles

Et ils surent jouer du pied

Pour pouvoir marquer les premiers.

 

Guillas a bu jusqu'à la lie

Un vin trop fort de Malvoisie

Mais des quarante cinq a passé

Trois points qui ont beaucoup comptée.

 

Pourquoi fallut-il que Bonastre

Connut un si profond désastre

Pour avoir entre des Barrau

Levé la jambe un peu trop haut.

 

C'était pour monter bien plus vite

Il cogna sur un satellite

Et deux astres se rencontrant

Font un coup de sifflet strident.

 

Les quatorze qui demeuraient

Pondirent sans lui un essai

Le talonneur ratissait

Et le coq concrétisait.

 

L'arrière, calme, transformait

Et le score s'égalisait

Les quinze avaient livré l'assaut

Blancs comme la neige d'en haut.

 

C'était du travail collectif

Obscur ou non, tout constructif

Que l’on soit sur le banc de touche

Ou bien que la gloire vous touche.

 

L'arbitre prit pour un baudet

Un joueur de Lavelanet

Le soleil jaune se couchait

Et dans le noir, LANNES ruait?

 

Les Beaumontois sautèrent si haut

Au second essai de Barrau,

Qu'ils respirèrent l'air des cimes

Ils avaient côtoyé l’abîme.

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 12:18

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Quand j’ai vu sur le Marianne n°820 du 5 janvier le titre : « Ces ministres qui ne servent à rien » j’ai compris tout de suite que j’allais y trouver la députée du Tarn et Garonne, Sylvia Pinel. Et en effet, elle est au premier plan sur la photo, en veste blanche.

Plus sérieusement, j’ai découvert ensuite la photo d’une page du quotidien cher à Sylvia Pinel, La Dépêche du Midi. Jean-Baptiste Harang vient de publier chez Grasset Bordeaux-Vintimille. Dans la nuit du 13 au 14 novembre des hommes ont balancé du train le jeune algérien Habib Grimzi et le procès des tueurs a eu lieu à Montauban. D’où la référence au journal local. Peut-être reviendrons nous sur cette infamie qui mérite qu’on s’en souvienne. JPD

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 11:10

30 juillet 1914 dans le Midi socialiste

L'ultime moyen

Il est encore temps de parler de la Grève générale. Ses adversaires, qu'ils soient de nos amis ou de nos ennemis, n'ont pas fini d'en parler et la situation extérieure est telle qu'elle lui donne comme un regain d'actualité. La grève générale est destinée à empêcher la guerre et la guerre gronde pour le moment à nos pertes...

J'ai suivi avec attention les débats-du dernier congrès du Parti. J'ai écouté sans parti-pris, n'appartenant et ne voulant appartenir à aucune tendance, Guesde, Compère-Morel, Lucien Deslinières et tous les camarades qui ont combattu la grève générale que derrière Vaillant et Jaurès, nous soutenions.

Les arguments qu’ils nous ont opposés et que j'ai eu l'occasion dans mon dernier article du Midi de discuter ne m'ont pas convaincu, pas plus qu'ils n'ont convaincu la majorité du Congrès. Le seul qui ait une apparence de valeur est le suivant : « Si vous faites la grève générale en cas de guerre, vous livrez le pays le plus socialiste au pays le moins socialiste et vous faites le jeu des gouvernements d'autocratie. »

Cela serait exact s'il y avait action unilatérale et grève dans un seul pays.

Mais la motion Keir-Hardie-Vaillant, amendée par la commission des résolutions est formelle : la grève devra être déclenchée internationalement et simultanément.

Et qu'on ne vienne pas nous dire qu'il n'est pas possible d'affirmer qu'il y aura simultanéité de mouvement et identité- d’efforts. En douter, c'est douter de l'Internationale elle-même, c'est nier son esprit de discipline et son socialisme lui-même et si le bureau socialiste international ne parvient pas à faire exécuter des décisions prises solennellement en Congrès par toutes les sections je me demande à quoi il sert et je réclame sa suppression,

En admettant qu'il n'y ait pas, de part et d'autre - et cela ne dépendrait pas du bureau international mais de la force d'organisation des diverses sections - identité d'effort, cela ne prouve rien. Cette identité n'est pas nécessaire.

Il n'est pas nécessaire que la grève atteigne partout le même développement.

C'est à souhaiter, mais ce n'est pas indispensable. La grève dans un service public seulement paralyserait ou gênerait à tel point la mobilisa lion qu'il suffirait qu'elle se produisit dans les deux pays pour empêcher la guerre. Et peu importerait dans ce cas que la grève s'étendit, dans une nation, et d'autres services alors que, dans la nation voisine, elle se limiterait à se service seul. Le même résultat serait atteint dans les deux nations. Il y a là de quoi rassurer la conscience républicaine et un tant soit peu nationaliste de certains de nos camarades, ceux précisément - et ce n'est pas le côté le moins plaisant de la chose - ceux qui professent en temps ordinaire, pour la forme politique de gouvernement une indifférence proche du mépris et qui voient avec raison dans l'humanité non pas des patries mais des classes et des classes irréductiblement ennemies.

Car il faudrait bien aussi parler de ce point de vue. On nous dit : « Vous allez livrer la France à l'Allemagne ». O oublie qu'en Allemagne il n y a pas qu'un empereur, que des hobereaux, qu'une caste militaire et que des pangermanistes.

Il ya aussi des ouvriers et des paysans, des travailleurs comme nous, qui triment tout comme nous, qui souffrent tout comme nous ; des socialistes tout comme nous, ont assez d’être des miséreux et des esclaves et poursuivent la même transformation sociale, le même idéal de bien-être, de liberté, de fraternité et de justice. Il faudrait en parler de ceux-là et il ne faudrait pas cacher que c'est contre ceux-là, contre ces frères de souffrance et de lutte que la guerre nous dresserait et nous jetterait dans une effroyable crise d'aberration et de bestialité. Je me refuse pour ma part –et je prétends être dans la plus pure tradition socialiste - à commettre ce crime. La haute  trahison contre le socialisme, citoyen Deslinières, ne consiste pas à empêcher ce crime, même par la grève générale et l'insurrection si c'est nécessaire, mais à le commettre en refusant de recourir à ces moyens même s'ils sont reconnus indispensables. Car je pose ici la question que j'ai posé à Compère-Morel eu cours de mon intervention au Congrès National et à laquelle il n’a pas répondu : « Si tous les moyens légaux, si je puis dire, que vous préconisez pour empêcher la guerres que tous nous redoutons comme le pire des fléaux, sont de toute évidence, insuffisants; si, malgré les campagnes de presse et de réunion, les meetings, les manifestations, les discours et les obstructions parlementaires; si, malgré tout cela, la guerre est sur le point d'éclater, voulue à tout prix par les gouvernants, que ferez-vous ? »

Nous vous offrons le dernier moyen, l'ultime, le seul qui puisse détourner de nos têtes l'orage et prévenir la catastrophe. C'est la grève générale.

Il ne s'agit pas de savoir quel est son degré plus ou moins grand d'efficacité.

Vous n'avez -plus le choix. Vous avez tout épuisé. Il ne vous reste plus que cette arme. Allez-vous la repousser ou la dédaigner ? Alors c'est l'abattoir. Êtes-vous assez « moutons » pour vous y laisser conduire ? Vous le pouvez. Vous pouvez aller vous battre contre des camarades-de la veille, que vous aurez salués, avec qui vous aurez fraternisé dans un congrès, à Stuttgart, à Copenhague, à Bâle ou à Vienne et en compagnie desquels vous aurez décidé de vous opposer à la guerre r « par tous les moyens », quitte à ne pas utiliser le meilleur. Vous le pouvez, mais alors ne vous dites plus socialistes.

Vous êtes des nationalistes qui s'ignorent...

Vous placez l'idée de patrie au-dessus de l'idée de classe et, que vous le vouliez ou non, les intérêts nationaux, c'est-à-dire, en définitive, capitalistes, au-dessus des intérêts prolétariens. Pour nous, notre patrie, c'est l'internationale ouvrière.

Le hasard de la naissance nous a faits Français; le cœur et la raison nous ont fait socialistes. Nous ne commettrons pas ce crime monstrueux et « de haute trahison » contre le socialisme, celui-là, de porter les armes contre d'autres socialistes, de quelque nom qu'ils s'appellent.

Vous nous dites qu'on nous traitera de sans-patrie ? La belle affaire ! On nous traitait bien jadis de partageux et de pétroleurs. Ces calomnies ne nous ont pas empêchés de progresser, d'avoir cent élus à la Chambre et près de cent mille cotisants. La motion du Congrès de Paris, si elle est acceptée à Vienne par l'Internationale, au lieu de gêner notre recrutement le facilitera. Ce qui le gêne, ce recrutement, dans une certaine mesure, ce n'est pas notre prétendu verbalisme révolutionnaire : c'est, sur le terrain antimilitariste, l'attitude trop imprécise de la social-démocratie allemande. Si, une fois pour toutes, nos camarades allemands déclarent avec nous. catégoriquement cette fois, qu'ils ne marcheront pas en cas de guerre, on aura fini de nous opposer les uns aux autres et la grève générale, au lieu d'apparaître à de nombreux esprits timorés ou inquiets comme un épouvantail, apparaîtra comme l’ultime moyen de salut, accepté et utilisé par tous.

Il ne suffit pas de proclamer qu'on ne veut pas la guerre. Il faut prendre toutes les mesures propres à l'empêcher et tenter, dans ce but, les efforts les plus héroïques et les plus désespérés. Contre un tel fléau, tous les remèdes sont bons et doivent être employés.

Raoul VERFEUIL.

N. B. - A l'argumentation de notre camarade - dont l'opinion n'engage que lui. - nous répondions un seul mot : Verfeuil ne veut pas porter les armes contre d'autres socialistes, C'est donc que les autres socialistes marcheraient à la bataille ?.., Dans ces conditions, on se demande pourquoi nous n'irions pas nous-mêmes.

Par ailleurs, Verfeuil nous dit que dans une nation il y a deux classes et que, en luttant contre elle, on lutte contre la classe ouvrière. Mais notre ami sait bien que c'est la classe bourgeoise qui détient le pouvoir et qu'en nous inclinant devant un pays étranger c'est devant des capitalistes que nous capitulons. L. H.

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