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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:03

La lecture du billet de René Merle (cliquez sur le lien pour y accéder) comme l'article de sa compagne devraient participer d'un grand débat politique sur ce film qui est d'abord un film. En effet, le spectateur connaît dès le début le résultat final et pourtant le suspens reste entier et cette œuvre d'art joue son rôle d'œuvre d'art.

Mais elles sont si rares les œuvres à placer en leur cœur la politique…

 Si l'arrivée au pouvoir de Pinochet a suscité d'immenses discussions et de graves décisions à gauche, la chute du dictateur aurait mérité le même effort.

Pas seulement à cause de la forme prise mais comme témoignage parlant de toute une évolution de la société.

Qui connaît un exemple où un dictateur sanguinaire organise un référendum qu'il perd ?

Les questions posées par le film :

- liens entre le national et l'international (Chili-USA)

- liens entre politique et économie (le marketing réduisant la politique à une marchandise)

- liens entre une mobilisation populaire et son résultat.

Etc.

 Comme René, je pense qu'il faut mesurer la peur qui existait au Chili en 1988 pour comprendre le courage des militants du NON, courage amplifié par la mobilisation.

 Et de ce film, comment ne pas retenir à jamais l'image finale : l'homme qui est le détonateur de la victoire, s'en revient seul, loin des caméras, gérer ce qu'il sait faire de sa vie. Combien d'éminences grises gouvernent encore le monde car si dans le film c'est pour la bonne cause, elles sont plus souvent là pour les mauvaises et dans ce cas elles s'accrochent au pouvoir.

J-P Damaggio

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 16:09

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Ce texte est écrit comme une fiction mais, grâce à Wikileaks et d’autres, il raconte une simple réalité qui est le quotidien de notre humanité.

 En ce 15 décembre 2013, dans mon avion personnel, je survole avec un immense plaisir la zone de Valparaiso pour aller voir fumer les cheminées de la centrale thermoélectrique de Campiche. D’abord nous longeons la côté et comment ne pas l’avouer, la vue est magnifique. Puis enfin nous arrivons au-dessus de l’immense municipalité de Puchuncavi, une commune qui unit mer et montagne. Depuis 2007 je suis sensé savoir qu’il s’agit là d’un des premiers endroits habités du Chili et la générosité des terres en est sans doute l’explication, mais avec nos équipes d’AES Gener nous n’avons qu’un souci : faire de l’électricité. Nous avons travaillé d’arrache-pied pour en arriver à ce résultat qui aurait dû être obtenu sans avoir recours à des manœuvres plus ou moins glorieuses. Sur le site internet de notre multinationale nous affichons l’essentiel : notre code éthique. Ce code aurait dû et devrait rassurer les esprits les plus pointilleux en matière d’écologie mais, là où nous nous y attendions le moins, nous nous sommes heurtés à des entraves en béton.

 Aujourd’hui, tout ça est oublié et j’en profite pour envoyer un SMS de félicitations à Michelle Bachelet qui vient d’être réélue présidente du pays. J’avoue que je ne l’ai jamais rencontrée car ça serait de mauvais goût qu’un grand patron comme moi, Felipe Cerón, se fasse prendre en photo auprès d’une responsable politique qui doit rester au dessus des intérêts particuliers.

 Mon histoire est simple : pour développer sa fonction d’extraction minière, le Chili a besoin d’électricité, et justement nous savons transformer le charbon en énergie propre ! Disons-le sans forfanterie, nos technologies étant à la pointe du progrès, quel bonheur que de vivre en compagnie de nos cheminées d’usine ! Les producteurs de tomates et autres légumes, de Campiche – un endroit vraiment magique – ne perdront rien en matière de qualité de leurs produits !

Bref, quand en août 2007 nous avons déposé devant les instances concernées notre projet nous savions que rien ne pouvait l’arrêter. Les études d’impact, le recyclage des déchets (mercure, arsenic, plomb, dioxyde de souffre etc.), nous avions tout prévu ! En conséquence, en mai 2008 nous avons eu l’autorisation de construire l’usine.

 Puis, quelques malins, soumis à de minables intérêts électoraux, ont décidé à la fin 2008 de porter plainte devant les tribunaux contre notre projet. Regroupés dans les organisations environnementales suivantes : Chile sustentable, Defendamos la Ciudad, Ecosistemas et Acción Ecológica ils ont obtenu du conseil écologique de Quintero-Puchuncaví une déclaration d’illégalité pour notre usine, nous qui avons un code d’éthique irréprochable et largement porté à la connaissance de tous les citoyens !

 Je l’avoue, même aujourd’hui, en survolant notre succès –et la terre vue du ciel, n’est-ce pas une joie permanente ?- la moutarde me monte un peu au nez à repasser de tels souvenirs.

 Après la décision d’interdiction, nous avons mis en marche notre batterie d’avocats mais voilà les tribunaux donnèrent raison aux plaignants : notre usine représentait un risque sanitaire pour les habitants et occupait un espace qui n’était pas dans les normes ! Nous sommes allés devant la Cour suprême sûr de notre fait, et contre toute attente, en juin 2009, alors que la construction était déjà bien avancée, les juges ont donné raison aux plaignants ! Quel manque de reconnaissance ! Nous apportons la fée électricité et nous sommes changés en diables !

 A partir de ce jour, nous avons résolu d’en passer par des moyens d’intervention peu catholiques mais j’y insiste, c’est la faute de nos adversaires insensés qui auraient dû dépenser leur temps à aller à la plage !

La zone est saturée en dioxide de souffre depuis 1993 et depuis quelques années des travaux de décontamination sont en cours, fait que nous connaissions, aussi nous nous proposions dès le départ pour aider à cette décontamination !

Bref, pour contrer les décisions des juges, le 23 juillet 2009, avec le président de la société, Andrés Gluski, nous sommes allés trouver l’ambassadeur des USA à Santiago, Simons, pour qu’il nous règle ce problème. J’ai oublié de le dire, notre entreprise est nord-américaine. Le marché qu’il devait mettre entre les mains de Michelle Bachelet alors présidente du Chili était simple : ou les obstacles étaient levés ou nous faisions campagne contre son pays peu favorable aux investisseurs étrangers.

 La question devint plus urgente quand, après la décision de la Cour suprême, la municipalité de Puchuncaví ordonna la démolition des constructions de l’Unité n°4 de notre centrale thermoélectrique ! Et à nos frais s’il vous plaît ! Nous avions 60 jours pour passer à l’acte ! Je conserve avec moi l’arrêté municipal assassin, d’un maire qui devait se prendre pour Zorro : decreto Alcaldicio n° 1699, du 22 septembre. Dans la course engagée, nous avons porté plainte contre la décision, ce qui devait nous aider à gagner du temps.

Dès le 9 octobre Gary Locke, Secrétaire au Commerce des États-Unis a envoyé les télégrammes conséquents à Marcos Robledo, conseiller international de la présidente Michelle Bachelet. Et aussitôt le bon Marcos a tenu à nous rassurer, mais personne ne nous a jamais payé avec des bonnes paroles, car nous savons que les politiques ne sont pas avares de tels produits frelatés. Donc, la même lettre est arrivée ensuite auprès des ministres, de l'Intérieur : Edmundo Pérez Yoma ; Économie : Hugo Lavados ; et de l'énergie : Marcelo Tokman. En fait nous avons su par notre ambassadeur Simons que le ministre capable de résoudre le problème était Poblete vu que l’enjeu du débat était la délimitation du zonage de notre usine.

 Le 31 Décembre 2009 nous avons pu sabrer le champagne et du bon ! Ce jour-là, le ministère du logement et urbanisme, Minvu, a modifié par un décret l'OGUC (l'ordonnance générale d'urbanisme et de construction) en adaptant l'utilisation du sol, pour que le projet rencontre l'approbation environnementale, et soit adopté par la haute résolution de la Cour suprême. Pérez Yoma et Poblete apportèrent leur indispensable signature. Tout le monde a compris qu’il s’agissait d’une modification taillée sur mesure pour satisfaire nos intérêts !

Nous aurions pu savourer notre victoire en traitant de haut les minables conseillers municipaux de Puchuncavi mais, si nous sommes de mauvais perdants, nous sommes par contre de généreux gagnants.

 L’avion a diminué d’altitude pour mieux voir le village de Campiche et les aménagements réalisés grâce à nos cadeaux princiers. J’ai avec moi cette délicieuse délibération municipale du 29 septembre 2010 quand nous avons proposé de verser à la municipalité 1500 millions de pesos pour la construction d’un Centre de Santé Familiale (CSAM) sauf que la municipalité a fait observer qu’elle n’avait même pas l’argent pour acheter le terrain pour une telle construction ; donc, dans notre grande bonté nous avons accepté de modifier l’accord en décrétant que la somme apportée pouvait servir aussi à l’achat du terrain !

Dans cette même séance, le conseiller municipal Eugenio Silva Pinto a tenu à observer que dans le compte-rendu précédent n’est pas apparu son intervention critique contre notre société, fondée sur le fait que par le passé, nos promesses n’avaient pas été tenues. Il est allé jusqu’à chercher un accord de 2006 entre le maire et la société AES Gener où cinq promesses furent sans suite.

Qu’importe de tels détails : concernant le centre CSAM même d’avion, je le repère parfaitement.

Certains diront que la municipalité a été achetée avec aussi le don d’une somme conséquente (100 millions) pour les pompiers, mais personne n’est plus sûr que ce soit pour les pompiers. Surtout du côté des associations : Chile sustentable, Defendamos la Ciudad, Ecosistemas et Acción Ecológica, qui ont décidé de poursuivre leur action en demandant aux dirigeants de l’OCDE de rayer leur pays de la liste des membres pour non respect de l’intérêt public. Nous faisons confiance à l’OCDE…         Jean-Paul Damaggio

 

P.S. Ce rappel historique est le cadeau que j’offre à la nouvelle présidente, en guise de nouvel an, elle qui est en grande discussion avec les uns et les autres, pour former son gouvernement.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 20:46

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En 1935 dans la revue Commune, George Sadoul présente le livre d'Aragon. Ce texte témoigne d'une époque, d'un style et d'une bagarre sociale. JPD

 

LES CLOCHES DE BALE. — ARAGON. Denoel et Steele, éditeurs.

Les guides Baedeker, en décrivant les grandes villes à l'usage des touristes, indiquent les rues commerçantes et les cafés, les Bourses et les Cathédrales, les quartiers réservés et les quartiers élégants, les musées et les points de vue célèbres, en un mot l'extrême sommet de la superstructure commerciale, élégante ou artistique des forêts urbaines, sans rien dire de l'humus où elles s'enracinent, sans rien dire de ces rues sombres, de cette zone, de ces usines où vivent, travaillent et luttent les ouvriers. A suivre les Cook et les Morand, on n'aperçoit que la féerie des éclatantes enseignes nocturnes, sans savoir comment l'électricité se fabrique, où elle se fabrique, et qui la fabrique.

Il y a d'autres romanciers que ces managers des manches à gigots de l'avant-guerre et des cocktails de l'après-guerre, des romanciers qui prétendent ne décrire qu'eux-mêmes, que leur « état d'âme », et qui se mettent en scène sous des maquillages et des oripeaux divers. Ceux-ci se présentent souvent comme des Pandores surgies d'une argile inconnue, portant dans leurs mystérieuses boîtes crâniennes un monde de complexes, de manies, de sensibilité prétendue, présent mystérieux des muses, alors que ces hommes sont en fait issus, comme leurs sentiments, d'une société, d'une classe, du rapport des classes, de la vivante histoire du temps.

A ne voir de la réalité sociale qu'un seul acteur ou qu'une suite de décors, les romans se vident de tout contenu véritablement humain. On comprend le discrédit où ils tombent à lire les livres de ces madones des sleepings ou de ces dissecteurs de vague à l'âme, de ces montreurs d'un monde de pantins aussi fantastiquement ennuyeux que celui des bergers de l'Astrée.

Sur la scène française, cependant, aujourd'hui comme en 1912, ce sont des pantins semblables aux pantins de ces romans qui s'agitent en pleine lumière.

Un des desseins d'Aragon, quand il écrivit Les Cloches de Bâle, a certainement été d'ouvrir le ventre à de telles poupées, tout en nous montrant pourquoi l'inquiétude se niche dans le crâne des intellectuels.

Cliquetis d'éperons, et froufrous de jupons. Nous sommes en 1912, dans un élégant salon de la rue d'Offémont. On y connait la fameuse « douceur de vivre », celle d'avant la révolution russe. Les dieux font couler un fleuve d'argent, entre les portraits de Roll et la vaisselle d'or, dans ces lieux où règne la belle Mme Brunel, née Diane de Nettencourt. Nous savons vite que le dieu de ce paradis terrestre est le fabricant d'autos Wisner, qui couche avec Diane et subventionne son usurier de mari. Mais où donc est la source de l'argent de Wisner, qui alimente cette « douceur de vivre » ?

Pour la découvrir, il nous faut changer de guide et suivre Catherine Simonidzé qui pense, elle, que la vie est une absurdité, une véritable horreur. Après une enfance bohème, elle se contenta des maigres mandats mensuels d'un père pétrolier à Bakou, mais elle traîne avec une lassitude épouvantable une existence qu'elle juge inutile. Tout la révolte, dans la société où elle vit. Mais rien, autour d'elle, ne lui donne une raison d'être. Elle a fréquenté les cercles anarchistes de Montmartre, entrevu l'art agonisant d'un Bataille, elle ne garde de tout ce qu'elle a vécu que le vague espoir d'un messie lanceur de bombes et le souvenir de la flamme révolutionnaire véritable, entrevue par elle, en 1904, en voyant à Cluses lutter et mourir les ouvriers savoyards.

L'ennui, la tuberculose, la nouvelle de deux doubles suicides — dont celui de Paul et Laura Lafargue — conduisent Catherine, le soir du 27 novembre 1911, au parapet du pont Mirabeau. C'est ici le point critique du roman. Ce n'est plus seulement une jeune femme qu'attirent les eaux noires du suicide, mais toutes les Catherine Simonidzè de la réalité, tous les intellectuels qui ont connu dans leur vie ces moments décisifs où l'on est « dégoûté du monde», « revenu de tout », qui se penchent avec l'héroïne sur le parapet du pont Mirabeau.

On sait l'apostrophe adressée, il y a juste cinquante années, par Barbey d'Aurevilly à Huysmans qui venait de publier A Rebours: « Après un tel livre, il ne reste plus à l'auteur qu'à choisir entre la bouche d'un pistolet ou les pieds d'un crucifix. » L'auteur des Sœurs Vatard devint celui de La Cathédrale. Mais les meilleurs parmi les intellectuels reconnaissent derrière le crucifix les forces qui leur sont les plus hostiles. Ne leur reste-t-il que le pistolet?

C'est la question que pose, en 1924, Aragon avec ses amis surréalistes en demandant « Le Suicide est-il une Solution? ».

La véritable réponse d'Aragon et de ses amis d'alors ne fut donnée que l'année suivante. L'immense rumeur des masses qui se levaient contre la guerre du Maroc fut entendue dans les appartements les plus calfeutrés. Aragon, ses amis et des dizaines d'intellectuels publièrent un manifeste contre cette guerre coloniale. Les signataires de cet appel qui est une étape importante dans l'histoire des intellectuels révolutionnaires français, avaient compris que les pistolets servent à d'autres usages qu'au suicide, ils sentaient qu'ils n'étaient pas « seuls au monde » et qu'ils devaient se lier aux luttes d'une classe qui porte en elle la solution de tous les problèmes d'aujourd'hui.

C'est pareillement qu'au moment où Catherine Simonidzé enjambe le parapet du pont Mirabeau, elle est arrêtée par un homme, par un chauffeur de taxi, par un prolétaire. Ce même soir, lendemain du suicide de Lafargue, les 9.000 chauffeurs de taxi de Paris entreprennent une grève qui durera cent quarante-quatre jours, c'est cette grève, c'est la force des prolétaires en pleine lutte qui rendent véritablement à Catherine «le goût de vivre ».

La grève des taxis, épisode central des Cloches de Bâle, n'est pas seulement pour Aragon l'occasion de décrire avec une admirable précision historique cette grande lutte, elle est aussi celle de démonter du même coup le complexe mécanisme qui anime la parade mondaine des salons de Diane de Nettencourt.

Wisner n'est pas seulement l'homme qui fait rouler auto à la belle Mme Brunel, il est aussi le fabricant des auto-taxis en grève, et des autos de la police, et de l'auto grise de la Bande à Bonnot qui, à cette époque, sillonne Paris. Ce Wisner, qui a un pied à New-York et l'autre à Bakou, cet industriel qui orchestre les suicides devant les pianos à queue et les « morts au champ d'honneur » devant Fez, mène une lutte mortelle contre ses ennemis les grévistes. Il recrute des jaunes parmi les agents électoraux de Doumer, il lance les flics contre les chauffeurs, organise avec le Quai des Orfèvres une série d'«attentats anarchistes», il a enfin avec Fiancette, secrétaire du Syndicat, « un homme à qui on peut parler», des conversations par personnes interposées qui tuent mieux la grève que les balles.

Le fleuve d'argent qui procure à Diane de Nettencourt ses déshabillés de chez Liberty, a sa source dans ces marécages et dans ces boues sanglantes. Et de même, la modeste rente qui permet à Catherine, auxiliaire pour un temps des grévistes, de subsister, sort des puits Simonidzé, intéressés comme les puits Rockfeller à la défaite des chauffeurs parisiens, à cette heure où dans les coulisses des Bourses, la grande lutte des pétroliers sonne en sourdine le tocsin de la guerre.

Quinze jours de travail au comité de grève suffisent à lasser Catherine. On ne change pas de classe comme de vêtements. Les hésitations, les reculs, les faux pas, le désarroi, le découragement jalonnent le chemin des intellectuels vers la révolution. Pour une Catherine arrivée au but, combien de Catherines restent «en rade», au moins provisoirement ? Catherine, qui se soigne à Berck, tente de s'exalter aux exploits des «bandits tragiques». Mais elle sait déjà que souvent c'est la police qui met en scène ces grands spectacles. Elle ne ranime pas, même pour son propre usage, les cendres noires de l'anarchie. Expulsée, elle entrevoit à Londres les premières flammes marxistes. Lueur bien faible encore. Au moment où le livre s'achève, Catherine n'est encore unie au prolétariat que par des liens plus sentimentaux que consciemment organiques. Que deviendront ces faibles attaches quand demain Catherine se trouvera face à face avec la guerre et la révolution?

Dans l'épilogue de son roman, Aragon nous fait entrevoir la femme socialiste qui s'oppose tout à la fois à Diane la bourgeoise satisfaite et à son contraire Catherine l'intellectuelle révoltée. Tandis que carillonnent les cloches de la cathédrale de Bâle, moins pour saluer le congrès socialiste qui se tient à l'ombre de leur clocher, ce mois de novembre 1912, que pour sonner l'alarme de la guerre qui éclatera vingt mois plus tard, l'auteur évoque au travers des yeux bleus de Clara Zetkin, tous les yeux des femmes de demain. Ces yeux voient clairement la solution des problèmes qu'a posés tout le livre : Problème de la femme, problème de l'intelliguentzia, problème de l'argent, problème de la guerre…

Ce roman de près de cinq cents pages, ce roman où les personnages, comme les épisodes se comptent par dizaines, ce roman où les esprits trop critiques pourraient trouver çà et là un développement trop bref ou trop lâché à leur goût, ou quelque défaut de composition, ce roman, malgré tout aussi bien monté qu'une belle mécanique, aussi passionnant qu'un bon film, aussi vivant que la vie même, ce roman a, entre autres mérites, celui d'indiquer dans sa composition même, que le problème préconçu, si souvent posé par les écrivains d'une contradiction prétendue entre l'individuel et le social, a depuis longtemps trouvé sa solution.

Ce livre n'est pas plus la description passive de certains aspects du monde actuel, qu'il n'est une parabole qui servirait à Aragon à expliquer son «cas» et sa personnalité, mais un roman qui peint à travers les individus leurs classes, à travers l'action, la lutte de ces classes, et qui fait ainsi entrevoir, par sa peinture de la réalité d'hier, la réalité socialiste de demain.

Les Cloches de Bâlesont, dans la littérature française, l'une des premières œuvres à laquelle le terme de « réalisme socialiste » pourra s'appliquer. Et, dans ce sens, ce livre n'est pas seulement un livre décisif dans l'œuvre d'Aragon, il est aussi une date de notre histoire littéraire. GEORGES SADOUL.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 14:13

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Pepe Carvalho a eu une fille, Muriel, qu’il a dû abandonner très jeune pour cause d’une séparation douloureuse racontée dans les mémoires d’un garde du corps, comme s’il s’agissait d’une scène de cinéma.

Quatre ans après, son frère Manuel Vazquez Montalban a eu un fils, et les deux se sont côtoyés toute leur vie. Pas facile sans doute pour Daniel d’avoir un père qui devenait une personnalité nationale au point d’obtenir un entretien particulier avec le roi d’Espagne.

Père et fils vivaient avec une même passion, le cinéma. Pas le même cinéma mais le cinéma. Celui de l’un était marqué par Laura Antonelli et celui de l’autre par Nataska Kinski Perich (sur la photo et le fait qu'elle ait tourné un film sur Gauguin étonne...).

Résultat : le fils décida de devenir un Claude Sautet doublé d’un François Truffaut (1).

Puis un jour, le fils se rendit à l’évidence. Après des essais de caméra au poing il arrêta tout et, au bord des larmes, confia sa décision à son père.

- Je vais arrêter le cinéma.

Le père l’a regardé tranquillement et lui a répondu sereinement :

- Tu sais que je vais t’appuyer dans toutes tes décisions de ta vie. Mais je souhaite tout de même te poser une question : comment vas-tu abandonner quelque chose que tu n’as pas fait ?

J-P Damaggio (avec la complicité du fils dans Recuerdos sin retorno)

 J’ai écrit quelque part un dialogue imaginaire entre Sciascia et Montalban où ce dernier se montre envieux envers l’Italien qui, lui, a réussi à se faire adapter au cinéma avec tellement de succès.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 14:11

La politique italienne est un laboratoire pour les défenseurs du système. C’est là-bas (plus exactement en Sicile) qu’a été découverte la fameuse phrase : tout changer pour que rien ne change. Depuis 1945 ce pays n’a été rien d’autre, pour les USA, que le Mexique de l’Europe. Mais n’entrons pas dans les généralités pour nous pencher sur un seul point, le financement des partis politiques par le budget public.

 Les années 90 lancent le financement public des partis

Au tournant des années 1990 le gouvernement italien, en réponse à des phénomènes de corruption sans précédent, a décidé que les partis politiques recevraient de l’Etat les moyens de leur survie. Cette idée a ensuite été reprise dans des tas de pays sous diverses formes, à diverses époques et je serais heureux si quelqu’un m’indiquait une étude générale sur ce phénomène[1]. Malheureusement l’argent et la politique ne font pas bon ménage et les études manquent sur le sujet[2].

Bref, quand les comptes de la campagne de Sarkozy font que l’UMP est obligée de payer 10 millions d’euros à l'Etat, les journalistes ne se bousculent pas pour rappeler qu’en fait, c’est seulement 4 millions d’euros que l’Etat récupère, puisque par ailleurs il rembourse aux généreux donateurs 60% de la somme versée (pour eux comme pour tous les partis bien sûr et pour les syndicalistes aussi). Ces déductions fiscales s’ajoutent aux sommes versées en fonction des voix acquises aux législatives pour les partis dépassant un certain seuil.

Quand l’Italie décida qu’une part d’argent public irait aux partis je me suis demandé s’il s’agissait d’une bonne mesure. Quand aux législatives de 1993 les partis français ont bénéficié du même système, je me suis encore interrogé. Et j’ai eu une réponse, mais brève, quand la commission de contrôle du financement des partis[3] a publié le nom des donateurs aux divers candidats surtout PS et RPR. Ce document reste si édifiant dans l’histoire politique de notre pays qu’il ne se renouvela jamais : la loi changea très vite pour éviter ce type de transparence. La liste des donateurs était telle qu’elle supposait un échange de services !

 Les années 2010 en finissent avec le financement public des partis ?

Aujourd’hui le gouvernement italien vient de décider d’une marche arrière. Petit à petit, d’ici 2017, tout financement va cesser de la part de l’Etat et en faveur des partis[4]. Le risque de corruption s’est-il envolé ? Pas le moins du monde bien sûr et d’ailleurs il n’a pas été modifié par la loi. Il se trouve seulement qu’un candidat, Beppe Grillo, a fait campagne avec grand succès sur ce thème (en autres) : «Je prouve qu’on peut faire de la politique avec 0 euros ! » Sa campagne spartiate faite de grands rendez-vous sur des places publiques n’avait pas besoin en effet de budgets énormes mais ceci étant, en tant que dirigeant de son Mouvement 5 étoiles il n’oublia pas d’inclure dans la charte des candidats que les élus devraient reverser une part importante de leur salaire au parti en question !

Mais ne soyons pas mesquins, il ne s’agit là que de broutilles ! La nouveauté avec Beppe Grillo, c’est son blog ! Vu qu’il s’agit d’un des blogs les plus consultés d’Italie, les rentrées financières doivent être conséquentes. Et c’est peut-être là qu’une loi devrait intervenir si le laboratoire veut jouer tout son rôle ! Que tous les blogs à usage politique soient tenus à publier chaque année les rentrées financières induites pour son propriétaire.

Car Beppe Grillo peut faire le clown, tout militant politique sait qu’une organisation a besoin de budgets conséquents pour faire vivre son parti, pour en diffuser les idées, pour mieux étudier la réalité etc. Et là je renvoie en France aux comptes obligatoirement publics des partis politiques que chacun peut consulter (avec amusement car ils paraissent très incomplets) sur les documents de la commission de contrôle du financement public, car ils montrent clairement que le nerf de la guerre, ça reste l’argent.

Donc que dire du blog de Beppe Grillo ? Qu’il s’agit là d’une somme énorme qu’une seule personne peut contrôler (Grillo et son webmaster Casaleggio). Le financement n’a plus besoin d’être public, il se fait par la publicité (même sans publicité sur le blog !), terme qui ne contient le mot public qu’à des fins commerciales.

Le financement public devait garder les partis sur le terrain de l’intérêt public. Mais la politique étant devenue une marchandise, la publicité en est devenue la maîtresse permanente. En France le blog de Jean-Luc Mélenchon est beaucoup plus consulté que le blog de son propre parti[5] !

 Conclusion

Cette question du financement des partis n'est qu'un des symptômes de la mort du politique en tant qu'outil d'intervention sociale. On ne peut être ni pour ni contre tant qu'il sert à masquer la réalité : les grandes entreprises, en seigneurs des temps modernes, décident de tout à Rome comme à Partis et ailleurs !

 4-01-2014 Jean-Paul Damaggio



[1]Pour la Grèce Le parlement grec a voté aux premières heures de mercredi une disposition sur le financement des partis politiques qui aboutit à priver de fonds publics le parti d'extrême-droite Aube dorée dont six membres ont été mis en examen suite au meurtre du militant antifasciste, Pavlos Fissas le 17 septembre dernier.

[2]Je peux conseiller une étude québécoise qui est d'ordre général et très instructive : http://www.electionsquebec.qc.ca/documents/pdf/D-6350.11(12-09)_versionPDF_1.pdf

[3]Le travail de cette commission sert rarement de références : http://www.cnccfp.fr/

[4] Jusqu'à présent, un montant était alloué aux partis en fonction de leurs résultats électoraux. En vertu du texte adopté vendredi, dès 2014, ils ne percevront que 60% de ce montant, puis 50% en 2015, 40% en 2016 et rien l'année suivante. Le précédent gouvernement de Mario Monti avait déjà amputé de moitié le financement des partis politiques en juillet 2012, le faisant passer de 182 millions d'euros à 91 millions d'euros en 2013

[5] Valeur estimée pour le site PG 16 757,93 € et pour le blog Mélenchon : 66 087,04 € (vérifiable sur l'URL espion de votre choix)

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 22:11

Déjà, vingt ans… Pour un clin d'œil au mouvement zapatiste j'ai traduit cet article de La Jornada, écrit par un chroniqueur que j'aime bien et que je défends dans mon livre sur le Bolivar de Marx. J'ai ajouté trois notes. JPD

 

La lutte contre le zapatisme

 Marcos Roitman Rosenmann

 Le 1er janvier 1994 les téléphones n'arrêtaient pas de sonner. Alors qu'avait émergé l'armée zapatiste de libération nationale (EZLN) et que la première déclaration de la Forêt Lacandone était publiée, Carlos Salinas de Gortari commandait aux forces armées de détruire la guérilla et en même temps concevait un profil des insurgés, pour appuyer le lancement d'une campagne de dénigrement international. Il pensait à une escarmouche sans victimes dans ses rangs, suivie d'un démantèlement et de l'emprisonnement et la mort des révoltés. La triade a échoué dans tous ses objectifs : la politique, l'armée et la communication. La société civile se mobilise contre le massacre et impose le cessez-le-feu, les forces armées ne peuvent empêcher l'émergence d'un territoire libre, incarné dans les municipalités rebelles zapatistes sous le contrôle des conseils de la gouvernance, avec le slogan de "commander en obéissant"[1]et enfin la stratégie de communication des service d'intelligence pour discréditer et délégitimer l'EZLN s'est montrée brute et médiocre.

 Des trois sources de combat, la communication met en évidence la politique du silence, la présentation inexacte des faits et la manipulation historique. Un récit historique ad hoc est diffusé pour maintenir la contre-insurrection, dans le cadre de la stratégie de guerre psychologique, en s'appuyant sur un grand nombre de journalistes, de communicateurs, d'idéologues et de stratèges en marketing. Les sociétés transnationales de la presse agissent comme des perroquets répétant le script élaboré pour présenter l'EZLN.

Depuis 1994, ils n'en ont pas changé un iota. Des millions de dollars ont été gaspillés pour cette opération anti-zapatiste. Il suffit de rappeler la campagne financée par le gouvernement d'Ernesto Zedillo, en collaboration avec Televisa, la Prisa d'Espagne et Le Monde en France, pour discréditer le sous-commandant Marcos et par osmose l'EZLN. Ceux qui ont été choisis à cet effet ont été les deux journalistes, Bertrand de la Grange et Maite Rico, qui a compté sur l'aide des services de renseignements non seulement mexicains, mais étasuniens et un groupe de conseillers convoquées expressément à cette fin. Pour masquer leurs points de vue, ils se cachent sous l'apparence de prêtres et d'indiens tzeltales qui sont célébrés pour leur courage à dire la vérité. Publié dans plusieurs langues, ils affirment : "Pour ce qui concerne l'organisation maximale, aucun n'est indigène, nous donnons sauf exception, leurs vrais noms et leurs alliés". Distribué dans le monde entier, leur obsession consista à démasquer le sous-commandant Marcos. Ses objectifs ? identifié comme agent marxiste-léniniste sans scrupules, formé à Cuba comme ses disciples, ils seraient une part d'une conspiration terroriste pour déstabiliser le monde. Intitulé : "Marcos, la grande imposture", est devenu le Vade-mecum des détracteurs de l'EZLN. Heureusement, le temps l'a remis en place : un libelle de prostituées du journalisme au service du pouvoir.

 La chemin pour sa rédaction en 1997 a été bien préparé. La grande campagne pour délégitimer l'EZLN, lancée en 1994 a été appuyée par des alliés d'exception à l'étranger, notamment en Espagne. Le Royaume devait être le diffuseur central de la stratégie diffamatoire. Les échanges entre les deux côtés de l'Atlantique ne pouvaient trouver meilleurs partenaires : le Parti révolutionnaire institutionnel et les socialistes espagnols (PSOE). Ses dirigeants et "intellectuels" se professaient de l'admiration et de la reconnaissance. A quelques jours de l'insurrection, tandis que dans le Chiapas le combat continue - grâce à l'opportune action de la société civile mexicaine, appelée à arrêter le massacre - le futur candidat à la présidence du gouvernement du PSOE, Joaquín Almunia, aujourd'hui commissaire économique à l'UE, avait découvert que derrière l'EZLN était ETA, le véritable penseur de l'insurrection. Une telle déclaration reviendrait à dépoussiérer en 1998, le massacre d'Acteal[2]. Non loin de cette folie, sont inscrits les mots du juge Baltasar Garzón pour disqualifier le sous-commandant Marcos[3]comme un homme ridicule manipulé par la gauche Basque.

 Au cours de ces 20 ans, la campagne médiatique s'est maintenue avec des hauts et des bas, selon la situation. De la diffamation il reste quelque chose. Aujourd'hui, on cherche à rendre invisible l'expérience de l'EZLN, à ignorer sa contribution à la praxis politique du pouvoir démocratique et à la construction de l'autonomie dans le cadre de l'alternative anticapitaliste émancipatrice.

 De nos jours, le groupe du journal Prisa, El País, aux mains du capital étasunien, a publié un article en ce sens. Il n'utilise plus des poids lourds du journalisme, seulement de correspondants. Sous le titre : la révolution stérile, son auteur, Paula Chouza, souligne que rien n'a changé, après 20 ans, sauf le pire. L'EZLN dit-il, a apporté la faim, la pauvreté et le désespoir aux habitants du Chiapas. Elle se moque des panneaux qui annoncent l'entré en en zone de rébellion zapatiste. Les messages ressemblant à ceux imprimés sur les habits de trois touristes étrangers qui attendent un taxi. "Nous sommes tous en rébellion"

Sans nul doute la journaliste suit le guide de lecture préétabli : l'EZLN n'est que de la fumée publicitaire. Stratégie stérile de diffamation démentie par la réalité. La lutte continue.



[1] Commander en obéissant au peuple

[2] Un massacre chez les zapatistes provoqué par des para-militaires.

[3] La référence à juge Baltasar Garzón est ici injuste car sortie de son contexte. En fait à un moment le sous-commandant Marcos a fait une déclaration pour proposer ses services au gouvernement espagnol afin de négocier avec l'ETA. La formulation a même suscité la désapprobation de Vazquez Montalban défenseur permanent du sous-commandant Marcos. Aussitôt ce dernier a précisé clairement qu'il ne soutenait en rien l'ETA.

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 22:40

Je vous retransmerts les bons voeux du Gramsci de 1916 quand Mussolini était encore un socialiste...JPD

Une autre perspective

Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante.Voilà pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant.

(Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier

sources

http://dormirajamais.org/gramsci/

 

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/01/01/je-hais-le-nouvel-an-par-antonio-gramsci/

 

http://verslarevolution.hautetfort.com/tag/antonio+gramsci

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 22:18

 


 

 

 Bien après la mort de Franco quand la transition démocratique montra ses limites, Vázquez Montalbán écrivit un article qui fit du bruit : "du temps de Franco on vivait mieux".  Ce n'était pas pour regretter l'époque, mais pour rappeler que les adversaires étaient plus repérables, et les objectifs des luttes plus clairs.

Il a fallu Franco et Pinochet pour que la chanson en espagnol viennent jusqu'à nos oreilles, au point qu'on peut penser qu'aujourd'hui il n'y a plus de Paco Ibanez et de Quilapayuns. Faut-il regretter ce temps ? Non bien sûr, d'autant que les artistes de la chanson de protestation sont toujours là, mais voilà, ils restent "chez eux". Peut-on imaginer une tournée en Franc de PATXI ANDION ? Cet homme a joué le rôle de Carvalho dans le film de Vincente Aranda, Assassinat au Comité Central, en 1981, un film que même la présence de Victoria Abril n'a pas pu sauver de l'échec. Pourtant Vicente Aranda est un grand cinéaste comme PATXI ANDION est un grand acteur, mais on ne réussit pas toujours l'impossible. En souvenir de cette histoire, pour les amis hispanisants ou d'autres, ce morceau du PATXI ANDION. JP Damaggio

 Habría que saberlo          Patxi Andion

Acaso una palabra vendida por un sueldo

podría definirme, ponerme nombre al cuello

con bordes y con grapas, como un palafranero

Habría que saberlo

habría que saberlo

Acaso alguna tarde, perdido por mi mismo

buscando los rincones, sacando el polvo de ellos

sabría que soy algo, sabría que no han muerto

Habría que saberlo

habría que saberlo

Habría que pensar

habría que pensar

habría que pensar sin miedo

Acaso una mirada con la verdad por dentro

podría convencerme que no me estoy vendiendo

que aun tengo una mirada perdida en un espejo

Habría que saberlo

habría que saberlo

Acaso sea mi duda la que me paga el sueldo

acaso la esperanza de darme tiempo a verlo

y andarme yo por dentro sin prisa y sin consuelo

Habría que saberlo

habría que saberlo

Habría que pensar

habría que pensar

habría que pensar sin miedo

Acaso soy un sueño que vive sin saberlo

acaso soy el pueblo que da apellido al verbo

hundiendo la barbilla al fin del mundo entero

Habría que saberlo

habría que saberlo

Acaso la palabra vendida por un sueldo

acaso la esperanza, acaso sea mi duda

acaso sea el pueblo, acaso sea el verbo

Quien pueda convencerme que no me estoy vendiendo

que aun soy una esperanza pintada en un pañuelo

Habría que saberlo

habría que saberlo

Habría que pensar

habría que pensar

habría que pensar sin miedo

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 16:49

Le 12 décembre la CGL révèle une étude nationale sur le prix de l'eau. Au même moment le Sénat discute du sujet et Yvon Collin se distingue dans la discussion en reprenant l'étude de la CGL :

"M. Yvon Collin . - Dans le Tarn-et-Garonne, le prix de l'eau est le plus élevé de France, à 5,72 euros le mètre cube. Les infrastructures sont vétustes et les collectivités territoriales peinent à les remettre aux normes. 47 % de la population ne sont pas raccordables aux réseaux collectifs. Les aides des agences de l'eau sont insuffisantes et l'aide à l'assainissement est en diminution de 15 %, en raison de la baisse des moyens inscrits au dixième programme pluriannuel d'investissement, de 2013 à 2018. Le principe « l'eau paie l'eau » pose problème à la campagne, où les abonnés sont rares et les réseaux longs. Les outils juridiques sont toutefois suffisants pour répondre à ces enjeux. L'important est de mobiliser des fonds au niveau national pour financer les investissements nécessaires aux collectivités territoriales. Notre groupe ne votera pas cet article"

 

Voilà un beau sujet de discussion pour la campagne des municipales car là nous sommes en plein dans les compétences de la noble institution. D'abord qui va donner l'explication de la situation ? Car les salaires sont haut en TetG ? Et les remèdes ? Une agence départementale ? Mais la question n'est pas celle d'une bureaucratie de plus…

Nous avons déjà étudié le sujet dans un article qui reste d'actualité car faut-il le rappeler il ne suffit pas de regarder le prix au m3 mais aussi le montant de l'abonnement etc. (ce que fait d'ailleurs l'étude de la CGL).

J-P Damaggio

 

Voici la présentation sur le site de FR3 Midi-Pyrénées qui renvoie au document complet de la CGL.

 L'eau la plus chère de France est dans le Tarn-et-Garonne, selon la CGL

Une étude sur les prix de l'eau en France menée par la confédération générale du logement montre que le Tarn-Garonne est le département où la moyenne des prix moyens et médians de l'eau sont les plus élevés de France.

Par Véronique Haudebourg le 10/12/2013 |

Une étude menée sur les prix de l'eau, effectuée par la CGL, la Confédération Générale du Logement, montre que le département où les prix moyens de l'eau avec assainissement est le plus élevé de France est le Tarn-et-Garonne avec 5,72 euros. Pareil pour les prix médian avec là aussi 5,72 euros. Le prix comparé est celui payé par le consommateur au m3, pour une consommation annuelle de 120 m3.

A retenir aussi : Le département où le prix moyen de l'eau sans assainissement le plus bas de France est l'Ariège avec 1,10 euros.

Dans 2 départements de Midi-Pyrénées, l'écart moyen entre les prix pratiqués est supérieur à 3 euros.

Au début de son étude, la CGL dénonce le manque de transparence sur les prix de l'eau en France, des nombreuses communes, distributeurs ou délégataires de la gestion de l'eau ne lui ayant pas communiqué les tarifs qu'ils font payer au consommateur.

 La CGL dénonce par ailleurs dans cette étude "des prix moyens départementaux qui varient du simple au triple, des prix médians qui vont du simple au quintuple, des écarts très importants au sein d’un même département voire entre communes voisines, des prix élevés dans beaucoup d’endroits, une France rurale qui paie son eau plus chère, des grandes villes qui tirent leur épingle du jeu."

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 12:53

 


 

Puisque j'y suis, voici encore du Bertin.

Salut à tous les révoltés sans bannière.

Jean-Paul Damaggio

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