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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 21:11

 

hommage-razoua-blog.jpg

Brochure de 50 pages, 5 euros.

Voici Razoua vu par un anti-communard

Le pilori des communeux Henry Morel 1871

 RAZOUA

Tony Révillon, flânant au café de Madrid, découvrit un jour dans un coin de la petite salle réservée au « monde littéraire » ... un homme caché par l'abondante fumée produite par la pipe, qu'il fumait lentement.

Ce personnage mystérieux était de taille moyenne. On devinait à ses brusques façons qu'il avait été militaire ; son teint bruni, ses cheveux en brosse, sa longue barbe, indiquaient aux regards de l'observateur qu'il avait servi dans les régiments d'Afrique.

C'était Eugène Razoua.

Révillon causa quelques instants avec ce soldat. Les mots de révolution, socialisme, république, dont celui-ci émaillait ses discours, lui valurent l'amitié du chroniqueur de la Petite Presse.

Le journalisme est une chose contagieuse. La fréquentation continuelle des gens de lettres dont Tony-Révillon était entouré donnèrent au spahi retraité, la pensée de prendre la plume pour livrer à la publicité ses impressions et souvenirs (1).

C'est alors qu'il publia à la librairie Achille Faure un superbe volume, à couverture rouge, sous le titre de Souvenirs d'un spahi.

Ce volume, tiré à quinze cents exemplaires, quatorze cent vingt de trop, disait l'éditeur, éleva Razoua au rang des habitués du café de Madrid, son domicile régulier.

Chaque jour, de quatre à sept heures, l'auteur des Souvenirs d'un spahi venait s'asseoir dans la petite salle réservée, faisant de la politique avec Delescluze, Ranc, Révillon, etc, etc., s'interrompant de cinq minutes en cinq minutes pour absorber lentement une gorgée d'absinthe savamment préparée.

En 1867, Razoua publia dans le Pilori de Victor .Noir quelques articles violents, parmi lesquels nous citerons l'Homme aux quatre femmes.

Puis Delescluze le prit avec lui au Réveil, où il affirma ses opinions révolutionnaires.

Au mois de février enfin, l'élève surpassant le maître, Eugène Razoua fut élu membre de l'Assemblée nationale par les électeurs de Paris, qui n'accordèrent à Réveillon qu'un nombre de voix insuffisant.

Après avoir siégé, sans bruit, aux séances de Bordeaux, Razoua donna sa démission de député pour accepter, à l'instar de son ami Delescluze, le mandat de conseiller communal.

Le rôle de Razoua sous la Commune est presque un rôle de comparse.

Nommé gouverneur de l'Ecole-Militaire, il invita ses amis à déjeûner et à dîner à l'hôtel du Champ-de-Mars, où il leur fit servir les mets les plus exquis par des valets en habit noir, gants et cravate blanche.

C'est là ce qu'il fit de plus marquant, je crois.

Toutefois, les hautes fonctions que remplit l'ex-spahi ne lui firent pas rompre ses vieilles habitudes avec le café de Madrid.

Il y vint chaque jour, comme à son ordinaire ; seulement il y vint à cheval et suivi d'une ordonnance qui, pendant une, deux, quelque fois trois heures, gardait sa monture. Malheureuse ordonnance !

 

(1) Note JPD. Dès 1863 La Petite revue publie :

UN SPAHIS. — Tour à tour marin et spahis, après avoir fait le tour du monde et séjourné dix ans en Afrique, Ernest Razoua est venu planter sa tente à Paris, jeune encore. Il a publié sous ce pseudonyme, et sous son nom au Jockey, une série d articles militaires très-originale et fort remarquée. (Dans le numéro suivant la revue rectifiera : Eugène Razoua)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 21:09

Je rends hommage à Eugène Razoua. Son frère Joseph (1821-1890) mérite aussi notre attention. Curé de Puylaroque toute sa vie (1853-1890) il a écrit en 1883 un livre présenté ainsi dans le Bulletin de la Société archéologique de Tarn et Garonne. JPD

 BIBLIOGRAPHIE.

Notes et Documents pour servir à l'histoire civile et religieuse de Puylaroque (Tarn-et-Garonne), par M. l’abbé RAZOUA, curé de Puylaroque, membre de la Société. .)

Parmi les questions dont s'est toujours occupée l'humanité, celle qui paraît fixer le plus vivement son attention, est sans contredit la connaissance, de l'homme et des faits multiples qui ont signalé son passage depuis son apparition sur la terre. Aussi, principalement dans ces dernières années, s'est-on livré avec ardeur aux recherches -historiques et a-t-on recueilli avec des détails infinis les débris de tous les âges.

Après l'histoire générale des états et des provinces, on a entrepris les monographies des villes et des bourgs. L'intérêt de ces dernières semble circonscrit dans un cercle restreint ; elles n'en possèdent pas moins leur utilité pratique.

Ce sont là autant de matériaux préparés pour ces infatigables travailleurs dont le zèle et la science reconstituent l'existence fugitive des générations qui se succèdent et s'accumulent de plus en plus. Ce sont là des preuves corroborées de pièces écrites, qui éclairent d'un jour nouveau l'histoire, si souvent dénaturée par des esprits fourvoyés ou des plumes infidèles.

A ce double point de vue, l'ouvrage publié par M. l'abbé Razoua est intéressant à lire et précieux, à consulter. Son titre modeste de Notes et Documents pour servir à l'histoire civile et religieuse de Puylaroque, tient beaucoup plus qu'il ne paraît promettre.

Entrepris tout d'abord avec le seul désir de répondre au questionnaire envoyé par l'autorité épiscopale dans le but de reconstituer les archives de l'Évêché et de faciliter les études historiques sur le diocèse, ce travail s'est enrichi, peu à peu, de nombreux documents découverts dans la localité. Les minutes des notaires, les registres de l'église, quelques pièces détachées ont fourni un ample aliment aux patientes et fructueuses investigations de M. le curé de Puylaroque. Ces renseignements réunis en un beau volume, imprimé avec soin sur papier teinté et orné de planches lithographiques ont reçu les approbations des évêques d'Auch et de Montauban, prélats qui encouragent si vivement dans leurs diocèses les recherches du passé.

M. Razoua, sans faire l'historique de la cité, rappelle les diverses traces de l'occupation romaine, découvertes à Puylaroque, telles qu'inscriptions, monnaies, voies publiques. Les ruines plus récentes laissées par la féodalité, les monuments existant encore sont ensuite rapidement décrits.

Le premier des documents dont il est fait mention est emprunté aux plus sombres dates de notre histoire méridionale. En 1209 la croisade contre les Albigeois était menée avec la plus grande vigueur par les lieutenants de Simon de Montfort, au nombre desquels se trouvait l'évêque de Cahors, Gr. de Cardailhac. Le bourg de Puylaroque, appartenant au comte de Toulouse, fut détruit de fond en comble.

En 1366 la chapellenie de Notre-Dame de Grâce fut fondée par Bernard de Carit, chanoine de Paris, plus tard évêque d'Evreux et originaire de Puylaroque. En 1369 les consuls reconnurent l'autorité du roi de France. Pour récompenser leur fidélité et les services des habitants, le roi, par lettres-patentes, les exempta de tous impôts durant 10 ans.

Malgré les efforts de Jacques Desprès de Montpezat pour maintenir la foi catholique dans ses terres, la Réforme s'introduisit dans le Quercy. En 1580 les Calvinistes s'emparèrent de Puylaroque ; ils en furent chassés en 1589. Pendant la seconde moitié du XVIe siècle, les consuls font bonne garde et donnent l'éveil aux villes voisines pour éviter les surprises des armées belligérantes. En 1591 la ville fut encore assiégée plusieurs fois et avec des fortunes diverses par les troupes de la Ligue.

La seigneurie de Puylaroque fut vendue le 12 janvier 1595 par le marquis de Villars et Henri de Montpezat, son frère, au sire de La Bastide, Arnaud de Vignes. Un siècle plus tard cette seigneurie fut élevée au titre de marquisat, en raison des services rendus par la famille de Vignes en pays d'Albigeois et de Quercy.

Les nombreux documents fournis par les dernières années du XVIIIe siècle montrent l'agitation qui s'était emparée de la province à cette époque. Le cahier des doléances de la communauté de Puylaroque renferme un vœu qui, dans son laconisme, indique suffisamment là misère et la gêne de l'agriculture en 1789. «Que les impôts, y est-il dit, frappent surtout les objets de luxe ; que le laboureur, l'artisan soient ménagés et jouissent à peu de frais des objets de première nécessité.»

Les notes relatives à la commanderie de Saint-Hugues, de l'ordre de Malte, dans la juridiction de Puylaroque, contiennent Un extrait de la charte et bail à cens du territoire de Mouilhac (année 1476), dans laquelle se retrouvent, â côté des droits et réserves du cessionnaire, de nombreuses garanties en faveur des emphythéotes.

Sous l'année 1571, M. Razoua a placé la biographie d'un noble enfant de Puylaroque, le célèbre jurisconsulte Béranger Fernand. Elle a été empruntée, en grande partie, à la notice déjà publiée dans la Biographie de Tam-et-Garonne.

Mentionnons, rapidement les procès-verbaux de visites de l'évêque de Cahors, et les nombreuses ventes, donations, les baux à ferme, qui intéressent plus particulièrement certaines familles du Quercy, dont les noms se trouvent consignés dans ces actes publics.

La lecture de la plupart des testaments nous inspire cependant la réflexion suivante : Les testateurs débutent par une pensée philosophique, sur l'incertitude de la mort et des invocations à Dieu et à ses saints. Ils réclament les prières de l'Eglise et des pauvres, par la fondation d'un obit et des legs aux malheureux. Ces actes témoignent ainsi, au milieu des troubles créés par les guerres de Religion et dans un temps où l'impiété gagnait les hautes classes de la société, de l'esprit sincèrement religieux de la bourgeoisie.

L'instruction publique était moins négligée sous l'ancien régime qu'on a coutume de le dire. Un travail récent de M. l'abbé Galabert nous a fait connaître le brillant état des études au XVe siècle, dans une localité voisine de Puylaroque. Les relevés statistiques dressés par M. Razoua viennent confirmer cette opinion. Au moment de la Révolution, nous remarquons les dépenses suivantes dans l'état des charges locales de la municipalité : pour l'honoraire du régent, 150 livres ; de la régente, 100 livres ; du régent latiniste, 300 livres. Il est permis de conclure qu'un assez grand nombre d'enfants suivaient les écoles et apprenaient le latin dans cette petite ville, puisque les consuls et le syndic croient devoir insérer à un budget déjà surchargé, « une somme de 300 livres pour honoraires du régent latiniste, ledit régent s'acquittant, à la satisfaction de tous, de son devoir et étant de l'intérêt de cette communauté de le retenir. »

L'étude sur Puylaroque contient encore la liste des chapelains de Notre-Dame de Grâce, et celle des curés et vicaires des diverses paroisses, les tableaux généalogiques des familles de Carit de Labarthe, de Laburgade de Belmont, de Lavalette-Parizot, de Lavalette-Cornusson et de Vignes de Puylaroque.

Un article spécial est consacré à la relique conservée depuis un temps immémorial dans l'église principale et vénérée sous le nom de Voile de la passion.

M. Razoua donne en terminant une relation de la consécration de l'église paroissiale le 3 septembre 1878, et la description des ornements, tableaux, objets d'art et principales pièces du mobilier de sacristie, appartenant à la fabriqué de Puylaroque.

On peut comprendre, par cette analyse sommaire, l'intérêt multiple qui s'attache à la lecture de cet ouvragé. En réunissant les matériaux épars et en se bornant aux détails purement locaux, M. Razoua a apporté sa pierre au grand édifice de l'histoire nationale. Son travail, fruit de longues recherches, ne sera pas perdu.

Mais nous voudrions encore voir son exemple suivi par le plus grand nombre de ses confrères. Dans toutes les petites villes, dans toutes les paroisses, les débris du passé devraient être recueillis avec le plus grand soin. Que de précieux documents perdus trop souvent par négligence. Il n'est pas nécessaire d'écrire une monographie complète (les moins timides pourraient être effrayés), mais de fournir à l'histoire des éléments, fussent-ils difformes, non encore dégrossis et jetés au hasard, ainsi que les moellons dont on se sert un jour pour élever les plus splendides édifices. Puisse donc la louable initiative de M. Razoua rencontrer de nombreux imitateurs dans notre département.

A. BUSCON.

* Imprimerie et lithographie Forestié, 1883

 [2]L'instruction dans la seconde moitié du XV siècle à Caylus, par M. L'abbé Galabert. (Bulletin archéologique, t. "X, p. 148)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 16:50

J’ai croisé Paolo Flores d’Arcais du temps où Libération jouait un rôle d’information et ça remonte à loin. « Wojtyla versus Kant » est un extrait de sa revue Micro Mega que j’ai toujours conservé en bonne place dans mes archives. Nous étions au début de la guerre du golfe et les déclarations du Pape contre les USA faisaient la joie des démocrates français, y compris de communistes qui pardonnaient à Wojtyla son rôle polonais. Flores d’Arcais m’a confirmé de belle manière que le manichéisme servait seulement à cacher la réalité… Loin d’être un « démocrate » car anti-impérialiste Jean-Paul II était un intégriste : « Jamais l’intégrisme n’était allé aussi loin dans le triomphalisme depuis l’époque du Syllabus. Du reste, pour le pape, les vices du communisme et ceux des sociétés occidentales proviennent de la même racine : la pensée critique, les Lumières, le rationalisme, l’athéisme. » Et pourtant c’est ce pape que Castro a invité à La Havane suscitant le livre magnifique de Vazquez Montalban : Et Dieu entra à la Havane. Croisant dans un débat Ignacio Ramonet je lui avait demandé ce qu’il en pensait mais il préféra botter en touche en me rappelant seulement qu’en France nous ne savons pas voir les côtés positifs de Jean-Paul II. Je ne cite pas par hasard l’écrivain catalan qui termine ainsi son Aperçus de la planète des singes :

« Pour échapper à la pernicieuse poursuite d’une vérité unique, Flores d’Arcais a préconisé en son temps une éthique sans foi : la formule me parait excellente pour qui considère l’espoir comme une nécessité humaine et non pas théologique et reprend à son compte la critique de l’aliénation militante proposée, en toute connaissance de cause, par Adam Schaff. »

 L’enfant de 68 aujourd’hui

Paolo Flores d’Arcais est un enfant de 68 qui a vieilli sans tomber dans le système. Voilà sans doute pourquoi il n’a pas la notoriété qu’il mériterait. Permanent défenseur de la démocratie qui comme l’espoir ne doit pas être théologique, il vient de faire une proposition en réaction à celles du puissant Eugenio Scalfari, l’ami du président Napolitano. Comme l’a démontré son journal Repubblica son adversaire majeur est le Mouvement 5 étoiles en conséquence il propose de sortir de la crise par une alliance : PD, Monti, PdL ! Plutôt Bersani-Berlusconi qu’un accord Bersani-Grillo ! Pourquoi ? Au nom de la stabilité ! Il sait très bien que dans cette hypothèse Bersani ne serait pas l’homme de la situation mais ils sont nombreux à prendre la relève dans le PD pour une telle dérive.

La réponse du philosophe n’est pas théorique mais pratique. Il pense que la première chose à faire c’est d’appliquer la loi de 1957 qui interdit en fait à Berlusconi d’être élu, loi dont le PD n’a pas osé demander l’application par crainte de la réaction de Berlusconi. Aujourd’hui avec les élus 5 étoiles, aujourd’hui avec la vague de fond dans l’opinion, Berlusconi a pu rassembler un électorat important mais il ne pourrait pas vraiment réagir. Et la mise en accusation de Berlusconi c’est l’effondrement de sa coalition.

Indirectement il s’agirait d’une alliance PD-Grillo sauf que Grillo qui aspire au pouvoir pour lui tout seul ne veut pas entendre parler d’alliance nationale avec le PD (même si localement elles existent déjà).

La réponse du philosophe est pratique car Grillo autant que le PD est dans ce cas de figure au pied du mur. Il a la possibilité de faire vivre la légalité contre l’illégalité si chère à Berlusconi, légalité sans laquelle il n’existe pas de démocratie, en conséquence, refuser, c’est envoyer un bien mauvais signal à l’opinion. C’est dire finalement : « Je n’existe que par la guerre que me fait Berlusconi qui est un allié objectif. » Grillo a gagné car il a su utiliser la télévision… contre la télévision ! Grillo est donc pour une part l’enfant des télés berlusconniennes : c’est parce que Berlusconi a fait des Italiens des accrocs de la télé que Grillo en disant « je refuse » la télé est finalement passé plus que d’autres… à la télé !

 En finir avec Berlusconi

La mort politique du leader ne serait pas la fin de la bataille contre son idéologie… surtout si Grillo vient le remplacer, même si pour le moment il se réfère aux mouvements sans leaders comme les indignés : « Le mot leader est un gros mot » dit-il.

Donc Flores d’Arcais pousse plus loin son sens pratique : il lance avec sa revue un appel citoyen à signer pour demander l’application de la loi de 1957. Parce qu’il croit depuis toujours que la lutte pour la démocratie est la seule porte de sortie à la crise du capitalisme, il a trouvé la porte concrète par laquelle la vague 5 étoiles pourrait se transformer en événement politique heureux pour le peuple italien. Dans un débat entre Casaleggio, Grillo et Dario Fo il y a eu cet échange avant les résultats :

« Grillo: Je crois que si le président du Sénat Schifani a laisser échapper qu’il y avait besoin de faire une nouvelle loi électorale pour arrêter les 5 étoiles sinon il va vers le 80%, ça veut dire vraiment qu’ils ont peur de nous. Tout peu arriver comme quelque chose d’incroyable que serait l’entrée au parlement de 80-100 de nos représentants.

Fo : Mais la gauche ne peut s’allier avec la droite contre vous, ça serait obscène.

Casaleggio: Excuse-moi, mais je pense que parmi les partis traditionnels les voltefaces de ce genre sont possibles. Tu veux mes prévisions ? Si le M5S a une forte représentation, Pd, Pdl, Sel, Udc, et même Ingroia, ils donneront vie à une grande coalition comme s’est arrivé avec le soutien à Monti. Rien ne changera.

Fo: Mais pourquoi la gauche devrait faire une grande coalition ?

Casaleggio: Pour la simple raison qu’ils ne seront pas assez nombreux pour gouverner seuls !

(da Il Fatto Quotidiano del 27 janvier 2013)

 Le lecteur comprend mieux la position originale de Paolo Flores d’Arcais, celle qui doit avoir tout notre soutien. Voir http://temi.repubblica.it/micromega-online/Jean-Paul Damaggio

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 22:56

Aujourd’hui je commence par ces trois noms : Grillo, Dario Fo et Saint François d’Assise, et cette phrase : “Noi abbiamo scelto appositamente la data di San Francescoper la creazione del MoVimento.”

Dans un riche article en italien d’avant les élections, où Grillo et Casaleggio (son éminence grise) répondent à des questions de Dario Fo, que chacun peut lire en cliquant sur le nom du saint, c’est le jeune Casaleggio qui déclare : “Nous n’avons pas choisi par hasard la date de Saint François d’Assise pour la création  du Mouvement.”

Je connaissais la symbolique des cinq étoiles symbolisant : l'eau publique, les transports "durables", le développement, la connectivité et l'environnement mais pas celle de la date de naissance. Saint François d’Assise est décédé le 3 octobre 1226 et le Mouvement est né le 3 octobre 2009.

Dans ce rapport à l’argent, des esprits simplistes considèrent qu’en fait Grillo est aussi riche que Berlusconi grâce aux recettes publicitaires de son blog qui est désigné comme le blog individuel le plus consulté au monde. A se déplacer avec un camping-car il ne ferait que jouer une comédie facile.

 Même s’il joue la comédie (c’est son métier), notons que si les électeurs et les électrices, en faisant des 5 étoiles le premier parti d’Italie, montrent qu’ils souhaitent non l’austérité mais la sobriété. Il est donc possible avant de dénoncer la tartufferie éventuelle de se féliciter d’un retour à cette valeur anti-berlusconienne. D’autant que toute la stratégie de Grillo s’appuie sur les valeurs de cette sobriété ce qui enchante le Français Serge Latouche, très connu en Italie en tant qu’apôtre de la décroissance mais comme pour tout le reste, après avoir pris connaissance des données réelles comme juger les données structurelles ?

 Saint François d’Assise

En faisant référence à ce saint devant Dario Fo, Casaleggio sait parfaitement que le Prix Nobel de littérature a écrit une pièce à sa gloire. En France le premier à se lancer dans cette célébration a été André Suarès en 1911 un homme dont le positionnement politique me fait penser à celui de Grillo (un positionnement libertaire qui balance entre la gauche à la droite). Mais pour rester côté italien, il faut surtout penser à l’inoubliable Rossellini dans Les Onze Fioretti de François d'Assise. Pour finir, comment ne pas penser à UCCELLACCI E UCCELLINI le film de Pier Paolo PASOLINI en 1966. Bref, le lecteur comprend que le Mouvement de Pepe Grillo s’appuie sur une quête italienne originale et n’est pas seulement le coup de tête d’un homme seulement en quête de pouvoir.

 De l’intention aux actes

A présent les élus de Pepe Grillo sont face à des impératifs législatifs et là, des discours ils vont devoir échapper aux mots.

Depuis que le Mouvement existe les deux dirigeants annoncent la création d’outils de consultation de la base, par internet, pour lui donner le pouvoir, mais sans traduction pratique. Un des élus s’est considéré exclu car il n’a pas eu le droit, sur décision de Grillo, d’utiliser le logo du parti car en effet le parti est seulement un logo. Il va donc falloir juger sur le long terme.

 J’avais écrit cet article quand j’ai lu celui très proche de l’ami Merle.

J-P Damaggio

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 14:08

date

Tableau du nombre de femmes et d'hommes participant à l'émission C dans l'air en janvier 2013.                                                   Sujets:

Femmes

Hommes

1

Les bonnes résolutions pour 2013

1

4

2

Mauvaise année et meilleurs vœux

0

5

3

La délinquance par temps de crise

0

5

4

Crise : la voyance se porte bien

2

3

7

75% : mauvais chiffre pour Hollande

1

4

8

Mariage gay : l'épreuve de force

1

4

9

Que se passe-t-il au Front National ?

2

3

10

Le mystère des trois femmes assassinées

1

4

11

Emploi : l'improbable accord

1

4

14

Mali : "La France ira jusqu'au bout"

1

4

15

Les trois combats de Hollande

1

4

16

Médicaments dangereux : la pilule amère

2

3

17

Le djihad des sables

0

5

18

Mali-Algérie : où est passée l'Europe ?

0

5

21

Mali : "c'est une guerre"

0

5

22

Obama : danse avec l'Amérique

2

4

23

L'Europe craque

1

4

24

Le retour de notre "otage" du Mexique

0

5

25

Vendée-globe : les aventuriers des mers

1

4

28

Automobile française : carrefour dangereux

0

5

29

Le modèle social français en faillite ?

1

4

30

Les politiques peuvent-ils gérer seuls un pays ?

2

3

31

La France des fonctionnaires

1

4

Bilan

nombre total de femmes, d'hommes

21 F

95 H

pourcentage de femmes, d'hommes

18%

82%

 

RAPPEL JANVIER 2012

   

Bilan

nombre total de femmes, d'hommes

6 F

104 H

pourcentage de femmes, d'hommes

5%

95%

 Voicvi le tableau réalisé par Marie-France Durand avec les commentaires ci-dessous :

En un an, il y a une nette progression du pourcentage de  femmes qui passe de 5% à 18%.

Pour arriver à 50%, ET EN CONTINUANT AVEC CETTE PROGRESSION, il faudrait encore environ 2 ans et demi ! Cependant, dans encore 7 émissions sur 23, c'est-à-dire plus de 30% des émissions, il y a … 0 (zéro) femme.

Encore un effort Monsieur C dans l’air !!! 

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 13:20

Ce qui est insupportable dans nos journaux télévisés c’est la façon insidieuse qu’ils ont de tuer l’histoire, au nom des évidences du présent. Une élection devient alors la photographie d’un instant sans référence, même brève, à quelques éléments du passé. Tout devient une étoile filante avec chaque fois un homme qui brille dans le firmament : hier Berlusconi, aujourd’hui Grillo.

En conséquence les liens en bleus font références à des articles de ce blog, sur les quelques événements italiens depuis 2008.

L’élection anticipée de février 2013 (généralement les élections sont au printemps) est en effet la suite naturelle de quelques autres, et en premier lieu de trois référendums de juin 2011 où le peuple italien a désarçonné la classe politique. Il est d’ailleurs frappant de constater la capacité de certains à oublier de tels choix populaires !

Sans entrer ici dans le détail, rappelons donc que les petits partis réussirent un double exploit : mobiliser pour accéder au droit d’organiser les référendums en question, et mobiliser enfin pour les gagner. Depuis vingt ans et la loi qui oblige à une participation de 50% pour valider de tels référendums d’initiative populaire, les forces sociales avaient délaissé cet outil car l’adversaire réussissait à gagner par l’abstention.

En 2011 nous avons donc un changement de décor issu en fait des réactions à la réélection de Berlusconi en 2008 qui ne doit jamais faire oublier l’autre Italie. Le Parti Démocratique décida alors de changer de direction en faisant élire son responsable national par tous les Italiens désireux de voter à de telles primaires. Le gagnant fut Bersani positionné plutôt à la gauche de son parti contre les caciques D’Alema et Veltroni obsédés par l’alliance au centre. Grillo avait souhaité participer à cette élection mais il fut rejeté avec un argument qu’il a entendu : « crée ton parti et on verra la suite » !

Au sein de l’échec de la gauche de 2008, était né un mouvement nouveau l’Italie des Valeurs (IdV) conduit par le juge Di Pietro et ce mouvement avait décidé de faire de ce référendum un test majeur de son ancrage militant.

Enfin, au moment même où Bersani obtient son titre de secrétaire national du PD, une nouvelle formation voit le jour, le SEL (Socialisme Ecologie Liberté), sous la direction de Nicki Vendola venu de l’extrême-gauche, un autre petit parti qui a conduit avec énergie la bataille du référendum.

Bilan d’étape : face au peuple attaché aux basques de Berlusconi, un autre peuple a pu se manifester avec les référendums, le peuple de gauche qui a demandé que l’eau soit en gestion publique et il a gagné !

Ce référendum a été un tournant dans l’histoire actuelle de l’Italie, et il s’est produit au moment même où le Mouvement 5 étoiles (M5S) entrait dans l’action.

 D’un côté, des partis politiques dominants, peu désireux de faire avancer la démocratie, et de l’autre un mouvement social gagnant enfin en visibilité politique.

C’est cette contradiction qui a émergé en cet hiver 2013, après que des élections partielles de 2012 en aient déjà annoncé la nature par les scores surprises du M5S.

 Tout indique en conséquence, à prendre du recul, que sous une forme ou sous une autre, une partie importante des citoyens refuse d’être prise pour des pigeons. Et la classe politique ne peut plus user des combinaisons classiques !

La droite du PD soucieuse d’entente au centre découvre que le centre est balayé ! Si elle avait eu la direction de son parti, son échec aurait été encore plus énorme.

Pour Berlusconi qui, jusqu’à présent, avait dû composer avec Fini et la Ligue, il vient de démontrer qu’avec un discours plus à droite que jamais, il peut mieux rassembler ses fidèles. Sauf que sans lui (et il est vieux) la droite est au bord de l’atomisation en mille chapelles (bien pire qu’en France sans Sarkozy).

 A lire le programme du M5S, à prendre en compte les résultats du référendum, tout indique que son électorat est plutôt marqué à gauche (les sondages disent qu'il est autant marqué à droite mais la partie droite doit être moins active pour le moment). Dans une situation floue comme celle d’aujourd’hui, les dérives sont aisément possibles, surtout si le PD n’assume pas ses responsabilités : construire enfin une politique de gauche.

 L’Italie est bloquée. Le PD s’est divisé entre ceux qui veulent négocier avec Grillo pour accéder au modèle sicilien (dans cette région le centre-gauche gouverne avec l’appui tacite du M5S) et ceux qui préfèrent unir les partis en place pour une grande coalition, ce que souhaite Grillo pour montrer qu’il est bien seul contre tous. Sa coalition est donc fragile : la droite du parti veut se saisir de l’occasion pour éliminer Bersani.

L’avenir est très sombre, non pas seulement à cause de la crise économique, mais aussi à cause de la crise politique, les deux pouvant s’alimenter.

Certains en appellent au Gramsci prémonitoire de 1921 dans un beau texte que j'ai traduit mais que je ne retrouve pas... JPD

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 13:09

 

il-fatto.jpg

Depuis 1992 je suis un admirateur de la presse italienne. A ce moment là j’ai découvert chez mon marchand de journaux montalbanais La Stampa publiant un feuilleton de Vazquez Montalban. Puis je me suis abonné à L’Espresso qui témoigne d’un autre univers. Au cos de mes voyages j’ai pu parcourir Il Manifesto, L’Unita, Liberazione. A Montauban Repubblica a supplanté La Stampa. Une richesse, une diversité à nulle autre pareille du moins, bien sûr, à ma connaissance. Les quatre quotidiens nationaux français n’arrivent pas, en contenu, à la cheville des huit quotidiens italiens.

Puis est venu internet qui permet d’accéder directement, chez soi, à cette presse. Malheureusement les versions internet sont très loin des versions papiers. Il Manifesto a changé souvent de stratégie entre accès gratuit et payant (comme d’autres d’ailleurs).

Aussi, au cours de mon dernier voyage, j’ai pu revenir au concret du papier avec plaisir et dans le contexte nouveau de l’Italie de Grillo. Dans la rue, les kiosques romains n’ont plus la forte présence des kiosques parisiens. J’écris « non plus » alors que c’est mon premier voyage dans la ville, car ils vendent souvent tout autre chose, alors que l’inscription dit bien qu’auparavant leur fonction était exclusivement la presse.

D’Internet au papier ? Internet ne vous dire presque jamais le nombre de pages du journal que vous consultez car les articles qui s’affichent peuvent être du jour d’avant, car on y trouve des vidéos (Repubblica internet a sa propre télévision et présente surtout des vidéos). L’exemple est frappant avec Il Manifesto papier (avec toujours l’inscription : quotidien communiste) qui est devenu squelettique et les animateurs me diront que c’est déjà pas mal vu la crise traversée. Il reste moins de 5000 abonnés et le journal semble en fin de vie. L’Unita garde l’inscription, journal fondé par Gramsci (comme L’Humanité garde journal fondé par Jaurès) et reste le journal d’une tendance du Parti démocratique. A peine plus solide que Il Manifesto sa présentation est agréable mais le journal reste totalement orienté comme si le fait d’avoir été l’organe d’un parti lui collait toujours à la peau.

En fait, j’ai eu droit à une surprise, l’existence d’un nouveau quotidien qui existe depuis 5 ans. J’ai repensé aussitôt au très courageux El Publico qui en Espagne a eu le même courage. Lancer un nouveau quotidien en 2008, à l’heure de la crise de la presse c’est presque de la folie surtout quand nous lisons en sous-titre : « Il ne reçoit aucun financement public ». Il Fatto Quotidiano est aussi sur internet avec une présentation agréable. La version papier me semble une réussite. Comment font-ils ?

Comme le titre l’indique, le journal tente de privilégier les faits, non pas les faits contre les idées par exemple, mais les faits contre la propagande. Repubblica a saisi l’importance de ce concurrent avec qui il est un peu en guerre (me semble-t-il). En effet Repubblica-L’Espresso, puissant groupe de presse de la gauche intellectuelle est devenu un journal de propagande dont l’âme est le journaliste Eugenio Scalfari. Je n’en conteste pas quelques qualités mais je préfère La Stampa (du groupe Fiat à Turin) parlant de Grillo, que Repubblica. Scalfari se veut à présent faiseur de rois comme la version du Monde chère à Plenel. Depuis que Napolitano est président de la république il a ses entrées au plus sommet de l’Etat. Il y a bien sûr une guerre entre Scalfari et Berlusconi mais c’est clair : Scalfari préfère encore Berlusconi à Grillo !

Il Fatto quotidiano peut à la fois proposer des écrits clairement favorables à Grillo et d’autres tout aussi clairement opposés au phénomène. C’est le fait qui est privilégié. On y sent un esprit de liberté qui incite le lecteur à se faire sa propre opinion plutôt que la proposition d’une opinion toute faite par avance. Un peu comme si Le Monde donnait à égalité la parole aux défenseurs de l’UMP, du PS et du Front de gauche. J’en conviens cependant, mon analyse est sommaire car elle ne repose par sur une étude globale. J’ai mis Il Fatto Quotidiano dans les favoris de mon ordinateur. J’ai commandé le seul livre critique sur le fond, de Grillo, rédigé par un jeune journaliste qui a travaillé avec ce quotidien. Il ressort en effet du journal une forte présence des jeunes. Sur la version internet les commentaires sont nombreux et à ce sujet j’ai découvert les argumentations expéditives de défenseurs de Grillo quand ils répondent aux arguments qui critiquent leur chef. Il y a sans doute là une autre Italie en gestation. JPD

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 21:57

La maire de Montauban, ayant pendant dix ans assumé aussi les fonctions de député, elle « oublie » à présent d’inviter la nouvelle députée socialiste lors des inaugurations ou réunions diverses. Je suis d’accord avec le sénateur Jean Michel Baylet, président du Conseil général, quand il dénonce avec son aplomb habituel, ce manque de bienséance. Le problème c’est que lui aussi s’évertue d’effacer une personnalité du département, son ancien ami Yvon Collin dont il fit, il y a longtemps un sénateur. Ce dernier lui a envoyé la lettre ci-dessous, qui a aussi été offerte aux maires et nous en avons goûté le style à la fine ironie.

Ainsi va la politique… Comme des enfants ! De cette lettre nous retenons un mot superbe mais devinez lequel !

JP Damaggio

 

A Jean-Michel Baylet

Président du Conseil général du Tarn et Garonne

  Montauban le 4 septembre 2012

  Monsieur le président

 Depuis quelques mois de nombreuses personnalités élues du département me font part de leur étonnement de mon absence à certaines manifestations placées sous votre haute présidence.

Ils évoquent notamment les vœux de fin d’année, la fête des sports et plus récemment le rendez-vous de la rentrée des maires de Tarn-et-Garonne.

 Leur étonnement est d’autant plus grand que chacun d’eux a pu remarquer la présence de la nouvelle député Valérie Rabault aux deux dernières manifestations.

Chacun d’entre nous connaît votre attachement aux principes de tolérance et votre référence récurrente à la laïcité, valeur que vous aimez rappeler régulièrement dans tous vos discours.

Puis-je me permettre de vous rappeler que ce dernier principe invite à la neutralité dans nos institutions ?

En l’espèce, les collectivités locales sont au service de tous les Tarn-et-Garonnais et Tarn-et-Garonnaises et ne sont la propriété d’aucun d’entre nous.

C’est pourquoi, sachant que vous œuvrez toujours dans un esprit républicain et s’agissant des rendez-vous engageant les deniers publics, c’est-à-dire notre bien commun, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître les raisons pour lesquelles je suis systématiquement exclu de ces rendez-vous ?

 De plus je vous informe que j’ai saisi officiellement, par mails à plusieurs reprises, Monsieur Serge Berrier, directeur de cabinet au Conseil général pour lui faire part de cette situation.

Je n’ai à ce jour reçu aucune réponse à ces messages réitérés.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire, Monsieur le président, à l’assurance de mes salutations distinguées.

Yvon Collin

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:23

On en parle moins mais elles étaient cependant significatives.

Inutile de rappeler le rôle important de La Lombardie. On y apprend la victoire de la droite conduite par le nouveau responsable de la Ligue : Roberto Maroni (42,8%) (48 sièges) avec 16,7% pour le PdL et 13% pour la Ligue du Nord.

Le centre-gauche fait seulement 38% (21 élus) avec le PD réalisation à lui seul 25% et le SEL 7%. Dans cette région l’alliance avec Rivoluzione civile a été réalisée mais IdV de Di Pietro ne fait que 0,64% ce qui confirme l’échec cuisant de ce parti qui avait créé la surprise en 2008.

Pour le Mouvement 5 étoiles on est avec des résultats beaucoup plus modestes qu’à l’échelle nationale : 14% (9 élus)

 Pour Rome les résultats sont inversés :

Le centre gauche gagne avec 40,6% (28 sièges) dont 29 pour le seul PD et le SEL fait seulement 3,6% (1 élu)

Le centre droit perd avec 29,3% (13 élus) le PdL faisant 21%. Cette liste regroupait 12 partis !

Le mouvement 5 étoiles fait un score proche de celui de Milan 16,6% (7 sièges)

 Dans la petite région de Molise le centre-gauche l’emporte avec 44% soit 12 sièges. Le PD ne fait que 14,8% car dans cette région IdV obtient un bon score, 7% et même le petit Pdci (le parti des communistes) obtient un élu ainsi que le SEL.

Le Mouvement 5 étoiles fait 12% et la droite 25%.

 

De ces trois élections locales il ressort que le M5S a des résultats moins exceptionnels que nationalement, ce qui indique bien une fragilité de son électorat. Entre droite et centre-gauche, on a la vérification que la bataille reste serrée. JP Damaggio

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 15:18

Aujourd’hui, je sors des questions techniques concernant la LGV, questions qui peuvent devenir un piège car elles nous entraînent sur le seul terrain des « compétences ». En fait l’argument majeur n’est pas le gain de temps mais une logique connue et imparable : la façon de vivre des riches constitue le moteur du développement social. Aux premiers pas de la télévision, ce furent les riches qui ont été servis puis les pauvres s’y sont mis, vu que la diffusion du produit entraîna la diminution de son prix. La télévision en couleur a connu la même évolution et aujourd’hui inutile de chercher autre chose que l’écran plat. Et je pourrais multiplier inutilement les exemples, avec le téléphone, la voiture etc.

Bref pour le train à grande vitesse c’est pareil ! Et ceux qui s’opposent à cette évolution sont des retardataires qui sont aussi inévitables que les modernistes. Bref, nous serions dans une histoire classique…

 Une histoire classique ?

Parlons du lave-linge. Il s’est imposé d’abord dans les couches sociales élevées ? Pas du tout car dans ces couches là, payer une employée de maison était un acte naturel, et que l’employée de maison fasse la lessive à la main ou à la machine, qu’importe ! Le lave-linge s’est imposé chez les femmes qui travaillaient, et ce fait n’avait rien d’automatique, comme l’obtention du permis de conduire pour une femme. Le progrès social n’est pas le seul fruit d’une évolution technique inéluctable. Il est aussi en lien avec les volontés démocratiques qui ont permis à l’ordinateur de passer d’instrument lié aux grandes entreprises, à celui de la micro-informatique.

 Le train comme outil de l’avenir ?

Je l’ai déjà écrit : le tramway a été ridiculisé au nom de la « grandeur » de la voiture, puis finalement il a été rétabli à partir de luttes sociales. A présent chaque grande ville cherche à installer son tramway. Combien de « vieilleries » sont revenues des placards ? Où sont passés les meubles en formica ? Et pourquoi « le terroir » est un argument de vente pour le pain de campagne ? Et le chauffage au bois ?

Le train est incontestablement un outil de l’avenir, à une époque où les transports se développent car le mari ne peut travailler au même endroit que sa compagne, car la fille ou le fils ne vit plus près de ses parents, car le besoin de tourisme est légitime. Mais ce besoin de transports ne signifie pas n’importe quels transports et ne signifie pas qu’il faille s’y conformer. La vidéo-conférence permet l’échange sans déplacement.

 Donc, quel avenir ?

Ici intervient la remise en cause du modèle social de la classe dominante. Avant la révolution française, les Bourgeois cherchaient la reconnaissance en copiant les Nobles. Puis il est apparu qu’un autre modèle social était possible, fait de créativité offerte à tous, de valorisation du travail, de vastes échanges culturels etc. Aujourd’hui, nos sociétés ont globalement les moyens d’assurer une vie matérielle convenable à chacun, en conséquence se pose la question des choix entre, le toujours plus et le toujours mieux. Aller toujours plus vite ou se déplacer toujours mieux ? Le peuple, s’il a la parole, répondra toujours qu’il préfère le mieux au plus ! C’est un paradoxe, mais ce sont ceux qui ont le plus, qui veulent toujours plus ! On voudrait nous faire croire que le recyclage des produits est une valeur des sociétés riches, or tout le monde sait très bien qu’il n’y a pas de plus grands recyclages que dans les sociétés pauvres où, c’est clair, il est une nécessité. Mais qui nous fait perdre le sens de cette nécessité, quand on est dans une société « d’abondance » ? Les classes dominantes maîtres en gaspillage, qui viennent nous faire la leçon, en disant qu’il faut fermer le robinet d’eau quand on se lave les dents, alors qu’elles gaspillent à n’en plus finir !

En refusant l’investissement COLOSSAL dans une LGV, il est question d’imposer une autre morale sociale. Si la France n’était pas riche d’un réseau ferré historique, la construction de lignes de chemins de fer serait un impératif moderne mais voilà, nous ne sommes pas dans ce cas, donc, qui peut comprendre qu’on construise des lignes nouvelles pendant qu’on en ferme d’autres plus anciennes ? Parce que, viendront nous répondre les techniciens, c’est la vitesse qui rend le train rentable ! Je l’écris sans hésiter : si une voie ferrée ne transporte plus personne, je suis pour sa fermeture, mais je sais en même temps par quels systèmes les autorités procèdent pour créer les conditions d’inutilisation d’une voie ferrée. Dans mon petit village, une école a failli fermer au début des années 1980, car en effet la fréquentation était très réduite. Un regroupement a été mis en place, l’école a été sauvée et trente ans après, elle assure un service irremplaçable à la population. Bravo aux élus qui se sont mobilisés pour ne pas suivre la pente « naturelle » imposée par l’institution. Des Français le démontrent chaque jour : ils ne veulent pas que l’avenir soit seulement la métropolisation, l’avenir sous-tendu par le système LGV. D’ailleurs la lutte à laquelle je participe, contre une LGV inutile, nous prouve chaque jour qu’il est normal de ne pas se contenter de voir passer des trains !

Jean-Paul Damaggio

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