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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:34

Partir pour l’Italie c’est d’abord se reconstruire des repères là où ils ont disparu depuis la chute de la démocratie chrétienne et du PS, au début des années 90, chute entrainant celle du PCI.

Partir pour l’Italie, quand on est un militant anti LGV, c’est d’abord retrouver l’état des lieux du puissant mouvement du Val de Susa contre le TAV (Tren alta velocita).

 Et bien sûr, quand les repères s’effondrent tout devient possible même l’impossible diront certains. Sauf que contrairement à un lieu commun chez quelques utopistes, demandez l’impossible n’est pas toujours de bon augure.

 Autour du NO TAV va se nouer en effet une étrange coalition : Albertino Perino dirigeant historique du NO TAV, Dario FO le comique « communiste » bien connu et Beppe Grillo le dirigeant du nouveau parti qui vient de conduire un Tsunani tour en Italie au bénéfice de son Mouvement des 5 étoiles (M5S). Beppe Grillo est un comique à la Coluche (pour tenter un comparaison simpliste) qui vient de Gênes et qui est entré en politique voici trois ans, après une préparation débutée en 2005.

 Albertino Perino vient d’apporter son soutien personnel à Grillo tout en précisant que dans le mouvement NO TAV il y a divers engagements politiques mais avec Grillo c’est sortir de la marginalité pour ce mouvement qui espère envoyer un député au parlement (Marco Scibona).

 C’est dans le Val de Susa que Dario Fo, voici plus d’un an, a rejoint Beppe Grillo, l’homme politique avec qui il se sent des liens très forts sans pour autant participer à sa campagne. Lesquels ?

 Beppe Grillo est un artiste qui se préoccupe des questions culturelles alors que les hommes politiques oublient cette richesse italienne car « la culture ça ne se mange pas » d'après un ministre. Il parle vrai, il est en lien avec les gens et par exemple, avec ceux disent non à la grande vitesse, et que Beppe Grillo suit depuis longtemps. Au vu d’élections précédentes Albertino Perino indique que dans le Val de Susa, Grillo va faire un score à la Bulgare et il est sûr que le succès du M5S apportera de l’eau au moulin de la révolte, à l’espoir d’une baffe envoyée à toute la classe politique.

 Beppe Grillo est donné autour de 15% dans le pays et devient donc un phénomène national après avoir été un phénomène puissant dans le Val de Susa. Il en appelle à une autre société. Il ne parle pas que de la Grande Vitesse mais de l’Italie et sa crise, du chômage et attaque tous les responsables d’une situation dont ils ne peuvent pas être la solution : « si vous croyez encore en Berlusconi c’est que vous croyez en Peter Pan ». Il ose tout, comme dire que Dario Fo pourrait devenir son ministre ou même devenir le premier ministre.  Sur son blog;, il y a un long discours de Dario FO

 Ce mouvement, pur produit d’internet dont le slogan est : «chacun compte pour un », devient tous les jours une caricature de démocratie dite participative, mais je reviendrai sur ce phénomène objet d'un livre qui décortique « la dictature des réseaux » ce à quoi Grillo aura la réponse facile car ceux qui le dénoncent sont eux en fait la dictature médiatique qu’il a dans le collimateur (L’Espresso et La Reppublica). Toute critique au M5S se retourne comme une crêpe car le M5S critique tout. A suivre. JPD

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 18:30

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Ducoudray-Holstein est un militaire atypique !

     Acteur de la Révolution française, il se retrouve à Caracas.

     Il quittera les armes pour devenir professeur !

     Et qui plus est, professeur de piano.

     Aussi son livre est atypique !

     Il est écrit en anglais, du vivant de Bolivar en 1828.

     Il a été traduit en français et complété en 1831.

     Il sera traduit en espagnol seulement en 2010 !

     Il est absent des bibliographies.

     Or il sert de base à la bio de Bolivar présentée par Marx !

     En fait ce texte descend Bolivar de son piédestal !

     Cependant ce n’est pas un pamphlet mais une étude.

     A l’heure du « bolivarisme » il mérite le détour.

     Pour réfléchir y compris au culte de la personnalité.

     En Amérique latine on dirait plutôt au caudillo !

 

Ci-dessus le dos de couverture du livre : 212 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-86-1

 Il était indispensable de rééditer ce livre avant de reprendre et commenter le texte de Marx sur Bolivar. A suivre.

Ci-dessous la présentation de l'auteur. 

 Ducoudray-Holstein effacé de l’histoire

 Henri Louis Ducoudray Holstein (Heinrich Ludwig Villaume) est né en Allemagne le 23 septembre 1772 (ou en 1763 disent d’autres sources), à Holstein, colonie allemande, disputée pendant les années 1800 entre Autriche, Prusse et Danemark. Son père Peter Villaume (1746-1825) serait un réfugié français protestant.

 Avec son livre “Mémoires de Gilbert M. Lafayette”, nous apprenons qu’il s’est fait passer pour un noble danois sous le nom de Baron Peter Feldmann, pour aider Lafayette à s’échapper de la prison d’Olmutz en Autriche.

En 1793 il rentre dans l’armée de Napoléon. En 1811, il est dans l’état-major du militaire français Etienne Jacques MacDonald. En 1813 il est fait prisonnier par les Espagnols à Cádiz mais deux mois après grâce à l’aide d’un officiel espagnol et d’amis mexicains il part pour Philadelphie où on lui refuse l’entre dans l’armée des USA..

Il embarque alors pour Cartagena, Nouvelle Grenade (Colombie actuelle), où il devient commandant du fort de Boca Chica. Il raconte cette partie de sa vie qui l’unit à celle de Bolivar jusqu’en 1816 quand il demande de quitter cette armée.

Il s’installe à Los Cayos, Haití puis à Curazao, avec son épouse originaire de Nouvelle Grenade, Maria del Carmen Gravette (1800 - 1855 Albany, NY) où il devient professeur de piano. Il a eu deux enfants.

Sa passion militaire n’était cependant pas éteinte. A la fin de 1821 il est incité à participer à la révolution à Puerto-Rico. Il refuse puis finalement accepte. Il constitue sa troupe aux USA et en route vers Puerto Rico il est obligé à cause d’une tempête de se réfugier à Curazao. Mais l’ile est neutre aussi il est arrêté et condamnée à mort mais gracié par le roi de Hollande.

En 1823 il peut s’installer avec son épouse à New-York puis à Albany, où il devient professeur de lettres modernes. En 1824 il va recevoir son ami Lafayette. Il se met à écrire des textes en français et il édite même un journal : le Zodiac. C’est à Boston qu’en 1828 est publié son livre sur Bolivar et les guerres d’indépendance puis en 1834, celui sur Lafayette.

Il est mort en 1839.

 Dans le livre Simon Bolivar, le Libertador de Gilette Saurat publié chez Grasset, il y a une importante bibliographie mais pas le livre de Ducoudray sur Bolivar et dans le livre lui-même y compris à un moment clef, quand Bolivar prend le commandement en chef à Haïti, la biographe ne mentionne pas la présence pourtant importante de Ducoudray.

 J’en ai déduit alors que le livre de Ducoudray n’existait pas en français. Par bonheur, l’ami René Merle m’a donné la version en anglais du texte de Marx sur Bolivar qui lui mentionne, avec titre en français, le livre de Ducoudray.

 Sa lecture m’a incité à rééditer au moins le premier tome.

Ce travail n’est pas un pamphlet contre Bolivar mais bien une étude colossale, avec certes quelques erreurs factuelles mais pas sur le fond.

31-01-2013 Jean-Paul Damaggio

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 10:53

Sur son blog Jean Luc Mélenchon rend compte d’un voyage à Rome où il est allé soutenir « Rivoluzione civile » la coalition conduite par Ingroia où il découvre : « c’est le modèle français qui fonctionne ». Pour la naissance de cette coalition, il insiste : « je crois que l’expérience progressive et pragmatique du Front de Gauche français éclairait la voie. » Or il s’agit seulement d’une union électorale née fin décembre 2012 quand l’annonce d’élections anticipées a obligé les petits partis  à s’unir pour passer la barre fatidique de 4% donnant droit à une représentation parlementaire.

Par exemple : quoi de commun entre les Verts italiens et le Parti de la refondation communiste ? Ce parti des Verts a perdu toute son aile gauche à la fondation du S.E.L.(voir plus loin), une courte majorité préférant la position centriste de EELV ! En réalité dans cette coalition le parti phare est celui de di Pietro, l’IDV (l’Italie des Valeurs) qui jusqu’à présent avait participé à des alliances avec le Parti démocratique et obtenu dans ce cadre jusqu’à 7%. A présent la liste est créditée, dit Mélenchon, de 4 à 6%. Mélenchon aime les sondages qui lui conviennent. J’espère que la liste passera la barre de 4% mais la tendance est classique : plus on approche de l’élection et plus la tendance est à la baisse au nom du « vote utile » qui est inévitable dans toute élection même celle à la proportionnelle. Après l’élection, chaque parti reprendra sa route loin de l’image d’un Front de Gauche qui a pu traverser les tempêtes depuis six ans.

Après la présentation de Rivoluzione civile Mélenchon évoque les autres candidats. «Paolo Ferrero [organisateur de Rivoluzione civile] a même tendu la main au liquidateur Nicchi Vendola. Sans résultat ». Nicchi Vendola a participé aux primaires à gauche car avec son parti le S.E.L. (Sinistra Ecologia Liberta), il préfère tenter d’exister dans le cadre de la coalition avec le Parti démocratique. Doté lui aussi de 4%, il est cependant certain d’obtenir une représentation parlementaire car la coalition passera forcément cette barre fatale. Liquidateur ? Venu de l’extrême-gauche il a créé le S.E.L. avec différents courants et tente de peser ainsi sur le Parti démocratique comme Mélenchon tenta pendant des années de pousser à gauche le PS en y restant à l’intérieur. J’aurais d’ailleurs aimé qu’il écrive un livre faisant le bilan de cette expérience pour éclairer les citoyens mais dans l’ensemble il ne donne pas la sensation d’avoir joué le rôle de liquidateur de la gauche, plutôt prêt à faire l’éloge de Mitterrand et du gouvernement Jospin, qu’à en faire la critique.

Ensuite il dénonce le socialisme libéral du Parti démocratique et la stratégie de Monti. « Tout cela devait se dénouer glorieusement avec les élections du 24 et 25 février. Hélas rien ne se passe comme prévu par les très intelligents. Mario Monti est dans les choux dans les sondages. Il se traîne à 12 ou 14%. Les « démocrates » du PS local, qui faisaient les malins se font rattraper par Berlusconi de jour en jour. Et l’autre gauche fait son retour. »

Nous l’avons vu, pour le retour de l’autre gauche ça reste du fragile. Pour Berlusconi rattrapant la coalition du « PS local », il oublie d’indiquer que l’écart est toujours de 10%. Mais surtout il ne mentionne pas celui qui risque de créer l’événement, Beppe Grillo.

Avec son mouvement « Les cinq étoiles » il est comme « Rivoluzionne civile » victime du vote utile, il est un seul « parti » et pourtant, il remonte dans les sondages autour du 16% devenant la troisième force politique du pays ! Si « Rivoluzione civile » a reçu comme il l’indique des dissidents du S.E.L. il a reçu aussi des dissidents des « Cinq étoiles » provoquant en son propre sein… des dissidences !

Beppe Grillo est ce comique qui dit sous diverses formes : « qu’ils s’en aillent tous » (andare a case tutti). Son programme a des formes de gauche écolo (l’eau bien commun etc..) mais tout autant des formes de droite. Et quand j’écris « son » programme il faut aussi comprendre les deux éléments : programme citoyen et programme du chef. Le mouvement est né d’internet et il se prétend aujourd’hui une communauté, la communauté des Italiens prenant en main leur destin. Saisir les deux faces du phénomène est un impératif : l’écouter parler aux immenses foules qu’il rassemble, habillé comme tout le monde, sans cravate, et fustigeant le monde des médias et de la finance, me semble important. En Italie, il y a eu le phénomène Ligue du Nord qui continue de diffuser un fascisme des temps présents dans ses zones d’influence. Avec Beppe Grillo nous revenons aux élections de 1994 quand Berlusconi sorti, comme tout neuf sur la scène politique, a balayé la démocratie chrétienne, le PS et poussé toute la gauche vers le centre. Beppe Grillo est tout neuf (première élection à ce niveau) et si pour le moment il récolte surtout les déçus de la droite, il sera demain en position pour récolter les déçus de la gauche car ça ne fait pas l’ombre d’un doute, la gauche est en passe de l’emporter. Bien sûr les électeurs auront le dernier mot mais si Berlusconi devient minoritaire, sa coalition va exploser et avec une gauche incapable d’affronter sérieusement la profonde crise italienne, c’est un comique de premier plan qui peut devenir l’alternative ! J’aurais aimé lire quelques propos de Mélenchon sur ce phénomène mais j’ai la sensation que comme pour le FN, il préfère négliger cette « imposture », quitte demain à en faire son adversaire préféré. Si Berlusconi était porté par une fortune immense, Beppe Grillo fait figure de simple citoyen sans argent, décidé à bousculer le régime. Pour quelles aventures ? Nous restons loin du « modèle français » aussi bien à l’extrême-gauche, à gauche, au centre qu’à droite.

J-P Damaggio

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 15:55

Je retrouve ce texte dans mes archives, un texte que j'avais oublié, une fiction pour le communisme qui date de1992 et que j'avais proposé à la revue M. Je n'en pense rien aujourd'hui. JPD 

 

Pour le communisme : repensons nos pratiques

(une fiction sans science car que m'importe l'an 3000 !)

 En l'an 3000 un ethnologue (toujours à la recherche de TYPES à définir) fut confronté à d’énigmatiques témoignages de deux pratiques européennes de la fin du XX éme siècle :

Le papa 1 disait : « Mon fils, grimpe aux arbres, tu risques de tomber. »

Le papa 2 disait : « Mon fils, si tu grimpes aux arbres fais attention à ne pas tomber. »

 L’ethnologue désigna, le papa 1 du nom : Type social-démocrate, et le papa 2 du nom : Type communiste (le Type capitaliste était dans ce cas absent car c’était des papas ne s'occupant pas des enfants).

L'absence en l’an 3000, des Grands Textes, tous détruits sauf Don Quichotte, (ils savaient qu'un Manifeste Communiste avait existé car il était souvent cité en référence mais ne purent le reconstituer avec les 4 ou 5 phrases toujours répétées) les conduisit à penser que l'URSS était communiste et les USA sociaux-démocrates.

 En effet, un écrivain soviétique de l'Ouest, malheureusement non-dissident (tout aurait été si simple s'il avait pu rejoindre le Type Dissident très étudié) les avait conduit à ces conclusions, car il disait, qu'il avait fui son pays pour cause de la surprotection dont il bénéficiait. A chaque pas, on l’invitait à faire attention.

Aux USA, son nouveau pays d'adoption, la situation était inversée : on l’encourageait à prendre des risques.

Cette classification étrange se heurtait à l'interprétation (très restrictive) d'un texte d’un communiste de l'époque, dont le nom de l'auteur avait été perdu, (ils lui donnèrent en conséquence le nom fictif de Bonnafé pour bonne fée) et qui disait :

«Le monde pour lequel combattent les communistes ne répond pas à l'idée d'un monde sans problèmes, il répond à l'idée d'un monde dans lequel les gens seraient de moins en moins inhibés dans leurs capacités de régler eux-mêmes leurs problèmes.»

 Il se trouve que l’écrivain dissident décida de partir pour un deuxième pays d'adoption à mi-chemin entre les deux grands, la France où le papa 3 disait : « Mon fils, si tu veux grimper aux arbres, dis-le moi, je te payerai des leçons particulières ».

 De toute façon les statistiques prouvaient qu'en fait d'arbre, le danger de l’époque venait des routes. C’était l’Age-Moyen (l’époque de l'an 3000 avait un nom simple : Les Temps Modernes) où les pêches étaient jaunes et les pommes pleines d'eau mais avec un nom en or (golden) pour mieux tromper les gens. En l'an 3000, la pêche blanche était la règle et la pomme était la Reinette d'où le succès au TOP 500 d'une chanson nouvelle : « Pomme de Reinette et pomme d'api, petit tapis rouge ... » Mais à propos de tapis rouge revenons au sujet.

 Le Type communiste aurait dû être l'homme soucieux de devenir maître de sa vie. En conséquence, sur les routes, il devait être maître de son véhicule et ne pas y mourir. Les ethnologues pensèrent que ce souci pratique qui dura un temps, leur permit de l'emporter sur le Type social-démocrate où la double règle était :

- confier son sort à plus bête que soi

- se cacher les difficultés suivant le proverbe : « il faut toujours remettre à demain un problème qu'on ne comprend pas le jour même. »

 Si l'explication de la victoire définitive au cours du deuxième millénaire, du Type communiste évolué, était trouvée, il restait l'épineux cas de l'URSS de la fin XX éme siècle qui n’entrait dans aucune case. D'où venait son idée de surprotéger les habitants, jusqu’à les mettre en clinique psychiatrique afin d’éviter qu’ils se fassent mal eux-mêmes ? Une idée contre-nature pour un pays qui se voulait socialiste !

Le plus doué des chercheurs (celui qui n'avait pas subi le retard de 56) souhaita émettre une hypothèse. Et si la faute en revenait aux fameux Grands Textes introuvables ? Mais les ethnologues n'acceptaient plus la loi tendancielle sur le taux d'absence des textes, augmentant les tords des responsables (en langage populaire les absents ont toujours tords), donc l'hypothèse fut rejetée.

 Un savant finit par mettre le doigt sur l'essentiel : l'écrivain qui était parti n'était pas parti à cause de la surprotection dont il bénéficiait mais parce que l'URSS s'était divisé en deux groupes : les protecteurs et les protégés.

Etre protégé oui, mais en participant à sa protection ! Et ce n'était pas le cas puisque seuls les protecteurs étaient dignes de cette fonction de protection ! L’individu ordinaire étant désigné comme incapable de se prendre en charge !

 Les USA avaient révélé au monde que l'eau du ciel, l'air de l'atmosphère, l'amour même, étaient des marchandises.

L'URSS avait révélé au monde que la protection de l'homme serait un échec tant que les moyens de l'associer à la merveilleuse tâche communiste ne seraient pas démocratiquement distribués.

L'homme des USA était une chose parmi d'autres qui valait son prix, son salaire.

L'homme d'URSS était une chose de plus que les autres. Ce plus était un triste début. Comme l'impatience humaine est justifiable (une vie est si courte), l'écrivain a eu raison de tenter sa chance ailleurs. D'autant qu'il le fit lucidement !

En l’an 3000, il ne pourrait plus le faire, il n’y a plus d’ailleurs. Sauf à croire encore en un passé del’humanité.

 Jean-Paul Damaggio

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 12:13

 

Pour revenir sur les élections à la chambre d’agriculture pointons quelques éléments nouveaux.

1 ) Les femmes candidates

Pour la première fois les listes ont été contraintes d’avoir une femme candidate sur trois. Ce n’est pas la mixité complète mais vu que l’élection se fait à la proportionnelle au plus fort reste, nous assistons à une entrée très importante des femmes dans l’institution.

2 ) La participation est en baisse de 10% mais la participation de 2007 avait été exceptionnelle. Avec 55% on retrouve par exemple le 58% de 1989.

3 ) La progression constante de la Coordination rurale tient aussi au fait qu’elle a fait régulièrement progresser le nombre de listes en France mais dès qu’une liste s’est installée elle a obtenu des voix dans la moyenne.

4 ) Pour le MODEF il ne faut pas regarder les résultats nationaux car ce syndicat n’est présent que dans quelques départements du Sud (et un département breton). Son bastion c’est les Landes… et la Martinique (où il n'y a en face que la FDSEA).

5) Le nombre total d’inscrits permet de mesurer la baisse des actifs agricoles mais à ce jour, impossible. Et bien sûr le résultat est phénoménal. De 1 700 000 en 1983 on est passé à 600 000 en 2007 ! Je n’ai pas les données pour 2012 mais pour le Tarn et Garonne avec 5720 inscrits en 2007 on passe à 4725 en 2012 soit une perte de 16% !

 6 ) Le cas du Lot et Garonne qu’il m’est arrivé d’étudier à partir de l’action de Renaud Jean. Ce département continue d’être une anomalie. En 2001 il bascule dans le camp de la Coordination rurale, situation confirmée en 2007 et aujourd’hui. En effet la Coordination rurale reste à 46 %, la Confédération à 8 %, le MODEF passe de 11 à 8% et la FNSEA de 33 à 36%.

7 ) Inversement, la Confédération paysanne a perdu le Finistère en 2001, puis la Loire Atlantique en 2007, département où la FNSEA maintient sa forte position (45%) la Confédération n’arrivant qu’à 34% et la Coordination 19%. En fait la Coordination prend plus souvent des voix à la Confédération qu’à la FNSEA.

8 ) Résultats définitifs :

Confédération paysanne : 18 % ; Coordination rurale : 20 % ; FNSEA : 53 %.

JPC

 

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 00:25

Dans le journal espagnol Publico je note cet article sur un sujet déjà traité dans ce blog. JPD

 

Exhumation du corps de Neruda

 

Un juge chilien a ordonné l'exhumation des restes de Pablo Neruda pour déterminer si le poète a été assassiné par le régime d'Augusto Pinochet ou s’il est mort d'un cancer, vu les doutes qui, depuis un an et demi, a soulevé par ses déclarations un ancien employé (son chauffeur).

Neruda, militant communiste, est mort à Santiago le 23 septembre 1973 à 69 ans, douze jours seulement après que Pinochet ait pris le pouvoir suite au renversement de Salvador Allende. La mort de l'ancien Président du Chili a également été mise en doute par la justice chilienne, qui ne sait pas encore s'il s'est suicidé ou a été assassiné.

 La cause officielle de la mort de Neruda a toujours été un cancer de la prostate, mais en mai 2011 l'assistant personnel et chauffeur du poète, Manuel Araya, a attribué la mort de Neruda à une injection létale, fournie par les agents au service du régime. Selon Araya, le gouvernement de Pinochet a voulu empêcher que l'exil de l'écrivain en fasse un symbole pour l'opposition.

La justice chilienne a admis en juin 2011 une dénonciation du parti communiste pour enquêter sur les faits. Dans un premier temps, le juge Mario Carroza a rejeté l'exhumation pour chercher à comprendre d’abord quels étaient les antécédents du poète et analyser ses fiches médicales pour déterminer le degré d'avancement du cancer.

Enfin, la Fondation de Pablo Neruda a annoncé vendredi dans un communiqué que « il y a quelques jours » elle a reçu un avis de Carroza dans lequel il accepte l'exhumation des restes de Neruda, enterré à côté de son épouse, Matilde Urrutia, dans la maison musée de Isla Negra.

La Fondation, qui n'a jamais caché son rejet de la version donnée par le chauffeur, a précisé qu'elle collaborera avec les demandes de juge, car elle fait pleinement confiance à cette expertise "qui aura lieu avec le plus grand respect possible ». L'institution espère que l'examen des restes « permettra de clarifier les doutes qui peuvent exister à l'égard de la mort du poète ».

L'exhumation, qui sera coordonnée par le service médico-légal (SML), aura lieu "à une date encore à déterminer", a expliqué la Fondation de Pablo Neruda.

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 18:31

Nos grands médias nous obligent à scruter l’écume de la mer. Parfois, pendant quelques heures, l’horizon pointe son nez le temps d’une révolte populaire. Puis très vite, l’ordre ordinaire revient en force.

Dans ces conditions les élections aux Chambres d’agriculture ne pouvaient faire «chronique» et moi-même j’ai failli passer à côté. Pourtant c’est une façon d’observer l’horizon !

 Les Chambres d’agriculture c’est un peu comme si les enseignants pouvaient élire leurs inspecteurs d’académie (qui ne sont plus des inspecteurs d’académie). L’enjeu est toujours d’importance et les paysans ne s’y trompaient pas en votant massivement. Je dis les paysans, mais ils ne sont pas les seuls à voter. Ils constituent cependant le corps essentiel.

Pour le Tarn-et-Garonne il y a encore 4725 exploitants inscrits. Ils n’étaient plus que 2636 à voter soit 55,8%. Comme partout la baisse de participation est spectaculaire (en moyenne 10% pour la France). Les salariés agricoles, totalement absent des préoccupations politiques sont encore 1484 mais là, la participation tombe à 18%, ce qui fait qu’avec 89 voix la CGT gagne 3 élus !

Les anciens exploitants sont 12 056 et votent tout de même à 34%. Le Tarn et Garonne a un regroupement original (ADRA) mais la FDSEA l’emporte avec 58%.

Ce premier tour d’horizon fait, revenons aux données essentielles, celles du vote des exploitants. En Tarn-et-Garonne nous avons des résultats équivalents aux données nationales. Même La Dépêche du Midi locale qui a conduit une forte campagne contre la FDSEA n’y peut rien ! (le président dela chambre d'agriculture s'était présenté avec l'étiquette UMP contre le ministre PRG)

 Nous avons une Confédération paysanne qui stagne à 20%. Il faut se souvenir qu’en 2007 ce syndicat a pris la baffe de sa vie en passant nationalement de 26,8% à 19,6%. C’est le bilan peu glorieux du médiatique José Bové qui a attendu les résultats de ce scrutin avant d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle le conduisant après un beau virage à devenir député européen deux ans après.

Si l’activiste du Larzac a réussi de grands rassemblements, s’il a fait injustement de la prison, s’il a défendu des causes justes, il l’a fait en s’appuyant davantage sur les médias que sur l’opinion des paysans qui le soutenaient.

Aujourd’hui voici le début du communiqué de la Confédération paysanne :

« A l'issue de ce scrutin, la Confédération paysanne conforte sa place dans l'électorat paysan, aux alentours de 20% et progresse de façon significative dans de nombreux départements. Ce résultat positif est à mettre au crédit d'une campagne de terrain, centrée sur les valeurs et le projet du syndicat. Il est d'autant plus satisfaisant, que le contexte n'est pas favorable. »

Un texte qui reste évasif…

 

Nous avons un MODEF qui devient de plus en plus marginal (2,9% en 2001, 2,6% en 2007 et aujourd’hui peut-être en dessous de 2%) au point de ne pas être candidat sous son nom en TetG. Le début de son communiqué national est plus courageux que celui de la Confédération paysanne :

« L’élection aux Chambres d’Agriculture a été marquée par un faible taux de participation. La baisse importante de la participation laisse apparaître la désespérance de la moitié du monde paysan qui a du mal à voir l’avenir et qui ne croit pas au changement nécessaire de politique agricole. Le MODEF voit là un signe négatif pour construire une alternative à une agriculture industrielle bien ancrée dans les esprits. Ce recul citoyen fait l’affaire du syndicalisme libéral d’adhésion avec la FNSEA ou de contestation avec la Coordination Rurale. »

 

Et en effet le gagnant incontestable c’est la Coordination rurale qui est né en 1992 et qui progresse depuis surtout sur le dos de la Confédération puisqu’entre 2001 et 2007 elle passe de 12 à 18% et qu’aujourd’hui elle continue de progresser nettement. Y compris sur le dos de la FNSEA qui avait un peu progressé en 2007 par rapport à 2001 et qui recule un peu à présent.

Voici le cri de victoire de la Coordination rurale nationale :

« Le 6 février 2013 est désormais une date historique pour la Coordination Rurale et les agriculteurs français. Alors que le taux de participation (54,34 %) a encore baissé, la CR voit depuis sa création, à chaque échéance électorale, ses résultats nettement progresser.

Cette fois encore, la CR marque des points ! Avec 21.12 % des suffrages (83 listes CR et 50 % des 3 listes d’union CR-CP), la Coordination Rurale s’impose clairement comme le deuxième syndicat agricole de France (métropole + DOM). La CR vient d’asseoir sa notoriété et confirme sa force syndicale incontournable. »

 La FNSEA va continuer de dominer le paysage agricole en constatant que les forces mal en point sont celles sur sa gauche.

 Je ne prétends pas qu’on puisse tirer des leçons générales de cette élection mais elle fixe des tendances peu réjouissantes pour les progressistes. La contestation sans projet réel de la Coordination rurale ne peut représenter une alternative. L’explication de ce recul de la gauche tient d’après certain à des raisons sociologiques : les petits paysans continuent de disparaître or ils constituaient la base électorale de la Confédération ou du MODEF. Ce point est réel mais quel lien établir avec la montée en force de l’abstention ?

Jean-Paul Damaggio 

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:28

Un ami tunisien nous envoie cet article d'Abdelwahab Meddeb provenant d'un nouveau journal tunisien. L'article date du 06/02/2013. L'assassinat de Chokri Belaïd vient-il briser ce nouvel équilibre ? J'ai entendu aujourd'hui sur France Inter Abdelwahab Meddeb et il m'est apparu plus combattif que jamais. Cet article très original, appuyé sur l'immense culture de son auteur, peut paraître un peu difficile mais il est au coeur de l'histoire de la Tunisie. J-P D

 

Abdelwahab Meddeb : Equilibrage politique

La scène politique tunisienne est en train d’être équilibrée. L’hégémonie de la mouvance islamiste est en cours de cantonnement. Et cela est dû à deux phénomènes.

    1. Le premier a trait à l’échec patent d’Ennahdha dans l’épreuve de la gouvernance. Gouverner exige une technique et une expertise qui ne sont pas de même nature que l’exercice de l’opposition politique. Ennahdha a privilégié l’idéologie sur l’expertise. Elle le paye aujourd’hui. Et ce qui a contribué à sa disqualification, c’est d’avoir laissé faire la mouvance salafiste dans son dessein de contrer les rites et les coutumes vernaculaires assimilés à des bid'a (1), à des innovations blâmables qui entachent la pureté du culte. Ennahdha ne voit pas d’un mauvais oeil que la Tunisie soit réislamisée en l’enveloppant dans les plis de l’uniformisation wahhabite dont l’action vise à effacer les particularismes nationaux.

Il faut rappeler que l’islam historique a fonctionné selon une structure duelle :

- il y a d’abord la fonction qui avait agi à l’horizon de l’Histoire ;  en ce domaine, une culture savante unitaire maniait la même échelle de valeur où se reconnaissaient oulémas, fuqahâs et qadîs, de Cordoue à New Delhi.

- il y a ensuite la fonction qui était activée au plan vernaculaire, à une hauteur anthropologique qui prend en considération la diversité des traditions locales.

Si la première fonction assume le principe d’identité, la seconde illustre le principe de différence. Et c’est la dialectique entre l’islam savant unitaire, identique et l’islam populaire divers, différent qui a produit la civilisation islamique.

Des vases communicants passaient de l’une à l’autre strate pour que le particulier fermente au contact de l’universel.  

Or, l’islam qui est proposé aujourd’hui par les islamistes annule la sophistication et l’esprit de controverse qui ont caractérisé l’islam savant ; il abolit par le même geste les spécificités vernaculaires. L’islamisme propose une uniformisation simplificatrice qui correspond parfaitement à la sous-culture consumériste imposée à l’échelle de l’humanité entière par l’américanisation du monde.

Il se trouve qu’en Tunisie, le peuple refuse l’uniformisation proposée qui s’est manifestée récemment à travers la double fonction que nous venons de rappeler.

Sur la scène vernaculaire, cette politique d’uniformisation s’est exprimée par la destruction  des mausolées soufis.

Et au plan de l’islam savant, la même politique a été illustrée par le rapt salafiste de l’imamat de la Zitouna.

La destruction des mausolées est perçue par le peuple comme un scandale. Et les salafistes, avalisés par les Nahdhawî, se sont attaqués au rite qui accompagne la célébration du mouled. A cette occasion, l’on prépare la délicieuse açida,  crème et pudding de fruits secs tout de douceur destinés à nourrir la convivialité et l’hospitalité en  circulant de maison en maison. Les Tunisiens y tiennent. Assimiler cette coutume à une bid’a est pour les Tunisiens irrecevable.

La résistance des Tunisiens est grande pour défendre les deux fonctions (le savant et le populaire) et la dialectique qui les met en tension. Elle s’est manifestée le même jour du mouled dans l’enceinte de la Mosquée Zitouna où l’imam illégitime (2) a été abandonné à son véhément et interminable prêche rendu inaudible par la foule des orants qui récitèrent d’une voix unanime la hamzia comme le veut la tradition zitounienne, tunisoise.

Cet acte s’ajoute aux protestations suscitées par la destruction des mausolées (3). C’est que les Tunisiens refusent de se soumettre à une autre forme d’islam que celle produite par leur histoire telle qu’elle a été orientée par leurs aïeux dans leur maniement spécifique de la dialectique qui met en tension les deux fonctions, celles du savant et du populaire, de l’universel et du particulier.

    2. J’en viens maintenant au deuxième point, celui qui engage la défaillance dans la gouvernance. Il s’agit d’une question politique qui est en train de trouver sa réponse, laquelle s’est concrétisée  avec la création de la nouvelle entité appelée Al-Ittihah min ajliTounis, «l’Union pour la Tunisie» qui réunit désormais en une même structure les trois partis modernistes et séculiers de Nidâ’Tounis, du Joumhuri et du Masâr : ce nouvel ensemble constitue un rassemblement porteur de la mémoire politique du pays : celle du Destour qui, débarrassé du tropisme autocratique, articulé au projet démocratique, retourne aux fonts baptismaux qui ont présidé à sa naissance dans les années 1930 ; comme celle de l’esprit progressiste qui a animé le courant travailliste syndicaliste de gauche depuis les années 1920.

La référence à une mémoire corrigée est précieuse. Elle est notamment destinée à rappeler à Ennahdha qu’elle n’agit pas sur un sol vierge ou en un terrain vague : le territoire est fort balisé, il est habité par une intense mémoire productrice d’énergie créatrice capable d’innover : aussi la table rase dont les islamistes rêvent n’aura-t-elle pas lieu.

J’ai assisté dimanche dernier, le 27 janvier, à Tunis, sous la coupole du palais des Congrès,  à un meeting politique de Nidâ’ Tounis, « l’Appel de la Tunisie ». Cette séance est l’illustration vivante de ce que je viens d’écrire. Le meeting a commencé par un bref spectacle proposé et mis en scène par Fadhel Jaziri, artiste explicitement engagé en faveur de Nidâ’ Tounis, pour socialiser son opposition radicale aux illusions et autres chimères par lesquels Ennahdha cherche à séduire le peuple.

Ce spectacle théâtralisait le chant soufi populaire qui glorifie Sidi Abû Sa’îd al-Bâji dont le catafalque a été calciné il y a quelques jours par les salafistes.  Le poème, accompagné de ghaïtas, de cornemuses, de tambours, sortait de la bouche du chantre Hédi Donia, disciple de la tariqa qâdiriyya, homme de maintien hiératique, à la belle voix voilée, dont les solos étaient repris en chœur par la vingtaine d’interprètes qui l’entouraient, personnes parées de costumes traditionnels.

La salle comble a vibré à l’unisson, sans rien perdre de sa gravité ni de sa retenue, qualités qui signalent un engagement mûrement réfléchi, conscient du péril qui guette. En somme, je reconnais en ce public la solidarité nouée entre l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité.

Par le seul spectacle, le message est reçu par les présents dont l’adhésion semble dire : « ils veulent nous priver de ces beautés qui proviennent de notre génie. Eh ! bien, nous nous opposons à de telles prétentions et nous saurons défendre notre patrimoine en le pratiquant». Tel est le sentiment qui émanait de cette masse de sept mille personnes serrées à l’intérieur de la coquille monumentale et débordant sur le parvis et au-dehors  jusqu’aux alentours. Et pour une fois, l’opposition aux islamistes ne mobilisait pas l’unique élite. Parmi ceux qui étaient là, nous reconnaissons toutes les classes de la société. C’est le peuple qui était au rendez-vous pour manifester son attachement à l’islam vernaculaire et son refus de l’islam uniformisé que veut imposer Ennahdha à l’ensemble du pays.

Le peuple ici présent a acquiescé en un deuxième temps à l’opposition politique en suivant concentré le discours prononcé par Béji Caïd Sebsi : le président de Nidâ Tounis a procédé à une critique raisonnée des défaillances d’Ennahdha dans son exercice du pouvoir, dénonçant son incompétence dans la gestion du pays ainsi que son manque de vision des contraintes géopolitiques. Il n’a pas manqué non plus de railler le hasardeux projet de société dont les islamistes sont porteurs ; tel projet escamote, à tout le moins, les fragiles acquis d’une modernisation dont le processus a été mis en branle depuis les années 1840.   

C’était dimanche dernier, deux jours avant l’annonce de la création de « l’Union pour la Tunisie » qui renforce la tendance d’équilibrage destinée à cantonner l’hégémonie d’Ennahdha. Avec toutes ces initiatives, l’initiation qui approfondit le processus démocratique est à l’œuvre dans notre pays.  Abdelwahab Meddeb

 (1) Une hérésie

(2) Un wahabite. Notons que le poids de l'Arabie saoudite est fondamental et sans nul doute les dirigeants tunisiens pensent que l'argent venu du pétrole va tout régler. En face les démocrates ont seulement leurs bras.

(3) Des témoignages d'une culte populaire où se mêlent différentes influences que les fondamentalistes veulent "nettoyer".

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:25

Au moment où les balles frappaient Chokri Belaïd, dans Le Temps de Tunisie les lecteurs pouvaient lire ce qui est devenu son dernier entretien. Prémonitoire !

L’assassinat de ce personnage entre en effet dans une montée quotidienne de la violence islamiste détruisant Marabouts et tuant ici ou là en totale impunité. En frappant celui qui était en train de devenir le fédérateur de toute la gauche, les assassins savaient ce qu’ils faisaient. Le président de la République de Tunisie, caution des islamistes, devient chaque jour davantage un complice du système.    J-P Damaggio

 

Persistance de la violence politique

 «Nous sommes devant une aile d’Ennahdha qui refuse les élections», affirme Chokri Belaïd

Le week-end dernier a été émaillé par plusieurs actes de violences politiques, dont l’agression perpétrée contre un meeting organisé, samedi au Kef, par le Parti des Patriotes Démocrates Unifié (PPDU).

Chokri Belaïd, secrétaire général du parti, revient sur ce douloureux sujet et relate ses péripéties, ses causes et ses desseins tout en mettant en exergue les enjeux qui sont derrière.

 Détails.

Les faits. Samedi dernier, un meeting populaire se tenait à la maison de culture du Kef, à l’occasion de la tenue du congrès de la ligue régionale du parti. Le meeting se passait à quelques mètres du local des forces de sécurité. Les invités avaient prononcé tour à tour leur allocution. Chokri Belaïd a longuement pris la parole. A la fin de son discours, des barbus ont investi la salle de réunion. Ils ont eu à faire aux jeunes du parti qui les ont chassés de la maison de culture. Toutefois, les agresseurs ont jeté des pierres et brisé la devanture de la maison de culture. Certains militants ont été blessés.

Les forces de sécurité ne sont intervenues que lorsque tout était terminé. Chokri Belaïd, affirme qu’il avait appelé le ministre de l’Intérieur. Il n’a pas décroché. « L’essentiel est que les travaux du congrès se sont poursuivis jusqu’au lendemain, dimanche. L’attaque avait été perpétrée à la fin du meeting populaire », dit-il.

Pour expliquer cette attaque, Chokri Belaïd le situe dans son cadre. La veille, un meeting du Parti Républicain, sous la présidence de Meya Jéribi a été attaqué à Kairouan. Samedi, Ahmed Néjib Chebbi a été encerclé au sein du local de Radio Oasis à Gabès. Le même jour, le soir, le siège de Nida Tounès aux Berges du Lac a été agressé. Dimanche le local de Nida Tounès à Kébili a été attaqué. Le congrès de l’Union Nationale des Femmes de Tunisie (UNFT) à Sousse a été agressé.

 Pourquoi, ces agressions en ce moment précis ?

A cette question, Chokri Belaïd répond en rappelant que « chaque fois où la Troïka rencontre des problèmes, un signal est donné pour perpétrer des actes de violence. Chaque fois où des décisions non populaires sont prises, ou des augmentations de prix sont arrêtées, ou un projet de loi injuste est avancé, la violence surgit. La nouveauté aujourd’hui concerne les luttes intestines qui rongent les structures d’Ennahdha.

Une aile dure à l’intérieur d’Ennahdha opte pour la violence. Le communiqué final du conseil de la Choura n’a fait que soutenir les milices de Tataouine qui avaient assassiné Lotfi Naguedh. C’est une grave intrusion dans l’action de la justice. Nous comprenons pourquoi, ils ne veulent pas changer le ministre de la Justice.

Rached Ghannouchi, tient à Bhiri, pour que le ministère public reste à leur disposition. Ainsi, les milices agissent sans que personne ne les arrête. De même Rached Ghannouchi tient à ce qu’Ali Lâarayedh reste à la tête du ministère de l’Intérieur, pour qu’il n’y ait pas de poursuites contre ces milices.

Cette violence s’exerce au moment même où des cadres des forces de sécurité sont sujets à des mesures disciplinaires. L’état d’urgence est reconduit, à cause du « terrorisme ».

Le secrétaire général du PPDU, un des dirigeants du Front populaire, considère que la violence fait partie cette fois-ci, d’un plan établi pour démanteler les structures de l’Etat pour leur substituer les milices.

Comment faire face à ce projet ?

A cette question, Chokri Belaïd répond en affirmant que son parti et le Front populaire, ont appelé et continuent à appeler à la tenue d’un congrès national contre la violence. Ce congrès permettra de neutraliser et de mettre hors d’état de nuire ces milices ainsi que leurs commanditaires. Il sera l’occasion d’adopter un pacte national civil opposé à la violence. Ce pacte rassemblera toutes les forces politiques et sociales rejetant la violence. « Il faudra promulguer un texte de loi incriminant les agressions contre les activités des partis ainsi que leurs locaux », dit-il.

 Par ailleurs, le PPDU appelle à réactiver l’initiative de dialogue national de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT). Le dialogue national doit permettre d’adopter un programme d’urgence qui sera mis en application par un Gouvernement en nombre restreint. Ce gouvernement aura à créer les conditions propices pour des élections libres et transparentes. «Nous sommes devant une aile d’Ennahdha qui refuse les élections et tient à garder le pouvoir en recourant à la violence qui conduit à l’éclatement des structures de l’Etat pour leur substituer les milices ».

Le tableau est bien sombre.      Hassine BOUAZRA

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:41

L’histoire des modes de scrutin est l’histoire infinie des manipulations électorales. Bien sûr, pour qui souhaite des élections (et je suis de ceux là) il faut penser à un mode de scrutin. Il y en aurait un, totalement équitable qui s’appelle la proportionnelle mais il existe diverses proportionnelles et le fait que l’élection européenne, soit à la proportionnelle n’a pas rendu l’institution démocratique ! Parmi les modes de scrutin, il en est un qui a été éphémère, tellement il était ridicule et injuste, celui des apparentements (en 1951 et 1956). Certains sont sur deux listes car elles sont « apparentées ». Jean Baylet est ainsi « apparenté » avec un pilier de la mairie de droite de Montauban. En 1947 les Radicaux aident la droite à la mairie de Montauban et en 1951 une partie de cette droite aide les Radicaux pour les législatives. L'apparentement électoral est une forme spécifique d'alliance électorale. Dans le cadre du scrutin proportionnel, il permet aux partis qui se déclarent apparentés de concourir séparément lors du scrutin, tout en additionnant leurs résultats pour l'attribution des sièges.

 

Législatives du 17 juin 1951 en Tarn et Garonne

Inscrits : 100 989 ; Votants : 80 863 ; Blancs : 3 121 ; Exprimés : 77 742

 

Liste RPF (gaulliste)

Boscher : 10 227 ; Davet : 9 994 ; De Sainte Marie : 9 964

Moyenne : 10 061

 

Liste Communiste

Juge : 18 348 ; Ardouin : 18 134 ; Vié : 18 073

Moyenne : 18 185

 

Liste Roques (centre droit)

Roques : 7448 ; Dupuy : 6 668 ; Garrigues : 6 657

Moyenne : 6924

 

Listes apparentées

 

Liste RGR (radicaux)

Baylet : 21 038 ; Laplace : 20 455 ; Lacaze : 20 151

Moyenne 20 548

 

Liste SFIO

Ségalas’Talou : 8 052 ; Besombes : 7 726 ; Dupuy : 7 684

Moyenne : 7 820

 

Liste MRP

Lacaze : 8 887 ; Dablanc : 8 528 ; Bachala : 8 395

Moyenne :  8 603

 

Liste Ancel

Ancel : 5 292 ; Bachala : 4 701 ; Ruamps : 4598

Moyenne : 4 864

 

Elus : Jean Baylet, Adrien Laplace, Henri Lacaze (tous ceux de la liste arrivée en tête)

 

Dans le livre, Paul Ardouin, paysan, carnets de mémoire et de luttes, Editions Arcanes 2011, l’auteur évoque quelques moments de la campagne mais l’air de proportionnelle était seulement un air.

« Mon activité au Bureau fédéral et dans les organisations agricoles me vaut de me trouver en seconde position sur la liste présentée aux élections législatives de 1951 ainsi constituée : Pierre Juge, Paul Ardouin, Roger Vié. C'était une élection à la proportionnelle. Nous nous déplacions dans toutes les communes du département, répartis en deux équipes, qui partaient tous les soirs. Nous laissions les camarades les uns après les autres dans les villages où la réunion était annoncée, puis nous les reprenions au retour. Chacun attendait la voiture, seul devant la mairie, une fois la réunion achevée.

C'était d'autant plus stressant lorsque, comme à Gensac où l'on m'avait déposé, je n'ai eu personne à la réunion. De 21 h à minuit et plus, c'était long d'attendre la voiture ! Plus pénible encore ce qui est arrivé à Vié : oublié par le chauffeur, il dut faire appel à un camarade de Lavit. Inutile de décrire sa colère.

La campagne se termina par une réunion à Montauban, Place Prax-Paris, avec plusieurs milliers de participants venus entendre le discours de Jacques Duclos. »

J-P Damaggio

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