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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:15

hommage razoua blog

Nouvelles du Tarn-et-Garonne :

 Le communard de Beaumont-de-Lomagne

C'est à travers les écrits de trois écrivains que l'éditeur nous présente la vie d'Eugène RAZOUA «né » sur les bords tranquilles de la grasse Gimone, descendant sans doute de quelque famille de Sarrasins d'Espagne établie en Gascogne « avec un nom africain RAZOUA». Ainsi commence le récit de Léon CLADEL, bien connu de nos lecteurs.

Il est le fils (I) d'un père notaire et royaliste et se trouve placé au séminaire d'où il s'échappe pour gagner, tout jeune, l'Amérique du sud où il séjourne durant quatre ans en divers pays. À vingt ans il regagne la France, s'engage dans le 5ème régiment de chasseurs à cheval, recommandé par sa tante la marquise de Cambis ! Mais, ayant épousé la belle Marianne, donc devenu républicain, il est envoyé au 3ème Spahis en Algérie où il se révèle plus ou moins rebelle à ses chefs, vivant le plus possible avec les indigènes. Courageux comme le montre l'auteur, « il en avait assez de ces officiers impertinents, féroces, dépravés et nuls en la société... »

Nous avons une belle description comme sait le faire CLADEL de RAOUZA. « drapé dans son vaste burnous rouge il sera quelques années plus tard, député de la Capitale, gagné par cette immortelle religion du progrès dont nous sommes les humbles desservants : cette foi républicaine. »

Tony REVILLON nous conte alors l’épisode parisien où il écrit « Ses souvenirs d'un spahi ». Il débute dans les lettres, participe à des journaux, devient un proche de DELESCLUZE, futur héros de la Commune de Paris (1871). Celui-ci s'écria au moment de la faillite de Napoléon le Petit : « Il suffirait de vouloir pour faire sortir des merveilles d'entre les pavés de Paris », phrase prémonitoire «Mais ceux qui tenaient le pouvoir ne voulaient pas » ajoute l'auteur.

Élu député... il ira jusqu'au bout de ses responsabilités au sein de la Commune. Un parcours qui le mène, échappant ainsi à la mort, en exil à Genève. Un de ses amis. Arthur ARNOULT nous dit ce dernier épisode de la vie de ce héros de la Commune, de cette vie d'exilé poursuivi par la haine versaillaise, ici révélée, en ses différentes manifestations.

Et viennent ensuite deux extraits des publications de RAZOUA révélateurs de ses qualités d'écrivain, suivis de deux autres témoignages le concernant.

Décidément RAZOUA mérite d'être connu !

Michel VEYRES

 

(I) Hommage à Eugène RAZOUA, Écrivain natif de Beaumont de Lomagne » Ed. La Brochure 2013 (50 p. 5 euros)

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:16

                                        couv garcia

Nous reprenons ici un chapitre du livre ci-dessus que nous venons de publier. JPD

HOMMAGE

à  Joaquín  Arasanz Raso «VILLACAMPA »

par  Claude  MARTI, (chanteur, poète et romancier)

(Article dans  la Dépêche du Midi).

 

« Adíos, guerrillero !

 Joaquin, j’avais le sentiment que la mort ne te concernait pas, qu’elle t’ignorait après t’avoir classé irrécupérable : trop vif, trop rapide, trop imprévisible pour sa faux…Sûr que tu lui avais mené une vie impossible, à la mort ! Elle  avait, des années durant, perdu le souffle à te poursuivre dans les hameaux du bout du monde; elle s’était abîmée à crapahuter derrière toi par les sentiers coupants réservés aux transhumances et aux guérillas. Le Languedoc, pour commencer, et l’Aragon, ensuite, elle les avait pris en haine : ces mas, ces bordes, ces casals, ces caserios perdus où vous abritiez vos nuits lui sortaient littéralement par les orbites !

       Elle s’en était donné du mal pour t’avoir ! Elle avait tout essayé: embuscades et longues traques. Vital pour elle, car elle avait reconnu en toi, en vous, les maquisards, ses ennemis fondamentaux : en cette année glaciaire 1944, l’intelligence de l’humanité se réchauffait peu à peu à votre jeunesse, la conscience de notre espèce « que l’on disait moribonde »  avait, parmi vous, établi sa base de reconquête. Tout ça, elle le savait, la camarde, et ça lui ternissait le rictus. Elle venait de vivre des moments fastes, elle avait bellement et longuement tué : magnifique temporada que la saison 1936-44, sous l’œil connaisseur des seigneurs de la guerre, croisés de la croix gammée ou ordinaire.

La solution finale du problème humain était en vue…et puis vous voilà !

         Au début, on n’aurait pas misé une peseta franquiste ou un franc de Vichy sur vos maigres cohortes. Sales, mal rasés, grotesquement fargués et armés. « Excellentes dégaines de terroristes ! », s’esclaffait la France rance, son maréchal gâteux et ses milices. La mort ne riait pas, elle. Votre existence lui engluait le sabre, il lui fallait redoubler d’efforts. Elle mit en œuvre ses meilleures recettes : délation, torture, cages, camps, pelotons, pendaisons. Peine perdue. Malgré les mille douleurs, c’est que vous aviez fini par lui briser les os et shooté à suivre dans son ballon de crâne vide : sous le soleil ressuscité d’août 1944, le Languedoc définitivement libéré. Et vous, les Espades, les maquisards guérilleros, il ne vous restait plus qu’à libérer  l’Espagne.

       Cap au Sud ! Franco allait tomber comme une vieille figue flasque, sous le vent formidable de l’Histoire.

       Erreur : en automne 1944, l’Histoire n’avait prévu aucun rendez-vous  officiel avec le haut Aragon. Elle avait trop à faire du côté du Rhin. Guérilleros, vous camperiez seuls sur quelques villages libérés, sur quelques kilomètres-carrés de victoire. Seuls et oubliés : cette nouvelle aventure de vos vies n’avait pas de futur immédiat.

       Joaquin, tu te racontais sans amertume : neuf ans de guerre et de guérilla, dix sept ans de prison  ! Ce jour là, nous savourions un « fino » dans la salle à manger de ton HLM, Barbastro, banlieue Nord, un dernier étage choisi pour son panorama : le proche horizon des oliviers et l’immense décor de la sierra Ferrera… La sierra Ferrera où la raison des Etats se partageant le monde vous avait, jadis, laissés pour compte : « Claudio, tu sais, là-haut, j’ai souvent vu s’ouvrir la bouche de la mort. Elle me crachait un morceau de ferraille, mais toujours trop tard. Je n’en ai jamais eu peur : pour mourir vraiment, faudrait savoir qu’on est mort…et ça n’arrive jamais ! »

       Joaquin, elle a quand même fini par t’avoir, miss orbites creuses ! Elle a dû te poignarder le dos, pendant que tu dégustais un vin  blanc andalou tout en contemplant les oliviers du Somontano.

Je ne me fais aucun souci pour toi, Joaquin : tu ne peux être mort, puisque tu ne le sais pas.

       Mais nous, nous voilà d’un seul coup plus fragiles et plus pauvres.

       Un saludo, guérillero !

                                                                        Claude MARTI

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:12

                                   serge-bouchard.jpg

 

Je n’ai rien à voir avec Serge Bouchard et pourtant il me ressemble tant ! Etrange sensation.

Rien à voir avec lui car, ma condition de fonctionnaire dès l’âge de 15 ans, à fait que je n’ai pas consacré une minute de ma vie à chercher du boulot alors que lui, il a été contraint, malgré ses références, à aller de job en job.

Et pourtant il me ressemble dans cette position constante de sa vie à être à contre-courant. « Pour être rebelle, de nos jours, il suffit d’être humain. » Et cet anthropologue était déjà tellement humain aux temps anciens de sa jeunesse qu’il se lança dans l’étude de la culture des camionneurs de longue distance dans le Nord québécois. Une thèse d’anthropologie sur les truckers ! (et j’entends son accent québécois en prononçant cet anglicisme !) (dans : Je suis l’anthropologue)

 Rien à voir avec lui car dans le livre en question, il raconte sa vie, ce que je ne me suis jamais laissé aller à faire, ou si peu.

Et pourtant il me ressemble quand il dénonce le piège de la vitesse : « Il faut que la vitesse soit haute, autant que la lumière, ce qui compresse l’espace au point de l’aplatir. Ce faisant le temps disparaît, la terre suit son sillage… » « Il en va des nations comme des personnes : le vieux est hors sujet, le passé est inutile et « l’instant même » est tout ce qu’il nous reste. »

(dans La vie heureuse de Pancho Villa)

      Rien à voir avec moi car il est Québécois et que je suis Français.

Et pourtant il me ressemble quant à ses rapports avec Dieu. « Je n’ai jamais cru en Dieu. Disons que je n’en ai jamais fait grand cas. » Sauf qu’au Québec cette position est plus exceptionnelle qu’en France surtout que la mère aussi était anticléricale !

(L’itinéraire d’un enfant gâté par la malchance)

      « Une seule chose est sûre : mourir nous libère de la mort. Ce qui n’est pas rien. »

Merci à Serge Bouchard pour sa détermination audacieuse. J.-Paul Damaggio

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:06

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L’association de sauvegarde du patrimoine de Castelsarrasin ne rate jamais la rentrée. L’an dernier un hôtel était à l’honneur et cette année ce sont les taques. Les Editions La Brochure ont apporté leur soutien à l’opération en aidant à la publication de 80 dessins et leurs commentaires. Un document unique en format A5 pour 9 euros que vous pouvez obtenir auprès de l’association. La présentation faite par le journaliste de La Dépêche étant parfaite, nous vous y renvoyons. Jean-Paul Damaggio

 

 Castelsarrasin. Des «taques» pas en toc à découvrir à la sous-préfecture

 Bernard Ouardes, le président de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Castelsarrasinois (ASPC), a toujours un as à sortir de sa manche pour donner du lustre à une conférence. Il fut un temps, pas si lointain, où il défraya la chronique dans ces mêmes colonnes en évoquant la mémoire des dames de petite vertu de la sous-préfecture tarn-et-garonnaise. Un exposé sur la prostitution qui, dit-on, établit un record d’assistance à l’ASPC. Le thème sera à nouveau évoqué dans le futur opus sur l’histoire de l’Usine de Castelsarrasin que Bernard Ouardes rédige actuellement. Affaire à suivre...

 80 croquis de Vasilières

 En attendant, Journées européennes du patrimoine (les 14 et 15 septembre 2013) obligent, qui plus est lorsqu’elles sont accueillies dans le cadre de l’ancien couvent des Ursulines, c’est une exposition aux mœurs moins délurées qui invitera, le week-end prochain, le promeneur à s’aventurer au cœur des chaumières castelsarrasinoises. Bernard Ouardes proposera, en effet, d’aller à la rencontre des «taques», ces fameuses plaques apposées contre le mur du fond l’âtre des cheminées des demeures castelsarrasinoises dans les années 1950-1957.

 Durant cette période, grâce à l’amabilité des propriétaires, l’historien Paul Vasilières a réalisé plus de 80 croquis de plaques de cheminées représentant différents sujets : bibliques, religieux, mythologiques, historiques et divers. Bernard Ouardes ayant eu la chance d’accéder au fond Vasilières, ce patrimoine vivant est donc bel et bien conservé. À ce jour, suite à un inventaire récent, seule une dizaine de plaques de cheminées restent toutefois visibles, les autres ont disparu des demeures castelsarrasinoises. Parmi les plaques encore existantes, la «taque» d’époque Renaissance à l’hôtel de ville, salle Henri Pottevin, ayant pour sujet un des thèmes les plus représentés : «Jésus et la Samaritaine».

 L’ASPC vous propose donc de venir nombreux découvrir une quarantaine de croquis commentés, réalisés par Paul Vasilières, ainsi que des documents concernant ses recherches. Cette exposition, en partenariat avec la sous-préfecture et la municipalité de Castelsarrasin est ouverte au public à l’ancien couvent des Ursulines, aujourd’hui sous-préfecture de l’arrondissement de Castelsarrasin.

 Heures d’ouverture de l’exposition : samedi 14 septembre de 14 heures à 18 heures ; dimanche 15 septembre : de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Baptiste Gay

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 20:58

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 En Tarn-et-Garonne qui ne connaît pas, l’aujourd’hui centenaire poète occitan, écrivain généreux qu'est Nadal Rey ? Comme l’indique le titre du journal c'est l’homme des jours heureux. Il mérite et méritera toujours l’admiration de tous. Il a d'abord organisé les clubs du troisième âge sur sa commune, son département, sa région et enfin la France. Peu soucieux de s'arrêter en chemin il a donc créé l'organisaiton internationale, ce qui lui a permis de trouver l'amour en Argentine...

Bref, un article ancien qui ne nous rajeunit pas... sauf lui peut-être ! JPD

 La Dépêche 15 février 1983

Les jours heureux

C'est un Tarn-et-Garonnais, M. Noël Rey, qui présidera le Congrès international des personnes âgées.

Le troisième colloque international de la F.i.a.p.a. (Fédération internationale des associations de personnes âgées) se tiendra du 12 au 17 mai, à Mérano, dans la région du Tyrol italien, sur le thème : « La Personne âgés, image et réalité ».

Créée il y a deux ans, la F.i.a.p.a. groupe à ce jour, une centaine d'associations appartenant à une dizaine de pays d'Europe, d'Afrique et d'Amérique du Nord. Rien que pour la France, les associations affiliées représentent quelques deux millions de personnes.

Il est intéressant de noter que cette importante organisation internationale, en constant développement, est présidée par un Tarn-et-Garonnais, M. Noël Rey, de La Ville-Dieu-du­Temple.

Elle a déjà permis de fructueuses rencontres entre retraités de pays différents, notamment par des échanges entres associations. Et aussi de faire entendre la voix des retraités lors de grandes réunions internationales, comme l'assemblée mondiale sur le vieillissement qui s'est tenue dernièrement à Vienne.

Chaque année, la F.i.a.p.a. organise un grand colloque auquel toutes les associations affiliées sont invitées à participer. Après l'Espagne, l'an passé, c'est donc l'Italie du Nord qui accueillera le colloque de cette année.

Selon les premières inscriptions, on prévoit que 3.000 retraités venus d'une dizaine de pays seront au rendez-vous. Y participeront, par ailleurs, nombre d'éminentes personnalités, telles que M. Pétrilli, vice-président du Conseil de l'Europe; M. Senghor, ancien Président de la République du Sénégal, et des représentants de l'O.n.u., de l'Unesco et de l'O.m.s.

Les travaux des deux premières journées permettront aux retraités eux-mêmes de réfléchir sur l'image et la place de la personne âgée dans la société d'aujourd'hui.

 

Ils seront suivis par une conférence des experts, plus spécialement destinée à ceux qui, dans des disciplines différentes, s'occupent des problèmes du troisième âge. Ce colloque est ouvert à tous les retraités, ainsi qu'à toutes personnes intéressées par ces problèmes. Il n'est pas demandé de droit d'inscription, et un forfait spécial pour les cinq journées est consenti par les hôtels. En outre, sont prévues diverses possibilités d'excursion (lac de Gardes, dolomites, Venise). 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 20:35

 

 _MG_0730.jpg

Lieu génial, hautement culturel, l’œuvre d’un humaniste.

Lieu changé en centre de torture, hautement toxique.

Lieu changé en mémoire  l’aide d’une citation.

Invité surprise pour ça : Mario Benedetti.

"El olvido está lleno de memoria".

“L’oubli est plein de mémoire”.

Elles s’appellent : Ángela Jeria et Michelle Bachelet.

La mère et la fille.

Dans cette maison elles survécurent.

L’une est même devenue présidente de son pays.

Hier elles ont posé un œillet rouge sur la liste des morts.

Avant-hier, des dizaines de milliers dans les rues ont manifesté.

Quarante ans après.

Quarante ans après, El Mercurio est toujours là.

Ce journal a rendu compte de la manifestation.

Pour retenir la centaine de casseurs.

C’est classique, c’est mondial, c’est meurtrier.

Si vous voulez frapper les médias, cassez, cassez et cassez encore.

Du moins certains médias comme El Mercurio.

Un jour à la Maison Neruda de Santiago un seul journal était à disposition.

El Mercurio !

Bref, le journal Le Monde a écrit ceci sur la manifestation chilienne.

« Chili : grande manifestation pour le 40e anniversaire du coup d'Etat de Pinochet

Des dizaines de milliers de Chiliens ont défilé pour la défense des droits de l'homme, dimanche 8 septembre dans la capitale Santiago, à deux jours du quarantième anniversaire du coup d'Etat du général Augusto Pinochet.

Des incidents entre une centaine de manifestants et la police ont eu lieu à la fin de la manifestation, qui a rassemblé environ 60 000 personnes selon les organisateurs. Cette marche est convoquée chaque année par l'Assemblée nationale des droits de l'homme.

Les proches de victimes de la répression pendant la dictature portaient quelque 2 000 photographies de détenus et de disparus. Des pancartes proclamaient : "Quarante ans après le coup d'Etat, rien ni personne n'est oublié."

Portant des banderoles et scandant des slogans contre la dictature, qui s'est imposée au Chili de 1973 à 1990, les manifestants ont défilé pendant près de deux heures au rythme des tambours, avant d'arriver au cimetière principal de Santiago, dans lequel se trouve un mémorial consacré aux victimes de cette sombre période.

"Depuis quarante ans, cette marche montre que nous ne nous lasserons pas de demander à savoir ce qui est advenu de nos détenus et de nos disparus, nous exigeons la justice et la vérité", explique Lorena Pizarro, président du Groupe des familles de détenus et de disparus.

 PIERRES ET BÂTONS

Au cours d'incidents survenus à la fin de la marche, une centaine de manifestants masqués ont détruit du mobilier urbain, édifié et incendié des barricades, et affronté avec des pierres et des bâtons la police, qui les a dispersés avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

 La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait plus de 3 200 morts et plus de 38 000 personnes ont été torturées, selon des chiffres officiels. Le général Pinochet est mort le 10 décembre 2006 sans avoir été condamné par la justice. »

 

 

Le Chili du 11 septembre, ce n’est pas un anniversaire, c’est un tournant de notre histoire. Jean-Paul Damaggio

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 17:24

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Teresa Silva de Izquierdo n’était pas une femme de gauche. Epouse d’un professeur qui en 1973 travaillait à l’Université du Costa Rica, le 11 septembre juste avant le coup d’Etat, elle était parti au centre ville de Santiago pour lui envoyer un télex (le mail n’existait pas). Elle avait vécu son enfance dans le centre-ville et le connaissait donc très bien. A y voir les camions de militaires, elle fut très étonnée. Elle croisa une jeune femme toute aussi intriguée qu’elle. Le bombardement de la Moneda avait eu lieu et marchant dans les rues elles passent par la rue Morandé. Là, un militaire gardait une porte et elles lui demandent si elles peuvent entrer voir la situation. A leur grande surprise, le militaire les laisse entrer et décide de les accompagner pour une visite aidé d’une pile électrique. Tout est brûlé, tout est impressionnant. La plus jeune femme commence à avoir peur et demande à sortir. Le soldat leur dit : - si mes chefs savent que je vous ai fait visiter, je suis fusillé !

De quoi mettre l’ambiance…

Teresa, la jeune femme et le soldat prennent le chemin du retour mais dans les escaliers, Teresa découvre un objet brillant, elle se baisse, le ramasse et c’est un morceau de lunettes. Ce sont les lunettes d’Allende dit-elle, et le soldat lui confirme qu’ils les avaient cherchées sans succès et qu’elle peut les emporter.

 

Elle casse alors le morceau de lunettes dans une boîte à gâteaux et elle a porté le tout, en 1996 (!) à Sofia Correa Sutil, directrice du Musée du centre ville en lui racontant cette histoire.

Mais comment être sûr qu’il s’agissait des lunettes d’Allende ?

Carlos Jorquera, Isabel Allende et d’autres furent invités à étudier le cas, et le fait est devenu incontestable, ce sont bien les lunettes d’Allende. Le mari de Teresa était professeur d’histoire et ils avaient la conscience de l’importance de tels « documents », importance qui va relancer un débat, celui du suicide, ou de l’assassinat du président. En effet, c’est clair, les lunettes furent partagées par une balle, une balle qui le suicidé a eu du mal à tirer.

Mais l’in-justice veille et comme pour Neruda tout reste obscur concernant ces deux décès emblématiques. JPD

Source : Rocinante n°18 avril 2000.

 

 

 

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:26

Cet article du Monde diplomatique de Janvier 2004 est ainsi présenté dans le journal : « Décédé le 18 octobre 2003, Manuel Vazquez Montalban (né à Barcelone en 1939) était n ami et collaborateur du Monde Diplomatique ; c’était aussi un immense écrivain et militant en lutte permanente contre les injustices et les inégalités sociales. En hommage à son talent et à son engagement nous publions ce texte inédit, adapté d’une conférence prononcé à Alicante en 2001. » J’étais moi aussi à l’époque un ami de ce journal jusqu’en octobre 2005. Ce texte de Montalban, que je partage totalement, n’aurait sans soute pas trouvé place dans le Monde Diplomatique d’aujourd’hui, journal où d’ailleurs il fut très rarement présent. J-P Damaggio.

  

EN TANT QUE PATRIMOINE, la culture est ce long fleuve qui mène à une génération déterminée d'êtres humains, qui leur transmet des valeurs morales et esthétiques, des idéologies, l'histoire, des codes et des symboles... C'est-à-dire tout un riche patrimoine élaboré par les aînés et que les générations nouvelles reçoivent lorsqu'il existe un point de rencontre possible entre cet apport et le récepteur de cette formidable offrande.

Les révolutionnaires ont toujours remis le passé en question, et pris une certaine distance à l'égard de ce patrimoine, le considérant comme le produit des anciennes classes dominantes, vaincues dans la lutte pour le pouvoir, et qui avaient détenu le contrôle de l'histoire.

Telle fut l'attitude de la Révolution française et de la révolution d'Octobre : mettre en quarantaine la culture héritée en l'accusant d'être féodale, d'appartenir à la classe déchue. Lors de la révolution soviétique, sans doute la plus radicale qui ait jamais existé, eut lieu la fameuse polémique entre « culture prolétaire » et « culture bourgeoise ». Certains théoriciens de la révolution avancèrent la thèse de la politique de la table rase, pour éradiquer l'héritage des ancêtres et y substituer la culture de la nouvelle classe prolétarienne. Contre cette position, avec la farouche volonté de sauvegarder le patrimoine culturel, s'éleva Léon Trotski en personne. Il proclama que la culture, précisément à cause du changement politique, avait cessé d'être une « culture bourgeoise » pour devenir une « culture humaine ». En conséquence, la révolution devait faire en sorte que ses valeurs soient assimilées par l'ensemble du peuple en vue d'inaugurer une nouvelle ère historique.

Nous avons ici un début de solution au problème. Ce qui donne un caractère régressif au patrimoine culturel, ce n'est pas le patrimoine lui- même, mais l'instrumentalisation de celui-ci par les forces régressives et l'impossibilité pour la majeure partie de la société de l'assumer. On peut cependant y parvenir à partir d'outils simples, comme l'extension de la lecture par la généralisation de bibliothèques ; une volonté de vulgarisation des arts en favorisant leur pratique et leur diffusion ; une politique qui renverse les barrières d'une conception marchande de la culture, empêchant un secteur social déterminé d'en avoir la jouissance exclusive.

Vient ensuite la culture comme conscience, sa forme la plus omniprésente. A partir de l'instant où ils sont conscients de leur situation et de leurs relations avec leurs congénères et avec la nature, tous les êtres humains ont une culture. De cette constatation émane une série de conceptions culturelles. Tout ce qui est conscience de l'être, de l'existence, des rapports avec le monde et avec autrui. C'est pourquoi, lorsqu'on se permet de faire une distinction entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas de culture, on fait preuve d'arbitraire et d'un analphabétisme accablant.

Toute personne capable d'avoir conscience de ce qu'elle est et de ce qu'elle fait et, surtout, du rôle qu'elle a dans les relations avec autrui possède une culture. Nul ne peut être exclu de ce royaume.

FACE À CES DEUX CONCEPTIONS - culture comme patrimoine, culture comme conscience — se sont exercées traditionnellement deux politiques, deux tentatives de manipulation politique.

D'une part, la politique culturelle de la réaction, consistant à accaparer la culture-patrimoine et la culture-conscience pour les incorporer à un ensemble de vérités établies, et à faire de l'accès à la culture une manière de s'intégrer dans une mécanique de communion avec l'ordre établi. Cette politique a tendu, dans le meilleur des cas, vers la culture comme moyen d'intégration, mais aussi à sa mutilation, à son contrôle dictatorial, voire à sa destruction, à sa falsification ou à sa mystification, caractéristique des périodes fascistes.

En général, les forces progressistes, elles, partent d'une prise de conscience, et donc d'une position critique qui remet en question l'ordre établi et a pour dessein de le changer. Cela s'applique à la culture comme conscience. En revanche, en ce qui concerne la « culture-patrimoine », la gauche a évité de s'en emparer pour tenter de la faire cadrer avec ses propres motivations.

Toute politique culturelle de la gauche devrait d'abord passer par l'assimilation sans réserve de la culture patrimoniale. Ensuite, par la promotion du rôle modificateur de la conscience critique. Et enfin, par l'analyse de la façon dont une politique culturelle de progrès doit considérer la promotion d'une conscience de classe comme une forme supérieure de culture.

Avoir conscience qu'une politique culturelle doit tenir compte du degré de développement de la dynamique historique à l'intérieur d'une conception globale du progrès oblige la gauche à fournir un effort titanesque : la remise en question du sens même du progrès.

CORNELIUS CASTORIADIS affirmait que le grand choix de notre époque était entre « socialisme ou barbarie ». En imposant ce choix, il mettait en relation deux cultures différentes, deux conceptions opposées de la relation historique englobant les systèmes d'organisation de la vie, de la production, des relations humaines. L'une basée sur le bénéfice, la réussite matérielle pour les minorités dirigeantes et les secteurs dominants. L'autre fondée sur le socialisme, établi comme rationalisation face à cette barbarie, et créant de nouvelles relations humaines, une nouvelle culture, la possibilité d'une nouvelle autonomie de l'homme dans la réalité. Le socialisme se présente comme un véritable carrefour où convergent toutes les clés qui donnent un sens à la circulation de la culture.

T.S. Eliot, excellent poète de droite, a décrit ce que signifiait chaque situation culturelle. Pour l'homme contemporain, comprendre que le fait culturel se perpétue, se poursuit à partir d'un relais dialectique entre tradition et révolution est l'essence même de la culture. A chaque époque correspond une tradition culturelle qui se heurte à la conscience critique du moment ; de ce choc entre le patrimoine culturel dont nous héritons et la conscience critique émane la possibilité d'une continuité. Eliot a identifié cette mécanique de compréhension de la culture, et nous devons l'en remercier.

En s'engageant pour une culture de progrès (nullement réservée à la gauche), les forces progressistes en général assument la tradition et, de ce fait, le patrimoine culturel ; en misant sur la révolution, elles ajoutent à ce patrimoine culturel une conscience critique. Mais, pour y parvenir, elles doivent offrir au monde une vision fondée sur une idée fondamentale, apparentée au choix « socialisme ou barbarie » : la nécessité de survivre face aux tendances destructrices.

Une fois la lutte pour la survie gagnée — premier objectif —, le deuxième objectif est une culture d'égalisation, qui ne viserait pas à uniformiser, mais à assurer la satisfaction des besoins, entre autres culturels, de tous les êtres humains.

Troisième objectif : une culture de libération, de lutte contre l'aliénation ; non dans le sens marxiste (selon lequel l'homme dépourvu de moyens de production ne possède pas ce qu'il fabrique et s'éloigne du produit qu'il a élaboré), mais dans le sens le plus large du terme : la libération des tendances aux religiosités négatives, aux communions obscurantistes qui annihilent toute capacité critique. La désaliénation dans le sens de la liberté des conduites aussi bien collectives qu'individuelles dans le domaine politique, moral ou sexuel.

LE  QUATRIÈME OBJECTIF est la revendication de la paix comme valeur culturelle suprême. Il est indispensable de dénoncer la guerre

comme valeur idéologique de contre-révolution. La menace de guerre vise à établir une culture de peur, qui paralyse les consciences, les rend plus conservatrices. A l'opposé, la revendication de la paix est révolutionnaire parce qu'elle mise sur le changement. La paix parie sur les énergies créatives de l'homme, sur sa liberté d'expression, de réalisation, de transformation. Les forces du progrès sont majoritaires et, lorsqu'elles en seront conscientes, les partisans d'un ordre archaïque resteront isolés.

 

La gauche doit se battre sur deux fronts : défendre sa propre conscience et lutter contre cette peur qu'on cherche à nous transmettre comme valeur culturelle suprême. Pour que les patrimoines culturels demeurent enfin à la portée de l'immense majorité...

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:18

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Une de l'Huma le 16 septembre 2012

Le groupe Zebda lança un tube Motivés qui est devenu un nom de liste aux municipales de leur ville en 2001 Motivé-e-s (puis un parti politique mais qui refusait le nom de parti) si bien que le mot fut en vogue pendant toute une époque.

Le spécial Huma indique : 800 adhésions. Jean-Pierre Léonardini confesse que physiquement il ne supporte pas la foule sauf… à la Fête de l’Huma. Zoé Lin est en première ligne pour le compte-rendu. Marie-George Buffet en vedette, Robert Hue en fait de course à la tête du PCF. La grande scène : des noms perdus de vue : Tiken Jah Fakoly ; Yannick Noah.

Robert Guédiguian revient sur la Fête qu’il a abandonnée depuis 1980. Le titre de l’article : « Fractures, Samba et tragique marseillais ». C’était du temps de la lutte des Moslez-France à Lille. Trillat a fait un documentaire avec comme musique une valse de Marc Perrone. Même le fils Lubat, 9 ans, est en verve ! Donc inévitablement Michel Portal. Pourquoi Guédiguian avait-il fui la Fête ? « Ayant trop vécu l’enthousiasme des années 70 il avait eu peur de revenir ». « Peut-être qu’on est arrivés assez loin, maintenant, pour que ça recommence. » Mystère.

Et le mot de Ferrat :

« J’ai battu Guédiguian » dit Jean Ferrat qui déjeune avec José Bové, Edmonde Charles Roux et Ernest Pignon Ernest en attendant de participer au débat sur la fracture culturelle avec le cinéaste Pascal Thomas et l’historien Michel Vovelle. « Moi, je n’étais plus venu à la Fête depuis trente ans. C’est sûr, cela me ferait plus d’effet si j’étais derrière la grande scène à attendre à passer, en vedette, le dimanche après-midi comme ce fut le cas à l’époque. Je n’ai pas vu le temps passer. Les choses ont changé. Moi pas. »

« Je vais parler de mon métier, de ce que je connais, des dizaines de gens de la chanson qui font des choses remarquables et qui n’ont aucune place dans les médias. Cela va-t-il continuer ? Catherine Tasca ne m’avait pas répondu lorsque je l’avais interpellée. Le nouveau ministre, Jean Jacques Aillagon, me paraît être sur des positions intéressantes quant à la diversité, quant au pluralisme dans ce domaine. C’est une        affaire d’Etat. Des mesures. »

 

J. Ferrat

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:15

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Les plaisirs de la vie font que plusieurs morceaux du Québec sont arrivés jusqu’à Angeville. Et en particulier cette revue étrange pour un Français. Par le format, la périodicité (deux fois par an), l’épaisseur on sent la revue de référence qui, ne pouvant coller à l’actualité, offre des articles de fond. Les rubriques du sommaire ont de quoi désorienter le cartésianisme : ouverture, recits-essais-reportages, commentaires. On n’est pas dans le genre : économie, société, culture.

Et au sein de chaque rubrique on est un peu désorienté. Mais tout le plaisir est là. Ainsi dans la partie ouverture je me précipite avec un immense plaisir vers : Medellin, la ville qui réapprend à rêver. Un article qui avait toute sa place avec les reportages. Ainsi donc c’est possible Medellin n’est plus la ville où le soir il ne faut pas s’arrêter au feu rouge sous peine de racket !

Les articles ont parfois une seule page ou deux. Ainsi j’apprend que l’Italie est championne du monde en traduction de livres québécois mais je pense que ça doit être vrai dans bien d’autres langues car pour l’espagnol par exemple je suis souvent sidéré par la rapidité et la richesse des traductions en cette langue.

J’y apprends la bouffe de rue et donc je sais tout de l’urbanisme tactique. La poésie comme la BD sont au rendez-vous.

Et l’idée de caser un grand texte dans chaque numéro m’a poussé à lire Sénèque !

 

Surprenant Québec ! JPD

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