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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 17:28

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Parmi les mille combats de Michel Ferrer en faveur de la littérature et la culture en général je retrouve cette trace que j’avais oubliée. En Tarn-et-Garonne et ailleurs, Michel, de son cher Saint-Antonin Nole-Val ne cesse pas d’honorer l’humanisme. JPD

  

«Quelque part en France»

Une exposition de revues culturelles à Montauban. Les Montalbanais devraient considérer cette visite comme un événement. Certes, il ne s'agit pas d’une première. Notre ville n'est qu'une étape. Qu'importe : il fallait qu'elle le soit.

En effet, « Quelque part en France » est une exposition itinérante. Ce Tour de France des revues culturelles — manifestation culturelle s'il en est — a pris le départ à Prades, dans les Pyrénées-Orientales, le 12 octobre 1983. De Perpignan à Tours, de nombreuses villes l'ont accueilli, persuadées que ce voyage on ne peut plus original devait immanquablement passer par la cité et ce non seulement pour saisir l'occasion d'une action culturelle, mais aussi pour le profit de la culture locale, voire régionale. Car la revue culturelle est — on le sait bien — l'instrument de culture et de formation idéal. Support intellectuel se situant entre le journal et le livre, elle est au service d'une multitude de chercheurs, de passionnés ou de curieux, et ce dans tous les domaines. Mois après mois, elle apporte les dernières trouvailles, les nouveautés, les tendances actuelles et futures.

D'où nous vient cette exposition quelque peu inhabituelle? Elle est l'idée géniale et désintéressée d'un ancien professeur d'Histoire en résidence à Prades, M. Louis Monestier, qui fut durant quinze ans le maire de la vieille cité catalane.

C'est à quoi « Quelque part en France » est une excellente initiative, d'ailleurs saluée comme telle tout au long de son itinéraire de colporteur. Elle est (et se veut avant tout) un des aspects concrets de la décentralisation culturelle.

Il faut savoir — car on l'ignore — que notre pays compte plu- sieurs milliers de revues. Elles sont, pour la plupart, bien faites et intéressantes. Certaines sont spécialisées, d'autres renouvellent leur thème à chaque numéro, d'autres encore cumulent plu- sieurs disciplines. C'est dire combien il est difficile de les connaître toutes. Même les bibliothèques municipales sont tenues à faire un choix (délicat) et se limitent à proposer à leurs lecteurs une dizaine d'entre elles seulement.

M. Monestier nous présentera, commentaires à l'appui, plusieurs dizaines de titres (de 1975 à 1980 sans doute) dont « Auta » (Toulouse), « Brèves » (Villelongue-d'Aude), « Les Cahiers de Simone Weil » (Paris), « Cirque dans l'univers » (Vincennes), « Feuillets poétiques et littéraires » (Niort), « Oc » (Montpellier), « Le Revelh d'Oc (Balma), etc.

Vous aurez donc l'occasion de découvrir et de feuilleter une bonne quantité de revues dont certaines sont bien de chez nous. Car le Tarn-et-Garonne a, lui aussi, sa richesse dans ce domaine.

Le 14 mars, entre 9 heures et 18 heures, ne laissez pas passer cette chance. Elle vous est offerte. Profitez-en. M. Monestier se tiendra à votre disposition pour vous donner tous les renseignements que vous souhaiterez obtenir.

Michel FERRER.

 

REVUES ET PUBLICATIONS LOCALES EXPOSEES

BAROQUE, Revue internationale Félix-Marcel CASTAN Administrateur Général du Centre International de Synthèse du Baroque 30, rue de la Banque 82000 MONTAUBAN

BULLETIN DE LA SOCETE DES AMIS DU VIEUX SAINT-ANTONIN ET DE SA REGION Georges JULIEN, Président Salle des Archives, Mairie 82140 SAINT-ANTONIN NOBLE-VAL

BULLETIN DE LA SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DE TARN-ET-GARONNE

Jean-Claude FAU, Président Ancien Collège Rue des Soubirous-Bas, MONTAUBAN

BULLETIN DU MUSEE INGRES édité par la Société des Amis du Musée Ingres

Robert GUICHARNAUD, Président 66, rue Fragneau, MONTAUBAN

MÔSTRA Pour une Occitanie expérimentale Félix-Marcel CASTAN, Directeur 30, rue de la Banqué, MONTAUBAN Rédaction : 1, rue Vieille-Commune 34700 LODEVE

MOZAIQUE Revue de l'Association Mozaique 27, rue des Soubirous-Bas 82000 MONTAUBAN

RECUEIL DE L'ACADEMIE DE MONTAUBAN, André CAMBEDOUZOU, Président Ancien Collège Rue des Soubirous-Bas, MONTAUBAN

RICOCHET Bulletin de liaison de l'Association des Amis de la Bibliothèque Centrale de Prêt de Tarn-et-Garonne (B.C.P.) 7, avenue du 10ème Dragons 82000 MONTAUBAN

 

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:21

L'hebdo communiste, FRANCE NOUVELLE - N° 1262 - 14 JANVIER 1970, a publié cette contribution au débat du XIXème Congrès du PCF. Avant de l'effacer de mes archives, je la case sur ce blog, car la question est symbolique de débats permanents dans le monde intellectuel. Bien sûr on ne parle plus de "production littéraire" mais toute la question de la nature de l'art est ouverte. Ce point nous rappelle qu'au PCF le débat avait lieu même si la direction en contrôlait la fonction. J'étais alors dans le camp de A. Dastre et je le suis encore. JPD

 

A. DASPRE Toulon (Var)

DANS un projet d'amendement, publié dans « France Nouvelle » du 10 décembre 1969, le camarade Alain Detoulat (Ivry) déclare à propos de l'expression « le rôle créateur » des intellectuels (thèse 8) que « le mot créateur a son relent de métaphysique. Les recherches actuelles — centrées par exemple autour de « La Nouvelle Critique » et « Tel Quel » — ont pourtant fait leur sort aux MOTS de la bourgeoisie (cf. l'interview d'Althusser à l' « Unita », «La Pensée », avril 1968), « producteur » conviendrait sans doute mieux.

Cet amendement me suggère plusieurs remarques :

1°) Pour justifier son amendement, A. Detoulat se réfère à un article d'Althusser. Dans cet article, Althusser souligne la nécessité de se battre « contre les mots équivoques, pour les mots justes » — ce qui parait normal (1). L'ennui est qu'il donne un exemple très discutable reprenant une idée déjà exprimée dans ses travaux antérieurs, il considère que le marxisme n'est pas un humanisme et que le mot humanisme doit donc être rejeté de notre vocabulaire (article cité, p. 33). Cette opinion avait été longuement discutée au C. C. d'Argenteuil (2), exactement deux ans plus tôt, la résolution, issue de ces travaux affirmait sans aucune ambiguïté « Il y a un humanisme marxiste. A la différence de l'humanisme abstrait par lequel la bourgeoisie masque les rapports sociaux et justifie l'exploitation et l'injustice, il découle de la tâche historique de la classe ouvrière, etc. » ( Cahiers du communisme, mai-juin 1966, p. 273). Althusser est cependant resté sur ses positions, c'est son droit. Mais je pense que le Congrès n'a pas à revenir sur les conclusions du C. C. d'Argenteuil ni directement ni indirectement. Pour le faire, il faudrait d'abord engager sur ce point une nouvelle et large discussion.

2°) Quand on dit se battre sur des mots il ne faut pas prendre cette expression au pied de la lettre ! En fait, on se bat sur les idées que représentent les mots, comme Althusser le rappelle d'ailleurs dans l'article cité. Rejeter un mot parce qu'il a un « relent métaphysique », ce n'est pas un argument valable : devons-nous ne plus parler du capital parce que ce mot sert de titre à un journal financier ? Faut-il rappeler que les mots de matérialisme, de dialectique, d'impérialisme, etc... ne sont pas des inventions de Marx ni de Lénine ? Qui se sont contentés — si j'ose dire — de changer le sens de ces mots. Ce qui est ici en cause ce n'est donc pas le parfum du mot créateur mais la conception que l'on se fait de l’œuvre d'art et du rôle de l'artiste.

3°) De ce point de vue, une remarque préalable s'impose : est-ce bien au Congrès de trancher ? Pour A. Detoulat la question semble déjà réglée, en particulier, après les travaux du colloque organisé à Cluny par « La Nouvelle Critique ». Mais, si l'on relit les textes des interventions à ce colloque, on s'aperçoit que les débats n'ont pas du tout abouti à des conclusions définitives adoptées unanimement sur la difficile question de la création artistique. La discussion est loin d'être close ! Or, le point 47 des thèses réaffirme une position très sage et bien connue de notre Parti « le développement de la science nécessite débats et recherches. Le Parti Communiste entend ne pas contrarier ces débats ni apporter une vérité à priori, encore moins trancher de façon autoritaire des discussions non achevées entre spécialistes ». Il me semblerait donc raisonnable de ne pas demander au Congrès d'intervenir sur ce point

4e) Mais on pourrait objecter que si les thèses emploient le mot création (non seulement au point 8 mais aussi au point 47), c'est que le Parti a déjà... pris parti ! C’est exact. La résolution du C. C. d'Argenteuil consacre un paragraphe à cette question : « Qu'est-ce qu'un créateur ? Qu'il s'agisse par exemple de la musique, de la poésie, du roman, du théâtre, du cinéma, de l'architecture, de la peinture ou de la sculpture, le créateur n'est pas un simple fabricant de produits desquels les éléments sont donnés, un arrangeur. Il y a dans toute œuvre d'art une part irréductible aux données et cette part, c'est l'homme même. Tel écrivain, tel artiste étant seul capable de produire l'œuvre créée. Concevoir et créer, c'est ce qui distingue les possibilités de l'homme de celles de l'animal. La culture, c'est le trésor accumulé des créations humaines etc. (op cit. p. 270). Je considère ce texte comme tout à fait remarquable et l'on voit bien, à le lire, qu'on peut se servir du mot création sans lui donner un sens métaphysique. Nous avons dans ces quelques lignes un excellent point de départ pour donner de la création artistique une interprétation matérialiste et dialectique. Tout ce qu'on pourrait regretter c'est que ce texte n'ait pas encore été étudié avec l'attention qu'il mérite.

5°) Il faudrait aussi savoir ce que l'on entend par production artistique. Comme il est évidemment impossible de pousser ici très loin l'analyse, je me contenterai de quelques remarques rapides. C'est P. Macherey qui, par son livre « Théorie de la production littéraire » (Maspero), a le plus contribué à mettre ce mot de production à la mode. Le but de ce livre est de montrer que les œuvres d'art dépendent étroitement des conditions politico-économiques (voir en particulier l'étude sur Tolstoï). Ce qui n'a rien de nouveau. Mais pour P. Macherey, la dépendance est si étroite que l'on en arrive à une conception purement mécanique des rapports entre l'œuvre d'art et les conditions historiques. On retombe ainsi dans un déterminisme élémentaire, anti dialectique qui est à la base des conceptions de Taine (3). On veut se montrer radical et l'on retourne à des vieilleries. Un tel point de vue peut cependant avoir aujourd'hui quelque succès dans la mesure où la diffusion d'idées gauchistes crée une certaine réceptivité à toute pensée qui s'exprime dogmatiquement. Ce néo-dogmatisme ne peut être accepté. Notre Parti a réussi à se débarrasser de toute conception simplificatrice en ce qui concerne les problèmes de la création littéraire ; il a ainsi accru considérablement son audience et donné la possibilité d'une analyse théorique féconde. Je ne vois aucune raison de revenir en arrière et je pense que cet amendement proposé par le camarade A. Detoulat ne doit bas être retenu.

 

FRANCE NOUVELLE - N° 1262 - 14 JANVIER 1970

Notes JPD : 

(1) Certains aujourd'hui croient découvrir que les mots sont importants...

(2) Le Comité Central d'Argentueil sera longtemps une référence. Voulu par Aragon il défend l'idée d'une liberté dans la culture et bien d'autres. Il est une réponse à Althusser et son anti-humanisme. 

(3) Cette rencontre n'est pas qu'une anecdote circonstancielle.

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:17

Les Nouvelles du Tarn-et-Garonne : Fracasser les mots

 

C'est un recueil de textes (1) où joue la force des mots que nous propose Germinal LE DANTEC, né en Bretagne à Concarneau. A-t-il puisé avec la sève bretonne la puissance des flots, la montée des marées, le ressac des plages caillouteuses, le fracas des gerbes d'eau contre les rochers ? Nous pouvons le penser de celui qui est descendu dans la région, sur les bords du Tarn où, à Moissac il a créé la « Radio d'Oc », et où, à Montauban, il a animé ce lieu qu'était « le Dali » avant de devenir animateur au centre de réfugiés « AMAR »... et retraité.

Et c'est alors qu'il nous propose de

« Fouiller les mots de ma tête

Les extirper de la matrice »

dans « Chaos » qui commence un cahier dont le titre est tout un programme : « Encensement de l'ensemencement », où s'exprime la fugacité du temps comme dans « Passer »

« Avant de repartir

Au-delà des lanternes du couchant »

Et le fracas des mots éructés va venir avec les cahiers suivants où virevoltent jeux de mots et aphorismes, dans toute leur concision.

En guise de contraste le quatrième cahier, « Le gai tapant » exprime forme et densité en poèmes comme « Souverain » où la peur, l'affolement, le tragique apparaissent dans un monde d'apocalypse avec chasseurs de prime, l'oppresseur, la guerre des images fortes où sont dits l'injustice, le meurtre officiel quand les « dents crissent sur les enclumes »...

Vient le monde noir de la ville et

Dans le ciel des villes

Poussent des champignons électroniques... »

avec tout un accompagnement de pollutions diverses.

La vague venue, la paix semble revenue, s'ouvre l'espoir d'un bonheur, d'un amour, le rythme de la vague cadence

« Sous le goémon de l'âge »...

Et les mots culbutent les mots, s'affrontent et font jaillir les sens, à saisir ! Dans le fracas des mots, des vagues, de la pensée... accompagnée des illustrations (dessins - photos)

Michel VEYRES

 

(1) « Bris de mots » de Germinal LE DANTEC - Préface de Christian Stalla - Ed, L'Harmattan 2013 (190 p. 22 euros)

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:15

hommage razoua blog

Nouvelles du Tarn-et-Garonne :

 Le communard de Beaumont-de-Lomagne

C'est à travers les écrits de trois écrivains que l'éditeur nous présente la vie d'Eugène RAZOUA «né » sur les bords tranquilles de la grasse Gimone, descendant sans doute de quelque famille de Sarrasins d'Espagne établie en Gascogne « avec un nom africain RAZOUA». Ainsi commence le récit de Léon CLADEL, bien connu de nos lecteurs.

Il est le fils (I) d'un père notaire et royaliste et se trouve placé au séminaire d'où il s'échappe pour gagner, tout jeune, l'Amérique du sud où il séjourne durant quatre ans en divers pays. À vingt ans il regagne la France, s'engage dans le 5ème régiment de chasseurs à cheval, recommandé par sa tante la marquise de Cambis ! Mais, ayant épousé la belle Marianne, donc devenu républicain, il est envoyé au 3ème Spahis en Algérie où il se révèle plus ou moins rebelle à ses chefs, vivant le plus possible avec les indigènes. Courageux comme le montre l'auteur, « il en avait assez de ces officiers impertinents, féroces, dépravés et nuls en la société... »

Nous avons une belle description comme sait le faire CLADEL de RAOUZA. « drapé dans son vaste burnous rouge il sera quelques années plus tard, député de la Capitale, gagné par cette immortelle religion du progrès dont nous sommes les humbles desservants : cette foi républicaine. »

Tony REVILLON nous conte alors l’épisode parisien où il écrit « Ses souvenirs d'un spahi ». Il débute dans les lettres, participe à des journaux, devient un proche de DELESCLUZE, futur héros de la Commune de Paris (1871). Celui-ci s'écria au moment de la faillite de Napoléon le Petit : « Il suffirait de vouloir pour faire sortir des merveilles d'entre les pavés de Paris », phrase prémonitoire «Mais ceux qui tenaient le pouvoir ne voulaient pas » ajoute l'auteur.

Élu député... il ira jusqu'au bout de ses responsabilités au sein de la Commune. Un parcours qui le mène, échappant ainsi à la mort, en exil à Genève. Un de ses amis. Arthur ARNOULT nous dit ce dernier épisode de la vie de ce héros de la Commune, de cette vie d'exilé poursuivi par la haine versaillaise, ici révélée, en ses différentes manifestations.

Et viennent ensuite deux extraits des publications de RAZOUA révélateurs de ses qualités d'écrivain, suivis de deux autres témoignages le concernant.

Décidément RAZOUA mérite d'être connu !

Michel VEYRES

 

(I) Hommage à Eugène RAZOUA, Écrivain natif de Beaumont de Lomagne » Ed. La Brochure 2013 (50 p. 5 euros)

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:16

                                        couv garcia

Nous reprenons ici un chapitre du livre ci-dessus que nous venons de publier. JPD

HOMMAGE

à  Joaquín  Arasanz Raso «VILLACAMPA »

par  Claude  MARTI, (chanteur, poète et romancier)

(Article dans  la Dépêche du Midi).

 

« Adíos, guerrillero !

 Joaquin, j’avais le sentiment que la mort ne te concernait pas, qu’elle t’ignorait après t’avoir classé irrécupérable : trop vif, trop rapide, trop imprévisible pour sa faux…Sûr que tu lui avais mené une vie impossible, à la mort ! Elle  avait, des années durant, perdu le souffle à te poursuivre dans les hameaux du bout du monde; elle s’était abîmée à crapahuter derrière toi par les sentiers coupants réservés aux transhumances et aux guérillas. Le Languedoc, pour commencer, et l’Aragon, ensuite, elle les avait pris en haine : ces mas, ces bordes, ces casals, ces caserios perdus où vous abritiez vos nuits lui sortaient littéralement par les orbites !

       Elle s’en était donné du mal pour t’avoir ! Elle avait tout essayé: embuscades et longues traques. Vital pour elle, car elle avait reconnu en toi, en vous, les maquisards, ses ennemis fondamentaux : en cette année glaciaire 1944, l’intelligence de l’humanité se réchauffait peu à peu à votre jeunesse, la conscience de notre espèce « que l’on disait moribonde »  avait, parmi vous, établi sa base de reconquête. Tout ça, elle le savait, la camarde, et ça lui ternissait le rictus. Elle venait de vivre des moments fastes, elle avait bellement et longuement tué : magnifique temporada que la saison 1936-44, sous l’œil connaisseur des seigneurs de la guerre, croisés de la croix gammée ou ordinaire.

La solution finale du problème humain était en vue…et puis vous voilà !

         Au début, on n’aurait pas misé une peseta franquiste ou un franc de Vichy sur vos maigres cohortes. Sales, mal rasés, grotesquement fargués et armés. « Excellentes dégaines de terroristes ! », s’esclaffait la France rance, son maréchal gâteux et ses milices. La mort ne riait pas, elle. Votre existence lui engluait le sabre, il lui fallait redoubler d’efforts. Elle mit en œuvre ses meilleures recettes : délation, torture, cages, camps, pelotons, pendaisons. Peine perdue. Malgré les mille douleurs, c’est que vous aviez fini par lui briser les os et shooté à suivre dans son ballon de crâne vide : sous le soleil ressuscité d’août 1944, le Languedoc définitivement libéré. Et vous, les Espades, les maquisards guérilleros, il ne vous restait plus qu’à libérer  l’Espagne.

       Cap au Sud ! Franco allait tomber comme une vieille figue flasque, sous le vent formidable de l’Histoire.

       Erreur : en automne 1944, l’Histoire n’avait prévu aucun rendez-vous  officiel avec le haut Aragon. Elle avait trop à faire du côté du Rhin. Guérilleros, vous camperiez seuls sur quelques villages libérés, sur quelques kilomètres-carrés de victoire. Seuls et oubliés : cette nouvelle aventure de vos vies n’avait pas de futur immédiat.

       Joaquin, tu te racontais sans amertume : neuf ans de guerre et de guérilla, dix sept ans de prison  ! Ce jour là, nous savourions un « fino » dans la salle à manger de ton HLM, Barbastro, banlieue Nord, un dernier étage choisi pour son panorama : le proche horizon des oliviers et l’immense décor de la sierra Ferrera… La sierra Ferrera où la raison des Etats se partageant le monde vous avait, jadis, laissés pour compte : « Claudio, tu sais, là-haut, j’ai souvent vu s’ouvrir la bouche de la mort. Elle me crachait un morceau de ferraille, mais toujours trop tard. Je n’en ai jamais eu peur : pour mourir vraiment, faudrait savoir qu’on est mort…et ça n’arrive jamais ! »

       Joaquin, elle a quand même fini par t’avoir, miss orbites creuses ! Elle a dû te poignarder le dos, pendant que tu dégustais un vin  blanc andalou tout en contemplant les oliviers du Somontano.

Je ne me fais aucun souci pour toi, Joaquin : tu ne peux être mort, puisque tu ne le sais pas.

       Mais nous, nous voilà d’un seul coup plus fragiles et plus pauvres.

       Un saludo, guérillero !

                                                                        Claude MARTI

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:12

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Je n’ai rien à voir avec Serge Bouchard et pourtant il me ressemble tant ! Etrange sensation.

Rien à voir avec lui car, ma condition de fonctionnaire dès l’âge de 15 ans, à fait que je n’ai pas consacré une minute de ma vie à chercher du boulot alors que lui, il a été contraint, malgré ses références, à aller de job en job.

Et pourtant il me ressemble dans cette position constante de sa vie à être à contre-courant. « Pour être rebelle, de nos jours, il suffit d’être humain. » Et cet anthropologue était déjà tellement humain aux temps anciens de sa jeunesse qu’il se lança dans l’étude de la culture des camionneurs de longue distance dans le Nord québécois. Une thèse d’anthropologie sur les truckers ! (et j’entends son accent québécois en prononçant cet anglicisme !) (dans : Je suis l’anthropologue)

 Rien à voir avec lui car dans le livre en question, il raconte sa vie, ce que je ne me suis jamais laissé aller à faire, ou si peu.

Et pourtant il me ressemble quand il dénonce le piège de la vitesse : « Il faut que la vitesse soit haute, autant que la lumière, ce qui compresse l’espace au point de l’aplatir. Ce faisant le temps disparaît, la terre suit son sillage… » « Il en va des nations comme des personnes : le vieux est hors sujet, le passé est inutile et « l’instant même » est tout ce qu’il nous reste. »

(dans La vie heureuse de Pancho Villa)

      Rien à voir avec moi car il est Québécois et que je suis Français.

Et pourtant il me ressemble quant à ses rapports avec Dieu. « Je n’ai jamais cru en Dieu. Disons que je n’en ai jamais fait grand cas. » Sauf qu’au Québec cette position est plus exceptionnelle qu’en France surtout que la mère aussi était anticléricale !

(L’itinéraire d’un enfant gâté par la malchance)

      « Une seule chose est sûre : mourir nous libère de la mort. Ce qui n’est pas rien. »

Merci à Serge Bouchard pour sa détermination audacieuse. J.-Paul Damaggio

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:06

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L’association de sauvegarde du patrimoine de Castelsarrasin ne rate jamais la rentrée. L’an dernier un hôtel était à l’honneur et cette année ce sont les taques. Les Editions La Brochure ont apporté leur soutien à l’opération en aidant à la publication de 80 dessins et leurs commentaires. Un document unique en format A5 pour 9 euros que vous pouvez obtenir auprès de l’association. La présentation faite par le journaliste de La Dépêche étant parfaite, nous vous y renvoyons. Jean-Paul Damaggio

 

 Castelsarrasin. Des «taques» pas en toc à découvrir à la sous-préfecture

 Bernard Ouardes, le président de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Castelsarrasinois (ASPC), a toujours un as à sortir de sa manche pour donner du lustre à une conférence. Il fut un temps, pas si lointain, où il défraya la chronique dans ces mêmes colonnes en évoquant la mémoire des dames de petite vertu de la sous-préfecture tarn-et-garonnaise. Un exposé sur la prostitution qui, dit-on, établit un record d’assistance à l’ASPC. Le thème sera à nouveau évoqué dans le futur opus sur l’histoire de l’Usine de Castelsarrasin que Bernard Ouardes rédige actuellement. Affaire à suivre...

 80 croquis de Vasilières

 En attendant, Journées européennes du patrimoine (les 14 et 15 septembre 2013) obligent, qui plus est lorsqu’elles sont accueillies dans le cadre de l’ancien couvent des Ursulines, c’est une exposition aux mœurs moins délurées qui invitera, le week-end prochain, le promeneur à s’aventurer au cœur des chaumières castelsarrasinoises. Bernard Ouardes proposera, en effet, d’aller à la rencontre des «taques», ces fameuses plaques apposées contre le mur du fond l’âtre des cheminées des demeures castelsarrasinoises dans les années 1950-1957.

 Durant cette période, grâce à l’amabilité des propriétaires, l’historien Paul Vasilières a réalisé plus de 80 croquis de plaques de cheminées représentant différents sujets : bibliques, religieux, mythologiques, historiques et divers. Bernard Ouardes ayant eu la chance d’accéder au fond Vasilières, ce patrimoine vivant est donc bel et bien conservé. À ce jour, suite à un inventaire récent, seule une dizaine de plaques de cheminées restent toutefois visibles, les autres ont disparu des demeures castelsarrasinoises. Parmi les plaques encore existantes, la «taque» d’époque Renaissance à l’hôtel de ville, salle Henri Pottevin, ayant pour sujet un des thèmes les plus représentés : «Jésus et la Samaritaine».

 L’ASPC vous propose donc de venir nombreux découvrir une quarantaine de croquis commentés, réalisés par Paul Vasilières, ainsi que des documents concernant ses recherches. Cette exposition, en partenariat avec la sous-préfecture et la municipalité de Castelsarrasin est ouverte au public à l’ancien couvent des Ursulines, aujourd’hui sous-préfecture de l’arrondissement de Castelsarrasin.

 Heures d’ouverture de l’exposition : samedi 14 septembre de 14 heures à 18 heures ; dimanche 15 septembre : de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures. Baptiste Gay

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 20:58

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 En Tarn-et-Garonne qui ne connaît pas, l’aujourd’hui centenaire poète occitan, écrivain généreux qu'est Nadal Rey ? Comme l’indique le titre du journal c'est l’homme des jours heureux. Il mérite et méritera toujours l’admiration de tous. Il a d'abord organisé les clubs du troisième âge sur sa commune, son département, sa région et enfin la France. Peu soucieux de s'arrêter en chemin il a donc créé l'organisaiton internationale, ce qui lui a permis de trouver l'amour en Argentine...

Bref, un article ancien qui ne nous rajeunit pas... sauf lui peut-être ! JPD

 La Dépêche 15 février 1983

Les jours heureux

C'est un Tarn-et-Garonnais, M. Noël Rey, qui présidera le Congrès international des personnes âgées.

Le troisième colloque international de la F.i.a.p.a. (Fédération internationale des associations de personnes âgées) se tiendra du 12 au 17 mai, à Mérano, dans la région du Tyrol italien, sur le thème : « La Personne âgés, image et réalité ».

Créée il y a deux ans, la F.i.a.p.a. groupe à ce jour, une centaine d'associations appartenant à une dizaine de pays d'Europe, d'Afrique et d'Amérique du Nord. Rien que pour la France, les associations affiliées représentent quelques deux millions de personnes.

Il est intéressant de noter que cette importante organisation internationale, en constant développement, est présidée par un Tarn-et-Garonnais, M. Noël Rey, de La Ville-Dieu-du­Temple.

Elle a déjà permis de fructueuses rencontres entre retraités de pays différents, notamment par des échanges entres associations. Et aussi de faire entendre la voix des retraités lors de grandes réunions internationales, comme l'assemblée mondiale sur le vieillissement qui s'est tenue dernièrement à Vienne.

Chaque année, la F.i.a.p.a. organise un grand colloque auquel toutes les associations affiliées sont invitées à participer. Après l'Espagne, l'an passé, c'est donc l'Italie du Nord qui accueillera le colloque de cette année.

Selon les premières inscriptions, on prévoit que 3.000 retraités venus d'une dizaine de pays seront au rendez-vous. Y participeront, par ailleurs, nombre d'éminentes personnalités, telles que M. Pétrilli, vice-président du Conseil de l'Europe; M. Senghor, ancien Président de la République du Sénégal, et des représentants de l'O.n.u., de l'Unesco et de l'O.m.s.

Les travaux des deux premières journées permettront aux retraités eux-mêmes de réfléchir sur l'image et la place de la personne âgée dans la société d'aujourd'hui.

 

Ils seront suivis par une conférence des experts, plus spécialement destinée à ceux qui, dans des disciplines différentes, s'occupent des problèmes du troisième âge. Ce colloque est ouvert à tous les retraités, ainsi qu'à toutes personnes intéressées par ces problèmes. Il n'est pas demandé de droit d'inscription, et un forfait spécial pour les cinq journées est consenti par les hôtels. En outre, sont prévues diverses possibilités d'excursion (lac de Gardes, dolomites, Venise). 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 20:35

 

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Lieu génial, hautement culturel, l’œuvre d’un humaniste.

Lieu changé en centre de torture, hautement toxique.

Lieu changé en mémoire  l’aide d’une citation.

Invité surprise pour ça : Mario Benedetti.

"El olvido está lleno de memoria".

“L’oubli est plein de mémoire”.

Elles s’appellent : Ángela Jeria et Michelle Bachelet.

La mère et la fille.

Dans cette maison elles survécurent.

L’une est même devenue présidente de son pays.

Hier elles ont posé un œillet rouge sur la liste des morts.

Avant-hier, des dizaines de milliers dans les rues ont manifesté.

Quarante ans après.

Quarante ans après, El Mercurio est toujours là.

Ce journal a rendu compte de la manifestation.

Pour retenir la centaine de casseurs.

C’est classique, c’est mondial, c’est meurtrier.

Si vous voulez frapper les médias, cassez, cassez et cassez encore.

Du moins certains médias comme El Mercurio.

Un jour à la Maison Neruda de Santiago un seul journal était à disposition.

El Mercurio !

Bref, le journal Le Monde a écrit ceci sur la manifestation chilienne.

« Chili : grande manifestation pour le 40e anniversaire du coup d'Etat de Pinochet

Des dizaines de milliers de Chiliens ont défilé pour la défense des droits de l'homme, dimanche 8 septembre dans la capitale Santiago, à deux jours du quarantième anniversaire du coup d'Etat du général Augusto Pinochet.

Des incidents entre une centaine de manifestants et la police ont eu lieu à la fin de la manifestation, qui a rassemblé environ 60 000 personnes selon les organisateurs. Cette marche est convoquée chaque année par l'Assemblée nationale des droits de l'homme.

Les proches de victimes de la répression pendant la dictature portaient quelque 2 000 photographies de détenus et de disparus. Des pancartes proclamaient : "Quarante ans après le coup d'Etat, rien ni personne n'est oublié."

Portant des banderoles et scandant des slogans contre la dictature, qui s'est imposée au Chili de 1973 à 1990, les manifestants ont défilé pendant près de deux heures au rythme des tambours, avant d'arriver au cimetière principal de Santiago, dans lequel se trouve un mémorial consacré aux victimes de cette sombre période.

"Depuis quarante ans, cette marche montre que nous ne nous lasserons pas de demander à savoir ce qui est advenu de nos détenus et de nos disparus, nous exigeons la justice et la vérité", explique Lorena Pizarro, président du Groupe des familles de détenus et de disparus.

 PIERRES ET BÂTONS

Au cours d'incidents survenus à la fin de la marche, une centaine de manifestants masqués ont détruit du mobilier urbain, édifié et incendié des barricades, et affronté avec des pierres et des bâtons la police, qui les a dispersés avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

 La répression exercée par la dictature de Pinochet a fait plus de 3 200 morts et plus de 38 000 personnes ont été torturées, selon des chiffres officiels. Le général Pinochet est mort le 10 décembre 2006 sans avoir été condamné par la justice. »

 

 

Le Chili du 11 septembre, ce n’est pas un anniversaire, c’est un tournant de notre histoire. Jean-Paul Damaggio

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 17:24

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Teresa Silva de Izquierdo n’était pas une femme de gauche. Epouse d’un professeur qui en 1973 travaillait à l’Université du Costa Rica, le 11 septembre juste avant le coup d’Etat, elle était parti au centre ville de Santiago pour lui envoyer un télex (le mail n’existait pas). Elle avait vécu son enfance dans le centre-ville et le connaissait donc très bien. A y voir les camions de militaires, elle fut très étonnée. Elle croisa une jeune femme toute aussi intriguée qu’elle. Le bombardement de la Moneda avait eu lieu et marchant dans les rues elles passent par la rue Morandé. Là, un militaire gardait une porte et elles lui demandent si elles peuvent entrer voir la situation. A leur grande surprise, le militaire les laisse entrer et décide de les accompagner pour une visite aidé d’une pile électrique. Tout est brûlé, tout est impressionnant. La plus jeune femme commence à avoir peur et demande à sortir. Le soldat leur dit : - si mes chefs savent que je vous ai fait visiter, je suis fusillé !

De quoi mettre l’ambiance…

Teresa, la jeune femme et le soldat prennent le chemin du retour mais dans les escaliers, Teresa découvre un objet brillant, elle se baisse, le ramasse et c’est un morceau de lunettes. Ce sont les lunettes d’Allende dit-elle, et le soldat lui confirme qu’ils les avaient cherchées sans succès et qu’elle peut les emporter.

 

Elle casse alors le morceau de lunettes dans une boîte à gâteaux et elle a porté le tout, en 1996 (!) à Sofia Correa Sutil, directrice du Musée du centre ville en lui racontant cette histoire.

Mais comment être sûr qu’il s’agissait des lunettes d’Allende ?

Carlos Jorquera, Isabel Allende et d’autres furent invités à étudier le cas, et le fait est devenu incontestable, ce sont bien les lunettes d’Allende. Le mari de Teresa était professeur d’histoire et ils avaient la conscience de l’importance de tels « documents », importance qui va relancer un débat, celui du suicide, ou de l’assassinat du président. En effet, c’est clair, les lunettes furent partagées par une balle, une balle qui le suicidé a eu du mal à tirer.

Mais l’in-justice veille et comme pour Neruda tout reste obscur concernant ces deux décès emblématiques. JPD

Source : Rocinante n°18 avril 2000.

 

 

 

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