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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 14:47

Mon ami Jacques Desmarais attire mon attention sur un entretien qui vient de paraître avec la célèbre activiste nord-américaine. Elle est bien sûr dans mon livre de portraits sur 101 femmes car, comme les autres, j’ai un lien concret avec son action. Aussi ce n’est pas sans émotion que quarante ans après, je découvre sa référence à cette manif parisienne où j’étais un parmi 100 000 à réclamer sa libération. Voici son propos.

 

« En quoi la France s'est-elle distinguée?

100 000 personnes ont manifesté à Paris pour obtenir ma libération, dont de nombreux intellectuels : Jean Genet, Aragon... Jean-Paul Sartre m'a envoyé plusieurs lettres en prison et Jacques Prévert a publié un texte magnifique, Angela. "Angela Davis, dans sa prison, écoute sans pouvoir les entendre, et peut-être en souriant, les chansons de ses frères de joie, de rire et de chagrin, et les refrains marrants des enfants du ghetto : ceux qui enferment les autres sentent le renfermé, ceux qui sont enfermés sentent la liberté. [...] Il faut libérer Angela Davis - en attendant le jour où seront condamnées toutes les portes derrière lesquelles la vie noire est enfermée." J'ai découvert Paris à 18 ans, comme étudiante à la Sorbonne. Je lisais Camus, Balzac, Merleau-Ponty... Aujourd'hui encore, je viens régulièrement chez vous ; je me balade de Saint-Germain à Belleville et à Barbès. »

 

En jour d'automne 1971, j’ai attendu avec impatience le bus toulousain, en bas du pont neuf à Montauban. Nous étions deux du Tarn-et-Garonne à faire le voyage. Une nuit dans le bus et à l’arrivée, surprise, après un petit déjeuner sympa nous sommes réquisitionnés pour aller frapper à toutes les portes d’une cité universitaire. Voilà mon premier contact avec Paris : réveiller des étudiants un dimanche matin pour leur demander de participer à la manif, et quelques sous de soutien. Visiblement nous dérangions mais dans la bonne humeur. Dans mon souvenir, il y avait beaucoup d’étrangers. Le courant communiste avait privilégié l’action en direction des jeunes universitaires car Angela appartenait à cette catégorie. Plus que la jeunesse communiste c’était les étudiants communistes qui étaient en pointe sur ce dossier. D’ailleurs c’est un article du mensuel La Nouvelle Critique (dirigé vers les intellos) qui avait attiré mon attention sur cette question. Les PCF en tant que tel resta très peu mobilisé.

 Après ce détour par la cité universitaire ce fut la grande marche dans Paris pour la libération d’Angela Davis. Je ne me souviens pas du repas de midi, je me souviens seulement de la foule et de ma découverte des rues de Paris. La jeunesse s’emparant de la rue, c’est un sentiment de solidarité qui surgit naturellement. Je restais accroché aux basques des Toulousains car il n’était pas question de se perdre. Pensions-nous gagner ? Comment dans la lointaine Californie pouvait-on tenir compte d’une prise de rue parisienne ? S’agissait-il d’un discours anti-américain ? Au fil de la marche la fatigue du voyage se faisait sentir et j’ai sans doute eu le sentiment qu’elle était un peu longue. Pour preuve : je ne me souviens absolument pas du retour ! J’ai dû dormir profondément… pour reprendre le boulot le lendemain matin.

 J’ai conservé une grande passion pour ce combat et pas seulement parce qu’il était le premier pour moi et qu’il a été victorieux, mais parce qu’il permettait de sortir des schématismes. Une femme, noire, universitaire ce n’est pas la défense d’un homme noir ouvrier agricole dans une plantation. Attention, je ne dis pas qu’un combat est plus digne que l’autre mais que, dans un cas, un combat soulève des envies de révolution dans la révolution (titre d’un livre du Régis Debray de l’époque), alors que dans l’autre cas on est face aux caractéristiques classiques de la lutte des classes.

 Dans le portrait que je brosse d’elle, dans mon livre 101 femmes, j’attire l’attention sur un phénomène de toujours : le féminisme est souvent le combat de femmes de la classe moyenne d’où les méfiances qu’il a suscité dans le courant communiste, et aux USA la question de race venait s’ajouter à celle du sexe. Les femmes noires ont peu participé au combat contre l’IVG. A partir de ce constat, fallait-il ramener la lutte aux questions sociales posées par les femmes noires, celles qui étaient le plus exploitées, ou fallait-il considérer que le combat des femmes blanches (présentées parfois comme racistes) devait être appuyé car libérateur pour TOUTES les femmes ? Bien sûr Angela se place dans le deuxième cas de figure.

Aujourd’hui nous avons le même problème : il y aurait un féminisme musulman contre un féminisme raciste ou islamophobe. Dire que le voile est un instrument de soumission de la femme ce serait une marque de mépris envers les femmes en question qui, « à l’abri du voile », conduisent un combat pour leur libération ! Ironie oblige, les femmes noires, en faisant beaucoup d’enfants, conduisaient aussi, sans nul doute, un combat pour leur libération : c’était leur façon de lutter ?  En fait le combat pour l’IVG était un combat social. Aujourd’hui le combat contre le voile n’a rien de religieux mais est un combat pour la liberté. Des millions de musulmanes ont démontré à travers l’histoire qu’il n’y avait rien de religieux dans le voile, en se montrant tête nue. Avec elles, nous sommes en quête de révolution. Tout compromis sur ce point est une reculade et toute reculade un auto-enfermement, celui qui est le plus dramatique. JPD

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 23:00

 Le chef de la CIA à Rome a rencontré Clemente Mastella pendant l’été 2007 pour lui annoncer quelques reconnaissances s’il réussissait à faire tomber le gouvernement Prodi. Incroyable ! Ministre de la Justice du gouvernement Romano Prodi II du 17 mai 2006 au 17 janvier 2008, cet homme issu de monde démocrate-chrétien de centre-gauche est passé au centre-droit. Sa sortie du gouvernement puis de la majorité a accéléré la chute du gouvernement Prodi, en février 2008. En 2009, il se fait élire député européen sur une liste du Peuple de la liberté.

La révélation vient de Sergio De Gregorio interrogé sur une affaire de corruption.

Les USA restent au cœur des événements du monde. En Egypte les amis des USA s’étonnent du soutien apporté au président et aux Frères Musulmans.

 

Sur un autre point le journal L’Espresso vient de révéler que l’entourage de Beppe Grillo a investi au Costa Rica, un paradis fiscal, dans un projet immobilier. La riposte est classique : puisque c’est la guerre entre Beppe Grillo et le groupe de Benedetti qui possède L’Espresso, Beppe considère qu'il n'y a là que mensonge et compagnie.

 Difficile pour le moment d’entrer dans le détail. C’est juste un point d’ambiance. J-P Damaggio

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 21:34

Au Venezuela il y a un parti communiste : http://prensapcv.wordpress.com/

Au Venezuela il y a le parti du président : http://www.psuv.org.ve/ Il est membre de la conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine http://www.copppal.org.mx/ avec trois autres partis du Venezuela dont Podemos un parti en perdition entre ceux qui soutiennent Chavez et ceux qui disent non. Or Podemos est membre de l’Internationale socialiste. Une Internationale où on trouve un allié fidèle de Chavez : Le front sandiniste du Nicaragua !

Au Venezuela il existe un parti de centre gauche http://www.patriaparatodos.com.ve/

Au Venezuela il existe des journaux comme : http://www.ultimasnoticias.com.ve/

Au Venezuela il existe des journaux pour la droite : http://www.talcualdigital.com/

 Au Venezuela il existe….

Au Venezuela il existe…..

 En 1992 Chavez est en prison. Son avocate s’appelle Cilia Flores et elle conduit la campagne pour obtenir l’amnistie de son client. Elle va gagner et ça noue des amitiés, amitiés auxquelles Chavez à tendance à être fidèle. Cilia Flores est à présent procureur général de la république du Venezuela.

Son époux avait un nom inconnu. Conducteur d’engin dans le métro, il n’avait pas eu l’occasion de se distinguer même s'il a été dirigeant syndical. Garde du corps de Pablo Milanès car 1,90 m ça sert, il ne s’est pas fait remarquer davantage. Mais ami de Chavez depuis 1992, il est devenu député, président de l’assemblée nationale, ministre des affaires étrangères le 7 août 2006 date fondamentale dans sa vie. Chavez a aimé cet homme venu de rien et qui peut tout prouver. Il vient de devenir président du Venezuela ! Il s’appelle Nicolas Maduro et il fait au moins un malheureux dans les rangs chavistes : Diosdado Cabello. Mais c’est un militaire donc il doit s’incliner sans problème.

 L’anomalie qui commence à faire le tour du monde c’est que Maduro a un gourou. Non, ce n’est pas Marx mais Sri Sathya Sai Baba, de son vrai nom Sathyanarayana Raju (communément appelé Sai Baba), né le 23 novembre 1926 et décédé le 24 avril 2011 à Puttaparthi dans l’état de l'Andhra Pradesh en Inde.

JPD

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 21:17

France 3 vient de diffuser un long reportage sur le cas Mohammed Merah au cours duquel le réalisateur fouille la biographie du jeune homme pour mieux expliquer son geste. « Loup solitaire ou pas ? » demandent quelques personnes.

Le capitalisme a un grand avenir devant lui car, plus il célèbre le libre arbitre de chacun, sa capacité à décider même le pire, plus il masque ainsi la réalité des rapports de classe. Plus il flatte l’égo de chacun, et moins on cherche le fait que tout homme est d’abord un être social. Bien sûr, la famille, les copains, l’entourage proche est sollicité mais ça rentre dans une infantilisation généralisée du monde. Ah ! si nous pouvions être tous des enfants…. !

Loin de moi toute négation des réalités psychologiques, du poids de l’enfance, et de la liberté qui fait notre réalité, mais tout ceci intervient dans un cadre social déterminant, déterminé ! S’agit-il alors, comme le cherche parfois la sociologie, d’excuser l’individu au nom du déterminisme de ses conditions sociales ?

 Le capitalisme a un grand avenir devant lui car dans le camp d’en face, le cadre social est présenté souvent sous une forme mécaniste. Notre système serait inéluctablement condamné par ses contradictions propres et il suffirait d’appuyer là où le système flanche pour le faire tomber. Combien de communistes rappellent depuis de décennies qu’il ne faut pas se tromper de combat… (les luttes des femmes pour l’IVG c’était se tromper de combat). Le cadre social dit beaucoup mais il ne dit pas tout… alors on invente le culte de la personnalité !

 Le cas Merah

Cet homme se prétendait « le messager de dieu ». Aurait-il été utile d’interroger le phénomène religieux ? Bien sûr. En 1989, au moment où l’espoir communiste s’effondre (ce qui n’est pas une biographie personnelle), au moment où le système capitaliste fort de sa victoire en déduit qu’il va pouvoir pressurer davantage les travailleurs, au moment où le pétrole devient l’arme majeure des sociétés, pétrole qui se trouve beaucoup en pays musulman, la religion musulmane peut redevenir une religion conquérante après des siècles de léthargie. Elle va se donner des airs de révolte du peuple contre les élites, même si toutes les élites musulmanes font fonctionner à merveille le système capitaliste ! Merah est un instrument de cette vaste opération d’une guerre factice entre Orient et Occident, factice car dans les deux cas le capitalisme tire les ficelles ! Il en sort vainqueur car il invite à choisir un capitalisme « humain » contre celui du fanatisme religieux. Pendant ce temps la remise en cause fondamentale des bases sociales est renvoyée à plus tard. Le Qatar est le modèle du genre : pays à la richesse infinie, il exploite comme au Moyen Age ses propres travailleurs pendant qu’il achète des morceaux d’Occident !

 L’islamisme

Nulle part au monde, l’islamisme n’est le fruit d’une biographie. Même pas celle de Ben Laden ! L’islamisme est une forme du fascisme actuel qui suppose une riposte identique au fascisme d’hier : cette forme du capitalisme mérite une riposte spécifique sans pour autant célébrer le capitalisme ordinaire.

Avouez qu’il est étrange de regarder un film fondé sur le principe biographique alors qu’on trace le portrait d’un individu qui a fait don de lui-même, à dieu ! Un tel film alimente indirectement ce qu’il dénonce ! A le voir des jeunes peuvent se dire qu’un rôle de héros les attend !

Aussi je me retrouve d’accord avec Dominique Delpiroux qui déclare dans la Dépêche en conclusion d’un article :

« On éprouve toujours un malaise à se dire que parfois un tel film même sans ambiguïté ni complaisance, risque d’inspirer à son tour de nouveaux candidats au djihad. « Le ventre est toujours fécond d’où sortira la bête immonde » disait Brecht. »

Par contre, pourquoi le même auteur pense qu’il aurait fallu davantage étudier la « pathologie » du personnage ? Merah, dans sa grande intelligence, aurait même pu manipuler les services secrets, lui qui est manipulé par des discours religieux !

 Le rapport à la mort

Preuve qu’à un moment, Merah n’est plus un individu c’est quand il considère comme tous les illuminés qu’il aime la mort comme le commun des mortels aime la vie. Il aime la mort au point de pouvoir tuer froidement des personnes sans défense et innocentes et il peut décider qu’il va se faire tuer.

Là où le capitalisme n’a plus d’avenir c’est quand, après avoir organisé le saccage de la nature et celui des hommes, il ne laisse comme destin à chaque individu, que de se manger lui-même ! D’où l’appel à l’enfance d’un homme qui ne veut plus grandir. D’où tant d’autres phénomènes qui peuvent aller du suicide au divorce. Tous les fascismes crient : vive  la mort ! ce qui distingue le phénomène d’un capitalisme qui dit : « jouir au présent et qu’importe le futur ».

 Conclusion

Le titre peut laisser croire que je souhaite extraire Merah de sa condition propre de petit délinquant de banlieue par mépris pour de tels individus. Il s’agit seulement de rappeler que ce qui nous fait individu c’est le moment où le libre arbitre nous contraint, une fois adulte, d’entrer dans la société. L’enfant se fait homme, et cessons de répéter que l’homme est soumis à jamais à son enfance. Certes, il va grandir avec son passé, mais le libre arbitre – et là il a toute sa place – lui impose de se faire une place dans la société à partir de ce qu'est a société. Merah a choisi d’être un instrument d’une nouvelle inquisition car, collectivement, cette nouvelle inquisition nous n’arrivons pas à la dénoncer pour ce qu’elle est, et encore moins à l’arrêter !

J-P Damaggio

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:33

                                                 couv-rollinat.jpg

En ce 8 mars 2013 nous avons eu une pensée active pour Judith Cladel pour l'année de son 140 anniversaire. En publiant son premier livre sous forme de brochure nous pouvons la lire enfin.

Pour ce portrait du poète Rollinat Maurice (1846-1903), la jeune Judith Cladel (1873-1958) s’appuie sur des souvenirs d’enfance.

Elle témoigne d’une époque fin de siècle quand le satanisme, les névroses occupaient des esprits qui avaient osé s’affranchir de la tutelle religieuse.

 Rollinat, en pleine gloire parisienne décida de revenir vers sa Creuse natale où il avait acquis le prénom de Maurice sur demande de George Sand. Rollinat devient alors le poète des paysans.

 Grâce à Judith Cladel le personnage lui-même se fait œuvre !

Les deux études complémentaires donnent deux visions contradictoires du personnage.

La  brochure : 50 pages, 5 euros.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 20:54

                                           couv 101 femmes

Sur ce blog nous avons souvent évoqué Judith Cladel. Voici la présentation sur notre livre 101 femmes.

Judith Cladel

France, Paris, 1873-1958, France

  Admirateur depuis longtemps de Léon Cladel, je ne pouvais que me plonger dans tes écrits d’autant que gamine tu as eu droit à un livre fabuleux, un livre seulement conçu pour toi par une dizaine d’écrivains. Dès tes premiers pas, tu as nagé dans la lecture et dans l’écriture et, à jamais, tu es restée dans l’univers de ton père. Par Rodin, dont tu es devenue la secrétaire. Par l’ami belge Edmond Picard, dont tu es devenue l’amante.

Parmi tes travaux dont j’aimerais suivre les pas, je pense au jury du Prix Femina que tu as assuré pendant quarante-deux ans ! Un prix né pour faire mentir le Goncourt seulement au service des hommes ! Connais-tu la première femme à obtenir le Goncourt ? Elsa Triolet en 1944 pour Le premier accroc coûte 200 francs, puis Simone de Beauvoir en 1954 pour Les fruits de l’hiver ; tandis qu’au Femina dès 1904 Myriam Harry l’obtient pour la Conquête de Jérusalem. Quand, en 1952, Dominique Rolin est lauréate pour Le Souffle, l’as-tu appuyée, toi qui est sa tante ?

            En attendant cette étude sur le prix fémina, ce petit chef d’œuvre d’une gamine de 8 ans ! Par un entrefilet du 20 février 1881 dans L’Evénement nous apprenons ceci :

« On sait combien notre grand Victor Hugo aime les enfants. Qu’il sache donc que ceux-ci le lui rendent bien. Une des filles de M. Léon Cladel, qui a bien hui ou neuf ans et qui est particulièrement l’objet de l’affection du poète, compose en ce moment, avec grand mystère, une Nouvelle, à l’occasion des fêtes qu’on prépare en l’honneur de l’anniversaire de Victor Hugo.

Elle veille presque tous les soirs jusqu’à onze heures pour achever son œuvre, et les parents font semblant de ne rien savoir, bien entendu. « C’est pour son grand ami » dit-elle. N’est-ce pas vraiment charmant ? Ce ne sera certainement pas là le moindre hommage aux yeux du poète. »

 L’Express publiera la nouvelle en question que nous donnons avec l’orthographe de l’auteur.

« Nous avons le plaisir de présenter aux lecteurs de l’Express un nouveau collaborateur âgé de sept ans, Melle Judith-Jeanne Cladel, qui pour débuter dédie à l’auteur de l’Art d’être grand-père les lignes qui suivent :

 Mon Grand ami

Ce grand ami est né à Besançon. Quand il eut trois ans, il courait après les papillons, leur donnait à manger et ne leurs faisait jamais mal, et quand ils avaient fini de manger, il les renvoyait dans les champs. Tout les matins, il ne manquait pas daller chercher un ou deux papillons pour leur offrire la plus splendide rose qu’il pouvait trouver et cette rose fesait le ravissement des papillons. Il y à une petite de mes amies qui a bien moins bon cœur que le grand ami ; elle tue les pauvres petites bêtes et elle les collectionne sur du papier blanc ; Quand il eut fini de soigner les papillons, il s’occupa des oiseaux, des petits chats, des petits chiens, et il aima les hommes. Parce que quand on est petit, on aime les petites choses et quand on est grand, on aime les grandes choses. Etant jeune, il a du beaucoup travailler pour faire les beaux livres qu’il fait maintenant. Maman ne me permet pas de toucher aux beaux livres ; mais quand j’ai bien travaillé, ma grande récompense est quand il m’est permis de les lire. Alors le soir je me mets près du feu verte de sommeil, mais lisant tout de  même avec plaisir et je me dis tout bas : je trouve que le grand ami à un superbe tallent, il doit aussi connaître beaucoup de choses puisqu’il à voyagé en Espagne. Je travaillerai beaucoup pour tâcher d’en savoir autant que lui et je voyagerai tout les six ou sept ans pour écrire des livres la dessu. J’ai lu des vers qui m’ont toucher beaucoup. LE CRAPAUD, APRES LA BATAILLE, et LES PAUVRES GENS, et je trouve ces vers la bien beau. Je me rappelle bien la belle soirée que le grand ami a fait et moi j’ai voulu crier aussi vive l’Amnistie, mais j’ai crier vive l’Amistique. A ces mots, le grand ami ouvrit la fenêtre et la cage ou étaient enfermer les moineaux qui attendaient depuis une heure et tout d’un coup les petits pierrots s’en allère à tire d’aille. Un jour qui viendra bientôt le Grand Ami crira en nous délivrant tous des Rois, des empereurs et des Guillaumes : Vive la République, Vive la liberté.

La petite amie du grand Victor Hugo, Judith-Jeanne Cladel, Sèvres, 24 février 1881.

Voici quelques liens :

 Cladel Rollinat

 Bourdelle vue par Judith Cladel

 Judith Cladel 8 ans, pour Hugo

 Judith Cladel éléments d’un parcours

 Judith Cladel et Rollinat

 Judith Cladel face à la misère sociale

 Fourès présente Judith Cladel

 Marguerite Durand et Judith Cladel

 Judith Cladel face à Rodin

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 18:38

 

Ceux qui voudront écrire un biographie de Razoua trouveront pas mal d’éléments sur ce blog. Pour le moment nous avons publié juste une modeste brochure car un communard, ça intéresse qui en 2013 ? JPD

Tous les parlementaires ont leur biographie facilement accessible sur internet. Dans cette de Razoua je compte une petite erreur. Il est mort en 1878 et non en 1877. JPD

 

Eugène RAZOUA    Né le 16/07/1830 à BEAUMONT-DE-LOMAGNE (TARN-ET-GARONNE - FRANCE) Décédé le 29/06/1879 à GENÈVE (SUISSE) 

  

 Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

   08/02/1871 - 07/03/1876 : Seine - Extrême-gauche

  BIOGRAPHIE

 Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A.Robert et G.Cougny)

 

Représentant en 1871, né à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne) le 16 juillet 1830, mort à Genève (Suisse) le 29 juin 1877, servit d'abord dans les spahis, puis vint à Paris, et s'essaya à la littérature, en publiant un piquant volume sous ce titre : Les Souvenirs d'un spahi. Il donna quelques articles de fantaisie à la Vie parisienne, puis, étant entré en relations avec plusieurs des chefs du parti républicain avancé, dans les dernières années de l'Empire, et notamment avec Delescluze, il contribua à la fondation du Réveil (1868), où il se chargea spécialement de la chronique militaire. La vivacité de ses polémiques le signala bientôt aux rigueurs du pouvoir. Impliqué dans l'affaire du complot qui précéda de quelques jours le plébiscite de 1870, M. Razoua fut arrêté, et, après quatre mois de détention préventive, comparut, le 18 juillet, devant la haute cour de Blois, qui dut l'acquitter, le ministère public n'ayant pu relever aucune charge contre lui. Il prit part à la révolution du 4 septembre, fut élu chef du 61e bataillon de la garde nationale, et se montra hostile au gouvernement de la Défense nationale à la suite des événements du 31 octobre auxquels il avait été mêlé, il fut révoqué de son commandement. Le 8 février 1871, M. Razoua fut élu représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, le 39e sur 43, par 74,415 voix (328,970 votants, 547,858 inscrits). Il alla siéger à Bordeaux sur les bancs de l'extrême-gauche, et vota, le 1er mars, contre les préliminaires de paix. Lors du mouvement insurrectionnel du 18 mars, il se trouvait à Paris : il reprit le commandement de son bataillon, et donna sa démission de représentant par une lettre ainsi conçue : « Citoyen président, représentant du peuple de Paris, j'avais reçu de lui le mandat impératif d'affirmer à l'Assemblée nationale : 1° La République au-dessus du suffrage universel; 2° la guerre à outrance pour défendre son indivisibilité; 3° la mise en accusation des hommes du 4 septembre. Mon mandat est rempli. Au 31 octobre comme au 22 janvier, j'ai affirmé en face du gouvernement de l'Hôtel de Ville la Commune de Paris. C'est vous dire, citoyen président, qu'adhérant à la révolution du 18 mars, je donne ma démission de représentant du peuple à l'Assemblée de Versailles. » A la tête de son bataillon, M. Razoua prit une part active à la lutte de la Commune contre Versailles, fut nommé commandant de l'Ecole militaire, et siégea parmi les juges de la cour martiale. Lors de l'entrée des troupes à Paris (21 mai), il s'échappa et gagna la Suisse. Arrêté à Genève en août 1871, sur une demande d'extradition du gouvernement français, il fut remis en liberté peu après, assista au meeting de l'Internationale qui fut tenu à Carrouge, fonda à Genève un journal révolutionnaire intitulé la Revanche, que le gouvernement helvétique supprima, et fut condamné par contumace le 31 août 1872, par le 3e conseil de guerre de Versailles, à la peine de mort. Il mourut à Genève, avant l'amnistie.

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 18:22

 

Encore un article pour compléter notre modeste brochure sur Razoua. *

Au moment de la mort de Razoua Vera Zassoulitch était en Suisse (voir bio à la fin). Cet article peut tourner en dérision l’anarchiste russe, la Russie connaîtra finalement la révolution… JPD

  Le Gaulois 9 juillet 1878

"Mlle Vera Zassoulitch doit regretter d'avoir assisté à l'enterrement de Razoua. Le gouvernement suisse vient de l'inviter à quitter le territoire de la Confédération où sa présence pouvait créer des difficultés. Cette Vera Zassoulitch est-elle bien la vraie, l'authentique ? Le correspondant parisien de la Gironde assure que les communards de Genève ont été grossièrement joués dans cette circonstance par une fausse Vera, qui a exploité à son profit les honneurs qu'on réservait à la véritable.

 Le Gaulois 10 juillet 1878

LA RÉDEMTRICE RUSSE

L'histoire de cette Vera Zassoulitch, dont on nous parle ces jours-ci jusqu'à satiété, est vraiment une pitoyable histoire. II y a quelque temps, un correspondant russe nous apprit, un beau matin, que le préfet de police de Saint-Pétersbourg venait d'être la victime d'une tentative d'assassinat, accomplie par une femme. Deux balles de revolver l'avaient blessé à la tête, et si grièvement qu'on désespérait de le sauver. La coupable n'était autre que cette Vera, profondément inconnue alors, aujourd'hui célèbre.

Arrêtée immédiatement, elle déclara qu'elle avait voulu venger l'honneur d'un peuple opprimé par le pouvoir, et qu'elle n'avait pu supporter l'injure faite à un de ses compatriotes, décoiffé d'un coup de canne par le préfet de police, et durement battu de verges après. Cela fit tapage dans toute l'Europe. On laissa bien entendre que l'homme battu de verges était son amant, ce qui réduisait aux proportions d'un drame bourgeois ce prétendu fait de revendication sociale. Mais on n'y prit garde. D'ailleurs, qu'en savait-on ? La légende s'empara du nom de Vera Zassoulitch, et ce fut en héroïne qu'elle entra dans l'imagination publique.

Il faut bien convenir que les circonstances se prêtaient singulièrement à ce grandissement subit. On sait que la Russie est travaillée profondément par le socialisme, déchirée intérieurement par un nombre presque incroyable de sectes fanatiques et, d'autre part, gouvernée par un empereur absolu, dont les fonctionnaires supérieurs sont les représentants et qui est, à la fois, le chef politique et le chef religieux de son peuple. Il se pourrait que dans ce foyer d'exaltation révolutionnaire une Charlotte Corday se fût levée et n'eût attendu que son heure.

Rien ne s'opposait à ce qu'on l'imaginât pure de mœurs et belle de visage. Une héroïne doit être toujours ainsi. Un doute, il est vrai, venait à l'esprit : pourquoi avait-elle choisi, pour le frapper, le préfet de police et non le czar ? Mais la Russie est si loin, nous ne savons pas au juste les conditions dans lesquelles vit le vulgaire en face du souverain. Et puis ce nom de Vera Zassoulitch était si beau ; il sonnait de si étrange façon aux oreilles des Occidentaux, qu'ils se plurent à voir dans la femme une figure nouvelle du génie de la Révolution.

Son procès eut lieu. L'éloignement aidant, les débats restèrent pour nous enveloppés de mystère. Nous apprîmes un jour que l'accusée venait d'être acquittée ; peu après, un télégramme nous faisait savoir que le procès allait recommencer ; seulement, Vera était en fuite. On parvint à l'arrêter elle s'évada. Qu'était-ce donc que cette femme, qui se jouait ainsi du péril, qui traversait les cours criminelles impunément, qu'aucun verrou n'emprisonnait ? La légende montait jusqu'à l'épopée. Charlotte Corday était bien au-dessous de cette insaisissable Zassoulitch.

Or, tandis que les langues vont leur train, elle traverse l'Europe. Razoua meurt à Genève, les réfugiés de la Commune se réunissent pour manifester derrière son cadavre. Une femme est parmi eux qu'on nomme tout bas et qu'on entoure de respect. Et voilà que le télégraphe nous informe soudainement que c'est l'évadée de Pétersbourg, Vera Zassoulitch en personne.

A l’instant même, on organise un banquet en son honneur. Un citoyen Tony Loup la salue du titre de rédemptrice russe et l'assure que la France tressaille à ses efforts. D'autres discours du même genre sont prononcés. On célèbre l'assassinat politique sur les modes les plus lyriques. Vera demeure muette à toutes ces protestations, on la juge d'abord timide et l'on s'écrie « Si ce n'était pas elle ! »

Et, de leur côté, ceux qui secrètement lui trouvaient de la grandeur, s'étonnent. Il n'est pas possible qu'une telle femme se ravale jusqu'à prendre rang dans une auberge au milieu des sinistres coquins qui ont tué lâchement les otages et brûlé la moitié de Paris. Vera n'est plus une héroïne, c'est une pure et simple drôlesse, avide de faire parler d'elle, et qui exploite sa situation.

En vérité, l'incident est d'une curiosité peu commune. Mais; au fond, le cas n'est pas très compliqué, et, que la Vera de Genève soit ou non la vraie Vera, je ne vois pas trop en quoi peut différer le jugement à porter sur elle. 

Fourgaud

 

Véra Zassoulitch

Née dans une famille de la noblesse, elle fréquente pendant ses études à Saint-Pétersbourg les milieux révolutionnaires estudiantins et est arrêtée en mai 1869 du fait de correspondances échangées avec le nihiliste Serge Netchaïev. Elle est emprisonnée puis libérée en mars 1871.  Elle s'établit alors à Kharkov, intègre le groupe « Les émeutiers du Sud » qui organise des attentats contre le régime tsariste.  Revenue à Saint-Pétersbourg, elle tire, le 24 janvier 1878, avec un revolver sur le général Trepov, préfet de police qui avait fait frapper de verges le révolutionnaire Bogolioubov. Trepov est blessé, et Vera passe en jugement le 31 mars 1878. De façon inattendue, elle est acquittée. La police tente en vain de l'arrêter à la sortie du tribunal. Elle se cache quelque temps chez Anna Philosophova.

 Elle se réfugie en Suisse, puis retourne en Russie où elle milite dans l'organisation Terre et Liberté, mais après la scission de ce mouvement en août 1879, elle participe à la fondation de l'organisation Tcherny Peredel « Partage noir » à Saint-Pétersbourg avec Plekhanov, Axelrod, Lev Deutsch, Ossip Aptekman et Élisabeth Kovalskaïa.

 Elle traduit en russe des ouvrages marxistes et notamment le Manifeste du Parti communiste, édité à Genève en 1882. En 1881 a lieu un échange de lettres entre Vera Zassoulitch et Karl Marx et elle prend ses distances avec l'anarchisme pour adhérer au mouvement marxiste à partir de 1883.

 Avec Plekhanov, elle fonde le groupe « Libération du Travail », première organisation marxiste russe, fait partie de l'équipe de rédaction de l'Iskra et prend part au deuxième congrès du POSDR à Bruxelles et Londres en juillet-août 1903. Membre du courant menchevik, elle s'oppose avec virulence aux thèses de Lénine.

 Elle meurt le 8 mai 1919, peu de temps après la Révolution russe. Elle est enterrée au cimetière Volkovo.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:59

                                                            razoua-photo.gif

Nous avons publié une brochure sur Razoua que nous complétons ici par cet article. JPD

 

LE GAULOIS, SAMEDI 7 AOUT 1880 PROFILS COMMUNARDS EUGENIE RAZOUA

Colonel commandant l'Ecole militaire

Razoua, par sa mère, appartenait aux maisons aristocratiques des Raousset- Boulbon et des Cambyse. Sans grande fortune, son père le destinait à la prêtrise ; il entra avec son frère au séminaire, pendant que sa sœur se faisait religieuse. Le frère continua ses études pour devenir plus tard curé ; Razoua, ne se sentant pas une vocation suffisante, quitta le séminaire pour entrer dans la marine marchande comme pilotin ; en cette qualité, il doubla deux fois le cap Horn. Passé de la marine dans un régiment de cavalerie, qui l'envoie à Saumur, il en est expulsé à cause de ses opinions politiques ; déjà, à cette époque, il était affilié à la Marianne, ce qui ne le désignait pas précisément à l'avancement.

Ses relations de famille le firent admettre dans un régiment de spahis. Après deux congés passés en Afrique, il revient en France avec plusieurs blessures et la médaille militaire.

Arrivé à Paris pour trouver un emploi, par l'entremise d'un ancien camarade de Saumur caserné quai d'Orsay, il fait la connaissance de Tony Révillon, qui se prend pour lui d'une grande amitié. Comme tous les vieux soldats, Razoua narrait volontiers ses campagnes; ces récits plurent beaucoup à Révillon, qui l'engagea à les écrire, et c'est ainsi que la Vie parisienne publia une série de nouvelles parmi lesquelles quelques-unes Il Chaouch, Le capitaine Pied-de- Vigne, etc., sont de véritables chefs-d'œuvre de poésie et de couleur locale. Faure les a édités sous ce titre les Souvenirs, d'un spahis.

Mais la politique, que Razoua n'a pas abandonnée, le fait traiter les questions militaires au Réveil, de Delescluze ; compromis, avec son ami Cournet, au procès de Blois, il est acquitté.

Comme homme privé, il avait conservé de son long séjour en Afrique les attitudes et le mutisme musulmans ; sous cette rude écorce de vieux soldat se cachait un cœur naïf.

Un amour unique a traversé sa vie parisienne, et il y est demeuré fidèle jusqu'à sa mort ; amour désintéressé du reste, car la rieuse Rosa raillait doucement les sentiments passionnés du bon camarade qu'elle menait par le bout de la moustache.

Razoua lui faisait parfois des vers, qui étaient acceptés comme un pur encens. L'ancien spahis devenait poète à ses heures le lecteur pourra en juger par le sonnet suivant

 

Entre mes mains, Rosette, est une fleur brisée ;

Un jour, de votre robe elle fit l'ornement ;

Puis le soir je la vis, de fatigue épuisée,

Sous les pieds de chacun dépérir tristement.

 

Tout ému, je la pris après l'avoir baisée ;

Mes pleurs sur ses débris coulèrent tristement

La fleur crut que c'était la goutte de rosée,

Et, se sentant revivre, elle dit doucement :

 

« Ainsi que ton amour, ma corolle était pure,

Doux était mon parfum, fraîche était mon allure,

Et tout était fini quand le soir est venu. »

 

Arrête, demandai-je; oh l'amour qui m'enivre

N'aurait donc qu'un matin pour éclore et pour vivre ?

Hélas la pauvre fleur ne m'a pas répondu.

 

Au commencement du siège, Razoua est nommé chef du 61e bataillon; il prend une part très active à l'affaire du 31 Octobre ; le gouvernement lui enlève son grade. Cette révocation, les articles du Réveil, le procès de Blois, ont éveillé l'attention des masses ; aux élections de février 1871, il est nommé député de la Seine ; porté d'ailleurs sur les listes de différentes nuances, il passe trente-sixième sur quarante-trois.

A Bordeaux, il suit l'exemple de son ami Delescluze et donne sa démission de député. Quoi qu'on en ait dit, son rôle pendant la Commune a été peu important. Président de la cour martiale à sa fondation, le Comité de salut public a dû le remplacer par Rossel, trois jours après son entrée en fonctions ; il acquittait indistinctement et sans exception tous les inculpés, quelles que fussent d'ailleurs leurs opinions et la nature de l'accusation portée contre eux.

Relevé de ses fonctions, il se confina dans son commandement de l'Ecole militaire, où il n'avait, du reste, rien à faire. Lorsque sonnait l'heure réglementaire de l'absinthe, on voyait le colonel Razoua arriver soit au café de Madrid, soit au café du Rat-Mort, ses endroits de prédilection.

Un seul incident a marqué pendant son existence si tranquille de la Commune.

Ancien élève de Saumur, maréchal des logis de spahis, c'était un beau cavalier. Un jour, pendant la semaine qui a précédé la rentrée à Paris, il descendait de cheval devant le Rat-Mort. Son sabre, dont les belières étaient détachées, se ficha entre deux pavés et resta debout ; Razoua, en cavalier accompli, leva la jambe avec grâce, volta le pied dans l'étrier, et s'assit brutalement sur la poignée de son sabre ; heureusement que c'était la poignée, car, si c'eût été le fourreau, il était empalé.

Le choc néanmoins fut douloureux, et il était encore malade lorsque les obus des Versaillais vinrent éclater dans la cour de l'Ecole militaire. Il fallait déguerpir : un ami demeurant rue Rochechouart le recueillit. Le lendemain, il était installé en toute sécurité chez un ancien compagnon d'armes, M. le baron E.Le 24 juin, M. E. muni d'un passeport diplornatique, partait pour Genève en compagnie de son secrétaire don Estaban Marquez. Ce dernier, âgé d'environ quarante ans, complètement rasé, portait le costume semi-ecclésiastique des licenciés en théologie de l'Espagne. Une large cicatrice provenant d'un coup de feu marquait une des joues.  A la station-frontière de Bellegarde, le commissaire de police s'approcha du wagon dans le coupé duquel étaient installés E. et son secrétaire.

– Vos passeports ?

– Donnez les passeports, dit en espagnol E. à son compagnon.

– Don Estaban ne bougea pas.

– Les passeports, cria E. avec un geste expressif.

Le secrétaire tressaillit et, ouvrant sa gibecière, tendit le papier.

Bien, messieurs ! vous êtes en règle.

Quelques minutes après, le train entrait en Suisse.

Le commissaire de police Dubuc n'avait pas reconnu, sous le costume clérical, son ancien collaborateur à la Marseillaise, le citoyen Razoua.

Le soir même, Razoua dînait à l'hôtel de la Métropole, à Genève, avec l'oncle de son ami E. chambellan de la reine Isabelle. Après le dîner, comme tous les trois sortaient pour faire une promenade, ils furent croisés dans la cour par la Reine, qui, trompée par le costume de Razoua, faillit lui demander sa bénédiction.

A Genève, il mena une vie assez casanière, il venait cependant tous les jours savourer sa chère absinthe et fumer sa bonne pipe au café du Nord. C'est là qu'il fut arrêté sur une demande en extradition pour crimes de droit commun.  Grâce aux efforts de M Amberny, avocat, qui sut le laver des accusations portées contre lui, il fut relâché. Sa détention avait duré deux mois.

En Suisse, il a vécu avec de l'argent que lui envoyait sa famille, et de correspondances qu'il adressait à différents journaux, entre autres L’Emancipation de M. Duportal. La Marseillaise lui a publié un roman ; nous pouvons en parler sans crainte de passer pour un délateur, l'homme, le journal n'existant plus. Dans les derniers temps, sa mère était morte, laissant une petite fortune. Razoua n'avait pu hériter, à cause de sa condamnation mais son frère lui réserva religieusement sa part.

Il est mort, à Genève, d'un épanchement sérieux qui l'a surpris au Café du Nord. Atteint de la nostalgie du boulevard, il regrettait trop le café de Madrid et le Rat-Mort, et peut-être aussi sa chère Rosette, l'ingrate enfant du sonnet.

M. BECQUET 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 12:08

Notre maison d’édition est née en 2007 en publiant un discours fondamen-tal du président Chavez (l’annonce de la création du PSUV) car nous avions vérifié que c’est moins la réalité du chavisme qui faisait débat que sa légende. A la mort du mythe la légende continue et tente désespérément d’en faire un dictateur. Nous avons pu vérifier qu’y compris les admirateurs de Chavez préféraient s’en tenir à une autre légende. Le Venezuela entre dans une autre phase de son histoire dont les conséquences sont imprévisibles. JPD

  

Article de La Jornada mexicaine

 6 mars 2013 Deuil au Venezuela Nicolas Maduro, Président par intérim■ Le Président est décédé à 16:25 heures, victime du cancer■ le gouvernement décréta sept jours de deuil national■ Dans les 30 jours, le Vice Président convoquera des élections■ Caracas s'est effondré ; des milliers de partisans de Chavez pleurent leur chef

NOTIMEX, PL, AFP, REUTERS ET DPA

 Caracas, le 5 mars."Nous recevons la plus difficile et tragique information à transmettre à notre peuple ». A 16:25 aujourd'hui, le 5 mars, est décédé notre commandant le Président Hugo Chavez Frias après une dure bataille contre le cancer, a annoncé dans le pays, le Vice président Nicolas Maduro, sur le point de pleurer. Le gouvernement a déclaré sept jours de deuil national.

« C'est une douleur énorme et un drame qui touche aujourd'hui ce pays. Nous demandons à tous les compatriotes, les hommes et les femmes de tous âges, à être vigilants pour le maintien  de la paix, du respect, de l'amour, et de la tranquillité de cette patrie. Commandant, où que vous soyez vous : Merci, mille fois merci de la part de ce peuple qui vous avez protégé, que jamais vous n’avez oublié ", a déclaré Maduro, qui, comme l'a annoncé le chancelier Elías Jaua, sera le Président par intérim et convoquera des élections dans les 30 prochains jours, comme « est le mandat du commandant de la Présidente ».

« Maintenant il y a eu un vide absolu, le vice-président assume le pouvoir comme président et demande des élections dans les 30 prochains jours. C'est le mandat donné par le commandant Hugo Chávez. » a dit Jaua à la station de télévision multi-États Telesur.

La Constitution stipule que "lorsqu'il y a vide absolu de l'élu ou du Président élu avant de prendre possession, il y aura une nouvelle élection, universelle, directe et secrète, dans les 30 jours consécutifs. En attendant le nouveau président le vice président, sera en charge de la présidence de la République ».

La capitale s'est effondrée immédiatement et dans beaucoup de points, est devenue une mer de larmes des partisans de Chavez. Beaucoup d'entre eux se sont rapprochés de l'hôpital militaire de Caracas, dans lequel le Président au cours des seize derniers jours après sa surprise de retour de Cuba, le 18 février,  a subi la quatrième intervention chirurgicale pour le cancer dont il a souffert dans la région pelvienne, ce qui l'affectait depuis la mi-2001.Des milliers de fans ont rempli ce soir les places des grandes villes du pays pour pleurer la mort de leur chef. En revanche, dans certains quartiers de Caracas où l'opposition domine des claxonazos ont été entendus. Des célébrations similaires ont été observées dans les zones de la ville américaine de Miami, comme à Doral, où cette ville vénézuélienne d'anti-Chávez une grande tension était apparue après l'annonce hier soir, par le ministre de la communication, Ernesto Villegas, que la situation avait empiré pour Chavez.

Le Vice-président, ancien syndicaliste du Métro de Caracas, a ajouté : "ces événements nous poussent à grandir et à être les dignes héritiers, de ce géant que fut et que restera le commandant Hugo Chávez. Honneur et gloire à Hugo Chávez ! Longue vie à Hugo Chávez!"

Il a fait remarquer qu’il a décidé un déploiement des organes de sécurité et des forces armées nationale bolivarienne, dans le but de garantir la paix et le respect pour le peuple du Venezuela.

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