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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 15:07

http://www.memoriasdebolivar.com/

Certains pensent que le stalinisme fut le seul à effacer de la photo les personnages devenus, au fil des ans, indésirables pour le dictateur. Cette pratique en réalité traverse tous les âges et tous les partis. Ducoudray-Holstein peut en témoigner.

J’ai depuis longtemps le livre Simon Bolivar, le Libertador de Gilette Saurat publié chez Grasset. Il y a une importante bibliographie mais pas le livre de Ducoudray sur Bolivar et dans le livre lui-même y compris à un moment clef, quand Bolivar prend le commandement en chef à Haïti, la biographe évite de mentionner la présence pourtant importante de Ducoudray.

J’en ai déduit que le livre de Ducoudray n’existait pas en français. Par bonheur, René Merle m’a donné la version en anglais du texte de Marx sur Bolivar qui, lui, mentionne, avec titre en français, le livre de Ducoudray. Depuis j’ai pu le lire et j’ai constaté que les reproches faits au travail de Marx concernent en fait le travail de Ducoudray que Marx a suivi à la lettre. Or ce travail n’est pas un pamphlet contre Bolivar mais bien une étude colossale, avec certes quelques erreurs factuelles mais pas sur le fond.

En conséquence voici un résumé de la vie de cet amoureux de la liberté.

 Henri Louis Ducoudray Holstein (Heinrich Ludwig Villaume) est né en Allemagne le 23 septembre 1772 (ou en 1763 disent d’autres sources), à Holstein, colonie allemande, disputée pendant les années 1800 entre Autriche, Prusse et Danemark. Son père Peter Villaume (1746-1825) serait un réfugié français protestant. 

Avec son livre “Mémoires de Gilbert M. Lafayette”,   nous apprenons qu’il s’est fait passer pour un noble danois sous le nom de Baron Peter Feldmann, pour aider Lafayette à d’échapper de la prison d’Olmutz en Autriche.

En 1793 il rentre dans l’armée de Napoléon. En 1811, il est dans l’état-major du militaire français Etienne Jacques MacDonald. En 1813 il est fait prisonnier par les Espagnols à Cádiz mais deux mois après grâce à l’aide d’un officiel espagnol et d’amis mexicains il part pour Philadelfia où on lui refuse l’entre dans l’armée des USA..

Il embarque alors pour Cartagena, Nouvelle Grenade (Colombie actuelle), où il devient commandant du fort de Boca Chica. Il raconte cette partie de sa vie qui l’unit à celle de Bolivar jusqu’en 1816 quand il demande de quitter cette armée.

Il s’installe à Los Cayos, Haití puis à Curazao, avec son épouse originaire de Nouvelle Grenade, Maria del Carmen Gravette (1800 - 1855 Albany, NY) où il devient professeur de piano. Il a eu deux enfants.

Sa passion militaire n’était cependant pas éteinte. A la fin de 1821 il est incité à participer à la révolution à Puerto-Rico. Il refuse puis finalement accepte. Il constitue sa troupe aux USA et en route vers Puerto Rico il est obligé à cause d’une tempête de se réfugier à Curazao. Mais l’ile est neutre aussi il est arrêté et condamnée à mort mais gracié par le roi de Hollande.

 En 1823 il peut s’installer avec son épouse à New-York puis à Albany, où il devient professeur de lettres modernes. En 1824 il va recevoir son ami Lafayette. Il se met à écrire des textes en français et il édite même un journal : le Zodiac. C’est à Boston qu’en 1828 est publié son livre sur Bolivar et les guerres d’indépendance puis en 1834, celui dur Lafayette.

Il est mort en 1839. JPD

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 21:09

Dans Repubblica d'aujourd'hui voici le résumé des réactions suite à une petite phrase de Berlusconi. C'est juste un élément de l'ambiance d'une élections qui va secouer le pays. Monti ne décolle pas dans les sondages, le Mouvement 5 étoiles plonge, tout bouge. A suivre. JPD

 

Berlusconi fait l'éloge de Mussolini : sa phrase fait le tour du monde

Une phrase choquante de Silvio Berlusconi sur le fascisme fait le tour du monde. Il Cavaliere, prenant la parole à Milan pour la journée de la mémoire dans lequel on rend hommage aux victimes de l'Holocauste, a fait cette distinction : « le fait des lois raciales est la pire faute du chef de file, Mussolini, qui, par tant d’autres aspects, a à l’inverse fait tant de bien ». Il n’a pas suffit d’une clarification ultérieure de l'ancien premier ministre qui «condamne » les dictatures et affirme son rôle d’ « ami d'Israël » pour redimensionner l'incident. Il a suscité la colère du président des communautés Union des Juifs italien, Renzo Gattegna, qui définit les mots de Berlusconi comme « stupéfiants ». Pier Ferdinando Casini a parlé d’un « énorme » non-sens, Nichi Vendola rejette « ces sales paroles » du chef de la Pdl, tandis que le ministre Andrea Riccardi se souvient que le fascisme a été une « dictature violente ». Rosy Bindi, accuse enfin, l’ancien premier ministre d’ « insulte à la démocratie. » Berlusconi a répondu en dénonçant ce qu'il considère comme une « spéculation politique» pour faire «campagne électorale ».

di TOMMASO CIRIACO

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:56

Voici un minuscule détour par les futures élections équatoriennes, au sujet d’un candidat qui risque fort de ne pas arriver jusqu’à vos oreilles. Il faut se souvenir que dans ce petit pays tout au long des années 90 et 2000 (jusqu’en 2005) la participation citoyenne a chassé plusieurs présidents, dont deux seront d’ailleurs candidats en 2013. C’est donc par une révolte populaire qu’en 2005 Rafael Correa arriva au pouvoir. Il a été réélu en 2009. Et le voici candidat en 2013. Mais comme je l’ai indiqué je vais braquer le projecteur sur un élément nouveau de la vie politique du pays.

 Alberto Acosta Espinosa est un économiste et homme  politique équatorien de gauche.

Il est né à Quito le 21 juin 1948. Il a été un des rédacteurs du plan de gouvernement de Alianza PAIS (le parti du président Rafael Correa), qui vise à instaurer de manière graduelle le socialisme dans son pays. Il a déjà occupé des postes importants aux côtés de Correa dont il est l'ami depuis 1991 : Ministre de l’énergie et des mines, président de l’assemblée nationale constituante. Il a été un des principaux idéologues de la Révolution Citoyenne.

 Mais alors pourquoi est-il candidat à la présidence de la République équatorienne, ce 17 février, au nom d’une alliance : « l’Unité plurinationale des gauches » pour les élections de 2013, contre Rafael Correa qu’il attaque à présent frontalement ?

En Equateur, comme au Pérou, au Chili ou en Bolivie, des luttes sociales se développent pour que le développement des mines ne se fasse plus contre l’intérêt des habitants.

Sous l’impulsion de la Chine en particulier, la course aux matières premières est partout relancée. Dans le cadre de la Constitution équatorienne des projets aussi grandioses devaient se faire en négociation avec les habitants touchés avec, si nécessaire, un référendum au bout pour tenir compte de la volonté citoyenne. Dans "l’intérêt" du développement économique du Pays, Rafael Correa a décidé de passer en force d’où l’évolution d’Alberto Acosta qui a refusé ce qui devient souvent un autoritarisme du président.

 Rafael Correa est un économiste formé aux USA tandis qu’Acosta a été formé en Allemagne. Les défenseurs de Correa considèrent que c’est par le masque des ONG allemandes, que les USA avancent leurs pions. Acosta serait donc un agent déguisé des USA.

 Acosta défend l’idée, d’origine allemande ou pas, que la prise en compte des questions écologiques est au cœur de la Constitution équatorienne et que toute négligence sur ce point est une atteinte aux droits des habitants. En Equateur cette question écologique est intimement liée à celles des Indiens qui depuis toujours sont les victimes des champs pétrolifères et des mines dont les richesses profitent au « développement » du monde urbain. En réalité, là comme ailleurs aux Amériques, deux stratégies s’affrontent quand au devenir « socialiste » du pays : celle du développement industriel apportant des richesses, ou celle d’un développement plus global, unissant agriculture, culture et urbanité, peut-être plus lent du point de vue de l’augmentation du PIB.

 Pour cette élection présidentielle, Acosta a été désigné suite à des primaires internes à son mouvement ou les Indiens trouvent toute leur place et le choix d’une femme, avocate noire comme suppléante, Marcia Caicedo, confirme l’idée du lien avec les minorités. En effet, il ne s'agit pas seulement de la candidature d'un homme quand on mesure la vigueur des divers groupes qui l'épaulent.

 Tout indique que le président sortant sera réelu (peut-être dès le premier tour) mais ce nouveau courant de gauche doté de 8% en moyenne dans les sondages pense prendre date. La campagne a été lancée aux sons d’un groupe de marimba sur des rythmes connus comme : el ‘andarele’ et el ‘bambuco’. Ne pas y lire un souci nostalgique mais une volonté d’établir un lien réel avec le peuple.

Jean-Paul Damaggio

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 18:29

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En 1994 dans un document toujours d’actualité (spécial Pont Gauche ! consacré à René Bousquet) Marie-José Annenkov (alors Colet) avait en trois pages rappelé le talent de cette écrivaine oubliée. L’anniversaire actuel vient de donner lieu à une biographie et je suis d’accord avec l’auteur de l’article ci-dessous paru dans Marianne de cette semaine : sa condition de femme est la cause de ce silence. Je reprends la fin de l’article de Point Gauche en indiquant que depuis, Marie-José, a publié cette autofiction La femme en retard, aux éditions La Brochure, un livre qui prolonge la conclusion de son article. JPD

 Charlotte Delbo : si c'est une femme

Cent ans après sa naissance, Charlotte Delbo (1913-1985), communiste et résistante, déportée à Auschwitz puis à Ravensbrück, mais aussi remarquable femme de lettres, demeure une quasi-inconnue dans son pays. Une réalité inexplicable lorsque l'on sait que cette femme singulière, dont l'intégrité fut remarquée par Louis Jouvet, faisant d'elle son assistante et sa confidente, et qui mit vingt ans avant de publier son premier récit sur sa captivité, Aucun de nous ne reviendra (Minuit) est tout à fait comparable à Primo Levi, Robert Antelme, Elie Wiesel, Imre Kertész ou Jorge Semprun.

Violaine Gelly et Paul Gradvohl se sont attelés, dans une biographie passionnée, à percer ce mystère et à réparer cette anomalie. Le récit de leur quête, jusqu'aux quelques zones d'ombre entretenues par l'historiographie communiste, est édifiant. Leur seule explication à l'anonymat de cette grande dame, reconnue par ses pairs et sans cesse engagée dans les causes de son siècle, est précisément sa condition de femme. Rendons donc vie à Charlotte Delbo, qui a déjà survécu à l'exécution de son mari et compagnon de Résistance Georges Dudach, à l'âge de 28 ans, et à vingt-sept mois dans les camps nazis.

ANNE DASTAKIAN

Charlotte Delbo, de Violaine Gelly et Paul Gradvohl, Fayard, 323 p., 19€.

 Extraits de Mesure des jours Charlotte Delbo, Editions de minuit (213 pages)

« Les seuls âtres qui pouvaient m'aider étaient hors de portée. »

« Dans le wagon, je ne connaissais personne. Je n’étais à Drancy que depuis trois jours quand le départ a eu lieu. »

« Depuis Auschwitz, je ne pleure plus aux enterrements. »

« Tous les ans, elle a une espèce de fièvre. C'est son anniversaire de Typhus. »

« Je vis en somnambule, que rien ne réveillera. Refaire ma vie quelle expression… »

« Je ne sais pas si vous pouvez faire encore quelque chose de moi Si vous avez le courage d'essayer.. »

 Maman, tu n'as pu refaire ta vie après Drancy et pourtant tu as vécu très fort, et pourtant tu as aimé encore plus fort. Paradoxe de la mort à laquelle tu as échappé et qui pourtant ne t'as pas lâchée... Ils ont arrêté ta mère, mais toi, à temps tu t'es cachée, à temps tu ne te l'es pas pardonné. Tu as vécu coupable, en coupable. Ils t'ont volé ta mère, ils t'ont volé ta conscience, ils nous ont volé à nous tes filles, notre mère. Je les hais et je hais cette guerre mondiale et seconde. Je hais les collaborateurs. Collaborateur rime avec malheur. Collaborateur rime avec menteur. Collaborateur rime avec voleur. Voleur de vie.

Voleur d'enfance.

Nous, ma sœur et moi, petites filles de Drancy, nous avons tenté dans le vrai des jours, dans un relatif toujours, de remettre à flot le navire de ta vie. Aujourd'hui, tu as 75 ans. Tu nous as transmis les livres et la lutte. Tu nous as transmis le non aux fascistes. Aujourd'hui, les barbares sont si nombreux, partout, qu'on ne sait plus où donner de la lutte. Pire que la mauvaise herbe. On arrache et ça repousse de plus belle ... Et par ce passé qui fut le tien, par ce présent qui est le nôtre, par ce monde de meilleur et de pire, par ces vallées de larmes et de rires que sont nos vies, je te promets de ne jamais ranger ce livre et si, un jour malgré tout, un jour d'orange, je devais le faire pour cause de vie à continuer ce serait à la lettre E d'écriture. Ecrire un livre.

"Ce serait un livre aussi long que las Mille et Une nuits peut-être mais tout autre. Mais était-il encore temps pour moi ? N'était-il pas trop tard ?" (Marcel Proust).

Marie-José Annenkov.

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:15

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 Une fois, n’est pas coutume, voici un élément de vie familiale. Le 25 janvier j’ai fait un transport de plaque de placo-plâtre avec mon fils installé à Bagnères, au cœur des Pyrénées. Je n’étais pas passé dans la petite ville depuis quarante ans et je l’ai retrouvée toujours aussi belle. Sous la halle, la famille Begnini vend encore des légumes.

Ville thermale, ville au pied du Pic du Midi de Bigorre, j’ai fait le voyage car je savais que la journée serait ensoleillée et nous avons pu ainsi passer un bon moment. Après l’effort quel réconfort ?

Marie-France a fait pendant la journée le tour de la ville et repéré qu’au cinéma, ils jouaient le soir même, un vieux film de Dino Rizzi en VO. Belle occasion de découvrir In nome del popolo italiano (au nom du peuple italien), un film de 1971 qui fit du bruit en 1991.

La salle de cinéma est superbe et le film le fut tout autant, révélant avec le sens de la comédie propre au réalisateur, des réalités qui feront chronique vingt ans après. Le juge instructeur Mariano Bonifazi joué par Ugo Tognazzi fait face au gros entrepreneur mafieux Lorenzo Santenocito joué par Vittorio Gassman.

Depuis nous avons eu Berlusconi opposé aux juges et la prochaine élection législative confirme avec l’entrée en compétition d’Ingroia l’importance du rôle des juges.

Le parti pris du film est de rester au-dessus de la mêlée. Le mafieux est déjà avec ses problèmes de prostitués mais le juge révèle à la fin qu’il est prêt à tout pour condamner l’entrepreneur. Et quant au peuple Italien, le réalisateur lui invente une victoire dans un match de foot contre l’Angleterre pour montrer que sa bêtise n’est pas moindre que la corruption, d’ailleurs, la corruption n’est peut-être que la conjonction de l’ensemble des trois phénomènes.  Pas de corrompus sans corrupteurs mais l’inverse est vrai.

La comédie vient de la caricature mais la réalité a ensuite dépassé la caricature !

 Ce film pourrait nous faire tomber dans le relativisme que je combats par ailleurs mais ne lui faisons pas dire plus que ne peut le faire un film.

 La balade nous ayant fait passer par Nérac, le lendemain repas du soir dans un sympathique resto espagnol : Los Murcianos. A ne pas rater.

Jean-Paul Damaggio

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:00

Florence Cassez a pu quitter le Mexique car, par rapport à la décision précédente, un juge a basculé. Son retour en France aurait pu être l’occasion de revenir sur la situation du crime organisé au Mexique. Il n’en fut rien et le silence général sur l’évolution du monde, que traduit le drame de ce pays, reste entier. Innocente ou pas, je ne sais, ça va de soi, mais coupable elle l'est, de ne pas avoir dénoncé le crime organisé qui ravage le Mexique. René Merle offre sur son blog des commentaires de lecteurs de la Jornadapour inciter à la réflexion, et en rappelant la nature de ce journal progressiste.

Pour appuyer son effort voici la traduction d’un article publié le même jour dans le même journal. Le nom des trois bandes criminelles peut faire sourire. Il exprime en fait ce retour au Moyen-âge caractéristique de leur projet social. Des « relativistes » puissants dans nos sociétés, me diront que payer un impôt au gouvernement ou à la mafia c’est presque du pareil au même ! Se faire protéger par la police ou par des mafieux, c’est du pareil au même, et qu’entre l’esclavage et le salariat la différence est mince. D’ailleurs, et j’en conviens il serait fâcheux de laisser croire que le Moyen-âge ne fut qu’une période noire !

Le combat politique, et c’est l’héritage des deux révolutions celle des USA et celle de France, permet de concevoir le progrès : le paiement et l’usage de l’impôt, le fonctionnement de la police et de la justice sont dans cette construction de l’histoire, un mouvement vers le progrès possible (incluant de fait les régressions). Le crime organisé tue le politique or ce n’est pas parce que le politique est bien malade qu’il faut l’achever ! Toute position faible sur ce point, signe pour le peuple, son arrêt de mort, car il ainsi renvoyé au servage.

Dans des contextes différents et avec des objectifs variés, le crime organisé au Mexique, le FN en France et tant d’autres phénomènes ailleurs, deviennent les symptômes d’un mal dont la classe politique actuelle porte, chacune à sa façon, la responsabilité. La réception glorieuse d’une femme qui est peut-être une criminelle (rien à voir avec Ingrid Betancourt) va totalement dans le mauvais sens. J-P Damaggio

 Famille Michoacana, Chevaliers Templiers et Guerriers Unies

Du fait de la lutte entre groupes criminels, des patrouilles de l'armée sont à Edomex. La lutte a commencé en septembre de 2012 à Neza soulignent des sources militaires.

Gustavo Castillo Garcia, Samedi 26 janvier 2013, p. 15

Les différends qui opposent les groupes criminels de La Famille Michoacana, les Chevaliers Templiers et les Guerriers unis imposèrent à l’armée l’organisation d’opérations contre le crime organisé dans l'état de Mexico, selon des sources militaires de l'armée. Répondants aux journalistes, les militaires ont fait remarquer que de telles actions de dissuasion et de prévention, correspondent à ce qui est arrivé dans Ciudad Nezahualcóyotl en septembre 2012.

Les affrontements entre ces organisations criminelles qui ont commencé à iudad Nezahualcóyotl en septembre de 2012 puis en décembre, se sont étendues aux municipalités de Tejupilco, Teloloapan y Coyuca de Catalán, Guerrero, Michoacan et l'état de Mexico. Leurs confrontations ont laissé plus de 50 personnes tuées dans le dernier trimestre de cette année, ont déclaré les mêmes sources. Ce qui avait commencé comme un conflit pour le contrôle des drogues de synthèse dans les régions de la production des produits chimiques nécessaires, inclut désormais la distribution de ces drogues au public dans les zones de forte densité de population, où déjà avaient été identifiées et même arrêtées certaines cellules nées d’abord dans le Michoacan, ont indiqué les sources consultées.

 La Familia Michoacana fut à l'origine des Chevaliers Templiers après la mort présumée de Nazario El Chayo Moreno González, en décembre 2010, lors d'un affrontement avec des éléments de la Police fédérale. Le groupe s’est divisé et la plupart des opérateurs se sont joints aux Templiers, dirigé par Enrique Plancarte Solís et Servando Martínez. Les Guerriers unis ont émergé comme un groupe qui a réuni des gestionnaires régionaux de La Familia Michoacana agissant dans l'état de Mexico et des membres de la Beltrán Leyva [un autre groupe mafieux puissant] qui avaient leurs zones d'opérations dans le Guerrero. Parmi eux, Raúl Díaz Román, Commandant El Hierro arrêté le 7 juin 2012 par les autorités de l'état de Mexico.

 Selon les sources militaires consultées, le leader des Guerriers Unis est Mario Casarrubias Salgado, surnommé le Beau crapaud. Ils agissent dans des domaines tels que Luvianos, El Oro, San Felipe de el Progreso, Temascaltepec, Tenancingo, Tejupilco, Zacualpan et Ixtapan de la Sal, Naucalpan, Tlalnepantla, Atizapán de Zaragoza et Ecatepec. Le groupe identifié comme Guerriers Unis est aussi présent à Cuernavaca, Morelos, et le 22 octobre 2012 le Secrétariat de la Défense nationale a arrêté Erasmo Israël Sotelo Hernández, Le Froid, la chef dans la ville du Printemps Eternel.

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 17:49

J’ai déjà écrit sur le sujet : élie cayla assassiné à Moissac

Je découvre ce document qui complète la question. JPD

 

Midi socialiste 17 juin 1935, L’agression fasciste de Moissac

Jeudi dernier les Croix de Feu avaient organisé à Moissac dans la salle de « l’étoile-Palace » une réunion en vue de constituer une section dans cette ville. Soixante personnes environ y assistaient dont trente Moissagais. Les autres étaient des jeunes gens venus en automobile de Toulouse. Le bureau constitué un pick-up entonna la Marseillaise. Un des assistants se leva et gagna la sortie. A ce moment un citoyen de Moissac connu pour ses opinions rétrogrades, M. Valès architecte et Croix de Feu, gifla le spectateur qui voulait partir. Le président de la réunion fit un signe et tous les Croix de Feu se levèrent et sortirent de leur poches leurs matraques et assommèrent trois Moissagais qui se trouvaient dans la salle et qui n’avaient point manifesté : M. Marty, Maury et Holcher. Ceux-ci étaient coupables à leurs yeux d’avoir des opinions républicaines très marqués. Le commissaire de police, M. Labartié, voulu intervenir. Mal lui en prit, car il reçut à son tour un coup de matraque sur la tête que lui donna un étudiant toulousain dont on ne connaît pas encore l’identité. On craint que l’un des blessés, M. Marty, n’ait eu le crâne fracturé. La population de Moissac a été profondément émue de cette agression.

L. Cassé

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 12:33

benjamin-es.jpg  benjamin-it.jpg

Une émission d’Arte vient de nous permettre de croiser les amitiés de Walter Benjamin. J’ai donc repris mon vieux dossier pour en retirer ici trois choses.

Deux dessins de Loredano, un pour El Païs (sans date) et l’autre de la Stampa (février 1994).

J’ajoute deux textes à propos de Port bou.

Le Monde (1994, pour l’inauguration du monument qui vient d’être nettoyé presque 20 ans après) :

Un monument dédié à là mémoire du philosophe allemand Walter Benjamin (1892-1940) a été inauguré le dimanche15 mai dans la petite ville de Port-Bou.

PORT-BOU (Espagne) de notre envoyée spéciale

 Erigé à l'instigation du président de la République fédérale d'Allemagne, Richard von Weizsäcker, grâce au financement de la majorité des Länder allemands et du gouvernement catalan, ce lieu de mémoire, intitulé « Passages », rappelle 1e souvenir de Benjamin ainsi que celui des innombrables fugitifs dans les années 1933-1945, ont franchi cette frontière dans les deux sens en espérant rester en vie et conserver la liberté. Le projet commencé il y a cinq ans, a été supervisé par un organisme de Bonn, le groupe de travail des instituts culturels indépendants (Arbeitskreis Kultur institute, AsKI) en collaboration avec l’artiste israélien Dani Karavan.

 Plasticien de paysages, auteur notamment de l'Axe majeur de Cergy-Pontoise, d la place Blanche « Kikar Levana » de Tel-Aviv et du chemin des Droits de l'homme à Nuremberg, Dani Karavan a conçu là un lieu qu'il ne veut surtout pas appeler un monument et qui constitue une remarquable réussite. Une forme qui se confond avec le paysage. Un parallélépipède de fer rouillé qui s'enfonce dans le sol à flanc de colline, formant un tunnel étroit de quelque quatre-vingt-cinq marches, descend droit vers la mer. Ou plutôt vers un tourbillon d'écume se brisant sur des rochers invisibles. En face, la montagne, les derniers contreforts des Pyrénées, d'où était arrivé Walter Benjamin la France, la frontière, le poste de douane où il fut conduit...

«Je cherchais d'abord le lieu, explique Karavan. J'ai circulé partout. Il était évident que ce devait être près du cimetière. Un jour j‘ai eu la chance de voir le tourbillon, et je me suis dit que la mer disait toute la tragédie de cet homme. C'était cela que je devais faire voir... Pour cet hommage, j'ai voulu utiliser toutes les choses qui existent autour du cimetière. J'ai cherché à amener le visiteur à passer, à s'asseoir, à méditer. A faire quelques expériences de passage ». Surtout, il n’a voulu ne rien changer à l'environnement, lier la nature, la végétation, le vent, le soleil à son œuvre. Un olivier luttant contre la tramontane qui se penche vers le mur du cimetière. Plus haut, une plate-forme d'où l'on ne découvre que l'horizon lumineux, mais à travers un grillage quadrillé infranchissable. Plus haut encore, l'œil bute contre le muret rond du cimetière.

 Un cimetière en terrasses à flanc de coteau, fait de plusieurs étages de murs percés d'alvéoles superposées. Au numéro 563, dans la partie catholique du cimetière, les restes, de Benjamin avaient été déposés, emmurés, jusqu'en 1945 puis jetés à la fosse commune puisque personne ne se préoccupait de cet étrange inconnu. « Il n’a pas de tombe. On ne sait pas où il est enterré dit encore l'artiste. Ce lieu, c'est un voyage, un itinéraire autour d'un point inconnu. Puis une traversée éblouie vers la lumière.» Exilé d’Allemagne depuis 1933, fuyant le nazisme, Walter Benjamin se suicida le 26 septembr1940 à Port-Bou alors qu'il avait tenté d’entrer en Espagne pour gagner les Etats- Unis. Les douaniers espagnols avaient refusé le passage au groupe de fugitifs, apatrides comme1ui, qui avaient franchi clandestinement les Pyrénées. On les autorisa à passer la nuit dans un hôtel — Hôtel de Francia, avenue du Généra1 Mola — avant de les transférer le lendemain dans un camp français. Au matin, Benjamin avala des comprimés de morphine qu'il portait sur lui.

Une Fondation Walter Benjamin sera créée à Port-Bou dans l'ancienne maison de la Douane, avec une bibliothèque et un centre de recherche qui pourrait accueillir des universitaires.

NICOLE ZAND

 P.S. de JPD : C’est en lisant en 1990 de Daniel Bensaid, Walter Benjamin sentinelle messianique que je me suis un peu familiarisé avec l’auteur allemand dont j’ai eu dix fois l’occasion de découvrir le monument de Port Bou dont une fois avec l’ami Jacques Desmarais. Voici le site du monument : http://walterbenjaminportbou.cat/

 

Dans une lettre à El Païs du 6 juillet 1995, Hans Haacke de Barcelone indique qu’il était à Port Bou au monument de Walter Benjamin au moment où Ernst Jünger recevait de l’Université de Madrid un hommage et le doctorat honoris causa à cause de son livre La conscience du siècle. Etrange coïncidence pointe ce lecteur car au moment où Benjalin est poussé au suicide par les nazis Jünger sert les mêmes nazis à Paris, nazis dont il avait préparé le chemin dès 1930 en écrivant Zur juden frage. Voici  un extrait : « A mesure que la volonté allemande progresse en clarté et en forme, les derniers vestiges de l’illusion juive disparaîtront du pays ; et en Allemagne il n’y aura plus qu’une option : être juif ou ne pas être. »

Le film d’Arte sur Benjamin montre parfaitement comment l’antisémitisme se développe en Allemagne dès 1925 ; comment la solution finale est clairement étudiée dès 1936. Comment peut-on nous dire alors que des juifs de 1942 n’en connaissaient pas la nature en France ? La désinformation a été à ce point ?

Le lecteur du journal termine ainsi le face à face Benjamin/Jünger :

« Sur la pierre honorant Benjamin nous lisons cet extrait de l’écrivain : « Il n’existe aucun document culturel qui ne soit simultanément un document de barbarie. » Je crois que quelques documents sur plus barbares que culturels. Le doctorat honoris causa pour la conscience du siècle en est un. » JPD

 

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 12:26

Cet article remplace un article précédent suite à une première rencontre avec Madame Vignoboul. Le projet à présent c'est de pouvoir publier des écrits de Jean dit Jeannot.

 

Jean Vignoboul (1921-2012)

 Né le 2 décembre 1921 à Gaillac (Tarn), fils d’un cheminot, syndiqué, admirateur de Jaurès, sympathisant socialiste après la Première Guerre mondiale, c’est suite à une mutation de son père à Montauban que le petit Jean Vignoboul va devenir élève de l’ancien collège de Montauban.

Bon élève, comme beaucoup de directeur d’école, Monsieur Bousquet le propose au concours d’entrée à l’Ecole normale de Montauban. A la surprise du directeur, il est collé. Monsieur Bousquet ne s’en tient pas là et va à l’inspection académique pour vérifier les copies. Là il découvre qu’en calcul, cause de l 'échec, même si le raisonnement suivi n’a pas été celui attendu, le petit Jean est bel et bien arrivé au résultat ! Après une négociation, il est entendu qu’il entrera l’année suivante à l’École normale d’instituteurs de Montauban directement en deuxième année et nous sommes en 1939. En attendant il prépare son brevet supérieur.

Dès cette époque, pour l’année 1937-1938 (il a donc 16 ans), fidèle à la tradition familiale, il adhère aux Jeunesses socialistes SFIO.

De la formation à l’Ecole normale dans les conditions nouvelles de l’occupation, il se souvient d’un stage à l’école d’agriculture d’Ondes où les jeunes normaliens souffraient de la faim.

En 1941 il devient instituteur à Maubec. Situation difficile car il devait aller manger à Solomiac, petite ville du Gers à quelques kilomètres. Même quand on est jeune, la montée vers Maubec n’avait rien de facile surtout avec les vélos de l’époque. Jean Vignoboul décide alors de devancer son entrée aux chantiers de Jeunesse qu’il rejoint en octobre 1941au Vigan dans le Gard. Il y reste jusqu’en mai 1942, ce qui lui permet de reprendre un poste, sans doute à Monclar, et de bénéficier ainsi du salaire pendant les vacances.

 L’épreuve suivant, pour tous les jeunes de l’époque c’est le STO. Une épreuve d’autant qu’elle donne lieu à une vive explication entre le père et le fils. Avec la guerre 14 le père avait été contraint de passer sept longues années sous le drapeau. Entré au service militaire en 1912, il ferra la guerre en Asie d’où il ne reviendra qu’en 1919 trainant avec lui des traces de paludisme. Le père considérait qu’il était du devoir de son fils de partir STO. Le fils ne l’entendait pas de cette oreille. D’autant qu’il s’est marié civilement en aout 1942 à Montauban, avec une employée future contrôleur divisionnaire des contributions indirectes, active pendant la Résistance, membre du Parti communiste français dès le mois d’octobre 1943.

 Dès avant la guerre, Madame Vignoboul est engagé dans le combat social d’abord pour aider à l’accueil des Italiens. Elle se souvient que déjà à l’école elle affrontait les propos racistes d’enfants usant du terme bien connu de Macaroni[2]. Puis avec sa mère divorcée depuis longtemps et ses grands-parents maternels ils aident les nombreux Espagnols réfugiés à Montauban. Ils en font évader plusieurs du camp de Septfonds. C’est donc naturellement qu’elle participera à la Résistance en particulier en produisant de fausses pièces d’identité.

 De son côté Jean devient donc réfractaire au STO en janvier 1943 en obtenant d’abord une phase sursitaire en raison des études supérieures, le 4 août 1943. Il ne put intégrer le maquis FTPF par manque de place que le 7 juin 1944. Là; avec le Portugais Emile Guerreiro il entre dans le maquis FTPF de Saint-Antonin (maquis Vidal puis Louis Sabatié) sur le Causse de Servanac dont il devint le chef du groupe du 7 août 1944 au 30 novembre 1944.

 A la libération Jean Vignoboul devient, pour la jeunesse, le secrétaire départemental du Front national. Puis il effectue son service militaire dans un régiment d’infanterie et le termine comme sous-lieutenant.

Ensuite il devient permanent du PCF pour la Fédération du Tarn et Garonne, parti auquel il a adhéré le 16 juillet 1944. Dès le 30 octobre 1945 il est le secrétaire politique de la fédération dirigée par Pierre Juge, jusqu’en 1947.

Pierre Juge est député et Paulette Vignoboul en plus de son travail accepte de lui servir de secrétaire. A un moment, le maigre salaire de permanent de son mari n’est plus versé pendant trois mois. Il s’en suit des frictions avec Pierre Juge, Paulette cesse d’assurer le secrétariat bénévole. Jean Vignoboul redevint donc instit en février 1947 tout en restant le deuxième secrétaire de la fédération communiste et en s’occupant du journal fédéral. En 1953 il suit les cours de l’école centrale des instituteurs communistes.

 Premier désaccord

 «Ebranlé» par le XXe congrès du Parti communiste d’Union soviétique, Jena le fait savoir et il est alors maintenu en 1956 au seul bureau fédéral. Le prétexte, indiqué par Fernand Grenier dans son rapport sur la conférence fédérale de juin 1956, fut son désir de préparer une licence de mathématiques. Il inverse les réalités : ayant moins de responsabilités Jean Vignoboul qui avait obtenu, pendant la guerre, le certificat de mathématiques à la Faculté de sciences de Toulouse (avec l’aide de l’ami portugais Emile Guerreiro) va reprendre ses études et il en obtient deux autres ce qui lui permet de devenir professeur d’enseignement général des collèges (sciences) à Montauban en 1957. L’année 1956 ayant été « digérée » il est réélu au secrétariat fédéral du PCF en 1959 et il devient responsable de la propagande et de l’éducation, puis des intellectuels à partir de 1964 jusqu’en 1965.

 Deuxième désaccord

Le rapport de Balmigère sur la réunion du comité fédéral, le 2 décembre 1961, indiquait que, dans la discussion sur le mouvement communiste international, « tout en se déclarant d'accord avec la ligne du 22e congrès, Vignoboul considère que les dirigeants du Parti communiste chinois ont certainement des raisons de défendre leurs thèses et qu'en définitive c'est l'expérience qui tranchera ». Le 19 septembre 1964, il écrivait au secrétariat du comité central, une longue lettre à propos des «activités scissionnistes du PCC». Il évoquait le risque de guerre entre pays socialistes et concluait «alors l'élimination de la guerre pour l'humanité ne serait pas résolue par le passage de tous les peuples du globe au régime socialiste […] ainsi s'effondrerait la perspective radieuse d'un monde débarrassé de la hantise de la guerre et de l'énorme fardeau des armements».

Après l’appel de Stockholm qui avait mis en pointe le mouvement communiste sur le terrain de la paix cet affrontement militaire entre Chine et URSS posait en effet de nombreux problèmes.

Et dans cette discussion sur la Chine, un ami de Vignoboul, lui aussi professeur de mathématiques, Monsieur Lachaud, est fortement incité à rendre sa carte. Le secrétaire fédéral demandera même à Jean Vignoboul de rompre toute relation amicale avec ce couple de militants sincères et dévoués à la cause communiste.

Troisième désaccord

Redevenu seulement membre du bureau fédéral de 1965 à 1971, lors de la conférence fédérale du 18 janvier 1970, selon le rapport de Lespiau, tout en condamnant l’intervention soviétique à Prague, il ne votait pas la motion condamnant le livre de Garaudy «tout en montrant son désaccord avec les écarts philosophiques de Garaudy.» Il resta cependant au comité fédéral de 1971 à 1979. Il quittera le PCF après les événements de Pologne en 1981.

 L’adjoint au maire

Bien que ce membre du PCF ait manifesté souvent des positions critiques il est proposé comme candidat aux municipales de 1965. Avec la liste de Louis Delmas il est élu conseiller municipal de Montauban puis adjoint au maire en charge de l’éducation et réélu adjoint en 1971. Le travail accompli dans son secteur est exemplaire et souvent cité en exemple par le maire auprès des autres adjoints. Sa notoriété fait de lui un suppléant au candidat communiste Pierre Juge (devenu adjoint comme lui à la mairie de Montauban) lors des élections législatives de 1967 dans la première circonscription de Montauban.

 Après le PCF

Avec 1981, il devint secrétaire du Comité de défense des libertés en Tchécoslovaquie et fut responsable de la Ligue des droits de l’Homme de 1981 à 2002. L’une des plus réalisations fut la venue à Montauban de Lise et Arthur London en conformité avec ses idées de toujours. En 1988 il soutient la candidature de Pierre Juquin. Je me retrouverai à ses côtés à une tribune. En 1994 il est en première ligne pour soutenir la venue à Montauban de Pascale Froment qui, à l’initiative du journal Point Gauche a présenté sn livre sur René Bousquet. Au moment de son décès, dans Les Nouvelles du TetG, Michel Veyres qui a rédigé quelques mots à la mémoire de Jean Vignoboul pointe ceci : « Membre de la direction fédérale, il quitte, incompris, notamment en ce qui concerne les pays de l’Est, le Parti après l’affaire de la Pologne en 1981.» D’autant plus incompris que les membres du PCF n’ont pas pu connaître les raisons de ce départ et le cheminement de sa pensée.

Jean-Paul Damaggio

Bien des éléments de ce texte viennent d’une rencontre avec Madame Vignoboul le 22 janvier de 10 h à 11h 15. Il est prévu que je puisse compléter ce propos en particulier en publiant des écrits de Jean.

Nous avons parlé du cas de l’ébéniste Bruno Gherbi, un Italien que j’ai croisé une seule fois et qui a été au cœur de la Résistance, un homme qui mériterait quelques pages.

Ce jour là, je m’en souviens très bien, j’étais dans la salle le seul membre du PCF et quand j’ai posé la question, Jean a pensé que j’étais en service commandé aussi il en a profité pour rappeler vertement le comportement du PCF, ce qui n’avait aucun lien avec la question dont je ne me souviens pas du contenu.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 12:20

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Diverses questions récentes sur l’histoire du PCF en Tarn et Garonne, viennent de me renvoyer vers cet article de 1995 que j’avais promis de compéter ce que je n’ai pas fait ou très peu dans le cadre du livre sur les élections municipales à Montauban. Le voici sur la toile avec quelques remarques en attendant mieux. Je salue par cette occasion l’ami Jean Couchet. JPD

 

Point Gauche ! n°18 Mai-Juin 1995

Pierre Couchet (1911-1965) Un dentiste militant

 Nous sommes le 21 Mars 1965 à Montauban et Pierre Couchet saute de joie : une gauche plurielle et unie s'installe à la mairie. Sous l'étiquette du PSU ils sont deux élus avec Raymond Récoché[1]. Naturellement, les autorités sachant s'encenser, il devine que la journée qu'il vient de vivre sera tout bénéfice pour la stratégie courageuse de Louis Delmas, stratégie qui a permis la victoire en unissant les protagonistes de ... quatre listes de 1959. Se doute-t-il que la maladie qui le mine depuis des années ne lui laissera assumer sa nouvelle fonction que quelques jours ? Plus qu'au futur, il songe surtout aux précédentes élections municipales, celles de 1959 où il dirigea avec Daniel Ligou une liste de la gauche critique qui réalisa le beau score de 7% (union du PSA et l'UGS). Et à se tourner vers le passé, il a envie de faire le bilan de trente ans d'action dans sa ville, puis il ne retient que son action en faveur de la piscine[2].

Laissons-lui la parole à partir de ce qu'il écrivit en novembre 1957 dans le journal Combat :

« Au moment où les impérialiste exploitent le sentiment national, le détournent vers des fins chauvines ou poujadistes et factieuses de toutes obédiences et s’apprêtent à la suite d'une perte possible de l’Algérie, à exploiter ce sentiment contre la République, allons-nous les laisser s'approprier les titres de nationaux et patriotes qu’ils ont en réalité usurpées ? »

Il dénonce ainsi la réduction de toute défense de la nation au nationalisme. Avec la plus grande énergie, il invitera les jeunes à ne pas confondre chauvinisme et patriotisme. Il refusait aussi bien l'internationalisme verbeux (c'est le plus fréquent encore aujourd'hui) que le chauvinisme concret (se formant actuellement sur nos terrains de sport). Son combat était toujours double et la citation me semble symbolique. En 56, tout en refusant de crier avec les loups comme le lui demandait le socialiste Sol, Couchet dénonça le PCF qui crut utile de nier le rapport Khrouchtchev comme l'intervention soviétique à Budapest (le premier mensonge dura "seulement" vingt ans et le second, un jour car il a fallu se rendre à l’évidence des chars russes étaient bien à Budapest).

Fils d'instituteur, Pierre Couchet venait de Firmi dans l'Aveyron où il était né le 6 Août 1911 et comme d'autres aveyronnais (vous ne voyez pas à qui je pense ?) il s'installa à Montauban pour des raisons professionnelles. En 1934, il devint dentiste dans la ville. Chez lui, Jacques Duclos montrera ses talents de cuisinier comme me l'expliqua Yvonne Couchet. Arrêté le 3 septembre 1939, il est condamné à une peine avec sursis en décembre suivant. Dénoncé en 1941, il s'échappa à la vue des gendarmes, se cacha puis participa à la Résistance d’abord dans le maquis de Saint-Antonin puis dans le Gers. Malgré son action, il ne pourra reprendre place au sein du PCF en 1945 ! Pensez, cette peine avec sursis en 39 était un "bon" prétexte pour écarter un esprit indépendant. Pour autant, il ne laissa pas l'activité politique en créant divers groupes à Montauban jusqu'à cette campagne municipale de 1959 qui fut suivie au plan national par la création du PSU (le journal Combat était lié au journal national Le Libérateur).

En ce jour de fête de 1965, il peut penser aux municipales de 1959 avec fierté. Le 7% de sa liste plaçait les socialistes au cœur d'un projet que Delmas sut mettre en œuvre.

Les radicaux - trop à droite - ne pouvaient revendiquer le titre de tête de liste (ils se contenteront de reprocher aux socialistes le cumul de mandats !). Le combat animé par Couchet a servi de tremplin au PS qui y gagna la direction de la ville grâce à l'Union de la Gauche encore peu fréquente en 65 (le PS restait majoritairement pour l’alliance au centre). Le PS a-t-il reconnu par la suite la pertinence de cette action ? Depuis 1965 il a souvent enterré (ou trahi) cette originalité qui aurait pourtant permis à la gauche de ne pas finir nationalement dans les choux. Pour justifier cette appréciation il me faudrait évoquer l'ensemble des données de cette municipale de 59. La place me manque dans cet article mais j'espère y revenir, il ne faut pas laisser pourrir dans les caves de l'oubli ceux que les autorités y déposent.

Jean-Paul Damaggio

 P.S. En illustration la Une du journal Combat dont quelques exemplaires sont aux archives, un lecteur aurait-il la collection complète ?

 

Son épouse a été longtemps l’institutrice au CP de l’Ecole Annexe.

Un combat incessant sur lequel je vais essayer de revenir en priorité.

Cette lucidité en 1957 témoigne parfaitement bien des idées de Pierre Couchet.

Je le pensais en 1995 et je le pense toujours plus à partir de connaissances accumulées sur l’Amérique latine.

Il s’agit d’Hugues Panassié le géant du jazz venu de l’Aveyron à Montauban

Dès 1938, il est secrétaire du Parti communiste pour le Tarn-et-Garonne. Le Parti aurait groupé 800 adhérents en 1936, 400 en 1937, 600 en 1938 répartis dans 39 cellules (Arch. I.M.Th., micr. 10622, rapport du directeur général de la Sûreté, s.d., début 1939).

En fait le 3 septembre 1939, il est arrêté et condamné par le tribunal militaire de Montauban à trois ans de prison et 1 000 F d’amende. C’est en appel il est condamné à la même peine mais avec sursis et libéré fin décembre et signant un engagement à ne pas poursuivre son action. 

En 1945 ou plus tard, il faudrait vérifier cette donnée.

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