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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:41

L’histoire des modes de scrutin est l’histoire infinie des manipulations électorales. Bien sûr, pour qui souhaite des élections (et je suis de ceux là) il faut penser à un mode de scrutin. Il y en aurait un, totalement équitable qui s’appelle la proportionnelle mais il existe diverses proportionnelles et le fait que l’élection européenne, soit à la proportionnelle n’a pas rendu l’institution démocratique ! Parmi les modes de scrutin, il en est un qui a été éphémère, tellement il était ridicule et injuste, celui des apparentements (en 1951 et 1956). Certains sont sur deux listes car elles sont « apparentées ». Jean Baylet est ainsi « apparenté » avec un pilier de la mairie de droite de Montauban. En 1947 les Radicaux aident la droite à la mairie de Montauban et en 1951 une partie de cette droite aide les Radicaux pour les législatives. L'apparentement électoral est une forme spécifique d'alliance électorale. Dans le cadre du scrutin proportionnel, il permet aux partis qui se déclarent apparentés de concourir séparément lors du scrutin, tout en additionnant leurs résultats pour l'attribution des sièges.

 

Législatives du 17 juin 1951 en Tarn et Garonne

Inscrits : 100 989 ; Votants : 80 863 ; Blancs : 3 121 ; Exprimés : 77 742

 

Liste RPF (gaulliste)

Boscher : 10 227 ; Davet : 9 994 ; De Sainte Marie : 9 964

Moyenne : 10 061

 

Liste Communiste

Juge : 18 348 ; Ardouin : 18 134 ; Vié : 18 073

Moyenne : 18 185

 

Liste Roques (centre droit)

Roques : 7448 ; Dupuy : 6 668 ; Garrigues : 6 657

Moyenne : 6924

 

Listes apparentées

 

Liste RGR (radicaux)

Baylet : 21 038 ; Laplace : 20 455 ; Lacaze : 20 151

Moyenne 20 548

 

Liste SFIO

Ségalas’Talou : 8 052 ; Besombes : 7 726 ; Dupuy : 7 684

Moyenne : 7 820

 

Liste MRP

Lacaze : 8 887 ; Dablanc : 8 528 ; Bachala : 8 395

Moyenne :  8 603

 

Liste Ancel

Ancel : 5 292 ; Bachala : 4 701 ; Ruamps : 4598

Moyenne : 4 864

 

Elus : Jean Baylet, Adrien Laplace, Henri Lacaze (tous ceux de la liste arrivée en tête)

 

Dans le livre, Paul Ardouin, paysan, carnets de mémoire et de luttes, Editions Arcanes 2011, l’auteur évoque quelques moments de la campagne mais l’air de proportionnelle était seulement un air.

« Mon activité au Bureau fédéral et dans les organisations agricoles me vaut de me trouver en seconde position sur la liste présentée aux élections législatives de 1951 ainsi constituée : Pierre Juge, Paul Ardouin, Roger Vié. C'était une élection à la proportionnelle. Nous nous déplacions dans toutes les communes du département, répartis en deux équipes, qui partaient tous les soirs. Nous laissions les camarades les uns après les autres dans les villages où la réunion était annoncée, puis nous les reprenions au retour. Chacun attendait la voiture, seul devant la mairie, une fois la réunion achevée.

C'était d'autant plus stressant lorsque, comme à Gensac où l'on m'avait déposé, je n'ai eu personne à la réunion. De 21 h à minuit et plus, c'était long d'attendre la voiture ! Plus pénible encore ce qui est arrivé à Vié : oublié par le chauffeur, il dut faire appel à un camarade de Lavit. Inutile de décrire sa colère.

La campagne se termina par une réunion à Montauban, Place Prax-Paris, avec plusieurs milliers de participants venus entendre le discours de Jacques Duclos. »

J-P Damaggio

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:32

Theophile-001.jpg

 

Théophile Couchet (sur la photo avec son épouse Augustine) est né le 12 septembre 1882 à Pontarion. Instituteur il s’est retrouvé rapidement dans l’Aveyron où il a notamment été directeur de l’école primaire de Salles la Source. A cette époque il était déjà très militant puisqu’il a été responsable départemental du syndicat des instituteurs. Il a été “blessé” durant la guerre... à un doigt (...)  une blessure opportune pour quelqu’un qui ne voulait pas faire la guerre... Son petit-fils se souvient de son sourire quand il parlait de cette blessure… qui ne l’empêchait pas de chasser.

Il fut le père de Pierre et Charles Couchet.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:20

Une amie m'a fait passer cette information sans en connaître la source. Elle fait un bilan que j'ai pu moi-même vérifier à plusieurs occasions et qu'en conséquence je reprends. JPD

Les intellectuels tarn-et-garonnais s'engageaient

En ces jours anniversaires de la parution du «J'accuse...» d'Emile ZOLA, peut-être est-il bon de rappeler- même d'une manière trop succincte que, dans notre département comme dans toute la France, les débats furent parfois vifs entre «dreyfusards» et antidreyfusards» (au premier rang desquels deux journaux : «La Croix» et le «Ralliement»)

 Et que, dans le combat contre la condamnation de Dreyfus -certes minoritaires dans les premières années - s'engagèrent des intellectuels tarn-et-garonnais.

Quelques noms seulement.

Et d'abord ceux de deux personnalités qui jouèrent un rôle important au plan national :

Jean-Pierre MANAU (1822-1908) avocat moissagais, arrêté et proscrit après le coup d'état du 2 Décembre 1851, amnistié et de nouveau arrêté en 1858. Après l'avènement de la IIIème République, il connaît une promotion rapide et est nommé Procureur Général de la Cour de Cassation en 1893. En Octobre 1898, il rédige en tant que tel un vigoureux réquisitoire en faveur de la révision du procès DREYFUS : cette dernière est désormais en route. MANAU soutiendra également publiquement Emile ZOLA après «J'accuse...»

Jean-Pierre BERGOUGNAN (1854-...). Castelsarrasinois, il est d' abord avocat à Moissac (dont il fut conseiller municipal) avant de devenir journaliste, d'abord en Tarn-et-Garonne puis à Paris (rédacteur au journal «Le Temps») Président du Syndicat National de la presse judiciaire, il mène fermement campagne en 1898 pour la révision du procès DREYFUS et la défense de ZOLA.

 Dans notre département, quelques grandes figures également :

-Emile POUVILLON (1840-1906) (1). Le célèbre écrivain n'hésite pas, en Mars 1898, à souscrire pour offrir une médaille d'or à Emile ZOLA... ce qui entraîne de violentes polémiques et de profondes dissensions au sein de l’Académie de Montauban, dont il démissionne.

-Camille DELTHIL (1834-1902). Ecrivain, poète, le futur Sénateur du Tarn-et- Garonne défend sans faille, dans son hebdomadaire «La Feuille Villageoise», la nécessité de la révision du procès DREYFUS et ne ménage pas son soutien à Emile ZOLA et à Emile POUVILLON

-Edouard RABAUD (1838 - 1919). Pasteur, professeur à la faculté de Théologie Protestante, il soutient publiquement, avec les membres du Consistoire (dont il est Président) et ses étudiants les positions de ZOLA.

-Madame Adèle - Athénaïs MICHELET (1826 - 1899). La veuve de l’illustre historien (dont «La Croix» osera dire qu'il «.., a surtout écrit avec une âme allemande...») n'hésite pas à signer en 1898 une pétition contre la mise en jugement du lieutenant-colonel PICQUART (qui a découvert les faux dans le dossier DREYFUS).

-Ce sera aussi le cas du doyen de la faculté de Théologie Charles BRUSTON (1838 - 1937), un des plus grands hébraïstes de France.

-Et pour terminer cette liste, forcément incomplète, citons Albert MATHIEZ (1874 - 1932). En 1899, le futur célèbre historien, alors professeur au Lycée Ingres, prend l'initiative d'une adresse protestant contre une manifestation anti-dreyfusarde de Juin 1899 à Auteuil. L'adresse est signée par 30 professeurs parmi lesquels, Emile CHENIN, futur Prix Goncourt sous le nom d' Emile MOSELLY.

 A. MATHIEZ fut déplacé.

D'autres noms seraient à citer parmi les intellectuels qui, lucidement et courageusement, prirent, il y a cent ans, la défense des droits et des libertés, et se prononcèrent contre l'intolérance et l'antisémitisme. Leur combat se poursuit.

 

Note JPD : Les polémiques furent très dures à son sujet car venant de la droite il étairt dénoncé comme traître.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:57

Voici une déclaration des animateurs d'un site internet qui se sont engagés dans la campagne aux côtés du S.E.L. (sinistre ecologia liberta) voir : (labyrinthe italien ) lui-même uni au Parti démocratique qui lui-même regarde du côté de Monti dont les idées sont opposées à celles exprimées ici. A suivre.

J-P Damaggio

 

La campagne Sbilanciamoci ! invite les candidats à l'élection générale, des 24 et 25 février à s'engager pour un avenir de l'Italie : l'environnement, la paix, la citoyenneté, la justice sociale, une économie différente. Les candidats aux élections générales du 24 et 25 février 2013 ayant demandé l’appui de Sbilanciamoci ! peuvent représenter un tournant et une discontinuité en ce qui concerne les politiques néolibérales d’austérité qui ont appauvri le pays et l’ont fait sombrer dans la récession. Ces politiques ont accentué les inégalités, augmenté le chômage, affaibli le bien-être, et rendu le travail plus précaire en mettant en difficulté des entreprises

Ce n’est pas « L'Europe qui le demande » : il n'y a pas besoin de « redonner confiance aux marchés» : les politiques économiques alternatives sont possibles. Pendant des années, la campagne de Sbilanciamoci! a présenté son rapport «pour l'utilisation des dépenses publiques, pour les droits à l’environnement, la paix». Le quatorzième rapport a été présenté fin novembre 2012 et contient 94 propositions, chiffres en main, pour démontrer qu'un autre loi de stabilité permettrait d'investir dans la reprise économique, avec un nouveau modèle de développement écologiquement durable, une redistribution des richesses et une plus grande justice sociale.

Juste quelques exemples : si on réduisait les contributions croissantes à l'école privée, il y aurait plus de ressources pour le public. Sans formation, recherche et enseignement supérieur le pays n'offre aucun avenir. Il faut des investissements publics dans la qualification de l'offre de formation, le droit à l'éducation, l’école et les bâtiments de l'Université et dans la recherche. Si nous abandonnions la folie de « grands travaux», comme la réalisation de la grande vitesse en Val Susa, il y aurait des ressources pour les « petits travaux» dont le pays a besoin, des travaux pour la  mobilité durable à la lutte contre l’hydrogéologie. Si nous renoncions à l'achat de chasseurs-bombardiers F35 et réduisions les dépenses militaires de 20 %, il y aurait des ressources pour le bien-être, la coopération internationale et la fonction publique nationale et nous pourrions même réduire la dette nationale. La politique étrangère de notre pays ne peut se baser sur des missions militaires à l’étranger, mais sur la coopération internationale et la solidarité. Une politique fiscale avec une plus grande progressivité, permettrait une redistribution plus équitable des richesses. Et ainsi de suite.

A partir de l'environnement, la santé, l'instruction, la politique d'accueil des immigrants, et par opposition à la corruption, la fraude et l'évasion fiscale, il existe une direction nouvelle pour fixer des choix de politique économique.

Nous sommes plongés dans une crise financière, économique, sociale, environnementale et de la démocratie. Pour en sortir, la première étape doit être culturelle. Nous devons retourner un paradigme – celui du néolibéralisme – et en réaliser un autre : celui d'une économie fondée sur les biens communs, la durabilité environnementale et sociale, l'égalité des droits. Nous sommes candidats – dans les différentes forces politiques – pour parvenir à un « changement de route ». Nous soutenons les propositions de la campagne de Sbilanciamoci! Nous nous engageons, si nous sommes élus, à poursuivre notre action au Parlement. 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 22:56

Cette année là le PCF a 7 élus, le PS en a 6, les radicaux 8 et la droite 10. Qui sera le maire ? Avec l’aide des radicaux c’est M. Gabach qui l’emporte pour la droite. Le parti radical n’arrive pas à digérer qu’il n’aura plus le poste de maire de Montauban. Voici une des quatre listes, celle du PCF. JPD

 

Liste communiste 1947

                                               Suffrages Préférences Total

Couchet, Théophile                3480        1555            5035

Juge Pierre                            3457        1561            5018

Vignogoul, Jean                     3435        1941            4926

Vié, Roger                            3407        1401            4808

Cassagneau, Marcel               3426        1331            4757

Bordier, Jean                        3400            82            3482

Cézérac, Maurice                   3401            89            3470

 

Caors Maurice                       3414            47            3461

Got Martin                            3398            58            3456

Andrieu, René                       3400            50            3450

Gardes, Roger                       3359            55            3414

Mahler, Julien                        3375            33            3408

Bories, Marcel                       3385            19            3404

Durègne, Joseph                   3377            22            3399

Allègre Eugène                      3365            27            3392

Rafaillac, Gabriel                   3369            21            3390

Lacroix, Jeanne                      3367            21            3388

Mas, André                            3375              6            3381

Artus, Sylvain                        3367              8            3375

Bonnemaison, Raoul              3359            13            3372

Clerc, Jean                            3362              8            3370

Raynal, Léon                          3359            10            3366

Mme Major                            3327            29            3366

FIeury, André                        3361              2            3363

Mauriège, Léon                      3358              5            3363

Vidaillac Henri                       3350            12            3362

Mme Cazemajou                    3344            17            3361

Marcon, Léon                         3352              8            3360

Germa, Marcel                       3345            15            3360

Espéout, Marcel                     3339              4            3343

Mme Monfraix                       3313              9            3322

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 12:00

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Ces pubs ont quarante ans. Elles témpignent, à mon sens, d'une autre époque ! JPD

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:18

affiche-matayron.jpg

 

Cette affiche est rare car c'est une affiche locale. 

 

Elections législatives du 26 avril 1936 Circonscription de Moissac

Electeurs attention !

 

Les électeurs auront à se prononcer pour un candidat qui au lendemain des élections sera le meilleur défenseur du programme de Front Populaire. Tous les travailleurs des villes et des champs sauront reconnaître ceux qui représentent le grand Parti Communiste qui a pris l’initiative au lendemain du 6 février 1934 de faire appel à tous les partis et organisations antifascistes pour créer le rassemblement populaire.

 

Le Marquis d’ESQVEYRAC bras droit de KERILIS , de l’Echo de Paris, représente ceux qui sont partisans du retour à l’esclavage en instaurant la dictature des 200 familles qui conduisent notre pays, riche par ses cultures variées, à la ruine qui détermine la misère de tout un peuple.

M,  BARON qui par ses votes successifs a soutenu ceux qui ont pris constamment la défense des capitalistes au détriment des ouvriers et des paysans. Aussi le 26 avril, ceux qui l’avaient élu pour défendre leurs intérêts sauront le renvoyer dans sa mairie de Lauzerte puisqu’il fait des réserves sur le programme de Front Populaire.

M. BROUSSE ne préconise que la nationalisation des moyens de production comme solution immédiate à la crise. Nous pensons que notre devoir est de mettre les choses au point. Soyons sérieux lorsqu’il a une dette intérieure de 340 milliards alors que la nationalisation des moyens de production nécessite le travail d’au moins toute une législature et M. Brousse ne me démentira pas, pas plus qu’il ne l’a fait lorsque je développais ses thèses publiquement à Valence, mardi soir.

M. LE MARQUIS parle d’économies et des compressions nouvelles et ainsi que M. Baron est évidement toujours sur le dos des petits pour épargner les gros.

Les électeurs sont bien obligés à en conclure QUE SEUL LE PARTI COMUNISTE présente un programme financier sérieux en faisant payer les riches, en réprimant les mesures préconisées par M. Louis Marin et que M. Doumergue a trouvé trop modeste, dont ses mesures n’ont jamais été l’objet de critiques sérieuses.

Ces électeurs sauront reconnaître ceux qui ne cherchent pas des formules démagogiques dans des buts électoraux mais qui, par leurs solutions, peuvent apporter un soulagement immédiat aux travailleurs des villes et des champs.

Vous voterez pour notre grand parti qui s’honore de ne connaître qu’un seul mot d’ordre : « UNI LE PEUPLE »

Vous voterez communiste qui est le seul Parti qui peut et qui fera une France forte, libre et heureuse.

Le Candidat R.. MATAYR0N

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:15

 

Comme chacun doit le savoir, l’essentiel de l’élection équatorienne c’est la victoire annoncée de Rafael Correa, le président de gauche de son petit pays. Mais chacun a aussi le droit de penser à d’autres candidats, dont le candidat des gauches, Alberto Acosta, d’où deux articles le concernant sur ce blog non en guise de soutien mais en guise d’information. N’ayant aucun poids dans l’actualité en dehors de la France, mon souci n’est pas de soutenir tel ou tel mais de chercher à comprendre pour en retour, mieux penser les réalités françaises.

Et si je reviens sur la question c’est à cause d’une réalité française : la revue Contre-temps qui vient de publier un long entretien avec le candidat Acosta qui avait déjà été interrogé dans cette même revue dans le n°8 en 2010. Cet entretien n’est pas accessible sur internet mais par contre vous y trouverez un très bel entretien avec des acteurs des luttes québécoises qui font le bilan après sept mois de gestion du Parti québécois qui a certes accepté la revendication étudiante phare (ne pas augmenter les droits d’inscription) sans pour autant changer la tendance politique dominante, celle de la soumission aux impératifs du grand capital.

Si la revue ne donne pas encore l’entretien avec Acosta je l’ai retrouvé traduit sur deux sites, Viento sur, et Rebelion, un site plutôt favorable à Correa mais qui reste ouvert aux autres recherches d’alternatives.

Pour Acosta, le doute n’est pas permis, Correa n’est plus un président de gauche même s’il enfume des éléments de la gauche européenne. Pourquoi ?

S’il a une politique postnéolibérale elle est de moins en moins postcapitaliste. Avec quatre thèmes à la clef comme justification :

 La nouvelle constitution

Le titre de gloire de Correa c’est la nouvelle constitution… dont il ne tient compte que très modérément. Il trouve qu’elle donne trop de droits aux citoyens et en conséquence il va falloir la modifier. Trop de droits en matière d’information. Trop de droits en matière de travail. Des milliers de fonctionnaires ont été licenciés suite au décret présidentiel 813.

La Constitution interdit l’appropriation privée de l’eau or 86% des petits paysans accèdent à 13% de l’eau d’irrigation tandis que 1% de latifundistes contrôlent 6°% de cette même eau !

La Constitution interdit les OGM, Correa veut changer la constitution sur ce point aussi. Pour le bénéfice de qui ?

 Le pouvoir économique

De justes réformes ont été mises en place : aides au plus pauvres, éducation, santé.

Ce sont des réformes qui s’appuient sur des rentrées fiscales sans précédents grâce au prix du pétrole. Mais elles ne servent pas à changer le rapport de force entre les pouvoirs classiques et voire claniques. On reste très loin du compte sur l’essentiel. La réforme agraire ? Il n’en veut pas. Une seule entreprise contrôle 81% du marché des boissons ; Une seule entreprise contrôle 62% du marché de la viande ; Cinq entreprises contrôle 91% du marché du sucre ; Deux entreprises contrôlent 92% du marché de l’huile ; etc.

Les banques ne se sont jamais autant enrichies.

 Le caudillo

Il a opposé son véto à la loi sur le petit commerce. Après une phase d’autonomie locale nous assistons à un retour à la centralisation sur la base d’un juste retour de l’Etat. L’Etat oui, mais lequel ? Il peut chanter avec ses ministres tous les samedis soirs : « hasta siempre commandante », il ferait mieux d’écouter les citoyens.

 Quel type de système ?

L’Equateur de Correa pratique un « extractivisme du XXI ème siècle » c'est-à-dire qu’il relance l’extraction de matières premières mais sans passer à la phase suivante : la transformation des produits. Grand producteur de pétrole, faute d’une véritable raffinerie l’Equateur est obligé d’importer l’essentiel de ses carburants ! Et là se pose toute la question du rapport à la Chine qui a remplacé les USA en matière de puissance dominante.

 La riposte

L’union des gauches a réussi d’immenses manifestations (mars 2012 : une marche pour la vie, l’eau et la dignité des peuples)qui certes peuvent très bien ne pas se traduire en succès électoral mais il s’agit de préparer le futur.

Les propositions tiennent ne quelques lignes :

- nouvelle politique fiscale qui éviterait pour renflouer les caisses de l’Etat de se lancer dans l’ouverture de mines gigantesques. Il ne s’agit pas de refuser le développement des mines mais de le faire de manière négociée.

- application totale de la Constitution

- redistribution de l’eau et de la terre

- objectif de souveraineté alimentaire

- soutien aux petites entreprises

 

Voilà des éléments de l’entretien avec Acosta. On a tout à fait le droit de ne pas accepter son évaluation de la réalité mais il existe. Je n’ai rien dit par exemple de ce problème classique aux Amériques : la violence et l’insécurité, problème que Correa comme d’autres refuse d’affronter de face. A suivre. JPD

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 22:45

Gabriel-Amard.jpg

 

Voici le contenu de l’invitation.

SAMEDI 2 FEVRIER – 17h – Maison du Peuple à MONTAUBAN  Réunion – débat animée par Gabriel AMARD,  Président de la communauté d’agglomération « Les Lacs de l’Essonne », Gabriel AMARD a animé le combat du retour de l’eau en régie publique dans cette collectivité.  Auteur de « L’eau n’a pas de prix- Vive la régie publique! », il a aussi coordonné deux ouvrages collectifs :  « Guide de la gestion publique de l’eau »  « Terres de gauche – Abécédaire des radicalités concrètes »

 L’eau , bien commun de l’humanité :  Indispensable à la vie, on ne saurait la traiter comme une marchandise ordinaire.  En France, 3 grandes multinationales se partagent 8O% du marché de l’eau (Véolia, Ondéo-Suez, Saur-Bouygues).  Leur objectif : des profits maximum pour leurs actionnaires.  Ces profits majorent de 20 à 25% les factures des usagers devenus « clients ».  En régie publique, pas de dividendes à prélever, les excédents dégagés servent à entretenir le réseau et à répondre aux besoins des usagers.

 Voici quelques éléments d’observations.

Gabriel Amard, depuis 25 ans se passionne pour la chose publique, pour le bien commun, pour un service public de l’eau. Et il insiste pour dire deux choses : - Il parle à partir d’une pratique d’élu ; - Une régie sans implication des citoyens manque de l’essentiel.

Parmi les informations il évoque la création récente de cette association nationale : http://www.eaupublique.fr/. Je laisse les lecteurs en prendre connaissance.

Son expérience : les lacs de l’Essonne à savoir une sortie du syndicat des eaux de l’Ile de France.

Il donne quelques pistes à suivre pour contrôler la gestion de l’eau : poser un regard précis sur les rapports des délégataires, chaque année en juin. Et pas question d’en appeler à des bureaux privés pour faire un audit car ils fonctionnent comme le privé. Il observera en fin de réunion que les régies directes ont cependant un problème : elles devraient créer plutôt des EPIC (établissements publics industriels et commerciaux). Dans ce contexte les personnels changent de statut mais le bénéfice est grand pour la clarté et participation citoyenne.

 Pour ma part j’avais quelques questions suite à un premier travail évoqué sur ce blog : link.

Elles concernent la lisibilité de la facture. J’ai eu une double réponse, celle de Danièle Petit et celle… de Véolia. Sur toutes les factures consultées en Tarn et Garonne, là où il y a le privé, il y a une partie qui va au privé, mais une partie qui va aussi au public. Des deux côtés, j'ai appris qu'à Montauban la partie qui va à la municipalité est temporaire : la prochaine facture tout ira à Véolia. Et Véolia va reverser à la mairie une somme annuelle de deux millions d’euros. Le représentant de Véolia expliquera même, à propos du contrat de Verdun sur Garonne que les contrats de 2007 sont de vieux contrats qui n’ont plus court ! Pourquoi ce changement, pourquoi cette évolution ? 

 J’ai aussi pointé l’élément qui concerne l’Agence Adour Garonne pour indiquer qu’avec ce versement qui va au public on a un bel exemple d'obscurité. Le Conseiller général présent, M. Mouchard, m’expliquera aptès la réunion que l’utilisation des fonds en question, va pour l’assainissement et autres subventions. Ma question portait sur le fond : comment le citoyen peut-il être informé ? Le site internet de cette "association" n'indique rien ! Etrangement, il me fera la même réponse que le représentant Véolia du 82 : venez à mon bureau et vous aurez tous les éléments que vous voudrez. J’en profite pour lui pointer que la création annoncée du Syndicat départemental de l’eau ne me paraît pas conduire inévitablement au développement d’une gestion en régie. Je n’aurai pas de réponse sur ce point mais sur le fait que l’adhésion à ce syndicat départemental devrait être, pour M. Mouchard, obligatoire : les récalcitrants défendant « leur pré carré » perdront des subventions s’ils n’adhérent pas. Pour le moment rien n’est concrétisé mais aucun souci : ce type de syndicat existe dans l’Ariège, dans le Gers donc bientôt dans le 82.

 Quant à ma lecture de la facture Gabriel Amard me répondra que là n’est pas la question car il ne faut pas focaliser sur le prix de l’eau, même, si lui, au cours de son intervention a répété ce que vous avez lu dans l’invitation : en régie c’est 25% moins cher car avec le privé, il y a la part de l’actionnaire etc. Pourquoi en TetG l'eau d'une régie coûte-t-elle le double d'un service Véolia dans une commune proche, quand dans les deux cas l'eau vient de la Garonne ? 

 Le présentant de Véolia dira : « Je connais des régies qui marchent très bien et d’autre très mal, et je connais aussi des  DSP (délégation des services publics) qui fonctionnent très mal et d’autres très bien, donc il ne faut pas diaboliser les entreprises privées. » J’en suis sûr, ce propos pragmatique est exact mais comment passer du pragmatisme au politique ? Jusqu’à présent, et pour longtemps, le seul moyen s’appelle la loi, à savoir une loi qui impose des moyens pour l’intervention citoyenne de contrôle, et qui impose une clarification des éléments comptables. Comme nous vivons l’époque des lois dont la complexité fait le bonheur des avocats car elles ont souvent des vices de forme...

 Pour le dire autrement, à mes yeux il n’y a que rarement des services publics (pour l'eau il y a le cas du syndicat de Gabriel Amard et d'autres mais c'est minime), en conséquence, le combat n’est pas entre le privé et le public, mais entre la mise en place d’un nouveau type de services publics, et les diverses formes de la privatisation. Ce point de vue n’a rien d’original mais ceux qui le défendent ne sont pas entendus. Cette mutation suppose une autre forme de lois. Il est peu crédible d'inviter les gens à se mêler de la gestion de l'eau quand on vérifie en quelques minutes que c'est un travail de titan. J-P Damaggio

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 11:44

Le 30 janvier 2013 R. Aída Hernández

Voici un article du journal La Jornada pour mieux comprendre le Mexique. JPD

 

Le 30 janvier 2013 R. Aída Hernández

 Cassez, les paramilitaires d’Acteal et les femmes de Atlacholoaya

 La décision de la Cour suprême de Justice de la nation de révoquer la peine à 60 ans de prison pour l'enlèvement et participation au crime organisé, de la Française Florence Cassez, et ordonnant son immédiate libération, a polarisé l'opinion publique mexicaine et française.

Les images de cette citoyenne française reçue comme une héroïne nationale par le président François Hollande, contrastent avec les images de pleurs et d'indignation des familles des personnes enlevées. Si cette affaire a permis de nous rappellent une fois de plus les inefficacités et corruptions qui caractérisent notre système de justice, nous ne pouvons oublier que la libération de Florence Cassez a été effectuée suite aux irrégularités du procès et non pas parce que son innocence a été prouvée.

La Cour suprême a répété les arguments utilisés pour libérer en février de l'année dernière 20 paramilitaires accusés du massacre de 45 femmes, enfants et personnes âgées, qui a eu lieu en décembre 1997 dans le village d'Acteal, au Chiapas. A cette occasion, l'évêque Raúl Vera, défenseur des droits de l'homme, a fait observer: « C’est ça le rôle si minable d’une Cour suprême ? Réviser un procès, sans résultat probant pour le rétablissement de la Justice ? Et pire encore : Pourquoi on exonère des criminels de toute responsabilité ? Pour alimenter  le chaos dans ce pays bouleversé par la violence, parce que les crimes de toutes sortes auront l'impunité ?"

Dans les deux cas, la décision du Tribunal a été prise en se basant sur l'examen des procédures légales en termes de forme, et en mettant de côté les exigences de la justice pour les victimes.

Si les mêmes critères sont suivis pour consulter les dossiers judiciaires des 222 330 prisonniers qui sont au Mexique, probablement on devrait vider les prisons du pays pour « irrégularités de procédures » !

Quand prend-t-on la décision de reconnaître l'inefficacité de notre système pour libérer l'accusé ? De toute évidence lorsqu'il y a des intérêts politiques et de l'argent derrière. C’est quand l'affaire d'Acteal a été portée devant la justice internationale, accusant l'ancien président Ernesto Zedillo pour sa complicité dans le massacre, que les intellectuels et avocats liés à des groupes de pouvoir ont décidé de « réécrire l'histoire » en effectuant un « litige stratégique » pour libérer les paramilitaires.

De même, maintenant que Enrique Peña Nieto assume le pouvoir dans le cadre d'une dénonciation populaire de fraude électorale et a besoin de se légitimer devant la communauté internationale, il est décidé à nouveau d’examiner le cas de Florence Cassez et d’utiliser sa libération pour améliorer les relations avec le gouvernement français.

Pendant les cinq années que j'ai travaillé sur l'accès à la justice pour les femmes autochtones et que j'ai coordonné un atelier d'écriture au Cercle féminin de Atlacholoaya, Morelos, j'ai découvert de multiples façons d'huiler les engrenages de notre justice, avec de l'argent. Les prisons au Mexique sont remplies de pauvres, et un pays raciste et racialisé comme le nôtre, fait qu’ils ont la peau sombre ou sont d’origines autochtones (même s’ils ne sont pas toujours reconnus comme tels). Les visages clairs de la classe moyenne que l'on retrouve dans les prisons sont là parce qu'ils ont trouvé un ennemi plus puissant qu’eux, qui a décidé de les retirer de leur chemin.

Les histoires de femmes détenues sont aux prises avec des violations de leurs droits humains : femmes torturées et violées au moment de leur arrestation et contraintes de signer des aveux qui les incriminent ; des autochtones sans traducteur, et qui ne savent pas pourquoi elles sont là ; des femmes avec des procès dans cinq ou sept ans qui les maintiennent dans l'incertitude.

Quand je vois la façon de célébrer la libération de Florence Cassez je ne peux pas m’empêcher de penser à Doña Honoria Morelos, nahua de 75 ans, qui a été sept ans en prison, parce que de la drogue a été trouvée dans l'autobus où elle était, et qui se dirigeait vers la ville du Mexico. Les agents fédéraux qui l’ont arrêtée, l’accusèrent sans qu'elle ait compris de quoi elle était inculpée. Elle a passé sept ans en prison et a été ensuite libérée « faute de preuves. » Elle mourut à six mois après sa mise en liberté d’un ulcère gastrique qu’elle a développé pendant sa captivité. Je pense aussi à Florina Cantu Cano et à Caroline Tessier Cantu, mixtèques qui sont prisonnières à Atlacholoaya, à cause de “troción,” m’ont-elles dit, mais je ne sais pas ce que c’est, ni elles non plus ! Elles m'expliquent, avec leur pauvre espagnol, qu’elles ont été arrêtées pour avoir conseillé à une fille de refuser le mariage avec un homme plus âgé, ce à quoi voulaient la forcer leurs parents. Le cas de Marisol Hernandez, poétesse et conteuse également derrière les barreaux, vient aussi à mon esprit. Elle a été emprisonné par son mari après un long chemin de croix de violences à laquelle elle a tenté de mettre fin sans succès. Les officiers de police judiciaire qui l’arrêtèrent étaient des amis de son mari aussi ils la lui «offrirent » pour des violences en plus, avant de rejoindre la prison de Atlacholoaya. Marisol purge une peine de 10 ans pour tentative de meurtre. Son mari n’est accusé de rien. Je peux remplir ces lignes de multiples cas d’irrégularités dans le procès sans qui ne sont pas arrivées jusqu’à la Cour Suprême de Justice. Il faut un refonte générale du système pour qu’il fasse justice. 

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