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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:26

Analyser le succès de Beppe Grillo pour ce qu’il n’est pas, me semblerait une erreur grave de conséquence, y compris pour notre analyse de l’évolution en France. Donc je me suis lancé dans la lecture de ce livre publié en janvier 2013 donc avant la surprise électorale, par un jeune journaliste qui en est tout de même à son quatrième livre, tous étant centrés sur l’étude des nouveaux moyens de communication. Rappelons que les sondages ont donné au maximum 20% au Mouvement 5 Etoiles, ce qui paraissait déjà énorme, et qu’il a fait 25% et est devenu le parti le plus voté d’Italie.

En guise de première lecture, je reviens sur la stratégie anti-télé et anti-média du duo Grillo-Casallegio qui déjà le 25 avril 2008 avait organisé une journée Vaffanculo [va te faire enculer] contre la presse. Grillo a déclaré en 2010 pendant une grève des journalistes :

« Pour publier un article dans un journal il faut mettre d’accord les intérêts des actionnaires qui expriment les lobby, le conseil d’administration, la direction, le comité de rédaction, le chef de la rédaction, et ensuite ont tape sur le clavier une nullité ou un texte promotionnel. Où est la liberté d’expression ? »

Dans l’Italie de Berlusconi où le géant de Médiaset vient de s’offrir une nouvelle chaîne, mais chez nous aussi, cette critique ne peut que passer aisément, même si elle semble un peu exagérée. Grillo précise cependant qu’il dénonce au même titre la presse de Berlusconi et celle des partis qui est soutenue par l’argent public.

 A la grande journée Vaffanculo (un grand rassemblement qui pour la deuxième fois se tenait à Turin) du 25 avril 2008 voici comme se présentait l’objectif de la journée ;

«Le V2 Day veut restituer l’information à ses légitimes propriétaires : aux citoyens italiens. Nos pères et grands-pères ont nettoyé l’Italie mais ils n’ont pas fini le travail. Le nouveau fascisme c’est le contrôle de l’information. Les nouveaux fascistes sont ceux qui contrôlent l’information. »

 Comme chacun sait, la critique est aisé mais l’art est difficile en conséquence à prendre pour argent comptant la critique, il reste tout de même à voir : quelle proposition alternative ? Toute la réponse tient en un mot : Internet. Et tout le livre de Federico Mello c’est pour analyser « internet » et y vérifier que le remède est peut-être pire que le mal !

Grillo dit : «Les journaux sont supplantés par le Réseau comme autre fois le pony express par le télégraphe.» Or si le télégraphe a changé les conditions techniques de la circulation de l’information, il n’a en rien changé les conditions sociales de la dite information. Il ne faut jamais confondre le tuyau et ce qui circule dedans. D’autant qu’à suivre l’argumentation de Grillo-Casaleggio on arrive à ce constat : la bonne information c’est sur le blog de Beppe Grillo, là où par ailleurs la contradiction n’est pas de saison !

Les journalistes la bête noire ? Car tous nous pouvons être journalistes ? Car journaliste ce n'est pas un métier ? Prendre une caméra, filmer une scène, ce n'est pas du journalise, c'est du témoignage. Tout le monde peut témoigner. Et ensuite... Qu'est-ce qui est le plus regardé sur le net ? Un film porno ou une enquête très étudée ? En tant que tel Internet est devenu une part de nous-mêmes (et le premier chapitre du livre le démontre à souhait) mais l'autre part, celle de l'invention d'un futur démocratique, reste face à des obstacles équivalents. La lutte continue. JPD 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:16

                                         il-latto.jpg

Il latto oscuro delle stelle, La dittatura digitale di Grillo Casaleggio, Testimonianze, documente, e retroscena inediti, 286 pages, 16 euros, Imprimatur editore

 

Voici la traduction de la conclusion du livre qui se lit facilement et qui dénonce Grillo pour ce qu’il est, avec des propositions qui tiennent en cette conclusion. Ne pas confondre le Grillo artiste et Grillo politique, et face au Grillo politique conserver tout son sens critique. A suivre. JPD

 

"En arrivant à la fin de ce parcours je dois faire une confession. Beppe Grillo me plaît. Sincèrement. Vraiment. Il me fait rire, et parfois, il me fait réfléchir. Sa présence m’est depuis toujours familière. Un de mes premiers souvenirs le concerne – c’est un souvenir (hélas) de télévision. J’étais encore un bambin, je devais avoir six ou sept ans, et dans un "Fantastico" ou une émission de ce genre je me souviens de Beppe qui marchait sur une... pizza. Oui, exactement ça ! Une énorme pizza longue au moins de cinq mètres et fumante. Il marchait dessus pied nus, comme il aurait pu le faire sur des charbons ardents. Les gens tout autour l’applaudissaient et l’encourageaient: «Gnam, gnam» scandait avec lui le public dans le studio.

 Et pas seulement ça. Quand je vois, je lis ou j’écoute Beppe Grillo, encore aujourd’hui je sens parfois qu’il exprime des concepts qui se partagent, qu’il se fait l’interprète de quelques batailles qui me sont chères. Tant qu'on n’arrive pas à l’insulte gratuite, l'humiliation de l'adversaire, ses suggestions stimulent, font réfléchir. Et on ne peut pas dire que son action, tant qu’elle est restée dans l’alvéole « culturelle" et sociale, n’a rien apporté de bon.

Si en Italie on a recommencé à parler d’honnêteté et de moralité en politique et dans la vie publique, de ce qui est imprésentable au Parlement, des gaspillages et des privilèges, on le doit aussi à ses campagnes. Un ami cher, historiquement de gauche, juste avant les élections de 2013 m’a fait une confidence : « Je voterai Pd, grâce à Grillo». Una phrase sibylline, qui en dit beaucoup : si le Mouvement 5 Etoiles ne s’était pas imposé à l'agenda médiatique avec ses classiques thèmes grillini, probablement toute la politique — et quelques partis comme celui de Bersani en particulier – n’auraient pas réussi à faire un pas en avant dans le sens d’une proposition "meilleure" à offrir aux citoyens.

 Et pas seulement ça : chez Beppe Grillo, j’ai toujours aimé la figure du "dissident". Le vocabulaire de Sabatini-Colletti explique que le "dissident" est celui qui «ne se laisse pas uniformiser aux idées et aux pratiques de la majorité, manifestant sa propre dissidence». Dans ce propos, j’ai toujours vu le sens de la modernité, d’un point de vue historique. Après la révolution française, un homme est libre quand il peut dire NON. Un homme est libre quand il peut exprimer ses idées sur un pouvoir qui l’opprime et voudrait uniformiser les personnes et les pensées ; il est libre quand il a la possibilité d’exposer ses critiques et ses doutes sur une proposition politique, sur un système de pouvoir ou sur un credo religieux. Là où un dissident peut dire ce qu’il pense, et se comporter en conséquence, sans prendre le risque d’être discrédité ou accusé, là on a la vraie démocratie. Ce n’est pas ainsi pour le Mouvement.

Sur le Réseau, nous l’avons compris, nous ne sommes pas tous égaux, nous n’avons pas tous la même visibilité, le même impact, la même occasion de dire son opinion. Voilà pourquoi il était juste qu’une « autre histoire » du Mouvement 5 étoiles soit racontée, et que les raisons des dissidents qui ne se sont pas uniformisés aux pratiques imposées par Gianroberto Casaleggio, viennent s’exposer dans un cadre général non soumis aux manipulations du blog.

La lutte entre le bien et le mal est et sera toujours à la base de l'existence des êtres humains. Il est ingénu de penser qu’un jour, sur cette terre, nous aboutirons à un monde nouveau, qui s’appellera Gaia ou Pandora, dans lequel nous vivrons tous en paix, dans la justice, dans lequel les conflits seront éliminés. La dialectique, la confrontation, les doutes c’est ce qui fait avancer l’humanité. Le raisonnement, l'approfondissement, l’échange des idées, c’est ce qui fait avancer. Les côtés obscurs, là où ils sont, seront toujours racontés.

 [L’auteur termine par une référence à la Guerre des Etoiles]. Toujours, quelque soit l’époque, des cavaliers Yedi seront nécessaires pour combattre tout côté obscur, partout où ils se cachent.

Federico Mello

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:04

Autant Chavez a joué la carte de la sincérité autant Lula est un pur produit marketing. Ses éloges de Chavez ne visent qu’à une chose : prendre une part du marché du soutien accordé à Chavez aux Amériques. Son texte n’est ni plus ni moins hypocrite que tous les autres car ça supposerait dans son effort de communication une part de morale. Depuis longtemps, Lula n’a que faire de la morale. Il a balayé toute la gauche de son parti pour gouverner avec une part du centre et de la droite (un assassinat en règle du phénomène Porto Alegre). Il s’est fait le VRP des industriels brésiliens comme Hollande est celui des grands groupes français. Il veut nous faire manger des OGM à tous les repas. Avec son armée, il est devenu le gendarme de l’occupation de Haïti (quel silence sur ce point !). Mais son image est là : l’ouvrier d’hier est entré dans la catégorie des grands de ce monde. Faire les éloges de Chavez consiste à peaufiner cette image au sein des Amériques, où il veut que son pays puisse se substituer aux USA dans le contrôle à opérer sur les grands flux financiers.

Parce que le Brésil peut ainsi faire de l’ombre aux USA, alors, vive Lula ?

Sur un autre point, nous savons, vu les confidences suite à l’élection du pape précédent (le terminator de la théologie de la libération), que Lula intrigue un maximum pour obtenir un pape brésilien qui serait la consécration de son règne (intriguer c’est faire pression sur l’Afrique et ses amis latinos).

Non, je ne veux pas caricaturer le personnage qui a su, dans la réalité, faire avancer la situation du peuple brésilien mais je ne veux pas non plus lui dire « merci monsieur » aussi j’offre à tous ceux qui l’auraient oublié le texte qu’il a signé en commun avec Sarkozy. Un bijou de rhétorique qu’à ce titre je refuse de balancer dans les poubelles de l’histoire car il annonce le développement de la politique du futur, la politique marketing, plus qu’il ne témoigne d’une erreur d’un moment. JPD

  

TRIBUNE COMMUNE DE M. NICOLAS SARKOZY PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUEET DE M. LUIS INACIO LULA DA SILVA

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRATIVE DU BRÉSIL

Publiée dans LIBERATION et FOLHA DE SÃO PAULO

Mardi 7 juillet 2009

« Une Alliance pour le changement »

Le prochain Sommet du G8, ainsi que celui du G8 + 5 (avec l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique, auxquels vient s’ajouter l’Égypte), qui se tiendra à L’Aquila (Italie), seront les premiers depuis que nous avons pris la mesure de la crise économique et financière qui nous frappe.

Cette crise montre combien nous sommes dépendants les uns des autres. Elle impose aux dirigeants politiques de promouvoir une réponse collective reposant sur des valeurs et des responsabilités communes. Elle nous oblige aussi à évaluer la performance de nos institutions internationales et à repenser la structure de la gouvernance mondiale.

La nécessité d’une réforme de la gouvernance mondiale n’est pas née avec la crise. Bien Avant son déclenchement, il y avait un déficit manifeste de représentativité et de cohérence dans le système multilatéral. La capacité des institutions internationales à relever les lourds défis auxquels est confronté notre monde doit être renforcée et leurs mandats doivent être redéfinis, et ce dans plusieurs domaines, de l’économie à la sécurité, de l’énergie à l’environnement. La crise a montré de manière éclatante que nous, dirigeants de nos pays, devons être à la pointe des réformes nécessaires pour bâtir un monde plus juste, plus développé et plus durable.

Nous ne partons pas de nulle part. Des progrès ont déjà été accomplis. Dans le domaine économique et financier, les sommets du G20 de Washington et de Londres ont contribué au renforcement du dialogue entre pays développés et en développement. C’est ensemble, parce que nous étions unis, que nous avons pu obtenir des résultats concrets. Les réunions entre les membres du G8 et les grands pays émergents sont une autre illustration de la nécessité d’associer les nouvelles puissances qui comptent aux discussions sur l’avenir de l’économie internationale et au traitement des grands défis mondiaux.

Les pays émergents représentent non seulement une part importante des territoires et de la population de la planète, mais aussi et de plus en plus, de la consommation et de la production mondiales. La coopération internationale n’a jamais été aussi nécessaire. Nous devons maintenant aller plus loin. Les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale doivent faire une place plus importante aux économies émergentes dynamiques dans leur processus de décision. Les décisions prises par le G20 pour améliorer la régulation et la supervision des finances internationales, enrayer la spéculation, agir contre les paradis fiscaux et les centres de blanchiment d’argent, et pour stimuler la croissance doivent être mises en œuvre. Avec la crise, la menace du protectionnisme se fait plus précise. Il est urgent de conclure le cycle de Doha à l’OMC pour parvenir à un accord ambitieux, équilibré et global, qui profite notamment aux pays en développement, en particulier les plus pauvres, et qui renforce le multilatéralisme en matière commerciale.

Mais si nous voulons tirer pleinement les leçons de la crise, nous devons étendre notre action au-delà de l’économie et du système financier.

Il ne saurait y avoir de paix sans développement économique et social, ni de prospérité durable sans stabilité et sécurité. Les conflits éclatent de plus en plus dans les pays économiquement et socialement fragiles. Pauvreté et exclusion sociale aggravent l’instabilité du système international. Le moment est venu d’accorder une attention prioritaire à la dimension sociale de la mondialisation. Partout dans le monde, les salariés, pris dans la tempête économique, demandent plus de justice et plus de sécurité. Ils doivent être entendus. Les organisations internationales doivent prendre en compte les effets sociaux de la crise actuelle. Le rôle de l’Organisation internationale du Travail dans la gouvernance économique mondiale doit être singulièrement renforcé.

Les instruments de la paix et de la sécurité collective doivent également faire l’objet d’adaptations majeures. Une réforme de grande ampleur du Conseil de sécurité des Nations Unies doit être menée à bien, afin d’édifier un ordre international plus équilibré et plus solidaire. Le Conseil, pour être efficace, doit refléter les réalités actuelles, en accordant notamment un rôle accru aux grands pays en développement de chaque région, comme le Brésil et l’Inde, et une représentation plus équitable de l’Afrique et des grands contributeurs au système des Nations Unies, tels que le Japon et l’Allemagne.

D’autres menaces pèsent aussi sur la paix et le développement. Le changement climatique représente un défi majeur pour la gouvernance mondiale. Nous devons parvenir à un résultat ambitieux à Copenhague en décembre prochain pour atteindre notre objectif commun, qui est de prévenir un changement climatique trop important et de limiter à 2°C l’augmentation de la température de la planète. Toutes les nations doivent réduire leurs émissions conformément aux recommandations du GIEC, en appliquant le principe de responsabilités communes mais différenciées. La criminalité transnationale organisée, le terrorisme, le trafic de drogue, la traite d’êtres humains, les pandémies et l’insécurité alimentaire sont d’autres enjeux internationaux. Notre réponse à ces menaces est souvent insuffisante du fait de la fragmentation des organisations internationales ou du chevauchement trop fréquent de leur action. Les mécanismes actuels de gouvernance mondiale ne permettent pas de gérer le caractère systémique et l’interdépendance des nombreux défis que nous devons relever. L’ampleur de la crise économique crée une opportunité unique, pour engager une réforme globale des institutions internationales.

Le Brésil et la France veulent proposer au monde leur vision commune d’un nouveau multilatéralisme adapté au monde multipolaire qui est le nôtre. Nous ne pouvons tout simplement plus traiter les problèmes du XXIème siècle avec des institutions internationales héritées du XXème siècle.

Avec d’autres chefs d’État et de gouvernement, nous devons former une « Alliance pour le changement », pour porter cette vision d’un ordre mondial plus démocratique, plus solidaire et plus juste. Dans cette entreprise indispensable, nous devons faire preuve d’ambition et d’audace. C’est ce qu’attendent de nous les citoyens du monde. Ce n’est qu’ainsi que nous serons à la hauteur des défis de notre siècle.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 11:03

Jean-Paul Damaggio a accepté de participer à l'émission de CFM Qui c'est celui-là ?

Il lui fallait apporter quatre chansons ou musiques et il a retenu :

Pauline Julien qui sur un texte de Boris Vian xchante Ne vous mariez pas les filles

Jacmelina qui sur un texte de Maurice Andrieu, chante Adios Chile, en occitan

Louis Sclavis qui joue la chanson populaire de Saint Antonin Jane D'Ayme

Susana Baca qui chante Maria Lando.

Ces choix ont été dictés par l'action à sacvoir la rencontre avec les Québécois en 1974, l'invitation de Jacmelina à Négrepelisse en 1979, l'invitation de Louis Sclavis à Saint Antonin en 1995, et l'entretien avec Susana Baca à Montauban autour de l'an 2000.

Ces choix ont été dictés pour franchir des frontières et en particulier celle entre culture populaire et culture savante.

Ces choix ont été dictés par la volonté de donner la parole à des femmes.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 20:47

                                 huesca-copie-1.JPG

 

Nous avons des amis à Huesca dont un qui aime la photo

https://picasaweb.google.com/neofato/10MHU#

Alors pour ceux qui veulent quelques images des dernières manifs... JPD

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 14:47

Mon ami Jacques Desmarais attire mon attention sur un entretien qui vient de paraître avec la célèbre activiste nord-américaine. Elle est bien sûr dans mon livre de portraits sur 101 femmes car, comme les autres, j’ai un lien concret avec son action. Aussi ce n’est pas sans émotion que quarante ans après, je découvre sa référence à cette manif parisienne où j’étais un parmi 100 000 à réclamer sa libération. Voici son propos.

 

« En quoi la France s'est-elle distinguée?

100 000 personnes ont manifesté à Paris pour obtenir ma libération, dont de nombreux intellectuels : Jean Genet, Aragon... Jean-Paul Sartre m'a envoyé plusieurs lettres en prison et Jacques Prévert a publié un texte magnifique, Angela. "Angela Davis, dans sa prison, écoute sans pouvoir les entendre, et peut-être en souriant, les chansons de ses frères de joie, de rire et de chagrin, et les refrains marrants des enfants du ghetto : ceux qui enferment les autres sentent le renfermé, ceux qui sont enfermés sentent la liberté. [...] Il faut libérer Angela Davis - en attendant le jour où seront condamnées toutes les portes derrière lesquelles la vie noire est enfermée." J'ai découvert Paris à 18 ans, comme étudiante à la Sorbonne. Je lisais Camus, Balzac, Merleau-Ponty... Aujourd'hui encore, je viens régulièrement chez vous ; je me balade de Saint-Germain à Belleville et à Barbès. »

 

En jour d'automne 1971, j’ai attendu avec impatience le bus toulousain, en bas du pont neuf à Montauban. Nous étions deux du Tarn-et-Garonne à faire le voyage. Une nuit dans le bus et à l’arrivée, surprise, après un petit déjeuner sympa nous sommes réquisitionnés pour aller frapper à toutes les portes d’une cité universitaire. Voilà mon premier contact avec Paris : réveiller des étudiants un dimanche matin pour leur demander de participer à la manif, et quelques sous de soutien. Visiblement nous dérangions mais dans la bonne humeur. Dans mon souvenir, il y avait beaucoup d’étrangers. Le courant communiste avait privilégié l’action en direction des jeunes universitaires car Angela appartenait à cette catégorie. Plus que la jeunesse communiste c’était les étudiants communistes qui étaient en pointe sur ce dossier. D’ailleurs c’est un article du mensuel La Nouvelle Critique (dirigé vers les intellos) qui avait attiré mon attention sur cette question. Les PCF en tant que tel resta très peu mobilisé.

 Après ce détour par la cité universitaire ce fut la grande marche dans Paris pour la libération d’Angela Davis. Je ne me souviens pas du repas de midi, je me souviens seulement de la foule et de ma découverte des rues de Paris. La jeunesse s’emparant de la rue, c’est un sentiment de solidarité qui surgit naturellement. Je restais accroché aux basques des Toulousains car il n’était pas question de se perdre. Pensions-nous gagner ? Comment dans la lointaine Californie pouvait-on tenir compte d’une prise de rue parisienne ? S’agissait-il d’un discours anti-américain ? Au fil de la marche la fatigue du voyage se faisait sentir et j’ai sans doute eu le sentiment qu’elle était un peu longue. Pour preuve : je ne me souviens absolument pas du retour ! J’ai dû dormir profondément… pour reprendre le boulot le lendemain matin.

 J’ai conservé une grande passion pour ce combat et pas seulement parce qu’il était le premier pour moi et qu’il a été victorieux, mais parce qu’il permettait de sortir des schématismes. Une femme, noire, universitaire ce n’est pas la défense d’un homme noir ouvrier agricole dans une plantation. Attention, je ne dis pas qu’un combat est plus digne que l’autre mais que, dans un cas, un combat soulève des envies de révolution dans la révolution (titre d’un livre du Régis Debray de l’époque), alors que dans l’autre cas on est face aux caractéristiques classiques de la lutte des classes.

 Dans le portrait que je brosse d’elle, dans mon livre 101 femmes, j’attire l’attention sur un phénomène de toujours : le féminisme est souvent le combat de femmes de la classe moyenne d’où les méfiances qu’il a suscité dans le courant communiste, et aux USA la question de race venait s’ajouter à celle du sexe. Les femmes noires ont peu participé au combat contre l’IVG. A partir de ce constat, fallait-il ramener la lutte aux questions sociales posées par les femmes noires, celles qui étaient le plus exploitées, ou fallait-il considérer que le combat des femmes blanches (présentées parfois comme racistes) devait être appuyé car libérateur pour TOUTES les femmes ? Bien sûr Angela se place dans le deuxième cas de figure.

Aujourd’hui nous avons le même problème : il y aurait un féminisme musulman contre un féminisme raciste ou islamophobe. Dire que le voile est un instrument de soumission de la femme ce serait une marque de mépris envers les femmes en question qui, « à l’abri du voile », conduisent un combat pour leur libération ! Ironie oblige, les femmes noires, en faisant beaucoup d’enfants, conduisaient aussi, sans nul doute, un combat pour leur libération : c’était leur façon de lutter ?  En fait le combat pour l’IVG était un combat social. Aujourd’hui le combat contre le voile n’a rien de religieux mais est un combat pour la liberté. Des millions de musulmanes ont démontré à travers l’histoire qu’il n’y avait rien de religieux dans le voile, en se montrant tête nue. Avec elles, nous sommes en quête de révolution. Tout compromis sur ce point est une reculade et toute reculade un auto-enfermement, celui qui est le plus dramatique. JPD

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 23:00

 Le chef de la CIA à Rome a rencontré Clemente Mastella pendant l’été 2007 pour lui annoncer quelques reconnaissances s’il réussissait à faire tomber le gouvernement Prodi. Incroyable ! Ministre de la Justice du gouvernement Romano Prodi II du 17 mai 2006 au 17 janvier 2008, cet homme issu de monde démocrate-chrétien de centre-gauche est passé au centre-droit. Sa sortie du gouvernement puis de la majorité a accéléré la chute du gouvernement Prodi, en février 2008. En 2009, il se fait élire député européen sur une liste du Peuple de la liberté.

La révélation vient de Sergio De Gregorio interrogé sur une affaire de corruption.

Les USA restent au cœur des événements du monde. En Egypte les amis des USA s’étonnent du soutien apporté au président et aux Frères Musulmans.

 

Sur un autre point le journal L’Espresso vient de révéler que l’entourage de Beppe Grillo a investi au Costa Rica, un paradis fiscal, dans un projet immobilier. La riposte est classique : puisque c’est la guerre entre Beppe Grillo et le groupe de Benedetti qui possède L’Espresso, Beppe considère qu'il n'y a là que mensonge et compagnie.

 Difficile pour le moment d’entrer dans le détail. C’est juste un point d’ambiance. J-P Damaggio

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 21:34

Au Venezuela il y a un parti communiste : http://prensapcv.wordpress.com/

Au Venezuela il y a le parti du président : http://www.psuv.org.ve/ Il est membre de la conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine http://www.copppal.org.mx/ avec trois autres partis du Venezuela dont Podemos un parti en perdition entre ceux qui soutiennent Chavez et ceux qui disent non. Or Podemos est membre de l’Internationale socialiste. Une Internationale où on trouve un allié fidèle de Chavez : Le front sandiniste du Nicaragua !

Au Venezuela il existe un parti de centre gauche http://www.patriaparatodos.com.ve/

Au Venezuela il existe des journaux comme : http://www.ultimasnoticias.com.ve/

Au Venezuela il existe des journaux pour la droite : http://www.talcualdigital.com/

 Au Venezuela il existe….

Au Venezuela il existe…..

 En 1992 Chavez est en prison. Son avocate s’appelle Cilia Flores et elle conduit la campagne pour obtenir l’amnistie de son client. Elle va gagner et ça noue des amitiés, amitiés auxquelles Chavez à tendance à être fidèle. Cilia Flores est à présent procureur général de la république du Venezuela.

Son époux avait un nom inconnu. Conducteur d’engin dans le métro, il n’avait pas eu l’occasion de se distinguer même s'il a été dirigeant syndical. Garde du corps de Pablo Milanès car 1,90 m ça sert, il ne s’est pas fait remarquer davantage. Mais ami de Chavez depuis 1992, il est devenu député, président de l’assemblée nationale, ministre des affaires étrangères le 7 août 2006 date fondamentale dans sa vie. Chavez a aimé cet homme venu de rien et qui peut tout prouver. Il vient de devenir président du Venezuela ! Il s’appelle Nicolas Maduro et il fait au moins un malheureux dans les rangs chavistes : Diosdado Cabello. Mais c’est un militaire donc il doit s’incliner sans problème.

 L’anomalie qui commence à faire le tour du monde c’est que Maduro a un gourou. Non, ce n’est pas Marx mais Sri Sathya Sai Baba, de son vrai nom Sathyanarayana Raju (communément appelé Sai Baba), né le 23 novembre 1926 et décédé le 24 avril 2011 à Puttaparthi dans l’état de l'Andhra Pradesh en Inde.

JPD

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 21:17

France 3 vient de diffuser un long reportage sur le cas Mohammed Merah au cours duquel le réalisateur fouille la biographie du jeune homme pour mieux expliquer son geste. « Loup solitaire ou pas ? » demandent quelques personnes.

Le capitalisme a un grand avenir devant lui car, plus il célèbre le libre arbitre de chacun, sa capacité à décider même le pire, plus il masque ainsi la réalité des rapports de classe. Plus il flatte l’égo de chacun, et moins on cherche le fait que tout homme est d’abord un être social. Bien sûr, la famille, les copains, l’entourage proche est sollicité mais ça rentre dans une infantilisation généralisée du monde. Ah ! si nous pouvions être tous des enfants…. !

Loin de moi toute négation des réalités psychologiques, du poids de l’enfance, et de la liberté qui fait notre réalité, mais tout ceci intervient dans un cadre social déterminant, déterminé ! S’agit-il alors, comme le cherche parfois la sociologie, d’excuser l’individu au nom du déterminisme de ses conditions sociales ?

 Le capitalisme a un grand avenir devant lui car dans le camp d’en face, le cadre social est présenté souvent sous une forme mécaniste. Notre système serait inéluctablement condamné par ses contradictions propres et il suffirait d’appuyer là où le système flanche pour le faire tomber. Combien de communistes rappellent depuis de décennies qu’il ne faut pas se tromper de combat… (les luttes des femmes pour l’IVG c’était se tromper de combat). Le cadre social dit beaucoup mais il ne dit pas tout… alors on invente le culte de la personnalité !

 Le cas Merah

Cet homme se prétendait « le messager de dieu ». Aurait-il été utile d’interroger le phénomène religieux ? Bien sûr. En 1989, au moment où l’espoir communiste s’effondre (ce qui n’est pas une biographie personnelle), au moment où le système capitaliste fort de sa victoire en déduit qu’il va pouvoir pressurer davantage les travailleurs, au moment où le pétrole devient l’arme majeure des sociétés, pétrole qui se trouve beaucoup en pays musulman, la religion musulmane peut redevenir une religion conquérante après des siècles de léthargie. Elle va se donner des airs de révolte du peuple contre les élites, même si toutes les élites musulmanes font fonctionner à merveille le système capitaliste ! Merah est un instrument de cette vaste opération d’une guerre factice entre Orient et Occident, factice car dans les deux cas le capitalisme tire les ficelles ! Il en sort vainqueur car il invite à choisir un capitalisme « humain » contre celui du fanatisme religieux. Pendant ce temps la remise en cause fondamentale des bases sociales est renvoyée à plus tard. Le Qatar est le modèle du genre : pays à la richesse infinie, il exploite comme au Moyen Age ses propres travailleurs pendant qu’il achète des morceaux d’Occident !

 L’islamisme

Nulle part au monde, l’islamisme n’est le fruit d’une biographie. Même pas celle de Ben Laden ! L’islamisme est une forme du fascisme actuel qui suppose une riposte identique au fascisme d’hier : cette forme du capitalisme mérite une riposte spécifique sans pour autant célébrer le capitalisme ordinaire.

Avouez qu’il est étrange de regarder un film fondé sur le principe biographique alors qu’on trace le portrait d’un individu qui a fait don de lui-même, à dieu ! Un tel film alimente indirectement ce qu’il dénonce ! A le voir des jeunes peuvent se dire qu’un rôle de héros les attend !

Aussi je me retrouve d’accord avec Dominique Delpiroux qui déclare dans la Dépêche en conclusion d’un article :

« On éprouve toujours un malaise à se dire que parfois un tel film même sans ambiguïté ni complaisance, risque d’inspirer à son tour de nouveaux candidats au djihad. « Le ventre est toujours fécond d’où sortira la bête immonde » disait Brecht. »

Par contre, pourquoi le même auteur pense qu’il aurait fallu davantage étudier la « pathologie » du personnage ? Merah, dans sa grande intelligence, aurait même pu manipuler les services secrets, lui qui est manipulé par des discours religieux !

 Le rapport à la mort

Preuve qu’à un moment, Merah n’est plus un individu c’est quand il considère comme tous les illuminés qu’il aime la mort comme le commun des mortels aime la vie. Il aime la mort au point de pouvoir tuer froidement des personnes sans défense et innocentes et il peut décider qu’il va se faire tuer.

Là où le capitalisme n’a plus d’avenir c’est quand, après avoir organisé le saccage de la nature et celui des hommes, il ne laisse comme destin à chaque individu, que de se manger lui-même ! D’où l’appel à l’enfance d’un homme qui ne veut plus grandir. D’où tant d’autres phénomènes qui peuvent aller du suicide au divorce. Tous les fascismes crient : vive  la mort ! ce qui distingue le phénomène d’un capitalisme qui dit : « jouir au présent et qu’importe le futur ».

 Conclusion

Le titre peut laisser croire que je souhaite extraire Merah de sa condition propre de petit délinquant de banlieue par mépris pour de tels individus. Il s’agit seulement de rappeler que ce qui nous fait individu c’est le moment où le libre arbitre nous contraint, une fois adulte, d’entrer dans la société. L’enfant se fait homme, et cessons de répéter que l’homme est soumis à jamais à son enfance. Certes, il va grandir avec son passé, mais le libre arbitre – et là il a toute sa place – lui impose de se faire une place dans la société à partir de ce qu'est a société. Merah a choisi d’être un instrument d’une nouvelle inquisition car, collectivement, cette nouvelle inquisition nous n’arrivons pas à la dénoncer pour ce qu’elle est, et encore moins à l’arrêter !

J-P Damaggio

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:33

                                                 couv-rollinat.jpg

En ce 8 mars 2013 nous avons eu une pensée active pour Judith Cladel pour l'année de son 140 anniversaire. En publiant son premier livre sous forme de brochure nous pouvons la lire enfin.

Pour ce portrait du poète Rollinat Maurice (1846-1903), la jeune Judith Cladel (1873-1958) s’appuie sur des souvenirs d’enfance.

Elle témoigne d’une époque fin de siècle quand le satanisme, les névroses occupaient des esprits qui avaient osé s’affranchir de la tutelle religieuse.

 Rollinat, en pleine gloire parisienne décida de revenir vers sa Creuse natale où il avait acquis le prénom de Maurice sur demande de George Sand. Rollinat devient alors le poète des paysans.

 Grâce à Judith Cladel le personnage lui-même se fait œuvre !

Les deux études complémentaires donnent deux visions contradictoires du personnage.

La  brochure : 50 pages, 5 euros.

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