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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:07

Le Temps 14 septembre 1935

A la recherche d’un marbre disparu

Comment un marbre peut-il s'égarer? Il a été déposé, le 18 décembre 1905, par les soins de Rodin lui-même au musée du Luxembourg. C'est une œuvre, admirable entre toutes, de Camille Claudel, dont le nom a été récemment remis en lumière par l'exposition rétrospective du Salon des femmes artistes.

 A la suite du mémorable banquet donné, en janvier 1896, en l'honneur de Puvis de Chavannes, où sept cents écrivains et artistes rendirent un solennel hommage à, l'illustre peintre, et où, rappelons-le ici, deux des plus jeunes ministres, Raymond Poincaré et Louis Barthou, représentaient le gouvernement, il était resté quelques fonds disponibles entre les mains des organisateurs de cette manifestation, qui fut un des événements de cette époque lointaine. Ces fonds - environ onze cents francs – furent déposés à la caisse du Temps, Rodin y ajouta mille francs. D'accord avec Octave Mirbeau, Gustave Geffroy, Eugène Carrière et quelques autres artistes et critiques qui composaient le comité d'initiative, et avec Puvis de Chavannes lui-même, on décida que cette somme serait consacrée à l'acquisition d'une œuvre d'art qu'on offrirait au musée du Luxembourg en souvenir du noble peintre de la Sorbonne, et du Panthéon. On demanda à Camille Claudel d'exécuter, en marbre, la « Klotho » qu'elle achevait de modeler.

Il ne pouvait s'agir d'une faveur spéciale. La jeune artiste était alors au seuil de la notoriété.

Peu connue encore du grand public, il est vrai, on se plaisait, du moins dans le monde des arts, et des amateurs, à la reconnaître comme l'un des mieux doués parmi les sculpteurs du temps. Ses Causeuses, le groupe de la Danse, la Vague et le buste de Rodin avaient révélé sa dramatique puissance d'évocation. Romantique et passionnée, elle aimait les contrastes violents de l'ombre et de la lumière. Aujourd'hui ses œuvres occupent une place particulièrement honorable dans les musées de Lille, de Toulon, d'Avignon et de Châteauroux.

Mlle Camille Claudel se plut à fouiller avec un soin extraordinairement attentif et patient le marbre de sa « Klotho ». Elle nous montrait la vieille Parque, debout, accablée sous le poids de l'écheveau compliqué des destinées humaines, qui recouvrait sa tête et ses épaules et qui tombait comme un rideau déchiré jusque sur le sol. C'est à travers cet inextricable réseau que l'opiniâtre artiste était parvenue à modeler, avec un réalisme saisissant, la silhouette décharnée de la « Klotho ».

Longtemps, elle travailla à perfectionner cette œuvre d'une si singulière beauté. En 1905, enfin, nous la faisions transporter dans l'atelier de Rodin, au dépôt des marbres, 182, rue de l'Université. Et le 11 décembre nous rappelions à M. Léonce Benedite l'intention du comité d'initiative du banquet Puvis de Chavannes de l'offrir au musée du Luxembourg, dont il était le directeur. Quelques jours plus tard, il nous répondait en ces termes :

MUSÉE NATIONAL DU LUXEMBOURG 15 décembre 1905.

Cher monsieur,

Je n'ai pas oublié votre ancienne proposition au sujet du petit marbre de Mlle Claudel, artiste si intéressante à tous les points de vue. J'en ai entretenu ces jours derniers M. Rodin, qui m'avait, de son côté, rappelé que ce marbre restait chez lui et qu'il était disposé à me le faire porter au Luxembourg. Mais j'ai besoin d'en faire part à M. Dujardin-Beaumetz, ne sachant s'il acceptera d'accueillir cette offre sans passer par le conseil des musées, ou s'il croit devoir la soumettre au conseil.

Dans ce cas, je ne crains pas de dire que je suis assuré du résultat. L'histoire toute récente de Toulouse-Lautrec m'a suffisamment renseigné.

On peut, dans tous les cas, faire porter provisoirement le marbre au Luxembourg, où il pourra être vu s'il est nécessaire.

Veuillez agréer, etc..,

LÉONCE BÉNÉDITE .

 

C'est le 18 décembre 1905, comme nous le disons plus haut, que Rodin fit transporter la « Klotho » de Camille Claudel au musée du Luxembourg. Il nous en avisa par une lettre qui est datée, du lendemain même. ! Faut-il l'avouer ? Nous avons négligé de nous assurer que la «Klotho » était régulièrement admise dans les salles du musée. Aussi bien, des relations étroites s'étaient établies entre Rodin et Léonce Bénédite. Sans doute, la question, pensions-nous, a été réglée entre eux. Rodin est mort en 1917, et Léonce Bénédite en 1925. Il n'est plus possible de savoir quelles sont les dispositions qu'ils ont prises. Ce qui est certain, c'est qu'au mois de juin dernier Mlle Judith Cladel, la fidèle et dévouée historiographe de Rodin, à l'occasion d'un nouveau livre qu'elle prépare sur le grand statuaire, a été mise inopinément sur la voie de ces tractations. Elle a appris, avec le tâtonnement qu'on devine, que la « Klotho » de Camille Claudel non seulement n'est pas au musée du Luxembourg, mais encore a disparu si complètement qu'on ne parvient pas à en retrouver les traces nulle part.

Il va de soi que ce beau marbre ne s'est pas volatilisé. Où a-t-il été relégué ? Les recherches que ces lignes vont provoquer ne tarderont pas à nous le révéler. M.M.

 

En fait, si j'ai bien compris la référence ci-dessous la statue en tant que marbre n'a pas été retrouvée. L'article en question mentionne le rôle majeur de Judith Cladel pour l'expo Camille Claudel évoquée ici.

Voir http://www.camilleclaudel.asso.fr/pageweb/clotho.html

 

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 17:01

Le fichier du Sénat ne va pas aussi vite que l'actualité donc pour le moment Yvon Colin n'y est pas intégré mais de source sûre le sénateur du Tarn-et-Garonne, mis sur la touche par Jean-Michel Baylet, a rejoint Jean-Louis Borloo... ce qui devrait jeter un froid entre le dit Borloo et son ami... Baylet. A suivre, peut-être aux prochaines élections sénatoriales en TetG au mois de septembre 2014... ou avant. JPD

 

P.S. Après une nouvelle vérification le rapprochement n'est pas réalisé. A suivre.

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:55

Sur Raouza

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"6. La fin des Brigades

Le 21 septembre 1938, le gouvernement républicain décide le retrait des Brigades Internationales et demande à la S.D.N. de désigner une commission internationale pour contrôler l'application de cette décision. Il espère par ce geste de bonne volonté obtenir une décision analogue de la partie adverse. C'était compter sans la duplicité de Franco, Hitler et Mussolini pour qui, la non-intervention ne fut qu'un « chiffon de papier », en réalité un marché de dupes pour les républicains.

Les 23 et 25 septembre, les cinq brigades sont retirées, alors qu'elles sont totalement engagées en un combat indécis à la Sierra de Caballa. Les volontaires sont rassemblés dans des camps. Les Français à Amella de Mar, Américains et Britanniques à Ripoll, les Polonais à Palafrugel, les Allemands à Bissaura, les Italiens à Callela. Les autres, moins nombreux dans divers camps.

Plus tard, le gouvernement français ouvrira la frontière aux Français et aux volontaires que leur pays d'origine accepte de recevoir : Britanniques, Américains, Belges, Hollandais, Tchèques, etc. Les autres, qui ne peuvent pas retourner dans leur pays, resteront en Espagne. Réarmés et réorganisés ils soutiendront les derniers combats jusqu'à la frontière française, qu'ils franchiront le 8 février 1939. Ils furent les derniers combattants de la République espagnole à rentrer en France. Ils seront internés dans les camps de Saint-Cyprien, Le Vernet, Gurs. Au début de la guerre contre l'Allemagne, en septembre 1939, nombreux sont ces anciens des Brigades qui s'engageront dans l'armée française.

A partir d'octobre 1938, je m'occupe essentiellement du retour en France des volontaires. Les filières mises en place, fonctionneront à rebours. Par ce moyen, seront rapatriés des responsables que l'on ne désire pas voir exposer à des contrôles trop sévères de la part des autorités chargées de surveiller cette émigration massive. La plus grande partie des volontaires sera rapatriée par chemin de fer, via Cerbère, ravitaillée à Toulouse par nos soins et dirigée sur Paris.

En novembre, les volontaires Américains sont encore en Espagne. Etant à Toulouse, je suis informé par Paris, que l'ambassade des U.S.A. demande une entrevue afin de régler l'évacuation de ses ressortissants. On me demande de rencontrer un délégué de l'ambassade à Bourg-Madame, le 17 novembre (je ne suis pas certain de la date) à 22 heures. Parti de Toulouse avec Rivière, à bord d'une voiture qui donnait d'inquiétants signes de fatigue, nous passons le col de Puymorens fermé à la circulation, en détournant l'attention des douaniers. La montée du Puymorens enneigé, dans la nuit, car il n'est pas loin de 20 heures, m'a laissé une vision de cauchemar. Il est certain que si je peux rédiger ces notes aujourd'hui, c'est bien à l'habileté de Rivière, excellent conducteur, que je le dois. A l'heure prévue, j'étais au rendez-vous, dans l'hôtel de Bourg-Madame, où m'attendait le délégué de l'ambassade des Etats-Unis. L'objet de cette entrevue était d'éviter que les volontaires Américains ne soient rapatriés en groupe et de ce fait contrôlés. Leur nombre, assez élevé (ils étaient près de 1 500) pouvait gêner le gouvernement des U.S.A. qui demandait de les faire sortir d'Espagne en utilisant le même dispositif qui leur avait permis d'y rentrer. Par petits groupes, ils devraient être acheminés sur Bordeaux, Marseille, le Havre, où ils seraient pris en charge par les consulats. Un responsable du service de M. Tréand, à Paris, consulté téléphoniquement, m'ayant donné son accord, l'évacuation des volontaires Américains commença dans les jours qui suivirent et à la mi-décembre, elle était totalement terminée.

J'ai soupçonné les Américains d'avoir donné quelque chose en compensation de ce service rendu. Par un camarade rencontré pendant la Résistance, j'ai appris (mais lui-même n'en était pas certain) que les Américains avaient fourni une aide à caractère humanitaire, vêtements et nourriture, pour les nombreux réfugiés arrivés en France en 1939. Je souhaite que ce soit vrai.

Après le rapatriement des volontaires Américains, la filière maintenue à Bourg-Madame, cessa pratiquement de fonctionner et je repris mes activités dans la région toulousaine, au parti et pour le Centre de diffusion du livre et de la presse.

Ce qui fut l'épopée espagnole, s'achevait en tragédie. Les derniers jours de janvier 1939 voyait la fin de toutes les espérances. Ce qui restait de l'armée républicaine se rapprochait de la frontière française, seul refuge désormais possible. Nous ignorions quelle serait l'attitude du gouvernement français face à cette arrivée massive de réfugiés.

Au cours d'une réunion avec des délégations du parti socialiste et du parti radical, qui eut lieu place Wilson à Toulouse, nous avons demandé l'aide active des trois organisations en faveur des réfugiés que nous allions inévitablement recevoir. Si la réponse du délégué socialiste fut encourageante, celle de Galamand, responsable du parti radical, le fut moins. Les radicaux avaient alors, depuis le 10 novembre, quitté le Front Populaire et Daladier (radical) était président au conseil. A ma question : « Que fera le gouvernement pour aider les réfugiés espagnols qui se pressent à notre frontière? », Galamand eut cette réponse que je n'ai pas pu oublier : « Rien et qu'ils s'estiment heureux qu'on les laisse rentrer sans leur tirer dessus ».

Le dimanche 5 février, au plus fort de l'exode, j'étais parti de Toulouse avec un camion de ravitaillement. Un jeune communiste de Toulouse, dont le nom m'échappe, m'accompagnait. Nous arrivons à Cerbère dans l'après-midi. A la gare des marchandises, nous trouvons le futur docteur Marquié et deux infirmiers, mis à sa disposition par le professeur Ducuing; et tout de suite une vision d'horreur.

La gare des marchandises, cependant vaste, est bondée de blessés, malades ou infirmes, allongés sur les quais ou sur les rails, côte à côte, sur une mince couche de paille, et de nouveaux blessés arrivent constamment par le tunnel international. La plupart, opérés de fraîche date, arrivent avec des pansements de fortune. A l'extérieur, les femmes et les enfants sont là entassés par centaines ou par milliers (comment savoir) par un froid glacial, sans nourriture, sans boissons chaudes.

Combien, militaires ou civils, mourront en cette nuit d'apocalypse du 5 au 6 février ? Le saura-t-on jamais? Une chose est certaine et je l'ai toujours proclamé bien haut ils furent assassinés par le gouvernement français qui, sachant depuis des semaines qu'une masse de réfugiés allait se replier sur la France, n'avait rien prévu pour les recevoir, sauf des camps d'internement pour les militaires. Dans la nuit du 5 au 6 février, j'affirme n'avoir vu en gare de Cerbère pas une ambulance, pas un médecin militaire, pas un abri, pas un brasero. Rien, rien qu'une absence délibérément voulue.

Ce n'est que le 6 au matin, qu'arriva UNE ambulance avec un médecin militaire et un infirmier, cela pour évacuer des centaines de blessés et malades. Toute la nuit, nous avons, à cinq, fait de notre mieux, mais que pouvait notre bonne volonté devant cette accumulation de détresses ? Le ravitaillement que nous avions amené fut distribué, il ne nous resta que de l'eau à donner aux blessés. Les plus valides venaient au robinet, nous faisions boire les autres et il m'est arrivé de soulever, pour le faire boire, un mort...

Enfin, dans la journée du 6, le service de santé commença à prendre en charge l'évacuation des blessés. Notre tâche était terminée : notre dernier contact avec l'Espagne s'achevait sur une vision d'horreur. Je reste persuadé que les Espagnols qui sont passés par Cerbère en ces journées et nuits glaciales de février, n'oublieront jamais l'accueil qui leur fut réservé par le gouvernement d'un pays réputé pour ses traditions d'hospitalité. Je m'honore avec les quelques camarades qui nous sommes trouvés sur place d'avoir donné aux réfugiés, une image plus généreuse et plus fraternelle de mon pays, qui allait, pour la plupart, devenir le leur.

7. Ultime hommage

Un dernier mot sur les combattants volontaires des Brigades Internationales ils sont entrés dans la légende non comme des héros, mais comme des militants qui savent que la liberté s'acquiert et que lourd est le prix dont il faut la payer. Toujours au plus dur des combats, animés d'un esprit de sacrifice incontestable, ils firent le sacrifice de leur vie, sans l'espoir d'une récompense, avec la seule volonté de servir la liberté ; c'est pourquoi les Brigades Internationales furent une épopée.

35 000 volontaires internationaux environ ont servi dans les Brigades. Rares sont les survivants qui n'ont pas été blessés. 10 000 environ, dont 3 000 Français, sont ensevelis à jamais dans cette terre d'Espagne qu'ils étaient venus défendre. Les survivants restés en France ou revenus dans leur pays d'origine, prirent une part importante à la résistance à l'Allemagne hitlérienne et lui fournirent des chefs expérimentés.

Décimés en Espagne et pendant la guerre mondiale, les volontaires ont eu également à subir les coups de Staline ou des dirigeants des partis nationaux à sa dévotion. On connaît le sort tragique réservé aux généraux Stem et Kleber disparus dans les purges de 1938, celui de Raik, Kostov et Slansky déshonorés et condamnés dans des procès honteux ainsi que des centaines d'anciens d'Espagne.

Et comment conclure ce chapitre sur les Brigades Internationales sans évoquer la grande figure d'André Marty leur chef d'état-major général. Ne pouvant l’exécuter, le P.C.F. le rejeta de ses rangs en le calomniant et en usant à son égard de procédés abjects. De ses accusateurs de l'époque beaucoup sont morts et les survivants sont disqualifiés à jamais. Mais que penser de ceux qui aujourd'hui encore refusent de lui rendre justice à titre posthume ? Malgré l'anathème, la calomnie, la menace et autres aberrations enfantées par le système répressif stalinien, malgré les interdits dont sa mémoire est encore l'objet, André Marty restera pour toute une génération une des figures les plus marquantes du mouvement ouvrier.

 

Et pour les générations à venir, il appartient aux survivants de la grandiose épopée, de corriger les contrefaçons volontairement faites de leur histoire et de rappeler constamment ce que fut l'aide généreuse du prolétariat international dans la geste héroïque du combat de l'Espagne républicaine."Marcel Thourel

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:53

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"5. Le premier convoi

Le premier convoi organisé passa la frontière dans les derniers jours de mai, une partie par l'enclave de Livia, l'autre par Bourg-Madame. J'étais avec ce premier convoi, rassemblés chez Cristofol et à Ur. Nous sommes montés à Puigcerda dans la nuit et par mesure de précaution, dans la rivière, tenant nos habits au-dessus de nos têtes. Pour la petite histoire, il y avait avec nous deux Noires Américaines, infirmières, qui rejoignaient le service de santé des Brigades. Elles montèrent à Puigcerda comme nous, dans le plus simple appareil, mais, noires dans la nuit noire, je n'ai conservé comme souvenir qu'une vision confuse et ténébreuse.

Ce premier convoi était composé de Français, de Canadiens, d'Anglais et d'Allemands. Ceux passés par Llivia nous rejoignirent. J'en confiai le commandement en plus du « passeur » venu, je crois, de Prades, à un Allemand, vétéran de la guerre 14-18, qui avait l'avantage de parler le français et l'anglais. J'ai appris par la suite, qu'après avoir été blessé, il fut tué lors de l'offensive de Téruel d'autres volontaires du convoi, aussi, hélas !

Ici se place un épisode, que j'ai vu se reproduire par la suite, et qui ne s'effacera jamais de ma mémoire. Arrivés à Puigcerda, spontanément, tous les volontaires voulurent nous remettre argent, montres, stylos, tout ce qui avait un peu de valeur, en nous disant « Ce sera pour aider les familles des premiers d'entre nous qui tomberont ». Geste touchant de solidarité, qui se renouvela en Espagne. On cite le cas de volontaires ayant fait don de leur solde pour construire une école pour la population d'un village. Ne pouvant accepter ce dépôt, j'ai conseillé qu'il soit remis au gestionnaire de la formation à laquelle ils seraient affectés ; et je crois qu'il en fut ainsi fait.

Une pratique dont il convient de parler, c'est celle du retrait automatique des passeports aux volontaires. Cette mesure pouvait se justifier pour le cas où, faits prisonniers, il aurait été de ce fait, difficile de prouver leur nationalité et de mettre en cause leur pays d'origine. Lors du rapatriement des volontaires internationaux, Anglais et Américains en particulier connurent des difficultés pour rentrer en possession de leur passeport. Beaucoup n'y réussirent pas, on leur répondait qu'il avait été égaré. On devine que ces passeports ne furent pas « perdus » pour tous.

Pendant la durée de la guerre, j'ai fait de fréquents voyages à Paris pour y rencontrer les responsables nationaux du travail pour l'Espagne. Rue Mathurin- Moreau, j'ai eu un entretien avec un Yougoslave qui s'occupait du recrutement des volontaires d'origine yougoslave, hongroise, roumaine, bulgare, grecque, etc. Je n'ai pas un souvenir précis de cette entrevue, mais beaucoup de points de ressemblance me font supposer qu'il pouvait s'agir de Tito, qui, on l'a su par la suite, s'occupait des émigrés des pays balkaniques dont les volontaires, envoyés par Paris, utilisaient nos filières pour les passages. Ceux-ci se sont poursuivis pendant plus d'une année, sans trop de difficultés. Pas un de nos convois ne fut intercepté ; il est vrai que notre réseau de renseignements fonctionnait à merveille, et que nous opérions de nuit sur un terrain désormais familier.

Une des plus grandes difficultés que j'ai rencontrée, fut celle de la langue. En effet, j'ai vu passer des volontaires de toutes les nationalités, certains venant directement de leur pays d'origine sans aucun rudiment de notre langue, ni d’aucune autre ; c'était le cas pour les Scandinaves, les Asiatiques, les Balkaniques. Certains convois étaient une tour de Babel miniaturisée. Heureusement, il se trouvait toujours dans le nombre quelque émigré, ayant séjourné dans plusieurs pays, qui arrivait à se faire comprendre de l'ensemble. Par la suite, pour pallier cette difficulté, j'avais obtenu de conserver provisoirement en France, cinq volontaires, véritables polyglottes qui, ensemble, pouvaient interpréter toutes les langues ou dialectes parlés.

Cela m'a été fort utile dans l'organisation des convois, car au deuxième passage que je fis, j'avais rencontré des difficultés quasi insurmontables. N'avais-je pas dans ce convoi, outre des Français, des Belges et des Suisses, des Finlandais, des Norvégiens, des Tchèques, des Albanais, des Mexicains, quelques Japonais, un Chinois, et d'autres dont je ne me souviens plus très bien? Cet assemblage hétéroclite donne la mesure de la difficulté. Ce problème se retrouvera dans les Brigades dont les unités seront formées sur des bases linguistiques au niveau de la section, de la compagnie ou du bataillon quand ce sera possible.

A partir de 1937, des Espagnols seront, soit individuellement, soit par unités, versés dans les Brigades Internationales. A mesure que la proportion d'Espagnols augmentera, le castillan supplantera le français, l'allemand et l'anglais, langues les plus utilisées jusqu'alors aux Brigades.

A l'occasion d'un autre séjour à Barcelone, j'ai rencontré Marcel Clouet vieux camarade de Toulouse. Il venait du front Nord. C'était avant qu'il ne perde un bras. Je ne l'ai jamais revu, car il fut fusillé par les Allemands à Lyon pendant l'occupation. En février 1938, à Castellar, près de Téruel, en pleine bataille où les Brigades étaient engagées pour la défense de cette position prise aux fascistes, j'ai rencontré Franz Dalhem, commissaire aux effectifs de la XIe brigade, et Pierre Rebiere, commissaire de la XIVe. Ces deux brigades étaient affectées à la 45e division Hans Kahle, qui allait être engagée à fond, le 14 mars, devant Caspe, sur le front d'Aragon.

Dalhem et Rebière se firent pressant pour que j'envoie, par des moyens accélérés, les volontaires encore en instance de passage en France. L'offensive de Téruel et la défense du front d'Aragon ayant causé d'énormes pertes aux Brigades, les demandes de renforts devenaient de plus en plus pressantes. Elles devinrent angoissantes lors de la bataille de l'Ebre où la XIVe brigade, à Ampasta, perdra 60 % de son effectif. Malheureusement, en 1938, la source d'approvisionnement en France était tarie, la plupart des militants volontaires étant déjà partis. Nos convois ne sont plus que des petits groupes de plus en plus espacés. Les services de recrutement de Paris et d'ailleurs font l'impossible mais on a l'impression que le plein a été fait et le recrutement de cette époque, s'il ne gagne pas en quantité, perd en qualité.

Au cours d'une visite de nuit à Albacete, siège de l'état-major des Brigades, j'ai vu pendant quelques minutes André Marty, inoubliable dans sa haute stature et ses yeux bleus à fleur de tête. Avec lui Pauline, sa femme, que je connaissais de Toulouse elle était la sœur de Taurinya qui aura le rôle que l'on sait, lors de l'affaire Marty.

A partir de mai 1938, la base des Brigades Internationales fut transférée d'Albacete à Barcelone, l'Espagne républicaine étant coupée en deux par l'offensive rebelle. Les Brigades ne seront désormais engagées que sur le front de Catalogne et d'Aragon. Seuls cinq cents volontaires étrangers qui n'avaient pu être rapatriés par manque de moyens de transports maritimes resteront intégrés à l'armée du centre. Aucun de ces hommes n'est revenu, ils furent certainement exécutés par les fascistes après la reddition.

 

A la mi-juin, nous avons participé à l'évacuation de la 43e division, encerclée dans la vallée del Alto Cinco, commandée par le colonel Beltram, surnommé « el esquinazardo » (le renard), acculé à la frontière. Après une résistance héroïque, privé de tout ravitaillement, il rentra en France avec toute sa division et demanda à être immédiatement rapatrié en Catalogne. Le transfert fut fait par chemin de fer, avec ravitaillement à Toulouse par nos soins, car le gouvernement français n'avait rien prévu, ou rien voulu faire." Marcel Thourel

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:52

Hier, à Caussade grâce à l’association MER 82 et au cinéma une soirée a été consacrée aux Brigades internationales. Dans le débat une personne a rappelé le cas de Marcel Thourel. Pour appuyer cette intervention voici ce que ce militant écrit dans son livre Itinéraire d’un cadre communiste 1935-1950 du Stalinisme au Trotskysme publié chez Privat en 1980. Son premier voyage évoqué ici se situe après les événements de mai de Barcelone, qui opposent anarchistes et communistes. L’article est en trois partie. JPD

P.S. : Nous avons publié dernièrement de Marcel Thourel son texte sur Razoua

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"4. Mon premier passage

Le 7 mai 1937, je faisais moi-même mon premier passage en Espagne en suivant la filière Toulouse-Barcelone, accompagné de F... qui me servait de courrier. Après une halte chez Cristofol, nous quittions Bourg-Madame et en longeant le torrent, nous remontions jusqu'à Puigcerda. Un bataillon d'un régiment de carabiniers occupait la ville qui venait d'être reprise aux anarchistes après l'incendie de l’église.

Le soir, repas à l'hôtel et premier contact avec la faim, qui sera le lot commun de tous ceux qui ont séjournée en Espagne à cette époque. De ce premier contact avec ce pays dont le seul nom me fait encore vibrer, j'ai gardé en mémoire quelques souvenirs qui, s'ils s'accommodent plus de l'anecdote que de l'histoire n'en sont pas moins révélateurs de situations. Au menu du soir, seulement des haricots bouillis à l'eau. Pour les améliorer, je les assaisonnais d'une huile d'olive d'un goût si détestable qui les rendit parfaitement immangeables. Le lendemain matin, avec les délégués de la commission militaire permanente, maintenant contrôlée par le parti communiste espagnol, nous mettons sur pied un dispositif qui va permettre de réceptionner tous les convois que nous allons faire passer. Il est entendu que le « passeur », responsable du convoi venant de France, assumera sa responsabilité jusqu'aux dépôts des Brigades à Figueras ou Barcelone ; la commission militaire permanente devant seulement assurer la réception. L'irrégularité des horaires des transports ferroviaires nous fit attendre, F... et moi, pendant seize heures, la formation d'un tram. Nous partons le 9 en début de matinée pour atteindre Barcelone dans la nuit. Voyage des plus pittoresques, mais aussi des plus inconfortables, agrémenté d'un contrôle policier de deux « flics » très méfiants à notre égard malgré les laisser-passer dont nous étions pourvus. Il s'agissait, je lesai retrouvés par la suite, de policiers appartenant à la C.N.T. d'obédience anarchiste qui ne voyaient pas d'un bon œil l'arrivée de volontaires communistes dans leur pays, et on les comprend, à la suite des événements qui venaient de se dérouler en Catalogne et de ce que l'on a appris par la suite. Nous sommes arrivés à la gare du Nord, à Barcelone, dans la nuit du 9 au 10 mai. Nouvel interrogatoire au commissariat de la gare par nos deux « compagnons » de voyage. Après vérification téléphonique au siège du PSUC où j'avais été accrédité par Paris, on nous conduit en voiture à l'hôtel Colon, place de Catalogue.

Curieux réveil au matin; une partie du mur de la chambre donnant sur la Place de Catalogue avait été emportée lors d'un récent bombardement. Une couverture masquait l'orifice. Fatigué, la veille en arrivant à l'hôtel, je m'étais endormi sans remarquer ce détail. Heureusement que je n'étais, ni ne suis somnambule ; ma chambre était au sixième étage ! Les bombardements de nuit par l'aviation italienne basée à Majorque, étaient très fréquents sur Barcelone. Il me souvient d’une nuit où, pendant une alerte, je remarquais par le « trou » de ma chambre des signaux lumineux venant du bosquet situé au centre de la place de Catalogue.

Le garde de l'hôtel, avertie, envoya quelques rafales de mitrailleuse vers le bosquet où, le matin, on découvrit trois cadavres. Un exemple du sale travail, d'agents de la « 5éme colonne», signalant le centre de la ville pour un meilleur repérage par les avions ennemis.

Il faisait terriblement faim, à Barcelone, en cette période de mai 37, et par la suite aussi d'ailleurs. Le « Négus », un camarade de Toulouse que j'avais rencontré sur place, où il était en mission, m'avait indiqué un restaurant français, dans la troisième rue à droite, en descendant Las Ramblas de las Floras, où, m'avait-il assuré, on pouvait manger à peu près convenablement. Nous y allâmes, F... et moi, et, en fait de gueuleton, nous eûmes droit à un artichaut et aux cent grammes de pain réglementaires ; c'était peu pour des estomacs affamés. Je revins quelquefois à ce restaurant français. Le menu était invariable, exception faite d'un repas où il me fut servi un œuf et une portion de salade.

Un soir je fus invité à dîner par le colonel et l'état-major, commandant le régiment de carabiniers, cantonné à Barcelone. L'objet de cette invitation : il venait de Valence d'où il ramenait deux mitrailleuses russes, quelques sacs de pommes de terre, et un peu de café. La répartition équitablement faite sans distinction de grade, nous nous régalions de pommes de terre bouillies, lorsque l'alerte aérienne fut donnée. Par discipline, nous avons rejoint les abris, impatients de reprendre le repas interrompu. Moi qui ne suis pas très friand de ce légume, je reconnais avoir fait ce soir-là, un des repas mémorables de ma vie.

Mon séjour devant se prolonger, je renvoyais F... en France, avec des instructions pour les premiers passages qui allaient commencer à la fin du mois. Je fus retardé par l'absence d'Hans Better, qui s'occupait en France du recrutement d'émigrés antifascistes Allemands et Italiens pour les 11e et 12e Brigades Internationales. Nous devions travailler ensemble pour l'acheminement des volontaires Allemands et Italiens par nos filières. Il arriva à notre rendez-vous avec plusieurs jours de retard. Entre-temps, j'avais eu une entrevue avec Juan Comorera, secrétaire général du PSUC (parti socialiste unifié de Catalogne).

Enfin, les 17 et 18 mai, nous pûmes tenir des réunions de travail auxquelles participaient un représentant du PSUC., un représentant de la direction du syndicat des cheminots (pour le transport des volontaires), Hans Better, un délégué du commissaire aux effectifs de l'état-major des Brigades, un délégué des places de Figueras et Puigcerda. En deux jours de travail, nous avions mis sur pied un dispositif qui fonctionnera dans les meilleures conditions, jusqu'en février 1939. Pendant la mise en place de ce dispositif, les envois continuaient par Perpignan ou par mer, tant que les autorités « fermaient les yeux ».

 

Mon travail en Espagne terminé, je rentrais en France. Je profitais d'un camion militaire qui me ramena à Puigcerda. Je fis le voyage avec deux officiers qui, pour m'être agréables, m'offrirent à déjeuner dans une petite auberge de Ripoll. Après une heure d'attente, une vieille dame nous servit un poulet famélique, certainement unique dans son genre ; il n'avait, et l'expression n'est pas imagée, que la peau et les os. La bonne dame s'excusa de cette maigre chère et nous reprîmes la route sur notre faim. De Puigcerda, je passais la frontière, dans les mêmes conditions qu'à l'aller, en fin d'après-midi. A la Tour-de-Carol, j'avais une demi-heure à attendre avant le départ du train pour Toulouse. J'allais au buffet de la gare avec une telle faim à satisfaire, que je n'eus pas la force, lors du départ du train, de me lever de table. Enfin rassasié, je couchais à la gare et ne partis que le lendemain pour Toulouse." Marcel Thourel

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 13:32

Egypte, actualités d'une révolution   

Conférence sur les événements récents en Egypte  

Organisée par  Associations : MARED France, Solidarité Copte, Alliances Alternatives Suds.  

Samedi 12 octobre De 15h à 19h Lieu : AGECA, 177 rue de Charonne Paris 75011  Salle 7  

Le 25 janvier 2011, les Egyptiens se révoltent, l'armée se range du côté du peuple et le président Moubarak est renversé après trente ans au pouvoir. Deux ans et demi plus tard, le 30 juin 2013, les Egyptiens se révoltent de nouveau, le président islamiste Morsi, élu il y a juste un an, est destitué. Mais si le 25 janvier a été salué et  baptisé "printemps arabe", le 30 juin, à l'inverse, fut considéré par les pays occidentaux comme étant un coup d'état militaire contre la légitimité du premier président civil élu. Cette prise de position incomprise par le peuple égyptien relève d'une méconnaissance, d'une part, de la réalité des faits qui ont mené au soulèvement populaire du 30 juin, et de l'autre de la nature antidémocratique et théocratique du pouvoir qu'ils ont renversé. Journalistes, hommes politiques, juristes et militants égyptiens et français vont intervenir pour restituer au public, demandeur d'informations, leur analyse  sur ce qui s'est passé, faire le point sur la situation actuelle et explorer les scénarios d'avenir  

Programme  

Chaque intervention est de 20 minutes suivie de 10 minutes de questions Première séance : 15h - 16h45 Animateur, Sobhi GRESS, Association Solidarité Copte -

15h : Introduction, Sawsan NOWEIR, Association MARED - France

15h15 : « Les enjeux géopolitiques de la révolution ». Samir AMIN, Economiste, Président du Forum du Tiers Monde à Dakar.  

15h45 : « Armée et Frères », Tewfik ACLIMANDOS, Universitaire  -

16h15 : « Le rôle de la jeunesse égyptienne dans la révolution », Hussein EL GANAINY, Journaliste

16h45- 17h, pause café Deuxième Séance :

17h – 19h  Animatrice: Claire BOUTHILLON, Alliances Alternatives Suds

17h : " La Constitution égyptienne de 2012 : le recul de la démocratie, les limitations aux libertés",  Wagdi SABETE : Professeur de Droit Constitutionnel

17h30 : « La discrimination des chrétiens en Egypte », Shahira RIGAUD : Traductrice 18h : « Les défis patrimoniaux », Galila EL KADI : Directrice de Recherche IRD

18h30 : Débat général et clôture. 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 13:28

6 octobre 2013 Rolando Cordera Campos sur La Jornada

Chili : 40 ans après, les petits-enfants sont la relève

Un réveil de la jeunesse et des adolescents a inondé les commémorations du coup d'Etat réalisé par les forces armées en 1973 contre le gouvernement légitime du Président Salvador Allende, pour honorer l'orgueilleuse patrie de Gabriela Mistral et Pablo Neruda après une longue et douloureuse nuit. 

Aujourd'hui, après quatre décennies d'assaut criminel soutenu et même orchestré par des organismes nord-américains sous les ordres de Henry Kissinger, on peut dire que la nuit est derrière, non sans une trace de colère et de tristesse et sans effacer le chagrin des naufragés du coup d'Etat qui accusent maintenant la gauche de mensonges et la droite de traîtrise.

Les nouvelles récurrentes de l'information à la télévision et dans la presse conservatrice qui domine les médias au Chili, c'est un murmure de réclamations renouvelées de citoyens demandant la vérité et l'histoire, un murmure qui s'est imposé en septembre pour donner au souvenir une autre couleur. Une peinture murale à l'entrée de la bibliothèque universitaire privée Diego Portales dit tout : trois militaires brûlant des livres rafraîchissent la mémoire de jeunes qui disent et nous disent : «plus jamais ça !».

Ces derniers jours, le gouvernement du président Piñera a décidé de déplacer plusieurs militaires accusés de crimes contre l'humanité, logés dans une prison de haute sécurité luxueuse, vers une autre où les privilèges sont moins nombreux. Un des généraux déplacé, le général Mena, qui jouissait du week-end de congé familial, a choisi de se tuer avec une balle, et sa famille, ses amis et collègues ont organisé une campagne furieuse contre le président de la droite, l'accusant d'une «torture psychologique» qui aurait conduit le général responsable des travaux de la sinistre CNI, au suicide.

Sous la façade de cette indignation familiale, beaucoup de militants de droite de près ou de loin complices du coup d'État militaire ont accepté la position prise par Pinera, qui a ouvertement condamné le coup d'Etat et la dictature, tout comme les actes contre les droits humains transformés en principale forme de gouvernement du dictateur et de son entourage. Par cette attitude quelque peu inattendue du président-entrepreneur, un grand groupe de professionnels et d'entrepreneurs Chiliens a signé un manifeste contre les dictatures et les violations des droits de l'homme, rejoignant le «plus jamais ça» criant et chantant dans les manifestations de ces jours derniers .

La particularité de l'affaire, c'est que les signataires se sont définis comme "quadras" et partisans ou membres des partis de la Rénovation Nationale et de l'Union démocratique indépendante, dont ils exigent des dirigeants qu'ils abandonnent leurs déclarations respectives de remerciements à l'armée pour le coup d'État contre Allende.

Quarante années longues et mouvementées, ont servi pour qu'une culpabilité et une conscience, une mémoire et une revendication historique profonde, murissent dans le souvenir, jusqu'à l'impuissance pour aboutir à un nouvel espoir de renouveau de la démocratie chilienne. Très réticents au cours des premières années de retour de la démocratie, pour déployer des dispositions efficaces afin d'aller au-delà de la récupération de la liberté politique et de nouvelles formes de gouvernance et d'organisation de l'Etat, aujourd'hui ils revendiquent à plusieurs voix et d'âges différents, le besoin de retrouver leur engagement initial et historique pour plus de justice, d'équité et de protection sociale, pour plus de démocratie et de liberté, tel que le voulaient Allende et les siens.

 

Une plainte rauque et ferme de la jeunesse des écoles et des étudiants a marqué l'évolution du Chili de ces dernières années. Leur mobilisation a été constante et persistante et ils sont maintenant à la recherche de moyens pour relancer la nécessité d'un enseignement authentique et sans restriction comme un bien public, en l'arrachant au statut auquel voulait la soumettre Pinochet et ses Chicago Boys . [...]

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 10:46

Tous responsables sauf le FdeG !

Là où il y avait un sortant communiste, ce parti n'est pas au second tour mais l'éventail juste des responsables de cet échec oublie d'analyser la stratégie du Front de Gauche ! Et la réponse par le Front républicain continue d'assurer l'incohérence !

1 ) Le PS et sa politique sont responsables car ils désespèrent la gauche.

2 ) La droite est responsable car elle banalise le FN.

3 ) EELV est responsable car un candidat de ce parti était là.

4 ) et ensuite le FdG ?

Or les analyses précédentes seraient d'autant plus crédibles s'il y avait une analyse de la stratégie FdeG !

Je suis sûr qu'au nombre d'affiches, de tracts, de porte à porte, les militants du PCF ont dû être les champions pour en arrive à l'appel au Front républicain. Mais comment appeler à voter UMP en disant en même temps : "les tentatives à droite de banaliser le FN (étaient) aussi responsables du fait que les deux candidats d'extrême droite totalisent pas loin de 50% des suffrages exprimés". Il ne s'agit pas de renvoyer dos à dos la droite et le FN (ce qui équivaudrait à appeler à l'abstention) mais d'indiquer aux électeurs et électrices que quand on est exclu du second tour, l'heure aujourd'hui est à l'unique consigne possible : que chacun vote en conscience. Et c'est la même position que Mélenchon aurait dû avoir aux présidentielles car comment accuser l'Elysée de tous les maux quand on a prétend avoir assuré sa victoire ? Ce qui oblige à forcer le trait sur les kilomètres existants entre le programme et sa réalisation, ce qu'on ne fera croire à personne et pas plus aux désespérés qu'aux fatalistes. Nous sommes dans un contexte mondial (la crise... de l'alternative au capitalisme) qui nous prouve qu'on ne remontera pas la pente demain matin mais qu'il faut s'atteler à un combat sur la durée avec patience et sérénité. Jean-Paul Damaggio

 

L'Humanité le 7-10-2013 : 

Brignoles: éliminée, la gauche appelle au Front républicain

Le PCF a appelé les électeurs à "faire barrage à l'extrême droite" au second tour, dimanche prochain, de la cantonale de Brignoles, qui opposera le candidat d'extrême-droite à celui de l'UMP.

Le PS et le PRG ont fait de même. Lors du premier tour dimanche, l'extrême droite a réuni plus de 49% des voix, avec 40,4% pour le candidat FN, Laurent Lopez, et 9,1% pour un autre candidat, Jean-Paul Dispard. Ce dernier a appelé ce lundi matin à voter pour la candidate UMP, Catherine Delzers, arrivée en deuxième position avec 20,8%.

 70% d'abstention

Dans un communiqué, le PCF a mis l'accent sur le taux d'abstention "près de 70%", estimant que "cette triste participation en conformité avec toutes les partielles précédentes résultait avant tout de la désespérance que la politique du gouvernement suscite chez les électeurs de gauche. C'est elle qui met le candidat du FN en position de l'emporter au 2e tour", a poursuivi le parti, ajoutant que "les tentatives à droite de banaliser le FN (étaient) aussi responsables du fait que les deux candidats d'extrême droite totalisent pas loin de 50% des suffrages exprimés".

 L'Elysée et EELV

Interrogé sur France Inter ce lundi matin, Jean-Luc Mélenchon partage ce sentiment. "On élit un président de la République social-démocrate et que fait-il? Il démantèle les acquis sociaux du pays", a expliqué le coprésident du Parti de gauche, en citant notamment la réforme des retraites. "Les gens vivent le contraire de ce à quoi ils s'attendaient: pourquoi est-ce qu'on câline sans arrêt les patrons?". "Le Front national prospère sur la résignation et la désorganisation, du fait que le principal pourvoyeur de ses voix est à l'Elysée", a conclu Jean-Luc Mélenchon.

 Pour expliquer l'élimination dès le premier tour des candidats de gauche, le PCF souligne aussi "la division à gauche provoquée par la candidate d'EELV et encouragée par de trop nombreux socialistes locaux malgré les prises de position de la direction nationale du PS", qui "prive notre candidat, prive la gauche de l'accès au 2e tour". "Même si le second tour aurait été difficile, EELV porte la responsabilité de la seule présence de l'UMP et du FN". Le candidat du PCF, Laurent Carratal, soutenu par le PS, a obtenu 14,6% des voix et la candidate EELV, Magda Igyarto-Arnoult, 8,9%.

 "Nous nous éloignons de l'électorat populaire"

 Invité sur LCI et Radio classique à commenter le premier tour de ce scrutin, le patron des sénateurs écologistes Jean-Vincent Placé à esquiver la mise en cause. Pour lui, le résultat du Front national "est très inquiétant (pour la gauche, ndlr), pas seulement depuis (l'élection partielle législative, ndlr) Villeneuve-sur-Lot (en juin, ndlr), je le dis depuis le début du quinquennat. Nous nous éloignons de l'électorat populaire, l'électorat socialiste se réfugie dans l'abstention, il n'y avait d'ailleurs même pas de candidat socialiste, et d'évidence l'électorat écologiste est également rétif à se déplacer aux élections partielles qui sont toujours un baromètre (...) On arrive à une situation plus qu'inquiétante pour les forces politiques qui soutiennent le gouvernement", a-t-il ajouté.

 Il a appelé pour le deuxième tour dimanche prochain à faire "barrage au Front national" en formant un "Front républicain". "Nous voterons UMP dimanche prochain parce que nous, nous sommes clairs, nous ne sommes pas comme M. Fillon qui (...) s'est lourdement discrédité dans l'opinion française. L'ennemi principal n'est pas le Parti socialiste. C'est le Front national", a -t-il ajouté.

 Sans hésitation

 Arrivé troisième, le candidat communiste, Laurent Carratala, qui était soutenu par le Parti socialiste, a lui aussi appelé à voter pour le candidat UMP au second tour dimanche. Tout comme le premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir: "Ce n'est pas du tout le moment d'aller aux élections en ordre dispersé pour les forces de gauche", a-t-il expliqué sur France Info, une allusion à la candidature Europe Ecologie-Les Verts au premier tour à Brignoles. "Bien sûr, j'appelle à faire barrage au Front national au second tour, comme je l'ai toujours fait, sans aucune hésitation", a poursuivi Harlem Désir.

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 22:33

Brignoles devient un sismographe ? Jamais je ne tire de leçons générales d'une élection partielle mais je dois bien observer une élection que j'étudie depuis deux ans. L'article ci-dessous du Monde se garde bien de donner les résultats des précédentes élections que vous trouverez ci-dessous. Le même candidat PCF passe de 33% en 2001 à 14% aujourd'hui ! Quant à donner la rapide réaction du PCF, le journal confirme qu'il ne fait pas son travail... et le PCF non plus. Ah ! si dès le premier tour il n'y avait qu'un candidat de gauche ! Et alors d'où viendraient les voix pour gagner le second tour ? A chaque fois l'analyse est politicienne au moment où il faut lever la tête pour se retrousser nos manches. JPD

 Trois articles de ce blog :

7 avril 2011 :

27 avril 2012

1 juillet 2012

 Article du Monde :

Le candidat Front national est arrivé largement en tête dimanche 6 octobre du premier tour de l'élection cantonale partielle de Brignoles (Var). L'extrême droite réunit au total plus de 49 % des voix avec 40,4 % pour le candidat FN Laurent Lopez, et 9,1 % pour un autre candidat d'extrême droite, Jean-Paul Dispard.

La candidate UMP Catherine Delzers arrive en deuxième position avec 20,8 % des voix, dans ce canton gagné par la gauche en 2012. Les deux candidats de gauche, PCF (14, 6% des suffrages) et EELV (8,9 %) ont ainsi été éliminés dès le premier tour du scrutin marqué par un fort taux d'abstention.

LE PARTI COMMUNISTE DÉNONCE "LA RESPONSABILITÉ" D'EELV

Peu après l'annonce des résultats, le parti communiste a dénoncé "la division à gauche provoquée par la candidate d'EELV et encouragée par de trop nombreux socialistes locaux malgré les prises de position de la direction nationale du PS", qui "prive notre candidat, prive la gauche de l'accès au 2e tour".

"Même si le second tour aurait été difficile, EELV porte la responsabilité de la seule présence de l'UMP et du FN", considère le PCF qui a appelé les électeurs à "faire barrage à l'extrême droite" au second tour dimanche prochain.

Le PS et le PRG ont fait de même. Dans un communiqué, le PS considère que "le score de l'UMP montre qu'il n'y a pas d'appétence pour l'opposition". "La droite devrait comprendre qu'à force d'ouvrir la porte au vocabulaire et aux thématiques du FN, une partie de ses électeurs s'y engouffrent dès le premier tour", avertit le parti socialiste.

 RESULTATS 2nd Tour 2001

Nombre             %Inscrits           %Votants

Inscrits               19 805               

Abstentions      10 248              51,74  

Votants              9 557               48,26 

Blancs ou nuls   748       3,78     7,83

Exprimés           8 809   44,48  92,17

M. Claude GILARDO (COM) 4 402     49,97   22,22  

M. Jean-Paul DISPARD (FN) 4 407   50,03  22,25   oui

 

RESULTATS 1er Tour

Nombre             %Inscrits           %Votants

Inscrits               19 805               

Abstentions      11 261   56,86 

Votants              8 544    43,14  

Blancs ou nuls 183        0,92     2,14

Exprimés           8 361    42,22   97,86

M. Claude GILARDO (COM) 2 636     31,53   13,30  

M. Jean-Michel ROUSSEAUX (UMP) 1 981  23,69   10,00 

M. Jean-Paul DISPARD (FN) 2 757    32,97   13,92  

Mme Magda IGYARTO-ARNOULT (VEC)     987       11,80   4,98    

 

 

Au premier tour de juillet 2012 Gallardo faisait 39%, l'UMP 25% et le FN 35%. 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 22:00

Je m'étais promis d'aller à la séance du Conseil général sur le découpage des cantons car je savais que pour une fois il allait y avoir du sport. Tristesse j'ai raté cet événement or à en croire le compte-rendu de la Dépêche il y a eu du sport. Jean-Michel Baylet mis en minorité ! Il va lui falloir une séance de rattrapage ? Non car par chance le Conseil général n'avait qu'une vocation consultative. Là où c'est du sport c'est quand on lit que Jean-Michel Baylet a voté contre au Sénat mais qu'a-t-il fait à Montauban ? Car cette carte n'a pas été publiée sans son accord sinon nous l'aurions su au moment de la dite publication sur le journal de Jean-Michel Baylet. En fait, la moitiés des Conseil généraux sait qu'en 2015 ils ont déjà perdu les élections alors...

A suivre. JPD

 Article de La Dépêche

Le projet de découpage cantonal proposé par le ministère de l’Intérieur a été présenté hier au conseil général, réuni en session extraordinaire, comme l’exige la procédure. Le qualificatif d’historique serait fort approprié dès lors qu’il s’agit de réviser un document figé depuis 200 ans, dans des zones où la répartition de la population a considérablement évolué, son importance aussi (241686 habitants dans le département...).

La démarche, exclusivement consultative, a confirmé l’attachement des conseillers généraux à la proximité, se soldant par 15 voix contre, 12 favorables et 2 abstentions (29 votants sur 30 élus, Francis Garrigue étant absent sans procuration). Pour rappel, la copie ministérielle prévoit de réduire le nombre de cantons Tarn-et-Garonnais de moitié (15 contre 30)...

Oui à la parité

Après que Jean-Michel Baylet ait expliqué sa position personnelle, clairement affichée en tribune au Sénat, où il a voté contre, le préfet Jean-Louis Géraud a usé de pédagogie pour expliquer le sens du projet, ses raisons et ses objectifs. «Sous la précédente législature, la notion de canton avait disparu avec le conseiller départemental qui devait siéger à la fois à la Région et au Conseil général. Abandonnée, la réforme prévoit un redécoupage basé sur l’équilibre démographique entre les périmètres cantonaux, avec obligation d’un binôme d’élus homme-femme dans chaque canton.»

La parité fait l’unanimité, pas le découpage... À l’instar de Léopold Viguié (Caylus), «résolument contre», le groupe des Indépendants a pointé «la représentativité de la ruralité», laissant la libre expression à ses membres. «Plus que le découpage, le principe est insupportable» a ajouté Jean-Paul Albert. Les Radicaux et apparentés ont avoué «ne pas pouvoir donner un assentiment total compte tenu d’une proximité minorée et d’une perte d’identité», toutefois conscients «qu’une opposition n’empêcherait pas une loi de la République de s’appliquer».

Enfin , le groupe socialiste, tout en se félicitant de l’abrogation du conseiller territorial, «une promesse de François Hollande», a regretté que ne soient pas respectés «la concertation et les territoires», se positionnant contre.

Autant d’avis transmis au conseil d’état qui les examinera prochainement en session administrative. Dans tous les cas, le découpage cantonal dans sa nouvelle version ne sera appliqué qu’à l’horizon 2015.

 

A.B

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