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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 13:37

                                                   monument-aux-morts-saint-ouen.jpg

A l'approche du centenaire du début de la guerre 14-18 les discours sur l'union sacrée ne vont pas manquer considérant, une fois de plus, les pacifistes comme nuls et non avenus, même si on tend à évoquer les fusillés contestataires. Je ne sais s'il existe un livre sur les monuments aux morts pacifistes prônés par les communistes mais je note celui-ci évoqué par L'Humanité en 1922 et célébré par Bourdelle. Ce dernier savait à la fois, ce qu'il devait à la commande publique de la ville de Montauban pour le monument aux morts de la guerre de 1870, et les critiques qui s'en suivirent pour ne pas être dans les normes. Pas étonnant par exemple si celui-ci représente une femme qui pleure ses enfants. JPD

L'Humanité 9 décembre 1922

Inauguration à Saint Ouen d'un monument aux morts

Un peu partout sur notre territoire s'élèvent des monuments aux morts. Et quels monuments ! Poilus casqués, coqs battant des ailes ! Hélas, ni l'art ni les morts n'en sont honorés. Dimanche prochain la municipalité de Saint Ouen procèdera à l'inauguration d'un monument aux morts et ce sera l'occasion d'une manifestation grandiose en hommage aux victimes de la guerre.

Contre la guerre

Nos amis de Saint-Ouen en effet ont voulu donner au monument et à la manifestation leur véritable caractère. Ils ont eu à lutter contre l'hostilité des patriotards blocnationalistes de Saint Ouen. Ils en ont triomphé. Toutes les manoeuvres des adversaires ont échoué contre la volonté tenace de nos camarades, qui ont agi en complète communion d'idées et de sentiments avec la population ouvrière de Saint-Ouen. Nous avons vu aujourd'hui notre ami Cordon, maire de Saint-Ouen, qui nous a entretenu de la manifestation de dimanche.

Le monument

Avec lui nous avons été jeter un coup d'oeil sur le chef d'oeuvre qui, dimanche prochain sera dévoilé à l'admiration de tous. Ce monument, oeuvre remarquable du sculpteur Déjean est placé face à la mairie au milieu du square. Il fut retenu par un jury composé de Frantz Jourdain, Antoine Bourdelle, George Pioch, Cordon et Bachelet.

 

Le maître Antoine Bourdelle en a exprimé toute la valeur, à la fois artistique et sociale, dans une lettre que nous voudrions pouvoir donner ici et qui constitue le plus bel éloge qui puisse être fait de ce chef d'oeuvre qui exprime d'une façon vraiment émouvante l'épouvante et l'horreur de la guerre.

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 12:13

Le 26 novembre 1936 une superbe exposition Rodin s'ouvre à Paris. Voici comment L'Humanité en rend compte sous une photo des "Bourgeois de Calais, une des œuvres maîtresses d'Auguste RODIN". Le fait que Judith Cladel soit citée n'est pas sans rapport avec la reprise de cet article quand à la mention de Bourdelle... (nous y reviendrons). JPD

  Auguste Rodin

Si une exposition d'oeuvres de Rodin (93, avenue des Champs-Elysées), n'apporte plus de révélations capitales, elle fournit l'occasion de rappeler la puissance expressive du sculpteur et l'hostilité dont furent victimes ses principaux chefs- d'œuvre l'Age d'airain accusé, par les manœuvres du Salon, d'avoir été moulé sur nature; les Bourgeois, discutés par la municipalité de Calais ; les bustes de Clémenceau et de Benoît XV, réprouvés par leurs modèles ; le Monument au Travail, destiné à exalter le peuple dans son effort, abandonné faute des concours promis ; le Balzac enfin, « cette course en sac », disait Rochefort livré aux bêtes de la Société des gens de lettres, de 1896 à 1898. Plusieurs de ces œuvres, avec l'Homme qui marche, l'Eve, le Baiser, la Douleur, la Défense, des bustes, etc. figurent à cette exposition. C'est assez pour résumer une production de 55 ans et évoquer à travers elle, les tourments d'une vie prodigieuse et lamentable que Judith Cladel vient de conter, en un livre vengeur.

Modeleur appliqué aux subtiles modulations de l'Age d'airain, ou grand lyrique et visionnaire (la Défense, Balzac), ou sensuel passionné, arrachant Adam et Eve à la glaise pour les livrer à tous les drames du désir ou de la luxure avec une exaspération parfois morbide, Rodin apportait quelque coquetterie à se dire du peuple. D'origine très modeste, il fut, pendant plus de quinze ans (186O - 1875) un ouvrier anonyme au service de sous- traitants ou d'entrepreneurs officiels. Et ouvrier manuel, il le resta, à vrai dire, toute sa vie, malgré les honneurs et les louanges auxquels il était loin d'être insensible, et même quand on voulut faire de lui un écrivain et un penseur comme un vulgaire Bourdelle.

Cette exposition est d'actualité. Elle a le caractère d'une réparation à l'approche du centenaire de la Comédie Humaine. Quelques hommes, Georges Lecomte, Mathias Morhardt, etc. qui luttaient il y a 40 ans déjà, pour faire comprendre le monument Balzac à ceux qui l'avaient commandé, sont à la veille d'imposer à la ville de Paris, qui n'a de complaisance que pour Real del Sarte, la formidable «figure d'un élément», ce Balzac désormais aussi inséparable de son auteur que Voltaire de Houdon, ou la Marseillaise de Rude.-

Antral (Galerie Schœller 13, r. Téhéran), est de la classe des peintres qui, arrivés à la notoriété par leurs seuls dons, ne risquent pas la désaffection de ceux qui aiment la peinture ou essaient de classer les valeurs picturales d'une époque. Antral a toujours été, cité immédiatement après les artistes vivants, aimés comme des maîtres ou tout au moins comme des novateurs. Peintre de la mer, il connaît exactement les ports, les caprices de l'eau et le rôle du vent dans les fumées et les nuages, et sa science incomparable des gris, sa décision, l'exactitude de ses valeurs sont, entre autres, les signes de son autorité.

 

George BESSON.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 22:31

Guy Chastel, Beethoven et Bourdelle, Editions Alsatia, Paris 1939

Premier chapitre

 

Bourdelle a pratiqué Beethoven toute sa vie.

Hanté dès sa jeunesse par le visage tourmenté du musicien, il touchait à la tombe qu'il essayait encore de l'immatérialiser dans le bronze. Et pendant l'entre-deux de ces périodes extrêmes, il a, si souvent, jeté sur le papier des allégories imprécises, violentes ou délicates au gré de l'inspiration ; il a peint ; il a, en si grand nombre, fait surgir de la matière des images symboliques ou des portraits de Beethoven que cette insistance témoigne d'une obsession qui ne l'a jamais quitté.

Une commune gravité apparente l'une à l'autre des œuvres si diverses.

Le jour où, pour la première fois, un matin de printemps, nous les avons vues rangées en demi-cercle chez le maître-fondeur François Rudier, il nous est souvenu de ces deux cantatrices, deux fidèles de Beethoven, Henriette Sontag et Caroline Unger, qui s'avançaient chez lui comme on entre à l'église.

Nous même, pénétré de respect et pour Beethoven et pour Bourdelle, nous pensions, à l'égard de ce dernier, que l'admiration ne va pas sans un amour qui aime à garder ses secrets.

Ce sont eux cependant que nous voudrions connaître.

Ces Beethoven que Bourdelle a esquissés ou achevés ; ces Beethoven, amis de son évolution ; ces Beethoven, échappés de rêves méditatifs, ne pourrions-nous, comme aux Symphonies, leur demander des confidences ?

Déjà, nous sommes enclins à voir dans le rapprochement des deux artistes une fraternité de l'esprit.

Déjà, la persistance du sculpteur à presser le front du musicien révèle un état d'âme qui dépasse de beaucoup le stade admiratif. Il n'est pas possible que Bourdelle ait, tant de fois, remis sur la stèle l'auteur de la Pathétique, sans que ces recommencements aient un sens que des affinités de tête et de cœur ne suffisent pas à nous expliquer.

Prises à leur début et continuées dans le temps, ces tentatives furent toujours spontanées. L'appel de Beethoven à Bourdelle fut direct et l'œuvre toujours entreprise ne l'a jamais été que pour l'honneur de Beethoven. Nulle commande officielle ou privée, nul monument à ériger, rien de « marchand » n'a fait l'un de ces deux hommes l'interprète de l'autre. De la puissance souveraine qui commande au dedans l'ordre est venu de commencer et de recommencer.

Bourdelle n'a pas cédé non plus à l'un de ces engouements qui, dans les grandes survies, compensent les années d'abandon. Beethoven lui-même, qui est de tous les temps, n'échappe pas à cette alternance. La religion à son endroit est tour à tour tiède et fervente. De jeunes écoles le tiennent pour un auteur bien éloquent, voire encombrant ; des écoles plus jeunes retourneront à l'enthousiasme et à la prosopopée, en attendant que la mode s'empare de Bach ou de Mozart. Suivant les aspirations de l'esprit qui ne cesse de tendre au renouvellement et le va-et-vient d'une opinion qui tantôt se porte à droite et tantôt se porte à gauche.

Bourdelle n'appartient pas davantage au groupe de ces artistes qui, à un certain moment, ont rivalisé presque à l'envi pour implanter chez nous le personnage du musicien. Faut-il citer Balestrieri, Ringel, de Groux, José de Charmoy, Max Klinger, Jean-Paul Laurens et un admirable Naudin ? Episodiques ou non, tous ces Beethoven représentent dans la vie artistique de ceux qui les ont créés un moment, peut-être même un accident. La préoccupation de Bourdelle à l'égard de Beethoven reste continue. Aussi veut-il aller plus loin que les apparences, jusqu'au centre de l'être. Et Beethoven n'est pas seulement dans cette longue série d'approches vers la vérité une forme prolongée de cette inquiétude intellectuelle qu'il traduira par ces mots : « Pour devenir un véritable artiste, il faut se battre », il se penche sur lui comme s'il se penchait sur son problème intérieur.

Tous les artistes qui ont voulu symboliser et synthétiser la musique ont pensé à Beethoven, mais Bourdelle aime la Musique pour elle-même.

Le méridional aime le son, il chante pour entendre sa voix, il chérit Guillaume Tell, les Huguenots, la Juive, pour le contre-ut, la note haute où il attend le ténor.

Héritier de ses « lointains ancêtres qui gardaient leurs troupeaux en soufflant dans des flûtes de buis », Bourdelle sentait la musique comme un homme de la nature. L'air, le feuillage et l'eau ont des voix qui parlaient à son enfance et qu'il ne cessa jamais d'entendre. Sa voix, à lui, était très juste. Il chantait des airs de son pays, d'anciennes chansons patoises qui flottent dans la mémoire ; des chansons populaires de la Grèce. Avenue du Maine, il se mettait au piano et improvisait des airs de son invention. Il gardait même, dans la soupente de l'un de ses ateliers, un harmonium, un petit instrument en acajou, de quelques intervalles et de quatre jeux ; d'une main distraite, il allait s'y délasser.

De bonne heure aussi, il avait fait de la Musique un thème de son inspiration. Une de ses œuvres d'autrefois représente un groupe de musiciens ; on peut le voir encore dans une glaise rongée et croulante ; on y distingue un joueur d'orgue qui ressemble à Bourdelle comme un frère.

Plus tard, il imagina une femme enveloppée de voiles, qui appuie son instrument sur la terre et joue pour les morts.

Sur la tête méditative de Sapho il élève une lyre gracieuse.

Faut-il rappeler la métope de la Musique au Théâtre des Champs-Elysées?

Il aime Mozart, et, ignorant de sa vie, il ne voit d'abord à travers ses compositions qu'un artiste heureux. Jusqu'au jour où il rencontre et prend la peine d'illustrer un article qui lui révèle son erreur.

Lui-même, enfin, constructeur toujours ému, fut-il autre chose qu'un porte-lyre ? Bien avant qu'il n'eût rencontré Beethoven, une ferveur naturelle rapprochait leurs deux âmes et celle du sculpteur était apte à recevoir tous les enrichissements qui pouvaient lui venir d'un autre art.

Sous un dossier qu'il consultait souvent, Bourdelle avait réuni un certain nombre de portraits, de reproductions et d'articles. La couverture portait en lettres capitales un nom : BEETHOVEN, et une Muse immense dessinée de sa main. Cette inspiratrice au front ceint de lauriers soutient une lyre drapée et développe une aile droite dont les fortes rémiges descendent jusqu'à terre. A l'ombre de cette aile se tient un Beethoven assez fier, un Beethoven en redingote et chapeau de soie, mais petit, difforme un peu, rétif, semble-t-il, aux sages suggestions d'une conseillère auguste et toute belle. Ces contrastes sont révélateurs, chez Bourdelle, d'un premier concept dont il abandonnera difficilement la suggestion.

Dès le début, on le sent en proie à cette antinomie de principe qui oppose la Musique à la Sculpture.

La Musique délivre la pensée, la matière l'emprisonne. La Musique, douée d'innombrables antennes, a ceci de supérieur aux autres arts que, pour aller à son but, elle dispose d'un intermédiaire direct et presque immatériel, le son. Et quand on parle de but, c'est par trop limiter le champ de ses incidences. Son but, ou plutôt ses buts, elle les ignore. Elle s'élance vers le ciel avec un destin défini, mais comme la flèche qui fend l'air et disparaît aux yeux du tireur : nul ne peut prévoir son point de chute. Au cœur seul de celui qu'il frappe, le thème musical prendra sens et portée. C'est elle, cette faculté d'atteinte secrète et de transposition subjective qui livre, pour ainsi dire, à la Musique, la clef mystérieuse des âmes. Il y a telles activités cérébrales que, seule, elle peut mettre en œuvre. Mais, depuis l'ouvrier du carrefour qui écoute, plein de songes, jusqu'à l'artiste raffiné qui distingue au passage les merveilles de la polyphonie, c'est la même puissance qui, à des degrés divers, prend possession de l'être intérieur. Au regard de l'un comme de l'autre elle donne une atonie qui est signe de départ et de détachement. A ce moment, plus que le sommeil, elle ouvre le royaume du rêve. Mieux, elle « agit », dit Tolstoï, parlant précisément de la musique de Beethoven. Elle est, « au-dessus des sens », de ces choses « qui font partie de Dieu », disait encore à Goethe Bettina Brentano, inspirée par Beethoven. Les Chinois ne permettaient qu'une certaine musique, celle du Prince.

La Sculpture ne saurait prétendre ni à ces voies subtiles, ni à tant de magie.

La Sculpture ne saurait prétendre à projeter sur les fonds obscurs de l'individu ces faisceaux éclairants. Il y a même dans la Sculpture une statique qui, non seulement s'oppose à l'articulation du thème orchestré, mais se refuse à en capter les effluves secrets. Comment alors imaginer qu'une sculpture puisse utiliser les traits du musicien pour exprimer visuellement sa musique ? Retenir dans l'épaisseur des volumes le vol d'une pensée musicale qui se meut sans limites dans l'espace et le temps; réaliser cette synthèse en relief; la faire jaillir des abimes pétrifiés OÙ dort l'image riante et le songe douloureux, à première vue, c'est vouloir soutenir une gageure insoutenable.

Ces deux arts sont à ce point contradictoires que, plus ils tentent de se rapprocher, plus ils s'éloignent de leurs fins. «Le vrai caractère de l'art musical, dit Wagner, est incompris aussi longtemps qu'on exige de lui une action analogue à celle des œuvres plastiques». Inversement, l'œuvre plastique qui voudrait s'élever à une certaine expression musicale devrait bientôt connaître ses limites. L'une est aussi affranchie de toutes entraves que l'autre est serve.

Et cependant, la transposition concrète du son pourrait ouvrir à l'âme un domaine inconnu.

Il y a une interpénétration des arts : « Si Michel-Ange eût fait un poème, écrit Stendhal, il eût créé le comte Ugolin, comme si le Dante eût été sculpteur, il eût fait le Moïse ».

Il y a des peintures qui chantent et des sons qui évoquent les couleurs. Chopin voyait le sol en bleu. Odilon Redon, Gustave Moreau, Carrière se sont approchés de ce mystère des analogies ; ils nous le font pressentir, mais à l'état diffus. Les musicalistes ne sont pas forcément musiciens ; ils représentent un groupe d'artistes qui, en peinture, en sculpture, en littérature, travaillent dans l'esprit de la musique. Nous sommes encore en pleine confusion. Avec la sculpture la difficulté ne peut qu'augmenter : sa solidité fait loi. On conçoit encore le passage des ondes musicales aux ondes colorées, mais il s'agit ici d'obtenir une transposition figurative du son et l'on ne voit pas encore quelle matière consentirait à s'y prêter.

Musique, sculpture, on rêve d'elles, pourtant, comme de sœurs jumelles. Le mot rythme n'est-il pas commun aux deux arts ? Ne dit-on pas que la couleur a un accent ? N'y a-t-il pas dans les lignes une modulation ? N'y a-t-il pas un corps des masses orchestrées ? Il faudrait qu'au lieu d'être de la musique entendue, la sculpture fut de la musique vue. Il faudrait ajouter au vers de Baudelaire :

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il faudrait réaliser ce que Rimbaud appelle « un art perceptible à la fois par tous les sens ».

Les poètes, plus que les autres artistes, sont hantés de ces problèmes parce que la Poésie fait passer des images devant l'œil intérieur, en même temps que l'oreille est touchée de sons qui l'enchantent ; parce que, joie totale, elle met en accord le cœur et l'esprit, elle satisfait tous les organes de perception ; parce qu'un beau vers est un miracle et que les éléments de sa volupté secrète sont un mystère inexplicable.

Bourdelle s'en était lui-même ouvert à ses élèves de la Grande Chaumière.

Il leur disait : « Tous les arts se rencontrent ; ils s'interprètent l'un l'autre. En écoutant tout récemment un trio admirable de Beethoven, il me semblait qu'au lieu de la voir, pour la première fois, j'entendais de la sculpture.

Le piano martelait tous les moindres plans, tous les accents de l'œuvre. Le violon glissait ses lignes vives, ses profils, de sur un plan à l'autre plan, donnait les contours prolongés des élans — et le violoncelle à voix pathétique, le violoncelle plus ample et plus lent semblait d'un appel grave appeler tous les élans en lui ; on eut dit l'unité de trois parfums.

« Comme le trio de Beethoven, comme les trois voix amicales parlant sous la loi de son génie, menez, sculpteurs, menez de front les trois synthèses. Menez à la fois les plans, les profils et les rassemblements des masses dans le tout ».

Il disait aussi: «Beethoven m'avait encore une fois réuni. Par lui, l'homme qui est en moi ne sentait que l'âme et que l'esprit. La deuxième partie du trio était finie, et moi, — tout recueilli, je l'écoutais — je l'entendais encore. Oui, certes, je l'entendais, car, lorsque j'assemble les lois de mon art, je l'entends toujours. Symphonie musicale, harmonie sculpturale, rythme architectural, tout l'esprit, tout est un.  Le divin, c'est ceci ».

Bourdelle a donc eu la perception très nette de ces rapports connexes. Il n'est pas le seul et il n'est pas le premier. Cependant, jusqu'à ce jour, les essais qu'on a pu faire de ces rapprochements sur le personnage même de Beethoven comportent une grande désespérance. Ses admirateurs s'en détournent pour s'attacher de préférence à son masque muet, soit celui de Klein, de 1812, soit celui de Danhauser, qui est du jour de sa mort, 28 mars1827. Plus qu'une face animée, cette image d'une nuit des sons leur exprime le murmure intérieur des rythmes.

Bourdelle est-il allé plus avant ?

Il nous a paru intéressant de le rechercher.

« Dans la vie des sculptures, a-t-il dit, les plans superficiels, ce sont des incidences ; mais les plans profonds, constructifs, ce sont des destinées ».

Bourdelle, assemblant les lois de son art pour celui qu'il entendait toujours, a tâché ici de faire remplir à la sculpture l'infini de son rôle, de réaliser en des formes plastiques la multiplicité des instants et des états d'âme, « la somme des profils », de ne pas donner seulement l'apparence de la vie, mais le sentiment d'une présence musicale.

Ce but d'un ordre supérieur et cette audace réitérée, ont pour le moins, la valeur d'une expérience, et avec personne l'expérience ne pouvait être plus redoutable qu'avec celui qui échappe à l'étreinte, l'insaisissable Beethoven.

On aimerait connaître l'engendrement de ces œuvres et accompagner Bourdelle dans la poursuite de Beethoven. Certaines phases ont dû en être passionnantes comme des luttes. On aimerait... Il faut y renoncer. Mais, si nous sommes trop près de ces créations pour les embrasser dans leur ensemble et leur répercussion l'une sur l'autre, nous avons des éléments qui nous permettent de rassembler autour de Beethoven les pensées de Bourdelle de surprendre quelque chose de ce tête-à-tête à peu près quotidien et de l'influence que le Sculpteur en a reçu dans sa propre esthétique. Notre intention n'est pas d'établir un parallélisme, de tirer parti des rapprochements, de forcer les analogies, mais, en les constatant, d'étudier un cas, avec toute la curiosité que peut nous donner la persistance d'un colloque ébauché dans l'adolescence, poursuivi dans l'âge mûr, inachevé dans la mort, et, en dépit de toute entreprise, toujours sujet à des retours et des rendez-vous plus intimes

 

Guy Chastel

1883-1962

  Nous avons appris avec la plus vive peine le décès de notre ami et collaborateur, Guy Chastel, enlevé à l’affection des siens et de ses nombreux amis, le 9 juillet 1962, à la suite d’une longue maladie. Il était des nôtres depuis 1928, ainsi qu’en témoigne le premier de nos bulletins. Sa connaissance de Huysmans était déjà grande, et il en donna la preuve dans le Bulletin n° 10, par un texte savoureux où il relate les détails d’une rencontre, dès 1921, à l’issue d’une messe célébrée par l’abbé Mugnier, avec Girard, Jouas et Landry. L’on n’a pas oublié le grand succès de son livre sur J.-K. Huysmans et ses Amis (Grasset, 1957), qui fut le livre du cinquantenaire, et celui, a-t-on dit, de sa « fidélité à Huysmans ». Outre cet ouvrage important pour les études huysmansiennes, Guy Chastel laisse une œuvre considérable en prose comme en poésie, œuvre qui décèle par sa diversité une grande culture. La Société des Gens de Lettres le fit Grand Prix, en 1954, et l’Académie Française couronna de nombreux ouvrages, et notamment celui qu’il consacra à la Sainte-Baume. Guy Chastel avait collaboré avec Charles Grolleau, un des fondateurs de notre Société, à un ouvrage sur la Trappe. Il avait été fait, l’an dernier, Commandeur de la Légion d’Honneur. 

Témoignage de Gabriel-Ursin Langé

Bulletin de la Société J.-K. Huysmans, n° 44, 1962

 

 

 

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 13:13

 

Pour ma cinquième visite du Musée Bourdelle à Paris, j’ai eu la chance de bénéficier d’une visite guidée par Colin Lemoine, conservateur du Musée, qui nous a rappelé quelques éléments techniques de la sculpture de l’époque (la terre, le plâtre, le bronze) et clairement montré comment Bourdelle s’inscrit dans l’histoire de son temps. Il se trouve que chez Gallimard  il vient de publier la correspondance entre Rodin et Bourdelle qui nous sort des clichés. J’offre ici une lettre concernant Judith Cladel dont Bourdelle vante un de ses articles dans la Fronde qui, je le rappelle, est le premier quotidien français a avoir été réalisé uniquement par des femmes car s’il y avait eu un seul homme il aurait demandé d’être rédacteur en chef. Un jour peut-être je reviendrai sur le sujet surtout si ce journal est lis sur Gallica. J-P Damaggio

 autres articles sur le sujet :

Judith Cladel Bourdelle

 

Bourdelle à Cladel

 

Judith face à Rodin

 

 

8 mai [ou 8 juin 1898] (1)

Cher Grand patron

Ci joint Mr Koopmann (2) peintre Américain a la peinture audacieuse puissante il a de la fougue et du talent plus qu'un tas de gros placés. Il désirerait être proposé associé peintre (3) Ne pourriez vous l’y aider. Avez-vous lu L'article sur vous de Judith Cladel (4) dans la Fronde. Il est très beau La quotidienne de Hepp m'a fait plaisir je trouve que le rapprochement des deux salons a été terrible pour les mouleurs d'a coté. Mes yeux se sont ouverts a la sculpture grâce à vous et vous dominez quoi qu'on en pense et en dise toute cette époque. bien a vous.

E Bourdelle

 

Datée grâce à la mention de l'article de Judith Cladel.

Augustus B. Koopman (1869-1914), peintre et graveur américain. Bourdelle fréquenta longtemps Koopman, en témoignent les deux lettres que le second adressa au premier en 1910 (AMB). Difficile de savoir si Rodin se décida à intervenir en sa faveur en 1898 comme le suggère ici Bourdelle. Le musée Rodin ne conserve de lui que des témoignages tardifs, deux lettres de 1910, à l'occasion de son élévation au grade de grand officier de la Légion d'honneur et dont l'une nous apprend qu'il réalisa sur le vif le portrait du sculpteur destiné à la mise en place d'une toile dont nous ignorons si cette dernière fut finalement réalisée. Le fusain rehaussé à la craie figurant un Portrait de Rodin d'après nature fut acquis par le musée Rodin en 1984 (Inv. D.7640).

Membre associé de la Société nationale des beaux-arts, fondée et présidée par Rodin. Cf. lettre 4, note 2.

 

Judith Cladel (1873-1958), femme de lettres et journaliste. Fille de Léon Cladel (1835-1892), elle fréquenta assidûment Bourdelle, ce dernier ayant tôt réalisé un buste de l'écrivain (1894). Amie de Rodin, elle demeure essentiellement connue comme biographe du sculpteur. Elle contribua activement à la promotion de l'artiste.

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 14:15

L'actuelle campagne électorale chilienne étant terme malgré le début des débats télévisés je m'en tiens à d'autres informations.

Un site pour les grandes chansons de l'Unité populaire :

http://www.publico.es/culturas/467616/diez-canciones-del-chile-de-allende

Les pouvoirs US au secours du NO en 1988 !

Quand Pinochet annonça le plébiscite de 2008 il n'imaginait pas qu'il était en train d'être lâché par les USA. Aujourd'hui, aussi bien sur le rôle de la CIA en 1973 que sur le rôle du Congreso de la National Endowment for Democracy et du National Democratic Institute for International Affairs les informations sont claires : plus d'un million de dollars a été donné par les USA pour la fameuse campagne du NO.

Après sa réélection de 1985, Reagan avait fini par craindre que le maintien de la dictature ne conduise à une révolution marxiste voilà pourquoi il poussa Pinochet à dialoguer avec l'opposition mais en vain.

Donc en plus de l'argent les responsables des services de sécurité chilien (CNI) furent fortement sommés de ne pas réagir par la violence à la campagne du Non.

Par la bouche du Général Sinclair les autorités furent également invités à respecter le résultat et à rendre les données électorales claires avec des équipes de contrôle.

Harry Barnes fut l'ambassadeur des USA en charge de cette nouvelle politique. Une nouvelle politique qui s'imposa cependant de manière lente de 1985 à 1990 avec un contrôle de l'opposition.

Encore le 1 octobre 1988 Barnes informe la CIA que Pinochet est toujours décidé à utiliser la violence en cas de victoire du NO.

Le 3 octobre au soir Reagan est informé des positions de Pinochet. John Whitehead secrétaire d'Etat par intérim convoque l'ambassadeur chilien Hernán Felipe Errázuriz pour rappeler la position des USA contraire aux préparatifs précis du nouveau auto-coup d'Etat.

Le 5 octobre victoire du NO. JPD

 7 DE OCTUBRE DE 2013

 

Archivos secretos: el rol de Estados Unidos en el triunfo del NO

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 21:47

Aujourd'hui je ne traduis pas... cet article de Publico. Pour les hispanisants, rendez-vous sur le site pour les commentaires. JPD

¡Vuelve Manolo!

Hoy se cumplen diez años de la muerte de Manolo Vázquez Montalbán. Su hijo, Daniel Vázquez Sellés, acaba de publicar un libro muy interesante y tierno,  dedicado a la figura de su padre, “Recuerdos sin retorno”. Si lo leen descubrirán a un hombre entrañable, sensible y cercano. Diez años puede parecer un periodo de tiempo suficientemente dilatado para asumir una pérdida, para integrarla, pero en el caso de Manolo perdura un vacío muy difícil de llenar. Manolo era un gigante, un hombre con una cultura muy vasta, un escritor prolífico y sensible, con una obra poética muy interesante, un magnífico observador y analista de la actualidad, un periodista de prestigio,  un intelectual. Pero no un intelectual cínico y presumido a la manera de Vargas Llosa, ni con el afán de notoriedad de Sartre, o con la desesperanza existencial de Camus, o sometido al dictamen del partido como Gramsci. Manolo era otro tipo de intelectual,  uno  comprometido y libre, alguien que no temía perder su prestigio cuando opinaba,  como Emile Zola, capaz de lanzar  un “J’acusse” demoledor contra el explotador de turno.

Por eso la pérdida de Manolo se hace más cruel en el actual contexto de crisis institucional, económica, política y social, con el trasfondo del hundimiento de la izquierda tradicional, del prestigio de partidos y sindicatos, con el conflicto sobre la soberanía en Catalunya. En nuestro presente se echa a faltar un dedo acusador, que señale sin piedad, con argumentos. Necesitamos a alguien insobornable a quien poder escuchar, a alguien sabio de quien aprender, a alguien sensible con quien  emocionarse: necesitamos a Manolo  y ahora lo necesitamos más que nunca.

Manolo era una persona orgullosa de su origen humilde, que se emocionaba con el paisaje  del Raval , que sentía empatía hacia sus personajes, náufragos y perdedores, elevados a la categoría de héroes literarios en sus novelas. En el número once de la calle Botella, cerca de la plaza del Padró, hay una placa que recuerda el lugar donde nació, con una cita de su personaje más conocido, el detective Pepe Carvalho, que resume muy bien la forma de pensar de Manolo: “Algo parecido a la belleza de la miseria se ha grabado en el rostro de las casas”. ¡Vuelve Manolo! 

Jaume Grau

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 21:31

Le journal Le Monde est le seul à ma connaissance à avoir rendu compte de cet événement. Et l'article a été repris ici ou là. Et je le reprends ici car quand on fait taire un écrivain, en France, dans une institution dédié à la culture, ça m'inspire quelques craintes. Je ne dis pas que, si j'avais pu être présent, j'aurais fait le même compte-rendu mais qu'il vaut mieux savoir. JPD

 Coup de force des pro-Morsi contre l'écrivain Al-Aswany à l'Institut du monde arabe

Le Monde.fr | 17.10.2013 Par Benjamin Barthe

La tension politique qui sévit sur les rives du Nil a franchi la Méditerranée. Mercredi 16 octobre, une trentaine de partisans de l'ancien président égyptien Mohamed Morsi, renversé en juillet par l'armée égyptienne, ont brutalement interrompu un débat organisé à Paris, dans les locaux de l'Institut du monde arabe (IMA), autour de l'écrivain cairote Alaa Al-Aswany.

L'auteur du best-seller L'Immeuble Yacoubian, connu pour son soutien au nouveau pouvoir, incarné par le général Abdel Fattah Al-Sissi, était venu parler littérature, en amont de la sortie de son nouveau roman, L'Automobile Club, prévu en février, aux éditions Actes Sud. Mais à peine avait-il commencé que son intervention a été perturbée par plusieurs dizaines d'agitateurs pro-Morsi, qui ont avancé vers la tribune en hurlant "traître", "assassin" et "à bas les militaires". Débordé, le service d'ordre de l'IMA a obligé le romancier à quitter précipitamment la salle où devait se tenir la conférence.

"Si Al-Aswany n'avait pas été évacué, ils l'auraient passé à tabac, s'indigne un cadre de l'IMA. Nous n'avions pas eu de problèmes jusque-là, même aux heures les plus chaudes des 'printemps arabes'. Quand Moncef Marzouki [le président tunisien, allié au mouvement islamiste Ennahda] était venu, une partie de la salle avait protesté, mais sans violence. Que les Egyptiens exportent leurs querelles à l'IMA, c'est vraiment triste."

Auteur de plusieurs romans traduits en français, Alaa Al-Aswany s'était félicité, cet été, de la destitution de M. Morsi, cadre des Frères musulmans élu démocratiquement président en juin 2012. A l'instar de nombreux autres membres de l'intelligentsia libérale égyptienne, il avait estimé que l'intervention de l'armée ne constituait pas un coup d'Etat, dans la mesure où elle avait été précédée d'immenses manifestations contre le chef d'Etat islamiste.

Pilier de la place Tahrir, l'épicentre du soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011, M. Al-Aswany avait initalement applaudi à l'élection de M. Morsi, la qualifiant de "victoire pour la révolution". Mais il avait très vite basculé dans le camp de ses opposants, critiquant la tentation autoritaire du nouveau président, notamment le décret par lequel il s'était arrogé des pouvoirs extraordinaires, en novembre 2012.

En dépit du massacre par les forces de sécurité égyptienne d'un millier de sympathisants et de militants islamistes, le 14 août, sur la place Rabaa Al-Adawiya, au Caire, le romancier n'a pas renié ses positions. Comme le nouveau régime, il use volontiers du label de "terroristes" pour désigner les Frères musulmans, donnant ainsi l'impression de légitimer la violente répression qui frappe ce mouvement. Ses principaux dirigeants ont été incarcérés, ses médias interdits et sa dissolution a récemment été ordonnée par la justice égyptienne. Cette chasse aux sorcières se déroule parallèlement à une recrudescence des attaques contre les forces de sécurité égyptienne, notamment dans le Sinaï, ce qui fait craindre que le pays ne bascule dans une guerre civile.

 "UNE BANDE DE VOYOUS"

A l'Institut du monde arabe, les manifestants pro-Morsi avait manifestement préparé leur coup à l'avance. Beaucoup avaient enfilé, sous leur manteau, un tee-shirt jaune frappé du signe de reconnaissance des partisans du président déchu : une main avec le pouce replié et quatre doigts tendus – une allusion à Rabaa, qui signifie quatre en arabe.

 

Sur sa page Facebook, le diplomate Gilles Gauthier, traducteur des œuvres d'Alaa Al-Aswany, qui devait tenir le rôle du modérateur ce soir-là, a commenté leur baroud en des termes cinglants : "Nous n'avions pas affaire à des démocrates, mais à une bande de voyous qui, comme dans les années 1920 en Italie et dans les années 1930 en Allemagne, n'avaient que leur force physique comme argument."

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 20:12

lettre jo

Voici une lettre trouvée par Guy Astoul aux Archives départementales du 82, où Jeanbon donne sa réaction suite aux événements du 10 mai que nous avons largement évoqué sur ce blog. Le lecteur peut mesurer l'ampleur de la bagarre... et jamais les mots protestant ou catholique ne sont présents. JPD

PS : j'ai mis la ponctuation actuelle.

 

 Monsieur,

M Pierre Sers de Bordeaux m’encourage à m’adresser à vous comme à un véritable ami de la liberté, pour vous faire connaître tout ce qui se passe à Montauban. Il m’exhorte aussi à écrire directement au président du club des jacobins mais je n’ai pas osé suivre ce dernier conseil parce qu’on prétend, et que plusieurs faits tendent à m’en persuader, que rien n’est moins sûr que le secret de nos postes de province ; c’est uniquement à vous, monsieur, que je prendrais la liberté de transmettre quelques faits sur notre malheureuse position. Vous en ferez l’usage que votre sagesse vous suggèrera.

Vous avez su, Monsieur, l’insurrection aristocratique qui a ensanglanté la ville de Montauban le lundi 10 mai. Les relations les plus modérés, même celles qu’a osé publier la municipalité ennemie de la révolution et disposée à commettre tous les crimes pour l’empêcher, vous auront fait frémir d’horreur sur le traitement à la fois barbare et ignominieux exercé contre les citoyens de la ville la plus honnête.

Dans les conciliabules secrets de nos bourreaux trois cent autres avaient été condamnés à la mort : aucun des officiers de la garde nationale connus pour leur attachement à la constitution, et c’était le plus grand nombre, ne devait échapper à cette horrible proscription. Quelques autres citoyens étaient aussi condamnés : j’étais du nombre de ces derniers. Je me dérobais par la fuite, au sort qui me menaçait mais ma femme fut insultée, chassée de sa maison, couchée en joue par un brigand, obligée de se réfugier chez une parente et trop heureuse d’échapper à la mort. Ma maison fut occupée pendant la nuit de ce désastreux événement par une escouade de sept hommes. Deux officiers municipaux eurent l’insolence d’y aller faire visite le lendemain sous prétexte qu’il leur avait été dénoncé que j’avais un dépôt d’armes. Ils ne trouvèrent rien et s’en retournèrent sans même avoir dressé procès-verbal de leur visite ; plusieurs autres maison furent exposées au même outrage. Aussi une foule de citoyens ont quitté cette malheureuse ville et se sont réfugiés dans les villes voisines : Bordeaux et Toulouse se sont distinguées par leur attachement à la cause commune et par l’humanité dont elles ont usé envers les infortunés. Je suppose, Monsieur, que vous connaissez les arrêtés de la première de ces villes. Je vous envoie celui de la seconde.

Les officiers municipaux de Montauban avaient soudoyé le peuple pour lui faire commettre les atrocités dont il se rendit coupable ; et ils l’avaient même mal payé ! Quand ils redemandèrent les armes par une proclamation affichée, quelques-uns de cette canaille disaient hautement qu’ils ne rendraient leur fusil que lorsqu’on leur paierait les 30 sols qui leur avaient été promis. Les femmes qui avaient été assemblées devant la porte du couvent se plaignaient qu’on leur avait promis 12 sols pour faire du tapage et qu’on n’avait donné à l’un que 2, 3 ou 4 sols, ou même rien du tout.

Cette population rassasiée de sang avait été ..... sans travailler, il fallait la faire vivre. Les ateliers des manufactures sont tous entre les mains des hommes dont les frères, les fils, les parents étaient égorgés ou emprisonnés La plupart avaient suspendu leurs travaux. Il était à craindre qu’un peuple mourant de faim, ne se tourna vers le véritable auteur de ses maux et les déchira. Pour éviter cette juste vengeance les officiers municipaux firent faire une collecte chez les habitants aisés dans le nombre desquels ont compte principalement les familles malheureuses. Pour décider à donner, ils les menacèrent encore de la fureur du peuple et leur arrachèrent des mains l’argent destiné à payer le meurtre de leurs proches. Un officier municipal le plus dévergondé de tous à la vérité, Vialètes d’Aignan eut même l’effronterie d’aller dans la prison solliciter la bienfaisance des captifs en faveur de leurs assassins Ces braves gens frémirent d’horreur et l’un d’eux lui répondit avec indignation : « que ceux qui ont commandés les bourreaux, les payent ».

Cependant on apprit la marche des troupes bordelaises ; la ville se remplit d’alarme. Les officiers municipaux assez inquiet pour croire à une guerre civile et par elle à la contre-révolution demandèrent des renforts de toutes parts. Pour éloigner la garde toulousaine qu’ils redoutaient, ils écrivirent à la municipalité de Toulouse que tout était calme à Montauban, que la paix y était rétablie. Et dans le même temps, ils requerraient toutes les autres villes voisines de leurs envoyer des détachements considérables de leur garde nationale. Leurs émissaires parcouraient les campagnes, enrôlaient jusqu’aux gardes de la ferme préposés sur la frontière du Languedoc à veiller sur la contrebande du sel. C’était un nommé Ricote, commis lui-même sur les cuirs et les cartons, qui recrutait cette belle armée. De son côté un nommé Porquet commissaire de la marine engageait les matelots au service de la municipalité. Cet homme abominable se transporta même à Moissac pour engager les propriétaires des bateaux à les couler à fond pour que l’armée de Bordeaux ne put point passer la rivière à la Pointe. Dans la ville on s’occupait et probablement on s’occupe encore des plus grands préparatifs, on rassemblait toute la poudre de chez les marchands, on faisait fondre des balles, faire des cartouches forger des hallebardes...

Jeanbon Saint-André

 

Note JPD : Beaucoup d'autres maisons protestantes furent dans le même cas... pour mieux les protéger de la fureur populaire, dirait le maire aristocrate.

Note JPD : En fait Toulouse tarda à réagir mais Jeanbon est réfugié dans cette ville alors il privilégie ceux qui voulaient soutenir la révolution.

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 13:03

                                    livre-jeanbon.jpg

J’ai commencé ma vie aux Archives départementales du Tarn et Garonne en juillet 1980 pour y consulter des documents sur le coup d’Etat de 1851 vu de Saint-Antonin Noble-Val. Je n’ai pas trouvé de réponse à cette question mais j’en ai découvert tant d’autres ! En particulier j’ai lu avec passion ce texte de 1847 du Courrier du Tarn-et-Garonne, le seul journal de l’époque, signé G.G. (sans nul doute le jeune Gustave Garrisson), présentant Jean-Bon que depuis j’ai du mal à écrire de son vrai nom : Jeanbon. Avec passion car il annonce involontairement l’événement imprévu de la révolution de 1848 ! Aussi quelle tristesse d’apprendre que par crainte de la droite montalbanaise qui allait se déchaîner à la publication du livre présenté, des personnes ont brûlé les lettres de Jeanbon. Ce livre a été réédité en 1989 sans que personne n’en rende compte aussi bien que ce témoignage que je vous offre. Jean-Paul Damaggio

  

Jean-Bon- Saint-André : Sa vie – ses œuvres

 L’éditeur de l’Histoire de Montauban a conçu le dessin d’élever un monument littéraire à la mémoire d’un de nos plus illustres compatriotes, Jean-Bon-Saint-André ; il a recueilli avec un soin pieux quelques fragments de son œuvre, et, à sa prière, un homme de science et de talent, qui est aussi un homme de conviction sincère, a bien voulu se charger d’écrire la vie longue et agitée du conventionnel devenu préfet de Mayence. Une telle publication a droit aux plus vives sympathies de tous les cœurs  montalbanais ; .et doit exciter au plus haut degré l’attention des hommes politiques et des philosophes. Jean-Bon a joue un des premiers rôles dans le drame de la Révolution : membre de ce terrible Comité du salut public qui dompta 1’anarchie au-dedans et organisa la victoire au-dehors, le représentant de Montauban rénonça volontairement aux triomphes de la tribune, pour se dévouer à la tâche ingrate d’administrateur ; il fit pour la marine, ce que Carnot faisait pour l'armée : en quelques mois il l'arracha au chaos, lui imprima une vie nouvelle et l'entraîna au combat. Mais le même génie et le même, dévouement n’amènent pas toujours un résultat semblable ; dans toutes les conceptions humaines il faut faire la part du destin. Jean‑Bon ne fut pas heureux ; et tandis que les armées de la République, en franchissant les frontières sous une même impulsion, faisaient éclater à-tous les yeux la gloire de Carnot, les flottes, en rentrant dans nos ports, obscurcissaient la renommés de Jean-Bon-Saint-André. Cependant la postérité ne doit pas se laisser aveugler par le prestige du succès ou la défaveur d'une défaite ; la plus belle mission de l'histoire est de relever la vertu ou le génie malheureux : les évènements sont plus forts que les hommes, et les peuple ne jugent souvent que par le résultat ; mais si le présent est fataliste, l'histoire doit être providentielle.

On ne saurait le méconnaître, la mission de Jean-Bon-Saint-André, chargé de réorganiser les: flottes à Brest et à Toulon, après l'émigration de presque tous les officiers, cette mission si malheureuse et si calomniée, offrait des difficultés insurmontables, de véritables impossibilités. On n'improvise pas une armée de mer comme une armée de terre ; avec l'enthousiasme ou le fanatisme ; et la Marseillaise qui entraînait les bataillons des volontaires à la victoire, ne suffisait pas à faire manœuvrer des vaisseaux. Pour organiser une marine, il faut du temps et de l'argent ; c'est là précisément ce qu'on refusait à Jean-Bon : il est vrai qu'on lui imposait en échange la création d’un tribunal révolutionnaire !

Cependant en quelques mois Jean-Bon équipa une flotte qui put sortir du port, livrer deux batailles navales aux Anglais, et sauver ainsi un immense convoi arrivant des Antilles 'pour approvisionner de grains la République. Après cela, Jean-Bon, satisfait bon droit de son œuvre, rentra dans le: port avec ses escadres un peu maltraitées, mais sauvées du moins d’une perte totale qui semblait inévitable en raison de l'inexpérience des équipages et de l'immense supériorité numérique des Anglais. La Convention reconnut que cette retraite était indispensable, et la marine entière l’approuva hautement. Mais quand Jean-Bon fut renversé-avec les Montagnards, les imputations les plus odieuses furent dirigées contre lui, et le mot de lâcheté fut prononcé. Reproche étrange.- en ce temps où les enfants et les femmes même montraient un si ferme courage ! plus étrange encore adressé à un de ces hommes qui vivaient depuis plusieurs années face à face-avec la mort, entre le poignard et l'échafaud. Il était temps que ces calomnies, exploitées par les libelles royalistes; fussent trainées au grand jour de l'histoire, et discutées par un écrivain sérieux, impartial; éclairé : c’est là qu'à su faire M. Nicolas, avec une puissance de raison et une sûreté de logique qui ne laissent plus place à l’ombre d’un doute, ni l’apparence d’un soupçon.

M. Nicolas n'a pas créé, comme tant de biographes complaisants, un héros imaginaire, plus parfait que le pieux, Enée lui même, mais il a fait revivre sous sa plume le véritable Jean-Bon-Saint-André avec son originalité puissante, sa1ibre et forte nature.

Jean-Bon appartenait à l'école de Rousseau ; il était de ces hommes qui vouent un culte exclusif à la raison, et poursuivent la réalisation d'un principe abstrait avec une persistance et une rectitude inflexibles. On a cru que Jean-Bon était passionné tandis qu'il était surtout logicien, et les logiciens sont absolus dans leurs déductions impitoyables dans leurs conséquences, on le sait. Robespierre restera dans l'histoire comme le type de ces hommes austères, qui poursuivirent l'application absolue de la raison hulaine avec un sang-froid effrayant et une inébranlable conviction.

Ces hommes ne se laveront jamais du sang qui les souille : ils ont sacrifié leurs mémoires mais ils ont sauvé la France. L'histoire qui ne peut les absoudre, se refuse à les condamner, et leur procès restera toujours pendant entre le cœur et l'intelligence des hommes. Jean-Bon-Saint-André poussa jusqu'à ses plus extrêmes conséquences le rationalisme politique. Nous trouvons dans ses discours le germe de toutes les accusations adressées aujourd'hui à la classe moyenne par les héritiers dégénérés des théories républicaines. Jean-Bon n'aurait pas dû oublier que le Tiers-Etat seul avait fait la révolution française et que pas une idée de liberté n'avait surgi eu dehors de la bourgeoisie ; mais l’opposition violente que le haut commerce Montalbanais faisait à son élection, contribua surtout à lui inspirer ses violentes diatribes contre ce qu’il appelait déjà l'aristocratie de fortune.

Après la chute de son parti, Jean-Bon fut mis en jugement, et on lui donna le consulat général d'Alger, comme une sorte d'exil. De là il passa à Smyrne, et quand la guerre éclata entre la Porte et la République française, il demeura trois ans prisonnier des Turcs dans un pauvre village de la mer Noire. Le volume que nous annonçons publiera pour la première fois un fragment assez étendu de l'histoire de cette captivité, écrit par lui-même et communiqué par sa famille. En rentrant en France, Jean-Bon se rallia au gouvernement consulaire et impérial. Il accepta le titre de préfet de Mayence et commissaire général des départements d'outre-Rhin. Bien qu'il ait déployé dans ces nouvelles fonctions des talents administratifs de premier ordre, on ne peut s'empêcher de reconnaître que l'habit de préfet impérial a amoindri sa taille aux yeux de la postérité. Un membre du Comité du salut public, qui avait exercé un pouvoir à peu près souverain dans toutes les affaires de la marine, pouvait bien rentrer dans la vie privée et redevenir après sa dictature un simple citoyen, mais il ne devait pas accepter un poste secondaire. On peut abdiquer son pouvoir, on ne peut pas abdiquer sa grandeur.

M. Nicolas a suivi Jean-Bon-Saint-André dans toutes les phases de son existence, et son examen toujours bienveillant, reste cependant toujours juste. On ne peut que louer hautement l’écrivain d'avoir accompli sa tâche délicate avec tant de talent et de véritable indépendance. Aujourd'hui que l'opinion publique, en province surtout est devenue si timide, si respectueuse pour tout le monde, courtisant vainqueurs et vaincus, s'effarouchant d'un mot et reculant devant un nom, ne prononçant sur rien pour ne blesser personne ; aujourd’hui surtout on est heureux de rencontrer encore quelques écrivains qui joignent à l'autorité du talent, la puissance de la conviction, et qui marchant, le front levé et le drapeau déployé, attaquent en face les questions les plus ardues et inscrivent leurs principes à chaque page de leurs livres.

Le travail de M. Micolas est certainement la portion la plus intéressante du remarquable ouvrage édité 'par M. Rethoré, et cette biographie fait mieux connaître Jean-Bon que ses œuvres mêmes. Malheureusement les fragments publiés par 1'éditeur sont plus littéraires que politiques, à l'exception toutefois d'un travail sur l'état civil des protestants en France, écrit vers les premières années du règne de Louis XVI. Dans ce document, qui porte l'empreinte d'une modération excessive, quelquefois trop voisine de l'indifférence, Jean-Bon-Saint-André, alors pasteur de l'Église réformée de Montauban, expose quelques idées très-sages sur la meilleure organisation des protestants français: Il propose de conserver les synodes provinciaux, établis par l'Edit de Nantes, en renonçant aux synodes nationaux qui tendaient selon lui à constituer un Etat dans l'Etat, 'et d'emprunter à la Suède la création des surintendants ecclésiastiques, sorte d'évêques sans autorité temporelle, exerçant la surveillance du troupeau dans la plus pure acception évangélique. La discipline, dit-il, aurait ainsi plus de force et d'unité, les églises plus de cohésion, et la société protestante se développerait rapidement sous un gouvernement libre et tutélaire; tandis que, laissée à elle-même, sans discipline, sans hiérarchie, elle devait tomber nécessairement en dissolution, et ses forces isolées, disséminées, seraient réduites à une impuissance absolue. Les principes exposés par Jean-Bon n'ont point prévalu ; le protestantisme français n'a pas été organisé, gouverné ; on l'a privé de ses synodes, sans lui donner de surintendants. Nous n'avons pas besoin d'insister sur le résultat obtenu : si ce n'est pas de l’impuissance, c'est au moins de l'inaction chronique.

Le fragment de l'histoire de la captivité à Kérasonde a pris, sous la plume de Jean-Bon-Saint-André, un puissant intérêt dramatique, et plus encore un remarquable caractère de dignité et de patriotisme. Ce n'est pas un tableau de mœurs, une chaude esquisse de costumes ou de paysage, relevée de couleur locale -- les écrivains de ce temps ne songeaient guère à exploiter  côté pittoresque des choses et des hommes— mais c'est plutôt un document historique, grave, sérieux, attachant : Jean-Bon-Saint-André s'est surtout occupé de redire les nobles plaintes de l'humanité outragée, la courageuse agonie de quelques citoyens français déportés au mépris du droit des gens sur une plage malsaine, chargés de chaînes, condamnés au supplice de la faim et aux tortures de la honte; mais qui, toujours calmes et fiers devant leurs bourreaux, adressent, par la bouche de leur chef, un appel confiant à cette république française qu'ils regardaient comme la protectrice des opprimés l'image de la force, et la personnification de la justice. L'éditeur a cru devoir réimprimer dans ce volume  remarquable discours prononcé par Jean-Bon-Saint‑André devant la société littéraire de Mayence; mais  n'a pu se procurer les lettres confidentielles du représentant du peuple à ses amis de Montauban. Si nous sommes bien informé, ces lettres, où se révélait dans ses plus secrets replis l'âme du patriote et du philosophe, pleines de détails curieux et nouveaux sur les plus grands hommes et les plus grandes choses de la révolution, ont été récemment livrées aux flammes par une main pusillanime. Sommes-nous donc si près d'une réaction, qu'on ait peur d'être compromis par la seule signature de ces conventionnels illustres, qui furent les pères de notre liberté ? Ce fait déplorable, que nous vous pas cru devoir passer sous silence est un symptôme fâcheux de l'état de l'opinion à Montauban, et il enlève à l'histoire de la révolution un de ses plus curieux renseignements. Heureusement, il reste, encore au livre édité par M. Rethoré, et si libéralement enrichi par M. Nicolas, assez d'intérêt pour en faire une très remarquable publication, dont la ville de Montauban devra être à bon droit fière et reconnaissante. G. G.

 

 

 

Jean-Bon paraît n'avoir eu que des notions très-confuses sur l’ancienne organisation du calvinisme. Il attribue aux synodes le rôle politique des assemblées générales, dont il ne fait pas même mention dans sou exposé historique incomplet et erroné.

 

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 10:49

                                              couv-cayla.jpg

 

Avec l'aide préciseuse de quelques amis je mets la dernière main à l'édition de ce livre (180 pages, 14 euros) sur l'assassinat de Cayla par les fascistes à Moissac le 13 juin 1935. Sur la photo de l'équipe de rugby de 1921, à gauche nous avons Cayla, et à droite le Croix de Feu Valès, celui qui lui envoya les coups de poing qui ont causé la mort du jeune ! 

Si d'autres personnes peuvent apporter photos ou souvenirs je suis preneur bien sûr. Depuis que j'étudie ce dosser, il m'arriva de croiser deux descendants de Cayla mais je n'ai pas noté les coordonnées. De toute façon l'oubli ayant été organisé, elles en savaient peu sur la réalité des événements.

Jean-Paul Damaggio


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