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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 18:19

 

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Aujourd’hui je suis resté un moment devant la Poste de Castelsarrasin fermée jusqu’à lundi. Autant dire la surprise puis la colère des clients arrivant devant la porte. Non, ce n’était pas une grève mais voilà La Poste de Castelsarrasin va être en travaux et la Poste provisoire n’est pas en place ! Or les travaux en question n’ont pas été décidés hier matin puisqu’il y a un arrêté municipal datant de juin 2013 ! Car en effet, on ne manque pas d’informations sur la porte comme le montre la photo…

Pour les horaires du bureau provisoire il y a eu un acte manqué : il a fallu ajouter à la main l'horaire du lundi matin !

J’entends des amis me dire : « Arrête de taper sur la Poste. C’est un service public donc ne fait pas un fromage de quelques dysfonctionnements ! Tu sers les intérêts de détracteurs du service public ! » Comme quand j’étais communiste et qu’on me répétait : « Ne critique pas l’URSS, tu sers les intérêts des USA ! ». Depuis l’URSS n’existe plus et ce n’est pas l’effet de mes critiques !

 

Et aucune crainte : dans le bureau provisoire qui va être mis en place, ça va être la galère, mais vraiment la galère dans la sous-préfecture !

 

Soyons clairs : pour ne pas nuire au service public on ne dit rien et donc on prend les gens pour des imbéciles, soit on dit sa colère et alors on est crédible pour demander un autre fonctionnement du service public. Imaginez une banque faisant des travaux : les guichets provisoires sont en place avant l’heure H !

 

Nous grand quotidien local avait averti en indiquant qu’on peut aller à Moissac. Sur la porte de La Poste ils n’ont pas osé donner cette indication. Le bureau de Saint-Aignan est plus prêt.

 

Jean-Paul Damaggio

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 14:30

 

                             gebelin chapeau

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Chronique de Michel Veyres sur Les Nouvelles du Tarn et Garonne

SALUONS, CHAPEAU BAS, PÉTRONILLE CANTECOR

 A l’entrée de Caussade, en venant de Montauban, une sculpture rappelle le souvenir de l’industrie chapelière. C'est le moment de faire appel à Jacques GEBELIN qui y a consacré un travail, publié en 1895. Celui-ci, professeur de géographie à la Faculté de lettres de Bordeaux décède dans sa maison, à Réalville le 15 septembre 1898, nous précise Jean-Paul DAMAGG1O.

Nous avons donc un essai qui débute par une présentation du département. Nous pouvons noter les cultures pratiquées alors comme le blé, le maïs... et. retenons notre souffle « les raisins chasselas, dits de Montauban qui se sont faits un nom sur le marché de Paris »...

Et « si Montauban réunit un assez grand nombre d'industries », Septfonds en a une seule, mais d’importance car chacun doit alors savoir que « Septfonds est bien la capitale d'une grande industrie » celle du chapeau de paille.

Tout d'abord il convient d'en rechercher l'origine. C'est une bergère de Septfonds, Petronille CANTECOR, qui en est l'inventrice Le savant géographe nous conte comment cela vint, comment « un petit commerce de détail commença ». Nous sommes alors en 1798, durant la période révolutionnaire. Et peu à peu l'artisanat devient industrie, « le cercle des affaires s'élargit » ... jusqu'à Toulouse. Des manufactures sont créées, le chapeau de paille est porté par les hommes comme par les lemmes. Toutes les catégories sociales le portent. Divers progrès techniques contribuent au développement. Ainsi, en octobre 1895, Septfonds compte 26 établissements de différentes tailles employant environ 1200 personnes. La réputation devient internationale. La population s’accroît : les nombres sont révélateurs. Des fortunes naissent. Et le travail du chapeau gagne les localités voisines comme Caussade… La matière première vient non seulement des environs proches mais aussi de l'étranger, de Chine même. Un souci émerge que nous relevons : « Affranchissons nos fabriques de l'intermédiaire de l'étranger... » et « Bordeaux est le port désigné du Bas-Quercy.

Des ambitions s'expriment !

Une notice biographique de Jacques GEBELIN nous donne l'étendue de ses compétences et de son savoir et des travaux réalisés. Les obsèques célébrées par le pasteur se déroulent à Réalville. Des lettres de condoléances vinrent de France, de l'étranger.., montrant l'importance du savant.

A noter quelques pages du journal « Le Républicain » qui apportent quelques précisions, un complément, à l’industrie du chapeau.

L'image d'un temps.

 

Michel Veyres

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:56

                julie

Le dessin : Julie, détail du dessin de Carmontelle, Musée Condé, Chantilly

 

Dans le cadre des conférences de l’ASPC, grâce à Christian Stirlé aidé pour les lectures par Jacky Ouardes, le public a pu découvrir la vie de Julie de Lespinasse (1732-1776).

Cette femme témoigne de la richesse des salons parisiens du XVIIIème siècle où des femmes organisaient les rencontres les plus diverses entre tout ce que la ville contenait d’intelligence (certains cependant étaient exilés). Et au cœur des ces débats du siècle des Lumières le double amour de Julie de Lespinasse : celui, partagé, pour l’Espagnol Mora et celui qui l’est moins pour le Montalbanais Guibert. Il a donné son nom à une caserne de la ville mais il n’est pas assez connu pour ses immenses talents.

Julie écrira beaucoup de lettres et en recevra autant et c’est cette correspondance, publiée par la veuve de Guibert qui, pour débuter le romantisme du XIXéme, permettra de la faire connaître.

Au soir de sa vie (Julie meurt à 44 ans), D’Alembert sera encore là pour la consoler.

Le parcours biographique présenté par Christian Stirlé, accompagné de la lecture émouvante d’extraits de lettres ont permis de bien faire connaissance avec ce personnage exceptionnel
A la question : pourquoi une publication si tardive ? Christian Stirlé lira en réponse la préface aux lettres publiées dernièrement, préface écrite par Chantal Thomas : la pudeur, et le fait que les femmes avaient peu de place dans l’édition.

Une lecture croisée avec l’œuvre d’Olympe de Gouges aurait quelque intérêt puisque les deux femmes furent des « bâtardes », ont animé des salons et fréquenté les intellectuels. Sauf que chez Julie tout tient à ses états d’âme alors que chez Olympe tout tient à l’âme de l’Etat.

 

Jean-Paul Damaggio

Bernard Ouardes au moment de la présentation de la soirée.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 15:46

Voici avec le lien vers l'association avec le compte-rendu du débat sur le pont de Bourret.

Allez voir ce site (en cliquant sur nos activités) qui est très riche. JPD

NOS ACTIVITES

Le samedi 5 octobre dernier à la mairie de Bourret, a eu lieu une conférence avec projections d'images sur les ponts Gisclard. La conférence était animée par Bernard Ouardes, historien castelsarrasinois, et par Nadine Preece-Beaudonnet, auteur du livre sur le pont. 

Cette première manifestation, avec un public de 37 personnes, est un demi-succès! A nous d'en tirer les leçons !

Notons la présence de personnes venues de communes voisines et de plus loin.

Cela témoigne de l'intérêt qu'alentour certains portent à notre travail, de l'intérêt que portent aussi les Bourretois à notre association.

La première partie, présentée par Nadine Preece, était axée sur l'histoire et l'avenir du vieux pont classé aux monuments historiques en 1994, pont sur lequel aucune restauration n'a eu lieu et qui semble être voué à l'abandon jusqu'au jour où il s'écroulera.

Bernard Ouardes présenta ensuite l'histoire du pont de Tressasses, aujourd'hui démoli, en retraçant les péripéties depuis l'époque des bacs jusqu'à sa démolition. Il expliqua même les techniques employées par Gisclard, et les enjeux de ces ouvrages quand il fallait  permettre à des charges de plus en plus lourdes (des trains par exemple) de traverser les cours d'eau !

Gageons que les performances de notre association s'amélioreront vite.

En tous cas remercions le public présent pour sa participation attentive , pour la pertinence de ses questions lors des débats, et remercions les conférenciers! 

 

Merci à Nadine Preece et à Bernard Ouardes pour la qualité de leurs interventions, appréciées de tous.

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 13:13

Je relaie un travail exemplaire sur le pont de Bourret qui à partir d'un exemple visite l'ensemble des ponts Gisclard. Avec un regret : aujourd'hui même les piétons ne peuvent emprunter ce pont. JPD

http://www.timbresponts.fr/articles_et_publications/les_ponts_gisclard.htm

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 23:09

Je retrouve cet article qui fait parfaitement écho au film largement diffusé ces derniers mois sur la campagne marketing basée sur la joie qui a permis la victoire du non en 1988. Cet article était une analyse parfaite de la réalité chilienne quand on le lit 25 ans après. JPD

 Autogestion-Alternative N°233 31 octobre 1988

Chili : La victoire du NON

"La allegria ya viene"

"La allegria ya Ilego"

Paris "Radio Latina" 5 octobre 23h30 Eduardo Olivares dans le studio d'enregistrement nous fait taire : Le Chili à l'antenne" "Coopérativa" ou "la Chilena" annonce : "Un sondage à la sortie des urnes de la SOFRES - l'Evénement du Jeudi - Institut chilien Diagnos donne 60% pour le Non". Tout le monde ici - 85% de Chiliens - était tellement convaincu de la victoire que cette annonce ne provoque pas une clameur de joie et puis ce n'est qu'un sondage. Malgré tout, les sourires de soulagement sont sur tous les visages derrière la vitre du studio. Autour d'Eduardo - journaliste chilien animateur de cette nuit du plébiscite - les échanges à l'antenne reprennent, mais sur un autre thème -l'après plébiscite gagné; J.F. Kahn et J.M. Bouguereau de l'Evénement du Jeudi, un journaliste de RFI, le secrétaire général du MRG et moi, expriment leur opinion plus ou moins prudemment. Que va faire Pinochet ? Du Chili, de temps en temps, arrivent les premiers résultats partiels du dépouillement : le décompte parallèle du "Commando por el No" donnant une avance de 10% pour le Non, ceux officiels du Ministère de l'Intérieur inversés; le temps s'écoulant le ministère de l'intérieur fait de moins en moins entendre sa voix puis devient complètement muet. 2h30 du matin, les résultats de plus en plus nombreux annoncés par le "Commando" confirment la victoire du Non, 53%. Les dirigeants du "Commando por el No" se succèdent en déclaration, ceux du régime restent coi. Pas de doute c'est gagné. La participation dépasse 90%, les blancs et nuls sont faibles, le rapport No et Si donne 57% No, 43% Si.

Dans les manifestations d'avant le 5, les partisans du No criaient "La allegria ya viene" - la joie vient - après le 5, "la allegria ya Ilego" - la joie est arrivé".

Hypothèses sur le futur politique à court et à moyen terme

Pour la classe politique chilienne la victoire du Non est la défaite avant tout de Pinochet; cette opinion est partagée aussi bien par les partis de droite ayant fait campagne pour le Si que ceux de l'opposition. Toute la campagne du Si a été axée sur la personne de Pinochet et Pinochet lui-même à la télévision a dit que l'enjeu du plébiscite était le choix entre lui et Ricardo Lagos qu'il avait pris pour cible. Aussi dès le lendemain du plébiscite Pinochet passait au second plan, à tel point que des politiciens de droite comme Jaime Guzman, idéologue du régime, Onofre Jarpa et Andrès Allamont, dirigeants du parti Renovacion Nacional, s'adressant "aux secteurs démocratiques de l'opposition", disaient ne pas être opposés à une réforme éventuelle de la constitution pour aller plus vite vers le choix d'un nouveau président. Dans une déclaration la conférence épiscopale de l'Eglise chilienne, appelle elle aussi à "une modification de certains articles de la Constitution". Quant aux autres membres de la Junte, il est de notoriété publique qu'ils ne sont pas de fervents soutiens à la personne de Pinochet.

Pour toutes ces raisons, au Chili, nombre d'acteurs et d'observateurs de la vie politique chilienne pensent qu'il y a peu de chances que Pinochet termine le mandat que la Constitution de 1980 lui accorde et qui doit se terminer le 11 mars 1990.

Un dernier argument avancé est qu'il n'est pas dans la tradition de l'armée chilienne qu'un chef des armées reste en place après une défaite ; mais avec Pinochet... et le poids de la présence des militaires dans la haute-administration de l'Etat et dans les organismes paraétatiques - TV, université.....

Sur un autre plan, celui de la politique économique et sociale, le temps des envolées sur le socialisme révolutionnaire n'a plus cours. La politique économique du Chili n'a pas été un sujet de la campagne plébiscitaire et ne serait pas remise en cause fondamentalement par l'équipe alternative au pouvoir actuel quelle soit centre-gauche avec la DC comme noyau ou gauche modérée avec le PPD. Cette équipe voudra protéger les investissements et mènera une politique sociale basée sur des réformes démocratisant l'enseignement et la santé, sur une amélioration de la protection sociale et sur une meilleure répartition du revenu national.

Pas plus qu'en Argentine, les responsables de la répression seront peu touchés, l'énorme majorité du peuple chilien ne voulant plus de violence.

Aussi je pense, que comme les autres pays latino-américains qui se sont séparés de leur dictature, les Chiliens voteront pour une majorité DC et/ou social-démocrate. Ricardo Lagos semblerait actuellement le mieux placé des hommes politiques chiliens pour mener cette politique et ce pour de multiples raisons :

- sa fermeté face à Pinochet.

- le fait qu'il a été sa cible principale.

- le ralliement à sa personne, semble t-il, d'Almeyda (actuellement en prison à Santiago), populaire, chef de la tendance du PS considérée la plus à gauche.

- le manque de personnalité relativement jeune et dynamique dans les rangs de la DC.

- il n'est pas considéré comme un idéologue.

Comme on peut le constater le socialisme autogestionnaire au Chili n'est pas encore pour demain.., à moins que je ne me sois trompé dans mon analyse de la situation, ce dont je me consolerais facilement.

Guy Mansuy

Paris le 13 octobre 1988.

 

Radio Latina émet les matins en FM 99 Mg h

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 23:04

La Revue de Paris en publiant pendant l'été 1936 ce portait de Jacques Doriot, ce qui entraîna dans le numéro suivant la publication d'un article du même Doriot, joue un jeu dangereux. Ce n'est pas un journal d'extrême-droite, ce n'est pas un portrait simpliste, c'est un texte qui me semble-t-il peut encore aujourd'hui alimenter notre réflexion sur le cheminement de Doriot, et loin de ce cas individuel, sur le fascisme français si longtemps nié. L'article n'est pas signé mais le contenu vaut plus que la signature !

J-P Damaggio

 JACQUES DORIOT

La France cherche toujours un homme. Quand ses affaires vont bien, elle le cherche dans les partis qui conservent parce que, dans ces moments-là, le chef que l'on attend ne doit pas être un chambardeur, mais un vigilant gardien de la prospérité et de ce qui est. Quand ses affaires vont mal, elle le cherche dans les partis qui ont le changement pour programme, c'est-à-dire chez les extrêmes, parce qu'alors le chef ne doit plus être seulement un pilote sagace, mais un sauveur audacieux.

Ceci est vrai pour le Front Populaire comme pour le Front National. C'est parce que le principe d'une révolution qui rallie peut-être une grande partie de l'opinion française ne va pas sans son inévitable corollaire, le choix qui la divise, que l'un et l'autre semblent frappés de paralysie : c'est qu'en outre des distinctions politiques, sentimentales et sociales qui séparent les Français, il y a la confiance, qui pour s'établir emprunte parfois de singuliers détours : elle va le plus souvent à certains pour ce qu'ils ont fait ; mais il lui arrive d'aller à d'autres pour ce qu'ils n'ont pas fait. Il en est même qui sont en passe de la conquérir parce qu'on les sait revenus des confins subversifs où il est toujours vrai que l'on apprend beaucoup. Le plus marquant parmi ceux-là est M. Jacques Doriot.

Il revient de loin, avec le calme du voyageur que plus rien n'étonne. Il a un visage régulier et solide d'homme du peuple, une forte encolure, des cheveux au vent et un sourire demi-paysan qui ne manque pas de finesse. Il se tient volontiers dans l'attitude de l'ouvrier au repos, les jambes écartées, les mains dans les poches ; il ne manque que l'outil entre ses pieds robustes.

Il a de la vie, de la politique, des remous qui agitent l'univers, une vision d'ensemble que l'on sent compétente et précise. Dans la vie factice du Parlement, il apporte un élément naturel, spontané et viril qui complique le jeu des partis. Il est jovial ainsi qu'un dompteur au milieu de ses fauves. Il parle avec une lenteur provocante en dirigeant sur l'adversaire un jet d'œil noir. Sa démarche est prudente, et dans les sentiers de la guerre sociale où il alla jadis, les faux-pas n'ont pas dû entraver sa route. Il va d'un rythme mesuré, sa lourde tête aux cheveux de jais penchée un peu vers le sol et ses yeux à la fois attentifs et rêveurs, courant derrière les lunettes sur le visage de son interlocuteur. Quand on lui demande ce qu'il est, il répond en ouvrant ses mains puissantes « Je suis Saint-Denis », ce qui ne signifie pas qu'il a trouvé son chemin de Damas sur le pavé sacré de la vieille abbaye royale. Jacques Doriot, en effet, fut, victime d'un malentendu avant d'en être le bénéficiaire. On se le représente dans cette bourgeoisie aux aguets, pauvre de chefs et d'idées, toujours prompte à se livrer aux transfuges de la révolution, comme un homme abjurant ses erreurs, confessant ses fautes et reniant son passé. C'est faire le jeu des communistes que d'imaginer Doriot sous l'aspect d'un Laval. Doriot a été exclu du Parti communiste pour avoir voulu constituer le Front Populaire - qui n'était alors que le Front commun - avant que le pacte franco-soviétique fût signé, c'est- à-dire avant que Moscou, renversant les données de sa politique pour des fins extérieures, eût expédié l'ordre aux chefs français de la IIIème Internationale, de s'allier aux socialistes et aux radicaux, d'adhérer au principe de la Défense nationale et d'exhumer le drapeau tricolore du fumier où les gens de l'Humanité le tenaient enfoui depuis si longtemps. Quand Doriot fut parti, la signature du pacte franco-soviétique par M. Laval et l'adhésion de Staline à une politique militaire précipitèrent les communistes dans la voie où le maire de Saint-Denis avait voulu les entraîner. On sait que, depuis, ils ne se sont pas encore arrêtés en si beau chemin, mais il convient de fixer ce petit point d'histoire : le renégat, ce n'est pas Doriot ; c'est le parti communiste tour à tour antinational et patriote, pacifiste et militariste, jouant des drapeaux et de leurs symboles, suivant l'occasion, mêlant le rouge et le tricolore au gré de l'intérêt soviétique, substituant la révolution à la guerre et la guerre à la révolution, selon les exigences de Staline, faisant servir et collaborer, - d'après les buts identiques dans leurs variations - de la Russie et de la IIIème Internationale, les sentiments les plus sacrés de la France à une coalition antiallemande. La manœuvre semble d'autant plus aisée que par habitude nous nous méfions de l'Allemagne et que, par tradition, l'Allemagne ne connaît pas d'autre politique que celle de l'intimidation.

Doriot avait déjà éprouvé pas mal de déceptions, dans sa carrière d'agitateur, mais cette fois, la mesure était comble : ayant pressenti, avant tout le monde, la force que l'union des partis de gauche permettrait d'opposer à ce que certaines feuilles militantes appellent dans un charabia savoureux «le péril fasciste», il est chassé pour apostasie ; mais à peine est-il parti qu'il assiste à la réalisation de ses désirs ; il a suffi que parle et ordonne M. Staline, tsar de toutes les Russies ; ce qui était hier de l'hérésie devient aujourd'hui, par la vertu de l'investiture étrangère, d'une rigoureuse orthodoxie. C'est ainsi que Doriot trouva, dans ses aventures personnelles, le mystérieux fil d'Ariane qui, partant de Moscou, en passant par l’Humanité conduit droit à la guerre contre l'Allemagne.

C'est avec une parfaite et souriante quiétude que Doriot évoque ces moments pendant lesquels la révolution sociale était dépecée en menus morceaux, répartis comme des reliques sacrées entre les diverses Internationales, numérotées de I à III, qui, il n'y a pas bien longtemps, s'entre-dévoraient toutes et qui maintenant se trouvent toutes rassemblées sous le prête-nom patriotique imposé par Moscou.

La logique de Doriot admettait la révolution mondiale et réprouvait les guerres nationales, conformément à la théorie marxiste. Quand Moscou jeta le dogme aux orties, quand elle ne chercha même plus à masquer sa tricherie, quand elle troqua la revendication sociale contre le salut de la patrie russe et quelques millions de poitrines françaises contre la guerre à Hitler, Doriot connut un écœurement, une lassitude qu'il ne pardonne pas aujourd'hui à ses anciens amis d'avoir provoqués en lui. Tel est le mobile essentiel qui détermina son évolution. Celle-ci est donc faite d'abord d'une amère déception, du dégoût d'avoir été bafoué dans son idéal, trompé dans sa foi. Sur ce sentiment négatif, que peut-il édifier de positif ? Sans doute on ne revient pas en pleine jeunesse d'un pareil désabusement sans emporter avec soi une expérience qui peut servir efficacement dans une période troublée comme celle que nous vivons. La vie de Jacques Doriot a été bien remplie. Il lui est arrivé souvent de mettre ses robustes mains d'agitateur à la pâte de l'action directe. Il a allumé des mèches partout dans le monde, où il croyait servir une Idée, une Vérité, une Justice. Aujourd'hui toutes ses idoles sont, par terre. Par quoi va-t-il les remplacer ?

 

La mairie retentit de joyeux cris d'enfants. Les gosses se rangent dans un gai désordre pour passer la visite du médecin qui les enverra, selon leur état de santé, en colonie de vacances à la mer ou à la campagne.

- Jacques, n'est pas encore arrivé ? questionne un grand garçon calme et souriant dans sa cotte bleue.

Jacques, c'est Doriot. Il habite à dix minutes de la mairie. Il met une heure et demie pour faire le trajet. Arrêté à chaque pas par un ami ou un administré, il donne ses audiences en plein air. Il n'y a pas chez Doriot cette sèche discipline dans la pratique de la fraternité humaine qui singularise l'œuvre sociale du communisme. C'est peut-être moins administratif, moins conforme à un plan, mais c'est plus profond, plus tendre, plus spontané. Lui-même semble refléter très bien l'esprit qui règne dans sa commune. Au milieu des appétits qui se choquent, des intérêts qui se heurtent, des partis qui se défient, il gouverne tout un peuple, bâtit, sape, construit, administre avec l'imperturbable sérénité d'un chef que rien ne trouble, pas même la marche du temps.

Il est le fils d'un forgeron de l'Oise. Comment le retrouve-t-on apprenti dans une usine métallurgique de Saint-Denis, après quelques années d'école buissonnière sur le glacis des fortifications ? L'actualité, qui cependant s'occupe fort de M. Jacques Doriot, ne nous éclaire pas sur ce point. Il était jeune ouvrier dans une aciérie quand la révolution russe éclata. II se donna à elle avec l'enthousiasme impatient d'un garçon qui n'attendait que cette occasion pour choisir une destinée ou une religion. Tout le poussait dans cette voie : les origines, le cadre, la classe sociale, le spectacle ininterrompu de la misère humaine et cette atmosphère de géhenne que le machinisme moderne fait peser sur le monde du travail. II alla en Russie, en revint la tête bourrée de doctrines et de dynamite. II faut savoir reconnaître à Doriot qu'il ne prit jamais le communisme pour le commode véhicule de son ambition. II sollicita tous les risques que comportait, dans ce temps-là, l'étiquette communiste et n'en connut guère les avantages. Dès qu'une révolution éclatait, qu'une rébellion se produisait, qu'en Indochine, au Maroc, en Algérie, l'émeute grondait, le nom de Jacques Doriot sortait aussitôt dans la presse ou à la tribune comme celui de l'instigateur ou du responsable. II fut l'hôte d'Abd-el-Krim quand ses Rifains tenaient nos soldats au bout de leurs fusils. II ne manquait pas, le premier mai, de se livrer à son sport favori et de charger la police à la tête de ses fidèles « Saint-Denis ».

A la tribune, il avait pour principe de frapper de stupeur l'opinion en ne respectant rien des saintes reliques de la société bourgeoise et parlementaire. Il avait pour tactique de blasphémer les traditions et de tourner en dérision les décors et l'appareil sentimental dont s'accompagne notre sens de la hiérarchie et de la vie ordinaire. Il ne prenait pas la parole sans provoquer un scandale ou déclencher une bagarre. En 1924, lors de l'élection du président Doumergue, on dut l'expulser par la force du palais de Versailles. Dans ce temps-là, il était maigre comme le carême et dans ses propos austère comme un brouet moscovite. Il accusait la forme irritante de son talent, il faisait sa carrière sur une certaine impopularité mêlée d'effroi. De tels états de service lui valurent très tôt la confiance des chefs soviétiques, et notamment de Trotsky. Il fut désigné pour représenter l'Internationale au bureau des Jeunesses ; il prit le nom de Guillot pour exécuter plus sûrement son mandat. Malgré ce masque, il n'échappa pas au sort habituel des meneurs. On le mit en prison. C'est là qu'il fit ses humanités. Il meubla sa cellule et son cerveau avec tous les ouvrages de sociologie que les bibliothèques des compatissants services pénitentiaires de la République mettent à la disposition des condamnés politiques. « Il lut, raconte un de ses biographes, Marx après Jaurès, Proudhon après Louis Blanc, Kropotkine après Lénine, Trotsky après Boukharine. » Cette lourde alimentation spirituelle compensait peut-être le régime frugal .qu'imposait la prison à son appétit. Aujourd'hui que cette littérature semble digérée, il reste à Doriot une culture sociale qui est fort rare au Parlement et probablement dans l'opinion en général. A cause de cela, cette érudition maniée par Doriot, est une arme puissante et efficace contre le communisme sur lequel l'opinion française est généralement très mal éclairée. Nul mieux que lui par exemple n'a su dépister les ténébreuses machinations du gouvernement moscovite en Extrême-Orient. C'est de cette documentation très difficile à acquérir dans un domaine aussi secret que celui où se meut la politique étrangère des Soviets qu'est faite l'efficacité essentielle de sa propagande.

Son éloquence, qui était, au début de sa vie militante, «livresque », pesante, et sans charme, s'est à la longue assouplie et allégée. Les idées y apparaissent peu à peu comme des objets distincts, palpables et colorés. On y discerne une raison solide qui éclaircit à loisir les principes essentiels. L'imagination n'y est le plus souvent faite que de souvenirs opportuns. Une parole unie, coordonnée, qui secoue l'esprit, y pénètre de force, s'empare de la confiance plutôt qu'elle ne l'attire. Il y a une part d'abnégation chez Doriot qui rend méritoire son talent verbal. C'est l'intérêt qu'il met à communiquer aux autres la vérité, non pour l'orgueil qu'il peut en tirer, mais par une sorte de scrupule qu'il se doit de rendre des comptes sur son passé. La gloire de bien parler ne paraît pas le toucher et il songe bien moins à ce qu'on dira de lui qu'à ce que la vérité pourrait perdre par l'insuffisance de l'orateur. Sa langue est ferme sans appeler la violence, claire sans vouloir reluire, précise sans sécheresse. Elle n'enfle ni n'outre rien. Elle agit par la seule force de la simplicité. Une simplicité que mettent en valeur l'étonnante ampleur de la voix, la sobre puissance du geste. Quand Doriot monte sur une estrade, un nouvel homme apparaît que, dans la tranquillité d'un entretien, on n'aurait pu pressentir.

Orateur, Doriot est une force de sa voix profonde, de ses bras puissants, on dirait qu'il s'empare des foules, les gagne et les entraîne.

 

On le traite de renégat. Il tient à ce nom par un calcul auquel s'ajoute peut-être la fierté d'entendre ses ennemis proclamer eux-mêmes qu'il vient bien de chez eux, qu'il sort bien sans aucun doute possible des rangs communistes. Mais si le patriotisme moscovite l'a dégoûté de l'internationalisme, il a d'autres arguments pour justifier son attitude à l'égard de son ancien parti. Un numéro de revue, consacré à son mouvement, prête à Doriot la réplique suivante :

« Je suis un renégat. Parfaitement. Comme Lénine et comme Staline. Lénine a fait le N. E. P., qui a créé les neymans et les Rouleks. Staline a créé une nouvelle aristocratie ouvrière.

Tout cela est fort bien. De l'anticommunisme de Doriot, nous ne pouvons pas douter, et par les temps qui courent, dirait M. Prud'homme, c'est un sentiment qui l'honore. Il est aussi contre les deux cents familles. Personne, pas même M. de Wendel, ne songe plus à s'en offusquer. Reste à savoir en faveur de qui et de quoi se prononce M. Doriot.

Il répond : « Nous voulons réformer l'État républicain, stabiliser le pouvoir exécutif, créer des assemblées économiques avec la représentation des professions organisées, des syndicats et des techniciens, assurer l'indépendance du Gouvernement, du Parlement, de la Justice, de l'administration et de la presse, maintenir et défendre toutes les activités moyennes, paysannes, artisanales, commerciales et industrielles, former dans les colonies une économie complémentaire de celle de la Métropole, développer à la ville et à la campagne l'enseignement public et professionnel, refondre les lois qui régissent les communes pour élargir leurs initiatives, et enfin ressusciter une France capable de reprendre dans l'ordre extérieur sa mission traditionnelle. »

Ce programme, qui part assurément d'un bon sentiment, n'effarouchera personne et séduira d'autant plus tout le monde qu'il est peu précis. Et c'est peut-être là tout le drame futur de la partie que Doriot s'apprête à entamer. Sur le plan négatif, il est d'une force, d'une qualité, d'une supériorité d'arguments indéniables. Sur le plan positif, son hésitation est visible. S'il n'en vient pas à ruser en attendant une heure H qui ne sonne jamais, s'il veut s'engager à fond sans arrière-pensée ni réserve, on s'avisera que son programme se distingue insuffisamment de tous ceux qui ont déjà été mis en circulation. Sans doute apporte-t-il des armes nouvelles contre le communisme, mais nous attendons bien davantage. On nous dit que Doriot élabore un programme précis qui consacrera, sur des formules claires, la collaboration du travail et du capital.

Nous souhaitons qu'il le fasse connaître le plus vite possible pour dissiper toute équivoque. Les rares qualités de cet homme, de ce puissant orateur qui paraît avoir des dons de chef, serviraient bien insuffisamment notre pays si elles ne contribuaient qu'à substituer au communisme soviétique, un communisme national. Ce serait quelque chose sans doute, mais au royaume du pire. Nous espérons mieux de cet homme qui connaît le peuple, qui est en somme « social », mais qui a aussi proclamé l'autre jour à la salle Wagram la faillite des formules socialistes intransigeantes et totalitaires.

 

IGNOTUS

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 22:55

C’est sans doute la première fois qu’un tel débat avait lieu à Montauban et je remercie d’autant plus la dizaine de personnes présentes.

La présentation a été brièvement faite en quatre points :

- l’intérêt de l’histoire locale confrontée à l’histoire nationale : quand on sait que l’actuel Musée Ingres était l’évêché, c’est une manière concrète de comprendre la puissance de l’église et comme il a été indiqué dans le débat quand on sait que l’évêque de choc Tonnelier de Breteuil a en plus fait construire un château considérable, cette puissance s’ajoutant à tant d’autres était énorme.

- les événements du 10 mai : après une élection municipale qui voit l’élection d’un marquis (je suis preneur d’autres exemples équivalent en France) la nouvelle municipalité royaliste souhaite s’emparer de la garde nationale. Elle y réussit le 10 mai grâce à une émeute populaire ! Comment les révolutionnaires allaient-ils réagir ? Finalement l’Assemblée nationale destitue la municipalité le 31 juillet après le passage d’un médiateur qui calme les esprits mais surtout après des affrontements considérables dans la presse.

- les explications : la sociologie de Montauban fait que les patrons protestants qui sont du côté de la République (et qui contrôlent la garde nationale) n’emportent pas l’adhésion des ouvriers à la dite République, ouvriers qui sont catholiques sincères et qui vont donc appuyer l’aristocratie au nom de la défense du catholicisme comme religion d’Etat. Cet événement va convaincre le pasteur Jeanbon Saint-André (comme beaucoup d’autres) d’entrer dans la lutte politique. Les événements du 10 l’obligent, comme des centaines d’autres Montalbanais, à se replier d’abord à Toulouse puis à Bordeaux.

- cet événement sera fondateur de l’identité du Montauban moderne où un courant légitimiste sera toujours très fort et face à lui les « républicains » au sens large seront toujours obligés de s’unir pour ne pas subir la loi de la réaction. Cette situation, en obligeant chacun à se positionner, va influer également sur l’identité des villes voisines : Toulouse, Castelsarrasin, Moissac.

Dans le débat plusieurs questions ont permis de cerner ces quelques pistes.

 D’abord quelques questions techniques : pourquoi la municipalité tient absolument à s’emparer de la direction de la garde nationale ?

- cette force armée bourgeoise car il fallait être assez riche pour se payer l’équipement, pouvait devenir un obstacle pour des hommes ayant en vue la contre-révolution.

- la municipalité avait déjà obtenue d’avoir seule les clefs des arsenaux pour déjà contrôler l’activité de la garde nationale. Il existait d’autre « forces de l’ordre » mais les régiments de l’armée, présent à Montauban, étaient-ils fiables pour les révolutionnaires ? N’étaient-ils pas surtout les héritiers de l’Ancien régime ?

Bref l’enjeu consistant à contrôler les hommes en arme était fondamental.

 Le 10 mai, une guerre de religion ?

Les questions religieuses qui ont toujours marqué l’histoire de la ville avant, pendant et après la révolution, presque jusqu’à nos jours, ont été en effet au cœur des événements mais ne furent pas à mon sens l’enjeu même des événements.

D’une part les catholiques ne formaient pas une communauté d’opinions : ce sont les maîtres de cette contre-révolution qui auraient aimé masquer l’enjeu global sous le seul aspect religieux. En choisissant le 10 mai pour aller devant les églises faire l’inventaire, en mobilisant les femmes, l’intention était d’alimenter la guerre religieuse : mais comment faire oublier que le président de la garde nationale était un catholique ? Pourquoi le peuple sincèrement catholique de Montauban aurait-il oublié la signification du luxe de l’évêque ?

Côté protestant les divisions ne sont pas et ne seront pas moindres. Dès le départ le protestantisme est habité par des intérêts différents entre ceux de la noblesse militaires, ceux de la bourgeoisie, ceux du peuple croyant et ceux du clergé. Mary-Lafon en fait une belle démonstration pour la ville de Montauban. Entre le patron protestant et l’ouvrier protestant les intérêts religieux ne pouvaient pas totalement supplanter les intérêts sociaux. D’ailleurs les ouvriers protestants devaient être plus rares que les paysans protestants.

 Le 10 mai émeute spontanée ou dirigée ?

L’un n’empêche pas l’autre et l’un ne peut effacer l’autre.

Pour certaines interprétations, la municipalité aurait été débordée. Il y aurait eu cette émeute, elle aurait donné les clefs des arsenaux sous la pression populaire, et elle prétend même qu’ensuite elle aurait réussi à rétablir l’ordre.

Si j’ai publié les documents de l’époque c’est pour que chacun se fasse son idée à la lecture des arguments des deux camps sans donner ma propre interprétation. Mais aujourd’hui à la lumière de mes lectures et réflexions, je n’ai aucun doute : il y a eu un complot qui, sans la réaction des Bordelais, aurait pu gagner d’autres villes afin de faire céder l’Assemblée nationale dans sa marche en avant, révolutionnaire. Le document que la municipalité publie le 11 mai vise à masquer la réalité du nouveau pouvoir en place : elle ne dit pas que Dupuy-Monbrun a été obligé de fuir ! Comment le commandant de la garde nationale peut-il fuir alors qu’en principe il dirige les forces de  l’ordre ? La municipalité parle d’une ville devenue tranquille sans dire qu’elle s’est vidée de tous les éléments révolutionnaires. La mayonnaise aurait pu ne pas prendre ou prendre un peu moins mais du début à la fin il s’en est trouvé quelques-uns à battre les œufs !

 Le 10 mai clarificateur des débats régionaux ?

La compétition constante entre Toulouse et Montauban a fait que le 10 mai la garde nationale de Toulouse s’est bien gardée de passer à l’action pour défendre le Montauban républicain. Inversement celle de Moissac a voté tout de suite le soutien à Montauban. A Castelsarrasin l’hésitation fut grande et c’est là qu’on mesure l’importance de la décision bordelaise : elle fait pencher la balance du côté des patriotes.

 Le 10 mai et Jeanbon Saint-André

Deux lettres du pasteur protestant, trouvées par Guy Astoul, montrent les violences dont sa femme a été victime. Il va alors devenir comme bien d’autres, un homme engagé dans la défense de la cause publique. Il gardera toute sa vie le souvenir de ce moment crucial et à chaque contre-révolution qu’il affrontera il aura la même explication quez pour le 10 mai : la population a été achetée, trompée et manipulée. Ce qui est vrai mais pas totalement.

 L’identité de Montauban

C’est une question qui mériterait une étude spécifique mais les quelques connaissances accumulées sur l’histoire de la ville montrent que périodiquement, au moment des crises, le royalisme prenant ensuite les formes du légitimisme relèvera la tête. Le Ralliement, journal royaliste durera en Tarn-et-Garonne jusqu’au début des années 1920 et tant qu’il vivra le célèbre historien Edouard Forestié en sera une cheville ouvrière.

 Révolution/ contre-révolution

Mon point de vue : c’est la mise en marche d’une contre-révolution qui prouve la nature même de la révolution et inversement la dite révolution, suivant les intelligences qui l’animent, va donner sa forme à la contre-révolution.

Quelqu’un propose de parler plutôt d’action et de réaction car parfois le mot de révolution n’a pas un sens très clair.

Et en effet la discussion sur le sens ne pouvait se régler à la conclusion de ce débat, mais l’exemple du 10 mai à Montauban nous rappelle concrètement qu’il y a bien révolution et qu’en face les contre-révolutionnaires ne restent pas l’arme au pied… c’est le cas de le dire. Toute tentative - au nom de la juste discussion sur le sens - de masquer l’existence même de la révolution, est une des dimensions classiques de la contre-révolution… le jour où elle finit par l’emporter. D’ailleurs l’ère des révolutions ne serait-elle pas révolue même si dans quelques pays elle fait l’actualité quotidienne ? Marx, en pensant un projet révolutionnaire, avait jugé indispensable de penser le projet contre-révolutionnaire à qui il n’était possible de s’opposer que par l’usage de la dictature du prolétariat. Mais Marx… Jean-Paul Damaggio

 

P.S. : De retour à la maison je tombe sur LCP sur une documentaire présentant l’époque de l’unité populaire au Chili… avec à la clef la contre-révolution que l’on sait. Dans le débat quelqu’un a fait observer qu’avec Cuba on a l’exemple d’une révolution sans contre-révolution. L’assassinat d’Allende visait plus que le Chili...

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 11:29

Le 17 juin 1789 : Les représentants du Tiers-Etats aux Etats Généraux, ralliés par quelques nobles et ecclésiastiques se proclament assemblée nationale constituante.

Le 14 décembre 1789 : Mise en place des communes. Chaque communauté, ville ou village, forme une commune dirigée par une municipalité élue dont le chef porte le nom de maire. L’assemblée générale des habitants est remplacée par un corps municipal composé de trois à vingt membres auquel est adjoint un certain nombre de notables également élus pour former avec lui le Conseil général de la commune dans le cas d’affaires importantes.

Les « citoyens actifs » de la commune aptes à participer aux opérations électorales sont les électeurs, âgés d'au moins 25 ans, n'étant pas domestiques et payant une contribution correspondant au minimum à un salaire de trois journées de travail. Pour être éligible aux fonctions municipales, il faut payer une contribution foncière égale à la valeur de dix journées de travail.

Le 21 février 1790 ce sont donc les premières élections de la France moderne et elles sont municipales. Une réforme était intervenue pour des élections en 1788 placées sous le contrôle du seigneur et du curé. En 1790, nous sommes donc dans un autre univers. Si pour les Etats généraux tous les habitats furent invités à se prononcer dans le cadre de leur ordre propre et avec une sous-représentation bien connue du Tiers Etat, le 21 février 1790 débute le suffrage censitaire.

Montauban s'est distingué en élisant un marquis. Est-ce que d'autres communes firent de même ? Je sais que pour les communes proches importantes comme Moissac et Castelsarrasin, les aristocrates semblent s'être distingués par leur absence mais les études sont rares (parfois faute de documents) et je ne connais aucune analyse d'ensemble. Or...

 ... L'enjeu municipal :

A partir de 1800 et jusqu'en 1882 les maires sont nommés par les autorités sauf pendant la Seconde république. La période de l'occupation sera aussi dispensée de tout vote, aux municipales comme pour les autres élections. Et la ville de Paris élira directement son maire pour la première fois en... 1977. Preuve que la nomination du maire est un point important.

Aussi on peut en arriver à ce constat : "Dès 1790, les passions et les rancunes parlaient déjà très haut au sein des assemblées populaires ; et l'on ne saurait s'étonner qu'au cours des années suivantes, lorsque les événements eurent découragé les timides et enflammé les agités, les affaires communales, soient délaissées par la masse des citoyens paisibles, et livrées aux fantaisies d'une minorité d'exaltés et d'ambitieux."

La disqualification classique des municipales, que je récuse totalement, est l'envers du décor incitant à justifier la nomination des maires par l'autorité supérieure. "Passions et rancunes" sont parfois de l'ordre du célèbre "clochemerle" mais ce ridicule là n'est que le résultat du mépris du local de diverses sommités. Généralement les enjeux ne sont pas seulement de l'ordre du sentiment...

Mais faudrait-il encore pouvoir disposer d'études sérieuses sur les élections municipales à travers les âges, pour le comprendre. Je suis preneur d'informations.

 Jean-Paul Damaggio

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 16:22

                        sepulveda.jpg

 J’ai déjà croisé Luis Sepúlveda à La Librairie La Renaissance à Toulouse. C’était je pense pour le Marathon des mots en 2009 mais je ne trouve pas l’article que je n’ai pas manqué de rédiger alors.

Pourquoi est-il aujourd'hui à un festival de littérature policière ? En France on dit le polar, mais le noir devient jaune en Italie et en Amérique latine ils disent la littérature noire qui est autre chose encore, car c’est une communauté de vue d’écrivains nés comme lui en 1949 d’Eterovic à Paco Ignacio Taibo II. C’est ainsi qu’installé à Hambourg, Luis a eu besoin un jour, sur injonction de son personnage qui tenait absolument à passer par Mexico, de l’aide du flic si cher à Paco Ignacio Taibo II. Le Mexicain qui était entrain d’écrire un bio du Che a concédé à le lui prêter pour un chapitre, à condition de retrouver l’homme intact, car il était déjà fortement handicapé. Les critiques ont contesté cette façon de se prêter des personnages comme d’autres se prêtent des chaussures.

Luis Sepúlveda raconte et le public rigole.

 Sepulveda est-il Chilien ?

Il est né par hasard dans l’Hôtel Chile qui se situe au Chili mais à part ça, en référence à une phrase de son grand père, il est « de l’endroit où il se sent le mieux ». Et il est Chilien en tant qu'il est du Chili qu'il aime le mieux, il est de ce qu’il aime le mieux au Nicaragua, en Allemagne, en France ou en Argentine. Il n’est pas du Chili actuel où « toute la classe politique est exécrable ». La référence au grand-père nous renvoie au début du livre : Le Neveu d’Amérique, qu'il raconte à merveille.

« Un

Le billet pour nulle part fut un cadeau de mon grand- père. Mon bizarre et terrible grand-père. Je venais tout juste d'avoir onze ans, je crois, quand il m'a donné ce billet.

Nous marchions dans Santiago un matin d'été. Le vieux m'avait déjà payé six limonades et autant de glaces qui me gonflaient l'estomac et je savais qu'il guettait le moment où j'aurais envie d'uriner. Peut-être se faisait-il véritablement du souci pour mes reins lorsqu'il me demanda :

— Alors, petit ? T'as pas envie de pisser, bordel ? Avec tout ce que tu as bu !...

Ma réponse logique, celle que j'avais l'habitude de sou­ligner en serrant les jambes, aurait dû avoir l'accent d'une affirmation dramatique. Et lui, crachant le mégot de Fanas qui pendait à ses lèvres, aurait soupiré avant de s'exclamer sur le ton le plus didactique :

— Attends, petit. Attends et retiens-toi jusqu'à ce qu'on trouve la bonne église. »

 Luis Sepúlveda raconte et le public rigole.

 Et l’écriture pour les enfants ?

Il pleuvait ce jour là à Hambourg et après avoir pris à la bibliothèque les livres pour ses enfants, il est entré s’abriter dans un café où il a commencé à les lire ; là il a compris qu’il devait écrire pour eux. Une tâche si difficile qu’il se jura de ne pas recommencer ! Mais l’heure des petits-fils est arrivée et la relation grand-père/petit-fils incite à une autre façon de voir le monde (le père est pour une part l'autorité) donc il a recommencé pour un livre à paraître d’ici la fin de l’année sur l’escargot qui se demande pourquoi il est si lent.

Car l’écriture a commencée par cette question du petit-fils observant un escargot et demandant : « Mais pourquoi est-il si lent ? » Et la réponse n’est pas simple !

Pour son premier livre a destination des enfants (Luis Sepúlveda préfère parler de petits hommes), après chaque chapitre il présentait son travail à ses enfants et leur bande de copains. Les critiques ne manquaient ! La difficulté consiste à être à la fois réaliste tout en ouvrant l’imagination. La littérature pour enfants s’adresse souvent à des crétins. Lui veut insuffler dans de tels textes, les valeurs qui sont les siennes : défendre  le faible, respecter la parole donnée etc. L’imagination des enfants lui semble surréaliste.

 Le vieux qui lisait des romans d’amour

La question fut inévitable : comment en est-il arrivé à ce roman ? Le vieux est-il une part de son grand-père ? Non, c’est autre chose. Il raconte alors comment au moment de quitter le Chili (en 1977) il refusa de partir en Europe et se retrouva en Argentine, Uruguay, Brésil, Paraguay autant de pays où il ne pouvait rester à cause des dictatures présentes. Il arriva alors à Lima où il n’y avait pas la même dictature mais où il y avait déjà beaucoup de Chiliens. A Lima il rencontra l’écrivain équatorien Adoum [un merveilleux poète] qui réussit à lui obtenir un visa pour l’Equateur et là, travaillant chez les Shuars, il rencontra vraiment le vieux qui vivait seul dans la forêt amazonienne, un vieux avec lequel il s’est découvert quelque parenté : pas de pays à se mettre sous les pieds, pas d’amour réel si ce n’est celui à lire la littérature…

 Et l’Espagne d’aujourd’hui ?

 

Là, on sent que Luis est habité par une colère profonde. On ne peut pas attendre l’écriture d’un roman pour lutter. La situation est dramatique : malgré sa notoriété il se sent censuré avec des articles qui lui sont payés mais pas publiés. Luis Sepúlveda est citoyen avant d’être écrivain et en tant que citoyen il a une émission de 5 minutes sur une radio, toutes les deux semaines ! Il accuse un manque de culture politique du peuple espagnol. On sent qu’il craint « le congélateur » où les pouvoirs veulent mettre les résistances. Il a une émission de cinq minutes dont je donne les réféfences par ailleurs. Jean-Paul Damaggio

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