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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 21:13

Voici en quatre épisodes le portrait de deux sans-culottes de Montauban. JPD

D'abord le bois et il devient chaise. D'abord un homme et il devient sans-culotte. Le bois y est-il pour quelque chose ? ou la chaise peut-être ?

En fait, mon attention est surtout attirée par le cuir. Rue de la trésorerie, au bout de l'actuelle rue de la comédie, à Montauban, vivait un cordonnier pour femmes. Vivait aussi un pasteur protestant qui avait beaucoup navigué et qui s'appelait Jeanbon Saint-André. En entrant chez le cordonnier on pouvait constater que la discussion y était vive. Boutique-forum faite autant du travail des hommes que de leur parole ! Ecrira-t-on un jour l'histoire de ce corps de métier qui, du cuir à la contestation politique ne fit qu'un pas ? (si c'est déjà fait me faire parvenir sans tarder les références). Dans ce chapitre le membre de ce corps s'appellera Dominique Dély.

L'homme de l'échoppe était l'homme de sa ville (la cité devenue aujourd'hui "la vieille ville"). En route vers le comité de salut public de la cité, il voulut me la faire visiter en commençant, bien sûr, par la Grande Rue, qui deviendra rue Saint Louis, puis rue de la Résistance (toute une histoire à travers ces changements de noms). Nous passâmes en conséquence devant l'atelier de Bonhomme aîné, puis devant celui de François Soulié, cordonnier lui aussi, sans oublier celui de Blaise Rémusat. En arrivant au bout, c'est à dire Place d'Armes (Place de la Cathédrale) nous laissâmes sur la gauche l'armurier Etienne Gallian, pour, après un Salut et Fraternité au fabricant de bas Antoine Vignes, descendre vers le Tarn. Là, on croisa la rue des Carmes, célèbre par son cordonnier Broustet ; Dély devant retrouver la salle du comité pour sa réunion journalière (à l’actuel Musée d’histoire naturelle) me laissa seul rejoindre la Place qui ne pouvait plus être Royale et qui n'était pas encore Nationale. Comme je le ferais en 1985 je suis resté là à admirer cette place. Il y a 4 façons d'en parler puisqu'il y a 4 entrées et surtout 4 couverts.

Même après cette brève visite je pouvais déjà avoir une idée du Montauban sans-culotte puisque 50% des membres du comité demeuraient dans ce petit périmètre. Je n'en ai mentionné que 7 mais si Dély avait été avec moi sur cette extraordinaire Place Nationale il m'aurait montré Gautier qui, venant de la rue Fourchue, passait lui aussi par là pour aller à la fameuse réunion du comité. Il manifestait de la gêne à la vue des volailles, des porcs et autres animaux qui embarrassaient la circulation. Quand il en aura le pouvoir il ne tentera pas de prendre des mesures hygiéniques.

Et sur cette place n'y trouvait-on pas Salvetat, et aussi des modérés comme Bosquet...

Ce dernier écrivait "les faux-bourgs" pour les trois autres parties de la ville : Villenouvelle qui fournissait un autre cordonnier au comité, Villebourbon (un temps Faubourg Marat mais plus fréquemment Rive Civique) occupé en majeure partie par une bourgeoisie industrielle et le Moustier animé plutôt par une bourgeoisie propriétaire.

Pour terminer ce tour de ville élargi il faudrait évoquer Sapiac qui avait aussi un représentant au comité l'arquebusier Daumont. Quant à l'étendue considérable de la campagne environnante, due à la superficie étonnante de la commune de Montauban elle n'avait personne de notoirement sans-culotte. Même si plus de 200 cultivateurs étaient membres de la société populaire ils ne pouvaient peser lourd face aux deux forces qui en 1793 dominaient la cité : les bourgeois et les artisans.

Cette visite touristique peut se compléter par quelques chiffres que je vais vous donner .Le Montauban de cette fin du 18éme siècle était avant tout un Montauban industriel. Le textile dominait et l'entreprise Vialettes d'Aignan avec 1500 employés dont 400 fileuses qui habitaient la banlieue (le type dominant de l'ouvrier industriel n'était pas celui du salarié d'aujourd'hui mais davantage celui de l'ouvrier-paysan au statut très imprécis et à la misère garantie) en était le pôle central. 600 autres employés étaient concentrés dans seulement 3 autres entreprises non comme un corps de métier clair et précis, mais plutôt comme un courant d'air qui va et vient au rythme des saisons, de l'emploi et des commandes.

En bref, le chiffre moyen qui est avancé le plus souvent est 7000 employés dans le textile dont 1000 dans la fabrication des bas de soie.

Ce monde ouvrier se complétait par des matelots, des minotiers, des employés du bâtiment, soit au total 8000 ouvriers selon Galabert et 12 à 15000 selon Gausseran qui inclut dans son chiffre les domestiques. Pour l'exemple, notons que le champion dans l'emploi des domestiques en avait 25 à lui tout seul quand De Broca devait se contenter de 6 laquais et 5 chambrières.

Phénomène plus connu, celui de l'importance administrative de la ville née de la volonté d'y mater le protestantisme. On créa une sénéchaussée, une cour des aides (seulement 12 en France) et un évêché, et surtout une intendance. Daniel Ligou va bâtir son analyse de la réalité montalbanaise de l'époque sur cette opposition entre cette noblesse orientée vers des fonctions "étatiques" et cette bourgeoisie plus tournée vers des fonctions "économiques", les seules qui lui soient accessibles. En 1793, la noblesse ayant perdu une large part de son pouvoir, la contradiction qui traverse la ville s'est déplacée entre artisans d'un côté et bourgeois de l'autre. Tout oubli de la contradiction précédente, qui marqua les esprits pendant des décennies, serait bien malvenue. Le poids de la cour des Aides par exemple peut se mesurer à la taille de ses archives mais surtout aux traces qu'elle laissa dans les esprits et à l'ampleur de son siège, ce qui, par une subtilité de l'histoire, va faciliter la vie de la société populaire.

Comme il ne suffit pas de donner un total pour saisir un chiffre, j'indiquerai que si, aujourd'hui, on voulait conserver le rapport qui existait à l'époque entre les populations de Montauban et Toulouse et Paris il faudrait 250.000 habitants dans le premier cas et 500.000 dans le deuxième. Pour une ville qui dépasse à présent, tout juste les 50.000 habitants ... Ce détour chiffré peut mieux faire comprendre ce qui s'est passé en 1793. En effet l'importance des évènements est aussi liée à la dimension de la ville.

Bonhomme et Dély comme les autres sans-culottes mesuraient la place stratégique de leur ville et souffraient de la voir réduite au rang de chef-lieu de district dans un département dirigé par Cahors. Nous le savons déjà, ils n'étaient ni du monde de la noblesse ni du monde de la bourgeoisie. Ils n'avaient ni le pouvoir de naissance, ni celui de l'argent, ni celui du nombre. Si les artisans formaient 21 corps de métiers dans la ville, d'une part leur nombre reste bien inférieur aux ouvriers et d'autre part tous les corps de métiers ne rejoignirent pas le camp des sans-culottes. Pas plus au comité qu'à la société ne se distinguèrent les couteliers, les gantiers, les couturiers, les chaussetiers, les bonnetiers.

Mais alors d'où est venu le poids politique que pourtant ils obtinrent ?

Par leur appartenance à un corps de métier, par leur passé de compagnon, par leur instruction, par leur savoir ils n'étaient pas des anonymes dans l'immense cité. Sans être riches, ils avaient tous les jours du pain sur la table et cette garantie n'est pas sans importance quand on veut avoir la force de diriger une ville de 30.000 âmes. Ceux pour qui la Révolution Française présente surtout une continuité avec l'Ancien Régime néglige d'analyser ce phénomène, que même de nos jours, on a peine à comprendre : des artisans prenant en main les affaires d'une cité après des siècles où seule la compétence des nobles, et à la rigueur celle des bourgeois, avait été reconnue.

 

Mais Bonhomme et Dély dirigèrent-ils vraiment la ville ? C'est à cette question que nous allons essayer de répondre en disant d'entrée que d'un côté certains vous parleront de l'extraordinaire puissance du comité (preuve du pouvoir de Bonhomme et Dély) et que de l'autre on vous la montrera dérisoire (preuve de leurs incapacités). Je ne vais pas jongler entre ces deux analyses parfois présentées par les mêmes mais d'abord aller aux sources. JPD

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 21:11

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La biographie publiée en Espagne par José V. Saval a de nombreux mérites mais à mes yeux, elle pèche par optimisme dans le titre : El tiunfo de un luchador incansable. Le triomphe d’un lutteur infatigable. Triomphe social ? Non. Triomphe politique ? Pas davantage. D’où le titre du dernier livre paru qui rassemble des articles de la dernière période de l’écrivain : les batailles perdues.

De toute façon, même si le jeune journaliste a beaucoup travaillé à Triunfo, sous le franquisme, il n’avait pas le souci de la victoire. Sauf pour le Barça peut-être.

Je suppose qu’il s’agit du triomphe biographique : l’homme du peuple a su, à force de volonté et de talent, accéder au sommet d’une carrière littéraire. Mais ce triomphe là était sans importance pour Vazquez Montalban car il considérait sa vie comme totalement ordinaire et il n’a jamais été pris par l’envie de la faire durer en évitant une série d’excès qui lui sera fatale dès l’âge de 66 ans.

Mais il ne peut s’agir du triomphe d’une vie puisque le reste du titre parle du triomphe du lutteur. Il suffit de se reporter à son Pamphlet de la planète des singes pour vérifier l’échec total des luttes en question qui font qu’en conclusion Manolo ne sait plus qu’une chose : la nature du mal mais par celle du bien capable de le remplacer.

Luttes laïques ? L’échec est énorme en Espagne et dans le monde.

Luttes politiques ? Les communistes catalans à qui il a été fidèle n’ont pas été en mesure de gagner l’opinion.

Luttes écolos ? Dès 1969 Vazquez Montalban est un marxiste écolo à sa façon et depuis En souvenir de Dardé reste un livre d’actualité.

Luttes culturelles ? Manolo a été de tous les combats et il aurait sans doute publié un billet saignant à l’annonce de l’attribution du Prix Nobel de Littérature pour Vargas Llosa.

Luttes pacifistes ? Plus que jamais la guerre est partout et le plus souvent c’est une guerre au peuple plus qu’une guerre entre peuples.

L’Espagne sans Franco devait devenir une Espagne du peuple. Pepe Carvalho s’est rendu à l’évidence. Après Franco les classes dominantes surent se trouver une nouvelle posture.

Tant de luttes perdues ne discréditent pas les luttes en question car les problèmes sont toujours là et qu’il faudra bien travailler à les résoudre.

 

Et l’œuvre de Vazquez Montalban, par sa méthode comme par ses témoignages reste une référence à cultiver. Jean-Paul Damaggio

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 21:05

J'ai beaucoup écrit mais rien publié sur le massacre des étudiants qui s'est produit à Mexico afin que, peu après, les Jeux olympiques soient conformes aux pouvoirs de partout. Pour aujourd'hui je reprends ce texte qui vient de paraître sur La Jornada. L'auteur y vante les mérites d'un romancier, journaliste, essayiste, Carlos Monsivais dont le lecteur de ce blog ne s'étonnera pas qu'il ait été si peu traduit en France. Pour Revueltas c'est pareil. JPD

  3 de Octubre de 2013 Adolfo Sánchez Rebolledo

En fouillant dans mes vieux papiers j'ai retrouvé un court texte que j'ai lu dans un groupe de discussion sur la littérature et le mouvement de 1968, peu avant le 30e anniversaire des événements tragiques du 2 Octobre 1968 à Tlatelolco.Encore à cette époque, la vision de ce qui s'était passé, était éclipsé par le silence officiel, le masque préféré pour l'impunité. Mais l'entêtement des témoins, la résistance aux mensonges et la valeur morale et civique de la plupart de la génération 68, comme l'appelle Raul Alvarez Garin, a empêché que l'oubli soit la sépulture des souvenirs des événements tragiques, affirmant ainsi que les leçons de l'histoire de cemouvement de masse sont venues marquer une étape importante de notre société.

Que cela ait été possible, c'est dû, entre autres facteurs, aux livres sur 68 et en particulier, ceux qui fixent la mémoire collective et démêlent pour toujours les épisodes les plus sombres, comme le massacre du 2 octobre qui attribuait aux victimes la responsabilité d'en être les auteurs. 

Je comprends que ce serait long (mais pas inutile) d'établir la riche liste des études, des témoignages et des recensements qui racontent ce qui s'est passé dans cette "année axiale" comme a dit Octavio Paz, pour tenir compte des nombreux interprétations données à l'histoire et des conclusions tirées par les chercheurs assidus sur le sens profond du mouvement. Revenons aux revues qui ont essayé de garder vivante la dissidence, pour savoir assumer pleinement l'actualité de ce mouvement dans son déploiement (et pas seulement son résultat brutal), une actualité comme une source de déclenchement des changements démocratiquesau Mexique, avec toutes ses nuances et ses aiguillage. Nul doute que le 68 marque encore notre présent dans la mesure où le cycle démocratique, en dépit de la lenteur desprogrès dans certains domaines - étendre les libertés civiles et d'autres droits - n'a pas fini de créer une nouvelle relation entre la société et de l'Etat, régie par les principes de l'équité et de la justice, et en mesure d'inverser l'inégalité dévastatrice qui nous fait survivre en tant que pays.

En 1998, c'est à dire avant-hier, la vérité de68 avait encore de redoutables ennemis prêts à empêcher qu'elle soitrendue public. Afin de protéger les représentants responsables ils ont fermé les fichiers ou manipulé les processus. Mais rien ne pouvait arrêter l'œuvre de révoltés modernes qui ont enregistré dans le sang et le feu, les raisons des victimes. Toutefois, dans le texte que j'ai cité, j'ai raté l'émergence du "grand roman de 68". Et il dit : Revueltas nous a laissé quelques textes magistraux écrits pendant le mouvement, puis en prison, son vieil enfer familier, mais il n'a pas pu ou n'a pas eu le temps d'écrire le roman de 68. Beaucoup d'écrivains scrutaient les fenêtres de 68 pour faire des événements, le moment de la fiction, mais la réalité, assumée par la mémoire collective, comme par la mémoire orale, qui à force de répéter a surmonté l'oubli, est encore plus forte, beaucoup plus forte et plus puissante que notre mémoire littéraire. C'est drôle, mais le monde du pouvoir (où les décisions étaient prises) n'occupe guère de place dans le récit. Les personnages officiels sur le terrain sont tous des grotesques, des figures grotesques, mais infiniment grises, minuscules. En eux, est la réalité de la caricature abusive. Leur présence dans les événements qui ont conduit à la tragédie manque de densité, est insaisissable, juste bureaucratique. La mémoire leur est passée dessuset les a effacés et en ce lieuseulement s'entend l'hymne à la dignité qui n'a pas été arrêté à Tlatelolco. Peut-on imaginer les députés qui ont essayé de noyer Barros Sierra jeté comme des personnages dans un drame modérément crédible? Il faudrait beaucoup de talent pour leur donner vie sans les effacer complètement.

 Aussi, la grande littérature du 68 est apparueailleurs, dans la poésie, la poésie et la chronique. Elena Poniatowska a conçu la grande fresque du 2 Octobre, qui donne une voix aux participants par leur nom qui refroidissent l'histoire jusqu'à aujourd'hui. Luis González de Alba nous a dit 68 de l'intérieur (littéralement de la prison Lecumberri), la saga des étudiants. Et surtout, les grands récits de Carlos Monsivais recueillies dans le livre Días de guardar nous offre "avec la force originelle du mot, l'histoire fondatrice». Pour parler sérieusement de quelque chose comme l'esprit de 68, il faut le rechercher dans ces histoires, écrites et publiéespendant les événements.

Monsivaisfixe définitivement les grandes lignes de ce nouveau monde né sous le signe de la contestation étudiante. Puisant dans ses racines, dans l'environnement et, simultanément, dans la mystique pétrifié de l'Etat révolutionnaire, dans l'idéologie et les valeurs, en un mot, dans la culture nationale, il donne les références obligatoires. Dans ces textes apparaissent pour la première fois, les signes de la nouvelle modernité mexicaine, et y sont présentés les protagonistes d'une époque primitive annonçant la fin des tabous, des normes, et des anciennes résistancesautoritaires.

La manifestation du corps est le grand aperçu du mouvement étudiant. «La démonstration serait démocratique. Tel était le caractère du mouvement étudiant et tout était en conformité avec ce plan ". Monsiváis décrit, recrée, mais surtout introduit le lecteur dans un monde qui ne peut être compris à la lumière des autres histoires auxquelles il contribue. La relation dialectique entre les faits et le passé immédiat nous offre, à la fin, un cadre qui peut se regarder sous divers angles, sans concessions simplificatrices ni ajustements auto-complaisants. Là nousreconnaissons la gauche enlevant le masque de la solennité, à la droite, aux chefs de brigade et d'étudiants, au recteur, au cinéma et à la télévision, "les médias" devenant les manipulateurs suprêmes, réduits à la taille de la presse vénielle mais surtout les modernes Monsivais Casasola décrivent les nouvelles images : l'assemblée, le provocateur, le cricket, le jeune, la brigade, le libéral cohérent, le martyr. 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:01

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CFM une radio qu'on écoute plus qu'une radio qu'on entend.

Même si pour se faire entendre il faut se plier aux normes.

Les normes c'est "naturel" : la pub fait vivre la radio.

La pub aime plus les nombreux qui entendent que les plus rares qui écoutent.

La pub c'est "naturel" : donc il faut trouver un juste équilibre.

CFM une radio que je suis depuis tant d'années.

De Caylus à Caussade. De Caussade à Montauban.

Bref, j'y reprends l'émission sur les gens d'ici avec trois épisodes sur Vazquez Montalban dont on dira qu'il n'est pas d'ici... mais après ce sera Jeanbon Saint-André dont certains voudraient qu'on oublie qu'il est d'ici.

L'écrivain catalan ne peut se couper en tranche et pourtant pour faire trois épisodes j'ai coupé en tranches. Encore la réalité qui impose quelques lois.

Donc commencer par le Vazquez Montalban toujours en librairie celui de Pepe Carvalho.

Puis l'autre celui des essais, des romans et surtout de la poésie.

Et enfin un peu de biographie même si Manuel disait toujours que sa vie n'a aucun intérêt.

Voilà, je reviendrai sur le sujet. J-P Damaggio

 http://cfmradio.fr/radios/cfm-caylus/

manolo.jpg

Voilà la photo que j'ai choisie pour illustrer l'émission :

Manolo devant une bibliothèque, le cigare à la main et une belle photo en tile de fond. La moustache et les inévitables grandes lunettes. Pas de cravate. 

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 21:21

 L’écrivain Jean Vautrin qui tenait chronique (Carnets polaroïd) dans l’hebdo communiste Révolutiondécida de réagir à la victoire de la droite et de l’extrême-droite à Dreux (30 septembre 1983). Trente ans après, ce texte me semble avoir quelque intérêt. Pas seulement à cause du style du personnage. Pas seulement parce que je serais d’accord avec lui (dès 1983 il y a des éléments que je n’ai pas partagé et que je ne partage pas). Mais l’impertinent, après cet article sera rayé du journal ! Il faut dire que l’article précédent évoquait l’avion sud-coréen civil que les militaires soviétiques ont alors abattu avec 269 innocents morts à la clef. Un anniversaire qui n’a pas lieu d’être, l’Union soviétique a disparu. Le 18 juillet 1984, dans le même hebdo une lettre d’un lecteur évoque les « courages » du journal pour mieux regretter cette disparition de l’impertinent Vautrin. Elle était signée J-P Damaggio. Je rappelle simplement qu’à Dreux le FN va débuter une carrière politique qui depuis ne s’est jamais démentie. JPD

 

LE PAS DE DREUX

Je réclame pas des médailles. Mais dans le genre Gillot-Pétré de l'anticyclone politique, la prévision à moyen terme m'a hélas assez bien réussi avec Dreux. Dire dès le 15 juillet que «les coquins étaient là, fins prêts à prendre le relais, fidèles aux « vraies valeurs » et « à la cohésion du monde occidental », c'était même quasiment pythonisse. Pas que je sois fier. J'aurais préféré me gourer. Surtout si, comme j'ai lu on estime que c'était une fracasse évitable.

Soi-disant qu'il aurait fallu mobiliser avant la deuxième manche. Prévoir. Prendre en main à l'avance. Occuper le terrain avec des contre-feux. Eh oui, pardi ! Pas s'endormir sur le chemin de ronde sous prétexte que c'était l'été ! Et pas tellement faire donner les pleureuses, genre intellos de la dernière chance, signe du déjà trop tard.

Comment expliquer ? Quand j'ai vu arriver les bons sentiments lyriques, j'ai eu tout de suite la certitude que c'était paumé irrémédiable.

Cette vacherie-là, le fascisme, ça monte comme de l'eau. Sournois. Ça ne se voit pas venir. Et ça ne se combat pas avec des prestations d'acteurs bien intentionnés.

LES LOUPS...

En tout cas, gaffe, je dis ! Le pas de Dreux dansé par le Front national, les yeux dans les yeux du RPR, ouvre le bal d'un peu de dirigisme à l'ancienne. C'est comme ça au début. Un frémissement. Un rien tantinet caricatural qui fait sourire comme un vieux costume. Et puis la malle en est pleine. Pleine de vieux costumes. On se regarde. On ne peut pas arriver à y croire. Et d'un coup les loups sont dans la ville.

ET LES MOUTONS JUSTEMENT

Pour cause de passé qui ne se dément pas, je me méfie aussi de tous les suiveurs. Moutons d'un électorat indécis, frange d'incertains — tous bêleurs de principes — petites gens, commerçants retraités — juste centre — comment les appeler ? Le marais ? Les disponibles ? Les convertibles ? Les réversibles ? Les imbéciles ? Les opportunistes ? Les petits spéculateurs ? Les honnêtes ? Les crédules ? C'est ça, les naïfs. Peut-être les médiocres. Des gens qui vont où le vent les porte. Désinformés mérinos. Manches inévitables de la cognée du moment. Pétainistes d'occase. Effrayés de toute entreprise novatrice. Apeurés chroniques du moindre voyage où il faut donner de soi. Trois ou quatre pour cent de crypto-ganaches souvent solennelles qui font chorus dans les circonstances, dans les votes, et nous entraînent chaque fois dans des courants violents dont ils sont — aussitôt emportés — les premiers à avoir la frousse.

A croire que la France est une pirogue. Qu'on monte 50 millions de citoyens sur le foutu bateau et qu'il suffit qu'une poignée de connards penche à droite pour que le tourbillon affleure.

JAMAIS DREUX SANS TROYES

Gaffe, je répète ! Gaffe partout ! La francisque et les faisceaux qui rappliquent ! Fête à Vrain ! Le Front, pignon sur rue ! Jean-Marie sur les radios périphes ! Les Beaufs parmi nous ! Tranquilles tranquilles. Le genre d'air de famille qui commence à Maréchal nous voilà et qui finit par des pogroms. Gaffe, je dis ! Gaffe aux municipales ! Aux échéances !

Déjà, dans les quartiers, les marchands de sécurité. Les chiens. Un peu partout, ça tire sur les colliers étrangleurs. « Les braves gens » qui s'organisent. Commencent à voter national. National-utilitaire. Plus d'étrangers dans les usines. Notre pain restera français. Les mal blanchis à la maison. Rendez nous nos hôpitaux, purgez nos quartiers de la racaille, protégez nos donzelles et travaillons françoze.

Le genre de virus qui galope. Grippe. Gratte. Enerve. Passe dans le sang. Viscéral, mon cher Dupont.

Dans les F3, les fusils font des pompes. Au pied des cages, fait pas bon s'appeler Mohammed. Garou garou ! On va bouffer du bique ! Rester entre nous. Bien mené, faudra présenter au moins trois quartiers d'ancêtres auverpins pour pouvoir circuler après dix heures du soir. Halte à l'invasion du tiers monde ! Securitas, securitas Refrain bien connu. Et méfiance avec les uniformes; Jeunes gens propres. Cravate et cheveux courts. Les yeux brillants d'intrigues. Et plus populaires, manipulés, ceux tout en noir. Repeints aux couleurs du passé. Nostalgiques. Tatoués. Décorés d'insupportables colifichets. Ordre du sang. Commémo de Mackensen. Médaille de la Baltique. Croix de fer et bataclan.

Et des tas de mecs trois pièces-gilet, prêts à entonner la rescousse. Ça dépendra si ça penche. Partition mieux préparée qu'on ne croit. Un vrai danger qui accourt. Les paroles déjà sur toutes les bouches. En avant pour la grande purge. Et pourquoi pas ? Ça s'est déjà vu, après les biques, les juifs et les cocos. Je vois d'ici la chasse La droite gagnant de clocher en cathé. Après l'Eure-et-Loir pourquoi pas la Champagne ? Jamais Dreux sans Troyes ! Encore une ville de gagnée !

Et surtout ne pas se laisser prendre à la technique légaliste qui consiste à dire qu'on respectera la Constitution.

AUTRE CHOSE

Ce qui me paraît plus mauvais encore, c'est qu'ils ont su trouver des voix, des échos, de la sympathie dans les quartiers populaires. C'est pas fameux comme perspective. Alarmant.

Aller tisonner le racisme chez les pauvres, c'est un truc vieux comme Hitler. Oubliez pas que le peintre viennois avait tôt compris le parti qu'on pouvait tirer du chômage. De la colère des pauvres. Du poids des impôts. L'un de ses slogans favoris n'était-il pas : « La maîtrise de la rue est la clé du pouvoir ? »

Social, Hitler. Souvenez-vous. Autostrades. Logements planifiés. Et Volkswagen, la voiture du peuple. En 1933, l'Allemagne affichait six millions de chômeurs. Des hommes désespérés étaient plantés au coin des rues de chaque ville industrielle. Amertume et angoisse. Et, plus grave que tout, les classes moyennes étaient également touchées. Ces personnes, employés, boutiquiers, petits commerçants, avocats et médecins les moins prospères, étaient menacées de perdre non seulement leur gagne-pain, mais aussi leur respectabilité.

Une situation assez comparable à celle qui germe dans la société française actuelle. Perte du pouvoir d'achat. Peur du chaos. De quoi faire lever à merveille une sorte de néo-poujadisme qui larve déjà les consciences. Un air du temps. Une inhalation permanente. Une capillarité qui irrigue de nouvelles couches sociales et les fait lorgner du côté de l'Ordre.

Tous symptômes que la gauche ferait bien de prendre en compte.

Faut-il rappeler que la politique catastrophe de la droite est tactique ? L'alarmisme a toujours été de mise pour mettre en place les pouvoirs forts. A ce titre, la xénophobie générale tombe à pic. Les aventures corses, celles que vit l'armée française au Liban, au Tchad et la recrudescence du terrorisme sur le sol national sont autant d'épines dans les doigts de la majorité. Créatrices de panaris, elles sont des lieux d'infection que l'opposition aime à voir s'envenimer.

 

Décidément, on se croirait à la veille d'une répétition de l'histoire. J'en veux pour preuve ce texte qu'écrivait Gregor Strasser, dans les Nationalsozialische Briefe, deux ans avant la prise du pouvoir par Hitler, et qui pourrait fort bien servir d'ordre du jour à notre extrême droite : « Tout ce qui peut nuire au système existant est assuré de notre appui... Nous poursuivons une politique de catastrophe — car seule une catastrophe, à savoir l'effondrement du système libéral, ouvrira la route à l'ordre nouveau... Tout ce qui peut précipiter la catastrophe du système établi — chaque grève, chaque crise gouvernementale, chaque coup porté à l'autorités de l'Etat, chaque blessure infligée au Système —, tout cela est bon, tout cela est très bon, pour nous et notre révolution allemande. »

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 12:20

 

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Révolution/ Contre-révolution

Le cas du 10 Mai 1790 à Montauban,

Documents, Analyse

 Gamin, j’étais fasciné par une gravure souvent présente sur les livres d’histoire : la contre-révolution du 10 mai 1790 à Montauban.

En résumé : une peuple révolté s’en prend à la garde nationale de la ville et tue plusieurs hommes, puis emprisonne les survivants, au nom de valeurs comme « le catholicisme religion d’Etat » etc.

Je pensais alors que la contre-révolution était portée par les seuls aristocrates et autres groupes dominants… mais le peuple tout de même ! Par la suite, l’exemple de la Vendée a repris à plus grande échelle le cas du 10 mai montalbanais.

Un peuple manipulé ? Un peuple trompé ? Mais pourquoi était-il plus manipulé et plus trompé que le peuple qui, lui, faisait la révolution ? Parce qu’il était acheté ? Parce qu’ailleurs les classes dominantes n’osaient pas se livrer à cette opération ?

Bien sûr, c’est une part de la réalité mais une petite part…

En fait, aucun automatisme sociologique n’impose à personne sa prise de position politique. Aussi, les rapports entre révolution et contre révolution ne peuvent se réduire aux circonstances sociales.

 Bref, pour comprendre, j’ai fini par rassembler de multiples documents de l’époque venant des deux camps afin de faire revivre les fantômes du passé.

Une façon très concrète de saisir l’importance nationale du 10 mai et un moyen pour que chaque lecteur se fasse son idée.

Toute la France avait les yeux braqués sur Montauban : de l’incroyable féministe Melle de Kérilio, aux membres de l’Assemblée nationale, tous donnent leur avis. De Bordeaux à Toulouse, tous les esprits et toutes les forces se mobilisent.

Ces documents prouvent que déjà, l’information joue un rôle central pour l’orientation de l’action.

Ensuite, vous lirez une analyse sur les rapports pour moi inévitables, entre révolution et contre-révolution.

Il serait vain de croire une révolution possible sans réaction d’une contre-révolution. Est-ce à dire que toute révolution est condamnée à la violence, celle imposée par la contre-révolution ?

 P.S. : 180 pages 15 euros sortie le 1 octobre


Sommaire

 Avant-propos et chronologie des événements, page 5

1 - Les événements

Proclamation de la municipalité de Montauban, p. 8

Commentaires des élus de Bordeaux, p. 12

L’exposé sommaire fait par la municipalité, p. 19

Le cri de la vérité, en soutien à la municipalité, p. 35

2 - L’action des catholiques

Les catholiques concernant la religion, p. 50

Anonyme : à propos de l’évêque

3 - Point de vue des victimes

Le point de vue de Baillo qui est à Paris, p. 59

Le point de vue des soldats, p. 66

Adresse aux femmes de Montauban, p. 90

4 - Les suites législatives

Le 19 mai 1790, p. 98

L’Assemblée nationale de juillet 1790, p. 110

Le témoin citoyen de Nîmes, p. 115

La ville de Toulouse le 30 mai, p. 119

Adresse de la municipalité, p. 123

Suites à l’assemblée en octobre aux Jacobins, p. 133

Présentation d’une gravure, p. 134

5 - Analyse des événements p. 135

6 - Des récits d’historiens

Daniel Ligou, p. 151

Mary-Lafon, p. 153

Taine, p. 163

Jaurès, p. 167

7 - Sur les personnages

Les gardes tués, p. 173

L’évêque, p. 174

Le maire, p. 176

Le commandant de la garde nationale, p. 177

Edouard Forestié, p. 178

8 - Hors-texte

Réflexion : révolution/contre-révolution p. 179

9 - Sources

 

Gravure, p. 184

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 15:21

 

                                 couv garcia

 

A Barbastro, Aragon, un hommage est prévu à Villacampa. Tout sur le site ci-dessous :

http://www.neofato.es/arasanz2013.htm

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 15:12

Le 14 septembre j’aurais aimé être dans la belle ville d'Arica pour y suivre la campagne de Marco Enríquez-Ominami. Il y abordait avec courage, en cette région frontalière, les questions de l’immigration. Le Chili et l’Argentine sont des pays qui reçoivent beaucoup d’immigrés et tout d’abord de Bolivie et du Pérou.

L’immigration, faut-il le rappeler, est une question mondiale et aussi ancienne que l’humanité. Partout elle suit le même chemin : des zones pauvres vers les zones plus riches.

Avec cette contradiction : ce sont les pauvres des zones riches qui la voient d’un mauvais œil.

Or les progressistes défendent les intérêts des pauvres, donc que faire ?

En appeler à la générosité ? Faire dans la morale ? Jouer la carte de la fraternité ?

Marco Enríquez-Ominami propose d’abord d’analyser la question.

54% des étrangers qui vivent au Chili viennent donc de Bolivie, Pérou mais aussi Argentine depuis la crise de l’an 2000. C’est le pays avec le plus fort taux d’immigration des Amériques (mis à part les USA bien sûr).

Il propose la création d’un ministère qui aura pour but d’étudier la circulation de l’immigration et de favoriser l’intégration, une intégration construite dans le débat avec les différents groupes. Intégration qui suppose une lutte en faveur de conditions sociales plus dignes pour des étrangers qui sont partout surexploités. Sans entrer dans le détail, disons que la stratégie de ce candidat et de ce parti atypique, est très pragmatique… pour garder des objectifs très progressistes.

 A Arica le nouveau maire Eduardo Piñones  appartient au Parti progressiste de Marco Enríquez-Ominami aussi le candidat a abordé les questions locales. Pas question de construire une nouvelle usine thermoélectrique dont le principe a été accepté par le gouvernement. Là encore nous nous trouvons face à un problème aujourd’hui bien connu en Amérique latine et qui porte un nom : « l’extractivisme », c’est-à-dire tout faire pour le développement de l’extraction des minerais et donc pour la production d’énergie nécessaire. Il était courageux de tenir un tel propos dans une ville dirigée par un de ses amis car généralement les élus plaident, au nom de la création d’emplois, pour cet extractivisme. D’autant qu’à Arica, le système électrique reste assez fragile. J’y ai été témoin d’une coupure pendant une bonne heure.

 Marco Enríquez-Ominami aurait aimé plusieurs débats télévisés thématiques dont un à Arica sur la politique de l’immigration, un autre ailleurs sur le pouvoir des multinationales du médicament etc. mais ses deux puissants adversaires s’y refusent. Je note qu’il appelle toujours « Concertation » l’union PS-Démocratie chrétienne qui se nomme pourtant à présent : Nouvelle majorité, car elle inclut le parti communiste.

 Aux précédentes élections Marco espérait devancer au premier tour le candidat de la Concertation qui était le démocrate-chrétien Eduardo Frei, car il pouvait capter beaucoup de voix de gauche. Cette fois, avec le retour de Bachelet qui se positionne de plus sur les thèmes que son parti a mis en avant, il espère devancer la candidate de droite pour être au second tour, mais il reste loin du compte. Marco et le PRO peuvent cependant observer qu’ils ont marqué des points : par exemple sur la mise en place d’une nouvelle constitution que Bachelet réclame aussi. Mais Bachelet voudrait la faire naître sans une nouvelle assemblée constituante… A suivre. JPD

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 14:28

J’avais imaginé que la coïncidence existant entre le redécoupage du département en intercommunalités plus grandes et le redécoupage des cantons donnerait un résultat cohérent. Bien que sachant parfaitement la marche forcée actuelle vers un nouveau féodalisme, je conservai un brin d’optimisme. Erreur !

Le Tarn et Garonne vient de découvrir (comme d'autres sans doute) qu’après plusieurs aller-retour entre la préfecture et le gouvernement, sa carte des nouveaux cantons (à valider le 6 octobre au Conseil général) est une nouvelle aberration. Même moi, qui pour des raisons professionnelles connaît les moindres coins du département, je ne m’y reconnais pas. Bruniquel dans le canton de Labastide St Pierre ! Même les plus fous n’auraient jamais envisagé pareille forfaiture !

la présentation précise : http://la-brochure.over-blog.com/article-les-15-nouveaux-cantons-du-tarn-et-garonne-121211157.html

Le système Sarkozy était sur ce point plus sérieux, plus solide et plus démocratique, même si je le trouvais mauvais !

Reprenons la question au point de départ : les cantons dessinés par la France rurale de la Révolution ont traversé les siècles avec quelques aménagements dans les villes pour équilibrer la répartition. Avec la France urbaine, ces aménagements ne tenant plus, il fallait tout changer. Les cantons avaient eu une réalité avec le certificat d’études passé au chef-lieu de canton, avec la gendarmerie installée au chef-lieu de canton etc. L'explosion finale du canton est venue de l’installation des intercommunalités qui auraient pu s’inspirer de ce découpage qui n’était pas abstrait. C’est d’ailleurs parfois ce qui arriva. Mon intercommunalité recoupe un canton pourtant peu évident. A côté une intercommunalité recoupe deux cantons.

Pour en finir avec les cantons Sarkozy avait fait voter un système où l’élection au conseil régional recoupait celle au conseil général. Des cumulards ont crié au scandale : comment assumer deux fonctions en une, quand eux en assument parfois dix sans y être obligé ! Nous savons comment s’empile en France les institutions…

Bref, je parle de nouveau féodalisme car les territoires sont devenus, et vont le devenir toujours plus, illisibles ! En la matière, la seule réforme solide était d’avoir des listes départementales pour le Conseil général ou alors de faire du Conseil général l’émanation des intercommunalités.

Comme avant 1789, le citoyen va devoir se tourner vers des lieux incompréhensibles suivant les démarches à entreprendre, les revendications à porter, les actions à mener. Avant 1789 cette désorganisation était né de la vie , elle nait aujourd’hui des pouvoirs et de leurs bricolages !

Malgré son absence de médiatisation (peut-être parce que Paris n’a pas de canton) l’élection cantonale était encore une élection à forte participation : cette participation va s’effondrer jusqu’au niveau d’une élection européenne !

Je m’oppose personnellement à toute idée du statuquo défendue par certains qui n’osent rien proposer, mais en même temps je refuse toute transformation qui devient un massacre ! Faut-il ou non en finir avec le département ? En Midi-Pyrénées le budget du Conseil général de Haute-Garonne est nettement plus grand que celui du Conseil régional car il y a des inégalités entre les départements, mais les départements sont des repères et une élection avec liste départementale aurait renforcé ce repère et rendu le choix électoral plus clair et donc plus démocratique.

Mais tout le monde l’aura compris, il fallait rassurer les caciques et en Tarn-et-Garonne autant dire que si des mécontents vont gronder dans leurs barbes, l’unanimité va toujours servir de façade. Pour la droite, Le Petit Journal a cru lire dans la nouvelle carte, une opération anti PS sauf qu’il faudrait savoir de quel PS il parle ! L’actuel député PS M. Moignard siège avec le PRG aussi un socialiste comme lui n’a rien à craindre (son nouveau canton et celui de Jean-Michel Baylet sont les plus cohérents).

De plus, le découpage devenait un enjeu encore plus fort, un canton c’est deux élus donc il va y avoir des ententes avec l’homme d’un parti et la femme de l’autre. Les premiers qui devront s’entendre dans mon département sont le PS et le PRG. Ce qui fait que pour les 15 nouveaux cantons, je peux déjà dire le nom de 10 élus inévitables, mais sans connaître le nom des 10 femmes qui vont les accompagner. Sur ce point, candidates, préparez-vous, vous allez être sollicités… pour accompagner ces messieurs les caciques.

 

Les conséquences de ce redécoupage me paraissent aussi considérables et catastrophiques pour la démocratie que l’inversion du calendrier électoral voulue par Jospin qui plaça les législatives à la remorque des présidentielles ! Jean-Paul Damaggio

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 14:23

Gamin, j’étais passionné par les grandes figures de la Révolution. Puis très vite, la révolution à Montauban est devenue mon sujet d’études. Et surprise, j’y découvre des sans-culottes ! Gamin, la sans-culotterie c’était le peuple parisien et voilà que je découvre que presque chaque commune avait aussi ses sans-culottes. Pour Montauban, la chance inouïe pour l’historien, ce sont les multiples sources conservées qui représentent trois pages de ma publication sur le sujet. Partons à la rencontre de tels inconnus qui firent l’histoire. A l’approche du bicentenaire de la mort de Jeanbon Saint-André, ce sera une façon de voir d’où est venu ce dirigeant politique. J-PDamaggio

 De 1981 à 1991 j’ai publié en autoédition cinq livres entrant dans le projet de cinq dialogues.

En voici la liste ainsi présentée à l’époque dans le livre sur les sans-culottes en 1985 :

1 - Les démocrates du Tarn et Garonne (1848-1851). Ce travail a fait l'objet d'une publication partielle dans les numéros 12 et 13 de la revue: Cahiers d'Analyse Concrète. Il fera 1’objet d'une nouvelle publication plus complète en conclusion de la série des cinq dialogues projetés. (questions à la politique).

2 - Mary-Lafon (1820-1884) Quel combat ?  Ce travail terminé en septembre 84, publié en septembre 86. (questions à la culture)

3 - Les sans-culottes (travail que vous avez entre les mains)

Le chapitre 9 de ce travail a fait l'objet d'une publication dans la revue Lengas en Juin 1985 suite à un colloque d'Obradors d'Octobre 1984 (questions à la démocratie)

4 - Un Cladel qui crie (1835-1851) Texte pour les adolescents ou les adultes qui savent l'être, à partir de l'étude de l'enfance de Léon Cladel. Pour Septembre 88. (questions à l’enfance)

5 - Le Tarn et Garonne du Grand Retournement (1970-1990) témoignage sur une époque. (questions à la société)

 En guise d’introduction pour le livre sur les sans-culottes j’écrivais : RASSURANCE

Ce livre est sans garantie. Aussi je ne propose qu'une « assurance ». Prévu pour une centaine de personnes il est par là même, dévalorisé. Un livre, que je le veuille ou non, c'est d'abord une marchandise qui traîne sur l'étagère d'un marchand (ou qui n'y traîne pas). Si une main traîne sur la même étagère le livre peut prendre vie. Et si des milliers de mains traînent sur le même livre alors, peut-être écrira-t-an des livres sur ce livre. Tel est le circuit de la garantie et je n'en fais pas partie, aussi le lire c'est déjà bousculer son confort intellectuel.

La première partie est une présentation d'une bonne dizaine de sans-culottes montalbanais. Ecrire l'histoire avec des hommes du peuple !

La deuxième partie est moins engageante encore. Il s'agit de notes inscrites autour de 20 mots présentés dans l’ordre alphabétique.

Je n'ai pas osé mettre d'annexes car des annexes à un travail aussi marginal…

Un deuxième tome viendra s'inscrire dans l'intervalle entre les deux parties du premier. Il donnera une vision plus large du sujet (confrontation plus poussée avec les autres forces politiques, insertion dans 1'ensemble de la période révolutionnaire, rapports avec la pensée des révoltés de la guerre des farines de 1775 à Montauban, et enfin comparaison rapide avec la ville de Nîmes. Ensuite il formulera des analyses plus précises sur les rapports entre la révolution et la démocratie.

Si vous avez franchi les obstacles du temps de lire, du type du livre vous êtes en droit de vous demander si le sujet n'a pas déjà été traité quand on sait que l'idole des sans-culottes montalbanais (Jeanbon Saint-André) a eu droit à plus de 1000 pages de la part de Lévy-Schneider et que la période de la Révolution Montalbanaise a eu droit à 700 pages de la part de Daniel Ligou. Si ces deux livres devaient être un obstacle à la poursuite de la recherche historique ils auraient manqué leur but! Comme il n'en est rien je retourne astucieusement votre crainte en disant que les deux livres prouvent presque à l'avance l'importance de la Révolution à Montauban et la place non négligeable qu'y a tenu la sans-culotterie.

Je me suis livré à cette recherche avec passion et une réelle sympathie pour le combat des hommes que j'évoque (pour les hommes aussi d'ailleurs). Qui dit que sympathie signifie complaisance quand on s'efforce de s’en tenir aux lois de la recherche historique ?

Pour terminer cette « rassurance » j'affirme que le sujet évoqué n'est en rien une version d'histoire locale de 1'histoire nationale. Je ne souhaite pas un bicentenaire commémoratif mais actif c'est à dire producteur de recherches réelles. Nous sommes assez forts pour en finir avec les mythes et en particulier avec ceux qui nous laissent muets !

Sommaire

(J'indique que pour suivre la chronologie, le lecteur, avant de se perdre dans mes confusions, peut se reporter au dernier document ou s'en fabriquer un à sa convenance)

Première partie : Personnages

1 Bonhomme - Dély artisans de la révolution

2 Gautier un fonctionnaire de la révolution ?

3 Les femmes dans la révolution (1)

Les femmes dans la révolution (2)

4 Samuel conté : un bourgeois insolite

5 François Pastoret parole en révolution

6 Verdun sur Garonne encore des sans-culottes

7 La terreur

8 Vincent Delbrel révolution à venir

9 Gautier-Sauzin langue et révolution

10 Portraits concluants ?

Deuxième partie : Mots

1          ARMEE REVOLUTIONNAIRE (l'impossible rencontre ?)

2          BONHEUR (peut-être moderne ?)

3          COMMUNICATION (distance paris-Montauban ou Montauban-paris)

4          DEMOCRATIE (quand elle n'en finit pas...)

5          EGALITE (donc différence)

6          FORTUNE (en abrégé)

7          GIRONDINS (de la gironde au girondisme)

8          ITINERAIRE (d'un homme par exemple)

9          JACOBINS (qui, comment et pourquoi)

10        KARL (prénom d'un certain marx)

11          LOIS (un symbole enfin !)

12         MEMOIRE (un historien pleure sur son sort)

13         PEUR (pour vous inciter à lire le monde au pluriel)

14         POLITIQUE (quelle politique ?)

15         RIRE (au sérieux)

16-        SYSTEME (inattendu)

17         UNIVERSEL (de l'unité avant toute chose)

18         Vue réaliste de Volker Braum

19         Présentation du Comité

 

20         Brève chronologie locale et nationale.

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