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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 20:21

 L’écrivain Jean Vautrin qui tenait chronique (Carnets polaroïd) dans l’hebdo communiste Révolutiondécida de réagir à la victoire de la droite et de l’extrême-droite à Dreux (30 septembre 1983). Trente ans après, ce texte me semble avoir quelque intérêt. Pas seulement à cause du style du personnage. Pas seulement parce que je serais d’accord avec lui (dès 1983 il y a des éléments que je n’ai pas partagé et que je ne partage pas). Mais l’impertinent, après cet article sera rayé du journal ! Il faut dire que l’article précédent évoquait l’avion sud-coréen civil que les militaires soviétiques ont alors abattu avec 269 innocents morts à la clef. Un anniversaire qui n’a pas lieu d’être, l’Union soviétique a disparu. Le 18 juillet 1984, dans le même hebdo une lettre d’un lecteur évoque les « courages » du journal pour mieux regretter cette disparition de l’impertinent Vautrin. Elle était signée J-P Damaggio. Je rappelle simplement qu’à Dreux le FN va débuter une carrière politique qui depuis ne s’est jamais démentie. JPD

 

LE PAS DE DREUX

Je réclame pas des médailles. Mais dans le genre Gillot-Pétré de l'anticyclone politique, la prévision à moyen terme m'a hélas assez bien réussi avec Dreux. Dire dès le 15 juillet que «les coquins étaient là, fins prêts à prendre le relais, fidèles aux « vraies valeurs » et « à la cohésion du monde occidental », c'était même quasiment pythonisse. Pas que je sois fier. J'aurais préféré me gourer. Surtout si, comme j'ai lu on estime que c'était une fracasse évitable.

Soi-disant qu'il aurait fallu mobiliser avant la deuxième manche. Prévoir. Prendre en main à l'avance. Occuper le terrain avec des contre-feux. Eh oui, pardi ! Pas s'endormir sur le chemin de ronde sous prétexte que c'était l'été ! Et pas tellement faire donner les pleureuses, genre intellos de la dernière chance, signe du déjà trop tard.

Comment expliquer ? Quand j'ai vu arriver les bons sentiments lyriques, j'ai eu tout de suite la certitude que c'était paumé irrémédiable.

Cette vacherie-là, le fascisme, ça monte comme de l'eau. Sournois. Ça ne se voit pas venir. Et ça ne se combat pas avec des prestations d'acteurs bien intentionnés.

LES LOUPS...

En tout cas, gaffe, je dis ! Le pas de Dreux dansé par le Front national, les yeux dans les yeux du RPR, ouvre le bal d'un peu de dirigisme à l'ancienne. C'est comme ça au début. Un frémissement. Un rien tantinet caricatural qui fait sourire comme un vieux costume. Et puis la malle en est pleine. Pleine de vieux costumes. On se regarde. On ne peut pas arriver à y croire. Et d'un coup les loups sont dans la ville.

ET LES MOUTONS JUSTEMENT

Pour cause de passé qui ne se dément pas, je me méfie aussi de tous les suiveurs. Moutons d'un électorat indécis, frange d'incertains — tous bêleurs de principes — petites gens, commerçants retraités — juste centre — comment les appeler ? Le marais ? Les disponibles ? Les convertibles ? Les réversibles ? Les imbéciles ? Les opportunistes ? Les petits spéculateurs ? Les honnêtes ? Les crédules ? C'est ça, les naïfs. Peut-être les médiocres. Des gens qui vont où le vent les porte. Désinformés mérinos. Manches inévitables de la cognée du moment. Pétainistes d'occase. Effrayés de toute entreprise novatrice. Apeurés chroniques du moindre voyage où il faut donner de soi. Trois ou quatre pour cent de crypto-ganaches souvent solennelles qui font chorus dans les circonstances, dans les votes, et nous entraînent chaque fois dans des courants violents dont ils sont — aussitôt emportés — les premiers à avoir la frousse.

A croire que la France est une pirogue. Qu'on monte 50 millions de citoyens sur le foutu bateau et qu'il suffit qu'une poignée de connards penche à droite pour que le tourbillon affleure.

JAMAIS DREUX SANS TROYES

Gaffe, je répète ! Gaffe partout ! La francisque et les faisceaux qui rappliquent ! Fête à Vrain ! Le Front, pignon sur rue ! Jean-Marie sur les radios périphes ! Les Beaufs parmi nous ! Tranquilles tranquilles. Le genre d'air de famille qui commence à Maréchal nous voilà et qui finit par des pogroms. Gaffe, je dis ! Gaffe aux municipales ! Aux échéances !

Déjà, dans les quartiers, les marchands de sécurité. Les chiens. Un peu partout, ça tire sur les colliers étrangleurs. « Les braves gens » qui s'organisent. Commencent à voter national. National-utilitaire. Plus d'étrangers dans les usines. Notre pain restera français. Les mal blanchis à la maison. Rendez nous nos hôpitaux, purgez nos quartiers de la racaille, protégez nos donzelles et travaillons françoze.

Le genre de virus qui galope. Grippe. Gratte. Enerve. Passe dans le sang. Viscéral, mon cher Dupont.

Dans les F3, les fusils font des pompes. Au pied des cages, fait pas bon s'appeler Mohammed. Garou garou ! On va bouffer du bique ! Rester entre nous. Bien mené, faudra présenter au moins trois quartiers d'ancêtres auverpins pour pouvoir circuler après dix heures du soir. Halte à l'invasion du tiers monde ! Securitas, securitas Refrain bien connu. Et méfiance avec les uniformes; Jeunes gens propres. Cravate et cheveux courts. Les yeux brillants d'intrigues. Et plus populaires, manipulés, ceux tout en noir. Repeints aux couleurs du passé. Nostalgiques. Tatoués. Décorés d'insupportables colifichets. Ordre du sang. Commémo de Mackensen. Médaille de la Baltique. Croix de fer et bataclan.

Et des tas de mecs trois pièces-gilet, prêts à entonner la rescousse. Ça dépendra si ça penche. Partition mieux préparée qu'on ne croit. Un vrai danger qui accourt. Les paroles déjà sur toutes les bouches. En avant pour la grande purge. Et pourquoi pas ? Ça s'est déjà vu, après les biques, les juifs et les cocos. Je vois d'ici la chasse La droite gagnant de clocher en cathé. Après l'Eure-et-Loir pourquoi pas la Champagne ? Jamais Dreux sans Troyes ! Encore une ville de gagnée !

Et surtout ne pas se laisser prendre à la technique légaliste qui consiste à dire qu'on respectera la Constitution.

AUTRE CHOSE

Ce qui me paraît plus mauvais encore, c'est qu'ils ont su trouver des voix, des échos, de la sympathie dans les quartiers populaires. C'est pas fameux comme perspective. Alarmant.

Aller tisonner le racisme chez les pauvres, c'est un truc vieux comme Hitler. Oubliez pas que le peintre viennois avait tôt compris le parti qu'on pouvait tirer du chômage. De la colère des pauvres. Du poids des impôts. L'un de ses slogans favoris n'était-il pas : « La maîtrise de la rue est la clé du pouvoir ? »

Social, Hitler. Souvenez-vous. Autostrades. Logements planifiés. Et Volkswagen, la voiture du peuple. En 1933, l'Allemagne affichait six millions de chômeurs. Des hommes désespérés étaient plantés au coin des rues de chaque ville industrielle. Amertume et angoisse. Et, plus grave que tout, les classes moyennes étaient également touchées. Ces personnes, employés, boutiquiers, petits commerçants, avocats et médecins les moins prospères, étaient menacées de perdre non seulement leur gagne-pain, mais aussi leur respectabilité.

Une situation assez comparable à celle qui germe dans la société française actuelle. Perte du pouvoir d'achat. Peur du chaos. De quoi faire lever à merveille une sorte de néo-poujadisme qui larve déjà les consciences. Un air du temps. Une inhalation permanente. Une capillarité qui irrigue de nouvelles couches sociales et les fait lorgner du côté de l'Ordre.

Tous symptômes que la gauche ferait bien de prendre en compte.

Faut-il rappeler que la politique catastrophe de la droite est tactique ? L'alarmisme a toujours été de mise pour mettre en place les pouvoirs forts. A ce titre, la xénophobie générale tombe à pic. Les aventures corses, celles que vit l'armée française au Liban, au Tchad et la recrudescence du terrorisme sur le sol national sont autant d'épines dans les doigts de la majorité. Créatrices de panaris, elles sont des lieux d'infection que l'opposition aime à voir s'envenimer.

 

Décidément, on se croirait à la veille d'une répétition de l'histoire. J'en veux pour preuve ce texte qu'écrivait Gregor Strasser, dans les Nationalsozialische Briefe, deux ans avant la prise du pouvoir par Hitler, et qui pourrait fort bien servir d'ordre du jour à notre extrême droite : « Tout ce qui peut nuire au système existant est assuré de notre appui... Nous poursuivons une politique de catastrophe — car seule une catastrophe, à savoir l'effondrement du système libéral, ouvrira la route à l'ordre nouveau... Tout ce qui peut précipiter la catastrophe du système établi — chaque grève, chaque crise gouvernementale, chaque coup porté à l'autorités de l'Etat, chaque blessure infligée au Système —, tout cela est bon, tout cela est très bon, pour nous et notre révolution allemande. »

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 11:20

 

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Révolution/ Contre-révolution

Le cas du 10 Mai 1790 à Montauban,

Documents, Analyse

 Gamin, j’étais fasciné par une gravure souvent présente sur les livres d’histoire : la contre-révolution du 10 mai 1790 à Montauban.

En résumé : une peuple révolté s’en prend à la garde nationale de la ville et tue plusieurs hommes, puis emprisonne les survivants, au nom de valeurs comme « le catholicisme religion d’Etat » etc.

Je pensais alors que la contre-révolution était portée par les seuls aristocrates et autres groupes dominants… mais le peuple tout de même ! Par la suite, l’exemple de la Vendée a repris à plus grande échelle le cas du 10 mai montalbanais.

Un peuple manipulé ? Un peuple trompé ? Mais pourquoi était-il plus manipulé et plus trompé que le peuple qui, lui, faisait la révolution ? Parce qu’il était acheté ? Parce qu’ailleurs les classes dominantes n’osaient pas se livrer à cette opération ?

Bien sûr, c’est une part de la réalité mais une petite part…

En fait, aucun automatisme sociologique n’impose à personne sa prise de position politique. Aussi, les rapports entre révolution et contre révolution ne peuvent se réduire aux circonstances sociales.

 Bref, pour comprendre, j’ai fini par rassembler de multiples documents de l’époque venant des deux camps afin de faire revivre les fantômes du passé.

Une façon très concrète de saisir l’importance nationale du 10 mai et un moyen pour que chaque lecteur se fasse son idée.

Toute la France avait les yeux braqués sur Montauban : de l’incroyable féministe Melle de Kérilio, aux membres de l’Assemblée nationale, tous donnent leur avis. De Bordeaux à Toulouse, tous les esprits et toutes les forces se mobilisent.

Ces documents prouvent que déjà, l’information joue un rôle central pour l’orientation de l’action.

Ensuite, vous lirez une analyse sur les rapports pour moi inévitables, entre révolution et contre-révolution.

Il serait vain de croire une révolution possible sans réaction d’une contre-révolution. Est-ce à dire que toute révolution est condamnée à la violence, celle imposée par la contre-révolution ?

 P.S. : 180 pages 15 euros sortie le 1 octobre


Sommaire

 Avant-propos et chronologie des événements, page 5

1 - Les événements

Proclamation de la municipalité de Montauban, p. 8

Commentaires des élus de Bordeaux, p. 12

L’exposé sommaire fait par la municipalité, p. 19

Le cri de la vérité, en soutien à la municipalité, p. 35

2 - L’action des catholiques

Les catholiques concernant la religion, p. 50

Anonyme : à propos de l’évêque

3 - Point de vue des victimes

Le point de vue de Baillo qui est à Paris, p. 59

Le point de vue des soldats, p. 66

Adresse aux femmes de Montauban, p. 90

4 - Les suites législatives

Le 19 mai 1790, p. 98

L’Assemblée nationale de juillet 1790, p. 110

Le témoin citoyen de Nîmes, p. 115

La ville de Toulouse le 30 mai, p. 119

Adresse de la municipalité, p. 123

Suites à l’assemblée en octobre aux Jacobins, p. 133

Présentation d’une gravure, p. 134

5 - Analyse des événements p. 135

6 - Des récits d’historiens

Daniel Ligou, p. 151

Mary-Lafon, p. 153

Taine, p. 163

Jaurès, p. 167

7 - Sur les personnages

Les gardes tués, p. 173

L’évêque, p. 174

Le maire, p. 176

Le commandant de la garde nationale, p. 177

Edouard Forestié, p. 178

8 - Hors-texte

Réflexion : révolution/contre-révolution p. 179

9 - Sources

 

Gravure, p. 184

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 14:21

 

                                 couv garcia

 

A Barbastro, Aragon, un hommage est prévu à Villacampa. Tout sur le site ci-dessous :

http://www.neofato.es/arasanz2013.htm

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 14:12

Le 14 septembre j’aurais aimé être dans la belle ville d'Arica pour y suivre la campagne de Marco Enríquez-Ominami. Il y abordait avec courage, en cette région frontalière, les questions de l’immigration. Le Chili et l’Argentine sont des pays qui reçoivent beaucoup d’immigrés et tout d’abord de Bolivie et du Pérou.

L’immigration, faut-il le rappeler, est une question mondiale et aussi ancienne que l’humanité. Partout elle suit le même chemin : des zones pauvres vers les zones plus riches.

Avec cette contradiction : ce sont les pauvres des zones riches qui la voient d’un mauvais œil.

Or les progressistes défendent les intérêts des pauvres, donc que faire ?

En appeler à la générosité ? Faire dans la morale ? Jouer la carte de la fraternité ?

Marco Enríquez-Ominami propose d’abord d’analyser la question.

54% des étrangers qui vivent au Chili viennent donc de Bolivie, Pérou mais aussi Argentine depuis la crise de l’an 2000. C’est le pays avec le plus fort taux d’immigration des Amériques (mis à part les USA bien sûr).

Il propose la création d’un ministère qui aura pour but d’étudier la circulation de l’immigration et de favoriser l’intégration, une intégration construite dans le débat avec les différents groupes. Intégration qui suppose une lutte en faveur de conditions sociales plus dignes pour des étrangers qui sont partout surexploités. Sans entrer dans le détail, disons que la stratégie de ce candidat et de ce parti atypique, est très pragmatique… pour garder des objectifs très progressistes.

 A Arica le nouveau maire Eduardo Piñones  appartient au Parti progressiste de Marco Enríquez-Ominami aussi le candidat a abordé les questions locales. Pas question de construire une nouvelle usine thermoélectrique dont le principe a été accepté par le gouvernement. Là encore nous nous trouvons face à un problème aujourd’hui bien connu en Amérique latine et qui porte un nom : « l’extractivisme », c’est-à-dire tout faire pour le développement de l’extraction des minerais et donc pour la production d’énergie nécessaire. Il était courageux de tenir un tel propos dans une ville dirigée par un de ses amis car généralement les élus plaident, au nom de la création d’emplois, pour cet extractivisme. D’autant qu’à Arica, le système électrique reste assez fragile. J’y ai été témoin d’une coupure pendant une bonne heure.

 Marco Enríquez-Ominami aurait aimé plusieurs débats télévisés thématiques dont un à Arica sur la politique de l’immigration, un autre ailleurs sur le pouvoir des multinationales du médicament etc. mais ses deux puissants adversaires s’y refusent. Je note qu’il appelle toujours « Concertation » l’union PS-Démocratie chrétienne qui se nomme pourtant à présent : Nouvelle majorité, car elle inclut le parti communiste.

 Aux précédentes élections Marco espérait devancer au premier tour le candidat de la Concertation qui était le démocrate-chrétien Eduardo Frei, car il pouvait capter beaucoup de voix de gauche. Cette fois, avec le retour de Bachelet qui se positionne de plus sur les thèmes que son parti a mis en avant, il espère devancer la candidate de droite pour être au second tour, mais il reste loin du compte. Marco et le PRO peuvent cependant observer qu’ils ont marqué des points : par exemple sur la mise en place d’une nouvelle constitution que Bachelet réclame aussi. Mais Bachelet voudrait la faire naître sans une nouvelle assemblée constituante… A suivre. JPD

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 13:28

J’avais imaginé que la coïncidence existant entre le redécoupage du département en intercommunalités plus grandes et le redécoupage des cantons donnerait un résultat cohérent. Bien que sachant parfaitement la marche forcée actuelle vers un nouveau féodalisme, je conservai un brin d’optimisme. Erreur !

Le Tarn et Garonne vient de découvrir (comme d'autres sans doute) qu’après plusieurs aller-retour entre la préfecture et le gouvernement, sa carte des nouveaux cantons (à valider le 6 octobre au Conseil général) est une nouvelle aberration. Même moi, qui pour des raisons professionnelles connaît les moindres coins du département, je ne m’y reconnais pas. Bruniquel dans le canton de Labastide St Pierre ! Même les plus fous n’auraient jamais envisagé pareille forfaiture !

la présentation précise : http://la-brochure.over-blog.com/article-les-15-nouveaux-cantons-du-tarn-et-garonne-121211157.html

Le système Sarkozy était sur ce point plus sérieux, plus solide et plus démocratique, même si je le trouvais mauvais !

Reprenons la question au point de départ : les cantons dessinés par la France rurale de la Révolution ont traversé les siècles avec quelques aménagements dans les villes pour équilibrer la répartition. Avec la France urbaine, ces aménagements ne tenant plus, il fallait tout changer. Les cantons avaient eu une réalité avec le certificat d’études passé au chef-lieu de canton, avec la gendarmerie installée au chef-lieu de canton etc. L'explosion finale du canton est venue de l’installation des intercommunalités qui auraient pu s’inspirer de ce découpage qui n’était pas abstrait. C’est d’ailleurs parfois ce qui arriva. Mon intercommunalité recoupe un canton pourtant peu évident. A côté une intercommunalité recoupe deux cantons.

Pour en finir avec les cantons Sarkozy avait fait voter un système où l’élection au conseil régional recoupait celle au conseil général. Des cumulards ont crié au scandale : comment assumer deux fonctions en une, quand eux en assument parfois dix sans y être obligé ! Nous savons comment s’empile en France les institutions…

Bref, je parle de nouveau féodalisme car les territoires sont devenus, et vont le devenir toujours plus, illisibles ! En la matière, la seule réforme solide était d’avoir des listes départementales pour le Conseil général ou alors de faire du Conseil général l’émanation des intercommunalités.

Comme avant 1789, le citoyen va devoir se tourner vers des lieux incompréhensibles suivant les démarches à entreprendre, les revendications à porter, les actions à mener. Avant 1789 cette désorganisation était né de la vie , elle nait aujourd’hui des pouvoirs et de leurs bricolages !

Malgré son absence de médiatisation (peut-être parce que Paris n’a pas de canton) l’élection cantonale était encore une élection à forte participation : cette participation va s’effondrer jusqu’au niveau d’une élection européenne !

Je m’oppose personnellement à toute idée du statuquo défendue par certains qui n’osent rien proposer, mais en même temps je refuse toute transformation qui devient un massacre ! Faut-il ou non en finir avec le département ? En Midi-Pyrénées le budget du Conseil général de Haute-Garonne est nettement plus grand que celui du Conseil régional car il y a des inégalités entre les départements, mais les départements sont des repères et une élection avec liste départementale aurait renforcé ce repère et rendu le choix électoral plus clair et donc plus démocratique.

Mais tout le monde l’aura compris, il fallait rassurer les caciques et en Tarn-et-Garonne autant dire que si des mécontents vont gronder dans leurs barbes, l’unanimité va toujours servir de façade. Pour la droite, Le Petit Journal a cru lire dans la nouvelle carte, une opération anti PS sauf qu’il faudrait savoir de quel PS il parle ! L’actuel député PS M. Moignard siège avec le PRG aussi un socialiste comme lui n’a rien à craindre (son nouveau canton et celui de Jean-Michel Baylet sont les plus cohérents).

De plus, le découpage devenait un enjeu encore plus fort, un canton c’est deux élus donc il va y avoir des ententes avec l’homme d’un parti et la femme de l’autre. Les premiers qui devront s’entendre dans mon département sont le PS et le PRG. Ce qui fait que pour les 15 nouveaux cantons, je peux déjà dire le nom de 10 élus inévitables, mais sans connaître le nom des 10 femmes qui vont les accompagner. Sur ce point, candidates, préparez-vous, vous allez être sollicités… pour accompagner ces messieurs les caciques.

 

Les conséquences de ce redécoupage me paraissent aussi considérables et catastrophiques pour la démocratie que l’inversion du calendrier électoral voulue par Jospin qui plaça les législatives à la remorque des présidentielles ! Jean-Paul Damaggio

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 13:23

Gamin, j’étais passionné par les grandes figures de la Révolution. Puis très vite, la révolution à Montauban est devenue mon sujet d’études. Et surprise, j’y découvre des sans-culottes ! Gamin, la sans-culotterie c’était le peuple parisien et voilà que je découvre que presque chaque commune avait aussi ses sans-culottes. Pour Montauban, la chance inouïe pour l’historien, ce sont les multiples sources conservées qui représentent trois pages de ma publication sur le sujet. Partons à la rencontre de tels inconnus qui firent l’histoire. A l’approche du bicentenaire de la mort de Jeanbon Saint-André, ce sera une façon de voir d’où est venu ce dirigeant politique. J-PDamaggio

 De 1981 à 1991 j’ai publié en autoédition cinq livres entrant dans le projet de cinq dialogues.

En voici la liste ainsi présentée à l’époque dans le livre sur les sans-culottes en 1985 :

1 - Les démocrates du Tarn et Garonne (1848-1851). Ce travail a fait l'objet d'une publication partielle dans les numéros 12 et 13 de la revue: Cahiers d'Analyse Concrète. Il fera 1’objet d'une nouvelle publication plus complète en conclusion de la série des cinq dialogues projetés. (questions à la politique).

2 - Mary-Lafon (1820-1884) Quel combat ?  Ce travail terminé en septembre 84, publié en septembre 86. (questions à la culture)

3 - Les sans-culottes (travail que vous avez entre les mains)

Le chapitre 9 de ce travail a fait l'objet d'une publication dans la revue Lengas en Juin 1985 suite à un colloque d'Obradors d'Octobre 1984 (questions à la démocratie)

4 - Un Cladel qui crie (1835-1851) Texte pour les adolescents ou les adultes qui savent l'être, à partir de l'étude de l'enfance de Léon Cladel. Pour Septembre 88. (questions à l’enfance)

5 - Le Tarn et Garonne du Grand Retournement (1970-1990) témoignage sur une époque. (questions à la société)

 En guise d’introduction pour le livre sur les sans-culottes j’écrivais : RASSURANCE

Ce livre est sans garantie. Aussi je ne propose qu'une « assurance ». Prévu pour une centaine de personnes il est par là même, dévalorisé. Un livre, que je le veuille ou non, c'est d'abord une marchandise qui traîne sur l'étagère d'un marchand (ou qui n'y traîne pas). Si une main traîne sur la même étagère le livre peut prendre vie. Et si des milliers de mains traînent sur le même livre alors, peut-être écrira-t-an des livres sur ce livre. Tel est le circuit de la garantie et je n'en fais pas partie, aussi le lire c'est déjà bousculer son confort intellectuel.

La première partie est une présentation d'une bonne dizaine de sans-culottes montalbanais. Ecrire l'histoire avec des hommes du peuple !

La deuxième partie est moins engageante encore. Il s'agit de notes inscrites autour de 20 mots présentés dans l’ordre alphabétique.

Je n'ai pas osé mettre d'annexes car des annexes à un travail aussi marginal…

Un deuxième tome viendra s'inscrire dans l'intervalle entre les deux parties du premier. Il donnera une vision plus large du sujet (confrontation plus poussée avec les autres forces politiques, insertion dans 1'ensemble de la période révolutionnaire, rapports avec la pensée des révoltés de la guerre des farines de 1775 à Montauban, et enfin comparaison rapide avec la ville de Nîmes. Ensuite il formulera des analyses plus précises sur les rapports entre la révolution et la démocratie.

Si vous avez franchi les obstacles du temps de lire, du type du livre vous êtes en droit de vous demander si le sujet n'a pas déjà été traité quand on sait que l'idole des sans-culottes montalbanais (Jeanbon Saint-André) a eu droit à plus de 1000 pages de la part de Lévy-Schneider et que la période de la Révolution Montalbanaise a eu droit à 700 pages de la part de Daniel Ligou. Si ces deux livres devaient être un obstacle à la poursuite de la recherche historique ils auraient manqué leur but! Comme il n'en est rien je retourne astucieusement votre crainte en disant que les deux livres prouvent presque à l'avance l'importance de la Révolution à Montauban et la place non négligeable qu'y a tenu la sans-culotterie.

Je me suis livré à cette recherche avec passion et une réelle sympathie pour le combat des hommes que j'évoque (pour les hommes aussi d'ailleurs). Qui dit que sympathie signifie complaisance quand on s'efforce de s’en tenir aux lois de la recherche historique ?

Pour terminer cette « rassurance » j'affirme que le sujet évoqué n'est en rien une version d'histoire locale de 1'histoire nationale. Je ne souhaite pas un bicentenaire commémoratif mais actif c'est à dire producteur de recherches réelles. Nous sommes assez forts pour en finir avec les mythes et en particulier avec ceux qui nous laissent muets !

Sommaire

(J'indique que pour suivre la chronologie, le lecteur, avant de se perdre dans mes confusions, peut se reporter au dernier document ou s'en fabriquer un à sa convenance)

Première partie : Personnages

1 Bonhomme - Dély artisans de la révolution

2 Gautier un fonctionnaire de la révolution ?

3 Les femmes dans la révolution (1)

Les femmes dans la révolution (2)

4 Samuel conté : un bourgeois insolite

5 François Pastoret parole en révolution

6 Verdun sur Garonne encore des sans-culottes

7 La terreur

8 Vincent Delbrel révolution à venir

9 Gautier-Sauzin langue et révolution

10 Portraits concluants ?

Deuxième partie : Mots

1          ARMEE REVOLUTIONNAIRE (l'impossible rencontre ?)

2          BONHEUR (peut-être moderne ?)

3          COMMUNICATION (distance paris-Montauban ou Montauban-paris)

4          DEMOCRATIE (quand elle n'en finit pas...)

5          EGALITE (donc différence)

6          FORTUNE (en abrégé)

7          GIRONDINS (de la gironde au girondisme)

8          ITINERAIRE (d'un homme par exemple)

9          JACOBINS (qui, comment et pourquoi)

10        KARL (prénom d'un certain marx)

11          LOIS (un symbole enfin !)

12         MEMOIRE (un historien pleure sur son sort)

13         PEUR (pour vous inciter à lire le monde au pluriel)

14         POLITIQUE (quelle politique ?)

15         RIRE (au sérieux)

16-        SYSTEME (inattendu)

17         UNIVERSEL (de l'unité avant toute chose)

18         Vue réaliste de Volker Braum

19         Présentation du Comité

 

20         Brève chronologie locale et nationale.

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 12:22

Je viens d’entendre Jean-Michel Baylet : s’il est seulement sénateur il va perdre le contact avec le terrain ! Car ce contact n’est possible qu’avec un mandat en poche ? S’il n’avait pas en tête que connaître la vie c’est seulement par le moyen de l’exercice du pouvoir, il pourrait dire l’inverse : être seulement sénateur permettrait de passer plus de temps auprès des citoyens !

Comment fait-il pour tout faire ? Il délègue ! Donc d’autres font le travail et lui récupère les honneurs ? S’il délègue le travail qu’il délègue les fonctions !

Précisons que sans être ni député, ni sénateur son ami Martin Malvy cumule encore plus ! Car on ne cumule pas que les mandats électifs mais aussi les présidences en tout genre d’organismes divers.

 

Dans le club très fermé des « dix présidences » on travaille en famille. Tristesse !

Jean-Paul Damaggio

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 21:31

Je suis un client de la Poste, j’ai même une carte Pro. Malheureusement hier je n’étais pas chez moi pour récupérer un colis. Il suffisait que je me présente ce matin à mon bureau de Poste et l’affaire était réglée. Au bureau je découvre qu’exceptionnellement c’est fermé et que je peux aller au bureau à côté. Avant de faire quinze kilomètres, je reviens chez moi, pour téléphoner au bureau de Poste et là, phénoménal, je découvre que c’est impossible !

Tous les bureaux de poste ont un seul numéro 36 31. Même Montauban !

Vous imaginez la suite…

Tapez 1, Tapez 3, un conseiller va vous répondre…

Bien sûr, mon colis n’a pas suivi dans la Poste suivante puisque la fermeture est exceptionnelle. Une exception si fréquente que c’est l’ouverture qui va devenir exceptionnelle !

En effet, le Bureau est ouvert quatre matinées : si vous en manquez une, il en reste trois.

Par chance le colis n’est pas arrivé un vendredi matin car si je l’avais raté, j’aurais dû attendre jusqu’au mercredi !

Et qu’importe mon cas personnel ! Le problème c’est que le service est massacré pour tout le monde !

 

Et chaque jour ça empire ! Jusqu’à quand ? Jean-Paul Damaggio

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 20:33

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El Austral du Lundi 15 février 2010 a publié cet article Temuco aplaudió trayectoria de Daniel Salinas écrit par SHLOMIT MATUS FIGUEROA qui nous donne des nouvelles de Daniel Salinas, poète et chanteur, survivant du 11 septembre 1973.

A Temuco les Amis de l’arbre organisent des concerts. Ce dimanche là, venu d’Angol, c’est le groupe « El Alba » animé par Daniel Salinas qui a régalé les présents.

Ce groupe travaille depuis 1998 : à son actif il a 200 créations. Voici une heure je ne savais pas qui était Daniel Salinas mais l’ami Castelsarrasinois m’a mis au courant. Une histoire chilienne de plus.

Son frère était garde du corps d’Allende et il est mort aux côtés du président.

Daniel était le plus jeune député et il décida de se cacher. Puis un jour, pour que les autorités cessent d’inquiéter ses amis, il partit se rendre. Mais en approchant de la caserne, un soldat le reconnaissant lui intima l’ordre de partir car il avait l’ordre de l’abattre sans hésiter.

Sauvé par un soldat… puis par un prêtre. Voilà comment les moustaches de Daniel Salinas se retrouvèrent sur le pavé parisien.

L’ami Philippe Dumoulin se trouvant un jour à Angol, le responsable du journal local, Renacer, heureux de savoir qu’un Français était dans le secteur vint l’interroger. C’était Daniel Salinas ! Et Philippe resta trois jours de plus dans la ville.

 

En fait il semble qu’à présent Renacer ait été absorbé par le consortium qui possède La Estrella de Arica ou La Estrella de Iquique que j’ai eu l’occasion de lire. Quand on va à http://www.renacerdeangol.cl/ on tombe sur El Austral de la Auracania. Comme très souvent au Chili le site internet des journaux c’est la version papier sans archive, sans moteur de recherche donc impossible de savoir le travail qu’a pu y faire Daniel Salinas.

 Voilà, juste un moment d'émotion avant de regarder ce soir le reportage sur la mort de Victor Jara. JPD

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:02

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 Livre à paraître dans trois semaines qui raconte comment deux enfants vivent la fin de leur ville. 140 pages avec 70 photos. 15 euros. Une suite au livre sur le Chili.

Mon ami René Merle a publié sur son blog quelques éléments du folklore des Amériques et vient de recevoir un commentaire émouvant que vous pouvez y lire (les merveilles d’internet sont dans de tels messages). Ce commentaire pose la question du nom de ceux que les Québécois appellent autochtones, en observant que René a évité le mot « indien » qui matérialise un erreur de Christophe Colomb. Cette question des noms aux Amériques est un des révélateurs puissants de nos sociétés. Pas seulement par ce qu’en français on nomme des Amériques, mais par ce qu’en France et ailleurs on nomme au sujet des produits venus des Amériques.

Je m’explique : La Colombie pays de Colomb ? L’Argentine pays de l’Argent ? Pour le Pérou, c’est aussi le nom donné par les colonisateurs mais avec un terme de la région. Quant à la petite Venise, dite Venezuela…

Mais bon, il s’agit là de réalités géographiques, ce qui importe moins que les réalités humaines. Cessons donc de dire les Esquimaux pour les Inuits sauf que la dignité, si elle commence par le nom ne s’arrête pas là.

Un des Péruviens qui s’est affronté à ce problème, jusqu’à ce suicider, s’appelle José Maria Arguedas et le lire tout comme l’Equatorien Icaza reste d’actualité.

Le Nouveau Monde n’était nouveau que pour les Européens, pas pour les autochtones. Etant si nouveau, il était peuplé de « sauvages » donc ils ne pouvaient nous apporter… le maïs, la pomme de terre et j’en passe.

L’origine des céréales étant palestienne, le maïs ne pouvait venir que de cette région d’où ce nom du vieux français que l’on trouve au Québec : blé d’Inde (où on retrouve les Indes), qui en italien donne granoturco (littéralement grains turcs). Et nous pourrions jouer à cette quête des noms, pour tant de produits !

Pour moi, défendre la dignité des autochtones passe aussi par la reconnaissance de leurs talents agricoles comme ouvriers. D’où la publication du livre dont vous avez la couverture en image et sur lequel je reviendrai prochainement. Qui sait que, sans les indigènes des Amériques, nous n’aurions pas eu le développement de notre agriculture (par les produits et les engrais) et que sans eux nous n’aurions pas eu non plus les facilités apportées par le cuivre. Et là je ne parle pas des temps anciens mais bien des temps modernes.

 

Des Indigènes des Amériques s’insurgent contre les musées construits parfois à la gloire de leur passé, et qui oublient les talents de leur présent. J’ai découvert ce phénomène en décembre 1975 au Musée Anthropologique de Mexico, mais, pour mon plus grand plaisir, le Musée de Lambayeque découvert au Pérou vingt après fait le lien à merveille entre toutes les époques.

 

 

Et comment ne pas conclure par cette aberration qui elle n’est ni Italienne, ni Espagnole, qui veut qu’on appelle en français, Amérique, une petite partie du continent ! Les habitants des USA sont des Etasuniens ou des Nord-américains, mais en aucun cas des Américains sous peine de changer la nature des Brésiliens, des Chiliens et de tant d’autres qui sont aussi des Américains ! Mais là aussi le changement de vocabulaire n’est pas pour demain. JPD

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