Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 10:24

le-pen-kO-copie-1.jpg

marine-a-coule-copie-1.jpg

Toutes les semaines le journal du PG est rempli à moitié par l’édito immanquable de François Delapierre qui, je le crains, n’a pas le temps de se relire. Pour Brignoles l’explication est éblouissante : c’est le fait que le candidat PCF soit dès le premier tour soutenu par le PS qui est cause de tout. Une explication éblouissante qui fait suite à tant d’autres dont j’ai retenu les titres en images (deux titres suite à l'action de Mélenchon pendant les présidentielles où il a suffi d'un débat télévisé pour couler Marine).

J’apprends même que c’est l’unanimité au sein du PG pour des listes autonomes du PS au premier tour ! Car en effet Delapierre aime l’unanimité ! Celle de la voix unanime, la sienne qui remplit la colonne de son journal. Depuis des décennies, je suis pour des listes autonomes de « l’autre gauche » mais faut-il encore que ce soit possible ! Et je rappelle qu’au second tour, Delapierre est d’accord pour le rassemblement le plus souvent, derrière le PS… (sans conditions ? comme Mélenchon pour Hollande ?). Mais bon aujourd’hui l’essentiel de l'article c’est l’analyse du FN. Et cet article n’en contient aucune. Jean-Paul Damaggio

 

La torgnole de Brignoles François Delapierre

Que faut-il de plus ? La déroute de Brignoles démontre en grandeur nature l'impasse de la stratégie du rassemblement sans contenu face au FN. Dans ce canton, le candidat PCF arborait aussi le poing et la rose. Il le faisait, convaincu de la puissance bénéfique du talisman qui allait bientôt le frapper. On vit ainsi les militants communistes brignolais user leurs semelles à distribuer dans toutes les boîtes l'appel mortifère d'Harlem Désir à voter pour leur candidat. Quel contresens ! Dans toutes les dernières partielles, locales par nature, chemine une recherche qui est, elle, nationale. La colère, la déception, le désarroi qui n'ont cessé à juste titre de monter contre ce gouvernement, cherchent leur chemin. À tâtons, comme ils le peuvent, là où surgit une ligne de force ou un interstice assez large pour être perçu et exploité. C'est l'explosion de l'abstention, que l'on aurait tort de prendre pour un silence politique car elle exprime pour une large part le rejet profond du système. C'est le vote pour l'extrême-droite. Comment serait-ce le vote pour le Front de Gauche si celui-ci oublie sa raison d'être ? S'il fait mine de croire au « rassemblement de la gauche » avec les représentants d'un pouvoir qui habille de ce nom la soumission au MEDEF et le mépris des attentes populaires ?

Cette conviction en la nécessité impérieuse d'une voix autonome face aux solfériniens est massivement partagée au sein du Front de Gauche. Si le PG la porte unanimement, elle est en réalité le cœur de nos textes communs. Et je ne changerais pas une ligne à la réaction de Marie-George Buffet au soir du désastre dimanche dernier. « Voilà aussi l'urgence d'une alternative claire à gauche. Face au danger, l'heure est moins à l'appel au front républicain sans contenu qu'à une mobilisation sans précédent sur les contenus d'une politique de gauche redonnant sens et efficacité à la politique dans la vie quotidienne de nos compatriotes. Voilà, pour moi, c'était cela la raison d'être du Front de gauche, qu'est-il devenu ? »

 

Un hasard cruel fit que les Brignolais votaient au moment où le conseil national du PCF discutait des municipales. Pierre Laurent y déclara que « le maître mot ce n'est pas autonomie, c'est rassemblement. » Mais quel rassemblement peut-on construire sans autonomie sinon la confusion destructrice de Brignoles ? Quel est le sens d'une union qui interdirait de proposer au peuple une alternative européenne, nationale et locale à l'austérité qui le frappe et que manient à tous ces niveaux les faces de pierre avec lesquelles il faudrait se rassembler ? C'est le mouvement qui permet le rassemblement. C'est la clarté qui produit la discussion. C'est l'intransigeance qui crée la confiance. Le Front de Gauche n'est pas une juxtaposition électorale. C'est une stratégie de politisation du peuple. Nous n'avons jamais placé nos espoirs dans une diplomatie interne à « la gauche », car nous avons rompu avec l'illusion que le PS pourrait évoluer favorablement par l'effet de nos arguments, aussi puissants soient-ils. Nous avons créé depuis le premier jour le Front de Gauche pour demander aux citoyens de trancher les immenses controverses qui nous opposent au PS. S'ils nous trouvent excessifs et sont prêts à accompagner la politique de Hollande, eh bien qu'ils votent pour ses représentants. Mais s'ils veulent une autre politique, une autre culture, une stratégie de résistance, le bulletin Front de Gauche se présente à eux rempli de confiance et éblouissant de clarté. Ce n'était pas le cas Brignoles. Cela doit l'être aux municipales.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans front national
commenter cet article
17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:23

                   1790.jpg

 

L’ennui avec les révolutions c’est qu’à abattre les privilèges, elles font oublier leur existence surtout que ne manquent jamais à l’appel ceux qui aident à cet oubli !

Moi-même j’ai du mal à imaginer l’immensité des privilèges antérieurs à 1790. Par exemple : retrouver le nom du marquis qui était propriétaire du Moulin de Moissac c’est comme un choc. L’immensité de ce moulin. La puissance de ce moulin. Et bien sûr, marquis oblige, une entreprise à privilèges !

Et le cloître acheté par le secrétaire de mairie qui en fait cadeau à la municipalité !

Et partout cette domination d’une caste. Comment ne pas admirer ceux qui brûlèrent les châteaux ! Ils en avaient gros sur la patate à travailler depuis des siècles pour la caste.

Pourvoir politique, économique, social, religieux tout le monde était sous contrôle.

Alors c’est quoi la révolution ? Oui, c’est quoi la révolution ? L’explosion d’expressions diverses, multiples, variées… Des brochures, des placards, des livres, des journaux. Partout des brochures, des placards, des livres des journaux. La contre-révolution gagne le jour où tout rentre dans le rang ! Le jour où les innombrables sociétés populaires sont obligées de mettre la clef sous la porte. Pas à cause d’une fatigue quelconque induisant une désaffection. A cause de la "loi" car ceux-là même qui étaient contre le principe des lois les utilisèrent ensuite pour tuer la démocratie.

Pour revenir à l'actualité : en Tarn-et-Garonne, face au quotidien régional, est né un jour le Petit Journal qui, comme les tentatives précédentes, se devait de mourir avant l’âge de raison. A la grande déception de Jean-Michel Baylet non seulement ce journal s’incrusta mais il fit des petits dans la plus grande partie des départements du Sud-Ouest ! Il annonça le débat sur 1790 ce que se garda bien de faire la Dépêche du Midi. Peut-être la prochaine fois car bien sûr la question n’est pas close. Nos marquis d’aujourd’hui finiront pas s’épuiser, à force de se raconter trop d’histoires.

Jean-Paul Damaggio

 

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:21

maison-bege.jpg

Je ne connaissais pas cette dénomination venue, non d’une décision municipale, mais de la rumeur publique. Pensez, un carrefour qui s’appelle le Cœur du maire ! Il y a eu à un moment un massif en forme de cœur…  mais trêve de massif, il fallait faire un rond point. Et c’est galère car ça dure, ça dure… Puis à un moment une partie s’est ouverte à la circulation mais malheur ! une maison juste là où il ,e fallait pas s’est mise à brûler et la façade risque de tomber sur la route ! Cette maison dite maison Bégé fut en son temps le repère de la fête, des loisirs et des rencontres. Salle de bal, cinéma, des anciens se souviennent de grand-mères allant en 1905 en ce lieu de réjouissances. La maison que l’on voit sur la photo tomba ensuite dans l’ordre du populaire puisque rachetée par l’Usine, elle abrita des ouvriers. Aujourd’hui, comme le mur risque de tomber, la circulation est rendue impossible sur la rue. Et ça va durer ? Le 20 octobre le rond-point devrait enfin être opérationnel mais la maison à abattre risque de gâcher la fête du retour à la normale.

 

Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:19

 

 poste.JPG

Aujourd’hui je suis resté un moment devant la Poste de Castelsarrasin fermée jusqu’à lundi. Autant dire la surprise puis la colère des clients arrivant devant la porte. Non, ce n’était pas une grève mais voilà La Poste de Castelsarrasin va être en travaux et la Poste provisoire n’est pas en place ! Or les travaux en question n’ont pas été décidés hier matin puisqu’il y a un arrêté municipal datant de juin 2013 ! Car en effet, on ne manque pas d’informations sur la porte comme le montre la photo…

Pour les horaires du bureau provisoire il y a eu un acte manqué : il a fallu ajouter à la main l'horaire du lundi matin !

J’entends des amis me dire : « Arrête de taper sur la Poste. C’est un service public donc ne fait pas un fromage de quelques dysfonctionnements ! Tu sers les intérêts de détracteurs du service public ! » Comme quand j’étais communiste et qu’on me répétait : « Ne critique pas l’URSS, tu sers les intérêts des USA ! ». Depuis l’URSS n’existe plus et ce n’est pas l’effet de mes critiques !

 

Et aucune crainte : dans le bureau provisoire qui va être mis en place, ça va être la galère, mais vraiment la galère dans la sous-préfecture !

 

Soyons clairs : pour ne pas nuire au service public on ne dit rien et donc on prend les gens pour des imbéciles, soit on dit sa colère et alors on est crédible pour demander un autre fonctionnement du service public. Imaginez une banque faisant des travaux : les guichets provisoires sont en place avant l’heure H !

 

Nous grand quotidien local avait averti en indiquant qu’on peut aller à Moissac. Sur la porte de La Poste ils n’ont pas osé donner cette indication. Le bureau de Saint-Aignan est plus prêt.

 

Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 13:30

 

                             gebelin chapeau

                          gebelin-blog.JPG

 

Chronique de Michel Veyres sur Les Nouvelles du Tarn et Garonne

SALUONS, CHAPEAU BAS, PÉTRONILLE CANTECOR

 A l’entrée de Caussade, en venant de Montauban, une sculpture rappelle le souvenir de l’industrie chapelière. C'est le moment de faire appel à Jacques GEBELIN qui y a consacré un travail, publié en 1895. Celui-ci, professeur de géographie à la Faculté de lettres de Bordeaux décède dans sa maison, à Réalville le 15 septembre 1898, nous précise Jean-Paul DAMAGG1O.

Nous avons donc un essai qui débute par une présentation du département. Nous pouvons noter les cultures pratiquées alors comme le blé, le maïs... et. retenons notre souffle « les raisins chasselas, dits de Montauban qui se sont faits un nom sur le marché de Paris »...

Et « si Montauban réunit un assez grand nombre d'industries », Septfonds en a une seule, mais d’importance car chacun doit alors savoir que « Septfonds est bien la capitale d'une grande industrie » celle du chapeau de paille.

Tout d'abord il convient d'en rechercher l'origine. C'est une bergère de Septfonds, Petronille CANTECOR, qui en est l'inventrice Le savant géographe nous conte comment cela vint, comment « un petit commerce de détail commença ». Nous sommes alors en 1798, durant la période révolutionnaire. Et peu à peu l'artisanat devient industrie, « le cercle des affaires s'élargit » ... jusqu'à Toulouse. Des manufactures sont créées, le chapeau de paille est porté par les hommes comme par les lemmes. Toutes les catégories sociales le portent. Divers progrès techniques contribuent au développement. Ainsi, en octobre 1895, Septfonds compte 26 établissements de différentes tailles employant environ 1200 personnes. La réputation devient internationale. La population s’accroît : les nombres sont révélateurs. Des fortunes naissent. Et le travail du chapeau gagne les localités voisines comme Caussade… La matière première vient non seulement des environs proches mais aussi de l'étranger, de Chine même. Un souci émerge que nous relevons : « Affranchissons nos fabriques de l'intermédiaire de l'étranger... » et « Bordeaux est le port désigné du Bas-Quercy.

Des ambitions s'expriment !

Une notice biographique de Jacques GEBELIN nous donne l'étendue de ses compétences et de son savoir et des travaux réalisés. Les obsèques célébrées par le pasteur se déroulent à Réalville. Des lettres de condoléances vinrent de France, de l'étranger.., montrant l'importance du savant.

A noter quelques pages du journal « Le Républicain » qui apportent quelques précisions, un complément, à l’industrie du chapeau.

L'image d'un temps.

 

Michel Veyres

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 20:56

                julie

Le dessin : Julie, détail du dessin de Carmontelle, Musée Condé, Chantilly

 

Dans le cadre des conférences de l’ASPC, grâce à Christian Stirlé aidé pour les lectures par Jacky Ouardes, le public a pu découvrir la vie de Julie de Lespinasse (1732-1776).

Cette femme témoigne de la richesse des salons parisiens du XVIIIème siècle où des femmes organisaient les rencontres les plus diverses entre tout ce que la ville contenait d’intelligence (certains cependant étaient exilés). Et au cœur des ces débats du siècle des Lumières le double amour de Julie de Lespinasse : celui, partagé, pour l’Espagnol Mora et celui qui l’est moins pour le Montalbanais Guibert. Il a donné son nom à une caserne de la ville mais il n’est pas assez connu pour ses immenses talents.

Julie écrira beaucoup de lettres et en recevra autant et c’est cette correspondance, publiée par la veuve de Guibert qui, pour débuter le romantisme du XIXéme, permettra de la faire connaître.

Au soir de sa vie (Julie meurt à 44 ans), D’Alembert sera encore là pour la consoler.

Le parcours biographique présenté par Christian Stirlé, accompagné de la lecture émouvante d’extraits de lettres ont permis de bien faire connaissance avec ce personnage exceptionnel
A la question : pourquoi une publication si tardive ? Christian Stirlé lira en réponse la préface aux lettres publiées dernièrement, préface écrite par Chantal Thomas : la pudeur, et le fait que les femmes avaient peu de place dans l’édition.

Une lecture croisée avec l’œuvre d’Olympe de Gouges aurait quelque intérêt puisque les deux femmes furent des « bâtardes », ont animé des salons et fréquenté les intellectuels. Sauf que chez Julie tout tient à ses états d’âme alors que chez Olympe tout tient à l’âme de l’Etat.

 

Jean-Paul Damaggio

Bernard Ouardes au moment de la présentation de la soirée.

                Stirle.jpg

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans olympe de gouges
commenter cet article
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 14:46

Voici avec le lien vers l'association avec le compte-rendu du débat sur le pont de Bourret.

Allez voir ce site (en cliquant sur nos activités) qui est très riche. JPD

NOS ACTIVITES

Le samedi 5 octobre dernier à la mairie de Bourret, a eu lieu une conférence avec projections d'images sur les ponts Gisclard. La conférence était animée par Bernard Ouardes, historien castelsarrasinois, et par Nadine Preece-Beaudonnet, auteur du livre sur le pont. 

Cette première manifestation, avec un public de 37 personnes, est un demi-succès! A nous d'en tirer les leçons !

Notons la présence de personnes venues de communes voisines et de plus loin.

Cela témoigne de l'intérêt qu'alentour certains portent à notre travail, de l'intérêt que portent aussi les Bourretois à notre association.

La première partie, présentée par Nadine Preece, était axée sur l'histoire et l'avenir du vieux pont classé aux monuments historiques en 1994, pont sur lequel aucune restauration n'a eu lieu et qui semble être voué à l'abandon jusqu'au jour où il s'écroulera.

Bernard Ouardes présenta ensuite l'histoire du pont de Tressasses, aujourd'hui démoli, en retraçant les péripéties depuis l'époque des bacs jusqu'à sa démolition. Il expliqua même les techniques employées par Gisclard, et les enjeux de ces ouvrages quand il fallait  permettre à des charges de plus en plus lourdes (des trains par exemple) de traverser les cours d'eau !

Gageons que les performances de notre association s'amélioreront vite.

En tous cas remercions le public présent pour sa participation attentive , pour la pertinence de ses questions lors des débats, et remercions les conférenciers! 

 

Merci à Nadine Preece et à Bernard Ouardes pour la qualité de leurs interventions, appréciées de tous.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 12:13

Je relaie un travail exemplaire sur le pont de Bourret qui à partir d'un exemple visite l'ensemble des ponts Gisclard. Avec un regret : aujourd'hui même les piétons ne peuvent emprunter ce pont. JPD

http://www.timbresponts.fr/articles_et_publications/les_ponts_gisclard.htm

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 22:09

Je retrouve cet article qui fait parfaitement écho au film largement diffusé ces derniers mois sur la campagne marketing basée sur la joie qui a permis la victoire du non en 1988. Cet article était une analyse parfaite de la réalité chilienne quand on le lit 25 ans après. JPD

 Autogestion-Alternative N°233 31 octobre 1988

Chili : La victoire du NON

"La allegria ya viene"

"La allegria ya Ilego"

Paris "Radio Latina" 5 octobre 23h30 Eduardo Olivares dans le studio d'enregistrement nous fait taire : Le Chili à l'antenne" "Coopérativa" ou "la Chilena" annonce : "Un sondage à la sortie des urnes de la SOFRES - l'Evénement du Jeudi - Institut chilien Diagnos donne 60% pour le Non". Tout le monde ici - 85% de Chiliens - était tellement convaincu de la victoire que cette annonce ne provoque pas une clameur de joie et puis ce n'est qu'un sondage. Malgré tout, les sourires de soulagement sont sur tous les visages derrière la vitre du studio. Autour d'Eduardo - journaliste chilien animateur de cette nuit du plébiscite - les échanges à l'antenne reprennent, mais sur un autre thème -l'après plébiscite gagné; J.F. Kahn et J.M. Bouguereau de l'Evénement du Jeudi, un journaliste de RFI, le secrétaire général du MRG et moi, expriment leur opinion plus ou moins prudemment. Que va faire Pinochet ? Du Chili, de temps en temps, arrivent les premiers résultats partiels du dépouillement : le décompte parallèle du "Commando por el No" donnant une avance de 10% pour le Non, ceux officiels du Ministère de l'Intérieur inversés; le temps s'écoulant le ministère de l'intérieur fait de moins en moins entendre sa voix puis devient complètement muet. 2h30 du matin, les résultats de plus en plus nombreux annoncés par le "Commando" confirment la victoire du Non, 53%. Les dirigeants du "Commando por el No" se succèdent en déclaration, ceux du régime restent coi. Pas de doute c'est gagné. La participation dépasse 90%, les blancs et nuls sont faibles, le rapport No et Si donne 57% No, 43% Si.

Dans les manifestations d'avant le 5, les partisans du No criaient "La allegria ya viene" - la joie vient - après le 5, "la allegria ya Ilego" - la joie est arrivé".

Hypothèses sur le futur politique à court et à moyen terme

Pour la classe politique chilienne la victoire du Non est la défaite avant tout de Pinochet; cette opinion est partagée aussi bien par les partis de droite ayant fait campagne pour le Si que ceux de l'opposition. Toute la campagne du Si a été axée sur la personne de Pinochet et Pinochet lui-même à la télévision a dit que l'enjeu du plébiscite était le choix entre lui et Ricardo Lagos qu'il avait pris pour cible. Aussi dès le lendemain du plébiscite Pinochet passait au second plan, à tel point que des politiciens de droite comme Jaime Guzman, idéologue du régime, Onofre Jarpa et Andrès Allamont, dirigeants du parti Renovacion Nacional, s'adressant "aux secteurs démocratiques de l'opposition", disaient ne pas être opposés à une réforme éventuelle de la constitution pour aller plus vite vers le choix d'un nouveau président. Dans une déclaration la conférence épiscopale de l'Eglise chilienne, appelle elle aussi à "une modification de certains articles de la Constitution". Quant aux autres membres de la Junte, il est de notoriété publique qu'ils ne sont pas de fervents soutiens à la personne de Pinochet.

Pour toutes ces raisons, au Chili, nombre d'acteurs et d'observateurs de la vie politique chilienne pensent qu'il y a peu de chances que Pinochet termine le mandat que la Constitution de 1980 lui accorde et qui doit se terminer le 11 mars 1990.

Un dernier argument avancé est qu'il n'est pas dans la tradition de l'armée chilienne qu'un chef des armées reste en place après une défaite ; mais avec Pinochet... et le poids de la présence des militaires dans la haute-administration de l'Etat et dans les organismes paraétatiques - TV, université.....

Sur un autre plan, celui de la politique économique et sociale, le temps des envolées sur le socialisme révolutionnaire n'a plus cours. La politique économique du Chili n'a pas été un sujet de la campagne plébiscitaire et ne serait pas remise en cause fondamentalement par l'équipe alternative au pouvoir actuel quelle soit centre-gauche avec la DC comme noyau ou gauche modérée avec le PPD. Cette équipe voudra protéger les investissements et mènera une politique sociale basée sur des réformes démocratisant l'enseignement et la santé, sur une amélioration de la protection sociale et sur une meilleure répartition du revenu national.

Pas plus qu'en Argentine, les responsables de la répression seront peu touchés, l'énorme majorité du peuple chilien ne voulant plus de violence.

Aussi je pense, que comme les autres pays latino-américains qui se sont séparés de leur dictature, les Chiliens voteront pour une majorité DC et/ou social-démocrate. Ricardo Lagos semblerait actuellement le mieux placé des hommes politiques chiliens pour mener cette politique et ce pour de multiples raisons :

- sa fermeté face à Pinochet.

- le fait qu'il a été sa cible principale.

- le ralliement à sa personne, semble t-il, d'Almeyda (actuellement en prison à Santiago), populaire, chef de la tendance du PS considérée la plus à gauche.

- le manque de personnalité relativement jeune et dynamique dans les rangs de la DC.

- il n'est pas considéré comme un idéologue.

Comme on peut le constater le socialisme autogestionnaire au Chili n'est pas encore pour demain.., à moins que je ne me sois trompé dans mon analyse de la situation, ce dont je me consolerais facilement.

Guy Mansuy

Paris le 13 octobre 1988.

 

Radio Latina émet les matins en FM 99 Mg h

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Chili
commenter cet article
14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 22:04

La Revue de Paris en publiant pendant l'été 1936 ce portait de Jacques Doriot, ce qui entraîna dans le numéro suivant la publication d'un article du même Doriot, joue un jeu dangereux. Ce n'est pas un journal d'extrême-droite, ce n'est pas un portrait simpliste, c'est un texte qui me semble-t-il peut encore aujourd'hui alimenter notre réflexion sur le cheminement de Doriot, et loin de ce cas individuel, sur le fascisme français si longtemps nié. L'article n'est pas signé mais le contenu vaut plus que la signature !

J-P Damaggio

 JACQUES DORIOT

La France cherche toujours un homme. Quand ses affaires vont bien, elle le cherche dans les partis qui conservent parce que, dans ces moments-là, le chef que l'on attend ne doit pas être un chambardeur, mais un vigilant gardien de la prospérité et de ce qui est. Quand ses affaires vont mal, elle le cherche dans les partis qui ont le changement pour programme, c'est-à-dire chez les extrêmes, parce qu'alors le chef ne doit plus être seulement un pilote sagace, mais un sauveur audacieux.

Ceci est vrai pour le Front Populaire comme pour le Front National. C'est parce que le principe d'une révolution qui rallie peut-être une grande partie de l'opinion française ne va pas sans son inévitable corollaire, le choix qui la divise, que l'un et l'autre semblent frappés de paralysie : c'est qu'en outre des distinctions politiques, sentimentales et sociales qui séparent les Français, il y a la confiance, qui pour s'établir emprunte parfois de singuliers détours : elle va le plus souvent à certains pour ce qu'ils ont fait ; mais il lui arrive d'aller à d'autres pour ce qu'ils n'ont pas fait. Il en est même qui sont en passe de la conquérir parce qu'on les sait revenus des confins subversifs où il est toujours vrai que l'on apprend beaucoup. Le plus marquant parmi ceux-là est M. Jacques Doriot.

Il revient de loin, avec le calme du voyageur que plus rien n'étonne. Il a un visage régulier et solide d'homme du peuple, une forte encolure, des cheveux au vent et un sourire demi-paysan qui ne manque pas de finesse. Il se tient volontiers dans l'attitude de l'ouvrier au repos, les jambes écartées, les mains dans les poches ; il ne manque que l'outil entre ses pieds robustes.

Il a de la vie, de la politique, des remous qui agitent l'univers, une vision d'ensemble que l'on sent compétente et précise. Dans la vie factice du Parlement, il apporte un élément naturel, spontané et viril qui complique le jeu des partis. Il est jovial ainsi qu'un dompteur au milieu de ses fauves. Il parle avec une lenteur provocante en dirigeant sur l'adversaire un jet d'œil noir. Sa démarche est prudente, et dans les sentiers de la guerre sociale où il alla jadis, les faux-pas n'ont pas dû entraver sa route. Il va d'un rythme mesuré, sa lourde tête aux cheveux de jais penchée un peu vers le sol et ses yeux à la fois attentifs et rêveurs, courant derrière les lunettes sur le visage de son interlocuteur. Quand on lui demande ce qu'il est, il répond en ouvrant ses mains puissantes « Je suis Saint-Denis », ce qui ne signifie pas qu'il a trouvé son chemin de Damas sur le pavé sacré de la vieille abbaye royale. Jacques Doriot, en effet, fut, victime d'un malentendu avant d'en être le bénéficiaire. On se le représente dans cette bourgeoisie aux aguets, pauvre de chefs et d'idées, toujours prompte à se livrer aux transfuges de la révolution, comme un homme abjurant ses erreurs, confessant ses fautes et reniant son passé. C'est faire le jeu des communistes que d'imaginer Doriot sous l'aspect d'un Laval. Doriot a été exclu du Parti communiste pour avoir voulu constituer le Front Populaire - qui n'était alors que le Front commun - avant que le pacte franco-soviétique fût signé, c'est- à-dire avant que Moscou, renversant les données de sa politique pour des fins extérieures, eût expédié l'ordre aux chefs français de la IIIème Internationale, de s'allier aux socialistes et aux radicaux, d'adhérer au principe de la Défense nationale et d'exhumer le drapeau tricolore du fumier où les gens de l'Humanité le tenaient enfoui depuis si longtemps. Quand Doriot fut parti, la signature du pacte franco-soviétique par M. Laval et l'adhésion de Staline à une politique militaire précipitèrent les communistes dans la voie où le maire de Saint-Denis avait voulu les entraîner. On sait que, depuis, ils ne se sont pas encore arrêtés en si beau chemin, mais il convient de fixer ce petit point d'histoire : le renégat, ce n'est pas Doriot ; c'est le parti communiste tour à tour antinational et patriote, pacifiste et militariste, jouant des drapeaux et de leurs symboles, suivant l'occasion, mêlant le rouge et le tricolore au gré de l'intérêt soviétique, substituant la révolution à la guerre et la guerre à la révolution, selon les exigences de Staline, faisant servir et collaborer, - d'après les buts identiques dans leurs variations - de la Russie et de la IIIème Internationale, les sentiments les plus sacrés de la France à une coalition antiallemande. La manœuvre semble d'autant plus aisée que par habitude nous nous méfions de l'Allemagne et que, par tradition, l'Allemagne ne connaît pas d'autre politique que celle de l'intimidation.

Doriot avait déjà éprouvé pas mal de déceptions, dans sa carrière d'agitateur, mais cette fois, la mesure était comble : ayant pressenti, avant tout le monde, la force que l'union des partis de gauche permettrait d'opposer à ce que certaines feuilles militantes appellent dans un charabia savoureux «le péril fasciste», il est chassé pour apostasie ; mais à peine est-il parti qu'il assiste à la réalisation de ses désirs ; il a suffi que parle et ordonne M. Staline, tsar de toutes les Russies ; ce qui était hier de l'hérésie devient aujourd'hui, par la vertu de l'investiture étrangère, d'une rigoureuse orthodoxie. C'est ainsi que Doriot trouva, dans ses aventures personnelles, le mystérieux fil d'Ariane qui, partant de Moscou, en passant par l’Humanité conduit droit à la guerre contre l'Allemagne.

C'est avec une parfaite et souriante quiétude que Doriot évoque ces moments pendant lesquels la révolution sociale était dépecée en menus morceaux, répartis comme des reliques sacrées entre les diverses Internationales, numérotées de I à III, qui, il n'y a pas bien longtemps, s'entre-dévoraient toutes et qui maintenant se trouvent toutes rassemblées sous le prête-nom patriotique imposé par Moscou.

La logique de Doriot admettait la révolution mondiale et réprouvait les guerres nationales, conformément à la théorie marxiste. Quand Moscou jeta le dogme aux orties, quand elle ne chercha même plus à masquer sa tricherie, quand elle troqua la revendication sociale contre le salut de la patrie russe et quelques millions de poitrines françaises contre la guerre à Hitler, Doriot connut un écœurement, une lassitude qu'il ne pardonne pas aujourd'hui à ses anciens amis d'avoir provoqués en lui. Tel est le mobile essentiel qui détermina son évolution. Celle-ci est donc faite d'abord d'une amère déception, du dégoût d'avoir été bafoué dans son idéal, trompé dans sa foi. Sur ce sentiment négatif, que peut-il édifier de positif ? Sans doute on ne revient pas en pleine jeunesse d'un pareil désabusement sans emporter avec soi une expérience qui peut servir efficacement dans une période troublée comme celle que nous vivons. La vie de Jacques Doriot a été bien remplie. Il lui est arrivé souvent de mettre ses robustes mains d'agitateur à la pâte de l'action directe. Il a allumé des mèches partout dans le monde, où il croyait servir une Idée, une Vérité, une Justice. Aujourd'hui toutes ses idoles sont, par terre. Par quoi va-t-il les remplacer ?

 

La mairie retentit de joyeux cris d'enfants. Les gosses se rangent dans un gai désordre pour passer la visite du médecin qui les enverra, selon leur état de santé, en colonie de vacances à la mer ou à la campagne.

- Jacques, n'est pas encore arrivé ? questionne un grand garçon calme et souriant dans sa cotte bleue.

Jacques, c'est Doriot. Il habite à dix minutes de la mairie. Il met une heure et demie pour faire le trajet. Arrêté à chaque pas par un ami ou un administré, il donne ses audiences en plein air. Il n'y a pas chez Doriot cette sèche discipline dans la pratique de la fraternité humaine qui singularise l'œuvre sociale du communisme. C'est peut-être moins administratif, moins conforme à un plan, mais c'est plus profond, plus tendre, plus spontané. Lui-même semble refléter très bien l'esprit qui règne dans sa commune. Au milieu des appétits qui se choquent, des intérêts qui se heurtent, des partis qui se défient, il gouverne tout un peuple, bâtit, sape, construit, administre avec l'imperturbable sérénité d'un chef que rien ne trouble, pas même la marche du temps.

Il est le fils d'un forgeron de l'Oise. Comment le retrouve-t-on apprenti dans une usine métallurgique de Saint-Denis, après quelques années d'école buissonnière sur le glacis des fortifications ? L'actualité, qui cependant s'occupe fort de M. Jacques Doriot, ne nous éclaire pas sur ce point. Il était jeune ouvrier dans une aciérie quand la révolution russe éclata. II se donna à elle avec l'enthousiasme impatient d'un garçon qui n'attendait que cette occasion pour choisir une destinée ou une religion. Tout le poussait dans cette voie : les origines, le cadre, la classe sociale, le spectacle ininterrompu de la misère humaine et cette atmosphère de géhenne que le machinisme moderne fait peser sur le monde du travail. II alla en Russie, en revint la tête bourrée de doctrines et de dynamite. II faut savoir reconnaître à Doriot qu'il ne prit jamais le communisme pour le commode véhicule de son ambition. II sollicita tous les risques que comportait, dans ce temps-là, l'étiquette communiste et n'en connut guère les avantages. Dès qu'une révolution éclatait, qu'une rébellion se produisait, qu'en Indochine, au Maroc, en Algérie, l'émeute grondait, le nom de Jacques Doriot sortait aussitôt dans la presse ou à la tribune comme celui de l'instigateur ou du responsable. II fut l'hôte d'Abd-el-Krim quand ses Rifains tenaient nos soldats au bout de leurs fusils. II ne manquait pas, le premier mai, de se livrer à son sport favori et de charger la police à la tête de ses fidèles « Saint-Denis ».

A la tribune, il avait pour principe de frapper de stupeur l'opinion en ne respectant rien des saintes reliques de la société bourgeoise et parlementaire. Il avait pour tactique de blasphémer les traditions et de tourner en dérision les décors et l'appareil sentimental dont s'accompagne notre sens de la hiérarchie et de la vie ordinaire. Il ne prenait pas la parole sans provoquer un scandale ou déclencher une bagarre. En 1924, lors de l'élection du président Doumergue, on dut l'expulser par la force du palais de Versailles. Dans ce temps-là, il était maigre comme le carême et dans ses propos austère comme un brouet moscovite. Il accusait la forme irritante de son talent, il faisait sa carrière sur une certaine impopularité mêlée d'effroi. De tels états de service lui valurent très tôt la confiance des chefs soviétiques, et notamment de Trotsky. Il fut désigné pour représenter l'Internationale au bureau des Jeunesses ; il prit le nom de Guillot pour exécuter plus sûrement son mandat. Malgré ce masque, il n'échappa pas au sort habituel des meneurs. On le mit en prison. C'est là qu'il fit ses humanités. Il meubla sa cellule et son cerveau avec tous les ouvrages de sociologie que les bibliothèques des compatissants services pénitentiaires de la République mettent à la disposition des condamnés politiques. « Il lut, raconte un de ses biographes, Marx après Jaurès, Proudhon après Louis Blanc, Kropotkine après Lénine, Trotsky après Boukharine. » Cette lourde alimentation spirituelle compensait peut-être le régime frugal .qu'imposait la prison à son appétit. Aujourd'hui que cette littérature semble digérée, il reste à Doriot une culture sociale qui est fort rare au Parlement et probablement dans l'opinion en général. A cause de cela, cette érudition maniée par Doriot, est une arme puissante et efficace contre le communisme sur lequel l'opinion française est généralement très mal éclairée. Nul mieux que lui par exemple n'a su dépister les ténébreuses machinations du gouvernement moscovite en Extrême-Orient. C'est de cette documentation très difficile à acquérir dans un domaine aussi secret que celui où se meut la politique étrangère des Soviets qu'est faite l'efficacité essentielle de sa propagande.

Son éloquence, qui était, au début de sa vie militante, «livresque », pesante, et sans charme, s'est à la longue assouplie et allégée. Les idées y apparaissent peu à peu comme des objets distincts, palpables et colorés. On y discerne une raison solide qui éclaircit à loisir les principes essentiels. L'imagination n'y est le plus souvent faite que de souvenirs opportuns. Une parole unie, coordonnée, qui secoue l'esprit, y pénètre de force, s'empare de la confiance plutôt qu'elle ne l'attire. Il y a une part d'abnégation chez Doriot qui rend méritoire son talent verbal. C'est l'intérêt qu'il met à communiquer aux autres la vérité, non pour l'orgueil qu'il peut en tirer, mais par une sorte de scrupule qu'il se doit de rendre des comptes sur son passé. La gloire de bien parler ne paraît pas le toucher et il songe bien moins à ce qu'on dira de lui qu'à ce que la vérité pourrait perdre par l'insuffisance de l'orateur. Sa langue est ferme sans appeler la violence, claire sans vouloir reluire, précise sans sécheresse. Elle n'enfle ni n'outre rien. Elle agit par la seule force de la simplicité. Une simplicité que mettent en valeur l'étonnante ampleur de la voix, la sobre puissance du geste. Quand Doriot monte sur une estrade, un nouvel homme apparaît que, dans la tranquillité d'un entretien, on n'aurait pu pressentir.

Orateur, Doriot est une force de sa voix profonde, de ses bras puissants, on dirait qu'il s'empare des foules, les gagne et les entraîne.

 

On le traite de renégat. Il tient à ce nom par un calcul auquel s'ajoute peut-être la fierté d'entendre ses ennemis proclamer eux-mêmes qu'il vient bien de chez eux, qu'il sort bien sans aucun doute possible des rangs communistes. Mais si le patriotisme moscovite l'a dégoûté de l'internationalisme, il a d'autres arguments pour justifier son attitude à l'égard de son ancien parti. Un numéro de revue, consacré à son mouvement, prête à Doriot la réplique suivante :

« Je suis un renégat. Parfaitement. Comme Lénine et comme Staline. Lénine a fait le N. E. P., qui a créé les neymans et les Rouleks. Staline a créé une nouvelle aristocratie ouvrière.

Tout cela est fort bien. De l'anticommunisme de Doriot, nous ne pouvons pas douter, et par les temps qui courent, dirait M. Prud'homme, c'est un sentiment qui l'honore. Il est aussi contre les deux cents familles. Personne, pas même M. de Wendel, ne songe plus à s'en offusquer. Reste à savoir en faveur de qui et de quoi se prononce M. Doriot.

Il répond : « Nous voulons réformer l'État républicain, stabiliser le pouvoir exécutif, créer des assemblées économiques avec la représentation des professions organisées, des syndicats et des techniciens, assurer l'indépendance du Gouvernement, du Parlement, de la Justice, de l'administration et de la presse, maintenir et défendre toutes les activités moyennes, paysannes, artisanales, commerciales et industrielles, former dans les colonies une économie complémentaire de celle de la Métropole, développer à la ville et à la campagne l'enseignement public et professionnel, refondre les lois qui régissent les communes pour élargir leurs initiatives, et enfin ressusciter une France capable de reprendre dans l'ordre extérieur sa mission traditionnelle. »

Ce programme, qui part assurément d'un bon sentiment, n'effarouchera personne et séduira d'autant plus tout le monde qu'il est peu précis. Et c'est peut-être là tout le drame futur de la partie que Doriot s'apprête à entamer. Sur le plan négatif, il est d'une force, d'une qualité, d'une supériorité d'arguments indéniables. Sur le plan positif, son hésitation est visible. S'il n'en vient pas à ruser en attendant une heure H qui ne sonne jamais, s'il veut s'engager à fond sans arrière-pensée ni réserve, on s'avisera que son programme se distingue insuffisamment de tous ceux qui ont déjà été mis en circulation. Sans doute apporte-t-il des armes nouvelles contre le communisme, mais nous attendons bien davantage. On nous dit que Doriot élabore un programme précis qui consacrera, sur des formules claires, la collaboration du travail et du capital.

Nous souhaitons qu'il le fasse connaître le plus vite possible pour dissiper toute équivoque. Les rares qualités de cet homme, de ce puissant orateur qui paraît avoir des dons de chef, serviraient bien insuffisamment notre pays si elles ne contribuaient qu'à substituer au communisme soviétique, un communisme national. Ce serait quelque chose sans doute, mais au royaume du pire. Nous espérons mieux de cet homme qui connaît le peuple, qui est en somme « social », mais qui a aussi proclamé l'autre jour à la salle Wagram la faillite des formules socialistes intransigeantes et totalitaires.

 

IGNOTUS

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans front national
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche