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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 20:44

MONTAUBAN

Rencontre-débat : Maison du Peuple

Lundi 14 octobre 18 h -20 h

Révolution/ Contre-révolution :

Le 10 mai 1790 à Montauban

Animation : Jean-Paul Damaggio

 

En diffusant l'information pour la réunion, une personne m'indique : "Comment en 1790 un royaliste peut-il être élu maire ?" En fait la question est inverse : "Comment un marquis habitué à avoir le pouvoir de sa généalogie a-t-il pu s'abaisser jusqu'à espérer avoir son pouvoir du suffrage ?"

L'intelligence de la contre-révolution est ici claire : il est possible de se servir des moyens de la révolution pour faire échouer la révolution !

 

Un des éléments majeurs du débat autour de la question du 10 mai est là. JPD

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 21:19

Ce dictionnaire ne sait pas dire qu'Hector France a été communard. Il faut donc ligne entre les lignes la vie de cet homme incroyable. JPD

 

Dictionnaire des écrivains, artistes et membres des sociétés savantes

Hector France né à Mirecourt Vosges, le 5 juillet 1837, ancien officier, ancien professeur à l'Académie militaire de Woolwich, écrivain, folkloriste, critique et membre de plusieurs sociétés littéraires et savantes.

Du côté paternel et maternel Hector France est issu d'une famille militaire. Après de bonnes études au Prytanée militaire de la Flèche, il s'engagea à 19 ans au 3ème régiment de spahis. Envoyé à l'Ecole de cavalerie de Saumur, il en sortit avec le grade de maréchal des logis. Durant dix années, il guerroya en Kabylie, dans le Sud algérien et sur la frontière tunisienne. Démissionnaire à la suite de passe-droits, il obtint un emploi dans l'administration des Contributions directes, qu'il quitta bientôt pour une situation supérieure dans une grande administration financière à Paris.

La guerre de 1870-71 survint. Hector France reprit du service en qualité de lieutenant aux mobiles de l'Oise. Il fut bientôt promu capitaine. Après la déroute de Buchy, il fit partie avec son bataillon du corps d'armée de la défense du Havre.

Le général Loysel, manquants de cavalerie le chargea de la formation de deux escadrons que le jeune officier avec une activité extraordinaire arma, équipa et monta en quinze jours et qui furent annexés au 4e chasseurs. M. France fut alors nommé capitaine-commandant d'un des escadrons et proposé avec le n°1 pour la Croix de la Légion d'honneur.

Licencié avec son corps, il arriva à Paris le 18 mars. Indigné de la signature d'une paix honteuse, il offrit son épée au Gouvernement de l'Hôtel de Ville, avec nombre d'officiers outranciers comme lui.

Charles Lullier le prit pour premier aide-de-camp.

Après la sortie du 3 avril où il accompagna Flourens comme aide-de-camp et où il faillit être fusillé à la fois par les Fédérés et les troupes de l'armée versaillaise, le Gouvernement de l'Hôtel-de-Ville lui donna le commandement de la caserne Lobau.

Le nouveau commandant y rassembla tous les soldats et sous-officiers épars dans Paris et que quelques énergumènes voulaient forcer à combattre leurs camarades. Il les disciplina, leur fit allouer la solde des gardes nationaux et les employa à des travaux d'intérieur.

Delescluze songea à Hector France pour remplacer Rossel, son ancien camarade du Prytanée militaire ; mais France refusa d'assumer les responsabilités d'un désastre certain.

Pendant les fusillades de Mai, Hector France échappa à la mort, grâce à son sang-froid et au dévouement d'un ancien magistrat, ami de son père, qui lui offrit un asile. Il put gagner a Belgique, puis l'Angleterre où il exerça les professions les plus disparates. Il y fait des dessins d'anatomie, d'architecture, tint des écritures, donna des leçons d'arabe, d'escrime, de français, de littérature, d'histoire puis entra comme professeur à l'Université de Londres. De là, il alla au Collège de Douvres, et, à la fin de l'année 1879, fut nommé professeur à l'Académie militaire royale de Woolwich.

Entre temps, Hector France avait collaboré au Qui vivre ? et à l'Union démocratique, fondé l'Avenir, et publié deux ou trois romans : Le Roman d'un curé (1877), qui eut plusieurs éditions, L'homme qui tue, pour lequel Léon Cladel avait écrit une magnifique préface et Edmond Lepelletier un magistral compte-rendu.

Le Petit parisien s'empressa de lui ouvrir ses colonnes. Hector France y publia successivement : Le péché de sœur Cunégonde ; Fumeron, Guyot et Cie etc.

Il commença avec une reproduction de L'homme qui tue, le périodique la Vie populaire.

De l'Angleterre, il collabora à La Marseillaise, au Réveil, au Mot d'Ordre, à l'Echo de Paris, à la Vérité, au Voltaire, au Gil Blas, au Courrier de l'Europe, à la Nation etc. et envoya nombre d'articles à plusieurs revues.

Hector France, de plus en plus encouragé par le public et la critique donna en librairie L'Amour au pays bleu ; Sous le burnous études des mœurs et de la vie arabe ; Les Va-nu-pieds à Londres, Les nuits de Londres ; La pudique Albion ; ...

Ardent partisan des exercices physiques M. Hector France est un intrépide marcheur. Il a parcouru à pied une partie de l'Angleterre, la Riviera de Cannes à Gênes, les Alpes-Maritimes, et dans l'été de 1886, l'Espagne d'Irun à Gibraltar, voyages dont il donna ses impressions dans son ouvrage Sac au dos à travers l'Espagne.

Il a publié d'autres impressions de voyage : Au pays des maquis ; Au soleil ; Dans la montagne ; Cinquante ans avec les Indiens (traduit de l'anglais).

Après quinze années de professorat à Woolwich il rentre en France en 1895. Il a écrit depuis des romans populaires de longue haleine. Il travaille à ses moment perdus à un Dictionnaire des Argots, Patois Néologises de France et à une Histoire de la cuisine à travers les âges.

M. Hector France a été président de la Société coopérative des Gens de lettres et de l'Association des Sciences des Lettres et des Arts. Il est actuellement membre du Conseil général des Vétérans des armées de terre et de mer, vice-président de la 14é section de Paris, membre du Conseil d'administration de la Société africaine de France, membre de la Plume et l'épée, de la société des "1", de la Société des gens de lettres. Officier de l'instruction publique Hector France est également commandeur du Nichman-Iftikhar. Il est décoré de la médaille coloniale et de plusieurs ordres étrangers.

M. de Rienzi a résumé assez habilement les impressions que fit naître l'œuvre d'Hector France :

 

"M. Hector France est un observateur et un analyste, ce qui ne l'empêche pas d'avoir de l'imagination - trop parfois. On sent sous sa plume courir la sincérité, la conviction, la haine ou l'enthousiasme, selon qu'il nous donne des études sociales, des œuvres de polémique ou encore des romans vécus. C'est certainement pour cela qu'on le lit avec intérêt, et que ses critiques artistiques ou littéraires sont prisées au plus haut point. Ses œuvres vigoureuses sont aujourd'hui universellement connues. C'est un maître qui sait ce qu'il veut dire. Aucun auteur français n'a pénétré la vie anglaise comme lui et ne l'a vue avec plus de sagacité et d'impartialité."

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 21:16

                                Noel-par-Cladel.jpg

Ernest Noël (Paris 1847 - Paris 1930)

Maire radical socialiste de Noyon (1888-1925), membre du conseil général de l'Oise (1886-1929) qu'il présida à partir de 1904, député (1893-1906) puis sénateur de l'Oise (1906-1929), l'industriel Ernest Noël se fait remarquer par sa conduite exemplaire durant la Grande Guerre. Refusant de se soumettre à l'autorité ennemie, il est arrêté comme otage (1915), déporté en Allemagne puis échangé (1916). Principal artisan de la reconstruction de Noyon, il présidera à l'élaboration du nouveau schéma urbain de la ville.

 

Son buste, œuvre du sculpteur Marius Cladel située dans le square de l'hôtel de ville, est inauguré le 11 septembre 1938.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 21:14

Cladel publie dans La Revue de Paris en novembre 1864 quelques petits textes qui deviendront un livre des années plus tard qu'il appelle Eaux-Fortes. Il s'agit d'un exercice de style. Donc pas de surprise s'il prend Delacroix pour évoquer un Algérien. Pour Goya il prend l'exemple d'un forgeron qui se pend dans son atelier. Il devait être alors sous l'effet de l'Orientalisme ambiant. Il écrit :

 "Nos Eaux-fortes détermineraient-elles chez le lecteur quelques sensations analogues à celles qu'il subit en présence des toiles des divers maîtres dont nous avons voulu divulguer le caractère et la touche le seul but serait atteint auquel nous avons visé dans cet artistique opuscule. L. C.

 L'ÉMIR ADD-EL-ZIMAR PRÊCHANT LA GUERRE SAINTE.

D'après Delacroix.

 

« Allah ! Allah ! Allah est Allah et Mahomet est son prophète! Mahomet est le prophète d'Allah et Abd-el-Zimar est l'envoyé d'Allah et le fils de Mahomet ! » Ainsi disaient les tribus rassemblées au col de Mouckrem pour y recevoir la volonté d'Allah et la parole de Mahomet que Abd-el-Zimar allait leur transmettre. Un nuage de poussière s'éleva du côté de l'Orient et bientôt apparut l'Émir avec ses guerriers qui agitaient les étendards chevelus de l'Islam et de longs fusils dont les damasquinures miroitaient au soleil. Monté sur une cavale à la queue teinte de sang occidental, plus blanche que les burnous sans tache, qui proférait des flammes par les yeux et des colonnes de fumée par les naseaux et dont le poitrail avait enfoncé bataillons et murailles, l'Émir arriva bruyant comme le Simounn. Les trompettes envoyèrent jusqu'aux cieux des chants métalliques. Brandissant son fusil infaillible, l'Émir cria trois fois : Allah! devant les tribus prosternées qui répondirent Allah ! Allah ! Allah ! Abd-el-Zimar avait le front ceint de cordelettes en poil de chameau sous le haik qui le couronnait, son visage ascétique, fin, correct, brûlé du soleil, paraissait noir comme la nuit. Il n'avait pas trente ans, l'Émir ! sa barbe était douce et rare comme les cheveux des nouveau-nés, et ses membres musculeux jouaient comme des ressorts d'acier ; implacables, bruns et polis comme le jais, directs, ses yeux interrogèrent longuement les tribus qui réclamaient la bataille. Après avoir donné l'ordre d'avancer à deux Berbères nus, têtes rases, qui se tenaient à quelques pas en arrière, assis sur des chameaux, il leva solennellement la main droite et il regarda le ciel ; ses lèvres bourdonnèrent ; il avait l'air de lire dans les profondeurs du dôme : « Allah veut la guerre, dit-il, pâle, hagard, épouvanté, prophétique, il veut la guerre et il veut la victoire. Allah m'a parlé ! Allah me parle : je l'entends ! Allah nous regarde : je le vois ! Nous sommes ses enfants, et nous sommes nombreux comme les étoiles, et nous sommes rapides comme les gazelles, et nous sommes forts comme les lions de notre Atlas, et nous sommes rudes comme les chameaux de notre désert. Allah veut la bataille. Allah veut la victoire. Allah veut la vengeance ! Il m'a dit : « Lève-toi ! Marche aux giaours avec ta tribu, et va trouver ensuite tes frères de toutes mes tribus, et tu leur montreras les trophées du premier combat ; ils reconnaîtront en les voyant qu'Allah t'inspire et t'envoie vers eux. » Frères, je suis venu, écoutez ! Allah est Allah, et Mahomet est son prophète ! Mahomet est le prophète d'Allah et Abd-el-Zimar est le fils de Mahomet et l'envoyé d'Allah ! Voyez !» Les Berbères, dressés de toute leur hauteur sur la selle de leurs chameaux, tenaient par les cheveux chacun deux têtes fraîchement coupées, jeunes, belles, dégoutantes de sang, têtes de chrétiens, têtes d'oppresseurs, tètes de Roumis ! Debout sur les étriers, le front ceint d'un nimbe éclatant, naïf et pompeux comme un patriarche, l'Émir avait les mains tendues vers les têtes sanglantes. Secouées d'un délire sacré, les tribus s'écrièrent « Allah est Allah, et Mahomet est son prophète ! Mahomet est le prophète d'Allah, et Abd-el-Zimar est le fils de Mahomet et l'envoyé d'Allah !» »

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 20:39

Voilà que je suis poussé vers Hector France, un ami de Cladel que je ne connaissais pas vraiment. Un ancien militaire en Algérie aux côtés de Razoua, qui dédie un de ses livres sur l'Algérie à... Camille Delthil. Un admirateur du peuple algérien. La revue Le Matricule des anges a rendu compte de la réédition de Sous le burnous. JPD.

Le matricule des anges, Un mâle auteur, Hector France, par Eric Dussert

 Tous nos égarés oubliés

 Homme de guerre aux pays des sables, communard, sportif avant l'heure et écrivain varié, Hector France fut essentiellement un franc personnage.

 N'étaient quelques titres encourageants, voire scabreux, on ne serait peut-être pas allé voir du côté d'Hector France. D'abord parce qu'il eut un successeur éminent, ensuite parce qu'à un France près, on n'en était pas. Cependant, des titres ambitieux tel que Les Mystères du monde, faisant suite à Sue, ou troubles comme L'Homme qui tue ne pouvaient que nous attirer plus profond. Et la suite ne peut que donner raison à un fouineur tel que René Fayt qui, il n'y pas si longtemps, s'intéressa à juste titre aux tours et détours de cet écrivain polymorphe, engagé, pour ne pas dire rebelle, habitué aux rigueurs de la caserne et aux libations et privautés de la maison Carrington, spécialisée, si l'on s'en souvient, dans le grivois, sous le manteau, pas présentable, licencieux. Le Péché de Sœur Cunégonde, ou le Beau Vicaire (H. Oriol et Lavy, 1883) et Marie Queue de Vache (Librairie du Progrès, 1883), romans de mœurs cléricales aux " coloris parfois excessifs " (dixit Larousse à l'époque) auraient pu le faire classer parmi les infréquentables. Ce serait trop simple, vous l'imaginez bien.

 Militaire et fils de militaire, Hector France fut avant tout une forte tête. Né à Mirecourt (Vosges), le 5 juillet 1840, d'un chef d'escadron de la gendarmerie coloniale, à une époque où ça ne rigolait pas là-bas, petit-fils d'un officier supérieur d'état-major, il fit comme de juste ses études militaires au Prytanée militaire de La Flèche où, singularité suprême, il obtint les premiers prix de littérature. Il faut dire, à notre grande honte, qu'en ses temps diluviens les lettres importaient à tous, c'est-à-dire à tous mais aussi à ceux qui allaient se faire trouer le cuir. Nous n'en sommes plus là. Lui non plus, du reste, qui, après avoir guerroyé dix ans en Tunisie, en Kabylie et autres territoires insurgés, quitta le service, dégoûté d'avoir été bridé, tancé et mis au rencart pour son franc-parler dans L'Homme qui tue (Kistemaekers, 1878), il exposait tout haut les atrocités commises par les troupes coloniales... Il réintégra tout de même le service lors de l'accès guerrier de 1870, et, après avoir mérité la légion d'honneur, trouva l'occasion de ne la jamais recevoir en réfutant dans la presse le dogme insatisfaisant de la retraite à tout prix. Viril et combatif, il protesta encore contre la paix mal venue avec le Prussien et s'engagea dans les rangs de la Commune. Son républicanisme lui valut cette fois un exil londonien prolongé durant lequel, reconverti homme de lettre, il s'attaque à des fresques documentaires passionnantes sur Les Va-nu-pieds de Londres (1884) ou Les Nuits de Londres (1885), qui, jointes à son étude sur Les Dessous de la pudibonderie anglaise (Librairie des Bibliophiles, 1900), lui valurent le statut d'expert ès-mœurs anglaises.

Entré tardivement dans la carrière dès lettres à l'âge de trente-cinq ans Hector France se trouva être, on ne s'en étonnera pas, un ami de Léon Cladel, qui lui consacra une mémorable préface. Romans de mœurs, articles de presse, chroniques sociales, tout a été ausculté par l'excellent René Fayt qui, fouinant dans les recoins de la bibliographie de l'éditeur belge Kistemaeckers trouva de quoi nourrir l'exégèse. Hector France n'est plus n'importe qui. Le seul énoncé de L'amour au Pays Bleu (A. Martin et V. Huber, 1885), du somptueux Sous le burnous, scènes de mœurs militaires algériennes (dont la traduction anglaise dit un peu plus : Musc, Haschisch and blood), ou même du Beau Nègre, roman de mœurs sud-américaines (C. Carrington, 1902) apportent assez d'information à qui sait lire entre les lignes. On devine que l'injustice n'était pas le fort d'Hector France, les rigueurs morales et les bondieuseries non plus. En revanche, il fit de la marche (nom ancien du trekking) transfrontalière une activité régulière. Revigorante, convenons-en.

L'une de ses cibles favorites fut évidemment le clergé, et parmi celui-ci, la basse engeance des curés et des nonnettes. Indéfectible mécréant, républicain ardent voire anarchiste, il produisit même également un Dictionnaire de la langue verte : archaïsmes, néologismes, locutions (Librairie du Progrès, 1907) qui reste délectable. Et puis, parce qu'il faut bien vivre, il commit avec amusement sans doute une série d'opus flagellants de la plus belle espèce, anonymement ou sous le pseudonyme du Bibliophile de Mirecourt, ou celui de Jean de Villiot qu'il partageait avec plusieurs personnes, dont Hughes Rebell qui œuvraient au profit de l'éditeur Charles Carrington, scabreux bibliopole français réfugié à Bruxelles. Ainsi, Hector France le sabreur commit en partie l'Etude sur la flagellation relevée par Pascal Pia, et quelques autres polissonneries. Et c'est ainsi que l'étude des mœurs, souvent, conduit. Installé à Rueil, villa Welcome, le guerrier lettré s'est éteint en 1908.

 Eric Dussert

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:52

                           Baylet.jpg

Comme d’habitude le Petit Journal préfère faire des gros titres et publier de grandes photos plutôt qu’analyser sérieusement la question. C’est dommage car le sujet s’y prêtait ! Donc du débat au Conseil général nous ne savons rien alors qu’avec La Dépêche la parole est par exemple donnée à Jean-Paul Albert, dont la colère contre le projet s’explique simplement : en 2015 il n’a plus aucune chance de garder son poste de Conseiller général !

Sur le vote nous savons seulement que Mouchard et Garrigues ont voté avec Baylet. Et la remplaçante du député Moignard ?

Et enfin, souhaitant faire d’un problème, une généralité, le journal écrit : «L’influence politique de Monsieur le président du Conseil générale commence à s’effriter. » Ce qui est une phrase un peu audacieuse car ce rêve a déjà tant d’années ! Quant au débat à Montauban comment la gauche aurait-elle vertement critiqué le découpage quand on sait qu’y siège Mouchard <ui le défend ? A moins que Deville cité ensuite, soit compté à gauche ? J-P Damaggio

P.S. On peut penser cependant que La Dépêche a publié un compte-rendu en tenant compte du fait que le Petit journal le ferait, sinon la séance aurait pu être oubliée…

 Le Petit Journal 4 octobre

A l’occasion du vote au Conseil général, sur le redécoupage électoral concernant la mise en place du projet de scrutin binominal mixte dans le département, un séisme vient d’avoir lieu au sein du Conseil général du Tarn-et-Garonne. Sur les 29 conseillers Généraux qui ont voté, 15 d’entre eux ont voté contre leur chef de file, 12 ont voté pour et 2 se sont abstenus.

Au-delà du camouflet politique qu’a reçu Jean-Michel Baylet, il faut également parler de gifle à l’encontre de Valérie Rabault, l’actuelle députée de Tarn-et-Garonne. Cette dernière n’a visiblement pas pu convaincre les Conseils généraux socialistes de voter le redécoupage voulu par le gouvernement.

Notons, que seuls deux socialistes se sont démarqués en votant pour le redécoupage de Monsieur Baylet, Roland Garrigues et Claude Mouchard. Ce découpage ne fait pas que des remous au sein du Conseil général, la gronde [mot étrange repris sous une autre signature dans l’article sur le CM de Montauban] monte également dans les villes du département. Déjà lors du Conseil municipal de Montauban la gauche plurielle avait vertement critiqué ce redécoupage. Le Conseiller régional et municipal Thierry Deville, toujours très en verve, avait parlé de « chirurgie de luxe » et d’une « circonvolution guignolesque ».

 

Force est de constater que l’influence politique de Monsieur le Président du Conseil général commence à s’effriter. Une chose est sûre, Jean-Michel Baylet semble ne plus maîtriser sa majorité départementale. Sébastien Duhem

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:49

L'Humanité du 19 mars 1908 a publié dans la rubrique actualité ce souvenir d'Hector France. Dans les faits il s'agissait d'une actualité des années 1860... Par la suite, Hector France, ami de Razoua et de Léon Cladel participa à la Commune de Paris. JPD

 

ACTUALITÉ*, Le premier meurtre Par Hector FRANCE i

Je me rappellerai toute ma vie le premier que je tuai et, peut-être, à l'heure où la mort frappera à ma porte, viendra-t-il pencher sur mon chevet sa figure sinistre !

Un grand vieillard, à l'œil cave et perçant, un de ceux venus nous demander justice, et je puis dire, comme le personnage du drame de Dumas, que « bien souvent je l'ai revu dans mes rêves ».

Il n'eut pas le temps de rejoindre les liens, et, surpris par la charge, faisait volte-face, campé sur ses jambes sèches, il attendait immobile et farouche. Certes, je ne le cherchais pas je n'aurais pas voulu tuer ce vieux. Si même j'avais pu l'éviter, j'aurais laissé ce remords à d'autres. Razoua passa sans le toucher, Flamberge aussi, mais la fatalité le jeta devant mon cheval et il me tira un coup de pistolet. Il se hâta, visa mal, sa vieille main tremblait, il ne brûla que mon burnous mais la peur qu'il me fit me rendit féroce. Je lui portai un coup qu'il évita en se jetant en arrière, brandissant un long poignard, prévoyant sans doute ce qui allait arriver, ce vieux avait, caché sur lui tout un arsenal. Comme il levait le bras, d'un brusque dégagement je le pointai entre les côtes au-dessous de l'aisselle. Il tomba sur le côté en poussant un cri rauque. C'était fini.

Mais je ne lâchai pas assez rapidement mon arme et je faillis me fouler le poignet.

Alors, désormais, je visais au creux de l'estomac et surtout au ventre. C'est la bonne place et sous le galop du cheval, la lame entrait réellement comme dans du beurre.

Nous en tuâmes beaucoup et des femmes dans le nombre.

Que voulez-vous ? Le capitaine Richard avait beau crier « Ménagez les femmes, nom de Dieu » cette recommandation isolée se perdait dans le tumulte. Elles défendaient leur vie, du reste, et quand le sang ruisselle et que les balles sifflent autour de votre têtes, le sabre fouille un peu au hasard.

- Et, d'ailleurs, dit le colonel, qui admirait, toutes les nobles actions, c'étaient des vaillantes vendant chèrement leur vie et dignes de mourir en soldat. Quelle toile pour le prochain Salon !

Une demi-douzaine de toutes vieilles et de toutes jeunes, portaient des blessures sur la nuque ou le derrière des épaules, ayant été sabrées dans leur fuite mais on voyait aux sanglantes mamelles des autres qu'elles avaient fait face à l'ennemi.

- Des femmes au cœur viril, celles là ; nous ne pouvions nous empêcher de le dire en détachant de leurs mains raidies les grands pistolets ornementés d'argent et les poignards damasquinés rougis du sang des nôtres, des héroïnes taillées sur le patron antique, au physique comme au moral.

- Oui, m'écriai-je, c'est vrai, notre civilisation décrépite et caduque n'en avait plus de cette trempe.

- Bah me dit le grand Flamberge en passant deux magnifiques pistolets dans sa ceinture de laine, c'est de la camelote, ça rate à tout coup, mais les juifs de Constantine en donnent encore un bon prix. En voici deux qui représentent un certain nombre de verres d'absinthe. Regarde, camarade, ajouta- t-il en me montrant au loin un nuage de poussière, si je ne m'abuse, voilà le « goum » qui rabat les troupeaux. Je crois que nous aurons gagné notre journée.

 

Maintenant que de longues années ont passé sur ces drames, que seul dans le silence de la nuit, je fouille dans mes souvenirs, je vois des fantômes tout sanglants se dresser devant moi. Je mets mon front dans mes mains et je me demande si ces souvenirs ne sont pas de mauvais rêves, si c'est bien moi et les miens qui avons troué ces ventres d'épouses et de mères, taillé à coups de sabres ces seins qui allaitaient et ces blanches gorges de jeunes filles que nous aurions baisées à genoux.

Ah c'était l'ordre ! c'était l'ordre ! la dure loi de la guerre. Nous n'avons été que les instruments. Oui, c'est là ce que j'essaye de me dire.

Mais une autre voix crie plus haut et sonne stridente et furieuse à mon oreille

 

- Ah ah ! tu as beau fermer ton habit et le boutonner jusqu'au menton, tu n'étoufferas pas le bruit sinistre de ta conscience. Elle t'attend dans l'ombre, la solitude et le silence, et, frappe à coups cadencés comme un marteau de forge, enfonçant, toujours le terrible clou du remords. Presse ta poitrine et mets sur ta face le masque impassible, ton cœur bourrelé te dénonce et sonne sous ta mamelle, le lugubre carillon. Hector FRANCE.

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:09

A quelques jours d’intervalles le journal Le Temps publie quelques lignes sur Marius et Léon Cladel, soit le fils et le père.

Le 10 novembre 1935 nous apprenons que le sculpteur Marius Cladel voit son buste de Viviani inauguré au Ministère du Travail. Y est-il toujours ?

 Dans un autre registre Le Temps 16 novembre 1935 écrit :

La phrase la plus longue. A la suite de notre écho sur la plus longue phrase anglaise, demandant à quel auteur français une palme semblable pouvait être attribuée, plusieurs de nos lecteurs nous ont écrit.

M. Michel Renault nous signale une phrase de 335 mots d'Arthur Chuquet : Dugommier, pp. 217-218. M. Numa Raflin a trouvé dans les Misérables, quatrième partie, chapitre III (Louis-Philippe) une phrase de 748 mots, élisions comprises. Notre correspondant estime que seul Léon Cladel a pu en écrire une plus longue.

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 10:07

Le Temps 14 septembre 1935

A la recherche d’un marbre disparu

Comment un marbre peut-il s'égarer? Il a été déposé, le 18 décembre 1905, par les soins de Rodin lui-même au musée du Luxembourg. C'est une œuvre, admirable entre toutes, de Camille Claudel, dont le nom a été récemment remis en lumière par l'exposition rétrospective du Salon des femmes artistes.

 A la suite du mémorable banquet donné, en janvier 1896, en l'honneur de Puvis de Chavannes, où sept cents écrivains et artistes rendirent un solennel hommage à, l'illustre peintre, et où, rappelons-le ici, deux des plus jeunes ministres, Raymond Poincaré et Louis Barthou, représentaient le gouvernement, il était resté quelques fonds disponibles entre les mains des organisateurs de cette manifestation, qui fut un des événements de cette époque lointaine. Ces fonds - environ onze cents francs – furent déposés à la caisse du Temps, Rodin y ajouta mille francs. D'accord avec Octave Mirbeau, Gustave Geffroy, Eugène Carrière et quelques autres artistes et critiques qui composaient le comité d'initiative, et avec Puvis de Chavannes lui-même, on décida que cette somme serait consacrée à l'acquisition d'une œuvre d'art qu'on offrirait au musée du Luxembourg en souvenir du noble peintre de la Sorbonne, et du Panthéon. On demanda à Camille Claudel d'exécuter, en marbre, la « Klotho » qu'elle achevait de modeler.

Il ne pouvait s'agir d'une faveur spéciale. La jeune artiste était alors au seuil de la notoriété.

Peu connue encore du grand public, il est vrai, on se plaisait, du moins dans le monde des arts, et des amateurs, à la reconnaître comme l'un des mieux doués parmi les sculpteurs du temps. Ses Causeuses, le groupe de la Danse, la Vague et le buste de Rodin avaient révélé sa dramatique puissance d'évocation. Romantique et passionnée, elle aimait les contrastes violents de l'ombre et de la lumière. Aujourd'hui ses œuvres occupent une place particulièrement honorable dans les musées de Lille, de Toulon, d'Avignon et de Châteauroux.

Mlle Camille Claudel se plut à fouiller avec un soin extraordinairement attentif et patient le marbre de sa « Klotho ». Elle nous montrait la vieille Parque, debout, accablée sous le poids de l'écheveau compliqué des destinées humaines, qui recouvrait sa tête et ses épaules et qui tombait comme un rideau déchiré jusque sur le sol. C'est à travers cet inextricable réseau que l'opiniâtre artiste était parvenue à modeler, avec un réalisme saisissant, la silhouette décharnée de la « Klotho ».

Longtemps, elle travailla à perfectionner cette œuvre d'une si singulière beauté. En 1905, enfin, nous la faisions transporter dans l'atelier de Rodin, au dépôt des marbres, 182, rue de l'Université. Et le 11 décembre nous rappelions à M. Léonce Benedite l'intention du comité d'initiative du banquet Puvis de Chavannes de l'offrir au musée du Luxembourg, dont il était le directeur. Quelques jours plus tard, il nous répondait en ces termes :

MUSÉE NATIONAL DU LUXEMBOURG 15 décembre 1905.

Cher monsieur,

Je n'ai pas oublié votre ancienne proposition au sujet du petit marbre de Mlle Claudel, artiste si intéressante à tous les points de vue. J'en ai entretenu ces jours derniers M. Rodin, qui m'avait, de son côté, rappelé que ce marbre restait chez lui et qu'il était disposé à me le faire porter au Luxembourg. Mais j'ai besoin d'en faire part à M. Dujardin-Beaumetz, ne sachant s'il acceptera d'accueillir cette offre sans passer par le conseil des musées, ou s'il croit devoir la soumettre au conseil.

Dans ce cas, je ne crains pas de dire que je suis assuré du résultat. L'histoire toute récente de Toulouse-Lautrec m'a suffisamment renseigné.

On peut, dans tous les cas, faire porter provisoirement le marbre au Luxembourg, où il pourra être vu s'il est nécessaire.

Veuillez agréer, etc..,

LÉONCE BÉNÉDITE .

 

C'est le 18 décembre 1905, comme nous le disons plus haut, que Rodin fit transporter la « Klotho » de Camille Claudel au musée du Luxembourg. Il nous en avisa par une lettre qui est datée, du lendemain même. ! Faut-il l'avouer ? Nous avons négligé de nous assurer que la «Klotho » était régulièrement admise dans les salles du musée. Aussi bien, des relations étroites s'étaient établies entre Rodin et Léonce Bénédite. Sans doute, la question, pensions-nous, a été réglée entre eux. Rodin est mort en 1917, et Léonce Bénédite en 1925. Il n'est plus possible de savoir quelles sont les dispositions qu'ils ont prises. Ce qui est certain, c'est qu'au mois de juin dernier Mlle Judith Cladel, la fidèle et dévouée historiographe de Rodin, à l'occasion d'un nouveau livre qu'elle prépare sur le grand statuaire, a été mise inopinément sur la voie de ces tractations. Elle a appris, avec le tâtonnement qu'on devine, que la « Klotho » de Camille Claudel non seulement n'est pas au musée du Luxembourg, mais encore a disparu si complètement qu'on ne parvient pas à en retrouver les traces nulle part.

Il va de soi que ce beau marbre ne s'est pas volatilisé. Où a-t-il été relégué ? Les recherches que ces lignes vont provoquer ne tarderont pas à nous le révéler. M.M.

 

En fait, si j'ai bien compris la référence ci-dessous la statue en tant que marbre n'a pas été retrouvée. L'article en question mentionne le rôle majeur de Judith Cladel pour l'expo Camille Claudel évoquée ici.

Voir http://www.camilleclaudel.asso.fr/pageweb/clotho.html

 

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 17:01

Le fichier du Sénat ne va pas aussi vite que l'actualité donc pour le moment Yvon Colin n'y est pas intégré mais de source sûre le sénateur du Tarn-et-Garonne, mis sur la touche par Jean-Michel Baylet, a rejoint Jean-Louis Borloo... ce qui devrait jeter un froid entre le dit Borloo et son ami... Baylet. A suivre, peut-être aux prochaines élections sénatoriales en TetG au mois de septembre 2014... ou avant. JPD

 

P.S. Après une nouvelle vérification le rapprochement n'est pas réalisé. A suivre.

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