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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 20:03

Sur ce blog (voir liens en fin d'article) nous tentons depuis longtemps de faire connaître Mary-Lafon. Nous avons même publié en brochure le premier chapitre de son auto-biographie. Nous sommes heureux de relayer ce travail d'un ami Jean-Paul Damaggio

 

Le nouveau choix de poésies originales des troubadours.

 Ou le projet avorté d'une publication .

 En 1847 l'Artiste La Revue de Paris, journal d'Arsène Houssaye annonçait : «une publication qui offrirait de l'intérêt est à coup sûr celle que Monsieur Mary-Lafon vient de proposer au ministre de l'instruction publique : ressusciter quatre cent troubadours qui représentent par leurs oeuvres toute la littérature méridionale des Xlle et Xllle siècles.»

 En fait la proposition sera bien accueillie par le dernier ministre de l'instruction publique de Louis Philippe, Monsieur de Salvandy[1], mais l'ambitieux projet d'une grande fresque sur la littérature méridionale qui s'annonçait, allait se réduire comme peau de chagrin et déboucher sur un projet de cinq ouvrages de textes de troubadours.

Un premier tome intégrant la transcription de poèmes. Un deuxième, commençant par des sirventes historiques et de moeurs, et un choix de poésies légères choisies parmi mille cent pièces afin de réunir tous les genres de la poésie lyrique, féodale et locale des troubadours. Un troisième volume devait être totalement consacré au Roman de Girard de Roussillon avec trois études, historique, de mots et de locutions originales. Un quatrième volume était consacré au Roman de Jaufre et de Flamenca et un cinquième à Blandin de Cornouailles.

 C'est lors d'un rendez-vous au cabinet de M de Salvandy le 13 décembre 1847[2] que Mary-Lafon obtenait de celui-ci l'accord de principe sur ce projet plus modeste. Le ministre de l'instruction publique confiait alors la mise en place et le suivi de ce projet à un comité.

Le 24 janvier 1848 M. de Salvandy chargeait officiellement Mary-Lafon du projet de publication des grands poèmes des troubadours, décision qui fut confirmée en 1853 par M. Fortoul.

Les comités d'alors, ressemblaient à s'y méprendre aux commissions parlementaires d'aujourd'hui. Le projet n'était pas directement enterré, mais les réunions successives, les renvois, les demandes d'informations... le lourd fonctionnement de ces structures, les changements politiques[3], allaient amener la commission à se prononcer réellement en avril 1853. Elle se prononçait favorablement pour la publication du Nouveau choix de poésies originales des troubadours, mais pas de décision définitives, les décisions étaient sans arrêt remises en cause, modifiées, amendées,... en fait la commission allait assortir ses avis de conditions toujours différentes, modifier le calendrier des parutions, en modifier l'ordre. C'est ainsi qu'elle demandait à Mary-Lafon la publication immédiate du Roman de Girard de Roussillon ! Cela tombait mal, Mary-Lafon voulait justement compléter sa recherche sur cet ouvrage par la comparaison avec trois manuscrits détenus par diverses bibliothèques à Londres, Oxford et Bruxelles.

Le projet initial prévoyait la publication du texte en langue occitane assortie de sa traduction en français moderne, ouvrant ainsi son accès au plus grand nombre, les exigences du comité désirant substituer le français moderne au français ancien«du nord»,  enfermait la publication dans un cercle d'érudits publiant pour eux mêmes. Peu à peu, la grande fresque sur la littérature occitane était diluée dans un projet qui n'avait plus grand chose à voir avec le projet d'origine et disparaissait au profit d'un comparatif linguistique, pur ouvrage de recherche destiné à un cercle restreint d'érudits.

Mary-Lafon, n'avait pas attendu, pour travailler sur son sujet et depuis six ans, il travaillait sur les cinq ouvrages prévus. Il y consacrait beaucoup de temps, se déplaçant de ville en ville, dans des pays différents. Il faisait appel à des copistes et copiait lui-même des milliers de vers, qu'il fallait ensuite déchiffrer et traduire.

En 1854, alors qu'il se trouvait dans son Quercy natal, il reçut un courrier du 14 octobre de son ami Chabaille[4], proche du comité l'avertissant que le projet de « nouveau choix de poésies originales des troubadours » était fortement compromis et qu'il fallait qu'il rentrât à Paris avant la réunion générale du comité. Déjà, de février à août 1853, le comité avait accumulé les restrictions au projet initial. Il faut dire que nous n'étions plus en 1847, ce n'était pas seulement les sept ans écoulés qui amenaient la modification du projet. L'idée avait germé dans les derniers mois de la monarchie de juillet, traversé la Deuxième République et se trouvait dépendre d'un ministre du nouveau régime impérial. Ce n'était pas un projet du nouveau ministre et la conception des publications avait changé. Les prises de position du comité n'étaient que la traduction des directives du nouveau ministre Hippolyte Fortoul.

Onze jours après le coup d'Etat de Louis Napoléon, le futur Napoléon lll, Hippolyte Fortoul publiait un arrêté en trois articles encadrant les nouvelles publications du comité. Il y était précisé que le comité déciderait des modifications qu'il jugerait utile et que par ailleurs les éditeurs se voyaient interdire toute modification. La reprise en main était évidente, le comité n'avait plus qu'à s'exécuter, le sort du Nouveau choix de poésies originales des troubadours était scellé.

Faut il y voir une mesure de rétorsion ? C'est fort probable, les engagements politiques de Mary-Lafon durant la période du gouvernement provisoire de la Deuxième République et sa fonction de commissaire de la république délégué pour le Tarn et Garonne avaient fait de lui un personnage politique d'opposition. Mais ce qui fut pour lui le plus difficile, outre l'atteinte à son ego, c'est que l'on puisse toucher par des mesures administratives à sa liberté d'homme de lettres.

L'affaire s'avérait importante puisque le 27 décembre 1854, il recevait un courrier du ministre de l'instruction publique et des cultes, Hippolyte Fortoul lui signifiant l'abandon du projet qui lui avait été confié huit ans plus tôt. Il lui proposait, bien évidemment un dédommagement financier qui selon Mary-Lafon n'était pas à la hauteur de la tâche réalisée et des frais engagés. Il s'en suivit un échange de courriers avec le ministre et dès le deux février 1855, il réclamait trois fois la somme proposée. Il se battra jusqu'à obtenir satisfaction sur la négociation financière. Cet arrangement lui laissait un goût amer et une blessure d'amour propre qui ne pouvait s'arrêter là. Mary-Lafon, en homme combatif, n'allait pas s'avouer vaincu. Il allait de cette déconvenue, réaliser une oeuvre qui allait trouver un vrai public et un succès d'édition.

Puisque les premiers commanditaires faisaient défaut, c'est seul qu'il trouverait la solution. De 1865 à 1868, il allait publier sept volumes de traductions de poèmes et oeuvres de troubadours. En 1855, il publiait chez Jacotet éditeur, Le roman de Jaufre.

Ce type d'ouvrage ayant une clientèle et une audience limitée, il allait réussir une opération d'édition en soignant particulièrement les publications suivantes. Il était en relation amicale avec beaucoup d'artistes, illustrateurs, dessinateurs, graveurs, caricaturistes...Il connaissait très bien Gavarni, Nadar, Bertall, Maurin et bien d'autres. C'est Gustave Doré qu'il alla voir, l'univers du dessinateur se prêtait à merveille aux sujets moyenâgeux, aux romans de chevaleries et la renommée de l'artiste allait lui permettre une publication soignée. Le sujet intéressa Gustave Doré et ce dernier lui fournit douze planches .

Le moyen-âge est en pleine redécouverte, c'est l'époque où Violet Leduc va restaurer la cité de Carcassonne, le Château de Pierrefonds, depuis 1830 Walter Scott a fait remonter à la surface des histoires moyenâgeuses lançant une mode d'une redécouverte de six cents ans de cette longue période de l'histoire occidentale. C'est aussi la période du recensement des monuments anciens les plus remarquables.

Dans ce contexte, Gustave Doré allait illustrer le premier volume qui lui était présenté, Le Roman de Jaufre. Le livre allait sortir en 1855 pour les « Etrennes de 1856 » . Edité par la librairie nouvelle, il était illustré de vingt gravures  sur bois tirées à part pleine page .Le volume était un grand IN-8° Jésus, papier glacé et satiné, la reliure toile mosaïque, riche plaque spéciale et tranche dorée. C'était un très beau livre qui voulait associer la présentation à son sujet. L'éditeur, inséra lui-même une préface spécifique:

             « Histoire de Chevalerie de bonne façon, de vive allure, plein d'enseignements sages et courtois et où foisonnent belles prouesses, aventures étranges, assauts, rencontres et batailles, voilà le roman de Jaufre et de la belle Brunissende, dont nous donnons aujourd'hui la primeur au public. Tiré de la poussière où il était enseveli depuis six cents ans, cet ouvrage est traduit pour la première fois. En considérant le mérite du livre, on peut dire, sans craindre d'être démenti, qu'il était digne de cet honneur depuis longtemps. Rien de plus piquant, de plus neuf, de plus fantastique et qui reflètent mieux les caprices charmants de l'imagination méridionale du moyen-âge. La société féodale y revit toute entière avec ses fééries, ses fictions chevaleresques, ses moeurs et ses grands coups de lance ; et telle est l'intérêt du récit, qu'on s'y abandonne avec autant de plaisir que nos aïeux, quand il était fait au son de la viole du jongleur dans la grande salle du château où sous les tentes. »

 Cette édition eut un beau succès et dès l'année suivante, il sortit dans les mêmes conditions Fierabras, légende nationale, toujours à la Librairie Nouvelle et toujours illustré par des gravures de Gustave Doré. Cet ouvrage fut suivi la même année par : Vie et miracle de Saint Honorat, puis en 1858 un nouvel ouvrage publié encore par la librairie nouvelle : La Dame de Bourbon illustré cette fois par des gravures de E. Morin.

Enfin pour clôturer le cycle des poèmes des troubadours il publiera en 1868 à La Librairie Internationale : La croisade contre les albigeois. Ce dernier ouvrage, lui a demandé plus de douze ans de travail, tant pour la retranscription des neuf mille vers des manuscrits, que pour la traduction, dont il a voulu conserver la forme et la force. Il ne s'agit pas seulement d'un exercice de style, mais de traduire outre un texte important du monde occitan, une musique que seule la langue occitane peut amener. L'accent de la langue est propre à elle même. Lire la version de la croisade de Mary-Lafon, ne peut se faire qu'à haute voix. Cet ouvrage, contesté depuis sa publication par certains[5] dans sa traduction est au coeur des critiques souvent reprochées à Mary-Lafon. Il n'hésite pas, parfois à s'écarter du texte d'origine, afin de conserver le souffle poétique et épique de la versification du Roman de la Croisade. Il illustre l'ouvrage de dessins relevés par lui-même dans le manuscrit original.

En 1876, il rééditera Le roman de Jaufre sous le titre : Le chevalier noir illustré par Gustave Doré. Ce bel ouvrage fera parti des cadeaux offert dans les distributions des prix scolaires de la troisième république.

 Cette affaire, qui l'a profondément affecté dans les années 1850-1855 a eu le mérite de lui permettre de s'affranchir des corps constitués et en particulier de la tutelle d'un ministre du second empire qui n'avait rien à apporter à l'esprit libre de Mary-Lafon.

                                                           Patrick DERS

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[1]     Ministre de l'instruction publique du 15 avril 1837 au 31 mars 1839 puis une deuxième fois du 1 février 1845 au 24 février 1848.

[2]     Cf: Lettre de Mary-Lafon détenue par l'auteur.

[3]     On compte 14 ministres de l'instruction publique durant la 2e république de février 1848 à décembre 1851.

[4]     Courrier conservé à la Bibliothèque Antonin Perbosc de Montauban.

[5]     M. Meyer dans la Revue Cririque n°35 de 1868.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 11:54

L'ami René Merle vient de me présenter un blog algérien passionnant sur lequel vous pouvez aller en cliquant sur le titre de cet article qui reprend un texte d'El Watan.

Pas plus que je ne crois à la notion  d'"occident" je ne crois à celle de monde "arabo-musulman". Et sur ce point je rejoins la critique de Yassin Temlali. Tout comme je ne crois pas à la notion d'intellectuel. Ceci étant, quand on lit l'entretien et sa critique il est aisé de constater que la critique pêche par un sous-entendu : Boualem Sansal se rangerait du côté des pouvoirs occidentaux et contre les pays arabo-musulmans. Or son propos n'évoque pas Hollande ou Sarkozy pour les féliciter et la classe politique européenne pour l'encourager. Par contre il y a la question des médias occidentaux où Boualem Sansal est devenu en effet une figure majeure comme l'Egyptien Al Aswany mais là aussi évitons les généralisations. Il n'est pas interrogé comme s'il était le plus grand politologue de la terre mais le simple auteur d'un livre. Boualem a-t-il changé son fusil d'épaule comme dans les médias qui l'interrogent ? Il me semble normal, vu l'évolution, que les références changent et jusqu'à preuve du contraire Boualem Sansal vit encore en Algérie. N'ayant que feuilleté son essai, je ne puis aller plus loin dans le commentaire mais, si le débat pouvait se poursuivre, je pense qu'il serait bénéfique des deux côtés de la Méditerranée car j'en conviens, il y a des arguments justes dans le texte de Temlali, sauf le reproche sous-entendu, qu'on ne peut discuter, et créer même, une association avec des Israliens. JPD

 BOUALEM SANSAL ET LE « PRINTEMPS ARABE » : L’HISTOIRE D’UN DÉSAMOUR

 BOUALEM SANSAL ET LE « PRINTEMPS ARABE » : L’HISTOIRE D’UN DÉSAMOUR

samedi 9 novembre 2013 Yassin Temlali El Watan le 9 novembre 2013

"Je ne crois pas à la démocratie dans le monde arabo-musulman", a déclaré l’écrivain algérien Boualem Sansal à un hebdomadaire belge (Le Vif, 28 octobre 2013), qui l’a interrogé sur les Arabes, les musulmans et l’islamisme, entre autres sujets, comme s’il était le plus grand politologue que la Terre ait jamais porté. Et pourquoi n’y croit-il donc pas ? « (La démocratie) ne verra le jour que lorsque les intellectuels se mobiliseront massivement ou travailleront ensemble pour transformer la société et les partis politiques. » Rien que cela !

Pourtant, dans les « pays démocratiques », les intellectuels se sont rarement « mobilisés massivement » ou « travaillé ensemble pour transformer la société et les partis ». L’instauration de la démocratie n’a jamais dépendu, ou si peu, des prises de positions des intellectuels, aussi infatués soient-ils de la noblesse de leur mission au service de l’humanité. Elle a toujours été davantage le fruit de mouvements sociaux et politiques complexes et de processus économiques profonds. En plus, l’« intelligentsia » ne constitue une caste homogène qui a une responsabilité sociale collective que dans des conceptions archaïques portant la marque de temps révolus, où une poignée d’« instruits » était censée exprimer la parole muette de millions d’illettrés. Il y a des intellectuels qui vivent de leurs œuvres et d’autres qui perçoivent un salaire du gouvernement. Il y a des humanistes et des colonialistes, des démocrates et des défenseurs du despotisme et, enfin, des fougueux militants et des grands circonspects (à l’image de Boualem Sansal à l’époque où, haut fonctionnaire, il n’avait pas encore découvert que « le propre de l’intellectuel est de dépasser la crainte » s’il ne veut pas « devenir soldat » (interview, 28 octobre 2013).

 Le Printemps arabe : « vent salutaire » ou « colère spontanée » ?

Ce discours sur la vanité de la lutte pour la démocratie dans le « monde arabo-musulman » ne serait que l’expression d’une pensée désabusée et sommaire s’il n’était en flagrante contradiction avec ce que Boualem Sansal lui-même soutenait il y a peu de temps, lorsque l’exaltation du potentiel émancipateur du Printemps arabe était dans l’air du temps en France et en Europe. Ainsi, affirmait-il le 16 octobre 2011, en recevant le Prix de la Paix décerné par les libraires et les éditeurs allemands : « (Cette distinction, Ndlr) prend un relief particulier pour moi en ce moment où, dans nos pays arabes, souffle un vent salutaire, porteur de ces valeurs humanistes, toutes nées de la liberté, et donc universelles, qui fondent mon engagement. » Et d’ajouter : « Ce qui se passe (…) n’est pas seulement la chasse aux vieux dictateurs obtus et sourds (…), c’est un changement mondial qui s’amorce, une révolution copernicienne. »

 Par quel miracle ce « vent salutaire » annonçant une tempête planétaire s’est-il réduit à une « colère spontanée aussitôt récupérée par les islamistes » (Le Vif, 28 octobre 2013) ? Par la magie d’une introspection autocritique ? Non, c’est la panne des processus de changement en Egypte, en Tunisie, etc. qui a sonné l’alarme dans l’esprit « pratique », pour ainsi dire, du célébrissime auteur. « Le Printemps arabe n’est plus à la mode, laissez tomber », lui a soufflé une puissante voix intérieure. Ce n’est pas une coïncidence si cette volte-face a lieu au moment où, en France, et, plus généralement en Europe, les critiques défaitistes des soulèvements arabes se font plus audibles, propagées par les élites politiques plus soucieuses de la survie de régimes « amis » menacés que de la dignité de dizaines de millions d’être humains.

 Depuis ce changement de conjoncture régional, le « Printemps arabe qui nous (donnait) tant à rêver » (discours du 16 octobre 2011) n’est plus, pour Boualem Sansal, qu’une explosion vaine et fugace (point de vue qui, du reste, s’identifie sensiblement à celui du gouvernement algérien). Quant aux « intellectuels et artistes arabes », dont certains, assurait-il en octobre 2011, avaient « atteint des sommets » si bien que « leurs seuls noms font lever des foules », ils ne sont plus qu’une bande poltronne aux ordres d’ignobles dictateurs.

 À l’ingénue journaliste de l’hebdomadaire belge qui l’a prié d’expliquer leur « silence », il a répondu, catégorique : « Ce (…) silence a existé de tout temps (…). C’est lié à la structure même de la société arabo-musulmane, dictatoriale ou féodale. Au mieux, les intellos sont des troubadours répétant le discours officiel. » N’étaient-ils pas, il y a deux ans, « infiniment plus méritants que moi » ces vulgaires troubadours ? Si, mais les temps ont changé, comprenez-vous, foin désormais de tous ces écrivains qui ont passé de longues années de leur vie en prison, sont encore condamnés à perpétuité pour un poème, pourchassés et assassinés par les dictatures qui gouvernent leurs pays comme par les islamistes.

 Quand le romancier se bombarde politologue

La charge violente de Boualem Sansal contre ceux-là mêmes qu’il encensait il y a deux ans n’est pas le fruit d’une réflexion (auto)critique sur les limites — réelles — des soulèvements du « Printemps arabe ». Elle est le signe d’une adaptation rapide au nouveau regard porté sur ces mouvements en Europe. Et derrière les généralités ronflantes transparaît une méconnaissance abyssale du monde arabe, de ses intelligentsias et des courants qui les traversent, dont beaucoup, contrairement à ce qu’il prétend, sont démocrates et radicalement laïcs. On a du mal à qualifier autrement que de « méconnaissance » cette sentence sans attendus qui assimile à des caisses de résonance des régimes tant d’écrivains qui se sont battus pour la démocratie et les libertés (Abdelatif Laâbi, Kateb Yacine, Sonaallah Ibrahim, Latifa Al Zayyat, etc.) et à des pleutres qui « redoutent d’être excommuniés ou assassinés » tant d’autres qui ont courageusement posé le problème de la sécularisation (Mohamed Abed El Jaberi, Fatima Mernissi, Abdelmadjid Charfi, Nasr Hamed Abou Zeid, Nawal Saâdaoui, Farag Fouda, Sadek Jalal Al Adm, Hussein Mroué, etc.) et dont certains, faudrait-il le rappeler, ont été « excommuniés » et « assassinés ».

 Pas plus qu’il ne l’était dans le rôle de thuriféraire du « Printemps arabe », Boualem Sansal n’est convaincant dans celui de « dé-constructeur » de ce qui n’est plus, pour lui, qu’une une auto-intoxication des « observateurs européens » (interview, 28 octobre 2013). Il semble croire que son talent de romancier — et quelques idées reçues puisées dans des lectures « orientées » — suffisent pour comprendre le « monde arabo-musulman ».

 N’est-ce pas, d’ailleurs, une preuve de culture politique et historique approximative que de rassembler des dizaines de pays, si différents par leur histoire, leurs cultures et leurs langues, sous une telle étiquette nébuleuse ? Et penser, sans la moindre nuance, que la « structure même de la société arabo-musulmane » est « dictatoriale ou féodale » n’est-ce pas une maladroite mise au goût du jour des stéréotypes par lesquels les colonialistes justifiaient l’asservissement des peuples colonisés ? Les industrieux indonésiens, malais et autres turcs seraient stupéfaits d’apprendre de Boualem Sansal qu’ils ne constituent pas des nations à part entières, mais des hordes de serfs qui s’ignorent et que leurs pays, « étriqués (…), n’ont point accès à la modernité » (interview, 28 octobre 2013).

 Un dernier mot pour conclure. Si Boualem Sansal s’est mué, comme par enchantement, en politologue, historien et islamologue, c’est principalement grâce à la complaisance de certains médias français de grande diffusion. Sans leur étonnante indulgence, il ne se serait pas bombardé spécialiste d’une région aussi vaste que ce brumeux « monde arabo-musulman », dont il ne parle probablement aucune des langues (à part l’arabe algérien) et qu’il n’a jamais (ou presque) visité sinon pour prêcher la « paix israélo-palestinienne » depuis une ville occupée, Jérusalem.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 11:36

Sur ce blog nous aimons bien le romancier algérien. Allons-nous aimer autant le politologue "arabo-musulman" qui est au coeur de son dernier essai ? Cet essai est conçu pour susciter la discussion et discussion il y a aussitôt :

- quelle légitimité a un romancier pour parler de politique ?

- Boualem est-il devenu plus Européen qu'Algérien ?

Voici ici un entretien dans un journal belge, avec dans un message suivant, une réaction publiée dans le quotidien de référence algérien, El Watan. Chacun pouvant ainsi se faire une idée.

Jean-Paul Damaggio

Articles sur Boualem Sandal (qui est passé à Montauban) sur ce blog

« les femmes comme monnaie d’échange »

Sansal, ghitany, cervantès

Montauban : lettres d’automne

Baoulem sansal : ecrire la lucidité

Rencontre avec boualem sansal

  

Boualem Sansal dans un journal belge

 Le Vif » Actualité » International »

"Je ne crois pas à la démocratie dans le monde arabo-musulman"

Le Vif lundi 28 octobre 2013 à 09h37

L’écrivain algérien Boualem Sansal fait sensation avec un essai tonitruant révélant les origines, les tabous et les méfaits de l’islamisation qui poursuit sa propagation mondiale.

 

Le Vif/L’Express : Quel éclairage apporte un écrivain en « regardant un sujet de manière littéraire » ?

 Boualem Sansal : Je précise d’emblée que je ne suis pas un spécialiste de l’islam pour pouvoir parler librement. On a besoin d’auteurs de toutes sortes, mais je m’intéresse aux phénomènes de société de notre époque. C’est pourquoi j’aimerais retrouver l’engagement des écrivains d’antan. Telle une caste détachée, ils restent absents du débat public, au lieu d’en être des acteurs. Lorsqu’on est confronté à une question aussi menaçante pour la société que l’islamisation, on doit se comporter en militant. Écrire ne suffit pas pour faire avancer les choses. Ce livre vise à dépasser le simple discours politique pour examiner les mécanismes profonds. J’espère vivement qu’il provoquera un vrai débat.

 Comment expliquez-vous le silence des intellectuels arabes, que vous qualifiez de « vecteur d’islamisme » ?

Ce qui me frappe, c’est que ce silence a existé de tout temps, quels que soient les sujets qui traversent l’ensemble des sociétés (le divorce, l’homosexualité ou la crise économique). C’est lié à la structure même de la société arabo-musulmane, dictatoriale ou féodale. Au mieux, les intellos sont des troubadours répétant le discours officiel. Ceux qui vivent en Occident demeurent également muets. Comment les réveiller ? Le mouvement Ecrivains pour la Paix − que j’ai fondé avec l’écrivain israélien David Grossman − a le plus grand mal à les mobiliser car ils redoutent d’être excommuniés ou assassinés. Or le propre de l’intellectuel est de dépasser la crainte, sinon il devient soldat.

 En tant qu’Algérien, de quoi êtes-vous le témoin ?

J’ai vu l’islamisme arriver sous mes fenêtres. En quelques années, il a détruit des familles, une culture, une économie et des vies, tout en se répandant partout. On ne peut pas rester indifférent face à ce phénomène qui risque d’arriver aussi chez vous. Au lieu de se comporter en militants, les gens regardent la télé sans broncher. Voyez Hollande qui n’a jamais désigné l’ennemi lors de sa visite au Mali. Ne pas nommer les islamistes revient à les protéger !

 L’une des clés est de distinguer islam et islamisme.

Ce livre rappelle que l’islamisme est né de l’islam par un glissement progressif. Où commence le premier ? Dans la volonté agressive de domination et dans celle de vouloir imposer une idéologie au plus grand nombre. Elle est alimentée par certains musulmans radicaux, mais l’islam a rarement été tranquille. Prônant le prosélytisme, il s’est souvent imposé par le glaive et les armes.

 Pourquoi ce retour du religieux, comme l’avait prédit Malraux ?

L’humanité a pour but le bonheur. Tous les moyens sont bons pour vivre en paix, mais en raison de la démographie, les ressources s’amenuisent. Il faut un système performant, donc totalitaire. Or que ce soit le communisme ou le capitalisme, tous les modèles échouent. Avant, on se tournait vers l’ésotérisme, maintenant c’est l’islam dont la vitesse de propagation est prodigieuse. Les pays musulmans n’ont pas beaucoup de choix. Etriqués, ils n’ont point accès à la modernité. D’autant que certains d’entre eux estiment avoir connu des siècles d’humiliation avec la colonisation occidentale. L’envie de retrouver un islam conquérant explique le succès des Frères musulmans, qui veulent « laver l’affront ». Une vengeance mobilisatrice, décuplée par l’obligation de répandre la parole de Dieu et de convertir un maximum de gens.

 « Islamiser le monde, pas seulement les pays musulmans. » Qu’est-ce qui explique cet engouement en Europe, que ce soit auprès des jeunes musulmans ou des convertis ?

La régression de l’Occident y est particulièrement propice. Les Européens ne croient plus en l’avenir de l’Europe, qui n’a ni armée ni diplomatie et se montre incapable de coordonner la gestion de la crise économique. Ceux qui aspirent à la domination mondiale se portent bien, grâce au pétrole ou à une croissance à deux chiffres. Alors autant profiter de l’affaiblissement pour achever la bête ! Je suis effrayé par l’évolution foudroyante de l’islamisme européen en moins de dix ans. Quand on est fatigué, on attrape toutes les maladies... Autre cause : la crise identitaire. Non seulement l’identité européenne n’émerge pas, mais en plus elle fissure le système en place. Ceux qui ne sont pas de cette culture, ne peuvent pas et ne veulent plus s’intégrer. D’ailleurs, les « pays d’origine » font tout pour contrebalancer une intégration réussie. Ils craignent que si les communautés maghrébines se francisent ou se belgicisent, elles « pervertiront » leur culture. C’est ce qui explique la toile d’araignée que constitue l’ouverture d’innombrables mosquées, de cours d’arabe ou de L’Amicale des Algériens en Europe. Les communautés immigrées sont instrumentalisées, or les gouvernements participent à ce double jeu, qui consiste à recruter des imams alors que ces pays se disent laïques. Résultat ? Les jeunes ne se sentent plus Belges, Français ou Allemands, bien que cette troisième génération soit née en Europe. Quel échec !

 Vous dénoncez ainsi fermement l’hypocrisie des politiques qui aggravent la situation.

S’il y a un responsable de la situation dramatique en Europe, ce sont les politiques. Ils représentent un danger car, à force d’aller de compromis en compromis, ils vont de compromission en compromission. Ce cynisme les pousse à s’allier avec n’importe qui, comme Kadhafi reçu à l’Elysée en échange de contrats mirobolants. Les pays arabes incarnent un grand marché, avec lequel il ne faudrait pas se fâcher. Idem pour le « Printemps arabe », perçu par les observateurs occidentaux comme un mouvement révolutionnaire, alors qu’il s’agit d’une colère spontanée, aussitôt récupérée par les islamistes. Aveuglés, les politiques préfèrent prôner « une stabilité » de la région, afin de poursuivre les affaires. Tant en Europe que dans les pays arabes, il existe des moyens financiers et organisationnels colossaux pour diffuser les idées islamistes (la distribution d’exemplaires gratuits du Coran par exemple). L’Arabie saoudite, le Qatar, l’Iran et de riches mécènes américains ou français y contribuent largement. Ils offrent ainsi des bourses pour former des ingénieurs et des atomistes, afin d’asseoir leur pouvoir. Contrairement à Obama, ces pays n’ont pas de contrainte d’argent. Les islamistes sont forts dans de nombreux de domaines : la gestion de la finance internationale, le monde politico-économique, le commerce halal, les mouvements sociaux, les œuvres soi-disant caritatives (l’une des forces des Frères musulmans) ou les médias. Bravo, ils ont tout infiltré ! Même Internet et les médias, comme Al-Jazeera, qui n’hésite pas à corrompre des ministres, des intellectuels et des journalistes pour prêcher l’islam de façon évangéliste. La presse occidentale est également touchée, puisqu’ils payent des reporters dans le but de donner une autre vision de l’islam. Il faudrait dénoncer ces derniers et encourager les journalistes d’investigation à se pencher par exemple sur la littérature islamique en Belgique. Ils seraient surpris...

 « Un nouveau vivre ensemble » vous semble-t-il envisageable ?

Pas trop... Ce serait un travail de longue haleine. Il faudrait au minimum qu’il y ait la paix dans les pays arabo-musulmans, y compris entre communautés laïques et musulmanes, mais ça ne pousse pas tout seul. Le vivre ensemble sera viable s’il est pourvu d’un cadre juridique, or beaucoup de gens feront tout pour l’entraver. Je ne crois pas à la démocratie dans le monde arabo-musulman. Elle ne verra le jour que lorsque les intellectuels se mobiliseront massivement ou travailleront ensemble pour transformer la société et les partis politiques. C’est là que réside mon espoir.

 Entretien : Kerenn Elkaïm

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 20:46

Il serait déplacé d’oublier ici ce que fut le franquisme quand on note que c’est en 1955 que Vázquez Montalbán croisa Camus. Il avait 16 ans et il eut la chance d’avoir à l’école un jeune professeur de 24 ans, Basilo Losada (devenu traducteur de Saramago) qui, en une année, lui fit lire tout Sartre et tout Camus, les deux auteurs étant immanquablement liés dans la vie de Manolo. Les livres en question étaient bien sûr publiés en édition argentines et se faire surprendre avec en main L’étranger pouvait conduire à la prison. Il s’est toujours souvenu de ce jeune membre de l’Opus dei s’approchant de lui et découvrant sa lecture qui lui déclara : « Est-ce que tu serais un être inquiétant ! » Il n’en fallait pas plus pour mal dormir la nuit suivante.

L’autre personnage qui l’aida à comprendre Camus s’appelle Charles Müller, un curé alsacien qui publia une collection de livres fondamentaux pour le jeune barcelonais : Littérature du XXème siècle et christianisme. Pour mesurer jusqu’à quel point Manolo fut marqué évoquons ce ver « Etre juif, vivre à Prague, écrire en allemand » qui est en fait une phrase reprise de la présentation de Kafka par Müller. C’est dans cette collection qu’il apprit à comprendre Camus mais aussi Bernanos,  Malraux etc.

Pour le moment voici le portrait de Camus pour Manolo en espagnol. La traduction va suivre. JPD

 

Camus, Albert

Suele ocurrir que las clasificaciones culturales sólo responden a parte de la verdad de lo que clasifican y así, cuando vemos a Camus metido en el saco común del existencialismo francés de posguerra y lo sacamos de él para leerle, vemos tantas afinidades como desafinaciones en relación con los otros supuestos existencialistas. Quizá la nota dominante entre las muchas notas de este escritor poliédrico sea su obsesión por la independencia de criterio, que como suele suceder escondía una dramática confusión de criterios, finalmente asumida como expresión sincera de su mismidad. Mientras Sartre trataba de «aclararse», Camus acabó asumiendo su propia confusión como inevitable, no ya en sí mismo, sino en cualquier otro hombre. El extranjero fue una propuesta de meditación sobre el límite de la conducta desmotivada y aunque aparentemente el personaje del extranjero sea lo más opuesto al propio Camus, quién no lleva un extranjero dentro de sí, un extrafino que va cortando los enlaces con los otros que el propio yo está construyendo desde otro rincón del espíritu? En la historia de la cultura europea de la posguerra hay una fecha inevitable, 1952, el año de la disputa entre Camus y Sartre, cuando a raíz de la progresiva condena del comunismo por parte de Camus y de la aceptación del comunismo soviético por Sartre, como una necesidad histórica para hacer frente a la barbarie capitalista, la discordancia se convierte en concierto de cacerola y Sartre acusa a Camus de insolidario histórico, y Camus a Sartre de cómplice de los crímenes del estalinismo. La necesidad de replantear constantemente lo asumido llevó a Camus a una desnudez ideológica final y a una necesidad de moral a la medida de cada situación que le hace precursor del talante de la mayoría de la inteligencia posmoderna, frente a los intelectuales creyentes en la necesidad de contar con pautas históricas de partida. Para llegar a esta conclusión, Camus había recorrido un duro camino avalador, lleno de combates contra el filisteísmo burgués, el nazismo y la cobardía reductora de la Europa reconstruida después de la segunda guerra mundial. Así como Sartre, a pesar de haber afirmado que «el infierno son los otros» se pasó toda su vida y toda su obra tratando de pactar con los otros, Camus, más inicialmente predispuesto a la solidaridad, propuso ese pacto desde la intransigencia de su individualismo en perpetua revuelta. Tal vez porque fue el más desesperado de los existencialistas. El más convencido del absurdo de vivir.

Vázquez Montalbán

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 20:18

monument-st-nicolas.jpg

 

Je connais parfaitement le monument aux morts de Saint Nicolas mais la présentation d'Antoine Prost que vient de reprendre La Dépêche me confirme qu'on ne regarde jamais assez les sculptures qui sont trop considérées comme un décor. Par exemple je n'avais pas noté que la semeuse est devant le laboureur ce qui est un paradoxe que peut-être le sculpteur aurait expliqué. Aussi nous reprenons la photo et l'article en se disant qu'on pourrait faire la même chose pour tant d'autres monuments.

 

Les secrets du monument aux morts de Saint-Nicolas le 11/11/2013

Le monument aux Morts de Saint-Nicolas-de-la-Grave est d’une lecture difficile pour plusieurs raisons.

La première est que son emplacement actuel, le long du mur de l’église, n’est pas l’emplacement primitif, sur le mur de la mairie. Il faudrait des photographies anciennes, de l’inauguration par exemple, pour savoir comment il était disposé. Apparemment, les deux plaques portant les noms des morts ont exactement la hauteur du bas-relief et elles étaient probablement scellées dans le mur de part et d’autre du bas-relief. Mon hypothèse serait qu’au moment du déplacement, on a installé le bas-relief sur un soubassement, parce qu’il était décollé du mur de l’église.

La question est de savoir si, dans le monument initial, il n’y avait pas une quatrième plaque de marbre, au-dessus ou en dessous du bas-relief, qui aurait porté la dédicace du monument. Dans tous les monuments, on trouve une épigraphe du type : «la commune de… à ses morts pour la France», ou simplement à ses morts, et les deux dates de 1914 et 1918. Ici, rien de tel. Le monument est totalement silencieux. L’était-il de naissance ? Ou l’est-il devenu quand on l’a transféré ?

Les noms des morts sont dans l’ordre alphabétique, ce qui est très courant, l’ordre chronologique, fréquent lui aussi, prend plus de place car aux noms et prénoms des morts il faut ajouter leur date de décès, ou au moins les classer par années, avec des intertitres : 1914 / 1915 etc. En revanche, on indique généralement le grade des caporaux, sous-officiers et officiers : ici rien de tel, l’égalité devant la mort est totale. Le monument fait abstraction des hiérarchies militaires.

L’iconographie est exceptionnelle, non seulement en raison de la qualité de la sculpture, mais de son thème. Pour aller vite, on peut dire que les sculptures soulignent la victoire, la résistance ou le deuil. Les premières montrent des victoires ailées et des poilus triomphants, qui brandissent des couronnes. Les secondes, des poilus en sentinelle, immobiles. Les troisièmes, le poilu mourant ou mort - il y a de très beaux gisants - et surtout la famille : femmes en pleurs, femme et enfant devant une tombe etc. Parfois, on trouve des poilus réalistes, crottés, marchant baissés ou lançant des grenades, mais c’est rare. Le soldat d’André Abbal n’appartient à aucune de ces catégories. Il est habillé réglementairement, avec ses bandes molletières, ses cartouchières, sa gourde, sa capote bien boutonnée. Il n’est ni blessé ni mort. Il n’est pas dans une position de combat, car il semble manifestement se reposer, mais il est en première ligne, car son fusil est dans un emplacement de tir, et ses grenades à portée de main. Il songe.

Il songe aux siens, qui sont représentés sur le bandeau supérieur. Le clocher d’une église et deux tours, difficilement identifiables, renvoient sans doute à l’église de St Nicolas (le clocher lui ressemble) et au château. Il s’agit en tout cas du monde perdu de la vie d’autrefois, et des travaux des champs. Un homme - impossible de dire si c’est un fils ou un père - laboure avec une paire de bœufs. Devant lui, ce qui est paradoxal, car le labour est premier, une femme sème le grain.

Je ne pense pas qu’il faille faire une lecture pacifiste de ce monument, en l’absence de toute épigraphe. Il ne connote ni la mort ni l’horreur des combats. Il n’a rien d’idéologique. C’est un soldat qui songe aux siens, un civil sous l’uniforme. Par quoi ce monument restitue au poilu son identité sociale et humaine. C’est ce qui le rend si vrai et si émouvant.

Cet historien vient de remettre un rapport au ministre délégué aux anciens combattants, Kader Arif, concernant les conditions de réhabilitation des soldats fusillés pour l’exemple.

Antoine Pros

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 19:45

Camus.jpg

 

Albert Camus fêté à Montauban (1)

 

El Pais du 7 novembre rend hommage à Camus. Miguel Moral, l’inévitable Fernando Savater, Marcos Ordonez et Ricardo Cano nous présente quelques facettes de l’écrivain. La question de l’Europe, le théâtre, l’hédonisme.. ; qui est Camus vu d’Espagne ?

J’aurais dû en l’honneur de telles festivités dit qui était Camus pour Vazquez Montalban.

La vie de Pepe Carvalho a basculé quand très jeune, discutant avec son épouse l’un se retrouva dans le camp de Rousseau et l’autre de Voltaire. Pour MVM la question était plutôt celle de Sartre ou Camus et il a toujours choisi Camus. Dans El escriba sentado Camus est cite 10 fois avec une étude judicieuse qu’il me faudrait traduire. Il s’agit d’un texte sur la présentation d’écrivains évidents par ordre alphabétique : Beckett, Borges, Camus, Canetti, Cervantes, Christie, Duras, Faulkner, Garcia Lorca, Garcia Marquez, Goethe, Grass, Hemingway, Hesse, Joyce, Kafka, Lessing, Malraux, Mann, Moravia, Nabokov, Sartre, Shakespeare, Swift, Valle-Inclan, Woolf.

  1. Voir : Manifestations de lettres d’Automne

La soirée de lancement aura lieu le 18 novembre à 18 h 30. Comme ça commencera que vers 19 h la rencontre sur le Chili qui a lieu le même jour se déroulera de 18 h à 19 h

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:33

livre-renaud-jean.jpg

 

Sous le titre Renaud jean, Un  homme, un engagement, une terre, le Conseil général du Lot et Garonne a mis à la disposition du public de la Conférence de Serge Wolikow, un outil de référence rédigé par Isabelle Brunet et Pascal De Toffilo.

Outil de référence qui recoupe l’exposition en cours mais qui va plus loin car il donne toutes les indications pour accéder aux multiples documents.

Chaque Archives départementales a des données classiques (administratives) mais aussi des dépôts privés d’une richesse unique dans la série J, celle que j’affectionne le plus et pourtant je ne connais pas le fonds Vimié-Sillet qui apparaît splendide en matière de photos.

Le livre, comme l’exposition se présente ainsi :

Sommaire

Préface, 5

Introduction, 9

1. Aux origines d'un engagement politique 11

Un agriculteur ancré à Samazan, 12

Anna et Isabelle, les deux femmes de sa vie, 14

Pacifisme et communisme, ses héritages de la Grande Guerre, 18

Un esprit et une plume au service du communisme, 24

Le mirage de l'URSS, 29

2. Une détermination à l'épreuve des vicissitudes du temps, 33

Une personnalité forte et des convictions inébranlables, 34

Du centre à la marge de son parti, 38

Son procès, sa condamnation et son internement, 41

L'éloignement de la scène politique nationale, 46

3. Le combat de sa vie : la paysannerie et la question agraire, 51

Un théoricien de la question agraire, 52

Ses combats en faveur des paysans du Sud-Ouest, 56

La Confédération générale des paysans travailleurs et la commission de l'agriculture, 60

4. Un acteur au service de la société, 67

Unité de la gauche et antifascisme : le temps du Front populaire, 68

Des mandats politiques au service de sa commune et de son département   , 75

Sa « dernière activité publique », la défense du syndicalisme agricole, 78

Recueil de documents, 85

Annexes, 99

 

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 18:04

Dans l’exposition aux Archives Départementales du Lot et Garonne au sujet de Renaud Jean on découvre le document que j’ai recopié ci-dessous.

Il s’agit d’une note établie par les renseignements généraux la veille de la mort de Renaud Jean et classée SECRET. Archives départementales du Lot et Garonne 1039 W 32

On y apprend que Doriot serait intervenu pour aider à la libération de Renaud Jean et Racamond. Les RG écrivant cette note en 1961, l’information avait due être récupérée dès 1944-1945 par la direction du PCF (plusieurs notes des RG ont été utilisées pour justifier des exclusions) et s’il n’y a jamais eu de référence à elle, au cours de la vie de Renaud Jean, ça n’infirme pas cette possibilité car les raisons politiques de la mise à l’écart ne manquaient pas.

Ce qui, à me yeux, rend plausible cette action de Doriot c’est la date de la libération, le 15 juin 1941. Doriot, devenu un pro-nazi notoire savait sans nul doute que le mois de juin serait, comme en 1940 pour la France, celui de l’attaque de l’URSS par Hitler ; et après cette attaque, tout communiste français devenait encore plus qu’auparavant un danger rendant sa libération impossible. Il est frappant de constater que Philippot emprisonné avec Renaud Jean, n’ayant pas été libéré, est mort en déportation. Il est frappant de constater – je l’ai noté pour le TetG - que le 21 juin 1941 quand Hitler attaque l’URSS, l’arrestation de communistes est devenu une urgence. En Tarn et Garonne ces arrestations ne provenaient pas d’une action particulière ou d’une filature réussie : tous les communistes arrêtés tranquillement chez eux étaient connus comme tels depuis longtemps.

Ajoutons que Renaud Jean n’avait pas été condamné à de la prison ferme aussi, comme ses amis communistes, il était illégalement privé de liberté et très malade. Doriot aurait donc fait un geste en souvenir de luttes passées, et avant l’heure de l’affrontement reporté du nazisme avec le communisme.

Fallait-il sortir ce document des archives ? Certains diront, c’est pour salir Renaud Jean. L’histoire se regarde en face et sans nul doute Renaud Jean aurait été triste, si cette note lui avait été mise sous les yeux, mais sa vie reste cependant sans tâche, car cette note ne dit pas que l’intervention de Doriot s’est faite suite à une demande de Renaud Jean. Peut-être, dans l’entourage du député de Marmande quelqu’un a-t-il fait cette démarche…

Ceci n’excuse en rien les dérives de Doriot, tout comme le fait que René Bousquet ayant pu sauver tel ou tel juif ne peut effacer, ni relativiser, les lois mises en œuvre et les mesures d’ordre général (au contraire). L’histoire s’écrit avec des cas particuliers mais surtout avec des tendances de fond. JPD

 

 

 

N° 943/GR/20                                 le 30 mai 1961

 

Note d’information

 

Objet : a/s du passé politique de M. Renaud JEAN et de ses difficultés avec le P.C.F.

Référ.:Vos instructions du 29/5/61.

 

Pour le période qui se déroule de 1939 à la Libération, le cas Renaud JEAN peut être examiné sous deux aspects l'aspect doctrinal et l'aspect historique :

1°) - Aspect doctrinal :

Premier Député paysan du P.C., Renaud JEAN s'est toujours opposé à la position orthodoxe du P.C. international (3° Internationale) en ce qui concerne la place de la paysannerie dans un pays à organisation marxiste.

Pour les doctrinaires du parti, en effet, c'est la dictature du prolétariat, c'est-à-dire des ouvriers, qui doit s'imposer, les paysans n'étant qu'une forme d'appoint vouée à disparaître.

Renaud JEAN, au contraire, a toujours défendu l'opinion selon laquelle les paysans, classe moyenne c'est vrai, mais œuvrant de leurs mains, devaient être considérés comme des ouvriers.

Depuis 1922 et jusqu'en 1939, il a fait plusieurs voyages en Russie et a eu de nombreuses conversations avec la Direction du Parti en France.

Ses interlocuteurs n'ont jamais pu lui faire adopter la doctrine orthodoxe.

WÀLDECK-ROCHET, à l'époque, "le jeune qui montait", devait déjà avant 1939 supplanter Renaud JEAN à la tête de l'appareil communiste de la paysannerie, à cause des thèses dissidentes du leader paysan du Lot-et-Garonne.

Cependant, s'il n'y avait pas eu les évènements de 1939, Renaud JEAN serait certainement resté député communiste.

2°) - Aspect historique :

Au moment de la déclaration de guerre de 1939, l'appareil du parti en L.&.G. avait comme état-major par ordre décroissant : Renaud JEAN, M. AURIN, M. Robert LACOSTE, M. LABRUNIE et M. PHILIPPOT, 2° député P.C. du département.

./.

AURIN fut mobilisé. Il n'a donc pas eu à signer la déclaration qui était demandée par le Gouvernement aux leaders communistes contre le pacte germano- soviétique STALINE-RIBBENTROPP, du 26/8/39.

Par contre, PHILIPPOT a rédigé sa déclaration.

Dans le privé, Renaud JEAN expliquait pourquoi "le capitalisme forcené créateur du fascisme et de l'hitlérisme ne pouvait être allié du prolétariat marxiste-léniniste. Pareille alliance n'est qu'une mauvaise manœuvre et ne peut préluder qu'à des catastrophes" (sic).

Ceci se passait vers le 2 ou 3/9/1939.

Par la suite, JEAN Renaud se rapprocha par esprit de discipline de la thèse officielle du P.C.F. soutenant à fond la politique du pacte germano-soviétique.

Il refuse donc de signer la moindre déclaration contre le Pacte germano-soviétique.

Dans le même moment, la Direction du P.C.F. lui demandait d'enquêter sur le cas PHILIPPOT qui "avait trahi en se ralliant au gouvernement".

Or, Renaud JEAN refusa de s'occuper de cette querelle, et à partir de ce moment ses difficultés commencèrent vraiment avec le Comité Central.

En effet, à la Chambre, Florimond BONTE avait lu au nom du parti une déclaration dans laquelle il disait : "la guerre contre l'Allemagne est d'un caractère impérialiste évident. Le P.C. ne peut soutenir pareil conflit".

C'est au milieu de ces intrigues et de cet imbroglio que le Président DALADIER signa un décret d'internement des députés et dirigeants du P.C.F. Renaud JEAN, AURIN, et PHILIPPOT furent donc internés.

Parmi les autres internés se trouvait le député P.C. RACAMOND. Il faut noter aussi que l'affaire PHILIPPOT avait évolué dans l'intervalle.

PHILIPPOT avait présenté son autocritique et il était rentré à nouveau dans les grâces du parti.

Après la débâcle de juin 1940, DORIOT, DEAT et VALLAT deviennent des figures de premier plan.

Or, JEAN Renaud est resté l'ami personnel de DORIOT, ancien maire communiste de St-Denis.

DORIOT, par amitié, eut la persévérance de s'occuper de Renaud JEAN et de RACAMOND et il finit par obtenir en 1941 la mise en liberté de ses deux amis.

A partir de ce moment-là, le P.C.F. ne pardonne jamais à JEAN Renaud "l'esprit bourgeois avec lequel il s'était incliné par opportunisme pour reprendre sa liberté, insultant ainsi le parti et tous ceux qui continuaient la lutte".

./.

Effectivement, depuis la Libération, M. JEAN Renaud a toujours été tenu à l’écart par le Comité Central.

 

Destinataire :

- M. le préfet du L et G

- Archives

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 20:12

rj.jpg

 

Hier ma journée était pleine au possible. Mais à 16 h 21 je me suis pris par la main : direction Agen. La pluie sur l'autoroute. Un accident même. Je sais où je vais et l'heure est bonne pour aller vers Agen. Pas pour en sortir. Les médias parlent des embouteillages des vacanciers. Ceux qui se produisent tous les jours c'est la routine... En route je me refais le film. Je me souviens de ce jour où avec André Larralde on a rencontré les autorités des Archives pour les inciter à faire une expo sur Renaud Jean. Aujourd'hui c'est fait et je pars voir la présentation. A 17 h j'arrive aux Archives du Lot et Garonne. Je retrouve les amis de Samazan. Emouvant à plus d'un titre et même à plus de cent titres. Une trentaines de cheveux blancs. L'hommage est officiel. Un livre est en appui. Serge Wolikow est présent. On arrive devant une vitrine qui montre le truquage des photos. Serge Wolikow ajoute un mot : la correspondance à ce moment-là avec Duclos. Je ne peux m'empêcher d'ajouter mon grain de sel. "Aujourd'hui encore au siège du comité Central c'est encore la photo floutée qui est dans le hall". Un homme me demande discrètement où au siège du PCF. J'explique. Il me dit que dans le hall c'est pour des expos. Je sais. Mais les photos ont été regroupées. Je n'ai aucun goût pour les polémiques d'autant que l'expo est magnifique. Bien sûr je ne l'aurais pas faite ainsi car je n'ai pas le sens de l'ordre mais j'apprécie. Il faut dire que le fond Renaud Jean est d'une originalité immense. En fait c'est en partie à lui qu'on doit l'expo : aux documents soigneusement conservés et déposés aux archives. C'est un peu comme une revanche de Renaud Jean.

Pour le retour, pas question de faire une heure de queue dans l'embouteillage pour rejoindre l'autoroute. Je rentre par les chemins de traverse. Je me refais le film. A 19 h 15 je suis chez moi. On a appelé au téléphone, encore du boulot. Mais ensuite je tiens à publier ces quelques mots. Ce retour à Renaud Jean va en imposer quelques autres. Si vous passez par Agen arrêtez-vous aux Archives. Et si vous n'y passez pas, allez-y donc. Jean-Paul Damaggio

 la photo renaud jean

La photo de Renaud Jean au Comté Central

Vazeilles effacé de la photo

Renaud Jean écrit à Duclos

Les photos

Là on retrouve la photo floutée du Comité Central avec le nom.

et en cette période de festivités : Renaud Jean et les monuments aux morts

 

P.S. ET je rentre chez moi et mon blog, c'est la galère

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 19:18

Over-blog pousse ceux qui utilisent ses services à changer de système.

Hier soir, pour une raison inconnue je n'ai pu accéder à mon administration.

Par une astuce (j'ai prétendu avoir oublié mon mot de passe) j'ai retrouvé le moyen de mettre un mot.

Je vais donc changer de formule alors qu'elle est moins pratique que l'ancienne.

Ainsi va la vie des blogs. Jean-Paul Damaggio

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