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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:33

Avec ce nouveau texte de Vázquez Montalbán, ce blog prend un mois de vacances. Non que je sois en vacances mais occupé à d’autres tâches. JPD

 L’autre regard

Tout d’abord nous avons eu ses lettres de prison, soit dans l’édition italienne conçue par l’éditeur Giulio Einaudi et Palmiro Togliatti, soit dans la sélection publiée en Argentine. C’était pour nous un Gramsci doublement clandestin car il était interdit par la censure franquiste et nous savions qu’il était mal vu par l’axe communiste Moscou-Paris, principale source de nourriture des nouveaux et jeunes marxistes espagnols.

Puis des travaux plus politiques sont arrivés et grâce à la clarification critique des gramsciens autochtones (de Sacristan à Fernandez Buey en passant par Jordi Solé Tura), Gramsci a été assimilé comme la preuve d’un marxisme politique vivant, face à la sclérose française et au réductionnisme dogmatique soviétique. Par Gramsci nous est arrivé un échantillonnage complet, éclairant, polychromique, polycentrique, de la pensée marxiste italienne, capable de réviser tout l’académisme marxiste, de la réflexion sur l’esthétique et le goût d’Ivano Della Volpe, jusqu’au marxisme agonique de Pasolini, ce qui incluait l’état du perpétuel questionnement dialectique et la prise en compte de l’antagonisme intérieur et extérieur, à l’intérieur de cette relation.

Trop pour le corps. Gramsci partageait avec le léninisme le rejet du déterminisme économiciste qui avait perdu la Seconde internationale, par contre il appliquait le principe de l’impulsion créatrice «... de l’analyse concrète de la situation concrète» au fait national italien de la lutte des classes et nous arrivions à des perceptions tactiques et stratégiques facilement transposable à la situation espagnole en matière de construction d’un bloc historique antifasciste, et par le fait que les formulations idéologiques se devaient de modifier les conduites sociales qui objectivement allait en sens contraire. Par ailleurs, son engagement en faveur de l’«intellectuel organique collectif» légitimait la richesse d’une rencontre de perceptions sociales entre différents sujets de changement, disposés à s’interpénétrer sous l’hégémonie de la classe ouvrière. Sa curiosité analytique, qui l’avait conduit à appliquer sur les questions de l’organisation du parti, des relations avec d’autres formations politiques, sur les liens avec les catholiques, le journalisme, les intellectuels, la question de la langue, les relations entre le nord et le sud dans la jeune nation italienne, les nouveaux systèmes productifs du capitalisme nord-américain... le rendait spécialement nécessaire à l’heure de chercher un regard proche, complice sur nos propres problèmes. Le langage de Gramsci, élaboré dans la solitude de ses longues années de prison et construit en marge du jargon du marxisme officiel, nous ouvrait non seulement la boîte de la polysémie mais aussi nous éduquait sans qu’on n’y prenne garde contre le jargon dégradé, réductionniste et limité à un jeu de matrices transmettant des consignes.

Gramsci nous paraissait un dissident «au plus haut point», ce qui lui permettait d’aider à construire un instrument culturel très riche du mouvement ouvrier européen : le Parti Communiste Italien. La part fondamentale des thèses du polycentrisme qui a été assumée par Togliatti peu de temps avant de mourir dans son testament de Yalta, repose dans cette liberté du regard et de langage d’un dirigeant communiste. Gramsci et Togliatti représentent pour les jeunes communistes espagnols du début de la décade des années 60 un point de référence, quelque chose comme une référence dans la conduite intellectuelle (Gramsci) et politique (Togliatti). Le regard non réducteur de l’un et la capacité à intégrer de l’autre, apparaissaient comme la garantie qu’il était possible d’atteindre quelque chose ressemblant à ce qu’ensuite on appellerait « le socialisme à visage humain » ou « le socialisme dans la liberté ». Il s’agissait, ni plus ni moins, de s’opposer à toutes les centralisations du communisme à la soviétique, toutes les décentralisations d’une culture de marché et pas seulement par la voie de la correction des excès de la centralisation bureaucratique, loin de la production de lechugas ( ?), loin de la production de la théorie. C’était quelque chose de plus diffus, mais qui partait d’une évidence : la corruption et l’inutilité du savoir dogmatisé converti en simple langage rhétorique. Un dirigeant avait été beaucoup plus libre que d’autres dirigeants communistes en liberté pour appréhender la réalité, l’analyser et prendre parti. Pour proposer à partir d’un savoir. Et il avait été plus libre parce qu’il avait pensé en marge de la servitude d’un intellectuel organique collectif si falsifié qu’il avait pour devoir d’assumer le terrorisme de l’Etat stalinien et le pacte entre le nazisme et le stalinisme. Cette liberté intériorisée fit que la pensée de Gramsci fut pendant presque vingt ans filtrée, avec une inusuelle générosité, il faut le dire, par l’équipe dirigeante du PCI et plus spécialement pas Togliatti en personne, méfiant admirateur de la liberté du regard gramscien, regard qu’il souhaitait sauver pour les temps postaliniens.

Dans un article publié par Paese Sera en 1964. Togliatti lui-même fit une certaine autocritique sur l’utilisation instrumentale de la pensée de Gramsci à partir de la fin la guerre mondiale et il souhaitait l’ouvrir à la capacité d’analyse et d’interprétation, au-delà du filtre des nécessités idéologiques du parti. C’était une étrange déclaration dans la bouche d’un secrétaire général communiste d’une culture si ancienne, et ça a signifié l’ouverture d’un processus d’annexion de Gramsci, étant considéré par les uns comme l’homme des conseils ouvriers et donc de la démocratie prolétarienne directe, et par les autres comme celui qui pactise avec les réformistes pour ouvrir les portes du parti à la social-démocratie. La richesse et la dispersion des applications gramsciennes facilitait cette liberté d’interprétation et encore aujourd’hui nous devons lire Gramsci plus comme un marxiste intuitif et a-système (sans arriver au modèle intellectuel d’un Benjamin) que comme un codificateur des conduites sociales qu’il était obligé d’écrire avec des clefs.

 Ce qui séduit chez Gramsci c’est la cruelle relation entre vie privée-projection historique, souffrance personnelle-souffrance collective, qu’il eut à affronter presque toujours à partir de l’expérience de la souffrance et jamais à partir de celle du pouvoir. Il faut revendiquer, et surtout aujourd’hui, autant son rejet du déterminisme économiciste comme sa condamnation du maximalisme verbeux. Finalement, il faut valoriser l’influence réelle de la pensée de Gramsci dans la construction de la conscience de la gauche universelle ces trente dernières années, non comme l’apport d’une pensée systématique, équivalente à celle de Marx ou de Lénine, mais comme de lucides clarifications sur les distincts niveaux d’un savoir critique sur une société en pleine transformation, à partir de l’action du sujet du changement. Le savoir critique. C’est là le point de fixation gramscien qui a des conséquences fondamentales pour l’être ou le non être du mouvement ouvrier et la conjonction des forces de transformation.

 Désorientés

Face aux déroutes du mouvement ouvrier italien au commencement des années vingt, Gramsci affirmait : «Nous étions complètement ignorants et de ce fait nous étions désorientés». Pour faire la révolution il faut accumuler du savoir, un savoir critique orienté vers le changement et capable de s’opposer au savoir de l’adversaire.

Ce précepte gramscien retrouve une vigueur extraordinaire en cette fin de millénaire au cours du quel la principale offensive du néocapitalisme se fonde en sa capacité exultante d’accumulation de savoir, et l’inculcation de l’inutilité de tout savoir alternatif. De plus l’historicisme critique de Gramsci a une valeur afin de relancer la nécessité de la connaissance des causes pour comprendre l’intention des effets structuraux, et une relecture de sa lucide interprétation de la formation du fascisme nous apprend comment l’usurpation de l’histoire au présent, part de la falsification du passé. Une technique qui s’est affinée après Gramsci et qui a rencontré, dans le décret de l’inutilité du savoir historique, la meilleure façon d’usurper l’histoire au présent et dans le futur.

 El País, cuadernillo «Temas de nuestra época», 24 janvier 1991, pp. 1 et 3

 

Admirateur d’Althusser.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:30

Si j’avais lu ce texte en 1973, ma vie en aurait été changée. Bien sûr, réécrire l’histoire est impossible et moi-même je suis incapable de savoir si en 1973, j’aurais été capable d’apporter à cet texte l’attention que je lui porte aujourd’hui. Mais j’essaie de me mettre dans le contexte : dans la presse espagnole de 1973, Franco encore vivant, lire ce texte n’aurait pas pu être banal. D’autant qu’au même moment en France, que de banalités ai-je lu ! Bien sûr, je n’aurais pas pu connaître Vázquez Montalbán comme on peut le connaître aujourd’hui : sa passion pour le cinéma, pour l’humanité, pour la justice, pour la poésie. Et donc je n’aurais pas pu le lire comme aujourd’hui pourtant je veux croire qu’à lire ce texte en 1973 ma vie en aurait été changée…. en mieux. JPD

  

Allende, Visconti, Peckinpah

Il avait le sens de la perpendiculaire. Il cheminait d’aplomb, la tête bien à sa place, le regard froid derrière ses dioptries et il savait se tenir comme savent se tenir les personnes très très bien éduquées. Il avait une tradition culturelle. Il appartenait au même groupe social que les couches supérieures de l’opposition et de la réaction. Il lui restait, de cette appartenance, un énorme respect pour la culture, et un goût de collectionneur réaliste, de préférence d’objets archaïques chinois et péruviens. Il conversait très bien, de manière aimable, ironique, accommodante, en étant capable de supporter les blagues de son ami Eduardo Frei sur le paradis socialiste et incapable de faire des blagues au Nonce de sa Sainteté sur l’autre paradis. C’était un grand polémiste.

Si on faisait un film sur sa vie et sa mort, je proposerais que la première partie soit réalisée par Visconti, et la seconde et dernière par Peckinpah. La morosité raffinée et lyrique de Visconti irait très bien pour raconter comment est née sa vocation politique chez un jeune étudiant en médecin, là-bas, pendant les années 20 et comment la décade des années trente a fini par le conscientiser jusqu’à le faire entrer dans le parti socialiste chilien. La décade des années trente fut la meilleure pour la social-démocratie latino-américaine. Elle était sortie du débat scissionniste avec les communistes avec plus de radicalité que la social-démocratie européenne, mais avec le même rejet antistalinien. Le jeune Allende, car je parle d’Allende, a pu projeter dans ce parti sa conscience morale indignée par le spectacle de l’injustice sociale, sans perdre sa répugnance culturalisée pour la violence et l’arbitraire du pouvoir. La norme démocratique lui paraissait une garantie pour éviter la dictature du pouvoir des élites ou des personnalités. Au cours de plusieurs élections il s’est présenté à la tête de son parti ou de coalitions de gauche, et toujours il a su perdre suivant ses principes idéologiques et même un peu plus, un savoir faire, un sens du fair play que t’apporte la culture et une éducation musicale qui dès l’enfance a donné aux paysages naturels et humains un mouvement de allegro moderato. Chaque fois qu’il perdait une élection il félicitait les vainqueurs, échangeant avec Frei et Tomic des tapes dans le dos. Et quand il a gagné, il a espéré à ce moment-là le même traitement. Allende était conscient qu’il avait reçu de l’élection un terrain préalablement limité, codifié par les antagonismes historiques. Il savait qu’il n’avait pas choisi le terrain et il ne cessait de le rappeler aux jeunes impatients du MIR : « Ne tombez pas dans l’erreur du Mai français. Nous n’avons pas choisi le terrain. Nous l’avons reçu. Nous avons le Gouvernement, mais pas le pouvoir. »

Allende avait la vertu d’inspirer confiance. C’est une vertu quasi naturelle qui dépend des lignes du corps, de la manière d’occuper une portion d’espace, de la façon de se bouger, de regarder, de sourire, et d’être. Et Allende avait le sens de la perpendiculaire. Il cheminait d’aplomb, la tête bien à sa place, le regard froid derrière ses dioptries et il savait se tenir comme savent se tenir les personnes très très bien éduquées.

Jusque là Visconti.

Mais par les fenêtres on introduit dans son appartement les canons gelés des fusils et des pistolets. L’âme du métal est chargée de pulpe grise et elle a un cerveau horrible de cendres. Le spectateur fera bien de s’en écarter instinctivement, parce que Peckinpah domine l’imagination de la brutalité comme aucun être humain ne l’avait dominée auparavant. Les spectateurs des films de Peckinpah doivent toujours se demander le pourquoi ultime de la brutalité qu’il pressent.

Allende irritait. Il était né pour être Frei et avait voulu être Allende. Franc-maçon de conviction, il présidait les actes religieux. Socialiste obsessif et jusqu’au bout, il croyait au respect de la norme démocratique, y compris comme instrument de construction du socialisme. Ainsi s’explique l’urgence, la furie, la rage des balles. Ils tuaient l’exception. Ils confirmaient la règle. Triunfo 22 septembre 1973

 

Démocrate-chrétien qui sera président du Chili.

En français dans le texte.

En anglais dans le texte.

En italien dans le texte.

Mouvement d’extrême-gauche.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:06

Non pas leçons nationales mais bien locales, le local n’étant sous ma plume ni la marche en dessous du national, ni la preuve de l’importance du localisme mais un moment quotidien de la vie.

L’abstention est forte comme dans toute partielle mais ne disqualifie pas ceux qui votent.

Le PS s’effondre et la question qui suit est simple : où sont allés les électeurs et les électrices de ce parti ?

Dans ce coin fortement PS, ils ne sont pas allés au Front de Gauche comme l’espère ses dirigeants. Bien sûr certains diront (et je connais leur audace) qu’en passant en pourcentage de 4,5 à 5%, c’est tout de même une progression appréciable en ces temps difficiles… En voix la même candidate passe de 2169 à 1670 voix.

Dans ce coin fortement PS, ils ne sont pas allés à la droite qui passe de 27 à 28 % en perdant tout de même 3500 voix ! (de 13 006 à 9431).

Ils ne se sont pas éparpillés sur les « petits candidats » même si Anne Carpentier avec ses 3% a pu en prendre un peu.

L’essentiel est simple, le FN passe de 7566 à 8552 voix c’est-à-dire de 15 à 26 %.

Grâce à la notoriété du candidat ? «Il n’habite même pas la circonscription !». En fait il est né le 22 septembre 1989 et habite Tonneins dans un secteur où autrefois le PCF fut très fort. Comme c’est le dirigeant départemental il a écarté la candidate locale. « Issu d’une famille d’agriculteurs bien ancrés dans le sud ouest par mon père et de Français d’Algérie par ma mère, je porte en moi ces deux identités fortes, et j’en suis fier. » écrit-il sur le blog du FN47 où il ne donne aucune information sur son activité professionnelle. Il est jeune étudiant en BTS commerce.

 Juste avant l’élection, Roland Cayrol rappelait dans La Dépêche du Midi que le FN en 2012 n’avait pas fait mieux qu’en 2002 et qu’il n’était pas de nature à faire le poids. Or, depuis 2011, la grande question n’est plus le score du premier tour…. mais celui du second tour. Et la direction du PS a beau dire, « barrage au FN », son électorat n’écoute plus ! Et là la donnée est globale.

 Le candidat de droite est un cumulard de haut rang. L’abstention va donc augmenter et le résultat final reste incertain. A Villeneuve sur Lot, le PS a cumulé les handicaps et les électrices et électeurs les colères.

 

Faudrait y réfléchir. J-P Damaggio

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 20:49

                                     costes-copie-1.jpg

Notre dernier passage à Villeneuve ce fut pour le salon du livre où nous pensions entendre Lény Escudéro mais l’heure du rendez-vous avait changé (je vais revenir sur son livre) alors on l’a raté. Pour suivre l’élection et ses 17 candidats, j’ai bénéficié du bimensuel La Feuille journal d’où est extrait le dessin ci-dessus qui montre le candidat cumulard de l’UMP. Journal atypique s’il en est ! Dans le dernier numéro je lis un article sur la Maison de la Presse de Villeneuve (point stratégique pour la vente de ce journal) où l’auteur ni va pas avec le dos de la cuillère :  « Zéro pointé à la Maison de la Presse de Villeneuve ». Pourquoi ? La noble institution a décidé de faire sa pub pour faire connaître sa nouvelle adresse… sur un journal gratuit ! En effet, il fallait le faire mais il fallait aussi oser le faire observer.

Revenons à l’élection. Les résultats définitifs de l'élection législative partielle viennent de tomber. Sur 75 163 inscrits, on note une abstention de 54,12%. Jean-Louis Costes, candidat UMP, a obtenu 28,71% des exprimés, Etienne Bousquet-Cassagne 26,04% et Bernard Barral (PS) 23,69%.

Pour être au second tour, les candidats devaient obtenir 12,5% des inscrits. Seul Jean-Louis Costes avec 12,55% des inscrits atteint ce seul; Bouquet-Cassagne  (FN) réalise 11,38% et Barrl, 10,35%. Néanmoins, dans ce cas de figure, il n'y a pas de trinagulaire au second tour, seul le candidat arrive en deuxième position peut prétendre à être candidat dimanche prochain. Ainsi, le 23 juin, la législative partielle sera un duel entre Jean-Louis Costes et Etienne Bousquet-Cassagne.

La 3e circonscription compte pour cette élection législative partielle: 75 668 électeurs inscrits répartis sur 117 communes et 167 bureaux de vote.

Les trois candidats en tête sur Villeneuve-sur-Lot ville sont: Bousquet-Cassagne (27,64%), Barral (25,04%) et Costes (23,47%). JPD 

 Résultats 2012

 Résultats* 2nd tour 

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

76 361

 

 

Abstentions

28 490

37,31

 

Votants

47 871

62,69

 

Blancs ou nuls

1 828

2,39 

3,82

Exprimés

46 043

60,30 

96,18

 

Liste des candidats

Voix

% Inscrits

% Exprimés

Elu(e)

M. Jérôme CAHUZAC (SOC)

28 309

37,07

61,48

oui  

M. Jean-Louis COSTES (UMP)

17 734

23,22

38,52

 

   Résultats* 1er tour

 

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

76 356

 

 

Abstentions

27 368

35,84

 

Votants

48 988

64,16

 

Blancs ou nuls

817

1,07 

1,67

Exprimés

48 171

63,09 

98,33

 

Liste des candidats

Voix

% Inscrits

% Exprimés

Mme Catherine MARTIN (FN)

7 566

9,90

15,71

M. Luc CHEVILLOTTE (EXG)

311

0,40

0,65

M. Lionel FEUILLAS (VEC)

977

1,27

2,03

M. Jérôme CAHUZAC (SOC)

22 572

29,56

46,86

M. Jean-Louis COSTES (UMP)

13 006

17,03

27,00

M. Mohamed EL MARBATI (EXG)

127

0,16

0,26

Mme Camille MOREL (DVD)

548

0,71

1,14

Mme Brigitte TICHANE (ECO)

312

0,40

0,65

Mme Marie-Hélène LOISEAU (FG)

2 169

2,84

4,50

M. Hervé LEBRETON (AUT)

583

0,76

1,21

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 14:49

Etant sur la question argentine, je tombe sur ce texte dans Pagina 12, que j'ai traduit avec quelques soucis. Il renvoie à une autre texte de Vázquez Montalbán sur le football. J'aurai pu aussi évoquer une article d'Osvaldo Bayer qui n'oublie pas Pepe Carvalho. JPD

 

Pour Manolo et le plaisir de jouer

Par Eduardo Galeano (1)

Je tiens à dédier ce prix à la mémoire de Josep Sunyol, le Président de la Barça qui, en 1936, a été assassiné par les ennemis de la démocratie.

Et je tiens aussi à rendre hommage aux athlètes «  pèlerins », qui, un an plus tard, en 1937, ont incarné la dignité, grièvement blessée mais en vie, dans toute l'Espagne. Je me réfère aux joueurs du Barça, qui, en 1937, ont parcouru les États-Unis et le Mexique, pour y disputer des matchs de football au bénéfice de la République et à la sélection des joueurs basques, qui ont fait la même chose dans plusieurs pays européens.

 Pour eux, je suis ému de recevoir ce prix, pour eux et aussi pour les joueurs du Barça d’aujourd’hui, dignes héritiers du Barça de ces années : ce prix qui, si tout ceci ne suffisait pas, porte le nom de mon ami bien-aimé Manolo Vázquez Montalbán.

Avec lui, nous avons partagé plusieurs passions.

Fans de football tous les deux, et tous les deux gauchers, gauchers pour la pensée, nous avons cru que la meilleure façon de jouer à gauche, consistait à revendiquer la liberté de ceux qui ont le courage de jouer pour le plaisir, de jouer dans un monde qui oblige à jouer pour gagner.. Et sur ce chemin, nous avons essayé de lutter contre les préjugés de beaucoup de gens de droite qui croient que le peuple pense avec les pieds, et aussi les préjugés de nombreux compagnons de gauche, qui croient que le football est responsable du fait que le peuple ne pense pas.

Aussi, nous nous identifions, Manolo et moi, par le plaisir de l'ironie, le rire franc et toutes les formes d'humour, par notre façon de dire ce que nous pensons et ce que nous ressentons, dans les articles, livres et les débats. Pourquoi ne sont pas digne de confiance, solennels messieurs ou dames exemplaires, ceux qui ne sont pas en mesure de se moquer d'eux-mêmes ; et ni Manolo ni moi nous ne confondons l’ennui et le sérieux, comme il arrive aussi avec d'autres collègues aux idées politiques similaires aux nôtres.

Et je  précise que je ne parle pas au présent, par erreur ou par inattention, mais parce que des sources bien informées m'ont assuré que la mort n'est rien d’autre qu'une blague de mauvais goût.

Et voici un autre espace partagé, très important pour les deux : la revendication de la bonne nourriture comme une célébration de la diversité culturelle.

Antonio Machado avait su dire que maintenant n'importe quel imbécile confond valeur et prix, l’aujourd’hui du poète est aussi notre présent, car le même phénomène est vrai de nos jours.

La meilleure nourriture n'est pas la plus chère et Manolo l’a dit, à juste titre, il arrive plutôt que l'aliment le plus cher n'est rien d’autre qu'un attrappe-nigaud.

Et je pense aussi, comme lui, que le droit des peuples à l'autodétermination comporte le droit à l'autodétermination du ventre. Il est plus que jamais nécessaire de défendre ce droit, plus que jamais, en ces temps d'obligatoire macdonaldisation d’un monde toujours plus inégal dans les chances offertes, et toujours plus niveleur dans les coutumes qu’il impose.

Et j’en suis arrivé là. Parce que je sais que quand je bois beaucoup trop, je cours le risque grave de dire des bêtises,  je voudrais à présent lever ces mots comme si nous levions des coupes de vin, un bon vin rouge d'ici, pour trinquer avec Manolo et pour Manolo : une façon de boire

pour la dignité humaine et de la solidarité,

pour le plaisir du jeu et de la joie de jouer quand on joue proprement,

pour la joie d'être ensemble et de partager le pain et le vin

pour les soleils qui se cachent tous les soirs

et pour toutes les passions, parfois douloureuses, donnant la direction et le sens du voyage humain, à l'allure humaine,

 (1) Mots de l'écrivain uruguayen à la réception du prix international de journalisme Manuel Vázquez Montalbán, décerné par la Fondation de Barcelone Football Club et le Collège des journalistes de Catalogne, hier, dans le Palau de la Generalitat de Barcelone.

 

 

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 14:01

www lemarathondesmots.com

 

Faut-il que l’envie de changer le monde soit telle, pour que la Marathon des mots se penche sur la question ? Pas d’hésitation, l’entrée de la politique dans cette considérable opération culturelle (surtout littéraire), se fait sous le titre : Révolutions et nous lisons :

« Animé par Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture et président du Marathon des mots, ce premier Marathon des idées sera l’occasion de cinq tables rondes autour de la thématque : « Un autre monde est-il possible ? », en présence de Gilles Kepel, Jack Lang, Hernan Lombari (ministre de la culture de Buenos Aires), Damian Tabarovsky (écrivain-éditeur), Martin Hirsch, Gilles Bertault et du philosophe Raphaël Enthoven. »

Autant de gens respectables qui cependant ont globalement la même réponse à la question.

Peut-être cependant une précision sur le cas de Lombari qui a un titre ronflant, comme si l’adjoint à la culture de Paris devenait ministre. Il est en fait un ordonnateur des basses œuvres du maire très droite de Buenos Aires Mauricio Macri et son dernier exploit culturel a consisté à virer du Centro Cultural San Martín des jeunes qui autogéraient le lieu depuis des années, en les traitant de criminels. Tabarovsky auteur d’un pamphlet en 2004 sur les littératures de gauche risque de ne répondre que par le verbe et non sur le fond.

 Mais penchons-nous sur le programme qui a mis à l’honneur l’Argentine et donc Jorge Louis Borges, grand écrivain qui fait effectivement, pour ce pays, l’essentiel de ma bibliothèque littéraire.

Parce qu’il est plus difficile d’accéder à d’autres.

Cortazar ? Il sera évoqué (j’ai beaucoup de mal à le lire) comme Sylvia Ocampo.

Une note particulière pour Alicia Dujovne-Ortiz qui a un pied à Toulouse et l’autre à Buenos Aires.

Un point à observer (parmi des centaines) : la présence de Elsa Osorio (voir article).

Et finalement Roberto Arlt sera lu par Pierre Santini le 29 juin à 18 heures. Arlt est le contraire de Borges. Ce qui n’enlève ni ajoute aucun mérite de plus à l’un ou l’autre.

Des films aussi à l’ABC comme El Chino, plus tendre que le cinéma argentin habituel, Carnets de voyage sur le Che, et ce film qu’il m’est arrivé de présenter à Montauban, Dans les yeux (plusieurs références sur ce blog)

 

Surprise, Marie-Christine Barrault va lire Journal amoureux de la petite fille de Léon Cladel, Dominique Rollin (vendredi 11 h 30) et surprise encore, les lettres occitanes seront un peu du voyage : aux Jacobins Mesguich lit Emigrants et Claude Marti sera là aussi pour lire la bataille de Muret. JPD

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 13:55

la-capitana-espagne.jpg             la-capitana-couverture-en-France.jpg

Elsa Osorio, un pied à Madrid et l'autre à Buenos Aires sera au Marathon des mots à Toulouse aussi voici un entretien avec elle au sujet de son dernier livre dont vous avez ci-dessus la couverture de la version française et celle de la version espagnole. JP D

 

Votre ami, l’écrivain Juan José Hernandez vous a parlé pour la première fois de Mika, cette héroïque Argentine qui avait commandé un bataillon pendant la guerre d’Espagne, en 1986. Vous avez achevé « La Capitana » plus de 15 ans après. Pourquoi avoir tant tardé pour en faire un personnage de roman ?

Elsa Osorio : Que j'ai choisi un roman et pas un essai ne veut pas dire que je pouvais imaginer ce que je voulais ... Je raconte de faits historiques. Sachant que beaucoup de gens y ont perdu la vie, je ne pouvais pas me permettre de raconter ces événements sans avoir de solides bases historiques. Un exemple : beaucoup disent que le POUM [le Partido Obrero de Unificación Marxista, une organisation révolutionnaire espagnole qui a pris part à la guerre] a été exclu de la guerre d’Espagne parce qu’ils étaient trotskistes alors que, pendant mes recherches, j’ai pu lire un article contre le POUM écrit par Trostski et des articles d'un dirigeant du POUM contre la position que Trotski a pris pendant la guerre d'Espagne. J’ai dû beaucoup lire pour pouvoir comprendre la place complexe du POUM durant cette époque et faire de nombreuses recherches personnelles..

Vous décrivez avec de fascinants détails les lieux où Mika a vécu, notamment la Patagonie, où Mika et Hipolito, son compagnon, ont tenté de venir en aide aux ouvriers agricoles réprimés. Avez-vous parcouru vous aussi tous ces endroits ?

Elsa Osorio : Le paysage de la Patagonie m'a beaucoup touché, c’est cette idée d'espace infini que je tente de rendre présent dans mon roman. J'ai parcouru tous les endroits où Mika a vécu : j ai marché sur ses traces à Paris, j'ai visité les mansardes où, avec son compagnon, ils logeaient, j'ai parcouru les rues de Berlin en tentant de découvrir ce qu'ils avaient vécu là. J'ai passé des heures dans le café qui fait face à la "Bulow Platz", aujourd'hui "Rosa Luxembourg Platz", où les nazis défilaient devant le siège du PC. Je lisais les notes qu'ils ont pris et j ai pu ressentir profondément leur angoisse, leur désillusion et leur désespoir.

Le nom de notre cher Juan Carlos Cáceres apparaît à un détour du récit. Qu’écoutiez-vous pour retrouver les émotions de Mika ?

Elsa Osorio : Je parle du musicien Juan Carlos Cáceres mais je ne l’ai pas connu. C'est Guillermo Nuñez, un musicien qui jouait avec Cáceres, qui m'a raconté beaucoup de choses sur la vie de Mika. Ils sont devenus très amis, et son récit, émouvant, m'a permis de visualiser une Mika de 70 ans, vivante, pleine d’énergie, d’humour, et sage.

Justement, bien qu’âgée, Mika a montré aux étudiants parisiens comment dresser les barricades de mai 68. Si elle était encore vivante, elle s’indignerait avec les Espagnols et les Grecs et occuperait Wall Street avec les New Yorkais ?

Elsa Osorio : Je crois que oui. Elle était toujours où il fallait être, cohérente..

Y a-t-il d’autres personnages historiques que vous aimeriez – si, comme les chats, vous aviez neuf vies – faire revivre dans un roman ?

Elsa Osorio : Franchement, non, car je préfère travailler sur des personnages de fiction. Mais dans le cas de Mika, j’ai choisi de travailler sur une personne réelle, car je trouvais que la vie héroïque de cette femme était injustement oubliée. Je devais faire connaitre son nom.

Finalement, Mika fait partie de cette génération de militants qui n’ont pu empêcher ni le nazisme ni le franquisme. Quelle leçon en tirez-vous ?

Elsa Osorio : Beaucoup de leçons. La plus importante : que la gauche perd plus de temps à se confronter à ses proches qu'à voir ses vrais ennemis. Par exemple, en Allemagne, les élections de novembre 1932 montrent que le PC et le PS auraient obtenu ensemble la moitié des voix aux élections, ce qui leur aurait permis d’empêcher la victoire du nazisme. Mais, pour les communistes, l'ennemi sacré était la démocratie, et, pour les socialistes, le communisme. Et voila ! Ils sont devenus la chair au canon de la deuxième guerre mondiale ...

 

Propos recueillis par François Mauger

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 19:11

                           cahier-1934.jpg

A ranger mes archives je retrouve ce cahier scolaire de mon oncle. Grâce à ma sœur Monique qui a fait un arbre généalogique je vérifie les dates. Né en 1921 il arrive en France en 1930 et en 1934 il est un très bon élève, en classe de cours moyen, écrivant sans faute, calculant sans peine.

Moins de quatre ans et l’immigré est intégré à la vie commune avec pour tout interlocuteur scolaire, l’instituteur ou l’institutrice.

J’avoue que ce document, sans nul doute banal, me laisse sans voix !

Pas besoin d’enseignement individualisé, d’aide psychologique, et le résultat est phénoménal.

Ainsi, je n’idéalise pas le passé, je constate simplement que nous avons changé de société.

Je ne dis pas le niveau a baissé, l’apprentissage est devenu impossible. J’observe une réalité.

 Quel changement de société ?

Mon oncle arrive sans connaître la langue et ne peut compter scolairement sur l’aide de personne dans son entourage. Sa réussite, sans évaluation des compétences, est claire et nette. Par la qualité de l’écriture et de l’ensemble du travail voilà un jeune qui va pouvoir se débrouiller dans la vie.

Faut-il mettre ce succès sur le compte de son intelligence personnelle ? En partie je suppose mais quand on disait que finalement, dans cette école là, peu d’élèves pouvaient atteindre le secondaire, il est ici facile de vérifier que ce n’était pas par manque de compétences car un si bon élève aurait sans doute fait aussi bien que la moyenne dans un lycée.

Il y avait seulement une question d’orientation qui tenait au fait que la société ne voulait pas dépenser plus que d’habitude et ne tenait pas à avoir des collégiens et des lycéens à la pelle dans un univers de petits agriculteurs, commerçants ou artisans.

 Quel changement du travail ?

Car tout est là finalement. L’école est fonction du travail disponible, hier comme aujourd’hui. Elle servait d’ascenseur social dans une société en ascension ! L’école ne se posait pas la question de l’adéquation entre éducation et formation professionnelle. Elle donnait des bases et la formation professionnelle pour le petit paysan, commerçant, artisan ou ouvrier se faisait sur le tas. Avec pour les meilleurs le débouché dans la fonction publique. Mais les meilleurs des pauvres était visiblement nettement au-dessus de la moyenne des enfants de riches qui de toute façon allaient au lycée dès la classe de CP et avaient pas avance un long chemin tout tracé dans l’univers scolaire.

Aujourd’hui nombreux sont encore ceux qui se forment sur le tas mais le changement de société fait qu’on demande à l’école à la fois éducation et formation. A se trouver entre deux missions, elle ne sait trop sur quel pied danser.

 Des bases très solides ?

C’est un des drames actuels : des enfants qui apprennent à lire à l’école perdent cette compétence ensuite ! Comme si les bases actuelles étaient d’une grande fragilité. Mon oncle, comme d’autres, a ensuite suivi des cours par correspondance du moins j’imagine en découvrant un autre cahier où en 1949 il traite de géométrie dans l’espace ! Il a ensuite construit lui-même sa propre télévision ce qui n’était pas une source d’économie mais la manifestation d’une immense passion d’apprendre. Le changement de société se lit aussi sur ce point : j’ai la sensation que le désir d’apprendre n’est plus partagé comme il l’était. Ce désir, à mon sens, passe par une acceptation du « maître » d’école or bien souvent j’ai pu constater que des enfants se croient plus savants qu’un instit qu’ils ne jugent pas utile de respecter.

 L’école mérite mieux

 

Ils sont des milliers à détruire à petit feu l’école, le sens de l’école, à la détruire de mille façons et ne je doute pas un instant que j’ai pu sans le vouloir ou le savoir contribuer moi-même à ce phénomène. Car nous sommes pris dans un filet et une action dans un sens produit souvent l’effet inverse. Rien ne fera revenir le passé, un passé qui avait ses drames – mon oncle a perdu une partie de sa jambe dans un accident – mais rien ne se fera sans prendre une mesure GLOBALE de ses réussites. Le racisme en 1934 quand le macaroni réussissait à l’école ne pouvait pas avoir le même effet qu’aujourd’hui. JPD

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 11:04

Le journal du PG, A Gauche, pose la question de la réforme ferroviaire avec ce titre : « Une réforme ferroviaire euro-compatible », article signé Laurence Pache.

La France et l’Europe

On peut lutter pour la transformation de l’Europe mais tant qu’elle est ce qu’elle, ceux qui dirigent le pays sont sous cette contrainte comme les opposants au gouvernement sont à l’intérieur du pays sous la contrainte d’appliquer le mariage pour tous, la décision étant prise par une loi.

La différence, c’est que l’Europe ne procède pas par loi mais telle est la décision des pays car l’U.E. ne tombe pas du ciel.

Ceci étant il y a des marges de manœuvre et sur le ferroviaire il suffit de comparer ce qui a été fait en Allemagne et en France suite à la directive de 1991.

Rappelons qu’en 1997 la droite met en place la création de RFF, que la gauche conduite par Lionel Jospin promet si elle gagne de mettre un terme à ce projet et que finalement Jean-Claude Gayssot a bel et bien mot en œuvre ce qu’on présente comme une catastrophe et qui est une catastrophe.

Est-ce qu’en 1998 les syndicats de cheminots ont levé les bras au ciel contre Gayssot ? En réalité l’essentiel pour eux (et je comprends) n’était pas la séparation de RFF et de la SNCF mais les conventions qui allaient lier les deux entités quant à la défense du statut des cheminots. Résultat : RFF a eu en charge les voies ferrées dont la maintenance était assurée par les cheminots… de la SNCF.

Bref, on ne peut parler de la question aujourd’hui sans que les amis de M. Mélenchon fassent le bilan des années Jospin où alors on fait semblant de réfléchir.

Le service public

« Le statut des cheminots que les libéraux rêvent de faire sauter est lui aussi en danger. En assurant les droits des travailleurs, il permet un service public de qualité. »

Tout l’article repose sur un mythique service public et sur une mythique privatisation. L’exemple anglais est toujours avancé mais pour une fois pas l’exemple allemand, italien, espagnol…

Il n’y a à mon sens aucun automatisme entre l’argent donné au public et la qualité du service public ! L’art du gaspillage est partout.

La chute du fret n’a que peu de chose à voir avec l’ouverture à la concurrence quand les témoignages sont nombreux et les preuves irréfutables que la direction de la SNCF publique fait tout pour délaisser le fret ! D’un part quand les trains allemands circulent ce sont des trains d’une entreprise publique ! Et les rares privés qui se lancent dans l’opération c’est parce que la SNCF ne veut pas répondre à leurs attentes industrielles.

Je lis : « Il s’agit de déconstruire le service public.». Mais le service public n’existe plus ! Il paraît qu’il fait de la grande vitesse ferroviaire pour concurrencer l’avion. Il paraît que la route par les camions concurrence le train.

Rappelons les données du monopole de la SNCF : pas de concurrence par les bus sur les longues distances et en échange les compagnies de bus propriétaires d’une ligne régulière ne peuvent sur cette ligne avoir une concurrence ! C’est sur cette base qu’a été construit le partage du gâteau.

Il s’agit de repenser globalement un service public articulé, pluriel et soucieux en effet de défendre les intérêts des usagers et des travailleurs. Je suis pour que les contrats des Conseil généraux pour les transports scolaires avec des transporteurs soient plus clairs. Faut-il nationaliser toutes les compagnies de bus ? Et la situation du fluvial ?

On ne peut répondre à la stratégie néolibérale en s’accrochant aux vestiges d’un passé impossible. Les cheminots ont accédé à un statut particulier car à un moment de l’histoire, bloquer les trains c’était asphyxier un pays.

La preuve par la grande vitesse

La stratégie française de la grande vitesse (SNCF-Alstom) prouve qu’à l’intérieur des directives européennes il y a de la marge puisque tous les pays ne sont pas sur la même longueur d’onde. Est-ce que le statut français des cheminots a permis d’éviter ce qui est une stratégie au service des puissants en tout genre ? Au contraire les syndicats des cheminots aiment afficher cette réussite technologique comme étant aussi leur œuvre ! Un film est sorti fait par eux avec ce titre « Cheminots » et dans un débat à Montauban, le présentateur nous averti : pas question de discuter de la LGV ! Les rares cheminots qui remettent en cause cette stratégie sont pris entre le marteau et l’enclume sans qu’on sache du syndicat et de la direction qui est le marteau, qui est l’enclume.

Je condamne la politique européenne mais je ne m’enferme pas dans cette discussion qui dédouane à bon compte les autres responsabilités qui… facilitent d’autant mieux la politique européenne.

Il vient d’y avoir la grève des cheminots et nulle part (tout comme dans l’article en question) j’ai observé une tentative de rencontre avec les opposants aux grands projets inutiles. Deux mondes qui ne peuvent se rencontrer ? Et ce refus de la rencontre est d’autant plus surprenant dans un journal qui par ailleurs se fait fort de s’opposer aux grands projets inutiles !

Une fois de plus je le précise : je n’écris pas en tant que simple spectateur de la question mais parce que je suis engagé sur la question et que le ronron du débat classique est la pire plongée vers l’inutile. Mais bon… il y aurait tant à dire aussi je renvoie à un des rares militants d’extrême-gauche nord-américain qui tente de dire l’impossible : on ne reconstruira le service public que si on sait y adapter les critères de gain de productivité issus d’éléments du secteur privé, critères de gain de productivité qui ne tiennent pas seulement dans la surexploitation des travailleurs. Il s’appelle James Petras. JP Damaggio

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:26

Un article publié sur le site La Sociale m’a valu un commentaire sévère d’un défenseur de Mélenchon d’où un article publié en réponse. En conséquence je donne une suite avec ici un développement sur l’éco-socialisme de Mélenchon.

Dans Rue 89, Mélenchon s’explique ainsi :

« Ce cheminement intellectuel, vous l’avez commencé quand ? Vous venez d’un univers productiviste, nucléophile…

JLM : Oui, ce qu’on appelait autrefois la première gauche. Mon cheminement a commencé avec le nucléaire. Avec Tchernobyl. Bien sûr, il y avait eu Three Mile Island, mais pour moi, ça restait un peu lointain, abstrait. Tchernobyl, c’est une secousse majeure. Comme je suis élu de la région parisienne, à l’époque, je pose une question sur la centrale de Nogent. Puis je demande à y aller. Je suis très bien reçu. Et je prends conscience de la fragilité de tout ça. Le mur de mes certitudes s’ébranle. Pour moi, jusque là, ça fonctionnait, c’était contrôlé. Je n’avais même pas compris comment marchait une centrale. Comme beaucoup de gens, je croyais que le gros machin qui fume, c’était l’essentiel de la centrale. Je ne m’y étais pas intéressé. Je me rapproche d’écologistes, je lis des documents qu’autre fois j’avais négligé, et, une chose en entraînant une autre, je prends conscience de la nature de la crise écologique. Mais toujours sous un angle conquérant et progressiste.

 C’est-à-dire ?

JLM : Le volontarisme du socialisme est intact en moi. Je prends tout ça comme un défi intellectuel et technique : si on ne fait pas de nucléaire, qu’est-ce qu’on fait, comment ? J’ai une prédilection pour les techniques les plus rustiques, celles qu’on va le plus facilement pouvoir mettre en partage dans l’humanité universelle : une centrale de géothermie profonde, c’est surtout un trou dans la terre. Alors que le nucléaire suppose un niveau de sophistication monstrueux… »

 Coïncidence : quand le PCF du 82 est devenu favorable à Golfech, j’ai, sans remettre en cause publiquement cette décision (je l’ai fait en interne) proposé pour le journal fédéral du PCF, les Nouvelles, un article sur… la géothermie.

 Une raison de plus (et au total elles sont nombreuses) qui pourrait faire de moi un défenseur de Mélenchon… mais nous sommes dans le même cas que Juquin : ce revirement paraît soudain et donc peu convaincant.

Tchernobyl c’est en 1986 et il devient éco-socialiste en 2011, c’est un peu long alors que Juquin, impressionné par la candidature de René Dumont en 1974 déduit de Tchernobyl qu’il doit passer à autre chose de suite.

Mélenchon a soutenu activement le gouvernement Jospin qui, à mes yeux, n’a pas fait autre chose que le gouvernement Ayrault actuel et pourtant peut-on m’indiquer une autocritique argumentée de cette action ? Pas plus que je ne suis en faveur de la critique pour la critique, je ne souhaite l’autocritique pour l’autocritique mais là le point est important pour la crédibilité d’une démarche. Je me considère moi-même comme un éco-socialiste depuis les années 80 d’où mon engagement en faveur de Juquin, et sur ce blog la catégorie écologie va dans ce sens. Le problème c’est que l’éco-socialisme n’a pas été capable d’inverser la tendance à la domination du système en place tout comme les critiques dans ce sens dans l’ancienne RDA ou en Tchécoslovaquie n’ont pas sauvé les pays socialistes.

La chute de l’URSS c’est l’échec à la fois des partis communistes de ces pays là et de ceux qui pensaient que cet échec libèrerait les énergies pour un nouveau socialiste (le Trotskisme a longtemps joué cette carte).

Devenir éco-socialiste aujourd’hui, ce qui a signifié mettre un peu de vert sur le drapeau rouge du PG, a déjà été tenté sans succès. L’échec de la social-démocratie ou du communisme, ce n’est pas seulement parce qu’il a manqué (et c’est sûr il a manqué) une tranche d’écologie dans le projet émancipateur.

Je pense que tout le monde le sait aujourd’hui : le système en place peut tout autant récupérer l’écologie, qu’il a su récupérer la révolution libertaire, la révolution technique et toutes les autres.

Non, je ne suis pas négatif : le marxisme nous apprend un principe fondateur qui veut que tout commence par l’analyse de la réalité, et non par la quête d’un abri derrière des mythes.

Que toutes les batailles perdues n’aient pas été perdues pour rien ! Et je le répète, dans le courant du socialisme le débat est la règle, non l’exception. A vouloir faire reculer le débat on se nie nous-mêmes. JPD

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