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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:17

                                              jeanne-d-arc-blog.jpg

 

Sur le Patriote du Sud Ouest le 12 ai 1953 (journal communiste) : La légende de la photo

Dimanche, Paris a rendu hommage à nos deux héroïnes nationales, Jeanne d’Arc et Danielle Casanova. Comme chaque année des monceaux de fleurs ont été déposés au pied de la statue de Jeanne d’Arc et du reposoir de Danielle. Sur notre photo, place des Pyramides, un groupe de jeunes enfants déposant leurs petits bouquets.

 Quelques liens sur Jeanne d'Arc repris de ce blog

Daniel bensaïd ? Lequel ?

Article - 19/01/10 - avec ce militant LCR bien connu dans la région toulousaine. Je venais de lire son livre sur jeanne d’Arc et en guise de présentation, je lui ai demandé s’il était judicieux de…

http://la-brochure.over-blog.com/article-daniel-bensaid-lequel--43224917.html

 

Ernest-pignon-ernest et willy ronis

Article - 21/08/12 - événement. Parmi les photographies que vous avez retenues, l'une d'entre elles montre jeanne d'arc avec Danièle Casanova. Pourquoi cette image? Willy Ronis. Je ne sais…

http://la-brochure.over-blog.com/article-ernest-pignon-ernest-et-willy-ronis-109282785.html

 

Elles sont 101 femmes

Article - 24/01/12 - 20 euros. Nombreuses illustrations. Hypatie, Aliénor d’Aquitaine, Christine de Pisan, jeanne d’Arc, jeanne d’Albret Olympe de Gouges, Marie-jeanne Roland, Mary Wollstonecraft …

http://la-brochure.over-blog.com/article-elles-sont-101-femmes-97827145.html

 

Encore bourdelle, mariategui

Article - 06/01/13 - se lancent à la découverte de nouveaux horizons, et Mariategui cite avec passion le cas du jeanne d’Arc de Joseph Delteil. Et Bourdelle alors ? Mariategui…

http://la-brochure.over-blog.com/article-encore-bourdelle-mariategui-114120148.html

1937 : a toulouse, bagarres autour de jeanne d’arc

Article - 14/11/11 - 1937 : A Toulouse, bagarres autour de jeanne d’Arc - 1937 : A Toulouse, bagarres autour de jeanne d’Arc Avant la deuxième guerre mondiale, la fête en…

http://la-brochure.over-blog.com/article-1937-a-toulouse-bagarres-autour-de-jeanne-d-arc-88690588.html

Jeanne d’arc / bensaïd

Article - 13/09/11 - jeanne d’Arc / Bensaïd - En 2009, peu avant sa mort, Bensaïd publie cet article dans le journal Alternative libertaire. (cliquer sur le titre pour accéder à la source). Nous le…

http://la-brochure.over-blog.com/article-jeanne-d-arc-bensaid-84168744.html

L’humanité, jeanne d’arc, 1937

Article - 14/09/11 - L’Humanité, jeanne d’Arc, 1937 - En 1937 le gouvernement de Front populaire poursuit les cérémonies nationales pour célébrer jeanne d’Arc. Le PCF est fortement présent dans les…

http://la-brochure.over-blog.com/article-l-humanite-jeanne-d-arc-1937-84259349.html

Jeanne d’arc, laquelle ?

Article - 06/01/12 - jeanne d’Arc, laquelle ? - jeanne d’Arc, laquelle ? Mais pourquoi donc a-t-elle été brûlée ? J’ai cru un instant que l’historien Nicolas Sarkozy allait nous donner la réponse…

http://la-brochure.over-blog.com/article-jeanne-d-arc-laquelle-96302915.html

Que faire de jeanne d’arc ?

Article - 13/09/11 - Que faire de jeanne d’Arc ? - Né en 1951, je n’ai eu de jeanne d’Arc que la légende scolaire, sans imaginer un seul instant les enjeux politiques autour de cette jeune femme morte…

 

http://la-brochure.over-blog.com/article-que-faire-de-jeanne-d-arc-84167439.html

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 23:17

Voilà que la capture du chef des Zetas, au moment où le pape tonne contre la drogue, fait la Une des journaux. Cette question étant une de mes favorites je voulais écrire quelque chose là dessus mais l’article ci-dessous du journal mexicain Proceso m’en dispense en partie…

J-P Damaggio

  

Los Caballeros Templarios, una pesadilla para Peña Nieto

La ville de Mexico (apro)-Les Caballeros Templarios ont remis en question la stratégie de la « technologie et intelligence » qui a permis au gouvernement de Enrique Peña Nieto la capture hollywoodienne de Miguel Angel Trevino Morales, le Z-40.

Le succès de Peña Nieto a duré seulement quelques jours. La semaine même, où est arrêté à Tamaulipas le principal dirigeant temporaire de los Zetas, des attaques des Caballeros Templarios ont commencé dans le Michoacán contre la Police fédérale (PF) et ensuite contre la population civile, avec environ une cinquantaine de morts et de blessés parmi les policiers, civils et criminels dans les régions de la côte, terres chaudes et dans la propre Morelia, la capitale de l'État.

Si en effet l'intelligence et la technologie guidaient le gouvernement fédéral dans sa lutte contre le crime organisé, il ne serait pas tombé dans le piège posé par l'organisation dirigée par Servando Gómez Martínez et Enrique Plancarte, El Tío La Tuta.

Du moins, tels sont ceux qui furent identifiés par la Police fédérale à l'époque de Genaro García Luna, avec un doute quant à la disparition de Nazario Moreno González, El Chayo, officiellement déclaré mort dans un affrontement avec le PF en décembre 2010.

Peña Nieto et son cabinet de sécurité est tombé dans le piège de l'ordre des Templiers et dans sa première incursion dans l'Etat, ils répètent l'erreur de Felipe Calderón et sa « guerre contre la drogue».

La conséquence est que le Michoacan est confirmée jusqu'ici comme le tombeau de dizaines de policiers fédéraux. Mais dans un scénario beaucoup plus compliquée que celui avec lequel échoua Calderon. Ce qui se passe dans l'État, c'est maintenant un cocktail dangereux, peut-être unique dans le pays. C'est la particularité du Michoacán, bien que la violence soit également présente dans d’autres régions du pays.

Avec la prédominance des Templiers, l'État est la scène de nombreux gardes communautaires et un nombre indéterminé, mais étendu de groupes d'autodéfense, à espionner les autres organisations criminelles, en particulier du Cartel Jalisco nouvelle génération (CJNG).

En une semaine et demie, la Police fédérale a subi une dizaine de blessés. C’est beaucoup pour un groupe armé, dans une seule région et en si peu de temps. Le moral de la Police fédérale est affecté. Ils sont connus pour avoir été une proie facile pour les attaques. Ils ont presque été pourchassés.

Pour la plupart, les Policiers fédéraux ne sont pas mort dans des affrontements, mais dans des embuscades. Ils ont été attaqués de façon surprenante, des collines et des coteaux où des tireurs d'élite étaient postés.

Comme Calderon, Peña Nieto a déployé les forces fédérales sans d’autres objectifs que leur présence, lorsqu'il est démontré partout que les soldats ne sont plus, en soi, dissuasifs.

Au cours du dernier mois de mai, Peña Nieto a fait comme Calderón au début de son gouvernement, il a dit qu’il ne répéterait pas le passé : au mois de mai dernier il a monté un déploiement de propagande pour annoncer l'envoi de 5 000 membres des forces armées et de la Police Fédérale.

C'était la réponse à l'expansion des forces irrégulières, comme les groupes paramilitaires. Mais ce qu'ils faisaient, c’était de désarmer les gardes de la Communauté, sans agir ne profondeur contre le crime organisé de fonds. Comme Calderon, il y a eu une réaction.

L'ordre des Templiers a pris l'initiative. Il s'en est pris à la Police fédérale une fois qu'elle était sur ses terres. Selon le ministère de l'intérieur c’est l'inverse : une réponse du crime à l'action gouvernementale.

Dans l'affirmative, qu’il explique quelles actions sont les siennes. Seulement quelque chose d'important pouvait avoir motivé non seulement la chasse aux fédéraux, mais d'imposer de nouvelles fonctionnalités dans la terreur de Morelia avec l'attaque de mercredi soir à un casino dans un centre commercial avec des cocktails Molotov.

Si l'ordre des Templiers est vraiment les auteurs de cette double offensive, Peña Nieto devra aller au-delà de la réaction s’il ne veut pas que le Michoacan soit le cauchemar et la frustration de son gouvernement, comme c'était pour Calderon.

 

jcarrasco@Proceso.com.MX

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 15:40

S’il est un combat qui vit, au coude à coude, des éléments de gauche et de droite, c’est bien celui de la cause des femmes, combat de ce fait douteux pour les révolutionnaires qui pensaient que le droit des femmes ne pouvait pas précéder la révolution socialiste, mais la suivre ! L’histoire a donné raison aux féministes qui, sans attendre le grand soir, arrachèrent quelques droits à travers le temps. Mais, j’enrage très souvent quand ces droits, une fois acquis, leurs opposants prennent leur revanche en effaçant de l’histoire les luttes, sans lesquelles ils n’auraient jamais cédé !

Ceci est vrai pour toutes les luttes, mais plus encore pour le féminisme car, reconnaître par exemple, le courage d’une Simone Veil affrontant le déchaînement de ses propres amis, est plutôt difficile pour un médecin communiste qui refusa jusqu’au jour de la loi, d’aider des femmes à avorter ! Et c’est un exemple en passant… JP Damaggio

PS : Tout le monde connaît l’enjeu de la question : démontrer que les luttes sociales sont toujours inutiles quand toute l’histoire démontre le contraire !

 

Le Figaro 10 mai 1924

 Candidates d'hier et d'aujourd'hui

Quoique la femme française ne soit ni électrice ni éligible, le Sénat n'ayant point ratifié la délibération de la Chambre qui donnait satisfaction aux partisans du vote féminin, nous sommes gratifiés d'une campagne électorale où le « sexe faible », par son énergie combative, dément cette expression périmée. Cela ne fait de mal à personne et concède quelque originalité au scénario d'une comédie par trop purgée de pittoresque et d'imprévu, à telles enseignes que les candidats en sont arrivés à perdre la tradition de ces truculentes invectives qui ressuscitaient parfois la verve d'un Gaultier-Garguille ou d'un Vadé.

La Ligue française pour le droit des femmes entretient un actif foyer de propagande. Elle fut présidée par Victor Hugo. Son comité d'honneur s'enorgueillit des noms de MM. Raymond Poincaré, René Viviani, Henri-Robert, d'Estournelles de Constant, Gustave Rivet, Louis Marin. Son animatrice, Mme Maria Vérone, avocate à la Cour, est entourée d'un état-major d'écrivains comme Lucien Descaves ou de Mlle Judith Cladel, ou de légistes. La Ligue a couvert les murs d'affiches et distribué tracts et prospectus. Elle rappelle aux électeurs que la France sera bientôt le seul pays d'Europe où la femme ne votera pas, que Mussolini a promis aux Italiennes le vote municipal, que le Directoire espagnol vient d'accorder ce même vote aux femmes chefs de famille. Mmes Aurel et Suzanne Grinberg se sont jetées dans la mêlée. Ne se contentant pas d'une démonstration platonique, elles ont élaboré une liste de candidates. Grâce à leur initiative, les partisans du vote féminin pourront se compter. En dehors de Mme Aurel, qui occupe dans les lettres la brillante place que l'on sait, et de Mme Suzanne Grinberg, avocate érudite et diserte, cette liste comprend une spécialiste des questions d'éducation maternelle, Mme Léon Frapié, une exploratrice, Mme Camille du Gast ; Mme Ayrault, à qui son dévouement pour nos blessés d'Orient a valu la croix de la Légion d'honneur ; Mme France Darget-Savarit, auteur dramatique, qui apporte à lutter contre la dépopulation un zèle méritoire, et, mère de quatre beaux enfants, prêche elle-même d'exemple ; Mme Maria Vérone, les doctoresses Bertillon et Bousquet, Mme Lita Besnard, dont on connaît le sensible talent de portraitiste et qui assume le secrétariat de l'Aide aux femmes de profession libérale ; Mme Marguerite Rochebrune, journaliste ; Mme Lemaire-Crémieux, fondatrice de l'Œuvre des frères et sœurs de guerre.

 

Quelques personnes sont enclines à penser que l'exercice de ses droits politiques n'ajouterait à la Française qu'un pâle prestige. Tout au contraire, Mme Aurel nous déclare : «Nous voudrions surtout qu'on cessât de la rendre ridicule en la jugeant indigne de ses droits. »

Aurel préconise une politique de la maternité et défend son point de vue avec cette chaleur pathétique qui enflamme sa pensée : « Accablée de devoirs nouveaux par l'après-guerre, s'écrie-t-elle, la femme plie sous leur poids. Et, sans ses droits, elle n'aura bientôt plus une force pour laisser naître son enfant. Et nous voudrions bien, cher seigneur l'homme, que dans cette vie rudoyée où tout geste nous est devenu vraiment lourd, vous nous rendiez les moyens de faire notre devoir, c'est-à-dire de mettre nos enfants au monde. »

Mais Mme Aurel n'est pas seulement féministe. Elle est également, si j'ose ainsi parler, hoministe, et poursuit avec une sagesse rassurante : « Nous entendons que le féminisme français soit ami de l'homme autant que de la femme. Les Françaises, en arrivant au pouvoir, demanderont, avec des lois sanitaires et maternelles, avant tout, la protection des élites. -L'esprit, en France, est écrasé parce qu'il est une minorité. La Française, elle qui est le nombre, protégera l'esprit. »

 

Je retrouve une invitation à une réunion publique et contradictoire où Mme Marguerite Durand, candidate aux élections législatives dans le neuvième arrondissement, vint exposer son programme. Cela se passait le 14 avril 1910 et je me souviens d'avoir assisté à ce meeting, comme parlent tant d'électeurs, en prononçant métingue. La candidate fut écoutée avec un sympathique intérêt. Elle était d'ailleurs agréable à regarder. Gracieuse et blonde, elle portait un très joli chapeau et une charmante toilette de réunion électorale, où l'aimable se mêlait au sérieux. Ses manches découvraient jusqu'aux coudes des bras ronds et potelés qui rythmaient d'harmonieuses périodes.

D'autres candidatures féminines furent présentées aux élections de 1910 à Paris, la doctoresse Pelletier, Mme Kaufmann, Mme Hubertine Auclert ; à Toulouse, Mlle Arria Ly ; dans la Somme, Mme Marie Denizart ; dans la deuxième circonscription de Vienne, dans l'Isère, Mme Elisabeth Renaud, qui obtint un succès indéniable avec 2.813 voix.

En 1908, Mme Jeanne Laloë s'était présentée aux élections municipales, dans le quartier Saint-Georges, contre M. Escudier. Elle obtint de la préfecture de police une salle d'école, rue de Bruxelles, pour défendre son programme. Elle réunit 997 voix.

Enfin, en 1919, toujours dans le quartier Saint-Georges, Mme Alice La Mazière se présenta aux suffrages des électeurs municipaux et réussit, après une campagne d'une semaine, à en convaincre 390. En même temps qu'elle, se présentait une autre candidate, Mme Rauze, qui trouva une centaine de partisans.

« Je pense avoir fait comprendre aux électeurs du quartier Saint-Georges, expliquait, au lendemain de cette consultation, Mme Alice La Mazière, qu'une Française a le droit et -même le devoir de s'intéresser au sort de la femme et de l'enfant, de vouloir participer activement aux œuvres d'éducation et d'assistance sociales, d'offrir aux hommes, dans les domaines où ils sont incompétents, de collaborer amicalement avec eux pour livrer combat aux grands fléaux qui menacent notre : race mortalité infantile, tuberculose, alcoolisme, taudis. A mesure que je parlais, que j'exposais mes idées sur ces différents sujets, je discernais, sur les visages qui m'entouraient, des marques d'un intérêt qui allait croissant. J'entendis plusieurs fois cette exclamation joyeuse et étonnée « Mais c'est tout à fait juste !»

 

On m'a conté que Mme Marguerite Durand se servit, au cours de sa campagne électorale, d'un argument singulier. Elle ne le produisit point, d'ailleurs, à la réunion à laquelle j'assistai. Elle aurait parfois amené avec elle un pauvre être atteint de crétinisme, électeur comme vous et moi. Vous voyez tout de suite quel parti on pouvait tirer de cette exhibition : ce malheureux idiot est libre de voter, une femme intelligente n'en a pas le droit.

Malheureusement, je crois qu'on peut rencontrer - rarement, très rarement, ma galanterie le proclame - des faibles d'esprit du sexe féminin. Et l'argument devient alors une arme à deux tranchants. Il y a peut-être une chose plus injuste, plus révoltante que cette interdiction infligée à nos compagnes de respirer les miasmes de la politique, c'est la pensée que le bulletin de vote d'une ivrognesse aurait autant de valeur que celui de Mme Curie.

 

Gaston Derys.

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 17:33

Personne, pas même moi, ne pourra vous dire qui lança cette idée mais la mission ayant été confiée à Candide elle ne pouvait que réussir !

Dès le 14 juillet, sur son vélo blanc tout terrain, le mythe voltairien par excellence s’en alla à travers les rues pour inviter les mythes et légendes du théâtre à devenir spectateurs ou spectatrices, dans la Cour d’Honneur du Palais des papes d’Avignon, d’un spectacle imprévu, le 21 juillet. Le mythe qu’il croisa en premier, ce fut peut-être sa chance, n’était autre que l’Avare qui, rassuré quand il apprit que l’entrée était gratuite se chargea de relayer le projet. Le bouche à oreille fonctionna si bien qu’il arriva un moment où Candide, un noir doté d’une petite barbe, commença à enregistrer des réclamations qu’il n’avait pas prévu de gérer ! La plus sérieuse lui est venue d’un petit homme barbu prétendant que certains étaient plus une légende par leur vie que par leur œuvre et qu’à ce titre, ils devaient pouvoir entrer au même titre que le Misanthrope ou Scapin. Dans un lieu aux 2000 places, les mythes et légendes pouvaient s’entendre au sens large, donc Jaurès ou Louise Michel seraient aussi bien acceptés que la Mégère apprivoisée ou Marie Tudor.

D’autres revendications surgirent dont celle d’Olympe de Gouges qui voulait savoir si en fait de Mégère, l’invitée était plutôt celle à apprivoiser ou celle apprivoisée ? Candide, prenant de plus en plus sa mission au sérieux répondit sans hésiter :

- Bien sûr, le Mégère à apprivoiser car les légendes et mythes ne pouvaient se déplacer qu’en leur naissance non en leur finition ! Comment le cadavre de Dorian Gray irait-il jusqu’à la Cour d’Honneur ?

Olympe en fut rassurée tout autant que Simone de Beauvoir, les deux présentant de la même manière, un autre cas de figure : une légende par la vie autant que par l’œuvre !

Le 21 juillet arriva vite et la foule attendue commença à monter les marches du Palais des papes sous l’immense affiche très colorée annonçant une exposition sur les… Papesses !

 Personne, pas même moi, ne pourra vous dire qui décida d’organiser cette foule, non suivant les travées comme d’habitude, mais suivant les fonctions des mythes et légendes.

Les spectateurs groupés sur la place du Palais des Papes purent ainsi observer mythes et légendes montant paisiblement de la Place de l’Horloge.

 Tout commença par la musique, compagne inévitable de tout spectacle. Beethoven aux côtés de Jean-Sébastien s’élancèrent les premiers avec dans leurs pas Pablo Cazals. Dans un coin certains suivaient l’événement avec de petites jumelles et tentaient de lire sur les lèvres ce qui faisait les conversations de personnages ayant peu d’occasions de se rencontrer en de telles circonstances solennelles. Pau Cazals semblait plaider en faveur de la mélodie, en faveur de la provocation qui soit une continuation de la mélodie. Tous étant artistes ou mythes créés par la vie ou les artistes, ils gravissaient les marches et partaient s’installer sur les fauteuils, avec la même inquiétude : n’allaient-ils pas assister à une provocation pour la provocation qui a toujours été l’assassinat de l’art par l’art ? ou inversement n’allaient-ils pas assister à la normalité pour la normalité, qui a toujours été la conformation de l’art par l’art ? Ils avaient fait confiance à un Candide noir sur un vélo blanc mais entre le meilleur des mondes philosophiques et les malheurs du monde réel, qui fondra en émotions nouvelles ?

 Quelqu’un s’exclama : Même Benedetto est là ? Conformément aux dires de Candide il s’agissait d’un Benedetto tout jeune, doté de l’inévitable guitare des années 60. A ses côtés, Robespierre mais pas Marx qui cette année n’était pas en Avignon, pas plus d’ailleurs que l’immense Pirandello ! Dans un autre coin, des applaudissements jaillirent à l’arrivée des femmes qui se serraient les coudes car parmi les mythes elles avaient peu de place, plus souvent destinées aux enfers qu’au paradis. Juliette était là sans son Roméo, et la Belle sans sa bête ! Marie Tudor avait une magnifique robe rouge et les Précieuses semblaient d’un ridicule à toute épreuve. Plusieurs sorcières du voyage ne se sentaient pas méprisées.

 

Le plus fou se produit quand ce public de choc découvre sur scène de la Cour d’Honneur, un grand lit appelé king size, anglais oblige. Les plus documentés comprennent aussitôt qu’on leur offre l’Opéra-Théâtre de Christoph Marthaler au succès tel que le public a exprimé sa joie par une ovation debout, pour une pas dire une standing ovation !

 Tout d’abord, le metteur en scène apparaît sur la scène et précise dans six langues en finissant par le japonais, qu’il est recommandé de laisser son téléphone portable allumé, de froisser le papier de ses bonbons et de tousser sur tous les tons. Le ton de la provocation est là. La plaisanterie dure dix bonnes minutes, une éternité pour un spectateur peu familier avec le culte de l’ennui cher à Marthaler ! Mais contrairement aux prévisions, les 2000 mythes et légendes présents sur les gradins décident alors de faire sonner, en appuyant sur la touche répète, leurs portables, et donc, dans une cacophonie sans nom, chacun se met à regarder sans intérêt une femme allant et venant sur la scène, jusqu’à ce que Eva Peron, la Eva Peron chère à Copi, ne s’écrie en s’installant sur la scène, dans une pose impériale : « Cette femme avec le cabas, c’est un clin d’œil à la femme assise de Copi ! »

 Alors l’homme endormi dans le lit king size se lève, prend sa douche, puis s’habille. Il s’avère être le pianiste mais contrairement aux attentes de Marthaler le délire ne s’empare pas de la scène musicale qu’il a eu tant de mal à mettre au point, mais bien de la salle, sous la conduite d’un Pablo Cazals fou de rage et de douleur. Bach face à Tout, tout pour ma chérie de Michel Polnareff ? Pour le burlesque, le loufoque ? Pour le massacre, hurle Pablo, pour le massacre de tout message, de tout émotion, et pour produire un rire ni jaune ni franc mais de complaisance. Halte à la complaisance envers le non sens !

Dans les travées, les hurlements s’enchaînent ni au nom de la tradition, ni au nom de la provocation, mais au nom de la joie de vivre, malgré tout ! Tout l’art de combat est dans ce « malgré tout ».

 Bien sûr, les acteurs de Marthaler qui découvrent leur scène occupée pacifiquement, n’en continuent pas moins leur culte de l’ennui et l’absurde. Qu’est-ce qui pourrait les déranger ?

Marthaler n’a rien à dire et il le fait très bien, aussi il sort de son bonnet une citation de Pasolini, extraite du Manifeste pour un nouveau théâtre :

« Le théâtre facile est objectivement bourgeois ;

Le théâtre difficile est fait pour les élites bourgeoises cultivées ;

Le théâtre très difficile est le seul théâtre démocratique. »

On se pose comme on peut…

  

Pas à pas la Cour d’Honneur se vide. Candide n’est pas là pour enregistrer les réactions. Il a compris : on l’a pris pour un candide et c’est sûr, ça ne se reproduira pas ! Quant à Marthaler il finira un jour par inventer le fil à couper le beurre et en fera enfin le chef d’œuvre tant attendu !

 

Jean-Paul Damaggio

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 15:07

L’idée du train à grande vitesse est venue de France et de ses fleurons. Après Concorde, le TGV. Petit à petit l’idée gagna du terrain dans le monde… européen. Les Espagnols ayant eu un système ferroviaire mal en point, pour cause d’incapacité du franquisme à l’entretenir, décidèrent que sa transition démocratique obligeant le pays à rattraper le temps perdu à grande vitesse, le pays devait se lancer (avec l’aide de lobbies européens du BTP) dans la construction du plus grand réseau au monde de LGV. Et sur les lignes l’AVE commença à s’imposer. Pour un non hispanisant, le jeu de mot n’est pas premier. AVE c’est l’abréviation de Alta VElocidad comme TGV est l’abréviation de Train à Grande Vitesse ou le TAV, Treno Alta Velocitat. Pourquoi les Espagnols ont-ils oublié le T devant AVE ? Car « ave » c’est aussi l’oiseau et en effet toute la triste philosophie du TAGV (Train Apte à la Grande Vitesse à ne pas confondre avec la marque déposée TGV) c’est de croire qu’on peut mettre un avion sur rail.

Par les hasards de la vie je tombe sur ce début de livre :

« Il était une fois une ville qui s’appelait TooLoose car elle avait tout perdu. Certains l’auraient installée à Poitiers pour être près de Paris, les plus frondeurs à Perpignan pour être près de Barcelone, et les plus échevelés, rois de la galéjade, entre Aix et Marseille pour être près de Milan. Malheureusement la géographie avait installé TooLoose à TooLoose.

De là l’invention de Tooloosains audacieux qui finirent par développer un moyen de transport surprenant, laissant les bateaux aux ports, et les trains sur les rails, pour passer par les airs. L’avion, mot dont l’origine n’est même pas occitane allait devenir le devenir de la ville si terrestre qu’était TooLoose. »

En conséquence, je suis allé voir d’où vient le mot avion, dont le lecteur découvre qu’il est très proche de ave, mais là c’est normal puisqu’il s’agissait d’inventer une machine qui vole ! Le mot est en effet aussi peu d’origine occitane que le nom de son inventeur, pourtant né à Muret (ah ! la bataille de Muret !) et mort à Toulouse ! Existe-t-il dans la ville rose un musée à la gloire de Clément Ader ? Il existe bien davantage : la Cité de l’Espace !

Avant de retenir le mot avion, on parla d’aéro qu’on retrouve encore dans aéroport qu’à Toulouse on pourrait plutôt appeler avionport même si ce fut la ville de l’aérospatiale. Gamin, j’étais étonné par ce nom ronflant d’aérospatiale car fasciné par les merveilles de la vitesse, je considérai que le spatial c’était plutôt Gagarine et le Spoutnik (1). Comme tant d’autres j’oubliais que derrière la SNIAS (Société Nationale Industrielle Aéro Spatiale) société d’Etat comme la SNCF, il y avait la dimension militaire.

Donc avion fait figure de mot mal aimé venant de la marge de la vie, celle qui fut si chère sa vie durant à Clément Ader qui en fit une marque déposée.

L’oiseau a déraillé en Espagne, et si j’ai le temps, un jour, je vous présenterais ce livre sur TooLoose où, trahissant la géographie et le passé, certains veulent s’envoyer en l’air en restant sur terre ! L’avion sur rail est une calamité, et pour l’avion… et pour le rail, et je l’écris indépendamment des déraillements et leur cortège de drames et de douleurs.

Jean-Paul Damaggio

(1) Mon enfance communiste m'imposait quelques fiertés faisant la grandeur de l'URSS et de la France.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 21:14

Depuis 1984 j’étudie l’évolution du FN en Tarn-et-Garonne et depuis cette date la stratégie de La Dépêche du Midi a été de ne pas évoquer ce parti pour éviter de lui donner une tribune. Par l’article ci-dessous, qui fait figure d’événement, changement de décor. Pourquoi ? M. Empociello a été élu conseiller général de Moissac avec contre lui un candidat du FN. Sylvia Pinel a été élue avec contre elle un candidat du FN et si un liste très à droite pouvait faire battre aux municipales Jean-Paul Nunzi ce serait l’idéal. Je suis pour l’information d’où la reprise de l’article en question mais La Dépêche sait sélectionner les communiqués et la publication de celui-ci, sans commentaire, entre dans un jeu dangereux. Nous vivons une époque formidable…JPD

 

Moissac. Patrice Charles se porte rassembleur d'une liste d'union avec le FN

 Publié le 11/07/2013

 Le 21 juin, à la veille du dernier conseil municipal, Patrice Charles, conseiller municipal de Moissac [de droite], nous a prié d’insérer un communiqué dont voici les principaux extraits:

 

Les gens qui paient des impôts veulent qu’ils servent à quelque chose. C’est tout le contraire qui se passe. Les dépenses municipales laissent la police municipale de côté alors que les gens demandent plus de sécurité, les dépenses municipales renflouent plus de 200 associations en place et lieu des cotisations de leurs adhérents, les dépenses municipales ne servent qu’à conserver le statut d’assisté à nombre de nos citoyens. Les gens qui ne paient pas d’impôts voient une redistribution anarchique sans priorité. Aucune priorité, en effet, ne se définit en tant que telle. Tout va dans l’angélisme d’un Moissac sans problèmes sociaux ni de cohabitation. Or, le problème est là.

 

Tout se concentre, à Moissac, sur le non-dit. Le paradoxe d’une commune pauvre où circulent des voitures flambant neuf, vitres ouvertes, musique à fond; le paradoxe d’absence d’industries agroalimentaires en plein milieu d’une zone agricole; le paradoxe de Moissagais qui ne se sentent plus chez eux; l’insécurité et la dépossession du quotidien, voilà ce dont parle la population. Alors, les touristes, les constructions hors de proportions, le gouffre des dépenses non productives, cela, ce sont les discussions des cocktails municipaux, des réseaux municipaux manipulés, des réunions truquées dont le conseil municipal est le stupéfiant exemple. Le non-dit est général

[...] . Le potentiel énorme de Moissac est, en effet, contrarié par des conceptions d’un autre âge sur le lien social. Le non-dit municipal sur les problèmes d’intégration de certains dans le vivre ensemble est un constat cruel de la crise actuelle. Au lieu d’en parler, de trouver des solutions, la mairie raconte des contes de fée et construit, année après année, des budgets à dormir debout sans aucun lien avec les préoccupations des Moissagais[...] . Voter contre le budget comme je l’ai fait sans discontinuer depuis treize ans a déjà été une manière de s’opposer à ce non-dit et de continuer à dire haut et fort que les citoyens doivent se réapproprier leur destin confisqué. La campagne des municipales est lancée. Elle se fera autour des questions de sécurité. Elle se fera autour de choix budgétaires proposés. Elle se fera par la présence d’une liste de toute la droite unie, loin des salons de Paris, une droite qui connaît le terrain et les dossiers de Moissac et des Moissagais. Je participerai à une liste de révolution paisible, une liste politique affichée pleinement à droite, porteuse de ses valeurs, une liste qui accueillera les membres et sympathisants de l’UMP et du FN. Ensemble, nous ferons gagner Moissac.

 

La Dépêche du Midi

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 16:42

Jean-Pierre Cavaillé, sur son blog, vient de s’atteler à la difficile présentation du débat linguistique au moment de la Révolution, à partir d’un contre-sens né d’une pièce de Benedetto jouée à Montauban sous l’impulsion de Félix Castan.

Il m’est arrivé d’étudier la question sans jamais avoir eu un commentaire de Félix Castan que je côtoyais alors régulièrement.

Il me faut attendre cette présentation d’une grande minutie et d’une grande honnêteté pour saisir l’ensemble de la problématique et mesurer son importance encore aujourd’hui dans le cadre d’un débat toujours pluriel sur la question linguistique.

Langue, Peuple, Nation, France, autant de références dont il faut saisir la pluralité plus que l’unité. Et dans cette pluralité, les articulations, les carrefours sont nombreux :

L’occitan, langue d’un peuple devant aboutir à une nation ? Mais quel occitan?

La France, c’est une langue, un peuple et une nation ? Mais quelle France ?

La nation, c’est un peuple debout avec ou contre sa langue ?

 Pour moi, le point de départ se situe toujours au sein des contradictions du peuple et non au sein des contradictions des élites. Un peuple se sentant riche de ce qu’il porte, face à un peuple en quête de l’habit qu’on veut qu’il porte. Que ce soit l’occitan ou pas, le mot d’ordre sera toujours le même : « parle ta langue ». L’occitanisme m’a appris à devenir un « basiste » à moins que ce ne soit l’inverse.  Mais je vous renvoie au très beau travail de Jean-Pierre Cavaillé.

J-P Damaggio

 http://taban.canalblog.com/archives/2013/07/08/27597109.html

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 20:37

Cette question me sidère à plus d’un titre. Par l’existence de cette survivance cachée de la féodalité. Et par la lutte d’un homme et de son association qui ont réussi à faire céder l’Etat ! Non ce n’est pas un parti politique, un syndicat, un journaliste ou toute autre structure de talent qui a gagné face à l’Etat mais un simple citoyen prof de match de son état. Tous les journaux reprendront sans vergogne les informations qu’ils ne se sont pas allés chercher !

Je salue avec admiration Monsieur Lebreton ! D’un côté il y a ceux qui passent leur temps à discuter de démocratie directe et de l’autre un homme qui passe à l’action avec opiniâtreté sur un point précis ! Non je ne suis pas tout d’un coup un naïf : il manque une partie de la réserve parlementaire, l’argent versé aux associations.

http://www.pour-une-democratie-directe.fr/

 Bref, sur le site de l’association vous trouverez tout les documents en question. Nous reprenons ici les seuls cadeaux affichés de Jean-Michel Baylet. La première somme est le coût total et ma deuxième la somme allouée.

 BOURRET 82 : la restauration de la chapelle Notre-Dame des Gabachoux, 84 703,98 € / 15 000 € BAYLET Jean-Michel

CASTELMAYRAN 82 la restructuration de l'école primaire 42 840,00 € / 5 000 € BAYLET Jean-Michel

 Communauté de communes du Terroir de Grisolles et Villebrumier 82, l'aménagement de la Maison de l'intercommunalité (1ère tranche) 1 088 576,43 € / 20 000 € BAYLET Jean-Michel

 DONZAC 82 l'aménagement et l'éclairage du site de loisirs du "Lac des Sources" 23 165,25 € / 11 582 € BAYLET Jean-Michel

 GRAMONT 82 la réhabilitation et l'extension de la salle des fêtes, la rénovation de bornes en pierre, la réfection de la rue du Château et d'un mur de clôture et l'aménagement de l'entrée du village

312 420,00 € / 10 618 € BAYLET Jean-Michel

 LE CAUSE 82 l'aménagement du bourg (2ème tranche) 112 518,25 € / 10 000 € BAYLET Jean-Michel

 SAINT-PROJET 82 la restauration des vitraux de l'église et l'assainissement du mur de la rosace 22 498,81 € / 7 800 € BAYLET Jean-Michel

 SAINT-SARDOS 82 le busage du chemin de Naudin et de l'avenue du Lac 35 861,85 € / 10 000 € BAYLET Jean-Michel

 SAINT-VINCENT-LESPINASSE 82 la construction d'une salle polyvalente 522 449,34 € / 10 000 € BAYLET Jean-Michel

 VIGUERON 82 la réfection du mur du cimetière, la restauration de l'église et la rénovation et l'extension de la salle des fêtes 282 500,00 € / 10 000 € BAYLET Jean-Michel

 VILLEMADE 82 la rénovation et la mise aux normes de la salle des fêtes 448 130,00 € / 20 000 € BAYLET Jean-Michel

 

 Total 130 00 euros pour l’année 2013. Et il est sénateur depuis tant d’années…

Yvon Collin, l’autre sénateur, a distribué 254 976 euros. Jean-Michel Baylet aurait-il eu une réserve plus faible ou alors a-t-il donné beaucoup à des associations ?

 

Je me souviens d’un Conseiller régional (un vice-président) sortant son carnet de chèques pour une association et le don a été rapide : pas de justificatif et pas de longue attente avant d’avoir l’argent ! Il est temps de sortir de ce clientélisme d’un autre âge ! J-P Damaggio

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 07:35

Cette année le Festival de cinéma Résistances à Foix propose un cycle sur l'arbre et a permis de décovurir l'Erreur Boréale le film de Richard Desjardins.

Personne n'ayant pu nous dire l'évolution du dossier depuis quinze ans, j'ai demandé à l'ami Jacques quelques éclairages qu'il offre sur son blog :

http://jack-jackyboy.blogspot.fr/2013/07/quatorze-ans-apres-lerreur-boreale-un.html

Merci et la lutte continue. jpd

 

 

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 21:44

La Jornada Le 30 juin 2013, Vers un autre Brésil, Guillermo Almeyra

 Les soi-disant gouvernements « progressistes » appliquent des politiques néolibérales, légèrement modifiés par des mesures de protection sociale pour soutenir la consommation intérieure, et une forte intervention de l'Etat pour affirmer la domination capitaliste en général, avec en particulier un consensus apprécié - qui vient en grande partie de la peur d’un plus grand mal déjà connu.

Le gouvernement Lula et celui de Dilma Rousseff n'ont pas fait de réforme agraire, mais au contraire ils ont renforcé l'agrobusiness, et transformé les terres où on cultivait les éléments de base de l'alimentation populaire par la production de canne à sucre qui est cultivée pour produire de l'éthanol, préférant les automobiles aux Brésiliens, ils ont permis que le grand capital gagne comme jamais auparavant, et ils ont réprimé sans dégoût dans les favelas, dans les champs, dans les régions autochtones. Poussé par les difficultés économiques (l'économie a progressé de seulement 0,9 %, alors que le taux de fécondité atteint 2,14 %, ce qui montre que, par tête d'habitants, les Brésiliens s’appauvrissent), ces gouvernements ont favorisé de plus en plus les transnationales et domestiqué de plus en plus les syndicats qui font partie de l'appareil d'État capitaliste.

Alors qu’ils conduisent, ce que Gramsci appelle une révolution passive (c'est-à-dire par les solutions ci-dessus, limitées et mêlées à des mesures réactionnaires et antinationales, travailler pour unifier et moderniser le pays), les autorités croient qu’il suffit d’acheter des dirigeants d'organisations sociales, d’empêcher l'indépendance politique de travailleurs, de chercher des parlementaires alliés dans les partis bourgeois en leur donnant des privilèges, et se taire pour les pauvres, avec cadeaux et événements sportifs.

Ils facilitent l’achat de voitures, de sorte que les villes sont de plus en plus polluées et le trafic devient de plus en plus chaotique (à Sao Paulo la vitesse moyenne est passée de 20 kilomètres / heure il y a quelques années à 12 actuellement et un travailleur doit consacrer trois heures par jour au « plaisir », de se serrer dans des transports de plus en plus pire et plus cher).

Alors que les inégalités sociales se développent, ces gouvernements confondent le soutien électoral et un chèque en blanc pour faire quoi que ce soit. C’est pour ça, par exemple, qu’en Bolivie éclata le gasolinazo (augmentation de 80 % du prix du carburant, sans préavis) qu'Evo Morales annula le lendemain et le Brésil urbain se lève quand augmente l'extorsion d’argent par la hausse du prix du billet pour le transport public (déjà cher, puisqu'un habitant de Sao Paulo doit consacrer à lui verser l'équivalent de 14 minutes de salaire minimum contre seulement 1 minute et 31 secondes pour un travailleur de Buenos-Aires) et s’ajouta l'affront intolérable de la sauvage répression de la police militaire.

Même si Dilma et le gouvernement ont annulé cette augmentation, ils ne répondirent pas ainsi à la cause première de la protestation, qui a éclaté à l'occasion de la mesure, mais avec des racines beaucoup plus profondes tenant à la rage accumulée par la détérioration de la qualité de vie, l'augmentation de l’exploitation, la richesse honteuse de l'oligarchie, la corruption de l'État, la violence de l'appareil d'État. Les gouvernements qui acceptent le capitalisme comme un cadre unique, qui veille à « l’humaniser » et qui théorisent, comme Cristina Fernández avec Laclau, qu'il n’existe plus de lutte de classes ni de classes, se retrouvent tout d’un coup face à des travailleurs et des classes moyennes pauvres qui ne se contentent plus de Bourses de famille, de la télévision et du football quand ils se voient obligés de faire comme les plus pauvres ne mangeant que deux fois et il faudrait qu’ils appelle ça un énorme progrès.

C’est la base du lullisme-dilmismo qui se divise aujourd'hui entre ceux qui n’ont aucune terre ou de solutions dans le monde rural et qui étant très limités dans leurs attentes économiques ne peuvent protester, et les autres, plus instruits, des secteurs urbains qui ne veulent pas vivre seulement d’assistance sociale et de football et qui demandent la démocratie, une éducation décente ou la qualité de vie.

60% des habitants de la région de São Paulo vivent en ville. Au Brésil, selon le recensement de 2010, 84,4 % des habitants sont déjà urbanisés. En outre, bien que l'espérance de vie augmente, la grande majorité de la population brésilienne, a moins de 40 ans. C’est la jeunesse urbaine qui a lancé la révolte et elle ne s'arrêtera pas. On a comparé le cas du Brésil avec la révolution arabe, mais au Brésil Lula et Dilma ont un soutien populaire très fort. En outre, les protestations ne furent pas seulement contre le maire de São Paulo, qui est du PT, mais également elles ont eu lieu contre les maires de droite ou des partis alliés et concurrents du PT. Les partis ont été empêchés de brandir leurs drapeaux parce que, comme il est également arrivé à Buenos Aires avec les assemblées populaires de 2002, les gens ordinaires voulaient peser directement dans la vie politique et pas être manipulés ou instrumentalisés par les partis ou des sectes souhaitant pêcher en eau trouble.

L'axe du problème est le niveau actuel de la subjectivité des manifestants. Les revendications n’allèrent pas au-delà du rejet de l’augmentation de la protestation contre la violence de la police militaire et la corruption. Le Brésil n’a jamais rencontré de mouvements de masse indépendants au cours de son histoire. Son indépendance, fut proclamée par le fils du roi du Portugal devenant empereur, et même les grandes grèves des années 70 qui renversèrent la dictature ne furent pas complètement indépendantes, puisqu'elles faisaient partie de l'opposition avec des partis bourgeois. Ce qui est important, par conséquent, ce n'est pas la limitation des revendications, mais le fait que le mouvement a été spontané, exprimant l'aspiration à la démocratisation de la vie politique et sociale et débordant les partis et les appareils. Nous ne sommes pas face à une révolution, mais face à une rébellion démocratique de la majorité des jeunes en milieu urbain, qui refuse de rester simple objet des politiques burocratico-technocratiques des agents des grandes entreprises déguisés en «progressistes ».

 

Mais elle crée les conditions d'un large front politique qui bouleverse toutes les données politiques au Brésil. En ce moment où le chavisme se débat entre la crise ou son approfondissement, et que Kirchnerisme s’épuise, ce qui se passe au Brésil a une importance énorme. La crise du capitalisme, de réduisant les fondements des droits démocratiques et en menaçant les niveaux de vie conquis au cours des dix dernières années, permet d'accélérer sa transformation. Mais il manque encore le programme, des idées, et même le désir de comprendre ce nouveau processus à gauche, à l'extérieur et au sein du PT. Pour développer le potentiel du processus nous avons avant tout besoin de clarté théorique et politique.

 

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