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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 19:59

Fete-de-l-huma-1980.jpg

Une de L’Humanité Lundi 15 septembre 1980

 

Il fallait que la Fête soit du jamais vu car nous entrions dans une histoire du jamais vu : un candidat communiste au deuxième tour de l’élection présidentielle de 1981. Sur une colonne quelques titres de l’actualité. A l’intérieur article de René Ballet, le discours de Georges Marchais, la diffusion géante de L’Espoir au présent, le tremplin de Georges Marchais pour l’élection. Le numéro est fourni pour le compte-rendu.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 19:50

 

 fête de l'huma 1981

Une de L’Humanité lundi 14 septembre 1981

Titre le plus court qui soit. Pour la rentrée 81 le PCF digère sa défaite de la présidentielle et son entrée au gouvernement. Alors titres : la Fête, ça évite de juger.

A l’intérieur du journal Michel Naudy présente, le débat habituel de Marchais sur TF1 prend une page. Le discours a été fait par Romand Leroy.

 

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:44

Le 2 juillet 1893 le journal national Le Gaulois nous fait vivre comme si nous y étions la première mise en œuvre de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse. La vitesse était de 47 kilomètres/heure en moyenne arrêts compris. Aujourd'hui elle est de 120. JPD

 

LIMOGES. M. Viette, ministre des travaux publics, est venu procéder à l'inauguration des lignes de Largnac à Vendes et de Vendes à Mauriac (Cantal), et de Limoges a Brive, par Uzerche (Corrèze).

En ce qui concerne les lignes de Largnac à Vendes et de Vendes à Mauriac, leur construction fera disparaître la lacune de 22 kilomètres environ existant sur la grande ligne directe du Nord au Sud de Bourges à Toulouse, par Montluçon.

La ligne de Limoges à Brive est destiné à remplacer pour la grande circulation la section de Nexon à Brive, à qui les fortes pentes, les courbes, et la construction à voie unique interdisaient de devenir jamais une route pour les trains à grande vitesse ; les express y mettaient deux heures pour faire les 82 kilomètres qui séparent Nexon de Brive. Il fallait deux heures un quart à deux heures et demie pour franchir les 102 kilomètres qui séparent Limoges de Brive. La distance est ramenée à 99 kilomètres et la durée du trajet à deux heures.

Car la nouvelle voie n'est qu'un tronçon de la grande ligne de Toulouse. Jadis, on le sait, les communications avec cette dernière ville avaient lieu par Nexon, Brive, Capdenac et Lexos, ligne à voie unique, d'un parcours difficile. On a donc été amené à étudier un tracé nouveau et à construire une ligne à deux voies et à rampes modérées. La ligne de Limoges-Nexon-Brive a été doublée par un tronçon direct, celui qu'on inaugure aujourd'hui, et une ligne nouvelle, inaugurée l'an dernier, l'a prolongée par Gourdon et Cahors sur Montauban.

La section sur laquelle les trains ont circulé ce matin pour la première fois, est un véritable chef-d'œuvre ; elle se détache de la ligne de Paris à Agen à la sortie même du tunnel de Limoges, franchit la Vienne sur un magnifique viaduc en pierre pour gagner la vallée de la Briance, où elle dessert Solignac et Le Viger, près de la superbe abbaye de Solignac, où elle franchit la Briance sur un admirable viaduc, dans un merveilleux paysage.

Moins grandiose que dans la vallée de la Briance, la partie du trajet, dans la vallée de la Vézère, n’en est pas moins pittoresque.

A Brive, la ligne se soude au tronçon de Cahors-Montauban, formant une des plus belles des grandes voies ferrées françaises. Malgré les avantages de ce chemin de fer à deux voies, le nouvel horaire ne va pas accroître la rapidité des trains express dans la proportion espérée ; l'accroissement est nul pour l'express partant à 9 heures du matin de Paris, et qui continue à arriver à Toulouse à 11 h. 10 du soir ; l'express de nuit, quittant Paris à 7 h. 50 du soir, gagne un quart d'heure il arrive à 9 h. 14 du matin au lieu de 9 h. 29.

En somme, la vitesse n'est que de 47 kilomètres à l'heure, entre Paris et Montauban, arrêts compris ; c'est un chiffre bien inférieur à celui des autres lignes françaises. L'idéal serait de franchir, en dix ou onze heures, les 713 kilomètres qui séparent Paris de Toulouse.

 

Au point de vue militaire, la nouvelle ligne a un intérêt considérable car elle assure au 17ème corps un transport rapide vers l'Est, par Châteauroux, Bourges et Troyes, au moyen des tronçons en cours d'exécution de Saint-Florent à Issoudun et de Bourges à Sancerre.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 14:41

Ce sont là des questions peu étudiées même si on sait que toujours les filles et les femmes ont « bénéficié » des avancées sociales longtemps après les hommes.

Pour la création du lycée des jeunes filles de Montauban, 70 ans après celui des garçons, voici un extrait d’une polémique au Sénat rapportée par Le Gaulois.

Un an avant, exceptionnellement Montauban élisait un sénateur très à droite. J’imagine sans mal la dure polémique qui a dû traverser la ville autour de la création du lycée de jeunes filles. JPD

 

Le Gaulois 19 décembre 1883

M. de Gavardie prononce une violente philippique contre le lycée de jeunes filles projeté à Montauban. Il a mille fois raison; mais la gauche ne veut plus entendre ces réclamations contre un gaspillage ridicule des fonds de l'Etat et des villes.

M. Garrisson, rapporteur, répond à M. de Gavardie qu'il n'y a pas d'institution plus féconde que les lycées de jeunes filles.

Oh ! M. de Gavardie riposte que les jeunes filles n'ont pas besoin de lycées, qu'elles sont plus intelligentes que les hommes, voire que les sénateurs. (Rires.)

Vous parlez pour vous.

Certainement, je parle pour moi aussi..

La loi est adoptée.

 

Le Gaulois 27 mars 1882

Hier a eu lieu, à Foix et à Montauban, une élection sénatoriale pour le remplacement de M. de Freycinet, qui, ainsi qu'on le sait, a opté pour le département de la Seine.

A Foix, deux républicains étaient en présence: MM. le docteur Fregoul a été élu par 187 voix contre 173 accordées à son concurrent, M. Pons-Tande.

A Montauban, après deux tours de scrutin, M. Delbreil, légitimiste, a été élu par 121 voix contre 59, obtenues par M. Flamens, radical, et 56 données à M. Combarieu, républicain.

 

 

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 21:04

avortement-chili.jpg

 Photo : nous étions au Chili, manif devant la cathédrale de femmes

demandant le droit à l'interruption de grossesse.

Depuis longtemps on me répète dans la gauche française, que les pouvoirs d’Amérique latine sont très souvent passés à gauche.  Etrangement, depuis tant d’années les droits à l’avortement y sont en recul sans que personne ne s’en émeuve. Est-ce de si peu d’importance qu’on préfère s’y pencher sur les mariages homos ?

Bien sûr le Chili, pays plutôt réactionnaire, n’est pas l’exemple à suivre mais dites-moi donc ce qu’il en est au Venezuela, Bolivie et Equateur ? Seul Cuba se distingue totalement.

Comme il s’agit d’un feuilleton chilien un mot sur les luttes sociales de ce pays, sur ce point là.

Le 25 juillet dernier, dans la cathédrale de Santiago, point crucial de cette lutte, un événement vient de se produire qui a scandalisé le journaliste de Punto Final qui est très à gauche. A la conclusion d’une marche, il y a eu un débordement et des manifestantes sont entrées dans la cathédrale ! Malheur ! Atteinte grave à la liberté religieuse ! Cette entrée fut « agressive et insultante » ! Heureusement, l’INDH (institut national des droits de l’homme) a condamné fermement cette action.

Pour dire ce que ces femmes auraient du faire, ALVARO RAMIS en appelle au  Karl Marx de la Sainte famille.

La radicalité ce n’est pas l’acte radical qui signifie un manque de convictions. « Etre radical c’est attaquer le problème par la racine. Et la racine pour l’homme, c’est l’homme lui-même » dit le philosophe allemand dans la critique de la philosophie du droit de Hegel. Donc, pour l’auteur de l’article, nous devons assumer qu’il n’existe pas de lois naturelles ni de vérité révélées qui puissent aider à régler les problèmes. Mais où veut-il donc en venir ? D’abord analyser concrètement la situation concrète ?

Le 15 septembre 1989, jute avant l'élection du remplaçant de Pinochet, l’amiral José Toribio Merino réforme l’artícle 119 du Code sanitaire afin d’interdire même l’interruption de grossesse pour cause thérapeutique, faisant du Chili un de pays les plus retardataires sur ce point.

Depuis la société a changé et voilà qu’une jeune fille a été violé par son beau-père, est tombée enceinte et ne pouvait avorter. Une parmi des millions en Amérique latine !*

Que faire ? Distinguer le légal, le scientifique et la morale. C’est bien beau non ? Sortir du blanc et noir : avortement oui, avortement non. Philosopher… philosopher !

Une loi ? Mais peut-elle dire scientifiquement quand commence ou pas, une vie ?

Bref, je vous passe les détails… Je comprends tout à fait la rage des femmes qui ne supportent plus l’hypocrisie et l’hypocrisie du marxiste Alvaro Ramis qui sait très bien que pour une femme riche, il n’y a aucun problème pour avorter… Jean-Paul Damaggio

 Aborto: el debate imposible

 P.S. Pendant ce temps le pays a été fortement ému par une grève très dure des éboueurs.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 10:39

                                     ben-said.jpg

le 18 Novembre 1999 L'Humanité

Le capitalisme ventriloque par Daniel Bensaid (*)

Le capital, on le sait depuis Marx, est un fétiche automate. Il est aussi ventriloque. Dans les crises, la scission qui le hante, sa double vie, son dédoublement généralisé (entre valeur d'échange et d'usage, travail concret et travail abstrait, production et circulation), " devient folie ". Alors, " l'argent crie son désir d'un domaine où il puisse être valorisé en tant que capital " (2). Le vice-consul de Duras - superbe Michel Lonsdale - hurlant son amour pour Anne-Marie Stretter dans les jardins du consulat représente depuis longtemps pour moi cette image convulsive du désir et du manque. Mais le capital ne se contente pas de crier, dans les moments paroxystiques de la crise où il cherche à rétablir son identité brisée. Il parle aussi, au quotidien, un langage tellement familier qu'on en oublie l'auteur.

 Les vertus cardinales de l'air du temps sont la vitesse (le mouvement, le bouger, l'éphémère, l'urgent, l'instantané, le quick, le fast) et la mobilité dans l'espace (le portable, le nomade, le mobile, le global, le réseau). Ce double impératif d'accélération et de mobilité est, dans une large mesure, la conséquence vécue de la logique intime du capital : de la reproduction élargie et de la rotation accélérée sensées conjurer l'arythmie qui le mine. La mondialisation marchande élargit son domaine spatial, dévore les territoires, fait marchandise de tout, réalise à sa manière une universalité abstraite, inégalitaire, mutilée. Son discours est, dans une large mesure, un détournement/récupération de l'aspiration internationale à une émancipation universelle, sous la forme d'une ingérence humanitaire et militaire " sans frontières ".

 De même, la course effrénée au " zéro stock ", les fusions/concentrations dans le crédit et la distribution, l'inflation de la publicité, visent à compenser la hausse vertigineuse de la composition organique du capital par une multiplication accélérée des cycles de ses métamorphoses (argent-marchandise-argent). Ces tendances étaient déjà à l'ouvre il y a plus d'un siècle. Elles prennent sous nos yeux une tout autre ampleur. Avec, ce qui est plus nouveau, une tendance du capital ventriloque, à parler sans détours, ouvertement, avec son cour en quelque sorte. Que ce soit dans les récentes campagnes publicitaires à propos des fusions BNP/Paribas ou Total/Elf, ou pour justifier les licenciements massifs chez Michelin, " la création de valeur " est devenue un impératif catégorique et un slogan (destiné en réalité aux actionnaires). À la veille du vote fatidique dans la guerre des banques, la BNP s'affichait en double page dans la presse : " Aujourd'hui, c'est BNP qui crée de la valeur. Demain, c'est SBP qui créera de la valeur ". Même leitmotiv chez Elf et chez Total.

 Ah ! Ce mystère de la création (de la valeur) et de la multiplication des pains (des dividendes) ! Ce mystère de l'auto-engendrement du capital ! Ce miracle quotidien de la Bourse par lequel une croissance de 3 % peut donner une plus-value de 15 %, 50 %, 100 % par an ! (3). Le mystère de ce monde enchanté a été élucidé. L'illusion selon laquelle l'argent s'auto-engrosse et fait de l'argent est celle du rentier, du spéculateur, du boursicoteur (et de leurs gogos). Le court-circuit de cet accroissement A-A'occulte le détour par le cycle complet du capital : la métamorphose de l'argent en salaires et moyens de production, puis en marchandise qui doit être écoulée pour retrouver la forme argent. En clair, le miracle quotidien des plus-values boursières et des taux d'intérêts escamote le moment crucial de la production, où la plus-value se crée dans les sous-sols infernaux du marché : pour servir 15 % d'intérêts sur la base d'une croissance de 3 %, il faut accroître la productivité du travail et intensifier son exploitation. Il n'y a pas de miracle de l'immaculée conception du capital par lui-même mais production, transfert et appropriation de plus-value.

 C'est toujours de là que doit partir l'enquête. Un crime originel a été commis. Les tueurs (les " social killers ") sont la ville. Il y en a de toutes sortes : du vulgaire voyou au " raider tranquille ", en passant par le parrain patronal [...] La pathologie du capital, celle que manifeste l'argent lorsqu'il crie son désir de valeur, c'est la scission intime, la fente qui le traverse, le divorce d'avec lui-même. Cette scission se manifeste aussi dans le rapport contradictoire du privé et du public, aujourd'hui soumis à de profonds remaniements. En raison d'abord du mouvement sans précédent de privatisation qui répond à l'élargissement du domaine de mise en valeur du capital. Il s'agit, bien sûr, de la privatisation des entreprises, mais tout aussi bien des services (santé, éducation, transport), de la ville, du vivant (brevetage et propriété intellectuelle sur les modifications génétiques), du droit, de la solidarité, de l'information.

 La contrepartie de ce mouvement de privatisation généralisée de l'espace public, c'est bien sûr le dépérissement de la vie publique, l'anémie de la citoyenneté, la langueur de la participation démocratique. C'est aussi, paradoxalement, la publicisation de la vie privée par la mise en scène médiatique (parfois subie mais la plupart du temps voulue) du domaine privé des personnages publics. La revendication de singularité individuelle (le droit d'être soi-même) est une exigence démocratique : la diversification des besoins et l'émancipation de chacun est un enrichissement de tous. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit dans l'apologie libérale d'un individualisme sans individualité (d'un individualisme standardisé), mais très exactement de la petite musique qui accompagne l'asservissement " volontaire " à la logique marchande : tous (toutes), des consommateurs, des actionnaires, des clients. Et, comme chacun sait, " le client est roi ".

 On en arrive ainsi à convaincre les salariés des bienfaits de l'auto-licenciement grâce auquel ils gagneraient en tant qu'actionnaires ce qu'ils perdent en tant que salariés ! De même, le droit (collectif et mobilisateur) à l'emploi devient ainsi soluble dans la démonstration (individuelle et culpabilisante) d'" employabilité ". Dans le discours décomplexé du capital, la dépolitisation méthodique va de pair avec la moralisation à outrance. L'heure est à la " guerre éthique " (Tony Blair), à la " souveraineté éthique " (Cohn-Bendit). Michel Pébereau, patron de la BNP, invoquait les " règles éthiques " de son opération sur la Société générale ; il affirmait, non sans lyrisme bancaire, que " la réputation technique et éthique du marché de Paris " était en jeu dans l'affaire. Pour Jacques Chirac enfin, " nous sommes tous des paysans "... "au sens éthique du terme " (!!?).

 Cette escalade de l'éthique est l'envers (la béquille et le baume) du déchaînement de la jungle marchande. Elle peut parfaitement faire le meilleur ménage avec la concentration et le monopole de la puissance (financière et militaire). Ces noces barbares sont alors porteuses des pires dangers : lorsque le fanatisme de l'éthique (" l'obligation inconditionnelle illimitée " dont parle Bernard-Henri Lévy) s'allie à la suprématie technique impériale, l'espace même de la pluralité politique, de la contradiction, et de la controverse est menacé [...]

  (*) Philosophe. Dernier ouvrage paru : Qui est le juge ? Éditions Fayard. 1999. (voir l'Humanité du 21-09-99).

 (1) voir l'Humanité du 17 novembre 1999.

 (2) Karl Marx. Manuscrits de 1857-1858. Éditions sociales.

 

 (3) Les fameux fonds de pension exigent pour leurs placements un " Return on Equity " (ROE) d'au moins 15 %.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 10:36

                                     montalban.jpg

le 23 Septembre 1999 L'Humanité

Polar au Vatican : César Borgia, suspect numéro un.

 Ou César ou rien raconte l'extraordinaire aventure des Borgia, à l'aube du Nouveau Monde.

  Des personnages hauts en couleur, des complots sanguinaires, des amours qui finissent mal : Manuel Vazquez Montalban nous ouvre les appartements du pape et de ses turbulents rejetons.

  Pepe Carvalho, le héros de Manuel Vazquez Montalban aurait aimé s'installer dans les pénates de la famille Borgia, les appartements papaux du Vatican, les palais romains, les châteaux espagnols. Y démêler les intrigues, les crimes, les orgies qui ont traîné l'infâme réputation des Borgia jusqu'à nos jours. Montalban a reconstitué cette extraordinaire saga, où il apparaît que les Borgia, s'ils n'étaient pas des saints, ne méritaient pas tant d'opprobre historique. Dans la famille Borgia, il y a le grand-père, Alphonse, parti de rien et devenu pape de 1455 à 1458 sous le nom de Calixte III ; le père Rodrigo, pape Alexandre VI de 1492 à 1503, à l'époque où les Espagnols découvrent le Nouveau Monde, où les rois catholiques Ferdinand et Isabelle chassent les Juifs et les Maures d'Andalousie. Dans la famille, il y a les trois fils bâtards de Rodrigo, Pere Lluis, Jofré, Joan et les deux enfants prodiges, César et Lucrèce. Les Borgia, d'origine catalane, auront pour ambition d'unifier l'Italie de la Renaissance, une Italie divisée, proie trop facile pour les grands prédateurs de l'époque, l'Espagne et la France.

  Ou César ou rien n'est pas une thèse d'histoire, c'est d'abord un roman, une intrigue digne des grandes épopées du Nouveau Monde, où les personnages sacrifient leurs ambitions personnelles à celles de la famille, donc à l'ambition d'État. César Borgia est au centre du système. Le fils du pape est le bras armé, le comploteur, le génie du clan qui s'entoure des meilleurs conseillers, des plus grands artistes de l'époque. Montalban raconte l'aventure des Borgia sous l'autorité du seigneur Nicolas Machiavel, leur contemporain. Un Machiavel digne, lui, de sa réputation, dont l'influence sur César est plusieurs fois déterminante. Le Florentin a la vue large : " Paysans et marchands, voilà les secteurs sociaux ascendants parce qu'ils ont un sens réaliste de ce qu'ils font. La défaite du féodalisme est inévitable et il faut faire en sorte de ne pas devenir un seigneur féodal comme les autres [...] . Il faut se ménager une situation privilégiée pour pouvoir rivaliser avec les rois modernes, Louis XII ou Ferdinand le Catholique. ".

  Pour les Borgia, la fin justifie souvent les moyens. César élimine les bouches inutiles, les maris encombrants de sa sour Lucrèce qui, souvent se révoltera mais jamais ne se mettra en travers des ambitions du père, le pape Rodrigo et du frère chéri. Lucrèce, l'abominable, la " pécheresse qui ouvrait son ventre à Satan " que l'histoire accuse d'inceste - " elle serait à la fois la fille, la femme et la bru de son père, si l'on en croit ce qu'on lit sur les libelles de la statue de Pasquin " - mourra après une fausse couche, parce qu'il fallait bien assurer la descendance borgienne. Oui, les Borgia abusèrent de la violence, du crime pour assumer leur destinée. Nicolas Machiavel, l'observateur du Vatican n'en est pas autrement surpris : " J'observe chacun de vos pas, César et je n'y vois que des actions logiques, si nous tenons compte de ce à quoi elles prétendent : la finalité d'une entreprise. La violence est nécessaire pour construire la société et nous sommes dans un temps de violence. La violence doit être l'apanage du pouvoir, sinon elle n'est que désordre ". Dans la Rome de la Renaissance, où les papes jouissent et engrossent, les partisans d'un retour à la pauvreté et à l'abstinence font figure de rétrogrades. Savonarole est en dehors de l'Histoire car pour Machiavel, " La corruption est plus tolérable que le fanatisme ".

  On croit connaître la fin de ce polar au Vatican. Les Borgia vaincront avant d'être vaincus. Mais ils laisseront le pouvoir romain à des politiques encore plus aguerris, plus modernes, à la violence moins ostentatoire, plus policée, tout aussi efficace. Montalb n ne réhabilite pas la famille honnie, il met en scène des destins exceptionnels qui méritaient au moins une part de lucidité sinon de vérité historique. Leur saga est contée sous la forme d'un scénario cinématographique, avec ses gros plans, ses travellings, ses flash-back. On a parfois du mal à établir les filiations dans la multitude des personnages qui se croisent, s'aiment et s'entre-tuent mais Rome en 1492 est une telle fourmilière !.  Jacques Moran.

 Ou César ou rien de Manuel Vazquez Montalban.  Éditions du Seuil, 384 pages, 140 francs. 

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 13:24

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Personne n’imagine jusqu’à quel point nos petits outils de communication ont engendré une relance du marché des matières premières. Pour le pétrole, c’est son augmentation de prix qui a relancé les recherches car un pétrole trop cher à exploiter hier, devient « rentable » aujourd’hui.

Cette explosion en besoin de matières premières fait le bonheur et le malheur des Amériques.

Pays de tradition minière, ils ont les moyens de répondre aux besoins industriels et c’est dans ce cadre que le président d’Equateur a décidé de relancer les puits de pétrole… pour le bien de son peuple et non pour le bien des multinationales donc, que lui répondre ?

Dans un premier article j’ai présenté les différentes positions en présence. Depuis la bataille fait rage en Equateur (un sondage donne 56% de gens favorables  la décision de Correa).

Dans le camp du président Corea on affirme haut et fort que dans le monde seulement trois pays, Venezuela, Bolivie et Equateur montrent méchamment du doigt le pouvoir capitaliste. Même si le Nicaragua est dans l’ALBA je ne suis pas surpris qu’il soit oublié…

Donc ne nous trompons pas de cible : l’adversaire, c’est le système capitaliste qui l’oblige à exploiter le pétrole dans un parc national reconnu comme élément du patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Il existe trois modestes raffineries Esmeraldas, La Libertad, Amazonas, mais le pays doit importer pour 3 milliards de dollars annuels de carburant pour sa consommation nationale. Depuis trois jours on apprend qu’une nouvelle raffinerie devrait voir le jour grâce à une union Chine-Venezuela. Les autorités prétendent que si autrefois 80% du pétrole brut quittait le pays c’est à présent seulement 20%. J'en doute. De toute façon, pour ce pays comme pour tous les autres du continent latino (sauf le Brésil et le Mexique) la priorité devrait être donnée à la production de valeur ajoutée et non à l'extraction ! Pour le pétrole l’extraction ne crée presque pas d’emplois mais peut en effet susciter de la redistribution qui n’est rien d’autre que de l’assistanat.

Quand les Bolivariens gouvernent depuis 20 ans et qu’ils n’ont toujours pas d’agriculture digne de ce nom, car il est plus facile de vivre avec la rente pétrolière, il y a de quoi réfléchir. D’autant que le pétrole qui n’est pas extrait à présent vaudra bien plus cher demain quand il manquera encore plus ! Et dire que sans le pétrole, le pays risque de tomber dans la misère, alors que dire de tant de pays sans pétrole ?

La leçon de l’Equateur n’est pas équatorienne car le problème est partout. Dans les Andes a été inventé une bonne part de l’agriculture mondiale et souvent on a l’impression que les paysans sont sans « valeur marchande » !

 

Je n’affirme rien de sûr mais j’ai la conviction que pour ne pas aller dans le sens du système en place, il faut penser autrement l’équilibre économique d’un pays. L’URSS croyait battre les USA sur le terrain de la bataille industrielle et ce fut l’échec. Alors, que ceux qui sont aux commandes en Bolivie, Venezuela et Equateur réfléchissent. Sinon j'ai l'impression que c'est comme au Chili !

JP Damaggio

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 13:18

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Quarante après, le Chili vit encore dans le doute. Neruda est-il mort du cancer ? Allende s’est-il suicidé ? Pour répondre à l’énigme Neruda son corps a été déterré pour analyses mais qui furent mal faites ! Pour Allende, même opération ! Dans le deux cas un livre est sorti.

Hier, celui sur Allende a été présenté au Musée de la Mémoire, un musée gratuit qui rappelle le coup d’Etat et ses conditions. Conçu architecturalement comme le musée du quai Branly à Paris, on monte en tournant par une allée, on monte vers le présent. Le Musée tout neuf a ses mérites et ses limites et aujourd’hui, dans la salle du rez-de-chaussée, face à la petite librairie, quelques dizaines de personnes ont pu écouter la journaliste Maura Brescia qui a réussi à publier son livre sur la mort d’Allende : "La verdad de su muerte. Mi carne es bronce para la historia”

Cette soirée autour du livre est historique puisqu’avec la journaliste nous trouvons ; le médecin légiste Luis Ravanal, l’avocat Matías Coll et d’autres journalistes : Juan Pablo Cárdenas, Mauricio Weibel y Ernesto Carmona. Un film est projeté : “Exhumación de Salvador Allende” du cinéaste Pablo Salas.

 Personne ne notera que cette présentation intervient après celle faite à Lima et c’est sur un journal péruvien que j’ai trouvé la photo de la dite journaliste avec article très clair sur l’assassinat du président élu. Pour les deux géants du pays, la justice veille afin de maintenir le mensonge. S’ils ont été assassiné, ils faudrait chercher les coupables peut-être encore vivants même si le coupable majeur, le général Pinochet est mort dans son lit.

 Maura Brescia n’est pas n’importe qui. Journaliste d’investigation elle a creusé la question dans tous les sens. Et pas seulement pour trouver les coupables ! Le coup d’Etat de 1973 intervient au moment où partout dans le monde le mouvement populaire marque des points. Et Pinochet laisse la place en 1988 (en vérouillant l'avenir) quand partout dans le monde, le mouvement populaire fait marche arrière. Comme si le tournant politique de ce pays était le plus bel annonce d’un triste tournant mondial. Jean-Paul Damaggio

 

P.S. Parmi les mouvements sociaux, notons les immenses manifestations paysannes en Colombie.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 16:41

 bove.JPG

 

En ce temps là, l’Humanité jouait la carte de l’ouverture. Le PCF étant au gouvernement d’un côté on découvrait d’immenses placards publicitaires pour la COGEMA, pour TOTAL ou pour inciter à acheter des actions dans les entreprises privatisées et de l’autre José Bové faisait la Une, Krivine ou Bensaïd tenaient tribune et Nikonoff était en vedette. Ici la une de l’HD du 25-26 septembre 1999.

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Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

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