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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 15:23

 

La nuit dernière, tandis que nous préparions notre édition toulousaine, la nouvelle nous parvenait qu'une épouvantable catastrophe venait de se produire sur la ligne de Montauban, entre les stations de Saint-Jory et de Castelnau-d'Estretefonds. Nous avons pu dans notre dernière édition, indiquer, autant qu'elles pouvaient être connues à cette heure, les circonstances dans lesquelles s'était produit l'accident et en faire prévoir toutes les affreuses conséquences.

LE TAMPONNEMENT

La collision s'est produite à 19 kilomètres de Toulouse, à 2 kilomètres de la station de Saint-Jory, en un point où la voie ferrée, qui longe la route depuis Lalande, décrit une courbe prononcée.

Il était onze heures moins cinq ; l'express de Paris, qui avait du retard et continuait à en prendre à chaque station, venait de se voir obligé de stopper en pleine voie.

Pourquoi ? Mauvais charbon et diminution continue de pression, affirme le mécanicien.

A ce moment, l'express Bordeaux-Cette, qui doit passer en gare de Toulouse à 11 h 27, et qui suivait le Paris-Toulouse à quelques minutes, est venu buter à peu près de toute sa vitesse, qui était d'environ 70 kilomètres à l'heure, sur le derrière du Paris-Toulouse, qu'il réduisait littéralement en miettes.

Celui-ci était-il couvert par le disque et par les signaux d'alarme ?

C'est probable, déclare le mécanicien ; le disque a dû fonctionner automatiquement ; d'autre part, le chef du train tamponné avait dû placer des feux rouges et les pétards réglementaires ; mais le disque était à très courte distance. Il est probable que le mécanicien du train tamponneur, Roucolle, qui est gravement blessé, n'a pas eu le temps d'arrêter son convoi et n'a pas pu, malgré tous ses efforts, éviter la catastrophe.

Il est un fait certain, c'est que les voyageurs du Bordeaux ont entendu la locomotive siffler désespérément, ont perçu le ralentissement produit par l'action des freins, mais presque instantanément le choc se produisit ; choc formidable, qui se faisait sentir jusqu'à l'extrémité du train tamponneur, dont tous les voyageurs étaient précipités les uns sur les autres, au milieu de leurs colis, et dont un certain nombre furent grièvement blessés.

Le spectacle est terrifiant.

Les deux locomotives du train de Bordeaux sont encore debout. Ce sont deux fortes Coumpound qui, grâce à leur puissante armature, ont peu souffert dans l'accident. A peine l'une d'elles est-elle amputée d'une de ses courtes cheminées.

Ce sont ces deux monstres qui, à une vitesse de plus de 70 kilomètres à l'heure, se sont jetés sur l'arrière du train de Paris, arrêté, comme nous l'avons dit, à 2 kilomètres avant la gare de Saint-Jory.

Devant elles, deux wagons du P. O. sont en pièces. Du premier, dans lequel la locomotive est entrée en l'ouvrant par son milieu et en rejetant les deux cotés sur les bonis de la voie, il ne reste plus que des débris informes, seule, la toiture du wagon, en raison de sa légèreté, sans doute, a été comme découpée du reste de la voiture et projetée presque entière dans un chaume qui borde la voie.

Par une cruelle ironie, la plupart des fragiles lampes électriques qui éclairaient le wagon sont intactes alors que de formidables barres de fer sont tordues, que les coussins des wagons sont éventrés.

La seconde voiture détruite sous le choc est un wagon de première classe dont l'arrière seulement a souffert ; sa partie supérieure est intacte.

Près de ces wagons, les équipes de sauveteurs envoyées dès la première heure par la gare de Toulouse, ont rassemblé les bagages, les menus objets qui ont été retrouvés sur la voie ou dans les voitures.

A quelques mètres plus loin, sous une immense toile grise, gisent les treize morts dont les cadavres ont déjà été retirés des décombres.

Malheureusement, le déblaiement de la voie n'est que commencé à l'heure où nous écrivons, et il est fort à craindre qu'on ne trouve encore des morts sous les débris.

A Saint-Jory, le coquet petit village tout voisin du lieu de la catastrophe, dès que la nouvelle a été connue, les cloches ont été mises en branle et avec un empressement auquel il est juste de rendre hommage ; la plupart des hommes de la commune se trouvaient groupés sur le lieu du sinistre et, sous la direction de M. Brell, maire de Saint-Jory, et de M. Pieuss, adjoint, organisaient les premiers, secours.

Le vénérable curé de Saint-Jory, M. l'abbé Terraube s'est lui-même dépensé sans compter pendant toute cette terrible nuit auprès des blessés et des mourants, auxquels il a prodigué les consolations suprêmes de la religion.

La gendarmerie, le Parquet, M. Mireur, secrétaire général de la préfecture de la Haute Garonne, se trouvaient sur les lieux et procédaient à une première enquête.

Un piquet de soldats d'infanterie, venu en camion automobile de Toulouse, garde les abords du lieu de la catastrophe, où accourent sans cesse des curieux, venus de Toulouse et des environs.

LE RÉCIT D'UN TÉMOIN

Voici comment un des voyageurs du rapide de Paris. M. Jean-Pierre Boé, demeurant à Mauron (Côtes-du-Nord), raconte la catastrophe, à laquelle il a assisté :

« J'étais monté dans ce malheureux train à Paris pour me rendre, avec une de mes sœurs, à Belcaire (Aude). Le voyage s'était bien passé jusqu'à Montauban et nous n'avions même pas remarqué que le train prenait du retard en avançant.

Peu après avoir quitté Montauban, ma sœur s'était assoupie, et moi-même, pour tromper le sommeil, je m'étais mis à parcourir, sans grande conviction, un journal illustré. Quand nous eûmes dépassé Grisolles, il me parut que la marche du train était moins bonne. Nous avancions comme par saccades et par soubresauts. — « Le charbon de la machine, pensai-je, doit être mauvais. La pression manque. Nous allons avoir du retard.» J'en étais là de mes réflexions. Quand le train stoppa. Nous étions en pleine voie et dans un endroit désert.

Je remarquais derrière nous la lumière d'un disque et j'entendis le chef de train donner des ordres à un homme d'équipe pour assurer la couverture du convoi. Je me rassis et j'allais bientôt céder au sommeil lorsque j'entends soudain un cri lugubre : «Sauve qui peut ! » et au même moment nous ressentons un choc effroyable ; nos valises, placées dans les filets à bagages, s'abattent sur nous ; une femme, à mes cotés, bat du front contre la paroi du wagon et saigne, tandis qu'au dehors s'élèvent des cris lugubres.

Je me précipite sur la voie sans me rendre encore bien compte de ce qui se passait et l'horrible vérité m'apparut. « Ah ! monsieur, je n'oublierai jamais ce spectacle, ces appels des blessés, ces plaintes déchirantes. On courait dans la nuit. On s'appelait. On fuyait surtout le lieu du sinistre, car quelqu'un criait que les réservoirs à gaz allaient exploser.

«Nous avons erré là toute la nuit ; à la lueur de quelques lanternes, aidés de quelques braves gens du pays et employés du chemin de fer, nous avons retiré les premiers morts des wagons en miettes. Mais, de ma vie, je n'oublierai cette nuit et le spectacle horrible que j'ai eu sous les yeux. »

L'ENQUÊTE

L'enquête ouverte, à la fois, par la Compagnie du Midi et par le Parquet de Toulouse fera, sans doute, la lumière sur les causes encore obscures de la catastrophe.

Une chose est certaine : c'est que c'est la mauvaise combustion du charbon, et par suite le manque de pression dans la locomotive du train de Paris, qui est la cause initiale de la catastrophe. Cette locomotive est une machine allemande — de celles qui ont été livrées par nos ennemis à la suite du traité. Or, ces machines ont des grilles de foyer aux mailles beaucoup plus larges et espacées que les machines françaises. Par suite, lorsque le charbon est de mauvaise qualité et trop menu, et c’était le cas du charbon embarqué sur la machine du train tamponné, il tombe à travers les grilles et par suite ne chauffe pas La pression est alors insuffisante et les trains sont obligés de s'arrêter en pleine voie. Un autre fait est également certain, c'est que dès que l'arrêt du train de Paris — le train tamponné — se fût produit, le chef de ce train prit toutes les précautions voulues pour éviter tout accident. Il fit placer des pétards sur la voie et envoya un homme couvrir le train Il reste à expliquer comment ces précautions demeurèrent inutiles et pourquoi le mécanicien du train tamponneur n'a pas aperçu les signaux.

 

Enfin reste à élucider surtout le fait suivant : c'est que le block-system fonctionnant sur la grande ligne du Midi, il faut savoir si les signaux, pour une raison ou une autre, n'ont pas fonctionné, ou bien alors si le mécanicien du train tamponneur les a brûlés. Nous croyons savoir que ce mécanicien proteste qu'il n'a pas aperçu les signaux.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 15:19

En recherchant sur L’Humanité quelques informations je tombe sur un article concernant un grave accident de train. J’en profite alors pour aller en lire la trace sur la presse locale à commencer par le journal L’Express du Midi. Puis dans un autre article je donne des éléments du Midi Socialiste. JPD

 

Article de L'Humanité :

6 septembre 1919 L’Express Paris-Toulouse tamponné 15 morts et 40 blessés

Un grave accident de chemin de fer s’est produit dans la soirée d’avant-hier vers onze heures entre Montauban et Toulouse

Le train express qui avait quitté la gare du quai d’Orsay à 9 h 54 du matin et devant arriver à Toulouse à 22 h 25 était arrêté en pleine voie entre les stations de Castelnau d’Estretefonds et Saint Jory à une vingtaine de kilomètres de Toulouse.

 

Par suite croit-on du mauvais fonctionnement des signaux il fut tamponné par l’express Bordeaux-Cette parti de Bordeaux à 18 h 29.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 14:37

                                   pinochet.jpg

 Le Monde diplomatique a publié, en janvier 2007, l’article ci-dessous de l’écrivain chilien Luis Sepulveda. Il était accompagné de la reproduction du peintre équatorien Oswaldo Guyasamin. JPD.

 AUGUSTO JOSÉ RAMÔN PINOCHET UGARTE, alias « Ramon Ugarte », a« Mister Escudero », alias « J. A. Ugarte », pour ne citer que quelques-uns des multiples noms d'emprunt utilisés pour ouvrir des comptes secrets et déposer des millions de dollars dans des banques des Etats-Unis, de l'île de Jersey, de Grand Caïman, de Suisse et de Hongkong, est mort le 10 décembre 2006 sans peine ni gloire, aussi minablement qu'il avait vécu ses quatre- vingt-onze ans d'individu misérable et immonde dont les seuls talents connus étaient : la trahison, le mensonge et le vol (1).

Il n'est donc point surprenant qu'à ses pompeuses funérailles militaires aient assisté des complices divers et variés, tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, ont tiré profit du dépouillement des victimes et du saccage des deniers publics. En revanche, l'absence de ses principaux parrains a été patente. Aucune personnalité représentant l'ambassade des Etats- Unis n'a été aperçue ; aucun délégué non plus des organisations néofascistes d'Espagne ou d'Italie pas davantage l'ombre d'un « intellectuel » du régime, ces pseudo-penseurs dont la participation volontaire avait permis de camoufler des centres de torture dirigés par Manuel Contreras et l'agent de la CIA Michael Townley, et de les déguiser en « ateliers littéraires » où, tandis qu'ils péroraient sur les œuvres et le style du dictateur — Politique, « politiquerie » et démagogie, Mémoires d'un soldat, parmi d'autres perles rhétoriques —, on torturait et on assassinait, entre autres le diplomate espagnol Carmelo Soria.

Sa très chère admiratrice Margaret Thatcher s'est fait excuser au prétexte d'évidentes misères dues à son grand âge. Une autre de ses groupies, Jeane Kirkpatrick, décida de son côté d'esquiver ce compromettant rendez-vous en le précédant dans l'au-delà, le 8 décembre 2006 ; et son mauvais génie économique, Milton Friedman, avait lui aussi pris la précaution de disparaître dès le 16 novembre 2006. Paix à leurs âmes damnées.

En revanche, aucune nouvelle de Henry Kissinger, dont l'absence a été universellement soulignée ; ainsi que celle d'un écrivain péruvien connu pour ses éloges incessants du modèle économique de Pinochet, qui a pourtant plongé dans la ruine économique, morale et culturelle des millions de Chiliens.

Quand il se trouvait au zénith de sa gloire éphémère et qu'il rêvait de bâtir le socle d'un national-catholicisme à la chilienne, comme il ne pouvait se proclamer « caudillo » à l'exemple de son modèle, le général Franco, petit dictateur né à El Ferrol (il fut le seul chef d'Etat étranger venu pleurer à ses funérailles), Augusto José Ramon Pinochet Ugarte décida de s'autoproclamer « capitaine général bien-aimé de la patrie ». Il demanda alors à un tailleur militaire de lui confectionner une casquette spéciale, plus haute de cinq centimètres que celles de tous les autres généraux, ajouta une sinistre cape d'inspiration draculéenne à son uniforme, et compléta sa panoplie du parfait dictateur en se faisant remettre un bâton de feldmaréchal nazi.

MAIS, COMME ENTRE-TEMPS il avait fait assassiner plusieurs prêtres — Antonio Llido, André Darlan et Joan Alcina —, son projet de faire du Chili un pays de collaborateurs à soutane échoua. L'Eglise catholique choisit majoritairement le camp des persécutés, des torturés et des parents qui cherchèrent — et cherchent encore — plus de trois mille femmes et hommes sortis un beau matin de chez eux, et qui n'y sont jamais revenus.

Le 11 septembre 1973, Pinochet trahit son serment de fidélité à la Constitution chilienne et, au tout dernier instant — car les lâches sont souvent indécis —, il se rallia au coup d'Etat planifié, financé et dirigé par Kissinger (Prix Nobel de la paix), secrétaire d'Etat à l'époque du président des Etats-Unis Richard Nixon (2). D'autres traîtres à la Constitution allaient se charger de diriger sur le terrain le coup d'Etat, tout en rêvant d'assumer le rôle de dictateur. Ils s'appelaient : Gustavo Leigh, capo, au sens mafieux, de l'armée de l'air, et Toribio Merino, capo de la marine de guerre. Complétait ce sinistre trio un individu intellectuellement diminué, un certain César Mendoza, chef des carabiniers. Mais Kissinger décida que la dictature devait être pilotée par Pinochet, le traître le plus contrôlable, le plus manipulable et le plus loyal vis-à-vis des intérêts des Etats-Unis pendant la guerre froide. Pinochet devint ainsi l'archétype de la marionnette au service de l'impérialisme américain.

Très rapidement, après la disparition de Salvador Allende, mort en défendant la Constitution et la légalité démocratique, Pinochet, obéissant à l'ordre du Pentagone de combattre l'« ennemi intérieur », ouvrit les cloaques et lâcha sur le pays les bêtes de l'horreur. Les mouchards qui dénonçaient l'activité des résistants avaient droit, en récompense, à une partie de tous les biens saisis aux « subversifs ». Les soldats aussi se voyaient accorder une sorte de droit de pillage qui les autorisait à chaparder depuis de simples cuillères jusqu'à des meubles ou des poules. Quant aux officiers, ils administraient le butin général en s'appropriant les biens les plus onéreux, les maisons, les véhicules, les comptes d'épargne, bref, tout le patrimoine de dizaines de milliers de personnes, dont l'inventaire reste à établir et à chiffrer.

Chaque soldat, chaque policier, chaque officier fit fortune sous la dictature en trafiquant avec l'effroi : une mère qui cherchait à savoir si son fils « disparu » était encore vivant se voyait réclamer le titre de propriété de son logement en échange d'une information. A la suite de quoi on lui livrait un tombereau de cruels mensonges aperçu quelque part en Europe, son fils allait bientôt la contacter... Il n'y a pas un seul militaire putschiste qui n'ait participé à la spoliation des victimes. Pas un qui n'ait les mains sales.

Et on peut affirmer la même chose des juges qui se sont, eux aussi, livrés à la prévarication durant seize ans ; qui ont légitimé le pillage, et ont garanti l'impunité des assassins. La droite chilienne n'en sort pas grandie elle non plus ; en échange d'une participation au saccage des richesses naturelles — forêts, pêche, mines —, elle accepta que le Chili, pays exportateur de diverses productions industrielles fort prisées sur le marché mondial, comme les textiles par exemple, se transforment en un pays qui ne fabrique plus rien. Car, aujourd'hui, le Chili ne produit pas même une épingle. Tous les produits manufacturés, absolument tous, sont importés.

PLUS QUE LA VICTOIRE DE PINOCHET, ce que le Chili a connu après le 11 septembre 1973, c'est le triomphe des thèses ultralibérales de Milton Friedman. Celui-ci put y expérimenter, comme dans un laboratoire, pour la première fois au monde, sa théorie monétariste imposée à une société-cobaye sans défense. Il ruina le pays et le transforma en un Etat typiquement sous-développé, exportateur exclusif de produits du secteur primaire (fruits, vins) et de matières premières (cuivre). Une grande partie de la planète doit son électrification aux fils de cuivre, métal essentiellement produit au Chili. Mais à part cela, aujourd'hui, c'est un pays qui exporte surtout des gâteaux à base d'organismes génétiquement modifiés ou du saumon autophage de pisciculture, car, pour produire un kilo de saumon (dont la vente ne profite qu'aux propriétaires des élevages), il faut sacrifier huit kilos de poissons prélevés en mer, richesse halieutique propriété de tous les Chiliens. Et si le pays n'exporte plus de bois, comme il le fit massivement dans les années 1980, c'est qu'il n'en reste plus toutes les forêts primaires ont été abattues sans miséricorde.

Pendant que les bases de l'économie, de la culture et de l'histoire sociale étaient ainsi démantelées par la privatisation systématique des services publics, y compris la santé et l'éducation, toute tentative d'opposition fut réprimée par la torture, les « disparitions », les assassinats ou l'exil.

Voilà ce que laisse Pinochet, un pays brisé et dépourvu d'avenir, un pays où les droits les plus élémentaires, tels que le contrat de travail, l'information plurielle, la santé publique ou l'éducation pour tous, constituent des chimères de plus en plus difficiles à atteindre.

GRÂCE AU CYNISME COLOSSAL dont il a toujours fait preuve, Pinochet a réussi à préserver son impunité jusqu'au bout. Il y eut pourtant deux occasions au moins de le punir pour sa félonie. Lors de l'embuscade de 1986, quand les héroïques combattants du Front patriotique Manuel Rodriguez furent sur le point de l'expédier en enfer ; mais leur attentat échoua, malgré le courage des jeunes filles et des jeunes gens qui composaient le commando, et qui avaient entre 16 et 27 ans. Plus tard, en 1998, la possibilité se présenta aussi de juger enfin Pinochet pour ses crimes, lorsque, grâce à une demande du juge espagnol Baltasar Garzon, il fut arrêté à Londres. Mais il reçut alors l'aide incompréhensible des gouvernements de José Maria Aznar en Espagne, d'Anthony Blair au Royaume-Uni et d'Eduardo Frei au Chili, qui firent tout pour éviter son extradition vers Madrid et son procès.

Le traître est donc mort sans peine ni gloire, renié même par des secteurs curieusement redevenus démocratiques de la droite chilienne, lesquels ne se sont détachés de lui qu'après avoir appris l'existence de ses innombrables comptes secrets gérés par la banque américaine Riggs (3) dans différents paradis fiscaux. Il n'a été vraiment pleuré que par la canaille qui avait bénéficié des miettes de la grande spoliation : les militaires et leurs familles, cet odieux Etat dans l'Etat, propriétaires par décision constitutionnelle du dictateur de 10 % du montant de toutes les exportations de cuivre.

De ses victimes, de tous ceux qui lui résistèrent, du président Allende, demeure l'exemple moral sans cesse croissant. De lui, il ne reste absolument rien qui soit digne d'être rappelé, si ce n'est peut-être un certain relent de puanteur que finiront par balayer bientôt les bons vents du Pacifique.

Luis Sepulveda

(1) NDLR, On trouvera une chronologie détaillée de la vie de Pinochet sur notre site Internet : www.monde-diplomatique.fr/car netJ2006- 12-13-Socialismes.

(2) NDLR. Sur la participation de M. Kissinger au coup d'Etat du 11 septembre 1973 contre le gouvernement démocratique de Salvador Allende, lire Christopher Hitchens, Les Crimes de M. Kissinger, Saint-Simon, Paris, 2001.

 

(3) NDLR. En février 2005, les dirigeants de la banque Riggs ont décidé de verser plus de 6 millions d'euros pour indemniser les victimes de la dictature du général Pinochet. Lire Alain Astaud, « Riggs Bank, blanchisseuse des dictateurs », Le Monde diplomatique, août 2005.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 13:27

En ce lundi de rentrée, Hervé Kempf quitte Le Monde pour le site Reporterre où il s’explique sur cette décision. Tout tient au traitement du dossier « Notre Dame des Landes ».

Nous sommes face à un paradoxe : alors que ce dossier est fortement médiatisé, médiatisation qui tient à un double phénomène, la lutte des citoyens et l’importance de leur adversaire qui est premier ministre, Le Monde pense pouvoir orienter cette médiatisation en faveur du grand projet :

Quand il m’arriva d’évoquer cette médiatisation devant des militants de NDDL ils m’ont fait des gros yeux car ils pensent que c’est surtout de la désinformation.

Vaut-il mieux le silence sur un sujet ou une forte désinformation ?

 La désinformation suscite la réaction des citoyens car elle ne peut faire l’impasse sur l’engagement des militants. Le silence ne suscite que le silence car l’engagement citoyen est beaucoup plus soumis aux médias (donc à la désinformation qui y règne souvent) qu’on ne le pense.

 D’ailleurs les militants de NDLL ont toujours expliqué que ce point de fixation étant devenu emblématique, gagner à Nantes c’est un appui pour gagner partout.

 Alors prenons un exemple : le gouvernement vient de signer la déclaration d’utilité publique d’un dossier 40 fois plus cherque NDDL… dans un silence médiatique si conséquent que les militants n’en savent rien !

Ceux qui aiment beaucoup parler des « bonnes luttes » vont dire que j’oppose les combats or il n’en est rien. Je pointe seulement un constat. Si les opposants à la LGV Lyon-Turin avaient été dénoncés par les médias, car le premier ministre aurait été de Chamonix, c’est là-bas que serait né le point de fixation !

 Cet article vise donc à dénoncer les médias qui fonctionnent par rapport… aux médias. Et qui, dans cette logique catastrophique, peuvent en arriver à censurer ! Mais cette censure, aussi regrettable qu’elle soit, et j’invite à lire l’article de Kempf, n’est que la partie visible d’un iceberg qui fait froid dans le dos quand on pense aux conséquences des manipulations.

 Mon propos s’appuie sur l’expérience concrète de la lutte contre le « tout LGV », une question que Kempf avait abordé dans Le Monde avec beaucoup de finesse. En juillet, tout d’un coup, à cause d’un rapport, les médias sont devenus très critiques vis-à-vis du « tout LGV » produisant l’effet inverse. A présent, la plupart des citoyens pensent que cette fois, il y a eu un coup d’arrêt au « tout LGV » sans relativiser le sujet. Ainsi, cet été, le même gouvernement a passé commande à Alstom de nombreux TGV, a validé la DUP du Lyon-Turin mais la commande de nouveaux intercités à Alstom attend encore.

 Les médias dominants suivent le courant dominant (et qui pourrait s’en étonner vu leurs financeurs) et les médias d’opposition sont conduits à se positionner sur ce même courant, réussissant ainsi à renforcer l’importance des thèmes qui ne sont pas les leurs. Voilà comment s’imposent des expressions comme « coût du travail », « charge sociale » etc.

 Bref, le dossier LGV est censuré sur toute la ligne. C’est ainsi que quand on tape sur le moteur de recherche de Reporterre, l’expression « ligne à grande vitesse » les dix premières réponses concernent… NDDL ! Par contre avec le sigle « LGV » on aboutit à une grande variété d’articles utiles, y compris sur la LGV Bordeaux-Toulouse. Avec des signatures comme Jean Bachèlerie, les Verts, une coordination de Gironde etc.

http://www.reporterre.net/spip.php?article4586

 Jean-Paul Damaggio

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 10:23

                                            disque-chilien.JPG

 

Pour la quatrième année, le vide grenier d’Angeville, organisé par l’ASEP (association de sauvegarde de l’environnement et du patrimoine), a rassemblé plus d’exposants que jamais. Bientôt, il y aura plus d’exposants que d’habitants… (140 exposants et 180 habitants).

Ce succès a une raison simple : l’emplacement est gratuit jusqu’à 5 mètres.

On dira que c’est pour compenser l’effort nécessaire pour venir jusque dans ce village à l’écart des grands axes de circulation. On dira aussi qu’il s’agit de privilégier le lien social au chiffre d’affaires…

Mais bon que dire de plus par rapport aux autres années ?

Que le stand contre la LGV était toujours là pour faire un point sur la rentrée.

Nous avions conservé une déclaration des Echos d’août 2012 que nous pouvions comparer avec la situation de 2013…

Mais bon, reconnaissons que la grande majorité des exposants et visiteurs n’avaient que peu de préoccupations liées au combat contre la LGV.

Alors allons-y pour un commentaire sur l’aspect vide-grenier.

Un ami y a trouvé le disque dont vous avez la pochette en illustration. Dans un vide-grenier nous sommes en dehors du commerce ordinaire : l’imprévisible domine sur le prévisible, la générosité sur les dividendes. Il faut savoir chercher, avoir l’œil, et dans cet immense bazar trouver ce qu’on cherche ou ce qu’on ne cherche pas.

Certaines personnes cherchent un type d’objets : un arrosoir par exemple.

D’autres ne cherchent pas et trouvent l’unique plaque de cheminée disponible.

Il y a les bricoleurs, les esthètes, les indifférents…

Pour ce disque où le nom de Victor Jarra est utilisé à des fins commerciales pour proposer de la musique traditionnelle chilienne, il faut fureter, chiner etc.

 

Mais précisons-le, il a fallu tout de même l’engagement d’une bonne vingtaine de personnes, et certains sur quatre à cinq jours, pour arriver à faire tenir l’organisation ! JPD

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:52

Vazquez Montalban et Eduardo Mendoza bavardent en l’an 2000 :

- Connais-tu ce phénomène, dit Manolo : à présent des clients entrent dans des librairies et demandent : avez-vous des livres qui ne sont pas préfacés par Vazquez-Montalban ?

 

- Non, je ne savais pas, mais par contre d’autres, dit Eduardo, demandent : cette semaine, quel est le livre publié par Vazquez Montalban ?

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 20:10

Fete-de-l-Huma-2003.jpg

Une de L’Humanité Lundi 15 septembre 2003

 

En forme de bilan nous notons que le format s’est beaucoup réduit au fil des années comme pour d’autres journaux. Nous notons le passage à la couleur et nous notons que la référence à un million a été abandonnée pout celle à 500 000, ce qui reste un événement.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 20:08

Fete-de-l-huma-1977.jpg

Une de L’Humanité Lundi 12 septembre 1977

 

Une fête qui comptera, sous-entendu pour les élections législatives décisives de 1978. Le chiffre du million est indiqué en sous-titre et toujours 8000 adhésions. Sur la Une l’édito de René Andrieu. Discours de Georges Marchais. Je pense que c’est la première fois qu’il y a des espaces régionaux. Nombreux articles dont Jack Dion.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 20:05

fete-de-l-huma-1978.jpg

Une de L’Humanité Lundi 11 septembre 1978

 

La Fête, la confiance. Confiance affichée après la difficile digestion de la crise interne suite à l’échec aux législatives de 1978. D’autres titres en Une : les massacres du shah en Iran et les bonnes nouvelles du côté du Nicaragua. René Ballet est encore là pour le compte-rendu. André Lajoinie fait le discours : « Seule la lutte peut faire reculer le pouvoir ». Les 8000 adhésions évoquées en une sont confirmées. Marchais sur TF1 : « L’union sur une base claire. » 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 20:03

Fete-de-l-huma-1979.jpg

Une de L’Humanité Lundi 10 septembre 1979

 

Le Million, c’est la donnée de base pendant longtemps. Avec quelques titres dont le suicide de l’actrice Jean Seberg.

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Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

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