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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:17

                                                      vvires-libres.jpg

Sans commenter cet article de Guy Catusse dans Les Nouvelles du Tarn-et-Garonne fin 1975, je souhaite le replacer dans le contexte particulier du moment.

1 ) Dans ce journal certains communistes tenaient à caser le mot « liberté » dans la plupart de leurs articles, quand d’autres l’avaient, souvent inconsciemment, exclu de leur vocabulaire.

2 ) En 1975, le PCF comprend que Mitterrand avait eu raison : le Programme Commun allait bénéficier plus au PS qu’au PCF qui pourtant en avait été l’instigateur. Pour lancer une contre-offensive, la lutte pour les libertés fut appelée à la rescousse.

3 ) Ce document ci-dessous, dont Catusse fait l’éloge, est assez unique en son genre pour une raison pratique : à la fin, la liste des membres de la commission qui l’a rédigé est rendue publique. A la relire aujourd’hui, il est aisé de vérifier que ce fut une pépinière de contestataires, sous contrôle alors, de quelques habitués de l’appareil communiste.

4 ) Ce document, malgré l’appel de Guy Catusse, n’a ensuite jamais été discuté au sein du PCF du Tarn-et-Garonne ou au sein de la population. Il servait surtout à établir une ligne de fracture au sein de la direction du PCF et sa conséquence pratique a eu pour nom le XXIIème congrès du PCF de 1976. Un congrès stratégique complété par celui de 1979 qui fit du PCF… un parti autogestionnaire. Un congrès pour les libertés ! Mais tout ceci n’était qu’une façade car le miracle attendu ne s’est pas produit : le PS a continué de profiter du Programme Commun dont pourtant il refusa l’actualisation. Comme si la bataille pour les libertés pouvait être crédibles par une simple déclaration quand tout le monde savait que dans les pays socialistes, elles étaient toujours considérées comme un luxe bourgeois !

5 ) Ajoutons que cet article montre dans le langage, des constantes : « la profondeur et la gravité de la crise » / « plan de relance » ; et des différences avec aujourd’hui : bourgeoisie/travailleurs. JPD

  

Les communistes et la liberté

Le pouvoir giscardien est en difficulté. Obligé de reconnaître publiquement la profondeur et la gravité de la crise, il manœuvre sur la lutte unie de tous ceux qui ont à souffrir de sa mauvaise politique.

D’une part il tente de tromper les travailleurs sur la réalité se son fameux « plan de relance », d’autre part il essaie de les diviser et de les affaiblir en recourant à l’arme traditionnelle de la bourgeoisie, dans ce cas là : la division anticommuniste. Hommage du vice, à la vertu de l’adversaire le plus déterminé des profiteurs, quand la bourgeoisie et son pouvoir se déchaînent contre le Parti Communiste et la part la plus combative de la classe ouvrière et de ses alliés à laquelle on tente de porter des coups.

Aujourd’hui comme hier, la campagne anticommuniste, se déroule pour l’essentiel sur le terrain des Libertés. On reconnaît aux communistes leur dévouement, leur sens de l’organisation, leur efficacité, mais on leur dénie le droit de parler au nom de la démocratie et des libertés. Sectaires et soumis aux directives d’un parti totalitaire, les communistes sont, par nature, ennemis de la liberté !

Reprise quotidiennement et de façon plus ou moins habile par les formidables moyens de propagande de la bourgeoisie et du pouvoir, ces attaques calomnieuses trouvent un écho dans les rangs même des travailleurs. Et cela d’autant plus que d’autres partis de gauche, le parti socialiste en particulier, ne manquent pas une occasion de jouer leur propre partition dans le grand concert sur le thème : communistes, pas démocrates.

L’utilisation des événements du Portugal pour répandre le doute sur l’attachement du Parti Communiste Français à la cause de la liberté et de la démocratie a revêtu ces derniers mois un caractère tout à fait intolérable. Nous ne pouvons pas accepter ce qu’il faut bien appeler une insulte aux milliers de militants communistes qui luttent quotidiennement – et pas seulement avec des discours – pour élargir en France le champ de TOUTES les libertés et pour préparer l’avènement d’une démocratie telle que notre pays, n’en a jamais connu de son histoire.

Devons nous rappeler que lorsque des coups ont été portés aux libertés – y compris par des ministres socialistes – notre Parti a été le premier et le plus durement frappé ? Les communistes savent trop de quel prix ils ont toujours payé le recul de la démocratie – en France et dans le monde – pour ne pas être passionnément attachés à la défense et à l’extension des libertés. Nous n’avons en ce domaine de leçons à recevoir de personne, ni de ceux qui aujourd’hui attentent quotidiennement aux droits élémentaires des travailleurs, ni de ceux qui hier, lorsqu’ils étaient au pouvoir, organisaient la répression anticommuniste et faisaient saisir « L’Humanité » coupable de dénoncer la désastreuse politique colonialiste.

Quant à l’avenir, les propositions du Parti Communiste Français rassemblées dans sa « Déclaration des Libertés » sous le titre « Vivre Libres !» constituent l’ensemble le plus complet et le plus avancé qu’ait jamais connu notre pays dans ce domaine. Parce que nous sommes des démocrates conséquents nous le soumettons à la discussion publique qui ne manquera pas de l’enrichir.

C’est une tâche CAPITALE pour les militants communistes que de diffuser et de faire discuter de ces propositions. Les Travailleurs doivent connaître quelles sont les véritables positions de notre parti. Ils doivent savoir que non seulement nous ne redoutons pas la discussion sur ce sujet, mais qu’au contraire nous la provoquons.

Ainsi aiderons-nous de façon décisive à faire reculer l’anticommunisme et à hâter l’union massive du peuple de France dans la lutte pour le triomphe d’une authentique démocratie où seront respectés et élargies TOUTES les libertés individuelles et collectives.

 

Dans la bataille inlassable que mènent les communistes pour gagner des millions de Français au soutien actif su Programme Commun, la diffusion et la discussion de « VIVES LIBRES » constitue une étape essentielle. Guy Catusse

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:12

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Appel de la Fédération du PCF

La France est en crise.

La coalition réactionnaire divisée, promet du nouveau, alors que depuis seize ans, elle n’a cessé de pratiquer une politique antisociale. Dans ces conditions le 5 mai le choix se situe entre deux politiques :

- ou poursuite de la politique actuelle ;

- ou mise en œuvre du Programme Commune de la Gauche.

Le Parti Communiste Français vous appelle à voter et faire voter massivement pour François Mitterrand, candidat commun de la Gauche afin de créer les conditions de l’application du Programme Commun.

Demain votre vie peut commencer à changer.

Pour contribuer au succès de François Mitterrand, la fédération du PCF appelle les travailleurs, les démocrates, à participer massivement au meeting unitaire du samedi 27 avril.

Ainsi s’affirmera face à ses détracteurs, la force de l’union de la gauche et son élargissement.

 

Que le samedi 27 soit pour tous les travailleurs le rendez-vous de l’espérance !

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:04

benedetto-2013.jpg

Je n'ai pu voir le spectacle à Avignon donc je donne les documents. D'abord le dos du programme présenté par la carte ci-dessus. Benedetto avec la guitare, une image des années 60-70. JPD

 

Mémento Occitan, Par Philippe Caubère, Cie la Comédie Nouvelle

 UNE ÉPOPÉE LYRIQUE EN FRANÇAIS, SCANDÉE DE LANGUE OCCITANE

L'Occitanie d'André Benedetto roule dans un espace-temps sans bornes, en route vers l'infini. Le pays déborde dans tous les sens, pétri de son soleil, de ses cultures, de ses langues, de ses luttes, de ses héros. Et cela tangue et danse dans la bouche et l'esprit de Philippe Caubère. Le voyage, après un tourbillon de mots et de notes de guitare, s'achève comme un conte, d'un coup de parole magique.

« Fantôme d'un pays qui n'a pas existé

Autrement que par sa culture et par sa langue

L'Occitanie dans sa robe de sel et d'ocre

Et de terres abandonnées au plus offrant

Abandonnée de tous vous rend ici visite

 

Vous dire d'un pays qui n'a pas de frontières

D'un pays qui s'étend des glaces de l'Arctique

Aux banquises de l'Antarctique de haut en bas

Qui court sous l'Equateur qui court sous les Tropiques

D'un pays-océan d'un pays-continent

D'un pays dans le ciel d'un pays sous la terre

 

C'est de la poésie occitane en français

C'est de la poésie française en occitan

Je suis donc la très vivante contradiction

 

"Nàutrei qu'avéra la lenga coma la serp forcada

Devèm faire sisclar lei belugas entre elei"

(Nous qui avons la langue comme le serpent fourchue

Nous devons faire crisser les étincelles entre elles)

 

Mise en scène Philippe Caubère , Comédien Philippe Caubère ; Guitariste Jérémy Campagne

Régie Générale Jean-Christophe Scottis, Répétitrice occitan : M.Charlotte Chamoux

Photo Frances Ashley

 

ENTRETIEN sur le journal La Terrasse

Philippe Caubère interprète Le Mémento occitan d'André Benedetto : une épopée lyrique en français, scandée de langue occitane, et un double hommage au Sud et à l'inoubliable directeur du Théâtre des Carmes.

Vous renoncez à jouer tes trois spectacles initialement prévus. Que s'est-il passé ?

Philippe Caubère: Je me suis rompu le tendon d'Achille, en plein élan, à la deuxième de la reprise de La Danse du Diable. Je m'étais pourtant bien préparé, mais Achille et son tendon m'ont lâché, et la guérison est affaire de quelques mois. Je pourrais reprendre Urgent crier ! et Marsilho en septembre ou octobre, mais je dois attendre décembre pour rejouer La Danse du Diable. C'est d'autant plus cruel car commencer à rejouer ce spectacle a vraiment conforté mon envie de le reprendre, mais, finalement, ça me permet de prendre du champ, de m'occuper sérieusement de l'édition finale de mes pièces, et de chercher un théâtre pour une reprise à Paris en 2014. En revanche, j'ai la chance d'avoir deux spectacles «assis » dans mes projets : Jules et Marcel, et Le Mémento occitan, sorte de road movie sur un tabouret, accompagné par la guitare de Jérémy Campagne, que je travaille depuis deux mois et dont je vais pouvoir assurer les représentations.

 Pourquoi avoir choisi de jouer ce texte ?

P. C. : Urgent crier ! était un portrait de Benedetto ; ce spectacle-là sera plutôt comme un hommage à un torero qui serait mort dans l'arène, que je veux dédier à Frances, sa compagne. Voilà quatre ans qu'il est mort, parti comme un fou dans une de ses légendaires colères, et terrassé par un malaise dans les vignes de Tavel. Le Mémento occitan est son autoportrait. Je veux clamer aujourd'hui cette poésie élégiaque et engagée d'un troubadour sur sa moto.

 Quelle est la couleur de ce Sud auquel vous- même et Benedetto rendez hommage ?

P. C.: Le combat occitan des années 70, c'est celui du Larzac et du plateau d'Albion, mais la Provence, c'est aussi Mistral et le soupçon de la réaction... L'identité occitane dépasse les caricatures : elle est une chose éternelle, qui regroupe tout ce qui se trouve au sud de la Loire, de Bordeaux à l'Italie, de l'Espagne à Clermont-Ferrand. Moi-même, je ne peux pas me détacher de mon enfance marseillaise, et Marseille, c’est tout sauf le foot ! Il y a une telle richesse, une telle diversité dans cette ville tellement belle, tellement laide, une telle violence aussi, qu’elle inspire une passion qui interdit qu’on la réduise à une ville désargentée qui jouerait au foot pour se consoler…

Le Sud, ça veut dire une identité particulière, et j’ai envie d’exprimer poétiquement cette identité, qui n’est ni Paris, ni la France, qui est celle d’un autre pays que, là encore, on ne pas réduire à la pagnolade.

 

Propos recueillis par Catherine Robert.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:00

Les événements d’Egypte suscitent des informations diverses. Nous pensons que ce témoignage a sa place ici pour aider à la réflexion. Nous avons préféré le laisser anonyme. JPD

 14 août 2013

Ce matin je me suis réveillée à 5 heures du matin, j'appréhendais probablement quelque chose, je ne sais quoi. Moi qui étais contre la prise d'assaut des sit in; pour éviter une effusion de sang, je n'en pouvais plus suite aux attaques à Menya et à Sohag contre les chrétiens, la semaine dernière ; l'incendie de leurs églises, de leurs commerces et de leurs maisons ; leur terrorisation ; les marquages de leurs maisons et de leurs églises par des croix et des slogans racistes; des pratiques fondamentalement fascistes. Et la plus dramatique fut l'attentat contre une petite fille de 11 ans devant une église anglicane dans la banlieue-est du Caire ; et ce sans parler de tous les actes de vandalisme et de terrorisme contre les bâtiments et les populations au cours de leurs cortèges.

 Bref, vers 6h45 je reçois un message sur mon portable m'invitant à ouvrir la télé. J'ouvre la chaîne ONTV life ; le début de l'évacuation du sit in de Nahda ; en face du campus universitaire de l'université du Caire est diffusé en direct. Forces bombes lacrymogènes ; avancées, beaucoup de fumées ; un autre quart de l'écran montre aussi l'évacuation du site de Rabaa dans la banlieue-est du Caire.

En fait, c'est la première fois que l'on montre cela en Egypte, il y avait donc un souci de transparence et pour contrer toute accusation de violence excessive.

Pendant un quart d'heure avant la prise d'assaut, les forces de l'ordre ont adressé un message aux occupants pour dégager, beaucoup sont partis à travers le couloir aménagé par les forces de l'ordre. Ceux qui sont resté étaient armés, et ont ouvert le feu vers les forces de l'ordre. Un officier fut tué d'abord; bien d'autres ont suivis.

La prise d'assaut de Nahda, a duré une heure; et tout fut réglé, on a découvert des armes dans des cercueils qui furent montrées aux agences de presse.

Ailleurs à Rabaa ce fut plus difficile et cela a duré jusqu'à 18 h. Je vous rappelle que le sit in à Nahda, est limité à l'ouest par le campus principal de l'université du Caire, au sud par le jardin zoologique et au nord par le jardin des plantes que les occupants ont quasiment détruit, c'est un parc historique qui date du 19ème.

Bref , les Ikhwans ont mobilisé leurs adeptes dans toute l'Egypte, eux qui ont toujours menacé de brûler l'Egypte ont commencé à mettre leur plan en œuvre.

 Bilan :

Les chrétiens ont payé le prix le plus lourd avec 18 églises incendiées au sud, en moyenne Egypte et à Suez et dont une église historique dans le sud datant du 4è siècle.

L'incendie de 21 postes de police dont celui de Kerdassa dans la banlieue ouest du Grand Caire où 12 policiers ont été égorgés et lynchés, ce fut l'horreur.

La destruction du rez-de-chaussée du ministère du budget.

43 martyrs parmi les forces de la police; dont deux généraux, 18 officiers et les reste des soldats.

211 blessés parmi les forces de l'ordre dont 55 officiers; nombreux sont dans un état grave;

149 civils morts.

 Et la presse occidentale continue à parler d'un sit in pacifique ; ça suffit ; les armes saisies dans ces deux sit in sont inimaginables.

 Les frères musulmans sont une organisation terroriste, fasciste, le peuple égyptien appuie sa police et son armée pour en venir à bout.

La France lutte bien contre le terrorisme ; au Mali, en Afghanistan avec les US; nous n'avons pas besoin d'eux; mais lorsque nous luttons contre ce même terrorisme on parle d'un bain de sang. L'horreur à Kerdassa montre bien la nature de ces terroristes.

 

Ce qui s'est passé aujourd'hui n'est qu'un début; les Egyptiens ne lâcheront pas; ce sera long; mais ils finiront par nettoyer l'Egypte de ce fléau terroriste.

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 19:53

midi-1943.jpg

Voici la présentation du discours de Bousquet par le Midi Socialiste. Pascale Froment indique dans son livre à ce sujet : «Devant le juge, Bousquet eut toutes les peines du monde à justifier cette oraison funèbre. Il marchait sur des œufs… » (P. 360 de son livre René Bousquet). Bousquet invitera ses juges à lire entre les lignes et concluera : « Dans la situation qui était la mienne en fin 1943, c’était un testament ! » JPD

 

Le Midi socialiste 28 octobre 1943

 Aux obsèques de M. Barthelet

intendant régional de police à Toulouse

M. R. Bousquet, secrétaire général de la police au nom du chef de l’Etat et du chef du gouvernement flétrit le terrorisme et ceux qui l’on déchaîné.

 Les obsèques de l'Intendant régional de police de Toulouse M. Barthelet assassiné comme nous l’avons dit, ont été célébrées hier matin, mercredi avec un grand apparat.

M. Bousquet, secrétaire général à la police spécialement délégué par le maréchal chef de l'Etat et par M. Laval chef du gouvernement, était venu de Viçhy et dès son arrivée, en présence du préfet régional et des hautes personnalités de Toulouse il alla épingler la croix d'officier de la Légion d'honneur sur le cercueil autour duquel s'amoncellent gerbes et couronnes de fleurs, où se distinguent celles du chef de l’Etat, du chef du gouvernement, de M. Bousquet, de M. le préfet régional, des divers services de police, du chef de la police allemande et du consul d'Allemagne,

Du domicile mortuaire à la cathédrale, le cortège se déploie avec solennité, précédé par un contingent de police mobile montée, lequel est suivi de la musique de la police. Puis viennent les personnalités M. Bousquet, M. Cheneaux de Leyrits et tous les préfets de la région ; les magistrats, les dirigeants des grands organismes industriels et commerciaux.

Après l'office religieux, le cercueil est placé sur une estrade au milieu de la Place Saint-Etienne, et M. Bouquet, délégué à cet effet prend la parole au nom du maréchal et de M. Laval pour prononcer l’éloge funèbre du défunt :

« Je veux, dit-il entre autres choses, je veux flétrir un tel crime que rien ne saurait expliquer, que rien ne peut justifier et que rien ne peut faire pardonner. »

 Après avoir rappelé les étapes brillantes de la carrière de l'intendant régional de policé, René Bousquet a évoqué les titres qu’il avait acquis pendant la guerre de 1914-1918.

Quatre fois cité, deux fois blessé Roger Barthelet avait reçu la Médaille militaire et la Croix de la Légion d'honneur

« Tel est l'homme, le fonctionnaire et le soldat-  a ajouté M. René Bousquet - l'égard duquel par la voix de leur radio dissidente, gaullistes communistes multipliaient les appels au meurtre. Tel est l'homme qu'une sournoise propagande dénonçait à la vindicte de nos néo-patriotes. La France réfléchira et jugera. »

Après avoir évoqué l'attentat qui, il y a quelques jours, coûtait la vie à M. Lespinasse, avocat général à Toulouse, à la mémoire duquel il rendit hommage, le secrétaire général déclara : « Ils sont morts pour avoir aimé et pour avoir voulu servir une France idéale dont consciemment ou inconsciemment, nous avons au fond de nous les germes de son redressement. »

 Faisant ensuite allusion à la vague criminelle de terrorisme qui déferle sur le pays, M. René Bousquet déclara :

« On tue, on pille, on vole aux accents d’une propagande dissidente déchaînée. Contre le terrorisme qui monte, contre le communisme qui l’inspire ou qui l’exploite, contre les fores étrangères qui l’animent, le gouvernement luttera avec une volonté froide et implacable. Le gouvernement français ne laissera pas sans répliquer le champ libre aux forces de désagrégation nationale. La vie des auteurs de ces lâches attentats, la vie de ceux qui les inspirent ou s'en rendent complices répondra de la mort de ceux que nous aurons perdus. »

 Puis M. Bousquet fait l'éloge de la police :

« Je n'ignore rien du procès de tendance que l’on fait quelquefois à la police française et aux forces du maintien de l'ordre. Attaqués de toutes parts, elles trouvent précisément dans ces critiques contradictoires la preuve du souci qu'elles manifestent naturellement de sauvegarder, au service du gouvernement et du pays, l’indépendance de cette action. Accusée par les uns d'avoir abdiqué toute dignité nationale devant la présence des armées d’occupation, accusée par les autres d'infidélité politique et de dissidence morale, partiellement privée des moyens matériels dont elle aurait un pressant besoin pour assurer pleinement avec l'ordre intérieur, l'avenir de notre pays dans le respect des engagements pris par le chef de l’Etat au nom de la Nation à la signature de l’armistice, la police française trouve dans sa foi patriotique, la volonté et le courage dont elle a besoin pour rendre à la France les services que celle-ci est en droit d’attendre d’elle et dont demain le pays tout entier, ayant repris conscience de lui-même, saura reconnaître la substantielle réalité. »

 

Après ce discours les effectifs de la police et un peloton de la garde mobile défilent devant le cercueil et la foule se disperser et le cercueil est emporté dans un fourgon automobile vers la Meurthe-et-Moselle.

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 17:15

                                                Festival-74.jpg

 

J'ai déjà évoqué plusieurs fois la pièce de Benedetto, Le siège de Montauban, jouée à Montauban, en 1974. Je viens de retrouver les documents donnés dans le programme avec ce texte de Castan et le suivant de Benedetto :

 « SANS PREJUGER DES CONCLUSIONS... Par Félix Castan

Mettre en question l'espace et les grandes manœuvres de l'art et de la pensée, l'espace inerte, un éther d'avant Einstein et l'ère relativiste : espace sans espace ! On voudrait respirer.

Pas de lieu neutre, ni de point de vue de Sirius pour observer, disserter et juger, on est toujours de quelque part, non seulement d'aujourd'hui, mais encore d'ici, hic et nunc. Toute activité créatrice sécrète, érige son propre observatoire. L'espace de la conscience humaine sera plural ou il sera illusoire.

Au pôle cosmopolite qui désoriente la boussole, il s'agit d'opposer des tensions réelles, multilatérales, spécifiques et structurantes. Chacun regarde de sa fenêtre, de son hublot : construire une société des regards..

Montauban, Lodève et le Larzac, Avignon, nos références.

Vilar avait fait la moitié du chemin quand il s'installa à Avignon. Reste l'autre moitié ; non point débarquer un jour dans des murs étrangers, mais se mettre à l'écoute d'une autre humanité et d'un autre univers, le nôtre simplement, sachant que ce n'est pas politique de l'autruche et que l'expérience sera vue de tous côtés et jugée.

Condamnée peut-être, alors il faudra savoir par qui.

Il y va du statut de la classe intellectuelle dans le monde de tous : le but de l'œuvre n'est pas la compétition, - rouler à la manière d'une boule de billard sur une table de jeu ! Elle se présente comme un effort toujours recommencé pour mobiliser l'inconscient collectif, pour édifier les architectures dans le paysage et pour justifier les droits de propriété du premier occupant.

La technique de l'écoute varie selon les niveaux et les domaines. C'est une entreprise de longue haleine d'arracher à la parole quand elle sourd, les significations qu'elle véhicule, de les additionner, de les évaluer et de les engranger en forme théorique. A ce prix émerge du chaos un pays de langage, notre Occitanie, un pays imprévisible et qui doit étonner pour être.

L'Occitanie ne peut se réaliser sans déranger l'acquis de pensée comme les lignes d'action. Impossible de savoir à l'avance de point en point comment : il faut décider d'aller où mène le discours, sans jamais préjuger de ses conclusions. Félix Castan.

Mostra del Larzac 9 - IV - 74

 POST SCRIPTUM  :La notion de minorité nationale relègue la culture occitane en situation marginale. Nous sommes à l'étape où le mouvement occitaniste doit sortir de lui-même, projeter ses finalités dans des réalisations qui ne lui appartiennent pas en propre et qui découlent du cours même de la vie intellectuelle et civique dans chaque métropole et en chaque lieu d'Occitanie : choisir dans tous les cas entre deux concepts antagonistes, la créativité contre l'occitanité. COCAGNE

 FESTIVAL D'OCCITANIE AN III Par une curieuse évolution, les Festivals, c'est-à-dire l'aventure, d'expéditions en terre lointaine sont souvent devenus la facile proie estivale des organisateurs de spectacle : mondanité annuelle de province... Pour les troupes, après le travail de l'hiver, le moyen de survivre aux champs, en toute quiétude intellectuelle.

André Benedetto m'a dit, il y a un an, à Avignon nous reconquerrons tous nos lieux... C'est bien dans la perspective d'une reconquête que le Festival d'Occitanie procède à Moissac et à Montauban, dans ces deux quadrilatères majeurs du Cloître et de la Place Nationale.

Qu'est-ce que l'Occitanie, sinon d'abord des lieux qui portent en eux leur sens ?

Moissac, la jeunesse de l'Occident, Montauban la jeunesse de la bourgeoisie et du génie urbain. Jamais plus qu'à Moissac on n'a éprouvé au XIe siècle l'attraction de l'avenir et la novation civilisatrice, nulle part on ne saurait mieux apprendre le chant du renouveau, le grand printemps éternel... Jamais peut-être l'histoire n'a illustré de manière aussi exemplaire qu'à Montauban au XVIIe siècle la phrase fameuse de Frédéric Mistral :

Alor aviam de conse'e de grands ciutadins

 Que, quand sentian lo drech dedins,

Sabian laissar lo rei defora.

(Alors nous avions des consuls et de grands citoyens/qui savaient, lorsqu'ils sentaient le droit dedans/laisser dehors le roi.)

Un seuil est franchi. Trois thèmes directeurs désormais : l'Occitanie/le Baroque/la Ville.

On avancera la notion de Festival expérimental polyvalent (militant et non publicitaire).

Dix jours de chantier critique. Dix jours de confrontation interdisciplinaire : théâtre, musique, arts plastiques, cinéma, marionnettes, poésie éclairent de leurs irréductibles spécificités un même débat sur l’âme de la Ville.

 

ASSIEGES / ASSIEGEANTS

Nous trouvons si juste et si sainte

La cause que nous soutenons

Que nous n’avons aucune crainte

De la fureur de vos canons.

Nous n'en divertissons nos fêtes,

Nos enfants n'en baissent leurs têtes,

Et nos femmes, vous le savez,

Ont souvent d'un pierreux orage

Dessus vos têtes engravé

Les signaux d'un mâle courage.

 3 ème strophe d'un poème anonyme de 270 vers, dont Jean de Scorbiac, grand poète protestant de Montauban, âgé de 57 ans en 1621, semble l'auteur, ce dizain donne le ton de l'épopée que vécurent nos ancêtres assiégés par le Roi de France. L'apostrophe finale au Dieu biblique résume le conflit et l'enjeu :

Montre ta divine puissance,

Puisqu'on sen prend à notre foi

Sous le terme d’obéissance !

La place Royale était en construction au temps du Siège. Aujourd’hui Place Nationale, elle reçoit le Festival d’Occitanie. Que chacun médite sur les constantes et les paradigmes, surt la luette et sur ses termes, sur l’Etat et sur la conscience occitan, sur la foi décentralisatrice, et sur la forteresse de l’unitarisme…

LA GENEVE DU MIDI

La victoire de Montauban fut la victoire d’une haute conscience capable de cimenter une ville dans l’union sacrée. On s’attaquait à sa vocation hérétique, au cerveau de la Réforme : irréductible leçon…

UNE VILLE S’INTERROGE SUR ELLE-MÊME

Spectacle en forme de questions ; il justifie un Festival accordé à l’être et aux doutes d’une cité solidaire qui redresse la tête… Le Festival tout entier a pour but de marquer et de proclamer une identité urbaine, le « visage éclairé », aurait dit Bourdelle, d’une ville.

Félix Castan

 ESPACE SCENIQUE, André Benedetto

Il fallait un thème à proposer à une ville entière et qu'elle s'y confronte : depuis 9 mois maintenant, le thème est, à partir du Siège de 1621, celui de la ville d'aujourd'hui.

Il fallait que des habitants les plus divers donnent leur opinion là-dessus, qu'ils fassent part de leurs désirs et de leurs préoccupations. Il y a eu beaucoup de rencontres et des enquêtes. Et ce n'est pas fini.

Il fallait regrouper des garçons et des filles pour participer à l'élaboration du spectacle, prendre en charge l'interrogation et sa réalisation pour les transmettre à leurs concitoyens. Depuis Pâques ils sont avec nous une vingtaine.

L'espace scénique du 29 juin portera tout cela dans son tissu et celles et ceux qui viendront passer une soirée avec nous le percevront avec tous leurs sens. Nous souhaitons qu'ils en soient heureux.

LIBRE TOUJOURS...

1 Ce serait un espace comme

de grands bateaux qui se croiseraient

dans les brumes sans s'émouvoir.

 

2. Tout le monde Ceux qui viendront

Sur cette place ne trouveront pas de gradins

pour s'installer inconfortablement

On entend d'ici les exclamations les

hauts cris et les haut-le-cœur de ceux qui

savent ce que c'est le théâtre

Les bienheureux

 

3. L'espace un jour ne serait plus la jungle

Nous aurions dans la joie résolu la survie,

La peur ne serait plus qu'un jeu de société

Savez-vous que l'espace libéré des contraintes

des sièges fixes et des scènes plantées, que

l'espace articulé dynamisé dialectisé par les

éclairages, les musiques, les acteurs,

les spectateurs, les trois chariots sur pneus de

la SNCF.

Et tous ces chants

Et ces grands mouvements

Et ce carnaval de la nuit

Savez-vous que cet espace scénique libéré

Son drame malgré tout réside dans ceci :

qu'il procéde des rapports sociaux actuels fondés

sur l'échange des marchandises, mais qu'il contient

aussi – car nous extrapolons dangereusement –

des signes clairs de ce qu’il devrait être en nous

C’est sa contradiction.

Aussi camarades frères de lutte devons-nous maintenir

Cet espace sur une corde raide sans qu’il

Bascule jamais.

Rien, ne bouge. Rien ne sera immobile.

Tout est dans le rapport de l’un et de l’autre.

Et la vision.

Et l’espace scénique

Camarade c’est toi.

 

André Benedetto

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 20:52

Il arrive sur scène, portant bien son âge, et prêt à partager sa vie. Un fauteuil confortable d’un côté, pour aller reposer ses os avec devant une table et de quoi boire pour se réconforter et en fond un écran pour projeter quelques scènes dont il raconte les dessous.

Par exemple ce moment dans le Grand blond. Il savait qu’il y aurait Mireille Darc mais le réalisateur tardait à la lui présenter. Et Pierre Richard était assez désappointé quand, dans une scène, il est invité à pousser une porte normalement et voilà que derrière la porte, il est filmé au moment où… pour la première fois de sa vie, il rencontre Mireille Darc qui ensuite lui tourne le dos avec une robe bien échancrée. Il pouvait nous dire que sa première rencontre avec l’actrice avait été filmée !

Peut-être plus que les acteurs dramatiques, les acteurs comiques ont chacun leur registre. Louis de Funès était Louis de Funès et Pierre Richard est Pierre Richard. Il est devenu l’ami de Gérard Depardieu peut-être parce qu’il est lunaire. Dans le premier film réalisé avec lui, par G. Lautner, le courant passait mal entre les deux acteurs si différents quand à un moment, le réalisateur demanda à Depardieu s’il n’était pas sous l’effet de l’alcool et là Pierre Richard a répondu avec son air ailleurs : « Non, je ne pense pas ! ». Alors Depardieu l’entraîna par la suite dans tous les bars possibles et inimaginables !

 Mais l’homme qui est à présent sur scène pour rire de lui-même et de la vie sait aussi se faire philosophe. De toute façon, pour accepter de remonter sur scène quand on a tout prouvé, c’est pas pour recommencer. Il se fait philosophe quand il parle de la plus grande actrice jamais rencontré. Une figurante qui devait faire une seule réplique et qui s’est mise à pleurer car pour elle la scène c’était comme la vie. Et cette conclusion : « A la question, quelles sont les meilleurs années de votre vie, je réponds : les prochaines ! »

 Il raconte, jeune, avoir joué Hamlet un soir d’orage dans un festival en plein d’air. Il a peut-être découvert là, qu’il était fait pour amuser, qu’il était fait seulement pour amuser.

 Pierre Richard n’est pas sur scène pour qu’on l’aime mais parce qu’il aime le public, il aime les gens, il aime la vie. Bien sûr le drame, oui le drame mais en rire tout de même, ça soulage. Pas question de se voiler la face par le rire, mais profiter de la farce pour voir la vie.

 Il quitte la scène aussi paisible qu’au début. Il est passé voilà tout. Mais c’est sûr son passé, il le garde devant lui et c’est pour ça que le public applaudit à tout rompre ?

Merci Richard, Merci Pierre. Jean-Paul Damaggio

 http://www.pierre-richard.fr/Frameset-PR.html

 

 

 

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 13:04

Pour le colloque qui s’est tenu à Puylaurens (publication des actes en 1990 au CIDO), le thème était La révolution vécue par la province, Mentalités et expressions populaires en Occitanie. Pour moi ce titre laissait penser qu’avant comme après la révolution, il y avait des provinces. Or en créant la citoyenneté et donc la nation (par la Marseillaise par exemple), la révolution efface les provinces par les départements. Mais ensuite, une fois la citoyenneté perdue, le provincial réel va naître comme forme de citoyenneté impossible à assumer. C’est un peu comme le statut des femmes. Inexistant avant la révolution, par le droit au divorce par exemple, il va prendre forme, et quand le Code civil ramène la femme à la "maison", c’est une femme objet qui apparaît. Sur ce point la révolution de 1848 en rajoute une couche en donnant le suffrage « universel » aux hommes, ce qui, en retour, renvoie encore plus la femme dans l’objet. Je me passionne autant pour les effets de la révolution que ceux de la contre-révolution qui ne peuvent être le retour à une situation antérieure, même si à un moment on parla de « restauration ». Bref, j’avais traité l’exemple ci-dessous. JPD

 Jean-Paul DAMAGGIO : 

 DU CITOYEN AU PROVINCIAL A PARTIR D’UNE LETTRE EN OCCITAN

 Pour base de mon intervention, un document minable. Une lettre personnelle qu'un ami envoie de St-Porquier, près de Montauban, à un député au Conseil des Cinq-Cents, lettre qui est en occitan.Pour élever le niveau, je vais me permettre tout d'abord quelques mots sur celui qui reçoit la lettre. N'est pas, en effet, député aux Cinq-Cents qui veut, surtout en cette période trouble qu'est le Directoire. Le député s'appelle Poncet-Delpech, il est républicain, plutôt âgé, la cinquantaine, et c'est important par rapport au contenu de la lettre. L'originalité de cet homme tient au fait qu'il fut aussi député aux Etats Généraux, neuf ans auparavant. Député du Tiers, il est comme la majorité des autres élus un homme de loi.

A travers ce personnage et cette lettre de décembre 1797, nous allons tenter une étude sur ce qui m'est apparu une des mutations provoquées par La Révolution, le passage de l'état de citoyen à celui de provincial. Bien évidemment, il faudra essayer de s'entendre sur ces mots de citoyen et de provincial et comprendre dès le départ que je n'aspire pas à tirer de ce cas des leçons générales et définitives.

A - Poncet-Delpech en 1789

Né en 1743 à Montauban, il a donc 46 ans. En tant que député, il est à Paris, installé chez Olympe de Gouges, et participe si activement aux séances des Etats Généraux qu'il peut en écrire des comptes-rendus personnels, envoyés au journal de Montauban, le Journal National, qui les publie sans problème. L'objet d'aujourd'hui n'est pas, comme le voudraient les sollicitations de 1988 qui nous poussent à étudier avant tout 1789, de s'attarder sur ce point. Mais pour toucher du doigt cette activité du citoyen Poncet-Delpech, voici un écho de son projet de déclaration des droits de l'homme à partir de ce qu'il dit sur la religion :

« Religion:

article XV : La Loi ne pouvant que punir les crimes, la Religion et la Morale doivent les prévenir ; la Religion doit donc aider la Loi.

article XVI : Pour que la Religion ait une force morale, il faut une unité de moyens ; la Religion doit donc être unie : plusieurs Religions détruiraient la force qui est nécessaire d’une seule.

article XVII : La Religion exige un culte ; le respect pour la Religion et le Culte est donc nécessaire. »

Vous pouvez mesurer l'écart entre les idées de Poncet et celles du texte officiel. Poncet réfléchit, agit, travaille et s'inscrit pleinement dans le bouillonnement de 1789.

Mais ne nous dispersons pas. Convenons donc que cet extrait de document suffit pour établir que Poncet-Delpech se comporte en citoyen comme la majorité des députés aux Etats Généraux. Il a sans aucun doute une vie personnelle loin de la politique mais il a d'abord une vie politique.

Si vous posez ce fait comme une évidence de départ, pour le moment je ne vous ai rien appris. Si, au contraire, vous considérez qu'il faut beaucoup de volonté pour pouvoir intervenir sur le chantier du politique, alors vous constatez que cet homme de province, ce Montalbanais, se donna très vite les dimensions d'un législateur. Il était à Paris pour s'occuper des affaires du pays.

D'une part, il se devait de le faire vis-à-vis des autres députés dont le sacerdoce a été si bien dépeint par Mirabeau :

« Quelle est cette insoutenable dictature ? (ici, celle du Roi en juin 89) l'appareil des armes, la violation du temple national, pour vous commander d'être heureux ! Qui vous fait ce commandement ? Votre mandataire! Qui vous donne des lois impérieuses ? Votre mandataire ! Lui qui doit les recevoir de nous, Messieurs, qui sommes revêtus d'un sacerdoce politique et inviolable, de nous, enfin de qui seuls 25 millions d'hommes attendent un bonheur certain parce qu'il doit être consenti, donné et reçu par tous. »

D'autre part, il se devait de le faire vis-à-vis de ses électeurs dont il voulait être le digne représentant, c'est-à-dire plus qu'un député.

Bref, Poncet-Delpech était le citoyen d'un pays qui n'était pas encore en république.

B – Poncet-Delpech en 1793

Avant d'en venir à la lettre, il me parait indispensable, même en procédant par grandes enjambées, de m'arrêter à 1793, sous peine d'un triste dérapage.

Vous le savez, après l'Assemblée Nationale, Poncet-Delpech ne pouvait pas être élu à l'Assemblée Législative. A sa place, c'est un noble révolutionnaire de Montauban qui sera élu au sein de la députation du Lot : Dupuy-Montbrun. Ensuite, il ne pouvait être élu à la Convention car l'ascendance de Jeanbon Saint André était telle dans la ville que ce poste lui revenait. Bien évidemment, ces élections-là ne se faisaient pas au niveau de la ville de Montauban, mais il se trouve que la députation du Lot a toujours comporté un Montalbanais.

Poncet-Delpech en 1793 est donc simple notable municipal. La municipalité de la ville sans être sans-culotte se garda bien de faire du tort au puissant Comité de Salut Public local qui deviendra Comité de Sûreté Générale. Cette appellation conforme aux lois ne doit pas cacher que le comité ne se conforma pas aux lois. D'abord, il était unique sur la ville et, de plus, il put obtenir d'être le surveillant de tous les comités du Lot.

Poncet-Delpech était-il montagnard ?

On a vu qu'en 1789 il avait écrit dans le Journal National. C'était la suite d’une collaboration entreprise avant même la Révolution avec Vincent Teulières pour la publication du premier journal de la ville. Cette collaboration aurait pu lui coûter cher car ensuite Vincent Teulières se révéla monarchiste. Quand Poncet abandonna cet ami, il était encore à Paris où il adhéra aux Feuillants. Là aussi, il sut abandonner assez vite ce groupe pour rejoindre les Jacobins. Il se trouve donc en 1793 avec la municipalité de Montauban proche des Montagnards et, comme pour 1789, je vais retenir un seul fait pour cette période : le texte que Poncet-Delpech prononce à la première fête de la Raison qui s'est tenue à Montauban le 10 frimaire an II (30 novembre 1793).

Il faut faire observer la date précoce de cette fête et le fait que, dès le départ, Poncet-Delpech y défend vaillamment le nouveau culte.

Voici comment il commence ce discours :

«  Citoyens, Le mensonge et l'erreur ont de tout temps gouverné le monde. Les peuples anciens et modernes ont subi tour à tour ce joug humiliant imposé à la faiblesse humaine. Partout les fables les plus grossières, les dogmes les plus absurdes ont eu des partisans et des prosélytes. Partout des préjugés superstitieux ont corrompu chez les nations la politique, la morale et le bonheur du genre humain. La cause de cette funeste dégradation est assez connue : l'homme qui se dépouille des droits qu'il tient de la nature perd bientôt sa dignité et l'usage de sa raison. »

Je comprends qu'on puisse avoir envie de se lancer dans l'étude de cet événement et dans le rôle qui joua Poncet-Delpech, mais je rappelle, une fois de plus, qu'un document minable attend notre analyse, donc finissons-en avec le Poncet-Delpech de 1793. Pour ne pas perdre le fil, en conclusion de cette partie, posons tout de même cette question avec un début de réponse : Poncet- Delpech est-il encore un citoyen ?

Il l'est à double titre. Au titre de bourgeois soucieux d'assumer son rôle de bourgeois. En 1789, il s'était chargé de représenter les intérêts populaires et donc nationaux. En 1793, il se charge d'éduquer le peuple. Même démarche, même citoyenneté.

Mais cette fois, il est en plus citoyen reconnu, et il a le titre de citoyen (citoyen dans les faits et dans le mot). II faut savoir pour comprendre cette notion peu orthodoxe qu'en 1793 son Discours au Temple de la Raison est imprimé et diffusé sur décision de la Société populaire.

De Montauban, Poncet-Delpech s'adresse à la France entière par le réseau hautement significatif des Sociétés populaires. Poncet-Delpcch sera heureux de noter sur son journal intime les retours de cette initiative et en particulier que la société parisienne des Jacobins, mais aussi d'autres sociétés du pays, liront et apprécieront son discours.

Plus que jamais, en 1793, Poncet-Delpech est un citoyen.

C – Poncet-Delpech en 1797

Poncet-Delpech va mener bataille pour se faire élire au nouveau corps législatif qui remplace la Convention suivant ce que fixe la Constitution de l'an III. Trop républicain, il échoue après des péripéties sans nom qui aboutirent à deux Assemblées électorales distinctes. Sur décision du Directoire, il est déclaré élu. Il est donc à Paris en décembre 1797. Et là, un ami intime lui écrit en réponse à une de ses lettres. Nous n’avons malheureusement pas la lettre de Poncet- Delpech mais celle de son correspondant retrouvée dans un petit dossier d'archives qui rassemble quelques manuscrits de Poncet-Delpech.

Et, première surprise : cette lettre est en occitan. Malgré la richesse des archives du Tarn et Garonne concernant la Révolution, on ne trouve en cette langue qu'un texte de l'évêque bien connu : Sermet.

Et maintenant cette lettre dont nous allons étudier d'abord le contenu avant de passer à la question linguistique.

1. Contenu de la lettre

a) L'assurance qu'elle est écrite entre deux amis intimes et qu'elle n'est pas d'un simple plaisantin qui aurait écrit à l'occasion à Poncet.

b) L'importance des questions amoureuses pour ne pas dire sexuelles.

c) L'affirmation d'une identité gasconne différente de l'idée parisienne.

d) La tentative, sur la base du sujet, d'une définition de la différenciation en question.

Je ne prétends pas qu'il y a d'un côté les questions politiques importantes et de l'autre les futilités de la galanterie. A chacun d'apporter suivant son éthique les valeurs qu'il souhaite à ces deux ordres de questions. Je prétends par contre que dans le cas de 1789 le député est à Paris en tant que citoyen et que ce même député en 1797 est devenu un vrai provincial. On peut me rétorquer qu'à côté de cet échange de lettres galantes Poncet-Delpech s'activa aussi sur le terrain de la politique. Dune part, rien ne l'indique et, d'autre part, les Conseils sous le Directoire savaient bien qu'ils ne représentaient rien.

18 fructidor an V (4 septembre 1797) : coup d’Etat du Directoire et les élections sont cassées.

22 floréal an VI (11 mai 1798) : coup d'Etat du Directoire et les élections sont cassées.

30 prairial an VII (18 juin 1799) : il est vrai cette fois il s'agit d'un Coup d’Etat des Conseils contre le Directoire.

19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) : j'ai envie de dire : et enfin le Coup d'Etat de Bonaparte.

Cette disparition de l'activité politique de Poncet-Delpech est d'autant plus nette que le 19 brumaire an VIII un autre député du Lot, le Moissagais Delbrel, qui lui, avait été député à la Convention, gagna le droit à l'exil à cause de son action (il s'oppose de manière très forte au coup d'Etat). Il s'en trouva donc des décidés à se défendre et à rester citoyens. Mais ils furent la minorité et de vouloir exercer ce droit, ça le leur fit perdre !

En conséquence, Poncet-Delpech, très apte à sentir le vent, préféra s'intéresser aux femmes qu'aux lois, aux plaisirs qu'aux devoirs, à sa personne qu'à son rôle. Plus question d'envoyer à Montauban le résultat des débats au Conseil des Cinq-cents. Est-ce que pour moi le provincial est le député qui déserte sa fonction ? Nous y reviendrons en conclusion. Passons tout de même aux questions linguistiques.

2 - Voici la lettre traduite (1)

"A St Porquier le 27 frimaire an VI de la République

Delaux a son ami Poncet

"Il y a longtemps que je t'aurais écrit, mon cher Poncet, s'il ne m'était pas arrivé le plus cruel accident qui puisse m'arriver. Je me suis foutu, en faisant la Ribote, un gobelet dans la main droite, ce qui me fait craindre de ne pouvoir plus m'en servir comme il faut, mais maintenant que ça va un peu mieux je m'empresse de répondre à ta lettre. Je voudrais pourtant n'être pas obligé de te parler de si loin mais comme ce désir ne peut faire qu'on puisse l'empêcher, je me contenterai de te témoigner, avec toute la sincérité dont je suis capable, la peine que je sens de te savoir si loin de moi. Je ne ferai pas une plus longue dissertation en assurance d'amitié parce que je ne sais pas dire mais, en récompense, je sais bien le penser. Je crois d'ailleurs que nous n'avons pas besoin de nous en donner des témoignages.

Je crois bien, comme tu me le marques, que le séjour de Paris est fort agréable, que l'on s'y divertit bien et que l'on y voit de jolies dames. Nous autres ne sommes pas dans le même cas. Ce pays ne vaut pas l'autre. De beaucoup s'en manque. Nous ne voyons, à la place de ces si beaux carrosses, que de chétives charrettes, à la place de ces si gentilles marquises, chargées de plâtre pour se faire la peau blanche, de rouge pour leur donner des couleurs et couvrir la jaunisse dont la débauche les gratifie, à la place des dentelles, des rubans et des taffetas dont elles sont chargées, nous ne voyons que d'humbles paysannes — ça ne fait rien — au regard doux et cependant amoureux, à la peau rude mais très blanche, aux couleurs de rose sans fard, vêtues de cotillons et de camisoles de toile ou de cadis.

Les femmes mariées de ce pays pour être plus retenues devant leurs hommes n'en foutent pas moins de bons coups dedans avec leurs galants aussi elles ne sont pas très sages faute (ou sans) de frottage d'huile de chêne (métaphore pour sexe masculin) Car je crois que les parisiennes payent cher en particulier toutes les libertés qu'elles prennent en public. Les filles qui ne sont pas mariées sont à l'unisson des mariées et la jeunesse quand elle a affaire avec elles, ne va pas écouter cela (??) en tiennent compte. Je ne t'en dis pas plus sur cet article peut-être je t'ennuierais. D'ailleurs la main qui me fait mal m'empêche d'écrire plus.

"Si tu vois quelqu'une de ces dames si bien à la mode, tu peux lui communiquer ma lettre, elle augurera bien mal de moi mais dis-lui que je suis gascon. Adieu. Ta sœur et ton beau-frère se portent bien, ils m'ont chargé de te dire mille caresses de leur part ainsi qu'à ton père et ta mère. J’espère qu'ils ne m'oublieront pas auprès d'eux. Mon frère vous dit à tous mille choses ainsi que mes parents. Adieu tout à toi."

3 La question linguistique

Vous avez dû déjà noter dans votre vie personnelle que la langue employée est plus porteuse de sens que le sens même de la langue. Si je dis aujourd'hui dans le cadre de certains débats politiques : étudions les rapports Sud/Nord, vous notez combien ça sonne mal à votre oreille. Il est si simple et si beau de parler des rapports Nord/ Sud.

Donc, Delaux, en décidant d'utiliser l'occitan, signifie quoi ?

a) que Poncet connaissait cette langue. Une fois de plus, une évidence de départ, mais dans ses multiples écrits (et il écrit tant et plus) rien, absolument rien, ne laissait supposer une telle connaissance de la part de Poncet. Il est donc non négligeable d'en avoir une preuve concrète.

b) que Delaux devait mieux connaître l'écriture du français que de l'occitan car, c'est le moins qu'on puisse dire, sa maîtrise de l'écrit occitan est minime.

c) que pourtant l'emploi de cette langue s'imposa.

La clé réside-t-elle dans cette part de phrase :

" Cé béses quaouquno d'aquelos damos ta pla a la modo y pos communiqua ma letro, ogurara pla mal de you mai digoy que soun gascou.',

Notons que Delaux est effectivement gascon. Habitant au sud de Montauban, il est de l'autre côté de la limite occitane par rapport au Quercy.

Mais que peut signifier ce " dis-lui que je suis gascon" ? Est-ce une excuse à son langage cru ? Est-ce un moyen de faire comprendre son langage cru ? Est-ce un moyen de se défendre face au poids des marquises ? Est-ce une revendication d'identité positive ?

En fait, l'emploi de la langue occitane et cette conclusion "dis- lui que je suis gascon" signifie qu'il y a deux mondes : le monde officiel et le monde à côté de l'officiel. L'esprit provincial c'est l'art de savoir se mettre à côté. Ni contre, ni ailleurs, mais à côté. Ni au-dessus, ni au-dessous, mais simplement à côté. J'y insiste. Le provincial laisse aller la société pour le cas où elle veut aller quelque part. Il s'agit d'une position de repli, d'attente. Delaux n'est pas jaloux de Poncet. II n'est pas davantage envieux. Il argumente même pour dire que de son côté il y a plus de vérité, de vie vivante. S'il peut être ainsi, c'est-à-dire à côté, c'est parce qu'il est gascon.

Mais n'était-on pas davantage provincial avant la Révolution du temps où justement existaient les provinces ?

En 1776, Poncet était rédacteur du premier journal à Montauban.  On peut penser que c'est lui qui y écrivit cet article dont voici un extrait :

« Je feuilletais dernièrement la Bibliothèque poudreuse d'un vieux gentilhomme, mon voisin et mon ami. Parmi une foule de Livres que je parcourus, je lus tout entier un Recueil de Poésies Languedociennes, qui n'avaient pas vu le jour depuis plus de cent ans peut-être. Les feuillets par une longue habitude, s'étaient tellement collés l'un à l’autre qu'il fallut employer le fer et l'eau pour les séparer. Les petits poèmes qu'ils renfermaient me parurent les meilleurs que nous ayons en idiome patois, ils respirent une douce sensibilité et une imagination gracieuse.

Leur style est également éloigné du néologisme bizarre de Goudouli et de la sécheresse de Dastros. L'Auteur, qui n'est pas nommé, me semble antérieur à ces poètes plus célèbres que célébrés (...). Je donnerai ici la traduction de la fin d'une de ces pièces qui a pour titre « Abis a la poulidos » ."

Sous l'Ancien Régime, la contradiction apparaît nette quand on lit les deux expressions : Poésies Languedociennes et idiome patois. Le provincial ne savait pas encore qui il était. Il hésitait. A partir du moment où le provincial fait l'expérience de la citoyenneté, s'il redevient provincial alors il l'est pleinement et il n'a plus à hésiter. Il oubliera les Poésies Languedociennes et ne retiendra que l'idiome patois.

Voilà comment je saisis le cheminement qui pousse l'homme à sortir d'un état de sujet du Roi pour atteindre celui de citoyen et pour retomber ensuite dans le provincial. Observons que dans ce texte de 1776 est proposée à la fin une traduction d'une poésie sur le sujet du rapport amoureux comme dans les lettres de 1797, un peu comme s'il y avait retour à la case départ, mais pour moi un retour aggravé. Et puisqu'il s'agit de parler de femmes, permettez un rapprochement avec un hors- sujet.

Dominique Godineau dans son livre Les Citoyennes tricoteuses note : "L'Ancien régime faisait des femmes des mineures juridiques. La révolution reconnut leur existence civile, leur personnalité juridique." Puis elle note comment à partir de 1794, cette citoyenneté leur est refusée. Pour moi, le moyen central de ce refus sera la mise sur pied juridique du statut de l'enfant mineur. La femme sera d'autant plus chargée de s'occuper de l'éducation de l'enfant, moyen qui rend cette situation (le refus de la citoyenneté) supporable et parfois désirable. Ainsi elle est poussée à se rendre complice de la reproduction des rapports sociaux qui l'oppriment.

Pour revenir à Poncvet-Delpech, je veux ajouter que le provincialisme ne tient donc pas en priorité à un lieu, à un état d'esprit mais à une démarche pratique : l'abandon de souveraineté. Pour un député, c'est l'abandon de sa fonction.

Et pour terminer, quelques questions :

1. Ne suis-je pas moi-même intervenu en provincial ? J'indique sans répondre que cette intervention s'inscrit dans un ensemble plus vaste d'interventions sur la Révolution et qu'en même temps j'agis au sein du mouvement occitan.

2. Justement, ne suis-je pas allé chercher ce document pour justifier une idée préétablie ? Si j'avais voulu le chercher, je ne l'aurais pas trouvé et d'idées je n'en avais guère avant cette rencontre.

3. Mais suis-je bien dans le sujet du colloque ou à côté ?

Il y a dans le titre Révolution et Province et je crois avoir parlé de la Révolution et de la Province. Mais les mentalités et expressions populaires ?

Au sujet des mentalités, Michel Voyelle note qu'en réponse à son livre La Mentalité révolutionnaire, des Italiens lui ont répondu que la Révolution n'était pas une mentalité, ce à quoi il ajoute : « Saine mise en garde à laquelle l'auteur n'est pas insensible mais on peut, sans confondre la Révolution avec un phénomène de mentalité, faisant abstraction de tout ce qui tient aux conditionnements objectifs d’une part, à l'idéologie de l'autre, être attentif au poids de ces facteurs de mentalités dans le processus révolutionnaire, qu'ils expliquent les « résistances » rencontrées, ou au contraire les expressions de la prise de conscience révolutionnaire. »

Et c'est un peu à la lumière de cette phrase que j'ai écouté et vais écouter les interventions. Pour ma part, en conclusion, j'indique que cette lettre en occitan m'a fait mesurer que Sade, qui participa à la Révolution, n'est pas intervenu par ses œuvres littéraires, hors du réel, et il y a là, je crois, question de mentalités. JP Damaggio

 

(1)" a st pourquié l'ou 27 frimary sixiemo annado republicano Delaoux asoun amic pouncét

Y a loungteinps qué taouyouu escriout moun cher pouncèt cé n'ou m'ere pas arribat l'ou pus cruél accident qué pousquesso m'arriba, mé soun foutut en fan la Riboto un goubelét dins la ma dretto que mé fa crégné de poudé plus min serbi coumo cal, mis aro qua quo ba un paou minou m'enpréssi de réspondre a ta letro. bouldroou pourtant plan néstré pas oubligeat de té parla dé ta leng més coumo qui boulé fa qui nou pot pas émpatcha mé counténtareï de te témoigna am mé touto la sincéritat dount soou capablé la péno qué sentisi dé té sabé ta leng dé you nou faré pas uno maï lougo Dissertatiou én asségurénso d'amistat parsoqué ô sabi pas diré mès en récoumpenso ô sabi pla pensa cresi dailleurs qui n'aben pas bésoun de n'oun douna dé témoignatché.

" You cresi pla couina o mi margés l'ou séjour dé paris és fort agréablé qé l'on si dibértis pla ét qé l'on y bey dé poulidos damas nousaous sin pas faïs am mo quo, questé païs n'ou bal pas laoutré dé pla séin manqo, nousaous n'ou bésèn la plaça d'aqès ta bels carrossos que dé chetibos carrétos, e la plaso d'aquellos ta jantios marqisos engrésidos dé plastré per fa la pel blanqo, dé rougi per lou douna dé coulours et capela la jaouisso doun la débaoucho las gratifico, a la plaço dé la dantelos, des rubans et dès taffetas d'oun soun capeladas, nou faires n'ou bésèn disi qui d'humblos paysantos al régard doux ét pas méns amouroux a la pél rudo méns prou blanquo a la coulous dé rosos sans fard, bestidos d'un coutillou et d'uno camisolo de telo o dé cadis.

Las fénnos maridados d'aqesté pais perestré maï retengudos dabans lours homés noun fouto pas moins de bounis cops dans mé lous galans tabé. N'ou soun pas satchetos acap de fretado d'holi de cassé ! Car you cresi que las parisiénos pagou car e particulier toutos las libertats qui prénou en public. Las fillias que soun amarida soun a lunissou de las maridados, ét la junesso qan affar am ellos n'ouban pas o éqouta tabé lou ? néton counté, nouten disi pas maït sur aqél articlé béleou tanuyaioou la ma dailleurs qui mé fa mal mempatcho d’escrioure maï.

" Ci bésés quaouquno d'aquellos damas ta pla a la modo y pos communiqua ma letro ogurara pla mal de you mai digoy que soun gascou.

Adiou ta so et toun bél fraire si portas pla, man cargat dé té dire millo carresos dé lour part ainsi qu'à toun péro e a ta mero esperi qui m'oubliraran pas al prép d'ellis. Moun fraïre bous disou a toutis milles caousos ensi qué mous parens adiou tout atu

"Delaoux fils aynat”

 

(traduction réalisée avec l'aide de René Merle que je remercie)

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 15:21

En étudiant les forges de Bruniquel j’avais découvert sur le recensement et l’Etat civil la présence d’un ouvrier lamineur anglais parmi d'autres. Grâce aux recherches d’une des descendantes, je viens d’apprendre qu’en avril 1848, dans l’élan de la révolution de février, il avait demandé sa naturalisation. Pour moi de tels documents valent plus que de grands discours car ils permettent de saisir au quotidien ce que signifie une révolution.

Voici la demande d’Edouard Coselett (ou Coslett) :

 Au citoyen ministre de la justice et des cultes

 Citoyen ministre

 Pardonnez à un étranger de s’adresser à vous pour obtenir une insigne faveur.

Anglais de naissance, je passais en France en 1829 où j’ai vécu depuis en qualité de lamineur aux forges de la commune de Bruniquel.

Aujourd’hui, je désire être tout à la France ; je veux partager sa gloire e ses dangers et la faveur que je demande est d’être républicain français.

Je viens en conséquence, citoyen ministre, solliciter qu’il me soit accordé l’autorisation d’être naturalisé français pour que je puisse jouir des droits politiques.

Je vous adresse à ce sujet un certificat de bonne vie et bonnes mœurs qui m’a été délivré par le maire de la commune où je réside et un certificat du commissaire du gouvernement près du département de Tarn-et-Garonne.

J’ose espérer que vous accueillerez ma demande avec bonté et mon dévouement à la république.

Agréez citoyen ministre, l’assurance du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être

Votre très humble et très obéissant serviteur.

 

Décès Coslett Elisabeth 6 juin 1841

Décès Coslett Rosa 28 février 1834 : Sont comparus Lapisse Jean-François, forgeron âgé de 40 ans et Ratier Guillaume marchand de chiffons âgé de 36 ans domiciliés au dit Bruniquel lesquels nous ont déclaré que Rosa Coslett âgée de 9 heures fille de M. Edouard Coslett maître lamineur et d’Eliza Armant, mariés, anglais d’origine est décédée le jour même.

 Voici l’acte de décès à Vaissac de cet ouvrier :

 L’an 1865 et le 15 octobre, à sept heures du matin, par devant nous Raynal Antonin, maire et officier de l’état civil de la commune de Vaissac, canton de Nègrepelisse, département de Tarn-et-Garonne sont comparus en notre maison commune au dit Vaissac, Tournier Paul, brigadier-cantonnier, âgé de 43 ans, habitant du dit Vaissac, et de Linas Jean, cultivateur, âgé de 54 ans du lieu des Brugnaux, tous les deux sur cette commune, lesquels nous ont déclaré : Edouard Cosslet, âgé de soixante huit ans, ouvrier lamineur, né en Angleterre, fils de feu Willian Cosslet, et de on n’a su , époux d’Elisabeth Harmant, sans profession, est décédé aujourd’hui 15 octobre à deux heures du matin dans sa maison d’habitation au dit lieu de las Brugnaux, ce dont nous nous sommes assurés et après lecture faite du présent acte de décès le comparant Tournier l’a signé avec nous, non l’autre comparant qui requis de le faire a déclaré ne savoir.

 Sa femme décède trois mois après le 18 décembre 1865 au même endroit. J'apprends qu'elle était aussi anglaise ce que le nom de révélait pas avec assurance.

« sans profession, âgée d’environ 70 ans, née en Angleterre, fille de feu William Harmant et de Sara Harmant, sans profession, veuve d’Edouard Cosslet, lamineur. »

 

Le décès est déclaré par deux cultivateurs qui ne savent pas signer.

JPD

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 13:12

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photo : Dominique Desmons dans La Belle Hélène

Comme chaque année depuis 17 ans, Offenbach était au rendez-vous à Bruniquel. Et comme chaque année, sous la forme de l’opérette on retrouve un portrait acerbe de la vie parisienne de 1866.

Le spectateur, pris par la fête qui entoure chaque représentation, n’est pas tenu à chercher le politique sous le comique.

Dès 2011 j’avais repris ce mot de Dominique Desmons qui était encore au rendez-vous en 2013 dans le rôle de Frick, l’impayable bottier : « Et la permissivité où tout peut être dit jusqu'à et grâce à la folie correspondant à l'époque d'Offenbach où l'importante censure est déjouée par la coquinerie pour tenir des propos non conformes à la bienséance. »

Mais comme chaque année le chef d’orchestre, Jean-Christophe Keck, pendant les changements de décor, met en situation la pièce. Il n’hésite pas à indiquer ce que peu de monde accepte de dire : Napoléon III était un dictateur.

L’n adernier nous avions noté : « La chanson qui structure la pièce, il grandira, il grandira, il grandira car il est espagnol fait référence à l’impératrice de l’époque qui était espagnole et prenait de plus en plus de pouvoir ; quelques traits caractéristiques du vice roi du Pérou ressemblaient étrangement à ceux de Napoléon III, comme le désir de se masquer et de chercher de belles jeunes femmes. »

Si La Périchole était de 1868, La vie est parisienne est antérieure de deux ans : 1866.  La pièce commence par un hall de gare avec les immenses décors propres à Bruniquel (nous aurons même un train qui entre en gare) et une flopée d’enfants travaillent à nettoyer, à faire la manche ou à vendre un journal. Des miséreux en scène !

Cette fois ce n’est pas un Péruvien mais un Brésilien qui viendra animer la pièce.

 Les nombreux figurants à côté des acteurs de métier, une musique parfaite sous un ciel étoilé avec tout de même un peu de fraîcheur, tout pour réussir une belle soirée que les plus accros complètent par une table d’hôte !

 Les risques du plein d’air, c’est un spectacle annulé cette année.

 Le couple extérieur qui vient visiter Paris est suédois et il découvre l’univers du faux.

J-P Damaggio

 

La présentation de Dominique Desmons sur le programme :

Dominique Desmons a fait ses études au Conservatoire de Région de Limoges où il a obtenu ses prix de Chant (avec Denise MONTEIL), d'Art dramatique et de formation musicale.

Il interprète la mélodie française, le lied et participe à de nombreux concerts de musique sacrée (œuvres de Bach, Schütz, Mozart, Schubert...).

Il se consacre à la chanson, au cabaret et au music-hall en fondant avec Marie- Françoise RABETAUD, en 1978, le duo RABETAUD et DESMONS, parrainé en 1989 par les FRÈRES JACQUES, qui se spécialise dans le répertoire de Jean VILLARD-GILLES, chansonnier suisse vaudois ainsi que des chansons d'auteurs du milieu du XIXème siècle à nos jours (nombreuses tournées en Suisse, Québec, festivals français : Avignon, Les Nuits de Champagne, Casino de Paris pour un hommage aux Frères Jacques en 1996, Festival de Marne...).

Il se produit régulièrement en soliste en s'accompagnant au piano dans un répertoire de cabaret humoristique.

Depuis 1998, Dominique DESMONS poursuit une carrière de chanteur lyrique et se produit dans les rôles de ténor de caractère ou de trial dans des opérettes : La Fille de Madame Angot, Le Jour et la Nuit et Les Cent Vierges de LECOCQ ; Les Cloches de Corneville de PLANQUETTE Mam'zelle Nitouche de HERVE Barbe-Bleue, Ba-ta-clan, La Belle Hélène, Les Brigands, Croquefer, La Grande Duchesse de Gerolstein, Orphée aux Enfers, La Périchole, Une Demoiselle en Loterie, La Leçon de Chant Electromagnétique et La Vie Parisienne d'OFFENBACH ; Les Mousquetaires au Couvent de Louis VARNEY ; Monsieur Beaucaire et Véronique de MESSAGER ; La Veuve Joyeuse et Le Pays du Sourire de LEHAR ; Rêve de Valse d'Oscar STRAUS ; Quatre Jours à Paris, La Route Fleurie, Le Chanteur de Mexico et Méditerranée de Francis LOPEZ ; Un de la Canebière de Vincent SCOTTO ; Coquin de Printemps de Guy MAGENTA.

Il aborde l'opéra-comique du XVIIIème siècle : Sancho Pança de PHILIDOR et Le Délire de BERTON, ainsi que des œuvres contemporaines : Le Petit Opéra Thérapeutique d'Isabelle ABOULKER.

Il a joué dans Lakmé de Léo DELIBES, Le Médecin malgré lui de Charles Gounod et Pan y toros, zarzuela de BARBIERI (Opéra de Limoges, Odéon de Marseille, Centre Lyrique Clermont-Auvergne, Compagnie Lyrique du Languedoc, Atelier Lyrique de Tourcoing, Atelier lyrique de Haute- Normandie, Les Compagnons du Théâtre, La Clef des Chants, Festival Offenbach de Bruniquel, ...).

Depuis 2000, il met en scène des spectacles de chansons françaises et d'opérettes pour diverses chorales, maîtrises et ensembles vocaux ou chanteurs de variétés.

Dominique DESMONS est également pianiste, auteur et compositeur de musiques de scènes pour le théâtre. Il a co-signé des chansons avec Anne SYLVESTRE, Vincent ROCA, Allain LEPREST, Claude LEMESLE etc mis en musique les poètes ARAGON, Bernard DIMEY et Gaston COUTE.

 Articles précédents

Bruniquel 2011

Bruniquel 2011 – articleLa belle Hélène

 

Bruniquel 2012 La Périchole

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