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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 15:21

En étudiant les forges de Bruniquel j’avais découvert sur le recensement et l’Etat civil la présence d’un ouvrier lamineur anglais parmi d'autres. Grâce aux recherches d’une des descendantes, je viens d’apprendre qu’en avril 1848, dans l’élan de la révolution de février, il avait demandé sa naturalisation. Pour moi de tels documents valent plus que de grands discours car ils permettent de saisir au quotidien ce que signifie une révolution.

Voici la demande d’Edouard Coselett (ou Coslett) :

 Au citoyen ministre de la justice et des cultes

 Citoyen ministre

 Pardonnez à un étranger de s’adresser à vous pour obtenir une insigne faveur.

Anglais de naissance, je passais en France en 1829 où j’ai vécu depuis en qualité de lamineur aux forges de la commune de Bruniquel.

Aujourd’hui, je désire être tout à la France ; je veux partager sa gloire e ses dangers et la faveur que je demande est d’être républicain français.

Je viens en conséquence, citoyen ministre, solliciter qu’il me soit accordé l’autorisation d’être naturalisé français pour que je puisse jouir des droits politiques.

Je vous adresse à ce sujet un certificat de bonne vie et bonnes mœurs qui m’a été délivré par le maire de la commune où je réside et un certificat du commissaire du gouvernement près du département de Tarn-et-Garonne.

J’ose espérer que vous accueillerez ma demande avec bonté et mon dévouement à la république.

Agréez citoyen ministre, l’assurance du profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être

Votre très humble et très obéissant serviteur.

 

Décès Coslett Elisabeth 6 juin 1841

Décès Coslett Rosa 28 février 1834 : Sont comparus Lapisse Jean-François, forgeron âgé de 40 ans et Ratier Guillaume marchand de chiffons âgé de 36 ans domiciliés au dit Bruniquel lesquels nous ont déclaré que Rosa Coslett âgée de 9 heures fille de M. Edouard Coslett maître lamineur et d’Eliza Armant, mariés, anglais d’origine est décédée le jour même.

 Voici l’acte de décès à Vaissac de cet ouvrier :

 L’an 1865 et le 15 octobre, à sept heures du matin, par devant nous Raynal Antonin, maire et officier de l’état civil de la commune de Vaissac, canton de Nègrepelisse, département de Tarn-et-Garonne sont comparus en notre maison commune au dit Vaissac, Tournier Paul, brigadier-cantonnier, âgé de 43 ans, habitant du dit Vaissac, et de Linas Jean, cultivateur, âgé de 54 ans du lieu des Brugnaux, tous les deux sur cette commune, lesquels nous ont déclaré : Edouard Cosslet, âgé de soixante huit ans, ouvrier lamineur, né en Angleterre, fils de feu Willian Cosslet, et de on n’a su , époux d’Elisabeth Harmant, sans profession, est décédé aujourd’hui 15 octobre à deux heures du matin dans sa maison d’habitation au dit lieu de las Brugnaux, ce dont nous nous sommes assurés et après lecture faite du présent acte de décès le comparant Tournier l’a signé avec nous, non l’autre comparant qui requis de le faire a déclaré ne savoir.

 Sa femme décède trois mois après le 18 décembre 1865 au même endroit. J'apprends qu'elle était aussi anglaise ce que le nom de révélait pas avec assurance.

« sans profession, âgée d’environ 70 ans, née en Angleterre, fille de feu William Harmant et de Sara Harmant, sans profession, veuve d’Edouard Cosslet, lamineur. »

 

Le décès est déclaré par deux cultivateurs qui ne savent pas signer.

JPD

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 13:12

                                    desm.jpg 

photo : Dominique Desmons dans La Belle Hélène

Comme chaque année depuis 17 ans, Offenbach était au rendez-vous à Bruniquel. Et comme chaque année, sous la forme de l’opérette on retrouve un portrait acerbe de la vie parisienne de 1866.

Le spectateur, pris par la fête qui entoure chaque représentation, n’est pas tenu à chercher le politique sous le comique.

Dès 2011 j’avais repris ce mot de Dominique Desmons qui était encore au rendez-vous en 2013 dans le rôle de Frick, l’impayable bottier : « Et la permissivité où tout peut être dit jusqu'à et grâce à la folie correspondant à l'époque d'Offenbach où l'importante censure est déjouée par la coquinerie pour tenir des propos non conformes à la bienséance. »

Mais comme chaque année le chef d’orchestre, Jean-Christophe Keck, pendant les changements de décor, met en situation la pièce. Il n’hésite pas à indiquer ce que peu de monde accepte de dire : Napoléon III était un dictateur.

L’n adernier nous avions noté : « La chanson qui structure la pièce, il grandira, il grandira, il grandira car il est espagnol fait référence à l’impératrice de l’époque qui était espagnole et prenait de plus en plus de pouvoir ; quelques traits caractéristiques du vice roi du Pérou ressemblaient étrangement à ceux de Napoléon III, comme le désir de se masquer et de chercher de belles jeunes femmes. »

Si La Périchole était de 1868, La vie est parisienne est antérieure de deux ans : 1866.  La pièce commence par un hall de gare avec les immenses décors propres à Bruniquel (nous aurons même un train qui entre en gare) et une flopée d’enfants travaillent à nettoyer, à faire la manche ou à vendre un journal. Des miséreux en scène !

Cette fois ce n’est pas un Péruvien mais un Brésilien qui viendra animer la pièce.

 Les nombreux figurants à côté des acteurs de métier, une musique parfaite sous un ciel étoilé avec tout de même un peu de fraîcheur, tout pour réussir une belle soirée que les plus accros complètent par une table d’hôte !

 Les risques du plein d’air, c’est un spectacle annulé cette année.

 Le couple extérieur qui vient visiter Paris est suédois et il découvre l’univers du faux.

J-P Damaggio

 

La présentation de Dominique Desmons sur le programme :

Dominique Desmons a fait ses études au Conservatoire de Région de Limoges où il a obtenu ses prix de Chant (avec Denise MONTEIL), d'Art dramatique et de formation musicale.

Il interprète la mélodie française, le lied et participe à de nombreux concerts de musique sacrée (œuvres de Bach, Schütz, Mozart, Schubert...).

Il se consacre à la chanson, au cabaret et au music-hall en fondant avec Marie- Françoise RABETAUD, en 1978, le duo RABETAUD et DESMONS, parrainé en 1989 par les FRÈRES JACQUES, qui se spécialise dans le répertoire de Jean VILLARD-GILLES, chansonnier suisse vaudois ainsi que des chansons d'auteurs du milieu du XIXème siècle à nos jours (nombreuses tournées en Suisse, Québec, festivals français : Avignon, Les Nuits de Champagne, Casino de Paris pour un hommage aux Frères Jacques en 1996, Festival de Marne...).

Il se produit régulièrement en soliste en s'accompagnant au piano dans un répertoire de cabaret humoristique.

Depuis 1998, Dominique DESMONS poursuit une carrière de chanteur lyrique et se produit dans les rôles de ténor de caractère ou de trial dans des opérettes : La Fille de Madame Angot, Le Jour et la Nuit et Les Cent Vierges de LECOCQ ; Les Cloches de Corneville de PLANQUETTE Mam'zelle Nitouche de HERVE Barbe-Bleue, Ba-ta-clan, La Belle Hélène, Les Brigands, Croquefer, La Grande Duchesse de Gerolstein, Orphée aux Enfers, La Périchole, Une Demoiselle en Loterie, La Leçon de Chant Electromagnétique et La Vie Parisienne d'OFFENBACH ; Les Mousquetaires au Couvent de Louis VARNEY ; Monsieur Beaucaire et Véronique de MESSAGER ; La Veuve Joyeuse et Le Pays du Sourire de LEHAR ; Rêve de Valse d'Oscar STRAUS ; Quatre Jours à Paris, La Route Fleurie, Le Chanteur de Mexico et Méditerranée de Francis LOPEZ ; Un de la Canebière de Vincent SCOTTO ; Coquin de Printemps de Guy MAGENTA.

Il aborde l'opéra-comique du XVIIIème siècle : Sancho Pança de PHILIDOR et Le Délire de BERTON, ainsi que des œuvres contemporaines : Le Petit Opéra Thérapeutique d'Isabelle ABOULKER.

Il a joué dans Lakmé de Léo DELIBES, Le Médecin malgré lui de Charles Gounod et Pan y toros, zarzuela de BARBIERI (Opéra de Limoges, Odéon de Marseille, Centre Lyrique Clermont-Auvergne, Compagnie Lyrique du Languedoc, Atelier Lyrique de Tourcoing, Atelier lyrique de Haute- Normandie, Les Compagnons du Théâtre, La Clef des Chants, Festival Offenbach de Bruniquel, ...).

Depuis 2000, il met en scène des spectacles de chansons françaises et d'opérettes pour diverses chorales, maîtrises et ensembles vocaux ou chanteurs de variétés.

Dominique DESMONS est également pianiste, auteur et compositeur de musiques de scènes pour le théâtre. Il a co-signé des chansons avec Anne SYLVESTRE, Vincent ROCA, Allain LEPREST, Claude LEMESLE etc mis en musique les poètes ARAGON, Bernard DIMEY et Gaston COUTE.

 Articles précédents

Bruniquel 2011

Bruniquel 2011 – articleLa belle Hélène

 

Bruniquel 2012 La Périchole

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 14:17

                                             Afiche-Huelga.jpg

Le Pérou connaît une grève de son secteur médical. Au Chili, la population de la ville du nord, Tocopilla se distingue comme étant le lieu d’une lutte à vocation globale à partir d’une mobilisation en faveur de son hôpital.

Au Chili encore mais au Pérou aussi, les luttes des enseignants et des étudiants sont récurrentes. Mais pourquoi éducation et santé sont-ils des secteurs particuliers, avec les transports, qui incitent à des luttes sociales considérables et internationales ?

 

Au Pérou les infirmières viennent de cesser la grève (quinze jours de mobilisation) après avoir obtenu une augmentation de 356 dollars par mois environ (elles demandaient 500), des titularisations et des avantages techniques. Le gouvernement par contre n’a pas souhaité satisfaire les médecins qui poursuivent une lutte antérieure à celle des infirmières et qui dure à présent depuis un mois.

Le Pérou est le second pays au monde en matière de tuberculose… bien qu’il soit présenté comme un tigre économique !

Comme partout, le gouvernement veut éviter la « spirale » des augmentations salariales du secteur public. De plus augmenter les infirmières, c’est augmenter le coût de la santé, donc le coût des remboursements quand il y en a. Naturellement, le gouvernement a tenté de soulever les usagers contre les employés irresponsables qui ont cessé le travail. Mais en même temps les usagers comprennent que les revendications sont pour le bien de tous.

Pour plus d’informations voir : http://www.federacionmedicaperuana.org/ (pou les infos sur les médecins) ;  http://www.cgtp.org.pe/ (pour les infos générales).

 A Tocopilla la lutte est différente car elle n’est pas nationale mais est partie d’une ville où là, les populations et non les employés, se sont mobilisés en faveur d’un bel hôpital qui manque de personnel. Un endroit où le blocage de route par exemple est une arme qui porte car les routes sont rares.

Lutte également victorieuse où le maire est devenu une figure nationale de la révolte populaire. Cette fois il s’agit d’une révolte du Nord contre Santiago accusée de cumuler les avantages et de mépriser les populations nordiques.

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=172220

 Le gros problème qui est posé partout, est celui de la productivité, notion inapplicable dans les secteurs de l’éducation et de la santé qui resteront toujours « gourmands » en main d’œuvre. La question posée est donc celle de la répartition des gains de productivité issus de l’univers industriel, sur l’ensemble d’une population, répartition qui n’est possible que par des politiques gouvernementales conséquentes.

Au Chili comme au Pérou, où les gouvernements sont d’orientation politique totalement différente, les personnels en lutte accusent tous les régimes en place d’avoir la même politique contraire aux besoins de santé et d’éducation du peuple tout entier.

 Ces luttes ne sont jamais relayées par les médias car elles donnent le « mauvais exemple » capable de déstabiliser les systèmes en place. D’où ces quelques mots…

Jean-Paul Damaggio

Pour les hispanisants :

http://www.elciudadano.cl/ (pour le Chili)

http://www.larepublica.pe/ (pour le Pérou)

 

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 15:52

Supposons une révolution incapable de susciter une contre-révolution. Ce n’est donc pas une révolution, à peine une révolte entrainant une répression ! Une révolution est tout autant liée à une contre-révolution que l’inverse ! D’où l’expression populaire : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

Sauf que pour compliquer l’histoire, une révolution est toujours par essence … en révolution à cause d’ailleurs de la prise en compte des effets de la contre-révolution. La révolution de la révolution ne se confond pas avec la «révolution dans la révolution » chère à Gorbatchev, qui fut un échec garanti, à une époque où l’URSS avait depuis longtemps perdu le fil de la révolution.

 

Les causes de la révolution et de la contre-révolution sont-elles les mêmes ?

Non bien sûr et pourtant ! La même situation pré-révolutionnaire entraîne la révolution qui provoque la contre-révolution. Sauf qu’en effet, la révolution, d’effet, peut se changer en cause, tout autant que la contre-révolution. La révolution produit sa propre dynamique qui dépasse et de loin les causes initiales.

 Dans ce lien dialectique puissant entre révolution et contre-révolution, toute l’histoire consiste à savoir qui a une longueur d’avance sur l’autre ! L’intelligence de la révolution consiste à anticiper sur les réactions de ses adversaires pluriels, afin de pouvoir poursuivre sa route. L’intelligence de la contre-révolution est identique : elle se doit d’adopter les avancées de la révolution pour pouvoir la détourner.

 Le triste lien mécaniste entre révolution et contre-révolution, le plus connu, le plus courant et le plus désolant, pose contre principe qu’il existe au départ de la révolution deux forces qui se font face, deux forces irrémédiablement opposées, et un peu comme dans un match de football, l’histoire se déroule, et on compte les points à la fin, pour savoir qui a gagné. Conception désastreuse qui suppose que la contre-révolution est seulement réactionnaire, qu’elle veut seulement le maintien du statuquo, qu’elle reste accrochée à son pouvoir de classe dominante.

 S’il y a révolution c’est qu’au contraire la classe dominante est tout autant en bouleversement que la classe dominée ! La mécanique, que je combats, consiste à croire que le mouvement révolutionnaire, c’est une force en pointe qui va remplacér une force en déclin. Mais les deux éléments de la lutte des classes ont leurs propres contradictions : une partie de la classe dominante rejoint toujours la révolution, un peu comme si, au cours du match de foot, la moitié d’une équipe se mettait à aider l’adversaire pour ensuite mieux lui mettre la main dessus. Pour dire que la métaphore du match de foot est idiote car alors, nous aurions des tricheurs jouant contre leur camp, or la révolution n’est pas une affaire de tricheurs.

 A la fin, qui l’emporte justement ? Soyons clair, la contre-révolution l’emporte toujours mais toute la question est de savoir : quelle contre-révolution a pris le dessus ? quels éléments révolutionnaires a-t-elle dû adopter, pour gagner, et quelle épine lui reste dans le pied, cette épine qui relancera à un moment ou à un autre… la révolution ?

 Ceux qui connaissent mes engagements vont découvrir là, mon défaitisme congénital or je ne viens pas de présenter un phénomène qui disqualifie la révolution, sous prétexte qu’elle ne peut gagner, pour des raisons aussi inévitables que celles qui ne peuvent l’empêcher.

Parce que nous sommes mortels, la vie n’aurait aucun intérêt ? C’est le contraire qui est vrai : c’est parce que nous nous savons mortels, que la vie prend tout son sens, toute sa beauté, toute sa puissance !

La révolution est dans cette lucidité... quand la contre-révolution en appelle à la mort, car elle ne peut admettre cette lucidité.

 Mais passons à une autre question : la révolution serait-elle du côté de la vertu quand la contre-révolution serait le vice ? (pour prendre une métaphore morale)

Pour le dire autrement : « révolution conservatrice » est-ce un oxymore ?

Je l’ai cru longtemps mais j’ai dû me rendre à l’évidence, la réponse n’est pas simple. Elle renvoie à cette autre question : l’effondrement de l’URSS est-ce une révolution ou une contre-révolution ? Si c'est une contre-révolution, étrangement la révolution abvait été massacrée depuis longtemps par ceux qui la défendaient !

Dans une conception de la révolution datant du XIXème siècle il s’agit bien sûr d’une contre-révolution. Sauf qu’il s’agit en même temps d’un système arrivé au bout de son histoire, qu’il s’agit de luttes populaires en Pologne, RDA, et ailleurs dans le système, que ces luttes entrainèrent sa chute, bref, bien des ingrédients d’une révolution, si la seule révolution possible n’est pas seulement le socialisme.

Si le problème de la «révolution conservatrice » était seulement celui de l’URSS, peut-être pourrions-nous éviter le terme de révolution pour désigner une part de l'action capitaliste, mais que se passa-t-il en Iran au même moment, aux USA au même moment, et en Europe au même moment, je veux dire surtout à partir du milieu des années 1980 ? Une révolution conservatrice !

Quand la contre-révolution prend une telle ampleur, elle se fait révolution, et à ce titre, elle est mortelle comme toute révolution. A nous de nous appuyer sur elle, pour lancer la contre-révolution progressiste qui fera en sorte qu’à partir de là, le capitalisme ne puisse se transformer plus vite, que les contre-feux mis en place par ses adversaires !

Mais, si je dis vrai, chacun en conviendra, l’intelligence progressiste a du travail sur la planche ! Et à commencer par les types d’alliances qu’elle doit promouvoir. JP Damaggio

 

P.S. : Ai-je une ou des révolutions précises en tête quand je brosse ce tableau ? La lutte des classes (comme sa négation) se répétant, elle conduit à des lois de l’histoire plus difficiles à percevoir que les lois de la physique surtout si on réduit la lutte à la violence, et les classes au combat riches contre pauvres. A condition d’éviter les réductionnismes mis en place sous prétexte de pédagogie, on a le droit de tenter, même en quelques lignes, des tableaux abrégés de l’humanité. 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 15:48

                                    bove.jpg

La question posée par l’ami de Moissac me renvoie à cet article de l’Humanité du 9 novembre 2002 où une photo de José Bové et Fausto Bertinotti devait nous apporter le salut de la révolution en marche. Depuis José Bové est devenu le paisible député EELV (mais avec le mythe intact comme celui de Cohn-Bendit) et Fausto Bertinotti, après avoir obtenu le poste de président de l’assemblée nationale en 2006 a disparu, depuis 2008, tout comme son parti très marginalisé de la Refondation communiste. Les Italiens auront été les plus persévérants à vouloir refonder sans cesse une organisation communiste mais sans succès. En France, c’est vrai, la refondation n’a pas été nécessaire puisque le parti est toujours communiste…

Je ne sous-estime pas ce que tous les Forums sociaux ont pu apporter à la réflexion sur la révolution, mais la question est là : où sont passés les altermondialistes ?

Ils seraient devenus des Indignés ? Et demain ?

En guise de réponse, je propose l’article suivant sur la révolution. JPD

 

Entretien avec le secrétaire général de Refondation communiste en Italie

Florence (Italie), envoyée spéciale.

 

 Le premier forum social européen est un succès. Estimez-vous que ce mouvement est maintenant installé dans la durée ?

 

Fausto Bertinotti. Le FSE confirme un phénomène de participation qui dure. Au rassemblement mondial de Seattle pour contester l'Organisation mondiale du commerce, un mouvement est né, et depuis, il construit le phénomène politique le plus important de notre âge. Le premier mouvement de l'après vingtième siècle est celui qui s'oppose à la globalisation libérale. Dans sa route, il a su contourner beaucoup d'obstacles comme la répression où les tentatives de division. Ce mouvement n'est pas seulement porteur d'une exigence. Il crée une nouvelle culture politique, née du refus de l'ordre existant et de la guerre. Le rejet des politiques néo-libérales vient de la critique des effets que ces politiques ont produits : précarisation, incertitudes sur le futur, crise de la cohésion sociale, marchandisation des rapports humains. Le mouvement a su comprendre les causes qui provoquent ces effets. Il exprime la révolte d'une génération qui est fille de la globalisation. C'est une culture qui pense vraiment qu'un autre monde est possible. Ça, c'est son patrimoine. En Italie, son existence a favorisé la naissance de mouvements de la société civile et la croissance de conflits comme la grève qui a eu lieu contre la réforme du licenciement.

 

 Le séminaire consacré jeudi après-midi à la politique, comme bien commun à la gauche et aux mouvements sociaux a fait salle comble. Comment appréciez-vous ce succès ?

 

 Fausto Bertinotti. Ce mouvement est une grande sollicitation pour les partis politiques. Seulement, ils sont en crise. Notre expérience italienne est très originale et cela se voit, ici, à Florence. Refondation communiste est acceptée dans ces mouvements parce que nous avons choisi d'y rester en étant une organisation comme les autres et en révisant un des points fondamentaux de la condition communiste, incarnée dans le rôle leader des partis. L'opposition à la guerre et à la politique néo-libérale est aussi la caractéristique propre à Refondation communiste. Mais la relation au mouvement ne suffit pas. Refondation communiste est nécessaire mais pas suffisante. Il y a besoin d'une autre capacité des partis à représenter les revendications et les objectifs du mouvement social. Deux problèmes sont posés pour y parvenir. Le premier concerne la façon d'être des partis, qui paraissent être trop éloignés de la culture de cette génération, de sa façon d'être ensemble. Le second concerne la construction d'une gauche alternative, dans chaque pays et en Europe, capable de constituer une force de représentation, une référence pour tout le mouvement. Le refus de la guerre et la contestation des politiques néo-libérales devrait constituer les éléments fondamentaux sur lesquels construire une nouvelle subjectivité politique. Car la crise de la politique tient aussi à la façon dont le centre-gauche a géré sa phase gouvernementale. Son acceptation de la guerre en Afghanistan a été un formidable accélérateur de la crise politique, mais aussi ses pratiques de politiques néo-libérales. Ces formations ont abandonné le terrain de l'alternative et de la critique à la modernisation du capitalisme. La naissance d'une nouvelle subjectivité politique suppose donc un renouvellement radical de la culture et des formes d'organisation, qui permette d'assumer pleinement l'opposition à la guerre et au néo-libéralisme et qui se propose comme un sujet de transformation politique en engageant sa refondation.

 

 Selon vous, quelles sont les étapes nouvelles franchies dans la construction d'une alternative à la mondialisation libérale avec ce premier forum social européen ?

 

 Fausto Bertinotti. La manifestation de samedi constitue le premier grand rassemblement européen contre la guerre. C'est un phénomène nouveau dans la politique européenne que le réseau du FSE convoque une manif contre la guerre, prise comme un élément fondamental des confrontations politiques de notre temps. Le développement du mouvement doit suivre ce chemin. Il a déjà inspiré la reprise du conflit social. L'étape décisive est maintenant de trouver le terrain de convergence et d'unité entre les conflits sociaux du travail et l'expérience du forum social. L'autre terrain d'avancée concerne la recherche de propositions alternatives commencée à Porto Alegre. Le forum social doit définir les caractéristiques d'un programme pour une autre Europe, d'un modèle social de développement, d'une Europe qui pourrait, par exemple, prendre la tête de la lutte contre la guerre dans une opposition à l'hégémonisme nord-américain.

 Entretien réalisé par Paule Masson

 

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 15:22

 chiclayo 1 

Non, je ne prétends pas avoir beaucoup voyagé mais j’ai toujours ramené des souvenirs de bibliothèques.

Ici je retrouve cette photo que j’avais oublié, de la bibliothèque de Chiclayo qui, dès les années 1996, était ce magnifique bâtiment. Mais le budget de fonctionnement ne fut pas à la hauteur du budget de construction.

Peut-être – et je l’espère – les temps ont-ils changé depuis.

Alors qu’au même moment la bibliothèque publique de la ville voisine Piura était modeste, elle vivait d’une intense activité, avec beaucoup de personnes à la fois pour servir le public et qui constituaient le public. Par la suite à Piura aussi, la bibliothèque est devenue un superbe bâtiment moderne mais toujours vivant.

 A Chiclayo, en 1996, je n’ai jamais vu bibliothèque plus morte. Un employé, peu de livres, peu de fichiers et personne d’autre que moi !

Comme souvent je voulais consulter de vieux journaux et l’employé, très serviable alla me chercher un carton de vieux papiers en désordre, des exemplaires de journaux découpés, bref, de quoi chercher…

 Après cet effort, l’employé s’est endormi à son poste et j’ai feuilleté ces pans d’histoire qui avaient seulement trente ans d’âge.

 Je suis ensuite parti sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller la quiétude des lieux. JPD

 

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 15:19

En 1959, les municipales à Moissac prennent une tournure étrange. Deux listes qui se réclament du radicalisme, s’affrontent.

Celle du docteur Villeneuve et celle du Conseiller général M. Tardis.

Jean Baylet annonce alors dans La Dépêche, en donnant la parole aux deux listes radicales :

« Il n’a pas dépendu de moi que l’union se réalise à Moissac. Des querelles de personne ne l’ont pas permis. Le différend est maintenant porté devant les électeurs. C’est à eux et à eux seuls qu’il appartient de le trancher. A eux et à eux seuls de choisir ceux qu’ils estimeront les plus dignes, les plus qualifiés pour administrer la ville.

Le Parti radical est suffisamment fort à Moissac pour que la victoire ne puisse lui échapper. C’est peut-être là, la seule excuse, si excuse il y a, à la bataille fratricide qui s’engage. »

 Comme à Montauban, le Parti radical même fort, ne va pas s’imposer à Moissac en 1959. Jean Delvolvé, une haute personnalité, membre du Conseil d’Etat, va devenir maire.

 Dans le texte de Jean Baylet je pointe son regret : « à eux et à eux seuls de choisir » car généralement en effet, il préfère, lui comme tant d’autres dirigeants, choisir avant l’élection, le candidat qui ensuite sera plébiscité.

Le PCF présente également sa liste évoquée ci-dessous. JPD

  

Liste d’union ouvrière paysanne et démocratique

 Demeurs Jean-Louis, instituteur, avenue Cayrou

Desseaux Elis, chauffeur, cité du Maroc

Quercy Léo, pépiniériste rue Gambetta

Cancel Jean-Marie, ébéniste, rue Gambetta

Bonhomme Marie-Louise, sage-femme, rue du Pont

Bastit Albert, capitaine en retraite, cité du Maroc

Capot Ernest, métallurgiste, rue du Pont

Lespinasse Elie agriculteur, à La Madeleine

Andre Yvonne, commerçante, allées Montebello

Arcis Auguste, géomètre principal du cadastre, rue Gambetta

Campanini Bruno, métallurgiste, boulevard Camille Delthil, ancien déporté de Buchenwald

Merle Gaston, maraîcher, à Saint-Benoît

Lapèze René, artisan rural à Saint Julien

Arpaillance Alice, professeur honoraire, avenue Cayrou

Dreuilhe Omer employé EDF, côte Saint-Laurent, ancien prisonnier de guerre

Fay Louis, arboriculteur, à Sainte-Livrade

Deray Albertine, ménagère, rue Général-Gras

Lagarde Edmond, ouvrier à Saint-Julien

Bonafous Hervé, ouvrier, rue Dérua

Maury Achille, distributeur de journaux, rue du Pont

Borderies Ernest, agriculteur, côté des Lièvres

Lestrade Pierre, employé EDF, allées Montebello

 

Bireau Jean, retraité SNCF, allées Montebello.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:59

Voici un mes écrits dans Tr’oc.

 

« Je n’ai point de vies à cacher, je n’ai que des défauts à montrer” Olympe de Gouges. »

 

Le 4, 5 et 6 Juillet 1991, dans le cadre du Festival de Montauban, Olympe de Gouges a été fêtée. F-M Castan précise que l'initiative va se prolonger en 92 et 93. Pour cette année, un grand colloque a eu lieu, animé par Olivier Blanc. Pour ma part, de la montalbanaise, je ne peux évoquer ici qu'un des aspects de la riche personnalité : ses relations avec ses origines occitanes (ce n'est pas un hasard si Mary-Lafon fut un des premiers à écrire en sa faveur).

Pour ceux de nos lecteurs qui ne connaissent pas la biographie d'Olympe, précisons qu'elle est née à Montauban en 1748, qu'elle s'y maria à 16 ans puis, veuve à 17, elle quitta sa ville à 19 ans, pour Paris, et au bras d'un entrepreneur des transports militaires. Elle se battra pour faire jouer ses pièces de théâtre qu'elle commença à écrire vers l'âge de 30 ans. Puis arriva la Révolution et sa vie se mit, plus encore, à l'heure de l'actualité. En 1791 elle publia sa "Déclaration des droits de la femme" et deux ans après elle mourut guillotinée (le 3-11-1793).

 Dans sa biographie (1) Olivier Blanc - l'homme qui la sortit de l'oubli et qui était présent au colloque - note au sujet de ses origines « elle appartient à une culture orale, celle des occitans »

Fait-elle référence, dans ses œuvres, à la culture d'oc ? à sa ville ? au Midi ? à sa langue maternelle?

Dans la préface au Mariage de Chérubin elle dit : « Aujourd’hui que je vois annoncé dans le journal un Mariage de Chérubin, ma vivacité languedocienne se réveille. »

Dans une autre préface, elle fait dire à Mr Molé au sujet d'un des actes de la pièce :

« Je n’ai pas reconnu votre feu languedocien ; on dirait que cet acte est sorti des glaçons du nord ».

Donc Olympe, "occitane" de comportement ? C'est un peu ce que disait en 1897 E. Forestié : « Notre héroïne fut une vraie Cadette de Gascogne, sans arrière pensée, bonne fille, la langue alerte, le cœur sur la main. » (est-ce cela une vraie Cadette de Gascogne ?).

Olivier Blanc pense qu'elle fut toujours, de cœur, montalbanaise, puisqu'elle resta en correspondance avec sa mère qu'elle aida financièrement.

J'attends des preuves plus consistantes au niveau de son œuvre où elle évoque sans doute, des souvenirs de jeunesse, mais sans géographie. Pourquoi mon scepticisme ?

Quand, en 1789, le montalbanais Poncet-Delpech, député du Tiers Etat, monte à Paris il se retrouvera chez elle mais pendant la Révolution jamais les textes d'Olympe ne seront évoqués à Montauban (les archives sont pourtant très riches). Dans ses carnets, Poncet-Delpech nota, avec tristesse, qu'Olympe mourut dans l'indifférence totale des montalbanais. Montauban ne connaissait pas Olympe, et Olympe n'avait pas à se soucier de sa gloire dans sa ville natale.

A l'inverse, d'autres montalbanais célèbres - tous des hommes - inscrivirent dans leurs œuvres et d'une manière incontestable, l'attachement qu'ils portaient aux ami(e)s montalbanais(es). En fait Olympe est une bâtarde (non reconnue par l'écrivain Lefranc de Pompignan présenté comme l'ennemi de Voltaire) et une femme qui voulait se battre. Son nom de femme de lettres dit, à la fois, son attachement à ses origines et son ambition considérable. On peut penser qu'elle avait jugé peu envisageables les appuis de sa ville d'origine, pas plus ouverte que d'autres à sa situation de marginale.

Son œuvre me paraît sans territoire de référence et il serait dommage de la faire plus montalbanaise qu'elle n'était (elle, comme son œuvre). Féconde me paraitrait plutôt, la mise en perspective avec la sans-culotte Claire Lacombe, comédienne, née à Pamiers dans l'Ariège (2). "La différence féminine" (3) n'induisait-elle pas un rapport aux lieux, autonome ?

Cependant sur un autre plan je crois possible de faire un rapprochement entre Olympe et des aspects de la culture d'oc. Quand elle écrit : « Je sais que souvent j'ai fait de grandes étourderies mais elles me plaisent et je mets quelquefois autant de recherches pour les commettre à mon désavantage que d'autres mettent de précautions à éviter même un mot équivoque." Cette autodérision se retrouve dans cette autre phrase extraite d'une préface à ses œuvres, Le Philosophe corrigé ou le cocu supposé (vous admirez le titre j'espère !) : « Je n'ai pas l'avantage d'être instruite, et comme je l'ai déjà dit, je ne fais rien. J'écouterai la voie de la modestie qui me convient à tous égards.» Autodérision, qui se retrouve aussi dans le titre de cette pièce.

Au débat lancé, voilà donc ma maigre et contestable contribution. Quant à l'action pour qu'Olympe ait un nom de rue à Paris « dans les beaux quartiers » juge bon de préciser Olivier Blanc, ou pour qu'elle entre au Panthéon, j'en souris encore. Comme action, je préfère penser à la réédition de ses œuvres qui est en souscription (renseignements : Festival de Montauban BP 814 82008 Montauban cédex).

Jean-Paul Damaggio, 82- Montalban

1 - Olivier Blanc, Olympe de Gouges. Syros

2 - Dominique Godineau, Citoyennes tricoteuses. Alinéa, 1988.

3 - Lire Luce Irigaray

 

Note 2013

A relire ce texte vingt ans après je dois noter :

1 ) Que les textes de Forestié et Mary-Lafon sur Olympe ont été réédités aux éditions La Brochure.

 

2 ) Que la référence aux préfaces me faisait déjà rêver d’une réédition des dites préfaces a été faite à La Brochure. Tout comme son premier texte politique avec une préface de… René Merle.

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:54

                              tr-oc.jpg

 

Depuis quatre ans, je travaille à l’étude des élections municipales montalbanaises. J’ai voulu retrouver des poèmes de Rolnd Garrigues, devenu maire socialiste de 1993 à 2001, qu’il m’avait envoyés pour un journal que nous faisions avec l’ami René Merle : Tr’oc un journal-tribune. J’ai alors décidé de mettre sur le blog la liste des articles. Un journal où dans le même numéro vous pouviez lire le célèbre linguistique Georges Mounin et le philosophe Daniel Bensaïd ! JPD

 

Pour Jean-Paul Damaggio j’ai écrit JPD et pour Renat Merle RM.

 Janvier 1991

N°1 – Mickiewicz – Du n°0 au n°1 JPD ; Palombella Rossa ? JPD ; Diférencias I Pasolini 1922-1975 RM ; A toteis auqelei que volon que sa linga siegue parlada Elisabeth Mallet

 

N° 2 – Gramsci, Diférencias II Joan Bodon 1920-1975 ; Contradiccions Glaudi Barsotti ; suite article de E. %Mallet ; mot d’Yves Gautier ; Golfe… de Gascogne JPD

 

N° 3 –La minuta de provocacion, dessin de F. Figeac ;  Daudet ici ¡? JPD : Diférencia III Handi-bag e Vent-Terral RN ; Letra duberta a E. Mallet, Peyre Paul ; A prepaus de normalisacion, Jaume Pietri

 

N° 4 – Amic, Amiga ? RN ; Le rendez-vous des quais, E. Damofli ; Dessins Figeac ; La guèrra del Golf, Cristian Laus ; D’Andalosias novelas, Bernard Ely ; Leçons de Morale, Lucien Bonnafé ; Lecture de « Lettres de Vienne » Terri(s)toire ? JPD (un livre de Robert Lafont)

 

N° 5 – Ais abonnats et non-abonats, RM ; Lo teatre de la Rampa per Provença et Daufinat Colette Chauvin ; Voyage d’un âne réboussié à travers l’occitanie, Jean-Marie Marconot ; Mister Golfe et docteur Oc : RM et JPD ; La canes de Midas de Max Rouqueta, Philippe Malrieu ; Occcitanisme et politique

 

N° 6-7 – Une quête d’Uzeste : le barbar’oc, JPD ; Laus de la dialectica, Robert Lafont ; Limoges ville rouge ? JPD (compte-rendu d’un livre de ce titre) ; Per lo TGV Joan Fieschi ; I corsi Fora ! Jaume Pietri ; Roge singlar cerca ciutat Ives Andrieu ; Je pense, donc … ? RM Folia a la provençala, Peiron Assante

 

N° 8 – Ensenhament 91, Florian Vernet ; Siam Fotuts ? Joan Sibille ; Doctor Gardy et Mister Verdié RM ; Sur la rectification de l’orthographe, G. Mounin ; dessins de Felipe Sabatiér ; Montauban-Marseille, JPD, dessin Figeac ; Une lecture d’Olympe de Gouges JPD

 

N° 9 – Bilinguismes enfantins, Georges Mounin ; AG de l’IEO, J-P Thibault-Delpuech ; Gaston Febus lo mite, Joan Eygun ; “Dances with wolves” and « war party » JPD ; Oc d’été en théâtrie Claude Alranc ; Lombardia, RN.

 

N° 10 - De l’empec deux utis informatics, Joan Eygun, Elei e n’autrei. I Occitan Blos ? RM ; Occitans se cal relevar las margas, Claudi Molinier ; Festival d’Uzeste 91 Elisabeth Mallet

 

N° 11 – Un bilan en forme de projet, RN et JPD ; et Fourès en lauragais, JPD ; Acta non est Fabula, Joan Sibille ; Oc d’hiver en Créatie, Claudi Alranc ; Elei e n’autrei II Mort d’un poèta RM, Ai resistents de Locmine Joan Fiechi

 

N° 12 – Sauvar nostrei regions ? Jaume Pietri ; La batalha de la lenga Cristian Laus ; Ensenhar l’occitan : innovar o crebas, Agnès Lobier ; A Claude Altanc J-M Buge ; Unitat RM ; Enseigner l’occitan en terminale, A. Faure ; Acamps Elisabeth Malet ; Iogoslavia ? JPD ; Cultiver le multicolore, JPD

 

Janvier 1992

N° 13 – Histoires de l’accordéon, JPD ;  De besonhs de lenga, Cristian Laux ; Aprep Maastgricht : a vosautres de jogar, Robert Lafont ; A et O, RM ;

 

N° 14 – Nacionalisme, JPD et RM ; Dialogue très astral, JPD ; La pierre de patience, Francine Rabelino ; Occitanisme, oc J-M Buge ; Trois études sur la lange, G. Mounin ; Occitanitat, B. Ely ; Du vécu à l’autogestion Daniel Bensaïd ; Le PCF et la culture occitane, Maurice Verdier ; Ve Victis, Jacme Serbat

 

N° 15 – Succursalisme, Jordi Blanc ; L’occitanisme vegut d’Auvernha Tiène Codert ; La délocalisation, Alan Rainal ; Le nationalisme, J-P Thinbaut ; Questions à un candidat, Claire Toreilles ; Messatges, Renat Merle

 

N° 16 – To be or not to be, Jaume Pietri ; Enfortir una meteissa cultura, aprofondir en las diferéncias, Lluis Fornès ; Eleccions : cronica d’una desfacha anonciada, J-P Thibault ; Question de modèle ¡ JPD

 

N° 17 – M. Miniussi, RM et Bernat Manciet ; une minorité au sein de l’occitanie italienne, Osvaldo Coisson ; Contes de las doas bocas, Colette Chauvin ; El rostre de l’idol, RM ; A Jordi Blanc, Peire Assante ; le point de vue d’un Vert, Yves Frémion ; poèmes de Roland Garrigues

 

N° 18 – L’universel pluriel, JPD ; 22 de març, la darrière desfacha ? J-P Thibaut ; Canto, canto provençau, Alex Massari ; article d’Elisabeth Mallet ; lettre d’André Faure ; Identitat I « normats » e/o « anormaus » ? RM ; Un miracle Lluis Fornés ; Colloque, Joan Sibille

 

N° 19 – Dictionnaires d’hier, et d’aneit, d’anueit, d’anuèch JPD ; Monsieur Faure, Claude Sicre ; A J-Thibaut, C. Laux ; Identitat II, RM ; Lo gascon, lenga dau pole gascon, Jean Lafitta ; les orientations de la normalisation linguistique corse, Jean-Marie Comiti

 

N° 20-21 – Identita III RM ; Toquètz pas a la lenga de mon papet ! Jacme Pietri ; article Elisabeth Mallet ; Tr’oc osca, F-M Castan ; Civilisation J-M Buge ; Eleccions, quinas eleccions ? J-P Thibault ; 2000 manca : Enric Damofli ; Carmaux, Tarn, France, JPD

 

N° 22 – L’occitanie italiene, Osvaldo Coisson ; Du roi au marceau de bois, JPD ; G. Mounin RM ; Una remarca sur l’identitat europèa, F-M Castan ; Ex com’aquo, Joan Fieschi

 

N° 23 – Carrièra-bis Claude Alranq ; Ua revista occitana en Gasconha, ahida e trebucs, Jan Eygun ; au miroir de Libé, RM ; Es pas parier Elisabeth Mallet ; Flamenca, JPD ; Arriverci tr’oc ? RM

 

N° 24 – Lettres de Cristian Laux, Philippe Malrieu, RM, Passejada mentonasca, JL Caserio ; L’identitat dels Franceses, C. Laux ; Les cahiers de Garlaban Jaume Piétri ; quelle poésie d’oc aujourd’hui J-L Pouliquen, Oc, seminari permanent Lluis Fornès ; Manifesto, RM

 

 

N° 25 décembre 1992 La fin du mensuel lettes, dialogues occitanistes, JPD et Orientacion RM

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 14:11

Voici en traduction l’article d’un espagnol qui pense à l’écrivain de Barcelone et qui le lie à un autre journaliste de tranchée. JPD

  

Manuel Vázquez Montalbán y otros periodistas de trinchera

Las batallas perdidas

Javier Morales

 

Depuis dix ans, Manuel Vázquez Montalbán est mort, et, quand arrive le week-end, j'ai encore envie de penser que, lundi, je vais le retrouver avec sa chronique dans le journal El Pais (1), quand il était quelque chose d'autre. Par le renouvellement de la poésie (il fut l'un des neuf novísimos de Castellet), du roman (la montée du genre noir en Espagne aurait été impensable sans l’existence de Pepe Carvalho) et de l’essai (lire son manifeste subnormal) il serait impossible de comprendre la seconde moitié du XXe siècle en Espagne sans le journaliste Manuel Vázquez Montalbán. Merci à Débate (2) qui donne la possibilité de lire ou relire son travail de journaliste, des débuts dans les années 1960 jusqu'à sa mort, l'éditeur l’ayant regroupé en trois volumes : chroniques de construction (1960-1973), de l'humour au désenchantement (1974-1986) et les batailles perdues (1987-2003).

Manuel Vázquez Montalbán a conçu le journalisme comme une guerre de tranchée. Sa chronique était quelque chose comme une speakers´corner particulier. « Le journalisme c’est de pouvoir intervenir lorsqu'un événement survient. Le journaliste réagit immédiatement, réaction qu’il met par l’écrit et en peu de temps elle est publiée. Pendant les époques où je n'ai pas été en mesure de donner mon avis, j'ai eu vraiment l’impression de vivre un manque, un manque que j’ai ressenti aussi quand je suis passé d’une section quotidienne à une base hebdomadaire ou mensuelle. J'ai été heureux quand j'ai pu écrire tous les jours, "a expliqué Manuel en 1992 au magazine Capçalera. Victime du franquisme (cette pellicule qu’encore nous n'avons pas réussi à éliminer dans ce pays, et je dirais même qu'elle s’est épaissie ces dernières années), doté d'une culture prodigieuse, aucune question n'était éloignée des préoccupations de l'écrivain de Barcelone. Sans être toujours d'accord avec sa position, ses articles ont toujours étaient pour moi, une référence incontournable et je crois qu'aujourd'hui, plus que jamais, ça devrait être une lecture obligatoire pour comprendre le présent. En 2002, en pleine crise du Prestige, il écrit: « Alors qu'en Europe, on assure en avoir marre, marre des nappes de pétrole, Mariano Rajoy survole la catastrophe en hélicoptère en fredonner ombre noire, ombre noire"."

 

Pedro Sorela, un autre puissant narrateur tout-terrain, nous parle du métier de journaliste dans El sol como disfraz (Alfaguara). Avec une prose précise et une ironie non exempte de tendresse, Sorela nous raconte la grandeur et décadence d'un directeur qui arrive dans un journal avec l'intention méchante de lui mettre de nouvelles lunettes.

Depuis longtemps, La chronique du siècle regarde la réalité avec un œil paresseux et la raconte avec l'autre, ce qui n'est pas loin. Picasso, le nouveau directeur, veut que les journalistes de la chronique du siècle observent la réalité avec un regard qui s'éloigne des poncifs, le cancer du journalisme et de la littérature. Et pour réussir, il devra transformer la rédaction, un microcosme où se nichent la vanité, l'envie, les querelles sentimentales et la lutte pour le pouvoir, même pour la simple écriture d'un titre. Un endroit où sont enterrés trop tôt les rêves parce que le temps, dans les journaux va deux fois pus vite et vieillit trois fois plus vite. Sorela sait bien qu’à la fin comme au début, ce qui distingue un bon écrivain et un bon journaliste c’est son regard. Ce que Manuel Chaves Nogales possédait. En tant qu'éditeur de El Heraldo de Madrid, Chaves Nogales a commencé en août 1928 un voyage en avion à travers l'Europe pour raconter de première main et à hauteur de la rue, ce qui se passait dans certains pays, comme dans la pré-hitlérienne Allemagne ou la Russie soviétique. Les reportages – complets avec les pièces amputées par la censure - ont été publiés sous forme de livre : Le tour d’Europe en avion. Un petit bourgeois dans la Russie rouge. Nous pouvons maintenant le lire grâce à l'editorial Libros del Asteroide, dont nous devons remercier la réédition d'une bonne partie de son œuvre, tant journalistique et littéraire.

 Déjà le prologue de l’écrivain sévillan nous prévient : « ce livre, uniquement de nature journalistique, n'augmente pas du tout l'acquis de la culture contemporaine...L'auteur, journaliste, s'exerce dans une technique qu’il estime plus appropriée à sa plume et accepte satisfait les contraintes imposées par cet emploi, un emploi appelé par Trotsky, de manière précise et sans pitié, « écumeurs de culture ». Le prologue est un plaidoyer en faveur du journalisme qui, même alors, comme aujourd'hui, a été méprisé par l'élite et la classe moyenne, dans un pays où 30 % de la population était illettrée. C'est pourquoi la démocratie n’en finit jamais de se solidifier en Espagne.

 Les mérites des histoires brillantes de Chaves Nogales - qui a immédiatement découvert les possibilités que la technologie peut offrir au journaliste – ne sont pas tellement dans ce qu’ils affirment ou non dans leurs diagnostics (« Il y a aujourd'hui une Allemagne républicaine qui empêchera toujours une rechute dans le militarisme,» affirme-t-il  sur son chemin à travers le pays allemand), mais seulement par la vérité qui respire ses paroles nées de la réflexion et du contact avec la vie quotidienne. Un contact sans préjugés et sans œillères, où pèsent plus la compréhension et l'empathie humaine que le jugement politique (le récit de sa rencontre avec Ramón Casanellas, meurtrier d’Eduardo Dato est impressionnant). Plus que pour confirmer ses idées, Chaves Nogales voyage pour découvrir. Et ce qu’il découvre, parfois, le surprend.

 

Retenons ce que dit « ce petit bourgeois » à propos de sa synthèse « sûrement arbitraire », qu’il fait de son voyage en Russie soviétique, dix ans après la victoire bolchevique, lorsque Staline av commencé à se débarrasser de ses compagnons de voyage. « Après avoir parcouru la Russie et après avoir cherché ardemment le pour ou le contre de ce qui a été écrit sur la révolution, j'ose croire que la posture de l'homme vraiment civilisé n'est pas d'être communiste ou anti-communiste, mais attentif au développement des faits, sous-pesant et évaluant les responsabilités de chacun des facteurs qui sont intervenus dans l'épreuve terrible qu'il est vécue dans leur chair par une peuple de 140 millions d'habitants, sans rejeter la possibilité de la naissance d'une nouvelle humanité, mais sans rien perdre en même temps du fait qu'on aurait pu se tromper de chemin".

 Je crois que dans ce « être vigilants » réside la force de son magistère, qui devrait guider le travail de ceux qui continuent de s’intéresser à ce qui se passe autour de nous et ressentons le besoin de le raconter, de ceux qui croient que le journalisme, malgré tout, est un des plus beaux métiers du monde et, en aucun cas, une bataille perdue d'avance.

 Rendez-vous en septembre !

 Source: http://elasombrario.com/2013/08/03/las-batallas-perdidas/

 

Note JPD :

1 – Les dernières années de la vie de MVM, je recevais tous les lundis El Pais chez le marchand de journaux de Beaumont-de-Lomagne et j’éprouve moi aussi cette sensation hebdomadaire, le besoin de la chronique de MVM.

 

2 – Debate est l’éditeur des articles journalistiques de MVM

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