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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 15:50

                                 bousquet

Le 11 juin 1993, René Bousquet devait se voir notifier par la présidente de la cour d’appel de Paris, Martine Anziani, les chefs d’inculpation retenus contre lui; dont celui de crime contre l’humanité. Trois jours avant, il était assassiné, évitant ainsi au personnage son procès. Le Nouvel Observateur publia dans son édition du 10-16 juin 1993 des extraits de pièces de l’acte d’accusation que nous reprenons ici pour lutter contre le mensonge. Comme tout document de justice il s’en tient aux faits, à partir du moment où de minutieuses recherches ont pu les clarifier. JPD

 

Réalité des faits imputés à René Bousquet

L'examen des deux plaintes initiales assorties de constitution de partie civile fait ressortir que trois faits distincts sont imputés à René Bousquet :

— Sa participation à une conférence réunie à Paris le 2 juillet 1942 sous la présidence du SS Brigadeführer (général SS) Oberg et relative à la coopération des polices française et allemande.

— L'envoi d'instructions restreignant ou supprimant pour certaines catégories de juifs les exemptions antérieurement édictées en leur faveur.

—La participation à une conférence tenue le 16 avril 1943 avec le général Oberg et définissant les modalités de la lutte contre les ennemis du Reich.

 

A — La conférence du 2 juillet 1942

Sa réalité est attestée par un procès-verbal (...) rédigé le 4 juillet 1942 par le SS Sturmbannführer Hagen, qui était à l'époque des faits l'un des collaborateurs du SS Standartenführer Helmut Knochen, chef pour la France de la Police de sécurité et du service de renseignement (...). Du côté français, le seul interlocuteur était René Bousquet, alors secrétaire général pour la Police, assisté pour la circonstance de l'interprète Wilhelms. (...)

Après avoir fait état des exigences formulées par le SS Hauptsturmführer Dannecker (responsable allemand de la section des affaires juives) quant à l'arrestation immédiate de 10000 juifs en zone libre et de 20 000 juifs en zone occupée en application des accords conclus antérieurement avec le gouvernement français, Bousquet avait indiqué s'être entretenu de cette question avec Laval et avoir soumis à celui-ci le projet établi par Leguay (son représentant personnel en zone occupée) pour satisfaire à la demande de la puissance occupante.

Les passages du compte-rendu de Hagen relatifs aux arrestations de juifs qui viennent d'être sommairement exposés font ainsi ressortir que Laval avait chargé Bousquet d'obtenir que fussent épargnés les juifs français et que la police française fût tenue à l'écart des opérations conduites en zone occupée.

Or, à l'issue de l'entretien, il apparaît que Bousquet, afin peut-être de mieux résister sur le premier point, cède sur le second en proposant de faire arrêter — ce qui signifie : par la police française — les juifs résidant dans les deux zones.

Sans que l'on soit en droit d'exclure que cette position de repli ait été envisagée dans les instructions dont le chef du gouvernement l'avait vraisemblablement muni en vue de la rencontre du 2 juillet, force est de constater que Bousquet apparaît ici comme étant à l'origine d'une initiative personnelle qui correspond d'ailleurs à la position à laquelle il s'est constamment tenu dans la suite des événements, à savoir que la police française devait avoir la maîtrise des opérations visant les juifs.

Quoi qu'il en soit des circonstances exactes dans lesquelles Bousquet a été amené à formuler les propositions qui viennent d'être rappelées, on ne peut que constater qu'elles ont été entérinées par le gouvernement de Vichy dès le lendemain 3 juillet 1942. Interrogé à ce sujet le 21 mai 1992 par les autorités judiciaires allemandes, Helmut Knochen a fait observer que Bousquet « était assez habile pour s'assurer auparavant d'une couverture pour ses actions ».

 

B –Les instructions de Bousquet des 18,20 et 22 août 1942

Le 5 août 1942, Henri Cado, directeur général de la police nationale, adressait aux préfets régionaux de la zone libre, sous le timbre de la direction de la police du territoire et des étrangers, des instructions énonçant onze cas d'exemption permettant aux juifs de nationalité étrangère entrant dans l'une de ces catégories d'échapper au transfert en zone occupée prévu par Vichy, à fin de déportation par les Allemands.

Par la suite, un télégramme daté du 14 août 1942, adressé aux préfets régionaux de la zone libre, apportait certaines précisions aux précédentes directives permettant d'étendre à d'autres personnes le bénéfice des cas d'exemption. (...)

Les parties civiles font grief à Bousquet d'avoir adressé le 18 août 1942 aux mêmes destinataires de nouvelles instructions supprimant les onze dérogations prévues.

L'examen des pièces de la procédure suivie devant la Haute Cour révèle l'existence d'un télégramme secret portant cette date et figurant à la cote 1839. Ce document, signé René Bousquet, prévoit seulement six cas d'exemption :

— les vieillards de plus de 60 ans ;

— les personnes intransportables ;

— les femmes en état de grossesse apparente ;

— les père ou mère d'un enfant âgé de moins de 2 ans ;

— les personnes ayant un conjoint ou des enfants français ;

— les personnes dont les noms figurent sur des listes annexes (notamment à une circulaire du 20 janvier 1941).

Par ailleurs, il supprime formellement la faculté (prévue dans les directives antérieures) accordée aux parents d'enfants de moins de 18 ans demeurant en zone libre de laisser ceux-ci sur place.

De ces nouvelles instructions, il est résulté que les enfants âgés de moins de 18 ans, qu'ils aient été accompagnés ou non, devaient être désormais appréhendés et déportés en zone occupée et que les parents d'enfants âgés de moins de 5 ans (bénéficiaires de la circulaire Cado) auraient à subir le même sort dès lors que leurs enfants avaient plus de 2 ans.

L'examen des pièces du dossier de la Haute Cour fait également ressortir la présence (...) de deux autres télégrammes secrets portant aussi la signature de René Bousquet et complétant les directives du 18 août.

Le premier de ces télégrammes prévoit l'internement administratif des personnes dont l'attitude ou les actes entraveraient l'exécution des instructions « sur le regroupement des israélites ».

Le second prescrit aux préfets régionaux de prendre personnellement en main le contrôle des opérations décidées à l'égard des juifs étrangers et de « briser toutes les résistances (sic) qui pourraient être rencontrées dans les populations lors de l'exécution de ces mesures.

Par ailleurs, ce télégramme du 22 août 1942 ordonne la mise en œuvre de « contrôles extrêmement » sévères et de « vérifications d'identité par d'importantes forces de police afin de libérer totalement [chaque] région de tous les juifs étrangers dont le regroupement [a été] prévu ».

En l'état, aucun élément de la procédure ne permet de mettre en doute l'authenticité de ces trois documents qui figurent en original parmi les pièces du dossier de la Haute Cour conservées aux Archives nationales.

 

C — Les accords du 16 avril 1943

Le 16 avril 1943, le général Oberg, à l'issue d'une réunion ayant rassemblé les Kommandeurs SS, les préfets régionaux et les intendants de police, faisait une déclaration écrite définissant les modalités d'une coopération étroite entre les polices allemande et française dans la zone anciennement libre qui avait été envahie par l'armée d'occupation en novembre 1942. (...)

L'étude [de ce document] fait ressortir qu'en principe, les opérations de maintien de l'ordre doivent être conduites par la police française, la police allemande ne devant mener des « actions exécutives «propres que pour l'accomplissement de sa mission de protection de l'armée allemande.

La nécessité de lutter contre des adversaires communs est soulignée à la rubrique n°1 dont l'un des paragraphes est ainsi libellé : « L'une et l'autre [il s'agit des deux polices] reconnaissent qu'il est de leur tâche commune en zone d'opération [i.e : zone anciennement libre] comme en zone occupée de combattre avec tous les moyens dont elles disposent les attaques des communistes, des terroristes, des agents étrangers et des saboteurs, non seulement à l'égard des individus qui exécutent, mais aussi à l'égard de ceux qui les inspirent : les juifs, les bolcheviks et les Anglo-Saxons'(...).

 

Conséquences des faits imputés à René Bousquet

(...) Des divers documents qui ont été ainsi sommairement passés en revue il ressort clairement (...) que des opérations massives d'arrestation, d’internement et de transport en zone occupée de plusieurs milliers de personnes en vue de leur remise aux Allemands ont été réalisées effectivement par les services de police et de gendarmerie français agissant sous l’autorité des préfets régionaux compétents en exécution de directives qui, émanant principalement de Bousquet et des responsables relevant de son autorité, entraient dans l’accomplissement du plan d’action d’ensemble défini notamment lors de la conférence du 2 juillet 1942.

Il est établi (…) que de nombreux enfants qui auraient normalement dû être épargnés ont été effectivement arrêtés et internés avant d’être remis aux autorités allemandes (…)

Sur un total de 498, il apparaît que 53 d’entre eux étaient âgés de 2 à 5 ans et n’ont été internés en vu de leur déportation qu’en conséquence des nouvelles directives de Bousquet rétrécissant le nombre de cas d’exemption prévus par la circulaire Cado (…)

Il n’est pas contestable que les mesures visant notamment les enfants juifs de la zone occupée se sont poursuivies bien au-delà de l’été et de l’automne 1942.

Un rapport interne à l’Inspection générale des Services daté du 24 mars 1943 (...) fait état de l'arrestation à Paris en effet de 1569 juifs étrangers de tous âges appréhendés soit à leur domicile ou dans les hôpitaux où ils recevaient des soins. Parmi eux figuraient de nombreux vieillards et 35 enfants âgés de moins de 16 ans. (...)

Il convient de rappeler pour mémoire que la remise de milliers de juifs étrangers et apatrides de tous âges aux autorités allemandes a eu pour conséquence leur déportation massive vers les territoires de l'Est où la plupart d'entre eux devaient trouver la mort dans le camp d'extermination d'Auschwitz. (...)

 

Nature des faits reprochés à Bousquet, leur imputabilité à celui-ci

(...) Il ressort tant des déclarations de l'inculpé que des observations formulées dans la note susvisée [note du 19 août 1992 au président de la Chambre d'accusation] qu'il ne conteste pas la matérialité des faits reprochés, se contentant de justifier son comportement par la nécessité où se trouvaient alors les responsables français de «limiter le désastre «.

De la même manière il avait admis lors de son interrogatoire, le 20 mai 1985, dans le cadre de l'information suivie contre Leguay, que celui-ci dont il reconnaissait assumer la responsabilité des actes — n'avait agi que sous sa seule autorité et ne devait rendre compte qu'à lui-même des résultats de son action. Or il a été montré, bien que les poursuites aient été interrompues en raison du décès de l'inculpé, que les agissements de Leguay constituaient objectivement des actes de complicité de crimes contre l'humanité. (...)

Ces faits commis en pleine connaissance de cause par Bousquet constituent bien, au sein d'un processus complexe de participation aux crimes perpétrés par les agents de la puissance occupante, des actes positifs de complicité par aide et assistance aux autorités allemandes, celles-ci n'ayant pu réaliser les déportations massives vers les territoires de l'Est et les assassinats qui allaient en être la suite que grâce au concours apporté à leur entreprise par les services de police français agissant en conformité avec les ordres reçus de Bousquet.

A l’appui de sa défense, celui-ci a longuement développé, dans la note du 19 août 1992, les circonstances dans lesquelles il avait été amené à conduire son action pendant la période considérée. (…)

Bousquet affirme avoir été opposé à toute action contre ceux-ci [les juifs] en invoquant une mention manuscrite apposée par Knochen sur une note rédigée par Dannecker le 15 juin 1942, qui fait état de ses réticences « sur le chapitre des juifs » et de la nécessité où les Allemands ont été de le « travailler sérieusement au corps le 16 juin ». (…)

L’inculpé a indiqué que la préoccupation essentielle de Laval, contraint de fournir aux autorités allemandes les quantités d'individus réclamés par celles-ci, avait été de protéger les juifs de nationalité française et pour cela d'empêcher les Allemands d'intervenir directement en zone occupée. (...)

Quoi qu'il en soit l'inculpé conclut des observations qui précèdent :

1 - qu'il n'était pas matériellement possible de s’opposer aux exigences allemandes ;

2 - que l'arrestation des seuls juifs étrangers et apatrides par les services de police français permettait d'épargner les juifs français et d'éviter les brutalités auxquelles la feldgendarmerie et la police allemande n'auraient pas manqué de se livrer si elles avaient exécuté elles-mêmes les opérations;

3 - qu'il s'est trouvé dans la nécessité de faire face à une situation exceptionnelle aux conséquences de laquelle il aurait pu se dérober soit en laissant agir directement les forces d'occupation, soit en démissionnant de ses fonctions ;

4 - qu'il a préféré demeurer à son poste afin de sauver ce qui pouvait l'être et de « servir ainsi [son] pays ».

S'il n'est pas contestable que les principaux responsables du gouvernement de Vichy, au premier rang desquels Laval et Bousquet (...) se sont résignés à donner satisfaction à l'autorité allemande, il n'en demeure pas moins qu'ils faisaient partie, l'un à la tête du gouvernement, l'autre à la tête de sa police, d'un régime pratiquant depuis le 3 octobre 1940 (premier statut des juifs) un antisémitisme d'Etat fondé sur la discrimination, l'exclusion, la spoliation et l'internement des juifs et reposant sur de multiples lois décrétées par le maréchal Pétain, «chef de l'Etat français » ; qu'ils ont délibérément accepté de participer à des négociations portant sur la déportation de populations innocentes ; qu'ils ont pris des initiatives et formulé des propositions dont l'objectif était de parvenir à un modus vivendi avec leurs interlocuteurs et de permettre ainsi la mise à exécution, par des moyens essentiellement français, d'un plan d'ensemble d'évacuation d’une grande partie de la communauté juive étrangère.

Bien que l’on puisse tenir pour assuré que les exigences allemandes ont été exprimées avec énergie et détermination, il n’est pas démontré que les pressions ainsi faites ont été d’une telle intensité qu’elles aient pu constituer une contrainte ayant aboli le libre arbitre de l’inculpé au sens de l’article 64 du Code pénal.

Par ailleurs compte-tenu de son niveau de responsabilité, celui-ci [Bousquet] ne s'est pas trouvé dans la situation d'un subordonné tenu par sa position hiérarchique d'exécuter des ordres illégaux.

L'eût-il été, notamment à l'égard de Laval, que cette circonstance serait indifférente, le commandement illégal, même émanant de l'autorité légitime, ne pouvant valoir fait justificatif au sens de l'article 327 du Code pénal. (...)

Il convient, pour en terminer avec cet aspect de la question, d'indiquer que la méconnaissance probable par les responsables de Vichy — dont Bousquet — des conséquences réelles des déportations, à savoir l'extermination immédiate ou différée des juifs livrés aux Allemands, est sans incidence sur la nature et la gravité des faits reprochés à l'inculpé.

Il suffit en effet pour que la complicité de crimes contre l'humanité soit établie, de constater que les actes visés sous cette qualification ont tendu à faciliter des conduites criminelles punissables en droit interne et correspondant à l'une quelconque des hypothèses visées par l'article 6-C de la Charte du Tribunal international.

L'assassinat expressément envisagé dans ce texte n'est pas nécessaire, les actes inhumains et persécutions — dont les déportations en Allemagne et les transferts forcés d'enfants — étant suffisants pour caractériser le crime contre l'humanité.

 

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 16:24

Le Patriote du 19 mai 1953 et celui du 14 mai publient deux articles en lien avec Marcel Lenoir déjà largement présent sur ce blog. Le premier est de Maurice Oustrières et le second du peintre L-P Cadène, article sans nul doute à la demande d’Oustrières qui animait la page Montauban du quotidien régional communiste. JP Damaggio

 

Marcel Lenoir au Musée Ingres

Une centaine de personnes ont assisté le dimanche 17 mai, à 11 heures, à l’ouverture de l’exposition de peinture Marcel Lenoir, au Musée Ingres.

Rappelons que les « Amis du Musée Ingres » en accord avec M. Ternois, conservateur de notre musée, organisent tous les ans des expositions des maitres montalbanais, qui trop longtemps hélas ! ont été tenus éloignés de leurs compatriotes, qui n’ont pu suivre qu’imparfaitement leurs efforts et connaître leurs toiles qui ont retenu l’attention des connaisseurs du monde entier. C’est ainsi que Marcel Lenoir trouve aujourd’hui sa place au musée Ingres après les expositions de Bourdelle, Desnoyer et de notre ami L.-P. Cadène.

Les capitales du monde entier possèdent des peintures de Marcel Lenoir et Montauban, la ville natale du grand maître, gardait cachée dans un coin du grenier du musée, une seule toile « La première Crucifixion » acquise par la municipalité Capéran.

Or, aujourd’hui, la collection du professeur Soula, magnifique collection des œuvres de Marcel Lenoir, qui appartenait à Mme Géo Lenoir, femme de l’illustre artiste, figure à notre musée auprès des toiles et dessins du maître montalbanais du musée de Toulouse.

A l’ouverture de l’exposition de dimanche dernier nous remarquons les artistes de la Semaine d’Art en Quercy et les amis personnels de Marcel Lenoir. Nous avons cité parmi les peintres : Lucien Andrieu, créateur avec Lenoir de « l’Ecole montalbanaise de Peinture, Crostelly, Ibanez, Chalanda, Lalande, Lalagüe et parmi ses amis, Melle Bouis, MM. Feral et Charles Beaute. Notre ami, le maître L.-P. Cadène souffrant, n’avait pu se rendre à l’ouverture de cette rétrospective. Maurice Oustrières

 

Marcel Lenoir intime

Il adorait son pays natal et ici nous attendions l’époque de sa venue, il descendait chez moi au début et nous nous mettions au travail ; c’était un entraîneur remarquable, il savait renouveler l’enthousiasme. Il fallait croire et on croyait.

Il attirait les gens, il aimait à travailler très entouré. Ce n’est que plus tard qu’il alla à Bruniquel, puis à Montricoux. Pourtant il chérissait toujours sa ville.

Je l’ai connu quand il avait 30 ans ; j’en avais 14 en même temps que notre ami le grand artiste Lucien Andrieu. Il s’amusait à me taquiner, il m’instruisait en me blaguant ! Je ne sais quel était son bagage intellectuel mais je ne l’ai jamais vu « flancher » dans des conversations avec des gens d’une intelligence remarquable, et notre ami le professeur Soula peut en parler savamment.

Que dire encore ? Une des dernières lettres reçus de lui contient un croquis représentant une tombe et un pied furieux qui la piétine, avec cette légende : « Garce ! Tu ne me « foutras » donc jamais la paix ! »

Il se savait très malade et il était trop intelligent pour garder la moindre illusion : pourtant il travaillait toujours.

Je pense que notre ami Andrieu voudra bien dire quelle fut la portée de cette œuvre immense et très diverse. Aussi, je n’insiste pas sur son œuvre, mais quels pas n’avait-il pas faits depuis les enluminures du début jusqu’à seulement cette immense fresque de l’Institut Catholique de Toulouse, qui est un chef d’œuvre de composition et de technique.

Cette fresque de 17 mètres de long sur 7 mètres de haut, où évoluent plus de cent personnages, dont certains sont plus grands que nature, est tout de même encore une chose unique pour notre époque…

J’ai travaillé avec lui à ce moment-là ; il ne se retirait que fourbu, de sur son échafaudage, et cet homme si malade était capable de « crever » l’homme jeune que j’étais encore.

Je le revois dans les rues montantes de Bruniquel ou dans le paysage plus calme de Montricoux ; sa grande figure de prophète plane encore sur ces lieux qu’il aimait, mais ses yeux devaient alors se tourner bien souvent vers sa ville natale : Montauban qu’il aima toujours.

Je l’ai dit : son activité était inlassable. Très épris de son art, il écrivait aussi beaucoup. Peut-être ses écrits, quoique curieux, ne sont pas la plus belle partie de son œuvre.

Un homme comme Lenoir ne pouvait rien dire de banal ; il effleurait tous les sujets et je dois le dire, s’il avait une façon bien particulière d’expliquer par exemple les Théories d’Einstein, alors dans leur nouveauté, ce n’est pas sans un sourire malicieux qu’il nous lisait parfois quelque pièce de vers assez déconcertante, mais non pas moins curieuse que les découvertes antérieures du dadaïsme et même du surréalisme.

En tout cas, lui et son ami Andrieu avaient su créer un groupement de jeunes artistes qu’on a appelé fort justement « l’école de Montauban », et dont les ramifications se sont étendues beaucoup plus loin qu’on ne le pense.

Puisse cet hommage d’un de ses disciples apporter chez certains jeunes d’aujourd’hui un peu de pudeur et de dignité. Certes, l’art évolue et il est naturel que des formes des compréhensions nouvelles viennent revivifier des formules trop connues, mais avec quel doigté et quelle discrétion ! L’exemple du grand artiste trop tôt disparu, dont je parle, peut apporter en tout cas une aide morale aux pionniers d’un art nouveau

L-P Cadène

 

Articles du blog sur Marcel Lenoir :

La villa des peintres à montricoux

Article - 07/08/11 - Dans cette villa, j’ai donc retrouvé avec émotion L. Andrieu, h. Ramey, marcel-lenoir. J’ai découvert Louis Cazottes que je ne connaissais pas, celui qui peint le…

Emission radio sur cfm

Article - 13/03/12 - à CFM, la radio étant bien connue nous vous faisons confiance. Montricoux : le peintremarcel-lenoir, 22 mars, 30 mars Cazals : le député Jules Fourrier 29 mars, 1 avril …

Les peintres à montricoux

Article - 26/04/12 - l. Delancray, f. Desnoyer, e. Domergue-Lagarde, r. Espinasse, r. Gaillard-Lala, j.-g. Goulinat, marcel lenoir (dont un tableau de 1893 signé de son véritable nom, Jules Oury), R. Limouse,…

Cladel et marcel-lenoir dans la même revue

Article - 28/11/11 - Cladel et marcel-lenoir dans la même revue - Cladel et marcel-lenoir dans la même revue marcel-lenoir était un peintre né à Montauban en 1870 et mort à…

Mort de marcel-lenoir peintre

Article - 28/11/11 - Mort de marcel-lenoir peintre - L'Art et les artistes. 1931/10-1932/02. marcel-lenoir a TRAVERSces pensées que marcel-lenoir écrivait avec « l'espoir, disait-il, que…

La mort de marcel lenoir

Article - 15/01/12 - La mort de marcel lenoir - Voici la présentation faite par l’Indépendant, hebdo radical du Tarn-et-Garonne, de la mort de marcel lenoir. Etrangement, marcel lenoir a beaucoup peint pour…

 

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 14:05

En Tarn-et-Garonne les législatives ont permis l’élection de Valérie Rabaut pour le PS et de Sylvia Pinel pour le PRG. Celle-ci étant restée ministre, c’est le suppléant socialiste qui la remplace. Les votes de ce dernier semblent plus dictés par le PRG que par le PS.

Dans tout parti, le débat est évident mais au point d’avoir des positions aussi contradictoires, c’est étrange.

En isolant en Tarn-et-Garonne, Valérie Rabaut, Jacques Moignard lui complique la tâche car, nous le savons, les deux sénateurs PRG ont voté contre le projet sur le cumul, et généralement, J-M Baylet, quand il n’obtient pas le soutien des parlementaires, a tendance à se fâcher…

 Analyse du scrutin public n° 536 sur l'ensemble du projet de loi relatif à la transparence de la vie publique.

Majorité absolue : 261    

Pour l'adoption : 328 Valérie Rabaut

Contre : 193 Jacques Moignard

 Analyse du scrutin public n° 559 sur l'ensemble du projet de loi organique interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur.

Majorité absolue : 265    

Pour l'adoption : 300 Valérie Rabault

Contre : 228    

abstention :25   

Jacques Moignard n'est pas présent au vote et ne donne pas de délégation.

 J-P Damaggio

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:50

 

                                patriote-1953.jpg

Journée pluvieuse ce matin alors j’ai repris le chemin des Archives départementales du Tarn-et-Garonne.  Je prends enfin le temps de consulter les numéros présents du journal communiste Le Patriote du Sud Ouest, journal qui se trouve très rarement dans des archives publiques. Je ne peux dire exactement la durée de ce quotidien où Mautice Oustrières s'occupe de la page Montauban. Sans doute de 1945 à 1958.

Que la collection soit incomplète, je l’avais noté depuis longtemps mais je découvre que les articles les plus importants ont été découpés ! Parfois le service n’a pas exécuté l’ordre et on trouve le mot « découper » à côté de l’article qui devait aller compléter quelques dossiers. C’est ainsi que cet article de Roger Vié est absent comme un autre article de Pierre Juge également au sujet de La Dépêche. Je me dois de préciser que les exemplaires du quotidien La Dépêche sont victimes des mêmes coups de ciseaux mais ce journal est disponible en entier à la médiathèque municipale.

 

L’historien travaille avec les sources disponibles… JP Damaggio

Ci-dessous l'article à découper mais qui n'a pas été découpé :

patriote-suite.jpg

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 16:17

                                              jeanne-d-arc-blog.jpg

 

Sur le Patriote du Sud Ouest le 12 ai 1953 (journal communiste) : La légende de la photo

Dimanche, Paris a rendu hommage à nos deux héroïnes nationales, Jeanne d’Arc et Danielle Casanova. Comme chaque année des monceaux de fleurs ont été déposés au pied de la statue de Jeanne d’Arc et du reposoir de Danielle. Sur notre photo, place des Pyramides, un groupe de jeunes enfants déposant leurs petits bouquets.

 Quelques liens sur Jeanne d'Arc repris de ce blog

Daniel bensaïd ? Lequel ?

Article - 19/01/10 - avec ce militant LCR bien connu dans la région toulousaine. Je venais de lire son livre sur jeanne d’Arc et en guise de présentation, je lui ai demandé s’il était judicieux de…

http://la-brochure.over-blog.com/article-daniel-bensaid-lequel--43224917.html

 

Ernest-pignon-ernest et willy ronis

Article - 21/08/12 - événement. Parmi les photographies que vous avez retenues, l'une d'entre elles montre jeanne d'arc avec Danièle Casanova. Pourquoi cette image? Willy Ronis. Je ne sais…

http://la-brochure.over-blog.com/article-ernest-pignon-ernest-et-willy-ronis-109282785.html

 

Elles sont 101 femmes

Article - 24/01/12 - 20 euros. Nombreuses illustrations. Hypatie, Aliénor d’Aquitaine, Christine de Pisan, jeanne d’Arc, jeanne d’Albret Olympe de Gouges, Marie-jeanne Roland, Mary Wollstonecraft …

http://la-brochure.over-blog.com/article-elles-sont-101-femmes-97827145.html

 

Encore bourdelle, mariategui

Article - 06/01/13 - se lancent à la découverte de nouveaux horizons, et Mariategui cite avec passion le cas du jeanne d’Arc de Joseph Delteil. Et Bourdelle alors ? Mariategui…

http://la-brochure.over-blog.com/article-encore-bourdelle-mariategui-114120148.html

1937 : a toulouse, bagarres autour de jeanne d’arc

Article - 14/11/11 - 1937 : A Toulouse, bagarres autour de jeanne d’Arc - 1937 : A Toulouse, bagarres autour de jeanne d’Arc Avant la deuxième guerre mondiale, la fête en…

http://la-brochure.over-blog.com/article-1937-a-toulouse-bagarres-autour-de-jeanne-d-arc-88690588.html

Jeanne d’arc / bensaïd

Article - 13/09/11 - jeanne d’Arc / Bensaïd - En 2009, peu avant sa mort, Bensaïd publie cet article dans le journal Alternative libertaire. (cliquer sur le titre pour accéder à la source). Nous le…

http://la-brochure.over-blog.com/article-jeanne-d-arc-bensaid-84168744.html

L’humanité, jeanne d’arc, 1937

Article - 14/09/11 - L’Humanité, jeanne d’Arc, 1937 - En 1937 le gouvernement de Front populaire poursuit les cérémonies nationales pour célébrer jeanne d’Arc. Le PCF est fortement présent dans les…

http://la-brochure.over-blog.com/article-l-humanite-jeanne-d-arc-1937-84259349.html

Jeanne d’arc, laquelle ?

Article - 06/01/12 - jeanne d’Arc, laquelle ? - jeanne d’Arc, laquelle ? Mais pourquoi donc a-t-elle été brûlée ? J’ai cru un instant que l’historien Nicolas Sarkozy allait nous donner la réponse…

http://la-brochure.over-blog.com/article-jeanne-d-arc-laquelle-96302915.html

Que faire de jeanne d’arc ?

Article - 13/09/11 - Que faire de jeanne d’Arc ? - Né en 1951, je n’ai eu de jeanne d’Arc que la légende scolaire, sans imaginer un seul instant les enjeux politiques autour de cette jeune femme morte…

 

http://la-brochure.over-blog.com/article-que-faire-de-jeanne-d-arc-84167439.html

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 23:17

Voilà que la capture du chef des Zetas, au moment où le pape tonne contre la drogue, fait la Une des journaux. Cette question étant une de mes favorites je voulais écrire quelque chose là dessus mais l’article ci-dessous du journal mexicain Proceso m’en dispense en partie…

J-P Damaggio

  

Los Caballeros Templarios, una pesadilla para Peña Nieto

La ville de Mexico (apro)-Les Caballeros Templarios ont remis en question la stratégie de la « technologie et intelligence » qui a permis au gouvernement de Enrique Peña Nieto la capture hollywoodienne de Miguel Angel Trevino Morales, le Z-40.

Le succès de Peña Nieto a duré seulement quelques jours. La semaine même, où est arrêté à Tamaulipas le principal dirigeant temporaire de los Zetas, des attaques des Caballeros Templarios ont commencé dans le Michoacán contre la Police fédérale (PF) et ensuite contre la population civile, avec environ une cinquantaine de morts et de blessés parmi les policiers, civils et criminels dans les régions de la côte, terres chaudes et dans la propre Morelia, la capitale de l'État.

Si en effet l'intelligence et la technologie guidaient le gouvernement fédéral dans sa lutte contre le crime organisé, il ne serait pas tombé dans le piège posé par l'organisation dirigée par Servando Gómez Martínez et Enrique Plancarte, El Tío La Tuta.

Du moins, tels sont ceux qui furent identifiés par la Police fédérale à l'époque de Genaro García Luna, avec un doute quant à la disparition de Nazario Moreno González, El Chayo, officiellement déclaré mort dans un affrontement avec le PF en décembre 2010.

Peña Nieto et son cabinet de sécurité est tombé dans le piège de l'ordre des Templiers et dans sa première incursion dans l'Etat, ils répètent l'erreur de Felipe Calderón et sa « guerre contre la drogue».

La conséquence est que le Michoacan est confirmée jusqu'ici comme le tombeau de dizaines de policiers fédéraux. Mais dans un scénario beaucoup plus compliquée que celui avec lequel échoua Calderon. Ce qui se passe dans l'État, c'est maintenant un cocktail dangereux, peut-être unique dans le pays. C'est la particularité du Michoacán, bien que la violence soit également présente dans d’autres régions du pays.

Avec la prédominance des Templiers, l'État est la scène de nombreux gardes communautaires et un nombre indéterminé, mais étendu de groupes d'autodéfense, à espionner les autres organisations criminelles, en particulier du Cartel Jalisco nouvelle génération (CJNG).

En une semaine et demie, la Police fédérale a subi une dizaine de blessés. C’est beaucoup pour un groupe armé, dans une seule région et en si peu de temps. Le moral de la Police fédérale est affecté. Ils sont connus pour avoir été une proie facile pour les attaques. Ils ont presque été pourchassés.

Pour la plupart, les Policiers fédéraux ne sont pas mort dans des affrontements, mais dans des embuscades. Ils ont été attaqués de façon surprenante, des collines et des coteaux où des tireurs d'élite étaient postés.

Comme Calderon, Peña Nieto a déployé les forces fédérales sans d’autres objectifs que leur présence, lorsqu'il est démontré partout que les soldats ne sont plus, en soi, dissuasifs.

Au cours du dernier mois de mai, Peña Nieto a fait comme Calderón au début de son gouvernement, il a dit qu’il ne répéterait pas le passé : au mois de mai dernier il a monté un déploiement de propagande pour annoncer l'envoi de 5 000 membres des forces armées et de la Police Fédérale.

C'était la réponse à l'expansion des forces irrégulières, comme les groupes paramilitaires. Mais ce qu'ils faisaient, c’était de désarmer les gardes de la Communauté, sans agir ne profondeur contre le crime organisé de fonds. Comme Calderon, il y a eu une réaction.

L'ordre des Templiers a pris l'initiative. Il s'en est pris à la Police fédérale une fois qu'elle était sur ses terres. Selon le ministère de l'intérieur c’est l'inverse : une réponse du crime à l'action gouvernementale.

Dans l'affirmative, qu’il explique quelles actions sont les siennes. Seulement quelque chose d'important pouvait avoir motivé non seulement la chasse aux fédéraux, mais d'imposer de nouvelles fonctionnalités dans la terreur de Morelia avec l'attaque de mercredi soir à un casino dans un centre commercial avec des cocktails Molotov.

Si l'ordre des Templiers est vraiment les auteurs de cette double offensive, Peña Nieto devra aller au-delà de la réaction s’il ne veut pas que le Michoacan soit le cauchemar et la frustration de son gouvernement, comme c'était pour Calderon.

 

jcarrasco@Proceso.com.MX

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 15:40

S’il est un combat qui vit, au coude à coude, des éléments de gauche et de droite, c’est bien celui de la cause des femmes, combat de ce fait douteux pour les révolutionnaires qui pensaient que le droit des femmes ne pouvait pas précéder la révolution socialiste, mais la suivre ! L’histoire a donné raison aux féministes qui, sans attendre le grand soir, arrachèrent quelques droits à travers le temps. Mais, j’enrage très souvent quand ces droits, une fois acquis, leurs opposants prennent leur revanche en effaçant de l’histoire les luttes, sans lesquelles ils n’auraient jamais cédé !

Ceci est vrai pour toutes les luttes, mais plus encore pour le féminisme car, reconnaître par exemple, le courage d’une Simone Veil affrontant le déchaînement de ses propres amis, est plutôt difficile pour un médecin communiste qui refusa jusqu’au jour de la loi, d’aider des femmes à avorter ! Et c’est un exemple en passant… JP Damaggio

PS : Tout le monde connaît l’enjeu de la question : démontrer que les luttes sociales sont toujours inutiles quand toute l’histoire démontre le contraire !

 

Le Figaro 10 mai 1924

 Candidates d'hier et d'aujourd'hui

Quoique la femme française ne soit ni électrice ni éligible, le Sénat n'ayant point ratifié la délibération de la Chambre qui donnait satisfaction aux partisans du vote féminin, nous sommes gratifiés d'une campagne électorale où le « sexe faible », par son énergie combative, dément cette expression périmée. Cela ne fait de mal à personne et concède quelque originalité au scénario d'une comédie par trop purgée de pittoresque et d'imprévu, à telles enseignes que les candidats en sont arrivés à perdre la tradition de ces truculentes invectives qui ressuscitaient parfois la verve d'un Gaultier-Garguille ou d'un Vadé.

La Ligue française pour le droit des femmes entretient un actif foyer de propagande. Elle fut présidée par Victor Hugo. Son comité d'honneur s'enorgueillit des noms de MM. Raymond Poincaré, René Viviani, Henri-Robert, d'Estournelles de Constant, Gustave Rivet, Louis Marin. Son animatrice, Mme Maria Vérone, avocate à la Cour, est entourée d'un état-major d'écrivains comme Lucien Descaves ou de Mlle Judith Cladel, ou de légistes. La Ligue a couvert les murs d'affiches et distribué tracts et prospectus. Elle rappelle aux électeurs que la France sera bientôt le seul pays d'Europe où la femme ne votera pas, que Mussolini a promis aux Italiennes le vote municipal, que le Directoire espagnol vient d'accorder ce même vote aux femmes chefs de famille. Mmes Aurel et Suzanne Grinberg se sont jetées dans la mêlée. Ne se contentant pas d'une démonstration platonique, elles ont élaboré une liste de candidates. Grâce à leur initiative, les partisans du vote féminin pourront se compter. En dehors de Mme Aurel, qui occupe dans les lettres la brillante place que l'on sait, et de Mme Suzanne Grinberg, avocate érudite et diserte, cette liste comprend une spécialiste des questions d'éducation maternelle, Mme Léon Frapié, une exploratrice, Mme Camille du Gast ; Mme Ayrault, à qui son dévouement pour nos blessés d'Orient a valu la croix de la Légion d'honneur ; Mme France Darget-Savarit, auteur dramatique, qui apporte à lutter contre la dépopulation un zèle méritoire, et, mère de quatre beaux enfants, prêche elle-même d'exemple ; Mme Maria Vérone, les doctoresses Bertillon et Bousquet, Mme Lita Besnard, dont on connaît le sensible talent de portraitiste et qui assume le secrétariat de l'Aide aux femmes de profession libérale ; Mme Marguerite Rochebrune, journaliste ; Mme Lemaire-Crémieux, fondatrice de l'Œuvre des frères et sœurs de guerre.

 

Quelques personnes sont enclines à penser que l'exercice de ses droits politiques n'ajouterait à la Française qu'un pâle prestige. Tout au contraire, Mme Aurel nous déclare : «Nous voudrions surtout qu'on cessât de la rendre ridicule en la jugeant indigne de ses droits. »

Aurel préconise une politique de la maternité et défend son point de vue avec cette chaleur pathétique qui enflamme sa pensée : « Accablée de devoirs nouveaux par l'après-guerre, s'écrie-t-elle, la femme plie sous leur poids. Et, sans ses droits, elle n'aura bientôt plus une force pour laisser naître son enfant. Et nous voudrions bien, cher seigneur l'homme, que dans cette vie rudoyée où tout geste nous est devenu vraiment lourd, vous nous rendiez les moyens de faire notre devoir, c'est-à-dire de mettre nos enfants au monde. »

Mais Mme Aurel n'est pas seulement féministe. Elle est également, si j'ose ainsi parler, hoministe, et poursuit avec une sagesse rassurante : « Nous entendons que le féminisme français soit ami de l'homme autant que de la femme. Les Françaises, en arrivant au pouvoir, demanderont, avec des lois sanitaires et maternelles, avant tout, la protection des élites. -L'esprit, en France, est écrasé parce qu'il est une minorité. La Française, elle qui est le nombre, protégera l'esprit. »

 

Je retrouve une invitation à une réunion publique et contradictoire où Mme Marguerite Durand, candidate aux élections législatives dans le neuvième arrondissement, vint exposer son programme. Cela se passait le 14 avril 1910 et je me souviens d'avoir assisté à ce meeting, comme parlent tant d'électeurs, en prononçant métingue. La candidate fut écoutée avec un sympathique intérêt. Elle était d'ailleurs agréable à regarder. Gracieuse et blonde, elle portait un très joli chapeau et une charmante toilette de réunion électorale, où l'aimable se mêlait au sérieux. Ses manches découvraient jusqu'aux coudes des bras ronds et potelés qui rythmaient d'harmonieuses périodes.

D'autres candidatures féminines furent présentées aux élections de 1910 à Paris, la doctoresse Pelletier, Mme Kaufmann, Mme Hubertine Auclert ; à Toulouse, Mlle Arria Ly ; dans la Somme, Mme Marie Denizart ; dans la deuxième circonscription de Vienne, dans l'Isère, Mme Elisabeth Renaud, qui obtint un succès indéniable avec 2.813 voix.

En 1908, Mme Jeanne Laloë s'était présentée aux élections municipales, dans le quartier Saint-Georges, contre M. Escudier. Elle obtint de la préfecture de police une salle d'école, rue de Bruxelles, pour défendre son programme. Elle réunit 997 voix.

Enfin, en 1919, toujours dans le quartier Saint-Georges, Mme Alice La Mazière se présenta aux suffrages des électeurs municipaux et réussit, après une campagne d'une semaine, à en convaincre 390. En même temps qu'elle, se présentait une autre candidate, Mme Rauze, qui trouva une centaine de partisans.

« Je pense avoir fait comprendre aux électeurs du quartier Saint-Georges, expliquait, au lendemain de cette consultation, Mme Alice La Mazière, qu'une Française a le droit et -même le devoir de s'intéresser au sort de la femme et de l'enfant, de vouloir participer activement aux œuvres d'éducation et d'assistance sociales, d'offrir aux hommes, dans les domaines où ils sont incompétents, de collaborer amicalement avec eux pour livrer combat aux grands fléaux qui menacent notre : race mortalité infantile, tuberculose, alcoolisme, taudis. A mesure que je parlais, que j'exposais mes idées sur ces différents sujets, je discernais, sur les visages qui m'entouraient, des marques d'un intérêt qui allait croissant. J'entendis plusieurs fois cette exclamation joyeuse et étonnée « Mais c'est tout à fait juste !»

 

On m'a conté que Mme Marguerite Durand se servit, au cours de sa campagne électorale, d'un argument singulier. Elle ne le produisit point, d'ailleurs, à la réunion à laquelle j'assistai. Elle aurait parfois amené avec elle un pauvre être atteint de crétinisme, électeur comme vous et moi. Vous voyez tout de suite quel parti on pouvait tirer de cette exhibition : ce malheureux idiot est libre de voter, une femme intelligente n'en a pas le droit.

Malheureusement, je crois qu'on peut rencontrer - rarement, très rarement, ma galanterie le proclame - des faibles d'esprit du sexe féminin. Et l'argument devient alors une arme à deux tranchants. Il y a peut-être une chose plus injuste, plus révoltante que cette interdiction infligée à nos compagnes de respirer les miasmes de la politique, c'est la pensée que le bulletin de vote d'une ivrognesse aurait autant de valeur que celui de Mme Curie.

 

Gaston Derys.

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 17:33

Personne, pas même moi, ne pourra vous dire qui lança cette idée mais la mission ayant été confiée à Candide elle ne pouvait que réussir !

Dès le 14 juillet, sur son vélo blanc tout terrain, le mythe voltairien par excellence s’en alla à travers les rues pour inviter les mythes et légendes du théâtre à devenir spectateurs ou spectatrices, dans la Cour d’Honneur du Palais des papes d’Avignon, d’un spectacle imprévu, le 21 juillet. Le mythe qu’il croisa en premier, ce fut peut-être sa chance, n’était autre que l’Avare qui, rassuré quand il apprit que l’entrée était gratuite se chargea de relayer le projet. Le bouche à oreille fonctionna si bien qu’il arriva un moment où Candide, un noir doté d’une petite barbe, commença à enregistrer des réclamations qu’il n’avait pas prévu de gérer ! La plus sérieuse lui est venue d’un petit homme barbu prétendant que certains étaient plus une légende par leur vie que par leur œuvre et qu’à ce titre, ils devaient pouvoir entrer au même titre que le Misanthrope ou Scapin. Dans un lieu aux 2000 places, les mythes et légendes pouvaient s’entendre au sens large, donc Jaurès ou Louise Michel seraient aussi bien acceptés que la Mégère apprivoisée ou Marie Tudor.

D’autres revendications surgirent dont celle d’Olympe de Gouges qui voulait savoir si en fait de Mégère, l’invitée était plutôt celle à apprivoiser ou celle apprivoisée ? Candide, prenant de plus en plus sa mission au sérieux répondit sans hésiter :

- Bien sûr, le Mégère à apprivoiser car les légendes et mythes ne pouvaient se déplacer qu’en leur naissance non en leur finition ! Comment le cadavre de Dorian Gray irait-il jusqu’à la Cour d’Honneur ?

Olympe en fut rassurée tout autant que Simone de Beauvoir, les deux présentant de la même manière, un autre cas de figure : une légende par la vie autant que par l’œuvre !

Le 21 juillet arriva vite et la foule attendue commença à monter les marches du Palais des papes sous l’immense affiche très colorée annonçant une exposition sur les… Papesses !

 Personne, pas même moi, ne pourra vous dire qui décida d’organiser cette foule, non suivant les travées comme d’habitude, mais suivant les fonctions des mythes et légendes.

Les spectateurs groupés sur la place du Palais des Papes purent ainsi observer mythes et légendes montant paisiblement de la Place de l’Horloge.

 Tout commença par la musique, compagne inévitable de tout spectacle. Beethoven aux côtés de Jean-Sébastien s’élancèrent les premiers avec dans leurs pas Pablo Cazals. Dans un coin certains suivaient l’événement avec de petites jumelles et tentaient de lire sur les lèvres ce qui faisait les conversations de personnages ayant peu d’occasions de se rencontrer en de telles circonstances solennelles. Pau Cazals semblait plaider en faveur de la mélodie, en faveur de la provocation qui soit une continuation de la mélodie. Tous étant artistes ou mythes créés par la vie ou les artistes, ils gravissaient les marches et partaient s’installer sur les fauteuils, avec la même inquiétude : n’allaient-ils pas assister à une provocation pour la provocation qui a toujours été l’assassinat de l’art par l’art ? ou inversement n’allaient-ils pas assister à la normalité pour la normalité, qui a toujours été la conformation de l’art par l’art ? Ils avaient fait confiance à un Candide noir sur un vélo blanc mais entre le meilleur des mondes philosophiques et les malheurs du monde réel, qui fondra en émotions nouvelles ?

 Quelqu’un s’exclama : Même Benedetto est là ? Conformément aux dires de Candide il s’agissait d’un Benedetto tout jeune, doté de l’inévitable guitare des années 60. A ses côtés, Robespierre mais pas Marx qui cette année n’était pas en Avignon, pas plus d’ailleurs que l’immense Pirandello ! Dans un autre coin, des applaudissements jaillirent à l’arrivée des femmes qui se serraient les coudes car parmi les mythes elles avaient peu de place, plus souvent destinées aux enfers qu’au paradis. Juliette était là sans son Roméo, et la Belle sans sa bête ! Marie Tudor avait une magnifique robe rouge et les Précieuses semblaient d’un ridicule à toute épreuve. Plusieurs sorcières du voyage ne se sentaient pas méprisées.

 

Le plus fou se produit quand ce public de choc découvre sur scène de la Cour d’Honneur, un grand lit appelé king size, anglais oblige. Les plus documentés comprennent aussitôt qu’on leur offre l’Opéra-Théâtre de Christoph Marthaler au succès tel que le public a exprimé sa joie par une ovation debout, pour une pas dire une standing ovation !

 Tout d’abord, le metteur en scène apparaît sur la scène et précise dans six langues en finissant par le japonais, qu’il est recommandé de laisser son téléphone portable allumé, de froisser le papier de ses bonbons et de tousser sur tous les tons. Le ton de la provocation est là. La plaisanterie dure dix bonnes minutes, une éternité pour un spectateur peu familier avec le culte de l’ennui cher à Marthaler ! Mais contrairement aux prévisions, les 2000 mythes et légendes présents sur les gradins décident alors de faire sonner, en appuyant sur la touche répète, leurs portables, et donc, dans une cacophonie sans nom, chacun se met à regarder sans intérêt une femme allant et venant sur la scène, jusqu’à ce que Eva Peron, la Eva Peron chère à Copi, ne s’écrie en s’installant sur la scène, dans une pose impériale : « Cette femme avec le cabas, c’est un clin d’œil à la femme assise de Copi ! »

 Alors l’homme endormi dans le lit king size se lève, prend sa douche, puis s’habille. Il s’avère être le pianiste mais contrairement aux attentes de Marthaler le délire ne s’empare pas de la scène musicale qu’il a eu tant de mal à mettre au point, mais bien de la salle, sous la conduite d’un Pablo Cazals fou de rage et de douleur. Bach face à Tout, tout pour ma chérie de Michel Polnareff ? Pour le burlesque, le loufoque ? Pour le massacre, hurle Pablo, pour le massacre de tout message, de tout émotion, et pour produire un rire ni jaune ni franc mais de complaisance. Halte à la complaisance envers le non sens !

Dans les travées, les hurlements s’enchaînent ni au nom de la tradition, ni au nom de la provocation, mais au nom de la joie de vivre, malgré tout ! Tout l’art de combat est dans ce « malgré tout ».

 Bien sûr, les acteurs de Marthaler qui découvrent leur scène occupée pacifiquement, n’en continuent pas moins leur culte de l’ennui et l’absurde. Qu’est-ce qui pourrait les déranger ?

Marthaler n’a rien à dire et il le fait très bien, aussi il sort de son bonnet une citation de Pasolini, extraite du Manifeste pour un nouveau théâtre :

« Le théâtre facile est objectivement bourgeois ;

Le théâtre difficile est fait pour les élites bourgeoises cultivées ;

Le théâtre très difficile est le seul théâtre démocratique. »

On se pose comme on peut…

  

Pas à pas la Cour d’Honneur se vide. Candide n’est pas là pour enregistrer les réactions. Il a compris : on l’a pris pour un candide et c’est sûr, ça ne se reproduira pas ! Quant à Marthaler il finira un jour par inventer le fil à couper le beurre et en fera enfin le chef d’œuvre tant attendu !

 

Jean-Paul Damaggio

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 15:07

L’idée du train à grande vitesse est venue de France et de ses fleurons. Après Concorde, le TGV. Petit à petit l’idée gagna du terrain dans le monde… européen. Les Espagnols ayant eu un système ferroviaire mal en point, pour cause d’incapacité du franquisme à l’entretenir, décidèrent que sa transition démocratique obligeant le pays à rattraper le temps perdu à grande vitesse, le pays devait se lancer (avec l’aide de lobbies européens du BTP) dans la construction du plus grand réseau au monde de LGV. Et sur les lignes l’AVE commença à s’imposer. Pour un non hispanisant, le jeu de mot n’est pas premier. AVE c’est l’abréviation de Alta VElocidad comme TGV est l’abréviation de Train à Grande Vitesse ou le TAV, Treno Alta Velocitat. Pourquoi les Espagnols ont-ils oublié le T devant AVE ? Car « ave » c’est aussi l’oiseau et en effet toute la triste philosophie du TAGV (Train Apte à la Grande Vitesse à ne pas confondre avec la marque déposée TGV) c’est de croire qu’on peut mettre un avion sur rail.

Par les hasards de la vie je tombe sur ce début de livre :

« Il était une fois une ville qui s’appelait TooLoose car elle avait tout perdu. Certains l’auraient installée à Poitiers pour être près de Paris, les plus frondeurs à Perpignan pour être près de Barcelone, et les plus échevelés, rois de la galéjade, entre Aix et Marseille pour être près de Milan. Malheureusement la géographie avait installé TooLoose à TooLoose.

De là l’invention de Tooloosains audacieux qui finirent par développer un moyen de transport surprenant, laissant les bateaux aux ports, et les trains sur les rails, pour passer par les airs. L’avion, mot dont l’origine n’est même pas occitane allait devenir le devenir de la ville si terrestre qu’était TooLoose. »

En conséquence, je suis allé voir d’où vient le mot avion, dont le lecteur découvre qu’il est très proche de ave, mais là c’est normal puisqu’il s’agissait d’inventer une machine qui vole ! Le mot est en effet aussi peu d’origine occitane que le nom de son inventeur, pourtant né à Muret (ah ! la bataille de Muret !) et mort à Toulouse ! Existe-t-il dans la ville rose un musée à la gloire de Clément Ader ? Il existe bien davantage : la Cité de l’Espace !

Avant de retenir le mot avion, on parla d’aéro qu’on retrouve encore dans aéroport qu’à Toulouse on pourrait plutôt appeler avionport même si ce fut la ville de l’aérospatiale. Gamin, j’étais étonné par ce nom ronflant d’aérospatiale car fasciné par les merveilles de la vitesse, je considérai que le spatial c’était plutôt Gagarine et le Spoutnik (1). Comme tant d’autres j’oubliais que derrière la SNIAS (Société Nationale Industrielle Aéro Spatiale) société d’Etat comme la SNCF, il y avait la dimension militaire.

Donc avion fait figure de mot mal aimé venant de la marge de la vie, celle qui fut si chère sa vie durant à Clément Ader qui en fit une marque déposée.

L’oiseau a déraillé en Espagne, et si j’ai le temps, un jour, je vous présenterais ce livre sur TooLoose où, trahissant la géographie et le passé, certains veulent s’envoyer en l’air en restant sur terre ! L’avion sur rail est une calamité, et pour l’avion… et pour le rail, et je l’écris indépendamment des déraillements et leur cortège de drames et de douleurs.

Jean-Paul Damaggio

(1) Mon enfance communiste m'imposait quelques fiertés faisant la grandeur de l'URSS et de la France.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 21:14

Depuis 1984 j’étudie l’évolution du FN en Tarn-et-Garonne et depuis cette date la stratégie de La Dépêche du Midi a été de ne pas évoquer ce parti pour éviter de lui donner une tribune. Par l’article ci-dessous, qui fait figure d’événement, changement de décor. Pourquoi ? M. Empociello a été élu conseiller général de Moissac avec contre lui un candidat du FN. Sylvia Pinel a été élue avec contre elle un candidat du FN et si un liste très à droite pouvait faire battre aux municipales Jean-Paul Nunzi ce serait l’idéal. Je suis pour l’information d’où la reprise de l’article en question mais La Dépêche sait sélectionner les communiqués et la publication de celui-ci, sans commentaire, entre dans un jeu dangereux. Nous vivons une époque formidable…JPD

 

Moissac. Patrice Charles se porte rassembleur d'une liste d'union avec le FN

 Publié le 11/07/2013

 Le 21 juin, à la veille du dernier conseil municipal, Patrice Charles, conseiller municipal de Moissac [de droite], nous a prié d’insérer un communiqué dont voici les principaux extraits:

 

Les gens qui paient des impôts veulent qu’ils servent à quelque chose. C’est tout le contraire qui se passe. Les dépenses municipales laissent la police municipale de côté alors que les gens demandent plus de sécurité, les dépenses municipales renflouent plus de 200 associations en place et lieu des cotisations de leurs adhérents, les dépenses municipales ne servent qu’à conserver le statut d’assisté à nombre de nos citoyens. Les gens qui ne paient pas d’impôts voient une redistribution anarchique sans priorité. Aucune priorité, en effet, ne se définit en tant que telle. Tout va dans l’angélisme d’un Moissac sans problèmes sociaux ni de cohabitation. Or, le problème est là.

 

Tout se concentre, à Moissac, sur le non-dit. Le paradoxe d’une commune pauvre où circulent des voitures flambant neuf, vitres ouvertes, musique à fond; le paradoxe d’absence d’industries agroalimentaires en plein milieu d’une zone agricole; le paradoxe de Moissagais qui ne se sentent plus chez eux; l’insécurité et la dépossession du quotidien, voilà ce dont parle la population. Alors, les touristes, les constructions hors de proportions, le gouffre des dépenses non productives, cela, ce sont les discussions des cocktails municipaux, des réseaux municipaux manipulés, des réunions truquées dont le conseil municipal est le stupéfiant exemple. Le non-dit est général

[...] . Le potentiel énorme de Moissac est, en effet, contrarié par des conceptions d’un autre âge sur le lien social. Le non-dit municipal sur les problèmes d’intégration de certains dans le vivre ensemble est un constat cruel de la crise actuelle. Au lieu d’en parler, de trouver des solutions, la mairie raconte des contes de fée et construit, année après année, des budgets à dormir debout sans aucun lien avec les préoccupations des Moissagais[...] . Voter contre le budget comme je l’ai fait sans discontinuer depuis treize ans a déjà été une manière de s’opposer à ce non-dit et de continuer à dire haut et fort que les citoyens doivent se réapproprier leur destin confisqué. La campagne des municipales est lancée. Elle se fera autour des questions de sécurité. Elle se fera autour de choix budgétaires proposés. Elle se fera par la présence d’une liste de toute la droite unie, loin des salons de Paris, une droite qui connaît le terrain et les dossiers de Moissac et des Moissagais. Je participerai à une liste de révolution paisible, une liste politique affichée pleinement à droite, porteuse de ses valeurs, une liste qui accueillera les membres et sympathisants de l’UMP et du FN. Ensemble, nous ferons gagner Moissac.

 

La Dépêche du Midi

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