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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 16:40

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Je dédie cette Une du 3 novembre 1999 à ceux qui se préparent pour les municipales. Déjà, DSK s’efface, car il quitte alors le gouvernement accusé de tremper dans une affaire dont je ne connais pas la conclusion, l’affaire de la MNEF. A ce moment là DSK se voyait déjà en maire de Paris. Un peu avant, encore début 1999, Bruno Megret se voyait en maire de Marseille.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 16:37

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Je rêve d’un livre rassemblant toutes les Unes de l’Huma, du lendemain de la célèbre fête du journal. Une façon de voir passer le temps. Ici celle du lundi 13 septembre 1999.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 12:30

                           ben-ali.jpg

Texte émouvant d’un homme désespéré. Texte encore plus émouvant avec le temps. Texte cent fois émouvant après la révolution. Taoufik Ben Brik un géant à Tunis ! Cet article du 22 décembre 2003 paru dans L’Humanité dit ce qu’il ne fallait pas dire. JPD

 L'après-Ben Ali, sous Ben Ali

Par Taoufik Ben Brik, journaliste tunisien

Elle chante une amania. Elle a l'âge d'une Shéhérazade. D'une Lolita. Elle chante, son Libyen bien en face d'elle, bien accroché, comme un antenais, par le nez. Autour, Tunis, la nuit, pas un chat. Quelques rares bagnoles avec la plaque verte des Libyens. Elle sent son regard vissé sur ses seins superbement insolents. Elle rit. Elle chante. Le Libyen aussi. Éclaté, gris. Un Libyen, des dinars. Ici, avec dix dinars, mon Libyen se prend pour Crésus.

Pour quelques dinars, on a une bonne bouffe, un flacon de parfum. Les filles et les petites filles de Ben Ali sauvent le pays avec le cul. Dégueulasse, le désespoir derrière le chant, derrière le rire enfantin, l'humiliation face au Libyen qui se sent gonflé à bloc. Pour pas cher, il s'empiffre de méchoui, de filles et de narguilé.

Tunis autour, vide, triste, en passe. Tunis, à plat sur l'asphalte, ressemble à une ancienne beauté qui attendrait son prochain gigolo. Elle chante et son Libyen trémousse sa soixantaine. Combien va-t-elle en tirer? On attend le dénoue ment. Lui a dit : «Ça ne peut plus durer et la fin n'est pas pour demain.» En attendant les Tunisois n'ont qu'un seul problème : « Foutre le camp. »

L'histoire finira, elle finira un matin où un type nous réveillera en disant : « Au nom d'Allah, nous avons chassé le mécréant ! »

Le rideau n'en finit pas de tomber, la page n'en finit pas de tourner. Cette nuit, il fait frisquet à Tunis. Venez à Tunis, et laissez exploser le Sindbad qui est en vous ! Le soleil, la mer, la boukha jusque-là! Ailleurs, personne ne vous remarque. Ici, nabab un vrai prince d'Arabie. Ici, on vous cire les pompes. Visitez Tunis. Mais vite. Les Tunisois s'en vont.

Dépêchez-vous avant qu'il n'y ait plus personne. Sauf, bien sûr, Ben Ali.

Jusqu'au bout dans son palais, à parler seul.

Le vent peut tourner. Tunis pourrit et attend le dénouement dans le dénuement. Tunis est une Cocotte-Minute prête à péter, une bombe humaine avec 10 millions de bonshommes à l'intérieur. Et, de tout son poids assis sur le couvercle, Ben Ali. De temps en temps, il y a une fuite, les rats font un trou dans la marmite et se débinent. Alors, vite, vite Ben Ali rebouche le trou. Au trou, les rats.

Pour vos prochaines vacances, c'est important qu'il reste quelques Tunisois à Tunis. Pour replier les parasols et pour servir les merguez. Tout est prévu depuis des années, mais il s'accroche, têtu, obtus. Le dernier souffle ne vient pas. Fatigués d'attendre, laissons tomber, Tunis lasse. Quelle alternative ? Quelle succession ? Coup État policier ? Virage à l'iranienne ? Avec Ben Ali ? San Ben Ali ? Mais le mystère, c'est toujours ces dix millions de Tunisiens. Il faut les rencontrer dans la démerde, dans la débrouillardise, la petite magouille. L'après Ben Ali a déjà commencé. Non pas avec Ben Ali, mais sous Ben Ali.

Une vie souterraine, un gai désespoir, dans les décombres, dans les débris. En attendant, on attend.

 

Ne demandez pas comment ça va finir. Dans le sang, en mettant les choses au pire, c'est-à-dire à la place de Ben Ali. Mais là, on rêve encore. L'histoire ne nous fera pas le cadeau d'une fin héroïque. Ce sera pire. Qu'est-ce que qui coulera sur Tunis le sang ou le béton ? Tunis attend. Où trouver une corde maintenant ? Y-a-t-il une corde à Tunis? Même pour se pendre, Tunis attend.

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 12:28

el-polaco.jpg

 

Je ne me lasserai pas de me remémorer cette histoire entendue de la bouche même de Vazquez Montalban en 1994, une histoire que je retrouve sur le livre qu’il avait en tête à cette époque là : Un polaco en la corte del rey Juan Carlos, livre à ce jour jamais traduit en français et que je feuillette chaque fois que je sens une fatigue.

Dans ce livre de commande, l’auteur catalan part à la rencontre des personnages essentiels de l’Espagne d’alors, avec pour objectif d’arriver face au roi Juan Carlos, juste avant que la droite ne revienne au pouvoir, au cours des élections de 1996.

Et à un moment, il rencontre un camarade de prison. De toute façon, tout au long du livre, il croisera d’anciens camarades ayant gravis diverses marches, de divers pouvoirs, lui étant resté simple citoyen mais romancier de grande notoriété (d’où la possibilité d’entrer en des lieux sacrés).

Donc il rencontre page 57 Salvador Clotas, l’ancien homme fort de la politique culturelle du PSOE et qui était alors le responsable de la fondation Pablo Iglesias. « Je me souviens avoir bu avec lui un triple sec fait maison, à base d’alcool d’infirmerie pénitentiaire, de zeste d’orange et de sucre que nous distillions dans notre cellule de la prison de Lérida. »

Le cadre est déjà séduisant et on les imagine sirotant leur production en parlant littérature…

Montalban était un des quatre étudiants emprisonnés pour délit de rébellion militaire à cause d’une manifestation en faveur des grévistes des Asturies où ils avaient chanté Asturias patria querida. Manuel était doté d’une capacité originale : des quatre, il était le seul à ne pas s’évanouir devant le sang aussi, le médecin l’embaucha comme aide infirmier, après une formation accélérée pour apprendre les injections intra musculaires et bien repérer les pastilles pour ulcères à l’estomac. On l’avait nommé à ce poste « car vu le niveau culturel qu’on supposait chez un étudiant en cinquième année d’études de Romanicas, je n’étais pas supposé boire l’alcool de l’infirmerie, aussi je fus le premier à se livrer à une manipulation culturelle parce que la culture doit bien servir à quelque chose ».

Cette manipulation, vous l’avez deviné, consistait à distiller l’alcool de l’infirmerie ! Et Salvador Clotas fut un des bénéficiaires de ce breuvage excellent. En retour cet immense connaisseur en critique littéraire s’offrit pour aider Vazquez Montalban à écrire ses premiers poèmes et son étude toujours d’actualité : Informe sobre la informacion.

Après la dégustation il arrivait à Salvador de perdre ses lunettes qu’il était bien incapable de retrouver mais la solidarité carcérale aide à tout. C’est donc trente ans après que les deux hommes peuvent se raconter de tels souvenirs uniques et parler de l’actualité :

- Vous êtes-vous préparé à la défaite ?

- Pas tellement.

- Vous avez calculé ce que va signifier votre manque de chaînes de télé, d’émissions et de complices dans le monde intellectuel ?

 

 J-P Damaggio

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 12:26

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J’avais juste vingt ans et sans être savant, j’ai eu envie de lire, un livre tout petit, écrit par un géant. Je peux dire aujourd’hui qu’il a donné un temps, une forme à ma vie.

C’était des dialogues, sous forme pédagogique. C’était Michel Verret face à Verret Michel. D’étranges histoires tentaient de dénoncer la personnalité comme forme de culte.

Michel y avait cru lui qui ne croyait pas. Il chercha donc un miroir pour mieux se regarder quand l’heure est venue de la dénonciation. Staline n’était pas celui qu’on avait cru.

Quand A disait à B, science sans conscience n’est qu’illusions perdues, B pouvait répliquer qu’il reste la science quand on a tout perdu.

Petit-fils de boucher, fils de vétérinaire, le grand Michel Verret entra à l’E.N.S. La loi sociologique a fait de ses enfants de grands équilibristes. Artistes à leur façon, ils oubliaient le père pour mieux le continuer.

Pour l’ascension finale, groupons-nous et demain, un monde transversal sera le genre humain, afin d’assassiner ce qui est pyramidal.

 

- Tous nous sommes nés, d’un grand nombre de pères, affirma A.

- Dont un est souvent nié, par les idéalistes, ajouta B.

- Je ne vois pas lequel, le coupa A.

- Le père biologique, ça va toujours de soi ! conclut B.

 

- Tous nous sommes, ce que  nous devenons, proposa A.

- Et ce qui aurait pu être, et qui n’a pas été, compléta B.

- Ce qui n’a pas été, reste sans devenir, dit A pour couper court à l’échange.

 

- Est-il si difficile de pouvoir être sûr ? demanda B.

- Nous naissons incertains pour un mort certaine, déclara A, pour toute réponse.

 

- Parmi les inventeurs, lequel puis-je admirer ? questionna A.

- Qui invente pour soigner, sera aussi à tuer, glissa B.

 

- Puisqu’il n’y a pas de race, aucune n’est supérieure, propose A.

- Qu’il y ait des races ou pas, les esprits supérieurs, existent bel et bien, glisse B.

- Et pour les mettre au pas, seule l’égalité, si elle devient un droit, pourra nous éclairer, voudrait conclure A.

- A dénoncer les races, c’est donc du temps perdu ! intervient B.

- Ou du temps détourné, pour tous nous éloigner des rives de l’essentiel, chante A.

 

Jean-Paul Damaggio

 

 

P.S. En 1972, aux Editions sociales Michel Verret a publié, Dialogues pédagogiques, un texte de 1967 qu’il a écrit après un gros travail avec les intellectuels communistes pour comprendre le culte de la personnalité (le terme de stalinisme sera repris plus tard) et qui donna lieu alors à, Théorie et politique chez le même éditeur. Par la suite, Michel Verret se lancera dans l’étude de la classe ouvrière, dont le culte se révèlera bien proche de celui de la personnalité (moins tragique cependant) mais les Editions sociales cesseront de le publier, malgré un travail universitaire de la plus haute tenue. Armand Colin viendra à la rescousse mais quand il proposera l’étude de la culture ouvrière, elle sera sauvée de la nuit des manuscrits par un petit éditeur nantais, ACL.

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 14:25

Pour clôre la série sur Bouquet.

Irénée Bonnafous est né le 8 avril 1865 dans l’Aude et meurt le 16 janvier 1947 à Montauban. Dans sa bio sur Wikipédia nous lisons : « La Parfaite Union [sa loge], dont le siège était à cette époque au 31 rue Bessières (Montauban) fut mis sous scellés, par l’application de la loi du 13 août 1940 qui interdisait les associations maçonniques. Il décida, dès lors, de circonscrire au minimum son activité journalistique, en mettant un terme à la publication de « L’Indépendant ». » Or il suffit de consulter le registre des archives départementales du 82 pour savoir que L'Indépendant ne cessa pas de paraître entre 1940 et 1944. Aussi je reprends ici un article écrit à ce sujet en 1995. Parmi ses multiples actions, le livre de Pascale Froment[1] rappelle son rôle par rapport à Bousquet. Elle écrit : « Et comme si cela n'avait pas suffi [sa place à La Dépêche] il lança un hebdomadaire particulièrement influent lors des élections de 1902, L'Indépendant du Tarn et Garonne qui connut de beaux jours ». Phrase juste Par contre elle fait une approximation (relevée le soir du débat) en écrivant qu'en avril 1942 le vieil Irénée Bonnafous « avait posé sa plume en signe de protestation contre le régime (p.175) ». C'est vrai, il ne signait pas de son nom, mais L'Indépendant continua de paraître jusqu'en 1944 avec des articles signés I.B., initiales que tout lecteur du journal ne pouvait que reconnaître. Le texte paru dans L'Indépendant le 22 avril 1942 à la rubrique Montauban mérite qu'on s'y arrête car il nous permet de découvrir un Bousquet journaliste sportif.

 L’Indépendant : 22 avril 1942

« René Bousquet, secrétaire général de la police - Nous relevons avec plaisir dans la composition du nouveau cabinet le nom de notre sympathique compatriote, M. René Bousquet, qui est délégué à la lourde et délicate charge du secrétariat général de la police. M René Bousquet, fils de l'honorable notaire montalbanais M Ernest Bousquet [NDR : pourquoi cette coquille son père s'appelant Emile ?] est né dans notre ville le 11 mai 1909. Après de brillantes études au lycée Ingres, il conquit avec succès sa licence en droit et ses titres pour le doctorat à la Faculté de Toulouse. Il fit ensuite du journalisme sportif ou comme collaborateur de « Auto-Sports » et « France Olympique », il se distingua par la netteté et la vigueur de son style et la hardiesse de ses idées. Il était chef de cabinet du préfet de Tarn-et-Garonne lors des inondations de mars 1930. Sa courageuse intervention dans le sauvetage des sinistrés, aux côtés de son ami le regretté Adolphe Poult lui valurent sa promotion dans l'ordre de la Légion d'honneur et d'être appelé au ministère de l'Intérieur en qualité de chef du secrétariat particulier de M. Héraud sous-secrétaire d'Etat délégué du service des inondés du Midi. M René Bousquet conserva ses fonctions auprès de M. Marchandeau, qui succéda à M Héraud.

Notre jeune compatriote poursuivit sa brillante carrière comme directeur du cabinet Cathala au ministère de l’agriculture. Entre-temps M Bousquet avait été délégué au plan d'aménagement de la région parisienne et avait été chargé du fichier central à la Sûreté générale. Successivement M. René Bousquet fut nommé sous-préfet de Vitry-le-François, secrétaire général de la Marne, préfet de la Marne et enfin, il y a quelques mois, il était préfet régional de la Champagne à Chalons -sur-Marne. Cette rapide et brillante carrière administrative a préparé notre jeune compatriote à la lourde mission qui vient de lui être confiée. I.B. » 22 avril 1942

 Observations :

- Le rappel de la rapide intervention dans le journalisme sportif m'incite à faire remarquer qu'en 1942, passant à Montauban, René Bousquet offre de l'argent pour les sportifs de la police (voir Point Gauche ! n°16) et que pendant les années 60, quand il lisait de près La Dépêche, il n'hésitait pas à surveiller ... les articles sportifs. J'indique que France Olympique qui naît en 1932 de la fusion de Midi Olympique, Auto-Sports et Sports du Midi paraît jusqu'en 1946. Le journal reprendra son nom d'origine après 1946. Bousquet commença-t-il à écrire pour Auto-Sports avant mars 1930 ? Et jusqu'à quand prit-il la peine d'envoyer sa prose à France Olympique? Cette attention portée au sport ne me semble pas anecdotique.

- La conclusion « une lourde mission qui lui a été confiée » annonce déjà l'argument majeur de la défense de Bousquet : on lui a confié une mission qu'il assure (et ma foi, pense-t-il, il valait mieux encore que ce soit moi, sinon ça aurait été pire), car il se prétendra « simple » rouage.

- L'introduction : « Nous relevons avec plaisir... » : l'expression « avec plaisir » indique d'après moi un accord tacite de I.B.

- L'éloge : « sympathique ... brillantes études ... courageuse intervention, brillante carrière » Que pouvait-il rêver de mieux d'autant que cette glorification du personnage en rajoute quand on lit la réalité des « succès » scolaires, à travers le livre de Pascale Froment. Pour comparer j'ajoute l'article de Bonnafous dans La Dépêche au moment où Bousquet quitte Montauban en 1930, article qui sera suivi d'un autre pour présenter le départ avec vin d'honneur servi au buffet de la gare : « M. Dulaut adjoint au maire de Montauban, au nom de ses amis, a dit à M. Bousquet la sympathie qu’il laisse dans notre ville où sa famille est des plus estimées. » La mémoire populaire a retenu qu'avant de partir il n'avait pas de manteau.

 

Article de la Dépêche :21 Juin 1930

« A la Préfecture, — M. René Bousquet e jeune et très sympathique chef de cabinet du préfet de Tarn-et-Garonne, est appelé aux délicates fonctions de chef de cabinet du sous-secrétariat d'Etat à la présidence du conseil, où il sera plus spécialement chargé du service des réparations aux sinistrés de notre région. Il remplace au cabinet de l'intérieur M. A.Juillet nommé préfet de la Haute-Saône.

Les nombreux amis que compte M. René Bousquet dans notre département se réjouiront avec nous de ce brillant avancement, justifié par les qualités d'intelligente initiative, d'urbanité et de précoce maturité d'esprit dont a fait preuve le jeune chef de cabinet surtout aux heures tragiques traversées par notre pays. Nos vœux accompagnent M. R. Bousquet dans son nouveau poste.

C'est M. Augustin, ancien sous-préfet, qui remplace M. R. Bousquet comme chef de cabinet de M. le préfet de Tarn-et-Garonne. Nous lui souhaitons une cordiale bienvenue.  B. »

 

René Bousquet, Fayard, que Pascale Froment présenta à Montauban le 20 janvier 1995 d’où la référence à un débat.

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 14:08

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Il n’a pas souvent écrit dans Le Patriote mais là, il a tenu à apporter son témoignage. L’histoire s’étudie aussi avec de tels écrits sincères, d’un homme honnête. Et on le constate, les communistes n’étaient pas les seuls à être trompés. Je comprends mieux la polémique suscité par le dessin de Picasso sur Les Lettres Françaises d’alors. Il heurtait cette religiosité populaire.

Si, en 1980, j'avais montré cet article à Léo, en aurait-il eu honte ? Je pense que oui. Je pense que la dénonciation ensuite, des crimes de Staline, a brisé quelque chose de profond en lui. Il est resté communiste… de cœur. Les plus coupables sont ceux qui ont tourné la page, sans regarder en arrière. Etre trompé est une chose ; faire comme si on n’avait pas été trompé c’est bien pire. JPD

 

J’ai vu sans mon quartier la douleur des simples gens

Dimanche 8 mars 1953

Voilà trois jours que le cœur du guide génial des peuples, le grand J. V. Staline, a cessé de battre.

Pour nous, communistes, le nom de Staline est une chose qui est grande, très grande. C’est notre guide, notre éducateur marxiste-léniniste. C’est l’homme qui a « voué toute sa vie au service sans réserve à la grande cause du communisme.»

C’est l’homme que nous aimons le plus – notre maître aimé - . C’est l’homme qui a consacré toute sa vie à la cause de la révolution prolétarienne et à la construction du communisme.

Mais, c’est pour les Français qui ne l’oublient pas, l’homme de la victoire sur l’hitlérisme, le stratège militaire jamais égalé dans l’historie ; c’est Stalingrad, c’est l’homme qui a cassé les reins à la bête fasciste.

Aujourd’hui dimanche, dans mon quartier, dans 70 foyers, les simples gens ont parlé de l’immortel Staline ; beaucoup ne sont pas communistes mais tous sentent le grand vide.

« L’Humanité dimanche » a été arrachée des mains des diffuseurs. Aujourd’hui dans mon quartier il manque des Humanité dimanche.

Sur la route de Corbarieu, un homme s’est arrêté : il vient de Vazerac ; il attend sur la route. A ma sortie de chez un ami, il vient vers moi. « C’est L’Humanité que vous avez ? » Oui. « Je l’avais pensé ».

Les larmes aux yeux, il reprend sa route ; dans sa poignée de main j’ai compris, un homme, un inconnu pour moi, qui pensait à un autre homme, le grand Staline.

A la cité des Cheminots, une femme qui n’est pas communiste ; a éclaté en sanglots en prenant le journal. Dans un café, une autre femme sincèrement peinée… « Aujourd’hui, donnez-moi votre journal. »

Dans mon quartier il faut en moyenne 2 heures pour la diffusion de L’Humanité dimanche. Aujourd’hui c’est 4 heures qu’il a fallu. Partout, les communistes, les sympathisants, les amis du Parti, les non-communistes, parlaient du grand Staline. Partout, les simples gens parlaient de l’homme, du génie, du libérateur des Peuples : le grand Staline.

Dans mon quartier, à la cité des Cheminots, le glorieux drapeau soviétique, cravaté de deuil, flotte au vent. Aujourd’hui, à « Sapiac », il y a beaucoup de sportifs. (le grand Staline était pour un sport sain et honnête).

Nombreuses sont les simples gens qui saluent le drapeau soviétique en berne. Une fillette de 12 à 14 ans descend : « Dis, c’est en l’honneur de M. Staline ? »

Au passage du chemin de l’Abbaye, des chapeaux se lèvent. Le cœur du grand Staline a cessé de battre, mais le cœur des hommes et des femmes bat encore.

Toutes les simples gens, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, ont et auront à cœur de signer le Livre d’or qui leur sera présenté.

Le nom immortel de Staline restera, dans mon quartier, le symbole vivant de la liberté, de la fin de l'exploitation de l’homme par l’homme, de la Paix.

Aujourd’hui, demain, chaque jour, nous irons tous de l’avant, dans la voie si pure, si claire que nous a tracé le GRAND STALINE.

 

Léo Marcon membre du Comité fédéral du Parti Communiste Français

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 12:47

Cette année ce ne sont pas les municipales mais les présidentielles et les législatives qui sont au programme du pays, début novembre, donc juste avanrt l'été.

Avec une constante : le retour de la socialiste Michelle Bachelet.

Avec une différence : la coalition ne regroupe plus seulement PS et Démocratie chrétienne sous le nom de Concertation, mais PS-Démocratie chrétienne… et Parti communiste sous le nom : « Nouvelle majorité ».

L’accord ne s’est pas fait suite à une évolution du projet politique du PS mais suite à une répartition des postes aux législatives : la représentante de la nouvelle vague communiste Camilla Vallejo (dirigeante un temps du mouvement étudiant) est soutenu par cette coalition pour devenir député. En fait de nouvelle vague communiste, il s’agit au contraire d’arrêter la chute électorale... en évitant une candidature à la présidentielle.

 Un candidat d’extrême-gauche va prendre le relais.

 En fait cette évolution tient à deux choses :

Le PS était fortement divisé entre ceux qui voulaient s’unir seulement avec la DC et ceux qui voulaient s’unir uniquement avec le PC. Ainsi tout le monde se retrouve d’accord …

Un parti continue de jouer les trouble-fêtes, le parti progressiste dirigé par Marco Olimani Enriquez (MOE), parti né aux dernières présidentielles qui devait être un feu de paille mais qui s’est implanté. Bachelet a repris beaucoup des thèmes politiques qui sont les siens mais en tant que discours. Par exemple, MOE se bat pour une assemblée constituante pour se défaire de la constitution de Pinochet. Bachelet semble dire la même chose puis précise que la nouvelle constitution sera élabofrée par une commission…

 Pour aujourd’hui nous allons nous en tenir à une lutte sociale des employés de la Poste qui dure depuis presque un mois, avec grève, sit-in et grève de la faim.

 El lado humano de la huelga de los trabajadores de Correos de Chile

 Ils demandent fondamentalement une augmentation de salaire mais sans succès. Pourtant les dirigeants se versent des salaires colossaux. Pour rendre visible leur action, ils ont choisi d’abord d’installer un campement au bord de la rivière Mapocho puis petit à petit des employés se sont lancés dans la grève de la faim.

 Une lutte sociale parmi d’autres qui n’aura jamais la moindre visibilité médiatique sauif grâce au journal Le Ciudadano qui ma m’accompagner dans ce feuilleton. JPD

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:55

Les quelques références à René Bousquet présentes sur ce blog ces derniers temps, sont une réaction à la bio de son ami montalbanais Bonnafous sur Wikipédia, où quelques oublis sont bien organisés, et je vais y revenir avec précision. JPD

  

Midi socialiste 14 octobre 1942

M. René Bousquet en tournée d’inspection à Toulouse

Toulouse, 13 octobre

Ainsi que nous l’annoncions dans notre dernière édition, René Bousquet secrétaire général de la police auprès du chef du gouvernement est arrivé à Toulouse venant de Montpellier vers 2 h 40. Il a été immédiatement reçu à l’Intendance régionale de Police, par M. le colonel Danglade, intendant régional et M. Ch.-M. Heyl. Une section d’agent cyclistes et un peloton du groupe mobile de réserve rendaient les honneurs.

M. René Bousquet, après avoir passé en revue ces détachements s’est ensuite rendu à la préfecture où il a été accueilli par M. Cheneaux de Leyritz, préfet régional, avec lequel il s’est longuement entretenu des problèmes que posent l’organisation de son département ministériel.

M. le conseiller d’Etat, secrétaire général de la police s’est ensuite rendu au boulevard de l’Embouchure où se trouve le centre régional des groupes mobiles de réserve.

Une rapide inspection a permis au secrétaire général de se rendre compte de l’organisation et de l’aménagement dont il s’est montré très satisfait.

Vers la fin de la matinée M. René Bousquet a visité rue du Rempart Saint-Etienne les locaux de la police urbaine et s’est entretenu quelques instants avec le commissaire central et ses divers collaborateurs. Il a ensuite visité les divers services de l’Intendance régionale et des renseignements généraux.

 

Demain M. Bousquet se rendra à Albi où il continuera sa tournée d’inspection et où lui seront présentés sur le terrain d’aviation, les groupes mobiles de l’Albigeois, d’Aquitaine, du Béarn et du Languedoc, qui prêteront devant lui serment de fidélité au chef de l’Etat.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:29

Etant passé hier dans un ferme authentique, dotée de trois cribs, signes évident de l’expansion de la culture du maïs chez cet agriculteur, je me résous enfin à chercher ce mot sur le dictionnaire. Je dois préciser, pour appuyer l’explication ce geste, reporté depuis des décennies, qu’on m’a épelé enfin l’écriture de ce mot, ce qui facilite la recherche.

Passer ainsi de la culture orale à la culture écrite. Belle occasion de rappeler ce qu’est la culture orale : elle fonctionne par le corps tout entier quand l’autre fonctionne d’abord par la tête.

Mes parents paysans n’étant pas de culture « maïs » ; gamin je n’avais, pour jouer, que les cribs de différents voisins, car en effet, un crib était toujours un terrain de jeu, hors saison.

Il s’agit d’un mot qu’on entend et qu’on ne voit pas si bien qu’on ne sait trop si c’est crib ou crip ou Kribb ou que sais-je encore.

Manifestement le mot est anglais et il y a de quoi s’étonner de son succès dans l’univers paysan d’il y a très longtemps. En fait, le dictionnaire historique de la langue française ne dit rien de son introduction dans notre langue, mais nous n’avons aucun mal à deviner qu’il s’st imposé au fur et à mesure que la culture du maïs (terme lui, des indigènes des Amériques) se développait.

En français, il s’agit d’un séchoir à maïs comme il existe un séchoir à tabac. L’efficacité du mot crib ne fait donc aucun doute par rapport à sa version française et il est d’autant plus approprié quand on apprend son sens en anglais. Le crib est un coffre et en effet, la récolte de maïs séchant dans le crib, contenait souvent l’essentiel de la fortune du paysan, une fortune qui attendait son heure pour servir.

Mais pourquoi la culture du maïs persistant, le crib disparaît ? A cause de cette autre expression traduite de l’anglais : « le flux tendu » qui en agriculture encore plus que dans l’industrie est une aberration économique.

Le crib est une sorte de silo où une richesse est immobilisée pendant qu’elle sèche, or l’argent doit « tourner » donc il faut réduire au minimum l’immobilisation. Celle du bois qui sèche, celle du maïs qui sèche etc.

Donc les années de mauvaises récoltes, les prix flambent… vu le manque de réserves.

Gamin, j’avoue que je m’étonnais qu’on puisse laisser pendants les mois d’hiver, le maïs dans les cribs. Le froid de l’hiver est néfaste à l’agriculture et pourtant utile au maïs ! De plus, les oiseaux prenaient leur ponction et c’était une perte !

 Puis venait l’heure d’égrener le maïs mais avant il fallait aussi le « despélouquer », bref, du crib plein au crib vide, un temps de vie faisait la culture orale. JPD

 

 

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