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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 14:08

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Il n’a pas souvent écrit dans Le Patriote mais là, il a tenu à apporter son témoignage. L’histoire s’étudie aussi avec de tels écrits sincères, d’un homme honnête. Et on le constate, les communistes n’étaient pas les seuls à être trompés. Je comprends mieux la polémique suscité par le dessin de Picasso sur Les Lettres Françaises d’alors. Il heurtait cette religiosité populaire.

Si, en 1980, j'avais montré cet article à Léo, en aurait-il eu honte ? Je pense que oui. Je pense que la dénonciation ensuite, des crimes de Staline, a brisé quelque chose de profond en lui. Il est resté communiste… de cœur. Les plus coupables sont ceux qui ont tourné la page, sans regarder en arrière. Etre trompé est une chose ; faire comme si on n’avait pas été trompé c’est bien pire. JPD

 

J’ai vu sans mon quartier la douleur des simples gens

Dimanche 8 mars 1953

Voilà trois jours que le cœur du guide génial des peuples, le grand J. V. Staline, a cessé de battre.

Pour nous, communistes, le nom de Staline est une chose qui est grande, très grande. C’est notre guide, notre éducateur marxiste-léniniste. C’est l’homme qui a « voué toute sa vie au service sans réserve à la grande cause du communisme.»

C’est l’homme que nous aimons le plus – notre maître aimé - . C’est l’homme qui a consacré toute sa vie à la cause de la révolution prolétarienne et à la construction du communisme.

Mais, c’est pour les Français qui ne l’oublient pas, l’homme de la victoire sur l’hitlérisme, le stratège militaire jamais égalé dans l’historie ; c’est Stalingrad, c’est l’homme qui a cassé les reins à la bête fasciste.

Aujourd’hui dimanche, dans mon quartier, dans 70 foyers, les simples gens ont parlé de l’immortel Staline ; beaucoup ne sont pas communistes mais tous sentent le grand vide.

« L’Humanité dimanche » a été arrachée des mains des diffuseurs. Aujourd’hui dans mon quartier il manque des Humanité dimanche.

Sur la route de Corbarieu, un homme s’est arrêté : il vient de Vazerac ; il attend sur la route. A ma sortie de chez un ami, il vient vers moi. « C’est L’Humanité que vous avez ? » Oui. « Je l’avais pensé ».

Les larmes aux yeux, il reprend sa route ; dans sa poignée de main j’ai compris, un homme, un inconnu pour moi, qui pensait à un autre homme, le grand Staline.

A la cité des Cheminots, une femme qui n’est pas communiste ; a éclaté en sanglots en prenant le journal. Dans un café, une autre femme sincèrement peinée… « Aujourd’hui, donnez-moi votre journal. »

Dans mon quartier il faut en moyenne 2 heures pour la diffusion de L’Humanité dimanche. Aujourd’hui c’est 4 heures qu’il a fallu. Partout, les communistes, les sympathisants, les amis du Parti, les non-communistes, parlaient du grand Staline. Partout, les simples gens parlaient de l’homme, du génie, du libérateur des Peuples : le grand Staline.

Dans mon quartier, à la cité des Cheminots, le glorieux drapeau soviétique, cravaté de deuil, flotte au vent. Aujourd’hui, à « Sapiac », il y a beaucoup de sportifs. (le grand Staline était pour un sport sain et honnête).

Nombreuses sont les simples gens qui saluent le drapeau soviétique en berne. Une fillette de 12 à 14 ans descend : « Dis, c’est en l’honneur de M. Staline ? »

Au passage du chemin de l’Abbaye, des chapeaux se lèvent. Le cœur du grand Staline a cessé de battre, mais le cœur des hommes et des femmes bat encore.

Toutes les simples gens, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, ont et auront à cœur de signer le Livre d’or qui leur sera présenté.

Le nom immortel de Staline restera, dans mon quartier, le symbole vivant de la liberté, de la fin de l'exploitation de l’homme par l’homme, de la Paix.

Aujourd’hui, demain, chaque jour, nous irons tous de l’avant, dans la voie si pure, si claire que nous a tracé le GRAND STALINE.

 

Léo Marcon membre du Comité fédéral du Parti Communiste Français

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 12:47

Cette année ce ne sont pas les municipales mais les présidentielles et les législatives qui sont au programme du pays, début novembre, donc juste avanrt l'été.

Avec une constante : le retour de la socialiste Michelle Bachelet.

Avec une différence : la coalition ne regroupe plus seulement PS et Démocratie chrétienne sous le nom de Concertation, mais PS-Démocratie chrétienne… et Parti communiste sous le nom : « Nouvelle majorité ».

L’accord ne s’est pas fait suite à une évolution du projet politique du PS mais suite à une répartition des postes aux législatives : la représentante de la nouvelle vague communiste Camilla Vallejo (dirigeante un temps du mouvement étudiant) est soutenu par cette coalition pour devenir député. En fait de nouvelle vague communiste, il s’agit au contraire d’arrêter la chute électorale... en évitant une candidature à la présidentielle.

 Un candidat d’extrême-gauche va prendre le relais.

 En fait cette évolution tient à deux choses :

Le PS était fortement divisé entre ceux qui voulaient s’unir seulement avec la DC et ceux qui voulaient s’unir uniquement avec le PC. Ainsi tout le monde se retrouve d’accord …

Un parti continue de jouer les trouble-fêtes, le parti progressiste dirigé par Marco Olimani Enriquez (MOE), parti né aux dernières présidentielles qui devait être un feu de paille mais qui s’est implanté. Bachelet a repris beaucoup des thèmes politiques qui sont les siens mais en tant que discours. Par exemple, MOE se bat pour une assemblée constituante pour se défaire de la constitution de Pinochet. Bachelet semble dire la même chose puis précise que la nouvelle constitution sera élabofrée par une commission…

 Pour aujourd’hui nous allons nous en tenir à une lutte sociale des employés de la Poste qui dure depuis presque un mois, avec grève, sit-in et grève de la faim.

 El lado humano de la huelga de los trabajadores de Correos de Chile

 Ils demandent fondamentalement une augmentation de salaire mais sans succès. Pourtant les dirigeants se versent des salaires colossaux. Pour rendre visible leur action, ils ont choisi d’abord d’installer un campement au bord de la rivière Mapocho puis petit à petit des employés se sont lancés dans la grève de la faim.

 Une lutte sociale parmi d’autres qui n’aura jamais la moindre visibilité médiatique sauif grâce au journal Le Ciudadano qui ma m’accompagner dans ce feuilleton. JPD

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:55

Les quelques références à René Bousquet présentes sur ce blog ces derniers temps, sont une réaction à la bio de son ami montalbanais Bonnafous sur Wikipédia, où quelques oublis sont bien organisés, et je vais y revenir avec précision. JPD

  

Midi socialiste 14 octobre 1942

M. René Bousquet en tournée d’inspection à Toulouse

Toulouse, 13 octobre

Ainsi que nous l’annoncions dans notre dernière édition, René Bousquet secrétaire général de la police auprès du chef du gouvernement est arrivé à Toulouse venant de Montpellier vers 2 h 40. Il a été immédiatement reçu à l’Intendance régionale de Police, par M. le colonel Danglade, intendant régional et M. Ch.-M. Heyl. Une section d’agent cyclistes et un peloton du groupe mobile de réserve rendaient les honneurs.

M. René Bousquet, après avoir passé en revue ces détachements s’est ensuite rendu à la préfecture où il a été accueilli par M. Cheneaux de Leyritz, préfet régional, avec lequel il s’est longuement entretenu des problèmes que posent l’organisation de son département ministériel.

M. le conseiller d’Etat, secrétaire général de la police s’est ensuite rendu au boulevard de l’Embouchure où se trouve le centre régional des groupes mobiles de réserve.

Une rapide inspection a permis au secrétaire général de se rendre compte de l’organisation et de l’aménagement dont il s’est montré très satisfait.

Vers la fin de la matinée M. René Bousquet a visité rue du Rempart Saint-Etienne les locaux de la police urbaine et s’est entretenu quelques instants avec le commissaire central et ses divers collaborateurs. Il a ensuite visité les divers services de l’Intendance régionale et des renseignements généraux.

 

Demain M. Bousquet se rendra à Albi où il continuera sa tournée d’inspection et où lui seront présentés sur le terrain d’aviation, les groupes mobiles de l’Albigeois, d’Aquitaine, du Béarn et du Languedoc, qui prêteront devant lui serment de fidélité au chef de l’Etat.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:29

Etant passé hier dans un ferme authentique, dotée de trois cribs, signes évident de l’expansion de la culture du maïs chez cet agriculteur, je me résous enfin à chercher ce mot sur le dictionnaire. Je dois préciser, pour appuyer l’explication ce geste, reporté depuis des décennies, qu’on m’a épelé enfin l’écriture de ce mot, ce qui facilite la recherche.

Passer ainsi de la culture orale à la culture écrite. Belle occasion de rappeler ce qu’est la culture orale : elle fonctionne par le corps tout entier quand l’autre fonctionne d’abord par la tête.

Mes parents paysans n’étant pas de culture « maïs » ; gamin je n’avais, pour jouer, que les cribs de différents voisins, car en effet, un crib était toujours un terrain de jeu, hors saison.

Il s’agit d’un mot qu’on entend et qu’on ne voit pas si bien qu’on ne sait trop si c’est crib ou crip ou Kribb ou que sais-je encore.

Manifestement le mot est anglais et il y a de quoi s’étonner de son succès dans l’univers paysan d’il y a très longtemps. En fait, le dictionnaire historique de la langue française ne dit rien de son introduction dans notre langue, mais nous n’avons aucun mal à deviner qu’il s’st imposé au fur et à mesure que la culture du maïs (terme lui, des indigènes des Amériques) se développait.

En français, il s’agit d’un séchoir à maïs comme il existe un séchoir à tabac. L’efficacité du mot crib ne fait donc aucun doute par rapport à sa version française et il est d’autant plus approprié quand on apprend son sens en anglais. Le crib est un coffre et en effet, la récolte de maïs séchant dans le crib, contenait souvent l’essentiel de la fortune du paysan, une fortune qui attendait son heure pour servir.

Mais pourquoi la culture du maïs persistant, le crib disparaît ? A cause de cette autre expression traduite de l’anglais : « le flux tendu » qui en agriculture encore plus que dans l’industrie est une aberration économique.

Le crib est une sorte de silo où une richesse est immobilisée pendant qu’elle sèche, or l’argent doit « tourner » donc il faut réduire au minimum l’immobilisation. Celle du bois qui sèche, celle du maïs qui sèche etc.

Donc les années de mauvaises récoltes, les prix flambent… vu le manque de réserves.

Gamin, j’avoue que je m’étonnais qu’on puisse laisser pendants les mois d’hiver, le maïs dans les cribs. Le froid de l’hiver est néfaste à l’agriculture et pourtant utile au maïs ! De plus, les oiseaux prenaient leur ponction et c’était une perte !

 Puis venait l’heure d’égrener le maïs mais avant il fallait aussi le « despélouquer », bref, du crib plein au crib vide, un temps de vie faisait la culture orale. JPD

 

 

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 15:27

Toute référence à Olympe de Gouges est un point d’histoire appréciable. Et c’est le cas de cet article que j’offre ici. Si je glisse quelques commentaires sur des détails, le tout me semble riche et juste pour le lecteur peu informé. Peut-être, dans les références, pouvait-on envoyer le lecteur vers le site de Gallica pour accéder à la fameuse Lettre au peuple, que nous avons édité trois fois mais qui est épuisée. Par contre notre livre Olympe aux enfers qui est le recensement des préfaces à ses pièces de théâtre, est toujours disponible, et unique en son genre. Tout comme l’édition des œuvres complètes dans trois domaines, aux éditions Cocagne. Bonne lecture. JPD

 

Marianne /17 au 23 août 2013

PAR MYRIAM PERFETTI

Olympe de Gouges, Une femme contre la terreur

 

Elle fut première des féministes et le paya de sa vie. Guillotinée en 1793 sous la terreur, elle avait commis le crime de rédiger une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Ses combats contre toutes les injustices annonçaient ceux de notre siècle.

 Un siècle et demi avant l'écriture du Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir, une femme, Olympe de Gouges, avait voulu trancher l'hydre de la misogynie, ce frein entravant l'évolution des sociétés. Malheureusement, c'est sa tête à elle qui roula sur l'échafaud de la Terreur en 1793. Victime de son sexe, victime de ses idées trop humanistes, trop révolutionnaires pour la Révolution elle-même, victime aussi de son origine de classe. Son corps, lui, se retrouva à la fosse commune : son fils, Pierre Aubry, l'ayant reniée pour sauver sa propre tête du « rasoir national ».

DESTIN TRANSGRESSIF

Comme l'histoire est assez ingrate avec certains de ses « grands hommes », la pionnière Olympe de Gouges a dû subir une injustice supplémentaire : celle qui osa écrire, en 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, acte fondateur d'un féminisme qui ignorait encore son nom, fut reléguée aux oubliettes par... les féministes. Quand elle ne fut pas considérée, au mieux, comme une courtisane par l'écrivain Restif de la Bretonne, qui la classa dans sa liste des prostituées de Paris, elle passa, au pis, pour une malade mentale, une « folle » selon l'historien Jules Michelet, une hystérique atteinte de paranoïa reformatoria (folie réformatrice) pour le Dr Guillois, docteur du service de santé des armées, auteur, en 1904, d’une étude consacrée aux femmes de la Révolution. Jusqu'à ce que l'historien Olivier Blanc, en 1981, vienne l'extirper de cet injuste oubli avec une biographie fouillée et fort documentée, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle. Et qu'Anne Hidalgo, la première adjointe au maire de Paris et candidate à la succession de Bertrand Delanoé en 2014, propose de la faire entrer au Panthéon. La patrie est toutefois aussi sexiste que lors de la conversion du monument d'église en caveau de la République, à l'occasion de la mort de Mirabeau, en 1791. En 2013, sur 71 personnalités à reposer sous la coupole, seules deux femmes y sont enterrées Sophie Berthelot et Marie Curie. Et encore, pour de mauvaises raisons : afin d'accompagner leurs maris dans l'éden démocrate.

Comme si Sophie sans Marcellin ou Marie sans Pierre n'auraient jamais pu découvrir ni certains principes chimiques, ni la radioactivité... Las.

Mais, avec Olympe de Gouges, c'est une tout autre histoire. Elle a eu, comme la philosophe et astronome Hypathie dans l'Alexandrie du IVe siècle, le tort d'être une personnalité hors normes, d'avoir une tête trop bien faite pour son temps, d'être en avance de quelques siècles. Pourtant, rien ne la prédestinait à penser et à vivre autrement que les femmes de son milieu. Cette petite provinciale de Montauban, née en 1748 des amours illégitimes d'un marquis, Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, épicurien, ami des lettres et auteur d'une Didon qui en fit à jamais l'ennemi personnel de Voltaire, et d'une fille du peuple, Anne-Olympe Mouisset, aurait dû avoir la vie toute tracée - par l'Eglise - des femmes de la petite bourgeoisie de l'Ancien Régime. A savoir, comme l'a résumé Elisabeth Badinter dans l'Amour en plus, demeurer « une créature essentiellement relative. [La femme] est ce que l'homme n'est pas pour former avec lui, et sous son commandement, le tout de l'humanité ».

Très peu pour Marie Gouze, qui, mariée à l'officier de bouche Pierre Aubry, contre son gré, à 17 ans, aussitôt mère, puis veuve à l'âge de 18 ans, décide d'être sa propre création. Les premiers actes d'indépendance de cette Occitane autodidacte, qui maîtrise mal le français, comme 90 % de la population d'alors : se forger un nom, écrire et ne plus se marier, car, comme elle l'écrira plus tard « Le mariage est le tombeau de la confiance et de l'amour. » Elle lui préférera un contrat social de l'homme et de la femme, préfigurant, avec plus de deux cents ans d'avance, le Pacs. Désormais, Marie Gouze ne sera pas la veuve Aubry mais Olympe de Gouges. Et cette Olympe-là est décidée à prendre sa revanche sur la vie, à rayonner dans les lettres et dans les idées. Aujourd'hui encore, l'aura de ses Ecrits politiques est plus importante en Allemagne, aux Etats-Unis et au Japon qu'en France. Tout juste si l'on compte quelques lycées et places portant son nom. Pourtant...

Son destin transgressif est autant révélateur des blocages de son époque que du statut des femmes de son temps : considérées comme abritant aussi peu d'âme que les animaux, les frondeuses, ces politiquement incorrectes pleines d'espoir en la Révolution, finirent décapitées, comme Mme Roland, ou à l'asile, comme Théroigne de Méricourt, après avoir été fessée en place publique par une horde de sans-culottes. Car le paradoxe majeur de la Révolution française, fondée sur l'universalité du droit naturel, est qu'elle écarta des droits politiques et civiques la moitié de la société. Pour autant, les combats d'Olympe de Gouges au XVIIIe siècle ne font qu'anticiper tous ceux qui ont agité le XXe et continué d'enflammer ce début de XXIe : lutte contre la tyrannie et pour la justice sociale, combat contre la peine de mort, égalité hommes-femmes... Les activistes des Femen, emprisonnées en Tunisie en raison de leur soutien à la féministe Amina Sboui, ne disent pas autre chose. A leur manière, elles revendiquent, deux cent vingt ans plus tard, le mot d'ordre d'Olympe : « Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre pouvoir de vous en affranchir; vous n'avez qu'à le vouloir.» Et Olympe, éclairée par l'esprit des Lumières, savait de quoi elle parlait.

MILITANTISME HUMANISTE

A son arrivée à Paris, elle rêve de théâtre. Introduite auprès des Comédiens du Français par la marquise de Montesson, épouse morganatique du duc d'Orléans, elle fonde une troupe. La première des 30 pièces qu'elle a écrites, Zamore et Mirza ou l'heureux naufrage, en 1785, traite d'un thème tabou, l'esclavage des Noirs. En critiquant le Code noir alors en vigueur, en osant aborder de manière frontale les problèmes du colonialisme et du racisme, la polémiste s'attire les foudres de la maréchaussée - la bataille d'idées vire au pugilat - et du maire de Paris, qui a tôt fait d'interdire la représentation. Olympe évite, pour la première mais pas la dernière fois, l'embastillement. Acte fondateur d'un militantisme humaniste et de l'urgence de l'instauration d'une égalité pour tous, Zamore et Mirza signe l'engagement qui sera celui de sa vie pour la reconnaissance des droits de tous les laissés-pour compte de la société (Noirs, femmes, enfants illégitimes, démunis, malades...). Olympe et son théâtre engagé dérangent. Mais ce sont ses brochures politiques et, plus tard, ses affiches, imprimées à son compte et placardées dans tout Paris, qui signeront son arrêt de mort.

Les femmes avaient joué un rôle décisif dans le processus révolutionnaire; la République établie, c'est tout naturellement qu'elles devaient s'abstenir de «politiquer» pour rejoindre leur foyer afin de réconforter ses combattants. Ainsi, le 30 octobre 1793, la Convention déchoit les Françaises de leur statut de citoyennes, accordé par la Législative. Deux ans auparavant, dans l'article I de sa Déclaration des droits de la femme, dédiée à la reine Marie-Antoinette, Olympe de Gouges osait écrire : « La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits.» En vain. Il leur faudra désormais attendre 1945 pour obtenir enfin le droit de vote ainsi que celui de « monter à la tribune », après avoir eu celui de « monter à l'échafaud ». Mais, en 1788, Olympe croit encore qu'elle peut exercer sa citoyenneté au féminin. Dans le Journal général de la France, elle publie sa « Lettre au peuple », un projet de caisse patriotique par une citoyenne, le premier de ses pamphlets politiques où, s'adressant au roi Louis XVI, elle propose l'instauration d'un impôt volontaire pour endiguer la pauvreté. Une première : «L'homme de la halle, ainsi que la femme de charge, éprouveraient une satisfaction sans égale de voir leur nom à côté de celui d'un prince de sang », conclut-elle, anticipant de cent-vingt six ans la création, en 1914, de l'impôt sur le revenu. Olympe va même plus loin. Toujours dans le Journal général de la France, comprenant l'importance de la presse dans l'opinion publique, elle fait part, en décembre 1788, de ses « Remarques patriotiques », un programme de réformes sociales qui imagine une assistance sociale, des centres de soins et d'accueil pour les veuves, les vieillards et les orphelins, des ateliers d'Etat pour les ouvriers sans travail et un impôt, sorte d'ISF avant l'heure, sur les signes extérieurs de richesse (nombre de domestiques, de propriétés, d'œuvres d'art...). S'ensuivront des dizaines de brochures et d'affiches où elle milite, entre autres, pour le droit au divorce, la recherche de paternité, la création de maternités, la féminisation des noms de métier, le système de protection maternelle et infantile... Des «élucubrations»  qui ne seront mises en place qu'au... XXe siècle, et qu'on attendait si peu de la part d'une femme de son milieu. Même Mirabeau en convient : « Nous devons à une ignorante de bien grandes découvertes. »

OEUVRE DE SALUT PUBLIC

Son modernisme extravagant va de pair avec une folle lucidité et une dévastatrice ironie, que ne renient ni notre temps ni les mordantes Sophia Aram d'aujourd'hui. Ainsi déclarait-elle, dans sa « Lettre aux représentants de la nation », en 1789 : « Les uns veulent que je sois aristocrate ; les aristocrates, que je sois démocrate. Je me trouve réduite, comme ce pauvre agonisant à qui un prêtre demandait, à son dernier soupir: "Etes-vous moliniste ou janséniste ?" "Hélas, répond le pauvre moribond, je suis ébéniste." Comme lui, je ne connais aucun parti. Le seul qui m'intéresse vivement est celui de ma patrie, celui de la France... » Ou déclarait-elle à une troupe armée venue prendre sa tête pour 24 sous, après qu'elle se soit proposée, au nom de son combat pour l'abolition de la peine de mort, comme avocate du citoyen Louis Capet : «Mon ami, je mets la pièce de 30 sous et je vous demande la préférence. » Louis XVI perdit sa tête le 21 janvier 1793. Sauvée par son humour, elle garda la sienne. Pour quelques mois seulement. Car, à la suite du collage dans Paris d'une affiche signée Polyme, l'anagramme d'Olympe, conspuant Robespierre, l'artisan de la Terreur, en des termes inadmissibles pour l'ami du peuple » - « Tu te dis l'unique auteur de la Révolution, Robespierre ! Tu n'en fus, tu n'en es, tu n'en seras éternellement que l'opprobre et l'exécration... Chacun de tes cheveux porte un crime... Que veux-tu ? Que prétends-tu ? De qui veux-tu te venger ? De quel sang as-tu soif encore ? De celui du peuple ?» -, Olympe de Gouges, « royaliste constitutionnelle », récidive. Elle fait imprimer, le 20 juillet 1793, une affiche bordée de rouge intitulée « Les trois urnes ou le salut de la patrie », où elle ne demande rien de moins que le droit au référendum des Français sur leur futur gouvernement. A charge pour les citoyens de préférer la monarchie, le fédéralisme ou la République. Accusée de remettre en cause le principe républicain, la Girondine est inculpée par le Tribunal révolutionnaire le 2 novembre. L'accusateur Fouquier-Tinville plaide « l'attentat à la souveraineté du peuple ». La cause sera vite entendue. Marie- Olympe de Gouges, veuve Aubry, 45 ans, est condamnée à la peine de mort. La sentence sera exécutée vingt-quatre heures plus tard. La semaine suivante, un commentaire paru dans le Moniteur universel, journal de propagande montagnarde, montre l'étendue de son crime : «Elle voulut être homme d'Etat. Il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d'avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe. »

Ce 3 novembre 1793, vers 17 heures, en montant à l'échafaud, place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde à Paris, Olympe de Gouges s'écrie : « Enfants de la patrie, vous vengerez ma mort!» A quelques mois de la célébration du 65e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, osera-t-on enfin rendre justice à cette ennemie de toutes les exclusions, à son œuvre de salut public ? Allez, messieurs les plus républicains, de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace... M.P.

 

Non, les féministes dès 1970 rappelèrent sa déclaration. Si elles eurent un tort c’est d’avoir présenté seulement le côté féministe d’Olympe.

Cette idée est déjà ancienne et comme je suis contre le panthéon…

Mary-Lafon qui a pu rapporter un témoignage direct indique au contraire qu’elle refusa le « parti » proposé par Le Franc de Pompignan car il n’a pas voulu associer la dot allant avec et qu’en conséquence elle accepta un mariage avec une personne âgée pour être veuve le plus vi  te possible.

Je préfère dure l’impôt progressif sur le revenu car Necker et d’autres ont toujours voulu un impôt dont le taux serait le même pour tous.

Faut-il rappeler que la Convention accorda un droit au divorce favorable aux femmes ?

Et pourquoi pas Fouquier-Tinville qu’on va croiser plus loin ?

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 14:27

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Un conte savant

 Il était une fois une ville nommée TooLoose car elle avait tout perdu. Certains l’auraient installée à Poitiers pour être près de Paris, les plus frondeurs à Perpignan pour être près de Barcelone, et les plus échevelés, rois de la galéjade, entre Aix et Marseille pour être près de Milan. Malheureusement la géogra-phie avait installé TooLoose à TooLoose.

Aussi, trois mousquetaires, aidés d’un D’Artagnan de choc, Malin Badlife, décidèrent de l’arracher à cet injuste sort en tentant de faire redescendre du ciel sur la terre, leur chère Reine Vitesse, appelée Avion dans les airs, et LGV sur terre.

Puisque trio il y a, un autre trio va courir à leur secours en une histoire finalement sans histoire car Bouygues, Eiffage, et Vinci - ce dernier nom étant injustement volé à un géant - n’aiment pas les contes. Quant aux bons comptes c’est autre chose ! On les appelle dividendes !

 En guise de suspens, Malin et Pietro vont réussir l’exploit de faire en 12 heures TooLoose-Madrid-Barcelone-Tooloose en employant l’avion, le train et le mini-bus ! Preuve irréfutable qu’une LGV Madrid-Barcelone c’est bien faire redescendre la vitesse du ciel sur la terre !

Oui mais voilà au final… ah ! le final !

 128 pages, 12 euros

Ceux qui se battaient contre la LGV étaient des pestiférés (je peux donner des exemples pas tristes). Et voilà que partout on nous chante que le « tout LGV » fut une catastrophe ! Pourtant les chantiers fleurissent, lancés qu’ils furent par le précédent gouvernement.

Ceux qui se battaient contre la LGV étaient des adeptes de la bougie, des irresponsables, des adversaires du progrès. Et voilà que partout on nous chante « vive les lignes existantes » sans qu’on sache pourquoi se revirement ! Sous l’angle de l’humour, vous aurez la clé de l’histoire 

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 14:22

                                       couv-garcia.jpg 

Une nouveauté de la rentrée

 

Anne Marie et Joachim GARCIA agissent depuis des années au sein de  l’Amicale des Anciens Guérilleros « F.F.I » Gard-Lozère, pour la défense de la Mémoire des Républicains Espagnols et de la Résistance espagnole en France.

 250 pages, 10 pages couleur, 19 euros

« ADÍOS GUERRILLERO »

 « Vraiment c’est injuste pensait Anna. Je n’ai pas eu le temps… »

« Villacampa » le guérillero est mort !

Anna réalise la perte, l’absence cruelle d’un homme au destin d’exception. « Villacampa » a fait la guerre ! Et quelle guerre !

17 ans de prison pour l’homme !

17 ans d’attente pour Quinito son fils !

Dans la maison de Nîmes on peut voir étalés les journaux, et reviennent les souvenirs.

Mémoire silencieuse, souterraine, en souffrance, mémoire brisée.

Anna remonte dans le temps et rencontre l’Histoire.

Anna reconstitue le puzzle jusqu’à ce que surgissent les réponses aux questions qu’elle se pose :

 Qui était « Villacampa ? »

Pourquoi tant d’années de prison ?

Pourquoi ne l’a-t-on pas fusillé ?

  250 pages, 10 pages couleur, 19 euros

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 19:28

dion.JPG 

A cette époque là, L’Humanité dimanche n’avait pas de référence au « parti des gens » ou au « parti communiste » comme il arrivera à d’autres moments.

A ce moment là, il n’y avait pas d’édito directement politique. Si je reprends ici, à tout hasard ce texte, c’est que le signataire opère toujours mais depuis longtemps dans Marianne. JPD

  

2 citoyens au-dessus de tout soupçon

D'abord, Albert Spaggiari. Bert pour les intimes. Fasciste convaincu. A fait ses armes en cassant du viet en Indochine et du fellouze en Algérie. Auteur du fric-frac de la Société Générale de Nice. Retrouvé à Madrid par « Paris-Match » et au Brésil par « France-Soir ». Auteur d’un livre intitulé « les Enfants du paradis », pour lequel les éditeurs se sont battus au couteau. Livre maintenant porté à l'écran. Comparé successivement à Arsène Lupin, Till l'Espiègle et Fanfan la Tulipe.

Ensuite, Jacques Mesrine. Ennemi public numéro un. Lui aussi ancien d'Algérie. Apôtre de la violence pseudo politique. Professionnel du crime. Une trentaine de victimes à son actif. Menace d'abattre le juge qui l'a condamné et l'éditeur qui a publié son livre, « l'Instinct de mort ». Habitué des colonnes de «Libération » et du Matin ». Seule la police ne le rencontre jamais.

Volonté de vendre du papier ? Goût du sensationnel à l'américaine ? Pas seulement. A une jeunesse avide de justice, on tente d'inoculer le poison du pessimisme, le venin de la violence aveugle. On laisse des apprentis fascistes briser des vitrines et piller des magasins sous prétexte de lutter contre la hausse des prix. Pour les héros de notre temps, tout devient justifiable. Même l'injustifiable. Même le crime. A quand un feuilleton télévisé sur les aventures de Mesrine le tueur ?

 

Jack DION

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 12:34

Après le 15 août, il reste le Festival d’Uzeste, pour penser à la fête, juste avant la rentrée.

http://www.uzeste.org/

En cherchant sur mon blog, j’ai trouvé quelques références à Uzeste et Lubat.

Mais elles sont loin du compte, pour exprimer les expéditions tentées plusieurs fois dans la lande girondine. Au nom du Sauternes. Avec des amis : une fois René Bonetti, une fois René Merle et surtout les rencontres avec l’ami Prada puis les voyages avec Marie-France.

Sur le site du festival, un appel est lancé :

« Uzeste Musical lance un appel pour les archives des manifestivités transartistiques. Envoyez vos enregistrements, vidéos, photos ou tout autre support créé au cours des manifestivités, à l'adresse archives@uzeste.org pour apporter votre subjectivité à la mémoire collective. »

 Ma subjectivité est quelque part dans un livre et peut-être, au nom d’un certain baroque, prendrais-je la peine d’ajouter quelques notes.

En 1985, de retour de mon premier Uzeste, je me suis aussitôt lancé sur mon Amstrad tout neuf à écrire un conte que j’ai d’abord appelé Testa Ment, puis finalement Testa Cassé.

Pour la version 2013 j’ai le plaisir de découvrir la présence d’Emile Parisien présent voici peu à Jazz in Marciac.

 

JPD

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 12:01

Le hasard a voulu que ce soit en dégustant ici, à Angeville, un pudding chômeur de notre fabrication que nous avons lu l'échange sur le blog de l'ami Jacques Desmarais amina la rebelle un jacques que par la même occasion je retrouve jeune fêtard à Granby en 1973, juste avant qu'il ne débarque en Louisiane pour une vie de temporaire d'enseignant de fançais quand moi j'étais déjà à jamais un Français enseignant. jpd

amina la rebelle

 

 

 

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