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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 12:41

Par l’intermédiaire du baroque, Guy Catusse a voulu croiser ses interrogations nées au GRIHL (Groupe de recherche Interdisciplinaire d’Histoire littéraire) avec la pièce de théâtre de Benedetto jouée à Montauban en 1974 : le siège de Montauban. J’étais curieux de savoir comment ce prof de français que j’avais connu de 1971 à 1982 avait vu en arriver à cette recherche à la fin de sa vie, lui qui, habitant de Montauban à l’époque… n’a pas vu la pièce ! Il avait alors d'autres impératifs culturels.

Le 28 mai j’ai été invité au séminaire du GRHIL où Jean-Pierre Cavaillé s’efforça de donner corps à ce projet inachevé de Guy Catusse pour cause de décès prématuré. J’ai découvert que tout reposait sur un document : le texte de la pièce édité par PJO en 1976, document analysé avec minutie et que Jean-Pierre Cavaillé a pu présenter en détail.

 

Le théâtre, art vivant

Du spectacle théâtral il ne reste que le souvenir mais grâce à l’éditeur PJ Oswald, il est aussi resté ce texte. Publié dans Théâtre 1 qui regroupe deux autres pièces de Benedetto, avec annonce en fin de volume de la suite des publications avec Théâtre 2 qui devait contenir : Les miroirs vénitiens, Emballage et Rosa Lux/la peste ; puis Théâtre 3 avec A Bec et à Griffes, Le delta c’est moi, Le marcheur etc…  Jusqu’à Théâtre 6 !

En 1976 Benedetto a donc déjà derrière lui plus de dix ans de travail ! S’il a commencé les publications par les drapiers jacobins, pièce jouée aussi à Montauban, puis par Le siège de Montauban et Mandrin, c’est le signe d’une importance toute particulière donnée à ce moment d’histoire, importance renforcée par les outils autour de la pièce (introduction, nombreuses photos et surtout très nombreuses notes).

 

L’art vivant et le baroque

Guy Catusse a été attiré par cette note de Benedetto :

« (20) Nous le mettions [Castan, le directeur du Festival] sous forme d'une grande photo en médaillon comme une cible. Il s'est toujours demandé ce que ça signifiait exactement. On peut être un spécialiste du baroque, et ne pas comprendre une conduite baroque quand on y est en plein dedans. Ce comportement typiquement carnavalesque reste pour une bonne part hermétique à l'intelligence contemporaine. Grandeur et dérision ! « La perfection classique... C'est la mise en évidence d'une hiérarchie. » (André Gide)

Bienséance. Honnête homme. Harmonie. Discipline. Ordre. Régularité. Belle ordonnance. Equilibre. Rigueur. Fixité de l'odeur, non ! de l'idée. Logique. Rimes alternées. Hémistiche. Jardin à la française. Vertus de la contrainte. Sens de la grandeur. Et réduisit la muse aux règles du Devoir.

Le baroque est presque le contraire de tout cela. Décentrement de l'expression, pluralité des points de vue, perspectives diverses, anti-unitarisme et profusion, révolution copernicienne, voix multiples et égales, dérision du principal et de l'unique autoritaire, démocratie et changement des signes, territoire de la contradiction, force issue des profondeurs de la civilisation en marche et ferment explosif. « Son art et sa pensée (du pays occitan) sont déterminés par un conditionnement rebelle à l'unité interne, et par le jeu des contraires qui en dérive. » (Félix Castan)

Baroque : Terme péjoratif emprunté au portugais barroco qui désigne une perle impure. L'origine du terme se passe de commentaire. Il y a ce qui est dur et pur et il y a tout le reste. Lequel devient de plus en plus remuant. Et qui choque par sa bizarrerie ! Ex. : un bas roque...

D'après le petit Robert, baroque est le contraire de normal, régulier, classique ! »

Pourquoi cette note ? A cause de cette phrase du texte : Faites parler Castan / Mettez-le en plein centre / Pour critiquer le centre ».

Nous sommes à la fin de l’acte 1, une scène que Benedetto a écrite après une grande écoute de malades à l’hôpital psychiatrique. Les acteurs sont des aveugles et le dernier message à diffuser est celui-ci : « Il n’y a pas de projecteurs au-dessus des classes. »

 

Relire un texte joué ?

La recherche de Guy et le débat à quelques-uns posent la question du théâtre : art éphémère, en quoi sa version écrite peut jouer un rôle ? Jusqu’à inclure le théâtre dans la littérature ?

Voici le titre de l’étude de Guy :

« Captez des yeux et captez des oreilles ». Le Siège de Montauban (A. Benedetto, 1974, 1976)

 30 mai 2013 Jean-Paul Damaggio

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 21:37

En janvier 1975, le journal fédéral du PCF évoque le fait divers de La Fumade avec pour signature un énigmatique Laurent. Un article rare. JPD

 

Après la tragédie de la Fumade

Le fauve et les requins

Gros titres, photos, occupent la une ; page entière de montage photographique à l’intérieur.

S’agit-il d’un reportage sur le scandale du moment : le pillage des Français par le cartel des pétroliers, les faits et chiffres qui témoignent qu’en douze ans tout s’est passé comme si chaque famille française avait versé 700 000 anciens francs aux compagnies pétrolières, comme tout cela a été dénoncé par Georges Marchais sur la 3ème chaîne et publié dans L’Humanité. Oui dans L’Humanité car l’autre presse ne fait pas grand bruit là-dessus.

Non : vous n’y êtes pas, les titres à sensation, les reportages photographiques sont, dans cette presse, réservé à la tragédie du domaine de « La Fumade » à Saint-Nauphary près de Montauban.

Bien sûr il n’est nullement question ici de justifier des méthodes et un comportement qui sont d’une autre époque et des actes qui ont abouti à blesser gendarmes et ouvriers agricoles.

Mais le résultat est là : un jeune homme de près de 25 ans est mort pour avoir voulu rester sur sa terre, dont il se considérait dépouillé.

En effet, voilà toute l’origine du drame. Il est certain que du côté de la famille de feu Léonce Portal, décédé en 1973, un domaine de 157 hectares plus les bâtiments suscitait bien des envies.

Le mariage de Léonce Portal avec sa servante polonaise en 1950, le fait qu’elle lui donnait deux enfants, donc deux héritiers, faisait s’envoler pas mal d’illusions.

Il y avait ceux-là et d’autres pour qui domaine et procès représentaient la poule aux œufs d’or. D’ailleurs la télévision n’a-t-elle pas reçu des déclarations de Jean-Louis Portal mettant en cause un notaire failli et d’autres personnes qui, ayant beaucoup de « relations », avait juré d’avoir le dernier mot.

N’est-elle pas étrange la vente pour 40 millions anciens d’un tel domaine qui en valait beaucoup plus, même si cette vente remonte à juin 1972. Ne faut-il pas chercher là la lenteur à régler une affaire qui dure depuis de longues années et qui se termine tragiquement.

La responsabilité première incombe-t-elle à ce jeune homme qui avait rassemblé de nombreuses armes pour défendre « son domaine » où il vivait retranché, ou à d’autres dont il disait samedi à la télévision que depuis le début ils n’avaient qu’un but, le dépouiller de sa terre.

La presse à sensation nous a dépeint Jean-Louis Portal comme un jeune fauve.

On n’avait pas cette impression en l’écoutant à la télévision, mais celle d’entendre et de voir un jeune amer et ulcéré par le comportement d’une société, la société capitaliste où l’on abat un jeune de 25 ans parce qu’il est devenu un fauve, mais où les requins continuent à s’engraisser dans des eaux peu odorantes.

 

Laurent

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 21:31

                          portal.jpg

  Le livre Théâtre 1 d’André Benedetto paru en 1976 chez P.J. Oswald contient la photo ci-dessus. Personnellement je l’ai toujours considéré comme une photo parmi d’autres même si elle m’intriguait pour deux raisons :

1 ) Pendant le travail sur la pièce Le siège de Montauban, que j’ai suivi de A à Z, jamais il n’a été fait référence à la rencontre Benedetto-Castan avec Portal, donc cette photo m’est apparue hors contexte.

2 ) Que pouvait représenter l’affaire Portal par rapport au travail sur le siège de Montauban ?

 C’est au cours de la rencontre autour de la mémoire de Guy Catusse que j’ai revu mon point de vue.

1 ) Cette photo ne pouvait pas être là par hasard. Elle est la seule à témoigner du travail de rencontres de Benedetto avec les habitants de Montauban, le socle de la pièce.

2 ) Au moment de la photo, en 1973, l’affaire n’avait pas pris la tournure qu’elle prendra d’où la légende de la photo : « Félix Castan et André Benedetto avec Jean-Louis Portal qui devait être tué lors de l’assaut de La Fumade. »

 En fait la photo pouvait en 1976 être un argument de vente du livre car c’est en 1975 que Jean-Louis Portal est tué par la police, l’affaire prenant une dimension nationale qu’on ne peut imaginer aujourd’hui.

 Sur l’affaire

La famille Portal habite le domaine de La Fumade commune de Saint-Nauphary (82) que le père, Léonce, a hérité en 1967 d'un oncle, Louis William, baron de Portal. Dans sa lignée il y a un ministre de Louis XVIII, Pierre-Barthélémy Portal. D'après Wikipédia.

La succession a été difficile à régler du fait qu'il y avait plusieurs héritiers. Ainsi Léonce a dû, pour équilibrer le partage, s'engager à verser une somme de 300 000 francs aux cohéritiers.

Premier point : il n’a pas d’argent et il n’est pas très fort pour en gagner donc il emprunte.

Deuxième point : En juin 1972, à la requête du principal créancier, La Fumade est mise en vente par voie de justice. Le domaine est acquis par un certain monsieur Rivière pour un prix très inférieur à sa valeur (autour de 20%). Dorénavant la famille est expulsable.

Troisième point : En 1950, à 66 ans, veuf et sans héritier, Léonce se remarie avec Anna, une jeune Polonaise de quarante ans sa cadette. Ils ont deux enfants : Marie-Agnès, née en 1951 et Jean-Louis, né en 1952.

 Si tout commence en 1973 c’est que cette année là, la justice suit son cours et le 22 février 1973, deux gendarmes apportent à La Fumade l'ordonnance d'expulsion. Jean-Louis les reçoit à coups de fusil, blesse l'un tandis que sa mère mord l'autre. Elle est aussitôt arrêtée. Et pour compliquer l’affaire, le vieux Léonce meurt le 27 mars 1983. Anna s'évade de l'hôpital où elle était gardée et revient à La Fumade. Avec ses enfants, elle refuse de laisser inhumer son mari et installe le cercueil de celui-ci, sur des tréteaux, dans la chambre à coucher. Il y restera vingt et un mois...

En effet, la ferme est assiégée et la famille s’enferme auprès du cadavre de l’ancêtre. Le temps passe.

Le 10 janvier 1975, Jean-Louis, découvre la présence d'ouvriers agricoles travaillant près de la maison pour le compte du nouveau propriétaire de La Fumade. Il tire dans leur direction six coups de fusil. Il n'atteint personne, mais il y a eu agression et la gendarmerie se rend sur les lieux. Marie-Agnès et Jean-Louis clouent portes et fenêtres et crient au capitaine de gendarmerie : « Si vous entrez, on vous abat et on fait tout sauter. »

En janvier 1975 Jean-Louis a 22 ans et tombe sous les balles des gendarmes. Sa mère et sa sœur sont envoyées à l’hôpital psychiatrique. Michel Poniatowski décide de mettre un terme à l’affaire, aussi dans la nuit du 10 janvier, le château est pris d’assaut par 70 gendarmes d’élite. Jean-Louis est mortellement blessé. Anna et sa fille Marie-Agnès sont internées dans des cellules carcérales de l’hôpital psychiatrique de la Grave à Toulouse et sont déclarées « démentes et dangereuses ». Les forces de l’ordre sortent du château le cercueil de Léonce, décédé deux ans plus tôt. Jean-Louis et Léonce sont enterrés de nuit et sans témoins dans le cimetière de Saint Nauphary, le 14 janvier 1975 sans qu’Anna et Marie-Agnès ne soient autorisées à se rendre aux obsèques.

Le 13 février 1975, à travers la fenêtre de sa cellule, et en cachette de ses surveillants, Marie-Agnès répond aux questions d’une équipe de journalistes de FR3 venue l’interviewer. Elle explique brièvement les conditions inhumaines dans lesquelles elle et sa mère sont incarcérées depuis un mois. Le reportage, diffusé au journal télévisé national de 20 heures sur Antenne 2, scandalise l’opinion publique et contraint ainsi le Garde des Sceaux à faire finalement libérer les deux femmes, le 22 février 1975.

Anna Portal décède le 7 novembre 1991. Sa fille, Marie-Agnès, vit toujours à Montauban.

 Un bizarre côté politique

Le journal royaliste L’Action française va se mobiliser en faveur de la famille Portal avec l’aide de Jean Dutourd dont voici un entretien :

"NAF. Il a fallu vingt ans de procès et la mort d'un garçon de vingt-deux ans pour que l'affaire de la Fumade éclate au grand jour. Au travers d'un embrouillamini de procédure, quel sens donnez-vous à cette affaire ?

JEAN DUTOURD : D'abord, j'ai cru que c'était une séquelle de la Révolution. L'affaire Portal me semblait baigner dans une espèce de complot paysan qui rappelait bizarrement les histoires de Biens nationaux de 1792. J'étais convaincu que si ces pauvres gens s'étaient appelés Latruelle ou Torcheboeuf au lieu de « de Portal », il y aurait eu aussitôt une formidable mobilisation de l'opinion, des grèves, des banderoles, des inscriptions sur les murs et sur les routes, des comités de soutien. Mais comme ils avaient une particule, comme on les réputait barons, personne ne se souciait d'eux. Des aristos, pensez donc ! Cela n'intéresse ni la C.G.T., ni la C.F.D.T., ni les signataires de manifestes, ni le gouvernement. Pourquoi ? Parce que les aristos, fussent-ils des gueux comme les Portal, qui sont bien plus pauvres que des manœuvres, n'appartiennent à aucune catégorie sociale organisée. Ce sont des individus. Or moi, j'ai un faible pour l'individu. Non que je me fiche des masses, mais je trouve qu'elles se défendent très bien toutes seules. Elles n'ont pas besoin de moi. Tandis que l'individu, en 1975, si personne n'est là pour se mettre entre lui et la société, cela ne rate jamais, il est écrabouillé.

 NAF. C'est la mort de Jean-Louis qui vous a déterminé à mener cette bataille ?

JEAN DUTOURD : Lorsque Jean-Louis de Portal a été abattu comme un lapin par ces admirables tireurs d'élite qui ratent si bien les bandits, mais qui sont véritablement fabuleux de précision quand il s'agit de tuer des honnêtes gens, lorsqu'on a enlevé Mme et Mlle de Portal pour les jeter en prison, oui, je l'avoue, j'ai été indigné. J'ai trouvé ce dénouement atroce. D'ailleurs tout s'est passé avec la précipitation et la confusion d'un crime. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de louche, quelque chose de sordide dans l'enlèvement des deux femmes ? On les a attrapées comme deux bêtes. On les a jetées dans une voiture en peignoir, sans leur laisser le temps de s'habiller. Mlle de Portal était toute éclaboussée du sang de son frère. Franchement, est-ce que tout cela n'est pas crapuleux ? Et derrière ce guet-apens, il y a un préfet, un procureur, l'appareil répressif de la société.

 NAF. Que pensez-vous d'une société qui permet de pareilles injustices ?

 JEAN DUTOURD : Il n'y a pas de société juste. Cela n'existe pas. Cela n'a jamais existé et n'existera jamais. Dans toute société il y a des injustices. Il était révoltant d'écarteler Damiens parce qu'il avait donné un coup de canif à Louis XV, mais cela ne condamne pas le régime monarchique. A-t-on flanqué par terre le régime soviétique parce qu'il avait organisé les procès de Moscou ? Le met-on en question à cause des millions de malheureux qui pourrissent dans le Goulag ? Je me refuse à généraliser à partir de l'affaire Portal. C'est une injustice, et même une injustice horrible. J'ai fait ce que j'ai pu pour la combattre. Mon objet n'est pas de démolir la société française, mais de l'améliorer. Je vous dirai comme les patronnes d'autrefois qui hésitaient à renvoyer leur domestique : on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on trouve. 5 mars 1975"

 Retour à la photo

André Benedetto porte la veste en cuir qu’il avait en permanence à ce moment-là, il tient à la main une sacoche noire et regarde avec intérêt Jean-Louis Portal, un peu penché, des bottes. Félix Castan regarde la photographe. Il a ses longs cheveux sur le côté, le crâne déjà chauve. Il semble un peu ailleurs. La photo est en contre-plongée car ils sont sur la terrasse du « château ».

Après réflexion je persiste à penser qu’il n’y a là rien à voir avec la pièce qui surgira du travail de Benedetto sauf à penser que cette pièce, en ayant une suite plus actuelle (c’était prévu), l’actualité de la Fumade aurait pu servir de base à un drame. Jean-Paul Damaggio

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 22:22

Cette liste de victimes donne une idée du type de voyageurs de 1919 tout er tenant compte du fait qu'un wagon de première classe a été fortement touché. JPD

 

LES VICTIMES

LES BLESSÉS A L'HOPITAL

Ont été transportés à l'Hôtel-Dieu :

1. Mme Louise Léonard, épouse Auclair 36 ans. mariée, employée au P. O. demeurant à Paris, boulevard de l'Hôpital. 80 bis.

2. Mme Léonie Maux, 43 ans, mariée, demeurant à Lubersac (Corrèze).

3. Mme Jeanne Courtrau, épouse Bastit, 26 ans, mariée, place Saint-Laurens, 3, à Cahors

4. M. Baptiste Bastit, 28 ans lieutenant au 7ème d'infanterie, à Cahors.

5. M. André Bastit. 6 ans, A Cahors.

6. Amélie Sarrut, musicienne, 54 ans, célibataire, demeurant à Paris, rue Saucier-le Roi, 17.

7. Mme Fernande Bernard, veuve Clemençon, demeurant à Angers, chemin de Premier.

8. Mlle Anna Valade. 28 ans, domestique demeurant à Saint-Priest-sur-Aix (Hte-Vienne).

9. Mme Raymonde Laberty, épouse Chatenet, mariée, 26 ans, professeur à l'Ecole normale des filles, Cahors. — Plaie jambe gauche.

10. Mme Antoinette Vialle, épouse Lugol, 23 ans, institutrice à Brive. — Contusions.

11. M. Louis Choquier lieutenant au 12ème d'infanterie, 47 ans, marié, demeurant à Coulommiers, (Seine-et-Marne). — Contusions très légères (a quitté l'hôpital).

12. Mlle Renée Chavardez, 21 ans, rue de la Colombette 36. Toulouse. — Contusions.

13. Mme Marie-Jeanne Savary, épouse Fontes, 47 ans, rue de Languedoc. 35, Toulouse.

14. Mlle Madeleine Fauchon, 33 ans. Demeurant à Orléans, rue du Grenier-à-Sel.

15. Mlle Jeanne Fauchon 36 ans, rue du Grenier-à-Sel. Orléans.

16. Mlle Darsy Villars, 17 ans, place de l'Alma 1 bis. Paris.

17. Mlle Marie-Jeanne Sentenac, 18 ans, demeurant à Balma château d'Ofrery (Haute-Garonne).

18. Mme Marie-Antoinette Aubagna, épouse Rivière, 41 ans, demeurant à Auch, rue du Président-Wilson, 32.

10. Mme Elise Renault, épouse Régnier, 40 ans cantinière à Saint-Paul de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales).

23. Mme Françoise Cousin, 45 ans, épouse Rouan, demeurant à Varilhes (Ariège).

24. M. Paul Benech, inspecteur d'assurances, 53 ans, rue de Rémusat, 11. Toulouse.

25. M. Philippe Larue, ingénieur, 34 ans, demeurant à Ludion, avenue Alexandre-Dumas.

26. M. Joseph Tirand. 22 ans négociant en vins, demeurant à Bourganeuf (Corrèze).

24. M. Gaston Olympe, mécanicien 33 ans rue Marengo, 19, Toulouse.

25. M. Maurice Chanfreau, 27 ans. Directeur des Papeteries Berges, hôtel de Paris rue Gambetta, Toulouse, fracture jambe gauche.

26. M. Léon Marrot. 46 ans, négociant en vins demeurant à Herblay (Seine-et-Oise) Contusions.

27. M. Joseph Dupré. 31 ans, négociant en vins, rue Voltaire, 4. Narbonne. - Fracture à la jambe droite, plaie à la tête

28. Mme Virginie Schleins, 49 ans épouse Alexandre Chanay, demeurant à Alger, rue Tirman, 1. - Contusions.

29. M. Charles Parant, 41 ans, sans profession demeurant à Lunoges, avenue de Juillet. Fracture des deux jambes, contusions à la tête.

30. M. Alexandre Chanay, 52 ans. Négociant

31. M Edmond Fontès. 51 ans, mécanicien dentiste à Toulouse, rue Maletache 13 — contusions sur le corps.

32. M. Achille. Villard. 47 ans, industriel demeurant à Paris, place de l'Alma 1 bis -Fracture des deux jambes.

33. M. Alphonse Brouard, 47 ans, voyageur de commerce demeurant à Paris, boulevard Arago, 4. - Fracture de la jambe gauche

34. M. Fernand Lugol. 23 ans, instituteur à Brive avenue Alsace-Lorraine. Contusions

36. M. Louis Pétard. 33 ans, représentant tant de commerce à Chatellerault (Indre) rue de la Brauquerie.

36. Mme Séraphine Bisreyre. 70 ans, veuve Labrousse, demeurant rue Rodier à Paris

37. Docteur Henri Fourcaud. 54 ans. à Neuville-Faidherbe, avenue Defailly. — Etat dé- désespéré.

38. Anaïs Serres, 35 ans, épouse Marchet demeurant à Cette, quai de Bosc 1

39. — M. Marchet, 1, quai de Bosc, Cette.

CLINIQUE REYCASSE, AU COURS DILLON

M. Carl-Moore, à Barcelone.

Mme Moore.

Moore, leur enfant.

A L'HOPITAL MILITAIRE

M. Pierre Alsac, médecin auxiliaire au 88ème d'infanterie.

M. Jean Gumont. sous-lieutenant au 3éme régiment d'artillerie de campagne.

SOIGNÉS A DOMICILE

Mmes Barthe. Cazes. Azéma ; M. et Mme Mochet ; MM. Bergis, Laurens, chef du train 145 ; Triniac, Rémédiani, Mialle, Dufour, etc.

LES MORTS

Sont morts après leur arrivée à l'hôpital :

1. Mme Marie Giraud, 38 ans demeurant à Bourges, avenue de la Gare, 42.

2. Lucien Bastit, 9 ans, à Cahors, 3, place Saint-Laurent.

Hier, à 4 heures, les cercueils des morts dégagés des décombres dans la matinée et qui ont été mis en bière sur les lieux même de l'accident par les soins de la Compagnie, ont été transportés à l'amphithéâtre de l'Hôtel-Dieu, où ils ont été exposés.

L'un des morts a été reconnu par sa famille.

C'est M. Jougla, industriel à Grenade (Haute-Garonne), qui se trouvait dans le train de Paris, où il venait de faire un séjour.

Les autres corps n'ont pas encore été identifiés.

M. Gaflé, chef de l'exploitation de la Compagnie du Midi, a quitté Paris en automobile, à la première nouvelle de l'accident et s'est transporté sur les lieux, où il est arrivé dans l'après-midi.

Après une première enquête, M. Gaflé, accompagné de son secrétaire M. Arnold, est allé visiter les blessés à l'Hôtel-Dieu et à l'hôpital militaire.

M. Rieux, maire de Toulouse, et M. Deltour, adjoint, ont également rendu visite aux victimes de l'accident.

Parmi les voyageurs du train tamponné, se trouvait M. Ventosa, ancien ministre des finances et du ravitaillement d'Espagne.

A la fin de l'après-midi, 8 cercueils sont arrivés à l'Hôtel-Dieu ; 7 autres étaient attendus. Voici une première liste des morts. Il faut craindre, malheureusement, qu'elle ne s'allonge dans la suite, car, à l'heure où nous écrivons, deux blessés au moins sont dans un état tout à fait désespéré :

1° Marie Géraud, 38 ans ;

2° Raoul Nachard, 36 ans ;

3° Rose Schleus, 6 ans ;

4' Une femme de 25 ans non encore identifiée ;

5° Malavialle Antonin de Toularel (Pyrénées-Orientales) ;

6" Parde Amédée, aspirant au 149ème régiment d'infanterie, demeurant à Toulouse ;

7° Emile Mabardel, instituteur dans la Haute-Vienne ;

8° Gabriel Rossignol, à Payrat (Lot) ;

9° Maria Raufast, épouse Nachard ;

10° Antonin Jougla, industriel à Grenade ;

11° Rult, contrôleur des charbons à la Compagnie du Midi, à Béziers ;

12° Marcel Costes ;

13° Une femme, de 35 ans environ, non identifiée

14° Une femme de 60 ans, non identifiée.

Il faut ajouter à cette liste funèbre les noms des blessés qui sont morts dans les hôpitaux de Toulouse et que nous signalons plus haut.

 

La circulation sur une voie a été rétablie hier soir, à 6 heures, et la circulation complète des trains a repris vers 10 heures du soir.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 22:20

Obsèques civiles

Février 1932 : Le Républicain

Samedi dernier ont eu lieu les obsèques de M. Jean-Léon Momméja, facteur en retraite de notre ville. Une délégation des facteurs avait été envoyée.

Sur la tombe, M. Montsarrat, receveur des PTT en retraite qui avait bien connu le défunt a prononcé les paroles suivantes :

« Au nom de la Libre-pensée prolétarienne, j’adresse les sentiments de condoléance les plus affectueux à la famille si cruellement frappée. Momméja n’appartenait pas à nos organisations, mais il avait su de son vivant se débarrasser de tous les préjugés qui tiennent encore le monde dans l’esclavage.

Momméja disparaît à l’âge de 67 ans, il était mon aîné de quelques jours. J’ai vécu sa vie de travail. Consciencieux, il passa de facteur rural à l’emploi de facteur de ville, poste délicat qui demande la plus grande honnêteté par les valeurs qui leur sont confiées. Il sut se montrer digne de la confiance qui lui avait été témoignée.

Depuis quelques années, il souffrait atrocement des maux qui nous guettent au déclin de la vie ; il y a quelques mois à peine sa compagne disparaissait aussi sous le poids de ce même mal.

Momméja aimait beaucoup sa famille et il a eu, malgré l’éloignement de son aîné, la consolation de les voir réunis autour de lui avant sa mort.

Le souvenir d’une vie si intime est immortel. Toutes les religions ont beau se disputer le corps pour être enfoui dans la terre, il est quelque chose d’éternel, c’est la vie exemplaire que nous devons avoir pour l’Humanité qui compte et qu’a eu Momméja.

….

La sixième partie du monde prêche d’exemple pour la paix, pour l’Humanité, imitons-la. Que toute la science ne soit pas pour les œuvres de mort, mais qu’elle vienne adoucir les souffrances terrestres, comme celles qu’a endurées Momméja.

Fasse que nous soyons épargnés des maux comme ceux qu’a endurés Momméja que toute la famille pleure. Vous, les affligés, soyez forts dans le souvenir de celui que vous aimiez. Au nom de la Libre-pensée prolétarienne, nous le saluons. »

 

Les familles Momméja et Busson remercient les personnes qui leur ont témoigné leur sympathie à l’occasion du décès de M. Jean-Léon Momméja.

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 22:16

Je croyais avoir déjà publié ce texte ancien avec le livre sur Benedetto. En fait il n’en est rien. Pourquoi dans ce livre ? De Benedetto à Lubat et de Lubat à Bassas… J-P Damaggio

 Ma tire

 Sans carte. Entre Landes et Armagnac. Quelle idée !

Passer par Bassas puis s’égarer sans gare à l’horizon.

A Rochefort, pas n’importe lequel, j’ai raté la bonne direction car à suivre la route que je tenais, j’allais tout droit vers Aire-sur Adour puis Tarbes, direction opposée à celle de mes projets.

J’aime bien Tarbes mais je préfère y aller en train : dès que ma voiture voit des montagnes, elle donne des signes de faiblesse, perd sa dernière dose de nervosité, souffle de désespoir.

En conséquence, pour sortir de ce guêpier, je pris la première à gauche. Au bout de dix minutes, je ne savais même plus si je me dirigeais à bon escient ! En clair, j’étais perdu. Pas de borne sur la route, pas de village, des arbres et de la vigne.

A ce moment-là, même sans les moindres Pyrénées à l’horizon, ma voiture répondit très mal à mes appels d’accélérateur. Quant au grincement à la roue, il durait depuis quelques jours et j’aurais dû en parler au garagiste avant de partir, mais il était en vacances et j’avais cru possible d’attendre son retour.

Allait-elle me laisser en plan, ma tire ?

J’en suis certain, elle sentait ma propre angoisse. Quand j’ai fini par m’arrêter pour tenter une marche arrière, malheur !, elle se mit à tourner sur trois pattes. Des bruits impropres, elle en avait souvent fait, mais là, sur trois pattes…

Pas contrariant pour deux sous, j’optai donc pour favoriser la marche avant et nous continuâmes toujours à travers vignes et arbres, toujours sur une route étroite et triste.

Comment, après une carrière aussi exemplaire, une voiture pourrait-elle se laisser mourir en rase campagne ? La tire la plus militante du canton, le véhicule la plus poire de tous, n’avait eu que des bosses insignifiantes et jamais le moindre P.V., foi de chauffeur ridicule.

A 200.000 km au compteur pour une voiture à essence, c’est un peu comme quand on revient de la préhistoire. Il lui restait si peu à faire pour me conduire chez moi ! C’était la nuit, et je n’avais rien à espérer de l’environnement alors de grâce tenir, tenir...

Si sa conduite avait été moins exemplaire que je ne le dis, pour ne pas froisser sa modestie je l’aurais soupçonné de vouloir se suicider à côté d’un grand vignoble car tout de même l’Armagnac, ce n’est pas rien.

En essayant de ne pas la brusquer, en roulant presque au pas, elle consentit à continuer son petit bonhomme de chemin. Et victoire, nous arrivâmes jusqu’à Saint Justin.

Pour comprendre l’histoire et mesurer la juste colère de ma tire, sachez que le matin nous étions passés sans encombres, sans détours inutiles, par cette route, et donc par Saint Justin. Serions-nous enfin en bonne voie ? Que de voix j’avais dans la tête, que de musique mentale, en toile de fond car de musique réelle ma Renault 14 n’en avait pas la moindre à proposer.

Pour être sortis d’affaire, il restait seulement 150 km à tenir. Quand je vis enfin le premier panneau, Agen 72 km, je me crus chez moi, même si dans les côtes la voiture se faisait de plus en plus poussive. J’avais déjà connu ce problème avec d’autres et je savais qu’on ne pouvait rien faire, sauf à espérer en une belle descente.

Agen arriva à l’horizon. Pour faciliter ma route, je pris l’artère rapide pour rejoindre le cœur de Montauban. Là, les grincements de roue se firent plus doux, le ronronnement du moteur plus agréable. La monotonie de la situation calmait les vieilles artères d’un véhicule rassuré.

Arrivé à bon port, je pus en conclure que ce n’était pas aujourd’hui que j’en finirais avec ma tire. Elle savait que je l’accompagnerai jusqu’à son dernier kilomètre en lui proposant des exploits à la mesure de ses moyens. Elle avait accepté sa vie durant de tomber en panne d’essence juste à côté des pompes, elle avait demandé à boire seulement au bord des torrents aux eaux limpides, elle n’allait pas me faire une crise de jalousie parce qu’à présent je l’oubliais au profit de l’amusique.

 

28 août 1986 Jean-Paul Damaggio

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 21:02

Neuf candidats seront en compétition pour la présidence du Chili, lors des élections du 17 novembre, que peuvent gagner une femme. Les deux candidats capables de gagner sont : l'ancienne présidente Michelle Bachelet à gauche, et Evelyn Matthei à droite.

Le second tour peut avoir lieu éventuellement le 15 décembre, Il y a quatre économistes, deux avocats, un cinéaste, un médecin et une couturière.

 L'ex présidente Bachelet (2006-2010), est donnée gagnante par les sondages au premier tour avec plus de 50 %. Son Pacte électoral réunit les quatre partis de la coalition de centre-gauche : le parti socialiste, la démocratie chrétienne, la démocratie radicale, le parti communiste et un petit parti nouveau nommé citoyen de gauche.

 La principale rivale de Bachelet sera une autre femme, Evelyn Matthei, ancienne ministre du travail de Sebastian Piñera et candidate de l'Alliance, la coalition conservatrice qui regroupe l'Union de démocrate indépendante (UDI) et rénovation nationale (RN). Pablo Longueira qui avait gagné les primaires à droite, également de l'UDI, a démissionné le 17 juillet à cause dune dépression.

 Enriquez-Ominami, un cinéaste de 40 ans est sorti des rangs du socialisme en 2009, se présentant comme une alternative, aux présidentielles de cette année là, et où il a obtenu 20,19 % des voix, score insuffisant pour passer au second tour, dans laquelle Pinera a battu Eduardo Frei. Il dirige le Parti progressiste. Cette fois les sondages lui donnent moins de 10% ce qu’il explique par le fait que Bachelet a repris l’essentiel de ses propositions comme la mise en place d’une nouvelle constitution. En 2009 le candidat de la coalition de « gauche » était un démocrate-chrétien aussi l’espace politique du Parti progressiste était plus grand.

 Parisi, un économiste de 45 ans, se dit le porteur de certains mouvements sociaux et il critique la politique traditionnelle en se disant prêt à prendre le meilleur de la droite et de la gauche.

 Cinq autres candidats seront présents. Trois d'entre eux sont situés à gauche de la nouvelle majorité de Bachelet, comme Roxana Miranda, la troisième femme candidate, la couturière de 46 ans et présidente du parti de l'égalité, fondé en 2009 avec le soutien de divers mouvements sociaux.

 Le Parti vert présente Alfredo Sfeir, un économiste de 65 ans qui a travaillé pendant 30 ans à la Banque mondiale, tandis que le Parti humaniste et la gauche unitaire soutiennent Marcel Claude, également économiste, qui a fait une carrière à la Banque centrale du Chili et dans des groupes environnementaux.

 Tomás Jocelyn-Holt, ex-membre du parti démocrate-chrétien est candidat indépendant, et Ricardo Israel, est le candidat du parti des régionalistes (PRI), formation qui a fait hoche la tête à l'Alliance conservatrice.

 Le 17 novembre des élections législatives vont également renouveler 20 des 38 sièges au Sénat et tous les 120 membres de la Chambre des députés.

 Dans les deux chambres l'opposition à déjà aujourd'hui le quorum mais pas assez pour approuver des réformes constitutionnelles comme celles qui veut Bachelet, qui a proposé de rédiger une nouvelle Constitution pour remplacer celle imposée en 1980 durant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

 Les élections présidentielles et législatives vont appliquer le nouveau système d'enregistrement automatique sur les listes électorales et le vote volontaire, système qui a été appliqué pour la première fois pour les municipales d'octobre 2012, avec une abstention de 60 %. Auparavant le vote était obligatoire.

 

Jean-Paul Damaggio

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 15:26

Ce journal a été le premier à annoncer la nouvelle et dans son article du 6 septembre il donne pour l’essentiel les mêmes renseignements que le journal de droite L’Express du Midi. Je n’ai donc retenu que la présentation des badauds absente des autres journaux. JPD

 

DU SANG, DE LA VOLUPTE ET DE LA MORT

.Vers 5 heures et demie, s’effectue le triste retour. Ces voitures chargées de leur funèbre fardeau, s’acheminent lentement vers Toulouse, où les bières seront déposées à la chapelle ardente de l’Hôtel-Dieu.

Voici aussi, peu à peu, le public qui s’en retourne : cyclistes, automobilistes et riches bourgeois qui se sont faits apporter là comme on court à une attraction. Car si les autorités civiles et militaires ont eu à faire preuve d’énergie et de courage, si beaucoup de personnes, je le reconnais avec joie, se sont rendues là-bas pour prêter leur concours et « faire quelque chose », il est une certaine catégorie de badauds qui ont dû briller par son absence… J’ai constaté avec peine que nombre de péripatéticiennes qui encombrent notre trottoir s’étaient rendues à Saint-Jory uniquement pour voir du pays, jouir d’un spectacle qui, à leurs yeux, valait bien les courses aux toros – dame, il y avait du sang versé !!! – accompagnées de leurs beaux officiers qui sans doute, n’avaient pas gros ouvrage à la ville et dont je crois que la grande occupation est de courir les belles… tout cela, ainsi que les airs de nos gros capitalistes, était parti là-bas en auto, comme on va en pique-nique et je me suis laissé dire que maint repas sur l’herbe eût fort bien pu compléter la journée… En voilà qui eussent pu sans gros dommages rester chez eux et ne pas jeter une note attristante dans un cadre déjà assez lugubre par le fait des seules circonstances, sans compter que la présence de ces inutiles oisifs eût pu aggraver le rude travail des déblayeurs et des sauveteurs.

 

 

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 15:23

 

La nuit dernière, tandis que nous préparions notre édition toulousaine, la nouvelle nous parvenait qu'une épouvantable catastrophe venait de se produire sur la ligne de Montauban, entre les stations de Saint-Jory et de Castelnau-d'Estretefonds. Nous avons pu dans notre dernière édition, indiquer, autant qu'elles pouvaient être connues à cette heure, les circonstances dans lesquelles s'était produit l'accident et en faire prévoir toutes les affreuses conséquences.

LE TAMPONNEMENT

La collision s'est produite à 19 kilomètres de Toulouse, à 2 kilomètres de la station de Saint-Jory, en un point où la voie ferrée, qui longe la route depuis Lalande, décrit une courbe prononcée.

Il était onze heures moins cinq ; l'express de Paris, qui avait du retard et continuait à en prendre à chaque station, venait de se voir obligé de stopper en pleine voie.

Pourquoi ? Mauvais charbon et diminution continue de pression, affirme le mécanicien.

A ce moment, l'express Bordeaux-Cette, qui doit passer en gare de Toulouse à 11 h 27, et qui suivait le Paris-Toulouse à quelques minutes, est venu buter à peu près de toute sa vitesse, qui était d'environ 70 kilomètres à l'heure, sur le derrière du Paris-Toulouse, qu'il réduisait littéralement en miettes.

Celui-ci était-il couvert par le disque et par les signaux d'alarme ?

C'est probable, déclare le mécanicien ; le disque a dû fonctionner automatiquement ; d'autre part, le chef du train tamponné avait dû placer des feux rouges et les pétards réglementaires ; mais le disque était à très courte distance. Il est probable que le mécanicien du train tamponneur, Roucolle, qui est gravement blessé, n'a pas eu le temps d'arrêter son convoi et n'a pas pu, malgré tous ses efforts, éviter la catastrophe.

Il est un fait certain, c'est que les voyageurs du Bordeaux ont entendu la locomotive siffler désespérément, ont perçu le ralentissement produit par l'action des freins, mais presque instantanément le choc se produisit ; choc formidable, qui se faisait sentir jusqu'à l'extrémité du train tamponneur, dont tous les voyageurs étaient précipités les uns sur les autres, au milieu de leurs colis, et dont un certain nombre furent grièvement blessés.

Le spectacle est terrifiant.

Les deux locomotives du train de Bordeaux sont encore debout. Ce sont deux fortes Coumpound qui, grâce à leur puissante armature, ont peu souffert dans l'accident. A peine l'une d'elles est-elle amputée d'une de ses courtes cheminées.

Ce sont ces deux monstres qui, à une vitesse de plus de 70 kilomètres à l'heure, se sont jetés sur l'arrière du train de Paris, arrêté, comme nous l'avons dit, à 2 kilomètres avant la gare de Saint-Jory.

Devant elles, deux wagons du P. O. sont en pièces. Du premier, dans lequel la locomotive est entrée en l'ouvrant par son milieu et en rejetant les deux cotés sur les bonis de la voie, il ne reste plus que des débris informes, seule, la toiture du wagon, en raison de sa légèreté, sans doute, a été comme découpée du reste de la voiture et projetée presque entière dans un chaume qui borde la voie.

Par une cruelle ironie, la plupart des fragiles lampes électriques qui éclairaient le wagon sont intactes alors que de formidables barres de fer sont tordues, que les coussins des wagons sont éventrés.

La seconde voiture détruite sous le choc est un wagon de première classe dont l'arrière seulement a souffert ; sa partie supérieure est intacte.

Près de ces wagons, les équipes de sauveteurs envoyées dès la première heure par la gare de Toulouse, ont rassemblé les bagages, les menus objets qui ont été retrouvés sur la voie ou dans les voitures.

A quelques mètres plus loin, sous une immense toile grise, gisent les treize morts dont les cadavres ont déjà été retirés des décombres.

Malheureusement, le déblaiement de la voie n'est que commencé à l'heure où nous écrivons, et il est fort à craindre qu'on ne trouve encore des morts sous les débris.

A Saint-Jory, le coquet petit village tout voisin du lieu de la catastrophe, dès que la nouvelle a été connue, les cloches ont été mises en branle et avec un empressement auquel il est juste de rendre hommage ; la plupart des hommes de la commune se trouvaient groupés sur le lieu du sinistre et, sous la direction de M. Brell, maire de Saint-Jory, et de M. Pieuss, adjoint, organisaient les premiers, secours.

Le vénérable curé de Saint-Jory, M. l'abbé Terraube s'est lui-même dépensé sans compter pendant toute cette terrible nuit auprès des blessés et des mourants, auxquels il a prodigué les consolations suprêmes de la religion.

La gendarmerie, le Parquet, M. Mireur, secrétaire général de la préfecture de la Haute Garonne, se trouvaient sur les lieux et procédaient à une première enquête.

Un piquet de soldats d'infanterie, venu en camion automobile de Toulouse, garde les abords du lieu de la catastrophe, où accourent sans cesse des curieux, venus de Toulouse et des environs.

LE RÉCIT D'UN TÉMOIN

Voici comment un des voyageurs du rapide de Paris. M. Jean-Pierre Boé, demeurant à Mauron (Côtes-du-Nord), raconte la catastrophe, à laquelle il a assisté :

« J'étais monté dans ce malheureux train à Paris pour me rendre, avec une de mes sœurs, à Belcaire (Aude). Le voyage s'était bien passé jusqu'à Montauban et nous n'avions même pas remarqué que le train prenait du retard en avançant.

Peu après avoir quitté Montauban, ma sœur s'était assoupie, et moi-même, pour tromper le sommeil, je m'étais mis à parcourir, sans grande conviction, un journal illustré. Quand nous eûmes dépassé Grisolles, il me parut que la marche du train était moins bonne. Nous avancions comme par saccades et par soubresauts. — « Le charbon de la machine, pensai-je, doit être mauvais. La pression manque. Nous allons avoir du retard.» J'en étais là de mes réflexions. Quand le train stoppa. Nous étions en pleine voie et dans un endroit désert.

Je remarquais derrière nous la lumière d'un disque et j'entendis le chef de train donner des ordres à un homme d'équipe pour assurer la couverture du convoi. Je me rassis et j'allais bientôt céder au sommeil lorsque j'entends soudain un cri lugubre : «Sauve qui peut ! » et au même moment nous ressentons un choc effroyable ; nos valises, placées dans les filets à bagages, s'abattent sur nous ; une femme, à mes cotés, bat du front contre la paroi du wagon et saigne, tandis qu'au dehors s'élèvent des cris lugubres.

Je me précipite sur la voie sans me rendre encore bien compte de ce qui se passait et l'horrible vérité m'apparut. « Ah ! monsieur, je n'oublierai jamais ce spectacle, ces appels des blessés, ces plaintes déchirantes. On courait dans la nuit. On s'appelait. On fuyait surtout le lieu du sinistre, car quelqu'un criait que les réservoirs à gaz allaient exploser.

«Nous avons erré là toute la nuit ; à la lueur de quelques lanternes, aidés de quelques braves gens du pays et employés du chemin de fer, nous avons retiré les premiers morts des wagons en miettes. Mais, de ma vie, je n'oublierai cette nuit et le spectacle horrible que j'ai eu sous les yeux. »

L'ENQUÊTE

L'enquête ouverte, à la fois, par la Compagnie du Midi et par le Parquet de Toulouse fera, sans doute, la lumière sur les causes encore obscures de la catastrophe.

Une chose est certaine : c'est que c'est la mauvaise combustion du charbon, et par suite le manque de pression dans la locomotive du train de Paris, qui est la cause initiale de la catastrophe. Cette locomotive est une machine allemande — de celles qui ont été livrées par nos ennemis à la suite du traité. Or, ces machines ont des grilles de foyer aux mailles beaucoup plus larges et espacées que les machines françaises. Par suite, lorsque le charbon est de mauvaise qualité et trop menu, et c’était le cas du charbon embarqué sur la machine du train tamponné, il tombe à travers les grilles et par suite ne chauffe pas La pression est alors insuffisante et les trains sont obligés de s'arrêter en pleine voie. Un autre fait est également certain, c'est que dès que l'arrêt du train de Paris — le train tamponné — se fût produit, le chef de ce train prit toutes les précautions voulues pour éviter tout accident. Il fit placer des pétards sur la voie et envoya un homme couvrir le train Il reste à expliquer comment ces précautions demeurèrent inutiles et pourquoi le mécanicien du train tamponneur n'a pas aperçu les signaux.

 

Enfin reste à élucider surtout le fait suivant : c'est que le block-system fonctionnant sur la grande ligne du Midi, il faut savoir si les signaux, pour une raison ou une autre, n'ont pas fonctionné, ou bien alors si le mécanicien du train tamponneur les a brûlés. Nous croyons savoir que ce mécanicien proteste qu'il n'a pas aperçu les signaux.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 15:19

En recherchant sur L’Humanité quelques informations je tombe sur un article concernant un grave accident de train. J’en profite alors pour aller en lire la trace sur la presse locale à commencer par le journal L’Express du Midi. Puis dans un autre article je donne des éléments du Midi Socialiste. JPD

 

Article de L'Humanité :

6 septembre 1919 L’Express Paris-Toulouse tamponné 15 morts et 40 blessés

Un grave accident de chemin de fer s’est produit dans la soirée d’avant-hier vers onze heures entre Montauban et Toulouse

Le train express qui avait quitté la gare du quai d’Orsay à 9 h 54 du matin et devant arriver à Toulouse à 22 h 25 était arrêté en pleine voie entre les stations de Castelnau d’Estretefonds et Saint Jory à une vingtaine de kilomètres de Toulouse.

 

Par suite croit-on du mauvais fonctionnement des signaux il fut tamponné par l’express Bordeaux-Cette parti de Bordeaux à 18 h 29.

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