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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:26

Cet article du Monde diplomatique de Janvier 2004 est ainsi présenté dans le journal : « Décédé le 18 octobre 2003, Manuel Vazquez Montalban (né à Barcelone en 1939) était n ami et collaborateur du Monde Diplomatique ; c’était aussi un immense écrivain et militant en lutte permanente contre les injustices et les inégalités sociales. En hommage à son talent et à son engagement nous publions ce texte inédit, adapté d’une conférence prononcé à Alicante en 2001. » J’étais moi aussi à l’époque un ami de ce journal jusqu’en octobre 2005. Ce texte de Montalban, que je partage totalement, n’aurait sans soute pas trouvé place dans le Monde Diplomatique d’aujourd’hui, journal où d’ailleurs il fut très rarement présent. J-P Damaggio.

  

EN TANT QUE PATRIMOINE, la culture est ce long fleuve qui mène à une génération déterminée d'êtres humains, qui leur transmet des valeurs morales et esthétiques, des idéologies, l'histoire, des codes et des symboles... C'est-à-dire tout un riche patrimoine élaboré par les aînés et que les générations nouvelles reçoivent lorsqu'il existe un point de rencontre possible entre cet apport et le récepteur de cette formidable offrande.

Les révolutionnaires ont toujours remis le passé en question, et pris une certaine distance à l'égard de ce patrimoine, le considérant comme le produit des anciennes classes dominantes, vaincues dans la lutte pour le pouvoir, et qui avaient détenu le contrôle de l'histoire.

Telle fut l'attitude de la Révolution française et de la révolution d'Octobre : mettre en quarantaine la culture héritée en l'accusant d'être féodale, d'appartenir à la classe déchue. Lors de la révolution soviétique, sans doute la plus radicale qui ait jamais existé, eut lieu la fameuse polémique entre « culture prolétaire » et « culture bourgeoise ». Certains théoriciens de la révolution avancèrent la thèse de la politique de la table rase, pour éradiquer l'héritage des ancêtres et y substituer la culture de la nouvelle classe prolétarienne. Contre cette position, avec la farouche volonté de sauvegarder le patrimoine culturel, s'éleva Léon Trotski en personne. Il proclama que la culture, précisément à cause du changement politique, avait cessé d'être une « culture bourgeoise » pour devenir une « culture humaine ». En conséquence, la révolution devait faire en sorte que ses valeurs soient assimilées par l'ensemble du peuple en vue d'inaugurer une nouvelle ère historique.

Nous avons ici un début de solution au problème. Ce qui donne un caractère régressif au patrimoine culturel, ce n'est pas le patrimoine lui- même, mais l'instrumentalisation de celui-ci par les forces régressives et l'impossibilité pour la majeure partie de la société de l'assumer. On peut cependant y parvenir à partir d'outils simples, comme l'extension de la lecture par la généralisation de bibliothèques ; une volonté de vulgarisation des arts en favorisant leur pratique et leur diffusion ; une politique qui renverse les barrières d'une conception marchande de la culture, empêchant un secteur social déterminé d'en avoir la jouissance exclusive.

Vient ensuite la culture comme conscience, sa forme la plus omniprésente. A partir de l'instant où ils sont conscients de leur situation et de leurs relations avec leurs congénères et avec la nature, tous les êtres humains ont une culture. De cette constatation émane une série de conceptions culturelles. Tout ce qui est conscience de l'être, de l'existence, des rapports avec le monde et avec autrui. C'est pourquoi, lorsqu'on se permet de faire une distinction entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas de culture, on fait preuve d'arbitraire et d'un analphabétisme accablant.

Toute personne capable d'avoir conscience de ce qu'elle est et de ce qu'elle fait et, surtout, du rôle qu'elle a dans les relations avec autrui possède une culture. Nul ne peut être exclu de ce royaume.

FACE À CES DEUX CONCEPTIONS - culture comme patrimoine, culture comme conscience — se sont exercées traditionnellement deux politiques, deux tentatives de manipulation politique.

D'une part, la politique culturelle de la réaction, consistant à accaparer la culture-patrimoine et la culture-conscience pour les incorporer à un ensemble de vérités établies, et à faire de l'accès à la culture une manière de s'intégrer dans une mécanique de communion avec l'ordre établi. Cette politique a tendu, dans le meilleur des cas, vers la culture comme moyen d'intégration, mais aussi à sa mutilation, à son contrôle dictatorial, voire à sa destruction, à sa falsification ou à sa mystification, caractéristique des périodes fascistes.

En général, les forces progressistes, elles, partent d'une prise de conscience, et donc d'une position critique qui remet en question l'ordre établi et a pour dessein de le changer. Cela s'applique à la culture comme conscience. En revanche, en ce qui concerne la « culture-patrimoine », la gauche a évité de s'en emparer pour tenter de la faire cadrer avec ses propres motivations.

Toute politique culturelle de la gauche devrait d'abord passer par l'assimilation sans réserve de la culture patrimoniale. Ensuite, par la promotion du rôle modificateur de la conscience critique. Et enfin, par l'analyse de la façon dont une politique culturelle de progrès doit considérer la promotion d'une conscience de classe comme une forme supérieure de culture.

Avoir conscience qu'une politique culturelle doit tenir compte du degré de développement de la dynamique historique à l'intérieur d'une conception globale du progrès oblige la gauche à fournir un effort titanesque : la remise en question du sens même du progrès.

CORNELIUS CASTORIADIS affirmait que le grand choix de notre époque était entre « socialisme ou barbarie ». En imposant ce choix, il mettait en relation deux cultures différentes, deux conceptions opposées de la relation historique englobant les systèmes d'organisation de la vie, de la production, des relations humaines. L'une basée sur le bénéfice, la réussite matérielle pour les minorités dirigeantes et les secteurs dominants. L'autre fondée sur le socialisme, établi comme rationalisation face à cette barbarie, et créant de nouvelles relations humaines, une nouvelle culture, la possibilité d'une nouvelle autonomie de l'homme dans la réalité. Le socialisme se présente comme un véritable carrefour où convergent toutes les clés qui donnent un sens à la circulation de la culture.

T.S. Eliot, excellent poète de droite, a décrit ce que signifiait chaque situation culturelle. Pour l'homme contemporain, comprendre que le fait culturel se perpétue, se poursuit à partir d'un relais dialectique entre tradition et révolution est l'essence même de la culture. A chaque époque correspond une tradition culturelle qui se heurte à la conscience critique du moment ; de ce choc entre le patrimoine culturel dont nous héritons et la conscience critique émane la possibilité d'une continuité. Eliot a identifié cette mécanique de compréhension de la culture, et nous devons l'en remercier.

En s'engageant pour une culture de progrès (nullement réservée à la gauche), les forces progressistes en général assument la tradition et, de ce fait, le patrimoine culturel ; en misant sur la révolution, elles ajoutent à ce patrimoine culturel une conscience critique. Mais, pour y parvenir, elles doivent offrir au monde une vision fondée sur une idée fondamentale, apparentée au choix « socialisme ou barbarie » : la nécessité de survivre face aux tendances destructrices.

Une fois la lutte pour la survie gagnée — premier objectif —, le deuxième objectif est une culture d'égalisation, qui ne viserait pas à uniformiser, mais à assurer la satisfaction des besoins, entre autres culturels, de tous les êtres humains.

Troisième objectif : une culture de libération, de lutte contre l'aliénation ; non dans le sens marxiste (selon lequel l'homme dépourvu de moyens de production ne possède pas ce qu'il fabrique et s'éloigne du produit qu'il a élaboré), mais dans le sens le plus large du terme : la libération des tendances aux religiosités négatives, aux communions obscurantistes qui annihilent toute capacité critique. La désaliénation dans le sens de la liberté des conduites aussi bien collectives qu'individuelles dans le domaine politique, moral ou sexuel.

LE  QUATRIÈME OBJECTIF est la revendication de la paix comme valeur culturelle suprême. Il est indispensable de dénoncer la guerre

comme valeur idéologique de contre-révolution. La menace de guerre vise à établir une culture de peur, qui paralyse les consciences, les rend plus conservatrices. A l'opposé, la revendication de la paix est révolutionnaire parce qu'elle mise sur le changement. La paix parie sur les énergies créatives de l'homme, sur sa liberté d'expression, de réalisation, de transformation. Les forces du progrès sont majoritaires et, lorsqu'elles en seront conscientes, les partisans d'un ordre archaïque resteront isolés.

 

La gauche doit se battre sur deux fronts : défendre sa propre conscience et lutter contre cette peur qu'on cherche à nous transmettre comme valeur culturelle suprême. Pour que les patrimoines culturels demeurent enfin à la portée de l'immense majorité...

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:18

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Une de l'Huma le 16 septembre 2012

Le groupe Zebda lança un tube Motivés qui est devenu un nom de liste aux municipales de leur ville en 2001 Motivé-e-s (puis un parti politique mais qui refusait le nom de parti) si bien que le mot fut en vogue pendant toute une époque.

Le spécial Huma indique : 800 adhésions. Jean-Pierre Léonardini confesse que physiquement il ne supporte pas la foule sauf… à la Fête de l’Huma. Zoé Lin est en première ligne pour le compte-rendu. Marie-George Buffet en vedette, Robert Hue en fait de course à la tête du PCF. La grande scène : des noms perdus de vue : Tiken Jah Fakoly ; Yannick Noah.

Robert Guédiguian revient sur la Fête qu’il a abandonnée depuis 1980. Le titre de l’article : « Fractures, Samba et tragique marseillais ». C’était du temps de la lutte des Moslez-France à Lille. Trillat a fait un documentaire avec comme musique une valse de Marc Perrone. Même le fils Lubat, 9 ans, est en verve ! Donc inévitablement Michel Portal. Pourquoi Guédiguian avait-il fui la Fête ? « Ayant trop vécu l’enthousiasme des années 70 il avait eu peur de revenir ». « Peut-être qu’on est arrivés assez loin, maintenant, pour que ça recommence. » Mystère.

Et le mot de Ferrat :

« J’ai battu Guédiguian » dit Jean Ferrat qui déjeune avec José Bové, Edmonde Charles Roux et Ernest Pignon Ernest en attendant de participer au débat sur la fracture culturelle avec le cinéaste Pascal Thomas et l’historien Michel Vovelle. « Moi, je n’étais plus venu à la Fête depuis trente ans. C’est sûr, cela me ferait plus d’effet si j’étais derrière la grande scène à attendre à passer, en vedette, le dimanche après-midi comme ce fut le cas à l’époque. Je n’ai pas vu le temps passer. Les choses ont changé. Moi pas. »

« Je vais parler de mon métier, de ce que je connais, des dizaines de gens de la chanson qui font des choses remarquables et qui n’ont aucune place dans les médias. Cela va-t-il continuer ? Catherine Tasca ne m’avait pas répondu lorsque je l’avais interpellée. Le nouveau ministre, Jean Jacques Aillagon, me paraît être sur des positions intéressantes quant à la diversité, quant au pluralisme dans ce domaine. C’est une        affaire d’Etat. Des mesures. »

 

J. Ferrat

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:15

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Les plaisirs de la vie font que plusieurs morceaux du Québec sont arrivés jusqu’à Angeville. Et en particulier cette revue étrange pour un Français. Par le format, la périodicité (deux fois par an), l’épaisseur on sent la revue de référence qui, ne pouvant coller à l’actualité, offre des articles de fond. Les rubriques du sommaire ont de quoi désorienter le cartésianisme : ouverture, recits-essais-reportages, commentaires. On n’est pas dans le genre : économie, société, culture.

Et au sein de chaque rubrique on est un peu désorienté. Mais tout le plaisir est là. Ainsi dans la partie ouverture je me précipite avec un immense plaisir vers : Medellin, la ville qui réapprend à rêver. Un article qui avait toute sa place avec les reportages. Ainsi donc c’est possible Medellin n’est plus la ville où le soir il ne faut pas s’arrêter au feu rouge sous peine de racket !

Les articles ont parfois une seule page ou deux. Ainsi j’apprend que l’Italie est championne du monde en traduction de livres québécois mais je pense que ça doit être vrai dans bien d’autres langues car pour l’espagnol par exemple je suis souvent sidéré par la rapidité et la richesse des traductions en cette langue.

J’y apprends la bouffe de rue et donc je sais tout de l’urbanisme tactique. La poésie comme la BD sont au rendez-vous.

Et l’idée de caser un grand texte dans chaque numéro m’a poussé à lire Sénèque !

 

Surprenant Québec ! JPD

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 13:10

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 Dans le mensuel socialiste Changer la vie, Marcel Thourel avait l’habitude d’honorer quelques figures du passé mais il était rare que ces figures soient locales. Ce texte sur Razoua est d’autant plus appréciable et il me permet d’honorer à mon tour la mémoire de ces militants exemplaires (Thourel et Razoua). JPD

 

Changer la vie, Mars 1984, n°116

Un « communard » de chez nous : A.E. Razoua

C'est au hasard d'une lecture et d'une conversation que j'ai découvert l'oublié de la présente chronique. Il est curieux de devoir écrire «oublié» car ce personnage est bien de chez nous.

En effet, Angel Eugène RAZOUA, est né à Beaumont-de-Lomagne, le 16 Juillet 1830. De par sa mère, il appartenait aux maisons aristocratiques des RAOUSSET-BOURBOU. Son père le destinait à la prêtrise, mais il quitta le séminaire pour entrer dans la marine marchande. Il navigua quatre ans au Brésil, en Bolivie, au Pérou. Tony REVILLON, le décrit ainsi : «taille moyenne, maigre, les cheveux coupés ras, le visage bronzé, allongé par une barbe en pointe, le nez en bec d'aigle, de grands yeux bleus profondément enchâssés».

Agé de 20 ans, il s'engagea dans un régiment de chasseurs à cheval. Il suit des cours de cavalerie à l'Ecole de Saumur dont il fut renvoyé, s'étant affilié à une «Marianne» (Société secrète républicaine). Envoyé au 3ème régiment de Spahis en Algérie, il y restera 14 ans. Il est libéré en 1863 avec le grade de Maréchal des Logis. On voit que ses opinions n'avaient guère servi son avancement.

Revenu à la vie civile RAZOUA, écrivit dans «le Réveil» de DELESCLUZE. En 1870, il fait 6 mois de prison préventive pour complot contre la sureté de l'Etat. Avec la proclamation de la République il est nommé chef du 61ème bataillon et sera révoqué de son grade pour avoir pris part au mouvement révolutionnaire du 31 Octobre 1870. Elu député de la Seine le 6 Février 1871 il démissionnera en même temps que Ch. DELESCLUZES. Sous la commune on lui donna à nouveau le commandement du 61ème bataillon de la Garde Nationale.

Son passage à Toulouse dans les premiers jours de la Commune est peu connu. Armand DUPORTAL, dans son rare ouvrage «la commune à Toulouse fait mention de la participation de RAZOUA, à une réunion de la Société «l'Alliance Républicaine» dont il avait été un des membres fondateur.

Faut-il voir là une relation de cause à effet, le 25 Mars, la commune de Toulouse était proclamée du Balcon de l'Hôtel de ville, son existence sera d'ailleurs éphémère.

A Paris, les 3 et 4 avril, il participe à la marche sur Versailles comme chef d'état major du Général DUVAL. Comme lieutenant-colonel, il sera commandant de l'Ecole Militaire. Le 12 Mai, il est nommé juge titulaire à la seconde Cour Martiale. Après avoir organisé l'évacuation de l'École Militaire le 22 Mai, il se retire chez un ami, d'où il partira pour Genève en Juin. Le fait d'avoir abandonné son poste le 22 Mai, lui vaudra des critiques, mais LEPELLETIER dans son «Histoire de la Commune» affirme qu'il avait la réputation d'être un brave. Le 3ème Conseil de guerre le condamnera par contumace à la peine de mort.

Réfugié en Suisse, il est arrêté le 17 Juillet 1871 sur demande d’extradition du gouvernement Français, mais celui-ci n’ayant pu apporter des preuves suffisantes, il sera relâché. C'est à la suite de ce refus, de la Suisse de livrer à la France les proscrits de la commune que ceux- ci reçurent définitivement le droit d’asile.

Les exilés de tendance Socialiste, affiliés à l'Association Internationale des Travailleurs, se lancèrent dans des actions de type utilitaire et didactique. La plus connue est celle que RAZOUA fonda à Genève «La Marmite Sociale», restaurant coopératif pour réfugiés dans le genre de «La Marmite» que VARLIN avait fondée à Paris, mais, se différenciant de celle-ci car elle ne se proposait pas seulement « de livrer à tout travailleur une nourriture la plus hygiénique, au meilleur marché possible, en supprimant les intermédiaires onéreux et en appliquant les bénéfices à la diminution des prix de vente», mais aussi «de combattre la tyrannie de l’ignorance par la lecture».

Pour se venir en aide les uns aux autres, les exilés formèrent  la société des proscrits. La cotisation était de 1 franc cinquante par mois. Les réfugiés arrivant à Genève sans ressources recevaient la somme de 1 F, 50 par jour à titre d'avance remboursable à la société. Il en était de même pour les malades.

Cette société organisa aussi des chaines d'évasion grâce auxquelles des communards menacés de mort ou du bagne purent rejoindre la Suisse.

Durant son séjour en Suisse RAZOUA devra parfois changer d'identité, c'est ainsi qu'il se nommera MARCAS, F. MARTINEZ, E. MERCUTO.

Membre de la section de propagande et d'action révolutionnaire Socialiste de Genève constituée le 8 Septembre 1871, il sera également président en Avril 1873 de la Société de Secours Mutuel «La Parisienne» et prendra une part active à toutes les manifestations de la première Internationale à laquelle il resta fort attaché.

Comme la plupart des exilés, il vivra pauvrement et lorsqu'il héritera d'une rente de son frère décédé, il n'en profitera que peu de temps.

Lorsque RAZOUA, mourut le 2 Juin 1878, à l'âge de quarante huis ans, il sera enterré civilement, son cercueil recouvert du drapeau rouge du 22è bataillon fédéré parsemé de branches d'acacia, symbole maçonnique. Sur sa tombe, A. ARNOULS, JOUKOWSKY. ROCHETTE, et LE FRANCAIS prononcèrent des discours retraçant les traits de caractère et la vie de ce compatriote bien oublié, même semble t-il, dans sa commune d'origine.

Puis-je suggérer à nos amis Socialistes de Beaumont-de-Lomagne qui sont en position de le faire, de donner à une rue de leur ville, le nom de RAZOUA ? Bien entendu, il n'est pas question de débaptiser une rue existante : laissons à la droite ces pratiques malsaines - mais de profiter de l'ouverture d'une voie nouvelle pour honorer leur illustre concitoyen. Ce jour là, je me plais à espérer que nous serons quelques uns à venir déposer au pied de la place, une rose, rouge évidemment

 

Marcel THOUREL

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 12:52

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 Voici la présentation de la liste écolo par La Dépêche

 Le parti des Verts écologistes est en train de « faire ses gammes » sur le clavier des élections locales. Aux cantonales, d'abord, Marc Averous était candidat à Auvillar (c'était symbolique pour se situer dans l'immédiat périmètre de la centrale de Golfech); puis, aujourd'hui, aux municipales, à la tête d'une équipe d'amis rassemblés pour faire entendre « le choix de la vie.., car des gens heureux, ça fait aussi partie de l'environnement ».

La dernière et principale phase de ces engagements dans la politique locale sera constituée par les élections au Parlement européen de cet été. Cet objectif est bien au centre des préoccupations des Verts écologistes car, souligne Marc Averous, « pour la première fois, on pourrait trouver des députés élus, et ce n'est pas négligeable compte tenu des défis et des menaces qui pèsent sur l'environnement ».

Les trente-trois compagnons de route de Marc Averous (17 femmes et 16 hommes) ont élaboré leur programme municipal. Pour les grandes lignes, ces réflexions portent sur la sous-information en matière d'énergie nucléaire (Golfech); le traitement des déchets et une eau sans risque; l'emploi, la solidarité, une nouvelle citoyenneté (commissions extra- municipales. référendums d'initiative populaire); enfin, le développement d'une coopération prioritaire avec Moissac.

Comme le soulignait Marc Averous, à l'occasion de la présentation de sa liste : « Il s'agit d'une équipe qui est soudée autour d'un esprit de défense de la vie. Le seul moyen de se faire entendre et de tirer les sonnettes d'alarme, c'est de se présenter ». Et puis, comme disait le sage : « Il faut viser la lune pour atteindre le réverbère ».

Liste Alternative verte

Marc Averous, ingénieur chimiste; Louisa Dalouche. modéliste; Jean-Pierre Pabanel, socio-économiste; Françoise Franck, auxiliaire de vie; Bernard Gontrand, agriculteur; Basile Lawrynowicz, technicien; Christophe Macabiau, étudiant; Georgette Tonnèle, mère de famille; Yves Bachimont, étudiant; Simone Bosch, épouse Pautal, enseignante retraitée; Patrick Herbinet, agriculteur; Marie-Paule Lassagne, employée de bureau; Jean-Luc Amigo, représentant; Rose Pagotto; René Bachimont, technicien préretraité; Josiane Trouselle, diététicienne; Bernard Dausse, préposé; Sylvie Clamens, épouse Penarotto, fonctionnaire; Jean-François Pons enseignant; Janine Michar, sans profession; Alain Lapèlerie, greffier de justice ; Eliane Serna, laborantine ; Christine Lechevallier, secrétaire ; Catherine Carlier, commis de justice ; Laurent Tatin, dessinateur ; Antoine Marqués, peintre en bâtiment ; Gabrielle Franck, mère de famille ; Elizabeth Gérardin, sans profession ; Nadir Ramdam, étudiant ; Jean Fanfelle, éducateur spécialisé ; Jacqueline Béziat, enseignante retraitée.

 

 Liste-PCF-89-Castel.JPG

 La liste de rassemblement pour l’union des forces de gauche présentée par La Dépêche

 « Le 12 mars, nous présentons une liste séparée, mais ce qui n'a pas pu se faire au premier tour, nous ferons tout pour que ce soit possible au second et nous voulons que l'union se réalise. » Cette seule phrase pourrait résumer l'intervention de Marcel Guiche qui présentait, hier, la liste du P.C. en compagnie de Michel Métais et Michel Bertrand.

Le leader communiste a fait l'historique des négociations avec le P.S. et le M.r.g. et expliquait « comment le P.C. n'avait pu tolérer un véritable ultimatum ni de passer sous la table »...

Il remontait à 1977, à ces élections municipales où le parti communiste avait eu sept élus dont deux adjoints. Marcel Guiche précisant « que c'était les électeurs qui, en définitive, avaient placé les candidats communistes en telle position, ce qui fut fait, hier soir, doit l'être à nouveau au lendemain du 12 mars car la ville a tout à gagner de l'alliance des forces de gauche ».

Marcel Guiche expliquait ensuite l'œuvre considérable de modernisation de la cité à laquelle les communistes avaient pris leur part. Pour ce qui est du retour possible de la droite à la mairie, « cette politique de droite amène plus d'impôts pour les plus démunis, les finances locales livrées aux affairistes et moins d'argent pour les écoles et les œuvres sociales ».

On a retrouvé dans toute sa « splendeur » le tribun communiste qui, « une fois déposés les habits du premier adjoint », se délecte à expliquer, convaincre à l'aide de phrases fortes. Pour les commentateurs, dans une campagne qui frôlait la « somnolence », malgré cinq listes en présence, l'arrivée du leader communiste à la tête d'une liste solide vient donner du tonus au débat. Pour la petite histoire, soulignons que, sur les trente-trois candidats, il y a onze femmes et quatorze démocrates qui ne sont pas membres du parti.

Rassemblement pour l'union des forces de gauche

M. Marcel Guiche, premier adjoint sortant, retraité.

M. Michel Bertrand, adjoint sortant, instituteur.

M. Michel Métais, adjoint sortant, retraité S.n.c.f.

Mme Gilberte Vavasseur, épouse Lalanne, conseillère sortante, directrice d'école.

M. Michel Bonnet, adjoint sortant, gérant de société.

Mme Michèle Fenoglio, épouse Monclus, conseillère sortante, artisan.

M. Gilbert Durrens, conseiller sortant, retraité.

Mme Danielle Leclerc, épouse Lacombe, conseillère sortante, employée agro-alimentaire.

M. Georges Ramet, ouvrier.

Mme Annie Guiche, épouse Bordignon, directrice d'école.

Mme Michèle Julien, épouse Duffau, professeur agrégé.

Mme Michèle Gautier, épouse Avignon, mère de famille.

Mme Nicole Barthes, institutrice.

M. Christian Bélay, ouvrier pâtissier.

M. Jean-Pierre Bouisse, agent technique E.d.f.

M. Adrien Casse, agriculteur.

M. Christian Caussade, chef d'équipe E.d.f.

M. Jean Coarasa, ouvrier.

M. Jean Fourcade, retraité.

M. Claude Gaiche, professeur.

M. Jean Candia, retraité Cégédur.

Mme Claudine Ressayre, épouse Garcin, mère de famille.

M. Louis Lafon, retraité.

Mme Catherine Lyon, épouse Ledour, secrétaire.

M. Gilbert Massoc, agriculteur.

M. Pierre Mayanobe, agent E.d.f.

M. Georges Michel, agent E.d.f.

M. Christian Paès, agent S.n.c.f.

Mme Christine Peccolo, épouse Pagotto, demandeur d'emploi.

Mme Renée Berthe, épouse Patigny, retraitée.

M. Jean-Pierre Rinklin, ouvrier.

M. Marino Sandrini, retraité.

 

M. Jean-Pierre Saulière, agent E.d.f.

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 12:50

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Dans cette sous-préfecture du Tarn-et-Garonne les élections municipales sont, depuis l’arrivée de la Cinquième république, un imbroglio. Il suffit d’aller voir sur Wikipédia où on lit deux erreurs énormes. Imbroglio pour une raison simple : les radicaux qui furent longtemps les maîtres de la ville n’arrivent plus à s’y imposer clairement.

En 1989, un tournant puisque l’élection voit la victoire du maire centriste encore en place et qui espère faire un nouveau mandat.

Voici la liste PS-MRG sous la direction d’Antoine Molina maire sortant… mais dans quelles conditions ! Malgré le fort soutien de La Dépêche cette liste sera donc battue car l’entente avec le PCF, relativement fort dans la ville, a été impossible.

 Candidats de la liste Molina présentés par La Dépêche :

Antoine Molina ; Daniel Davesnes ; Michel Bésiers ; Patrick Malphettes ; Christian Pech (adjoint sortant)  ; Jean-Jacques Blanc ; René Villeneuve (adjoint sortant) ; Chérubin Massola conseiller sortant ; André Assémat (adjoint sortant) ; Jean Bourgarel conseiller sortnt ; Roland Dimon ; Robert Duffau ; Robert Bénech (adjoint sortant) ; Marlène Moretti ; Jacques Leparc ; Muriel Lassagne ; Robert Sarremejane conseiller sortant ; Jenry Jany ; Maurice Clabaut ; Evelyne Billes ; Christian Belzers (1) ; Michèle Irissou ; Pierre Méric conseiller sortant ; Roger Polastron ; Lucien Panouillère ; René Cransac ; Pierre Merce conseiller sortant ; Jacques Bourgon ; Jacques Macabiau conseiller sortant ; Emile Baudel conseiller sortant ; Yves Martin ; Maurice Gabarre ; Jean Bigourdan.

(1) La mauvaise orthographe de Delzers est sans nul doute accidentelle.

      Voici les résultats du premier tour :

Inscrits : 8266 ; Votants : 6291 ; Exprimés : 6091

Molina (PS-PRG) : 1365 (22,4%)

Dagen (divers droite) : 2817 (46,2%)

Laffont (RPR-UDF) : 721 (11,8%)

Guiche (PCF) : 805 (13,2%)

Averous (écolo) : 383 (6,2%)

 

Deuxième tour

Dagen 3824 (62,9%) 27 élus

Molina 1439 (23,6%) 4 élus

Guiche 810 (13,3%) 2 élus

Faute d’entente pour le second tour la liste PCF s’est maintenue.

 

Que va-t-il se passer en 2014 ?

Toujours la même musique puis Bernard Dagen malgré ses annonces de 2008 est toujours là. Que Monsieur Bésiers devenu depuis conseiller général est toujours là.

Et la troisième liste de gauche ? Comme partout nous en sommes aux discussions de couloir qui cependant intéressent tout le monde. Elles renvoient aux dernières cantonales de 2011 ?

Normalement Castelsarrasin devait devenir la ville de Sylvia Pinel mais elle fut alors battu par Monsieur Bésiers tout aussi radical qu’elle mais qui s’est présenté en dissident. Sylvia Pinel a continué sa carrière devenant ministre, en étant réélue député, mais Castelsarrasin reste un trop mauvais souvenir pour s’y relancer dans la bataille.

Jean-Michel Baylet qui surveille les municipales comme le lait sur le feu a trouvé une idée : assurer la promotion d’un assureur maire en exercice de Lafitte où sa gestion n’a pas suscité l’enthousiasme. L’ayant observé, après son élection, à l’intercommunalité, il n’est pas apparu comme un élu mobilisé. Mais devenir maire de Castelsarrasin… ou du moins se servir de cette élection pour avoir un tremplin en vu de l’accès au Conseil général c’st tout autre chose.

Le Front de gauche est donc face à un dilemme : où servir de marche pied à ce radical, ou affronter seul la difficile élection car s’il y a la liste Bésiers et celle de M. Granier, une autre liste c’est plutôt difficile à mettre en place. L’ennui dans cette affaire, c’est que pour le moment pas question d’afficher une entente avec le radical dissident et pourtant si peu dissident. Bref, Jean-Michel Baylet qui n’est pas totalement mécontent du maire sortant à qui il a toujours fait une place d’honneur au conseil général pense gagner dans tous les cas.

 

J-P Damaggio

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 12:00

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Cinq listes de 27 candidats soit un total de 135 candidats, je pense que c’est le record pour Castelsarrasin. La présentation ci-dessous de la liste gagnante s’appuie non sur des sortants comme d’autres mais sur deux conseillers généraux qui travaillent en bons termes avec Jean-Michel Baylet. Généralement le processus est inverse : c’est élu municipal qui devient conseiller général mais là c’est la caution départementale qui servira de référence. JPD

 Présentation de La Dépêche de Castel d'abord

Une équipe jeune, indépendante, avec les deux conseillers généraux

Bernard Dagen, 47 ans, a présenté son « équipe » qui se lance dans la bataille des élections municipales. La première originalité de la liste c'est « que sa composition restera absolument identique au deuxième tour de scrutin ». En termes clairs, Bernard Dagen affirme son indépendance et son souci de ne pas rentrer « dans une spirale qui pourrait troubler les électeurs ». Dans la composition de la liste, publiée ci-dessous, on découvre des gens issus de milieux politiques différents, un très large éventail socio-professionnel (commerçants, vie associative, etc.) et, bien entendu, la présence des deux conseillers généraux. Jacques Lavigne étant vice-président du conseil général et Bernard Dagen à la commission des finances, « deux atouts pour renforcer encore les liens avec le département en matière d'équipements, d'entretien de voirie et de culture, etc. ».

Pour Bernard Dagen, « l'objectif n°1 c'est, bien entendu, l'emploi, (l’implantation d'industries, promotion de l'artisanat et du commerce, aide à l'éducation) ». Viennent ensuite les volets culture et sport et solidarité (information, formation, démarginalisation) et la signature de conventions et contrat d'objectif avec les associations de personnes âgées, handicapés et personnes en difficulté.

Onze ont 30 ans ou moins

Avec cette liste jeune (11 ont 30 ans ou moins, onze entre 40 et 50 ans, les autres plus de 50 ans), celui qui fut un « défenseur-attaquant » dans les lignes du C.a.c. rugby monte en « première ligne ». Il a confié lors de la présentation de sa liste qu'il plaçait au premier plan les problèmes de l'emploi sans oublier le social, la culture, le secteur scolaire mais qu'un «projet d'action ne peut être établi qu'après un examen minutieux des finances de la commune. Ennemie du coup par coup l'équipe « Castel d'abord » proposera, le moment venu, un plan d'action pluriannuel compatible avec la réalité économique ».

Enfin pour Bernard Dagen : « L'esprit d'une équipe est tout entière rassemblée et motivée pour servir la ville ».

Bernard Dagen, pharmacien ;

Jacques Bénac, commerçant ;

Jacques Lavigne, vétérinaire ;

Jean-Pierre Bonnevie, commerçant ;

Bernard Leminous, médecin généraliste ;

Simone Boutonnet, professeur ;

Christian Fourment, industriel ;

Jean-Paul Calcagno, agent S.n.c.f.;

Pierre Montet, conducteur de travaux équipement ;

Gilles Saint-Sardos, arboriculteur ;

Yvonne Delbosc, mère de famille ;

Jean‑Claude Roussilhès, employé de banque ;

Gérard Guidi, coiffeur ;

Roger Gasc, retraité ;

Pierre Aubin, agriculteur retraité ;

Philippe Sagot, gérant de société ;

Odile Leroy, directrice « service des familles » ;

André Angles, agriculteur ;

Pierre Tretténéro, artisan retraité ;

Georges Crepel, chef d'atelier ;

Jean Couderc, employé P.t.t.;

Christine Cardona, étudiante ;

Simon Béquié, technicien d'atelier ;

André Cambon, agriculteur ;

Pierre Mazeau, artisan ;

Guy Logeois, contremaître ;

Jean-Pierre Péduran, agent hospitalier ;

Joël Brouillet, agriculteur ;

Maurice Verdier, artisan ;

Clément Bernichan, prothésiste dentaire ;

Joachim Vellvéhi, magasinier vendeur ;

Henry Périer-Brissety, pontonnier ;

 

Jean Arigo, magasinier.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 12:41

Par l’intermédiaire du baroque, Guy Catusse a voulu croiser ses interrogations nées au GRIHL (Groupe de recherche Interdisciplinaire d’Histoire littéraire) avec la pièce de théâtre de Benedetto jouée à Montauban en 1974 : le siège de Montauban. J’étais curieux de savoir comment ce prof de français que j’avais connu de 1971 à 1982 avait vu en arriver à cette recherche à la fin de sa vie, lui qui, habitant de Montauban à l’époque… n’a pas vu la pièce ! Il avait alors d'autres impératifs culturels.

Le 28 mai j’ai été invité au séminaire du GRHIL où Jean-Pierre Cavaillé s’efforça de donner corps à ce projet inachevé de Guy Catusse pour cause de décès prématuré. J’ai découvert que tout reposait sur un document : le texte de la pièce édité par PJO en 1976, document analysé avec minutie et que Jean-Pierre Cavaillé a pu présenter en détail.

 

Le théâtre, art vivant

Du spectacle théâtral il ne reste que le souvenir mais grâce à l’éditeur PJ Oswald, il est aussi resté ce texte. Publié dans Théâtre 1 qui regroupe deux autres pièces de Benedetto, avec annonce en fin de volume de la suite des publications avec Théâtre 2 qui devait contenir : Les miroirs vénitiens, Emballage et Rosa Lux/la peste ; puis Théâtre 3 avec A Bec et à Griffes, Le delta c’est moi, Le marcheur etc…  Jusqu’à Théâtre 6 !

En 1976 Benedetto a donc déjà derrière lui plus de dix ans de travail ! S’il a commencé les publications par les drapiers jacobins, pièce jouée aussi à Montauban, puis par Le siège de Montauban et Mandrin, c’est le signe d’une importance toute particulière donnée à ce moment d’histoire, importance renforcée par les outils autour de la pièce (introduction, nombreuses photos et surtout très nombreuses notes).

 

L’art vivant et le baroque

Guy Catusse a été attiré par cette note de Benedetto :

« (20) Nous le mettions [Castan, le directeur du Festival] sous forme d'une grande photo en médaillon comme une cible. Il s'est toujours demandé ce que ça signifiait exactement. On peut être un spécialiste du baroque, et ne pas comprendre une conduite baroque quand on y est en plein dedans. Ce comportement typiquement carnavalesque reste pour une bonne part hermétique à l'intelligence contemporaine. Grandeur et dérision ! « La perfection classique... C'est la mise en évidence d'une hiérarchie. » (André Gide)

Bienséance. Honnête homme. Harmonie. Discipline. Ordre. Régularité. Belle ordonnance. Equilibre. Rigueur. Fixité de l'odeur, non ! de l'idée. Logique. Rimes alternées. Hémistiche. Jardin à la française. Vertus de la contrainte. Sens de la grandeur. Et réduisit la muse aux règles du Devoir.

Le baroque est presque le contraire de tout cela. Décentrement de l'expression, pluralité des points de vue, perspectives diverses, anti-unitarisme et profusion, révolution copernicienne, voix multiples et égales, dérision du principal et de l'unique autoritaire, démocratie et changement des signes, territoire de la contradiction, force issue des profondeurs de la civilisation en marche et ferment explosif. « Son art et sa pensée (du pays occitan) sont déterminés par un conditionnement rebelle à l'unité interne, et par le jeu des contraires qui en dérive. » (Félix Castan)

Baroque : Terme péjoratif emprunté au portugais barroco qui désigne une perle impure. L'origine du terme se passe de commentaire. Il y a ce qui est dur et pur et il y a tout le reste. Lequel devient de plus en plus remuant. Et qui choque par sa bizarrerie ! Ex. : un bas roque...

D'après le petit Robert, baroque est le contraire de normal, régulier, classique ! »

Pourquoi cette note ? A cause de cette phrase du texte : Faites parler Castan / Mettez-le en plein centre / Pour critiquer le centre ».

Nous sommes à la fin de l’acte 1, une scène que Benedetto a écrite après une grande écoute de malades à l’hôpital psychiatrique. Les acteurs sont des aveugles et le dernier message à diffuser est celui-ci : « Il n’y a pas de projecteurs au-dessus des classes. »

 

Relire un texte joué ?

La recherche de Guy et le débat à quelques-uns posent la question du théâtre : art éphémère, en quoi sa version écrite peut jouer un rôle ? Jusqu’à inclure le théâtre dans la littérature ?

Voici le titre de l’étude de Guy :

« Captez des yeux et captez des oreilles ». Le Siège de Montauban (A. Benedetto, 1974, 1976)

 30 mai 2013 Jean-Paul Damaggio

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 21:37

En janvier 1975, le journal fédéral du PCF évoque le fait divers de La Fumade avec pour signature un énigmatique Laurent. Un article rare. JPD

 

Après la tragédie de la Fumade

Le fauve et les requins

Gros titres, photos, occupent la une ; page entière de montage photographique à l’intérieur.

S’agit-il d’un reportage sur le scandale du moment : le pillage des Français par le cartel des pétroliers, les faits et chiffres qui témoignent qu’en douze ans tout s’est passé comme si chaque famille française avait versé 700 000 anciens francs aux compagnies pétrolières, comme tout cela a été dénoncé par Georges Marchais sur la 3ème chaîne et publié dans L’Humanité. Oui dans L’Humanité car l’autre presse ne fait pas grand bruit là-dessus.

Non : vous n’y êtes pas, les titres à sensation, les reportages photographiques sont, dans cette presse, réservé à la tragédie du domaine de « La Fumade » à Saint-Nauphary près de Montauban.

Bien sûr il n’est nullement question ici de justifier des méthodes et un comportement qui sont d’une autre époque et des actes qui ont abouti à blesser gendarmes et ouvriers agricoles.

Mais le résultat est là : un jeune homme de près de 25 ans est mort pour avoir voulu rester sur sa terre, dont il se considérait dépouillé.

En effet, voilà toute l’origine du drame. Il est certain que du côté de la famille de feu Léonce Portal, décédé en 1973, un domaine de 157 hectares plus les bâtiments suscitait bien des envies.

Le mariage de Léonce Portal avec sa servante polonaise en 1950, le fait qu’elle lui donnait deux enfants, donc deux héritiers, faisait s’envoler pas mal d’illusions.

Il y avait ceux-là et d’autres pour qui domaine et procès représentaient la poule aux œufs d’or. D’ailleurs la télévision n’a-t-elle pas reçu des déclarations de Jean-Louis Portal mettant en cause un notaire failli et d’autres personnes qui, ayant beaucoup de « relations », avait juré d’avoir le dernier mot.

N’est-elle pas étrange la vente pour 40 millions anciens d’un tel domaine qui en valait beaucoup plus, même si cette vente remonte à juin 1972. Ne faut-il pas chercher là la lenteur à régler une affaire qui dure depuis de longues années et qui se termine tragiquement.

La responsabilité première incombe-t-elle à ce jeune homme qui avait rassemblé de nombreuses armes pour défendre « son domaine » où il vivait retranché, ou à d’autres dont il disait samedi à la télévision que depuis le début ils n’avaient qu’un but, le dépouiller de sa terre.

La presse à sensation nous a dépeint Jean-Louis Portal comme un jeune fauve.

On n’avait pas cette impression en l’écoutant à la télévision, mais celle d’entendre et de voir un jeune amer et ulcéré par le comportement d’une société, la société capitaliste où l’on abat un jeune de 25 ans parce qu’il est devenu un fauve, mais où les requins continuent à s’engraisser dans des eaux peu odorantes.

 

Laurent

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 21:31

                          portal.jpg

  Le livre Théâtre 1 d’André Benedetto paru en 1976 chez P.J. Oswald contient la photo ci-dessus. Personnellement je l’ai toujours considéré comme une photo parmi d’autres même si elle m’intriguait pour deux raisons :

1 ) Pendant le travail sur la pièce Le siège de Montauban, que j’ai suivi de A à Z, jamais il n’a été fait référence à la rencontre Benedetto-Castan avec Portal, donc cette photo m’est apparue hors contexte.

2 ) Que pouvait représenter l’affaire Portal par rapport au travail sur le siège de Montauban ?

 C’est au cours de la rencontre autour de la mémoire de Guy Catusse que j’ai revu mon point de vue.

1 ) Cette photo ne pouvait pas être là par hasard. Elle est la seule à témoigner du travail de rencontres de Benedetto avec les habitants de Montauban, le socle de la pièce.

2 ) Au moment de la photo, en 1973, l’affaire n’avait pas pris la tournure qu’elle prendra d’où la légende de la photo : « Félix Castan et André Benedetto avec Jean-Louis Portal qui devait être tué lors de l’assaut de La Fumade. »

 En fait la photo pouvait en 1976 être un argument de vente du livre car c’est en 1975 que Jean-Louis Portal est tué par la police, l’affaire prenant une dimension nationale qu’on ne peut imaginer aujourd’hui.

 Sur l’affaire

La famille Portal habite le domaine de La Fumade commune de Saint-Nauphary (82) que le père, Léonce, a hérité en 1967 d'un oncle, Louis William, baron de Portal. Dans sa lignée il y a un ministre de Louis XVIII, Pierre-Barthélémy Portal. D'après Wikipédia.

La succession a été difficile à régler du fait qu'il y avait plusieurs héritiers. Ainsi Léonce a dû, pour équilibrer le partage, s'engager à verser une somme de 300 000 francs aux cohéritiers.

Premier point : il n’a pas d’argent et il n’est pas très fort pour en gagner donc il emprunte.

Deuxième point : En juin 1972, à la requête du principal créancier, La Fumade est mise en vente par voie de justice. Le domaine est acquis par un certain monsieur Rivière pour un prix très inférieur à sa valeur (autour de 20%). Dorénavant la famille est expulsable.

Troisième point : En 1950, à 66 ans, veuf et sans héritier, Léonce se remarie avec Anna, une jeune Polonaise de quarante ans sa cadette. Ils ont deux enfants : Marie-Agnès, née en 1951 et Jean-Louis, né en 1952.

 Si tout commence en 1973 c’est que cette année là, la justice suit son cours et le 22 février 1973, deux gendarmes apportent à La Fumade l'ordonnance d'expulsion. Jean-Louis les reçoit à coups de fusil, blesse l'un tandis que sa mère mord l'autre. Elle est aussitôt arrêtée. Et pour compliquer l’affaire, le vieux Léonce meurt le 27 mars 1983. Anna s'évade de l'hôpital où elle était gardée et revient à La Fumade. Avec ses enfants, elle refuse de laisser inhumer son mari et installe le cercueil de celui-ci, sur des tréteaux, dans la chambre à coucher. Il y restera vingt et un mois...

En effet, la ferme est assiégée et la famille s’enferme auprès du cadavre de l’ancêtre. Le temps passe.

Le 10 janvier 1975, Jean-Louis, découvre la présence d'ouvriers agricoles travaillant près de la maison pour le compte du nouveau propriétaire de La Fumade. Il tire dans leur direction six coups de fusil. Il n'atteint personne, mais il y a eu agression et la gendarmerie se rend sur les lieux. Marie-Agnès et Jean-Louis clouent portes et fenêtres et crient au capitaine de gendarmerie : « Si vous entrez, on vous abat et on fait tout sauter. »

En janvier 1975 Jean-Louis a 22 ans et tombe sous les balles des gendarmes. Sa mère et sa sœur sont envoyées à l’hôpital psychiatrique. Michel Poniatowski décide de mettre un terme à l’affaire, aussi dans la nuit du 10 janvier, le château est pris d’assaut par 70 gendarmes d’élite. Jean-Louis est mortellement blessé. Anna et sa fille Marie-Agnès sont internées dans des cellules carcérales de l’hôpital psychiatrique de la Grave à Toulouse et sont déclarées « démentes et dangereuses ». Les forces de l’ordre sortent du château le cercueil de Léonce, décédé deux ans plus tôt. Jean-Louis et Léonce sont enterrés de nuit et sans témoins dans le cimetière de Saint Nauphary, le 14 janvier 1975 sans qu’Anna et Marie-Agnès ne soient autorisées à se rendre aux obsèques.

Le 13 février 1975, à travers la fenêtre de sa cellule, et en cachette de ses surveillants, Marie-Agnès répond aux questions d’une équipe de journalistes de FR3 venue l’interviewer. Elle explique brièvement les conditions inhumaines dans lesquelles elle et sa mère sont incarcérées depuis un mois. Le reportage, diffusé au journal télévisé national de 20 heures sur Antenne 2, scandalise l’opinion publique et contraint ainsi le Garde des Sceaux à faire finalement libérer les deux femmes, le 22 février 1975.

Anna Portal décède le 7 novembre 1991. Sa fille, Marie-Agnès, vit toujours à Montauban.

 Un bizarre côté politique

Le journal royaliste L’Action française va se mobiliser en faveur de la famille Portal avec l’aide de Jean Dutourd dont voici un entretien :

"NAF. Il a fallu vingt ans de procès et la mort d'un garçon de vingt-deux ans pour que l'affaire de la Fumade éclate au grand jour. Au travers d'un embrouillamini de procédure, quel sens donnez-vous à cette affaire ?

JEAN DUTOURD : D'abord, j'ai cru que c'était une séquelle de la Révolution. L'affaire Portal me semblait baigner dans une espèce de complot paysan qui rappelait bizarrement les histoires de Biens nationaux de 1792. J'étais convaincu que si ces pauvres gens s'étaient appelés Latruelle ou Torcheboeuf au lieu de « de Portal », il y aurait eu aussitôt une formidable mobilisation de l'opinion, des grèves, des banderoles, des inscriptions sur les murs et sur les routes, des comités de soutien. Mais comme ils avaient une particule, comme on les réputait barons, personne ne se souciait d'eux. Des aristos, pensez donc ! Cela n'intéresse ni la C.G.T., ni la C.F.D.T., ni les signataires de manifestes, ni le gouvernement. Pourquoi ? Parce que les aristos, fussent-ils des gueux comme les Portal, qui sont bien plus pauvres que des manœuvres, n'appartiennent à aucune catégorie sociale organisée. Ce sont des individus. Or moi, j'ai un faible pour l'individu. Non que je me fiche des masses, mais je trouve qu'elles se défendent très bien toutes seules. Elles n'ont pas besoin de moi. Tandis que l'individu, en 1975, si personne n'est là pour se mettre entre lui et la société, cela ne rate jamais, il est écrabouillé.

 NAF. C'est la mort de Jean-Louis qui vous a déterminé à mener cette bataille ?

JEAN DUTOURD : Lorsque Jean-Louis de Portal a été abattu comme un lapin par ces admirables tireurs d'élite qui ratent si bien les bandits, mais qui sont véritablement fabuleux de précision quand il s'agit de tuer des honnêtes gens, lorsqu'on a enlevé Mme et Mlle de Portal pour les jeter en prison, oui, je l'avoue, j'ai été indigné. J'ai trouvé ce dénouement atroce. D'ailleurs tout s'est passé avec la précipitation et la confusion d'un crime. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de louche, quelque chose de sordide dans l'enlèvement des deux femmes ? On les a attrapées comme deux bêtes. On les a jetées dans une voiture en peignoir, sans leur laisser le temps de s'habiller. Mlle de Portal était toute éclaboussée du sang de son frère. Franchement, est-ce que tout cela n'est pas crapuleux ? Et derrière ce guet-apens, il y a un préfet, un procureur, l'appareil répressif de la société.

 NAF. Que pensez-vous d'une société qui permet de pareilles injustices ?

 JEAN DUTOURD : Il n'y a pas de société juste. Cela n'existe pas. Cela n'a jamais existé et n'existera jamais. Dans toute société il y a des injustices. Il était révoltant d'écarteler Damiens parce qu'il avait donné un coup de canif à Louis XV, mais cela ne condamne pas le régime monarchique. A-t-on flanqué par terre le régime soviétique parce qu'il avait organisé les procès de Moscou ? Le met-on en question à cause des millions de malheureux qui pourrissent dans le Goulag ? Je me refuse à généraliser à partir de l'affaire Portal. C'est une injustice, et même une injustice horrible. J'ai fait ce que j'ai pu pour la combattre. Mon objet n'est pas de démolir la société française, mais de l'améliorer. Je vous dirai comme les patronnes d'autrefois qui hésitaient à renvoyer leur domestique : on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on trouve. 5 mars 1975"

 Retour à la photo

André Benedetto porte la veste en cuir qu’il avait en permanence à ce moment-là, il tient à la main une sacoche noire et regarde avec intérêt Jean-Louis Portal, un peu penché, des bottes. Félix Castan regarde la photographe. Il a ses longs cheveux sur le côté, le crâne déjà chauve. Il semble un peu ailleurs. La photo est en contre-plongée car ils sont sur la terrasse du « château ».

Après réflexion je persiste à penser qu’il n’y a là rien à voir avec la pièce qui surgira du travail de Benedetto sauf à penser que cette pièce, en ayant une suite plus actuelle (c’était prévu), l’actualité de la Fumade aurait pu servir de base à un drame. Jean-Paul Damaggio

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