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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 20:46

Il serait déplacé d’oublier ici ce que fut le franquisme quand on note que c’est en 1955 que Vázquez Montalbán croisa Camus. Il avait 16 ans et il eut la chance d’avoir à l’école un jeune professeur de 24 ans, Basilo Losada (devenu traducteur de Saramago) qui, en une année, lui fit lire tout Sartre et tout Camus, les deux auteurs étant immanquablement liés dans la vie de Manolo. Les livres en question étaient bien sûr publiés en édition argentines et se faire surprendre avec en main L’étranger pouvait conduire à la prison. Il s’est toujours souvenu de ce jeune membre de l’Opus dei s’approchant de lui et découvrant sa lecture qui lui déclara : « Est-ce que tu serais un être inquiétant ! » Il n’en fallait pas plus pour mal dormir la nuit suivante.

L’autre personnage qui l’aida à comprendre Camus s’appelle Charles Müller, un curé alsacien qui publia une collection de livres fondamentaux pour le jeune barcelonais : Littérature du XXème siècle et christianisme. Pour mesurer jusqu’à quel point Manolo fut marqué évoquons ce ver « Etre juif, vivre à Prague, écrire en allemand » qui est en fait une phrase reprise de la présentation de Kafka par Müller. C’est dans cette collection qu’il apprit à comprendre Camus mais aussi Bernanos,  Malraux etc.

Pour le moment voici le portrait de Camus pour Manolo en espagnol. La traduction va suivre. JPD

 

Camus, Albert

Suele ocurrir que las clasificaciones culturales sólo responden a parte de la verdad de lo que clasifican y así, cuando vemos a Camus metido en el saco común del existencialismo francés de posguerra y lo sacamos de él para leerle, vemos tantas afinidades como desafinaciones en relación con los otros supuestos existencialistas. Quizá la nota dominante entre las muchas notas de este escritor poliédrico sea su obsesión por la independencia de criterio, que como suele suceder escondía una dramática confusión de criterios, finalmente asumida como expresión sincera de su mismidad. Mientras Sartre trataba de «aclararse», Camus acabó asumiendo su propia confusión como inevitable, no ya en sí mismo, sino en cualquier otro hombre. El extranjero fue una propuesta de meditación sobre el límite de la conducta desmotivada y aunque aparentemente el personaje del extranjero sea lo más opuesto al propio Camus, quién no lleva un extranjero dentro de sí, un extrafino que va cortando los enlaces con los otros que el propio yo está construyendo desde otro rincón del espíritu? En la historia de la cultura europea de la posguerra hay una fecha inevitable, 1952, el año de la disputa entre Camus y Sartre, cuando a raíz de la progresiva condena del comunismo por parte de Camus y de la aceptación del comunismo soviético por Sartre, como una necesidad histórica para hacer frente a la barbarie capitalista, la discordancia se convierte en concierto de cacerola y Sartre acusa a Camus de insolidario histórico, y Camus a Sartre de cómplice de los crímenes del estalinismo. La necesidad de replantear constantemente lo asumido llevó a Camus a una desnudez ideológica final y a una necesidad de moral a la medida de cada situación que le hace precursor del talante de la mayoría de la inteligencia posmoderna, frente a los intelectuales creyentes en la necesidad de contar con pautas históricas de partida. Para llegar a esta conclusión, Camus había recorrido un duro camino avalador, lleno de combates contra el filisteísmo burgués, el nazismo y la cobardía reductora de la Europa reconstruida después de la segunda guerra mundial. Así como Sartre, a pesar de haber afirmado que «el infierno son los otros» se pasó toda su vida y toda su obra tratando de pactar con los otros, Camus, más inicialmente predispuesto a la solidaridad, propuso ese pacto desde la intransigencia de su individualismo en perpetua revuelta. Tal vez porque fue el más desesperado de los existencialistas. El más convencido del absurdo de vivir.

Vázquez Montalbán

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Published by éditions la brochure - dans vazquez montalban
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