Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 19:58

papeterie.jpg

 

Parmi le passé industriel du Tarn-et-Garonne trop souvent réduit à son fonction agricole, les cheminées de la papèterie de Montech sont encore là pour rappeler un passé glorieux.

Yves Gibert dans une belle brochure a permis de sortir de l’oubli de passé qui a surtout tenu à un homme Aristide Bergès… et à des centaines d’ouvriers et d’ouvrières.

La brochure de 58 pages se présente ainsi :

Première partie :

- Références historiques ; la famille Bergès ; la papeterie

Deuxième partie :

 - Le tour du propriétaire ; la fabrication du papier.

 Livre émouvant quand il rappelle le dur travail des ouvriers et des ouvrières.

Livre illustré de nombreux documents parfois en couleur.

Livre pour ouvrir une brèche dans l’oubli qui entoure ce moment de l’histoire locale.

 Si j’avais à poursuivre ce travail je chercherais du côté syndical.

 Pour l’anecdote j’indique que Montech est évoqué ainsi dans une belle biographie d’Aristide Bergès, une vie d’innovateur, de la papeterie à la houille blanche :

1 ) « En 1911, Achille Bergès s’implique dans les papeteries de Montech, situées dans le Lot-et-Garonne au bord du canal latéral à la Garonne dont elle tire une partie de son énergie. L’entreprise a été fondée en 1857, par Auguste Veissière pour produire du papier paille. En difficulté au début du XXe siècle, Achille Bergès décide de la reprendre sans malheureusement que l’on puisse connaître les raisons de ce choix. Achille Bergès est le maître d’œuvre de la création de la Société anonyme des papeteries de Montech. »

2 ) [Joseph Bergès devient le premier directeur de la société] « Cependant les premiers résultats ne sont guère brillants, ce qui n’est pas sans inquiéter Georges Bergès qui s’en ouvre à Maurice en octobre 1913, envisageant même la reprise par le groupe de Lancey. Aussi, Biclet est-il envoyé faire une expertise de Montech. Il préconise la réorientation commerciale et une augmentation de capital. Apparemment, les résultats ne seront jamais positifs et la société sera absorbée par le groupe des Papeteries de Franc en 1935. »

3 ) « La fille d’Aristide ne quitte Lancey qu’à la fin de sa vie pour se retirer à Montech auprès de sa belle-sœur, où elle décède en 1952. » [elle est enterrée au cimetière de Terre-Cabade à Toulouse, en compagnie d’Amélie Castaing en face du tombeau de ses parents]

 

4 ) « Marcel Déon est alors employé à la direction générale des Papeteries de France après avoir travaillé, avant 1914, aux papeteries de Montech. »

Le lecteur aura remarqué que, bien qu'il s'agisse d'une étude universitaire le Tarn et Garonne a été confondu avec le Lot-et-Garonne. C'est classique, aussi il m'arriva de publier un texte qui s'intitule : "Le Tarn et Garonne n'a jamais existé". JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 22:21

Nombre de siège(s) à pourvoir : 72

Résultats*

 

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

44 282 823

 

 

Abstentions

26 290 662

59,37

 

Votants

17 992 161

40,63

 

Blancs ou nuls

773 547

1,75 

4,30

Exprimés

17 218 614

38,88 

95,70

 

Nuances de listes

Voix

% Exprimés

Sièges

Listes d'extrême-gauche (LEXG)

1 050 016

6,10

 

Listes du PCF et du Parti de gauche (LCOP)

1 041 911

6,05

 4

Listes du Parti socialiste (LSOC)

2 838 160

16,48

 14

Listes divers gauche (LDVG)

79 968

0,46

 1

Listes des Verts (LVEC)

2 803 759

16,28

 14

Listes régionaliste (LREG)

42 777

0,25

 

Autres liste (LAUT)

766 894

4,45

 

Listes centre-MoDem (LCMD)

1 455 841

8,46

 6

Listes de la majorité (LMAJ)

4 799 908

27,88

 29

Listes divers droite (LDVD)

1 160 636

6,74

 1

Listes du Front national (LFN)

1 091 691

6,34

 3

Listes d'extrême-droite (LEXD)

87 053

0,51

 
Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 20:55

ouvrier.jpg

 

Le livre : Grèves de Castelsarrasin 1912-1914

 

En 1996, avec les amis de Point Gauche ! nous avons étudié le Front populaire et ce travail m'a conduit vers l'énorme grève de l'usine de Castelsarrasin en 1914. Membre du PCF pendant quinze ans, syndicaliste toute ma vie, je n'avais jamais entendu parler de cet événement incroyable. Mais je sais que les militants n'ont pas le temps de regarder derrière tellement ils ont en vue la seule ligne d'horizon ! J'ai décidé de cette publication peu orthodoxe où j'ai inventé un jeune narrateur de la grève. Le document épuisé est à présent consultable sur ce blog.

Autre article sur ce blog : ICI et ICI

      Dix ans après cette publication Bernard Ouardes grâce à des sources nouvelles et grâce à une connaissance globale de l'usine - il habite Castelsarrasin - a pu publier Castelsarrasin dans la tourmente sociale, un livre unique toujours disponible chez l'auteur, qui sera présenté prochainement sur ce blog.

Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 20:50

Genevieve.JPG

Le 21 mai à Castelsarrasin, dans le cadre des conférences de l’ASPC, Geneviève Quiriny-Duckets nous a invités à suivre les traces de cette femme au parcours rocambolesque.

S’appuyant sur une riche documentation iconographique, elle a pu captiver le public nombreux à partir d’une histoire qui, de Castelsarrasin, où passa un temps Stéphanie, nous a conduit jusqu’au duché de Bade après avoir traversé la « cour » de Napoléon 1er et Joséphine… de Beauharnais.

Comment ne pas être fasciné par une des rares personnes qui a pu côtoyer de près les deux Napoléon ayant vécu de 1789 à 1860 ?

Si son histoire est rocambolesque cela tient aussi à l’histoire très mouvementée du XIXe siècle, Stéphanie nous permettant de lier la petite et la grande histoire comme le prouve la belle brochure réalisée pour y retrouver le contenu de cette conférence.

 Rocambole et mystère. La conférencière a pu avec humour nous faire toucher du doigt le mystère que représente cette femme qui a écrit des souvenirs qui s’interrompent brusquement au milieu d’une phrase !

Mais d’un fil à l’autre, de témoignages et documents on a pu arriver à l’acte de décès rédigé en italien car elle meurt à Nice où elle espérait se soigner en 1860.

 

Ci-dessous la couverture de la brochure toute en couleur de 14 euros pour 60 pages en format A4 disponible auprès de l’APSC. Vous pouvez nous la contacter, on fera suivre. JP Damaggio

stephanie-blog.jpg

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans hiistoire
commenter cet article
21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 22:25

 

 lorca.jpg

A Grenade ou le PP a refusé pendant des années de retirer un monolithe à la gloire de Primo de Rivera vient de s'emparer de Lorca assassiné par les Franquistes, dans le cadre de la campagne des européennes. C'était à l'occasion d'une intervention, Place de la Romanilla, au centre Lorca. Il est exact qu'Aznar a contribué à la création de ce lieu hommage à Lorca (la droite espagnole a parfois été plus audacieuse sur ce point que le PSOE) mais Sebastián Pérez se distingue trop, depuis des années comme usant de la mémoire de Lorca à son profit.

 

Ce centre devait ouvrir en 2010 mais l'Europe retira son aide financière à un projet qui est passé de 18 à 23 millions d'euros. Voir ici. JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Rajaud guerre d'espagne
commenter cet article
21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 20:31

Le Canard enchaîné d’aujourd’hui mentionne un fait que nous pouvons confirmer avec quelques éléments complémentaires.

1 ) En effet avec la carte Visa de la Banque postale impossible de retirer de l’argent aux distributeurs des banques des USA.

2 ) Sauf que si vous faites le retrait pour de petites sommes, là c’est possible ! Sauf que la commission est importante aussi bien du côté USA qu’à la Banque postale !

3 ) Mais dans les magasins votre carte Visa fonctionne.

4 ) Par chance, nous avions une MasterCard du Crédit agricole et là pas de problème !

Alors vive la Banque postale qui n’informe pas ses clients du problème !

Jean-Paul Damaggio

 

Une Visa sans visa  Canard enchaîné 21 mai 2014

PARTI rendre visite à sa fille, étudiante à San Francisco, au mois de février, Jacques n'a pas pu retirer d'argent sur le territoire américain avec sa carte Visa. Malgré d'innombrables essais et autant d'appels à La Banque postale des Pyrénées- Orientales, qui gère son compte, pas un dollar ne lui a été distribué au cours de ses trois semaines de voyage. Seul un paiement par empreinte de carte est passé chez un garagiste californien. Bizarre...

A chaque appel, sa banque invoque le même motif : « Dorénavant, il faut avertir votre agence de tout déplacement à l'étranger, de votre destination et de la durée de votre séjour. » Et de l'âge du capitaine, tant qu'on y est ?

En désespoir de cause, Jacques demande un virement sur le compte de sa fille. Pas de problème, répond la banquière : il n'a qu'à se présenter à un guichet de La Banque postale avec un RIB du compte destinataire. C'est bien connu, San Francisco regorge de bureaux de poste français...

Rentré chez lui, Jacques reçoit de nouvelles explications : « Nous n'avons pas de traces de demande d'autorisation en provenance des Etats-Unis. (...) Le dysfonctionnement se situe au niveau des banques américaines, ce n'est pas de la responsabilité de La Banque postale. Tant pis si le client paie cher un service censé lui garantir des retraits faciles dans le monde entier. Pour San Francisco, t'as plus rien...

Joints par « Le Canard «, les services de l'établissement bancaire expliquent que celui- ci peut être amené, « afin de protéger ses clients, à refuser de manière préventive certaines transactions, notamment dans des pays où la puce sur les cartes bancaires n'est pas obligatoire ». Comment, dans ce cas-là, Jacques a-t-il pu payer le garagiste américain ?

Mystère et bubble gum

 Dominique Jaillet

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans USA
commenter cet article
20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 14:23

Je travaille sur un livre concernant la création de la voie ferrée Castelsarrasin-Beaumont et juste au moment où je me préparais à placer en conclusion ce poème de Cladel, le téléphone sonne : la librairie Appel du Livre me demande s'il me reste toujours des actes du Colloque Cladel !

 

Le Monstre

Il arrive, il regarde, il fume, il souffle, il passe.

Il est passé, le grand Monstre admirable issu

De l'homme ; il est passé : l'avez-vous aperçu

Mordant le mors, hurlant la faim, mangeant l'espace ?

 

Où va-t-il ? où va-t-il, avec le feu reçu

De Prométhée, avec son cri, sa carapace,

Ses yeux de sang, ses pieds de fer, son air rapace ?

Va-t-il dévorer Dieu, qui ne l'a pas conçu ?...

 

II le dévorera, vous verrez, et la nue,

S'ouvrant avec horreur à la bête inconnue,

Aura les flancs troués par ses sabots d'airain.

 

Il vole, il plane, il est son propre souverain ;

Il vient de terre, il monte : il a le ciel pour cible,

L'hippogriffe acharné, l'hippogriffe invincible !

1886.  Léon Cladel

 

Perbosc voulait voir dans ce poème une préfiguration de l’avion.

Fabrice Michaux dans ses notes des Poésies de Cladel (publiées chez Arelire) indique : « Il est sans doute aussi, dans l’esprit de Cladel, le train… »

Je reconnais en effet le train, dont Cladel fera un de ses plus beaux romans Kerkadec garde-barrière quand Zola préfèrera titrer à propos de la même nouveauté, sur la machine, La Bête humaine.

Même si la machine est l’objet central du poème, Cladel nous rappelle tout d’abord que cette machine est issue de l’homme. JPD

 

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 10:22

Dans les boîtes aux lettres, les documents de vote sont arrivés :

1 ) Douze professions de foi sur vingt-cinq listes.

2 ) Neuf bulletins pour vingt-cinq !

 Pourquoi tant d’absents ? Car en dessous de 3% des exprimés (ce chiffre a pu varier) les partis doivent tout payer et la somme est rondelette. Donc ceux qui craignent un tel score n’envoient pas de matériel de vote, et réduisent d’autant leur score !

 Plusieurs stratégies :

- les riches envoient profession et bulletin (soit huit listes)

- une liste n’a envoyé que le bulletin

- quatre listes n’ont envoyé que la profession de foi (deux sont des professions de foi unique pour la France entière)

 Ceci étant dans les bureaux de vote il y aura tous les bulletins. Mais que faire d’un bulletin inconnu ?

 Je me souviens d’une anecdote pour les Européennes de 1989 quand je défendais la liste des rénovateurs communistes sur laquelle il y avait Gérard Tartanac de Sérignac. Aucun bulletin n’était prévu pour les envois postaux. A la commission j’avais obtenu que la moitié du département ait les bulletins, en partant du principe qu’il suffisait d’en envoyer la moitié dans les bureaux de vote et la proposition avait été acceptée. Vu l’abstention la moitié est bien suffisante !

 Là aussi il y a des gaspillages à éviter. Comme dans bien d’autres pays toutes les listes pourraient être sur un seul bulletin où il suffirait de cocher celle de son choix, l’Etat prenant en charge l’édition des bulletins.

 Il y a aussi la question de l’affichage : les communes ont été obligées, en principe, d’installer 25 panneaux (38 en Ile-de-France) alors que dans la plupart des communes, à ce jour, il n’y a qu’une seule affiche !

 Plus que jamais la politique est une affaire de gros sous et être au parlement européen, si on peut y constituer un groupe c’est accéder à des financements conséquents (en plus des financements nationaux qui comme chacun sait financent en fonction du résultat électoral aux législatives). D’où ce système bien ficelé : vous avez de l’argent, vous pouvez toucher les électeurs ce qui va vous apporter de l’argent et inversement vous n’avez pas d’argent donc vous ne pouvez toucher les électeurs qui ne vous apporteront pas d’argent.

 En politique plus qu’ailleurs, on ne prête qu’aux riches. Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 08:44

patio-a-santa-fe.jpg

 Une patio à Santa Fe

Philippe Labro (né en 1936 à Montauban) est un des romanciers français les plus étatsuniens. Par son œuvre comme par sa vie. Je dis son œuvre car elle n’est pas que littéraire : journaliste, écrivain, auteur de chansons et… cinéaste. En 1989 après la lecture de Un été dans l’ouest j’avais écrit cette note énigmatique :

« En lisant L'Etudiant Etranger et Un été dans l'Ouest (ne pas confondre avec il était une fois dans l'Ouest) on remarque que la société américaine se divise en gagneurs et perdants, le héros étant du côté des gagneurs. Là où c'est moins banal, c'est que le gagneur en question est toujours attiré par des perdants présentés, dans l'ensemble, sous un jour sympathique. Nous savons que l'auteur des deux livres est aujourd'hui du côté des gagneurs aussi mes questions sont les suivantes :

- Le gagneur n'est-il pas condamné à écrire en se mettant avant tout en scène alors que le perdant s'il lui arrive d'écrire, va être condamné à mettre avant tout la société en scène ?

- Dans ce cadre, la pluralité d'écriture n'est ce pas un masque pour faire croire que le gagneur dit autre chose que lui-même ?

- La véritable pluralité n'est-elle pas plutôt entre celui qui communique sa vie et celui qui communique sa société, étant entendu que je ne porte pas de jugement de valeur sur les deux situations ? »

 

Le journaliste Philippe Labro a occupé (et occupe) des postes importants dans les médias dominants. S’il ne crache pas sur les perdants, c’est qu’il n’oublie pas sa jeunesse pendant laquelle des perdants lui ont permis de devenir un gagnant.

Et preuve qu’il ne craque pas sur les perdants c’est qu’il ne cherche pas à faire UNE carrière. Il prend des risques en passant du journalisme à la littérature puis à la réalisation de films, poursuivant sa vie durant un va-et-vient peu classique. La forme qu’il a donné à sa vie me fait penser à celle que Vazquez Montalban s’est donné mais lui ce fut pour défendre les perdants.

Cependant les deux écrivains font la démonstration que la division entre gagnants et perdants n’est pas suffisante même si elle est nécessaire. Dans les deux camps nous trouvons des courageux et des lâches, des actifs et des passifs, des prétentieux et des modestes. Non pas pour renvoyer dos à dos les deux camps mais pour relativiser ce qui fait la vie. Si Philippe Labro lit ce texte il aura la surprise de retrouver cet article des Lettres Françaises du 10 décembre 1969 dont j’adore le titre. Le lecteur doit imaginer els questions car il n’y a que les réponses ! JP Damaggio

 

Entretien : Philippe Labro personnalise le paradoxe

ACCUEILLI de manière encourageante par l'ensemble de la critique parisienne, Tout peut arriver, de Philippe Labro (connu pour ses grands reportages à France-soir, ses émissions de TV, en particulier Caméra 3, son roman Des feux mal éteints, ses ouvrages sur mai), entame dès à présent une carrière prometteuse. L'entretien qui va suivre, inhabituellement réalisé après parution de la critique, a eu surtout pour but d'amener Labro à quelques réflexions constructives, à la suite des réserves faites çà et là.

 

Il y a déjà- eu des précédents aux U.S.A. : Richard Brooks, Samuel Fuller ont été journalistes avant de faire de la mise en scène. Le journalisme est une formidable école de cinéma. Mais on ne peut concilier les deux. Pendant le tournage, j'ai complètement arrêté de faire du journalisme. Mais durant le montage, j'ai eu, à nouveau, envie de vivre de manière journalistique, voir des gens, me promener, etc. Le journalisme est une manière de vivre, non une profession. Dans ce domaine, je serai journaliste toute ma vie comme d'autres sont écrivains. Mais à un moment donné j'opterai définitivement pour le cinéma.

J'avais déjà fait de la TV et acquis ce que je voulais acquérir. Il ne m'intéressait nullement de recommencer, d'autant plus que je ressentais une certaine lassitude à l'égard de la TV, surtout en France, pour des raisons inhérentes au système. Par contre, avec ce film, je reste sur ma faim, j'ai l'impression d'avoir encore beaucoup à apprendre. Il s'est passé, par ailleurs, de telles découvertes au cours de la fabrication du film, au niveau du contact avec les gens et de ma propre maturation, que je crois que cela me fait du bien de tourner des films. Et puis, enfin, je pense profondément qu'on peut dire dix fois plus de choses par le cinéma.

 

C'est vrai qu'il y a de la naïveté dans ce film, mais la naïveté consiste aussi à oublier ce qui a déjà été fait et à le refaire. C'est peut-être aussi de l'orgueil. Ce film, qui n'est ni un film sur Philippe Labro, ni un film sur le journalisme, ni un film misogyne, mais un film sur un homme dont le métier accuse des failles, est pour moi une façon de tirer un trait sur ma propre jeunesse. Je ne vais jamais plus revenir sur certaines choses, c'est évident. Hemingway et Fitzgerald disaient qu'il fallait un jour lâcher le journalisme car il a gâché la plume. Il est vrai que l'écriture journalistique est complaisante, la mienne en particulier.

 

On a dit que Marlot, c'était moi. Je pense que dans tout premier film, on fait la part belle à son passé, à ses expériences. Il n'en demeure pas moins vrai que nous différons sur beaucoup de points. Il n'est pas bien dans son époque, il passe son temps à fuir, alors que je me sens bien dans la mienne. Pendant dix ans, je vais avoir trente-trois ans et, n'étant pas trop mal à l'aise, j'en profiterai pour créer. Et puis Marlot est tellement désincarné, tellement glacial.

Marlot (non francisé du héros de Chandler) prend ses désirs pour des réalités et, comme tout faux mythomane, il lui arrive ce qu'il a toujours souhaité. Il suffit qu'il mette un imper et un chapeau pour se croire aussitôt à l'intérieur d'un film policier. Dans ma vie, comme dans ma profession, notamment lors de mes expériences aux U.S.A., j'ai toujours côtoyé la série B. La série B, c'est la vie.

 

Les gens qui créent vivent tous dans la fausse réalité. Fitzgerald disait qu'il prenait sans cesse des notes. Même aux moments les plus dramatiques de sa vie affective et réelle, il prenait inconsciemment des notes pour un futur livre. Je fais parfois cela. Pour moi, le film est aussi un excellent psychodrame qui me lave de quantité de choses.

 

Les séquences américaines sont très importantes. Pour le genre d'homme qu'est Marlot, il n'y a qu'un seul moyen : le dépaysement et non la fuite. Je crois, contrairement à Françoise Sagan, que l'on change en fonction de l'environnement. Pour Marlot l'égocentrisme, c'est une manière de s'ouvrir aux hommes. Le devenir de Marlot est heureux. Il est évident qu'il quittera le journalisme. Plusieurs solutions s'ouvrent à lui : devenir hippy, mais je crois néanmoins qu'il est déjà devenu trop sceptique, aimer réellement une femme pour la première fois, vivre à deux alors qu'il n'a jusqu'à présent vécu qu'avec lui-même ou, enfin, s'arrêter de bouger et écrire, devenir écrivain à l'américaine, une sorte de Kerouac. A mon avis, c'est sa solution, mais il est hors de question qu'il se suicide. Il faut dire que j'ai pris Marlot à un moment précis de son existence, de parfait déséquilibre. Il veut tellement savoir pourquoi sa vie privée est un échec, découvrir ses propres racines, c'est- à-dire son propre pays.

 

Quand je rentre des U.S.A., je suis frappé par certains événements, les mêmes du reste : la «drugstorisation » de la province, le côté de plus en plus nomade du Français, la crise de l'homme de quarante ans, la violence latente et l'aspect si particulier de Paris avec ses embouteillages, sa laideur, le visage congestionné des automobilistes, la publicité et les flics.

On a parlé de fourre-tout à propos du film. A mon avis, c'est plutôt une manière de mettre un pas en avant. Le vrai défaut de mon film, c'est de n'avoir pas été assez loin dans la violence, dans le lyrisme. Certains appellent cela de la naïveté, d'autres de la pudeur, moi je parlerais plutôt d'inexpérience. Mes trois futurs films sont contenus dans Tout peut arriver. Dans le prochain, je casserai davantage la structure et démultiplierai les personnages. Ce sera une espèce d'itinéraire dans l'escalade de la violence, une traduction assez dure du grand «chambardement ».

Propos recueillis par Gérard Langlois.

 

Notes de Jean-Paul Damaggio

Premier long métrage de Philippe Labro en 1969

On pourrait ajouter ses chansons en particulier pour Johnny Hallyday

Une telle manière de vivre qu'il n'a pas cessé ce travail. C'est moi qui souligne la phrase

En fait, jamais il ne tirera un trait sur sa jeunesse. Cette phrase est sans un effet de sa naïveté persistante.

Référence importante à cet auteur de roman noir des USA.

Un élément qui confirme que Labro que appartient aux gagnants grâce à l'attention portée aux perdants.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans USA
commenter cet article
19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 20:07

piments-decoratifs-a-santa-fe.jpg

Piments décoratifs à Santa Fe

J’ai sous les yeux un beau livre des Editions La Martinière Sur la Route 66 Carnets de voyage avec une préface de Philippe Labro[1]. Cet homme toujours lié à Montauban, qu’avec d’autres nous avons invité pour une conférence, il y a vingt ans, était tout désigné pour écrire cette préface puisqu’en 1954 il a emprunté la dite route 66 pour aller au rendez-vous d’un job d’été. J’ai lu son roman[2] qui rend compte de cette expérience mais je découvre dans la préface un fait que je ne soupçonnais pas : « Féru de littérature américaine, Les raisins de la colère constituaient en effet, pour moi, une sorte de « bible ». Je considère encor aujourd’hui que ce roman est un chef d’œuvre, tout comme son adaptation cinématographique par John Ford avec Henry Fonda, inoubliable Tom Joad… » Je partage donc avec lui un point commun, un intérêt pour la route des héros de Steinbeck… la route 66 qui à l’époque du roman était toute neuve.

Les auteurs du livre sont donc passés par Santa Fe dont ils font cette présentation :

« NI BUILDING NI GRATTE-CIEL DANS LA CAPITALE DE L'ÉTAT DU NOUVEAU-MEXIQUE. C'est en pariant sur son architecture ancienne que Santa Fe s'est construit une réputation flatteuse. Dans la capitale d'État la plus haute du pays (2 134 mètres d'altitude), toute construction respecte des normes architecturales strictes. Toits en terrasse, balcons en bois, poutres apparentes en surplomb des murs et habitations construites en pisé confèrent à la ville un cachet bien particulier. La « ville royale de Sainte Foi de saint François d'Assise » — Villa Real de Santa Fé de San Francisco de Asis, de son nom de baptême complet — est devenue fameuse grâce à l'architecture, dite adobe, de ses bâtiments fabriqués à partir de briques séchées au soleil, élaborées à base d'argile, d'eau et de paille. En remettant au goût du jour ce procédé de fabrication ancestral, Santa Fe attire les artistes comme les touristes, au point de faire ressembler cette ville à un musée ou à un parc d'attractions. C'est en tout cas notre sentiment en déambulant dans le centre de la ville, où abondent galeries d'art et boutiques d'artisanat, où s'affichent ostensiblement poteries, céramiques, peintures de sable, couvertures, bijoux et fétiches. Quant aux églises, aux monuments religieux, aux parcs et aux jardins, ils sont soigneusement entretenus, conférant à Santa Fe un caractère résolument pittoresque. »

 Une présentation très juste, qui va à l’essentiel et que j’aurais presque aimé écrire à un détail près : il prend l’effet pour la cause ! Dans l’article sur Tony Hillerman et Santa Fe je donne l’explication : ce n’est pas la beauté de la ville qui a attiré les artistes mais les artistes qui ont fait la beauté de la ville et les artistes étaient plutôt qu’ailleurs car il y avait une classe sociale issue de la noblesse espagnole capable de les faire vivre. Le voyageur est contraint de prendre l’effet pour la cause car les effets sautent aux yeux tandis que les causes sont effacées par le temps. En soi, le voyage ne devient un voyage que par le retour du voyage. Normalement le lecteur ne doit pas s’étonner si j’aime beaucoup cette citation de Vazquez Montalban :

« Dans tout voyage il y a une fuite. Il en existe une très bonne définition dans un livre de Bowles qui servit à Bertolucci pour son film Le ciel protecteur, et qui distingue le touriste du voyageur : le touriste sait la fin de son voyage mais pas le voyageur. (…) En fait, il s’agit d’une fausse fuite parce qu’on voyage avec soi-même, avec la charge de ses obsessions, de ses frustrations, et avec la sensation qu’au retour, qu’elle qu’en soit la date, on se retrouvera face à elles. » MVM, Entretien 1992

Jean-Paul Damaggio

 

Sur la Route 66 Carnets de voyage avec une préface de Philippe Labro, photos Christophe Géral, Récit, Stéphane Dugast, Editions La marinière

Un été dans l’ouest, Gallimard, 1988 (je vais y revenir dans un article)

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans USA
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche