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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:49

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Dans des conditions totalement différentes, j'ai pu rendre compte d'une première rencontre avec Nedim Gursel.

J'ai retrouvé le même homme amoureux d'Istanbul qu'il a dû quitter voici tant d'années. Un homme carré comme son visage et bon vivant comme l'Anatolie. Vu la photo je constate l'apparition de la barbe blanche.

Dans le débat du jour, il est aux côtés de deux autres écrivains qu'il écoute avec attention.

Sema Kaygusuz (une écrivaine présente) parle de l'Istambul féminine.

Gursel préfère parler de l'Istambul hermaphrodite.

Après les courbes chères à la reine Sofia évoquées par l'écrivaine, Nedim rappelle qu'ensuite sont venus s'y ajouter les minarets plus masculins…

Comme il y a deux ans, l'explosion démographique d'Istambul sidère le public. En Europe, après Moscou c'est la deuxième grande ville. Quatorze ou seize millions d'habitants rectifie Mario Lévi qui connaît parfaitement la question.

Ce dernier parle de la ville juive : Nedim ajoutera la ville grecque, celle des grands cuisiniers.

Il sera beaucoup question de gastronomie. Gursel mentionne un restaurant qui se situe à l'intérieur de la forteresse grâce aux pots de vin mais qu'il fréquente car on y mange si bien…

L'horizon enfantin de Guersel c'est le Bosphore, une forteresse d'un côté et une autre de l'autre. Dans le Bosphore des poissons uniques dira Sema, des poissons au goût merveilleux surtout s'ils ont séjourné dans un litre de raki (du turc rakı, dérivé de l'arabe arak)[ ajoutera Nedim.

Sema parlera avec délice des fontaines de la ville.

En turc, fontaine c'est œil et elle pense qu'elles sont devenues aveugles.

Olivier Poivre d'Arbor qui anime le débat constate à la fin que la fou le est restée présente pendant que se déroulait le match Brésil-Chili. Mais une foule… plutôt féminine !

Un grand moment joyeux !

J-P Damaggio

 

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Au milieu Sema Kaygusuz, sa traductrice avec le micro et Olivier Poivre d'Arbor.

Ci-dessous : Gursel et Mario Levi

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:38

 

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Un Egyptien optimiste ! Et lucide ! Ce n'est pas le régime Moubarak qui est tombé mais l'homme seulement sauf que ce besoin de liberté est en chacun, et qu'on ne pourra jamais revenir en arrière. Pour le moment, il comprend que le peuple ayant des besoins premiers à satisfaire (manger, se loger, la sécurité), les luttes soient en régression mais il sait qu'au plus profond de chacun la révolution a laissé des traces révolutionnaires.

Mais comment répéter "la démocratie est la solution" contre les islamistes qui disent "l'islam est la solution" et admettre le coup d'Etat contre le président élu ?

Car Morsi, comme Fujimori en 1992, a fait un auto-coup d'Etat !

L'orient face à l'occident ?

Toutes les dictatures prétendent que les droits des femmes, la démocratie etc.. ça seraient des valeurs occidentales. Et l'avion c'est occidental ?

Morsi, faut-il le rappeler à étudier aux USA et d'ailleurs c'est un des personnages du roman Chicago d'El Aswany, c'est l'étudiant qui reste avec les Turcs, ne sortant que le Week-end, et ayant été incapable en dix ans d'apprendre vraiment l'anglais.

Il sera beaucoup question de littérature, une passion que l'homme tient de son père qui ne lui a donné qu'un conseil : écrire, c'est ne pas penser à autre chose. La littérature c'est une princesse enfermée dans une forteresse et il faut cent fois chercher à ouvrir la porte avec des écrits vivants où les personnages réussissent à dicter leur loi à l'écrivain.

Bien sûr, cette passion l'oblige à rester parmi le peuple, à l'inverse d'un philosophe qui peut se mettre à l'écart. Il est menacé mais il n'a pas peur. Et pour être indépendant il exerce une profession. Il ne veut être payé par aucun gouvernement pour pouvoir rester indépendant.

Et il est tellement au sein du peuple, qu'il avait créé un parti politique qui s'appelait Basta (Kefaya en arabe). Ce parti a été le détonateur qui a ouvert la route à plusieurs autres ; il est donc moins présent.

Son dernier roman parle lui aussi d'un lieu : après un immeuble, après une ville, voici qu'il se centre sur un club. Il aime ce principe du roman s'accrochant à un lieu. La salle où il parle pourrait devenir un lieu de roman… Aux USA le lieu devient la route (c'est moi qui l'ajoute …).

Et ce lieu il l'a connu avec son père mais aussi avec les serviteurs qui lui racontaient l'autre monde, celui du sous-sol.

Non, il n'est pas membre de l'Automobile Club mais son fils oui !

Lui qui parle si bien le français (en plus de l'anglais, de l'espagnol et de l'arabe) comment apprécie-t-il le travail de son traducteur ?

Que des éloges à l'adresse de cet homme, Gilles Gauthier, dont il révèle qu'il a écrit un roman sur l'Algérie (il cherche toujours un éditeur).

Une ambiance pleine de rires, d'humour dans le cadre de la Médiathèque Cabanis.

Et de sérieux : Dostoïevski contre Gorki.

Il écrit en ce moment un roman : "La République comme si…"

On sent que l'écriture est bien avancée et je pense que l'écrivain, à partir de la situation égyptienne, va encore parler d'universel. Car partout la dose d'illusions est plus ou moins épaisse.

Il a dit "la révolution égyptienne" car il refuse le terme de "printemps arabe". Caque pays à son histoire. La Lybie par exemple n'a jamais eu d'Etat, c'est le pouvoir des tribus.

Sur ce blog vous trouverez d'autres présentations contradictoires sur El Aswany

El Aswany 2009

En 2012

El Aswany et Laferrière

Encore en 2012

 

El Aswany interdit en France en 2013

 

Comme il a été question de l'entretien publiée par Le Point j'en donne le contenu :

 Dentiste de métier, l'auteur du best-seller international L'immeuble Yacoubian, son premier roman, portrait inoubliable de la société égyptienne depuis les années 30 jusqu'au début du XXIe siècle (le livre est sorti en 2002, et en 2006 en France, puis adapté au cinéma), n'a cessé de s'engager, en écrivain et en citoyen, au côté de la révolution égyptienne : par ses articles, au sein du mouvement intellectuel Kefaya, et chaque nuit place Tahrir, où tout éclata voilà trois ans. "J'ai écrit le mot peuple pendant des années dans mes livres, dans mes articles, mais, place Tahrir, j'ai appris vraiment ce que le "peuple" voulait dire", nous confie Alaa el-Aswany, de retour en maître romancier avec Automobile club d'Égypte. Un roman merveilleusement incarné qu'il a bâti autour de ce lieu très sélect du Caire vers lequel vont converger les destins de nombreux personnages, aux prises avec l'histoire de leur pays. Sur ces années 40 souffle en effet le vent de la révolution pour l'indépendance de l'Égypte (1952), encore sous la double coupe des Anglais et d'un monarque plus soucieux de ses parties de poker et de jambes en l'air que de son peuple. Dans le rôle de l'exécutant du pouvoir absolu, le majordome égyptien du club fait régner la terreur au sein d'un personnel habitué à n'avoir aucun droit si ce n'est celui de se faire battre. Mais, peu à peu, tout se craquelle dans les relations entre serviteurs et maîtres, Égyptiens et colons. La tension de la mutation est palpable, haletante, et les personnages luttent pour des enjeux plus que jamais à l'œuvre dans le monde arabe : comment conquérir sa liberté ?

 Le Point : Qu'est-ce qui vous a conduit à situer votre nouveau roman dans l'Égypte des années 40, sous une occupation anglaise symbolisée par l'Automobile club du Caire ?

 Alaa el-Aswany : Chaque romancier porte en lui des mondes romanesques, et celui de l'Automobile club où je me rendais avec mon père, qui en était l'avocat, en est un pour moi. À la fin des années 60, j'y rencontrais des serviteurs, des cuisiniers du roi encore bien après la révolution pour l'indépendance, et ce monde qui a vécu est, à un certain moment, sorti de moi. En changeant de temps et de lieu, le romancier doit être capable de soulever les mêmes questions humaines, or j'ai retrouvé dans celles qui se posaient alors à l'Égypte celles que pose actuellement la révolution. La liberté a un prix que tout le monde n'est pas capable de payer. Entre sécurité et liberté, que choisit-on ? Entre l'occupation et l'indépendance, que choisit-on ? Entre le régime de Moubarak et la liberté, que choisit-on ?

 "Les Égyptiens sont incapables de se gouverner eux-mêmes", faites-vous dire au directeur britannique de l'Automobile club. Que répondez-vous à cette provocation d'un de vos personnages ?

 Je suis chaque personnage comme un comédien joue son rôle, ce n'est pas mon opinion mais celle d'un raciste anglais. L'Égypte a été volée pendant quatre vingts ans par les Anglais, c'était le discours du gouvernement britannique. Celui de Churchill disant "On va les aider" ! On cache ce raisonnement, mais il existe. C'est celui des Américains, attendant que l'Irak soit "capable" de gouverner. Aujourd'hui, on n'a plus besoin d'occuper les autres pays parce que les multinationales sont une nouvelle façon de le faire. Au lieu d'envoyer des soldats se faire tuer, on contrôle l'économie d'un pays comme ce fut le cas de l'Égypte, dont aucun gouvernement n'a jamais rien décidé sur ce plan.

 Que signifie, pour celui qui a écrit "la démocratie est la solution" au bas de chacune de ses chroniques (1), d'avoir approuvé la destitution par l'armée du président Morsi, élu démocratiquement ?

 Premièrement, ce monsieur, élu démocratiquement, a annulé le système démocratique le 22 novembre 2012 en déclarant que les décisions du président feront la loi en Égypte. Deuxièmement, l'intervention de l'armée s'est produite après des manifestations incroyables contre Morsi. L'armée a protégé l'Égypte d'une guerre civile. Est-ce que ça veut dire que je suis d'accord avec tout ce qui se passe ? Non. Nous avons aujourd'hui deux combats à mener: l'un contre le terrorisme des Frères musulmans, ceux qui brûlent les églises, tuent les gens et n'ont pas leur place dans la démocratie, et l'autre contre l'ancien régime de Moubarak, qui essaie de profiter de ces crises en mettant la main sur de jeunes révolutionnaires.

 Qu'en est-il aujourd'hui de votre soutien à la candidature du général Sissi, nouveau "père" de la nation ?

 Moi, j'ai un seul père, je n'ai pas besoin d'autres pères. On n'a pas fait cette révolution en Égypte pour retrouver un grand leader et un "père" en revenant à 1954, en répétant l'expérience de Nasser, qui fut un grand leader, mais un dictateur. À Sissi je pose la question suivante : soit vous êtes pour la révolution, soit vous restez lié à l'ancien régime. Le combat qui a commencé maintenant, retardé par les Frères musulmans, est celui qui se joue entre la révolution et le régime de Moubarak.

 La sexualité, libératrice ou oppressante, joue un rôle considérable dans votre livre : pourquoi cette importance donnée au sexe ?

 La littérature se débarrasse du désir et du tabou en envisageant le sexe comme une relation humaine, en montrant en profondeur ce que l'on y cherche dans les relations sexuelles, le plaisir, un père, une mère, et aussi ce qui s'y joue de peurs, de frustrations. C'est un défi littéraire que de découvrir cette zone ! Pour les lecteurs occidentaux, je pense qu'il peut y avoir une information sur cette époque peu connue, celle d'une société libérale, très ouverte, avec des élites dont la plupart étaient francophones. Cette Égypte a continué jusque dans les années 70, jusqu'au pétrole, quand les Égyptiens partis travailler en Arabie saoudite en sont revenus avec le wahhabisme, et les extrémismes. Savez-vous que la deuxième femme pilote au monde, en 1933, était égyptienne ? La condition de la femme vous dit l'état d'une société.

 Après un immeuble et un club cairotes érigés en symboles, votre prochain roman se déroulera-t-il place Tahrir ?

 (Sourire) Non. J'écris actuellement ce qu'on appelle, chez vous, une autofiction. Un livre sur moi et sur mon histoire, ma vie et Alexandrie. J'essaie de sortir du collectif... J'essaie.

 Automobile Club d'Égypte, d'Alaa el-Aswany, traduit de l'arabe (Égypte) par Gilles Gauthier (Actes Sud, 538 p., 23,50 euros).

 1. Chroniques de la révolution égyptienne (Actes Sud Babel).

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:03

Toulouse, Marathon des mots, onze écrivains turcs sont dans la ville.

Ils parlent de Constantinople, Istanbul, la ville cosmopolite, un cosmopolitisme perdu.

Il y a là un membre de la communauté juive en voie de disparition. Les Grecs sont encore plus en marge. Et les Arméniens… Croyez-vous que le centenaire de la grande boucherie va nous aider à évoquer l'empire ottoman et sa chute ? Voici un résumé pris sur internet qui rappelle quelques faits.

 

"Depuis le XIXe siècle, l’Empire ottoman suscite la convoitise des grandes puissances. La Grande-Bretagne y dispose d’un réseau de protectorats sur la route des Indes et les Russes se pressent aux frontières du Caucase dans l’objectif d’atteindre Constantinople et la côte méditerranéenne. Chaque pays développe un réseau d’influences au sein de l’Empire : les Allemands construisent et exploitent un chemin de fer, les Anglais contrôlent le transport fluvial et les téléphones, les Français financent les routes, contrôlent les ports et le gaz et tiennent sous tutelle la banque impériale ottomane et l’administration de la dette publique turque. Pourtant, bien que la France détienne au Levant de nombreuses escales maritimes, son influence ne cesse de décroître face à l’activisme de l’Allemagne. En août 1914, une convention secrète lie Berlin et Constantinople au cas où la Russie ouvrirait les hostilités. Au déclenchement du conflit, le sultan Mehmet V ferme les détroits, mobilise l’armée turque et proclame la guerre sainte, à l’instigation des Allemands qui espèrent un soulèvement des populations musulmanes dans les colonies françaises et anglaises 1. En 1915 et 1916, si l’armée turque connaît des défaites dans le Caucase face aux Russes, elle se défend victorieusement contre les alliés lors de l’opération de Gallipoli, sous les ordres du général allemand von Sanders. Les Turcs, qui font échouer toutes les tentatives de débarquement et opérations terrestres, occasionnent cent cinquante mille morts et la destruction de plusieurs cuirassés dans le camp de l’entente. Par la suite, minée par les conflits ethniques et une logistique défaillante, l’armée turque voit les désertions se multiplier  et ne peut plus faire face aux multiples fronts où elle doit combattre, du Caucase à la Perse en passant par la Mésopotamie, l’Égypte, l’Arabie, la Thrace, la Macédoine et la Roumanie. Les chutes de Damas puis de Bagdad précipitent l’effondrement de l’Empire ottoman. Un corps allié composé d’Anglais, de Grecs, de Français et d’Italiens occupe Constantinople à partir de novembre 1918.  "

 

Le cosmopolitisme n'est pas un accident mais l'enfant d'intérêts impérialistes divers.

Aujourd'hui, nous sommes dans un autre monde…pour d'autres guerres.

Et si la guerre mondiale était née de l'affrontement entre l'Italie et les Turcs…  JPD

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:34

Au cours d'une intervention à Castelsarrasin l'historien Rémy Pech a rappelé : "La guerre aurait pu débuter en 1911". Cette simple phrase permet à la fois de rappeler que la guerre est né d'un engrenage mortel (celui des alliances) mais qu'on aurait pu échapper à cet engrenage.

La guerre, ce ne fut pas seulement une affaire d'Alsace et de Lorraine (il y aurait eu une guerre franco-allemande et non une guerre presque mondiale) et cette simple idée change la perspective. Comme de voir a guerre sous l'angle italien..

Au même moment Alain Raynal a rappelé le rôle de Raoul Verfeuil premier candidat socialiste à Castelsarrasin. A sujet de cette guerre évitée en 1911 Verfeuil produisit cet article subtil qui mériterait un livre à lui seul. Il avait 24 ans ! Et en effet il connaissait bien de Selves… Quant à Caillaux l'expression "pauvre Caillaux" était prémonitoire… JP Damaggio

 

Midi socialiste 12 février 1912

Caillaux et de Selves

Il y a des animaux qui se repaissent de cadavres. Tous les goûts sont dans la :nature. Mais, il y a aussi des hommes et les hyènes ne se rencontrent pas qu'au désert. Ce pauvre Caillaux en sait quelque chose. Il était sans doute dans sa destinée d'être livré aux bêtes. Vivant, le vieux tigre Clémenceau l'éventra, en un jour de fringale et d'ennui. D'un seul coup de griffe, il mit ses tripes au soleil. Mort, tous les chacals du Parlement et de la presse se sont rués sur sa dépouille qu'avec avidité ils se disputent. Je n'ai pas l'intention de protester contre ce traitement. Ce n'est pas moi qui prendrai jamais la défense d'un radical doublé d'un financier, même s'il est frappé trop cruellement. Il faut bien que, sous une forme ou sous une autre, la Justice immanente se manifeste. Je réserve ma pitié pour de plus dignes infortunes. Mais j'ai bien le droit de constater qu'on s'acharne trop, à propos du traité franco-allemand, sur Caillaux. Quel a été le crime de ce dernier ? Il a entretenu avec le gouvernement allemand ou ses chargés d'affaires une correspondance ou des conversations secrètes, qu'il a niées ensuite ? Il a menti avec toute l'impudence qui caractérise les hommes d'Etat et les diplomates ? Il était d'avis qu'on accordât à l'Allemagne, en échange du Maroc, d'autres avantages au Congo ou ailleurs ? C'est possible.

Et c'est pour cela que certains parlementaires le déchirent à belles dents et que certains journaux rationalistes comme la Patrie demandent presque sa mise en accusation ? Caillaux a été un ministre brutal, autoritaire, insolent. Sa politique intérieure a été détestable. Il s'est montré à l'égard de la classe ouvrière particulièrement malfaisant. C'est lui qui a ressuscité avec son Cruppi, les hideuses lois scélérates. Mais il a eu pour le moins un grand mérite il n'a pas voulu de la guerre. Je ne demande pas que nous lui en soyons reconnaissants. Je demande que nous ne l'oublions pas.

Il y a un autre personnage, à mon avis sur qui doit retomber notre courroux et qu'on laisse un peu trop dans l'ombre. Ce personnage, c'est de Selves. Ah ! on ne le critique pas, on ne le blâme pas, on ne l'accable pas ! On a blagué son incompétence et c'est tout. Les flèches qu'on a pu lui décocher étaient d'ailleurs enguirlandées de fleurs et les blessures légères qu'elles ont causées à son amour-propre ont été, depuis, arrosées de trop de baume pour qu'elles ne soient pas cicatrisées. De Selves. c'est le brave homme, c'est l'honnête homme qui n'a pas pu étouffer le cri de sa conscience, qui a préféré sacrifier son portefeuille et s'en aller ! Il est joli le brave homme, elle est propre sa conscience ! Ce brave homme et cette conscience, si on les avait écoutés, nous auraient menés tout droit à la guerre. Et ce n'est pas là une affirmation gratuite. Aussitôt que fut connu ,l'envoi de la "Panthère" à Agadir, de Selves proposa de riposter par l'envoi d'un bateau français. C'était aggraver jusqu'à la folie, jusqu'à l'irréparable la situation. Voyez-vous marins français et allemands grisés de gloire ou d'alcool mis en présence, jetés les uns contre les autres ? Croyez-vous que le plus futile incident n'eût pas été de part et d'autre, exploité de façon à augmenter encore la tension et à rendre la conflagration inévitable ?

Il fallait causer. C'était de la plus élémentaire sagesse. De Selves, lui, voudrait d'abord montrer le poing. Oh ! je sais bien qu'aux yeux de nos patriotards, c'était là un geste crâne, un geste beau, un geste "français". Mais si crâne, si beau, si français soient-ils, il y a des gestes trop maladroits et trop dangereux pour qu'on puisse les commettre. Ils font bien au théâtre ; leur effet est très grand. Dans la vie, ce n'est pas la même chose. On ne joue pas avec feu.

De Selves, lui, voulait jouer avec la foudre. Caillaux eut la prudence de l'en empêcher. Que les chauvins de tous poils portent aux nues le premier et traînent le second aux gémonies, c'est dans l'ordre. Mais il est bon d'établir toutes les responsabilités.

On ne nous donnera pas le change. En 1911, deux grands peuples ont été sur le point de s'égorger pour d'âpres questions d'intérêts... capitalistes ou d'imbéciles questions d'honneur... gouvernemental. Et si cela avait dépendu du seul de Selves il est probable ou, dans tous les cas, vraisemblable que ce crime, que ce forfait se serait accompli.

 

L'ancien préfet de la Seine peut être fier de son attitude dont ne manqueront pas de le féliciter ses électeurs royalistes et radicaux de Tarn-et-Garonne. Il peut laisser accuser Caillaux, lui fut son chef, de trahison. Les socialistes se rappelleront son rôle provocateur au début du conflit franco-allemand qui, par sa faute, ,eût, pu dégénérer en d'immenses hécatombes humaines. Raoul VERFEUIL.

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 18:10

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Glaïeul du jardin dont je suis bien content. On plante à la fin de l'hiver sans trop savoir le résultat puis la fleur apparaît. Il faudrait un parterre... JPD

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 18:04

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Jean Saltarel président de l'Institut d'Histoire sociale de la CGT en 82 avec le maire de Castelsarrasin

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Marcel Guiche mémoire sociale de Castelsarrasin et son fils Maurice discutent devant une photo. 

Il s'agit en effet de photos phénoménales qui grâce au travail de Bernard Ouardes avaient repris vie au cours d'une présentation mémorable au Vox.

 

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Une image de l'expo que je vous invite à aller voir sans tarder. JPD

 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 09:40

Pour la première fois, les Verts seront présents aux Elections sénatoriales en Tarn et Garonne et ont sans retard désigné une candidate et son suppléant. Je rappelle qu'il y a deux sièges à pourvoir. JPD

 

Communiquée de Presse

   Elections Sénatoriales

 

    Dans le cadre des prochaines élections sénatoriales prévues le 28 septembre prochain et réservées aux « grands électeurs », Europe Ecologie- Les Verts du Tarn et Garonne a désigné  Madame Annie BONNEFONT  comme candidate aux élections sénatoriales de Tarn et Garonne. Monsieur Alain Jean sera son suppléant.

   EELV a, dans cette élection, la volonté de présenter un projet novateur pour le département tourné vers un avenir respectueux du cadre de vie de chacune et chacun des habitantes et habitants.

    Notre candidate souhaite agir auprès et au service des élus du département sans aucun esprit de clientélisme pour que le Tarn et Garonne trouve sa vrai place dans le XXI siècle.   Et s’engage si elle est élue à ne conserver que ce seul mandat.

 

 Philippe Sabatier Porte parole EELV82

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 22:35

Les dirigeants du PS et du PCF, Jean-Christophe Cambadélis et Pierre Laurent, ont abordé la semaine dernière l'échéance sénatoriale. Dans le cadre du renouvellement le PCF veut sauver cinq sièges et a donc besoin, vu le mode de scrutin à la proportionnelle, d'union dès le premier tour avec le PS ! La proportionnelle porte sur peu de sièges donc une liste au-dessous de 20% n'a pas d'élu. En 2011 le PCF a ainsi sauvé le siège de Robert Hue passé depuis dans le groupe ous direction PRG !

"Nous n'avons parlé d'aucune échéance électorale à venir", assurait Pierre Laurent, mardi en conférence de presse. Or l'épineuse question a bien été abordée car dans de telles affaires il y a toujours des fuites !

Alors que la réunion touchait à sa fin, la question des sénatoriales est arrivée sur la table. Et le sujet a été abordé "longuement".

Actuellement, le groupe communiste (CRC) compte 21 membres au Sénat. Concernant le PCF, cinq sièges seront remis en jeu lors des élections sénatoriales du 28 septembre prochain. Qu'ils perdent ces 5 sièges ou non, les communistes pourront toujours avoir un groupe (pour cela il faut compter plus de dix sénateurs). "Je ne suis pas partisan de la politique du pire. Je suis favorable à reconduire une majorité de gauche au Sénat", explique Pierre Laurent, par ailleurs sénateur. Le chef du PCF souhaite une représentation "au moins égale à ce que nous avons aujourd'hui". "Pour avoir une chance de sauver la majorité, il faut s'entendre", poursuit un dirigeant communiste.

 

A voir la suite…. Jean-Paul Damaggio

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 21:30

Nous avons plusieurs fois évoqué cette question sur le blog. Voici les infos sur la commémoration de l'événement.

L'institut départemental d'histoire sociale CGT organise trois jours sur la grande grève

L'institut d'histoire sociale (IDHS) CGT de Tarn-et-Garonne organisera durant trois jours des conférences, débats et expositions sur cette «grande grève de Castelsarrasin, du 25 mai au 28 juillet 1914.»

Au programme des trois journées du 25 au 27 juin inclus

Une exposition à partir des documents d'archives consacrée à la grève, à ses causes et aux acteurs du mouvement. Ouverte à la galerie d'art municipale (rue de la Révolution) du mercredi 15 au vendredi 27 juin, de 10 heures à 18 heures.

 

Jeudi 26 juin, de 14 heures à 18 heures, au cinéma Vox. Conférences et débats consacrés aux causes de la grève, à son déroulement, ainsi qu'au contexte à quelques semaines du déclenchement de la guerre de 14-18... Avec comme participants : Bernard Ouardes, auteur de «Castelsarrasin dans la tourmente sociale»; Rémy Pech, professeur émérite d'histoire contemporaine, ancien président de l'université de Toulouse-Le Mirail, et d'autres intervenants... Une visite des lieux qui ont marqué l'événement est également prévue.

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 10:24

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 Nous reprenons avec retard un article de La Dépêche du midi qui relate avec une attention que nous saluons, un fait arrivé à Bressols. Parfois la loi du desherbant (en fait du désherbeur) prend toute la place ! Mais il faut bien plus pour détruire des volontés humaines salutaires à nos sociétés car aucun désherbant ne peut tuer à la racine les convictions démocratiques. Donc nous nous réjouissons en apprenant qu'à la rentrée scolaire la beauté de l'expérience reprendra le dessus. JPD

 

malveillance a l'école

Le jardin pédagogique détruit au désherbant

Les enseignants et employés de l'école élémentaire Jacques-Prévert ont fait une bien triste découverte cette semaine, À leur arrivée un matin, ils étaient surpris de voir les végétaux qui ornaient le jardin pédagogique dans la cour de l'école se décomposer. Les élèves de l'école du village étaient consternés devant le spectacle de leur jardin totalement grillé par l'application de désherbant. Sinistre époque que celle qui accepte la destruction de sanctuaires dédiés à la formation citoyenne. Porteur de toutes les valeurs, ce jardin a, depuis sa création, été le support de l'apprentissage de tous les thèmes enseignés, notamment le français, les mathématiques ou les sciences. Il a permis, parla curiosité qu'il suscite, l'approche de bien des valeurs citoyennes tournées vers le développement durable et la prise de conscience du rôle de chacun dans notre avenir commun. Il a développé le plaisir d'apprendre, la joie du travail en commun, la récompense de l'effort lors de la cueillette ou l'éclosion d'une fleur, la découverte de l'entomologie ou de la météo.

Saccagés au désherbant

 

Autre valeur non moins précieuse, celle de la transmission des savoirs à travers un lien inter-générations fort. Le Sirtomad de Montauban et le CPIE ont été associés à la démarche pour laquelle cette action constituait une référence. L'investissement dans cette structure, qui n'a nécessité aucun argent public, vaut certainement bien mieux que tous les dispositifs de prévention de la délinquance, aussi onéreux qu'inefficaces. Il est évident que le jardina été détruit avec un puissant désherbant. Quelle signification derrière cet acte sciemment entrepris? Comment peut-on piétiner en quelques secondes tout ce que ces enfants ont construit dans leur esprit en partageant cette expérience! Un bien triste spectacle.

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Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

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