Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 17:33

desjardins-2005.jpg

 

Aujourd'hui je retrouve Richard Desjardins dans l'Humanité. Je reprends avec plaisir cet article. JPD

Un Québecois au grand chic « chiaque »

VENDREDI, 25 FÉVRIER, 2005

Il a fallu plus de six mois pour que Kanasuta, le dernier album de Richard Desjardins, soit distribué en France. Bel exemple de la vétusté d'une industrie plus préoccupée d'endiguer la copie sur Internet et d'établir des contrats de corruption avec la télévision que de défendre le talent.

Pour les afficionados de la chanson francophone, depuis quinze ans, Richard Desjardins avec son oeuvre chansonnière (deux vinyles, une dizaine de CD), s'est hissé au premier rang des plus grands de ce métier ; si Léo Férré devait avoir un héritier ce serait lui.

Il y a la technique, la versification : « Quand j'aime une fois, j'aime pour toujours » (reprise par Cabrel sur l'album Urgence) est construit sur des rimes en « our » comme un pied aux fesses du sempiternel « amour/toujours » « Je veux toucher du doigt la peau de ton tambour/J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd... »

un pianistique classique

Il y a les mélodies. Le père de Richard était agent forestier, mais en cadeau de noces il offrit un piano à sa blonde. Mis au clavier dès son plus jeune âge (au risque de se faire casser la gueule à l'école car là-bas un garçon joue au hockey, pas du piano), Desjardins a un bagage pianistique classique, et bâtit des mélodies solides, au carrefour d'influences multiples, apport français, folklore québécois, chanson américaine anglophone et aussi hispanique (il est trilingue).

Parlons du fond. Le grand fond de Desjardins c'est la grande poésie de l'expression poétique chantée. Mais toujours simple : la chanson est à la poésie ce que l'affiche est à la peinture, ce qui n'exclut pas « le grand cri poétique et sentimental », dont parlait Robert Desnos à propos d'Yvonne George : « Plus haut, plus haut/Le coeur est un oiseau. »

résolûment « social »

Céline, cet amasseur de lingots d'or, se gaussait du courant « zozial » dans les arts. Desjardins est un chanteur résolûment « social ». Un journaliste anglophone du Québec relevait qu'il menait une guerre personnelle contre la Noranda Inc le trust qui a donné son nom à sa ville natale, Rouyn-Noranda, « à la frontière du Québec et de la Sibérie ». La Noranda Inc possède tout : les forêts, les mines, le journal local et la fonderie où l'on brûle « des tonnes de bon gars ». Là-bas, raconte Desjardins, le soufre rejetté dans l'atmosphère est si dense que chaque année on rembourse aux automobilistes la peinture de leurs voitures bouffée par la pollution, « mais on rembourse pas leurs poumons aux gens ».

Sa première chanson, les Fros, il l'a écrite pour un documentaire sur une grève de mineur de cuivre à Rouyn Noranda, au temps de la grande dépression. Les Canadiens français, « coureurs de bois », ne voulant pas descendre au fond, la Noranda fit venir des miséreux d'Europe de l'Est, logés dans des baraquements traités pires que des chiens. Et quand ils se mirent en grève, la grève fut matée et on

Léo Ferré, son maître

 Aujourd'hui, dans ce dernier album il chante à plein gosier « Plus rien ne nous protège/Notre Dame s'est pendue/La grève, la grève, la grève/C'est mauvais comme de l'or/c'est toute coulé dans haine/Tu veux voir des trésors des vrais trésors sont là... » Et revisite l'âge d'or de Léo Ferré, son maître : « Nous aurons des corbeilles pleines/De roses noires pour tuer la haine/Des territoires coulés dans nos veines/Et des amours qui valent la peine/Des réservoirs d'années-lumière/Nous aurons tout ce qui nous manque/Des feux d'argent à la porte des banques/Des abattoires de millionnaires/Des réservoires d'années-lumière... » Quels médias français vont oser diffuser ces hymnes insurectionnels ? À peine si quelques-uns ont osé passé son hymne aux Amérindiens les Yanquis : « Nous avons tout tout tout conquis/Jusqu'à la glace des galaxies/Le président m'a commandé/de pacifier le monde entier/Et pour les niouzes, la NBC/tell me my friend qui est le chef ici/Et qu'il se lève »... Dont on attend l'adaptation en espagnol, en arabe, en kurde et en berbère...

 un respect de la bio-musico-diversité

Musicalement Kanasuta marque une évolution. On a connu Desjardins piano-voix, puis avec l'orchestre pop-rock de son groupe Abbitibbi (du nom ancien de son district). Là, il s'est adjoint des musiciens et Yves Desrosiers (son bel album consacré à la poésie de Vissotsky est passé inaperçu ici, c'est dommage) signe les arrangements, avec un respect de la bio-musico-diversité. Ici, des violons classiques romantiques, là des guitares « western » : la chanson western est le pendant québécois à la country américaine (elle-même sous apport cajun). Le style populaire par essence au Québec, avec des grands chanteurs comme Mary King, ou Willy Lamothe et des hits incontournables comme Quand le soleil dit bonjour aux montagnes...

Richard avait déjà composé dans cette veine (Et j'ai couché dans mon char, adapté en argot par Renaud « j'ai pioncé dans ma tire »), il récidive...Et, s'il compose parfaitement en français classique et même en « frenchy Villon », en français médiéval (Lomer), il ne lâche pas son « chiaque » Le « chiaque » est à Rouyn ce que le « joual » est à Montréal, un mélange d'ancien français des provinces de l'Ouest, d'anglais (la ville est bilingue), et de je ne sais quoi. Il y en a que sa choque, au Québec comme en France (les bourgeois jacobins détestent les parlers du populo).

Sortie (enfin) du disque avec un cd d'anthologie chez Labels, concert à l'Olympia. Desjardins sur scène est sérieux comme un joke. Très droit, son profil d'aigle insinuant un peu de sang amérindien. Des contes entre les chansons, brechtiens en diable, de l'amour des sarcasmes, du rire et de la tendresse. Un immense chanteur populaire pour la francophonie, qui élève le coeur et allège les poumons. L'annonce d'un dégel dans les banquises obscures ?

Hélène Hazera

 Album, Kanasuta et Anthologie chez Labels.

Concert à l'Olympia le 28 février :

 

28 bd, des Capucines, Paris.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans québec
commenter cet article
4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 17:19

benedetto-2005.jpg

En ce 4 juillet c'est l'ouverture du Festival d'Avignon, le signe des vacances, le temps de la culture, alors je reviens à Benedetto à qui j'ai consacré un livre et plusieurs articles sur ce blog. J'ouvre d'ailleurs une catégorie, BenEdetto, Castan, Lubat, Caubère. 

Le Festival 2005 a été un tournant pour le Off, ou une dérive de plus. Benedetto va devenir le président du Off... Ce petit bilan historique a quelques charmes. Voici donc un article de plus de L'Humanité où l'écrivain a la parole. Jean Paul Damaggio

Les dérives

MERCREDI, 27 JUILLET, 2005

 

Par André Benedetto, metteur en scène, directeur du Théâtre des Carmes à Avignon.

Avignon, ça a tout de suite commencé par une dérive ! Char et Zervoz ont proposé à Vilar de jouer une fois Meurtre dans la cathédrale dans la cour du Palais. Et que répond Vilar ? « Formidable » ? Non, pas du tout ! C'est une idée apparemment bonne, mais une autre idée lui vient. Il ne jouera pas ce meurtre mais sa naissance. Il saute sur l'occasion, il saisit sa chance aux oreilles pour tracer sa nouvelle voie avec trois autres pièces pendant une semaine. Et l'année suivante, nouvelle dérive, il intitule festival sa Semaine d'art dramatique de 1947. Vingt après, en 1966, dérive, c'est la danse qui entre dans la cour. En 1967, dérive, c'est le cinéma qui y entre avec la Chinoise de Godard. Le Festival, quant à lui, entre dans le off qui vient de naître, en ouvrant un deuxième lieu au cloître des Carmes où le Living Theatre s'installe en 1968. Grandes agitations. Et à partir des sixties qui finissent, de nouvelles exigences spectaculaires surgissent. Le in lui aussi, comme le off, va multiplier ses lieux, intra et extra-muros, ses spectacles, ses diversités, ses animations et occuper la presse, jour et nuit. Trente ans après, on verra émerger la musique sacrée, et quelques années plus tard les messes. Dès lors, on y trouve de tout. On n'attend plus que des toilettes publiques en nombre suffisant. Et ainsi de dérive en dérive, ça n'a jamais cessé d'avoir lieu à Avignon, en juillet, de grandir, d'évoluer, de se transformer, quelle que soit la municipalité. Jusqu'en 2003, qui ne fut pas la fin... car trop d'intérêts sont en jeu. Souvent contradictoires, et souvent mal compris. Un monstre. Et maintenant, ce Festival est un gros monstre, dont beaucoup encore ne connaissent pas l'existence et dont personne n'imagine l'ampleur qu'il prend dans quelques consciences avec ses lourdes pattes par dizaines qui font beaucoup de bruit, ses exhibitions nocturnes géantes, ses grognements de bête à l'agonie, ses caprices de nourrisson, ses baves de toutes les couleurs et un je-ne-sai- quoi qui le rend invisible aux uns, insupportable aux autres, merveilleux pour quelques tiers, d'un bon rapport pour ceux qui en vivent et qui ne vont jamais au théâtre et très onéreux, consommations comprises, pour ceux qui y vont, sauf les privilégiés qui ont des billets de faveur. Ce qui est le plus remarquable, c'est qu'en cette période de délocalisation forcenée qui s'empare de l'Europe, le Festival est la cause qu'Avignon est le centre d'une localisation à outrance. Des troupes sont venues s'y installer à l'année. Les directeurs du in y ont même pris demeure. On prédit que le off pourrait lui aussi y avoir ses bureaux. Parmi nous ! À ras des trottoirs. Et encore je ne sais pas tout ! Retour général à la Terre ! Il faut dire qu'on nous a mis Paris si près qu'il vaut bien mieux en partir pour ses loisirs que d'y venir pour le travail ! Et puis c'est plus calme, moins pollué, moins stressant, etc. Un jour toute l'Europe théâtrale va s'établir à Avignon et y développer un nouveau communautarisme culturel, in et off, mis au pas, confondus. Le retour de la papauté. L'été, le in occupe les monuments publics, c'est-à-dire les coeurs historiques de la ville, et en toute saison il s'expose sur les façades, aux fenêtres murées, selon une lèpre de gloire qui gagne tout le centre. Le off occupe presque tout le reste. Et tient à dire qu'il est là et qu'il tient à cette ville par tous ses fils pour marionnettes. Il s'empare du moindre espace, de la moindre aspérité, grille, devanture, du moindre piton, panneau, plot, réverbère pour y accrocher ses cartons se gondolant comme des cartoons, au gré de tous les vents comme un généreux amoncellement de tiers-mondes. Ils clament tous qu'ils font partie, totalement, de cette ville. Il y a ici comme une amorce d'enracinement. Ils vont peut-être même se mettre tous au provençal. C'est étonnant. À quoi ça sert ? À quoi ça sert tout ça ? Qui pourrait répondre à cette question ? En 1947, un type est pressenti. Il vient, il voit, il imagine. Il s'entend avec le maire. Toute une équipe se met en mouvement. Des gens autour. Et puis ça croît. La liberté d'expression, l'émulation et la liberté d'entreprendre aidant, ça croît sans cesse. C'est le principe occidental de l'expansion. On ne sait pas où ça s'arrêtera ! Certains rêvent de le réguler, de le restreindre. Il paraît qu'il le faut. Le off, c'est une sorte de mare originelle. C'est la vie. Ça grouille. Mais ce n'est pas net, pas assez conforme. Ça contient potentiellement toutes les dérives et tous les excès. Il y en a déjà eu beaucoup jusqu'ici, des dérives. Jusqu'à la toute dernière, un PDG comme président... Alors, il faut peut-être en finir avec le off, qui garde malgré tout quelque chose, quelques traces du projet démocratique qui a pris peu à peu consistance avec Vilar depuis les origines du in, pendant quelques années. Mais ça cherche, ça n'arrête pas de chercher, de se chercher, ça ne se demande même pas où ça va. Ça va ! Peut-être bien comme la vie, n'importe où... Quelle est l'eschatologie de l'affaire au moment où il se dit que la scatologie fait son apparition ? Qui peut savoir ? Et cette année alors ? Eh bien, on continue ! À zigzaguer comme d'habitude. 2005, ce sera le quarantième off, au milieu d'un in qui va avoir la soixantaine ! C'est un miroir géant qui renvoie des anamorphoses. Et tout est encore à naître ! Il y a là quelque chose d'increvable.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Benedetto Castan Caubère Lubat
commenter cet article
3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 20:39

Le jour du 1er mai 1919 Le Populaire publie ce poème de Verfeuil. Le lendemain, la France entière peut compter le nombre de blessés et de morts suite aux charges de la police commandée par Clémenceau. Dans le même journal Verfeuil fait le point le lendemain. JPD

 

La fête du peuple

 Premier Mai, fête du Travail,

Sortez, ouvriers, des usines

Et fleurissez d'une églantine

Vos bourgerons et vos chandails

 

Sortez, les maudits, les esclaves,

Les parias, les sans-logis,

Tout ce qui peine et ce qui gît

Sous le knout et dans les entraves.

 

Voyez donc ces rayons vermeils

Coulant à pleins bords dans nos coupes ;

Sortez des ateliers en troupes,

Et venez boire du soleil !

 

Buvez aussi de la révolte ;

Par larges rasades, buvez ;

Il faut des forces : vous avez

A faire de rudes récoltes.

 

Le blé rouge partout éclot,

Le vent d'Ouest souffle en rafales,

Au grenier de la Sociale,

Nous allons engranger bientôt.

 

Nous avons à construire un monde,

Le vieux croule de toutes parts :

Ne confions pas au hasard

Une besogne aussi profonde.

 

Mettons-nous à l'œuvre, les gars,

Et que le Destin s'accomplisse ;

L'heure vient des grands sacrifices :

Ou le triomphe ou le trépas.

Raoul Verfeuil

 

Le Populaire 2 mai 1919 : La journée d'hier

La journée d'hier marquera dans les annales ouvrières. Jamais, on ne vit un chômage si complet, si total, si absolu. Toutes les corporations ont obéi avec un ensemble admirable au mot d'ordre des organisations.

Pas un tramway, pas un taxi, pas un fiacre dans les rues. A peine, de-ci de-là, quelque voiture de maître qui file à toute vitesse, ou quelque auto militaire. Des camions aussi qui transporteront, dans l'après-midi, les brutes des réserves centrales au-devant des colonnes de manifestants, et, les charges effectuées, se retireront avec leur cargaison de viande policière.

Tous les corps de métier, sans exception, ont chômé. Les cheminots ont fait arrêter les trains, le Métro n'a pas fonctionné, les électriciens ont coupé le courant, les postiers ont interrompu le tri des lettres et l'expédition des télégrammes. A la Recette principale, ils ont fait plus que ne leur demandait leur Fédération, ils ont abandonné totalement le travail et sont descendus dans la rue, toutes les catégories fraternellement mêlées.

L'après-midi, le décor changea. Obéissant aux instructions de l'Union des Syndicats, c'est par dizaines de mille que les ouvriers essayèrent de se rassembler place de la Concorde.

La manifestation avait été décidée très tardivement ; le gouvernement l'avait interdite. Et cependant le peuple de Paris a répondu en foule et la démonstration a eu lieu.

Ah ! sans doute, elle ne s'est pas faite comme les organisateurs le désiraient ; des bagarres violentes se sont produites ; du sang a coulé : il retombera sur les épaules déjà bien rouges du sinistre vieillard qui, pour notre honte, gouverne notre malheureux pays.

Quel journal parlait la veille de mesures d'ordre, insignifiantes ? Ce fut au contraire un déploiement de forces extraordinaires. Dans la nuit, des troupes étaient venues de banlieue, et quand les manifestants tentent de déboucher place de la Concorde, désignée comme point de concentration, ils se heurtent à des barrages de dragons et de fantassins, derrière lesquels sont alignés les masses sombres de la préfecture de police qui, tout à l'heure, vont se distinguer.

La place de la Concorde étant inaccessible, on prend des rues adjacentes et on atteint le boulevard des Capucines.

A la Madeleine, nouveau barrage, composé de poilus du 59ème de ligne, qui se laissent forcer sans trop de difficultés. On les sent hésitants, voire sympathiques. Le gros des manifestants passe à la hauteur de la rue Royale, il y a malheureusement un deuxième cordon de troupes. Ce sont des dragons. On ne va pas plus loin. Les premières charges se produisent. Les pompiers eux-mêmes viennent à la rescousse et inondent la foule.

Mais des colonnes énormes de camarades s'ébranlent et prennent la direction de l'Opéra au chant de L'Internationale.

A l'Opéra, nouveaux barrages et nouvelles charges, plus brutales, plus meurtrières.

Un jeune homme, Charles Lorne, mécanicien, 18 ans, est tué d'un coup de feu.

M. Clemenceau, qui aime le sang, a dû dormir d'un sommeil rempli de visions charmantes.

Les lauriers de Villeneuve-Saint-Georges, Draveil-Vigneux et Narbonne étant flétris, il a jugé nécessaire de les redorer.

Il a parfaitement réussi. La couronne rouge vient de s'orner d'un nouveau fleuron. Raoul VERFEUIL.

 

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans raoul verfeuil
commenter cet article
3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 19:53

Présentation :

Le livre d’une vie. Le livre d’une lutte. Le livre sans lequel commémorer la guerre 14-18 c’est continuer de s’aveugler ! Dès les premières lignes Verfeuil nous informe qu’il n’est pas son héros. Courtès, l’Apostolat est un nouveau socialiste en 1914 et il a une famille, deux éléments essentiels qui n’ont aucun lien avec Verfeuil qui fut socialiste dès 1904 et n’a jamais eu de famille. Bien sûr des éléments autobiographiques sont présents car comme son héros Verfeuil est contre la guerre et comme son héros il est présent à l’enterrement de Jaurès.

 Le livre est achevé le 11 août 1923. Il est publié grâce au journal La Vague en 1926. Un cadeau de ses amis au militant mourant ? Verfeuil, en effet, est tuberculeux et un an après, il meurt dans un sanatorium des Landes, mais il a tenu à se faire enterrer à Montauban.

Le livre contient un récapitulatif des ouvrages de l’auteur :

Fleurs d’Avril, poésies.

Pourquoi nous sommes antimilitaristes.

Le syndicalisme des Fonctionnaires.

A Jean Jaurès, poème.

En préparation

Le Pain quotidien, roman.

 

 

Voici la préface et trois chapitres en attendant la publication prévue pour novembre 2014. J-P Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans livres en accès libres
commenter cet article
2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 14:08

Le pacifiste Verfeuil n'a jamais eu envie de transiger car toujours la guerre appelle la guerre. Comment ne pas être ému à la lecture ici prémonitoire du mot "holocauste" ? Verfeuil ne prédit pas l'avenir - la preuve, personne n'empêchera la signature du traité comme il l'espère- mais pointe des mécanismes infernaux qui nous dirigent toujours. Jean Paul Damaggio

 

Le Populaire 12 mai 1919

LA PAIX D'AIRAIN

Les membres de la Fédération de la Seine examineront cet après-midi, en assemblée générale, la question angoissante et complexe de la paix, telle qu'elle est posée par les préliminaires de Versailles. Cette réunion, en même temps qu'elle constituera une protestation contre l'impérialisme aujourd'hui officiellement avoué des pays de l'Entente, fournira aux organismes centraux du Parti des indications précieuses dont ils devront tenir compte. Les militants qui vont tout à l'heure, remplir la grande salle de la C. G. T.. auront le devoir - et ils n'y manqueront pas - de dire leur opinion sur le traité de violence qu'un vainqueur impitoyable est sur le point d'imposer à un vaincu réduit à merci. Nous sommes sûrs qu'ils seront unanimes à condamner et à flétrir ce traité, que pas un socialiste digne de ce nom ne saurait accepter. Les camarades de la C. A. P. et du groupe parlementaire qui seraient enclins à l'entériner devront, s'il s'en trouve, renoncer à leur projet. Le Parti ne peut pas avaliser une semblable infamie. On a parlé de Brest-Litovsk : je crois Versailles pire que Brest-Litovsk. Les Allemands, en tout cas, s'ils ont affirmé, eux aussi, faire une guerre de défense, n'ont jamais prétendu avoir le monopole de la morale, de la justice et du droit et ils n'ont pas transformé leur entreprise de brigandage en une croisade pour la liberté humaine et la sauvegarde de la civilisation. Les Alliés devaient, par leur victoire, régénérer le monde : ils vont le précipiter - si les prolétariats ne se lèvent pas - dans un abîme de sang d'où il ne lui sera plus possible de sortir. La guerre devait nous apporter la paix définitive : c'est la guerre permanente qu'elle est sur le point de nous donner. Le cycle infernal ouvert en août 1914 n'est pas près d'être fermé ; la « paix» gouvernementale et capitaliste de Versailles voue les peuples à d'autres et prochains holocaustes.

 

 Le Parti ne la signera pas et si, malgré lui, elle est signée, il appellera la classe ouvrière à la réviser sans retard. Les socialistes ne transigeront pas avec le crime. Raoul VERFEUIL

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans raoul verfeuil
commenter cet article
1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 15:49

la-greve-de-castel.JPG

Nombreuses photos et l'article du Petit Journal du 1 juillet qui évoque le verniassage de l'expo sur la grève.

 

Les manifestations organisées à Castelsarrasin autour de la grève de 1914 par l’Institut d’Histoire sociale de la CGT ont permis de vérifier l’injustice de cet oubli dans la conscience locale (voir articles sur ce blog).

Mais de quel oubli parler ?

Alain Raynal interpellant le militant Roger Couderc, celui-ci reconnaît que son grand-père lui en a parlé de cette grève, et le travail, à partir des photos, réalisé par Bernard Ouardes, avait amené ce même constat : les habitants se souviennent de tel ou tel et un peu comme une toile de fond, la grève a été là à travers l’histoire. Donc un oubli pour dire que la mémoire sociale n'est pas devenue une figure de l’histoire sociale.

Pourquoi ?

1 ) Car l’histoire sociale, comme il a été rappelé, n’est pas à la Une de l’histoire dans le discours dominant ?

Exact mais cependant il existe des figures, et Rémy Pech rappelle celle des vignerons en 1907, une mémoire qui, pour lui, a pu perdurer grâce à la persistance de cette activité.

Si persistance il y a eu, c’est tout autant le cas de l’usine de Castelsarrasin, avec bien d’autres grèves qui la secouèrent ! Ce n'est pas que l'histoire de la grève qui est effacée mais l'histoire de l'usine elle-même.

2 ) Bernard Ouardes a avancé ses propres hypothèses : une grève sans grand leader, une grève où les violences n’ont pas conduit à un décès, deux raisons qui  font que la grande actualité n’a pas projeté ses lumières sur l’événement.

Mais justement, pourquoi en deux mois de grève, Jean Jaurès n’a-t-il rien eu à dire sur le sujet dans La Dépêche du Midi ? Et pas davantage dans l’Humanité où la grève passe inaperçu ? Or faut-il le rappeler, la durée de cette grève est totalement exceptionnelle ! Mais le Tarn-et-Garonne est plutôt invisible...

3 ) Car l’approche de la guerre occupait tant les esprits qu’elle effaçait le reste ?

Sauf que le courant socialiste avait élaboré comme principe, pour arrêter la guerre, celui de la grève générale, conduisant ainsi les politiques à se tourner vers les syndicalistes, et quoi de plus considérable à célébrer qu’une grève dans une usine d’armement ?

 S’interroger sur le sens de l’oubli – et ce fut la raison de mon intervention dans le débat – peut permettre de mieux comprendre y compris le présent de Castelsarrasin et au-delà de l’histoire de notre pays.

Pointer du doigt l’oubli ne signifie pas, se lamenter ou chercher des coupables, mais désigner un point aveugle ou quand on conduit une voiture, un angle mort. Sans la conscience de ce fait, l’accident est toujours risqué !

 Il s’agit donc de conduire deux travaux : prouver que l’oubli est injuste historiquement et qu’il était inévitable historiquement !

 Voici vingt ans, j’ai été sidéré quand j’ai découvert qu’en juin-juillet 1914 la ville de Castelsarrasin avait été occupé militairement pour lutter contre la grève.

Voici un peu plus de dix ans, le travail de Bernard Ouardes avait confirmé l’importance de la grève.

Et en ce mois de juin 2014, le fait est encore plus établi : la grève fut magnifique.

Sur ce point il reste encore des travaux à poursuivre mais personne ne peut plus contester, comme l'exposition en a apporté la preuve, la dimension phénoménale de ce moment d'histoire.

 

Mais sur l’oubli il en reste plus encore à chercher.

1 ) Pour moi il permet de remettre en cause une vision agricole du Tarn-et-Garonne et une vision passéiste des paysans. Etudier l'oubli de cette grève est un outil pour dénoncer une vision sociologique de nos sociétés : dire « classe ouvrière » n’implique pas « socialisme puis communisme » ; dire « paysans » n’implique pas « radicalisme » ou « réactionnaires ». Un Institut d’Histoire sociale en Tarn-et-Garonne n’est pas un non sens et il faut donc saluer l’effort accompli.

 2 ) Certes, en Tarn-et-Garonne, le mouvement syndical comme le mouvement socialiste puis le mouvement communiste eurent un temps de retard. Ce retard ne vaut pas disqualification ! Au contraire, ce retard comme cet oubli peut jouer le rôle d’un révélateur !

Alain Raynal a eu la bonne idée de confronter l’état du parti socialiste naissant à Castelsarrasin et ce puissant mouvement de grève. Autant dire que les 33 électeurs de la commune qui ont soutenu le candidat socialiste Raoul Verfeuil ne pouvait pas être au cœur de la grève, d’autant qu’ils étaient sans doute peu ouvriers ! Donc les grévistes étaient fondamentalement des électeurs radicaux. Belle occasion de revoir l’image complexe du courant radical en France ! (je renvoie à un travail sur le Castelsarrasinois Pierre Flamens)

 3 ) En Tarn-et-Garonne et Raoul Verfeuil le savait très bien, puisque lui aussi venait de ce courant, les radicaux étaient hégémoniques. Cette puissance tenait à leur capacité électorale à s’unir soit sur leur gauche, soit sur leur droite. A Montauban, face à une droite combattive, les radicaux s’alliaient sur leur gauche, tandis qu’à Castelsarrasin, la droite étant absente, ils pouvaient se dispenser de cette stratégie, usant de l’image de l’engagement très à gauche de radicaux du passé comme Pierre Flamens pour conduire une politique de droite. Face à une telle hégémonie, le socialisme départemental a eu du mal à naître ! Avec ce paradoxe qui durera : les radicaux de Montauban ayant besoin d’aider des militants sur leur gauche, ce sont eux qui viennent ensuite porter la « bonne » parole sur le secteur de Castelsarrasin où ils ont des soutiens mais pas de leader ! Raoul Verfeuil sera donc continué par Marcel Guerret premier et rare député socialiste du Tarn et Garonne.

 4 ) L’effet domino en politique

La politique a horreur du vide donc les places sont toujours occupées. En Lot-et-Garonne, pendant l’entre-deux-guerres, le courant communiste est si puissant que le courant socialiste n’a pas d’espace, pris en tenaille entre les radicaux et le PCF. En Haute-Garonne ce sont les radicaux qui sont pris en tenaille entre la puissance des socialistes et la présence de la droite, ce qui incitera les radicaux à prendre des positions de droite pour contrer les socialistes.

En Tarn et Garonne les radicaux peuvent dominer TOUTE la vie politique donc au sein de ce parti vivent des courants parfois contraires.

 5 ) Une hégémonie alimentant le cliché rural de notre département

Et c’est ici qu’on en revient à l’oubli. Cette hégémonie radicale a une telle force qu'elle peut véhiculer des clichés. Comme son vecteur majeur n'est pas parmi la classe ouvrière, il marginalise ce secteur et comme il n’a pas le conflit comme référence, mais la négociation, les grèves sont effacées. Pour cette fameuse grève une étude comparative de la presse (La Dépêche, le Midi Socialiste, le Ralliement) permet de vérifier les contradictions qui traversent les trois courants.

Le Ralliement de droite ne tire pas à boulets rouges sur la grève. Comme toujours, il veut différencier la lutte sociale et son éventuelle politisation qui elle, par contre, est la bête noire.

La Dépêche radicale cherche une position équilibrée entre les patrons et les ouvriers et s’appuie sur le député Pottevin pour tenter de jouer un rôle conciliateur d’autant que le gouvernement radical à Paris est sous pression puisque l’usine travaille pour le dit gouvernement.

Le Midi socialiste n’en profite pas pour appeler au renforcement de son parti.

 Conclusion

L'oubli, comme l'a rappelé Bernard Ouardes, n'est pas un accident de parcours. Du côté patronal, il est systématique (une photo refusée pour une expo). Du côté ouvrier la grève ne fait pas histoire malheureusement (une anecdote de grand-père).

Surtout quand on considère que Castelsarrasin est une ville périphérique sans enjeu propre.

 

Je n'ai aucune passion pour les oubliés de l'histoire mais il se trouve que je les croise souvent : dans le mouvement occitan, avec l'incroyable Mary-Lafon, dans le mouvement communiste avec l'incroyable Renaud Jean, dans le mouvement ouvrier avec cette incroyable grève. Dans le mouvement anti fasciste j'ajoute Elie Cayla et au total l'enjeu consiste à redessiner une vision plus équitable de la vie locale, une vision capable de démontrer que la vie citoyenne est parmi nous et qu'en conséquence, il nous appartient aussi de faire l'histoire. JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 15:14

La question du groupe FN a occupé les médias mais pas celle du groupe où siège le Front de Gauche. L'un n'existe pas mais fait l'actualité, l'autre existe mais est oublié.

Or ce groupe est traversé par de multiples questions qui devraient susciter la réflexion , d'abord pour sortir de l'image seule du Front de Gauche afin d'aller voir ailleurs en Europe ce qui se passe.

Dans ce groupe, surprise, l'élément le plus fort est espagnol mais cet élément est hétérogène car il comprend deux forces égales l'un qui a fait 10%, la classique Gauche unie devenue pour l'occasion Gauche plurielle, et l'autre 8% qui a provoqué la surprise sous le nom de Podemos.

On a beaucoup parlé de Grecs de Syrisa : dans le rassemblement des gauches Syrisa a obtenu l'exclusion des communistes grecs.

Les Allemands restent puissants avec Die Linke.

La France fait piètre figure avec seulement quatre députés (un de moins qu'auparavant).

 Existe-t-il une fracture entre les anciens mouvements (les PC) et les nouveaux ?

La question est d'importance mais reste si peu débattue que je n'ai vu aucune référence au fait qu'à la présidence du parlement européen ce groupe a présenté le leader de Podemos, Pablo Iglesias.

 Là aussi, je ne vais tomber ni dans le rejet ni dans l'admiration béate de ce mouvement Podemos, qui suscite en Espagne des polémiques considérables. Un peu comme les polémiques surgies après l'apparition en Italie de Beppe Grillo mais sur d'autres thèmes.

Pour information je donne la liste des membres de ce groupe de gauche :

Le Groupe GUE/NGL au Parlement européen

Présidente. Gaby Zimmer(DIE LINKE) Allemagne

Vice-Présidents :

Neoklis Sylikiotis (AKEL) Chypre

Malin Björk (Vänsterpartiet) Suéde

Patrick Le Hyaric (Front de Gauche) France

Composition du Groupe

Allemagne : Fabio De Masi, Cornelia Ernst, Thomas Händel, Sabine Lösing, Martina Michels, Helmut Scholz, Gabi Zimmer, et Stefan Bernhard Eck (Human Environmental Animal Protection Party)

Chypre : Takis Hadjigeorgiou et Neoklis Sylikiotis (AKEL)

Danemark : Rina Ronja Kari (Folkebevægelsen ...mod EU)

Espagne : Marina Albiol, Paloma Lopez, Willy Meyer, Lidia Senra, Ángela Vallina (Izquierda Plural) ; Pablo Echenique Robba, Carlos Jiménez Villarejo, Teresa Rodríguez-Rubio Vázquez, Lola Sánchez Caldentey, Pablo Iglesias Turrión (Podemos) et Josu Juaristi (Bildu) Basque Country

Finlande : Merja Kyllönen (Vas)

France : Patrick Le Hyaric, Jean-Luc Mélenchon, Younous Omarjee, Marie-Christine Vergiat (Front de Gauche)

Grèce : Konstantinos Chrysogonos, Manolis Glezos, Giorgos Katrougalos, Konstantina Kuneva, Dimitris Papadimoulis, Sofia Sakorafa (SYRIZA)

Irlande : Martina Anderson, Lynn Boylan, Matt Carthy, Liadh Nì Riada (Sinn Féin) et Luke Ming Flanagan (Independent)

Italie : Eleonora Forenza, Curzio Maltese, Barbara Spinelli (L'altra Europa con Tsipras)

Pays-Bas : Cornelis De Jong, Anne-Marie Mineur (SP) et Anja Hazekamp (Party for the Animals)

Portugal : João Ferreira, Miguel Viegas, Inês Zuber (PCP)et Marisa Matias (Bloco Esquerda)

République Tchéque : Kateřina Konečná, Jiří Maštálka, Miloslav Ransdorf (KSČM)

 

Suéde : Malin Björk (Vänsterpartiet)

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:49

Gursel.jpg

 

Dans des conditions totalement différentes, j'ai pu rendre compte d'une première rencontre avec Nedim Gursel.

J'ai retrouvé le même homme amoureux d'Istanbul qu'il a dû quitter voici tant d'années. Un homme carré comme son visage et bon vivant comme l'Anatolie. Vu la photo je constate l'apparition de la barbe blanche.

Dans le débat du jour, il est aux côtés de deux autres écrivains qu'il écoute avec attention.

Sema Kaygusuz (une écrivaine présente) parle de l'Istambul féminine.

Gursel préfère parler de l'Istambul hermaphrodite.

Après les courbes chères à la reine Sofia évoquées par l'écrivaine, Nedim rappelle qu'ensuite sont venus s'y ajouter les minarets plus masculins…

Comme il y a deux ans, l'explosion démographique d'Istambul sidère le public. En Europe, après Moscou c'est la deuxième grande ville. Quatorze ou seize millions d'habitants rectifie Mario Lévi qui connaît parfaitement la question.

Ce dernier parle de la ville juive : Nedim ajoutera la ville grecque, celle des grands cuisiniers.

Il sera beaucoup question de gastronomie. Gursel mentionne un restaurant qui se situe à l'intérieur de la forteresse grâce aux pots de vin mais qu'il fréquente car on y mange si bien…

L'horizon enfantin de Guersel c'est le Bosphore, une forteresse d'un côté et une autre de l'autre. Dans le Bosphore des poissons uniques dira Sema, des poissons au goût merveilleux surtout s'ils ont séjourné dans un litre de raki (du turc rakı, dérivé de l'arabe arak)[ ajoutera Nedim.

Sema parlera avec délice des fontaines de la ville.

En turc, fontaine c'est œil et elle pense qu'elles sont devenues aveugles.

Olivier Poivre d'Arbor qui anime le débat constate à la fin que la fou le est restée présente pendant que se déroulait le match Brésil-Chili. Mais une foule… plutôt féminine !

Un grand moment joyeux !

J-P Damaggio

 

 sema-kaygusuz.jpg

Au milieu Sema Kaygusuz, sa traductrice avec le micro et Olivier Poivre d'Arbor.

Ci-dessous : Gursel et Mario Levi

levi.jpg

Repost 0
Published by éditions la brochure
commenter cet article
29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:38

 

aswany-1.jpg


Un Egyptien optimiste ! Et lucide ! Ce n'est pas le régime Moubarak qui est tombé mais l'homme seulement sauf que ce besoin de liberté est en chacun, et qu'on ne pourra jamais revenir en arrière. Pour le moment, il comprend que le peuple ayant des besoins premiers à satisfaire (manger, se loger, la sécurité), les luttes soient en régression mais il sait qu'au plus profond de chacun la révolution a laissé des traces révolutionnaires.

Mais comment répéter "la démocratie est la solution" contre les islamistes qui disent "l'islam est la solution" et admettre le coup d'Etat contre le président élu ?

Car Morsi, comme Fujimori en 1992, a fait un auto-coup d'Etat !

L'orient face à l'occident ?

Toutes les dictatures prétendent que les droits des femmes, la démocratie etc.. ça seraient des valeurs occidentales. Et l'avion c'est occidental ?

Morsi, faut-il le rappeler à étudier aux USA et d'ailleurs c'est un des personnages du roman Chicago d'El Aswany, c'est l'étudiant qui reste avec les Turcs, ne sortant que le Week-end, et ayant été incapable en dix ans d'apprendre vraiment l'anglais.

Il sera beaucoup question de littérature, une passion que l'homme tient de son père qui ne lui a donné qu'un conseil : écrire, c'est ne pas penser à autre chose. La littérature c'est une princesse enfermée dans une forteresse et il faut cent fois chercher à ouvrir la porte avec des écrits vivants où les personnages réussissent à dicter leur loi à l'écrivain.

Bien sûr, cette passion l'oblige à rester parmi le peuple, à l'inverse d'un philosophe qui peut se mettre à l'écart. Il est menacé mais il n'a pas peur. Et pour être indépendant il exerce une profession. Il ne veut être payé par aucun gouvernement pour pouvoir rester indépendant.

Et il est tellement au sein du peuple, qu'il avait créé un parti politique qui s'appelait Basta (Kefaya en arabe). Ce parti a été le détonateur qui a ouvert la route à plusieurs autres ; il est donc moins présent.

Son dernier roman parle lui aussi d'un lieu : après un immeuble, après une ville, voici qu'il se centre sur un club. Il aime ce principe du roman s'accrochant à un lieu. La salle où il parle pourrait devenir un lieu de roman… Aux USA le lieu devient la route (c'est moi qui l'ajoute …).

Et ce lieu il l'a connu avec son père mais aussi avec les serviteurs qui lui racontaient l'autre monde, celui du sous-sol.

Non, il n'est pas membre de l'Automobile Club mais son fils oui !

Lui qui parle si bien le français (en plus de l'anglais, de l'espagnol et de l'arabe) comment apprécie-t-il le travail de son traducteur ?

Que des éloges à l'adresse de cet homme, Gilles Gauthier, dont il révèle qu'il a écrit un roman sur l'Algérie (il cherche toujours un éditeur).

Une ambiance pleine de rires, d'humour dans le cadre de la Médiathèque Cabanis.

Et de sérieux : Dostoïevski contre Gorki.

Il écrit en ce moment un roman : "La République comme si…"

On sent que l'écriture est bien avancée et je pense que l'écrivain, à partir de la situation égyptienne, va encore parler d'universel. Car partout la dose d'illusions est plus ou moins épaisse.

Il a dit "la révolution égyptienne" car il refuse le terme de "printemps arabe". Caque pays à son histoire. La Lybie par exemple n'a jamais eu d'Etat, c'est le pouvoir des tribus.

Sur ce blog vous trouverez d'autres présentations contradictoires sur El Aswany

El Aswany 2009

En 2012

El Aswany et Laferrière

Encore en 2012

 

El Aswany interdit en France en 2013

 

Comme il a été question de l'entretien publiée par Le Point j'en donne le contenu :

 Dentiste de métier, l'auteur du best-seller international L'immeuble Yacoubian, son premier roman, portrait inoubliable de la société égyptienne depuis les années 30 jusqu'au début du XXIe siècle (le livre est sorti en 2002, et en 2006 en France, puis adapté au cinéma), n'a cessé de s'engager, en écrivain et en citoyen, au côté de la révolution égyptienne : par ses articles, au sein du mouvement intellectuel Kefaya, et chaque nuit place Tahrir, où tout éclata voilà trois ans. "J'ai écrit le mot peuple pendant des années dans mes livres, dans mes articles, mais, place Tahrir, j'ai appris vraiment ce que le "peuple" voulait dire", nous confie Alaa el-Aswany, de retour en maître romancier avec Automobile club d'Égypte. Un roman merveilleusement incarné qu'il a bâti autour de ce lieu très sélect du Caire vers lequel vont converger les destins de nombreux personnages, aux prises avec l'histoire de leur pays. Sur ces années 40 souffle en effet le vent de la révolution pour l'indépendance de l'Égypte (1952), encore sous la double coupe des Anglais et d'un monarque plus soucieux de ses parties de poker et de jambes en l'air que de son peuple. Dans le rôle de l'exécutant du pouvoir absolu, le majordome égyptien du club fait régner la terreur au sein d'un personnel habitué à n'avoir aucun droit si ce n'est celui de se faire battre. Mais, peu à peu, tout se craquelle dans les relations entre serviteurs et maîtres, Égyptiens et colons. La tension de la mutation est palpable, haletante, et les personnages luttent pour des enjeux plus que jamais à l'œuvre dans le monde arabe : comment conquérir sa liberté ?

 Le Point : Qu'est-ce qui vous a conduit à situer votre nouveau roman dans l'Égypte des années 40, sous une occupation anglaise symbolisée par l'Automobile club du Caire ?

 Alaa el-Aswany : Chaque romancier porte en lui des mondes romanesques, et celui de l'Automobile club où je me rendais avec mon père, qui en était l'avocat, en est un pour moi. À la fin des années 60, j'y rencontrais des serviteurs, des cuisiniers du roi encore bien après la révolution pour l'indépendance, et ce monde qui a vécu est, à un certain moment, sorti de moi. En changeant de temps et de lieu, le romancier doit être capable de soulever les mêmes questions humaines, or j'ai retrouvé dans celles qui se posaient alors à l'Égypte celles que pose actuellement la révolution. La liberté a un prix que tout le monde n'est pas capable de payer. Entre sécurité et liberté, que choisit-on ? Entre l'occupation et l'indépendance, que choisit-on ? Entre le régime de Moubarak et la liberté, que choisit-on ?

 "Les Égyptiens sont incapables de se gouverner eux-mêmes", faites-vous dire au directeur britannique de l'Automobile club. Que répondez-vous à cette provocation d'un de vos personnages ?

 Je suis chaque personnage comme un comédien joue son rôle, ce n'est pas mon opinion mais celle d'un raciste anglais. L'Égypte a été volée pendant quatre vingts ans par les Anglais, c'était le discours du gouvernement britannique. Celui de Churchill disant "On va les aider" ! On cache ce raisonnement, mais il existe. C'est celui des Américains, attendant que l'Irak soit "capable" de gouverner. Aujourd'hui, on n'a plus besoin d'occuper les autres pays parce que les multinationales sont une nouvelle façon de le faire. Au lieu d'envoyer des soldats se faire tuer, on contrôle l'économie d'un pays comme ce fut le cas de l'Égypte, dont aucun gouvernement n'a jamais rien décidé sur ce plan.

 Que signifie, pour celui qui a écrit "la démocratie est la solution" au bas de chacune de ses chroniques (1), d'avoir approuvé la destitution par l'armée du président Morsi, élu démocratiquement ?

 Premièrement, ce monsieur, élu démocratiquement, a annulé le système démocratique le 22 novembre 2012 en déclarant que les décisions du président feront la loi en Égypte. Deuxièmement, l'intervention de l'armée s'est produite après des manifestations incroyables contre Morsi. L'armée a protégé l'Égypte d'une guerre civile. Est-ce que ça veut dire que je suis d'accord avec tout ce qui se passe ? Non. Nous avons aujourd'hui deux combats à mener: l'un contre le terrorisme des Frères musulmans, ceux qui brûlent les églises, tuent les gens et n'ont pas leur place dans la démocratie, et l'autre contre l'ancien régime de Moubarak, qui essaie de profiter de ces crises en mettant la main sur de jeunes révolutionnaires.

 Qu'en est-il aujourd'hui de votre soutien à la candidature du général Sissi, nouveau "père" de la nation ?

 Moi, j'ai un seul père, je n'ai pas besoin d'autres pères. On n'a pas fait cette révolution en Égypte pour retrouver un grand leader et un "père" en revenant à 1954, en répétant l'expérience de Nasser, qui fut un grand leader, mais un dictateur. À Sissi je pose la question suivante : soit vous êtes pour la révolution, soit vous restez lié à l'ancien régime. Le combat qui a commencé maintenant, retardé par les Frères musulmans, est celui qui se joue entre la révolution et le régime de Moubarak.

 La sexualité, libératrice ou oppressante, joue un rôle considérable dans votre livre : pourquoi cette importance donnée au sexe ?

 La littérature se débarrasse du désir et du tabou en envisageant le sexe comme une relation humaine, en montrant en profondeur ce que l'on y cherche dans les relations sexuelles, le plaisir, un père, une mère, et aussi ce qui s'y joue de peurs, de frustrations. C'est un défi littéraire que de découvrir cette zone ! Pour les lecteurs occidentaux, je pense qu'il peut y avoir une information sur cette époque peu connue, celle d'une société libérale, très ouverte, avec des élites dont la plupart étaient francophones. Cette Égypte a continué jusque dans les années 70, jusqu'au pétrole, quand les Égyptiens partis travailler en Arabie saoudite en sont revenus avec le wahhabisme, et les extrémismes. Savez-vous que la deuxième femme pilote au monde, en 1933, était égyptienne ? La condition de la femme vous dit l'état d'une société.

 Après un immeuble et un club cairotes érigés en symboles, votre prochain roman se déroulera-t-il place Tahrir ?

 (Sourire) Non. J'écris actuellement ce qu'on appelle, chez vous, une autofiction. Un livre sur moi et sur mon histoire, ma vie et Alexandrie. J'essaie de sortir du collectif... J'essaie.

 Automobile Club d'Égypte, d'Alaa el-Aswany, traduit de l'arabe (Égypte) par Gilles Gauthier (Actes Sud, 538 p., 23,50 euros).

 1. Chroniques de la révolution égyptienne (Actes Sud Babel).

aswany-2.jpg

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans littérature
commenter cet article
29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:03

Toulouse, Marathon des mots, onze écrivains turcs sont dans la ville.

Ils parlent de Constantinople, Istanbul, la ville cosmopolite, un cosmopolitisme perdu.

Il y a là un membre de la communauté juive en voie de disparition. Les Grecs sont encore plus en marge. Et les Arméniens… Croyez-vous que le centenaire de la grande boucherie va nous aider à évoquer l'empire ottoman et sa chute ? Voici un résumé pris sur internet qui rappelle quelques faits.

 

"Depuis le XIXe siècle, l’Empire ottoman suscite la convoitise des grandes puissances. La Grande-Bretagne y dispose d’un réseau de protectorats sur la route des Indes et les Russes se pressent aux frontières du Caucase dans l’objectif d’atteindre Constantinople et la côte méditerranéenne. Chaque pays développe un réseau d’influences au sein de l’Empire : les Allemands construisent et exploitent un chemin de fer, les Anglais contrôlent le transport fluvial et les téléphones, les Français financent les routes, contrôlent les ports et le gaz et tiennent sous tutelle la banque impériale ottomane et l’administration de la dette publique turque. Pourtant, bien que la France détienne au Levant de nombreuses escales maritimes, son influence ne cesse de décroître face à l’activisme de l’Allemagne. En août 1914, une convention secrète lie Berlin et Constantinople au cas où la Russie ouvrirait les hostilités. Au déclenchement du conflit, le sultan Mehmet V ferme les détroits, mobilise l’armée turque et proclame la guerre sainte, à l’instigation des Allemands qui espèrent un soulèvement des populations musulmanes dans les colonies françaises et anglaises 1. En 1915 et 1916, si l’armée turque connaît des défaites dans le Caucase face aux Russes, elle se défend victorieusement contre les alliés lors de l’opération de Gallipoli, sous les ordres du général allemand von Sanders. Les Turcs, qui font échouer toutes les tentatives de débarquement et opérations terrestres, occasionnent cent cinquante mille morts et la destruction de plusieurs cuirassés dans le camp de l’entente. Par la suite, minée par les conflits ethniques et une logistique défaillante, l’armée turque voit les désertions se multiplier  et ne peut plus faire face aux multiples fronts où elle doit combattre, du Caucase à la Perse en passant par la Mésopotamie, l’Égypte, l’Arabie, la Thrace, la Macédoine et la Roumanie. Les chutes de Damas puis de Bagdad précipitent l’effondrement de l’Empire ottoman. Un corps allié composé d’Anglais, de Grecs, de Français et d’Italiens occupe Constantinople à partir de novembre 1918.  "

 

Le cosmopolitisme n'est pas un accident mais l'enfant d'intérêts impérialistes divers.

Aujourd'hui, nous sommes dans un autre monde…pour d'autres guerres.

Et si la guerre mondiale était née de l'affrontement entre l'Italie et les Turcs…  JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans hiistoire
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche