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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 13:31

courtot.jpg

 a) Je ne focalise pas sur la question FN comme ceux qui s’en servent comme épouvantail, je ne la traite que comme un symptôme.

b) Le dessin ci-dessus du journal Vivre et Lutter a été repris dans le livre Récits de politique sentimentale sur les années 1970-1990 en Tarn-et-Garonne, de Jean-Paul Damaggio avec dessins de Jean-Marie Courtot. (auto-édition)? Publié en 1991, je n'ai jamais trouvé meilleur analyse politique.

 Voici l’opinion de Clémentine Autain.(Politis n°1035)

« Est-ce que, tout de même, il n’y a pas eu certaines erreurs d’analyse sur le Front national ?

Bien sûr. Dire qu’il y aurait 25 % de fascistes en France serait absolument faux. Il est important d’observer que le parti de Marine Le Pen n’est pas celui de Jean-Marie Le Pen. Le Front national a fait une mue qui le sort de ses outrances d’hier. Ça ne veut pas dire que ce n’est plus un parti raciste, xénophobe, autoritaire, mais il veut aujourd’hui rentrer dans le cadre démocratique. Marine Le Pen veut prendre le pouvoir et, pour cela, flirte avec la droite classique. Et elle capte les préoccupations sociales. Cela pose à la gauche une difficulté réelle. Pourtant, le Front national ne défend pas la protection sociale. Il porte le discours sur les « assistés », contre ces Français prétendus fainéants. Il est du côté de la propriété et du libéralisme économique. L’extrême droite se positionne à la fois dans l’antisystème et dans la réaction radicale. À nous de dire la dangerosité de son projet, notamment pour les catégories populaires. Il faut assumer la confrontation franche avec lui tout en sachant que c’est l’attractivité de notre propre projet qui sera déterminante pour faire reculer le FN. Cela suppose de nous dissocier plus clairement de la politique du gouvernement et de la majorité du PS. »

 Commentaires

1 – Si le FN est toujours là, aussi puissant, c’est qu’il y a forcément des erreurs d’analyse et des erreurs graves.

2 – Mais l’analyse n’a jamais été de dire simplement que le FN était un parti fasciste. J’ai toujours lu que c’était un parti d’extrême-droite.

3 – Donc on arrive au lieu commun médiatique qui vise à différencier le FN d’hier et d’aujourd’hui. Hier il aurait été un parti raciste etc. et aujourd’hui il flirte avec la droite. Justement toute l’erreur est là. Hier le FN était contre tous les partis et aujourd’hui il est contre tous les partis. Hier il était un repère simple et aujourd’hui aussi. Je prétends que le succès du FN c’est non pas son changement mais sa permanence dans toujours les mêmes slogans, avec le papa ou la fille, qui, certes, peut donner une image moins sinistre (tout comme quand Le Pen a enlevé son bandeau noir sur l’œil) mais l’image compte très peu ! Et le discours, entendu depuis toujours, sur la dénonciation du double langage du FN, n’a jamais convaincu même s’il est juste car en matière de double langage TOUS les partis répondent présents. Le double langage du FN pèse peu par rapport justement à ses permanences !

4 – « A nous de dire la dangerosité de son projet » mais là encore, cette dangerosité a été dénoncé depuis des lustres.. et sans succès car tout citoyen un peu attentif sait que pour le moment nous assistons à des projets mis en œuvre dont la dangerosité et visible. Bien sûr, tous les dangers ne sont pas de même nature…

Le succès du FN ne doit rien au FN mais doit TOUT aux faillites des autres partis, d’abord le PS (la gestion Mitterrand puis Jospin puis Hollande) qui a cependant cru qu’il pouvait utiliser le FN pour diviser la droite (et le FN l'a éliminé en 2002 !) ; puis l’UMP (qui a toujours hésité dans la forme de réplique). Et plutôt que de s’interroger sur elle-même l’autre gauche cherche des poux dans la tête de Marine ! Elle a eu tout faux concernant le rapport à la nation, au travail, à la culture, à l’écologie et le score du FN est là pour nous le rappeler, car en principe, c’était cette gauche qui pouvait espérer récupérer les déçus des autres politiques. L’espace d’un temps, de 2002 à 2009, la LCR-NPA y a réussi en partie avec de petits moyens.

5 – L’erreur du côté des alternatives de gauche a été de croire que le FN pouvait se fondre dans la droite alors que le FN a toujours dit et répété, en toute clarté, qu’il dénonçait la droite autant que le PS dans cette formule choc : l’UMPS (avant la naissance de l’UMP la position était la même). Mais les filous de la politique, ne voyant que filouterie partout, ont cru que cette double dénonciation était seulement tactique, alors qu’en 1997, la dite stratégie ni droite, ni gauche, a conduit... à la victoire de Jospin par les trianglaires assurées par le FN ! Une stratégie du ni-ni si forte que c’est sur elle que Waechter s'est appuyé pour sortir l’écologie politique de la marginalité, en 1989 !

6 – Oui, me dit-on, mais tout de même Marine, elle présente mieux que son père ! Parce que le père Le Pen, tête de liste dans le Sud-Est a fait perdre des voix au FN ? Le soir des élections, un journaliste interroge le père et tente de le mettre en contradiction avec la fille : « Votre fille a réussi ce que vous n’avez pas réussi. Pourquoi ? » Une question qui ne peut qu’amuser au sein du FN. Réponse : mais parce que Sarkozy s’est planté après le règne de Jean-Marie Le Pen. Pour étudier le FN, je prétends qu’on ne peut qu’étudier qu’une seule réalité le représentant : ses scores électoraux. On ne peut étudier ses réalisations, ses projets (il n’en a pas), ses militants (ils sont invisibles) mais par contre la matière fournie par les résultats électoraux est riche. Depuis toujours le FN est beaucoup plus puissant dans la partie Est de la France que dans la partie Ouest. Pourquoi ?

Je ne sais si la donnée ci-dessous des résultats a été publiée quelque part mais j’ai tenu à la reconstituer. Dans les huit régions, le FN fait du simple au double ! Aucun autre parti n’est dans ce cas. Et ensuite, il faut aller en fait au plus près, dans chaque département, et même dans chaque ville. Au sein de la commune de Montauban les résultats vont aussi du simple au double, pourquoi ?

Quand on sait que les analystes de la vie politique sont surtout à Paris et que c’est justement en Ile de France que le score FN a toujours été le plus faible, ça explique peut-être les erreurs d’analyse. Or au sein de l’Ile de France il existe aussi des scores du simple au double.

Et cette situation nous renvoie alors à des discours anti-paysans classiques : « Bien sûr, les campagnes attardées c’est normal, elles votent FN… » J’ai même entendu il y a longtemps cette question posée à José Bové embarrassé pour répondre, alors que tous les sondages sorties des urnes montrent que les paysans ne votent pas plus FN que le reste de la société, alors que son département rural de l’Aveyron vote si peu FN…

Je crains que les erreurs d’analyse du FN ne se perpétuent encore longtemps dans une classe politique immobile ! Erreurs qui font tant le bonheur… du FN ! Jean-Paul Damaggio

 

 

Sud-Est

Est

Nord-Ouest

Sud-Ouest

Ouest

Centre

Ile de France

FN

28,18

28,9

33,6

24,7

19,3

24,1

17

UMP

22,4

22,7

18,7

18,5

19,6

21,3

21,7

PS-PRG

11,8

13,2

11,7

15,7

15,6

15,8

14,2

Centre

8,4

5,2

9,3

8,6

12,2

9,9

12

EELV

9,3

6,4

7,1

11,4

10,3

6,8

9,6

FdG

5,9

5,2

6,3

8,5

5,1

7,4

6,4

 

 

 

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 11:32

J'ai par ailleurs publié deux textes sur la Sexta que Marcos évoque dans sa lettre d'adieux et j'y ai traduit une partie de cette métaphore que je reprends ici en entier à partir d'une autre traduction et avec quelques notes. JPD

Le pingouin de la sexta

 Bien. Chose promise, chose due. Au début de ce texte, je vous disais que je vous parlerais du pingouin qui est ici, dans les montagnes du Sud-Est mexicain. Alors, voilà.

C’est arrivé dans une des casernes d’insurgés, il y a un peu plus d’un mois, à la veille de l’alerte rouge. J’y étais de passage, en route pour la position qui allait être le quartier général du Commandement général de l’EZLN. Je devais passer prendre les insurgés et les insurgées qui constitueraient mon unité pendant cette alerte. Le gradé qui commandait la caserne, un lieutenant-colonel insurgé, achevait de lever le camp et prenait les dernières dispositions pour emporter le matériel. Dans le but de ne pas trop dépendre des vivres qu’envoient les bases de soutien pour ravitailler les troupes insurgées, les combattants de cette unité essayaient d’assurer leurs propres moyens de subsistance, avec un potager et des animaux de basse-cour. Il avait été décidé d’emporter du potager ce qui pourrait l’être et que le reste serait laissé à se débrouiller tout seul. En ce qui concerne les poulets, les poules et les coqs, il fallait soit les manger, soit les laisser là. "Il vaut mieux qu’on les mange, nous, plutôt que les fédéraux", décidèrent, non sans raison, les hommes et les femmes (de moins de vingt ans, pour la plupart) qui occupaient cette position. L’un après l’autre, les animaux sont donc passés à la casserole, et, de là, ont atterri dans les assiettes creuses des combattants. Il n’y avait pas tant de volailles que ça, et, en quelques jours, la population avicole s’est vue réduite à deux ou trois exemplaires.

Quand il n’est resté plus qu’un poulet, justement le jour du départ, il est arrivé ce qui est arrivé...

Le dernier poulet a commencé à déambuler debout sur ses pattes, essayant sans doute par cette posture de se confondre avec nous pour passer inaperçu. Moi, je ne sais pas grand-chose en zoologie, mais il semble que l’anatomie des poulets ne leur permet pas de se dresser de cette façon-là, de sorte qu’avec le ballottement que produisaient ses efforts pour se tenir tout droit, le poulet marchait en titubant, sans direction précise. C’est à ce moment-là que quelqu’un a dit qu’il ressemblait à un pingouin. Ça a fait rire tout le monde et le rire a provoqué une certaine sympathie pour l’animal. Le poulet avait effectivement l’air d’un pingouin, à qui il ne manquait qu’une tache blanche sur le poitrail. Le fait est que les plaisanteries dont il a fait l’objet ont fini par empêcher que ce "pingouin" ne subisse le même sort que ses congénères.

L’heure du départ venue, affairés à vérifier que rien ne manquait, on s’est rendu compte que le "pingouin" était toujours là à se balancer d’un côté à l’autre, mais sans revenir à sa posture "naturelle". "Emmenons-le !", ai-je dit alors, et tout le monde m’a regardé pour voir si je plaisantais ou si je parlais sérieusement. L’insurgée Toñita s’est offerte pour l’emmener. Comme il commençait à pleuvoir, elle l’a pris contre elle, sous la lourde cape en plastique avec laquelle Toñita protégeait son arme et son sac à dos. Sous la pluie battante, nous nous sommes mis en route.

Le pingouin est arrivé jusqu’au QG de l’EZLN et s’est rapidement adapté à la routine établie pour l’alerte rouge insurgée. Souvent il rejoignait (sans perdre sa posture de pingouin) les insurgé et les insurgées à l’heure de la cellule, c’est-à-dire au moment consacré aux études politiques. A l'heure actuelle, elles ont pour thème les 13 exigences zapatistes, ce que les compañeros résument en disant : "Pourquoi luttons-nous ?" Eh bien, vous n’allez pas le croire, mais quand je me suis rendu à la réunion de la cellule, sous le prétexte de venir chercher du café chaud, j’ai constaté que c’était le pingouin qui était le plus attentif. Il ne s’en tient pas là, de temps à autre, il picote même quelqu’un qui s’est endormi en pleine discussion politique, comme s’il voulait le rappeler à l’ordre et lui faire prêter attention.

Il n’y a pas d’autres animaux dans la caserne... Enfin, à part les couleuvres, les tarentules "chibo", deux rats des champs, des grillons, des fourmis et un nombre indéterminé (mais très grand) d’échassiers, ainsi qu’une pénélope qui chante de temps en temps, sans doute parce qu’elle se sent stimulée par la musique des cumbias, des rancheras, des corridos et des chansons d’amour et de dépit qui sortent de la petite radio dont on se sert pour écouter les nouvelles du matin de Pascal Beltrán, sur Antena Radio, avant d’écouter "Sur la place publique", de Miguel Ángel Granados Chapa sur Radio UNAM.

Alors, je vous disais qu’il n’y a pas d’autres animaux, aussi c’est normal que "Pingouin" pense que nous sommes ses congénères et qu’il cherche à se comporter comme nous. Nous ne nous en sommes pas aperçus, jusqu’au soir où il a refusé de manger dans le coin qu’on lui a réservé et où il est venu jusqu’à la table en rondins. Pingouin a fait un scandale, plus proche d’un poulet que d’un pingouin, jusqu’à ce que nous comprenions qu’il voulait manger avec nous. Il faut que vous sachiez que la nouvelle personnalité de Pingouin interdit à cet ex-poulet de voler, même un minimum, pour monter sur un banc, aussi est-ce l’insurgée Erika qui le monte et qui lui donne à manger les aliments de son assiette.

Le capitaine insurgé qui commande la place m’a dit que le poulet, pardon, Pingouin, n’aime pas rester tout seul la nuit, peut-être parce qu’il a peur que des sarigues, des tlacuaches comme on dit ici, le prennent pour un poulet. Alors il proteste jusqu’à ce que quelqu’un l’accepte sous son toit. Il ne faudra pas attendre longtemps avant qu’Erika et Toñita ne lui fasse un tablier blanc en toile pour sa poitrine (elles voulaient le teindre avec de la chaux et de la peinture de bâtiment, mais j’ai réussi à les en dissuader ; enfin, je crois...), pour qu’il soit bien clair que c’est un pingouin et que personne n’aille le confondre avec un poulet.

Vous penserez sans doute que je suis, ou que nous sommes, en train de délirer, mais ce que je vous raconte est vrai. Entre-temps, Pingouin a fini par faire partie du Commandement général de l’essétaèlène. Vous aurez peut-être l’occasion de le voir de vos propres yeux si vous venez participer aux réunions préparatoires pour l’"Autre campagne". Il est aussi fort probable que Pingouin sera la mascotte de l’équipe de football de l’EZLN quand celle-ci s’affrontera, prochainement l’Inter de Milan. Peut-être quelqu’un prendra-t-il une photo pour conserver le souvenir de cet événement. Peut-être que, dans quelques années, en regardant le cliché, un petit garçon ou une petite fille demandera : "Maman, c’est qui les gens qui sont à côté de Pingouin ?" (Soupirs.)

Vous savez quoi ? Maintenant que j’y suis, je pense que nous sommes comme Pingouin et que nous aussi, nous nous efforçons de nous tenir bien droit sur nos pattes et que nous essayons de nous faire une place au Mexique, en Amérique latine et dans le monde. Comme notre anatomie, de fait, ne se prête guère au voyage que nous allons faire, on peut être sûr que nous aussi nous marcherons en titubant et en vacillant maladroitement, et que nous soulèverons l’hilarité et la plaisanterie sur notre passage. Mais comme Pingouin, peut-être que nous aussi nous susciterons un peu de sympathie et qu’il y aura quelqu’un pour nous prendre dans ses bras, généreusement, et pour nous aider, en marchant à nos côtés, à faire ce que tout homme, toute femme ou tout pingouin doit faire, à savoir, essayer toujours d’être meilleurs, de la seule façon possible, autrement dit en luttant.

Voilà. Salut et un baiser (?) de Pingouin.

Des montagnes du Sud-Est mexicain.

Sous-commandant insurgé Marcos

Mexique, juillet 2005.

Traduit par le compañero Angel Caido.

 

Comprendre : moustiques

UNAM, la célèbre université de Mexico aux luttes sociales nombreuses dont la radio est un des effets.

Lie EZLN

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 11:15

mexique-revendique.jpg

Jean-Paul Damaggio

Septembre 2005 :

Vive le Mexique qui revendique

[les notes sont du 1er juin 2014]

 

En cliquant sur le titre, vous devez accéder à une brochure écrite en 2005 et que je reprends ici au moment des "adieux" du sous-commandante Marcos. Ci-dessous le sommaire

 

Introduction page 2

La question féministe page 4

La question politique p. 6

La question de l’éthique p. 7

La question des médias p. 9

La question de la base p. 11

La question de l’organisation p. 13

La question de la multitude p. 14

Le parcours de Marcos et la carte p. 15

 Lien vers l'autre brochure sur le sujet :Voir : Texte 1

 

 

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 18:00

Marcos1.jpg

 

J'aurais voulu vous parler des adieux du sous-commandant marcos qui font suite à l'assassinat odieux de celui qui se faisait appeler Galeano.

J'aurais voulu traduire pour ceux qui ne sont pas hispanophones, anglophones ou italophes, le texte qu'il a mis sur le site des zapatistes.

Mais le temps me manque donc, sans attendre, les autres peuvent se reporter à ce texte aussi curieux que fut curieux le sous-commandant. C'est sûr, il va me manquer.

Entre ombre et lumière

 

Jean-Paul Damaggio

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 10:21

Les trois élus FN du Grand Sud-Ouest sont déjà des cumulards.

Le premier d'entre eux, Louis Aliot est un cumulard de longue date. Aujourd'hui, il court avec trois casquettes : conseiller municipal de Perpignan, conseiller régional du Languedoc-Roussillon et député européen.

La deuxième élue Joëlle Mélin, vient d'Aubagne, ville bien connue dans le Grand Sud-Ouest, et a déjà obtenue un poste de conseillère régionale en Provence Côte-d'Azur. Pourquoi n'est-elle pas restée dans le Sud-Est ? Elle est membre du bureau politique du FN.

Enfin, troisième élu, Edouard Ferrand est lui conseiller régional de Bourgogne et conseiller municipal de Sens. Comme les deux autres élus, il est au bureau politique du front qui ne contient presque que des élus !

 Pour corser le tout nous avons le cas inverse puisque la conseillère municipale de Gaillac, Marie-Christine Boutonnet, déléguée communautaire de Tarn et Dadou, est aussi conseillère régionale depuis 2010 pour la région Champagne-Ardenne, et elle devient députée européenne d'Ile-de-France !

Elle avait été conseillère régionale Midi-Pyrénées de 2004 à 2010.

 

La géographie leur importe peu ! Jean-Paul Damaggio

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 09:24

ouardes.jpg

Grâce à Jean Saltarel et Alain Raynal s’appuyant sur l’Institut d’histoire de la CGT, sur les travaux de Bernard Ouardes et avec l’aide de la municipalité de Castelsarrasin, le centenaire de la grande grève va être célébré.

Belle occasion de revenir sur le livre magnifique que Bernard Ouardes a consacré en 2006 à la période 1900-1914 (1) et qui a donné lieu à une projection au cinéma de Castelsarrasin.

Pourquoi livre magnifique ?

En histoire il n’y a pas de secret : seul l’accès aux sources permet de travailler et Bernard Ouardes a pu accéder à des sources uniques dans une telle lutte sociale, sujet si souvent exclu des archives officielles.

Les photos

Le premier point émouvant tient aux photos et rassemblées et publiées. Généralement tout tient aux cartes postales mais là il s’agit de la photo des grévistes, et sur plusieurs photos, vu sa connaissance de Castelsarrasin, Bernard Ouardes a pu détailler les portraits.

La connaissance globale

Sur un tel sujet, les sources ne peuvent parler d’elles-mêmes. Quand est évoqué « la maison Bégé » le chercheur doit savoir tout ce qui se cache derrière cette bâtisse. Or Bernard Ouardes connaît bien sa ville et en plus il connaît bien l’histoire de l’usine, je veux dire l’histoire générale de l’usine, aussi bien du côté patronal que du côté ouvriers et ouvrières.

Contrairement aux usines de chapeaux de Septfonds qui ont une histoire locale, l’usine de Castelsarrasin appartient déjà au grand capitalisme national voire mondial. La sidérurgie est une question stratégique dès le début du XIXe siècle.

Donc nous avons des photos de grévistes mais aussi d’ouvriers au travail.

Une question d’importance

Ce travail exemplaire de Bernard Ouardes publié avec l’aide du CRDP, du CDDP de Tarn et Garonne et du Conseil général aurait mérité une diffusion nationale mais malheureusement l’histoire sociale n’est pas des plus médiatiques. Y compris à Castelsarrasin, l’attention n’a pas été portée au sujet, comme il le méritait, aussi, espérons que l’occasion de ce centième anniversaire permettra de relancer la passion pour l’histoire de l’usine à laquelle la ville doit tant.

Nous ne manquerons pas de revenir sur le thème que nous avons déjà souvent évoqué sur ce blog. D’autant que Bernard Ouardes prépare le deuxième tome à paraître cette année. Jean-Paul Damaggio

 (1)   Castelsarrasin dans la tourmente sociale, 1900-1914, Bernard Ouardes, 20 euros, 150 pages en format A4

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 09:21

ouvrieres.jpg

ouvrière sortant de l'usine (détail de carte postale)

L'Express du Midiétait un quotidien très à droite, lié à un quotidien local, le Ralliement. Voici quelques échos du début de la grève avec surtout la reprise le 27 juillet d'un texte des grévistes et la réponse du journal. Ce journal comme La Dépêche a soutenu les grévistes à condition qu'ils ne fassent pas de "politique", s'en tenant seulement aux question sociales. Dans le cas contraire la presse s'est montré neutre en tentant d'aider la négociation. JPD

 

L'Express du Midi, 30 mai 1914

De notre correspondant particulier, Castelsarrasin 30 mai

La situation est toujours stationnaire ; l'usine est gardée. Les ouvriers se rendent trois fois par jour au comité, mais les manifestations ont cessé. Les gendarmes se relèvent et font des patrouilles.

 Castelsarrasin 30 mai

La Compagnie française des métaux offre 25 centimes d'augmentation et maintient la prime de 75 francs aux hommes. Elle s'engage à ne pas embaucher de femmes au-dessous de 1 fr. 75. Les ouvriers syndiqués refusent la proposition et demandent l'abolition de la prime et 25 centimes en plus. La grève continue.

 

L'Express du Midi 8 juin

7 juin, En réponse à l'affiche de la Compagnie des métaux, le Syndicat a apposé hier samedi une affiche où il repousse les propositions de la Compagnie et par conséquent il est à craindre que demain lundi les rentrées seront peu nombreuses et que, peut-être, l'usine sera obligée de fermer ses portes pour quelques temps au moins.

Tous les jours des réunions continuent à se tenir au théâtre où les délégués de la CGT excitent les ouvriers à résister au patronat. Le service d'ordre est toujours assuré à l'usine par la gendarmerie et, demain, il sera très probablement renforcé par crainte d'éventualités de désordres possibles.

 

L'Express du Midi 12 juin

11 juin, La situation de la grève est devenue grave. Le contremaître Moustéou a été blessé à la nuque d'un coup de pierre au milieu de cinq gendarmes. On a arrêté trois manifestant qui ont ensuite été relâchés sur l'ordre de M. Forné commissaire de police, plein de mansuétude pour les grévistes qui l'accueillent aux cris de : "A bas les gendarmes ! Vive le commissaire !"

A sept heures a eu lieu la publication d'un arrêté du préfet enlevant au maire la direction de la police et interdisant tous les attroupements sur le territoire de a commune de Castelsarrasin. Tout est craindre. E.

 

L'Express du Midi 27 juillet

La Grève de Castelsarrasin

Nous avons reçu la lettre suivante que nous reproduisons textuellement :

Castelsarrasin, le 23 juillet.

A Monsieur le Rédacteur en Chef du Ralliement.

50, rue de la République, Montauban.

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Depuis plusieurs semaines nous sommes habitués à encaisser, sans rien dire, les mensonges et les affirmations tendancieuses de votre correspondant de Castelsarrasin.

Toutefois nous ne pouvons laisser passer, sans protester, l'énormité calomnieuse de votre correspondant sur le compte-rendu de la réunion de mardi 21 juillet et du vote qui fut émis à cette réunion.

Mensonge flagrant que l'affirmation de votre correspondant, lorsqu'il affirme que nous étions 40 à la réunion ; à l'appel nominal, 190 ouvriers et ouvrières répondirent, 195 prirent part au vote et 45 votes nous parvinrent par procuration.

Le vote fut fait au bulletin absolument secret sur les deux questions suivantes : « Etes-vous partisan d'accepter les propositions de la compagnie de rembouchage à 3 fr. 25 ?

En ce cas- vous mettrez 3 fr. 26 sur votre bulletin de vote et si la majorité est manifeste sur ce point de vue, nous reprendrons les pourparlers sur cette base.

Au contraire, si vous êtes partisan du maintient de 3 fr. 50, vous voterez sur votre bulletin 3 fr. 50.

Le dépouillement du scrutin donne comme résultat, premièrement : 174 voix effectives pour 3 fr. 50 ; 45 voix, par procuration, pour 3 fr. 50. Total : 219 voix pour 3 fr. 50 ; 19 voix pour 3 fr. 25 et deux non. Total général : 240 votants se sont prononcés librement et en toute connaissance de cause et sur ces 240 votants, 190 étaient présents. Ce sont les ouvriers travaillant à Montauban ou à Lavit et ailleurs, qui, avisés du vote par convocations spéciales, ont fait parvenir leur vote par procuration ou correspondance.

Nous vous demandons donc, Monsieur le Rédacteur en Chef, de vouloir rectifier cette fausse information et de rappeler au correspondant de Castelsarrasin de votre journal, qu'il a à tenir compte de la vérité et de l'exactitude des faits qui se passent.

Nous ne nous arrêtions pas à ses interprétations du rôle de la C. G. T. dans notre conflit.

Notre syndicat qui par sa fédération nationale et son union départementale adhérente à l'organisation centrale du prolétariat organisé, reste toujours dans cette organisation que nous considérons comme indispensable pour l'émancipation et l'organisation des producteurs.

Au cas où vous ne tiendriez aucun compte sur cette protestation, votée à l'unanimité par l'assemblée des grévistes, nous aviserons, soit directement, soit indirectement par la « loi » à nous faire rendre justice d'affirmations tendancieuses qui nuisent à notre mouvement par leur caractère mensonger.

Recevez,, Monsieur le Rédacteur en Chef, mes salutations distinguées.

Pour et par ordre du syndicat. Le secrétaire  RICHARD.

 

La chambre syndicale de Castelsarrasin n'avait pas besoin de crier et d'injurier pour que nous insérions loyalement sa rectification. La réunion dont a parlé notre correspondant était privée ; dès lors il a dû se contenter des renseignements qui lui ont été transmis et dont il lui était impossible de vérifier l'exactitude. Quant aux autres renseignements qu'il nous a fournis directement, ils n'ont pu soulever jusqu'à ce jour aucun démenti. SAVON

 

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 18:28

Je souhaitais savoir si L'Humanité avait évoqué l'imposante grève de plus de deux mois qu'a connu Castelsarrasin en 1914 mais je n'ai rien trouvé si ce n'est les références ci-dessous. JPD

 L'Humanité 5 septembre 1914

La Monnaie d'argent frappée à Castelsarrasin

A partir d'hier les pièces de deux francs, un franc et cinquante centimes sont frappées sur des coins spéciaux. On verra toujours "La Semeuse" de Roty et au revers la branche d'olivier. Mais les deux petits signes qui encadrent la date "1914", les "différents" représentant à gauche une corne d'abondance et à droite une torche minuscule, seront changés sans doute. On est en droit de se demander pourquoi ? Parce que ce n'est plus quai Conti que sera frappée notre monnaie d'argent mais à Castelsarrasin où la Monnaie a fait transporter hier ses lingots d'argent et les presses. Les pièces aux nouveaux "différents" seront frappées seulement pendant la durée de la guerre. Souhaitons pour les collectionneurs et pour tout le monde qu'elle soient rarissimes.

 L'Humanité 23 mars 1919

L'impôt sur les salaires et les métallurgistes

22 mars Estimant que les salaires ne sont pas encore en rapport avec le coût de la vie, les métallurgistes de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) viennent de décider de refuser de payer cet impôt jusqu'au jour où la base d'exonération qu'ils jugent insuffisante aura été modifiée.

 L'Humanité 4 juin 1921

3 juin La réunion de Raoul Verfeuil, jeudi soir à Castelsarrasin a été dissoute par le commissaire de police, mais elle s'est tenue contre la volonté de celui-ci. La gendarmerie a arrêté Vital, secrétaire adjoint de la Fédération et Michel, président de la réunion. Ces violences n'ont pas empêché M. Berlia administrateur du Midi socialiste de venir porter la contradiction. Il fit le procès de la Révolution russe et convia les radicaux à former le bloc de gauches. Raoul Verfeuil et Durègne lui répondirent comme il convenait. Le public fit une ovation à nos amis. P.

 L'Humanité 31 août 1923

Au passage à niveau d'une usine de Castelsarrasin, le garde-barrière découvre le cadavre d'un ouvrier métallurgiste russe André Gouladoff

 L'Humanité 2 juillet 1928 (eu Une)

Un métallurgiste est électrocuté à Castelsarrasin

Toulouse 1er juillet Marcel Baque, 26 ans, ouvrier à l'usine de métaux de Castelsarrasin, travaillait dans une fosse avec deux camarades lorsque, voulant déplacer une lampe électrique, il toucha imprudemment le fil conducteur et tomba électrocuté.

 

Du côté du quotidien du PS, Le Populaire, il est beaucoup question des affaires électorales mais rien sur l'usine :

Le Populaire 12 mai 1918 : Castelsarrasin apparaît dans un article : Carnet d'un commis-voyageur en socialisme

Le Populaire 1er décembre 1938

Grève contre les décrets-lois, Montauban 30 novembre

 

Le mouvement de grève s'est surtout développé dans le bâtiment et sur les chantiers militaires. A Montbartier et à Castelsarrasin la proportion des grévistes est de 100 %. A Montauban, sur deux cents ouvriers occupés dans le bâtiment, on compte cent-cinquante grévistes. Dans l'usine de coupeurs de poils, moitié des ouvriers sont en grève. Le calme règne.

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 16:29

Tout d’abord j’indique que je ne compare une élection qu’à une élection du même type. Autrefois, sur la base de ce principe, les journaux, en publiant les résultats, publiaient ceux de l’élection précédente comme élément de réflexion. A présent, il faut se chercher soi-même, ces résultats, et, même si internet facilite ce travail, il n’est pas habituel, car l’habituel est devenu le très court terme. Or toute élection est le produit d’une histoire sur le long terme. Ce bilan repose sur les résultats dans le Grand Sud Ouest que je connais un peu.

 

L’abstention

Tout commence par l’abstention et le vote blanc (ou nul), c’est-à-dire par l’imposant refus de participer à la dite élection, de choisir parmi les très nombreux candidats. Elle révèle que , ne sont facteur de participation ni le nombre de candidats (les second tours rassemblent toujours plus d’électeurs que les premiers) ni le choix de la proportionnelle (où normalement chaque voix compte avec en France le seuil de 5%, 4% en Italie, et aucun pourcentage en Espagne). L’explication est donc antérieure aux questions techniques de l’élection, et touche au fond du politique : à quoi ça sert de voter ? ou mieux : ça sert qui de voter ? Les anarchistes qui sont le groupe politique le plus radical sur le sujet pensent que le vote ne sert qu’à cautionner la farce démocratique (élections pièges à cons). Ceci étant l’augmentation de l’abstention n’a jamais renforcé le courant anarchiste ni ici ni ailleurs. Peut-être parce que les médias rendent l’abstention invisible ? En partie oui, mais en partie non quand, pendant toute la campagne, il a été répété que nous aurions 60% d’abstention.

Dans notre région l’abstention a baissé de 55,5% à 52,5 et les exprimés de 42,3 à 45,3.

Les blancs et nuls sont du même ordre avec, cette fois, une distinction dans le calcul.

 

En fait l’abstention rend l’abstention invisible car elle ne peut faire apparaître les multiples raisons de l’abstention. Grosso-modo l’abstention s’explique par «la fatigue démocratique» : l’idée justifiée que les politiciens se moquent des citoyens et que seuls les «experts» dirigent la vie politique. Mais l’abstention ne dit pas comment en sortir. Cette année, elle n’a pas été plus forte qu’en 2009, mais elle a peut-être changé de nature : pendant des décennies, après la guerre, l’extrême-droite n’ayant pas de parti phare, ce courant a pratiqué largement l’abstention. Depuis 1984, il vote FN. Aujourd’hui, l’abstention semble davantage frapper les forces issues de la gauche sans que personne ne puisse dire quel a été l’impact de l’appel au boycott. L’apparition des Verts aux européennes de 1989 a réduit cette abstention mais l’expérience depuis a déçu.

 

Le battu

L’UMP est doublement battu : d’une part, elle fait un score minable par rapport à 2009, et d’autre part, elle ne bénéficie en rien de la crise du PS !

Dans notre région elle était conduite par Dominique Baudis et cette fois par Michèle Alliot-Marie. Elle passe de 26,8 à 18,5. Pendant ce temps, les centristes, conduits par le même Rochefort restent au même niveau : de 8,6 à 8,6. Donc la perte ne s’explique pas par un glissement d’un électorat centriste cher à Baudis qui refusant MAM se serait jeté dans les bras de Rochefort le Modem-UDI.

Or les municipales ont montré, avec la victoire de Moudenc à Toulouse, que l’UMP avait le vent en poupe. Ce n’était qu’une illusion qui tient au facteur « municipale ». Pour élire des administrateurs une partie de l’électorat FN préfère l’UMP, mais pour voter « politique » il se retrouve dans le FN (les députés européens sont perçus à juste titre comme des figurants).

Je refuse le terme péjoratif « vote défouloir » qui, pour des municipales pourrait devenir « vote clientéliste ». Il faut juger de chaque vote par rapport à l’enjeu.

 

Le champion

Traditionnellement l’élection européenne a fait apparaître des « champions » éphémères. En 1979 le PCF est devant le PS et Georges Marchais en tire des leçons générales : à la présidentielle il va devancer Mitterrand d’autant que le MRG (PRG de l’époque) présente un candidat. On connaît la suite : aux élections européennes suivantes c’est la douche froide, le FN devenant le nouveau champion. Certains en déduisirent bêtement qu’il y avait eu transfert du vote communiste vers le vote FN car pour eux les abstentionnistes sont invisibles. Les transferts ont touché en fait tous les partis et sont venus s’ajouter aux abstentionnistes qui se sont réveillés. Je  ne vais par faire la liste des « champions » suivants qui induisirent des commentaires erronnées sur l’avenir politique de la France : la liste Bernard Tapie, la liste Pasqua-De Villiers etc. Jusqu’à cette année 2009 où Daniel Cohn-Bendit porta les Verts à un score aussi éphémère que celui de De Villiers ou Bernard Tapie.

Cette année le champion s’appelle donc le FN qui passe de 5,9 à 24,7 avec la même tête de liste dans ma région (Louis Aliot). Nationalement c’est de 6% à 25%. Une augmentation phénoménale (l’abstention étant égale, l’explication n’est pas là) qui provient d’un score en dessous du 10% habituel de ce parti en 2009, et au-dessus de son nouvel étiage de 18% (la présidentielle), en 2014.

En 2009 le FN est en bout de course pensent certains, car cet échec, aussi phénoménal que son succès d’aujourd’hui, fait suite à l’effondrement du score de Le Pen à la présidentielle de 2007. A l’époque, Sarkozy avait réussi à « siphonner » suivant le mot très juste de Le Pen, le score de ce parti. Le FN a su tirer les leçons de la déroute (qui fut une déroute financière) et le père a passé le relais à la fille qui, bénéficiant des déceptions causées par Sarkozy, a fait comme si les nouveaux succès étaient le fruit d’un « recentrage ». Elle ou quelqu’un d’autre du FN aurait eu le même succès.

Le FN a la particularité d’être un parti « passif » qui bénéficie paradoxalement d’un vote « politique ». On ne vote pas pour la personne, pour le féodal capable de distribuer une faveur mais pour l’étiquette. Et toutes les dissidences s’y sont cassé les dents. Jean Claude Martinez, célèbre leader du FN a, cette année encore, tenté de récupérer une part de l’extrême-droite sans succès.

Le score FN n’est en aucun cas le résultat d’une activité politique de ses militants, mais le simple produit des échecs des autres forces politiques, sur la base répétée et martelée : nous sommes seuls contre tous ! Ce simple positionnement qui a quarante ans d’âge pour le FN, est une des bases de toute extrême-droite. Dès le départ certains ont voulu croire que le FN n’était qu’une variante de la droite, ou l’inverse, car comme on n’arrive au pouvoir en France que par des alliances le Fn allait finir par se plier aux normes classiques. Aucun parti n’a jamais gouverné seul mais le FN prétend gouverner seul car gouverner n’est pas son premier souci ! Ce qui plaît assez…

Donc le FN attend les fautes des adversaires et il récolte d’autant plus que tous les adversaires ne savent que taper à côté pour le contrer (une leçon de l’histoire vu qu’il est toujours là).

 

Le PS veut encore rêver

Les dirigeants du PS ne le disent pas mais ils continuent de rêver. En 2009, même dans la région très socialiste qu’est le Grand Sud-Ouest, Kader Arif faisait 17,7% soit presque 10% de moins que l’UMP, et aujourd’hui, avec 15,7% il est à moins de 3% de la même UMP ! Or après l’échec de 2009… ce fut le succès de 2012 ! Preuve supplémentaire qu’il ne faut jamais tirer des leçons trop rapides d’une élection européenne.

Le résultat du PS de 2009 ne doit pas faire oublier que dans le même temps un de ses alliés classiques, le candidat José Bové, avait fait 15,8% et qu’il est tombé à 11,4% (perdant ainsi un élu). Une chute cependant faible pour ce parti qui n’a que de faibles relais dans les municipalités et qui aurait pu payer sa participation gouvernementale. Quand on met face à face l’appareil politique du PS-PRG et celui d’EELV c’est bien Goliath face à David.

Bref, si l’UMP a de la réserve avec l’alliance au centre, le PS est pris en tenaille. Après 202 j’avais cru à une refondation de ce parti, style Congrès d’Epinay en unissant radicaux, une frange des Verts, une frange du PCF dans une nouvelle organisation. Puis la vie a continué comme avant…

 

Le Front de Gauche à la traîne

Le PS a perdu, les Verts ont perdu et le Front de Gauche aussi. On va me répondre que Mélenchon passe de 8,1 à 8,5% ce qui est loin d’un K.O. Sauf qu’en 2009 le FdeG faisait ses premiers pas et depuis, Mélenchon, puisque dans notre région il est en tête de liste, a été sur tous les fronts… pour en arriver à stagner. De plus, ce tableau serait injuste sans un coup d’œil au score du NPA. En 2009, Myriam Martin, alors tête de liste ce parti, avait passé la barre des 5,% en talonnant le FN : 5,6 contre 5,9. Depuis elle a rejoint le FdeG ,et le NPA dans la région tombe à 0,5% (faute de moyens il n’a pas pu envoyer bulletins et profession de foi) sans que Mélenchon ne récupère une voix ! Pire, Myriam Martin, envoyée dans la région Est pour y conduire la liste FdeG, fait un score inférieur à celui qu’elle avait obtenu pour le seul NPA en 2009  Bref le PS n’a pas d’alliance possible sur sa gauche et le FdeG de même vu la disparition de l’extrême-gauche !

Par l’élargissement du FdeG depuis 2009, Mélenchon pouvait espérer (et espérait) récupérer au moins 4% pour arriver à frôler ou même dépasser nationalement, le score du PS. Echec.

Le score d’un parti n’a aucun sens, sans le relier à celui des autres partis. Déjà pendant la campagne, Mélenchon, en réponse à des journalistes lui disant « Mais pourquoi le FdeG ne récupère-t-il pas les déçus de François Hollande ? » a répondu deux choses : nous avons faits des erreurs et de plus notre message est plus complexe que celui du FN.

Les erreurs viendraient-elles seulement de l’allié PCF qui a fait des alliances dès le premier tour des municipales avec le PS ? Ou du même Mélenchon parti se battre aux législatives loin du Sud-Ouest qu’il représentait au parlement européen ? Les erreurs sont multiples… mais qui veut les éclaircir ? Sur ce point aussi, le problème n’est pas circonstanciel. Comment faire comprendre que le nationalisme du FN est contre la France ?

Pour le FN, la nouveauté réelle est apparue aux élections cantonales de 2011 quand, au deuxième tour, en se maintenant contre un candidat de droite, il rassemblait autant de voix nouvelles que quand il se maintenait contre un candidat de gauche ! Beaucoup croyait que seul l’électorat de droite pouvait se rallier au FN, contre la gauche. En fait, une partie non négligeable de l’électorat de gauche (environ 30% en se basant sur quelques exemples étudiés dont celui de Moissac), s’est mis lui aussi à préférer le FN, que le candidat PRG ou PS au second tour ! Et Hollande n’était pas au pouvoir !

Le FN est un parti où tout le monde marche d’un même pas, et le FdeG une coalition où les crocs en jambes sont monnaie courante car chacune des composantes pense détenir la bonne clef pour gagner ! Je ne dis pas qu’il faut en passer par le pouvoir personnel conforme au style FN mais qu’il faut démontrer une capacité à s’organiser autrement, quand on veut défendre un idéal de progrès humain.

En lot de consolation il y a le succès grec de Syrisa sauf que là aussi PCF et PG préfèrent ne pas être clairs. Il existe en Grèce un parti communiste le KKE qui avait deux députés au parlement européen et qui n’en aura qu’un, pendant que Syrisa passe de 1 à 6. Pour le KKE, Syrisa n’est qu’un masque adroit du capitalisme, même si ensuite au parlement européen les deux partis siègent dans le même groupe ! Quand on compare au sujet de Syrisa Wikipédia en français, espagnol et italien on comprend pourquoi Tsipras est là-bas une vraie vedette alors qu’en France il n’est évoqué que du bout des lèvres.

 

Bref, partout, sous mille formes, nous sommes face à l’émiettement du politique (en Espagne ça va jusqu’à l’émiettement du pays qui provoque un émiettement à la gauche du PSOE) et le FN apparaît comme une référence solide. Une référence qui, pour le moment, est dans le sens de l’histoire. La crise actuelle va se poursuivre, ne faisant qu’apporter de l’eau à moulin à broyer l’authentique démocratie. Personne ne peut prédire la suite et il n’y a de toute façon pas besoin de prédiction pour comprendre que la crise politique de la France a besoin d’être prise à bras de corps pour sortir des impasses. J-P Damaggio

P.S. Je me suis dispensé du mot Europe et c’est involontaire…

 

Point de vue du KKE (le parti communiste grec) sur Syrisa lisible sur son site en français : Parti communiste grec

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 12:45

Résultats Grand Sud Ouest européennes 2009

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

 

Inscrits

6 200 794

 

 

 

Abstentions

3 441 245

55,50

 

 

Votants

2 759 549

44,50

 

 

Blancs ou nuls

134 474

2,17 

4,87

 

Exprimés

2 625 075

42,33 

95,13

 

Liste conduite par

Voix

% Exprimés

Sièges

M. Louis ALIOT (LFN)

155 806

5,94

 

M. Eddie PUYJALON (LDVD)

80 274

3,06

 

M. Dominique BAUDIS (LMAJ)

705 900

26,89

 4

M. Jean-Claude MARTINEZ (LEXD)

24 070

0,92

 

Mme Sandra TORREMOCHA (LEXG)

26 760

1,02

 

M. Kader ARIF (LSOC)

465 076

17,72

 2

M. Robert ROCHEFORT (LCMD)

225 917

8,61

 1

M. Jean TELLECHEA (LREG)

4 201

0,16

 

M. José BOVE (LVEC)

415 457

15,83

 2

M. Patrice DREVET (LAUT)

111 313

4,24

 

M. Jean-Luc MELENCHON (LCOP)

214 079

8,16

 1

Mme Myriam MARTIN (LEXG)

147 422

5,62

 

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