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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 19:55

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Ceux qui auront lu mes articles précédents sur Violeta Parra peuvent deviner que cet article me convient totalement. Oui il vaut mieux comparer Violeta à Woody Guthrie mais ce chanteir est moins commercial que Bob Dylan… Par ailleurs je découvre une belle référence à Nicanor Parra et enfin la photo très belle qui n’est pas celle de la version internet du journal.

Jean-Paul Damaggio

 

 

Libération 28 novembre 2012

Violeta Parra, la voix du Chili incarnée

Par FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ

Protest song . Le livre publié par Angel Parra sur sa mère, légendaire chanteuse folk engagée, a inspiré le film du réalisateur Andrés Wood.

 

Plus qu’à Bob Dylan, comme le fait la publicité du film, c’est à Woody Guthrie qu’il faudrait comparer Violeta Parra. Née dans la pauvreté en 1917, elle se donne pour mission de sauvegarder les traditions populaires menacées avant de composer ses propres chansons. Elle partage avec le père du folk song américain l’engagement politique auprès du Parti communiste, et les deux artistes meurent la même année : elle en février 1967 (suicide), lui en octobre (maladie).

Le beau livre Violeta ma mère, d’Angel Parra (1), inspire Violeta, première fiction (après divers docus) sur la vie de la chanteuse. Sans chronologie, le fils remonte le cours capricieux de la mémoire pour évoquer une femme passionnée et intransigeante, à qui le maquillage faisait horreur, qui se fâchait contre les spectateurs inattentifs lors de ses concerts.

Revolver. Le film d’Andrés Wood, auteur du remarqué Mon Ami Machuca, en 2004, souffre d’une écriture parfois pesante (excès d’images récurrentes). Porté par l’interprétation de Francisca Gavilán, il restitue dans son âpreté le parcours douloureux d’une femme d’exception : la misère de ses origines, l’alcoolisme du père puis du mari, le mépris de l’ordre bourgeois (qui le lui rendait bien), son amour contrarié pour un musicien suisse, son installation dans un chapiteau qui ne fait pas recette. Et enfin le coup de revolver qui la délivre de son mal-être, quelques mois après avoir enregistré une des plus belles chansons jamais écrites : Gracias a la vida.

Comment une femme du peuple se hisse-t-elle contre vents et marées jusqu’à devenir l’un des grands noms de la chanson de langue espagnole, à l’égal de l’Argentin Atahualpa Yupanqui ? Angel Parra souligne l’influence du frère aîné, Nicanor, «qui parvient le premier à s’extraire d’un milieu très humble, part étudier les mathématiques en Angleterre et revient transformé en lord anglais. C’est lui qui incite ma mère à écrire sa vie sous forme de décimas, ces strophes de dix vers dont la forme remonte au Moyen-Age.» Nicanor Parra, père de «l’antipoésie», couronné en 2011 par le prix Cervantès, a fêté en septembre ses 98 ans.

Dans son livre, Angel Parra souligne l’expérience du cirque de Violeta. Grâce à sa sœur mariée à un artiste forain, elle sillonne le Chili avec un spectacle itinérant qui la met au contact des réalités sociales (la vie misérable des mineurs) et de la diversité du folklore. Une tradition la marque profondément : celle de la «veillée de l’ange», organisée à la mort d’un enfant. Elle décrit le rituel dans la chanson Rin del Angelito, plusieurs années avant de perdre sa fille de quelques mois.

Manuscrits. Angel Parra, né en 1943, a joué un rôle important dans la politique culturelle du président socialiste Salvador Allende. Quand le général Pinochet renverse le gouvernement démocratique, Angel est enfermé dans un camp. Il débarque en France en 1975, passe dix ans à chanter, avec sa sœur, Isabel, dans des meetings de solidarité avec le peuple chilien. Aujourd’hui, il s’est tourné vers l’écriture avec, outre les souvenirs de sa mère, quatre romans publiés. «2013 va être une année clé, affirme-t-il,avec l’ouverture du musée Violeta-Parra, en mars, à Santiago.» Il réunira les manuscrits de la chanteuse et son importante œuvre plastique (tableaux, tapisseries). «Avec le livre et le film, le musée, la publication de l’intégrale des œuvres de ma mère en 13 CD, je jugerai ma mission achevée», confie le fils dans son appartement parisien.

Au Chili, Violeta (dont le titre original est Violeta s’en fut au ciel) a réuni plus de 500 000 spectateurs. Sa sortie en 2011 a coïncidé avec la mobilisation contre la baisse des budgets de l’enseignement public. Dans un défilé, les étudiants brandissaient une pancarte :«Violeta n’est pas au ciel, elle marche avec nous.»

(1) Editions Ecriture, 2011.

VIOLETA d’ANDRÉS WOOD Avec Francisca Gavilán, Christian Quevedo, Thomas Durand… 1 h 50. En salles. 

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 16:43

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Les Editions La Brochure ont publié :

Victor Hugo à la Havane de M. Vivas

Victor Hugo au Mexique de Jean-Paul Damaggio

Nous nous dispenserons du livre Victor Hugo au Chili en nous contentant d’offrir la photo de la couverture d’un des livres de la bibliothèque d’Arica.

Jean-Paul Damaggio

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 16:36

Entrevue avec Marta Harnecker« Le plus grand triomphe de la mobilisation étudiante est de changer la façons de penser la société »Jose Robredo H.Rastro

  Harnecker est retourné au Chili pour participer au deuxième séminaire « Marxismes au XXIe siècle », une réunion tenue dans la bibliothèque de Santiago et dans la Faculté des sciences humaines de l'Université de Valparaíso les 22, 23 et 24 novembre derniers. Il y a eu la participation d'éminents auteurs et chercheurs, qui ont discuté et réfléchi autour à la validité et la pertinence, qui possède aujourd'hui les œuvres de Marx dans le contexte latino-américain. Pour toutes les présentations et débats qui ont été soulevées dans la chaleur des exposés, il a été souligné la présence importante du public, en particulier les jeunes,

Dans ce contexte, la sociologue chilienne, Harnecker, auteur de plus de 80 œuvres qui comprennent « Les concepts élémentaires du matérialisme historique » et « Cahiers d’éducation populaire », a participé à la table « les mouvements sociaux et politiques en Amérique latine », soulignant que les processus qui se vivent actuellement en Amérique latine ont une relation directe avec la grande participation des citoyens. Au cours d’une brève pause entre les exposés, Marta Harnecker a bavardé avec El Rastro au sujet de son regard sur l'évolution de la pensée marxiste depuis les années de guerre froide jusqu'à nos jours et comment visualiser cette évolution au Chili.

 Comment peut-on expliquer à quelqu'un du 21e siècle ce qui provient du marxisme ?

Je pense que « le » marxisme ou la pensée de Marx a subi une évolution par rapport à ce que nous avions compris au cours des années 1960, et ce que nous voyons maintenant. Ce penseur - Karl Marx - a eu beaucoup d'interprétation, et sa grande contribution c’est de nous donner à comprendre comment fonctionne cette société et plus particulièrement le système capitaliste. Dans ma jeunesse, j'ai été un chef de file de l'Action catholique, parce que je voulais que les hommes s’aiment les uns les autres ce qui est un principe fondamental du christianisme, et le marxisme m'a fait découvrir que pour atteindre cet objectif il fallait une société qui soit organisée pour promouvoir la solidarité et qui ne soit pas structurée pour encourager la concurrence. Voilà pourquoi je suis passée du catholicisme au marxisme, parce qu’à partir de Marx tu peux t’expliquer pourquoi dans le capitalisme cette solidarité est impossible. La logique du système capitaliste te pousse vers la concurrence des uns contre les autres. Par conséquent, même si l'employeur veut mieux payer plus ses travailleurs, la « concurrence » l’en empêche et fondamentalement ça se passe ainsi parce que s’il paie plus, il perd en rentabilité, les coûts sont augmentés et finalement c’est la faillite. Il n'a d'autre alternative que cette recherche de rentabilité permettant de survivre ce qui signifie la réduction des coûts, c'est-à-dire les salaires.

 Ce fait se reflète dans l'inégalité qui existe dans le pays...

Il s'agit d'une logique invisible pour tous, elle ne se voit pas. L'employé est d'avis que s'ils l’ont embauché pour un salaire, cette rémunération est équitable, ou plutôt, qu'elle est appropriée au travail qu'il réalise. De même, pour de nombreux travailleurs c'est juste que le capitaliste soit celui qui recueille la plus grande partie du gâteau, l'excédent de production, mais il ne réalise pas que c’est lui, le travailleur qui produit la richesse et que le capitaliste gagne grâce aux travailleurs embauchés. Selon la pensée de Marx, la richesse est produite par le travail et non par le capital. Le capital est même le résultat d'une accumulation de travaux antérieurs, capturés par le propriétaire du capital, principalement en raison des relations de pouvoir asymétriques, à la suite des dominations coloniales et politiques ou de suprématie militaire. Si nous étions observateurs lucides, nous verrions que la pensée de Marx est claire sans beaucoup de difficultés pour comprendre ce que nous voyons tous les jours dans notre société.

 Maintenant pourquoi faut-il  parler des marxismes ?

Parce que Marx a eu  différentes interprétations. Il y a le marxisme mécaniste qui se limite au déterminisme et pour lequel il ne peut y avoir aucune action humaine efficace, où les changements sont le fruit d'une évolution mécanique qui se trouve dans l'histoire. Il y a ceux qui affirment que la dynamique des sociétés et personnes, ainsi que la pratique révolutionnaire, sont importants dans les processus de changement et de transformation du capitalisme, donc il peut y avoir  marches et revers, progrès et recul, révolutions et contre-révolutions, et où rien n'est assuré. Ce n'était pas imaginable ni possible quand j’étais étudiante. Aujourd'hui, il y a débat et controverse... et c'est très intéressant parce que par le passé, ceux qui avaient une pensée différente étaient assimilés à des ennemis. Maintenant, il faut s'habituer au dialogue, à construire notre pensée en discutant. C’est pour cette  raison que cet événement organisé au Chili a été si intéressant et particulièrement grâce à la présence de jeunes.

 Que diriez-vous maintenant du fait que la pensée marxiste intéresse particulièrement les nouvelles générations d'intellectuels ?

La dictature a essayé d'effacer et de déformer l'expérience de l'unité populaire (UP), arguant qu’elle a été désastreuse pour le développement du pays, et à tout point de vue. Puis arrive la chute du socialisme soviétique et de sa conversion au capitalisme. Sans parler maintenant de communisme chinois : une forme de capitalisme, organisé et promu par le parti communiste chinois. Eduardo Galeano dit: "nous avons été invités à un enterrement dont les morts ne sont pas les nôtres," parce que le socialisme que nous voulions - peut-être que les communistes avaient une autre idée en tête - a été très différent du socialisme soviétique qui est tombé sans être l'idéal du socialisme ; il avait déjà ses déformations, déjà, à l’époque, des gens de gauche ont critiqué le socialisme bureaucratique et le manque de participation des citoyens dû au manque de libertés. Il n'est pas surprenant que les jeunes intellectuels retournent pour réviser Marx, sa pensée - en particulier sa critique du capitalisme – qui reste valable, aujourd'hui plus que jamais. Son travail intellectuel n'a pas été dépassé.

 Ce qui se passe en Amérique latine (plus précisément au Venezuela, Équateur, Bolivie et d'autres) est-ce que ça a des relations avec cette renaissance ?

D’abord il y a eu des expériences concrètes qui ont tenté de sortir de la matrice néolibérale, puis la renaissance de la pensée de gauche. En fait les processus qui ont eu lieu dans ces pays n'avaient pas de parti communiste ni le marxiste militant à leur tête. Son obstétricienne était le néolibéralisme, qui rendit les inégalités telles avec ce néocapitalisme sous forme de néolibéralisme, que ces peuples, d'abord résistèrent, et puis se sont révoltés jusqu’à faire apparaître des présidents, quand ils se sont rendus compte qu’il leur fallait des dirigeants avec des plates-formes anti-néolibérales. Ces processus politiques plus la crise mondiale du capitalisme, a fait que les intellectuels de gauche ont tournés à nouveau leur regard vers la pensée de Marx pour lui donner une nouvelle lecture jusqu’à le changer en un marxisme plus authentique, plus énergique, plus proche d'une réflexion complexe qu’une pensée dogmatique, ou une recette de Conseil politique. Pour moi, aujourd'hui, à partir de la pensée de Marx nous pouvons concevoir et penser une société de complet développement pour le peuple. Dans cette société idéale que nous voulons atteindre, chacun doit nécessairement apporter sa contribution, dans la mesure de ses capacités ; ainsi, cette société idéale devrait donner à chaque membre ce dont il a besoin. L'idée est que cela réponde aux besoins de chacun, c'est-à-dire une société où la place centrale est aux besoins de la population, mais, en prenant certaines précautions à cet égard. Nous étions très égalitaires, ce qui, par la voie du collectivisme, annula la personne et sa créativité. Égalitarisme et collectivisme sont des déviations du marxisme que le socialisme réel a mis en pratique. Le logement, la santé ont été donnés, la pauvreté a été résolue, mais par de décisions de sommet, sans que le peuple ait conquis ces droits.Aujourd'hui, nous savons que la pensée de Marx est beaucoup plus complexe et riche que celle présentée par le collectivisme et l'égalitarisme. Il est toujours possible d'extraire de l’œuvre de Marx, des réflexions qui nous permettent une vue plus éclairée, diversifiée et complète, de ce qui est aujourd'hui le développement capitaliste. Il faut nécessairement en passer par Marx, si on veut surmonter le système capitaliste.

 Maintenant au Chili qui a été, et est, le résultat du néolibéralisme, comment vous pensez atteindre ce processus ?

La première chose à dire est que le Chili a été le premier pays à avoir essayé un socialisme différent du soviétique. Allende avait la vision d’un socialisme qui pouvait être construit par des moyens démocratiques, ce qui est le chemin emprunté aujourd'hui par les gouvernements de Chávez, Correa, Morales, entre autres et dans ce sens ont a été précurseurs du « socialisme du 21e siècle ». Maintenant, je pense que si le terme «socialisme » est trop discrédité au Chili et, en ce sens, je suis d'accord avec le vice-président de la Bolivie (Álvaro García Linera) qui dit que peu importe le nom du processus... pour moi j'aime le nom de "vie en plénitude » qui résume les valeurs marxistes.

 Mais au Chili la question est apparemment plus complexe.

Eh bien, c'est une très longue lutte. Marx parle de « fumier du passé » et de la culture héritée comme un gros problème. On ne peut vaincre ce fait par le biais de la prédication, mais par la lutte : le plus grand triomphe de la mobilisation étudiante est de changer nos têtes, dans la société au Chili. Je ne perds pas espoir, il y a deux ans j'ai été au Chili et n’ont ne voyait rien... je ne veux pas dire que nous sommes en pleine révolution, mais nous sommes en chemin. Nous devons nous rappeler que les forces qui ne veulent pas de changement sont puissantes, et que ces processus peuvent conduire à la fragmentation qui a été le facteur tragique dans la défaite du processus de l'unité populaire.  

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 14:43

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Philippe Cohen et Pierre Péan viennent de consacrer à Le Pen une imposante biographie. Je l’ai appris par Maurice Szafran dans Marianne qui n’ira pas par quatre chemins dès le titre de son article : « Jean-Marie Le Pen, la réhabilitation ». Ayant d’autres lectures en cours, je ne suis pas allé vérifier. Voilà que « Le Canard » n’est pas plus tendre pour le livre. Alors je m’inquiète. Peut-être quelqu’un m’enverra les réponses des auteurs ? Pour le moment je vous offre l’article du « Canard ». J P Damaggio

 La bio de Le Pen soumise à la torture

APRÈS tout, ce pourrait être une bonne nouvelle : le lieutenant Jean-Marie Le Pen n'a pas torturé en Algérie. Le rude soldat s'est « sans doute » laissé aller à « brutaliser » quelques suspects. Mais la gégène, la baignoire, jamais. Et, s'il lui est arrivé de laisser entendre qu'il avait bien mis la main à la pâte, c'était pure vantardise et rodomontade. C'est la thèse défendue par Philippe Cohen et Pierre Péan dans la copieuse biographie qu'ils viennent de publier (1). « Le Canard », qui fut le premier à mener une véritable enquête et à retrouver des témoins directs, ne demande qu'à en être convaincu. Hélas, sur ce chapitre au moins, le bouquin est truffé d'erreurs grossières et d'affirmations péremptoires, qui n'ont qu'un dénominateur commun elles dédouanent le fier para.

Question sans réponse

Il serait un peu fastidieux de reprendre les 25 pages de leur longue plaidoirie. Il suffit de relever que les auteurs eux-mêmes comptent pas moins de neuf témoins qui ont affirmé, souvent sous la foi du serment, qu'ils avaient été torturés par Le Pen. Cohen et Péan n'en sont aucunement troublés : tous des menteurs ! Tous arabes, il est vrai. Et, comme le disait Le Pen lui-même à la barre du tribunal, sans doute tous des tueurs du FLN « en service commandé ».

Un fieffé menteur, par exemple, cet Ali Rouchaï, qui, en 1984, raconte pour la première fois son histoire à un journaliste du « Canard ». Arrêté, torturé par Le Pen, il confie, vingt-deux ans après, des larmes dans les yeux : « Que Dieu me pardonne, j'ai craqué, j'ai donné des frères. » Enfermé dans un réduit, pris de remords, il tente alors de se trancher la gorge avec une bouteille. Lors de l'audience du 21 mars 1985, Le Pen se trahit sottement et confirme le récit : « Je lui ai sauvé la vie, à celui-là !» Et c'est exact. Le lieutenant Le Pen a bien transporté Rouchaï à l’hôpital. Le médecin qui l'a soigné racontera, beaucoup plus tard, les manœuvres dilatoires dont il a usé pour retarder le moment de rendre « son » blessé à Le Pen, qui insistait pour lui poser encore quelques questions. Donc tout est vrai. A un « détail » près.

Menteur, encore, l'ancien maître d'hôtel du maire d'Alger, Jacques Chevallier, dont Cohen et Péan ont oublié le témoignage. Arrêté par Le Pen, torturé, il est libéré le lendemain avec un œil en moins. Ce qui provoque une protestation officielle du maire auprès des autorités militaires. Au procès, « Le Canard » a produit la lettre de Jacques Chevallier.

Menteur, toujours, le commissaire Gilles, qui rédige, en 1962, une note sur les sévices au tout jeune Abdenour Yahiaoui. Là, le mensonge confine au paranormal. Devenu un paisible artisan, Yahiaoui est retrouvé à Alger à l'adresse exacte indiquée par le commissaire Gilles. Vingt-deux ans après, il habite toujours la maison familiale. Il n'a aucun lien avec le FLN. Au procès du « Canard », qui a lieu plusieurs mois avant celui de « Libération », il témoigne, sans le moindre ressentiment : c'est bien Le Pen qui s'est occupé de lui. Menteur !

Mais il est vrai que ni Cohen ni Péan n'ont assisté à ces moments terribles où, devant les juges de la 17e chambre, les torturés ont fait face à leur tortionnaire. Ils n'ont pas entendu le silence du prétoire. Ils n'ont pas senti le froid qui s'est abattu sur le public. Ah, ils avaient du talent, les menteurs !

« Que retenir de tout cela ? » se demandent les auteurs. Mieux vaut plutôt oublier les écrits des compères, que l'on a connus mieux inspirés. Oublier, par exemple, qu'ils expliquent doctement que, lors de son procès, « Libé «a été relaxé en première instance. En réalité, le quotidien a été condamné, tandis que « Le Canard », lui, était bel et bien relaxé à l'issue d'une première audience dont ils ne disent pas un seul mot. Un détail ?

L.-M. H.

(1) « Le Pen, une histoire française » (Robert Laffont)

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 14:37

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Ce livre est unique comme les chapeaux que créait à Montauban, Porte du Moustier Marie-Louise Garrigues-Aliès. Unique par son style, son sujet et sa portée.

 Au départ on peut penser qu’une femme qui raconte sa vie se livre à un geste banal même si les hommes sont cent fois plus nombreux à oser cet exercice. Le lecteur est cependant un peu surpris par la forme de la narration : un dialogue, un entretien, sans rien enlever à la spontanéité de la « confession ».

Elle est dans le train pendant la deuxième guerre :

« Et trois ou quatre allemands avec leur fusil comme ça s’arrêtent à chaque compartiment, popopo… et bien sûr qu’ils se sont arrêtés chez nous mais alors, là où j’ai eu peur, ils étaient à deux mètres de rentrer, un monsieur dans le compartiment sort un révolver, comme ça, hé (elle montre une arme énorme et très vite et très fort, la bascule sous ses pieds), pof, il le met sous la banquette… s’il avait pas pu faire ça… eh bien, il l’a fait… le autres n’ont pas eu l’idée de regarder sous la banquette… »

 Il arrive que Marie-Louise parle d’elle à la troisième personne, ce qui hier était une pratique populaire (j’ai connu une personne qui disait toujours « on » à la place de « je »). Avec Marie-Louise centenaire à présent, hier c’est donc bien avant 1939 et elle porte avec elle jusqu’en 2012 toute la vie de cette époque. A un moment elle regarde des photos d’elle jeune :

« - Non, ce n’est pas à moi ça

- Comment ça, ce n’est pas à vous ?

- Si, c’est moi mais ce n’est pas moi, c’est trop beau, ça, c’est pas simple. »

 Oui, la photo est un des supports les plus importants du livre. Elles sont reprises en petit format, le plus souvent en couleur et elles deviennent vivantes grâce au commentaire de Marie-Louise. Photos de famille le plus souvent, voilà pour la banalité, photos d’amour, voilà pour la beauté.

 Femme du peuple, Marie-Louise est aussi femme de l’art et ce va et vient entre l’ordinaire et la beauté, on le voit poindre dès le début grâce à un père qui était lui aussi un artisan éprit de beauté. On penserait à un menuisier, un tailleur et pourtant il s’agissait d’un briquetier. Un briquetier construisant une colonne artistique qui va accompagner Marie-Louise toute sa vie j’avoue que ça me semble rare car une brique c’est une brique.

 Tout au long d’une vie bien remplie Marie-Louise en a croisé des gens et elle présente des tonnes d’historiettes qui dégagent une morale dont elle sait très bien qu’elle n’est plus de notre époque, pourtant nous sommes les mêmes êtres humains.

 J’espère que le livre aura beaucoup de lecteurs et sans doute plus de lectrices, des personnes qui l’ont connue travaillant jusqu’en 1977 Porte du Moustier, ou aidant ensuite à la vie de la Cathédrale car à partir de 1947 tout son univers sera autour de cette place centrale de Montauban. Et puis des lecteurs curieux qui comme moi cherchent les témoignages authentiques. Je peux par exemple donner le nom du cordonnier évoqué au début quand, gamine, elle habitait du côté du Cours-Foucault. Un homme qui faisait chanter l’Internationale à ses enfants, qui était conseiller municipal de Montauban de 1919 à 1925 et qui s’appelait André Gros.

 Ajoutons que le livre auto-édité est techniquement bien fait par ICN à Orthez. 270 pages, 20 euros avec de la couleur presque partout.

On le trouve chez Deloche à Montauban.

Jean-Paul Damaggio

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 20:46

En 1967 Violeta Parra se suicide. Un an après un grand colloque l’honore dans une Université catholique à Lima ou Santiago, je ne sais. L’écrivain péruvien Arguedas y intervient. Lui-même va se suicider un an après. C’est en admirant Violeta qu’il tombera amoureux de sa seconde épouse, une Chilienne. En fait, quand il parle de Violeta, il parle de son propre combat aussi impossible sur le plan littéraire que celui de la grande chanteuse dont il pense cependant qu’elle a réussi. JPD

P.S. Ceux qui me connaissent savent qu'Arguedas est depuis longtemps une de mes références.


 JOSE MARIA ARGUEDAS.— Je crois que le cas de Violeta Parra est un des plus exceptionnels et intéressants qui se soit présentés dans le monde de l’art d’Amérique latine. J’ose dire cela parce que depuis de nombreuses années je ne cesse de réfléchir à ce cas chaque fois que j’ai l’opportunité de l’écouter directement.

L’art que crée les noirs, les indiens, les métis, est considéré comme un art inferieur. Cet art sert à différencier ces groupes, pour assurer leur ségrégation et même pour les déprécier. D’un autre côté, et c’est une des caractéristiques générales du folklore, tout l’art que crée ceux qui n’ont pas réussi à aller à l’école ou à l’université, qui ont maintenu une source d’inspiration dans les formes passées témoignages historiques de groupes appelés cultes ou prédominants dans leurs sociétés, c’est aussi considéré comme du folklore, et c’est aussi un élément pour les différencier et jusqu’à les rejeter. Cependant quelques grands artistes, grands créateurs, ont réussi à convertir ces éléments distinctifs en éléments unificateurs. Ils l’ont réalisé à travers le miracle de l’art. Nous avons des cas en Amérique et en Europa, assez clairs et universellement reconnus. On pourrait se référer au cas en Amérique du Nord de chanteurs comme Robertson et Marian Anderson ; en Europe au cas de compositeurs comme Bartok ou Manuel de Falla. Je crois que Violeta Parra est à ce niveau.

Je sais qu’on considère toujours comme une audace excessive, comme une hérésie, d’alterner exemples latino américains et européens mais cela fait partie du colonialisme mental de nos pays, colonialisme dont on croit s’être libéré mais qui pèse encore beaucoup y compris sur les personnes qui pensent avec la plus grande audace en Amérique latine.

 

Rien ne nous intéresse plus aujourd’hui en Amérique latine que le folklore. Il y a une inquiétude, un intérêt authentique ou snob, pour le folklore ; mais que ce soit une inquiétude nous émeuvent tous, c’est une évidence. Il existe à présent une véritable multitude de personnes qui se consacre au folklore. Ce sont des gens qui se consacrent au folklore, principalement en musique, et je vais considérer qu’il existe trois niveaux. Il y a le folkloriste authentique, porteur du folklore, comme par exemple un indien péruvien ou bolivien, ou un noir brésilien, qui interprètent la musique. Et je vais me référer de manière plus précise à la musique de façon à ce que mon propos soit plus clair (j’ai toujours peur du public et en général au fur et à mesure que je parle ma peur grandit. Pourvu que ça ne m’arrive pas).

Nous allons nous référer au cas très concret de la musique. L’Amérique est millionnaire en musique, parce qu’en Amérique nous héritons d’éléments culturels du monde entier et ces éléments culturels sont allés en se mélangeant à des degrés différents et très complexes.

Parmi les folkloristes musiciens, il y a par chance les folkloristes, porteurs authentiques, l’indien, le paysan qui par miracle arrivent à construire un univers sans s’y perdre, car il garde une pureté merveilleuse comme était celle de son propre village. Au Pérou, il existe des exemples vraiment extraordinaires de joueurs de quena, de chanteurs et même de danseurs qui n’interprétaient que des cérémonies de type magique, et qui maintenant dansent sur les scènes de Lima avec une grande pureté.

 

A un autre niveau —et je n’utilise pas le terme à des fins hiérarchiques— il y a les folkloristes que s’approchent des sources du folklore avec grande sympathie, et de plus avec une grande aptitude pour arriver à s’identifier avec la forme et le contenu de cette musique. Mais à ce niveau, fréquemment, l’aptitude à une identification totale est impossible. Alors ils atteignent des niveaux différents dans la création populaire.

 

Considérons le cas de Violeta Parra. Elle n’est pas une imitatrice, elle n’est pas celle qui s’approche du peuple, de la source créatrice du peuple, avec sympathie. Plutôt, elle symbolise le cas d’une identification totale, absolue, avec une espèce de soif insatiable, au point qu’elle arrive à se confondre de la manière la plus totale et profonde au message que contient le folklore, qu’il soit noir, métis, blanc, européen ou chilien. Elle a une aptitude géniale pour cette identification. Au moyen de cette identification, l’artiste crée des œuvres d’une originalité qui ne peut être confondue avec aucune autre. A s’identifier et créer à propos de manifestations folkloriques caractéristiques de classes sociales ou de races (que l’on considère inferieures parce qu’elles ont été marginalisé, ces races maintiennent des caractéristiques en même temps distinctes), l’artiste réalise le miracle de lancer tous ces éléments différents et ségrégatifs comme des éléments unificateurs, et universalisateurs et pas seulement sur un plan national.

Bref, Violeta Parra n’est pas seulement une artiste chilienne. Ses sources, ses racines, ne peuvent être plus chiliennes, elle est le plus chilien du plus chilien de ce que je peux sentir comme tel, cependant, au même moment elle est ce qu’il y a de plus universel que j’ai connu au Chili. En ce sens, sans doute – et excusez la véhémence avec laquelle je m’exprime parce que je ne suis pas un scientifique mais un modeste créateur — l’œuvre de Violeta Parra se transforme ainsi en une source la plus éclairante la plus féconde pour tout type de créateur. Parce que on y trouve la palpitation de gens les plus oubliés, de gens les plus discriminés, les plus victime de ségrégation qui de ce fait ont créé, face à tant de marginalisation, de souffrance, une œuvre porteuse de messages plein de forces. Je suis d’accord pour dire que l’œuvre de Violeta Parra va se transformer rapidement en un véhicule américain qui atteindra d’autres pays car en elle est contenu cet amalgame formidable qu’est le Chili.

De ce fait, moi en tant que Péruvien qui vient d’en bas, qui suis un sujet sorti du pur folklore, quand j’ai écouté Violeta Parra dans son chapiteau je me suis senti véritablement ému et en même temps éclairé. Le plus génialement individuel et en même temps le plus génialement populaire.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:58

Nous avions parlé de ce procès quand il a eu lieu à Castelsarrasin. La juge et la procureur semblaient prêtes à condamner EDF puis finalement il n’en fut rien. Les associations ont fait appel et EDF est condamné. Le procès était historique. La condamnation aussi. Bravo aux associations ; JPD

 http://la-brochure.over-blog.com/article-proces-contre-edf-a-castelsarrasin-102539954.html

 http://la-brochure.over-blog.com/article-nucleaire-le-proces-qui-fera-date-98041178.html

  

Golfech. Accident de travail à la centrale (La Dépêche)

 La cour d’appel de Toulouse a condamné ce lundi EdF à 4 000 euros d’amende à cause d’une fuite d’eau radioactive à la centrale de Golfech. Cette condamnation faisait suite à une fuite de tritium survenue le 18 janvier 2010 à la centrale. Selon l'Autorité de sûreté nucléaire, cette fuite était mineure et avait eu un impact de santé faible. D’après les organisations antinucléaires qui poursuivaient cette entreprise, cette condamnation est une première.

EdF, l’un des principaux producteurs et fournisseurs d’électricité au monde, devra payer deux fois 2 000 euros pour avoir utilisé un système d’alerte inadapté. La chambre correctionnelle de la cour d’appel a également condamné l’entreprise pour avoir tardé à intervenir sur un puisard. En plus de l'amende, EdF devra verser 1 500 euros de dommages et intérêts à chacune des trois parties civiles du procès : Sortir du nucléaire, France nature environnement et les Amis de la terre.

 Les antinucléaires, qui voulaient mettre en accusation les règles générales de fonctionnement d'EdF, sont satisfaits d’avoir obtenu gain de cause. Marc Saint-Aroman, du réseau Sortir du nucléaire, a d'ailleurs déclaré : "on est très satisfait qu'EdF soit pour la première fois condamné". 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:49

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Le hasard veut qu’à, notre retour du Chili, un film sorte sur le cas de l’artiste chilienne Violeta Parra, film d’Andrès Wood.

Il s’agit d’une Violetta au cœur de toutes les tensions. Face à l’art, le Chili, sa famille, la pédagogie, dieu ou la mort, elle semble vivre une crise permanente. Le livre de son fils Angel sert de fil conducteur et de ce point de vue le film rend bien l’esprit de la chanteuse, peintre etc.

Commençons par le plus crucial dans sa vie : les tensions face à l’art. Elle veut porter la culture populaire dans les salons de la culture savante (ses tapisseries entreront au Louvre). Ce défi est doublé en plus d’un défi au cœur même de la culture populaire qu’il ne faut pas réduire à la culture du peuple. La classe dominante a toujours été habile pour porter le peuple vers la culture du divertissement et Violeta elle-même se découvrira chanteuse de Flamenco quand son rêve c’est de chanter le Chili. Alors elle brisera cette première carrière et partira à la recherche du folklore qu’elle trouve surtout au fond des campagnes.

La première scène de film nous montre plusieurs des crises de Violeta : elle face à l’immensité de la nature chilienne, elle face à son fils, elle face à sa quête de musique, elle face à la mort.

 L’affiche du film déclare : « Avant Bob Dylan, il y avait Violeta Parra. » Un argument commercial pour dire que le Chili a pu devancer l’empire US ? Mais avant Bob Dylan aux USA la quête du folklore était déjà présente dans le jazz… Et si Violeta a devancé Dylan, son succès n’a pas été à sa hauteur, pas plus qu’à la hauteur de Joan Baez qui a chanté… Violeta Parra.

 La tension face au Chili ? Elle quittera le Chili en 1957, elle partira respirer un autre air sur invitation du Festival Mondial de la Jeunesse à Varsovie. Elle savait qu’elle partait pour plus longtemps qu’un simple festival : pendant deux ans elle tentera de toucher le public parisien. A son retour, le décalage entre elle et son pays est un fossé, elle qui a fortement évolué, son pays qui reste celui des immenses injustices. L’immense bande de terre qu’elle a parcourue, qu’elle veut parcourir pour en chercher la sève va la décevoir.

 La tension face à sa famille ? Le film est là aussi très dur et parfois, dans le labyrinthe un peu confus. Tous les spectateurs saisissent-ils bien que c’est avec sa sœur qu’elle chante un moment ? Que le cirque qu’on l’on découvre à un moment est une sorte de cirque familial ? Que son père instituteur est aussi un poète ? Et parmi les trois enfants, si dès le départ nous voyions son fils Angel, si à la fin Carmen Luisa qui a quinze ans est très présente, si on devine Isabel de quelle tension s’agit-il entre eux ?

 Est-ce ce père instituteur qui lui fait vomir l’école ? Et son fils Angel suivra la même voie par mimétisme : l’école buissonnière. Il dira : « elle était pédagogue elle m’a appris à lire et à compter ». Autodidacte, gouvernée par l’intuition, par le sentiment, elle a voulu apprendre du peuple. Les pédagogues assument d’autres fonctions. Si la relation maître-élève lui semblait sans doute une hiérarchie à bannir, elle extrapolait trop quant au rapport à la science, au raisonnement et à l’art du possible.

 Comme pour les sujets précédents, son rapport à dieu était fait à la fois de respect et d’irrespect. On n’appelle pas son garçon Angel (ange) sans se placer dans un ordre croyant et en même temps cet ordre ne pas se réduire à une soumission au clergé. Si le titre du film en espagnol, suivant la formule d’Angel est « Violeta se fue a los cielos » (Violeta est partie pour les cieux) Dieu est quelque part mais où ? En se suicidant, elle perd son droit à être chrétienne…

 Le succès du film au Chili et en particulier au sein de la jeunesse tient sans doute à cette crise permanente au cœur de toutes les images, une crise dramatique car il s’agit à la fois d’affronter tous les préjugés sans cracher sur les porteurs de préjugés. Le folklore n’est pas la culture arrêtée et enfermée dans son passé, mais la culture en mouvement.

Il serait injuste de ne pas évoquer un des préjugés plus dramatiques : la mise à l’écart des femmes au Chili. Dans le film, on voit une cérémonie où le monsieur remercie le public et particulièrement les femmes exceptionnellement invitées pour la soirée. Violeta, à l’énergie phénoménale n’est-elle pas la femme qui a « abandonné » ses enfants car elle est partie en voyage ? Rappelons que le Chili qui a eu une femme présidente n’en est pas moins l’un des cinq pays des Amériques où la législation sur le droit à l’interruption de grossesse est la plus rétrograde. Un signe qui à mes yeux ne trompe pas sur la conception sociale des femmes. Et que Michelle Bachelet soit à présent à l’ONU pour s’occuper des droits des femmes n’est pas de nature à me rassurer sur le combat qu’elle y mène… J-P Damaggio

P.S. L’actrice-chanteuse Francisca Gavilan rend à merveille Violeta.

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 15:11

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Santiago Humberstone, Recuerdo de un pampino, Mario Rojas Oyanadel (auto-édition)

Allende el hombre y el politico, Memoria de un secretario privado, Ozren Agnic, Iderntikit

Funeral vigilado, La despedida a Pablo Neruda, Sergio Villegas, LOM

Mi hermana Violeta Parra, su vida y obra en décimas Eduardo Parra Sandoval, Entremares

Sur le plan du tourisme

Souvenir de Valparaiso

Souvenir d’Iquique

Catalogue du Musée d’Azapa (Arica)

Descubriendo San Pedro de Atacama Fotografia Eugenio Hughes G.-P.

Achetés depuis :

Violeta Parra Ma mère, préface Luis Sepulveda, Angel Parra, Editions Ecriture

Les fleurs noires de Santa Maria, Hernan Rivera Letelier, Métaillé, 2004 (édition originale 2002)

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 15:40

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Je viens d’entendre sur France Culture, Angel Parra parla de sa mère à propos de la sortie du film réalisé à partir de son livre Violeta se fue a los cielos, en français, Violeta Parra ma mère.

Bien qu’admirateur du fils et de la mère je n’ai pas été convaincu par son livre aussi j’attends le film avec impatience. Dans le prélude j’ai lu :

« La détonation [celle qui cause son suicide], ou le coup de pistolet, comme disait son frère aîné, a peut-être résonné comme une porte claquée violemment. Je préfère le mot détonation. »

 “Violeta se fue a los cielos” le titre du livre en espagnol c’est la formule d’Angel pour qualifier la mort de sa mère car finalement tout débute par ce point de départ, le suicide à Santiago de Violeta Parra. Donc le portrait de l’amoureux qui est parti et qui serait la cause de la mort mais à la radio j’entends Angel ajouter une autre raison : la déception de Violeta quand elle retrouva un Chili immobile avec une classe politique pleine de boniments mais ne donnant pas de suite dans la réalité. Et c’est vrai, Violeta s’était lancé dans un grand projet pour lequel elle n’a eu aucun soutien. J’ai déjà évoqué dans un article ce grand écart entre la situation de Violeta avant sa mort, et l’hommage qu’elle reçoit partout aujourd’hui, pas seulement dans la rue de la part des étudiants qui manifestent mais aussi de la part des institutions.

C’est ainsi qu’à Santiago nous avons vu une expo d’elle au Musée de la Mémoire, une autre expo d’elle dans le Musée installé sous le parking devant La Moneda, et de grands panneaux dans la ville.

 

Angel Parra né en 1943 a donc aujourd’hui presque 70 ans et il se souvient de sa mère. Le problème du livre c’est le statut des souvenirs. Il écrit au rythme des souvenirs qui lui reviennent. Je me méfie énormément des souvenirs et encore plus quand il s’agit de ceux d’un fils à propos de sa mère. Je comprends que pour écrire un tel livre, on veuille refuser toute confrontation avec les documents afin de laisser tout pouvoir à « la rêverie » mais alors Violeta risque de s’effacer au profit de l’auteur qui en fait raconte plutôt sa propre vie à travers sa mère.

 

L’enfant raconte par exemple ce souvenir :

« Dans le passé, ma mère avait réussi à libérer l’oncle Lalo d’une autre chaîne qu’il ne pouvait supporter. Nicanor, le frère aîné, soucieux de l’éducation de ses cadets, avait pu obtenir (grâce à son modeste emploi de surveillant général dans la pension Barros Arana) une bourse pour Eduardo Emeterio, dit Lalo. Il avait été accepté, et c’est alors que ses souffrances avaient commencé. Les Parra sont des oiseaux chanteurs, à condition de ne pas être en cage. »

Angel évita l’école et je serais curieux de savoir s’il ne projette pas son expérience sur Les Parra en général. A moins que Nicanor ne soit pas un Parra ? Il se trouve qu’Eduardo a publié en 1998 un livre sur sa sœur sur lequel je reviendrai. Avec un souci parmi d’autres : définir le statut de Dieu dans le monde des Parra. J-P Damaggio

 

P.S. Page 136 je lis : « Le point culminant de ces retrouvailles avec mon père a lieu un 18 septembre plein de joie. En face de la gare, au milieu de la place où se trouve encore le buste de Manuel Rodriguez. » En fait il s’agit de Simon Rodriguez l’incroyable précepteur, conseiller, complice et ami de Bolivar, un homme dont j’admire son livre L’île Robinson.

 

Mi hermana Violeta Parra, su vida y obra en décimas, chez LOM, 1998

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