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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:57

Cet article (merci à Hubert Delpont qui me l’a fait passer) qui n’est pas une présentation de l’Humanité mais visiblement un journal local plutôt centriste montre donc parfaitement bien la provocation. Il témoigne d’un état d’esprit de 1936 à prendre en compte dans les analyses. JPD

 

 Le Réveil d’Yvetot Samedi 1 août 1936

 La réunion communiste

La Salle des Réunions a été le théâtre de sérieuses Bagarres

 Dimanche dernier, les Communistes avaient organisé un meeting en notre salle des Réunions, sous le théâtre, avec le concours de deux orateurs du parti : M. Roger Mocquet, député de Paris, et M. Renaud-Jean, député de Marmande, président de M Commission d’agriculture de la Chambre.

Ce dernier, dont on connaît la situation au sein du parti extrémiste comme à la Chambre, n'était pas un inconnu pour nos concitoyens, dont un certain nombre l’ont déjà entendu il y a une dizaine d'années.

L’affluence des auditeurs, dimanche, était considérable. On l'a chiffrée à un millier de personnes environ.

Un bureau composé de sympathisants devait être formé, mais des membres extra-muros du Front Paysan ou des Ligues dissoutes, qui se trouvaient en nombre dans la salle, imposèrent leurs amis M. Suplice, comme président, et MM. Pointier et Rousseau, comme assesseurs.

En ouvrant la séance, M. Suplice déclarait que la liberté de parole serait respectée, et le premier orateur, M. Mocquet, commençait tout aussitôt à développer son programme. A peine en avait-il dit quelques mots, qu'un hourvari formidable était déchaîné, tandis que bon nombre d'auditeurs entonnaient la Marseillaise.

Et cela parce qu’en dehors des trophées de drapeaux tricolores dont la salle était décorée, le drapeau rouge figurait à la tribune et que les organisateurs ne voulaient pas le faire disparaître.

Aux interruptions, aux cris, aux chants patriotiques, devaient succéder bientôt, à un signal donné (un coup de sifflet), une attaque en règle, déclenché plus particulièrement contre M. Renaud Jean.

Des pieds de bancs furent arrachés, des chaines brisées, des chapeaux piétinés et venait aussitôt la mêlée,

La présence des manifestants, venus pour la plupart en automobiles de régions éloignées, a empêché la réunion d'avoir lieu et le pugilat auquel nous faisons allusion se poursuivit un moment,

Répétons ici ce que nous avons toujours dit : on peut ne pas être communiste, on peut se refuser à entendre développer des théories qu'on réprouve mais on ne doit en aucun cas se laisser aller à des gestes regrettables qui ne doivent pas être le fait d'hommes se réclamant des partis d'ordre, de travail et de liberté.

Nous réprouvons la violence, d'où qu'elle vienne : c’est-à-dire que nous condamnerions parallèlement des faits semblables venant d'hommes d'extrême-gauche ou de gauche au cours de meetings organisés par des partis de droite. Nous ne pensons tout de même pas que les français verraient de gaieté de cœur s'instaurer en notre pays la guerre civile dont on suit avec anxiété les douloureux ravages en Espagne.

Au reste, la composition du bureau de dimanche aurait dut offrir une garantie suffisante à ceux qui l’avaient élu par acclamation. Il y a de ces mouvements de révolte qui dépassent le but recherché et qui risquent fort de mettre dans une situation délicate ceux qui déclareront n’avoir pas voulu cela.

Après la bataille où il fallut enregistrer un certain nombre de blessés dont M. Renaud-Jean grand mutilé de guerre, soigné à la gendarmerie par M. le docteur Chevrolle, les manifestants emportant quelques drapeaux se formèrent en cortège pour rejoindre leurs autos.

Ces incidents regrettables en tous points doivent-ils être rapprochés du scandale récent des Petites-Dalles dont nous avons parlé dans un précédent numéro ?

Quoiqu'il en soit, ils nuisent fort au bon renom dei notre accueillante province et nous voulons croire qu'ils ne se renouvelleront pas.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:08

Non, je n'en ai pas fini et loin de là, avec le Chili...

Je me suis lancé dans la traduction du poèmen car le tête est limpide. JPD

  

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar

pour vaincre l’homme de paix

ils durent rassembler toutes les haines

et en plus les avions et les tanks

pour battre l’homme de paix

ils durent le bombarder, le faire flammes

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent lancer la guerre sale,

pour vaincre l’homme de paix

et faire taire sa modeste et perforante voix

ils durent pousser la terreur jusqu’à l’abîme

et tuer plus encore pour continuer de tuer,

pour battre l’homme de paix

ils durent l’assassiner plusieurs fois

parce que l’homme de paix est une forteresse,

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent imaginer que c’était  une troupe,

une armée, una hueste, une brigade,

obligés de croire que c’était une autre armée,

mais l’homme de paix était seulement un autre peuple

et il tenait entre ses mains un fusil et un mandat

aussi il fallait plus de tanks, de rancœurs

plus de bombes plus d’avions et plus d’opprobres

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar,

pour vaincre l’homme de paix

ils durent toujours s’affilier à la mort

tuer et tuer plus encore pour continuer de tuer

et se condamner à une solitude blindée,

pour tuer l’homme qui était un peuple

ils durent se retrouver sans peuple.

 

Mario Benedetti

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:06

En revenant du printemps chilien, je retrouve ce texte du 12 avril 2003 de l’ami Jacques Desmarais. Autant dire que 10  printemps après il n’a pas vieilli alors je le reprends avec joie. JP Damaggio

 « Heureux d'un printemps qui me chauffe la couenne» -Paul Piché

 Aujourd'hui, du haut de la montagne, vers le ravin, j'ai vu mon premier papillon de l'année. Il était en plein vol, de couleur brune avec de la poussière d'or sur les ailes.

Aujourd'hui, au centre de ski, j'ai vu la première fille de l'année dehors en shorts rouges. Ses jambes étaient blanches comme la neige qu'elle pianotait avec ses petites raquettes de souris. Elle avait une queue de cheval et de belles hanches. Heureux les peuples qui ont un printemps !

Aujourd'hui, j'ai vu courir en spirale mon premier millepattes. Il était roux, caméléon nerveux sur le tronc de mon petit érable dont la sève coulait d'aplomb dans la boquette sous le soleil de l'après-midi.

Aujourd'hui, dans le jardin encore plein de feuilles mortes et de grands fouets, j'ai cueilli deux oignons, survivants de l'hiver qu'on avait oublié. Mes premiers légumes de l'année !

Aujourd'hui, au retour de la campagne. j'avais tellement bu d'eau d'érable qu'il m'a fallut, pour la première fois de ma vie, arrêter faire pipi à l’halte routière provinciale, 20 kilomètres avant Montréal !

Aujourd'hui, ma fille Néomie a entamé note provision de sirop d’érable nouveau en faisant de la tire sur la neige pour sa flopée d’amies ! Si vous aviez vu la tire liquide ! Si vous aviez vu la neige de ruelle toute on ne sait trop de quoi !

Aujourd'hui j'ai entendu comme vous tous sans doute les nouvelles du monde à la radio. Quoi de neuf sous le soleil ? Bien sûr le désordre» de l'heure ! L'unilatéralisme! Mon petit marche-pied de bonheur ne mérite pas de briller tant la misère est profonde. Pierre Bourgault prend la peine de ciseler pour ses auditeurs les arguments, plus vitaux que jamais, du «camp de la paix». Alors, ça va encore bourgeonner de paroles dans les rues de par le monde ?

«Viens, écoute, ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai»

- Georges Moustaki

Aujourd'hui, justement, je ne dirais plus «il faut croire que oui». Car l'obligation et la croyance ne sont peut-être pas très utiles pour construire le monde. Mais je dirais volontiers que les marcheurs et les raquetteurs de la paix avec leurs mots twistés s'il fallait les twister, empruntent la route du printemps des peuples.

Ce printemps-là n'existe pas par avance, n'est pas une régularité du grand Horloger.

Mais on a la couenne dure. On a besoin de soleil.

Aujourd'hui surtout!

Jacques Desmarais

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:03

A chercher dans mes vieux papiers, je tombe sur ce texte qui résume le passage de Gilles Vigneault au Théâtre d’Agen où je ne suis allé qu’en cette occasion. C’était un dimanche après-midi d’avant l’an 2000…et j'ajoute un mot à l'ami Jacques Desmarais en route vers les îles de la Madeleine. JPD

Vigneault, droit face à son public, aidé par trois jeunes musiciens, joue, chante, danse et trimballe la vie de tant de gens ! Il conte, raconte, dit et redit et le public est séduit. Comment ne pas établir le lien avec Desjardins ? Bien sûr l'un est très rural quand l'autre est plus que rural. Vigneault chante la bonté d'un temps sincèrement chrétien quand Desjardins n'y croit plus, à la bonté charitable, mais aux gens tout autant. Leurs similitudes font surgir l'écart entre ce temps d'avant la révolution tranquille, et celui d'après. Par le passage d'une langue française habillée à l'ancienne, à une langue explosée du joual au franglais. Alors de la nostalgie ?

Vigneault chante son rejet du portable, et trouve un moyen de passer par le Japon car il reste de ce monde pour l'amour et la paix. Il parle de ce qu'il avait dans son village comme de ce que nous pouvions avoir partout. Sa nostalgie est combative. S'il séduit, dès les trois premières notes de musique, je pense que cela tient à l'immense culture populaire qu'il a fait sienne et qu'il transporte à cœur battant, à corps trouvé. La turlute — c'est bien la turlute ? — et ce rythme spécifique dont le nom m'échappe conduit à la danse, au refrain et à l'émotion. A l'écouter, toute l'histoire de nos vies défile dans nos têtes.

Si des artistes, en racontant leur vie, disent celle de tout un chacun, lui, raconte celle de tout un chacun, pour assurer sa vie qui semble douce comme une chute de neige.

A 74 ans on a envie de célébrer la performance, celle d'avoir duré, celle d'être là, celle de continuer. Or ce mot de performance s'applique très peu à son art. Pour le rappel, il a repris Berlu qu'il avait déjà chanté dans le spectacle. Faut-il y voir un signe ? Berlu est parti en riant, Berlu est parti en chantant, comme Gilles ? Pour présenter Berlu, Gilles indiqua que cet homme inventa la carte de crédit avant qu'elle n'existe.

La chanson dit aussi : « J' peux pas vous dire la fin du conte », car Gilles n'a pas de fin aux contes qu'il croise ? En passant, deux questions c'est quoi les mouillures ? peut-être la neige qui vient de tomber ? et se marcher dans la figure ?

Pour la musique, il me resterait beaucoup à dire du violon, ce violon fou que j'ai mis trop longtemps à entendre pour ce qu'il était. Le jeune qui en jouait se servait aussi de beaucoup d'autres instruments, y compris des cuillères originales.

 

Pour rester avec Vigneault, à l’ami Jacques Desmarais j’avais écrit ceci suite à une carte postale nous indiquant un grand voyage en avion qu’il avait fait pour son travail.

 

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché au sol.

Descendant à Nastaquan, je te vois cherchant dans ta poche la clef d'une porte sans serrure. Ni par étourderie ou inconscience mais comme marque d'un certain décalage. Vigneault se décala un jour de sa Côte-Nord vers les bords de la Seine. Il se décala quand les Français se repliaient. On croit toujours que nos chanteurs sont de Paris puis qu'un jour ils s'en échappent. Je pense bien sûr à Jean Ferrat replié dans l'Ardèche quand Léo Ferré alla jusqu'à Milan tandis que le Belge Jacques Brel se cacha aux îles Marquises. Peut-être Brassens fait-il exception. Comme Vigneault peut-être, il se décala pour mieux rester, en partant, de là où il était. Je pense à Nino Ferrer dont j'appris le suicide sous le ciel québécois, un des rares repliés dans mon cher Sud-Ouest.

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché aux mots.

Descendant du bateau à Harrington-Harbour, je te vois proposant des breloques à des cornemuseux inexistants. Ni par jeu ou inculture mais comme marque d'un certain décalage. George Perros s'échappa vers la Bretagne pour travailler sa poésie. Jean Guidoni le chanteur aime dire : je suis à côté (il s'est replié en Normandie ce Marseillais qui gagna son sort à Paris). Et dans notre géographie néo-libérale le « à côté » devient la marge, lieu par excellence de la rentabilité zéro. Pourtant toi, à Harrington-Harbour, tu es là en fonction, au travail, pour l'étude etc. Double décalage d'un rêve se faisant réalité.

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché aux gens.

Descendant aux Iles-de-la-Madeleine, je te vois ébloui par le minuscule comme source de l'immensité. La madeleine est ce modeste gâteau que j'aime faire si souvent avec les enfants des écoles. Et les îles sont si étranges qu'un jour, Vigneault s'en alla vers l'Ile-de-France.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:47

Avant qu’il ne soit trop tard relayons cet article de Sud-Ouest qui va quitter le Gers et les Hautes-Pyrénées sous peu laissant à La Dépêche le monopole de l’information locale. Il avait plus d’associations qu’indiquées dans la liste et un débat très riche. Ce travail régulier est admirable. JP Damaggio

 Publié le 20/11/2012 à 06h00 Par Bernard Courtès

 

Condom    Abue de pouvoir

Les associations du Sud-Ouest étaient réunies samedi dans la sous-préfecture.

Ils étaient venus de Bordeaux, Castres, Toulouse ou Auch, confronter leurs actions et les déboires des usagers de l'eau. L'Association Baïse usagers de l'eau (Abue) accueillait ses homologues du Sud-Ouest, samedi. Toute la journée, les témoignages des responsables se sont succédé sur les combats menés et certains gagnés. Une chose est démontrée, les usagers possèdent un certain nombre de leviers pour peser sur les décisions des prestataires de service.

Difficile pour le simple usager de s'y retrouver dans le mode de calcul du prix de l'eau entre la part due au prestataire, celle de la collectivité locale, des taux de TVA à 19,6 % facturés par des sous-traitants dans des loyers sociaux, alors que le taux est de 5,5 %. A cela il faut ajouter, pour ceux qui sont soumis à un assainissement collectif, le prix de cette prestation : « Pas toujours assurée correctement », souligne l'un des représentants, qui cite un collecteur qui n'est pas raccordé à la station d'épuration et de poser la question : « Où vont les effluents ? ».

Dans les conflits entre les usagers et les prestataires, les premiers obtiennent régulièrement gain de cause, mais cela nécessite beaucoup de persévérance et de patience. L'exemple de Castres est significatif : une action menée en 2011 par l'association des usagers obtenait gain de cause sur un prix de l'eau jugé abusif entre 1991 à 2004. Dix ans après, les usagers qui s'étaient porté partie civile obtenaient 1 000 euros chacun.

http://www.sudouest.fr/2012/11/20/abue-de-pouvoir-884239-2277.php

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:12

allende-blog.jpg

Allende est là, debout avec ses lunettes (un jour je vous conterai l’histoire des lunettes retrouvées) mais pour tous ceux qui savent qu’une statue ne s’installe pas sans négociation, ils regardent Allende là debout et s’interrogent. Quand vous le regardez vous n’avez pas, derrière la statue, le Palais de la Moneda. Non, il est de côté, par contre oh ! le pied de nez à l’histoire, derrière il y a le ministère de la justice. Un jour sur le Canard enchaîné, dans un dialogue imaginé avec Pinochet repartant de Londres pour Santiago le journaliste lui demande : « -Vous ne craignez pas votre retour ? – J’ai confiance en l’injustice de mon pays ! »

 Ensuite la négociation porte toujours sur la plaque. Nous lisons Salvador Allende Gossens en gros caractère. (1908-1973) et une phrase neutre : « J’ai foi dans le Chili et son destin » plus une date, 11 septembre 1973.  Cette date du 11 septembre est un clin d’œil aux initiés. Les ignorants peuvent observer qu’elle correspond à l’année de sa mort. Imaginez qu’on ait écrit : Suicidé le 11 septembre 1973 ? Ou à la place de la phrase de son dernier discours la cause de ce discours : Victime du coup d’Etat fasciste du 11 septembre 1973 ?

 Allende, en ce 11 septembre a tiré, et le choc a cassé les lunettes et dans les décombres, une femme passant par là, a trouvé puis caché pendant des années, la moitié des lunettes. Allende est là mais son rêve et le nôtre ? Jean-Paul Damaggio

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:54

le-chanteur-de-rue.jpg

 

Une fois seul, comme ici sur la marche de la banque à Arica, parfois à trois dans un autre coin, ce chanteur de rue nous rappelle que le Chili chante et pas seulement les chansons de Violeta. Ceci étant, dans les bus par exemple, ils n’accèdent qu’aux bus populaires, tout comme les vendeurs de bricoles diverses.

Au Chili, pas un enfant ne fait la manche ce qui ne signifie pas que la misère est inexistante.

Bref, pour les artistes de la guitare dans la rue, je sens que la vie est plus dure qu’ailleurs en cette Amérique.

Et cet inconnu chantait, cette chanson phénoménale du poète chilien Julio Numhauser, Todo Cambia

J’ai cru que c’était une chanson de Mercedes Sosa mais en fait elle est surtout interprète (peut-être uniquement interprète). Je n’ai jamais pris le temps de bien connaître cette chanteuse que pourtant j’admire et je donne le lien pour écouter le fameux Todo cambia. J’aime l’Amérique latine aussi parce qu’une chanson appartient à tous. Pouvant être interprétée par dix, vingt chanteurs, elle vit ainsi.J-P Damaggio

 (au mot français vous pouvez accéder à l'auteur de la traduction)

http://www.youtube.com/watch?v=g8VqIFSrFUU

 Todo cambia

Cambia lo superficial
Cambia también lo profundo
Cambia el modo de pensar
Cambia todo en este mundo

Cambia el clima con los años
Cambia el pastor su rebaño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Cambia el más fino brillante
De mano en mano, su brillo
Cambia el nido el pajarillo
Cambia el sentir un amante

Cambia el rumbo el caminante
Aunque esto le cause daño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no extraño

Cambia, todo cambia (x4)

Cambia el sol en su carrera
Cuando la noche subsiste
Cambia la planta y se viste
De verde en la primavera

Cambia el pelaje la fiera
Cambia el cabello el anciano
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Pero no cambia mi amor
Por más lejos que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia, todo cambia (x4)

Pero no cambia mi amor
Por más lejos que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia, todo cambia...

français

Tout change

Ce qui est superficiel change
Ce qui est profond aussi
La mode de pensée change
Tout change en ce monde

Le climat change avec les années
Le berger change son troupeau
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Le diamant le plus fin change
De main en main, sa brillance
Le petit oiseau change son nid
Un amant change son sentiment

Le marcheur change de direction
Même si cela lui fait mal
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Ca change, tout change (x4)

Le soleil change dans sa course
Quand la nuit subsiste
La plante change et se vêtit
De vert au printemps

Le fauve change de pelage
Le vieux monsieur change de cheveux
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Mais mon amour ne change pas
Qu'importe la distance à laquelle je me trouve
Ni le souvenir, ni la douleur
De mon peuple et de mes gens

Ce qui a changé hier
Devra changer demain
Tout comme moi je change
Sur cette terre lointaine

Ca change, tout change (x4)

Mais mon amour ne change pas
Qu'importe la distance à laquelle je me trouve
Ni le souvenir, ni la douleur
De mon peuple et de mes gens

Ce qui a changé hier
Devra changer demain
Tout comme moi je change
Sur cette terre lointaine

Ca change, tout change...

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:08

Ayant aujourd’hui à Condom j'ai écouté un responsable de l’association des usagers de l’eau de Castres aussi je comprends mieux l’article suivant de La Dépêche. Il y a eu trois affaires en une :

Des usagers contre le prix de l’eau de la mairie

La mairie contre la Lyonnaise des Eaux

Des usagers contre la Lyonnaise des Eaux.

Dès que vous payez l’eau vous passez (sans le savoir) un contrat de droit privé avec celui qui vous envoie la facture. Donc la bataille entre 40 usagers (ceux qui ont porté plainte car en fait la question touchait tous le habitants) et la Lyonnaise a été traitée par le tribunal civil, les autres éléments ayant été traités par le tribunal administratif. Mais c’est une décision du tribunal administratif (illégalité du prix de l’eau) qui a incité le combat devant le tribunal civil. Vous suivez ?

En fait les 40 000 euros versés par la Lyonnaise, ce n’est pas une décision de justice mais c’est suite aux divers procès, le résultat d’un accord entre les deux parties. La bataille durant depuis plus de dix ans…

Ce compromis indique une reconnaissance tacite que le prix de l’eau était illégal mais ce fait n’entre pas en ligne de compte dans le conflit entre la mairie, qui suite à la décision du tribunal administratif a rompu le contrat avec la Lyonnaise, et la dite Lyonnaise qui fait payer la rupture du contrat aux habitants en ayant obtenu 32 millions d’euros de compensation ! Sur les 32 millions il était tout de même facile de lâcher 40 000 euros d’autant que le compromis compréhensible ne fait pas jurisprudence pour les autres cas. De plus ma justice serait la justice si on élargissait aux autres usagers le dédommagement gagné par son "avant-garde".

Rappelons que cette lutte associative à Castres a eu le mérite d’avoir comme pilier un homme qui aujourd’hui à 97 ans qui possédait des archives colossales et bien rangées, pour pouvoir mener la bataille juridique gagnée, avec en plus le passage en régie pour la ville de Castres au coût toujours en question. J-P Damaggio

P.S. La réunion de Condom des associations diverses d’usagers de la région, fera l’objet d’un autre article.

 

 l-eau-a-castres.jpg

Publié le 16/10/2012 07:45

Castres. Dossier de l'eau: 40 usagers indemnisés par la Lyonnaise

 Quarante usagers de l'eau viennent d'obtenir réparation de la part de la Lyonnaise, à hauteur de 1000€ chacun en moyenne. C'est l'une des conséquences de la décision judiciaire de 2001 ayant reconnu que le prix de l'eau à l'époque à Castres était illégal.

 Ils attendaient d'avoir le chèque dans les mains avant d'y croire vraiment. Noël Legaré et Georges Carceler, représentants du comité des usagers de l'eau viennent de remporter une décision de justice qui apporte la preuve de ce qu'ils dénoncent depuis 1996 : la Lyonnaise des eaux, délégataire du service de l'eau entre 1990 et 2004, n'avait pas le droit d'intégrer dans le prix de l'eau payé par l'abonné le remboursement des 96 millions de francs de droit d'entrée versé par la Lyonnaise à la ville de Castres. Somme qui avait à l'époque été investie par la municipalité Limouzy dans la construction de l'Archipel. A l'appui de la décision du tribunal administratif d'octobre 2001, quarante usagers castrais avaient déposé un recours devant le tribunal d'instance en 2009 : «Puisque le prix de l'eau était illégal, nous demandions à ce que Lyonnaise nous rembourse le trop perçu.» Encore une fois, il a fallu en passer par les méandres et les délais de la justice pour que le tribunal de Courbevoie désigne un expert et indique que les usagers étaient en droit d'attendre une indemnisation. C'est l'avocate castraise Maître Véronique Génin qui a assisté le comité des usagers tout au long de la procédure. Pour Noël Legaré : «Plutôt que de laisser un expert désigné par le tribunal calculer le trop payé par les clients entre 1991 et 2004, la Lyonnaise a proposé un compromis que nous avons accepté. Certes, nous souhaitions clore ce dossier et il y avait un peu de lassitude. Et puis en payant, la Lyonnaise reconnaît d'elle même que nous avions raison puisque toutes les sommes que nous demandions individuellement ont été versées.» L'association vient de recevoir un chèque de 39 729€ représentant une indemnité variant entre 500 et 1800€ pour chacun des plaignants en fonction de leur consommation d'eau et des factures qu'ils ont pu produire. Une étape assez émouvante pour le comité qui a remis à chacun son dû lors d'une rencontre amicale hier soir. Des usagers qui se demandent encore pourquoi davantage d'ex-clients de la Lyonnaise ne les ont pas suivis cette démarche. Il y a à Castres en effet 18000 compteurs d'eau et ce n'est qu'une infime partie des propriétaires, de façon tout à fait symbolique, qui a souhaité aller jusqu'au bout.

  En marge du conflit de la Ville

Cette procédure n'a rien à voir avec le conflit qui oppose la ville de Castres et la Lyonnaise des Eaux. Même si l'origine du conflit reste la même : la décision d'octobre 2001 qui déclare que le prix de l'eau était illégal à Castres entre 1991 et 2004. Suite à la rupture du contrat de délégation en 2004, la ville et la Régie Castraise de l'eau ont dû payer 32 millions d'€ de dommages à la Lyonnaise. L'argent a été versé mais le conflit n'est pas terminé. Georges Carceller commente cependant : «Une fois encore, on mélange tout. Ce sont les usagers de l'eau qui vont devoir payer une partie de la dette de la ville. Au moment même où la Lyonnaise reconnaît en nous indemnisant qu'elle n'aurait pas dû le faire entre 1991 et 2004.»

 

Jean-Marc Guilbert

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 15:44

photos-musee-de-la-memoire.jpg

 musee-memoire-blog-copie-1.jpg

http://www.museodelamemoria.cl/

Ce musée est tout neuf (il a ouvert ses portes au public, le 12 janvier 2010) et est très surprenant. Comme il est peu évoqué dans les guides nous avons failli l’oublier d’autant que nous ne sommes restés que trois jours à Santiago. En fait,  il s’appelle Museo de la Memoria y de los Derechos humanos (Musée de la Mémoire et des Droits de l’homme). Son architecture est remarquable : un immense parallélépipède rectangle en verre et des barres en cuivre. En fait tout tourne autour de la période 1973-1989, c’est-à-dire l’ère Pinochet.

Film sur le bombardement du palais présidentiel de La Moneda le 11 septembre 1973, photos de détenus politiques transférés dans des centres clandestins, lettres de fils à leurs pères disparus, instruments de torture et des coupures de presse de l’époque.

« Ce qui s’est passé pendant la dictature [1973-1990] est une tragédie qui peut avoir beaucoup d’explications mais aucune justification» a affirmé Michelle Bachelet au moment de l’inauguration.

Je me souviens, elle avait invité Mario Vargas Llosa, soutien habituel de la Concertation mais ce jour-là il décida de soutenir le candidat de droite à l’élection présidentielle, considérant que la Concertation était arrivée au bout de son histoire

 Nous sommes arrivés au musée par le métro (très beau) et dans la station même, une salle d’exposition conduit aux étages du musée qui est gratuit.

Cette exposition de Gustavo Germano est magnifique. Elle devrait pouvoir faire le tour du monde. Il a pris la photo d’une ou plusieurs personnes, dans le contexte d’un autre cliché pour exposer la distance entre les deux. Des photos très émouvantes pour saisir les traces de vie sur les visages. J’ai volé l’exemple d’un homme passé par le camp d’Argelès (il était interdit de prendre des photos). L’expo s’appelle « Absence et distances » et veut montrer les trois types d’action des dictateurs contre les opposants : la prison, l’exil et la mort. La mort apparaît sur des photos où une personne est absente.

 Le Musée montre ensuite les documents sur la période qui va du renversement du gouvernement de Salvador Allende le 11 septembre 1973, à la fin « démocratique » du « régime militaire ». Battu au référendum demandant son maintien au pouvoir jusqu’en 1997, le général a démissionné en 1990. Il est resté commandant en chef de l’armée jusqu’en 1998, date à laquelle il est devenu sénateur à vie.

 Le parcours du musée montre une accumulation de preuves, de traces audibles, visibles, accessibles également à distance à travers la bibliothèque numérique du musée. Des archives qui pour certaines étaient à l’époque inconnues au Chili pour cause de censure, ou qui viennent de l’étranger.

 Le premier étage fait vivre le coup d’État sur un 11 septembre 1973 qui s’étire. On y trouve le témoignage, heure par heure, d’un journaliste posté à proximité de la Moneda, le palais présidentiel dans lequel se trouvait Allende. Dernier discours du président, images du bombardement, témoignages de proches, première intervention télévisée de la junte, images de captures dans tout le pays donnent corps à cet événement.

Suivent des couloirs recouverts de dessins d’enfants de victimes de la dictature, jouxtant une salle consacrée à la torture – parilla (sommier métallique destiné à l’électrocution), chiffres, documents officiels et témoignages à l’appui.

Au dernier étage, une exposition d’œuvres de Violeta Parra.

Pour le moment, contrairement aux prévisions, la droite n’a pas changé le contenu en élargissant les atteintes aux droits de l’homme à de périodes autres que 1973-1989.

 A la sortie nous nous approchons du long muret qui égrène les articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, en lettres de métal fixées sur la pierre.

JP D

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 15:26

livre sur le chili blog

Le Chili du Nord, 27 septembre-24 octobre 2012, 160 pages, 35 pages couleur.

10 euros (port compris) pour toute commande directe à la maison d’édition. 15 euros en librairie.

ISBN : 9782917154847

 Une partie du contenu du livre est accessible sur ce blog mais l’ouvrage permet, au jour le jour, de saisir l’ensemble du carnet de voyage.

Santiago, Arica, Putre, Iquique, Humberstone, San Pedro d’Atacama, Valparaiso, Isla Negra, Quitay, autant de lieux visités grâce à des escales de cinq jours par ville-étape.

 

Au « guide » de voyage s’ajoute des compléments d’informations plus généraux sur la vie chilienne. 

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