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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 11:05

Les grands médias alternent le silence sur certains sujets et l’excès « d’informations » sur d’autres et dans les deux cas, en se renvoyant la balle nous avons de la … désinformation.

Bien sûr la guerre entre JFC (Jean-François Copée) et FF (François Fillon) est un course au pouvoir mais j’ose prétendre que ce n’est pas que ça. La France a toujours eu deux droites, l’orléaniste et la légitimiste, deux droites qui souvent se firent la guerre si bien que pendant la Troisième République une bonne part de la frange orléaniste est restée à l’ombre des Radicaux aux mille visages.

La création de l’UMP fut la suite, faut-il le rappeler, d’une campagne électorale de Jacques Chirac en 2002 où nous avions l’Union pour la Majorité Présidentielle, une union qui se justifiait car à l’époque le président sortant avait eu peur de Charles Pasqua qui avait créé le RPF, après qu’aux Européennes de 1999 il devança (avec l’aide de De Villiers) la liste Sarkozy ! Par miracle, il n’a pas eu les 500 signatures….

Très vite l’UMP est apparu comme une machine contre nature. Bayrou a été le premier à mettre les voiles, puis a été suivi par Borloo, qui comme par miracle, n’a pas eu le courage d’être présent à l’élection présidentielle. Le miracle ne tient pas au manque de signatures mais au manque d’argent : souvenons-nous que le financement des partis politiques tombe dans la caisse des chefs de parti et son parti était soulis à l'UMP ! Les dissidences sont condamnées… à la misère ! 5500 m2 pour JFC et 65 m2 pour FF !

Si la télé désinforme l’opinion, elle forme par contre les dirigeants de parti. Quand le soir du 18 novembre JFC se précipite devant les caméras pour annoncer sa victoire, il prend une longueur d’avance définitive à son adversaire. Grâce aux caméras, la victoire de JFC est plus forte que la réalité des chiffres, et qu’importe la scission annoncée de l’UMP !

FF menace son adversaire de le traîner devant les tribunaux. La même bagarre a eu lieu entre les majoritaires du NPA et la scission de la gauche anticapitaliste non pour contester des résultats internes mais pour assurer un partage du gâteau financier du financement public des partis. L’essentiel va donc à présent se jouer au Parlement : combien de députés vont rejoindre Fillon ? Pour savoir combien il va pouvoir réclamer à son adversaire car c'est la condition de ce financement ! Dans l’adversité les amis sont moins nombreux….

Ceci étant au risque de surprendre des amis, j’écris que JFC et FF représentent deux courants de la droite française et je considère la nuance d’importance. Je ne confonds pas droite et extrême-droite, PS et droite, extrême-gauche et PCF etc. FF a avalé des couleuvres sous Sarkozy et il pensait enfin pouvoir voler de ses propres ailes. Il ne pensait pas qu’un sous-Sarkozy viendrait lui barrer la route. C’est fait, JFC a adopté un discours proche du FN pensant que comme Sarkozy en 2007 il allait lui aussi siphonner l’électorat FN en conduisant une stratégie très à droite pour faire avaler l’échec prévisible du PS (il table sur le fait qu’à la gauche du PS, une alternative crédible n’apparaîtra pas).

Il serait inconséquent de croire que cette évolution est simplement une affaire de querelles. Si, dans l’opinion, il n’y avait pas une évolution à droite, nous n’en serions pas là. Une évolution à droite ne signifie pas que l’opinion devient plus à droite mais que faute d’une alternative consistante à gauche, l’électorat vote par défaut. La victoire de Hollande a plus été un refus de Sarkozy qu’un soutien au PS. Aussi, quand la première grande bataille avec la droite porte sur le mariage entre personnes du même sexe, le PS s’enfonce et Hollande bafouille. Une première grande bataille contre les puissances économiques aurait donné une autre couleur au quinquennat et je n’oppose pas les stratégies entre elles, je ne dis pas de renvoyer à plus tard les questions de société qui dans mon esprit ne sont pas secondaires, je tire seulement les leçons de l’échec cuisant du PS espagnol qui décida de suivre la même voie (les questions de société pour masquer ou éviter les questions économiques).

Etudier les nuances c’est comprendre qu’aucune force politique n’existe pour elle-même mais que la totalité, c’est l’ensemble de cette vie politique y compris les abstentionnistes. En 1981 quand le FN ne fait pas 1% ça ne signifie pas que son électorat n’existe pas mais qu'il s’abstient massivement car il ne croit pas à la voie électorale. L’élection européenne de 1984 a seulement changé la donne. Et les effets sont en cascades. Quand l’URSS s’effondre là aussi les effets sont en cascade. La social-démocratie pense récupérer les vestiges du communisme alors que sa propre crise est antérieure ! Aujourd’hui en Hongrie les mécontents se tournent vers l’extrême-droite alors qu’en Tchéquie ils se tournent vers le communisme.

A l’UMP de 2012, la tendance « droite forte » arrivée en tête, propose de supprimer le droit de grève des enseignants, une idée du vieux Le Pen que sa fille a abandonné. Une solution à la crise ? Non, une façon de se donner des boucs émissaires.

La méthode JFC tourne une page de l’histoire de la droite ; le cas FN ne pourra plus être traité de la même manière. Marine le Pen pense que le « spectacle » donné par la droite va lui apporter des soutiens. C’est oublier que pour les prochaines municipales le FN sera très peu présent sur l’ensemble du pays par manque de moyens, alors que l’UMP va tenter de regagner du terrain (l’enthousiasme suscité par la politique de Hollande aidant), JFC se présentera alors comme le sauveur de la droite et les dissidences comme hier, celle du parti de Pasqua tomberont dans l’oubli. Fillon a tout perdu ; je ne pleure ni ne chante, je pense seulement que la nouvelle crise politique impose à toute la gauche une révolution globale de sa stratégie. En 2017 Mélenchon se voit devant le PS ce qui ne peut pas être en soi, une perspective. J-P Damaggio

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 11:02

Avertissement : Ces quelques remarques schématiques paraîtront peut-être ridicules, je suis prêt à l’admettre à condition qu’on accepte de regarder en face l’abîme vers lequel nous marchons.

 

1 ) Bilan de l’année 1969 : d’un côté 60 soldats soviétiques tués et de l’autre 100 militaires de l’armée populaire de Chine y laissent la vie. Ouf, un accord est trouvé entre les deux pays, mais le monde a basculé. Nous sommes en pleine guerre du Vietnam. L’URSS apporte tout son soutien militaire au Nord-Vietnam qui affronte l’armée des USA. La Chine et l’URSS entre en guerre et à Washington les autorités comprennent que Mao n’est plus le diable, d’autant que pour Mao, Nixon n’est plus le diable. L’homme orchestre de l’histoire s’appelle Kissinger et le 21 février 1972 c’est la concrétisation de sa stratégie : Nixon entre dans la Cité interdite à Pékin. Cependant il faudra attendre 1979 et Jimmy Carter pour qu’enfin les USA reconnaissent le pouvoir chinois ! Parfois les formes retardent sur le fond ! Quel est le sens économique de ce bouleversement ?

 2 ) La nouvelle division internationale du travail

Au début des années 70 les stratèges économiques des USA comprennent que le prochain millénaire sera sous le contrôle de « la matière grise ». IBM contre General Motors. La division du travail entre intellectuels et manuels est un des piliers des sociétés depuis longtemps, mais l’heure est au changement d’échelle. Avec General Motors la classe ouvrière devient plus exigeante, plus audacieuse or il y a la possibilité de la mettre au pas grâce à la Chine ! Envoyer vers «le pouvoir de la classe ouvrière» le plus d’activité industrielle matérielle possible ! Vous me direz qu’Obama, à l’inverse, vient de sauver les vestiges de l’industrie automobile, mais avec une classe ouvrière décidée à… s’auto-exploiter.

A la Chine, le capitalisme industriel, et aux USA les contrôles supérieurs de ce capitalisme par la révolution informationnelle. Bien sûr, cela impose un recyclage des positions internes au capitalisme mais ce recyclage, contrairement au cas européen, est permanent aux USA depuis la naissance du pays.

Dès 1972, les stratèges des USA savent que la puissance de demain se mesurera au nombre de satellites que chaque pays pourra faire tourner dans l’espace. C’est le ciel qui commandera sur terre !

Aujourd’hui, par une illusion d’optique, on considère que le monde devient multipolaire car face aux USA, d’autres puissances industrielles émergent, le fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Mais qui tient les commandes ? Est-ce qu’IBM existe encore ? Bien sûr, et sans la moindre publicité !

Plus besoin de produire des ordinateurs personnels. Il suffit d’élaborer les programmes informatiques qui contrôlent Rhône-Poulenc par exemple !

Bref, Microsoft, Google, Facebook, Appel et tout cet univers fantastique a sa base aux USA avec y compris Monsanto, les grands prêcheurs religieux et les rois du coach !

 3 ) L’Europe perdante des deux côtés

Comme les USA, l’Europe s’est mise à perdre son industrie matérielle mais n’arrive pas à compenser par une implantation dans le domaine de la « matière grise ». Au contraire, elle dépense des millions pour produire les savants, achetés ensuite à bas prix par les USA ! A bas prix car, pour une part, ils économisent la formation ! On appelle ce phénomène d’une étrange formule : la fuite des cerveaux. Les cerveaux ne fuient pas et il serait bien méprisant à l’égard des savants de croire que leur seule motivation, c’est l’argent. Les autorités politiques françaises ne fuient-elles pas leurs responsabilités quand elles laissent l’anglais devenir la langue de la recherche ? Sur ce point les autorités du minuscule Québec donnent l’exemple.

Je ne sous-estime pas cependant la force de frappe propre aux USA en matière de recherche. Sans oublier qu’il y a fallu une réaction d’orgueil national, pour que les autorités politiques imposent la conquête de l’espace afin de gagner la course avec l’URSS ! En fait, et la question est d’importance, l’adversaire du capitalisme a été le moteur de son développement, autant que ses contradictions internes.

 L’Europe est d’autant plus perdante que pendant la double mutation, celle de la division internationale du travail et celle du néo-libéralisme (elles sont intimement liées), elle se consacre à la construction d’une entité financière capable certes de faire de l’ombre au dollar, mais incapable de se prémunir contre justement la financiarisation de l’économie, et la division voulue par les USA. Les stratèges économiques européens vont prendre au pied de la lettre le discours étasunien qui a toujours été un double discours : l’un pour l’intérieur du pays, et l’autre pour l’extérieur. Le protectionnisme par exemple est resté, y compris sous Reagan, une valeur fondamentale du système US !

Pour les autres pays, oui au libéralisme, mais pour nous, oui au protectionnisme là où c’est utile. Tout le monde se souvient de l’équipe à José Bové démontant le Mac Do de Millau pour voler au secours des richissimes producteurs de Roquefort que les USA avaient entrepris de taxer (c’est sûr les éleveurs de brebis devenaient aussi des victimes). Mais de telles taxes sont multiples et régulières aux USA ! Et pendant ce temps l’Europe plaide l’ouverture, l’ouverture et encore l’ouverture.

L’Europe perdant des deux côtés, l’heure des comptes ne pouvait que sonner !

 4 ) Que prévoir à présent à l’échelle de 20 ans ?

Le déclin industriel de l’Europe n’est pas une donnée circonstancielle causée par la politique de tel ou tel président. Le contre-exemple de l’Allemagne est probant : le pays ne résiste à la crise que parce que, sans bruit, sa classe ouvrière a accepté d’imposantes baisses de salaire et que dans la population active les femmes ont accepté de rester largement à la maison.

On ne peut donc rien faire ? Il suffit d’accompagner le mal ?

Dans la vieille Europe dire qu’on ne peut rien y faire c’est une insulte à son histoire, à sa puissance passée, pourtant ce n’est pas la première bataille perdue depuis 1939. La classe dominante de l’Europe a vendu le continent à la puissance des USA, comme les USA ont vendu leur puissance économique à la Chine. La question n’est pas de perdre ou de gagner une bataille mais d’avoir en ligne de mire, une vision globale de la guerre. Quand on a une alternative, perdre c’est aussi gagner ! L’échec à présent consommé de la construction européenne suppose en conséquence de sortir d’une logique de l’élargissement souvent pensée… à Washington ! Mais alors pour quelle alternative ?

 Il se trouve que le déclin de l’Europe, et en particulier ses pays les plus puissants, ne peut qu’entraîner un retour de bâton en Chine comme aux USA. S’il devient impossible d’écouler sur nos marchés les productions industrielles de la Chine, qui est solvable sur la planète pour faire marcher la boutique ? (puisque la solvabilité est l’alpha et l’oméga de toute action présente !). La Chine pourrait-elle alors plonger à son tour dans « la société de consommation » pour donner des débouchés à sa propre industrie ? Ce marché pourrait-il alors relancer une part de l’industrie européenne survivante ?

Les USA contrôlent toute l’information, la recherche, les brevets et tant d’autres « matières grises » mais à quoi bon contrôler si dessous c’est le vide ? Un peu comme si vous aviez une machine géniale capable de compter les voitures passant sur une autoroute… où il n’en passe plus !

 Le capitalisme peut-il reconstruire ses propres formes internes de complicités pour sauver l’édifice ? Dans le nouveau contexte de division internationale du travail quel rôle peut jouer l’Europe ?

 Revenons sur le cas des Amériques. Puisque là ne réside pas le cœur de sa nouvelle domination, les USA ne font plus la course aux matières premières dans son arrière-cour où les Chinois occupent la place en concurrence avec les Brésiliens. Le seul cas crucial est celui du pétrole. En conséquence le Brésil a une large marge de manœuvre d’autant qu’il s’agit d’un pays « atlantique » où la Chine ne peut débarquer aussi facilement qu’en Equateur, Pérou et Chili. Le Brésil peut jouer le rôle des USA d’il y a trente ans (y compris dans ses relations avec les pays latinos voisins !).

L’Europe peut seulement s’appuyer sur l’Afrique, la grande oubliée. Mais elle en fut la colonisatrice et là aussi les industriels Chinois en profitent pour prendre les devants.

Bref, la bataille va être dure dans le système lui-même et y compris pour sortir du système, car les deux phénomènes sont liés. Aucune crise ne conduit automatiquement à la révolution.

 J-P Damaggio

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:22

Il serait étrange que l’énorme crise économique espagnole ne se traduise pas aussi par une crie politique. Pays basque, Galice et maintenant Catalogne donnent de cette crise un visage complexe que les médias travestissent à souhait. Alors que la Catalogne s’était montrée nettement moins indépendantiste que le Pays basque voilà qu’après une puissante manifestation le 11 septembre, le mot « indépendance » est venu occuper les premières pages des journaux. Avec les élections anticipées d’hier, nous vérifions que ce mot est un piège[1] qui met dans le même sac des courants opposés.

 L’échec des indépendantistes centristes

La leçon majeure de cette élection est simple : le parti largement majoritaire et globalement centriste (CiU) a pris une baffe mémorable. En passant de 62 sièges à 50 il s’éloigne fortement de la majorité de 69 sièges, nécessaire pour gouverner.

Il ne peut pas gouverner avec la droite du PP qui gagne 1 siège (de 18 à 19) ni avec les socialistes qui en perdent huit de (28 à 20). Alors quelle alliance ?

 La victoire des indépendantistes de gauche

La Gauche républicaine (ERC) passe de 10 à 21 sièges et récupère ainsi les effets du discours indépendantistes de CiU ! Comme en Galice et ailleurs nous découvrons que finalement le problème majeur est au sein de la gauche ! Le journal La Vanguardia regroupe dans le camp des souverainistes CiU, et trois partis qui se réclament de gauche : ERC, CUP et ICV. Ces trois partis de gauche progressent tous mais une progression en ordre dispersée. Avec un autre petit parti, le PS et le PP, les deux grands partis du pays sont seuls à refuser le souverainisme.

 Les deux autres indépendantistes de gauche

ICV (Initiative Catalane et Verts), c’est la version catalane d’Izquierda Unida (IU) où l’union est réalisée avec les Verts. Ce courant passe de 10 à 13 députés ce qui aggrave la crise au sein du mouvement national (IU). Il semble en effet que ce courant de gauche ne gagne que s’il s’inscrit dans une stratégie régionaliste risquant de faire d’IU une coalition de partis régionalistes. D’autant que sur sa gauche vient de naître le CUP qui entre pour la première fois au parlement et qui se définit comme Comité d’Unité Populaire.

 Donc que peut faire le PS ?

Normalement, le parti d’opposition devrait récupérer le mécontentement que suscite le gouvernement de droite. Peut-être parce que la gestion du PS est encore dans les mémoires, ce parti continue de perdre partout (en Catalogne il passe de 28 à 20 députés et passe en troisième position alors qu’il lui arriva de gouverner la région !) et apparaît de moins en moins comme une alternative crédible, sauf que l’autre gauche dont nous venons de voir la division n’est pas en mesure de le remplacer.

 Le mot indépendance… un brouillard bien pratique ?

Quand les journalistes français manipulent le mot « indépendance » on a donc la sensation que loin d’éclairer l’opinion ils cherchent à l’embrouiller. Une embrouille cependant qui arrive beaucoup de monde ! Il masque en effet la crise sociale. Qui peut croire que la source de la crise en Catalogne se trouve à Madrid ? ICV considère que la gauche doit se rassembler pour une initiative sociale mais comment mettre ensemble ERC et le PS ? Surtout si ERC accepte de gouverner avec CiU !

En fait, alors que beaucoup pensaient que le bipartisme était définitif en Espagne, le paysage politique part en miettes, la droite semblent seule capable de tirer son épingle du jeu et les forces économiques qui la soutiennent aussi.

 La gauche osera-t-elle dissiper le brouillard ?

Impossible pour deux raisons : l’explication de la crise par la politique de Madrid a gagné beaucoup de terrain dans l’opinion et il est plus facile d’aller dans le sens du vent ; le mouvement ERC qui se réclamant de la république, fait rare en Espagne, se trouve cependant conforté depuis longtemps dans sa stratégie à la fois à gauche et indépendantiste.

 

En ce 25 novembre, si la démocratie a fait un pas en avant en Catalogne, avec une très forte participation électorale, elle a aussi fait un grand pas en arrière puisque les questions sociales sont passées au second plan quand le chômage y est de 22%. Je sais, on me répondra que non, puisque la gauche marque des points et que l’indépendance… c’est pour sortir de la crise. Je serais curieux de trouver quelqu’un capable de m’en convaincre. JP Damaggio

L’Europe ajoute à ce piège en disant à présent qu’elle ne peut accepter La Catalogne comme nouvel Etat, après avoir accepté la Slovaquie et tant d’autres petits Etats mais aujourd’hui il ne faudrait pas donner des idées aux Ecossais ou aux Flamands.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:24

Docteur  Jacques  Lacaze

Médecin retraité

N° C.O. 62-2763

Identifiant RPPS : 10002267226

Téléphone : 06 83 23 36 57

Courriel : jacques.lacaze@gmail.com

Adresse postale : 24 rue des Acacias

F.62750 LOOS EN GOHELLE

 

Madame Marisol Touraine, Ministre de la santé.

  

Loos-en –Gohelle le 25 novembre 2012.

 

Madame la Ministre,


     Un groupe de personnes pour lesquelles le diagnostic de myofasciite à macrophages a été posé, entame  dès lundi une grève de la faim mettant ainsi leur vie en danger. Elles sont convaincues de la nocivité de l'aluminium vaccinal. Elles sont – comme moi – surprises que les travaux universitaires entrepris à l’Hôpital Henri Mondor par l’équipe du Pr. Romain Gherardi connaissent des difficultés tout à fait anormales et risquent d’être interrompues. La réalité de l’état dans lequel ces personnes se trouvent est indiscutable. La responsabilité de l’aluminium est plus que très probable. L’urgence de poursuivre les recherches et dans l’attente des résultats, la mise en place d’un moratoire concernant l’utilisation des vaccins contenant de l’aluminium en particulier, est nécessaire.

J’avais à l’époque (1986) au moment où le Professeur Douste-Blazy, qui était Ministre de la Santé, mettait en place une campagne de vaccination contre l’hépatite virale B sur la base – c’est démontré depuis – de mensonges, initié une campagne de signatures de médecins exigeant un moratoire de ces campagnes. Plus de 1500 médecins et universitaires avaient signé l’appel. Le successeur de Monsieur Douste-Blazy, Monsieur Bernard Kouchner avait arrêté cette campagne pour que des études, sur les éventuelles conséquences du vaccin, sur la réalité de l’incidence de l’hépatite B en France et sur les effets secondaires des vaccins soient mises en place. 

  Sang contaminé, hormones de croissance par le virus de l’hépatite C et du SIDA, amiante, Vioxx, Distilbène, Médiator, diffusion incontrôlée des OGM, dangerosité du virus H1N1 surestimée, etc…  la liste est déjà longue des scandales de santé publique.

Je rappelle à ce sujet en particulier dans les suites de l’affaire du sang contaminé, que le haut fonctionnaire qu’est Monsieur Didier Tabuteau a publié un petit livre, qu’il faudrait offrir à tous les décideurs de la santé publique et du soin quelles que soient leur activité : « La sécurité sanitaire ». Dans la préface à cet ouvrage, le Professeur Félix Reyes, qui était Doyen de la faculté de médecine de  Créteil écrivait : « La leçon du SIDA transfusionnel est là : que soient définis clairement les niveaux de responsabilité, proscrit le mélange des genres, dissociées  les fonctions d’expert, de décideur et de gestionnaire.L’efficacité d’une thérapeutique est une chose, les considérations tarifaires une autre ». Avec des médecins amis, nous avions désigné cette réalité : la politique des 3 casquettes. Il y a donc bientôt 20 ans, la nocivité pour la santé publique de cette politique était la leçon tirée du scandale du sang contaminé. Y a-t-il eu des changements depuis ? Aucun, strictement aucun, sauf quelques petits ripolinages par-ci par-là.  Le problème reste entier et repose désormais sur vos épaules.

Je tiens particulièrement à souligner combien le statut des vaccins dans notre pays est anormal voire scandaleux. Ils sont considérés comme des médicaments sans être soumis à la règle commune de tous les médicaments. Je n’ignore pas à ce sujet que le rôle de l’industrie pharmaceutique uniquement centré sur la recherche du profit maximum et à tout prix – voir les scandales du médiator et autres – est en matière de santé publique un problème crucial. Et ce problème c’est le contrôle strict de cette industrie par les pouvoirs publics et les usagers. Quand verrons-nous un gouvernement et un ministre de la santé prendre ce problème à bras le corps, sans se poser en préalable la question de l’économie et des exportations ? Quand cessera réellement la politique des 3 casquettes ?

Je rappelle par ailleurs que Monsieur François Hollande, actuel Président de la République, avait pendant sa campagne électorale, tenu des propos clairs sur le sujet précis des myofasciites à macrophages et plus globalement sur les principes actifs des médicaments et des vaccins. Dans ses propos il avait en particulier "ciblé" certaines molécules et, parmi elles, les hydroxydes d’aluminium. Ces propos l’engagent et vous engagent Madame la Ministre.

Je ne doute pas, Madame la Ministre, que vous ferez vôtre le principe de précaution et que vous vous empresserez de prendre ces mesures indispensables à la sécurité sanitaire de la population. Par la même occasion vous permettrez aux grévistes de la faim de ne pas poursuivre leur mouvement. Vous comprenez que cela nécessite des décisions urgentes.

J’ai participé en 1986 à un groupe de travail mis en place par Madame Georgina Dufoix à la demande expresse du Président de la République, Monsieur François Mitterrand, sur l’évaluation des médecines différentes. Ce groupe de travail était paritaire. Une large consultation publique avait pu être mise en place. Le rapport a été publié par la Documentation Française mais malheureusement aussitôt enterré et ce rapport n’est plus disponible.

En 1983, le Ministre de la santé, Monsieur Jack Ralite a organisé une large consultation sur le cancer. Les rapports se sont aussi perdus.

Ces deux séries d’évènements montrent que sous les gouvernements de vos amis politiques il avait été tenté de faire bouger les lignes en impliquant les usagers.  Je pense qu’il serait de votre responsabilité de courageusement organiser une vaste consultation publique sur ce problème de l’aluminium dans les vaccins et plus généralement sur la politique vaccinale.

 En espérant que mon courriel retiendra votre attention, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma respectueuse considération. 

 Docteur Jacques Lacaze

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:12

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Le prénom suffit. Il était candidat à Valparaiso avec cette petite affiche. Il n’a pas eu les moyens d’en mettre partout. Yuri, allendiste 365 jours par an tient une bibliothèque populaire rue Almirante Mott où vous pouvez apprendre que Pinochet et Allende sont nés à Valparaiso. Cette coïncidence n’a pas donné lieu à un monument !

Yuri, j’aurais aimé discuter avec lui mais je l’ai juste croisé. Je ne connais pas son résultat invisible dans la liste des résultats. De toute façon l’essentiel est connu : il est là !

Jean-Paul Damaggio

P.S. : Question subsidiaire : à qui vous fait penser le prénom ?

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:09

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 Les élections municipales viennent d’avoir lieu au Brésil. Qui a gagné à Porto Alegre ? Question inutile ? Pour ceux qui tournent sans cesse les pages de l’oubli pour mieux déverser leurs discours évidents ou dissidents, sur « comment changer le monde », la question n’a plus aucun intérêt. Hier c’était à Porto Alegre que l’avenir démocratique s’inventait avec la démocratie participative et voilà que le Parti des Travailleurs gagnant le pouvoir à Brasilia, il le perdait… sur le lieu de la dite invention. Après 2002 les grands rendez-vous de Porto Alegre furent comme les grands enthousiasmes après la victoire sandiniste à Managua : source infinie d’oubli ! Daniel Ortega passé depuis dans le camp de l’ordre ordinaire, clientéliste, catholique intégriste ! Et l’aide matérielle du Venezuela ne change rien au fait qu’Ortega est un caudillo. Avec la droite ça serait pire ? Mais bien sûr, et au Brésil aussi : il vaut mieux un P.T. qui  nous a fait oublier la démocratie participative ou la lutte des sans-terre plutôt que la soumission à l’ennemi US ! Mais à la question « comment changer le monde » j’avais pensé que la réponse ne tenait pas en cette phrase : « Vive le moins pire » dont nous savons tous qu’elle appelle le pire comme suite ! J-P Damaggio

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:04

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Je ne sais si j’ai déjà mis sur ce blog quelque chose de Lucien Bonnafé mais, au contact de ses écrits j’ai appris la radicalité. Ce texte court me semble symbolique de sa démarche. Comme toujours la quête du sens impose une cassure dans la syntaxe classique qui est malheureusement la mienne, ce qui rend la lecture de Bonnafé un peu ardue. Il ne se bat pas pour le plaisir de la forme, mais pour le plaisir de la dialectique qui globalise la pensée quand de phrases en phrases nous la saucissonnons. JP Damaggio

 A propos d'électrochoc (22 février 1999, L'Humanité)

Par LUCIEN BONNAFÉ Psychiatre.

« N'oubliez pas l'oubli » Sigmund Freud

 ON lit dans «l'Humanité» du 13 février une curieuse intervention, signée d'un médecin qui n’est sûrement pas d'âge à parler d'électrochoc autrement que par ouï-dire. Il s'agit d'un modèle exemplaire de « parole déversoir», quand on parle de ce que l'on connaît le moins avec le plus d'autorité pour sortir ce qu'on a sur le cœur et l'estomac. L'électrochoc atteint le «Moyen Age» dans l'illustration de ce modèle mental. Comme il est d'usage de parler du «Moyen âge» pour esquiver les barbaries de notre âge, il est devenu ordinaire de parler de l'électrochoc comme «barbarie» quand ça sert à esquiver une réalité historique troublante, les carences de relation humaine dans trop de pratiques contemporaines.

L'OUÏ-DIRE dont il s'agit porte un sens : c'est d'esquiver la vérité historique qui domine l'histoire de l'électrochoc. Cette technique, si efficace qu'elle inspira le premier triomphalisme psychiatrique, fut très ordinairement utilisée dans les renfermeries garderies qu'étaient les hôpitaux psychiatriques français avec une barbarie qui est ce qu'il s'agit d'effacer des mémoires, avec le déplacement sur une «barbarie» attribuée à l'électrochoc lui-même. Il est plus convenable de masquer que de voir les convulsivothérapies en série dans un contexte traumatisant qui fut un des plus puissants motifs pour nous pousser à « détruire ce système pour bâtir son contraire sur ses ruines ». Ce fut un grand moteur de notre passion d'innovation. Ça empirait sur l'inhumanité avec laquelle les «chocs» précédents, qui consistaient en traitement par la fièvre, avaient perdu leur efficacité en se routinisant, dans la méconnaissance du grand principe que la psychiatrie est par définition corrélation de toute autre activité thérapeutique, biologique, électrique ou chimique, avec science et art de l'écoute et de l'écho aussi raffinés que possible.

MAIS le fait est que la pauvreté contemporaine dans l'application de ce principe mène à appliquer à un enfant sur six une thérapeutique chimique contre les cris et les larmes ; et qu'il y a là, côté concurrence avec la chimie, de quoi éclairer les motifs pour lesquels il faut faire précéder par une anesthésie chimique l'application de l'électrochoc, qui est lui-même un fort anesthésiste ; ce qui va avec le fait qu'il est tout à fait indolore, réalité « oubliée» dans les manipulations émotionnelles par la « parole-déversoir ».La vérité historique est que cette technique efficace qui engendra le premier triomphalisme psychiatrique, fut presque abandonnée à partir du moderne triomphalisme, résultant du progrès que furent les chimiothérapies modernes, en 1952 ; et que ce fut bien longtemps avant l'émergence du climat antipsychiatrique. Elle était si efficace que, quand on l'appliquait correctement, dans une relation très épanouissante avec le patient à son réveil, notre problème était de pallier les demandes excessives des patients, qui en demandaient trop, tant ça leur faisait du bien. Mais se servir de l'effet émotionnel du mot «électrochoc» pour ne pas poser le grand problème contemporain d'une chimiothérapie qui pose d'une façon plus préoccupante, parce que plus subtile, le même problème, l'inépuisable question de l'écoute et de l'écho, dans le contexte relationnel, n'est pas fait pour cultiver les aptitudes des patients à une efficace relation médecin-malade.

Il vaut mieux que les usagers de la médecine sachent que, dans toute thérapeutique, la manière de s'en servir est toujours très déterminante, vérité qui a son comble en psychiatrie, où les drogues modernes ont une efficacité variable de façon spectaculaire, selon le contexte. C'est le même problème que celui de l'électrochoc.

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:59

Je retrouve ce texte envoyée à l’époque à la revue M qui s’appelait encore Mensuel, Marxisme, Mouvement (elle perdra ensuite les deux premiers M). J-P Damaggio

  

« …. et ils se racontaient leurs vieux souvenirs, parce que vivants au temps de l'oubli ils avaient pu se faire fils de l’histoire, fils de Jeanne dit l'un, et fils d'une vieille bataille dit l'autre.

… les voilà donc contemporains tout en restant dans la marge, fils aussi de la géographie, de la Bretagne dit l'un, du Val d’Aoste dit l'autre.

... d'où cette manière de parler, de parler et toujours de parler, de parler pour tordre le langage normé, de parler pour piéger les mots avec de l'argot dit l’un, avec du dialecte dit l'autre.

... pourtant tout les distingue, puisque, je suis nationaliste dit l'un, je suis fédéraliste dit l'autre."

 Vous l'aviez deviné, ils sont hommes politiques tous deux car la politique trafique l’histoire, vient de la marge géographique et parle tant et plus. Nos démocraties ont mis en leur cœur non pas la politique comme elle veulent le faire croire mais l'économique, aussi nos deux Marginaux tempêtent contre l'économie de nos sociétés, en s'appuyant sur les petits entrepreneurs, les petits en tout genre, ... au nom de leurs grands idéaux.

… et ils se plaignaient donc de la vie politique de leurs pays respectifs puisque les élus du nationalistes sont surtout dans les régions et pas au niveau national, alors que le fédéraliste  vient d'envoyer 80 élus au niveau national

... et pour se consoler ils pouvaient constater qu'ils avaient le même faible nombre de femmes élues. Le Français avait, en la matière, mis en piste sa propre fille tandis que l’Italien avec 6 élues peut compter six personnes de choc venant surtout du milieu enseignant. Celle du Trentin a fait sa thèse sur l'autonomisme catalan et basque (à tant que faire !) et celle de Venise aime rappeler que "le dialecte est la langue de la spontanéité et de la protestation populaire.

… et ils divaguent sur le national-populisme et le régional-populisme donc sur les différences entre France et Italie.

… ils sont toujours face à face à se raconter leurs victoires contre tous, leurs victoires contre les sales médias, les sales "cocos" et les immigrés en tout genre. Le Français ayant pris un peu d'avance en est à 14% quand l'Italien arrive à peine à 7%. Pourtant ils voient la vie en face, ils se parlent comme ils se connaissent, pour la forme. La première victoire de Jean-Marie fut "européenne" et idem pour celle d’Umberto… "les Français d'abord" dit l’un et l'autre lui répond « Priorité aux Lombards dans l'attribution d'emplois, de logements, de secours et de subventions ». Et, de préférence nationale, on tombe en préférence régionale, puis en préférence locale ... donc on tend vers l'autarcie si ridicule aujourd'hui ! ils manipulent la nostaglie, quand d'autres jouèrent aux lendemains qui chantent.

… oui, oui nous sommes ridicules et même des résidus et nous la leur mettrons à tous les intellos, les technocrasses et mafieux en notabilité et nous la leur mettrons si bien qu'ils viendront en redemander mais eux le feront avec la manière, car ils ont la manière, n'est-ce pas, ces arrivés de la bien pensée, ces prétendants en modernité."

 

Ce dialogue entre Le Pen et Bossi n'a jamais existé et pour preuve cette mise en garde du leader des Ligues: "Entre Le Pen et moi, il n’y a pas la moindre analogie. Le Pen est un produit typique de la politique française." (Paris-Match du 2 avril 92) Et il a raison Bossi, entre l'histoire de l'Italie et de la France il n'y a aucune analogie. Il n'y en avait aucune entre Mussolini et Hitler sauf qu'ils se trouvèrent d'accord pour aider Franco qui, lui n'ont plus, n'avait aucune analogie avec ses deux souteneurs puisqu'il vécut bien longtemps après leur mort. Et la preuve vous la connaissez : les seules chambres à gaz répertoriées à ce jour sont allemandes. Et pourtant…

Dans un article précédent de M, j'avais essayé de montrer que l'indispensable réflexion sur le fascisme devait tenir compte du cas italien (la moindre des politesses). La base du fascisme est nationale et toute généralisation excessive (triste universalisme bien français) est perverse. Le débat Bossi-Le Pen peut se mener en parallèle avec le refus britannique de Le Pen, ou les événements de Los Angeles, et en parallèle avec l'histoire, sans plaquer trop vite l'étiquette de fasciste qui sert parfois à tuer la pensée…

Tout tourne autour de cette question : quels clivages pour demain ? « Je ne suis ni à gauche, ni au centre, ni à droite. Je suis au-dessus des partis politiques ou, si vous préférez, je suis' contre les partis politiques. ». De qui est cette phrase ? Toujours de Bossi et pourtant de tant d'autres qui nous la présentent comme une position ORIGINALE (je préfère ne pas citer de noms). Fini les clivages religieux (?), les clivages sexuels (?), les clivages politiques (?), les clivages sociaux (merci le Jean’s) etc...

Chez les suivants : les riches contre les pauvres, les nationaux contre les étrangers, les occi­dentaux contre les barbares (de l'est par exemple), les modernes contre les anciens etc...

Et à gauche on patauge : les résistants contre les aliénés ? la révolution contre la réforme ?

 Relevons le défi en replaçant le clivage gauche/droite sur une autre orbite. D'abord pour combattre le clivage insidieux Front national / les autres (clivage insidieux puisque les Verts qui refusent celui droite/gauche admettent maintenant de s'unir contre le FN). Ensuite pour rétablir les liens mondiaux des résistants progressistes.

Pour soigner nos articulations atteintes d'arthrose, je revendique (de manière provocatrice) avec Le Pen et Bossi (au vu de leurs différences essentielles) une gauche de Quelque Part (contre la mobilité), une gauche qui Ose Humaniste (contre le populisme), une gauche qui fasse des Vertus de l'Hospitalité l'art de la lutte contre La Mafia (contre la drogue qu'il faut en partie légaliser) etc...

 

Il n'est pas dit que cette lettre puisse soigner le mal qu'elle veut dénoncer. Il est si dur de lire des Ecarts, quand on nous bassine soit avec des évidences, soit avec des dissidences.

Jean-Paul Damaggio

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:57

Cet article (merci à Hubert Delpont qui me l’a fait passer) qui n’est pas une présentation de l’Humanité mais visiblement un journal local plutôt centriste montre donc parfaitement bien la provocation. Il témoigne d’un état d’esprit de 1936 à prendre en compte dans les analyses. JPD

 

 Le Réveil d’Yvetot Samedi 1 août 1936

 La réunion communiste

La Salle des Réunions a été le théâtre de sérieuses Bagarres

 Dimanche dernier, les Communistes avaient organisé un meeting en notre salle des Réunions, sous le théâtre, avec le concours de deux orateurs du parti : M. Roger Mocquet, député de Paris, et M. Renaud-Jean, député de Marmande, président de M Commission d’agriculture de la Chambre.

Ce dernier, dont on connaît la situation au sein du parti extrémiste comme à la Chambre, n'était pas un inconnu pour nos concitoyens, dont un certain nombre l’ont déjà entendu il y a une dizaine d'années.

L’affluence des auditeurs, dimanche, était considérable. On l'a chiffrée à un millier de personnes environ.

Un bureau composé de sympathisants devait être formé, mais des membres extra-muros du Front Paysan ou des Ligues dissoutes, qui se trouvaient en nombre dans la salle, imposèrent leurs amis M. Suplice, comme président, et MM. Pointier et Rousseau, comme assesseurs.

En ouvrant la séance, M. Suplice déclarait que la liberté de parole serait respectée, et le premier orateur, M. Mocquet, commençait tout aussitôt à développer son programme. A peine en avait-il dit quelques mots, qu'un hourvari formidable était déchaîné, tandis que bon nombre d'auditeurs entonnaient la Marseillaise.

Et cela parce qu’en dehors des trophées de drapeaux tricolores dont la salle était décorée, le drapeau rouge figurait à la tribune et que les organisateurs ne voulaient pas le faire disparaître.

Aux interruptions, aux cris, aux chants patriotiques, devaient succéder bientôt, à un signal donné (un coup de sifflet), une attaque en règle, déclenché plus particulièrement contre M. Renaud Jean.

Des pieds de bancs furent arrachés, des chaines brisées, des chapeaux piétinés et venait aussitôt la mêlée,

La présence des manifestants, venus pour la plupart en automobiles de régions éloignées, a empêché la réunion d'avoir lieu et le pugilat auquel nous faisons allusion se poursuivit un moment,

Répétons ici ce que nous avons toujours dit : on peut ne pas être communiste, on peut se refuser à entendre développer des théories qu'on réprouve mais on ne doit en aucun cas se laisser aller à des gestes regrettables qui ne doivent pas être le fait d'hommes se réclamant des partis d'ordre, de travail et de liberté.

Nous réprouvons la violence, d'où qu'elle vienne : c’est-à-dire que nous condamnerions parallèlement des faits semblables venant d'hommes d'extrême-gauche ou de gauche au cours de meetings organisés par des partis de droite. Nous ne pensons tout de même pas que les français verraient de gaieté de cœur s'instaurer en notre pays la guerre civile dont on suit avec anxiété les douloureux ravages en Espagne.

Au reste, la composition du bureau de dimanche aurait dut offrir une garantie suffisante à ceux qui l’avaient élu par acclamation. Il y a de ces mouvements de révolte qui dépassent le but recherché et qui risquent fort de mettre dans une situation délicate ceux qui déclareront n’avoir pas voulu cela.

Après la bataille où il fallut enregistrer un certain nombre de blessés dont M. Renaud-Jean grand mutilé de guerre, soigné à la gendarmerie par M. le docteur Chevrolle, les manifestants emportant quelques drapeaux se formèrent en cortège pour rejoindre leurs autos.

Ces incidents regrettables en tous points doivent-ils être rapprochés du scandale récent des Petites-Dalles dont nous avons parlé dans un précédent numéro ?

Quoiqu'il en soit, ils nuisent fort au bon renom dei notre accueillante province et nous voulons croire qu'ils ne se renouvelleront pas.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:08

Non, je n'en ai pas fini et loin de là, avec le Chili...

Je me suis lancé dans la traduction du poèmen car le tête est limpide. JPD

  

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar

pour vaincre l’homme de paix

ils durent rassembler toutes les haines

et en plus les avions et les tanks

pour battre l’homme de paix

ils durent le bombarder, le faire flammes

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent lancer la guerre sale,

pour vaincre l’homme de paix

et faire taire sa modeste et perforante voix

ils durent pousser la terreur jusqu’à l’abîme

et tuer plus encore pour continuer de tuer,

pour battre l’homme de paix

ils durent l’assassiner plusieurs fois

parce que l’homme de paix est une forteresse,

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent imaginer que c’était  une troupe,

une armée, una hueste, une brigade,

obligés de croire que c’était une autre armée,

mais l’homme de paix était seulement un autre peuple

et il tenait entre ses mains un fusil et un mandat

aussi il fallait plus de tanks, de rancœurs

plus de bombes plus d’avions et plus d’opprobres

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar,

pour vaincre l’homme de paix

ils durent toujours s’affilier à la mort

tuer et tuer plus encore pour continuer de tuer

et se condamner à une solitude blindée,

pour tuer l’homme qui était un peuple

ils durent se retrouver sans peuple.

 

Mario Benedetti

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