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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:22

Il serait étrange que l’énorme crise économique espagnole ne se traduise pas aussi par une crie politique. Pays basque, Galice et maintenant Catalogne donnent de cette crise un visage complexe que les médias travestissent à souhait. Alors que la Catalogne s’était montrée nettement moins indépendantiste que le Pays basque voilà qu’après une puissante manifestation le 11 septembre, le mot « indépendance » est venu occuper les premières pages des journaux. Avec les élections anticipées d’hier, nous vérifions que ce mot est un piège[1] qui met dans le même sac des courants opposés.

 L’échec des indépendantistes centristes

La leçon majeure de cette élection est simple : le parti largement majoritaire et globalement centriste (CiU) a pris une baffe mémorable. En passant de 62 sièges à 50 il s’éloigne fortement de la majorité de 69 sièges, nécessaire pour gouverner.

Il ne peut pas gouverner avec la droite du PP qui gagne 1 siège (de 18 à 19) ni avec les socialistes qui en perdent huit de (28 à 20). Alors quelle alliance ?

 La victoire des indépendantistes de gauche

La Gauche républicaine (ERC) passe de 10 à 21 sièges et récupère ainsi les effets du discours indépendantistes de CiU ! Comme en Galice et ailleurs nous découvrons que finalement le problème majeur est au sein de la gauche ! Le journal La Vanguardia regroupe dans le camp des souverainistes CiU, et trois partis qui se réclament de gauche : ERC, CUP et ICV. Ces trois partis de gauche progressent tous mais une progression en ordre dispersée. Avec un autre petit parti, le PS et le PP, les deux grands partis du pays sont seuls à refuser le souverainisme.

 Les deux autres indépendantistes de gauche

ICV (Initiative Catalane et Verts), c’est la version catalane d’Izquierda Unida (IU) où l’union est réalisée avec les Verts. Ce courant passe de 10 à 13 députés ce qui aggrave la crise au sein du mouvement national (IU). Il semble en effet que ce courant de gauche ne gagne que s’il s’inscrit dans une stratégie régionaliste risquant de faire d’IU une coalition de partis régionalistes. D’autant que sur sa gauche vient de naître le CUP qui entre pour la première fois au parlement et qui se définit comme Comité d’Unité Populaire.

 Donc que peut faire le PS ?

Normalement, le parti d’opposition devrait récupérer le mécontentement que suscite le gouvernement de droite. Peut-être parce que la gestion du PS est encore dans les mémoires, ce parti continue de perdre partout (en Catalogne il passe de 28 à 20 députés et passe en troisième position alors qu’il lui arriva de gouverner la région !) et apparaît de moins en moins comme une alternative crédible, sauf que l’autre gauche dont nous venons de voir la division n’est pas en mesure de le remplacer.

 Le mot indépendance… un brouillard bien pratique ?

Quand les journalistes français manipulent le mot « indépendance » on a donc la sensation que loin d’éclairer l’opinion ils cherchent à l’embrouiller. Une embrouille cependant qui arrive beaucoup de monde ! Il masque en effet la crise sociale. Qui peut croire que la source de la crise en Catalogne se trouve à Madrid ? ICV considère que la gauche doit se rassembler pour une initiative sociale mais comment mettre ensemble ERC et le PS ? Surtout si ERC accepte de gouverner avec CiU !

En fait, alors que beaucoup pensaient que le bipartisme était définitif en Espagne, le paysage politique part en miettes, la droite semblent seule capable de tirer son épingle du jeu et les forces économiques qui la soutiennent aussi.

 La gauche osera-t-elle dissiper le brouillard ?

Impossible pour deux raisons : l’explication de la crise par la politique de Madrid a gagné beaucoup de terrain dans l’opinion et il est plus facile d’aller dans le sens du vent ; le mouvement ERC qui se réclamant de la république, fait rare en Espagne, se trouve cependant conforté depuis longtemps dans sa stratégie à la fois à gauche et indépendantiste.

 

En ce 25 novembre, si la démocratie a fait un pas en avant en Catalogne, avec une très forte participation électorale, elle a aussi fait un grand pas en arrière puisque les questions sociales sont passées au second plan quand le chômage y est de 22%. Je sais, on me répondra que non, puisque la gauche marque des points et que l’indépendance… c’est pour sortir de la crise. Je serais curieux de trouver quelqu’un capable de m’en convaincre. JP Damaggio

L’Europe ajoute à ce piège en disant à présent qu’elle ne peut accepter La Catalogne comme nouvel Etat, après avoir accepté la Slovaquie et tant d’autres petits Etats mais aujourd’hui il ne faudrait pas donner des idées aux Ecossais ou aux Flamands.

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:24

Docteur  Jacques  Lacaze

Médecin retraité

N° C.O. 62-2763

Identifiant RPPS : 10002267226

Téléphone : 06 83 23 36 57

Courriel : jacques.lacaze@gmail.com

Adresse postale : 24 rue des Acacias

F.62750 LOOS EN GOHELLE

 

Madame Marisol Touraine, Ministre de la santé.

  

Loos-en –Gohelle le 25 novembre 2012.

 

Madame la Ministre,


     Un groupe de personnes pour lesquelles le diagnostic de myofasciite à macrophages a été posé, entame  dès lundi une grève de la faim mettant ainsi leur vie en danger. Elles sont convaincues de la nocivité de l'aluminium vaccinal. Elles sont – comme moi – surprises que les travaux universitaires entrepris à l’Hôpital Henri Mondor par l’équipe du Pr. Romain Gherardi connaissent des difficultés tout à fait anormales et risquent d’être interrompues. La réalité de l’état dans lequel ces personnes se trouvent est indiscutable. La responsabilité de l’aluminium est plus que très probable. L’urgence de poursuivre les recherches et dans l’attente des résultats, la mise en place d’un moratoire concernant l’utilisation des vaccins contenant de l’aluminium en particulier, est nécessaire.

J’avais à l’époque (1986) au moment où le Professeur Douste-Blazy, qui était Ministre de la Santé, mettait en place une campagne de vaccination contre l’hépatite virale B sur la base – c’est démontré depuis – de mensonges, initié une campagne de signatures de médecins exigeant un moratoire de ces campagnes. Plus de 1500 médecins et universitaires avaient signé l’appel. Le successeur de Monsieur Douste-Blazy, Monsieur Bernard Kouchner avait arrêté cette campagne pour que des études, sur les éventuelles conséquences du vaccin, sur la réalité de l’incidence de l’hépatite B en France et sur les effets secondaires des vaccins soient mises en place. 

  Sang contaminé, hormones de croissance par le virus de l’hépatite C et du SIDA, amiante, Vioxx, Distilbène, Médiator, diffusion incontrôlée des OGM, dangerosité du virus H1N1 surestimée, etc…  la liste est déjà longue des scandales de santé publique.

Je rappelle à ce sujet en particulier dans les suites de l’affaire du sang contaminé, que le haut fonctionnaire qu’est Monsieur Didier Tabuteau a publié un petit livre, qu’il faudrait offrir à tous les décideurs de la santé publique et du soin quelles que soient leur activité : « La sécurité sanitaire ». Dans la préface à cet ouvrage, le Professeur Félix Reyes, qui était Doyen de la faculté de médecine de  Créteil écrivait : « La leçon du SIDA transfusionnel est là : que soient définis clairement les niveaux de responsabilité, proscrit le mélange des genres, dissociées  les fonctions d’expert, de décideur et de gestionnaire.L’efficacité d’une thérapeutique est une chose, les considérations tarifaires une autre ». Avec des médecins amis, nous avions désigné cette réalité : la politique des 3 casquettes. Il y a donc bientôt 20 ans, la nocivité pour la santé publique de cette politique était la leçon tirée du scandale du sang contaminé. Y a-t-il eu des changements depuis ? Aucun, strictement aucun, sauf quelques petits ripolinages par-ci par-là.  Le problème reste entier et repose désormais sur vos épaules.

Je tiens particulièrement à souligner combien le statut des vaccins dans notre pays est anormal voire scandaleux. Ils sont considérés comme des médicaments sans être soumis à la règle commune de tous les médicaments. Je n’ignore pas à ce sujet que le rôle de l’industrie pharmaceutique uniquement centré sur la recherche du profit maximum et à tout prix – voir les scandales du médiator et autres – est en matière de santé publique un problème crucial. Et ce problème c’est le contrôle strict de cette industrie par les pouvoirs publics et les usagers. Quand verrons-nous un gouvernement et un ministre de la santé prendre ce problème à bras le corps, sans se poser en préalable la question de l’économie et des exportations ? Quand cessera réellement la politique des 3 casquettes ?

Je rappelle par ailleurs que Monsieur François Hollande, actuel Président de la République, avait pendant sa campagne électorale, tenu des propos clairs sur le sujet précis des myofasciites à macrophages et plus globalement sur les principes actifs des médicaments et des vaccins. Dans ses propos il avait en particulier "ciblé" certaines molécules et, parmi elles, les hydroxydes d’aluminium. Ces propos l’engagent et vous engagent Madame la Ministre.

Je ne doute pas, Madame la Ministre, que vous ferez vôtre le principe de précaution et que vous vous empresserez de prendre ces mesures indispensables à la sécurité sanitaire de la population. Par la même occasion vous permettrez aux grévistes de la faim de ne pas poursuivre leur mouvement. Vous comprenez que cela nécessite des décisions urgentes.

J’ai participé en 1986 à un groupe de travail mis en place par Madame Georgina Dufoix à la demande expresse du Président de la République, Monsieur François Mitterrand, sur l’évaluation des médecines différentes. Ce groupe de travail était paritaire. Une large consultation publique avait pu être mise en place. Le rapport a été publié par la Documentation Française mais malheureusement aussitôt enterré et ce rapport n’est plus disponible.

En 1983, le Ministre de la santé, Monsieur Jack Ralite a organisé une large consultation sur le cancer. Les rapports se sont aussi perdus.

Ces deux séries d’évènements montrent que sous les gouvernements de vos amis politiques il avait été tenté de faire bouger les lignes en impliquant les usagers.  Je pense qu’il serait de votre responsabilité de courageusement organiser une vaste consultation publique sur ce problème de l’aluminium dans les vaccins et plus généralement sur la politique vaccinale.

 En espérant que mon courriel retiendra votre attention, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma respectueuse considération. 

 Docteur Jacques Lacaze

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:12

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Le prénom suffit. Il était candidat à Valparaiso avec cette petite affiche. Il n’a pas eu les moyens d’en mettre partout. Yuri, allendiste 365 jours par an tient une bibliothèque populaire rue Almirante Mott où vous pouvez apprendre que Pinochet et Allende sont nés à Valparaiso. Cette coïncidence n’a pas donné lieu à un monument !

Yuri, j’aurais aimé discuter avec lui mais je l’ai juste croisé. Je ne connais pas son résultat invisible dans la liste des résultats. De toute façon l’essentiel est connu : il est là !

Jean-Paul Damaggio

P.S. : Question subsidiaire : à qui vous fait penser le prénom ?

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:09

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 Les élections municipales viennent d’avoir lieu au Brésil. Qui a gagné à Porto Alegre ? Question inutile ? Pour ceux qui tournent sans cesse les pages de l’oubli pour mieux déverser leurs discours évidents ou dissidents, sur « comment changer le monde », la question n’a plus aucun intérêt. Hier c’était à Porto Alegre que l’avenir démocratique s’inventait avec la démocratie participative et voilà que le Parti des Travailleurs gagnant le pouvoir à Brasilia, il le perdait… sur le lieu de la dite invention. Après 2002 les grands rendez-vous de Porto Alegre furent comme les grands enthousiasmes après la victoire sandiniste à Managua : source infinie d’oubli ! Daniel Ortega passé depuis dans le camp de l’ordre ordinaire, clientéliste, catholique intégriste ! Et l’aide matérielle du Venezuela ne change rien au fait qu’Ortega est un caudillo. Avec la droite ça serait pire ? Mais bien sûr, et au Brésil aussi : il vaut mieux un P.T. qui  nous a fait oublier la démocratie participative ou la lutte des sans-terre plutôt que la soumission à l’ennemi US ! Mais à la question « comment changer le monde » j’avais pensé que la réponse ne tenait pas en cette phrase : « Vive le moins pire » dont nous savons tous qu’elle appelle le pire comme suite ! J-P Damaggio

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:04

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Je ne sais si j’ai déjà mis sur ce blog quelque chose de Lucien Bonnafé mais, au contact de ses écrits j’ai appris la radicalité. Ce texte court me semble symbolique de sa démarche. Comme toujours la quête du sens impose une cassure dans la syntaxe classique qui est malheureusement la mienne, ce qui rend la lecture de Bonnafé un peu ardue. Il ne se bat pas pour le plaisir de la forme, mais pour le plaisir de la dialectique qui globalise la pensée quand de phrases en phrases nous la saucissonnons. JP Damaggio

 A propos d'électrochoc (22 février 1999, L'Humanité)

Par LUCIEN BONNAFÉ Psychiatre.

« N'oubliez pas l'oubli » Sigmund Freud

 ON lit dans «l'Humanité» du 13 février une curieuse intervention, signée d'un médecin qui n’est sûrement pas d'âge à parler d'électrochoc autrement que par ouï-dire. Il s'agit d'un modèle exemplaire de « parole déversoir», quand on parle de ce que l'on connaît le moins avec le plus d'autorité pour sortir ce qu'on a sur le cœur et l'estomac. L'électrochoc atteint le «Moyen Age» dans l'illustration de ce modèle mental. Comme il est d'usage de parler du «Moyen âge» pour esquiver les barbaries de notre âge, il est devenu ordinaire de parler de l'électrochoc comme «barbarie» quand ça sert à esquiver une réalité historique troublante, les carences de relation humaine dans trop de pratiques contemporaines.

L'OUÏ-DIRE dont il s'agit porte un sens : c'est d'esquiver la vérité historique qui domine l'histoire de l'électrochoc. Cette technique, si efficace qu'elle inspira le premier triomphalisme psychiatrique, fut très ordinairement utilisée dans les renfermeries garderies qu'étaient les hôpitaux psychiatriques français avec une barbarie qui est ce qu'il s'agit d'effacer des mémoires, avec le déplacement sur une «barbarie» attribuée à l'électrochoc lui-même. Il est plus convenable de masquer que de voir les convulsivothérapies en série dans un contexte traumatisant qui fut un des plus puissants motifs pour nous pousser à « détruire ce système pour bâtir son contraire sur ses ruines ». Ce fut un grand moteur de notre passion d'innovation. Ça empirait sur l'inhumanité avec laquelle les «chocs» précédents, qui consistaient en traitement par la fièvre, avaient perdu leur efficacité en se routinisant, dans la méconnaissance du grand principe que la psychiatrie est par définition corrélation de toute autre activité thérapeutique, biologique, électrique ou chimique, avec science et art de l'écoute et de l'écho aussi raffinés que possible.

MAIS le fait est que la pauvreté contemporaine dans l'application de ce principe mène à appliquer à un enfant sur six une thérapeutique chimique contre les cris et les larmes ; et qu'il y a là, côté concurrence avec la chimie, de quoi éclairer les motifs pour lesquels il faut faire précéder par une anesthésie chimique l'application de l'électrochoc, qui est lui-même un fort anesthésiste ; ce qui va avec le fait qu'il est tout à fait indolore, réalité « oubliée» dans les manipulations émotionnelles par la « parole-déversoir ».La vérité historique est que cette technique efficace qui engendra le premier triomphalisme psychiatrique, fut presque abandonnée à partir du moderne triomphalisme, résultant du progrès que furent les chimiothérapies modernes, en 1952 ; et que ce fut bien longtemps avant l'émergence du climat antipsychiatrique. Elle était si efficace que, quand on l'appliquait correctement, dans une relation très épanouissante avec le patient à son réveil, notre problème était de pallier les demandes excessives des patients, qui en demandaient trop, tant ça leur faisait du bien. Mais se servir de l'effet émotionnel du mot «électrochoc» pour ne pas poser le grand problème contemporain d'une chimiothérapie qui pose d'une façon plus préoccupante, parce que plus subtile, le même problème, l'inépuisable question de l'écoute et de l'écho, dans le contexte relationnel, n'est pas fait pour cultiver les aptitudes des patients à une efficace relation médecin-malade.

Il vaut mieux que les usagers de la médecine sachent que, dans toute thérapeutique, la manière de s'en servir est toujours très déterminante, vérité qui a son comble en psychiatrie, où les drogues modernes ont une efficacité variable de façon spectaculaire, selon le contexte. C'est le même problème que celui de l'électrochoc.

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:59

Je retrouve ce texte envoyée à l’époque à la revue M qui s’appelait encore Mensuel, Marxisme, Mouvement (elle perdra ensuite les deux premiers M). J-P Damaggio

  

« …. et ils se racontaient leurs vieux souvenirs, parce que vivants au temps de l'oubli ils avaient pu se faire fils de l’histoire, fils de Jeanne dit l'un, et fils d'une vieille bataille dit l'autre.

… les voilà donc contemporains tout en restant dans la marge, fils aussi de la géographie, de la Bretagne dit l'un, du Val d’Aoste dit l'autre.

... d'où cette manière de parler, de parler et toujours de parler, de parler pour tordre le langage normé, de parler pour piéger les mots avec de l'argot dit l’un, avec du dialecte dit l'autre.

... pourtant tout les distingue, puisque, je suis nationaliste dit l'un, je suis fédéraliste dit l'autre."

 Vous l'aviez deviné, ils sont hommes politiques tous deux car la politique trafique l’histoire, vient de la marge géographique et parle tant et plus. Nos démocraties ont mis en leur cœur non pas la politique comme elle veulent le faire croire mais l'économique, aussi nos deux Marginaux tempêtent contre l'économie de nos sociétés, en s'appuyant sur les petits entrepreneurs, les petits en tout genre, ... au nom de leurs grands idéaux.

… et ils se plaignaient donc de la vie politique de leurs pays respectifs puisque les élus du nationalistes sont surtout dans les régions et pas au niveau national, alors que le fédéraliste  vient d'envoyer 80 élus au niveau national

... et pour se consoler ils pouvaient constater qu'ils avaient le même faible nombre de femmes élues. Le Français avait, en la matière, mis en piste sa propre fille tandis que l’Italien avec 6 élues peut compter six personnes de choc venant surtout du milieu enseignant. Celle du Trentin a fait sa thèse sur l'autonomisme catalan et basque (à tant que faire !) et celle de Venise aime rappeler que "le dialecte est la langue de la spontanéité et de la protestation populaire.

… et ils divaguent sur le national-populisme et le régional-populisme donc sur les différences entre France et Italie.

… ils sont toujours face à face à se raconter leurs victoires contre tous, leurs victoires contre les sales médias, les sales "cocos" et les immigrés en tout genre. Le Français ayant pris un peu d'avance en est à 14% quand l'Italien arrive à peine à 7%. Pourtant ils voient la vie en face, ils se parlent comme ils se connaissent, pour la forme. La première victoire de Jean-Marie fut "européenne" et idem pour celle d’Umberto… "les Français d'abord" dit l’un et l'autre lui répond « Priorité aux Lombards dans l'attribution d'emplois, de logements, de secours et de subventions ». Et, de préférence nationale, on tombe en préférence régionale, puis en préférence locale ... donc on tend vers l'autarcie si ridicule aujourd'hui ! ils manipulent la nostaglie, quand d'autres jouèrent aux lendemains qui chantent.

… oui, oui nous sommes ridicules et même des résidus et nous la leur mettrons à tous les intellos, les technocrasses et mafieux en notabilité et nous la leur mettrons si bien qu'ils viendront en redemander mais eux le feront avec la manière, car ils ont la manière, n'est-ce pas, ces arrivés de la bien pensée, ces prétendants en modernité."

 

Ce dialogue entre Le Pen et Bossi n'a jamais existé et pour preuve cette mise en garde du leader des Ligues: "Entre Le Pen et moi, il n’y a pas la moindre analogie. Le Pen est un produit typique de la politique française." (Paris-Match du 2 avril 92) Et il a raison Bossi, entre l'histoire de l'Italie et de la France il n'y a aucune analogie. Il n'y en avait aucune entre Mussolini et Hitler sauf qu'ils se trouvèrent d'accord pour aider Franco qui, lui n'ont plus, n'avait aucune analogie avec ses deux souteneurs puisqu'il vécut bien longtemps après leur mort. Et la preuve vous la connaissez : les seules chambres à gaz répertoriées à ce jour sont allemandes. Et pourtant…

Dans un article précédent de M, j'avais essayé de montrer que l'indispensable réflexion sur le fascisme devait tenir compte du cas italien (la moindre des politesses). La base du fascisme est nationale et toute généralisation excessive (triste universalisme bien français) est perverse. Le débat Bossi-Le Pen peut se mener en parallèle avec le refus britannique de Le Pen, ou les événements de Los Angeles, et en parallèle avec l'histoire, sans plaquer trop vite l'étiquette de fasciste qui sert parfois à tuer la pensée…

Tout tourne autour de cette question : quels clivages pour demain ? « Je ne suis ni à gauche, ni au centre, ni à droite. Je suis au-dessus des partis politiques ou, si vous préférez, je suis' contre les partis politiques. ». De qui est cette phrase ? Toujours de Bossi et pourtant de tant d'autres qui nous la présentent comme une position ORIGINALE (je préfère ne pas citer de noms). Fini les clivages religieux (?), les clivages sexuels (?), les clivages politiques (?), les clivages sociaux (merci le Jean’s) etc...

Chez les suivants : les riches contre les pauvres, les nationaux contre les étrangers, les occi­dentaux contre les barbares (de l'est par exemple), les modernes contre les anciens etc...

Et à gauche on patauge : les résistants contre les aliénés ? la révolution contre la réforme ?

 Relevons le défi en replaçant le clivage gauche/droite sur une autre orbite. D'abord pour combattre le clivage insidieux Front national / les autres (clivage insidieux puisque les Verts qui refusent celui droite/gauche admettent maintenant de s'unir contre le FN). Ensuite pour rétablir les liens mondiaux des résistants progressistes.

Pour soigner nos articulations atteintes d'arthrose, je revendique (de manière provocatrice) avec Le Pen et Bossi (au vu de leurs différences essentielles) une gauche de Quelque Part (contre la mobilité), une gauche qui Ose Humaniste (contre le populisme), une gauche qui fasse des Vertus de l'Hospitalité l'art de la lutte contre La Mafia (contre la drogue qu'il faut en partie légaliser) etc...

 

Il n'est pas dit que cette lettre puisse soigner le mal qu'elle veut dénoncer. Il est si dur de lire des Ecarts, quand on nous bassine soit avec des évidences, soit avec des dissidences.

Jean-Paul Damaggio

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:57

Cet article (merci à Hubert Delpont qui me l’a fait passer) qui n’est pas une présentation de l’Humanité mais visiblement un journal local plutôt centriste montre donc parfaitement bien la provocation. Il témoigne d’un état d’esprit de 1936 à prendre en compte dans les analyses. JPD

 

 Le Réveil d’Yvetot Samedi 1 août 1936

 La réunion communiste

La Salle des Réunions a été le théâtre de sérieuses Bagarres

 Dimanche dernier, les Communistes avaient organisé un meeting en notre salle des Réunions, sous le théâtre, avec le concours de deux orateurs du parti : M. Roger Mocquet, député de Paris, et M. Renaud-Jean, député de Marmande, président de M Commission d’agriculture de la Chambre.

Ce dernier, dont on connaît la situation au sein du parti extrémiste comme à la Chambre, n'était pas un inconnu pour nos concitoyens, dont un certain nombre l’ont déjà entendu il y a une dizaine d'années.

L’affluence des auditeurs, dimanche, était considérable. On l'a chiffrée à un millier de personnes environ.

Un bureau composé de sympathisants devait être formé, mais des membres extra-muros du Front Paysan ou des Ligues dissoutes, qui se trouvaient en nombre dans la salle, imposèrent leurs amis M. Suplice, comme président, et MM. Pointier et Rousseau, comme assesseurs.

En ouvrant la séance, M. Suplice déclarait que la liberté de parole serait respectée, et le premier orateur, M. Mocquet, commençait tout aussitôt à développer son programme. A peine en avait-il dit quelques mots, qu'un hourvari formidable était déchaîné, tandis que bon nombre d'auditeurs entonnaient la Marseillaise.

Et cela parce qu’en dehors des trophées de drapeaux tricolores dont la salle était décorée, le drapeau rouge figurait à la tribune et que les organisateurs ne voulaient pas le faire disparaître.

Aux interruptions, aux cris, aux chants patriotiques, devaient succéder bientôt, à un signal donné (un coup de sifflet), une attaque en règle, déclenché plus particulièrement contre M. Renaud Jean.

Des pieds de bancs furent arrachés, des chaines brisées, des chapeaux piétinés et venait aussitôt la mêlée,

La présence des manifestants, venus pour la plupart en automobiles de régions éloignées, a empêché la réunion d'avoir lieu et le pugilat auquel nous faisons allusion se poursuivit un moment,

Répétons ici ce que nous avons toujours dit : on peut ne pas être communiste, on peut se refuser à entendre développer des théories qu'on réprouve mais on ne doit en aucun cas se laisser aller à des gestes regrettables qui ne doivent pas être le fait d'hommes se réclamant des partis d'ordre, de travail et de liberté.

Nous réprouvons la violence, d'où qu'elle vienne : c’est-à-dire que nous condamnerions parallèlement des faits semblables venant d'hommes d'extrême-gauche ou de gauche au cours de meetings organisés par des partis de droite. Nous ne pensons tout de même pas que les français verraient de gaieté de cœur s'instaurer en notre pays la guerre civile dont on suit avec anxiété les douloureux ravages en Espagne.

Au reste, la composition du bureau de dimanche aurait dut offrir une garantie suffisante à ceux qui l’avaient élu par acclamation. Il y a de ces mouvements de révolte qui dépassent le but recherché et qui risquent fort de mettre dans une situation délicate ceux qui déclareront n’avoir pas voulu cela.

Après la bataille où il fallut enregistrer un certain nombre de blessés dont M. Renaud-Jean grand mutilé de guerre, soigné à la gendarmerie par M. le docteur Chevrolle, les manifestants emportant quelques drapeaux se formèrent en cortège pour rejoindre leurs autos.

Ces incidents regrettables en tous points doivent-ils être rapprochés du scandale récent des Petites-Dalles dont nous avons parlé dans un précédent numéro ?

Quoiqu'il en soit, ils nuisent fort au bon renom dei notre accueillante province et nous voulons croire qu'ils ne se renouvelleront pas.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:08

Non, je n'en ai pas fini et loin de là, avec le Chili...

Je me suis lancé dans la traduction du poèmen car le tête est limpide. JPD

  

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar

pour vaincre l’homme de paix

ils durent rassembler toutes les haines

et en plus les avions et les tanks

pour battre l’homme de paix

ils durent le bombarder, le faire flammes

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent lancer la guerre sale,

pour vaincre l’homme de paix

et faire taire sa modeste et perforante voix

ils durent pousser la terreur jusqu’à l’abîme

et tuer plus encore pour continuer de tuer,

pour battre l’homme de paix

ils durent l’assassiner plusieurs fois

parce que l’homme de paix est une forteresse,

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent imaginer que c’était  une troupe,

une armée, una hueste, une brigade,

obligés de croire que c’était une autre armée,

mais l’homme de paix était seulement un autre peuple

et il tenait entre ses mains un fusil et un mandat

aussi il fallait plus de tanks, de rancœurs

plus de bombes plus d’avions et plus d’opprobres

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar,

pour vaincre l’homme de paix

ils durent toujours s’affilier à la mort

tuer et tuer plus encore pour continuer de tuer

et se condamner à une solitude blindée,

pour tuer l’homme qui était un peuple

ils durent se retrouver sans peuple.

 

Mario Benedetti

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:06

En revenant du printemps chilien, je retrouve ce texte du 12 avril 2003 de l’ami Jacques Desmarais. Autant dire que 10  printemps après il n’a pas vieilli alors je le reprends avec joie. JP Damaggio

 « Heureux d'un printemps qui me chauffe la couenne» -Paul Piché

 Aujourd'hui, du haut de la montagne, vers le ravin, j'ai vu mon premier papillon de l'année. Il était en plein vol, de couleur brune avec de la poussière d'or sur les ailes.

Aujourd'hui, au centre de ski, j'ai vu la première fille de l'année dehors en shorts rouges. Ses jambes étaient blanches comme la neige qu'elle pianotait avec ses petites raquettes de souris. Elle avait une queue de cheval et de belles hanches. Heureux les peuples qui ont un printemps !

Aujourd'hui, j'ai vu courir en spirale mon premier millepattes. Il était roux, caméléon nerveux sur le tronc de mon petit érable dont la sève coulait d'aplomb dans la boquette sous le soleil de l'après-midi.

Aujourd'hui, dans le jardin encore plein de feuilles mortes et de grands fouets, j'ai cueilli deux oignons, survivants de l'hiver qu'on avait oublié. Mes premiers légumes de l'année !

Aujourd'hui, au retour de la campagne. j'avais tellement bu d'eau d'érable qu'il m'a fallut, pour la première fois de ma vie, arrêter faire pipi à l’halte routière provinciale, 20 kilomètres avant Montréal !

Aujourd'hui, ma fille Néomie a entamé note provision de sirop d’érable nouveau en faisant de la tire sur la neige pour sa flopée d’amies ! Si vous aviez vu la tire liquide ! Si vous aviez vu la neige de ruelle toute on ne sait trop de quoi !

Aujourd'hui j'ai entendu comme vous tous sans doute les nouvelles du monde à la radio. Quoi de neuf sous le soleil ? Bien sûr le désordre» de l'heure ! L'unilatéralisme! Mon petit marche-pied de bonheur ne mérite pas de briller tant la misère est profonde. Pierre Bourgault prend la peine de ciseler pour ses auditeurs les arguments, plus vitaux que jamais, du «camp de la paix». Alors, ça va encore bourgeonner de paroles dans les rues de par le monde ?

«Viens, écoute, ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai»

- Georges Moustaki

Aujourd'hui, justement, je ne dirais plus «il faut croire que oui». Car l'obligation et la croyance ne sont peut-être pas très utiles pour construire le monde. Mais je dirais volontiers que les marcheurs et les raquetteurs de la paix avec leurs mots twistés s'il fallait les twister, empruntent la route du printemps des peuples.

Ce printemps-là n'existe pas par avance, n'est pas une régularité du grand Horloger.

Mais on a la couenne dure. On a besoin de soleil.

Aujourd'hui surtout!

Jacques Desmarais

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:03

A chercher dans mes vieux papiers, je tombe sur ce texte qui résume le passage de Gilles Vigneault au Théâtre d’Agen où je ne suis allé qu’en cette occasion. C’était un dimanche après-midi d’avant l’an 2000…et j'ajoute un mot à l'ami Jacques Desmarais en route vers les îles de la Madeleine. JPD

Vigneault, droit face à son public, aidé par trois jeunes musiciens, joue, chante, danse et trimballe la vie de tant de gens ! Il conte, raconte, dit et redit et le public est séduit. Comment ne pas établir le lien avec Desjardins ? Bien sûr l'un est très rural quand l'autre est plus que rural. Vigneault chante la bonté d'un temps sincèrement chrétien quand Desjardins n'y croit plus, à la bonté charitable, mais aux gens tout autant. Leurs similitudes font surgir l'écart entre ce temps d'avant la révolution tranquille, et celui d'après. Par le passage d'une langue française habillée à l'ancienne, à une langue explosée du joual au franglais. Alors de la nostalgie ?

Vigneault chante son rejet du portable, et trouve un moyen de passer par le Japon car il reste de ce monde pour l'amour et la paix. Il parle de ce qu'il avait dans son village comme de ce que nous pouvions avoir partout. Sa nostalgie est combative. S'il séduit, dès les trois premières notes de musique, je pense que cela tient à l'immense culture populaire qu'il a fait sienne et qu'il transporte à cœur battant, à corps trouvé. La turlute — c'est bien la turlute ? — et ce rythme spécifique dont le nom m'échappe conduit à la danse, au refrain et à l'émotion. A l'écouter, toute l'histoire de nos vies défile dans nos têtes.

Si des artistes, en racontant leur vie, disent celle de tout un chacun, lui, raconte celle de tout un chacun, pour assurer sa vie qui semble douce comme une chute de neige.

A 74 ans on a envie de célébrer la performance, celle d'avoir duré, celle d'être là, celle de continuer. Or ce mot de performance s'applique très peu à son art. Pour le rappel, il a repris Berlu qu'il avait déjà chanté dans le spectacle. Faut-il y voir un signe ? Berlu est parti en riant, Berlu est parti en chantant, comme Gilles ? Pour présenter Berlu, Gilles indiqua que cet homme inventa la carte de crédit avant qu'elle n'existe.

La chanson dit aussi : « J' peux pas vous dire la fin du conte », car Gilles n'a pas de fin aux contes qu'il croise ? En passant, deux questions c'est quoi les mouillures ? peut-être la neige qui vient de tomber ? et se marcher dans la figure ?

Pour la musique, il me resterait beaucoup à dire du violon, ce violon fou que j'ai mis trop longtemps à entendre pour ce qu'il était. Le jeune qui en jouait se servait aussi de beaucoup d'autres instruments, y compris des cuillères originales.

 

Pour rester avec Vigneault, à l’ami Jacques Desmarais j’avais écrit ceci suite à une carte postale nous indiquant un grand voyage en avion qu’il avait fait pour son travail.

 

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché au sol.

Descendant à Nastaquan, je te vois cherchant dans ta poche la clef d'une porte sans serrure. Ni par étourderie ou inconscience mais comme marque d'un certain décalage. Vigneault se décala un jour de sa Côte-Nord vers les bords de la Seine. Il se décala quand les Français se repliaient. On croit toujours que nos chanteurs sont de Paris puis qu'un jour ils s'en échappent. Je pense bien sûr à Jean Ferrat replié dans l'Ardèche quand Léo Ferré alla jusqu'à Milan tandis que le Belge Jacques Brel se cacha aux îles Marquises. Peut-être Brassens fait-il exception. Comme Vigneault peut-être, il se décala pour mieux rester, en partant, de là où il était. Je pense à Nino Ferrer dont j'appris le suicide sous le ciel québécois, un des rares repliés dans mon cher Sud-Ouest.

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché aux mots.

Descendant du bateau à Harrington-Harbour, je te vois proposant des breloques à des cornemuseux inexistants. Ni par jeu ou inculture mais comme marque d'un certain décalage. George Perros s'échappa vers la Bretagne pour travailler sa poésie. Jean Guidoni le chanteur aime dire : je suis à côté (il s'est replié en Normandie ce Marseillais qui gagna son sort à Paris). Et dans notre géographie néo-libérale le « à côté » devient la marge, lieu par excellence de la rentabilité zéro. Pourtant toi, à Harrington-Harbour, tu es là en fonction, au travail, pour l'étude etc. Double décalage d'un rêve se faisant réalité.

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché aux gens.

Descendant aux Iles-de-la-Madeleine, je te vois ébloui par le minuscule comme source de l'immensité. La madeleine est ce modeste gâteau que j'aime faire si souvent avec les enfants des écoles. Et les îles sont si étranges qu'un jour, Vigneault s'en alla vers l'Ile-de-France.

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