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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:47

Avant qu’il ne soit trop tard relayons cet article de Sud-Ouest qui va quitter le Gers et les Hautes-Pyrénées sous peu laissant à La Dépêche le monopole de l’information locale. Il avait plus d’associations qu’indiquées dans la liste et un débat très riche. Ce travail régulier est admirable. JP Damaggio

 Publié le 20/11/2012 à 06h00 Par Bernard Courtès

 

Condom    Abue de pouvoir

Les associations du Sud-Ouest étaient réunies samedi dans la sous-préfecture.

Ils étaient venus de Bordeaux, Castres, Toulouse ou Auch, confronter leurs actions et les déboires des usagers de l'eau. L'Association Baïse usagers de l'eau (Abue) accueillait ses homologues du Sud-Ouest, samedi. Toute la journée, les témoignages des responsables se sont succédé sur les combats menés et certains gagnés. Une chose est démontrée, les usagers possèdent un certain nombre de leviers pour peser sur les décisions des prestataires de service.

Difficile pour le simple usager de s'y retrouver dans le mode de calcul du prix de l'eau entre la part due au prestataire, celle de la collectivité locale, des taux de TVA à 19,6 % facturés par des sous-traitants dans des loyers sociaux, alors que le taux est de 5,5 %. A cela il faut ajouter, pour ceux qui sont soumis à un assainissement collectif, le prix de cette prestation : « Pas toujours assurée correctement », souligne l'un des représentants, qui cite un collecteur qui n'est pas raccordé à la station d'épuration et de poser la question : « Où vont les effluents ? ».

Dans les conflits entre les usagers et les prestataires, les premiers obtiennent régulièrement gain de cause, mais cela nécessite beaucoup de persévérance et de patience. L'exemple de Castres est significatif : une action menée en 2011 par l'association des usagers obtenait gain de cause sur un prix de l'eau jugé abusif entre 1991 à 2004. Dix ans après, les usagers qui s'étaient porté partie civile obtenaient 1 000 euros chacun.

http://www.sudouest.fr/2012/11/20/abue-de-pouvoir-884239-2277.php

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:12

allende-blog.jpg

Allende est là, debout avec ses lunettes (un jour je vous conterai l’histoire des lunettes retrouvées) mais pour tous ceux qui savent qu’une statue ne s’installe pas sans négociation, ils regardent Allende là debout et s’interrogent. Quand vous le regardez vous n’avez pas, derrière la statue, le Palais de la Moneda. Non, il est de côté, par contre oh ! le pied de nez à l’histoire, derrière il y a le ministère de la justice. Un jour sur le Canard enchaîné, dans un dialogue imaginé avec Pinochet repartant de Londres pour Santiago le journaliste lui demande : « -Vous ne craignez pas votre retour ? – J’ai confiance en l’injustice de mon pays ! »

 Ensuite la négociation porte toujours sur la plaque. Nous lisons Salvador Allende Gossens en gros caractère. (1908-1973) et une phrase neutre : « J’ai foi dans le Chili et son destin » plus une date, 11 septembre 1973.  Cette date du 11 septembre est un clin d’œil aux initiés. Les ignorants peuvent observer qu’elle correspond à l’année de sa mort. Imaginez qu’on ait écrit : Suicidé le 11 septembre 1973 ? Ou à la place de la phrase de son dernier discours la cause de ce discours : Victime du coup d’Etat fasciste du 11 septembre 1973 ?

 Allende, en ce 11 septembre a tiré, et le choc a cassé les lunettes et dans les décombres, une femme passant par là, a trouvé puis caché pendant des années, la moitié des lunettes. Allende est là mais son rêve et le nôtre ? Jean-Paul Damaggio

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:54

le-chanteur-de-rue.jpg

 

Une fois seul, comme ici sur la marche de la banque à Arica, parfois à trois dans un autre coin, ce chanteur de rue nous rappelle que le Chili chante et pas seulement les chansons de Violeta. Ceci étant, dans les bus par exemple, ils n’accèdent qu’aux bus populaires, tout comme les vendeurs de bricoles diverses.

Au Chili, pas un enfant ne fait la manche ce qui ne signifie pas que la misère est inexistante.

Bref, pour les artistes de la guitare dans la rue, je sens que la vie est plus dure qu’ailleurs en cette Amérique.

Et cet inconnu chantait, cette chanson phénoménale du poète chilien Julio Numhauser, Todo Cambia

J’ai cru que c’était une chanson de Mercedes Sosa mais en fait elle est surtout interprète (peut-être uniquement interprète). Je n’ai jamais pris le temps de bien connaître cette chanteuse que pourtant j’admire et je donne le lien pour écouter le fameux Todo cambia. J’aime l’Amérique latine aussi parce qu’une chanson appartient à tous. Pouvant être interprétée par dix, vingt chanteurs, elle vit ainsi.J-P Damaggio

 (au mot français vous pouvez accéder à l'auteur de la traduction)

http://www.youtube.com/watch?v=g8VqIFSrFUU

 Todo cambia

Cambia lo superficial
Cambia también lo profundo
Cambia el modo de pensar
Cambia todo en este mundo

Cambia el clima con los años
Cambia el pastor su rebaño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Cambia el más fino brillante
De mano en mano, su brillo
Cambia el nido el pajarillo
Cambia el sentir un amante

Cambia el rumbo el caminante
Aunque esto le cause daño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no extraño

Cambia, todo cambia (x4)

Cambia el sol en su carrera
Cuando la noche subsiste
Cambia la planta y se viste
De verde en la primavera

Cambia el pelaje la fiera
Cambia el cabello el anciano
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Pero no cambia mi amor
Por más lejos que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia, todo cambia (x4)

Pero no cambia mi amor
Por más lejos que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia, todo cambia...

français

Tout change

Ce qui est superficiel change
Ce qui est profond aussi
La mode de pensée change
Tout change en ce monde

Le climat change avec les années
Le berger change son troupeau
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Le diamant le plus fin change
De main en main, sa brillance
Le petit oiseau change son nid
Un amant change son sentiment

Le marcheur change de direction
Même si cela lui fait mal
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Ca change, tout change (x4)

Le soleil change dans sa course
Quand la nuit subsiste
La plante change et se vêtit
De vert au printemps

Le fauve change de pelage
Le vieux monsieur change de cheveux
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Mais mon amour ne change pas
Qu'importe la distance à laquelle je me trouve
Ni le souvenir, ni la douleur
De mon peuple et de mes gens

Ce qui a changé hier
Devra changer demain
Tout comme moi je change
Sur cette terre lointaine

Ca change, tout change (x4)

Mais mon amour ne change pas
Qu'importe la distance à laquelle je me trouve
Ni le souvenir, ni la douleur
De mon peuple et de mes gens

Ce qui a changé hier
Devra changer demain
Tout comme moi je change
Sur cette terre lointaine

Ca change, tout change...

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 16:08

Ayant aujourd’hui à Condom j'ai écouté un responsable de l’association des usagers de l’eau de Castres aussi je comprends mieux l’article suivant de La Dépêche. Il y a eu trois affaires en une :

Des usagers contre le prix de l’eau de la mairie

La mairie contre la Lyonnaise des Eaux

Des usagers contre la Lyonnaise des Eaux.

Dès que vous payez l’eau vous passez (sans le savoir) un contrat de droit privé avec celui qui vous envoie la facture. Donc la bataille entre 40 usagers (ceux qui ont porté plainte car en fait la question touchait tous le habitants) et la Lyonnaise a été traitée par le tribunal civil, les autres éléments ayant été traités par le tribunal administratif. Mais c’est une décision du tribunal administratif (illégalité du prix de l’eau) qui a incité le combat devant le tribunal civil. Vous suivez ?

En fait les 40 000 euros versés par la Lyonnaise, ce n’est pas une décision de justice mais c’est suite aux divers procès, le résultat d’un accord entre les deux parties. La bataille durant depuis plus de dix ans…

Ce compromis indique une reconnaissance tacite que le prix de l’eau était illégal mais ce fait n’entre pas en ligne de compte dans le conflit entre la mairie, qui suite à la décision du tribunal administratif a rompu le contrat avec la Lyonnaise, et la dite Lyonnaise qui fait payer la rupture du contrat aux habitants en ayant obtenu 32 millions d’euros de compensation ! Sur les 32 millions il était tout de même facile de lâcher 40 000 euros d’autant que le compromis compréhensible ne fait pas jurisprudence pour les autres cas. De plus ma justice serait la justice si on élargissait aux autres usagers le dédommagement gagné par son "avant-garde".

Rappelons que cette lutte associative à Castres a eu le mérite d’avoir comme pilier un homme qui aujourd’hui à 97 ans qui possédait des archives colossales et bien rangées, pour pouvoir mener la bataille juridique gagnée, avec en plus le passage en régie pour la ville de Castres au coût toujours en question. J-P Damaggio

P.S. La réunion de Condom des associations diverses d’usagers de la région, fera l’objet d’un autre article.

 

 l-eau-a-castres.jpg

Publié le 16/10/2012 07:45

Castres. Dossier de l'eau: 40 usagers indemnisés par la Lyonnaise

 Quarante usagers de l'eau viennent d'obtenir réparation de la part de la Lyonnaise, à hauteur de 1000€ chacun en moyenne. C'est l'une des conséquences de la décision judiciaire de 2001 ayant reconnu que le prix de l'eau à l'époque à Castres était illégal.

 Ils attendaient d'avoir le chèque dans les mains avant d'y croire vraiment. Noël Legaré et Georges Carceler, représentants du comité des usagers de l'eau viennent de remporter une décision de justice qui apporte la preuve de ce qu'ils dénoncent depuis 1996 : la Lyonnaise des eaux, délégataire du service de l'eau entre 1990 et 2004, n'avait pas le droit d'intégrer dans le prix de l'eau payé par l'abonné le remboursement des 96 millions de francs de droit d'entrée versé par la Lyonnaise à la ville de Castres. Somme qui avait à l'époque été investie par la municipalité Limouzy dans la construction de l'Archipel. A l'appui de la décision du tribunal administratif d'octobre 2001, quarante usagers castrais avaient déposé un recours devant le tribunal d'instance en 2009 : «Puisque le prix de l'eau était illégal, nous demandions à ce que Lyonnaise nous rembourse le trop perçu.» Encore une fois, il a fallu en passer par les méandres et les délais de la justice pour que le tribunal de Courbevoie désigne un expert et indique que les usagers étaient en droit d'attendre une indemnisation. C'est l'avocate castraise Maître Véronique Génin qui a assisté le comité des usagers tout au long de la procédure. Pour Noël Legaré : «Plutôt que de laisser un expert désigné par le tribunal calculer le trop payé par les clients entre 1991 et 2004, la Lyonnaise a proposé un compromis que nous avons accepté. Certes, nous souhaitions clore ce dossier et il y avait un peu de lassitude. Et puis en payant, la Lyonnaise reconnaît d'elle même que nous avions raison puisque toutes les sommes que nous demandions individuellement ont été versées.» L'association vient de recevoir un chèque de 39 729€ représentant une indemnité variant entre 500 et 1800€ pour chacun des plaignants en fonction de leur consommation d'eau et des factures qu'ils ont pu produire. Une étape assez émouvante pour le comité qui a remis à chacun son dû lors d'une rencontre amicale hier soir. Des usagers qui se demandent encore pourquoi davantage d'ex-clients de la Lyonnaise ne les ont pas suivis cette démarche. Il y a à Castres en effet 18000 compteurs d'eau et ce n'est qu'une infime partie des propriétaires, de façon tout à fait symbolique, qui a souhaité aller jusqu'au bout.

  En marge du conflit de la Ville

Cette procédure n'a rien à voir avec le conflit qui oppose la ville de Castres et la Lyonnaise des Eaux. Même si l'origine du conflit reste la même : la décision d'octobre 2001 qui déclare que le prix de l'eau était illégal à Castres entre 1991 et 2004. Suite à la rupture du contrat de délégation en 2004, la ville et la Régie Castraise de l'eau ont dû payer 32 millions d'€ de dommages à la Lyonnaise. L'argent a été versé mais le conflit n'est pas terminé. Georges Carceller commente cependant : «Une fois encore, on mélange tout. Ce sont les usagers de l'eau qui vont devoir payer une partie de la dette de la ville. Au moment même où la Lyonnaise reconnaît en nous indemnisant qu'elle n'aurait pas dû le faire entre 1991 et 2004.»

 

Jean-Marc Guilbert

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 15:44

photos-musee-de-la-memoire.jpg

 musee-memoire-blog-copie-1.jpg

http://www.museodelamemoria.cl/

Ce musée est tout neuf (il a ouvert ses portes au public, le 12 janvier 2010) et est très surprenant. Comme il est peu évoqué dans les guides nous avons failli l’oublier d’autant que nous ne sommes restés que trois jours à Santiago. En fait,  il s’appelle Museo de la Memoria y de los Derechos humanos (Musée de la Mémoire et des Droits de l’homme). Son architecture est remarquable : un immense parallélépipède rectangle en verre et des barres en cuivre. En fait tout tourne autour de la période 1973-1989, c’est-à-dire l’ère Pinochet.

Film sur le bombardement du palais présidentiel de La Moneda le 11 septembre 1973, photos de détenus politiques transférés dans des centres clandestins, lettres de fils à leurs pères disparus, instruments de torture et des coupures de presse de l’époque.

« Ce qui s’est passé pendant la dictature [1973-1990] est une tragédie qui peut avoir beaucoup d’explications mais aucune justification» a affirmé Michelle Bachelet au moment de l’inauguration.

Je me souviens, elle avait invité Mario Vargas Llosa, soutien habituel de la Concertation mais ce jour-là il décida de soutenir le candidat de droite à l’élection présidentielle, considérant que la Concertation était arrivée au bout de son histoire

 Nous sommes arrivés au musée par le métro (très beau) et dans la station même, une salle d’exposition conduit aux étages du musée qui est gratuit.

Cette exposition de Gustavo Germano est magnifique. Elle devrait pouvoir faire le tour du monde. Il a pris la photo d’une ou plusieurs personnes, dans le contexte d’un autre cliché pour exposer la distance entre les deux. Des photos très émouvantes pour saisir les traces de vie sur les visages. J’ai volé l’exemple d’un homme passé par le camp d’Argelès (il était interdit de prendre des photos). L’expo s’appelle « Absence et distances » et veut montrer les trois types d’action des dictateurs contre les opposants : la prison, l’exil et la mort. La mort apparaît sur des photos où une personne est absente.

 Le Musée montre ensuite les documents sur la période qui va du renversement du gouvernement de Salvador Allende le 11 septembre 1973, à la fin « démocratique » du « régime militaire ». Battu au référendum demandant son maintien au pouvoir jusqu’en 1997, le général a démissionné en 1990. Il est resté commandant en chef de l’armée jusqu’en 1998, date à laquelle il est devenu sénateur à vie.

 Le parcours du musée montre une accumulation de preuves, de traces audibles, visibles, accessibles également à distance à travers la bibliothèque numérique du musée. Des archives qui pour certaines étaient à l’époque inconnues au Chili pour cause de censure, ou qui viennent de l’étranger.

 Le premier étage fait vivre le coup d’État sur un 11 septembre 1973 qui s’étire. On y trouve le témoignage, heure par heure, d’un journaliste posté à proximité de la Moneda, le palais présidentiel dans lequel se trouvait Allende. Dernier discours du président, images du bombardement, témoignages de proches, première intervention télévisée de la junte, images de captures dans tout le pays donnent corps à cet événement.

Suivent des couloirs recouverts de dessins d’enfants de victimes de la dictature, jouxtant une salle consacrée à la torture – parilla (sommier métallique destiné à l’électrocution), chiffres, documents officiels et témoignages à l’appui.

Au dernier étage, une exposition d’œuvres de Violeta Parra.

Pour le moment, contrairement aux prévisions, la droite n’a pas changé le contenu en élargissant les atteintes aux droits de l’homme à de périodes autres que 1973-1989.

 A la sortie nous nous approchons du long muret qui égrène les articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, en lettres de métal fixées sur la pierre.

JP D

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 15:26

livre sur le chili blog

Le Chili du Nord, 27 septembre-24 octobre 2012, 160 pages, 35 pages couleur.

10 euros (port compris) pour toute commande directe à la maison d’édition. 15 euros en librairie.

ISBN : 9782917154847

 Une partie du contenu du livre est accessible sur ce blog mais l’ouvrage permet, au jour le jour, de saisir l’ensemble du carnet de voyage.

Santiago, Arica, Putre, Iquique, Humberstone, San Pedro d’Atacama, Valparaiso, Isla Negra, Quitay, autant de lieux visités grâce à des escales de cinq jours par ville-étape.

 

Au « guide » de voyage s’ajoute des compléments d’informations plus généraux sur la vie chilienne. 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 19:03

balmaceda-blog.jpg

Revoici Balmaceda, le faux dictateur poussé au suicide par le vrai milliardaire qu’il voulait nationaliser : John Thomas North. J'avoue que je suis assez fier de pouvoir offrir cette photo sur le net même si l'article mériterait d'être réécrit.

Il s'agit d'un complément au livre sur le Chili. JPD

 

Le Monde illustré : 4 juillet 1891

 

M. BALMACEDA, PRESIDENTDE LARÉPUBLIQUEDU CHILI.

(Dessin de M. G. VUILLIER.)

Don José Manuel Balmaceda.

La question du Chili est si compliquée et les documents nous en arrivent si tardivement, que, après nos premières gravures sur la révolution, nous avons cru devoir nous abstenir de reproduire tous les faits maritimes et autres qui se sont succédé depuis. La question des trois navires chiliens que le gouvernement français refuse de remettre entre les mains du dictateur Balmaceda, met ce personnage plus encore en actualité. C'est pour cette raison que nous publions son portrait depuis longtemps dans nos cartons.

Don José Manuel Balmaceda, dont nous publions le portrait, a été désigné par son prédécesseur pour la présidence de la république du Chili, le 25 juin 1886et il est entré en fonctions le 18 septembre de la même année. La période présidentielle qui, d'après la constitution, est de cinq ans, devait finir le 18septembre prochain, mais la révolution commencée le 1er janvier de cette année a entraîné pour le président, comme mesure complémentaire, la nécessité de se déclarer dictateur en décrétant le 7 janvier qu'il s'empare de tous les pouvoirs publics, exécutif, législatif, judiciaire.

Il n'y a donc pas actuellement au Chili de président de la république, mais deux gouvernements de fait : un au nord qui occupe souverainement les provinces de Tarapaca, Autofagasta, Atacama et Coquimbo, et l'autre au sud qui occupe également quelques provinces.

M. Balmaceda est Chilien, fils de mère et de père chiliens et il a quarante-huit ans environ.

Il a fait quatre ans d'études au séminaire de Santiago, et après avoir terminé ces quatre années, il est entré dans le monde, profitant de la grande fortune que lui avait laissée son père. Il n'est donc pas bachelier, n'a pas d'instruction scientifique, mais il a lu des livres de science sociale et surtout de sciences politiques.

Sous le gouvernement de M. Santa-Maria, qui l'a élevé à la présidence de la république, il a été deux fois ministre : la première fois en qualité de ministre des affaires étrangères et la deuxième comme ministre de l'intérieur, chef du cabinet.

La révolution que tout le monde connaît paraît devoir se terminer bientôt, en ayant eu, dès le premier moment, contre elle, le Congrès national et la marine.

La fin de cet événement si grave et si imprévu rendra au Chili la paix féconde qui a procuré à ce beau pays tant de bonheur et de respect.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 14:08

 

violeta-desmarais-blog.jpg

Le livre de poésies de Jacques Desmarais publié aux Editions La Brochure a fait le tour du monde si on suit ses déplacements, sur le blog de l'auteur Train de nuit (lien sur la liste de ce blog). Cette photo le montre à Santiago ascroché à un panneau-expo sur la poète, chanteuse, peintre etc. Violeta Parra. On peut s'étonner au Chili de l'énorme reconnaissance dont elle bénéficie... depuis qu'elle est morte (un suicide) ! "S'étonner", non dans le sesn où ce n'est pas mérité mais dans le sens où de son vivant, elle a été la risée de toutes les autorités ! J-P Damaggio

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 11:21

maison-du-peuple-Iquique-blog.jpg 

Sur la place centrale, juste à côté du splendide théâtre de la ville, nous avons une petite maison qui ne dit pas son nom. Il s’agit de la première maison du peuple du Chili, gagnée à la force des poignées par les ouvriers du salpêtre en 1916. C’est là que s’est concocté le premier journal ouvrier, la première section socialiste passée ensuite au parti communiste.

Que reste-t-il de cette histoire qui est le cœur de la littérature de Hernan Rivera Letelier ? Beaucoup de nostalgie quand les Quilapayun chantent le massacre de l’école Santa Maria où en 1907 ils furent des milliers d’ouvriers à tomber sous les balles de l’armée (eux disent 3000 quand les militaires disent 300) mais là-bas comme partout le syndicalisme appartient à une histoire passée (je sais on va me répondre que j’exagère mais j’insiste : passée par rapport à ce qu’elle a été).

 

A Rivera Letelier qui fut longtemps ouvrier du salpêtre avant de devenir écrivain (ses livres sont chez Métaillé en France) on a posé cette question :

Dans le Nord du Chili s’est forgé un mouvement syndical très fort, qui aujourd’hui est plutôt diminué. Crois-tu qu’on puisse espérer une récupération de ce mouvement syndical ?

Rivera Letelier : C’est que ces fils de pute firent si bien les choses pendant l’époque de la dictature, ils nous ont chiés dessus et si bien, ils ajoutèrent cette nouvelle constitution de 1980 qui est une monstruosité, ils ont si bien empaqueté la démocratie qu’elle s’est trouvée attachée de tous les côtés et que nous nous sommes retrouvés nus. Très peu se sont détachés et il en existe d’autres qui pourraient le faire mais la volonté manque, me semble-t-il. Les gens sont déçus. Les syndicats ont été dispersés, divisés. Aujourd’hui le travailleur n’a plus aucune protection. »

 

Nous pourrions « rassurer » Rivera Letelier. Chez nous, même sans l’effet dictature, nous approchons de la même situation. Ceci étant il ne répond pas à la question : comment cette histoire du mouvement ouvrier pourrait-elle avoir une suite ? Le constat est clair, la perspective non.

 

Alors il reste cette Maison du Peuple à Iquique. JPD

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 11:19

foot-sepulveda.jpg

Après mon voyage au Chili je comprends mieux le triple aspect de ce texte de Sepulveda :

1 ) la passion pour le foot est en effet immense.

2 ) elle est liée pour le petit Luis à la passion pour l’amour avec la présence de Marly, un prénom qu’on retrouve dans l’œuvre de Sepulveda.

3 ) Ces deux passions conduisent au culte du mythe car la religiosité est telle au Chili….

D’où un article sur Sepulveda et le mythe, à suivre. J-P Damaggio

  

Télérama N 2530 -8juillet 1998

 (CHILI-URSS 1962) LUIS SEPULVEDA Le petit Luis ne voit qu'eux.

Deux goals en noir, seuls devant leur cage. Dont l'immense Lev Yachine.

LA SOLITUDE DE L'ARAIGNEE

J’ai vécu mon premier championnat du monde de football en 1962, au Chili. J'avais 12 ans et j'étais un avant-centre très acceptable de la sélection de mon école, aussi Leonel Sanchez, capitaine et avant-centre de la sélection chilienne, mobilisait-il toute mon attention, ma tension et mon angoisse. Naturellement, je rêvais d'être sur le terrain, surtout pour la partie inaugurale Chili-Suisse, qui a vu la victoire chilienne par deux buts à un.

Ça a été une partie inoubliable à plus d'un titre : 1) c'est là qu'ont été inaugurées les retransmissions de matchs à la télévision ; 2) Marly, une petite voisine assez farouche de deux ans plus âgée que moi, pour laquelle je fondais comme une glace au soleil, calma ses nerfs en serrant ma main et fêta les buts chiliens en m'embrassant avec une générosité toute sportive; 3) la solennelle solitude du gardien de but se grava dans mon regard.

Le gardien de la sélection chilienne s'appelait Misael Escuti, c'était un sportif solide, peut-être un peu gros, avec un début de calvitie et comme un autre grand gardien de but du football mondial, le Russe Lev Yachine, « l’Araignée noire », il s'habillait tout en noir.

Quand la sélection chilienne attaquait, tous les spectateurs du stade national regardaient le camp adverse ; chez nous, nous suivions les déplacements rapides des caméras vers ce secteur, et je ressentais une angoisse terrible de ne pas savoir ce que faisait notre gardien de but pendant ce temps.

Un coup de chance m'a permis d'assister à une des parties des quarts de finale, et j'ai eu le bonheur de voir le duel entre deux titans solitaires. C'était le match Chili-Union soviétique. Les joueurs russes étaient en majorité blonds et avaient l'air très grand. Les Chiliens, en revanche, à l'exception de Tito Foulleaux, étaient bruns, petits, les jambes courtes mais très solides. Et on remarquait surtout les deux gardiens de but, habillés de la même façon, d'un noir impeccable.

Quand sa surface de réparation n'était pas menacée, Yachine se plaçait au centre de la cage, fléchissait légèrement les genoux, appuyait ses mains gantées sur ses cuisses et, de cette position, observait d'un œil de lynx.

Escuti occupait sa solitude en donnant de petits coups sur les poteaux de sa cage comme pour vérifier qu'ils étaient bien fixés, puis soudain sautait et se suspendait à la barre transversale, ou bien il enlevait ses gants pour arranger un défaut du filet.

A la quarantième minute de la première mi-temps, à un but partout, la sélection russe bénéficia d'un coup franc. Kolev, le terrible « Patte de Mule », arracha une touffe de pelouse pour caler le ballon et les Chiliens Honorino Landa, Jorge Toro, Leonel Sanchez et Tito Foulleaux formèrent le mur. Face à Kolev, ils avaient l'air sans défense, en train de sautiller en se protégeant les parties de leurs mains.

Dans les buts. Escuti était calme, de la main il faisait signe à ses camarades de mieux protéger son flanc gauche.

Kolev calcula que le gardien chilien n'allait pas couvrir ce côté-là, et le bruit de la chaussure frappant le ballon résonna comme un coup de feu. Dans le stade on n'entendait pas une mouche voler. Le ballon s'éleva, sa trajectoire était nettement orientée vers l'angle droit du but, mais au moment où la balle était au-dessus du penalty, l'effet du shoot la fit dévier prodigieusement vers la gauche.

Escuti sauta, ses mains gantées s'emparèrent du ballon en l'air et il tomba en le protégeant de son corps. Il resta un long moment comme ça, dans la position du fœtus, enroulé autour du ballon, jusqu'à ce que les applaudissements et les vivats le rendent à la réalité de la partie. Depuis 1'autre cage, Yachine lui adressa un signe amical de la main.

Après avoir rendu le ballon à ses camarades, Escuti rajusta ses gants, vérifia les poteaux, le filet, le sol. Il avait l'air de dire : «Du calme, il ne c'est rien passé».

La deuxième mi-temps a été rapide comme en général dans les bonnes rencontres. Le nul, deux à deux, chauffait l'ambiance, et le jeu avait l'air arrêté au centre du terrain. Soudain, une passe mal orientée a fait arriver le ballon dans les mains de Yachine, qui l'a remis en jeu d'un dégagement puissant. Le ballon a atterri au centre, dans le camp chilien, et les Russes se sont précipités pour obtenir le but de la victoire. Escuti a arrêté trois tirs en bloquant la balle en plein vol, mais le quatrième l'a surpris et il a dû faire une claquette qui a fait passer le ballon sur la barre transversale. Le corner a été tiré et Yachine s'est avancé jusqu'aux limites de sa surface pour mieux observer la situation.

Un corner impeccable. Le ballon s'est envolé jusqu'à la tête d'un attaquant russe, et Escuti n'a pu faire autrement que de le repousser des deux poings.

Ce qui suit s'est déroulé à la vitesse de la lumière : le ballon a rebondi sur les mains d'Escuti et est tombé presque aux pieds de Honorino Landa, et ce dernier a simplement shooté avec toute la vigueur de ses 21 ans.

Lev Yachine, les genoux légèrement fléchis et les mains appuyées sur les cuisses, a vu comment le ballon s'élevait de très loin, atteignait sa hauteur maximum et commençait à retomber en traçant une courbe dangereuse. Il sauta et tourna en l'air comme un danseur du Bolchoï, mais inutilement, car ses doigts gantés ne firent qu'effleurer le ballon avant qu'il ne pénètre jusqu'au fond de sa cage.

Honorino Landa avait réussi le but depuis une distance inimaginable, mais le stade restait silencieux, personne n'y croyait jusqu'à ce que Lev Yachine l'« Araignée noire », le gardien du Dynamo de Moscou et de la Sélection nationale de l'Union soviétique, se mette à applaudir la prouesse du Chilien.

Yachine, Escuti, auxquels s'ajoute une longue liste de gardiens de toutes nationalités. Dans le football, ce sont ces personnages qui me passionnent, car ils sont les maîtres de cérémonie, les démiurges de tous les duels sportifs. Je suis passionné et ému par la solitude du gardien de but en face de celui qui tire le penalty, par cet art de prolonger son corps et ses sens jusqu'à onze mètres, de deviner l'intelligence et le pouvoir des muscles de celui qui va tirer. Et surtout je suis ému de les voir en l'air, en pleine lévitation, volant à la rencontre, ou à la non-rencontre du ballon. Puis la chute, toujours la même, toujours identique, qu'elle soit ou non couronnée par l'euphorie du succès ou la tristesse de l'échec.

Traduit du chilien par Jeanne Peyras.

LUIS SEPULVEDA. Chilien, devenu auteur planétaire. Adulé dès son premier roman. Le vieil homme qui lisait des romans d'amour (1992, éd. Métailié et (Points Seuil), n'a jamais, depuis, trahi ses lecteurs. Dernier bijou Journal d'un tueur sentimental (éd. Métailié).

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