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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:09

porto-alegre-blog.jpg

 Les élections municipales viennent d’avoir lieu au Brésil. Qui a gagné à Porto Alegre ? Question inutile ? Pour ceux qui tournent sans cesse les pages de l’oubli pour mieux déverser leurs discours évidents ou dissidents, sur « comment changer le monde », la question n’a plus aucun intérêt. Hier c’était à Porto Alegre que l’avenir démocratique s’inventait avec la démocratie participative et voilà que le Parti des Travailleurs gagnant le pouvoir à Brasilia, il le perdait… sur le lieu de la dite invention. Après 2002 les grands rendez-vous de Porto Alegre furent comme les grands enthousiasmes après la victoire sandiniste à Managua : source infinie d’oubli ! Daniel Ortega passé depuis dans le camp de l’ordre ordinaire, clientéliste, catholique intégriste ! Et l’aide matérielle du Venezuela ne change rien au fait qu’Ortega est un caudillo. Avec la droite ça serait pire ? Mais bien sûr, et au Brésil aussi : il vaut mieux un P.T. qui  nous a fait oublier la démocratie participative ou la lutte des sans-terre plutôt que la soumission à l’ennemi US ! Mais à la question « comment changer le monde » j’avais pensé que la réponse ne tenait pas en cette phrase : « Vive le moins pire » dont nous savons tous qu’elle appelle le pire comme suite ! J-P Damaggio

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 12:04

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Je ne sais si j’ai déjà mis sur ce blog quelque chose de Lucien Bonnafé mais, au contact de ses écrits j’ai appris la radicalité. Ce texte court me semble symbolique de sa démarche. Comme toujours la quête du sens impose une cassure dans la syntaxe classique qui est malheureusement la mienne, ce qui rend la lecture de Bonnafé un peu ardue. Il ne se bat pas pour le plaisir de la forme, mais pour le plaisir de la dialectique qui globalise la pensée quand de phrases en phrases nous la saucissonnons. JP Damaggio

 A propos d'électrochoc (22 février 1999, L'Humanité)

Par LUCIEN BONNAFÉ Psychiatre.

« N'oubliez pas l'oubli » Sigmund Freud

 ON lit dans «l'Humanité» du 13 février une curieuse intervention, signée d'un médecin qui n’est sûrement pas d'âge à parler d'électrochoc autrement que par ouï-dire. Il s'agit d'un modèle exemplaire de « parole déversoir», quand on parle de ce que l'on connaît le moins avec le plus d'autorité pour sortir ce qu'on a sur le cœur et l'estomac. L'électrochoc atteint le «Moyen Age» dans l'illustration de ce modèle mental. Comme il est d'usage de parler du «Moyen âge» pour esquiver les barbaries de notre âge, il est devenu ordinaire de parler de l'électrochoc comme «barbarie» quand ça sert à esquiver une réalité historique troublante, les carences de relation humaine dans trop de pratiques contemporaines.

L'OUÏ-DIRE dont il s'agit porte un sens : c'est d'esquiver la vérité historique qui domine l'histoire de l'électrochoc. Cette technique, si efficace qu'elle inspira le premier triomphalisme psychiatrique, fut très ordinairement utilisée dans les renfermeries garderies qu'étaient les hôpitaux psychiatriques français avec une barbarie qui est ce qu'il s'agit d'effacer des mémoires, avec le déplacement sur une «barbarie» attribuée à l'électrochoc lui-même. Il est plus convenable de masquer que de voir les convulsivothérapies en série dans un contexte traumatisant qui fut un des plus puissants motifs pour nous pousser à « détruire ce système pour bâtir son contraire sur ses ruines ». Ce fut un grand moteur de notre passion d'innovation. Ça empirait sur l'inhumanité avec laquelle les «chocs» précédents, qui consistaient en traitement par la fièvre, avaient perdu leur efficacité en se routinisant, dans la méconnaissance du grand principe que la psychiatrie est par définition corrélation de toute autre activité thérapeutique, biologique, électrique ou chimique, avec science et art de l'écoute et de l'écho aussi raffinés que possible.

MAIS le fait est que la pauvreté contemporaine dans l'application de ce principe mène à appliquer à un enfant sur six une thérapeutique chimique contre les cris et les larmes ; et qu'il y a là, côté concurrence avec la chimie, de quoi éclairer les motifs pour lesquels il faut faire précéder par une anesthésie chimique l'application de l'électrochoc, qui est lui-même un fort anesthésiste ; ce qui va avec le fait qu'il est tout à fait indolore, réalité « oubliée» dans les manipulations émotionnelles par la « parole-déversoir ».La vérité historique est que cette technique efficace qui engendra le premier triomphalisme psychiatrique, fut presque abandonnée à partir du moderne triomphalisme, résultant du progrès que furent les chimiothérapies modernes, en 1952 ; et que ce fut bien longtemps avant l'émergence du climat antipsychiatrique. Elle était si efficace que, quand on l'appliquait correctement, dans une relation très épanouissante avec le patient à son réveil, notre problème était de pallier les demandes excessives des patients, qui en demandaient trop, tant ça leur faisait du bien. Mais se servir de l'effet émotionnel du mot «électrochoc» pour ne pas poser le grand problème contemporain d'une chimiothérapie qui pose d'une façon plus préoccupante, parce que plus subtile, le même problème, l'inépuisable question de l'écoute et de l'écho, dans le contexte relationnel, n'est pas fait pour cultiver les aptitudes des patients à une efficace relation médecin-malade.

Il vaut mieux que les usagers de la médecine sachent que, dans toute thérapeutique, la manière de s'en servir est toujours très déterminante, vérité qui a son comble en psychiatrie, où les drogues modernes ont une efficacité variable de façon spectaculaire, selon le contexte. C'est le même problème que celui de l'électrochoc.

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:59

Je retrouve ce texte envoyée à l’époque à la revue M qui s’appelait encore Mensuel, Marxisme, Mouvement (elle perdra ensuite les deux premiers M). J-P Damaggio

  

« …. et ils se racontaient leurs vieux souvenirs, parce que vivants au temps de l'oubli ils avaient pu se faire fils de l’histoire, fils de Jeanne dit l'un, et fils d'une vieille bataille dit l'autre.

… les voilà donc contemporains tout en restant dans la marge, fils aussi de la géographie, de la Bretagne dit l'un, du Val d’Aoste dit l'autre.

... d'où cette manière de parler, de parler et toujours de parler, de parler pour tordre le langage normé, de parler pour piéger les mots avec de l'argot dit l’un, avec du dialecte dit l'autre.

... pourtant tout les distingue, puisque, je suis nationaliste dit l'un, je suis fédéraliste dit l'autre."

 Vous l'aviez deviné, ils sont hommes politiques tous deux car la politique trafique l’histoire, vient de la marge géographique et parle tant et plus. Nos démocraties ont mis en leur cœur non pas la politique comme elle veulent le faire croire mais l'économique, aussi nos deux Marginaux tempêtent contre l'économie de nos sociétés, en s'appuyant sur les petits entrepreneurs, les petits en tout genre, ... au nom de leurs grands idéaux.

… et ils se plaignaient donc de la vie politique de leurs pays respectifs puisque les élus du nationalistes sont surtout dans les régions et pas au niveau national, alors que le fédéraliste  vient d'envoyer 80 élus au niveau national

... et pour se consoler ils pouvaient constater qu'ils avaient le même faible nombre de femmes élues. Le Français avait, en la matière, mis en piste sa propre fille tandis que l’Italien avec 6 élues peut compter six personnes de choc venant surtout du milieu enseignant. Celle du Trentin a fait sa thèse sur l'autonomisme catalan et basque (à tant que faire !) et celle de Venise aime rappeler que "le dialecte est la langue de la spontanéité et de la protestation populaire.

… et ils divaguent sur le national-populisme et le régional-populisme donc sur les différences entre France et Italie.

… ils sont toujours face à face à se raconter leurs victoires contre tous, leurs victoires contre les sales médias, les sales "cocos" et les immigrés en tout genre. Le Français ayant pris un peu d'avance en est à 14% quand l'Italien arrive à peine à 7%. Pourtant ils voient la vie en face, ils se parlent comme ils se connaissent, pour la forme. La première victoire de Jean-Marie fut "européenne" et idem pour celle d’Umberto… "les Français d'abord" dit l’un et l'autre lui répond « Priorité aux Lombards dans l'attribution d'emplois, de logements, de secours et de subventions ». Et, de préférence nationale, on tombe en préférence régionale, puis en préférence locale ... donc on tend vers l'autarcie si ridicule aujourd'hui ! ils manipulent la nostaglie, quand d'autres jouèrent aux lendemains qui chantent.

… oui, oui nous sommes ridicules et même des résidus et nous la leur mettrons à tous les intellos, les technocrasses et mafieux en notabilité et nous la leur mettrons si bien qu'ils viendront en redemander mais eux le feront avec la manière, car ils ont la manière, n'est-ce pas, ces arrivés de la bien pensée, ces prétendants en modernité."

 

Ce dialogue entre Le Pen et Bossi n'a jamais existé et pour preuve cette mise en garde du leader des Ligues: "Entre Le Pen et moi, il n’y a pas la moindre analogie. Le Pen est un produit typique de la politique française." (Paris-Match du 2 avril 92) Et il a raison Bossi, entre l'histoire de l'Italie et de la France il n'y a aucune analogie. Il n'y en avait aucune entre Mussolini et Hitler sauf qu'ils se trouvèrent d'accord pour aider Franco qui, lui n'ont plus, n'avait aucune analogie avec ses deux souteneurs puisqu'il vécut bien longtemps après leur mort. Et la preuve vous la connaissez : les seules chambres à gaz répertoriées à ce jour sont allemandes. Et pourtant…

Dans un article précédent de M, j'avais essayé de montrer que l'indispensable réflexion sur le fascisme devait tenir compte du cas italien (la moindre des politesses). La base du fascisme est nationale et toute généralisation excessive (triste universalisme bien français) est perverse. Le débat Bossi-Le Pen peut se mener en parallèle avec le refus britannique de Le Pen, ou les événements de Los Angeles, et en parallèle avec l'histoire, sans plaquer trop vite l'étiquette de fasciste qui sert parfois à tuer la pensée…

Tout tourne autour de cette question : quels clivages pour demain ? « Je ne suis ni à gauche, ni au centre, ni à droite. Je suis au-dessus des partis politiques ou, si vous préférez, je suis' contre les partis politiques. ». De qui est cette phrase ? Toujours de Bossi et pourtant de tant d'autres qui nous la présentent comme une position ORIGINALE (je préfère ne pas citer de noms). Fini les clivages religieux (?), les clivages sexuels (?), les clivages politiques (?), les clivages sociaux (merci le Jean’s) etc...

Chez les suivants : les riches contre les pauvres, les nationaux contre les étrangers, les occi­dentaux contre les barbares (de l'est par exemple), les modernes contre les anciens etc...

Et à gauche on patauge : les résistants contre les aliénés ? la révolution contre la réforme ?

 Relevons le défi en replaçant le clivage gauche/droite sur une autre orbite. D'abord pour combattre le clivage insidieux Front national / les autres (clivage insidieux puisque les Verts qui refusent celui droite/gauche admettent maintenant de s'unir contre le FN). Ensuite pour rétablir les liens mondiaux des résistants progressistes.

Pour soigner nos articulations atteintes d'arthrose, je revendique (de manière provocatrice) avec Le Pen et Bossi (au vu de leurs différences essentielles) une gauche de Quelque Part (contre la mobilité), une gauche qui Ose Humaniste (contre le populisme), une gauche qui fasse des Vertus de l'Hospitalité l'art de la lutte contre La Mafia (contre la drogue qu'il faut en partie légaliser) etc...

 

Il n'est pas dit que cette lettre puisse soigner le mal qu'elle veut dénoncer. Il est si dur de lire des Ecarts, quand on nous bassine soit avec des évidences, soit avec des dissidences.

Jean-Paul Damaggio

 

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:57

Cet article (merci à Hubert Delpont qui me l’a fait passer) qui n’est pas une présentation de l’Humanité mais visiblement un journal local plutôt centriste montre donc parfaitement bien la provocation. Il témoigne d’un état d’esprit de 1936 à prendre en compte dans les analyses. JPD

 

 Le Réveil d’Yvetot Samedi 1 août 1936

 La réunion communiste

La Salle des Réunions a été le théâtre de sérieuses Bagarres

 Dimanche dernier, les Communistes avaient organisé un meeting en notre salle des Réunions, sous le théâtre, avec le concours de deux orateurs du parti : M. Roger Mocquet, député de Paris, et M. Renaud-Jean, député de Marmande, président de M Commission d’agriculture de la Chambre.

Ce dernier, dont on connaît la situation au sein du parti extrémiste comme à la Chambre, n'était pas un inconnu pour nos concitoyens, dont un certain nombre l’ont déjà entendu il y a une dizaine d'années.

L’affluence des auditeurs, dimanche, était considérable. On l'a chiffrée à un millier de personnes environ.

Un bureau composé de sympathisants devait être formé, mais des membres extra-muros du Front Paysan ou des Ligues dissoutes, qui se trouvaient en nombre dans la salle, imposèrent leurs amis M. Suplice, comme président, et MM. Pointier et Rousseau, comme assesseurs.

En ouvrant la séance, M. Suplice déclarait que la liberté de parole serait respectée, et le premier orateur, M. Mocquet, commençait tout aussitôt à développer son programme. A peine en avait-il dit quelques mots, qu'un hourvari formidable était déchaîné, tandis que bon nombre d'auditeurs entonnaient la Marseillaise.

Et cela parce qu’en dehors des trophées de drapeaux tricolores dont la salle était décorée, le drapeau rouge figurait à la tribune et que les organisateurs ne voulaient pas le faire disparaître.

Aux interruptions, aux cris, aux chants patriotiques, devaient succéder bientôt, à un signal donné (un coup de sifflet), une attaque en règle, déclenché plus particulièrement contre M. Renaud Jean.

Des pieds de bancs furent arrachés, des chaines brisées, des chapeaux piétinés et venait aussitôt la mêlée,

La présence des manifestants, venus pour la plupart en automobiles de régions éloignées, a empêché la réunion d'avoir lieu et le pugilat auquel nous faisons allusion se poursuivit un moment,

Répétons ici ce que nous avons toujours dit : on peut ne pas être communiste, on peut se refuser à entendre développer des théories qu'on réprouve mais on ne doit en aucun cas se laisser aller à des gestes regrettables qui ne doivent pas être le fait d'hommes se réclamant des partis d'ordre, de travail et de liberté.

Nous réprouvons la violence, d'où qu'elle vienne : c’est-à-dire que nous condamnerions parallèlement des faits semblables venant d'hommes d'extrême-gauche ou de gauche au cours de meetings organisés par des partis de droite. Nous ne pensons tout de même pas que les français verraient de gaieté de cœur s'instaurer en notre pays la guerre civile dont on suit avec anxiété les douloureux ravages en Espagne.

Au reste, la composition du bureau de dimanche aurait dut offrir une garantie suffisante à ceux qui l’avaient élu par acclamation. Il y a de ces mouvements de révolte qui dépassent le but recherché et qui risquent fort de mettre dans une situation délicate ceux qui déclareront n’avoir pas voulu cela.

Après la bataille où il fallut enregistrer un certain nombre de blessés dont M. Renaud-Jean grand mutilé de guerre, soigné à la gendarmerie par M. le docteur Chevrolle, les manifestants emportant quelques drapeaux se formèrent en cortège pour rejoindre leurs autos.

Ces incidents regrettables en tous points doivent-ils être rapprochés du scandale récent des Petites-Dalles dont nous avons parlé dans un précédent numéro ?

Quoiqu'il en soit, ils nuisent fort au bon renom dei notre accueillante province et nous voulons croire qu'ils ne se renouvelleront pas.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:08

Non, je n'en ai pas fini et loin de là, avec le Chili...

Je me suis lancé dans la traduction du poèmen car le tête est limpide. JPD

  

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar

pour vaincre l’homme de paix

ils durent rassembler toutes les haines

et en plus les avions et les tanks

pour battre l’homme de paix

ils durent le bombarder, le faire flammes

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent lancer la guerre sale,

pour vaincre l’homme de paix

et faire taire sa modeste et perforante voix

ils durent pousser la terreur jusqu’à l’abîme

et tuer plus encore pour continuer de tuer,

pour battre l’homme de paix

ils durent l’assassiner plusieurs fois

parce que l’homme de paix est une forteresse,

 

Pour tuer l’homme de paix

ils durent imaginer que c’était  une troupe,

une armée, una hueste, une brigade,

obligés de croire que c’était une autre armée,

mais l’homme de paix était seulement un autre peuple

et il tenait entre ses mains un fusil et un mandat

aussi il fallait plus de tanks, de rancœurs

plus de bombes plus d’avions et plus d’opprobres

parce que l’homme de paix était une forteresse

 

Pour tuer l’homme de paix

pour frapper son front propre de toute angoisse

ils durent se changer en cauchemar,

pour vaincre l’homme de paix

ils durent toujours s’affilier à la mort

tuer et tuer plus encore pour continuer de tuer

et se condamner à une solitude blindée,

pour tuer l’homme qui était un peuple

ils durent se retrouver sans peuple.

 

Mario Benedetti

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:06

En revenant du printemps chilien, je retrouve ce texte du 12 avril 2003 de l’ami Jacques Desmarais. Autant dire que 10  printemps après il n’a pas vieilli alors je le reprends avec joie. JP Damaggio

 « Heureux d'un printemps qui me chauffe la couenne» -Paul Piché

 Aujourd'hui, du haut de la montagne, vers le ravin, j'ai vu mon premier papillon de l'année. Il était en plein vol, de couleur brune avec de la poussière d'or sur les ailes.

Aujourd'hui, au centre de ski, j'ai vu la première fille de l'année dehors en shorts rouges. Ses jambes étaient blanches comme la neige qu'elle pianotait avec ses petites raquettes de souris. Elle avait une queue de cheval et de belles hanches. Heureux les peuples qui ont un printemps !

Aujourd'hui, j'ai vu courir en spirale mon premier millepattes. Il était roux, caméléon nerveux sur le tronc de mon petit érable dont la sève coulait d'aplomb dans la boquette sous le soleil de l'après-midi.

Aujourd'hui, dans le jardin encore plein de feuilles mortes et de grands fouets, j'ai cueilli deux oignons, survivants de l'hiver qu'on avait oublié. Mes premiers légumes de l'année !

Aujourd'hui, au retour de la campagne. j'avais tellement bu d'eau d'érable qu'il m'a fallut, pour la première fois de ma vie, arrêter faire pipi à l’halte routière provinciale, 20 kilomètres avant Montréal !

Aujourd'hui, ma fille Néomie a entamé note provision de sirop d’érable nouveau en faisant de la tire sur la neige pour sa flopée d’amies ! Si vous aviez vu la tire liquide ! Si vous aviez vu la neige de ruelle toute on ne sait trop de quoi !

Aujourd'hui j'ai entendu comme vous tous sans doute les nouvelles du monde à la radio. Quoi de neuf sous le soleil ? Bien sûr le désordre» de l'heure ! L'unilatéralisme! Mon petit marche-pied de bonheur ne mérite pas de briller tant la misère est profonde. Pierre Bourgault prend la peine de ciseler pour ses auditeurs les arguments, plus vitaux que jamais, du «camp de la paix». Alors, ça va encore bourgeonner de paroles dans les rues de par le monde ?

«Viens, écoute, ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai»

- Georges Moustaki

Aujourd'hui, justement, je ne dirais plus «il faut croire que oui». Car l'obligation et la croyance ne sont peut-être pas très utiles pour construire le monde. Mais je dirais volontiers que les marcheurs et les raquetteurs de la paix avec leurs mots twistés s'il fallait les twister, empruntent la route du printemps des peuples.

Ce printemps-là n'existe pas par avance, n'est pas une régularité du grand Horloger.

Mais on a la couenne dure. On a besoin de soleil.

Aujourd'hui surtout!

Jacques Desmarais

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 17:03

A chercher dans mes vieux papiers, je tombe sur ce texte qui résume le passage de Gilles Vigneault au Théâtre d’Agen où je ne suis allé qu’en cette occasion. C’était un dimanche après-midi d’avant l’an 2000…et j'ajoute un mot à l'ami Jacques Desmarais en route vers les îles de la Madeleine. JPD

Vigneault, droit face à son public, aidé par trois jeunes musiciens, joue, chante, danse et trimballe la vie de tant de gens ! Il conte, raconte, dit et redit et le public est séduit. Comment ne pas établir le lien avec Desjardins ? Bien sûr l'un est très rural quand l'autre est plus que rural. Vigneault chante la bonté d'un temps sincèrement chrétien quand Desjardins n'y croit plus, à la bonté charitable, mais aux gens tout autant. Leurs similitudes font surgir l'écart entre ce temps d'avant la révolution tranquille, et celui d'après. Par le passage d'une langue française habillée à l'ancienne, à une langue explosée du joual au franglais. Alors de la nostalgie ?

Vigneault chante son rejet du portable, et trouve un moyen de passer par le Japon car il reste de ce monde pour l'amour et la paix. Il parle de ce qu'il avait dans son village comme de ce que nous pouvions avoir partout. Sa nostalgie est combative. S'il séduit, dès les trois premières notes de musique, je pense que cela tient à l'immense culture populaire qu'il a fait sienne et qu'il transporte à cœur battant, à corps trouvé. La turlute — c'est bien la turlute ? — et ce rythme spécifique dont le nom m'échappe conduit à la danse, au refrain et à l'émotion. A l'écouter, toute l'histoire de nos vies défile dans nos têtes.

Si des artistes, en racontant leur vie, disent celle de tout un chacun, lui, raconte celle de tout un chacun, pour assurer sa vie qui semble douce comme une chute de neige.

A 74 ans on a envie de célébrer la performance, celle d'avoir duré, celle d'être là, celle de continuer. Or ce mot de performance s'applique très peu à son art. Pour le rappel, il a repris Berlu qu'il avait déjà chanté dans le spectacle. Faut-il y voir un signe ? Berlu est parti en riant, Berlu est parti en chantant, comme Gilles ? Pour présenter Berlu, Gilles indiqua que cet homme inventa la carte de crédit avant qu'elle n'existe.

La chanson dit aussi : « J' peux pas vous dire la fin du conte », car Gilles n'a pas de fin aux contes qu'il croise ? En passant, deux questions c'est quoi les mouillures ? peut-être la neige qui vient de tomber ? et se marcher dans la figure ?

Pour la musique, il me resterait beaucoup à dire du violon, ce violon fou que j'ai mis trop longtemps à entendre pour ce qu'il était. Le jeune qui en jouait se servait aussi de beaucoup d'autres instruments, y compris des cuillères originales.

 

Pour rester avec Vigneault, à l’ami Jacques Desmarais j’avais écrit ceci suite à une carte postale nous indiquant un grand voyage en avion qu’il avait fait pour son travail.

 

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché au sol.

Descendant à Nastaquan, je te vois cherchant dans ta poche la clef d'une porte sans serrure. Ni par étourderie ou inconscience mais comme marque d'un certain décalage. Vigneault se décala un jour de sa Côte-Nord vers les bords de la Seine. Il se décala quand les Français se repliaient. On croit toujours que nos chanteurs sont de Paris puis qu'un jour ils s'en échappent. Je pense bien sûr à Jean Ferrat replié dans l'Ardèche quand Léo Ferré alla jusqu'à Milan tandis que le Belge Jacques Brel se cacha aux îles Marquises. Peut-être Brassens fait-il exception. Comme Vigneault peut-être, il se décala pour mieux rester, en partant, de là où il était. Je pense à Nino Ferrer dont j'appris le suicide sous le ciel québécois, un des rares repliés dans mon cher Sud-Ouest.

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché aux mots.

Descendant du bateau à Harrington-Harbour, je te vois proposant des breloques à des cornemuseux inexistants. Ni par jeu ou inculture mais comme marque d'un certain décalage. George Perros s'échappa vers la Bretagne pour travailler sa poésie. Jean Guidoni le chanteur aime dire : je suis à côté (il s'est replié en Normandie ce Marseillais qui gagna son sort à Paris). Et dans notre géographie néo-libérale le « à côté » devient la marge, lieu par excellence de la rentabilité zéro. Pourtant toi, à Harrington-Harbour, tu es là en fonction, au travail, pour l'étude etc. Double décalage d'un rêve se faisant réalité.

Je t'imagine bien survolant l'immensité québécoise avec ta tête toujours accroché aux gens.

Descendant aux Iles-de-la-Madeleine, je te vois ébloui par le minuscule comme source de l'immensité. La madeleine est ce modeste gâteau que j'aime faire si souvent avec les enfants des écoles. Et les îles sont si étranges qu'un jour, Vigneault s'en alla vers l'Ile-de-France.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 11:47

Avant qu’il ne soit trop tard relayons cet article de Sud-Ouest qui va quitter le Gers et les Hautes-Pyrénées sous peu laissant à La Dépêche le monopole de l’information locale. Il avait plus d’associations qu’indiquées dans la liste et un débat très riche. Ce travail régulier est admirable. JP Damaggio

 Publié le 20/11/2012 à 06h00 Par Bernard Courtès

 

Condom    Abue de pouvoir

Les associations du Sud-Ouest étaient réunies samedi dans la sous-préfecture.

Ils étaient venus de Bordeaux, Castres, Toulouse ou Auch, confronter leurs actions et les déboires des usagers de l'eau. L'Association Baïse usagers de l'eau (Abue) accueillait ses homologues du Sud-Ouest, samedi. Toute la journée, les témoignages des responsables se sont succédé sur les combats menés et certains gagnés. Une chose est démontrée, les usagers possèdent un certain nombre de leviers pour peser sur les décisions des prestataires de service.

Difficile pour le simple usager de s'y retrouver dans le mode de calcul du prix de l'eau entre la part due au prestataire, celle de la collectivité locale, des taux de TVA à 19,6 % facturés par des sous-traitants dans des loyers sociaux, alors que le taux est de 5,5 %. A cela il faut ajouter, pour ceux qui sont soumis à un assainissement collectif, le prix de cette prestation : « Pas toujours assurée correctement », souligne l'un des représentants, qui cite un collecteur qui n'est pas raccordé à la station d'épuration et de poser la question : « Où vont les effluents ? ».

Dans les conflits entre les usagers et les prestataires, les premiers obtiennent régulièrement gain de cause, mais cela nécessite beaucoup de persévérance et de patience. L'exemple de Castres est significatif : une action menée en 2011 par l'association des usagers obtenait gain de cause sur un prix de l'eau jugé abusif entre 1991 à 2004. Dix ans après, les usagers qui s'étaient porté partie civile obtenaient 1 000 euros chacun.

http://www.sudouest.fr/2012/11/20/abue-de-pouvoir-884239-2277.php

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:12

allende-blog.jpg

Allende est là, debout avec ses lunettes (un jour je vous conterai l’histoire des lunettes retrouvées) mais pour tous ceux qui savent qu’une statue ne s’installe pas sans négociation, ils regardent Allende là debout et s’interrogent. Quand vous le regardez vous n’avez pas, derrière la statue, le Palais de la Moneda. Non, il est de côté, par contre oh ! le pied de nez à l’histoire, derrière il y a le ministère de la justice. Un jour sur le Canard enchaîné, dans un dialogue imaginé avec Pinochet repartant de Londres pour Santiago le journaliste lui demande : « -Vous ne craignez pas votre retour ? – J’ai confiance en l’injustice de mon pays ! »

 Ensuite la négociation porte toujours sur la plaque. Nous lisons Salvador Allende Gossens en gros caractère. (1908-1973) et une phrase neutre : « J’ai foi dans le Chili et son destin » plus une date, 11 septembre 1973.  Cette date du 11 septembre est un clin d’œil aux initiés. Les ignorants peuvent observer qu’elle correspond à l’année de sa mort. Imaginez qu’on ait écrit : Suicidé le 11 septembre 1973 ? Ou à la place de la phrase de son dernier discours la cause de ce discours : Victime du coup d’Etat fasciste du 11 septembre 1973 ?

 Allende, en ce 11 septembre a tiré, et le choc a cassé les lunettes et dans les décombres, une femme passant par là, a trouvé puis caché pendant des années, la moitié des lunettes. Allende est là mais son rêve et le nôtre ? Jean-Paul Damaggio

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:54

le-chanteur-de-rue.jpg

 

Une fois seul, comme ici sur la marche de la banque à Arica, parfois à trois dans un autre coin, ce chanteur de rue nous rappelle que le Chili chante et pas seulement les chansons de Violeta. Ceci étant, dans les bus par exemple, ils n’accèdent qu’aux bus populaires, tout comme les vendeurs de bricoles diverses.

Au Chili, pas un enfant ne fait la manche ce qui ne signifie pas que la misère est inexistante.

Bref, pour les artistes de la guitare dans la rue, je sens que la vie est plus dure qu’ailleurs en cette Amérique.

Et cet inconnu chantait, cette chanson phénoménale du poète chilien Julio Numhauser, Todo Cambia

J’ai cru que c’était une chanson de Mercedes Sosa mais en fait elle est surtout interprète (peut-être uniquement interprète). Je n’ai jamais pris le temps de bien connaître cette chanteuse que pourtant j’admire et je donne le lien pour écouter le fameux Todo cambia. J’aime l’Amérique latine aussi parce qu’une chanson appartient à tous. Pouvant être interprétée par dix, vingt chanteurs, elle vit ainsi.J-P Damaggio

 (au mot français vous pouvez accéder à l'auteur de la traduction)

http://www.youtube.com/watch?v=g8VqIFSrFUU

 Todo cambia

Cambia lo superficial
Cambia también lo profundo
Cambia el modo de pensar
Cambia todo en este mundo

Cambia el clima con los años
Cambia el pastor su rebaño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Cambia el más fino brillante
De mano en mano, su brillo
Cambia el nido el pajarillo
Cambia el sentir un amante

Cambia el rumbo el caminante
Aunque esto le cause daño
Y así como todo cambia
Que yo cambie no extraño

Cambia, todo cambia (x4)

Cambia el sol en su carrera
Cuando la noche subsiste
Cambia la planta y se viste
De verde en la primavera

Cambia el pelaje la fiera
Cambia el cabello el anciano
Y así como todo cambia
Que yo cambie no es extraño

Pero no cambia mi amor
Por más lejos que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia, todo cambia (x4)

Pero no cambia mi amor
Por más lejos que me encuentre
Ni el recuerdo ni el dolor
De mi pueblo y de mi gente

Lo que cambió ayer
Tendrá que cambiar mañana
Así como cambio yo
En esta tierra lejana

Cambia, todo cambia...

français

Tout change

Ce qui est superficiel change
Ce qui est profond aussi
La mode de pensée change
Tout change en ce monde

Le climat change avec les années
Le berger change son troupeau
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Le diamant le plus fin change
De main en main, sa brillance
Le petit oiseau change son nid
Un amant change son sentiment

Le marcheur change de direction
Même si cela lui fait mal
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Ca change, tout change (x4)

Le soleil change dans sa course
Quand la nuit subsiste
La plante change et se vêtit
De vert au printemps

Le fauve change de pelage
Le vieux monsieur change de cheveux
Et ainsi, comme tout change,
Il n'est pas étrange que je change aussi

Mais mon amour ne change pas
Qu'importe la distance à laquelle je me trouve
Ni le souvenir, ni la douleur
De mon peuple et de mes gens

Ce qui a changé hier
Devra changer demain
Tout comme moi je change
Sur cette terre lointaine

Ca change, tout change (x4)

Mais mon amour ne change pas
Qu'importe la distance à laquelle je me trouve
Ni le souvenir, ni la douleur
De mon peuple et de mes gens

Ce qui a changé hier
Devra changer demain
Tout comme moi je change
Sur cette terre lointaine

Ca change, tout change...

 

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